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« a hole where your heart lies » / A.

 
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 « a hole where your heart lies » / A.

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Charlie Palmer
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MessageSujet: « a hole where your heart lies » / A.   Dim 15 Oct - 23:25

https://www.youtube.com/watch?v=SCM8Qf3eGMQ

« 'Cause there's a hole where your heart lies
And I can see it with my third eye
And oh my touch, it magnifies »




Ash avait appelé, bien sûr, et j’avais décroché dès la première sonnerie, la voix presque essoufflée d’excitation. Oui, je voulais le revoir, oui, demain, il n’avait qu’à venir où je travaillais, je m’en fichais, n’importe quelle occasion me convenait. J’avais besoin de savoir qu’il était réel, que je ne l’avais pas rêvé, ou du moins, qu’il était sorti de mes songes pour peupler mon monde. En rentrant dans notre petit appartement à Elephant & Castle, alors que Sam était toujours au travail, j’avais cherché frénétiquement dans le carnet dans lequel je notais mes rêves, jusqu’à trouver la preuve ultime du destin que j’avais ressenti autour de moi toute la soirée. Au milieu des pages, je retrouvai enfin un de mes vieux rêves, où j’évoquais un homme aux yeux de glace et à la peau décorée de serpent, rappelant inévitablement la veste qu’Ash portait lorsque je l’avais vu. Assise sur le sol de la chambre, le carnet ouvert à mes pieds, je restais interdite devant tout ce qui s’était accumulé, et mes doigts glissèrent le long de la rune tatouée sur ma côte, qui existait à l’inverse sur le bras d’Ash, me laissant un peu plus songeuse. Mon corps glissa sur le parquet sur lequel je m’allongeais, fixant le plafond, une cigarette se consumant les doigts, la cendre tombant sur le sol. Je voulais que le temps s’accélère jusqu’à que je retrouve Ash, j’étais incapable de penser à être chose, et quand Sam rentra vers dix heures, il fût surpris de me trouver dans cette même position, les yeux grands ouverts et l’air rêveur. Je l’embrassai brièvement en guise de bonjour, filant vers la minuscule salle de bain pour continuer à rêver dans mon coin, évitant sa présence qui m’insupportait déjà. Dans l’eau parfumée de la minuscule baignoire, mes muscles se détendirent petit à petit, s’accrochant une dernière fois à l’odeur qu’Ash avait laissée partout en moi. Fumant tranquillement un joint, je regardai la flamme de la bougie que j’avais allumée, cherchant à lire des signes dans la façon dont elle vacillait.

Le lendemain, en me préparant pour aller travailler, je choisis avec attention mes vêtements, enfilant une robe courte au motif géométrique et des collants en résille, mes bottines à talons en velours émeraude, et une veste en cuir dont le dos était brodé de serpents, un rappel évident à la veste d’Ash. Je choisis un rouge à lèvres vert foncé, presque noir, et complétait la tenue avec un collier ras de cou, où pendait un cristal, de l’apophyllitie. Evidemment, je ne l’avais pas choisi au hasard, il était aidait à renforcer le lien entre le physique et le spirituel, et aidait à percevoir la vérité et à ouvrir le troisième œil. J’en utilisais souvent dans mes séances de voyance, mais aujourd’hui, les enjeux encore plus importants. Je voulais percer à jour Ash, il allait pénétrer dans mon royaume, et en retour, je voulais sentir le sien.

La journée passa trop lentement, j’étais entièrement absorbée par la venue d’Ash. Il devait venir avant la fermeture, je lui avais indiqué l’adresse, un petit recoin de l’Allée des Embrumes, une petite boutique dont le nom était quasiment effacé et la vitrine remplie de babioles étranges ; lorsque j’entendis le petit tintement de la clochette aux alentours de 20h, mon cœur s’accéléra. De la petite pièce où je faisais mes séances et qui se trouvait derrière le comptoir, j’entendis la voix d’Ash, et je sortis avant même que mon patron ne puisse répondre.


« Par ici. » Indiquai-je avec un petit sourire mystérieux, mon regard accrochant celui d’Ash, l’intensité montant d’un cran en une simple seconde.

