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~ And they call me under. [PV C.]

 
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 ~ And they call me under. [PV C.]

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Ruby Standiford-Wayland
Apprentie à Sainte Mangouste



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Date d'inscription : 03/09/2011

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Particularités: « and from the rain comes a river running wild that will create an empire for you. »
Ami(e)s: Lizlor; « Maybe home is nothing but two arms holding you tight when you’re at your worst. »
Âme soeur: « Lover, when you don't lay with me I'm a huntress for a husband lost at sea. »

MessageSujet: ~ And they call me under. [PV C.]   Sam 11 Nov - 14:59



"If I could face them
If I could make amends
With all my shadows
I'd bow my head
And welcome them
But I feel it burning
Like when the winter wind
Stops my breathing

Are you really going to love me
When I'm gone
I fear you won't
I fear you don't

And it echoes when I breathe
Until all you'll see
Is my ghost
Empty vessel, crooked teeth
Wish you could see
And they call me under
And I'm shaking like a leaf
And they call me under
And I wither underneath
In this storm
."


C'était une bataille aussi ridicule qu'incessante. Je pouvais visualiser jusqu'à l'odeur, brûlante et boisée, et en la repoussant, je tentais de me concentrer sur autre chose, sur la page du livre ouvert devant moi, le léger plis du coin, qui tout à coup occupait toute mon attention, je le lissai une première fois, une deuxième, une troisième, et parce que je n'aimais pas finir sur un chiffre impair, une quatrième ; voilà que cette nouvelle pensée m'obsédait, et je tentais de la chasser, revenant stupidement au point de départ, et cette odeur imaginaire de whisky qui me rendait folle. Nous en avions portant parlé longuement avec ma thérapeute, la façon dont je pouvais contrecarrer mes pensées intrusives, et nous travaillions ensemble sur comment m'ancrer dans le présent. Mais à chaque fois que je m'y ancrais, justement, mon attention dérivait d'une pensée à une autre, et ce n'était plus mon angoisse qui occupait tout mon esprit, mais un nouveau problème du présent, la poussière sur l'étagère, les lignes dans les pavés, la couleur des aliments dans mon assiette. C'était comme si mon anxiété maladive cherchait simplement quelque chose à attraper pour m'étouffer. La bataille me paraissait vaine et épuisante.

Je me redressais sur la chaise, dont l'osier grinça légèrement, et en m'appuyant contre le dossier, un picotement remonta le long de la colonne vertébrale. Me levant, j'allais jusqu'au miroir de l'entrée, remontant ma chemise, dévoilant le bas de mon dos, là où j'avais heurté le coin de la table violemment. Depuis cet après-midi, la douleur s'était calmée, mais le bleu s'était propagé, comme une tâche de pétrole dans la mer, violette, bleue, et un halo légèrement jaune. J'avais réussi à détacher mes sentiments pour ne pas pleurer, coupant tout ce qui aurait pu arriver jusqu'à mon cœur et le faire battre trop vite. La scène, elle aussi, restait floue, comme si mon cerveau s'était rappelé de la consigne à suivre, se fermer, se détacher, pour ne pas avoir trop mal, trop peur. Du brouillard angoissant, je ne me souvenais que du regard de Lawrence, ce qui y avait brillé, la colère, et cette étincelle terrifiante, celle qui voulait dire qu'il était capable de me faire mal. J'avais du mal à reconstituer le reste, notre dispute, son insistante, ses supplications, mon refus angoissé et poli, la tension qui montait et montait jusqu'à l'explosion, sa baguette, l'éclair, mon corps qui tout à coup bougeait sans que je le veuille, le bruit de la table métallique, la douleur lancinante. Puis, l'étincelle avait disparu, et Lawrence avec, il avait murmuré quelque chose que j'avais oublié, et mon corps robotique avait eu le réflexe de survie qu'il avait toujours, il avait fui en courant. Je n'avais prévenu personne, pas même ma cheffe de service, je n'étais pas en état d'aligner trois mots de toute façon, et j'étais rentrée à la maison à pieds, incapable de transplaner ou de supporter le métro.

