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In the land of the free and the home of the brave {Pv}

 
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 In the land of the free and the home of the brave {Pv}

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Hadrian T. Easter
Élève de 6ème année



Masculin
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Localisation : La même que celle de mon caleçon.
Date d'inscription : 05/03/2009

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Ami(e)s: Mes calebuts.
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MessageSujet: In the land of the free and the home of the brave {Pv}   Lun 13 Nov - 19:32

{Manoir de la famille Easter}

Ok j'annonce la couleur : ce soir, au manoir Easter-Schoonmaker c'était grosse résoi. Bon, c'était pas le nom officiel : une réception organisée par mes parents, enfin pour le Ministère, donc sous le commandement de mon padre. Donc toute la journée, Felton, Lilian, maman et moi avions été réquisitionnés pour installer une immense tente au milieu du jardin, disposer les tables, le buffet, les décorations, les bougies et flammèches... My Gosh je vous jure ! Enfin bon, comme je pouvais boire de l'alcool maintenant, j'acceptais quelques sacrifices... Après, c'était quand même une réception officielle, plein de collègues de Daddy seraient là, avec leurs femmes (vieilles ou pas) mais riches dans la plupart des cas et notre belle famille se devait de faire bonne impression. C'est là que nos grands sourires ultra bright se révélaient extrêmement utiles. Qui plus est, nous étions tous au complet : les parents avec leur sublime progéniture prometteuse.

Cela me mettait presque un peu under pressure parce que papa m'avait dit qu'il y aurait sûrement l'entraîneur de l'équipe de Quidditch de Londres et comme c'était la voie que je souhaitais embrasser, je devais être irréprochable. Surtout que je m'entraînais dur tous les weekends et lors des entraînements, je sentais que je m'améliorais et je ne voulais pas tout gâcher. Donc alcool oui ; entraîneur, avant.

De toute façon, cette réception n'était pas la première, loin de là ! Comme vous le savez, nous y étions habitués, Lilian et moi, Felton aussi mais comme il avait eu une absence, il m'avait dit qu'il avait perdu un peu la main : j'ai plus trop confiance en moi blablabla.. ! Du grand Felton ! Alors qu'il n'avait rien à craindre : toutes les dames de la soirée (vieilles ou pas) seraient sous son charme. Non mais c'est vrai : c'est clairement pas le boudin du village ! Il était blond (bad) and beautiful. Le seul d'entre nous qui ressemblait plus à maman qu'à papa. Notamment en ce sens où il était plus réservé, enfin certainement moins ostentatoire que Papa, Lilian et moi. C'était le côté Easter-Schoonmaker ; Felton avait plus le côté De Andalucia de Maman avec lé charme espagnol, lé sang chaud et lé r qui rrroulent ! Breeef ! Surtout que Felton avait du mal à rouler les r.

Tout ça pour dire que j'aimais moyennement me coltiner la décoration mais bon, je prenais mon mal en patience, surtout qu'on rigola quand même bien avec Lilian et Felton. Et puis, the best moment fut quand le traiteur arriva avec tous les plats : mama mia ! Tout avait l'air tellement succulent que si je n'avais pas cet entretien déguisé avec l'entraîneur de Quidditch, je savais que je serais capable de m'empiffrer jusqu'à n'être plus qu'un énorme balloon que Lilian ferait rouler dans les escaliers.

D'ailleurs, en parlant de Lilian, Mademoiselle avait invité, à mon grand bonheur, Chuck Carlton. Ah ! Chuck Carlton, nous menions une grande histoire d'amour ensemble. Pour ceux qui ne le sauraient pas : je le déteste. Déjà quand il sortait avec ma sœur, je ne l'aimais que très modérément mais alors quand il l'avait plaquée comme une grosse piece of shit pour aller se maquer avec sa meilleure pote : j'avais un peu pété un plomb. Personne ne largue Lilian comme ça et encore moins un mec comme Chuck Carlton. Alors pendant un moment elle ne lui avait plus parlé et je dois dire que cela me convenait très bien (bon, jusqu'à ce qu'elle se tape Doherty, bref). Mais quand j'avais appris qu'elle s'était remise en plan cul avec lui après le décès de Daniel, je lui ai balancé un gros no way dans la figure. NO WAY. NO FUCKING WAY tu ressors avec Carlton ! Surtout qu'en plus, Monsieur avait encore eu une brillante idée : se droguer suite au décès de son petit frère. Je respecte, je le connaissais de vue et ce doit être une horrible chose que de faire face à ce genre d'événements. Mais le pire, c'est que lorsque Lilian avait voulu l'aider, encore une fois, il l'avait envoyée bouler comme une grosse merde. Encore une fois je dis NO WAY.

