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In the land of the free and the home of the brave {Pv}

 
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 In the land of the free and the home of the brave {Pv}

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Hadrian T. Easter
Élève de 6ème année



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Localisation : La même que celle de mon caleçon.
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MessageSujet: In the land of the free and the home of the brave {Pv}   Lun 13 Nov - 19:32

{Manoir de la famille Easter}

Ok j'annonce la couleur : ce soir, au manoir Easter-Schoonmaker c'était grosse résoi. Bon, c'était pas le nom officiel : une réception organisée par mes parents, enfin pour le Ministère, donc sous le commandement de mon padre. Donc toute la journée, Felton, Lilian, maman et moi avions été réquisitionnés pour installer une immense tente au milieu du jardin, disposer les tables, le buffet, les décorations, les bougies et flammèches... My Gosh je vous jure ! Enfin bon, comme je pouvais boire de l'alcool maintenant, j'acceptais quelques sacrifices... Après, c'était quand même une réception officielle, plein de collègues de Daddy seraient là, avec leurs femmes (vieilles ou pas) mais riches dans la plupart des cas et notre belle famille se devait de faire bonne impression. C'est là que nos grands sourires ultra bright se révélaient extrêmement utiles. Qui plus est, nous étions tous au complet : les parents avec leur sublime progéniture prometteuse.

Cela me mettait presque un peu under pressure parce que papa m'avait dit qu'il y aurait sûrement l'entraîneur de l'équipe de Quidditch de Londres et comme c'était la voie que je souhaitais embrasser, je devais être irréprochable. Surtout que je m'entraînais dur tous les weekends et lors des entraînements, je sentais que je m'améliorais et je ne voulais pas tout gâcher. Donc alcool oui ; entraîneur, avant.

De toute façon, cette réception n'était pas la première, loin de là ! Comme vous le savez, nous y étions habitués, Lilian et moi, Felton aussi mais comme il avait eu une absence, il m'avait dit qu'il avait perdu un peu la main : j'ai plus trop confiance en moi blablabla.. ! Du grand Felton ! Alors qu'il n'avait rien à craindre : toutes les dames de la soirée (vieilles ou pas) seraient sous son charme. Non mais c'est vrai : c'est clairement pas le boudin du village ! Il était blond (bad) and beautiful. Le seul d'entre nous qui ressemblait plus à maman qu'à papa. Notamment en ce sens où il était plus réservé, enfin certainement moins ostentatoire que Papa, Lilian et moi. C'était le côté Easter-Schoonmaker ; Felton avait plus le côté De Andalucia de Maman avec lé charme espagnol, lé sang chaud et lé r qui rrroulent ! Breeef ! Surtout que Felton avait du mal à rouler les r.

Tout ça pour dire que j'aimais moyennement me coltiner la décoration mais bon, je prenais mon mal en patience, surtout qu'on rigola quand même bien avec Lilian et Felton. Et puis, the best moment fut quand le traiteur arriva avec tous les plats : mama mia ! Tout avait l'air tellement succulent que si je n'avais pas cet entretien déguisé avec l'entraîneur de Quidditch, je savais que je serais capable de m'empiffrer jusqu'à n'être plus qu'un énorme balloon que Lilian ferait rouler dans les escaliers.

D'ailleurs, en parlant de Lilian, Mademoiselle avait invité, à mon grand bonheur, Chuck Carlton. Ah ! Chuck Carlton, nous menions une grande histoire d'amour ensemble. Pour ceux qui ne le sauraient pas : je le déteste. Déjà quand il sortait avec ma sœur, je ne l'aimais que très modérément mais alors quand il l'avait plaquée comme une grosse piece of shit pour aller se maquer avec sa meilleure pote : j'avais un peu pété un plomb. Personne ne largue Lilian comme ça et encore moins un mec comme Chuck Carlton. Alors pendant un moment elle ne lui avait plus parlé et je dois dire que cela me convenait très bien (bon, jusqu'à ce qu'elle se tape Doherty, bref). Mais quand j'avais appris qu'elle s'était remise en plan cul avec lui après le décès de Daniel, je lui ai balancé un gros no way dans la figure. NO WAY. NO FUCKING WAY tu ressors avec Carlton ! Surtout qu'en plus, Monsieur avait encore eu une brillante idée : se droguer suite au décès de son petit frère. Je respecte, je le connaissais de vue et ce doit être une horrible chose que de faire face à ce genre d'événements. Mais le pire, c'est que lorsque Lilian avait voulu l'aider, encore une fois, il l'avait envoyée bouler comme une grosse merde. Encore une fois je dis NO WAY.

Aux dernières nouvelles je crois que cette histoire commençait à se tasser (logique, sinon ma sœur ne l'aurait pas invité), ce qui au final, ne m'arrangeait pas tant que ça. J'aurais largement préféré qu'il soit en cure de désintox plutôt qu'ici, Dieu sait ce qu'il était capable de faire ; et je ne voulais surtout pas qu'il refasse du mal à Lilian, elle avait un peu douillé ces derniers temps. Damn Docteur Canon, pourquoi n'êtes-vous pas là ce soir, Lilian n'aurait eu d'yeux que pour vous ! Au pire, je me consolais en me disant que Felton serait là et papa aussi et qu'il ne serait pas très difficile de les convaincre que Chuck est un vilain monsieur qui embête Lilian. Of course, je suis le dernier : la balance et le chantage affectif, ça me connaît.

Enfin, mon sourire ultra bright serait hyper utile : il pouvait être forcé et hypocrite aussi, je le réservais spécialement pour Carlton.

Nous avions bientôt fini de tout installer et il était temps d'aller nous préparer : Lilian était monter se doucher un peu avant, elle avait plus à faire que nous, même si Felton et moi avions des nœuds papillon, ce qui n'était pas une mince affaire non plus! Après une bonne douche bien chaude, j'enfilais une chemise blanche, une veste de velours noir, à l'encolure matte, un pantalon noir, mon nœud papillon comme je l'ai dit et de jolies chaussures qui me bousillaient les pieds. J'avais perdu l'habitude – enfin, elles avaient perdu l'habitude de mes pieds, nuance. Je me fis une coiffure pas trop ridicule : histoire de dompter un peu mes bouclettes tout en les laissant un peu vivre (coiffé négligé comme disait Lilian : le but est de faire croire que tu sors de la douche et que ça t'as pris 3 minutes alors qu'en réalité, ça t'as pris 3 heures). J'étais tout beau ! Impeccable, perfecto pépito.

