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A new star to orbit — L.

 
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 A new star to orbit — L.

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Ash Freeman
Assistant à la morgue de Sainte-Mangouste



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MessageSujet: A new star to orbit — L.   Mar 12 Sep - 16:33

(banlieue de Londres)



Je l’ai vue au milieu de la foule et j’ai compris que c’était le genre de rencontre à laquelle on ne peut échapper, j’ai senti les cellules de mon corps s’agiter, et j’ai su que je serais sans cesse à la recherche de quelque chose si je n’allais pas droit vers elle – ce que j’ai fait. Au début j’ai cru que ses cheveux tressés reflétaient la couleur de la lune puis j’ai mesuré les détails : ses cheveux argentés, sa peau brune, ses grands yeux maquillés, ses lèvres noires, les textures de ses vêtements, ses bagues et ses bijoux, ses bottines à clous, sa petite taille et ses mains qui bougeaient comme des oiseaux. J’ai foncé et, indifférent au type qui était en train de me parler, je me suis planté devant elle et je l’ai regardée dans les yeux.

Depuis le début de la soirée c’était Freeman par-ci et Freeman par-là ; c’est le jeu quand on organise des soirées de cette ampleur, et je n’en ressentais ni fierté ni excitation particulière, j’avais l’habitude, ce qui comptait c’était plutôt comment moi je terminais la nuit et si je ne rencontrais pas trop de problèmes majeurs – au-delà de tout ça les gens, les évènements, les rencontres n’avaient pas tellement d’importance. Je ne m’appelais pas Mingan pour rien : j’étais un loup solitaire dont la vie en meute était nécessaire au succès et à la réussite, mais je n’en pensais pas moins. Ce que j’aimais réellement lors de ces soirs-là c’était les pulsations de la musique, les boissons et substances qu’on y prenait, la nuit et tout ce qui s’y cachait, rien de plus. Je n’avais jamais vraiment aimé la clarté du jour et tout ce qu’il mettait à nu.


« Tu es venue avec qui ? »

J’avais lancé un regard suspicieux sur les gens autour d’elle – ici je connaissais tout le monde ou presque, c’était le deal quand on organisait ce genre de rave, c’était un risque assumé pour lequel on prenait tout de même quelques précautions. Ce qui avait fait ma notoriété et qui faisait de moi le chef de gang depuis quelques années maintenant, c’était la façon dont j’avais tissé mon réseau ; aujourd’hui cela ne faisait plus de doutes, j’étais le référent et on m’obéissait, ce qui garantissait d’ailleurs en matière d’organisation une fluidité assez appréciable. S’il y avait bien une chose que je détestais c’était de devoir gérer les problèmes relationnels des autres et de mes équipes, dans ces cas-là je me taisais et je laissais les autres se débrouiller, je n’avais pas de mots et d’énergie à perdre, et par ailleurs j’avais la ferme sensation d’être bien incapable de me mette dans la peau des autres humains qui me paraissaient sensiblement différents de moi.

Il se dégageait quelque chose d’elle, quelque chose d’infiniment envoûtant et insaisissable, elle me faisait penser aux sorcières des temps passés, prête à lancer un sortilège à la première occasion.

La main en coupe j’allumai une cigarette que je venais de rouler, m’y reprenant à deux fois à cause du vent qui soufflait de temps à autre. Par ce temps je ne regrettai pas le choix judicieux de mes vêtements, toujours savamment calculés – c’était une coutume Comanche que je m’étais appropriée et que je prenais au sérieux sans jamais fléchir, mes habits étaient mon costume, ma deuxième peau et faisaient de moi ce que je voulais montrer aux autres ; j’étais toujours vêtu de sombre avec une pièce plus colorée, et ce soir je portais un pantalon noir et un sous-pull col roulé noir, sur lequel j’avais enfilé une veste satinée brodée de serpents émeraudes et cuivre.

Elle sourit après avoir regardé le ciel et je me sentis encore un peu plus envoûté, de cette façon tellement irrépressible, comme si je me trouvais là face à mon totem, et qui éclipsait tout le reste autour de nous.

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Ash M. Freeman
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Charlie Palmer
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MessageSujet: Re: A new star to orbit — L.   Mer 13 Sep - 1:05

https://www.youtube.com/watch?v=0Wu1yKyybr8

« There is a color that shines through your skin
Like the moon on the wind
When I dare bear you in
The night is full on behalf
Of your evaded mask
And the rings round your eyes

(...)

There was a stagger that shifted my hips
O how swiftly it shook
The dew from my lips
There was a danger that seeped from my skull
How it dripped on us all
But it wasn't your fault

We are stranger than earth
With her seasons misled
Stronger than her moods
When our parts parted
She bled and bled and bled »



Les lumières semblèrent soudain s'éteindre et la seule qui brillait au loin, d'un bleu translucide, m'attira comme si j'étais un papillon de nuit. Je traversai la foule avec facilité, comme si elle n'était qu'un océan qui se séparait pour me laisser passer. J’avais oublié les filles qui me parlaient, mon verre abandonné dans un coin, ma cigarette à moitié consumée. Mon cœur battait fort, plus fort que le son électronique dont je ne percevais plus que quelques notes lointaines. Tout autour de moi s’était tu, mes cinq sens complètement tourné vers le jeune homme. Alors que j'avançais, il en faisait de même, et à chaque pas en ma direction, je sentais son aura s'affirmer, comme un champ magnétique. Lorsqu'enfin il arriva à ma hauteur, mes jambes étaient devenues de coton.

« Tu es venue avec qui ? »

C'était comme si je connaissais cette voix. Elle lui correspondait parfaitement, grave et grinçante. Elle était si magnétique que mon regard s'accrocha à ses lèvres quelques secondes de trop. Lorsque je réussis à m'en lâcher, je détaillai sa tenue avec intérêt ; les vêtements avaient toujours eu une importance particulière pour moi. Il portait une veste sur laquelle s'entrelaçaient des serpents. Je n'avais pas besoin de ressortir le grimoire de ma grand-mère pour entendre sa voix me murmurer « un soir de pleine lune, l'homme aux serpents deviendra la moitié et le tout ».

Je levai les yeux vers le ciel noir dans lequel trônait une lune brillante et parfaitement ronde. Je me sentis sourire de tout mon être.