Aux dernières nouvelles je crois que cette histoire commençait à se tasser (logique, sinon ma sœur ne l'aurait pas invité), ce qui au final, ne m'arrangeait pas tant que ça. J'aurais largement préféré qu'il soit en cure de désintox plutôt qu'ici, Dieu sait ce qu'il était capable de faire ; et je ne voulais surtout pas qu'il refasse du mal à Lilian, elle avait un peu douillé ces derniers temps. Damn Docteur Canon, pourquoi n'êtes-vous pas là ce soir, Lilian n'aurait eu d'yeux que pour vous ! Au pire, je me consolais en me disant que Felton serait là et papa aussi et qu'il ne serait pas très difficile de les convaincre que Chuck est un vilain monsieur qui embête Lilian. Of course, je suis le dernier : la balance et le chantage affectif, ça me connaît.

Enfin, mon sourire ultra bright serait hyper utile : il pouvait être forcé et hypocrite aussi, je le réservais spécialement pour Carlton.

Nous avions bientôt fini de tout installer et il était temps d'aller nous préparer : Lilian était monter se doucher un peu avant, elle avait plus à faire que nous, même si Felton et moi avions des nœuds papillon, ce qui n'était pas une mince affaire non plus! Après une bonne douche bien chaude, j'enfilais une chemise blanche, une veste de velours noir, à l'encolure matte, un pantalon noir, mon nœud papillon comme je l'ai dit et de jolies chaussures qui me bousillaient les pieds. J'avais perdu l'habitude – enfin, elles avaient perdu l'habitude de mes pieds, nuance. Je me fis une coiffure pas trop ridicule : histoire de dompter un peu mes bouclettes tout en les laissant un peu vivre (coiffé négligé comme disait Lilian : le but est de faire croire que tu sors de la douche et que ça t'as pris 3 minutes alors qu'en réalité, ça t'as pris 3 heures). J'étais tout beau ! Impeccable, perfecto pépito.

At the begining, nous devions tous accueillir en famille les invités mais peu à peu, Papa et Maman nous autorisèrent à partir, estimant que nous avions parfaitement rempli nos rôles de parfaits petits enfants polis et bien élevés. Sans plus attendre, on se dirigea tous les trois en direction de la terre promise : le bar. Pour faire genre, on commanda du champagne pour commencer et ne pas passer pour les parvenus riches qui viennent à ce genre de soirée uniquement pour se bourrer la gueuler. Au début de ces soirées, tout le monde est en représentation, ce n'est qu'à partir d'une certaine heure que les masques tombent et que les gens commençaient à être bourrés. En général, les différentes tranches d'âge se regroupaient dans des endroits distincts : les parents et les plus vieux dans le manoir, les moins vieux sous la tente. De toute façon, des serveurs étaient dépêchés dans tout le domaine donc pas d'inquiétude : les gosiers seraient rassasiés et bien trempés.

Alors que nous nous moquions de certains couples de vieux schnocks avec Felton et Lilian, ma sœur nous quitta furtivement : son invité de marque devait être arrivé. Dieu m'entende, ma soirée était officiellement gâchée par l'arrivée de Chuck. En grand lâche que je fus l'histoire d'un instant, j'abandonnais discrètement Felton qui allait faire les présentations avec Chuck pour me diriger vers les petits fours. Et les crevettes cocktails : cette merveille !

J'en pris une pleine assiette quand un éclair doré attira mon regard. Je ne connaissais que trop bien cette couleur : elle évoquait en moi une foule de souvenirs, lesquels s'avéraient à la fois douloureux et joyeux. Etrange comme sensation.

J'avais complètement oublié : Ruby Standiford était invitée. Mon ex. Great. Les relations entre nous étaient passées de glaciales et gênées à cordiales et polies. Un step après l'autre. Bon, comme je prenais le parti d'ignorer royalement Chuck, je ne pouvais le faire également pour Ruby (on n'ignore qu'une personne à la fois quand on est bien élevé). Bon allez Hadrian, t'as plus 12 ans ! Go go go ! J'avais juste l'air d'un pauvre goinfre avec mon assiette de crevettes cocktails et de mousse à l'avocat. Heureusement pour moi, j'avais dans mon autre main my coup of champain, la meilleure boisson qui soit. Armé de mon sourire charmeur et assuré, je m'avançais vers Ruby.


