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I will come to your river — L.

 
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 I will come to your river — L.

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Ash Freeman
Assistant à la morgue de Sainte-Mangouste



Masculin
Nombre de messages : 11
Date d'inscription : 11/09/2017

MessageSujet: I will come to your river — L.   Mer 3 Jan - 15:36



Carry away my dead leaves
Let me baptize my soul with the help of your waters
Sink my pains and complains
Let the river take them, river drown them
My ego and my blame
Let me baptize my soul with the help of your waters
Those all means are so ashamed
Let the river take them, river drown them



La nuit était tombée tôt, et le vent qui sifflait dans les rues n'était pas annonciateur d'une soirée paisible. Je finissais de m'habiller, pensif, devant la grande baie vitrée de mon appartement d'où je voyais nettement les arbres secoués par les bourrasques, habités par une danse étrange, comme s'ils savaient qu'ils risquaient d'être arrachés d'un instant à l'autre. Les nuages, bas, filaient vite dans le ciel, et laissaient apparaître les étoiles de temps à autres, scintillantes et blanches sur leur fond noir. J'adorais ce genre d'ambiance : sombre et terrifiante et glaciale, et lorsque je sortis dans la nuit, j'eus l'impression d'être tel un loup se glissant dans sa tanière, roi de mon élément.

Décidant d'y aller à pieds pour en profiter et me réveiller par la même occasion, je ne transplanai pas mais me faufilai tranquillement dans le dédale des rues, bien content de la soirée qui se profilait. Ma Lolita venait me retrouver à la fin de mon service, dans quelques heures, et j'allais lui faire découvrir mon univers — je me délectais par avance de tout ça, d'imaginer ce qu'elle allait ressentir, et surtout de la voir, car il n'y avait pas une heure qui passait sans qu'elle me manque. Il avait suffi de quelques jours et de quelques soirées pour que je sois complètement sous son charme, complètement dépendant ; finalement de pilule en pilule c'était elle qui était devenue ma drogue, et les émotions qu'elles déclenchaient chez moi me rendaient esclave de moi-même, j'avais envie de me frotter à elle pour ressentir encore et encore, car jamais jusqu'à lors je n'avais vécu ça. La dernière soirée que nous avions faite ensemble avait scellé notre pacte ; désormais elle était officiellement ma Reine et j'étais son Roi, et nous régnions sur la fête et sur la nuit, déjà tous ceux avec qui je travaillais avaient compris qu'elle était incluse dans tout ce que je préparais et que surtout il ne fallait pas y toucher — même si je devais bien avouer que quand j'étais ivre ou plus, la voir se faire draguer attisait encore plus mes ardeurs.

Arrivé à la morgue, je troquai ma veste contre ma blouse blanche, saluai rapidement mes collègues et me mis à la tâche. C'était une nuit un peu agitée : le vent secouait toujours les gens, et les poussait à faire n'importe quoi. Néanmoins j'avançai vite, réglant son compte à une sorcière dont le corps était recouvert d'étranges appendices semblables à des pousses d'arbres, puis terminant les restes de la veille, à savoir un homme dont les organes avaient été ratatinés à l'intérieur de lui par un sortilège si puissant qu'on ne parvenait même pas à le retracer. Puis je remplis les tâches plus administratives, faisant traîner les choses tandis que l'heure avançait ; petit à petit, mes collègues partir les uns après les autres sans demander leur reste, comme il en était souvent ainsi pendant les horaires de nuit. Je finis par me retrouver seul, savourant le calme particulier de la morgue, son odeur d'alcool et son froid toujours constant, auquel on s'habituait aisément — du moins, je m'y étais habitué sans problème, car c'était là mon élément. Mon univers. Si je devais bien quelque chose à Beth, c'était ça : cet endroit, ce sentiment, ce travail qui me collait à la peau, comme si il avait été fait pour moi. Je me sentais à la morgue comme dans un cocon particulièrement protecteur, qui me coupait du reste du monde tout en continuait de me stimuler. J'ôtai mes gants en latex et les jetai dans la poubelle avant de ranger ce que j'avais sortis pour travailler, d'un coup de baguette. L'heure de mon rendez-vous avec Lolita était arrivée.