Il pénétra dans la pièce, et je refermai l’épais rideau bleu nuit, et lançai nonchalamment un silencio pour nous donner un peu de tranquillité. Je ne laissai pas le temps à Ash d’observer les murs couverts d’objets hétéroclites, mon corps s’aimanta au sien et je l’embrassai en guise de bonjour, sans même réfléchir. Le goût de ses lèvres étaient encore plus délicieux que dans mon souvenir.


« Tu es prêt pour ta séance ? »

Je ne plaisantais pas avec ses choses-là, et il allait rapidement le savoir. Je lui fis signe de s’asseoir sur la petite chaise face à la table ronde recouverte d’un tissu au motif étoilé. C’était la seule surface de la pièce qui était vide, et j’y fis voler mon tarot, mais en relevant mon regard vers Ash, je m’arrêtai un instant, plissant les yeux, regardant derrière lui.

Beaucoup s’imaginaient que voir des esprits signifiaient vers des fantômes, mais c’était beaucoup plus flou, et difficile à décrire, c’était comme si tous mes sens voyaient quelque chose que mes yeux ne percevaient pas, il fallait se concentrer jusqu’à que quelque chose prenne forme, comme un polaroid qui se développe. Derrière Ash se dessinait une silhouette, et j’attrapais les mains d’Ash pour sentir son énergie, pour chercher une connexion.


« Il y a un esprit qui semble veiller sur toi, ou du moins être présent... » Je continuai à regarder derrière Ash, me concentrant, sentant mon corps vibrer doucement. Je fis voler vers moi une plume et un parchemin. « C’est un homme d’origine amérindienne. Difficile de dire un âge… Il a une coiffe et la moitié de son visage est peint… Quelque chose est brodé sur son habit. » D’un coup bref de plume, je dessinai d’abord la coiffe, car l’arrangement des plumes était particulier, puis un symbole dans un cercle dont j’ignorais la signification mais que je supposais être un symbole de tribu, et poussai le parchemin vers Ash pour qu’il regarde.« Je suppose que ça te parle ? »

Je n’avais pas besoin de la confirmation d’Ash – je savais. Les gens pensaient toujours que je cherchais à prouver mon troisième œil, mais à vrai dire, je savais parfaitement ce qu’il valait et je n’avais l’approbation de personne, au contraire, c’est les autres qui avaient en réalité besoin de se prouver qu’une telle forme de magie existait.

« Tu peux mélanger le paquet. »

J’avais posé le paquet de cartes devant lui, et je lui fis un petit sourire intrigué, impatiente de pouvoir en savoir un peu plus sur ce qu’il cachait derrière son aura si mystérieux et magnétique.

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Ash Freeman
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MessageSujet: Re: « a hole where your heart lies » / A.   Ven 20 Oct - 16:43

Le soir-même, à la morgue, je m’étais senti plein d’une vigueur nouvelle, ce qui pouvait paraître paradoxale aux yeux des autres, mais pas aux miens. Ce métier était sans doute celui qui me convenait le mieux (Beth avait au moins eu le mérite de m’aider à cela) et c’était en tout cas l’un des endroits où je me sentais le mieux ; tout m’était familier, de l’odeur tenace de formol jusqu’aux petits détails de chaque objet d’opération, en passant par les murs unis et aseptisés, la froideur des tables en acier et l’austérité de chaque couloir, bureau ou salle d’opération. Affecté à des horaires variables, de jour comme de nuit, j’avais toujours l’impression de pénétrer dans un sanctuaire hors de tout, de la vie comme du temps. Ce soir-là, donc, mon état était tel que j’avais installé la première table avec soin et en sifflotant doucement entre mes dents ; mes collègues n’avaient pas manqué de le remarquer sans pour autant m’adresser la parole, habitué au traitement du silence que je réservais à tout le monde la majorité du temps. Il y avait des choses essentielles et superflues sur cette Terre et la parole n’avait jamais été ma priorité, encore moins avec des gens qui ne comptaient pas plus que cela. Tout mon esprit, en revanche, était focalisé sur elle, son souvenir, sa peau, son odeur, sa voix, les heures passées ensemble. Je m’appliquai particulièrement (premier corps : un sorcier victime d’un maléfice avancé qui avait rétracté ses entrailles et fait pousser ses os en même temps ; deuxième corps : un noyé de plus deux semaines repêché dans un loch, la peau verdâtre et visqueuse, enflée, avait explosé en déversant des litres de liquide, que j’avais récupéré avec soin) et lorsque je quittai la morgue au petit matin, mon premier réflexe avait été de l’appeler. Je voulais entendre sa voix, savoir que j’allais la retrouver : tout mon corps était en état de manque.

