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Without problems or pride (H.L)

 
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 Without problems or pride (H.L)

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Daniel O'Brien
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MessageSujet: Without problems or pride (H.L)   Dim 20 Aoû - 20:09

“I love you without knowing how, or when, or from where. I love you simply, without problems or pride: I love you in this way because I do not know any other way of loving but this, in which there is no I or you, so intimate that your hand upon my chest is my hand, so intimate that when I fall asleep your eyes close.”

(P. Neruda)


La bouilloire siffla et d’un coup de baguette, je la fis voler jusqu’à nous pour remplir une grande tasse en porcelaine et la Heather. Elle me regardait sous ses cils, et sourit avec ses dents blanches, ses longs doigts de fée attrapant l’anse. Les volutes de vapeur se fondaient dans l’air chaud de la chambre d’Heather, où un feu ronronnait dans la cheminée. Je laissai Heather savourer son infusion que j’avais été me procurer à l’infirmerie pour aider les crampes de ventre, et quand elle eut terminée, je l’attirais contre moi, son dos contre mon torse, et mes mains glissèrent le long de son dos. Elle avait toujours le cou tendu dans ces moments, et je le massai avec application, laissant mes pensées dériver tranquillement. Avoir grandi avec trois sœurs m’avaient donné cet avantage, tout ce qui touchait au cycle hormonal m’était familier et ne me dégoûtait pas, et ce depuis que j’étais petit. Maureen avait d’ailleurs des règles très douloureuses, et chaque mois, nous étions aux petits soins pour elle ; les crampes et la mauvaise humeur d’Heather ne m’impressionnaient donc pas vraiment. Au contraire, je savais exactement ce qu’il lui fallait. Je lui avais apporté l’infusion, du chocolat, je lui avais fait une bouillotte et, même si c’était moins ma spécialité, j’avais essayé de me montrer tendre avec elle. Elle avait l’air toute fatiguée, mais son sourire semblait me remercier, et à vrai dire, cela me faisait étrange plaisir d’être ainsi là pour elle. Bien sûr, c’était « normal » et il n’y avait rien de glorieux à s’occuper de sa petite-amie quand elle n’était pas bien… Mais si l’idée qu’Heather soit ma petite-amie suffisait déjà à répandre en moi de drôle de sensation, celle d’être son petit-ami me rendait encore plus étrange.

Pourtant, cela faisait un moment que nous avions décidé que c’était « officiel ». Heureusement, Heather était sur la même longueur d’onde que moi, expansive ou discrète quand il le fallait, et notre environnement de travail n’avait pas spécialement évolué. Les seules personnes susceptibles de percevoir le changement affiché avaient visiblement déjà été mises au courant par Heather bien avant – cela m’avait un peu agacé, sur le coup, parce que j’aurais aimé pouvoir contrôler ce qui se disait de moi, mais j’avais lâché l’affaire et la rancœur. Entre temps, Caitleen était venue me voir à Pré-au-Lard un après-midi, et elle avait voulu en profiter pour voir Heather. Sans le voir venir, le naturel était revenu au galop, ma pudeur et mes vieux mécanismes, et j’en avais presque paniqué, car je savais qu’il n’y avait pas de moyen de me cacher de ma propre sœur. Pourquoi l’aurais-je voulu d’ailleurs… Je ne savais pas trop. J’avais probablement eu l’air particulièrement stupide et coincé, quand nous l’avions retrouvé devant les Trois Balais, et que j’avais tenu la main d’Heather devant le regard innocent et triomphant de ma sœur qui n’avait l’air absolument pas surprise. Heather rayonnait particulièrement, et si je n’avais pas été aussi entêté et mal à l’aise, j’aurais probablement pris plus le temps d’admirer la façon dont ses yeux étaient baignés de paillettes dorées, et combien son rire était chantant

