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"My heart skips heavy underneath the waves." [S.]

 
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 "My heart skips heavy underneath the waves." [S.]

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Apple Hunt
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MessageSujet: "My heart skips heavy underneath the waves." [S.]   Dim 8 Oct - 0:06

Je me retournai en baillant, mon dos contre le matelas, mes cheveux comme un halo bleu pastel autour de mon visage encore endormi. Mon regard se perdit dans le plafond du dortoir, dont je connaissais par cœur les fissures et les ombres, la façon dont la poussière volait dans les rayons de soleil des fenêtres. Jouant dans les patchworks de ma couette, Freja couinait joyeusement et elle vint se nicher dans mon cou pour me faire rire, m'obligeant à lui gratouiller la tête jusqu'à qu'elle soit rassasiée d'affection. Depuis mon lit, je pouvais voir le réveil de Riley, qui indiquait presque 10h - depuis la mort de Maman, je dormais beaucoup moins, et je me sentis sourire en réalisant que j'avais réussi à faire une grasse matinée. Sur ma table de chevet, j'avais laissé la dernière lettre que Scott m'avait envoyée hier, confirmant qu'il viendrait bien à 14h30 à Pré-au-Lard, et mon cœur s'emballa doucement.

Mon énergie était toujours variable, un jour, je me sentais de gravir une montagne, et le suivant, les simples escaliers jusqu'à la salle de classe me paraissaient une torture. Mais je n'étais jamais fatiguée de voir Scott, il réussissait toujours à insuffler en moi cette énergie étrange, presque enfantine, cette espèce d’excitation du premier jour d’école de quand j’étais petite. Cette énergie si innocente me manquait tellement depuis le décès de Maman, et ces dernières semaines, elle m’avait manquée plus que jamais. Ne pas voir Scott, recevoir moins de lettres parce qu’il était occupé avec ce congrès, toutes ces petites choses ôtaient une partie de mon quotidien que j’adorais, et cette énergie qui y était lié. J’avais réalisé que chaque semaine, j’attendais avec impatience les jours où j’allais voir Scott, et c’était toujours quelque chose qui remontait mon moral et parfois me faisait même tenir quand j’allais mal. J’espérais un peu égoïstement que Berlin ne lui avait pas trop plu, parce que s’il déménageait là-bas, j’allais vraiment être trop malheureuse sans lui – en même temps, je voulais qu’il fasse des choses qu’il le rendait heureux, même si ça voulait dire être loin de moi, seulement, il me manquerait beaucoup trop.

Je n’avais pas précisé à Espen que je voyais Scott cet après-midi, et je pris soin de l’éviter au déjeuner pour ne pas avoir à expliquer mes plans de l’après-midi, ce qui de toute façon m’arrangeait puisque je l’évitais déjà depuis quelques jours. Depuis que je m’étais disputée avec lui ce jour avant le départ de Scott, beaucoup de choses m’apparaissaient plus désagréable dans sa personnalité. Je savais qu’Espen avait fait exprès d’être à Pré-au-Lard ce jour-là pour me mettre devant le fait accompli, pour m’obliger à lui présenter Scott, quand je savais qu’ils n’allaient pas s’aimer, que ça allait faire des tensions… Espen ne voulait pas l’entendre. Je crois qu’il était très jaloux de Scott, ce qui m’insupportait. Mais j’essayais de ne pas trop penser à tout ça. Je voulais surtout ne pas trop penser à ce que Scott en pensait.