At the begining, nous devions tous accueillir en famille les invités mais peu à peu, Papa et Maman nous autorisèrent à partir, estimant que nous avions parfaitement rempli nos rôles de parfaits petits enfants polis et bien élevés. Sans plus attendre, on se dirigea tous les trois en direction de la terre promise : le bar. Pour faire genre, on commanda du champagne pour commencer et ne pas passer pour les parvenus riches qui viennent à ce genre de soirée uniquement pour se bourrer la gueuler. Au début de ces soirées, tout le monde est en représentation, ce n'est qu'à partir d'une certaine heure que les masques tombent et que les gens commençaient à être bourrés. En général, les différentes tranches d'âge se regroupaient dans des endroits distincts : les parents et les plus vieux dans le manoir, les moins vieux sous la tente. De toute façon, des serveurs étaient dépêchés dans tout le domaine donc pas d'inquiétude : les gosiers seraient rassasiés et bien trempés.

Alors que nous nous moquions de certains couples de vieux schnocks avec Felton et Lilian, ma sœur nous quitta furtivement : son invité de marque devait être arrivé. Dieu m'entende, ma soirée était officiellement gâchée par l'arrivée de Chuck. En grand lâche que je fus l'histoire d'un instant, j'abandonnais discrètement Felton qui allait faire les présentations avec Chuck pour me diriger vers les petits fours. Et les crevettes cocktails : cette merveille !

J'en pris une pleine assiette quand un éclair doré attira mon regard. Je ne connaissais que trop bien cette couleur : elle évoquait en moi une foule de souvenirs, lesquels s'avéraient à la fois douloureux et joyeux. Etrange comme sensation.

J'avais complètement oublié : Ruby Standiford était invitée. Mon ex. Great. Les relations entre nous étaient passées de glaciales et gênées à cordiales et polies. Un step après l'autre. Bon, comme je prenais le parti d'ignorer royalement Chuck, je ne pouvais le faire également pour Ruby (on n'ignore qu'une personne à la fois quand on est bien élevé). Bon allez Hadrian, t'as plus 12 ans ! Go go go ! J'avais juste l'air d'un pauvre goinfre avec mon assiette de crevettes cocktails et de mousse à l'avocat. Heureusement pour moi, j'avais dans mon autre main my coup of champain, la meilleure boisson qui soit. Armé de mon sourire charmeur et assuré, je m'avançais vers Ruby.


- Salut Ruby ! Je suis ravi de te voir, Lilian m'a dit que tu venais ce soir ! Je lui adressais un franc et poli sourire, afin qu'elle constate qu'il était temps que notre relation amicale franchisse un step de plus. J'ai pris un peu trop de provisions, des crevettes ? Poliment, je lui tendis l'assiette. Alors qu'est-ce que tu deviens maintenant ?

J'avais conscience que je la bombardais peut-être de questions, mais c'était pour l'instant the only way de briser la glace entre nous. Quelques crevettes plus tard plus quelques blagues, le tour serait joué ! Oh God please, help me sur ce coup là, j'ai besoin de toi.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: In the land of the free and the home of the brave {Pv}   Mer 15 Nov - 10:57

- Ne bouge pas ! Sinon je vais risquer de lisser ta tête !

Emmy ricana une nouvelle fois, et j'agitai ma baguette, lissant parfaitement la chemise de Chuck qu'il n'avait pas pris la peine de repasser. Je m'écartai, jaugeant le résultat avant d'hocher la tête d'un air entendu, ne cachant pas un petit sourire malicieux, qui se transforma en rire dès que mon regard croisa celui d'Emmy. Il faut dire que Chuck dans ce genre de tenues arrachait toujours un sourire, ça se voyait bien qu'il n'était pas dans son élément, même si comme le répétait Emmy, il était « sexy comme ses fesses », ce qui ne calmait pas mon rire. Si j'étais moins expansive sur combien je trouvais Ewan « sexy comme ses fesses », je ne me privais pas de de le dévorer du regard tandis qu'il achevait d'arranger ses cheveux. J'étais folle de lui dans n'importe quelle tenue, mais je devais avouer que le voir en costume, si bien âpreté, avec son petit air de bonne famille, si « old sport » comme Liz aimait à dire, eh bien... Je n'y étais pas insensible. Au moment de transplaner, je me collai un peu plus contre lui, inspirant son parfum puissant, souriant tranquillement.

Evidemment, il n'y avait que les Easter pour organiser ce genre de soirées, et Lilian pour nous y inviter avec son air de reine. J'avais été touchée qu'elle m'invite, depuis toutes ses histoires avec Chuck, nous nous étions évidemment rapprochées, surtout que nous travaillions au même endroit - même si nos services différents et nos emplois du temps chargés faisaient que nous ne nous croisions pas énormément. Mais j'avais toujours plaisir à déjeuner avec elle de temps en temps, parfois en compagnie de Scott qui nous rejoignait. Je n'avais de toute façon pas oublié l'hospitalité dont elle avait fait preuve quand j'étais venue en vacances chez eux, du temps où je sortais avec Hadrian, me traitant comme si j'étais un membre de la famille. On pouvait dire ce que l'on voulait sur les Easter, mais ils faisaient partis de ces gens qui avaient été généreux avec moi, sans aucune arrière-pensée, alors que je n'étais qu'une adolescente perdue qui débarquait dans leur villa, tout ça parce qu'elle sortait avec leur fils. J'y repensais parfois en souriant. Il m'avait fallu du temps pour digérer tout ça, et ma relation avec Hadrian était toujours emprunte d'une certaine gêne, mais je me plaisais à contempler les souvenirs avec un certain apaisement, à présent.