Pourtant, j’oubliais rarement l’effet qu’Heather me faisait – comment aurais-je pu ? Dès que je croyais m’être habitué à sa présence, j’étais à nouveau hypnotisé par son aura et son charisme, la façon qu’elle avait de se mouvoir, pire encore, lorsqu’elle se glissait sous mes doigts et que ses lèvres brûlaient les miennes. J’avais pris l’habitude de l’observer, peut-être moins à la dérobée qu’auparavant, dès que nous étions en public ensemble, et j’étais à chaque admiratif de la voir ainsi capter la lumière. Pourtant, elle était la lumière et le miroir à la fois, rayonnant tout autour de moi, ne me laissant jamais en retrait, parfois me gênant presque tant je n’étais pas familier avec cette sensation. Elle flattait pourtant mon orgueil, Heather en était d’ailleurs parfaitement consciente. Il n’y avait pas de doute, elle m’avait apprivoisé et elle savait de plus en plus comment manœuvrer entre mes humeurs.

Mon massage avait eu l’air de la détendre, puisque je l’avais abandonné dans son lit pour retourner travailler dans mon bureau. Mais une fois devant mon parchemin, mes pensées eurent du mal à se raccrocher à ce devoir que je devais corriger. Elles étaient perdues dans les longues boucles enflammées de Heather, dans lesquelles j’avais envie de passer mes mains, et bien sûr, le désir n’était jamais loin. J’avais connu quelques filles, mais il était certain qu’aucune ne m’inspirait autant d’envie qu’Heather, et elle me le rendait bien, puisqu’il était rare que nos soirées ne se transforment pas en étreinte passionnée. Pourtant, aujourd’hui, je savais que cela était impossible, et étrangement, je ne me sentais pas frustré, moi qui avais toujours associé mon intérêt pour Heather à quelque chose de très passionnel, de très charnel. Mais être avec elle, simplement avec elle, était tout aussi délicieux que nos nuits sans fin. C’était nouveau, ça aussi, jamais je n’avais vraiment ressenti cela, l’impression qu’il me suffisait d’être en la présence de quelqu’un pour être bien.

J’écartai la chaise de mon bureau, me sentant tout à coup pleins d’émotions inconnus. Je déglutis avant de me lever pour attraper un casse-tête sur mon étagère, bien décidé à me concentrer sur quelque chose qui m’empêcheraient d’éloigner mes pensées sinueuses. Elles revinrent cependant à la charge, entourant mon cœur et mon cerveau, ramenant mon attention à Heather. Je n’avais jamais réalisé combien à présent ce qu’elle ressentait avait presque plus de valeur que mon confort et mes envies ; cet ordre de priorité n’existait que pour ma famille, et je ne l’avais jamais ressenti pour personne, encore moins pour une fille. Qu’est-ce que cela signifiait donc ?

Mon cerveau s’arrêta net, en même temps que mes doigts sur le mécanisme en bois du casse-tête, et je repoussai tout à coup tout en bloc, pris de panique. Non, ce n’était pas possible.

Goguenardes, j’entendis mes émotions me rire au nez. Bien sûr que c’était possible, me murmuraient-elles, et pire encore, c’était trop tard. Une fois ces pensées-là formulées, on ne pouvait pas faire demi-tour, et je le savais parfaitement car je n’avais jamais ressenti ça avant. C’était le genre de vérité qui s’imposait, terrifiante, et devenait gigantesque et inévitable. Je m’assis sur le bord de mon lit, la tête entre mes mains. Dans quoi m’étais-je fourré ?! Je passai mes mains dans mes cheveux avant de me lever, mécaniquement.

Je toquai à la porte d’Heather, qui ne tarda pas à ouvrir. Elle avait des cernes sous ses yeux grands yeux verts qui me regardaient comme si j’étais précieux.


- Il faut qu’on parle, dis-je sans autre préambule.

Je pénétrai dans sa chambre, ne sachant pas quoi faire et où m’asseoir. Me tournant vers elle, je tentais d’ignorer les battements sourds de mon cœur qui m’assourdissaient.


- Heather, je crois que je suis amoureux de toi. Non, en fait, je ne crois pas, je suis sûr. Je t’aime, lâchai-je, mon cœur crachant les mots avant que je puisse les former et les retenir, diffusant soudainement en moi une panique inconnue.