Le rendez-vous pris, je rentrai chez moi. Je la voyais partout où elle avait été : contre la baie-vitrée, sur mon canapé, sur la chaise. Je fumai plusieurs joints en griffonnant (Lolita nue, essentiellement) et m’endormis, les heures passant si lentement qu’elles me faisaient mal. En fin de journée je m’éveillai, avalai une potion au salpêtre aux vertus énergisantes, me douchai, m’habillai : un pantalon moutarde, des chaussures noires, un pull à col roulé noir et léger, ma veste en cuir noir.

Je me fondis dans l’Allée des Embrumes sans un regard pour les autres (des groupes de sorciers dans les recoins sombres, des personnages étranges que je devinais être des créatures plus qu’autre chose) et pris le chemin le plus court pour le magasin où Lolita m’avait donné rendez-vous. Mon cœur sembla se remettre à battre au moment où j’entrai et la vis : étincelante dans toute sa noirceur, de sa tenue à ses lèvres, moulée dans un tissu aux formes géométriques qui m’hypnotisaient déjà. Nos regards se croisèrent pour ne plus se lâcher. Je la suivis sans répondre aux quelques mots qu’elle prononçait et m’immisçai dans son petit espace, décoré et garni de plein d’objets hétéroclites, dans un mélange de couleurs sombres et chatoyantes à la fois. Je me jetai sur elle pour l’embrasser et sentis tout mon corps répondre à sa présence.

Lolita me repoussa la première, et m’indiqua de m’installer. J’obéis, à la fois frustré et intrigué de la suite. J’étais un très bon client de ce genre de choses, porté moi aussi sur toutes les forces plus puissantes que nous, le mystique et l’inexpliqué. Je ne la quittai pas des yeux, elle paraissait tout à son aise elle aussi, comme moi à la morgue cette nuit, me dis-je. L’expression de son visage changea soudain et elle me parut ailleurs, comme habitée ; quand elle m’attrapa les mains, je frissonnai, sentant que j’étais suspendu à ses lèvres.

« Il y a un esprit qui semble veiller sur toi, ou du moins être présent... C’est un homme d’origine amérindienne. Difficile de dire un âge… Il a une coiffe et la moitié de son visage est peint… Quelque chose est brodé sur son habit. » Elle se mit à dessiner, je me penchai en avant. De plus en plus troublé, je reconnus les plumes d’une coiffe d’indien et l’exacte réplique du symbole Comanche. « Je suppose que ça te parle ? »

« Mon grand-père » lâchai-je dans un souffle. Non pas que je sois encore parfaitement convaincue de sa sincérité car je savais le nombre de charlatans qui pratiquaient ce métier, mais elle ne pouvait pas savoir cela aussi précisément, car même chez moi il n’y avait pas ce symbole visible. Mais je sentais qu’il se passait quelque chose, au-delà de ce que Lolita éveillait chez moi.

« Tu peux mélanger le paquet. » J’obéis. J’avais pourtant toujours autant envie d’elle et cet endroit clos et isolé de tout grâce à son Silencio aurait été parfait pour lui faire l’amour là maintenant tout de suite, sur la petite table recouverte d’étoiles – ce n’était le désir qui manquait. Elle m’aimantait tellement qu’il me semblait que le seul aboutissement que je pouvais trouver était de la pénétrer à nouveau. Mais quand elle se mit à toucher les cartes, à les manipuler et à les tirer, les regarder les unes après les autres, les poser entre nous, sa magie me charmait à nouveau et je ne pouvais rien faire à part entendre, sous le joug de son envoûtement.