En parlant d'Hadrian, j'étais sûre de le croiser ce soir, ce qui évidemment me mettait un peu mal à l'aise, surtout quand j'arrivais avec Ewan... De l'eau avait coulé sous les ponts depuis cet après-midi où Hadrian avait essayé de m'embrasser à Hyde Park, l'animosité qui avait agité Ewan avait disparu, et j'avais eu l'occasion de revoir Hadrian depuis. Mais je ne me pouvais pas m'empêcher d'être un peu inquiète, quelque part. C'était ma nature anxieuse qui parlait, je le savais, mais déjà que les soirées de ce genre me mettaient mal à l'aise... Ce n'était pas des environnements que j'avais l'habitude de côtoyer, et j'étais persuadée qu'au fond, tout le monde pouvait démasquer la petite orpheline que j'étais. En arrivant dans leur magnifique manoir, je redressai légèrement ma posture, comme pour me donner confiance. Heureusement qu'Ewan était habitué à ces environnements, et s'il n'en était pas particulièrement fan non plus, il en connaissait parfaitement les codes. À son bras, j'avais un allié, qui devinait d'ailleurs toutes mes inquiétudes. Je savais qu'il veillerait à ce que tout se passe bien.

Pour l’occasion, j’avais mis ce qui se rapprochait le plus d’une armure face à cet univers si porté sur les apparences : la robe que Sara Wayland m’avait offerte il y a trois ans, une robe qui lui avait elle-même été offerte par la mère de sa meilleure amie – moi qui était attachée au symbole, celui-ci me touchait particulièrement. Cintrée à la taille avec le bas et les manches joliment évasées, la robe était en dentelle blanche, avec des détails de broderie noire, le tout donnant un joli effet vintage mais classe, exactement comme j’aimais. Je me sentais bien dedans, je me sentais… C’était difficile à décrire, c’était une jolie robe, pas trop clinquante, ni trop adolescente et ni trop sérieuse, parfaitement à mon image. Je me sentais moi, dedans.

Après m’être occupée des cheveux d’Emmy, que j’avais coiffé en un joli chignon travaillé, j’avais accentué les ondulations de mes cheveux, je m’étais bien maquillée pour l’occasion, je portais des talons, bref, je ressemblais à la version la plus « chic » de moi-même possible, et pendant un instant, j’imaginais ce que j’aurais pu être si j’avais évolué dans ce monde depuis mon enfance, si j’étais capable d’être autant à l’aise que tout le monde semblait l’être. Qu’est-ce que ça faisait, de ne pas se sentir comme un imposteur à chaque fois ?

Dans ce genre de soirées, tout le monde navigue un peu d’un groupe à l’autre, et tandis que Chuck riait avec Lilian, Emmy et Ewan avaient croisé quelqu’un qu’ils connaissaient du Ministère, et je m’approchai furtivement du buffet pour chercher une boisson autre que les coupes de champagne que chaque serveur essayait de me refiler, à mon grand désarroi. C’était toujours un peu compliqué, j’ignorais si le jus d’orange était en réalité un punch bien corsé, si ce qui semblait être de la limonade était en réalité un mojito… Heureusement, non, c’était simplement de la limonade, et je m’en servis un verre en soupirant de soulagement. Ne pas tomber sur de l’alcool par erreur était beaucoup plus difficile qu’il n’y paraissait.

Tomber sur son ex, alors qu’on était à une soirée organisée par sa famille, c’était plutôt facile aussi. Je relevai la tête, écartant les quelques mèches blondes qui étaient tombées devant mes yeux.

Hadrian avait changé, c’était certain. Nous n’étions plus les adolescents que nous avions été. Il avait grandi, ses épaules s’étaient élargies, ses cheveux avaient un peu poussé aussi, ils étaient plus bouclés qu’avant. La seule chose qui n’avait pas changé, c’était l’éclat dans ses yeux, la façon dont son regard pétillait toujours. Cela envoya une petite vibration dans mon cœur, une vibration nostalgique. Je n’avais plus de sentiment pour lui, bien sûr, mais il restait la première personne dont j’avais été vraiment amoureuse, alors que j’avais toujours cru être un peu cassée de ce côté-là, à cause de tout ce qui m’était arrivé. C’était étrange, en un sens, j’associais Hadrian à ces quelques mois où je m’étais sentie comme une adolescente normale, heureuse, innocente – jusqu’à que le reste me rattrape et nous sépare. C’était peut-être ce qui m’avait le plus blessé, la façon dont Hadrian avait disparu de ma vie après notre rupture, alors qu’il pouvait voir, et mieux que tout le monde, combien je m’enfonçais dans le mal-être. Il me connaissait assez pour savoir. Mais je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir, cette situation était tellement particulière et… Nous étions si jeunes, finalement. En y repensant, j’avais l’impression que la Ruby d’il y a quasiment quatre ans n’avait plus rien à voir avec celle d’aujourd’hui.


- Salut Ruby ! Je suis ravi de te voir, Lilian m'a dit que tu venais ce soir ! J'ai pris un peu trop de provisions, des crevettes ? Alors qu'est-ce que tu deviens maintenant ?

J’eus un petit sourire, et attrapai une assiette pour prendre quelques crevettes qu’Hadrian me tendait, les alignant proprement dans mon assiette. J’essayais de paraître détendue, car je savais qu’Hadrian avait toujours détesté mes petites manies, mais je ne pouvais simplement pas m’en empêcher. Paradoxalement, depuis que j’étais sobre et que j’allais mieux, mes TOCs étaient devenus beaucoup plus affirmés. J’étais habituée, de toute façon, tant que je n’avais pas complètement réglé mes problèmes profonds, ils trouveraient toujours une manière de se glisser dans mon quotidien.