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My thoughts are crabbed and sallow,
My tears like vinegar,
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Tonight the caustic wind, love,
Gossips late and soon,
And I wear the wry-faced pucker of
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Droops upon its wizened stem
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Heather Lass
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MessageSujet: Re: Without problems or pride (H.L)   Ven 1 Sep - 16:40

C’était lorsqu’Emmy lui avait raconté une anecdote pourtant relativement insignifiante, un geste attentionné que Chuck avait eu envers elle, que Heather avait compris que la mauvaise période du mois était arrivée : elle avait senti les larmes lui monter aux yeux et lui brouiller la vue en moins de dix secondes et n’avait pas pu retenir un « mais c’est tellement mignon… » sous le regard surpris puis hilare d’Emmy, qui avait alors compris elle aussi. De nature pourtant assez constante dans son énergie et ses émotions, Heather plutôt ses moyens et devenait assez changeante lorsqu’elle avait ses règles, surtout qu’elles s’avéraient être le plus souvent douloureuses. De mauvaise grâce, elle accepta la chose, habituée, et maudit d’avance son entraînement de Quidditch du lendemain qui promettait d’être assez désagréable. En effet, il ne fut pas brillant : non seulement le temps décida de virer sensiblement vers l’orage, et des rafales puissantes de vent vinrent perturber les joueurs sur leur balai, mais en plus ils étaient moins synchronisés que d’habitude, fatigués pour la plupart, et Heather fut de mauvaise humeur très rapidement. À la fin de l’entraînement la pluie se mit à tomber et elle rentra au château trempée jusqu’aux os, mécontente d’elle et de leur jeu, et se sentit prête à massacrer n’importe qui se mettrait en travers de sa route. Elle s’endormit comme une masse sans avoir rien avalé et passa une nuit désagréable peuplée de rêves et de cauchemars en tout genre, pour se faire réveiller au petit matin par une douleur aigue dans le bas-ventre. Résignée, elle fit voler une potion jusqu’à elle et décida de rester sous sa couette bien au chaud, avec l’envie de ne rien faire jusqu’à ce que tout soit fini. Quelques heures plus tard, d’un peu meilleure humeur, elle corrigea vaguement quelques copies, puis se décida à aller voir Dan, la mine clairement déconfite : il ne se fit pas prier et vint dans sa chambre pour s’occuper d’elle, ce qui lui redonna presque immédiatement le sourire.

Depuis la dernière fois au bar, tout allait beaucoup mieux entre eux : non seulement Heather se sentait bien plus sûre d’elle et soulagée, mais il lui semblait également que leur relation avait gagné en stabilité et en fluidité, que tout était plus simple, et plus doux aussi. Ils étaient malgré tout sur la même longueur d’onde en public et leur travail n’en pâtissait pas, mais Heather était au comble du bonheur lorsqu’ils se retrouvaient simplement entre amis ou dehors, dans la rue, et que Dan lui accordait des petits gestes, lui prenait la main, la taille ou l’embrassait, et qu’elle sentait alors tout son désir de possession se propager jusqu’à elle sous formes de petites ondes délicieuses qui titillaient sa chair. De son côté, elle était plus radieuse et plus amoureuse encore, ne quittait pas Dan des yeux, cherchait toujours son contact d’une manière ou d’une autre, et ne se privait pas de lui lancer des regards langoureux et appuyés dès qu’elle en avait l’occasion, et redoublait d’attention pour choisir ses tenues afin qu’elles fassent mouche chaque jour qui passait. Le contraste aujourd’hui était flagrant : ni maquillée ni apprêtée, elle était en pyjama et enroulée dans une couverture devant la cheminée, tandis que Dan entreprenait méthodiquement de la masser après lui avoir fait du thé. Docile, elle se laissait faire et fermait les yeux, dans un demi-sommeil, les idées un peu vagues après la potion qu’elle avait prise et qui la plongeait toujours dans un état de somnolence. Bien installée contre lui, elle se laissa porter, et sentit que ses muscles se détendait un à un. Dan finit par retourner dans sa chambre pour travailler, et Heather ne manqua pas de lui exprimer son mécontentement en râlant un peu comme une enfant, tandis qu’elle se sentait s’endormir d’un instant à l’autre.

