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My feet won't touch the ground. (Chuck)

 
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 My feet won't touch the ground. (Chuck)

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Emmy Yeats
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MessageSujet: My feet won't touch the ground. (Chuck)   Mar 25 Juil - 21:45

Assis sur mes genoux, Max balançait ses jambes, tandis que ses doigts pleins de chocolat plongeaient à nouveau dans l'assiette. Du bout de son index, il dessinait des arabesques dans le chocolat fondu, sous le regard froncé de ma mère qui avait bu légèrement trop de bierraubeurre pour faire remarquer quoi que ce soit. En face de moi, Violet avait posé sur la table son dessin, à côté de l'assiette de Chuck qui suivait avec attention ce qu'elle lui disait. Elle avait fait le plan d'une machine, une sorte de catapulte humaine qui lui permettrait de sauter la haie du jardin pour aller chercher Mimosa, notre chat, lorsqu'elle s'enfuyait chez les voisins, et elle décrivait avec animation le mécanisme à Chuck, expliquant que son problème principal restait l'atterrissage sans se faire mal. Mon père lui dit qu'elle pourrait demander à Ezra lorsqu'il viendrait la prochaine fois, et ma mère lui donna une petite tape sur le bras d'un air de dire "ne va pas dans son sens !", consciente qu'il ne fallait pas pousser Violet dans ses inventions loufoques. Chuck et moi eurent un sourire, et je repris une part de gâteau tandis que Violet monopolisait à nouveau Chuck. Désormais, elle lui demandait de venir la semaine prochaine pour l'aider à construire la machine, ce qui fit renchérir Max qui voulait absolument que Chuck lui montre des nouvelles figures de skate, et Violet approuva toute excitée parce qu'elle voulait aussi qu'il lui montre - en cinq minutes, l'emploi du temps de A à Z du prochain samedi de Chuck était organisé. Riant doucement, je les temperais, expliquant que l'on verrait bien, et ma mère vint à la rescousse en offrant à Chuck un verre d'un digestif, une liqueur de poire qu'elle avait achetée récemment, et mon père en profita pour lui demander ses prognostiques pour la saison de quidditch qui arrivait. Sous la table, mes jambes s'étaient enroulées autour de celles de Chuck et je lui faisais innocemment du pied, un petit sourire aux lèvres.

Comme Max et Violet partaient se doucher et se mettre en pyjama, j'en profitais pour indiquer que nous n'allions pas tarder aussi car nous devions rejoindre le reste de la bande. D'un coup de baguette, nous aidâmes à déservir, et mon père insista pour que l'on reste prendre un dernier digestif ; cette fois-ci je m'assis à côté de Chuck, une main sur sa cuisse, acceptant le dernier verre en riant aux blagues de ma mère. Il faisait bon chez moi, je sentais cette odeur de parquet chaud si particulier, et il s'y mêlait celle de Chuck qui réchauffait mon cœur plus que n'importe quel alcool. En sortant pour prendre le bus, je l'embrassai dans mon jardin, d'un baiser qui se voulait remède - je savais combien Coop lui manquait dans ces moments et je voulais qu'il sache que j'étais là, même si ce n'était qu'une maigre consolation.

Londres ne dormait jamais. C'était partout autour de nous, les lumières qui clignotaient, les devantures toujours allumées, les bus qui disparaissaient à l'angle des carrefours, dans la nuit qui n'était jamais réellement noire. Tout était vivant et sans répit, distillant en moi une énergie nocturne intrépide. Mais parfois cela me faisait presque peur, comme si rien ne s'arrêtait jamais et qu'il était impossible de simplement se poser et respirer. À Oxford, quand je rentrais tard, j'aimais le calme des rues, le bruit de la nuit, au loin les rues étouffées des pubs qui provenaient des rues centrales. C'était reposant et je me sentais apaisée, comme si j'étais devenue une créature de la nuit qui n'aimait sortir qu'une fois le monde endormi. Mais parfois, le silence me semblait oppressant, comme s'il devenait aussi opaque que le ciel au-dessus de moi, je frisonnais et pensais à Londres où je ne me serais jamais sentir seule. À force d'avoir séparé qui j'étais, opposant mes contrastes dans deux personnalités presque distinctes, j'avais parfois du mal à les réunir à nouveau, comme s'il me manquait toujours quelque chose, d'un côté comme d'un autre.