Je me préparai de bonne humeur, jouant à moitié avec Freja, et chantonnant une chanson qu’Espen m’avait apprise. Mes cheveux avaient poussés depuis l’été, et je les laissais retomber sur ma poitrine, abandonnant l’idée de les boucler ou d’en faire une jolie coiffure. Je les aimais bien libres, surtout quand ils avaient cette jolie couleur bleue pastel, j’avais l’impression qu’elle se mêlait au ciel froid d’hiver. Aujourd’hui, il était tout gris, avec des gros nuages comme du coton, et pour contrer cette météo morose, j’enfilais mon gros pull col roulé jaune orangé, très Poufsouffle, et laissai ma cape noire ouverte. Au moins, Scott ne pourrait pas me rater. Mon pantalon noir était légèrement trop court, exposant mes chevilles, que je couvris avec une paire de chaussettes assorties à mon pull. J’avais l’impression d’être un petit soleil, ce qui amusait d’ailleurs beaucoup Freja, et acheva de me mettre de bonne humeur. J’avais récupéré cet été une vieille paire de bottines noires qui avaient appartenue à Kathleen, je crois qu’elle les avait achetées pour un mariage, et ne les avait jamais portées ensuite ; elles avaient un petit talon qui résonnait sur les pierres des couloirs et je n’osais jamais trop les mettre, mais aujourd’hui était l’occasion parfaite. Emportée dans mon élan, je me décidai même à faire un petit trait d’eye-liner, Penelope m’avait appris à le faire le week-end dernier et moi qui n’aimait pas trop le maquillage (à part les paillettes, bien sûr), je trouvais ça finalement plutôt chouette comme look, même si pour l’instant, les deux traits n’étaient jamais parfaitement symétriques. C’était peut-être débile, mais prendre soin du moi, prendre plaisir à me préparer, à me faire jolie, tout ça me revenait petit à petit et me faisait du bien, je n’étais pas obligée d’être un zombie aux yeux rougis qui rasaient les murs. Je pouvais exister, toute en couleur, avec mes cheveux arc-en-ciel. En arrivant à Pré-au-Lard, je sentis que j’étais toute légère, comme si je flottais, malgré le bruit des petits talons sur les pavés.

J'aperçus la silhouette de Scott dans la foule. Elle m'était immanquable, pas parce qu'elle était grande et bien bâtie, avec ses larges épaules carrées, mais parce que j'avais appris à la guetter et à sentir sa présence. Mes yeux étaient toujours attirés par les siens, ses grands yeux bleus qui ressemblaient à un ciel froid et dégagé d'hiver. Évidemment, mon cœur fit un petit saut dans ma poitrine - Scott ! - et d'un pas bondissant, j'arrivais à sa hauteur avec un immense sourire. Poussant un petit « hiiiiiiii » d'excitation, je lui sautais à moitié au cou en guise de bonjour, enserrant comme je le pouvais sa carrure qui faisait le double de la mienne. Malgré les centimètres gagnés au fil des mois, Scott me dépassait toujours de vingt bons centimètres, et je dus me hisser sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur sa joue. C'était un geste que je faisais parfois, apprivoisant la nature peu expansive de Scott, et qui provoqua cette fois-ci un petit picotement au bout de mes lèvres, comme si la tiédeur de sa joue m'avait légèrement brûlée. Le parfum de sa peau (je crois que c'était sa lotion d'après-rasage) chatouilla mon nez et me fit sourire un peu plus. J'étais tellement heureuse de retrouver Scott, c'était tout drôle, ça ne faisait pas si longtemps pourtant, mais quelque chose gigotait en moi, comme un petit animal surexcité. J'attrapai le bras de Scott, ma main cherchant son contact, et réalisai que je n'avais toujours pas réussi à sortir une phrase construite – je déglutis, sentant mes joues rosir.


- On va prendre le thé ?!

Prendre le thé signifiait réellement que Scott était le seul à prendre le thé, pendant que je continuais mon exploration de la carte des Trois Balais, essayant chaque boisson, de préférence pétillante et pleine de couleurs. Comme nous venions régulièrement, certains serveurs me connaissaient et me faisaient parfois des jus ne figurant pas sur la carte, ou qu'ils inventaient selon mes goûts, de préférence "de toutes les couleurs, avec des paillettes" d'après Scott, qui m'avait imité en riant. Mais une fois installée dans un petit coin calme du bar, mes jambes se balançant dans tous les sens, je réalisai que la carte ne m'intéressait vraiment pas cette fois-ci, et je la reposai aussi rapidement que je l'avais prise, jouant avec l'un des coins usés du parchemin. Si mes mains étaient agitées, celles de Scott tenaient la carte beaucoup plus calmement, et j’observai sa peau, la finesse de ses doigts, la forme des ongles, toujours propres et bien coupés, et les veines qui couraient sur le dos et remontaient le long de ses avant-bras. J’avais envie de les suivre du bout de doigts.