Elle s’endormit, entourée de chaleur, et cette fois eut un sommeil plus réparateur, et sans rêves. Des coups pressés à la porte la tirèrent de sa torpeur, et elle s’extirpa de sous ses draps avec regret.
C’était Dan : il avait l’air si sérieux et si intense qu’elle sentit les battements de son cœur s’accélérer, et les larmes menacer de faire leur apparition.


- Il faut qu’on parle. Tout se passa très vite à l’intérieur de son cerveau : elle s’imagina tout, il ne voulait plus d’elle, il était arrivé quelque chose à quelqu’un de leur entourage, il avait un secret à lui dire, quelque chose à Poudlard n’allait pas et il devait partir - Heather, je crois que je suis amoureux de toi. Non, en fait, je ne crois pas, je suis sûr. Je t’aime.

Encore une fois, évidemment, Heather ne put pas se contenir, et elle sentit quelque chose exploser en elle, du soulagement mêlé à de la stupeur et de l’excitation et du bonheur, si bien qu’elle ne retint pas un sanglot et sentit les larmes dévaler ses joues sans plus attendre.

- Mais pourquoi tu me dis ça quand tu sais que je suis si sensiiiible, chouina-t-elle, incapable de dire autre chose pour le moment.

C’était la première fois qu’il lui disait ce genre de mots et qu’il était si intime et direct avec elle ; elle mesurait pleinement que c’était une chance et un pas supplémentaire vers elle, pour Dan qui était si loin, si enfouit en lui et si mystérieux, si protecteur de son intimité et de ses propres sentiments. Il aurait difficilement pu la rendre plus heureuse qu’en cet instant mais pourtant elle osait à peine le regarder, toute pleine d’émotions et de d’extase qu’elle était. Elle en avait presque le vertige, à se dire que c’était enfin arrivé, qu’il était enfin réellement amoureux d’elle et le reconnaissait, que leur relation ne cessait de croître et de se renforcer, des deux côtés, quand elle était certaine de ses sentiments à elle depuis plusieurs mois mais qu’elle ne pouvait s’empêcher de douter des siens… Elle finit par enfin lever les yeux vers lui et, toute souriante, se pelotonna dans ses bras. Il était si grand et si carré qu’elle disparaissait contre lui lorsqu’elle faisait ainsi, alors qu’elle avait une silhouette grande et élancée. L’odeur de Dan la submergea de nouveau mais surtout elle entendit les battements effrénés de son cœur, et le serra plus fort entre ses bras.


- Moi aussi j’en suis sûre, tu sais, je t’aime de tout mon cœur et d’ailleurs tu m’obsèdes tellement que parfois je n’arrive pas à me concentrer sur autre chose ! Elle se mit à rire, toujours pelotonnée contre lui, les yeux fermés. Puis elle releva les yeux vers lui en posant son menton contre son torse : Eh bien j’en ai de la chance, c’est rare de savoir ce qui se passe dans ta tête d’homme mystérieux et ténébreux… Lui lançant un petit regard provocateur, elle se hissa alors sur la pointe des pieds pour l’embrasser. Qu’est-ce qui t’a décidé ?

Elle se mit à piquer son visage de baisers et à le caresser du bout des doigts, le contemplant avec un plaisir non dissimulé.

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Daniel O'Brien
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MessageSujet: Re: Without problems or pride (H.L)   Mer 11 Oct - 15:05

