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Without problems or pride (H.L)

 

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 Without problems or pride (H.L)

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Daniel O'Brien
Assistant de Défense contre les Forces du Mal



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MessageSujet: Without problems or pride (H.L)   Dim 20 Aoû - 20:09

“I love you without knowing how, or when, or from where. I love you simply, without problems or pride: I love you in this way because I do not know any other way of loving but this, in which there is no I or you, so intimate that your hand upon my chest is my hand, so intimate that when I fall asleep your eyes close.”

(P. Neruda)


La bouilloire siffla et d’un coup de baguette, je la fis voler jusqu’à nous pour remplir une grande tasse en porcelaine et la Heather. Elle me regardait sous ses cils, et sourit avec ses dents blanches, ses longs doigts de fée attrapant l’anse. Les volutes de vapeur se fondaient dans l’air chaud de la chambre d’Heather, où un feu ronronnait dans la cheminée. Je laissai Heather savourer son infusion que j’avais été me procurer à l’infirmerie pour aider les crampes de ventre, et quand elle eut terminée, je l’attirais contre moi, son dos contre mon torse, et mes mains glissèrent le long de son dos. Elle avait toujours le cou tendu dans ces moments, et je le massai avec application, laissant mes pensées dériver tranquillement. Avoir grandi avec trois sœurs m’avaient donné cet avantage, tout ce qui touchait au cycle hormonal m’était familier et ne me dégoûtait pas, et ce depuis que j’étais petit. Maureen avait d’ailleurs des règles très douloureuses, et chaque mois, nous étions aux petits soins pour elle ; les crampes et la mauvaise humeur d’Heather ne m’impressionnaient donc pas vraiment. Au contraire, je savais exactement ce qu’il lui fallait. Je lui avais apporté l’infusion, du chocolat, je lui avais fait une bouillotte et, même si c’était moins ma spécialité, j’avais essayé de me montrer tendre avec elle. Elle avait l’air toute fatiguée, mais son sourire semblait me remercier, et à vrai dire, cela me faisait étrange plaisir d’être ainsi là pour elle. Bien sûr, c’était « normal » et il n’y avait rien de glorieux à s’occuper de sa petite-amie quand elle n’était pas bien… Mais si l’idée qu’Heather soit ma petite-amie suffisait déjà à répandre en moi de drôle de sensation, celle d’être son petit-ami me rendait encore plus étrange.

Pourtant, cela faisait un moment que nous avions décidé que c’était « officiel ». Heureusement, Heather était sur la même longueur d’onde que moi, expansive ou discrète quand il le fallait, et notre environnement de travail n’avait pas spécialement évolué. Les seules personnes susceptibles de percevoir le changement affiché avaient visiblement déjà été mises au courant par Heather bien avant – cela m’avait un peu agacé, sur le coup, parce que j’aurais aimé pouvoir contrôler ce qui se disait de moi, mais j’avais lâché l’affaire et la rancœur. Entre temps, Caitleen était venue me voir à Pré-au-Lard un après-midi, et elle avait voulu en profiter pour voir Heather. Sans le voir venir, le naturel était revenu au galop, ma pudeur et mes vieux mécanismes, et j’en avais presque paniqué, car je savais qu’il n’y avait pas de moyen de me cacher de ma propre sœur. Pourquoi l’aurais-je voulu d’ailleurs… Je ne savais pas trop. J’avais probablement eu l’air particulièrement stupide et coincé, quand nous l’avions retrouvé devant les Trois Balais, et que j’avais tenu la main d’Heather devant le regard innocent et triomphant de ma sœur qui n’avait l’air absolument pas surprise. Heather rayonnait particulièrement, et si je n’avais pas été aussi entêté et mal à l’aise, j’aurais probablement pris plus le temps d’admirer la façon dont ses yeux étaient baignés de paillettes dorées, et combien son rire était chantant