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Ash M. Freeman
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Charlie Palmer
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MessageSujet: Re: « a hole where your heart lies » / A.   Sam 21 Oct - 0:02

J’avais lu dans le regard d’Ash le trouble, mais surtout la curiosité. Elle était toujours présente chez ceux à qui je révélais mon don, qu’il soit des clients ou des personnes que je croisais autour de moi, dans les soirées, du plus naïf au plus sceptique, tous était finalement mu par cette envie étrange que quelque chose au-dessus d’eux puisse lire dans leur vie. J’avais appris qu’ultimement, nous cherchions tous à être compris, à être connu, et c’était toujours ce que les gens venaient chercher dans cette petite boutique poussiéreuse, une façon de savoir, de lire en eux, car nous étions tous perdus dans le flot constant des événements. Evidemment, Ash semblait échapper à cette règle, comme à toutes les autres… Il était un météore en orbite, dans son propre monde, entouré de ses propres étoiles, dont je me sentais faire partie au moment même où j’avais posé mes yeux sur lui. Je me demandai quel monde gravitait autour de lui, si d’autres femmes, ou d’autres hommes, avant moi, s’étaient pris dans ses filets hypnotiques. Je regardai le paquet de cartes de Tarot : j’allais probablement avoir ma réponse, ce qui n’était pas sans me griser.

Combien de personnes avant moi étaient tombées sous son charme ? Je n’aurais pas dû me demander, pourtant, j’étais dans une mauvaise position pour avoir ce genre de pensées possessive… Seulement, je voulais Ash tout entier, sans même connaître ce qu’il pouvait m’offrir, je sentais tout mon être obsédé par ce qu’il me laissait entrevoir, ce que peut-être je ne saurais jamais mais que j’aurais frôlé du bout de doigts. J’aurais dû penser à Sam, à cette relation que j’avais construit depuis maintenant trois ans, la stabilité qu’il m’apportait, bien différente de ce que j’avais pu connaître avant, la facilité, cette tendresse étrange et presque ennuyée. J’étais habituée, pourtant, je l’avais déjà trompé de nombreuses fois, couchant avec ces gens que je rencontrais en soirée quand la cocaïne ou la MDMA achevait de me faire tourner la tête. Mais Ash était différent, je le sentais déjà, et il était loin d’un flirt de soirée. Je repoussai doucement non pas l’évidence de mon attirance, mais les complications qu’elle entrainait, et décidai de me focaliser entièrement sur ce qui agitait mon cœur : Ash.

Il avait mélangé le paquet, et je l’attrapai, sentant les vibrations se propager de mes doigts à mes organes, comme une énergie étrange. Tout le monde avait un aura, j’en étais persuadée, et celui d’Ash venait de s’insinuer dans le tarot que j’allais à présent tirer.

Je laissai mes yeux courir sur les cartes retournées, souriant énigmatiquement, réfléchissant en silence pendant un moment, liant les signes et les présages. Je posai un index sur le Roi d’épées inversé– beaucoup de cartes inversées s’étaient posées devant lui, confirmant mon intuition sur la nature troublée d’Ash.


« Tu sais séduire et prendre le rôle de leader si besoin pour arriver à tes fins, qui sont ultimement égoïstes. Tu es un individualiste. La carte du Soleil indique du succès, et celle du Roi de deniers inversé montre plus particulièrement succès financier, que tu utilises pour profiter d’excès matériels, l'alcool, le sexe... La Tempérance est inversée aussi... Cela confirme que tu es quelqu'un qui aime l'excès, ce qui pourrait courir à ta perte. La Reine de coupes inversée représente une figure féminine importante dans ta vie, qui avait beaucoup d'emprise sur toi mais dont l'amour s'est éteint... » Je frôlai la carte du trois d'épées. « Une trahison amoureuse, probablement liée à cette figure féminine déchue. Une ancienne petite amie qui t'a trompé, peut-être ? Mais le six d’épées montre que tu as avancé depuis, oubliant les douleurs passées, et malgré la difficulté, tu es conscient que cela est nécessaire. Tu as encore une forme de rancœur, pourtant… »  La carte des amoureux ne m'avait pas échappée, et je la pointai en souriant. « Les Amoureux représentent une relation d'égale a égale et puissante, autant physiquement que émotionnellement, une relation à laquelle tu ne pourras échapper. L'As de coupes indique des commencements, du renouveau, qui apportera une renaissance, peut-être grâce à cette nouvelle relation amoureuse justement... » Il était question de la nôtre, j'en étais persuadée, et je souris doucement. « La carte de l’Ermite révèle que tu aimes l’introspection, et qu’au fond, plus que les relations avec les autres, tu recherches quelque chose de plus lointain, plus abstrait, une forme de vérité que tu ne trouveras qu’au fond de toi, et tu en es conscient. » Je regardai alternativement le quatre de bâtons et le dix de coupes renversés, fronçant légèrement les sourcils. « La communication dans ta famille est coupée. Dans le passée, tu as peut-être tenté d’établir une forme d’harmonie, surtout avec les figures d’autorités... Ta mère avait une présence volatile, n'est-ce pas ?... Tu as de toute façon toujours été trop à part, trop dans ton monde, et cela a accentué ta relation décousue et détachée avec ta famille... » Je pointai la dernière carte que je n’avais pas analysée, la Lune, une arcane majeure que je n’étais pas surprise de retrouver dans le tirage d’Ash, encore moins inversée.« La Lune inversée représente les secrets qui n’ont pas encore été révélés, ceux que tu as probablement enfouis très profondément en toi. Peut-être est-ce aussi à cause d’eux que la communication avec ta famille ou même les autres semblent difficile par moment, tu portes en toi des choses qui te sont trop personnelles et secrètes pour te lier pleinement aux autres. » Je levai les yeux vers Ash, explorant son regard magnétique. « Il existe un mantra dans une religion qui dit : trois choses ne peuvent pas être cachées bien longtemps : le soleil, » je pointai la carte du soleil, « la lune, » puis celle de la lune, « et la vérité. » Terminai-je en regardant Ash droit dans les yeux.