J’aurais pu me taire, garder tout pour moi, encore, c’était sûrement plus simple, pourquoi fallait-il que je le dise ?! Etais-je seulement sûr de ce que je venais d’avancer ? Mes émotions s’amusèrent à nouveau de cette pensée, comme pour me rappeler que bien sûr, j’étais sûr, c’était bien trop tard. J’aurais dû le voir venir, depuis le début… Pas ce début à Poudlard, le vrai début, celui qui nous ramenait jusqu’en Irlande, notre adolescence, où j’avais commencé à voir Heather comme une vraie jeune fille et plus seulement l’amie de ma sœur. Je revoyais cet été, elle revenait de Poudlard, elle devait avoir 13 ans, et elle avait toqué chez nous pour voir Caitlin, mais j’étais celui qui avait ouvert la porte. En y repensant, si j’étais capable d’un peu d’autodérision, cette scène était sûrement drôle, parce qu’à cette époque, j’étais un adolescent dont la voix était devenue grave en six jours, j’avais pris vingt centimètres en six mois et mes cheveux étaient toujours un peu gras, si bien que ma grand-mère m’avait fait une concoction avec les plantes du jardin pour « assainir mon cuir chevelu », provoquant l’hilarité de toutes mes sœurs. J’étais probablement loin d’être très attirant pour Heather, qui était déjà à l’époque magnifique, pleine de vie et de lumière. J’avais ouvert la porte et je l’avais dévisagée, réalisant que Poudlard l’avait rendue beaucoup plus belle qu’elle ne l’était déjà, beaucoup plus grande que je ne pensais, et je l’avais fixé comme un abruti. Dès ce jour-là, elle avait basculé dans mon esprit, devenant quelqu’un que je me plaisais à désirer. Mais Heather m’avait toujours échappée, même lorsque j’étais enfin devenu assez séduisant pour ne pas être ridicule lorsque je lui adressais la parole, elle avait bien joué avec mes sentiments, d’été en été, et à chaque fois, j’étais tombé dans le panneau.

Maintenant, elle était là, et elle m’aimait ; mon fantasme stupide d’adolescent m’appartenait, elle m’aimait, elle le reconnaissait, et cette fois-ci, moi aussi. Pourquoi ne pouvais-je pas profiter de cet instant, et le chérir comme n’importe qui l’aurait fait ?


- Mais pourquoi tu me dis ça quand tu sais que je suis si sensiiiible.

Un peu paniqué par sa réaction, je la regardai d’un air à moitié désolé, parce que j’avais complètement oublié ce facteur-là quand j’étais rentré dans sa chambre. Je ne savais même pas ce qui m’avait pris, pourquoi j’avais débarqué ainsi ?!

- Moi aussi j’en suis sûre, tu sais, je t’aime de tout mon cœur et d’ailleurs tu m’obsèdes tellement que parfois je n’arrive pas à me concentrer sur autre chose !

Est-ce que c’était ça, être amoureux ? Il n’était pas rare que mes pensées dérivent vers Heather et s’y perdent, et elle était en réalité un de mes sujets de songe favori. Souvent, je réfléchissais à elle, dans son entièreté, sa personnalité, ses goûts, son avenir, je me questionnais sur qui elle était réellement, ce qu’elle ressentait, c’était des questionnements concrets digne de mon esprit rationnel. Mais parfois… Parfois, mes propres pensées s’égaraient simplement sur ce qu’Heather dégageait, ce qu’elle m’inspirait, de façon beaucoup moins carrée ; elle était toujours quelque part dans mon cerveau, une présence insaisissable. Heather releva son visage vers moi, son menton contre mon torse, et j’osais à nouveau la regarder. Je ne me lassais pas de ses traits, et comme elle me souriait, je me rappelais que j’adorais la façon dont sa lèvre inférieure brillait toujours légèrement, parce qu’Heather la mordillait lorsqu’elle réfléchissait.

- Eh bien j’en ai de la chance, c’est rare de savoir ce qui se passe dans ta tête d’homme mystérieux et ténébreux… Qu’est-ce qui t’a décidé ?

Elle était adorable, comme toujours, et terriblement sensuelle, dans les moindres détails de ses gestes, sa tête légèrement penchée, ses cheveux en cascade, ses doigts qui couraient sur ma peau, ses baisers innocents, ses grands yeux de biches sur moi… J’aurais dû sourire en retour, l’embrasser aussi, rire, être léger. C’était ça que les gens faisaient lorsqu’ils se déclaraient leur amour, non ?