Tranquillement, je longeai l'immense couloir faiblement éclairé qui menait à la porte de sortie de secours, celle qu'on empruntait moins, où je lui avais donné rendez-vous. De l'extérieur, la bâtisse de la morgue, succursale de Sainte-Mangouste, ne laissait rien paraître de spécial ; elle ressemblait juste à un gros bloc de briques un peu sales. J'ouvris la porte, qui grinça pour apporter juste ce qu'il fallait de plus à ce rendez-vous nocturne. Elle était là, silhouette toute vêtue de noire dans la nuit, et je l'attirai sans plus attendre — dans la précipitation je vis seulement ses lèvres rouges, ses cheveux argentés et l'éclat de mon anneau à son doigt, tandis que je la pressai cotre le mur froid et fermai la porte, avant de l'embrasser autant que je le voulais. Mes mains se mirent à courir le long de sa taille, de ses jambes, et je poussai un grognement de la voir en pantalon, ce qui ne simplifiait pas forcément la tâche. Puis je me détournai d'elle et l'invitai à me suivre, le long du couloir.


« Une idée d'où on pourrait être ? »

Je souriais, assez content de moi. L'odeur de l'éther mise à part, cela ressemblait à n'importe quelle usine, glauque et sinistre. Puis, tandis que le silence était seulement rythmé par le bruit de nos pas qui résonnaient sous la voûte de pierres, je l'emmenai dans la salle où je travaillai. Elle était faiblement éclairée mais on y voyait nettement : des étagères remplies de fioles en tout genre, des armoires pleines de dossiers, des bocaux garnis d'ustensiles médicaux dans tous les sens, des noms et des photos de cadavres sur le tableau au fond de la salle, et trônant en son milieu, une table d'opération en métal rutilant.

« Bienvenue dans mon univers. Et avant que tu demandes : oui, nous sommes seuls... »

La laissant reprendre ses esprits, je l'observai à loisir, imaginant déjà la suite des évènements.

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Ash M. Freeman
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Charlie Palmer
Élève de 1ère année



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Feuille de personnage
Particularités: we trigger avalanches unknowingly
Ami(e)s: Do you want to roll with me? (Say yeah!)
Âme soeur: "See you in the dark, all eyes on you, my magician."

MessageSujet: Re: I will come to your river — L.   Mer 3 Jan - 19:19

https://www.youtube.com/watch?v=LxnFaq5SaqI

« Got an angel, got me real closer
Running it just like a halo, yeah
Never let me go, never let me go, no
Want a little more
When it rains, it pours, yeah
I'ma care for you
Run it up and then we fast forward
Leave a message here, record on, yeah

I always think about you when I'm high
I wanna hear you whisper on the telephone, yeah
You call me up and then I'm satisfied
I touch myself and then I'm not alone no more »



Mes doigts glissèrent, connaissant le chemin par cœur, les mouvements, le rythme qui faisait monter les soupirs entre mes lèvres, le plaisir qui troublait la vue jusqu’à que mes yeux se ferment et qu’enfin la vague habite mon corps et le libère. J’avais imaginé son visage tout le long de mon petit manège, ses yeux translucides sur moi, sa langue qui explorait ma peau, l’asymétrie de sa mâchoire ; il m’obsédait et m’habitait tel un présage qui refusait de disparaitre, et dont je ne pouvais pas comprendre parfaitement le message. J’avais envie de le connaître pourtant, j’avais envie de lire les signes et les mystères, mais j’étais de plus en plus une esclave de mes sentiments jusqu’à troubler mon troisième œil. Mon corps vidé s’affaissa sur le matelas, et je m’enfonçai sous la couverture. Elle sentait Sam, son odeur qui habitait tout l’appartement, un mélange de bière brune et de gel douche mentholé, et j’avais toujours détesté la façon dont elle était partout dans ces petits 25m² qui lui servait d’appartement. C’était un rappel curieux du fait que nous étions chez lui avant d’être chez moi. Je songeai à l’appartement d’Ash, son canapé qui sentait bon son parfum à lui, celui de sa nuque qu’il appuyait sur les coussins quand il recrachait la fumée de son joint, celui qu’il fumait après que nous ayons couché ensemble. J’aurais aimé vivre dans son monde, là-bas, son parfum ne m’aurait jamais gêné.