Mais avec Chuck, je n’étais jamais seule et j’étais toujours entière. J’étais appuyée contre la fenêtre et lui contre moi, nos mains jointes, nos regards perdus sur la vue que nous offrait le second étage du bus. C’était quelque chose que nous adorions tous les deux, ces trajets dans le Londres nocturne, dans lequel nos pensées se perdaient dans les néons et les routes sinueuses, comme une pause dans nos soirées de plus en plus remplies. J’avais toujours associé Chuck à ces univers-là, parce que nous avions passés tellement de soirées ensemble, jusqu’aux premières heures du matin, dans les pubs, les parcs, les bords de Tamise, à rire, à boire, à danser ; son sourire était différent sous le halo des lampadaires et le reflet des pintes que nous enchainions. Depuis qu’il essayait de reprendre le contrôle sur son corps abîmé, les soirées étaient moins hachurées, la chaleur des pubs était plus douce que les néons froids des boîtes de nuit, mais cela m’allait parfaitement. Il apprenait à nouveau à sortir, à faire la fête, et quand je sentais que c’était trop, je glissais ma main dans la sienne et nous rentrions ensemble, dans son petit appartement qui était devenu mon paradis – minuscule, humide, mais tellement familier.

En descendant du bus à Shoreditch, je ne lâchai sa main que pour réajuster ma chemise dans mon short, avant de la saisir à nouveau, tout à coup excitée à l’idée de la soirée qui nous attendait. Le pub était rempli, mais il en émanait une atmosphère chaleureuse – depuis tout ce qui était arrivé à Chuck, je me sentais toujours très sensible aux lieux où nous allions, toujours inquiète que quelque chose déclenche en lui de mauvaise souvenir. Comme toujours, mes yeux cherchèrent les siens, comme pour qu’il approuve, et au même moment, une chanson que nous aimions beaucoup commença à se faire entendre sur le vieux post de radio qui grésillait sur le comptoir, nous faisant sourire à l’unisson. Tout était parfait.

Tout le monde était dans une table au second étage du pub, dès que nous arrivâmes Jay se leva en criant « aaaaah ma couille ! », ils se lancèrent dans un check compliqué sous le regard maternel et presque inquiet de Ruby, tandis que Lizlor et Gemma ricanaient de leur bêtise. Je m’installai à côté d’Ewan, qui me présenta son collègue Joseph, et bientôt les discussions reprirent, les rires aussi, tandis que je sirotais mon cidre. En sortant fumer, j’en profitai pour piquer un baiser à Chuck, et nous nous lançâmes ensuite tous dans une partie de cartes qui termina par Ruby et Lizlor, triomphantes et entamaient une danse de la victoire sur la banquette dont le cuir usé couinait.

Je descendis un instant au bar me reprendre un cidre, jouant des coudes jusqu’au comptoir où le monde s’agglutinait. Je réussis à commander, adressant un bonsoir poli à mon voisin qui venait de me saluer avec insistance, avant de rire de la remarque de ma voisine ; je récupérai mon verre et remontai avec les autres. Je débarquai sur une scène étrange où Jay était à moitié en train de câliner Chuck, ce qui me fit partir en fou rire, je trinquai avec eux à leur « bromance » et la soirée reprit son cours. Le cidre était frais dans ma gorge, et j’avais doucement chaud ; je me levai pour aller aux toilettes, sentant mon corps léger comme une bulle de savon, et je trébuchai contre une chaise, provoquant l’hilarité générale dont la mienne – ma maladresse était habituelle. Pourtant, une fois arrivée aux toilettes, mes sourcils se froncèrent légèrement, j’essayai de me concentrer sur le reflet du miroir mais mon visage me faisait rire… Etrangement rire. Je n’avais pourtant pas bu tant que ça ?! Je secouai la tête et revint dans la salle principale, m’asseyant à côté d’Ewan avec qui je me mis à discuter joyeusement, mais les mots dans ma bouche sortaient plus vites que mes pensées qui elles-mêmes devenaient une guimauve étrange dans mes poumons. Je déglutis. Mon corps était lourd et tiède, puis froid, et ma tête ne tenait pas droite. Je me levai brusquement.