Pourtant, j’oubliais rarement l’effet qu’Heather me faisait – comment aurais-je pu ? Dès que je croyais m’être habitué à sa présence, j’étais à nouveau hypnotisé par son aura et son charisme, la façon qu’elle avait de se mouvoir, pire encore, lorsqu’elle se glissait sous mes doigts et que ses lèvres brûlaient les miennes. J’avais pris l’habitude de l’observer, peut-être moins à la dérobée qu’auparavant, dès que nous étions en public ensemble, et j’étais à chaque admiratif de la voir ainsi capter la lumière. Pourtant, elle était la lumière et le miroir à la fois, rayonnant tout autour de moi, ne me laissant jamais en retrait, parfois me gênant presque tant je n’étais pas familier avec cette sensation. Elle flattait pourtant mon orgueil, Heather en était d’ailleurs parfaitement consciente. Il n’y avait pas de doute, elle m’avait apprivoisé et elle savait de plus en plus comment manœuvrer entre mes humeurs.

Mon massage avait eu l’air de la détendre, puisque je l’avais abandonné dans son lit pour retourner travailler dans mon bureau. Mais une fois devant mon parchemin, mes pensées eurent du mal à se raccrocher à ce devoir que je devais corriger. Elles étaient perdues dans les longues boucles enflammées de Heather, dans lesquelles j’avais envie de passer mes mains, et bien sûr, le désir n’était jamais loin. J’avais connu quelques filles, mais il était certain qu’aucune ne m’inspirait autant d’envie qu’Heather, et elle me le rendait bien, puisqu’il était rare que nos soirées ne se transforment pas en étreinte passionnée. Pourtant, aujourd’hui, je savais que cela était impossible, et étrangement, je ne me sentais pas frustré, moi qui avais toujours associé mon intérêt pour Heather à quelque chose de très passionnel, de très charnel. Mais être avec elle, simplement avec elle, était tout aussi délicieux que nos nuits sans fin. C’était nouveau, ça aussi, jamais je n’avais vraiment ressenti cela, l’impression qu’il me suffisait d’être en la présence de quelqu’un pour être bien.

J’écartai la chaise de mon bureau, me sentant tout à coup pleins d’émotions inconnus. Je déglutis avant de me lever pour attraper un casse-tête sur mon étagère, bien décidé à me concentrer sur quelque chose qui m’empêcheraient d’éloigner mes pensées sinueuses. Elles revinrent cependant à la charge, entourant mon cœur et mon cerveau, ramenant mon attention à Heather. Je n’avais jamais réalisé combien à présent ce qu’elle ressentait avait presque plus de valeur que mon confort et mes envies ; cet ordre de priorité n’existait que pour ma famille, et je ne l’avais jamais ressenti pour personne, encore moins pour une fille. Qu’est-ce que cela signifiait donc ?

Mon cerveau s’arrêta net, en même temps que mes doigts sur le mécanisme en bois du casse-tête, et je repoussai tout à coup tout en bloc, pris de panique. Non, ce n’était pas possible.

Goguenardes, j’entendis mes émotions me rire au nez. Bien sûr que c’était possible, me murmuraient-elles, et pire encore, c’était trop tard. Une fois ces pensées-là formulées, on ne pouvait pas faire demi-tour, et je le savais parfaitement car je n’avais jamais ressenti ça avant. C’était le genre de vérité qui s’imposait, terrifiante, et devenait gigantesque et inévitable. Je m’assis sur le bord de mon lit, la tête entre mes mains. Dans quoi m’étais-je fourré ?! Je passai mes mains dans mes cheveux avant de me lever, mécaniquement.

Je toquai à la porte d’Heather, qui ne tarda pas à ouvrir. Elle avait des cernes sous ses yeux grands yeux verts qui me regardaient comme si j’étais précieux.


- Il faut qu’on parle, dis-je sans autre préambule.

Je pénétrai dans sa chambre, ne sachant pas quoi faire et où m’asseoir. Me tournant vers elle, je tentais d’ignorer les battements sourds de mon cœur qui m’assourdissaient.