- Merci ! Comme toujours, on est très bien reçu chez vous, commentai-je avec un petit sourire. Je ne sais pas si Lilian t’a dit, mais je travaille aussi à Sainte-Mangouste, dans le département qui gère tous les remèdes magiques. J’aimerais bien me spécialiser plus tard, mais pour l’instant, je ne suis qu’une apprentie ! Mais je mets enfin à profit mon amour des potions, plaisantai-je. Ça aussi, c’était quelque chose sur lequel Hadrian m’avait toujours taquiné. Oh, et j'habite avec Lizlor, et ça, c'est vraiment super. Je vivais en famille – c’était officiel, depuis que Sara Wayland m’avait adopté.

C’était évidemment des banalités, mais nous faisions comme nous pouvions… Deux hommes plus âgés passèrent près de nous, et je m’écartai, les laissant passer. L’un d’eux parlait d’une voix forte et il commentait les crevettes avec beaucoup d'intérêt, racontant son dernier repas chez le fils de la Ministre de la Magie, où on avait servi des crevettes de Suède "dé-li-cieu-ses" et l'autre homme renchérissait, avec un tel sérieux, et des commentaires si snob, que je ne pus m'empêcher d'avoir un petit sourire amusé. Hadrian avait lui aussi remarqué, et comme il était dos à haut, il se mit à les imiter discrètement, me faisant sourire encore plus, et je me mis à rentrer dans le jeu, les imitant à mon tour. "Je le dis toujours, les huîtres françaises sont incroyables", et je murmurai silencieusement un "évidemment" faussement sérieux, comme si les huîtres étaient le sujet le plus important de la terre entière, tandis qu'Hadrian hochait la tête avec un air grave et entendu. Heureusement, les deux hommes finirent par s'éloigner, parce qu'à ce stade de la conversation, Hadrian et moi étions carrément partis en fou rire silencieux, difficile à contenir, et une fois tous les deux, on se laissa aller à rire franchement. C'était étrange, je ne me souvenais pas de la dernière fois où j'avais ri ainsi avec lui.


- Tu as toujours su comment me faire rire, lâchai-je tout à coup. C'était sincère, et j'espérais qu'il le verrait.

Un peu plus loin, j'aperçus Ewan, qui croisa notre regard, et il nous fit un petit signe de la main et un sourire. Il avait dû nous voir rire, et, perspicace comme il était, il comprenait sûrement que c'était mon occasion de parler tranquillement avec Hadrian. Je lui fis un signe de la main en retour, avant de me retourner vers Hadrian.


- On s'éloigne du buffet ? On pourra discuter plus tranquillement, non ?

Mon coeur battait un peu étrangement, parce que je n'étais pas aussi à l'aise que j'aurais voulue. Mais j'avais envie d'essayer, au moins. Je récupérais mon verre et l'assiette avec les crevettes, et me faufilai au milieu des gens, prenant soin d'éviter de tomber sur Chuck. Je ne savais pas si Hadrian avait toujours autant d'animosité pour lui, mais je tenais à éviter les situations bizarres, surtout maintenant que j'étais si proche de Chuck. Je me demandai si Lilian lui avait parlé de tout ce qui s'était passé avec lui, s’il savait que Chuck avait carrément vécu chez moi pendant plusieurs mois. Dieu merci, Hadrian ignorait que j'avais tenté de me consoler notre rupture en couchant complètement ivre avec Chuck, parce que ça ne risquait pas d'améliorer leur relation, et j'essayais pour ma part d'oublier cet épisode peu glorieux de ma vie - même si j'étais contente finalement, de m'entendre si bien avec Chuck, ça rendait l'histoire un peu moins gênante.

- Ça doit vous faire plaisir d'avoir Felton à la maison, dans ce genre de moments, non ? Demandai-je, alors que j'apercevais le frère d'Hadrian au loin.

J'espérais que cette question n'était pas trop personnelle, mais après tout, je connaissais Hadrian et son histoire familiale. Il n'était pas juste une connaissance...

On s'installa dans un coin, autour d'une petite table joliment agencée.


- Et toi alors, tu vas bien ?

C'était une vraie question, loin des formules de politesse classique, et j'espérais qu'Hadrian pourrait le sentir. Il y avait tant de choses, finalement, que nous aurions pu dire, régler une bonne fois pour toute, mais je ne savais pas trop comment demander tout ça, si Hadrian était d'humeur aux vraies discussions, sérieuses, celles qui dérangeaient. Pourtant, une part de moi avait toujours voulu savoir : pourquoi m'avait-il tant évité après notre rupture, est-ce qu'il avait vu combien j'étais mal, est-ce que nous nous étions pardonnés toutes nos erreurs ?


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Even Closer | Forever Young | So Cold | If Stars



« 'I feel things,' I said. 'I'm not a robot!' I stamped my foot and screamed. Then I burst into tears.
I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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Hadrian T. Easter
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MessageSujet: Re: In the land of the free and the home of the brave {Pv}   Mer 22 Nov - 15:03

Les retrouvailles entres ex faisaient clairement partie des situations awkward de la vie. Non mais c'est vrai : la première fois qu'on s'était revu avec Ruby, j'avais voulu l'embrasser, autant vous dire qu'on fait clairement mieux dans le genre ! Alors du coup, quand on se voyait, on se disait bonjour poliment et il y en avait toujours un de nous deux pour se trouver une excuse bidon et s'éclipser. J'étais souvent ce l'un de nous deux. En même temps, Ruby avait Ewan, c'était plus facile alors que moi... J'avais toujours un truc bien stupide à faire ou une personne imaginaire à aller voir, je prenais tout ce qui me permettait d'éviter Ruby le plus longtemps possible. Et autant vous dire que lorsque nous étions à la même soirée, je m'arrangeais et je m'appliquais à passer le moins de temps possible en sa compagnie.

Non pas que je ne voulais pas la voir mais parce que je voyais bien que nous n'étions pas à l'aise. C'était ultra gênant, personne ne savait quoi dire, on se regardait en chien de faïence quand on était dans un bon mood, sinon ce n'était que des regards ultra gênés de gamins de douze ans. L'angoisse.