Le silence envahit la pièce un instant, où je ne décrochais pas de son regard.


« Tu es satisfait de la lecture ? » Demandai-je en souriant tranquillement, contente de ma petite séance.

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MessageSujet: Re: « a hole where your heart lies » / A.   Mer 25 Oct - 18:03

Ses mains étaient de taille normale mais ses doigts, eux étaient particulièrement longs et fins ; ses ongles aussi, peint en noir, s’étiraient pour leur donner un air gracieux, envoûtant. C’était l’adjectif qui était le plus juste pour exprimer ce que Lolita déclenchait chez moi : de l’envoûtement, un Charme inconnu, elle avait levé sa baguette et j’étais prisonnier, sans pour autant que cela me dérange. Étrange. Les loups solitaires n’aiment pourtant pas se retrouver sous la coupe de quelqu’un. Beth avait été la seule qui avait eu cet ascendant sur moi et j’avais compris en la quittant, malgré la douleur, que c’était une bonne chose de me libérer de son emprise. Elle était néfaste ; je la haïssais maintenant, de tout mon être, et tant pis pour la rage qui ne devait pas être un moteur. J’en éprouvais beaucoup, à l’égard de beaucoup de personnes. Beth. Mon oncle. Ma famille. Tout était compliqué. En tout cas, me yeux hypnotisés suivaient les mains de Lolita qui tiraient les cartes, les caressaient imperceptiblement, les triaient. J’avais l’impression d’assister à un rituel dont j’ignorais tout. Elle commença à parler et bien que le mystique soit ma tasse de thé j’avais pour autant les pieds sur terre quand il le fallait, le troisième œil pouvait simplement être une excellente capacité d’observation et d’analyse, j’étais un séducteur et un leader et compagnie certes mais elle l’avait deviné, quelques morceaux de carton tirés à la lueur des étoiles n’étaient pas forcément nécessaires pour le voir. Je tiquai à peine à trahison amoureuse – qui n’en pas eu – sentant tout de même que ma raison s’amenuisait peu à peu. Je voulais croire, me laisser porter par ses mains. Je sentais le long de ma colonne vertébrale d’étranges frissons, les mêmes que quand je fumais et que je rentrais dans un état de transe. Une nouvelle relation ? Je ne réprimai pas un petit sourire un coin. C’était elle. Je le sentais. Elle le sentait aussi. La famille… Les secrets. Le secret. Je me figeai, les yeux toujours braqués sur elle. Elle ne cillait pas non plus. Mon corps était toujours tendu à l’extrême, à cause d’elle, de cette proximité.