J'essayais à tout prix de lutter contre mes pensées qui s'écrasaient par vague contre mon corps déjà affaibli, refusant mes angoisses qui pourtant s'enfonçaient un peu plus profond à chaque minute qui passait. Elles étaient faites de questions que je savais difficiles à résoudre : que faire, parler, oui, mais comment, à qui, comment expliquer, comment faire pour ne pas briser la bulle calme de mon travail que j'avais tenté tant bien que mal de garder, pourquoi ne pouvais-je pas vivre quelque chose de paisible, repartir à zéro, pourquoi les ennuis semblaient me poursuivre, comment éviter d'attirer l'attention sur moi tout en dénonçant Lawrence, comment le dire, comment le dire, comment le dire à Ewan, oh surtout à lui, comment ne pas le décevoir, comment lui dire, comment lui dire, comment -

J'inspirai et expirai, la langue contre mon palais, serrant les poings avant de relâcher la tension, comptant dans ma tête les secondes en suivant les exercices de respiration que j'avais appris.

Mais je ne voulais pas me calmer, je voulais oublier, je voulais dormir, oh, et plus que tout, je voulais boire, parce que j'allais imploser si je ne perdais pas le contrôle. C'était si stupide, je n'avais pas eu envie depuis longtemps, mais c'était bien connu, ces addictions vous suivent pour toujours, et c'était bien naïf de ma part de croire que j'avais enterrée la mienne. Mes forces semblaient me quitter, comme si j'étais prête à jeter l'éponge. Les sensations, pourtant lointaines, étaient toujours aussi claires, les jambes cotonneuses, les mouvements décalés, la tête légère et lourde, et petit à petit, tous les muscles qui se détendaient, et enfin, enfin, je n'avais plus le contrôle mais j'étais trop ivre pour avoir peur. La réalité n'existait plus si je la fuyais, pour seulement quelques heures. Il n'y avait jamais d'alcool à la maison, seulement lorsque nous recevions, Lizlor sortait en acheter, mais elle faisait bien attention à ne laisser aucun stock dans les placards. Elle le faisait exprès, je le savais bien, elle ne me l'avait jamais dit, elle me faisait confiance mais elle me protégeait silencieusement. J'étais persuadée qu'autour de moi, les gens n'avaient pas arrêté mystérieusement de boire du whisky, qu'Ewan et Lizlor veillaient à ce que ma boisson favorite ne soit jamais trop près de moi. Pendant une seconde, j'étais en colère de leur prévenance, je voulais la tentation, je voulais craquer, je voulais perdre, puisque les mêmes schémas se répétaient toujours.

J'étais stupide, stupide, stupide ; je m'appuyai contre le mur, fermant les yeux, fuyant le reflet du miroir, ma paume frappant à un rythme régulier ma cuisse. Le tissu de ma jupe réussissait à peine à me maintenir dans la réalité. J'étais stupide, stupide, stupide, stupide, stupide -

Je retournai dans la cuisine et attrapai mon téléphone, composant le numéro de Chuck. Son nom de contact "Chuck Kiddo" s'afficha - c'était lui qui s'était renommé, se moquant de ma manie d'enregistrer tous mes contacts sous la forme Prénom Nom, beaucoup trop formel à son goût. Je laissai sonner quelques secondes, avant de raccrocher, paniquée. Qu'étais-je censée dire ? Me laissant tomber sur le canapé, je lissai quatre fois la surface du coussin, ignorant mon cœur qui tambourinait fort. La seule pensée claire restait la suivante : il fallait que je ferme la porte, que je range la clef, que je m'empêche de sortir, jusqu'à qu'Ewan arrive pour notre dîner dans quelques heures. D'ici là, je pourrais réfléchir à comment lui dire, à comment le décevoir.