« Peu importe avec qui je suis venue. »
Je lui souris d'un petit air énigmatique. « Ce qui compte c'est avec qui je passe la soirée. »

Maintenant que j'avais posé mes yeux sur lui, il était hors de question de m'en éloigner, et j'avais complétement oublié le reste. J'étais de toute manière venue à cette soirée à reculons, les plans changeant à la dernière minute, et des personnes dont je n'estimais pas spécialement la compagnie s'étaient rajoutées à mon petit noyau de fêtards habituels. J’étais pourtant habituée aux soirées peu organisées, et elles me convenaient parfaitement puisque j’avais toujours eu ce don de m’adapter à ces milieux nocturnes. Tel un serpent, je muais, glissant au milieu de la musique et des autres, les charmant jusqu’à obtenir les faveurs que je cherchais. Elles étaient souvent les mêmes, mes vices me suivant depuis longtemps à présent – une petite pilule colorée, un verre corsé, du bon temps jusqu’à que je ne sente plus mes jambes, épuisée de danses ou d’étreintes.

J'avais hésité à venir, mais je n'avais pas oublié le fond de ma tasse de thé, ce matin, où j’avais déchiffré un triangle, annonciateur d’une nouvelle rencontre. En partant, j'avais mis dans la poche de ma jupe un petit sachet en satin dans lequel j'avais glissé trois pépins de raisin. « Quelques graines dans un tissu de reine feront germer les plus belles histoires » Trois pépins, comme les trois côtés d’un triangle. Grand-mère m’avait bien appris le souci du détail dès qu’il s’agissait de la divination.

Devant moi, l’inconnu confirmait tout ce que le présage m’avait réservé ; il était la rencontre, qui pourtant ressemblait à des retrouvailles.

Il avait allumé une cigarette, et entre mes doigts, la mienne s'était éteinte – ailleurs, une autre flamme s'était allumée. Je jetais un regard entendu au jeune homme et me penchai tandis que son briquet éclairait mon visage. Ses mains étaient tellement proches de ma peau, nourrissant le feu qui crépitait en moi. Ses doigts brûlaient d'envie de me toucher, je le sentais. Tout nous aimantait.


« Qui es-tu ? »


J'avais compris par la façon dont on le regardait et par sa question inquisitrice : ici, il était un roi dans son royaume, et je ne demandais qu'à devenir sa reine.

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Ash Freeman
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MessageSujet: Re: A new star to orbit — L.   Sam 16 Sep - 15:48

« Peu importe avec qui je suis venue. Ce qui compte c'est avec qui je passe la soirée. »

Il y a des sourires contre lesquels on ne peut pas lutter, et celui-là en était un : je la dévisageai d'avantage, complètement sous le charme de cette fille qui se démarquait du reste grâce à un je-ne-sais-quoi qui ne se montrait en rien mais que je sentais au fond de moi. J'étais comme ça, de toute façon, dans ma bulle, simplement rattaché au monde extérieur par les émotions que je ressentais et les sensations qui jalonnaient mon existence. Le reste me laissait de marbre, et j'avais beau être sollicité de toutes parts, je n'y arrivais tout simplement pas : récemment, toutes ces histoires d'attentats moldus auraient du, comme tout le monde, m'inquiéter ou me concerner, mais rien n'y faisait. C'était un électrocardiogramme plat à l'intérieur de moi, et seule ma curiosité s'attisait de temps à autres, mue par cet intérêt morbide qui ne me quittait jamais.

« Très bien, dans ce cas, tu es avec moi maintenant. »

Simple mais efficace, et j'allumai sa cigarette en lui tendant la flamme de mon briquet. Elle était plus proche à présent, et je souris légèrement alors, imperceptiblement, parce que je sentais l'atmosphère électrique entre nous, je lisais clairement dans ses yeux et son attitude combien l'attirance s'intensifiait.

« Qui es-tu ? »
« Freeman. Tout le monde m'appelle comme ça ici, mais sinon mon prénom est Ash. Et toi ? »

Je lui fis un petit signe de tête pour lui indiquer de me suivre, et si je tournai les talons sans l'attendre - sauf que je ralentis le pas pour qu'elle soit à mes côtés, évidemment. Il n'était pas question de la laisser filer. Il était rare que je repère des filles ainsi, elle était la première depuis bien longtemps, et à vrai dire je n'avais jamais ressenti auparavant une telle attraction, car je ne faisais jamais le premier pas et je ne m'en souciais jamais - c'était elles qui venaient, et pas l'inverse. Au lieu d'avancer le long du chemin normal, je nous fis bifurquer vers l'extérieur pour nous diriger derrière la tente qui abritait le bar, et je la fis rentrer en premier entre les deux morceaux de toile en tissu.

« Les gars, c'est open bar pour elle toute la soirée, elle est avec moi ok ? »

Ils firent oui de la tête et je nous servis deux verres, avant de m'éloigner un peu pour pouvoir discuter tranquillement. Je voyais déjà les regards de mes troupes qui s'amusaient de la situation et m'observaient à la dérobée, et je n'avais aucune envie qu'ils entendent quoi que ce soit. C'était quelque chose qui m'agaçait ; les gens assumaient toujours que parce que j'étais le roi de la nuit et que je me droguais dès que je le pouvais je n'avais aucune pudeur, mais c'était bien tout le contraire.

« Alors, c'est quoi ton truc à toi ? »

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Charlie Palmer
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MessageSujet: Re: A new star to orbit — L.   Dim 17 Sep - 19:05



« Très bien, dans ce cas, tu es avec moi maintenant. »

Mon pressentiment était le bon : ici, ce mystérieux inconnu était en terrain conquis, il était habitué à donner des ordres et à être respecté, sa voix n'avait pas tremblé quand il avait décidé que j'étais à présent avec lui. Son autorité s'ajoutait à son aura magnétique, se pressant contre moi et m'envahissant d'un désir électrique. J'étais habituée à mener la danse dans beaucoup de mes relations sociales, mon charme faisant mon autorité, mais je n'avais jamais été intéressé par être une meneuse de groupe. Ici, l'inconnu était un meneur, cela se voyait, il n'était pas du genre à demander : il prenait.