« Tu es satisfait de la lecture ? »

« Sous le charme serait plus juste. » Je souriais. Comme d’habitude, c’était le meilleur moyen pour cacher son trouble. En réalité mon cœur battait un peu trop fort, et pas uniquement à cause de Lolita. Quelque part tout cela était allé trop loin, et si je n’avais acquiescé à rien et rien répondu non plus, bien que ses lectures restent vagues, elles s’approchaient trop près de la vérité pour que cela ne me dérange pas. J’étais un peu en colère – personne ne devait connaître ce genre de choses à mon égard à moins que je l’y autorise – mais j’avais joué, alors je devais accepter le coup de dés. « Mais du coup, c’est de la triche. Je ne sais rien de toi. » Je me penchai en avant, posai mes mains sur la table, à côté des siennes. « À ton tour maintenant ! »

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MessageSujet: Re: « a hole where your heart lies » / A.   Ven 27 Oct - 17:03

Bien sûr, les cartes n'étaient que des pistes, l'interprétation et l'intuition étaient presque aussi décisives que les cartes en elles-mêmes. L'énergie d'Ash était tout autour de moi, je pouvais la sentir dans la pièce, et j'essayais de garder la tête froide pour ne pas me laisser happer toute entière, pour que ma propre énergie reste claire. Elle était toujours assez forte pour m'indiquer que je n'avais pas besoin de l'approbation d'Ash, je pouvais sentir que j'avais visé juste, et son regard dans le mien achevait de me le confirmer. Je n'avais de toute façon jamais doutée de mon troisième oeil, il était autant ma malédiction que ma bénédiction.

Je voulais en savoir plus, connaître les secrets d'Ash, mais sans son consentement, involontaire ou non, je ne pourrais que continuer à tâtonner. Je percevais facilement qu'Ash était quelqu'un de fermé, et que les verrous seraient plus difficiles à faire sauter qu'une simple lecture de cartes ou de feuilles de thé. Il attirait ma curiosité et excitait mon envie, tout en me maintenant étrangement à distance, parce qu'au fond, je possédais moi-même trop de secrets pour ne pas les respecter.


« Sous le charme serait plus juste. Mais du coup, c’est de la triche. Je ne sais rien de toi. À ton tour maintenant ! »

Il avait souri, m'envoûtant un instant. D'un seul regard, il me déshabillait, et j'avais envie de me jeter contre lui, de fondre, de me mettre à nue, dans tous les sens du terme. J'avais toujours eu l'ascendant, dans cette pièce, mais Ash me faisait vaciller.

« Ce n'est pas vraiment comme ça que ça marche habituellement... » Protestai-je. Mais Ash n'était en rien habituel, et je lui souris, décidant de jouer le jeu. « Dans ce cas, je vais te montrer une nouvelle méthode. » Ses mains étaient proches des miennes, que je lui tendis d'un petit air énigmatique. « La lecture des paumes de la main. »

C'était l'un des rituels favoris de Grand-mère, elle y avait toujours été particulièrement douée, tandis que je préférais de loin le tarot pour lequel j'avais un véritable don, d'après elle. Sa présence eut un rire amusé en me voyant ainsi tendre les mains, mais j'étais persuadée qu'elle était aussi fière.

« La main non-dominante représente le potentiel et l'énergie avec lequel nous sommes nés, » je lui montrai ma main droite, puis la gauche, « tandis que la dominante représente ce que nous faisons avec ce potentiel, comment nous évoluons. C'est pour cela que l'on utilise les deux pour la lecture. Il y a trois lignes principales, les lignes de vie, de coeur et de tête, mais ce ne sont pas les plus intéressantes à analyser de mon point de vue... Mais, une bonne voyante ne révèle jamais ses secrets. » Je lui fis un petit clin d'oeil amusé.

Il avait pris mes mains, et je devinais dans ses mouvements combien il était empli de la même électricité que moi. Le contact de sa peau m'empêchait presque de me concentrer.


« D'abord, on commence par la forme de la main. La mienne indique que je suis dirigée par l'élément de l'eau, et par conséquence, une personne plutôt sensible, artistique et intuitive, ce qui est confirmé par cette petite bosse, juste là, le Mont de Neptune, peu commun, qui suggère une personnalité intuitive et charmeuse, qui sait  se mettre en scène pour séduire les autres. L'absence du Mont de Jupiter, juste sous ce doigt-là, signifie une tendance à la tristesse, la solitude et la superstition, mais aussi à garder des secrets. »

Mon regard se plongea un instant dans celui d'Ash. Il n'était pas le seul... et il le sentait très bien.