- Heather, je crois que je suis amoureux de toi. Non, en fait, je ne crois pas, je suis sûr. Je t’aime, lâchai-je, mon cœur crachant les mots avant que je puisse les former et les retenir, diffusant soudainement en moi une panique inconnue.

_________________


My thoughts are crabbed and sallow,
My tears like vinegar,
Or the bitter blinking yellow
Of an acetic star.

Tonight the caustic wind, love,
Gossips late and soon,
And I wear the wry-faced pucker of
The sour lemon moon.

While like an early summer plum,
Puny, green, and tart,
Droops upon its wizened stem
My lean, unripened heart.
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Heather Lass
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MessageSujet: Re: Without problems or pride (H.L)   Ven 1 Sep - 16:40

C’était lorsqu’Emmy lui avait raconté une anecdote pourtant relativement insignifiante, un geste attentionné que Chuck avait eu envers elle, que Heather avait compris que la mauvaise période du mois était arrivée : elle avait senti les larmes lui monter aux yeux et lui brouiller la vue en moins de dix secondes et n’avait pas pu retenir un « mais c’est tellement mignon… » sous le regard surpris puis hilare d’Emmy, qui avait alors compris elle aussi. De nature pourtant assez constante dans son énergie et ses émotions, Heather plutôt ses moyens et devenait assez changeante lorsqu’elle avait ses règles, surtout qu’elles s’avéraient être le plus souvent douloureuses. De mauvaise grâce, elle accepta la chose, habituée, et maudit d’avance son entraînement de Quidditch du lendemain qui promettait d’être assez désagréable. En effet, il ne fut pas brillant : non seulement le temps décida de virer sensiblement vers l’orage, et des rafales puissantes de vent vinrent perturber les joueurs sur leur balai, mais en plus ils étaient moins synchronisés que d’habitude, fatigués pour la plupart, et Heather fut de mauvaise humeur très rapidement. À la fin de l’entraînement la pluie se mit à tomber et elle rentra au château trempée jusqu’aux os, mécontente d’elle et de leur jeu, et se sentit prête à massacrer n’importe qui se mettrait en travers de sa route. Elle s’endormit comme une masse sans avoir rien avalé et passa une nuit désagréable peuplée de rêves et de cauchemars en tout genre, pour se faire réveiller au petit matin par une douleur aigue dans le bas-ventre. Résignée, elle fit voler une potion jusqu’à elle et décida de rester sous sa couette bien au chaud, avec l’envie de ne rien faire jusqu’à ce que tout soit fini. Quelques heures plus tard, d’un peu meilleure humeur, elle corrigea vaguement quelques copies, puis se décida à aller voir Dan, la mine clairement déconfite : il ne se fit pas prier et vint dans sa chambre pour s’occuper d’elle, ce qui lui redonna presque immédiatement le sourire.

Depuis la dernière fois au bar, tout allait beaucoup mieux entre eux : non seulement Heather se sentait bien plus sûre d’elle et soulagée, mais il lui semblait également que leur relation avait gagné en stabilité et en fluidité, que tout était plus simple, et plus doux aussi. Ils étaient malgré tout sur la même longueur d’onde en public et leur travail n’en pâtissait pas, mais Heather était au comble du bonheur lorsqu’ils se retrouvaient simplement entre amis ou dehors, dans la rue, et que Dan lui accordait des petits gestes, lui prenait la main, la taille ou l’embrassait, et qu’elle sentait alors tout son désir de possession se propager jusqu’à elle sous formes de petites ondes délicieuses qui titillaient sa chair. De son côté, elle était plus radieuse et plus amoureuse encore, ne quittait pas Dan des yeux, cherchait toujours son contact d’une manière ou d’une autre, et ne se privait pas de lui lancer des regards langoureux et appuyés dès qu’elle en avait l’occasion, et redoublait d’attention pour choisir ses tenues afin qu’elles fassent mouche chaque jour qui passait. Le contraste aujourd’hui était flagrant : ni maquillée ni apprêtée, elle était en pyjama et enroulée dans une couverture devant la cheminée, tandis que Dan entreprenait méthodiquement de la masser après lui avoir fait du thé. Docile, elle se laissait faire et fermait les yeux, dans un demi-sommeil, les idées un peu vagues après la potion qu’elle avait prise et qui la plongeait toujours dans un état de somnolence. Bien installée contre lui, elle se laissa porter, et sentit que ses muscles se détendait un à un. Dan finit par retourner dans sa chambre pour travailler, et Heather ne manqua pas de lui exprimer son mécontentement en râlant un peu comme une enfant, tandis qu’elle se sentait s’endormir d’un instant à l’autre.