La tristesse s’empara à nouveau de moi, à peine chassée par le joint que je venais d’allumer. Depuis que je m’étais levée, quelque chose me prenait à la gorge et m’étouffait, malgré l’envie grandissante de rejoindre Ash qui m’agitait et m’offrait une porte de sortie. Tout avait commencé lorsque j’avais bu mon thé, en me réveillant vers onze heures, et que j’avais reconnu la forme au fond de la tasse, cette forme de loup noir qui hantait mes cauchemars d’enfant. Une bonne voyante savait bien qu’un Sinistros au fond de la tasse n’annonçait pas une morte terrible et subite, que les interprétations étaient vastes, mais toujours liée à la même chose, ce même point central ; cette mort qui planait et se manifestait dans des formes bien différentes. J’avais ignoré ma tasse, enfoncé un petit talisman dans ma poche, et j’étais partie travailler. Mais sur le paillasson, en dehors de l’immeuble, six feuilles mortes avaient été apporté par le vent, « six feuilles vertes invitées dans ton monde annoncent le renouveau, six feuilles mortes annoncent la fin » murmura la voix de Grand-Mère avant que je ne forme les mots sur mes lèvres. Un pauvre talisman ne suffit plus à me rassurer, et je passais la journée d’une humeur morose, à l’image des nuages gris qui s’amassaient dans le ciel. A présent que je commençais enfin à me détendre, à songer à la soirée qui se profilait, une dernière ombre s’ajoutait, la perspective de l’arrivée de Sam qui ne tarderait pas à rentrer, je n’avais pas envie de le voir, je ne pensais qu’à Ash – ces trois lettres étaient devenues comme un mantra que mon esprit se répétait en boucle.

Je décidai de me préparer et m’éclipser dans la nuit avant que ne rentre Sam, même si cela signifiait attendre dehors, au milieu des éléments qui s’agitaient. Mon manteau boutonné, et, un nouveau joint entre mes lèvres, je laissai mes pas me guider vers le lieu de notre rendez-vous, explorant au passage les rues du Londres nocturne que j’aimais tant. Les pubs commençaient à se remplir, les clients sur le trottoir, des pintes dorées dans les mains, des rires gras aux lèvres ; les ruelles sentaient l’herbe et l’humidité, parfums transportés par le vent qui s’y engouffrait. Je pouvais sentir les mystères de la nuit qui papillonnaient dans l’air et me grisaient. Je finis par arriver, légèrement en avance, et allumai une cigarette pour faire passer le temps. Mon cœur s’était mis à battre plus fort, sentant la présence d’Ash qui se rapprochait, et mes sens qui s’en enivraient déjà. J’allais enfin découvrir son univers, qu’aucune de mes suspicions n’avaient pu réellement découvrir. J’en brûlai d’impatience.

Ash m’attira contre lui avant que je ne puisse le saluer, me dévorant de son champ magnétique et mes mains agrippèrent son visage, sa peau glacée, puis le col de la blouse qu’il portait et qui achevait d’attiser ma curiosité. J’avais envie de le déshabiller et qu’il me prenne là, dans ce couloir froid et désert, mais il s’écarta, me laissant essoufflée, et me fit signe de le suivre – j’attrapai son bras, ma main cherchant son contact, et m’enfonçai dans son antre. Elle était aussi glacée que lui, pas par sa température, mais par son aura qui commença à faire courir des frissons le long de ma colonne vertébrale. Un sentiment difficile à décrire s’était installé dans ma chair, et mes sens étaient en alerte.


« Une idée d'où on pourrait être ? »
« Un lieu hanté. » Répondis-je simplement. C’était le premier mot qui m’était venu, celui que mon instinct m’avait soufflé. Quelque chose planait dans l’air.