« La ligne du Destin » je lui montrai, et il la suivit du bout de son doigts, lentement, « est coupée en son milieu, ce qui indique un échec dans la vie professionnelle. Elle coupe également ma ligne de tête, indiquant que mes parents pourraient s'être séparés quand j'étais jeune, et d'ailleurs, la ligne de la famille, située juste sous mon pouce, est coupée, ce qui est également un  signe de conflits. » Comme à chaque fois que j'évoquais ces choses là, ma voix devenait un peu plus monocorde, comme si je coupais toutes mes émotions. « Oh, et cette petite croix juste là s'appelle la croix mystique. Elle est présente chez les personnes qui ont un fort sixième sens, beaucoup de voyants l'ont. » Je déplaçai le doigt d'Ash pour qu'il court sur ma ligne de coeur. « La ligne de coeur est très marquée, indiquant de l'impulsivité dans les relations, un certain romantisme aussi. Les nombreuses petites croix révèlent des conflits, des trahisons... »

Son doigt glissa sur le petit carré formé sur la ligne de coeur, et un frisson couru le long de mon dos. Je connaissais par coeur mes paumes et ce qu'elles révélaient, mais ces petites lignes là me troublaient toujours. J'aurais pu simplement dire à Ash la vérité, que ce petit carré indiquait une détresse émotionnelle, et ce paradoxe de l'appel du vide et ces idées suicidaires, mais une peur profonde de la mort. Ce n'était pas quelque chose que je dévoilais facilement, j'étais habituée, personne n'avait jamais compris ce que je ressentais... Bien sûr, mes pensées étaient comme des toiles d'araignées, sinueuses, il était difficile de suivre le motif, je n'avais jamais été douée pour exprimer ce qui me rendait vulnérable. Pourtant, j'en mourrais d'envie, de simplement me mettre à nue et être comprise ; quand mes yeux rencontrèrent ceux glacés d'Ash, il me sembla que si j'avouais simplement, il aurait compris. Mais la seconde d'après, je me renfermais. C'était trop intime, et Ash, aussi magnétique et lié à moi qu'il était, n'était encore qu'une étoile inconnue.


« Voilà, je crois que j'ai déjà dit plus que je n'aurais dû... » J'attrapai les mains d'Ash et portai l'une d'elle à mes lèvres, embrassant le bout de ses doigts.« Oh, j'oubliais... Ça, tu ne pourras pas le lire dans mes paumes, mais autant te le dire. Je ne m'appelle pas vraiment Lolita. » Je glissai mes lèvres le long de son index, tout en soutenant son regard en souriant tranquillement. « Je m'appelle Charlotte, mais à part mes parents, tout le monde m'appelle Charlie. Lolita n'est qu'un personnage. » Ma langue glissa une nouvelle fois sur la peau fine de ses doigts. « Mais je peux être ta Lolita. » Murmurai-je, laissant échapper un petit rire mutin.

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MessageSujet: Re: « a hole where your heart lies » / A.   Mar 14 Nov - 17:57

Lolita attrapa mes mains et je sentis une nouvelle fois sa peau (douce, tiède, légèrement sèche peut-être ? Il y avait une sensation particulière au bout de mes doigts, quelque chose de paradoxalement glacé à l’encontre de son épiderme) tandis qu’elle faisait glisser ses longs doigts habiles autour des miens, leur faisant suivre des lignes imaginaires, tracées par les repli de sa peau. Légèrement plus claire, plus laiteuse, celle-ci irradiait d’une lueur presque fantastique, sûrement grâce aux bougies prévues à cet effet ; en tout cas il fonctionnait. Là encore, sans dire un mot je l’écoutai, obéissant docilement à ses gestes et ses regards, enregistrant les moindres détails. Gauchère. Solitude, tristesse, superstition. Impulsivité. Secrets, histoires de famille, trahisons. À l’entendre on aurait presque pu croire qu’elle peignait mon portrait aussi et la rationalité se détacha une fois de plus de mes fantasmes : était-ce parce qu’en bonne voyante, pour toucher son public, elle relevait des choses assez larges pour qu’elles soient appliquées à tout le monde, ou bien tout simplement que comme le laissait présager mon instinct et les frissons de ma chair, j’avais trouvé là un double inattendu ? Je fus frustré quand elle arrêta – je voulais en savoir plus. Elle avait dit sans dire. Alors qu’elle avait lu presque dans ma tête, et toujours ce fantôme indien de mon passé qui me trottait en tête – j’étais plus décontenancé que je ne l’avais laissé paraître. Mes tatouages lui avaient peut-être mis à la puce à l’oreille, mais quoi d’autre, sinon ? Si Freeman venait clairement des origines affranchies de mes ancêtres Comanches, c’était un nom suffisamment répandu pour qu’on ne l’associe pas forcément aux tribus des indiens d’Amérique. Une fois n’est pas coutume, Lolita me laissait plein de questionnements et d’envie d’en savoir plus. Son magnétisme me paraissait sans fin.