Mon téléphone vibra, me faisant sursauter. Chuck venait de m'envoyer "tu m'as appelééé ?" suivi d'une série d'emojis débiles. J'inspirai, les doigts tremblants sur le petit clavier. Il aurait compris, lui, n'est-ce pas ?... Mais comment lui parler sans réveiller ses démons, comment me montrer vulnérable, alors que j'avais tant gardé la face devant lui, toutes ses soirées où je le suivais, puis toutes ses discussions que nous avions eu par la suite... J'avais tellement peur, pensai-je dans un éclair de lucidité. Peur de ce qui était arrivé cet après-midi, de la suite, mais surtout peur de ce que je pouvais faire pour ne plus avoir peur.


« Est-ce que tu peux venir à l'appart, s'il-te-plait ? »

J'envoyai. Mon cœur s'emballa une nouvelle fois. Non, ça n'allait pas, je ne pouvais pas lui parler, pas comme ça, pas maintenant, je n'avais pas mes moyens...

« Enfin, juste pour prendre le thé. Si tu ne peux pas, ce n'est pas grave. : ) »

Voilà qui était mieux, pensai-je. S'il venait, je pourrais garder la face, et sa présence me changerait les idées. Je retournai vers le miroir de l'entrée, examinant à nouveau le bleu, puis mon visage. Je n'avais pas pleuré, ma peau n'était pas rougie, au contraire, j'avais l'air translucide, comme un fantôme. Mes cheveux retombaient tristement sur mes épaules, mes mains tremblaient, et à force de la soulever, ma chemise était froissée. Mon téléphone vibra, et la réponse de Chuck provoqua une série de frissons anxieux le long de ma colonne vertébrale. Bon, c’était trop tard pour faire demi-tour, pensai-je, et je retournai m’installer dans le canapé. Le Chat s’y était installé, et il me regarda de son air suspicieux, mais ne bougea pas, et se laissa même caresser en ronronnant doucement. Liz m’avait expliqué que les animaux pouvaient percevoir les émotions des humains qui les entouraient, et je me demandai si Le Chat pouvait sentir ma détresse, lui qui se roulait toujours en boule sur les genoux de Liz quand elle était triste. Je gratouillai l’arrière de ses oreilles, essayant de ne pas trop penser à mon envie stupide de boire, ni aux bactéries qui se trouvaient dans les poils du chat, ni à la venue d’Ewan, mais la spirale sinueuse de mes pensées continuait de m’emporter doucement dans les tréfonds de mon anxiété.

Chuck ne tarda pas à arriver, et en lui ouvrant la porte, je lui adressai mon sourire le plus convaincant.


- Hey Kiddo, dis-je en le serrant brièvement dans mes bras.

Comme toujours, on s’installa dans la cuisine, qui était devenue le centre de la ville dans notre appartement. Sur la table trônait la nouvelle plante verte que Jay avait offerte à Liz, dont les petites fleurs orangées illuminaient la pièce. Cherchant évidement à m’occuper, j’agitai ma baguette pour faire du thé, décalant la soucoupe de ma tasse pour qu’elle soit placée comme je l’entendais par rapport au pot de fleurs, et je lissai la nappe le plus discrètement possible, deux fois, luttant pour ne pas me laisser emporter par l’envie maladive de la lisser deux fois de plus.


- Alors, c’était bien votre soirée avec Emmy, samedi soir ? Demandai-je avec un sourire. Ils étaient venus dîner samedi dernier, puis étaient partis pour rejoindre l’une de leur fameuse fête chez leur ami Jack. Oh, et j’oubliais, j’ai eu Lucy au téléphone hier, je ne sais pas si elle t’a appelé aussi ? Elle voulait qu’on déjeune ensemble dimanche ! Ma voix était un peu trop légère et aiguë pour être naturelle, mais je me plongeai avec intérêt dans ma tasse de thé, détournant mon regard, espérant que la présence de Chuck suffirait à tenir éloigné mes inquiétudes.