« Freeman. Tout le monde m'appelle comme ça ici, mais sinon mon prénom est Ash. Et toi ? »

Ash... Trois lettres. Trois côtés du triangle. Trois pépins de raisin. Mon coeur s'agita dans ma poitrine, et j'essayai de retenir mon sourire de plus en plus grandissant. Maintenant que j'arrivais à me concentrer, j'observais enfin son visage, ses traits étranges et asymétriques, et les yeux bleus si clairs qu'ils en étaient presque gris - son prénom lui allait bien, lui qui paraissait si noir et blanc, si gris. C'était ses yeux qui m'avaient captivée dès que je les avais vus dans la foule et dont je n'arrivais plus à me détacher à présent.

« Lolita. »

J'avais menti sans ciller. Ce n'était pas exactement faux, puisque mon second prénom était Lola, un diminutif de Dolores, ma grande-tante, et Grand-mère m'avait appelé Lolita toute mon enfance. J'avais repris ce surnom lorsque je sortais, Lolita était devenue un personnage derrière lequel il était facile de se cacher, elle était quelqu'un de plus séduisante, plus mystérieuse... Plus puissante aussi. Dès que je prononçais ce prénom, je sentais l’esprit de Grand-mère, qui souriait, amusée de mon petit manège. En réalité, je m'appelais Charlotte, mais j'avais troqué ce prénom pour Charlie, plus court, plus familier et surtout moins attaché à mes parents. Mais tout cela, Ash ne le savait pas. Pour lui, j'étais à présent Lolita.

Je lui suivis le coeur battant, mes jambes toujours cotonneuses. J'avais envie qu'il m'emporte au fond de la nuit noire avec lui et de ne plus jamais en sortir.


« Les gars, c'est open bar pour elle toute la soirée, elle est avec moi ok ? »

Avec lui... C'était officiel, et mon assurance redoubla, je relevai légèrement la tête et écartai les quelques tresses qui étaient revenues devant mon visage.

« Un gin tonic. »

Lorsqu'il tendit mon verre, mes doigts prirent soin de frôler les siens, et ce premier contact me coupa la respiration une demi-seconde. Sa peau était fraîche, presque froide, mais elle me réchauffait de la tête au pied. J'avais tellement envie de l'embrasser que j'avalais trois gorgées de mon verre pour reprendre contenance. Le jeu, l'envie, le flirt, ils m'apparaissent aussi tentants que difficiles à supporter.

« Alors, c'est quoi ton truc à toi ? »
« Ton truc à toi, c'est d'être le roi de ce genre de soirée, n'est-ce pas ? »

C'était l'une de mes spécialités, rebondir sur l'autre, pour ne pas avoir à parler de moi, et surtout parce que les autres préféraient toujours parler d'eux et c'était tellement plus simple de les séduire en les confortant dans leurs orgueils. Mais le regard d'Ash me transperçait et me mettait à nue, je ne pouvais pas éviter ses questions et sa curiosité. J'étais prise à mon propre jeu : j'étais celle flattée et celle séduite.

« Mon truc c'est la divination. Les lignes de la main, les boules de cristal, le tarot... C'est mon don, depuis que je suis petite. Je le tiens de ma grand-mère. »

Je sentis l’esprit de Grand-mère sourire. Je précisais toujours que ce don m’avait été offert par elle, puisqu’elle était la meilleure voyante de la famille, son don avait sauté une génération et depuis sa mort j’étais la seule qui le possédait dans cette branche de la famille. Je me demandais si Ash y serait sensible, il existait des sceptiques chez les sorciers comme chez les moldus, et j’étais curieuse de voir dans quelle catégorie il se trouvait.


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Ash Freeman
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MessageSujet: Re: A new star to orbit — L.   Lun 18 Sep - 17:50

Lolita : un prénom lourd de sens mais dont l'aura lui allait comme un gant. S'il était possible de faire d'elle ma Lolita, je n'allais certainement pas dire le contraire ; les gens ne m'émouvaient jamais de manière générale, je n'en ressentais ni l'intérêt ni le besoin, mais il arrivait parfois que sur ma route passe une figure que je n'avais pas envie de laisser s'envoler. Cela avait été le cas avec Beth, même si aujourd'hui elle n'était plus d'actualité. C'était aussi pour cette raison que je ne m'attachais jamais ; au bout d'un moment il se passait toujours des choses qui lassaient ou dégoûtaient, et toute la relation volait en éclat. Beth avait été une des ces rares figures qui avaient compté et je me demandais encore souvent ce qu'elle devenait, je l'imaginais couchée contre moi, ou penchée sur la table à la morgue, et je sentais l'amertume me gagner tout entier. Ce n'était pas exactement de l'amour que j'avais ressenti pour elle, mais elle avait éveillé tellement de choses en moi et m'avait tant aidé à grandir et à avancer alors que j'ignorais tout de moi, que la perdre avait creusé une douloureuse absence. Seulement j'avais de rares principes et elle en avait violé un, ce qui la classait définitivement du côté des « autres », la rendant aussi incolore et inintéressante à mon goût. Peut-être que je n'étais pas très honnête — j'avais beaucoup de rancœur à son sujet — mais au moins j'étais clair, je ne voulais plus rien à voir avec elle, la tromperie m'était insupportable, un point c'est tout.

Je lui servis un gin tonic et attrapai un verre de whisky bien rempli, d'une marque moldue, peu importe ; en matière d'alcool je n'étais pas regardant et le célèbre adage me représentait à merveille, le flacon ne m'importait d'aucune manière.


« Ton truc à toi, c'est d'être le roi de ce genre de soirée, n'est-ce pas ? » J'eus un sourire en coin et hochai la tête légèrement. Je me fichais bien de ce qu'on pouvait bien raconter, car seul comptait son regard intensément lié au mien. « Mon truc c'est la divination. Les lignes de la main, les boules de cristal, le tarot... C'est mon don, depuis que je suis petite. Je le tiens de ma grand-mère. »

Intéressant... Chez les sorciers comme chez les moldus il existait des charlatans comme des personnes ayant un don véritable, et je me demandais bien de quel côté elle se situait. Elle avait l'air suffisamment différente pour prétendre au troisième oeil, mais elle avait l'air tout aussi bien spéciale pour être tout bonnement allumée.