Elle s’endormit, entourée de chaleur, et cette fois eut un sommeil plus réparateur, et sans rêves. Des coups pressés à la porte la tirèrent de sa torpeur, et elle s’extirpa de sous ses draps avec regret.
C’était Dan : il avait l’air si sérieux et si intense qu’elle sentit les battements de son cœur s’accélérer, et les larmes menacer de faire leur apparition.


- Il faut qu’on parle. Tout se passa très vite à l’intérieur de son cerveau : elle s’imagina tout, il ne voulait plus d’elle, il était arrivé quelque chose à quelqu’un de leur entourage, il avait un secret à lui dire, quelque chose à Poudlard n’allait pas et il devait partir - Heather, je crois que je suis amoureux de toi. Non, en fait, je ne crois pas, je suis sûr. Je t’aime.

Encore une fois, évidemment, Heather ne put pas se contenir, et elle sentit quelque chose exploser en elle, du soulagement mêlé à de la stupeur et de l’excitation et du bonheur, si bien qu’elle ne retint pas un sanglot et sentit les larmes dévaler ses joues sans plus attendre.

- Mais pourquoi tu me dis ça quand tu sais que je suis si sensiiiible, chouina-t-elle, incapable de dire autre chose pour le moment.

C’était la première fois qu’il lui disait ce genre de mots et qu’il était si intime et direct avec elle ; elle mesurait pleinement que c’était une chance et un pas supplémentaire vers elle, pour Dan qui était si loin, si enfouit en lui et si mystérieux, si protecteur de son intimité et de ses propres sentiments. Il aurait difficilement pu la rendre plus heureuse qu’en cet instant mais pourtant elle osait à peine le regarder, toute pleine d’émotions et de d’extase qu’elle était. Elle en avait presque le vertige, à se dire que c’était enfin arrivé, qu’il était enfin réellement amoureux d’elle et le reconnaissait, que leur relation ne cessait de croître et de se renforcer, des deux côtés, quand elle était certaine de ses sentiments à elle depuis plusieurs mois mais qu’elle ne pouvait s’empêcher de douter des siens… Elle finit par enfin lever les yeux vers lui et, toute souriante, se pelotonna dans ses bras. Il était si grand et si carré qu’elle disparaissait contre lui lorsqu’elle faisait ainsi, alors qu’elle avait une silhouette grande et élancée. L’odeur de Dan la submergea de nouveau mais surtout elle entendit les battements effrénés de son cœur, et le serra plus fort entre ses bras.


- Moi aussi j’en suis sûre, tu sais, je t’aime de tout mon cœur et d’ailleurs tu m’obsèdes tellement que parfois je n’arrive pas à me concentrer sur autre chose ! Elle se mit à rire, toujours pelotonnée contre lui, les yeux fermés. Puis elle releva les yeux vers lui en posant son menton contre son torse : Eh bien j’en ai de la chance, c’est rare de savoir ce qui se passe dans ta tête d’homme mystérieux et ténébreux… Lui lançant un petit regard provocateur, elle se hissa alors sur la pointe des pieds pour l’embrasser. Qu’est-ce qui t’a décidé ?

Elle se mit à piquer son visage de baisers et à le caresser du bout des doigts, le contemplant avec un plaisir non dissimulé.

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