J’ai besoin de prendre l’air, m’entendis-je dire – je n’étais pas sûre de l’avoir dit à haute voix, ou d’avoir dit ces mots, ou de savoir parler.

Je titubai jusqu’en bas, agrippée à la rampe des escaliers, Chuck sur mes talons, et dehors l’air était froid et tiède et chaud et froid à nouveau, tout gélatineux contre moi. J’avais envie de rire, mais sans savoir pourquoi, cela me paniquait. Ma respiration était devenue brouillonne et j’avais l’impression que mes cheveux étranglaient ma nuque ; mes yeux cherchèrent ceux de Chuck qui brillaient dans la nuit, et sa bouche bougeait mais tout ce que j’entendais, c’était le souffle qui me manquait et que j’happai, riant à moitié, mon cœur battant à mille à l’heure.


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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: My feet won't touch the ground. (Chuck)   Sam 12 Aoû - 22:39

C'était soit l'un soit l'autre. Les Yeats était la famille la plus acceuillante et apaisante que je connaisse, et même si j'étais certainement le type qui aurait préféré n'importe quelle famille que la sienne j'étais sûr que la moitié des gens de cette planète aurait donné n'importe quoi pour être dans une famille comme celle-là. Les parents étaient cools, gentils, attentifs et drôle, les enfants tous plus attachants et mignons les uns que les autres, leur maison était comme on s'imagine les maisons de rêve : un intérieur chaud et coloré et toujours un peu en bordel mais pas trop, les pièces sentaient bon le bois et la bonne cuisine, j'avais toujours l'impression que je pénétrais dans un petit cocon joyeux et plein de vie. Bien sûr ils avaient aussi leurs défauts, comme tout le monde, mais c'était un univers paisible que j'adorais partager... Sauf parfois. Parfois c'était trop. parfois la simple vision de Max ou de Violet m'arrachait le coeur, parfois les regards plein d'amour du père sur ses enfants me donnaient envie de chialer, parfois leur complicité à tous me faisait me sentir comme une merde ; bref parfois c'était trop de quelque chose que je n'avais plus et que je n'aurais de toute façon jamais. J'adorais Max évidemment, et je savais que c'était réciproque et je me tapais franchement des barres avec lui, et avec Violet aussi, mais parfois rien que de les voir ça me donnait envie de crever. La plupart du temps, heureusement, c'était vraiment cool de passer du temps avec eux, et je venais jouer souvent avec eux ou avec Emmy on les emmenait jouer dehors ou faire des parties de Quidditch endiablées - c'était cool. Globalement, cool. Mais les jours, c'était tellement dur que j'avais l'impression qu'on m'arrachait le coeur à la main quand je passais le pas de la porte. C'était drôle car une fois Matt m'avait posé la question, comment ça se passait avec la famille de ma copine ; j'avais compris qu'il savait totalement de quoi il parlait et je m'étais senti un peu moins con. Heureusement Emmy était géniale là-dessus, sans que je lui dise vraiment elle avait compris,  et elle ne disait rien si je lui faisais comprendre que parfois je préférais qu'on reste manger tous les deux quelque part plutôt que d'aller chez elle, ce genre de choses.