- Salut Ruby ! Je suis ravi de te voir, Lilian m'a dit que tu venais ce soir ! Je lui adressais un franc et poli sourire, afin qu'elle constate qu'il était temps que notre relation amicale franchisse un step de plus. J'ai pris un peu trop de provisions, des crevettes ? Poliment, je lui tendis l'assiette. Alors qu'est-ce que tu deviens maintenant ?

J'avais conscience que je la bombardais peut-être de questions, mais c'était pour l'instant the only way de briser la glace entre nous. Quelques crevettes plus tard plus quelques blagues, le tour serait joué ! Oh God please, help me sur ce coup là, j'ai besoin de toi.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: In the land of the free and the home of the brave {Pv}   Mer 15 Nov - 10:57

- Ne bouge pas ! Sinon je vais risquer de lisser ta tête !

Emmy ricana une nouvelle fois, et j'agitai ma baguette, lissant parfaitement la chemise de Chuck qu'il n'avait pas pris la peine de repasser. Je m'écartai, jaugeant le résultat avant d'hocher la tête d'un air entendu, ne cachant pas un petit sourire malicieux, qui se transforma en rire dès que mon regard croisa celui d'Emmy. Il faut dire que Chuck dans ce genre de tenues arrachait toujours un sourire, ça se voyait bien qu'il n'était pas dans son élément, même si comme le répétait Emmy, il était « sexy comme ses fesses », ce qui ne calmait pas mon rire. Si j'étais moins expansive sur combien je trouvais Ewan « sexy comme ses fesses », je ne me privais pas de de le dévorer du regard tandis qu'il achevait d'arranger ses cheveux. J'étais folle de lui dans n'importe quelle tenue, mais je devais avouer que le voir en costume, si bien âpreté, avec son petit air de bonne famille, si « old sport » comme Liz aimait à dire, eh bien... Je n'y étais pas insensible. Au moment de transplaner, je me collai un peu plus contre lui, inspirant son parfum puissant, souriant tranquillement.

Evidemment, il n'y avait que les Easter pour organiser ce genre de soirées, et Lilian pour nous y inviter avec son air de reine. J'avais été touchée qu'elle m'invite, depuis toutes ses histoires avec Chuck, nous nous étions évidemment rapprochées, surtout que nous travaillions au même endroit - même si nos services différents et nos emplois du temps chargés faisaient que nous ne nous croisions pas énormément. Mais j'avais toujours plaisir à déjeuner avec elle de temps en temps, parfois en compagnie de Scott qui nous rejoignait. Je n'avais de toute façon pas oublié l'hospitalité dont elle avait fait preuve quand j'étais venue en vacances chez eux, du temps où je sortais avec Hadrian, me traitant comme si j'étais un membre de la famille. On pouvait dire ce que l'on voulait sur les Easter, mais ils faisaient partis de ces gens qui avaient été généreux avec moi, sans aucune arrière-pensée, alors que je n'étais qu'une adolescente perdue qui débarquait dans leur villa, tout ça parce qu'elle sortait avec leur fils. J'y repensais parfois en souriant. Il m'avait fallu du temps pour digérer tout ça, et ma relation avec Hadrian était toujours emprunte d'une certaine gêne, mais je me plaisais à contempler les souvenirs avec un certain apaisement, à présent.

En parlant d'Hadrian, j'étais sûre de le croiser ce soir, ce qui évidemment me mettait un peu mal à l'aise, surtout quand j'arrivais avec Ewan... De l'eau avait coulé sous les ponts depuis cet après-midi où Hadrian avait essayé de m'embrasser à Hyde Park, l'animosité qui avait agité Ewan avait disparu, et j'avais eu l'occasion de revoir Hadrian depuis. Mais je ne me pouvais pas m'empêcher d'être un peu inquiète, quelque part. C'était ma nature anxieuse qui parlait, je le savais, mais déjà que les soirées de ce genre me mettaient mal à l'aise... Ce n'était pas des environnements que j'avais l'habitude de côtoyer, et j'étais persuadée qu'au fond, tout le monde pouvait démasquer la petite orpheline que j'étais. En arrivant dans leur magnifique manoir, je redressai légèrement ma posture, comme pour me donner confiance. Heureusement qu'Ewan était habitué à ces environnements, et s'il n'en était pas particulièrement fan non plus, il en connaissait parfaitement les codes. À son bras, j'avais un allié, qui devinait d'ailleurs toutes mes inquiétudes. Je savais qu'il veillerait à ce que tout se passe bien.