- Il faut que tu me racontes tout, de A à Z, et que tu m'empêches de te couper parce que je veux tout savoir !! C'était bien avec Aidan et Camilla ?! Et le travail ?! Et la ville ?! Tu as rencontré une allemande ?! J'eus un petit rire amusé. Dis-moi tout ! Le pressai-je, tandis que Freja s’était échappé de ma poche pour rouler jusque vers Scott, quémandant son affection, me faisant rire un peu plus, et j’oubliai tout le reste, le bruit du bar, les dernières semaines, Espen, tout ce qui me travaillait et m’inquiétait ; il n’y avait plus que l’instant présent qui m’intéressait.

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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: "My heart skips heavy underneath the waves." [S.]   Mer 11 Oct - 17:21

La vie pouvait décidément être bien surprenante. C’était une constatation qui, à défaut de m’avoir été enseignée en douceur, m’avait été apprise par l’expérience. De surprise en surprise, on finit bien par s’habituer, bon gré mal gré, même si dernièrement j’avais l’impression que les conjonctures m’étaient plus favorables. Au travail, je ne m’étais jamais senti aussi épanoui : non seulement les tâches qu’on me confiait étaient de plus en plus conséquentes et intéressantes, mais en plus mes collègues étaient tous sympathiques dans l’ensemble et je m’étais vraiment lié d’amitié avec Camilla et Aidan, ce que le moi d’il y a quelques années n’aurait jamais osé espérer. Si mes problèmes familiaux étaient toujours existants, j’avais l’impression que ma nouvelle vie d’indépendance m’en écartait un peu, juste comme il fallait, hormis pendant les réunions de famille auxquelles je ne pouvais pas échapper. Côté relations sociales, la blessure d’Haley était toujours présente – il me semblait ne plus rien ressentir de ce genre, même si mon aventure avec Flore la française avait été une très bonne expérience, je n’avais rien ressenti qui s’apparentait au sentiment amoureux, comme si mon cœur avait définitivement fait une croix dessus – mais au moins j’avançais, je l’effaçais petit à petit de ma vie et de mes espoirs, elle ne voulait pas de moi, je ne pouvais rien y faire. Il m’arrivait encore parfois de la chercher, dans un regard, une foule, un vêtement, une odeur, mais ces moments s’espaçaient de plus en plus ; le temps guérit tout, qu’on le veuille ou non (Miss Bosworth m’avait ouvert les yeux sur cette notion de volonté). Quant à mes amitiés, elles étaient au beau fixe, pour une fois : j’avais l’occasion de voir souvent Ruby, et par capillarité Ewan, Lizlor etc ; Ophelia me rendait visite et prenait souvent de mes nouvelles, j’avais gardé quelques contacts de Poudlard et il y avait bien sûr Apple, fidèle au poste, qui renforçait peu à peu le lien que nous avions déjà. J’en étais particulièrement heureux : son amitié m’apportait beaucoup, elle me soutenait sûrement bien plus qu’elle ne l’imaginait, et j’avais la sensation de vivre pour la première fois une réelle relation douce et équilibrée, je riais et je partageais tant avec elle qu’elle était sans doute la personne la plus proche de moi aujourd’hui. J’avais eu peur que l’écart entre ma nouvelle vie et la sienne, toujours à Poudlard, nous écarte au fil du temps, mais c’était plutôt l’inverse, et je ne pouvais pas imaginer un instant ma vie sans elle – ce qui quelque part me faisait toujours un peu peur. La leçon que m’avait donné Stephen et tout ce qui en avait découlé ne pouvait pas s’effacer si facilement de ma mémoire et de l’empreinte qu’il avait laissé en moi.

Jamais je n’aurais imaginé, en retrouvant Apple comme nous le faisions si souvent, prendre soudainement conscience de tout ce qu’elle était – enfin, pas de cette façon. En la voyant arriver face à moi, habillée comme une jeune femme, avec son pantalon cigarette noire, son pull flamboyant, ses pieds rehaussés de petits talons et son maquillage plus prononcé qu’à l’habitude qui lui faisait des yeux de biche, je sentis littéralement mes muscles se raidir et une boule bloquer ma gorge, d’un coup, que je dus faire disparaître avec effort.

Apple n’était pas que mon amie, elle était aussi une jeune fille séduisante et dont toutes les facettes ou presque me plaisaient – je crus que j’allais me figer comme une statue en le comprenant tout d’un coup de la sorte, en le recevant comme une claque. Elle me plaisait. L’attachement et l’amitié que je lui portais s’étaient mués en quelque chose de différent, quelque chose qui déclenchait une relation épidermique chez moi, quelque chose d’un peu trop physique et embarrassant pour que je l’associe simplement à la joie de revoir une de mes amies.