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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: ~ And they call me under. [PV C.]   Dim 12 Nov - 15:57

J'étais devenu malheureusement trop habitué à tout ça pour que ça provoque encore de la panique ou de la honte chez moi. En un sens, c'était déjà ça : j'avais ça en moins. Au final ça m'énervait vaguement et j'essayais de ne pas y penser, ça me gênait plus qu'autre chose. Savoir que j'étais encore esclave de la drogue même après tout ce temps, ça n'avait rien de franchement glorieux - mais c'était comme ça, après tout, je l'avais bien cherché. C'était bizarre parce qu'en ce moment ça me revenait aux moments où je m'y attendais mais clairement le moins (récemment : au lit avec Emmy après qu'on ait pris notre pied et qu'on s'endorme l'un contre l'autre, j'avais la tête dans son cou et elle avait sa main sur ma nuque, et dans un demi-sommeil j'avais eu envie de lui dire "tu sais j'aurais toujours le regret qu'on ait pas été défoncés ensemble tous les deux ça aurait été génial on aurait vécu quelque chose de dingue" - non mais, n'importe quoi ?! Ou alors un dimanche midi on mangeait dans un pub avec les Tennant et on se marrait parce que Tess nous racontait ses dernières mésaventures en Potions et tout d'un coup, de complètement nulle part, j'avais commencé à me dire que j'avais TROP envie d'un rail et que c'était une belle journée et qu'il faisait bon et que j'étais bien et que VITE il fallait en profiter et mon esprit était parti trop vite et trop loin à s'imaginer que j'allais me défoncer et que ça allait être cool - bref, c'était dur à suivre. Surtout que c'était en plus des moments où j'avais des coups de mou, le soir quand la nuit tombait, la nuit, quand je pensais trop à Coop, quand juste j'avais du mal à me lever le matin et à me dire qu'il fallait continuer.

En tout cas, ça ne me facilitait pas trop la vie. Heureusement au taf tout le monde savait à peu près que parfois je flanchais un peu, du coup je pouvais ne pas venir un matin et rattraper mes heures plus tard ; heureusement il y avait Matt que je pouvais appeler à n'importe quelle heure du jour et de la nuit quand vraiment je sentais que je pouvais faire une connerie, et enfin il y avait tout le monde autour de moi, mes potes, et Emmy évidemment, sur qui je savais que je pouvais compter sans hésiter - mais sur qui je ne voulais pas faire tout reposer non plus, il fallait savoir doser. Avec Emmy c'était différent, il y avait des choses que je voulais entretenir, et même si j'arrivais à lui dire quand ça n'allait pas, je ne voulais pas non plus qu'elle croit que je n'étais plus qu'un gros tas de faiblesse quand à côté on avait partagé tellement de choses beaucoup plus cool. "Une question de dosage, quoi", pour reprendre les mots de Maman Ruby quand elle donnait ses cours de Cuisine pour les gros nuls (aka Liz et moi, même si Liz me dépassait de loin dans la nullité).

Ce matin je m'étais réveillé avec une putain de migraine (conséquences sympathiques d'un medoc que je prenais en ce moment parce que mon système immunitaire n'était pas bon selon les médicomages, tu m'étonnes, vu la vie de débauche que j'avais menée) et du coup j'avais prévenu le boulot et j'étais allé bosser de 10h à 15h non-stop sur les heures du midi, les pires, mais bon tant pis je ne m'étais pas senti d'arriver à 8h. En rentrant j'étais rincé et surtout j'avais une dalle de malade, du coup je comptais bien me faire une méga pizza, mais j'avais reçu alors un texto de "Rubite" (non mais il fallait vraiment que change ce nom, c'était un pari avec Jay quand on était bourré parce que l'histoire de Ruby qui disait "bite" nous faisait toujours hurler de rire et on avait fini par la troller jusqu'au bout) qui répondait au mien, vu qu'elle avait essayé de m'appeler mais que je n'avais pas eu le temps de décrocher. Venir à l'appart ? Graaaaave - je lui avais envoyé un milliard de smileys de bouffe histoire de lui faire comprendre que par contre il allait falloir me nourrir, et puis j'avais changé de direction. "Enfin, juste pour prendre le thé. Si tu ne peux pas, ce n'est pas grave. : )" : c'est moi où ça sentait un peu le sapin ? Ruby écrivait ses messages comme une maman de 50 ans, on est d'accord, mais là elle prenait encore plus de pincettes que d'habitude, non ? Hmm...