Ma facilité à rester stoïque me sauva la mise, et je peignais mon visage d’une indifférence étrange, comprenant ce qui se cachait derrière la porte avant qu’Ash ne l’ouvre. Tout s’expliquait. C’était peu et beaucoup, tout à coup, et mes angoisses de mortelle m’envahir un instant, tandis que je laissai mes yeux analyser l’endroit avec un détachement calculé. La vie avait toujours été pleine de signes, et qu’Ash, ce morceau de ma propre âme, travaille dans une morgue, n’en était qu’un nouveau. Je m’autorisai enfin à avoir un petit sourire.


« Bienvenue dans mon univers. Et avant que tu demandes : oui, nous sommes seuls... »

Mon regard s’envola vers le plafond, où tournoyait toutes les énergies. J’avais appris à faire taire mon troisième œil, à le diriger, le maitriser, mais plus les esprits étaient agités – comme ceux décédés d’une mort violentes pouvaient l’être – plus il était difficile de ne pas les entendre, mes sens connectés à tout ce qui grésillait autour de moi, comme une fréquence de radio que je me forçais à ne pas capter parfaitement.

« Oh non, nous ne sommes pas seuls... » Loin de là… Je m’approchai d’un des énormes tiroirs en métal, et posai ma main sur la poignée. Une décharge me parcourut. « Je ne savais pas que l’on pouvait faire rétrécir les organes à ce point. » Je secouai la tête, chassant la vision que l’esprit m’offrait et dont je ne voulais pas entendre les cris colériques.

J’ôtai mon manteau et le fit voler sur l’un des tabourets inutilisés, avant de m’approcher d’Ash, dont le regard ne s’était pas décroché de mon visage. Sans doute guettait-il mes réactions, mon trouble que je cachais, et peut-être se délectait-il d’amener ses conquêtes ici et de les faire frissonner… Mes doigts remontèrent le long de la manche de sa blouse, comme une petite araignée qui parcourait son bras.


« Tu es donc de ceux qui préfèrent la compagnie des morts aux vivants ? » J’embrassai le creux de son cou, avant de m’écarter et plonger mon regard dans le sien. Ash était la seule personne avec qui les silences que je partageais semblaient parler plus que toutes les discussions que j’avais pu avoir dans ma vie. Je lus son visage silencieusement, y retrouvant tout ce qui me faisait vibrer et répondait à toutes mes questions enfouies. « Tu me fascines. » Murmurai-je en souriant.

Il n’y avait pas de meilleure définition de ce qu’il agitait chez moi. J’étais hypnotisée.


« Alors, en quoi consiste ton travail, exactement ? » Je me libérai de l’emprise qu’il exerçait sur mon corps, et m’approchai des immenses tirois. « Montre-moi. » Soufflai-je d’un ton de défi, ignorant l’angoisse que la mort, si proche, si palpable, créait en moi.


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Ash Freeman
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MessageSujet: Re: I will come to your river — L.   Hier à 17:14

J’avais souri à son terme — hanté ; j’imaginais bien qu’avec ses aspirations de voyante elle sentait tout ce qu’il pouvait émaner d’un endroit comme celui-là. À l’aise et dans mon élément, je me contentai d’un sourire en coin, sans mot dire, avant de lui faire découvrir la scène principale de mon univers professionnel. L’air glacial saisissait à chaque mais il était loin de me déplaire, et au contraire je prenais un malin plaisir à savoir qu’il provoquait chez les gens un certain malaise quand chez moi il évoquait toute autre chose. Sans discrétion, je scrutai le visage de ma Lolita, pourtant sans expression particulière ; mais je l’avais trop dans la peau pour ne pas lire entre les lignes le léger frémissement de ses traits. Elle sourit alors et je me sentis sourire aussi, en miroir, comme si par nature je ne pouvais rien ressentir indépendamment d’elle. Elle bougea, entra dans la pièce, l’observa avec attention et s’approcha des hauts tiroirs, à la forme caractéristique.