Fidèle à elle-même, pleine d’entrain, elle me sauta dessus avec un petit cri de joie et m’embrassa sur la joue, tandis que je lui rendais gauchement son bonjour. Déjà que je n’étais pas forcément à l’aise dans ce genre de choses, le fait que je venais brutalement de comprendre mon attirance pour Apple ne simplifiait en rien l’équation. Je me sentis incapable de faire quoi que ce soit à part de la dévisager, ce qui acheva de me mettre de plus en plus mal à l’aise.


- On va prendre le thé ?!

Je fis oui de la tête, la bouche sèche. Apple avait les joues toutes roses et me semblait radieuse comme un petit arc-en-ciel au milieu de cette journée grise, typiquement automnale. Nous rentrâmes aux Trois Balais et nous installâmes à une petite table confortable, avant de choisir nos boissons. Je pris le thé de la semaine, au jasmin, tandis qu’Apple s’agitait de son côté, avant de prendre la parole :

- Il faut que tu me racontes tout, de A à Z, et que tu m'empêches de te couper parce que je veux tout savoir !! C'était bien avec Aidan et Camilla ?! Et le travail ?! Et la ville ?! Tu as rencontré une allemande ?! Dis-moi tout !

Freja m’offrit une nouvelle diversion et je la chatouillai du bout des doigts, avant de concentrer tous mes efforts pour parler.

- Oui, vraiment bien ! Je connaissais un peu l’Allemagne, on y avait fait un voyage avec mes parents, et j’aime beaucoup Berlin. L’endroit de la conférence était magnifique et j’ai rencontré plein de sorciers intéressants ! On a appris beaucoup de choses, après il y avait quelques interventions qui étaient moins bien. Et puis c’était chouette, avec Camilla et Aidan et d’autres jeunes on est allés boire des verres et dîner plusieurs fois ! Mais non, je n’ai rencontré personne, de toute façon tu sais bien que ce n’est pas vraiment mon genre non plus, ajoutai-je un peu gêné. Et toi, ça a été ta semaine ?

À vrai dire, j’avais du mal à me concentrer : il y avait plein de petits détails et plein de sujet plus larges que j’aurais pu aborder, mais je ne savais pas par quel bout les prendre, et mes pensées se dispersaient sans que je parvienne à les maintenir à flot. Heureusement que cette fois, Espen n’avait pas surgi à l’improviste… Voilà donc pourquoi quelque chose ne passait pas dans toute cette histoire – mes sentiments auraient-ils donc contrecarré mon jugement ? Dès le début de l’affaire, il ne m’avait pas inspiré, de ce que me racontait Apple et selon la façon dont il se comportait avec elle j’avais ressenti immédiatement de la défiance. La dernière fois que nous nous étions vus, il avait surgi « par hasard » et était resté avec nous et je l’avais trouvé intrusif, désagréable, étrange ; son comportement était celui d’un chien qui essayait d’asseoir son territoire, bref, tout cela m’avait particulièrement dérangé. Je devinais aujourd’hui que les raisons plus profondes étaient un peu plus complexes.

- Comment va Espen, depuis la dernière fois ? demanda-je après un court silence, me sentant absolument maladroit. Je plongeai mon regard dans la tasse de thé qu’on venait de m’apporter. J’avais l’impression que tout allait être brusquement bien plus compliqué.

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The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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Apple Hunt
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MessageSujet: Re: "My heart skips heavy underneath the waves." [S.]   Jeu 12 Oct - 22:02

https://www.youtube.com/watch?v=KbOLwk1DC3M

We found love on an empty page
Kill the stars above trying to fight the fade
And now my heart skips heavy underneath the waves
We are done, we are gone

'Cause this is already bigger
This is already bigger than love
This is already bigger
This is already bigger than us
It's bigger than you
It's bigger than me
It's bigger than you
It's bigger than me

So I'll hold steady like a tiger in the dark
All my days are ready to be hopeless at the start
'Cause this is already bigger than it all
Oh it's bigger than love


- Oui, vraiment bien ! Je connaissais un peu l’Allemagne, on y avait fait un voyage avec mes parents, et j’aime beaucoup Berlin. L’endroit de la conférence était magnifique et j’ai rencontré plein de sorciers intéressants ! On a appris beaucoup de choses, après il y avait quelques interventions qui étaient moins bien. Et puis c’était chouette, avec Camilla et Aidan et d’autres jeunes on est allés boire des verres et dîner plusieurs fois ! Mais non, je n’ai rencontré personne, de toute façon tu sais bien que ce n’est pas vraiment mon genre non plus. Et toi, ça a été ta semaine ?