Pour l’occasion, j’avais mis ce qui se rapprochait le plus d’une armure face à cet univers si porté sur les apparences : la robe que Sara Wayland m’avait offerte il y a trois ans, une robe qui lui avait elle-même été offerte par la mère de sa meilleure amie – moi qui était attachée au symbole, celui-ci me touchait particulièrement. Cintrée à la taille avec le bas et les manches joliment évasées, la robe était en dentelle blanche, avec des détails de broderie noire, le tout donnant un joli effet vintage mais classe, exactement comme j’aimais. Je me sentais bien dedans, je me sentais… C’était difficile à décrire, c’était une jolie robe, pas trop clinquante, ni trop adolescente et ni trop sérieuse, parfaitement à mon image. Je me sentais moi, dedans.

Après m’être occupée des cheveux d’Emmy, que j’avais coiffé en un joli chignon travaillé, j’avais accentué les ondulations de mes cheveux, je m’étais bien maquillée pour l’occasion, je portais des talons, bref, je ressemblais à la version la plus « chic » de moi-même possible, et pendant un instant, j’imaginais ce que j’aurais pu être si j’avais évolué dans ce monde depuis mon enfance, si j’étais capable d’être autant à l’aise que tout le monde semblait l’être. Qu’est-ce que ça faisait, de ne pas se sentir comme un imposteur à chaque fois ?

Dans ce genre de soirées, tout le monde navigue un peu d’un groupe à l’autre, et tandis que Chuck riait avec Lilian, Emmy et Ewan avaient croisé quelqu’un qu’ils connaissaient du Ministère, et je m’approchai furtivement du buffet pour chercher une boisson autre que les coupes de champagne que chaque serveur essayait de me refiler, à mon grand désarroi. C’était toujours un peu compliqué, j’ignorais si le jus d’orange était en réalité un punch bien corsé, si ce qui semblait être de la limonade était en réalité un mojito… Heureusement, non, c’était simplement de la limonade, et je m’en servis un verre en soupirant de soulagement. Ne pas tomber sur de l’alcool par erreur était beaucoup plus difficile qu’il n’y paraissait.

Tomber sur son ex, alors qu’on était à une soirée organisée par sa famille, c’était plutôt facile aussi. Je relevai la tête, écartant les quelques mèches blondes qui étaient tombées devant mes yeux.

Hadrian avait changé, c’était certain. Nous n’étions plus les adolescents que nous avions été. Il avait grandi, ses épaules s’étaient élargies, ses cheveux avaient un peu poussé aussi, ils étaient plus bouclés qu’avant. La seule chose qui n’avait pas changé, c’était l’éclat dans ses yeux, la façon dont son regard pétillait toujours. Cela envoya une petite vibration dans mon cœur, une vibration nostalgique. Je n’avais plus de sentiment pour lui, bien sûr, mais il restait la première personne dont j’avais été vraiment amoureuse, alors que j’avais toujours cru être un peu cassée de ce côté-là, à cause de tout ce qui m’était arrivé. C’était étrange, en un sens, j’associais Hadrian à ces quelques mois où je m’étais sentie comme une adolescente normale, heureuse, innocente – jusqu’à que le reste me rattrape et nous sépare. C’était peut-être ce qui m’avait le plus blessé, la façon dont Hadrian avait disparu de ma vie après notre rupture, alors qu’il pouvait voir, et mieux que tout le monde, combien je m’enfonçais dans le mal-être. Il me connaissait assez pour savoir. Mais je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir, cette situation était tellement particulière et… Nous étions si jeunes, finalement. En y repensant, j’avais l’impression que la Ruby d’il y a quasiment quatre ans n’avait plus rien à voir avec celle d’aujourd’hui.


- Salut Ruby ! Je suis ravi de te voir, Lilian m'a dit que tu venais ce soir ! J'ai pris un peu trop de provisions, des crevettes ? Alors qu'est-ce que tu deviens maintenant ?

J’eus un petit sourire, et attrapai une assiette pour prendre quelques crevettes qu’Hadrian me tendait, les alignant proprement dans mon assiette. J’essayais de paraître détendue, car je savais qu’Hadrian avait toujours détesté mes petites manies, mais je ne pouvais simplement pas m’en empêcher. Paradoxalement, depuis que j’étais sobre et que j’allais mieux, mes TOCs étaient devenus beaucoup plus affirmés. J’étais habituée, de toute façon, tant que je n’avais pas complètement réglé mes problèmes profonds, ils trouveraient toujours une manière de se glisser dans mon quotidien.