C'est pour ça que ce soir, j'avais décidé que nous étions de grandes personnes – nous avions tous deux grandi c'était un fait – et il était temps que nous apprenions à être amis. Les sentiments amoureux que j'avais eu pour Ruby s'étaient estompés puis effacés, je ne ressentais plus rien pour elle et cela serait grandement pour nous aider. Quand nous étions ensemble, on riait tout le temps tous les deux, je ne vois pas pourquoi en tant qu'amis cela serait différent. Sauf qu'à la fin ça ne finirait pas en bataille sur l'oreiller. Breeeef.

Par contre, je ne dis pas que ça ne me fit rien lorsqu'elle me décocha un sourire. C'était un petit pincement mais en même temps, mon cœur ne bondit pas hors de ma poitrine et resta tranquille. Preuve que tout allait bien.


- Merci ! Comme toujours, on est très bien reçu chez vous. Je ne sais pas si Lilian t’a dit, mais je travaille aussi à Sainte-Mangouste, dans le département qui gère tous les remèdes magiques. J’aimerais bien me spécialiser plus tard, mais pour l’instant, je ne suis qu’une apprentie ! Mais je mets enfin à profit mon amour des potions. Oh, et j'habite avec Lizlor, et ça, c'est vraiment super.

Mine de rien, je ne pus m'empêcher de noter l'alignement qu'elle s'appliquait à donner à ses crevettes et pour le coup, ça me fit presque de la peine : ils étaient toujours là, ses tocs. Et ça ne me rappelait que trop bien comment je l'avais quittée, comme une vieille chaussette I plead guilty – parce que ces trucs commençaient à lui bouffer la vie et notre couple de surcroît. En fait, j'avais voulu l'aider au début mais j'ai fini par voir qu'ils avaient une plus grande ampleur que ce que Ruby m'avait dit et qu'elle était totalement à leur merci. Les tocs avaient eu raison de nous. Mais nous étions jeunes ! C'est ce que j'essayais de me dire pour me rassurer. Nous aurions été plus âgés, nous aurions certainement traité la situation différemment mais à quinze, j'avoue que je n'avais pas les épaules pour ça et au bout du compte, je n'avais pas eu envie de me donner à fond. Peut-être qu'au fond, j'avais senti que je n'étais pas prêt et que Ruby trouverait quelqu'un de plus à même de régler ses problèmes. Encore aujourd'hui j'avais honte de mon comportement de l'époque, et il était grand temps que je m'en excuse.

- Mais je t'en prie ! Rien n'est trop beau pour les amis et le Ministère de la magie, dis-je dans un petit rire. Tu sais que je me suis chargé de toute la décoration des tables ici ? Avoue, ça t'en bouche un coin ! Je lui décernais un sourire en coin et repris une gorgée de champagne. D'ailleurs, quand on parle d'amis, je vis le prune de la robe de Lilian et les diamants pendant à ses oreilles scintiller non loin de là : elle était avec Chuck évidemment. Damn it ! Mais oui c'est vrai, Lilian m'a dit, je suis désolé j'avais complètement oublié ! C'est super alors ! Content que ça te plaise. Lilian raffole de son taff juste à cause du Docteur Canon, je finissais en levant les yeux au ciel. Comme si cela pouvait étonner quelqu'un ici. T'es quand même bien la seule qui adore les potions, personnellement, moins j'en vois mieux je me porte.

Je lui fis un signe de ma coupe et la finis d'un trait. J'avais ouïe dire qu'elle ne buvait plus, donc je ne forçais pas non plus.

- Oh really tu habites avec Lizlor ? Alors tu vas pouvoir éclairer ma lanterne : c'est vrai que les filles font des soirées pyjamas avec des pyjamas qu'elles ne mettent jamais devant leurs mecs en regardant des comédies romantiques avec une pizza et une tasse de chocolat chaud à la guimauve ? J'éclatais de rire et j'espérais presque qu'elle me contredirait : ça serait un peu casser le mythe.

A peine eus-je ravalé mon rire, que deux hommes passèrent devant nous en se vantant mutuellement les mérites des huîtres et des crevettes qu'ils dégustaient l'un et l'autre lors de dîners mondains ou de restaurants. Ils en devenaient tellement drôles tant on avait l'impression qu'ils exagéraient : ils en faisaient des caisses et des caisses. Comme je leur faisais dos, je me mis alors à parler un peu sur le même ton mondain, tout en y ajoutant des mimiques caricaturales. Ce qui fit rire Ruby.

- Je vais vous dire une chose ma chère : les meilleures huîtres sont celles de Nooarmoutier. J'avais essayé de parler dans le français le plus impeccable possible mais allez savoir pourquoi ils avaient inventé de tels noms ! Impossible de le prononcer celui-là ! En revanche, je vous déconseille les escargots (toujours dans un français digne de Molière) : ceci est tellement caoutchouteux que vous avez l'impression de manger un pneu !

Nous rîmes de bon cœur et je ne peux pas dire que ça ne me fit rien : je trouvais ça étrangement très agréable de pouvoir rire de nouveau avec Ruby alors que je pensais que ça n'arriverait plus.


- Tu as toujours su comment me faire rire

Ses mots semblaient sincères, ce qui me toucha.

- C'est une des choses que je sais le mieux faire. Faire rire la galerie, c'est mon truc très chère, continuais-je sur le ton mondain des deux vieux. Et clairement, c'est vrai. J'étais pour beaucoup le pitre de service et en même temps, j'étais le meilleur. A côté, les blagues des autres étaient vraiment nulles et personne ne pouvait égaler mon incroyable sens de l'humour. Drôle oui, modeste : certainement pas.


- On s'éloigne du buffet ? On pourra discuter plus tranquillement, non ?

Ruby me posa cette question alors que j'avalais goulument mes dernières crevettes (j'étais aussi le goinfre de service, au cas où vous n'auriez pas remarqué). La bouche pleine et bien élevé, j'acquiesçais d'un mouvement de tête et je la suivis vers une table éloignée du centre de la tente. Quand j'en eu l'occasion, je troquais mon verre vide contre une coupe pleine et me débarrassais de mon assiette : Ruby voulait qu'on parle et je ne voulais pas la déranger avec des éventuels bruits de mastication (j'ai bien dit éventuels).