J’eus un petit sourire amusé, parce que oui, si ce n’était pas son genre officiellement… Les choses avaient un peu changé depuis sa dernière aventure, j’avais moi-même du mal à croire que Scott avait eu une histoire « sans attache » avec une fille qu’il connaissait à peine. Ça me faisait plaisir pour lui, bien sûr, il avait tellement eu de mal à se remettre de sa rupture et de la dépression qu’elle avait entraînée… Je le regardai sous mes cils, discrètement, alors qu’il choisissait le thé qu’il voulait, étudiant son visage pensif, le trait entre ses deux sourcils, le plissement de sa bouche qui faisait sourire la mienne en retour. Il avait tant travaillé pour aller mieux, il le voyait à peine, mais moi, j’étais attentive à tous les changements qui s’opéraient en lui, j’avais l’impression qu’il s’ouvrait petit à petit au monde autour de lui, avec moins de crainte ; c’était pour cela qu’il s’épanouissait au travail, qu’il prenait ses marques, ou même qu’il couchait avec cette fille sans chercher plus, c’était un cercle vertueux que Scott alimentait. Je me demandais s’il le réalisait seulement…

A le voir ainsi, j’avais presque envie de moi aussi quitter Poudlard. Pourtant, cette idée me terrifiait, je ne savais pas de quoi la suite serait faite, et pour la première fois de ma vie l’incertitude me faisait peur. Poudlard était ma dernière maison, mon dernier chez moi, et perdre cette attache me provoquait toujours des frissons désagréables, mais quand je voyais combien Scott grandissait à l’extérieur et y prenait plaisir, je voulais croire que ça se passerait si simplement pour moi. Mais je ne me montais pas trop la tête, Scott était différent de moi, bien mieux bâti pour l’extérieur, il avait un projet professionnel, de l’ambition, de la maturité, bref, toutes ses choses qui m’échappaient trop pour l’instant.


- C’est vraiment différent de Londres, Berlin, pas vrai ? Tu préfères quelle ville ? J’ai été à la bibliothèque pour chercher des photos dans des livres sur le sujet, et ça a l’air vraiment chouette comme endroit. La serveuse vint prendre nos commandes, m’interrompant un moment, et je choisis sans beaucoup de réflexion le nouveau milkshake aux fruits rouges, avec un supplément chantilly et marshmallows. C’était sur quoi ton intervention préférée ?! C’est trop cool pour Camilla et Aidan, tu te rapproches vraiment d’eux, en plus, vous êtes plutôt complémentaires pour le travail, non ? Et ne dis pas ça pour les filles, regarde avec Flore !

J’eus un petit rire entendu, taquinant gentiment Scott. Nous n’avions plus vraiment de secret l’une pour l’autre, et pourtant, il nous arrivait toujours d’être étrangement pudique, et j’essayais toujours de détendre Scott quand je le sentais un peu gêné. J’ignorais au passage sa question sur ma semaine, ne sachant même pas comment formuler tout ce qui m’agitait récemment, mais évidemment, Scott savait toujours mettre le doigt sur ce que j’essayais vainement de cacher, et je sentis venir sa question avant même qu’il n’ouvre la bouche.

- Comment va Espen, depuis la dernière fois ?

J’aurais dû me douter que Scott ne me laisserait pas beaucoup de répit. En même temps, c’était normal, c’était des choses habituelles qu’on se demande entre amis, et je n’allais pas y couper. Je m’appuyais contre le dos de la chaise en poussant un petit soupir, écartant l’une de mes mèches bleus qui avait glissé devant mon visage. Par où commencer ?