« C'est vrai que les sorciers disent que ça saute une génération. Tu crois en la magie ? »

Dans cette fête il y avait de tout, et je me trompais rarement, reconnaissant sans trop de mal les moldus et les sorciers. Évidemment, Lolita échappait à la règle mais cela ne m'étonnait pas : elle défiait toutes les lois et c'était sans doute pour cette raison qu'elle m'aimantait autant. Je n'étais ni jaloux ni possessif, mais j'avais la certitude qu'en cet instant si un homme s'avisait de s'approcher d'elle, j'étais capable de le mettre à terre en un instant. Elle me répondit d'un sourire mystérieux (dont elle semblait avoir le secret) et releva sa manche, qui dévoila un bras tatoué, dont le style ressemblait énormément aux tatouages qui recouvraient la peau de mon bras gauche. La petite boule de cristal tatouée eut un mouvement imperceptible, les volutes de fumée s'animèrent, puis s'immobilisèrent. Je soutins son regard, de plus en plus électrique (ma peau était comme piquée par mille petites aiguilles) et relevai ma manche ; les lignes géométriques tremblèrent elles aussi.

« Poudlard, alors ? »

Sortant de ma poche une petite fiole qui contenait assez de MDMA pour tenir jusqu'au surlendemain, je l'interrogeai d'un signe de tête pour en verser ensuite quelques gouttes dans son verre puis dans le mien, afin d'officiellement sceller cette soirée pendant laquelle je ne comptais pas la quitter.

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MessageSujet: Re: A new star to orbit — L.   Mar 19 Sep - 15:27



« C'est vrai que les sorciers disent que ça saute une génération. Tu crois en la magie ? »

Grand-mère ne me l’avait jamais dit, mais j’étais persuadée que c’était pour cela qu’elle était beaucoup plus proche de moi que de sa propre fille. Ma mère était presque une sceptique, ce que je n’avais jamais compris, surtout devant les talents indéniables de Grand-mère, qui avait pu prédire jusqu’à la mort tragique de sa petite sœur puis le jour exact de la sienne. Mais ma mère n’avait pas le don et encore moins la sensibilité, et je savais que c’était pour cela que nous ne nous étions jamais comprises – j’étais sa fille mais à ses yeux aveugles, j’étais un mystère. Allais-je être un mystère pour Ash, comme je l’étais toujours pour les autres ? Il avait cette façon de me regarder comme s’il connaissait tous mes secrets…

Je relevai la manche de mon chemisier, découvrant ma peau tatouée, et, amusée, je fis légèrement bouger l’un de mes tatouages. Le regard d’Ash s’intensifia, et il découvrit sa propre peau, elle aussi tatouée et magique. Nous nous regardâmes d’un air entendu, nos visages toujours plus proches.


« Poudlard, alors ? »

Avant que je ne réponde, il sortit une petite fiole dont je connaissais bien le contenu, agitant mon excitation, et je trinquai mon verre contre le sien en souriant. Le gin picota mes lèvres et ma langue, et je le bus d’une traite, jetant au passage le mégot de ma cigarette consumée. C’était le moment que je préférais presque, la montée, qui prenait toujours un peu de temps, mais qui arrivait par vagues avant de m’emporter complètement. J’en profitai pour commander un deuxième gin tonic, que l’on me servit gratuitement, ce qui n’était pas sans me griser un peu plus.

« Non, j’ai passé mon adolescence à Berlin. Toi, Poudlard ? Quelle maison ? »

De Berlin, j’avais gardé un très léger accent, qui se mêlait au chuintement de l’espagnol que Grand-mère m’avait appris dès mon plus jeune âge, et ce mélange de sonorité intriguait toujours les autres qui étaient bien incapables de comprendre d’où je venais. J’étais cet étrange mélange de partout, l’Angleterre, l’Allemagne, les Caraïbes, le Mexique, et depuis petite, j’avais toujours eu l’impression d’être un puzzle mal fait, dont les pièces ne s’emboitaient pas parfaitement, construites de ces origines diverses et parfois mystérieuses.

La MDMA commençait à faire son effet, mon corps se détendait un peu plus à chaque minute et je m’étais mise à suivre le rythme de la musique lointaine sans m’en rendre compte, mes hanches se mouvant imperceptiblement. Je terminai mon verre et attrapai la main d’Ash pour l’attirer hors de la tente. Bien sûr, j’en profitais pour sentir sa peau sous mes doigts et avec l’envie grandissante d’être contre lui me faisait chavirer toute entière. Arrivés dans la foule, je lâchai sa main, décidée à pousser la tension et l’envie jusqu’au bout. La musique était parfaite, lourde, intense, plus je dansais et plus elle me possédait. L’énergie brûlait mes veines, et j’avais du mal à détourner mes yeux d’Ash, de la façon dont son corps bougeait, se rapprochant petit à petit du mien, et les flashs de lumières dans ses yeux translucides. Il était tellement beau, j’avais l’impression qu’il brillait dans la nuit, et il m’attirait comme un aimant chargé à bloc…

Nos corps s’étaient rapprochés, la musique me faisait complètement planer, j’avais envie de toucher Ash, d’être contre lui, de le serrer dans mes bras, nos visages étaient tellement proches mais je soutenais son regard, il me possédait mais je voulais gagner, je voulais qu’il craque le premier, je voyais ses lèvres qui frémissaient, mes jambes allaient flancher mais je dansais encore, sans m’écarter, le désir complètement brut dans mes veines, mon estomac, me rendant folle et je planais, complètement amoureuse de cette soirée et d’Ash... Ses lèvres m’hypnotisaient complètement, je riais d’euphorie en le regardant, parce qu’il était là, tous les signes étaient là, je l’avais rêvé et il existait, il était tout près de moi…


« Je crois que je t’ai rêvé… »

Je ne pouvais plus supporter la pression et ses yeux qui me déshabillaient, je brisai le dernier espace entre nous au même instant qu’Ash eut un mouvement, achevant de faire fondre tous mes organes. Quand nos lèvres se touchèrent, tout devint silencieux une demi-seconde, comme une pause, avant de repartir dix fois, cent fois plus intenses ; c’était comme toutes les drogues du monde dans un seul geste, j’avais envie de crier de flotter de pleurer de rire et je planais, je planais tellement ! Je n’avais jamais ressenti quelque chose d’aussi fort ! Je l’embrassai avidement, mes mains attrapant le col de son pull puis sa nuque, ses cheveux, je me pressai contre lui comme si nos deux corps n’étaient plus que la même entité : l’homme aux serpents était devenu la moitié et le tout.