La frustration me happa comme une vague, et ma main qui s’était glissé dans le dos d’Heather se crispa, prête à se transformer en un poing. J’aurais dû être heureux, pas en colère, pourtant, c’était impossible de contrôler la pelote de pensées qui se déroulait désormais dans mon cerveau. Pourquoi n’arrivais-je pas à faire comme tout le monde ?! J’avais cultivé cette différence parce qu’elle m’était inné et je l’aimais autant qu’elle me pesait. Je n’avais pas le choix, je n’avais jamais su comment être « ouvert », comment parler facilement de mes sentiments, tout ce qui m’était personnel, et si je me murais dans cette froideur, c’est que je ne l’avais pas vraiment choisie. Il était plus simple de prétendre que je la contrôlais plutôt qu’avouer que parfois, j’avais envie de tout lâcher mais que j’étais incapable d’ouvrir la bouche. J’ignorais comment j’avais réussi à dire si simplement à Heather « je t’aime », peut-être avais-je tellement fermé les yeux que tout à coup la réalité m’explosait à la figure, me terrifiait, et que la seule personne qui pouvait me rassurer n’était plus moi-même – mon cœur s’emballa à cette pensée, comme s’il la refusait en bloc, mais c’était bien trop tard, je l’avais admis, Heather comptait tellement pour moi que j’avais besoin d’elle.


- Je ne sais pas, juste, je… Peut-être que je savais, mais que c’était beaucoup trop terrifiant de le dire à haute voix. Mais comment tu fais ?! Je n’ai jamais ressenti ça, c’est… Comment est-ce que tu fais pour être si sûre, le dire si simplement ?!

Comment les autres faisaient ?! Est-ce que les anciens petits-amis d’Heather la traitaient mieux sur ce sujet, la couvraient de déclarations ?... Evidemment, penser à ses ex n’était pas une très bonne idée, et acheva de m’agiter, je n’avais pas respiré depuis deux minutes, et je dus m’écarter d’Heather, complètement paniqué, contenant à peine ce qui me traversait. Je devais avoir l’air parfaitement stupide, mais c’était visiblement le thème de ma déclaration ; je me laissai tomber sur son lit, et passai ma main dans mes cheveux nerveusement. Heather m’avait dit qu’elle avait « bien de la chance », mais en vérité, c’était l’inverse. Je ne pouvais pas lui donner ce qu’elle voulait, ni ce qu’elle méritait, j’étais beaucoup trop verrouillé.

- C’est juste que ça me fait peur, lâchai-je, tout à coup beaucoup trop vulnérable. Comment les gens font pour ne pas avoir peur ? Tu n’as pas peur ?

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MessageSujet: Re: Without problems or pride (H.L)   Lun 16 Oct - 17:56

- Je ne sais pas, juste, je… Peut-être que je savais, mais que c’était beaucoup trop terrifiant de le dire à haute voix. Mais comment tu fais ?! Je n’ai jamais ressenti ça, c’est… Comment est-ce que tu fais pour être si sûre, le dire si simplement ?!

Dan avait attrapé sa taille avec une telle poigne qu’elle ne pouvait plus bouger – mais ce n’était pas pour lui déplaire. Peut-être était-ce les médicaments aussi qui faisaient effet, en plus des mots que Dan était en train de lui offrir, mais Heather se sentait glisser doucement mais sûrement dans un état à la fois exquis et étrange, une sorte de transe un peu diffuse, comme si elle avait pris de la drogue. C’était tiède, chaud, cotonneux, c’était comme un couette moelleuse, et elle ne voulait plus jamais s’en échapper. Elle ne le quittait plus des yeux et souriait malgré elle, face à ce grand dadais qui avait visiblement bien du mal à assumer des sentiments pourtant si naturels.

Elle se souvenait de tellement de choses par rapport à lui : déjà, elle connaissait sa maison et sa famille sur le bout des doigts, ensuite elle savait leurs habitudes et leurs préférences ; au fil des années elle l’avait vu grandir et changer, elle se souvenait très bien de ce jour où elle s’était fait la réflexion qu’il était absolument charmant et qu’il n’était plus un enfant, elle se souvenait avoir ri de ses cheveux gras en gloussant pour faire croire qu’elle était au-dessus de lui alors qu’en réalité il l’avait toujours impressionnée, elle se souvenait d’avoir regretté qu’il n’aille pas à Poudlard, tout comme ses sœurs, parce qu’elle avait senti l’écart se creuser entre eux, elle se souvenait s’être pavanée devant lui en mentionnant Harry alors qu’elle sentait qu’elle lui plaisait, elle se souvenait avoir joué avec lui comme une petite peste et avoir aimé leur baiser, elle se souvenait s’en vouloir terriblement d’avoir été odieuse avec lui, et elle ne pouvait surtout pas oublier la façon ensuite dont elle avait essayé de revenir auprès de lui et de regagner sa confiance et ses faveurs alors qu’il était devenu ce jeune homme bien plus émancipé et indépendant qu’elle, car elle n’avait quitté ni Poudlard ni sa famille. Il y avait du bon et du moins bon dans leur histoire commune : un jeu de chat et de souris, de dominant et de dominé, un soupçon de lâcheté et d’humiliation, mais toujours en tout cas cet instinct primaire qui les ramenait l’un contre l’autre. Elle n’avait pas été amoureuse de lui toutes ses années, non, c’était autre chose : une attirance indéniable et une curiosité sans bornes, qui prenait tous son sens ces derniers temps. Maintenant, elle l’aimait, et elle le savait parfaitement : il était trop tard pour faire demi-tour.