Il y avait beaucoup de choses qui me trottaient dans la tête depuis un moment déjà. C’était difficile à décrire, plus l’année avançait et plus j’avais la sensation que toutes mes pensées formaient une toile d’araignée gigantesque dont les fils fragiles étaient tous liés, difficiles à suivre du bout des doigts tant ils étaient nombreux. Espen… Espen… Je ne savais pas trop quoi penser, ou plutôt, je le savais sans vraiment vouloir me pencher sur le sujet. C’était bien, de vivre au jour le jour, je le réapprenais plus je faisais mon deuil, les choses étaient moins carrées, moins fixes, et je l’acceptais, la stabilité des certitudes s’était écroulée depuis longtemps. Mais avancer en fermant les yeux n’empêchait pas le reste, et si je détournais la tête un peu trop souvent, ce que faisait Espen ne disparaissait pas pour autant. Ce n’était pas parce que je ne voulais pas mettre le nez dedans que ça ne se passait pas vraiment.


- Arf, j’espérais que ça ne viendrait pas sur le tapis si vite ! Dis-je en rigolant pour redonner un peu contenance. Nos boissons étaient arrivées, et je tirai mon verre vers moi, admirant avec émerveillement la montagne de chantilly couverte de marshmallows et la cerise qui trônait au sommet. Je mordis dedans, manquant de tâcher mon pull, et jouai un instant avec le noyau contre mes dents. Espen… Tu sais, Espen n’est pas une mauvaise personne, c’est juste qu’il se cherche, et au début, ça m’allait très bien, parce que moi aussi je me cherche, alors… J’haussai les épaules. Mais je crois qu’on ne cherche pas du tout la même chose en nous.

Je bus une grande gorgée de mon milkshake, avant de plonger ma cuillère dans la montagne de chantilly.

- Tu sais, je me suis demandée si j’étais amoureuse de lui… Et je me suis dit que s’il fallait que je me pose la question, c’était sûrement que ce n’était pas le cas. C’est instinctif ces choses-là, pas vrai ?

Je fis un petit sourire à Scott. Je manquais peut-être d’expérience en la matière, mais je savais très bien que je n’avais jamais eu à me poser la question d’aimer ou non Scott, et si je n’avais pas les mots pour ce que je ressentais pour lui, mon cœur savait très bien que c’était spécial. Mes yeux se baissèrent un instant, et j’attrapai un marshmallow avec mes doigts, rougissant un peu des battements dans ma poitrine. C’était tellement simple et étrange à la fois, je n’avais pas besoin de me poser des questions, pas encore, je savais déjà tout sans rien comprendre, et je n’avais pas peur.

- Je sais que je ne suis pas obligée d’être amoureuse pour être avec quelqu’un, mais je me dis qu’en deux mois, mes sentiments auraient dû évoluer un peu. J’hésitai une seconde, avant de continuer. J’ai réalisé aussi que ma mère ne l’aurait pas trop aimé. Elle n’était pas du genre à aimer ou non les gens, elle avait vraiment un cœur en or, mais… Je sais ce qu’elle aurait reproché à Espen sans se l’avouer…Et l’avis de ma mère est celui qui compte le plus à mes yeux. Ça, et le tien, et je sais que tu n’aimes pas non plus Espen. Scott me fit son regard de Scott qui me faisait rire, celui où il était un peu gêné parce que j’avais visé juste. Je délaissai mon milkshake, mes yeux s’attardant sur la main de Scott posé sur la table et que j’avais envie de prendre. Je l’ai bien vu la dernière fois, et puis… Je crois que ce n’était pas anodin que je ne veuille pas que vous vous rencontriez, au fond, je savais très bien que…

J’haussai les épaules une nouvelle fois. Je ne voulais pas qu’ils se rencontrent parce que je savais que Scott n’aimerait pas Espen, et parce qu’au fond, je ne voulais pas d’Espen dans le jardin secret que j’avais créé avec Scott, parce que ce n’était qu’à moi et que... Mon cœur s’agita.

Je n’avais pas envie de présenter mon copain à la personne dont j’étais réellement amoureuse.


- Sincèrement, Scott, qu’est-ce que tu penses d’Espen et moi ?