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MessageSujet: Re: A new star to orbit — L.   Dim 1 Oct - 23:28

« Non, j’ai passé mon adolescence à Berlin. Toi, Poudlard ? Quelle maison ? »

Si cela expliquait sans doute sa manière de parler, je n'y aurais pas mis ma main à couper. Je n'étais pas très doué pour remarquer ou m'attacher aux accents des gens, c'était quelque chose qui avait même fini par énerver véritablement Beth, vers la fin, quand elle aimait à rappeler que je « ne faisais pas attention au reste du monde ». J'avais beau essayer de lui expliquer que mon attention à moi était toute autre, elle était trop rationnelle pour le comprendre. Je regardai un instant Lolita sans rien dire (sa peau, ses lèvres brunes, la partie plus charnue, puis sa mâchoire, ses grands yeux maquillés) : beaucoup de choses en elle étaient exotiques, non pas parce qu'elle était métis, mais parce que le mélange était beaucoup plus subtil et créait en moi une sorte de fascination que je devinais insatiable. De ce fait, elle n'avait pas son pareil. Je terminai mon verre en même temps qu'elle et en repris un. J'allumai une cigarette en la fumant entre le pouce et l'index, comme à mon habitude.

« Ils ont de sacrées fêtes underground, à Berlin, je comprends mieux d'où tu sors... » C'était une référence à son look évidemment, mais je ne lâchai pas ses yeux des miens, me passant de tout langage corporel possible. « Serdaigle. »

Dans ma tête, j'étais déjà passé à autre chose — elle aussi. La drogue, encore de l'alcool, je lâchai ma cigarette tandis que nous avancions vers le coeur de la fête, j'avais attrapé sa main dans la mienne et je serrai ses doigts de manière à ce qu'elle ne puisse pas la retirer sans se tordre une phalange au passage, puis la musique se déversa sur nous comme une cascade, tandis que dans nos veines palpitait plus fort de seconde en seconde notre sang boosté par la MDMA. J'en prenais régulièrement et j'en connaissais par coeur les effets, mais cette fois il me sembla que jamais je n'avais été autant en osmose avec tout : les pulsations, les lumières qui clignotaient en rythme, les propres battements de mon coeur, mes gestes, les siens, ses longues tresses argentées qui battaient sur ses épaules et son dos, sa silhouette campée contre la mienne dans une proximité de plus en plus lourde de sens. L'importance de mes origines indiennes prenaient toujours sens chaque jour de ma vie et pour moi c'était un de ces signes là, des forces plus grandes que nous, je savais que cette fille-là n'était pas rien pour moi, je lisais clairement dans tous les signaux qu'elle envoyait et tout ce que je ressentais, de bien des manières, qu'il y avait quelque chose en elle qui n'existait que pour moi. Son parfum m'enivrait encore plus que tout le reste et je fermai les yeux alors que nous dansions, son front contre le mien et ses lèvres à deux centimètres des miennes (je sentais sa respiration hachée) pour m'imprégner de cet instant qui valait sans doute plus que beaucoup d'autres réunis.

« Je crois que je t’ai rêvé… »

Il y avait quelque chose du songe — nous étions bien sur la même longueur d'ondes ; et comme tout mon corps était tendu à l'extrême je m'approchai, elle aussi, et l'embrassai. J'eus l'impression que quelque chose de déchirait en moi ou autour de moi, le monde, le ciel, n'importe quoi, juste un intense bouleversement qui allait tout électriser, moi en premier ; j'agrippai la taille de Lolita et la pressai contre moi tout en commençant à remonter le long de sa jupe et je me mis à en caresser les dessous, pour lui montrer mon degré d'excitation, et pour mesurer le sien. J'aurais pu le parier : il était aussi fort que le mien, et comme nous n'avions pas cessé de nous embrasser, comme si nos lèvres ne pourraient plus jamais se défaire à présent, j'augmentai l'intensité de notre début d'étreinte en laissant mes doigts s'attarder sous ses vêtements, la sentant s'accrocher à moi de plus en plus fort. Les gens, autour de nous, ne comptaient plus du tout ; s'ils nous voyaient tant pis pour eux et tant mieux pour moi, les provocations de ce genre attisaient toujours un peu plus mon excitation.

Sauf qu'elle était à son comble — je fis signe à ma nouvelle muse de me suivre, sans lâcher sa taille, et nous disparûmes sur les côtés de l'immense piste d'herbe, entre les tentes, dans la pénombre, et la poussai contre le mur en pierres avant de la regarder un instant sans rien dire, puis je l'embrassai de plus belle. J'attrapai sa jambe et la remontai le long de moi tandis que je remontai sa jupe de l'autre main — mon corps entier tremblait, je m'en rendais seulement compte, je vivais une sorte de transe qui ne pouvait se terminer qu'avec
elle, et qui ne pouvait qu'exister que contre elle et en elle. Nos mouvements devinrent de plus en plus frénétiques et je finis par la soulever et coincer son bassin entre le mur et moi pour me perdre complètement dans ce tumulte qui me faisait perdre jusqu'à ma propre conscience — je devenais de la fumée entre ses lèvres, les volutes montaient et se dissolvaient dans l'air. Les bruits que nous faisions se perdaient dans la musique légèrement assourdie depuis où nous étions, et quand tout d'un coup la pression se relâcha d'un coup, je fus secoué d'un étrange rire libérateur, qui me dura plusieurs secondes, tandis que nous reprenions nos souffles tous les deux sans nous lâcher, sans nous éloigner, les yeux dans les yeux.

« Ma Reine. » lâchai-je seulement, alors que mon rythme cardiaque était si haut, et mon corps si brûlant, que pour l'instant bouger ou marcher me paraissait impossible.