- Eh bien, je le dis simplement, parce que je le pense simplement, c’est tout…

Mais elle sut que ce n’était pas une réponse pour le satisfaire, et d’ailleurs il s’écartait d’elle, s’asseyait sur le lit, se passait la main dans les cheveux, un signe chez lui de nervosité. Heather sentit la flamme en elle vaciller un peu : le voir fragile résonnait toujours en elle, d’une manière ou d’une autre, et tout d’un coup elle se sentit légèrement fébrile, arrachée trop vite à cet état de plénitude qui l’avait envahie quelques minutes auparavant.

- C’est juste que ça me fait peur, reprit-il, visiblement trop secoué pour écouter ce qu’elle disait. Comment les gens font pour ne pas avoir peur ? Tu n’as pas peur ?

- Mais non, pas du tout !


Elle s’emporta tout d’un coup, comme si on l’avait piquée avec un dard, mais ce n’était pas parce qu’elle énervée ; plutôt parce qu’elle s’en voulait de ne pas réussir à bien parler de ce qu’elle ressentait, à bien le rassurer. À son tour, elle s’installa sur le lit, en tailleur, tout à côté de Dan, et lui pris la main entre les siennes. Il avait des doigts longs, fins, une paume carrée, des nerfs un peu visibles, puissants, la peau légèrement brune, plus douce qu’on aurait pu croire. Heather joua avec ses doigts entre les siens quelques instants, le temps de réfléchir à ce qu’elle avait sur le cœur.

- Ce n’est pas ça qui me fait peur, ce n’est pas d’avoir des sentiments pour toi qui est terrifiant, au contraire. C’est très agréable d’aimer quelqu’un ! C’est sûr que parfois c’est un peu trop obsédant, ou ça réveille au milieu de la nuit – elle lui jeta un petit regard amusé – mais c’est doux, c’est puissant et ça tient chaud. Ça ne montre pas que tu es faible, au contraire, pour aimer quelqu’un il faut lui accorder de la confiance et t’en remettre à lui, c’est plutôt courageux je trouve ! Après c’est sûr, c’est sûrement plus facile pour certaines personnes que d’autres et je comprends que toi ça te fasse quelque chose, tu t’es construit de la sorte, tu as toujours tout porté et fait toi-même et je pense que ça a endurcit ta carapace qui n’est facile à transpercer pour personne – ni pour toi, ni pour moi. Mais justement, aimer c’est se laisser aller, et ça fait du bien aussi… Elle jouait toujours avec ses doigts, passant les siens tout doucement le long de sa peau. Non, ce qui peut être effrayant c’est l’engagement que ça provoque, et puis le risque aussi, que ce ne soit pas réciproque ou bien que ça ne dure pas. Mais ne t’inquiète pas pour ça : on est jeunes encore, je ne te demande pas de m’épouser – imagine un peu nos familles, elles seraient hystériques (elle se mit à rire) et puis c’est tout à fait réciproque et je ne compte pas du tout aller voir ailleurs, tu me conviens parfaitement et je dois avouer que quand je regarde les autres garçons j’ai du mal à leur trouver un semblant d’intérêt, quand je les compare à toi…

Elle cala alors sa tête sur son épaule.

- Ne te pose pas trop de questions et ça va aller. Jusque-là, tout va bien, non ? J’aime bien le couple qu’on forme.

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