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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: "My heart skips heavy underneath the waves." [S.]   Ven 20 Oct - 15:43

- C’est vraiment différent de Londres, Berlin, pas vrai ? Tu préfères quelle ville ? J’ai été à la bibliothèque pour chercher des photos dans des livres sur le sujet, et ça a l’air vraiment chouette comme endroit. C’était sur quoi ton intervention préférée ?! C’est trop cool pour Camilla et Aidan, tu te rapproches vraiment d’eux, en plus, vous êtes plutôt complémentaires pour le travail, non ? Et ne dis pas ça pour les filles, regarde avec Flore !

Quelques minutes avaient suffi à Apple pour redevenir Apple – cela eut au moins le mérite de me décoincer un peu, tandis qu’elle parlait j’avais le temps de respirer, de me répéter encore et encore de me détendre, de penser à autre chose que ce qui fourmillait en moi. Oui, Apple était plus qu’une jeune fille, et oui elle était plus que mon amie, c’était un fait, j’avais le postulat de base, il me fallait maintenant agir avec. Inutile de penser plus loin : non seulement la terreur me guettait au tournant, mais en plus tout cela était trop tôt et trop soudain. J’allais avoir tout le temps pour y penser à tête réfléchie ; maintenant ce qui importait était notre après-midi ensemble, plus que mes hormones qui avaient décidé de se déchaîner d’un seul coup. Malheureusement, et ce n’était pas pour les aider, il était vrai que je me sentais au mieux en compagnie d’Apple, je n’avais pas besoin de faire attention ou de faire semblant, je pouvais être moi et parler sans me sentir ridicule ou inintéressant, j’avais l’impression que tout ce qui constituait ma vie était digne d’intérêt à ses yeux, et je savais pertinemment qu’elle ne feintait rien de tout ça…

- Oh là, oh là, je croyais que tu avais dit que tu me laisserais parler ! la taquinai-je – ce n’était pas méchant et elle le savait, elle me demandait même de la couper quand elle partait au quart de tour. Hmm, bon : je crois que Londres n’est pas assez exotique à mes yeux donc Berlin est plus attirante, mais j’aime les deux villes en tout cas. Berlin est très vert, très étendu, les gens sont très polis et respectueux, en revanche je trouve que la ville est presque un peu trop majestueuse, trop pesante peut-être parfois. Mais culturellement, il y a tellement de choses intéressantes ! L’intervention sur les départements des mystères, leurs nouvelles lois et leurs nouvelles pratiques d’action était captivante, je n’en ai pas perdu un mot et j’ai appris plein de choses, malheureusement on n’a évidemment pas accès à toutes les subtilités alors c’était fatiguant aussi, j’avais la tête farcie en sortant ! Et oui, plus ça vu plus j’apprécie Aidan et Camilla, non seulement on fonctionne à merveille au travail mais en plus le courant passe très bien, c’est vraiment chouette.

La serveuse ne tarda pas à faire son apparition avec la commande d’Apple – chargée en crème et en couleurs, comme d’habitude. En buvant mon thé, je sentis sa chaleur me réchauffer et me détendre très légèrement. Après tout, ce que je ressentais n’était pas nécessairement grave. Le seul problème résidait que c’était la première fois que cela m’arrivait dans ce sens : pour Taylord comme pour Haley j’étais tombé amoureux avant de vraiment les connaître, et il n’y avait pas eu ce dangereux glissement de l’amitié vers l’amour. C’était cela qui me perturbait avec Apple : l’appréhension qui me gagnait était due au fait que cette attirance pouvait m’attirer vers des chemins beaucoup plus délicats… Mais nous n’y étions pas encore. Elle était de toute façon tellement importante dans ma vie que je ne pouvais rien décider à la légère, surtout si cela signifiait de prendre le risque de perdre ce que j’avais avec elle.

Partant de cela, je sentis que ma raison émergeait enfin un peu, et reprenait son contrôle. C’était une après-midi comme les autres aux côtés de ma meilleure amie.


- Arf, j’espérais que ça ne viendrait pas sur le tapis si vite ! Elle se mit alors à attaquer son milkshake – en manquant d’en mettre partout. Espen… Tu sais, Espen n’est pas une mauvaise personne, c’est juste qu’il se cherche, et au début, ça m’allait très bien, parce que moi aussi je me cherche, alors… Mais je crois qu’on ne cherche pas du tout la même chose en nous.

Silencieux, je fis simplement un petit geste de la tête, qui signifiait que j’étais d’accord.