Bref, ce soir j'étais dans un bon mood et le dîner se passa très bien, surtout que j'étais en pleine discussion avec le père d'Emmy à propos de Quidditch qui avait sorti le petit digestif de fin de repas qui faisait du bien ; je me sentais bien et on avait discuté et ri de tout et de rien. Il y avait juste quand Violet et Max m'avait fait jurer de revenir samedi et m'avait fait un bisou sur la joue avant de partir en courant prendre leur douche parce que ça faisait une demi-heure qu'ils devaient y aller que j'avais eu l'impression que mon coeur se décrochait tout d'un coup ; j'avais pensé à Tess et à Coop tout d'un coup et tout était bien plus compliqué, je m'étais juste dit que j'aurais aimé pouvoir faire pareil chez les Tennant, et je m'étais forcé à revenir à la conversation. Surtout qu'on avait une cool soirée qui nous attendait ensuite, alors je n'avais pas du tout envie d'avoir l'alcool triste, parce que je savais que j'étais carrément plus fragile dans ces moments-là.

Pendant le trajet dans le bus, je fis bien attention à continuer à parler normalement pour qu'Emmy ne s'inquiète pas, la tête posée sur son épaule, et les pieds posés sur le bord de la fenêtre. La bonne blague : j'adorais ce genre de trajet de nuit avec les lumières de la ville mais ça me foutait toujours un peu le blues, alors en cet instant ça ne m'aidait pas trop. On finit par arriver dans le bar où on retrouva tout le monde, et je lâchai la main d'Emmy un peu à contre coeur. J'avais l'impression que j'allais devoir faire un effort énorme pour ne pas plonger ce soir, comme si je devais tracter tout mon poids le long d'une corde pour me sortir d'un trou - je savais que je devais le faire et que j'allais réussir, mais c'était tellement épuisant et tellement beaucoup d'un coup que je faillis dire à Emmy viens ça va pas on se casse, mais je me repris. En plus il y avait Jay et j'étais trop content de le voir, et puis tous les autres : Ruby, Liz, Ewan, tout ça. J'étais content de me retrouver au milieu de tous mes potes, et je me forçai à me convaincre que tout irait bien et que j'allais vite oublier toutes mes idées noires. Je pris une bière et Emmy du cidre et la soirée commença : je discutai avec Ruby puis Lizlor avant d'aller me caler dans un canapé avec Jay et de faire une partie de Jenga qui nous rendit complètement hystériques. Tactile et un peu pété comme j'étais, je finis par le prendre dans mes bras et tout le monde se mit à se marrer ; après on se lança dans un autre jeu avec des cartes cette fois, puis je me mis à danser avec Lizlor sur une chanson en imitant le chat (longue histoire) avant de discuter un peu avec Ewan et Joseph sur un truc que j'avais lu dans la Gazette quelques jours avant. Bref : une soirée bien tranquille, comme on les aimait, même si j'avais toujours un peu de mal à me débarrasser complètement de la sensation bizarre au fond de moi.

À un moment, Emmy se leva pour aller prendre l'air (si j'avais bien compris) et je la suivis pour aller fumer une clope, juste avant de finir de raconter un truc à Lizlor et James.

Je sortis sur ses talons (oui j'étais en train de mater son cul dans son short taille-haute) mais tout d'un coup je la perdis quelques secondes de mon champ de vision - avant de la trouver un peu sur la droite du pub. La clope au bec, j'allais la rejoindre.

- Meuuuf faut trop que je te raconte ce que m'a dit Jay, il leur est arrivé un truc au pieu hahahaha tu vas trop rire !!

J'allumai ma cigarette et inspirai une grande bouffée, recrachant ensuite la fumée vers le ciel. Je tendis une cigarette à Emmy - elle avait l'air un peu à l'ouest, comme si tout d'un coup elle avait trop bu et qu'elle avait besoin de respirer, ce que je pouvais comprendre : on avait déjà bu au dîner et là on en remettait une couche, et avec l'atmosphère un peu chaude du pub ça remontait plus vite, je sentais que j'avais un peu chaud aux joues et que je parlais plus vite et que je riais plus qu'en temps normal, mais c'était agréable. J'avais l'impression d'être presque complètement détendu.

- Et donc alors l'autre soir Lizlor est rentrée plus tard de son taf et...