- Merci ! Comme toujours, on est très bien reçu chez vous, commentai-je avec un petit sourire. Je ne sais pas si Lilian t’a dit, mais je travaille aussi à Sainte-Mangouste, dans le département qui gère tous les remèdes magiques. J’aimerais bien me spécialiser plus tard, mais pour l’instant, je ne suis qu’une apprentie ! Mais je mets enfin à profit mon amour des potions, plaisantai-je. Ça aussi, c’était quelque chose sur lequel Hadrian m’avait toujours taquiné. Oh, et j'habite avec Lizlor, et ça, c'est vraiment super. Je vivais en famille – c’était officiel, depuis que Sara Wayland m’avait adopté.

C’était évidemment des banalités, mais nous faisions comme nous pouvions… Deux hommes plus âgés passèrent près de nous, et je m’écartai, les laissant passer. L’un d’eux parlait d’une voix forte et il commentait les crevettes avec beaucoup d'intérêt, racontant son dernier repas chez le fils de la Ministre de la Magie, où on avait servi des crevettes de Suède "dé-li-cieu-ses" et l'autre homme renchérissait, avec un tel sérieux, et des commentaires si snob, que je ne pus m'empêcher d'avoir un petit sourire amusé. Hadrian avait lui aussi remarqué, et comme il était dos à haut, il se mit à les imiter discrètement, me faisant sourire encore plus, et je me mis à rentrer dans le jeu, les imitant à mon tour. "Je le dis toujours, les huîtres françaises sont incroyables", et je murmurai silencieusement un "évidemment" faussement sérieux, comme si les huîtres étaient le sujet le plus important de la terre entière, tandis qu'Hadrian hochait la tête avec un air grave et entendu. Heureusement, les deux hommes finirent par s'éloigner, parce qu'à ce stade de la conversation, Hadrian et moi étions carrément partis en fou rire silencieux, difficile à contenir, et une fois tous les deux, on se laissa aller à rire franchement. C'était étrange, je ne me souvenais pas de la dernière fois où j'avais ri ainsi avec lui.


- Tu as toujours su comment me faire rire, lâchai-je tout à coup. C'était sincère, et j'espérais qu'il le verrait.

Un peu plus loin, j'aperçus Ewan, qui croisa notre regard, et il nous fit un petit signe de la main et un sourire. Il avait dû nous voir rire, et, perspicace comme il était, il comprenait sûrement que c'était mon occasion de parler tranquillement avec Hadrian. Je lui fis un signe de la main en retour, avant de me retourner vers Hadrian.


- On s'éloigne du buffet ? On pourra discuter plus tranquillement, non ?

Mon coeur battait un peu étrangement, parce que je n'étais pas aussi à l'aise que j'aurais voulue. Mais j'avais envie d'essayer, au moins. Je récupérais mon verre et l'assiette avec les crevettes, et me faufilai au milieu des gens, prenant soin d'éviter de tomber sur Chuck. Je ne savais pas si Hadrian avait toujours autant d'animosité pour lui, mais je tenais à éviter les situations bizarres, surtout maintenant que j'étais si proche de Chuck. Je me demandai si Lilian lui avait parlé de tout ce qui s'était passé avec lui, s’il savait que Chuck avait carrément vécu chez moi pendant plusieurs mois. Dieu merci, Hadrian ignorait que j'avais tenté de me consoler notre rupture en couchant complètement ivre avec Chuck, parce que ça ne risquait pas d'améliorer leur relation, et j'essayais pour ma part d'oublier cet épisode peu glorieux de ma vie - même si j'étais contente finalement, de m'entendre si bien avec Chuck, ça rendait l'histoire un peu moins gênante.

- Ça doit vous faire plaisir d'avoir Felton à la maison, dans ce genre de moments, non ? Demandai-je, alors que j'apercevais le frère d'Hadrian au loin.

J'espérais que cette question n'était pas trop personnelle, mais après tout, je connaissais Hadrian et son histoire familiale. Il n'était pas juste une connaissance...

On s'installa dans un coin, autour d'une petite table joliment agencée.


- Et toi alors, tu vas bien ?

C'était une vraie question, loin des formules de politesse classique, et j'espérais qu'Hadrian pourrait le sentir. Il y avait tant de choses, finalement, que nous aurions pu dire, régler une bonne fois pour toute, mais je ne savais pas trop comment demander tout ça, si Hadrian était d'humeur aux vraies discussions, sérieuses, celles qui dérangeaient. Pourtant, une part de moi avait toujours voulu savoir : pourquoi m'avait-il tant évité après notre rupture, est-ce qu'il avait vu combien j'étais mal, est-ce que nous nous étions pardonnés toutes nos erreurs ?


_________________
Even Closer | Forever Young | So Cold | If Stars



« 'I feel things,' I said. 'I'm not a robot!' I stamped my foot and screamed. Then I burst into tears.
I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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