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Charlie Palmer
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MessageSujet: Re: A new star to orbit — L.   Mar 3 Oct - 16:10

C'était ce genre de baiser qui n'existait que dans les mythes, ce baiser où toutes les planètes s'étaient alignées parfaitement, créant un séisme d'énergie partout autour de nous. Je m'accrochai, mes deux mains dans la nuque d'Ash, son magnétisme achevait de me faire tourner la tête, il était l'une des planètes, tellement puissante que tout mon univers se retrouvait aspiré et attiré. Sa main, telle une araignée, courait le long de mes jambes jusqu'à pénétrer en moi, déclenchant des chocs électriques dans mon estomac, puis mes jambes, mes poumons, mon cœur ; je poussais des gémissements qui se perdirent contre la langue d'Ash. J'étais sienne.

Je ne sentais pas la température de l’extérieur, ni ses sons lointains et inintéressants, à vrai dire je n’y prêtais même plus attention, mon corps s’était fondu contre celui d’Ash, ignorant le mur froid et brut contre lequel il m'avait poussé violemment. Je voyais ses gestes comme dans un kaléidoscope, ses yeux translucides éclairant nos ombres qui s’étaient entremêlées. Ash était habitué à diriger jusque dans sa façon de me prendre, ses mains prenaient ce qu’elles désiraient sans question et sans attente, j’étais à sa merci et pourtant, je pouvais sentir l’effet que je lui faisais, mes mains attisaient son envie, mes ondulations déclenchaient ses tremblements; je l’avais ensorcelé. Il y avait quelque chose de bestial et désespéré dans la façon dont il me tenait et me pénétrait, qui embrouillait tous mes sens, jusqu’à que j’en oublie de respirer et de vivre. Le monde autour de moi avait disparu et était devenu Ash, ses mouvements brusques et toujours plus forts, jusqu’à qu’enfin la vague me happe toute entière dans un dernier gémissement brisé. Agrippée à lui, je pouvais sentir mes jambes qui tremblaient trop pour me tenir debout, d’une violence plus forte que je n’en avais jamais connu.


« Ma Reine. »

Les tremblements décuplèrent et mes doigts s’enfoncèrent un peu plus dans sa peau. J’avais réussi, pensai-je, j’étais sa Reine… Il y avait tant que je voulais dire, qu’il était mon Roi aussi, qu’il était le destin, j’en étais persuadée, que soudain je n’avais plus peur de rien, pas même de mourir, que quelque chose avait changé... Mais le souffle me manquait, et les yeux d’Ash me perçaient déjà à jour. Il sentait tout cela, j’en étais sûre. Pour toute réponse, je l’embrassai avidement, persuadée de ne jamais être rassasiée de la façon qu’il avait de mordre ma lèvre inférieure.

Je planais beaucoup trop pour comprendre exactement la suite, mais je suivis Ash sans question et sans crainte, sa main dans la mienne, comme s’il m’était à présent impossible de ne pas avoir de contact physique avec lui. Je m’engouffrai dans la voiture dont il m’avait ouvert la portière, m’enfonçant dans le siège, faisant grincer le cuir usé. Ouvrant les fenêtres de chaque côté, je passai mes mains dehors, mon cœur étrangement léger, me faisant rire… Je poussai le dos d’Ash contre la portière, m’appuyai contre lui, mes jambes emmêlées dans les siennes, mes mains avides d’explorer son visage, son torse, ses lèvres que les miennes attrapaient avec toujours plus de ferveur, jusqu’à que je les laisse descendre le long de sa peau brûlante. Mes mains quittèrent le visage d’Ash pour faire glisser la fermeture éclair de son pantalon, mon cœur s’emballant de sentir combien Ash perdait pied à chaque nouveau mouvement de mes lèvres amusées. Le chauffeur, les fenêtres ouvertes, l’air frais qui s’engouffrait et courait sur ma poitrine qu’Ash avait déshabillée – peu importe, pensai-je, peu importe, je ne voulais jamais m’arrêter.


« Tu es mon Roi. » Murmurai-je, les yeux brillants. Tout était dit.

En pénétrant chez lui, j’eus la sensation d’être dans une univers étrange, à la fois morbide et rassurant parce que j’y étais la bienvenue, j’en étais certaine… Une baie vitrée courait le long du mur, découvrant une vue imprenable sur Londres et ses lumières qui ne s'éteignaient jamais. Je m'approchai, mes doigts glissant sur la vitre, avant d'y coller mon front afin de mieux voir et de distinguer les étoiles des fenêtres d'immeubles. Derrière moi, Ash s'était glissé silencieusement, son torse était tout appuyé contre mon dos et ses mains dans ma nuque envoyait des frissons jusque dans la pointe de mes pieds. Quelque part dans cette ville fiévreuse, Sam devait déjà dormir, dans notre lit qui sentait la weed et la poussière. Il m'avait échappé, pensai-je, je l'avais complétement oublié dès que mes yeux s'étaient posés sur Ash. Il m'était arrivé de finir la nuit dans les bras d'un autre, de bannir l'image de Sam, mais cette fois-ci, je l'avais tout simplement effacé sans même le réaliser. Si j'avais été sobre, je m'en serais peut-être voulu, car je savais que quelque chose avait changé et qu'Ash n'était pas une présence d'un soir, après quelques verres et pilules de trop - il était mon destin.


« Si on sautait, on pourrait s’envoler. »

Je n’avais pas peur de sauter, pas avec Ash. L'une de mes mains s'était perdue dans ses cheveux tandis que ses lèvres s'attardaient dans mon cou, m'arrachant quelques soupirs. Mes paupières closes, mon corps s'appuyait un peu plus fort contre celui d'Ash, mouvant au rythme d'une musique que j'étais la seule à entendre. Je pouvais sentir son excitation grandissante, et lorsqu'il glissa sa main entre mes cuisses, il constata la mienne aussi. Bien vite, le désir brut reprit le dessus, mes paumes appuyées contre la vitre cherchait un appui que mes jambes tremblantes ne voulaient plus me donner. Mes paupières fébriles tentaient de rester ouvertes, car la vue m'excitait étrangement, j'avais l'impression de voler ou d'être un astre dans le ciel, de n'être qu'une avec Londres et tout ce qui la peuplait. Plus Ash poussait, plus mon corps se cambrait, jusqu'au final, plus fort que tout, si fort que mes jambes manquèrent de me lâcher, la prise d'Ash me maintenant à peine debout.

Me retournant pour faire face à Ash, mes bras se glissèrent autour de sa nuque et je plongeai mon regard dans le sien. Il était hypnotique et j'étais condamnée à planer, à la merci de sa magie. S'il lâchait son regard du mien, j'allais disparaitre.