- Ça doit vous faire plaisir d'avoir Felton à la maison, dans ce genre de moments, non ?

Naturellement, je suivis son regard et vis Felton : il était en pleine discussion avec Emmy et Lilian. Le pauvre, je me sentais un peu coupable de l'avoir laissé tout seul pour échapper à Chuck... Mais quand il le connaîtrait, il comprendrait.

- Oui, c'est vraiment génial de l'avoir retrouvé ! Mais bon, maintenant on s'inquiète pour lui. Dis-je le regard un peu perdu, toujours en direction de mon frère. Je ne sais pas si Lilian t'en as parlé mais il y a quelques mois, Felton et d'autres Aurors ont été victimes d'une attaque... Bizarrement, j'eus du mal à finir ma phrase et comme je ne voulais pas gâcher l'ambiance, je lançais un regard appuyé à Ruby en espérant qu'elle comprenne. Bon, ça n'arrive pas tous les jours hein ! Sur ces mots, je finis cul sec ma coupe de champagne. Avec Lilian, on essaye de lui réapprendre à vivre, le pauvre il a perdu la main ! Et les filles, je ne t'en parle même pas !

Quand je pense que j'avais failli gâché ce moment avec Ruby quand nous nous étions retrouvés à Hyde Park après notre rupture. Je me demande ce qui se serait passé. Ca aurait été tellement plus bizarre entre nous... Enfin je sais pas ! Maintenant, ce qui compte, c'est que nous soyons amis et plus aucun malaise ne persiste entre nous ! D'une manière ou d'une autre, Ruby était liée à notre famille et il serait idiot d'essayer de l'empêcher d'entrer alors qu'elle était très copine avec Lilian.


- Et toi alors, tu vas bien ?

Je relevais mes yeux vers elle : malgré tout les problèmes qu'elle avait dû surmonter, elle était restée la même. Aussi blonde, aussi souriante avec une once de timidité qui rendait certains de ses gestes parfois peu assurés et pourtant, elle était forte, incroyablement forte et ambitieuse. Je me souviens que lorsque nous étions ensemble, mes potes Noah et Samuel nous appelaient les Brady-Bündchen, en référence à Tom Brady et Gisèle Bündchen. C'est vrai que pour beaucoup d'amis de la famille, nous représentions un couple parfait : elle blonde et intelligente, amoureux comme au premier jour, riches et intelligents. Le parfait couple héritier des Easter-Schoonmaker.

Pourtant, je pense que nous étions certainement mieux comme ça. Ruby aimait bien ce genre de réceptions mais à petite dose, préférant les choses simples de la vie et pouvoir se retrouver. Je ne dis pas que je n'aimais pas ça ! Mais je sais que c'est le genre de choses pour lesquelles j'avais été élevé et qui feraient certainement partie intégrante de ma future vie et que j'aurais eu du mal à vivre sans Ruby. C'était mon côté Easter-Schoonmaker sans doute. Ruby avait vraiment l'air épanouie et amoureuse d'Ewan, je pense qu'il était celui qui la comprenait mieux que quiconque.


- Ca va très bien, écoute. Je continue de m'entraîner au Quidditch. Je sais pas si tu sais, mais Gryffondor est en tête cette année pour l'instant ! T'inquiète pas, Serdaigle sont pas mal placés ! D'ailleurs, tout à l'heure je dois discuter avec l'entraîneur de Londres, tiens regarde il est là avec papa et... Et Chuck...

God damn it ! Il est toujours là où il ne faut pas ! J'avais fini ma phrase déconfit et dépité de voir sa sale tronche. Surtout que je savais qu'une fois fini, il irait de nouveau peloter les fesses de ma sœur.

- J'essaye de faire des efforts à son égard, surtout que je sais qu'il a bien aidé Lilian après le décès de Daniel mais c'est plus fort que moi, j'ai du mal ! Tu sais ce qu'il devient maintenant ? Je sais qu'il a eu pas mal de problèmes récemment, mais Lilian est tellement absorbée par le Docteur Canon qu'elle a oublié de me donner de ses nouvelles. C'est juste histoire de savoir si j'ai un concurrent. J'eus un rire en faisant semblant de remonter les manches de ma veste comme si je me préparais à le taper.

Cela me faisait du bien de parler et de rire avec Ruby. Et même si elle ne pouvait pas passer l'entière soirée avec moi, elle faisait en sorte de me la rendre plus agréable et me ferait oublier de compter les fois où les mains de Chuck s'égareraient sur la chute de reins de Lilian.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: In the land of the free and the home of the brave {Pv}   Sam 25 Nov - 13:54

Je devais avoir « quelque chose » pour les garçons qui n’étaient pas de mon milieu et dont l’éducation les avait traînés d’une réception à une autre. Quand j’y pensais, s’en était presque drôle, même mon tout premier crush d’adolescente s’était porté sur Scott, qui lui aussi venait de ces milieux-là – l’idée de l’avoir trouvé « trop mignon » me paraissait tellement incongrue maintenant, pas parce qu’il ne l’était pas, mais parce que cela me donnait presque l’impression d’être attirée par mon frère. Même chez les Wayland, ma nouvelle famille d’adoption, Sara avait eu une éducation stricte, et elle était à cheval sur les bonnes manières – au grand dam de Liz.  C’était ironique en un sens, moi et mon éducation complètement chaotique, je me retrouvais à fréquenter ces milieux-là Peut-être qu’une part de moi l’avait voulu, ici, tout était un jeu d’apparence, et ça, c’était l’une de mes spécialités. Mais le jeu ne me paraissait pas en valoir la chandelle, une part de moi était toujours mal à l’aise, comme si au moindre faux pas, je risquais d’être découverte et exposée. J’avais appris avec le temps que la ligne entre mentir aux autres et mentir à soi-même était fine et floue. J’étais tellement plus à l’aise lorsque je recevais à dîner chez moi, que Chuck ramenait Snitch et plaisantait avec Liz qui était en train de coiffer à moitié Jay, qui lui-même discutait avec Ewan ; tout ce petit monde était le mien, tellement tranquille et intime, et dans ces moments je m’inquiétais moins de mes mots, de mes gestes, puisque j’étais en sécurité et que je n’avais plus à me prouver à ces gens qui m’aimaient.