Non mais, en fait, Emmy n'avait vraiment pas l'air bien du tout ? Tout d'un coup je me rendis compte qu'elle était toute pâle, que ses lèvres étaient entrouvertes comme si elle avait du mal à respirer, que ses yeux brillaient trop.

- Emmy, ça va pas ?! Viens, assieds-toi deux secondes, j'avais tout de suite passé mes bras autour de son corps et la forçait doucement à se caler sur le trottoir. Ça va aller babe, comment tu te sens exactement ?

Parfois il suffisait juste d'attendre un peu ou de boire un peu d'eau, et je me mis à caresser doucement son dos et à la bercer contre moi.

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CHUCK CARLTON
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Emmy Yeats
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MessageSujet: Re: My feet won't touch the ground. (Chuck)   Dim 20 Aoû - 18:33

Chuck me parlait, j’entendais des bribes, des mots, et devant son visage brillait un petit point rougeâtre qui bougeait avec lui et son sourire et dont je n’arrivais pas à suivre les mouvements. Sa voix se perdait dans les bruits autour de nous, les gens qui riaient fort, et j’avais l’impression que mon cœur allait exploser hors de ma poitrine tellement il battait fort. J’entendais chaque pulsation, jusque dans mes oreilles, couvrant tout le reste. Etait-ce mon cœur ou la musique ? Pourtant, il n’y avait pas de musique dehors, si ? Je regardai autour de moi, bougeant trop vite ou trop lentement, je n’étais pas sûre…

- Emmy, ça va…. Hein, quoi ? Ah, Chuck, oui, Chuck… Viens, assieds… secondes… aller babe, comment tu… exactement ?

Je ne comprenais rien…

Il fallait que je me concentre sur ce que je pouvais sentir… Voyons, mon corps, il était encore là, les membres accrochés, bougeant mollement dans des gestes qui se décomposaient dans un kaléidoscope. J’étais assisse, ou peut-être étais-je tombée, le trottoir était frais et dur sous moi, je le sentais parce que c’était désagréable, mais Chuck était là, et ça c’était agréable… Il était tout près de moi et ses bras étaient comme des lianes qui m’encerclaient et me tenaient trop chaud, mais c’était lui, pourtant je n’arrivais pas à sentir son parfum, mon cœur s’emballa, je regardai Chuck, c’était lui, n’est-ce pas ?! Mais je n’arrivais pas à me concentrer sur son parfum, autour de moi la fumée des cigarettes consumées me brûlait les narines, et l’air était tellement lourd ! Jamais Londres ne m’avait paru si bruyant, si terrifiant, les lumières dans la rue faisaient des flashs qui pétillaient et roulaient le long de la route… Je secouai la tête, mes paupières de plomb papillonnant pour reprendre le contrôle de ma vision qui se floutait toujours plus.

C’était comme si quelque chose se répandait à moi, et si je le laissai faire… Tout à coup je flottai, et les bras de Chuck ressemblaient à des nuages dans lequel je disparaissais, et autour de moi tout était doré et tiède et rouge et doux, mon corps comme une petite bulle, m’arrachant des rires à répétition ; mais ma voix semblait sortir d’ailleurs, comme si je me regardais assise et j’étais au-dessus, complètement dédoublée, oh, c’était ça ?! Je m’étais vraiment coupée entre Emmy et Emily ?! Mais, eh, non, c’était mes mains et j’étais encore moi…

Je voulais lâcher prise et flotter très loin comme un petit ballon et quand je fermais les yeux et que tout tournait doucement c’était agréable et ça me faisait rire…

Et pourtant je n’arrivais pas à respirer, à bouger comme je voulais, ce n’était pas moi, pas mon rire, pas ma respiration, pourtant je voulais mais je n’y arrivais pas, et c’était pas amusant du tout, je n’avais pas envie de flotter, je voulais toucher terre, je voulais tenir Chuck dans mes bras sans avoir l’impression que mes mains se dissolvaient contre son teeshirt qui m’échappait. Pourquoi mes pensées ressemblaient à un fil emmêlé, à un serpent qui courait le long du caniveau et disparaissait sans que je l’attrape ?!