J'achetai des scones et du chocolat (et une part de pizza, oui, bon) avant de monter chez elle.


- Hey Kiddo, fit-elle en me faisant un câlin et en souriant de cet air de maman (oui, toujours) qui est tracassée mais qui veut le cacher à ses gosses. Grillée, grosse maligne.

- Salut beauté fatale,
dis-je après lui avoir fait un bisou sur la joue.

Je la suivis dans la cuisine et déballai mes courses, sous son regard aux sourcils froncés (en effet j'avais tout mis comme un gros porc alors que toute sa table était bien organisée et agencée, du coup je repris mes affaires et en fis une pile à peu près droite). Une pierre de plus à mon édifice : c'était sûr que ça n'allait pas, si elle était à ce point en proie à ses crises maniaques. On s'installa et je mordis dans ma pizza tandis qu'elle lissait tout du bout des doigts. Ça m'énervait - ce n'était peut-être pas la bonne réaction mais ça m'énervait, je détestais la voir comme ça.


- Alors, c’était bien votre soirée avec Emmy, samedi soir ?
- Oui ch'étais grave cool on a danché de ouf et tout !
- Oh, et j’oubliais, j’ai eu Lucy au téléphone hier, je ne sais pas si elle t’a appelé aussi ? Elle voulait qu’on déjeune ensemble dimanche !
- Trop bien !! Dehors ou chez eux ?!


Pfiou, ça allait déjà un peu mieux, mon ventre était moins désespérément vide et avait d'ailleurs arrêté de gargouillé. Je bus une grande gorgée de thé pour faire couler un peu et attaquai l'autre moitié de ma part de pizza.

- D'ailleurs Emmy m'a fait trop rire samedi soir on était un peu pétés, enfin tu vois quoi, et elle m'a parlé de ta robe pendant un milliard de temps, elle était fan de ta tenue et de tes tenues en général elle a dit que t'étais trop classe, du coup si un jour tu veux changer de bord tu sais quoi faire - enfin, après Lizlor évidemment, m'empressai-je de rajouter par habitude, parce que si Liz m'avait entendu elle aurait été vexée de savoir que Ruby aurait potentiellement pu finir avec une autre fille qu'elle. Bref. Bon et sinon. Ma pizza avalée, je me retins de lâcher un gros rot qui aurait évidemment rendu hystérique Ruby, surtout dans cet état-là. Piouf. Bon. Désolé j'avais trop la dalle j'ai pas déjeuné. Mais toi ça va pas non ? Enfin ça a pas l'air, il se passe un truc ? Tu veux m'en parler ?

Parce qu'elle m'avait aussi demandé devenir pour ça, non ? Elle devait savoir que je pouvais comprendre sûrement - et me dire ça n'arrangea pas trop mon inquiétude, parce que Ruby se coltinait des casseroles autrement plus importantes que les miennes en matière d'addiction.

_________________

CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: ~ And they call me under. [PV C.]   Lun 13 Nov - 20:47

Si j’avais été dans un meilleur état, j’aurais pu rebondir sur son « beauté fatale » et rire avec lui, lui sourire pour de vrai, sans avoir l’impression que les coins de ma bouche étaient simplement soulevés par un mouvement robotique. Son bisou sur ma joue avait déclenché quelques frissons, mon corps s’était complètement déconnecté et l’habituelle démonstrabilité de Chuck était un peu trop pour moi, dans ces moments, moi qui étais naturellement très distante physiquement. Après la violence physique de cet après-midi, je n’avais pas envie que l’on me touche, si même qu’on me regarde à vrai dire, j’espérais secrètement pouvoir disparaître. Heureusement, j’étais habituée à Chuck, à sa présence et il faisait partie du petit cercle de mes amis proches avec qui j’étais capable d’avoir des contacts physiques. De plus, j’aimais bien l’énergie que Chuck dégageait, elle était différente de celles que j’avais tendance à attirer, mais il y avait quelque chose de difficile à décrire, une espèce de chaleur solaire dont il avait le secret sans même le chercher, et j’espérais qu’elle pourrait calmer un instant mes angoisses… Si j’arrivais à faire abstraction de la façon que Chuck avait de mettre du bazar tout autour de lui en quelques secondes. Je fixai nerveusement la nourriture qu’il avait balancé sur la table, qu’il organisa un peu plus proprement, me faisant légèrement sourire. Après des mois de cohabitation, il connaissait bien mes manies, et j’avais d’ailleurs toujours été touchée des efforts que lui et Liz faisaient de ce côté-là. Je me doutais que je devais être insupportable – Liz plaisantait toujours en disant qu’au moins, l’appartement était toujours parfaitement rangé.