« Oh non, nous ne sommes pas seuls... Je ne savais pas que l’on pouvait faire rétrécir les organes à ce point. »

La remarque ne m’échappa pas et je sentis mon regard se faire plus intense — comment pouvait-elle le savoir ? — tandis que mon attention et mon excitation se faisaient grandissantes. Ses pouvoirs m’intéressaient autant qu’ils me fascinaient, et j’aimais à croire que c’était pour ça, aussi, que nous étions si liés. C’était sans doute par moi qu’elle ressentait cela, si j’étais lié à cet endroit, comme si le fil qui nous reliait dépassait tout.

« C’était assez inédit, à ce point-là, à vrai dire. »

Un nouveau sourire étira mes lèvres.

« Tu es donc de ceux qui préfèrent la compagnie des morts aux vivants ? »

Elle s’approcha de moi et tout de suite son aura me percuta de plein fouet, tout mon corps s’agita comme s’il réagissait à une stimulation nerveuse. J’étais hypnotisé, je ne voyais qu’elle, je ne voulais ressentir qu’elle. Elle avait le pouvoir incroyable de me sortir de moi, et jamais auparavant je n’avais vécu ce genre de sensations, presque trop puissante pour y survivre. Quand elle agrippa ma blouse et approcha ses lèvres de mon cou, je la saisis par la taille et la serrai, prêt à lui sauter dessus à mon tour. Mais l’attente était toute aussi délicieuse, malgré l’énergie qui titillait chaque centimètre de ma peau.

« À une exception près. »
« Tu me fascines. »


J’émis un grognement étouffé, la tension était trop forte et j’allais céder — mais elle m’échappa, et j’avançais vers elle, impossible de résister. Comme un papillon de nuit attiré par un rai de lumière.

« Alors, en quoi consiste ton travail, exactement ? Montre-moi. »

Passablement énervé — la tension sexuelle qu’elle avait instaurée m’agitait les nerfs — je me sentis projeté en avant par cette question, puisqu’elle mettait en valeur ce que j’aimais faire. Je me passai la main sur la nuque pour la détendre un peu et approchai de Lolita, m’efforçant de détacher mes yeux des courbes de sa silhouette qui m’hypnotisaient. Tirant le tiroir, j’ôtai le drap blanc d’un coup sec. Le cadavre déjà blanc de l’homme à qui on avait réduit les entrailles gisait là, et son torse était savamment recousu, selon des lignes précises.

« On ouvre toujours de la même façon et on étire la peau pour avoir accès à tout l’intérieur de la cage thoracique. Là, tu la vois creusée en dessous des côtes, puisqu’il n’y a presque plus rien à l’intérieur. Le corps est encore en post mortem précoce, les fluides ont été vidés mais la peau n’a pas atteint sa rigidité maximale. » Puis je fis reclaquer le tiroir, arrêtant là le début de ma démonstration, car il y avait plus intéressant. Attrapant le poignet de Lolita, je l’attirai à ma suite. J’agitai ma baguette pour allumer, au-dessus de la table en métal, les puissantes lumières, toutes dirigées vers le plan de travail. « Lorsqu’on reçoit un corps, quel que soit l’état et les indications, il est inspecté sous toutes ses coutures. Mais c’est le moment le plus délicat : il ne faut rien détruire et ne rien laisser au hasard. Allonge-toi. »

C’était bien sûr sans appel. Tout d’un coup à des lieues de mon état fébrile, je redevenais sérieux, tout à mon ouvrage. J’enfilai des gants en caoutchouc et me saisis d’un scalpel. Positionnant ses jambes et ses bras de la bonne manière, je fis courir mes doigts le long de sa peau avant de poursuivre.

« On commence par enlever le superflu. » Méthodiquement, je fis courir la lame tout au long de ses vêtements, d’abord son haut puis le bas, pour défaire les couches de vêtements. J’ôtai par la même occasion son soutien-gorge en appuyant la lame au milieu et marquai un temps, satisfait de moi. « Puis c’est selon des lignes bien précises : là, là, là… » La lame courait dangereusement sur sa peau nue, provoquant une réaction visible sur son épiderme.

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Ash M. Freeman
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