Je voulais me concentrer, et je n’y arrivais pas, et ce n’était pas moi, pas moi, pas moi.


- L’alcool, articulai-je avec une voix toute aiguë. C’est pas l’alcool, c’est pas l’alcool, répétai-je en suffoquant. J’avais trop chaud et ma veste m’étouffait mais je n’arrivais pas à l’ôter parce que mes bras ressemblaient à des chamallows, pourquoi je n’arrivais pas à faire comme je voulais ?! Pourquoi mon cerveau n’était pas connecté ?! J’arrive pas, m’exclamai-je et tout à coup c’était humide sur mes joues et ça sentait le sel et je voulais arrêter de pleurer parce que je voulais rire mais je ne voulais pas non plus et plus je pleurais plus ma poitrine se comprimait. Qu’est-ce qui m’arrive, qu’est-ce qui m’arrive ?!

Plus j’avais envie de retenir tout ce qui glissait plus mon cœur et mon corps paniquaient, c’était de plus en plus rapide, de toute façon, mes pensées à mille à l’heure, et la chaleur, et l’envie de rire, je n’arrivais plus à retenir et à aligner mes pensées. Tout ce qui émergeait, c’est ce que ce n’était pas moi, pas mon rire, pas mon cerveau, et ce n’était sûrement pas l’alcool qui me faisait ça. J’avais bu, mais je savais ce qu’il se passait quand j’étais ivre, ce n’était pas ça, et moins je comprenais plus cela me terrifiait. Mon cœur battait si fort qu’il allait finir par exploser comme de la dynamite. Est-ce que Chuck comprenait, pourquoi je n’arrivais pas à lui expliquer ? J’avais froid maintenant, et je grelottai, ou alors c’était parce que j’avais tellement chaud ?!

Il y avait quelqu’un au loin, ou devant moi, je n’étais pas bien sûre de la distance, mais il me regardait et je le regardais parce que je le connaissais sans le connaître.


- Mon verre…

Quand j’avais pris mon verre au bar, c’était lui, je le reconnaissais même s’il faisait tout noir et tout brillant autour de son visage et que mes yeux refusaient de se tarir. Ma main avait agrippé celle de Chuck, il me semblait, et je serrai fort parce que tout à coup ça me faisait peur, j’avais compris sans pouvoir formuler tant mon cerveau était devenu du plomb et mon estomac brûlant de bile. Mais Chuck avait bougé et mon cœur s’emballa sous sa membrane de métal, pourquoi il me laissait ?!

Les ombres bougeaient et j’entendis un bruit sourd et avec mon cri, parce que je n’avais pas compris, et est-ce que c’était Chuck par terre, et quelqu’un d’autre arrivait, et pourquoi je continuais à sangloter ; il y avait des boucles blondes partout et une main sur mon épaule, je me roulais en boule comme un petit animal craintif, pleurant de plus belle, ma respiration paniquée qui ne laissait passer qu’une syllabe entre mes lèvres, Chuck, Chuck, Chuck, pour qu’il revienne parce que j’avais peur.


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Lizlor Wayland
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MessageSujet: Re: My feet won't touch the ground. (Chuck)   Lun 11 Sep - 17:54

- Chaton, dépêche-toi !
- Mais ouiiieuuuuuuuh… Aïe !