- Oui ch'étais grave cool on a danché de ouf et tout !
- J’aurais bien aimé voir ça,
plaisantai-je avec un sourire.

Pour faire la fête, Emmy et Chuck étaient clairement le roi et la reine de la nuit, et j’étais contente que Chuck sorte avec une fille aussi fêtarde que lui, mais sans tout ce côté excès qu’il avait pu avoir. De toute façon, sur beaucoup de point, Emmy correspondait parfaitement à Chuck – j’en avais parlé il y a quelques jours avec Ewan qui l’appréciait beaucoup, et il avait été totalement avec moi. A vrai dire, je ne connaissais pas beaucoup de personne qui n’appréciait pas Emmy, elle avait même trouvé grâce aux yeux de Scott qui pourtant avait une relation un peu particulière avec tout ce qui touchait à Chuck.


- Trop bien !! Dehors ou chez eux ?!
- Hm, chez eux, il me semble,
répondis-je, un peu distraite, mes mains s’étant remise à lisser la nappe malgré moi.

Depuis la descente aux enfers de Chuck, je m’étais beaucoup rapproché de son ami d’enfance, Chris, et surtout sa petite-amie, Lucy, et à force de les appeler pour prendre des nouvelles de Chuck, nous étions carrément devenus amies, ce qui avait à moitié surpris Chuck mais lui avait fait plaisir. J’étais toujours touchée quand Lucy m’appelait pour prendre de mes nouvelles ou m’inviter quelque part, bien que cette fois-ci, j’avais du mal à me projeter jusqu’à dimanche et m’imaginer en état de déjeuner tranquillement avec eux comme si de rien était. C’était toujours le pire, avec ces crises passagères, le reste me paraissait complètement impossible à gérer, je n’arrivais qu’à subir le présent, je n’avais plus aucun recul, et l’idée du futur était à la fois terriblement angoissante et impossible à saisir.

Je fis voler le pot de confiture à la myrtille et une petite assiette sur laquelle je disposais deux scones. Peut-être que manger me ferait du bien, malgré mon estomac tout retourné.


- D'ailleurs Emmy m'a fait trop rire samedi soir on était un peu pétés, enfin tu vois quoi, et elle m'a parlé de ta robe pendant un milliard de temps, elle était fan de ta tenue et de tes tenues en général elle a dit que t'étais trop classe, du coup si un jour tu veux changer de bord tu sais quoi faire - enfin, après Lizlor évidemment.

J’avais croqué dans le scone, m’empêchant de pouvoir répliquer, mais je sentis mes joues rougir un peu. J’avais toujours du mal à recevoir les compliments, surtout quand ils étaient aussi adorables (« trop classe » ?!), et heureusement que Chuck avait conclu sur une plaisanterie, parce que je pouvais simplement sourire et rire au lieu de vraiment répondre.

- Oh, c’est trop adorable de sa part… ! Peut-être que je pourrais faire un ménage à trois avec elle et Liz, continuai-je dans la veine de la plaisanterie.

Je croquai à nouveau dans le scone, tout en veillant à ne pas faire trop de miettes, que je poussai en un petit tas dans l’assiette, à défaut de pouvoir nettoyer celles que la pizza de Chuck faisait sur la nappe.