- Tu sais, je me suis demandée si j’étais amoureuse de lui… Et je me suis dit que s’il fallait que je me pose la question, c’était sûrement que ce n’était pas le cas. C’est instinctif ces choses-là, pas vrai ?

… L’ironie de la question ne m’échappa pas, et je sentis que je rougissais légèrement, tandis que mon cœur s’affolait un peu. Ma raison : il fallait qu’elle garde le contrôle, à tout prix.

- Oui, fis-je après m’être raclé la gorge, je pense que c’est instinctif, effectivement.

Oui je pense que c’est instinctif effectivement. Ridicule. Heureusement qu’elle ne pouvait pas lire dans mes pensées. Elle y aurait vu une foule de choses à propos d’Espen – et pas des plus flatteuses – mais aussi à son sujet, et j’imagine qu’elle en aurait été autant surprise que moi. D’ailleurs, et le fait de me le dire m’interpella seulement alors, qu’est-ce qu’elle en aurait bien pensé ?! Elle le disait elle-même : elle se cherchait, elle n’était pas forcément bien dans sa peau, elle avait ce garçon en tête, je devais probablement être le dernier dans ses choix, surtout quand j’endossais le rôle de l’ami le plus proche, toujours là pour elle, qui ne pouvait donc fatalement pas être celui par qui on est attiré. Au sujet d’Espen c’était une autre affaire : je ne le sentais pas et je ne l’avais jamais senti, je le trouvais prétentieux et peu aimable, hautain et trop différent au point que je me demandais s’il ne cultivait pas cette différence volontairement, et qui plus est je détestais son attitude avec Apple, cette façon qu’il avait de la façonner à l’envi et cette manière qu’il avait de lui parler, de lui asséner des choix et des vérités, comme si elle n’avait été qu’une chose entre ses mains.

- Je sais que je ne suis pas obligée d’être amoureuse pour être avec quelqu’un, mais je me dis qu’en deux mois, mes sentiments auraient dû évoluer un peu. J’ai réalisé aussi que ma mère ne l’aurait pas trop aimé. Elle n’était pas du genre à aimer ou non les gens, elle avait vraiment un cœur en or, mais… Je sais ce qu’elle aurait reproché à Espen sans se l’avouer…Et l’avis de ma mère est celui qui compte le plus à mes yeux. Ça, et le tien, et je sais que tu n’aimes pas non plus Espen. Je l’ai bien vu la dernière fois, et puis… Je crois que ce n’était pas anodin que je ne veuille pas que vous vous rencontriez, au fond, je savais très bien que… Sincèrement, Scott, qu’est-ce que tu penses d’Espen et moi ?

- Hmm, euh, je…

C’était beaucoup d’informations. Non seulement j’étais touchée de son aveu mais en plus elle me prenait (presque) de cours – car je l’avais cherché un peu. Comment dire sans paraître intransigeant, ou même jaloux ?...

- C’est vrai que je n’ai pas vraiment apprécié comment il a agi l’autre jour à Pré-au-Lard… Enfin, ce n’était pas très poli, je trouve. J’avais l’impression de ne pas être trop à ma place, alors que ce n’était pas le cas, et que c’était lui qui s’imposait. Tu me connais, j’ai toujours un peu de mal avec ce genre de personnalités. Après tu le sais, je ne l’ai jamais vraiment senti, je ne lui fais pas confiance et je ne crois pas que ta relation avec lui t’épanouisse vraiment… Mais c’est mon impression et je te fais confiance à toi de toute façon, tu sais ce qui est bon pour toi. Mais je crois que tu as raison sur un point : si tu te poses tant de questions c’est que ce n’est pas naturel, et que tu es attachée à son amitié peut-être, mais ça s’arrête là. Et  je pense que tu mérites d’être avec quelqu’un qui te fait plus vibrer que lui, et qui te respecte à ta juste valeur.

Je terminai le fond de ma tasse de thé, et la petite bouilloire s’éleva d’elle-même dans les airs pour me servir à nouveau. Le liquide ambré laissait échapper des petites volutes de fumée.

- Tu ne m’en veux pas, hein ?

Elle me l'avait demandé mais j'étais inquiet ; la complexité de la situation faisait que je devais fatalement prendre des pincettes, ce qui me plaçait dans une position nettement plus délicate qu'auparavant.

_________________
‖▹
SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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