Je me relevai de sous le lit en bougonnant de plus belle : ma deuxième bottine avait donc atterri contre le mur et je venais de mettre dix minutes à la retrouver, puis un bon paquet de secondes à me contorsionner pour la récupérer (ma baguette étant dans une de mes vestes que je ne retrouvais pas non plus). Le regard de Jay était amusé autant que pressant, et j’enfilai chaussures et veste en même temps si bien que j’emmêlais les pinceaux et dû m’y prendre une autre fois avant d’être enfin prête. J’avais mis mon jean préféré, tout usé aux genoux, mes bottines en cuir et un haut que m’avait donné Emmy parce qu’il ne lui allait pas, un crop-top moulant et noir, et j’enfilais ma veste en cuir par-dessus, avant de courir vers Jay qui m’attendait sur le pas de la porte. Je lui grimpai à moitié sur le dos et nous partîmes en riant dans les escaliers ; je sentis mon cœur se réchauffer tandis qu’il se pressait contre le dos musclé de Jay. Ces derniers temps, tout était plus difficile pour lui, et quand il souriait ou qu’il riait, je me sentais immensément heureuse, comme si à chaque fois ces petites victoires étaient un pas en avant vers quelque chose de mieux pour lui. Il était généralement plus renfrogné et taciturne que d’habitude, et je le comprenais très bien : le fantôme de Mathilda était dans chacun de ses mouvements, tandis que l’état de sa mère se dégradait sensiblement. Je faisais ce que je pouvais pour lui rendre la vie plus agréable mais il ne se laissait pas aider si facilement et quelque part je n’avais jamais été celle qui prenait le plus loin de l’autre dans notre relation, alors parfois je me sentais impuissante, et juste bonne à me serrer contre lui et à fermer les yeux, la meilleure façon pour moi de lui communiquer tout mon amour. J’essayais de le décharger au mieux de toutes les petites tâches du quotidien mais entre mon travail et le fait que je n’étais « pas vraiment très organisée » comme le disait gentiment Ruby, j’avais souvent l’impression que tout me filait entre les doigts. Ce qui me faisait plaisir, c’était que Jay ne se coupait pas de ses amis, nous sortions souvent en groupe et il s’était même rapproché de Chuck ; c’était rassurant de le savoir entouré, tout comme ça l’était pour Maya, qui elle aussi n’avait pas forcément une vie facile en ce moment.

L’ambiance de la fête nous gagna tous rapidement : dans le pub nous avions trouvé une grande table et tout le monde se mélangeait et plaisantait ensemble, avec Ruby on gagna haut la main une partie de cartes, les verres de bière et de cidre circulaient, je me mis à danser avec Chuck quand notre chanson d’ex-colocataires passa, je passai un peu de temps sur les genoux de Jay à le faire rire et à le dévorer de petits baisers – jusqu’à ce qu’un petit creux arrive, comme parfois dans les soirées, et que certains d’entre nous sortent fumer. Je suivis Emmy et Chuck avec une impression bizarre au creux du ventre : Emmy avait les pommettes toutes rouges et le regard brillant, plus que d’habitude, c’était comme si quelque chose se tramait, j’avais un mauvais pressentiment et comme l’avait dit une fois Maman, mes mauvais pressentiments étaient toujours étrangement prémonitoires, ce qui achevait à chaque fois de m’inquiéter lorsque je me remémorais ses mots.

Jouant des coudes dans la petite foule amassée devant le pub, je tirais Jay par le bras pour arriver jusqu’à Emmy et Chuck, assis sur le trottoir.


- Elle n’est pas bien, murmurai-je à Jay comme à moi, mon pressentiment se vérifiant malheureusement.

Très vite, Chuck se leva et fonça sur un des mecs qui venaient de sortir du pub ; l’échange fut bref mais je compris de quoi il s’agissait, le mec en question regardait Emmy et Chuck avec un sourire narquois tandis que le visage de Chuck s’était fermé tout d’un coup, il y eut comme une pause dans le temps puis Chuck se jeta sur son adversaire et lui envoya son poing dans la figure – l’autre n’avait pas vu le coup venir et tomba d’un bloc mais se releva vite, et tout d’un coup il y eut comme un noyau atomique qui se forma sous nos yeux, d’autres s’en mêlèrent et les deux silhouettes disparurent dans la masse, tandis qu’un regard avec Jay me suffit à agir : je me précipitai vers Emmy toujours recroquevillée par terre tandis que Jay se lançeait dans la bataille pour récupérer Chuck.