« N'arrête pas de me regarder. Je ne veux pas disparaître. » Murmurai-je, espérant être comprise. Je ne voulais pas que le rêve s'arrête.

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MessageSujet: Re: A new star to orbit — L.   Ven 13 Oct - 17:30

Il allait sans dire que la fin de cette fête ne m’importait guère, à présent. Tout était lancé, j’avais fait le nécessaire et mes équipes n’avaient plus besoin de moi ; au petit matin ceux qui en avaient la charge rangeraient et le reste pouvait bien faire ce qu’ils voulaient, j’étais déjà passé à autre chose. Lolita occupait toutes mes pensées, tout mon être, c’était même plus fort que la drogue qui coulait dans mes veines : elle s’était insinuée dans ma chair et je la sentais partout, sa chaleur moite n’avait pas quitté ma peau et son odeur était partout dans mon nez et ma bouche, ma lange goûtait encore son parfum. Très vite la foule que nous avions rejointe me lassa et j’envoyai un message à Tommy pour qu’il nous raccompagne chez moi – c’était notre chauffeur officiel ; ancien camé il ne touchait plus à rien et passait les soirées à être disponible pour n’importe laquelle de nos courses. La voiture apparut bientôt au bout du petit sentier de terre et nous disparûmes dans la nuit, tandis que les bruits et la musique s’estompaient derrière nous.

Dans la voiture je sentis les pulsations de mon cœur devenir encore plus profondes et rapides, je n’avais qu’une hâte : celle d’arriver chez moi, de l’avoir pour moi tout seul, de rentrer dans ma bulle à ses côtés et de la garder prisonnière. Je l’embrassai encore et encore et quand je sentis ses mains descendre vers mon pantalon je m’adossai au fauteuil et fermai les yeux, laissant son habileté faire le reste, bercé par le mouvement lent de la voiture. Je sentis mon esprit s’élever et partir loin, comme si j’avais atteint cet état de transe que mes ancêtres pratiquaient souvent, cette élévation vers autre chose, bien au-delà du quotidien et des considérations matérielles qui m’importaient si peu. Arrivé dans mon appartement, je sentis que j’étais happé par Lolita à nouveau, qui s’était déjà appuyée contre la baie vitrée.

J’avais toujours un certain plaisir à recevoir les gens chez moi, pas parce que j’aimais l’acte en lui-même mais parce que c’était une partie de moi, des décors sombres et des dessins morbides, faits par moi pour la plupart : c’était dérangeant et je le savais, et il n’y avait rien de plus plaisant que de sentir un léger malaise gagner l’autre tandis que je me détendais, comme une bête de retour dans sa tanière.

En quelques heures elle était devenue ma Reine et moi « son Roi », et je m’approchai d’elle sans plus tarder, dans le but de la posséder à nouveau. Il nous fallut peu de temps pour que nos corps se cherchent et se trouvent à nouveau et plus les mouvements se faisaient intenses plus je serrai sa taille entre mes mains, plus je l’écrasai toute entière contre la vite qui surplombait la ville baignée des lueurs de la nuit. Son odeur et ses soupirs me rendaient complètement fou et je finis par agripper d’une main ses cheveux argentés pour maintenir sa tête contre la mienne, tandis que nos souffles se perdaient complètement.


« N'arrête pas de me regarder. Je ne veux pas disparaître. » Je souris et la regardai sans rien dire : une lueur brillait au fond de ses yeux, magnétique et perturbante. Je voulais la garder pour toujours. Je l’attirai vers le canapé et sortis de quoi rouler un joint, et si nous échangeâmes quelques mots en fumant et en nous laissant apaiser par la drogue, je n’ouvris pas beaucoup la bouche : il n’y avait pas besoin d’autre chose, j’étais bien, comme ça. Je m’endormis sans m’en rendre compte, lové contre elle, toute ma peau cherchant le contact de la sienne.

Au réveil, alors que la journée était déjà bien avancé, je sortis quelques trucs de mon frigo et nous fis du thé d’un coup de baguette magique, avant de rouler de quoi fumer à nouveau. C’était ce que je préférais : le premier joint du matin, qui sort du sommeil tout doucement, qui prolonge les effets de la nuit. Lolita le fuma avec moi et il nous fallut juste le temps d’émerger pour nous jeter de nouveau l’un sur l’autre. Cette fois je pris le temps de lui enlever tous ses vêtements, en caressant et regardant tout son corps, mon esprit enregistrant chaque centimètre pour ne pas l’oublier. Mes doigts couraient le long de ses tatouages, qu’elle avait un peu partout, dans un style semblable aux miens ; je m’arrêtai tout d’un coup, profondément surpris et perturbé, sur celui qu’elle avait sur ses côtes : les formes géométriques correspondaient non pas à l’identique mais en miroir de celui que j’avais aussi, c’était une pièce unique inspiré d’une rune d’un ancien grimoire dont j’avais la version masculine, le symbole d’un roi de tribu. Je regardai Lolita sans comprendre ou plutôt sans oser comprendre : elle était donc
vraiment ma Reine, et lui montrai le mien du bout du doigt.

Cette fois il n'y avait plus aucune barrière, la fusion était totale, je sentis que quelque chose en moi coulait, se libérait, flottait et s'insufflait en elle, il y avait quelque chose au-dessus de nous, quelque chose de mystique qui unifiait nos âmes, je l'avais senti dès le début mais maintenant, je le
savais. Alors qu'elle était déjà au-dessus de moi et que ses hanches initiaient le mouvement, je ne pouvais plus la quitter des yeux, hypnotisé par sa peau hâlée et ses cheveux argentés, par ses lèvres entrouvertes que je voulais dévorer. J'attrapai ses mains et les mis sur ma gorge : il fallait qu'elle rentre encore plus loin dans mon monde, qu'elle pénètre jusqu'au fond de moi, et si d'ordinaire je n'avais pourtant pas beaucoup de complexe avec elle il n'était plus question de jouer ou de se cacher, je voulais tout ressentir pleinement : « Étrangle-moi » lui ordonnai-je, déjà à bout de souffle.