- Bon et sinon. Piouf. Bon. Désolé j'avais trop la dalle j'ai pas déjeuné. Mais toi ça va pas non ? Enfin ça a pas l'air, il se passe un truc ? Tu veux m'en parler ?

Oh, bon, très bien… Je l’avais un peu cherché, pas vrai ? Posant mon scone entamé dans l’assiette, j’essuyai du bout des doigts la confiture qui s’était logé au coin de mes lèvres, dans un geste un peu nerveux. J’aurais pu tout simplement mentir, repousser, dire que j’avais juste eu une longue journée, que j’étais fatiguée, mais que ça allait, puis rebondir sur autre chose. Chuck n’aurait pas été dupe, de toute façon, tout était étrange, ma façon de l’inviter en plein après-midi alors que j’aurais dit dû être au travail, mon sourire crispé, mes gestes mécaniques. Il me connaissait malheureusement plutôt bien, maintenant, surtout après avoir vécu avec moi. L’avantage avec Chuck, c’est qu’il comprenait et respectait complètement le besoin que chacun avait, parfois, de ne pas tout dire. Mais parce que je l’avais vu se murer dans le silence, éviter les sujets qui fâchent, j’avais assisté aux conséquences, que je connaissais de toute façon très bien… Repousser la vérité ne la faisait pas disparaître, au contraire. C’était elle qui me terrifiait, cette vérité, que je ne savais même pas comment formuler.

- Hm, en fait… Je n’avais pas vraiment prévu ce que j’allais dire, ce qui m’angoissait encore plus. J’avais toujours l’habitude de faire attention aux mots que je choisissais, surtout quand je parlais de choses personnelles. Oui, c’est un peu compliqué, il s’est passé quelque chose à mon travail aujourd’hui, quelque chose d’assez… Je ne terminai pas ma phrase. Je n’étais pas sûre du mot qu’il fallait employer, et j’avais peur de ce qu’il aurait pu déclencher. Enfin, disons que c’est le genre d’événement qui déclenche toujours beaucoup de choses, et qui me rend très vulnérable, expliquai-je de façon un peu détournée.

Tout ce qui touchait à mon corps, à cette entité physique, était tellement lié à l’incident… Je le savais très bien, c’était un symptôme lié au stress post-traumatique, et si je détestai ce mot qui paraissait si médical et si irréversible, je n’étais pas non plus dupe. Il était apparu dès mes sept ans dans les rapports médicaux, et j’avais eu le temps de l’accepter. Je repensai malgré moi à cette fois où Chuck m’avait violemment poussé, et combien cela avait été le point de non-retour, cette ligne qu’il ne fallait jamais franchir. Heureusement, tout cela était lointain, et j’avais pardonné Chuck depuis bien longtemps, bien que je n’aie jamais oublié la peur que m’avait inspirée son poing menaçant. Je n’avais pas non plus oublié comment Ewan s’était emporté physiquement avec Lawrence, ou la violence physique que Jay pouvait avoir lorsqu’il était en colère et à laquelle j’avais un jour malheureusement assistée. Ces tensions, ces colères, qui en devenaient physiques, me rendaient toujours terriblement nerveuse et fragile. Depuis l’incident, j’avais compris que mon corps pouvait être utilisé contre moi, pour me faire du mal, et je ne l’avais jamais vraiment oublié.


- Ça fait longtemps que je n’ai pas eu… Que je n’ai pas vraiment eu envie boire, et là, c’est juste un peu… un peu trop fort pour que j’arrive à gérer. Je suis désolée, je t’ai appelé sur un coup de tête, je ne savais vraiment pas quoi faire, et… Je mordillai ma lèvre nerveusement. Si j’avais déjà parlé avec Chuck de mon passé, de ma relation destructrice avec l’alcool, je ne m’étais jamais confiée sur ces crises-là, j’avais toujours été plutôt celle qui l’aidait à gérer les siennes, et tout à coup, j’avais peur de lui rappeler des mauvais souvenirs, de l’enfoncer dans ses propres démons… Je me sens honteuse. J’ai juste peur de ce que je pourrais faire si j’étais toute seule.


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