Elle fit glisser mes doigts vers sa bouche et mon corps acheva de se contracter – à tel point qu’il allait se briser d’une seconde à l’autre. Il était grand temps de sortir d’ici…


« Oh, j'oubliais... Ça, tu ne pourras pas le lire dans mes paumes, mais autant te le dire. Je ne m'appelle pas vraiment Lolita. Je m'appelle Charlotte, mais à part mes parents, tout le monde m'appelle Charlie. Lolita n'est qu'un personnage. » Tiens… Sa langue qui courait le long de ma peau ne m’aidait pas à correctement réfléchir (pourquoi avoir menti ? Mais cela me plaisait plutôt) et j’eus la brusque envie d’enfoncer mes doigts dans sa gorge pour qu’elle me dévore tout entier. « Mais je peux être ta Lolita./[b] »

« [b]Tu l’es. Ça me va aussi.
 »

Ma Lolita, c’était délicieux dans ma bouche, ça fondait, et l’adjectif possessif me rendait encore plus électrique. J’attrapai son cou et la tirai violemment vers moi, par-dessus la table, pour l’embrasser. Je n’en pouvais plus ; c’était bestial, comme le soir de notre rencontre, je la voulais, j’en avais besoin, je voulais sentir son odeur et goûter sa bouche, la presser contre moi. C’était fou, cette histoire entière, c’était au-delà de nous, j’avais envie de me vautrer dedans sans plus tarder. Je me levai, fébrile, brûlant de l’intérieur, la tirant vers moi et plaquant ses hanches contre moi, enserrant sa taille de mes bras que je verrouillai.

« Je te veux maintenant, ma Lolita, j’imagine qu’ici ?... » Probablement hors de question, son lieu de travail, sa loge d’artiste après tout. J’embrassai le petit endroit d’un coup d’œil pour m’imprégner de l’ambiance et la garder avec moi – c’était un morceau d’elle. Elle avait compris et je la suivis au dehors, je la laissai prendre ses affaires et régler les dernières choses, accoudé à un vieux guéridon au bois sombre où étaient posés tous types d’objets tous plus étranges les uns que les autres. L’un émettait un grésillement saccadé, l’autre laissait échapper des volutes d’une fumée épaisse et pourpre, mais je ne me préoccupais plus de rien. Tout mon corps était sourd à l’environnement, je n’étais qu’un bloc de désir et d’obsession, et quand nous fîmes dans la rue j’attrapai de nouveau sa taille et nous disparûmes dans une ruelle d’à côté, à l’image du quartier : sinueuse, sombre, humide. Je poussai alors violemment Lolita dans le renfoncement d’une porte et grognai en l’embrassant – je n’en pouvais plus – avant de soulever sa jupe et de déchirer ses collants d’un coup sec pour accéder aux creux de ses reins, que je me mis à caresser avidement. Sentant qu’elle avait autant envie de moi que moi d’elle, je l’embrassai de plus belle en la maintenant toujours d’une main et en mordant de plus en plus fort ses lèvres, sa mâchoire, son cou. C’était comme si un voile noir était tombé sur mes yeux, je ne voulais qu’une chose, elle ; le reste ne comptait plus. Pris d’un nouvel accès de fureur possessive je m’écartai brusquement de Lolita et la retournai pour la plaquer à plat ventre contre le bois moisi de la porte – elle étouffa un cri de stupeur ou de douleur qui amplifia mon désir – et serrant sa bouche d’une main pour sentir son souffle court, je me glissai contre elle et en elle, imprégné de la chaleur qui émanait de son corps tremblant.

_________________
Ash M. Freeman
« the birth of a song, the death of a dream - it was a thousand to one and a million to two - time to go down in flames and i'm taking you - closer to the edge »
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