- Mais je t'en prie ! Rien n'est trop beau pour les amis et le Ministère de la magie. Tu sais que je me suis chargé de toute la décoration des tables ici ? Avoue, ça t'en bouche un coin !

J’eus un petit sourire amusé. Non, je n’étais pas vraiment surprise… Hadrian avait toujours eu bon goût, et adorait se prêter au jeu dans ces soirées. Non seulement les milieux que fréquentaient les parents d’Ewan et ceux d’Hadrian étaient différents, l’un plus « clinquant » que l’autre, mais leurs enfants y avaient aussi réagi différemment. Bien sûr, Ewan savait manier les codes, et cette éducation l’avait forgé, mais il avait toujours cherché à s’en détacher légèrement, comme s’il avait un pied dedans et l’autre ailleurs, tandis que Lilian et Hadrian adoraient cet univers-là, ils savaient en jouer, s’en amuser, s’en détacher, mais toujours y revenir lorsqu’il le fallait.

- Mais oui c'est vrai, Lilian m'a dit, je suis désolé j'avais complètement oublié ! C'est super alors ! Content que ça te plaise. Lilian raffole de son taff juste à cause du Docteur Canon. T'es quand même bien la seule qui adore les potions, personnellement, moins j'en vois mieux je me porte.

Aaaah, le fameux Docteur Canon… Lilian m’en avait en effet parlé, et si je n’étais pas spécialement sensible à son charme, je comprenais ce qu’elle lui trouvait, et de toute façon, je n’étais pas surprise. Lilian avait toujours quelqu’un en vue – et elle était elle-même toujours « en vue ».

- Ah, oui, son fameux Docteur, j’en ai entendu parlé ! Répliquai-je en riant. Et figure toi qu’à présent, je travaille avec des gens qui raffolent de potions aussi, je ne suis plus la seule !

Je manquai d’ajouter qu’Ewan les adorait aussi, mais je n’étais pas sûre de l’accueil que cette remarque recevrait. C’était toujours délicat de mentionner son nouveau petit-ami devant son ancien, surtout quand je savais bien qu’Hadrian n’avait pas raffolé du fait que je le « remplace » pour quelqu’un de six ans mon aîné, et j’ignorais s’il y avait encore un peu d’animosité sur le sujet. Hadrian avait toujours eu ce petit côté Gryffondor têtu, et lorsqu’il avait une idée, il était parfois bien difficile de l’en faire démordre, mais j’espérais que le temps avait refermé les blessures et les rivalités passées. De toute façon, si Hadrian voulait que l’on soit en bon terme, il devrait s’accommoder d’Ewan envers qui ma loyauté était sans failles.

- Oh really tu habites avec Lizlor ? Alors tu vas pouvoir éclairer ma lanterne : c'est vrai que les filles font des soirées pyjamas avec des pyjamas qu'elles ne mettent jamais devant leurs mecs en regardant des comédies romantiques avec une pizza et une tasse de chocolat chaud à la guimauve ?

Je me mis à rire, surtout en me souvenant ces soirées où Chuck vivait encore chez nous et qu’il était le premier à siroter son chocolat chaud et nous demander les derniers « potins », tout en nous aidant à choisir quel vernis à ongles mettre. Mais évidemment, ce n’était pas une anecdote que j’allais raconter à Hadrian – il m’apparaissait un peu plus clairement qu’il était délicat de parler de ma vie simplement, sans craindre de vexer Hadrian. Pourtant, je ne lui devais rien, pensai-je, et ma crainte maladive de mal me faire voir risquait de prendre le pas sur mon honnêteté, et n’était-ce pas ce qu’Hadrian m’avait tant reproché aussi ?

- Je crois que les garçons font pareil, mais que vous appelez simplement ça « une soirée poker » ? Plaisantai-je en retour.

Quand je pensais aux soirées « entre bro » de Jay et Chuck, à laquelle se joignait parfois Ewan et même Scott, je crois que je ne préférais pas savoir ce qui s’y faisait et s’y disait – voir la gueule de bois d’Ewan le lendemain me suffisait à deviner.

Notre conversation dériva et se dérida avec l’apparition des deux hommes et leur histoire d’huitres, qui m’obligea à porter ma main à mes lèvres pour cacher mon fou rire.


- C'est une des choses que je sais le mieux faire. Faire rire la galerie, c'est mon truc très chère.

J’hochai la tête avec un petit sourire. C’était étrange, Hadrian avait toujours aimé faire le clown, et il était naturellement doué pour ça, mais parfois, je trouvais qu’il cachait quelque chose derrière – après tout, nous avions tous nos mécanismes de protection. Mais j’avais presque envie de lui dire qu’il était tellement plus que juste quelqu’un qui savait « faire rire la galerie ». Tandis qu’on s’écartait du buffet, et que nous nous retrouvions juste tous les deux, je sentis une vague de sentiments étranges m’envahir, de l’appréhension, de la mélancolie et une certaine excitation.

- Oui, c'est vraiment génial de l'avoir retrouvé ! Mais bon, maintenant on s'inquiète pour lui. Je ne sais pas si Lilian t'en as parlé mais il y a quelques mois, Felton et d'autres Aurors ont été victimes d'une attaque. Bon, ça n'arrive pas tous les jours hein ! Lilian, on essaye de lui réapprendre à vivre, le pauvre il a perdu la main ! Et les filles, je ne t'en parle même pas !

J’avais senti la retenue d’Hadrian tout à coup, cette retenue qu’il avait parfois, lorsqu’on abordait les sujets trop difficiles.

- Oui, j’ai dû préparer des potions pour soigner les Aurors justement, cette affaire avait secoué tout Sainte-Mangouste… Ça doit être inquiétant, en effet, d’avoir un proche qui travaille dans ce milieu, dis-je, incertaine de jusqu’où Hadrian voudrait en parler. Oh, et pour les filles, je ne m’inquiète trop pour lui, après tout il possède le gène Easter-Schoomaker, ajoutai-je avec un sourire entendu.