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MessageSujet: Re: A new star to orbit — L.   Dim 15 Oct - 20:55

Le silence était parfait, tout autour de nous, nous enfermant dans son cocon rassurant. Je n’avais jamais été très bavarde, parce que j’avais appris à mes dépends que les gens ne me comprenaient pas, les mots me rendaient vulnérables, et je préférais me taire ou broder ce que les autres attendaient de moi. Mais assise dans le canapé d’Ash, jouant avec la fumée qui s’échappait d’entre mes lèvres, je réalisai combien ce silence qui nous entourait était différent de tous les autres. Je ne me cachais pas, ce n’était plus une histoire de protection ; simplement, je n’avais pas besoin de parler. Nous étions biens, nous nous comprenions, je ne savais rien de lui et lui rien de moi mais je n’avais pas besoin de ça, pas encore, les mots ne m’intéressaient pas, sa présence suffisait à répondre à toutes mes questions. Mon corps était complètement détendu par le joint, et je me laissai doucement flotter, l’esprit ailleurs, à moitié appuyée contre l’épaule d’Ash. J’entendais à peine la ville au loin, dont on percevait quelques sirènes effacées, et j’eus l’impression d’avoir réussi, enfin, d’être la Reine, perchée dans ma tour, dominant le reste, dans un royaume qui n’appartenait qu’à ceux qui le connaissaient. Ash m’avait invité dans son univers, et à présent, il était mien aussi. Tout était spécial, je le sentais. Mon corps sombra dans un sommeil curieux, empli de songes et de créatures nocturnes, des serpents et des corbeaux, des symboles qui s’enchainaient et disparaissaient dans mon esprit épuisé. En me réveillant, je me souvenais de peu de bribes, sentant simplement le mysticisme de mes rêves m’envahir comme d’habitude.

Ash était encore plus beau dans la lumière du jour, sa peau était translucide, les veines violacées couraient discrètement sur son cou et ses cernes, et ses yeux… Ses yeux étaient tellement magnétiques que j’étais incapable de regarder autre chose, ils brillaient comme l’eau au fond d’un puit. Le goût de la weed brûla le bord de mes lèvres toujours maquillées de rouge à lèvres noir qu’un coup de baguette avait scellé jusqu’à nouvel ordre, et mon corps se réveilla en même temps qu’il se mit à flotter. Autour de moi, l’appartement d’Ash m’intriguait, la façon dont il était décoré était décidemment particulière mais aussi mystérieuse que lui, et elle me laissait deviner qu’il était exactement le genre de personne que j’avais imaginé, et plus encore. Mes lèvres cherchèrent les siennes fiévreusement, complètement portée et excitée par cette rencontre.

J’ôtai son sous-pull, admirant les tatouages qui recouvraient l’un de ses bras jusqu’à l’épaule, dans un style qui rappelait le mien, bien sûr, je me sentis sourire en coin… Je me demandai ce qu’ils signifiaient, ils m’intriguaient tout autant qu’Ash qui, j’en étais sûre, ne laissait pas ces dessins encrer sa peau au hasard. Ses mains explorèrent ma peau et mes propres tatouages, déclenchant des frissons jusqu’à l’intérieur de mes cuisses. Ash caressa la composition florale qui se dessinait entre mes seins, et je me demandais s’il devinait que rien n’était laissé au hasard aussi pour moi. Les azalées avaient pour symbole la tempérance, qui était également la quatorzième carte du tarot, la toute première que j’avais tirée lorsque Grand-mère m’avait appris à tirer les cartes, et qui m’avait suivie toute ma vie. Autour de ces azalées, des petites digitales s’entremêlaient, source de guérison comme de poison, et un ingrédient phare de beaucoup de remèdes que concoctaient Grand-mère. Tout comme ces fleurs, le reste de mon corps portaient mon histoire, tout en ligne et en point.

Ash s’arrêta un instant sur l’un de mes tatouages, visiblement surpris. C’était une rune que j’avais trouvé dans un grimoire, qui appartenait à une tribu scandinave, et dont le symbole féminin avait un équivalent masculin, tatoués sur le chef de tribu et sa femme. J’avais tatoué celui féminin, en décidant que je n’avais pas besoin d’un homme, et c’était d’ailleurs l’un de mes premiers tatouages. Ash en connaissait-il la signification ? Ce n’était pourtant pas très commun…

Il glissa son doigt sur son bras pour me montrer un tatouage… Le temps se figea quelques secondes et je sentis mon cœur fondre sur lui-même, tandis que la réalité me rattrapait comme un train lancé à pleine vitesse. Ash avait l’autre rune. Ce n’était pas possible… C’était réellement le destin. Je n’avais pas rêvé. Ce n’était pas des signes, c’était… Tout pointait vers Ash.

Son regard sur moi me confirmait qu’il savait aussi. Nous étions parfaitement en osmose.

Je l’embrassai comme si c’était la première et la dernière chose que j’allais faire de ma vie, le contact de sa peau me rendait folle, ses mains qui accompagnaient mes mouvements, puis qui attrapèrent les miennes pour les placer sur son cou, et cette simple injonction… « Étrangle-moi ». Je serrai, doucement, puis de plus en plus fort, et plus Ash manquait d’air plus mon corps étouffait en retour, tant nous étions connecté, l’intensité était tellement forte que mes jambes se remirent à trembler et je dus tenir bon pour ne pas littéralement m’écrouler sur lui. Quand je l’embrassais, l’air lui manquait un peu plus, m’excitant jusqu’à que la vague finale me prenne, si puissante que cette fois-ci je tombais contre Ash, tout mon corps parcouru de tremblements qui mirent de longues minutes à enfin se calmer, et je desserrai enfin mon emprise autour du cou rougi d’Ash.  

Je ne voulais pas partir, j’étais déjà en retard pour mon travail, mais j’avais envie de rester là, dans ce canapé, mes mains glissant machinalement sur la peau d’Ash, la faisant frissonner. Je me rhabillai à contrecœur, et sur le pas de la porte, je demandai à Ash son téléphone dans lequel je rentrais mon numéro.


« Appelle moi. » Je n’étais pas la seule à avoir ressenti tout ça, je le savais, et quand j’embrassai Ash pour lui dire aurevoir, et que sa main s’attarda dans ma nuque, la serrant, je compris qu’il voulait que je reste sienne – je l’étais déjà, et bien plus encore.


// Terminé \\

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