Je n’avais pas oublié cette fois-là où j’étais tombée sur Lilian en soutien-gorge dans les toilettes, après que je lui ai renversé mon chocolat chaud dessus, et la réaction que cela avait déclenché en moi qui pourtant n’avait jamais été vraiment intéressée par les filles, c’était dire à quel point les Easter avaient la séduction dans le sang ! Je me souvenais aussi de ce qu’elle m’avait dit en riant, qu’elle devait me présenter son frère et la façon que j’avais eu de rire et de ne me dire que de toute façon, jamais il ne s’intéresserait à moi. Des années plus tard, je trouvais la vie décidemment amusante, et bien surprenante…


- Ca va très bien, écoute. Je continue de m'entraîner au Quidditch. Je sais pas si tu sais, mais Gryffondor est en tête cette année pour l'instant ! T'inquiète pas, Serdaigle sont pas mal placés ! D'ailleurs, tout à l'heure je dois discuter avec l'entraîneur de Londres, tiens regarde il est là avec papa et... Et Chuck..

Le ton de sa voix m’indiqua ce que j’avais deviné – Hadrian ne portait toujours pas Chuck dans son cœur.

- J'essaye de faire des efforts à son égard, surtout que je sais qu'il a bien aidé Lilian après le décès de Daniel mais c'est plus fort que moi, j'ai du mal ! Tu sais ce qu'il devient maintenant ? Je sais qu'il a eu pas mal de problèmes récemment, mais Lilian est tellement absorbée par le Docteur Canon qu'elle a oublié de me donner de ses nouvelles. C'est juste histoire de savoir si j'ai un concurrent.

Quelques frissons parcoururent ma peau à l’évocation de Daniel, dont le décès me paraissait toujours trop proche, trop terrible – et son histoire trop similaire à la mienne, cette addiction… Seulement, lui ne s’en était jamais détachée, et elle lui avait coûté la vie.

- C’est super pour le Quidditch ! C’est vrai que Chuck a travaillé pour l’une des équipes de Londres, d'ailleurs il doit connaître quelques personnes dans le milieu, même si je sais que tu préfèrerais te crever l’œil avec un cure dent que demander de l’aide à Chuck Carlton, j’agitai l’un des cure dents dans mon assiette en riant. Mais pour l’instant il travaille juste à mi-temps dans une boutique. Et oui, hm, il a eu une mauvaise passe après la mort de son petit-frère, c’était un peu compliqué. Mais il se remet petit à petit, il a même vécu chez Liz et moi pendant quelques mois parce qu’il n’avait plus d’appart… En fait, je suis très proche de lui maintenant, dis-je tout à coup sur le ton de l’aveu, avec un sourire mi désolé mi amusé. A part ça, il est de nouveau en couple avec Emmy, et ça fait plaisir à voir, ils s’étaient séparés à cause des problèmes de Chuck mais il était encore complètement raide dingue d’elle, du coup il a fait amende honorable et maintenant ils ne se lâchent plus. Je fis un petit sourire entendu à Hadrian. On savait tous les deux qu’il n’avait jamais apprécié que Chuck tourne autour de Lilian. Tu sais, il a beaucoup changé !

Enfin, Chuck restait tout de même Chuck, et oui, il avait toujours eu un côté aussi irrésistible qu’agaçant. A vrai dire, j’avais toujours trouvé que lui et Hadrian se ressemblaient, leur petit côté Gryffondor fanfaron, mais ça, je me gardais bien de le dire.

- Enfin, je pense qu’on a tous beaucoup changé, non ? Ajoutai-je, non sans précaution. Bien sûr, le terrain était glissant, mais j’avais décidé de m’y aventurer délibérément. Quand je repense à comment j’étais quand nous étions ensemble… Enfin, ce n’est pas que je n’étais pas heureuse hein ! A vrai dire, je, euh… Je sentis que je commençais à rougir, et je me mis à rire bêtement. Oh, pardon, je ne suis pas comme toi, je ne sais pas faire de l’humour pour détendre l’atmosphère ! J’avalai une gorgée de limonade pour reprendre contenance. Mais je voulais juste dire que je n’étais pas toujours moi-même… A cette époque, je n’y arrivais pas, ni avec les autres, ni avec toi, et pas même avec moi-même. Quand nous étions ensemble, je me sentais comme une adolescente « normale », c’était vraiment agréable, mais du coup, je crois que j’en ai un peu oublié ma réalité et ça a fini par me rattraper… Nous connaissions la suite. Je grimaçai. J’avais tellement peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas être cette fille « normale », et peur que tu ne m’aimes plus si je te montrais vraiment qui j’étais, alors mes angoisses se transformaient en TOC et en crise de jalousie… C’est vraiment cliché, mais je crois que je n’étais pas du tout prête pour une relation, au final, j’avais trop de problèmes à régler avec moi-même. Bon, pour être tout à fait honnête, je lui lançai un regard amusé, parce que l’honnêteté n’avait pas toujours été mon fort, il le savait, et c’était presque drôle de m’entendre dire cette expression à présent, tout est loin d’être réglé, mais bon, j’essaie. J’ai même commencé une thérapie ! Comme c’était étrange d’être si sincère et si vulnérable devant Hadrian ! Je rougis à nouveau, un peu anxieuse. Mais bon, voilà, je.. Je suis désolée, je sais que je n'étais pas une petite-amie très facile. J’aurais juste aimé que notre rupture se passe différemment, je sais qu’on se faisait plus de mal qu’autre chose sur la fin, mais c’était tellement dur de te voir disparaître de ma vie si brutalement, avouai-je.

C’était tellement et peu à la fois, mon cœur s’ouvrait petit à petit, comme si pour l’une des premières fois, j’arrivais à être véritablement sincère avec Hadrian, puisque je n’avais à craindre notre rupture – je l’avais vécue et j’y avais survécue.

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« 'I feel things,' I said. 'I'm not a robot!' I stamped my foot and screamed. Then I burst into tears.
I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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