La peau d’Emmy était brûlante sous mes doigts et pourtant elle grelottait, j’enlevais ma veste et lui mis maladroitement sur ses épaules tout en essayant de la serrer au mieux contre moi et de la rassurer : Ruby m’avait bien tout appris quand Chuck vivait encore à la maison, quand les gens étaient mal comme ça il fallait les frotter doucement, leur parler simplement : Emmy, c’est moi, je suis là, ça va aller, tu n’es pas toute seule, ne t’inquiète pas, respire, pense à quelque chose qui te fait plaisir, ça va aller, tout va bien, tu as juste pris quelque chose mais ça va passer, on va s’occuper de toi, ça va aller, respire, tu ne risques rien…

Elle me semblait toute crispée et sa respiration était irrégulière ; j’avais beau essayer de respirer calmement avec elle, j’avais l’impression qu’elle était loin de moi – la drogue faisait son effet. Je dus me pencher tout près de sa bouche pour comprendre qu’elle appelait Chuck, et je relevai alors la tête, cherchant à voir ce qui se passait plus loin. La grande carrure de Jay, que j’aurais reconnue entre mille, semblait s’imposer entre deux autres silhouettes et j’aperçus Chuck qui se débattait.


- Chuck ! CHUCK ! Elle a besoin de toi, elle veut être dans tes bras ! criai-je en me retenant d’ajouter « espèce d’idiot » - c’était bien le moment de se battre quand Emmy était au plus mal et que je n’étais pas certaine de savoir comment la calmer.

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James Miller
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MessageSujet: Re: My feet won't touch the ground. (Chuck)   Ven 15 Sep - 17:11

Il y avait toujours ce moment, ce petit déclic en moi, et soudain les lumières chaleureuses du bar se ternissaient, la bière avait un goût acide désagréable et mes épaules se crispaient, relançant la douleur chronique dans mon dos. Il suffisait d'une seule pensée vers Mathilda, le simple constat que j'étais là et elle non, et la culpabilité revenait au galop. Autour de moi, tout le monde riait, Ruby et Liz lancées dans une petite danse de la victoire, et si je souriais, à l'intérieur de moi, quelque chose me donnait envie d'hurler. J'imaginais ce que Mathilda aurait pu être si elle était encore en vie, et il était si simple de la visualiser dans ce bar, sur la banquette, ses longs cheveux épais et sa frange toujours un peu trop longue, son éternelle veste en cuir usée. L'attention aurait été tournée vers elle, bien sûr, car si Maya et moi avions toujours eu une forme de charisme, il n'était rien à côté de celui de Mathilda. J'avais été envieux, plus jeune, de la façon dont elle captait les regards et l'admiration, et j'avais toujours voulu en faire de même, car Mathilda était brillante, et elle était toujours la reine des soirées, elle l’aurait été ce soir si elle avait été parmi nous ; si j'avais pu la maintenir parmi nous un peu plus longtemps.

Dans ces moments, la colère était tellement forte qu’elle occultait le reste ; elle n’était plus brûlante mais froide comme du métal, comme du plomb dans ma poitrine et mes poumons, tellement lourde qu’elle m’empêchait de respirer correctement. Cette colère occupait toutes mes pensées et mes envies, nourrie par tout ce qui restait en suspens et que je ne pourrais jamais résoudre – les circonstances exactes de sa mort, tout ce que j’aurais voulu lui dire, le rôle que nous avions tous joué et qu’il était trop tard pour changer. J’étais tellement en colère que j’étais incapable de ressentir autre chose, et durant ces minutes terribles, je me demandais toujours comment j’allais pouvoir un jour me libérer de tout ça, comment pourrais-je ressentir autre chose, ressentir normalement – la réponse ne venait jamais.

Heureusement, ces moments partaient comme ils étaient arrivés, en quelques secondes, dès qu'autour quelque chose changeait simplement et qu'à nouveau, j'enterrais le souvenir de Mathilda très profondément en moi. Ce fut Chuck qui me fit une remarque, m'obligeant à revenir dans la conversation pour lui répondre, et la minute suivante, nous étions en train de rire comme des trolls. C'était toujours ainsi quand nous étions tous les deux, on ne restait pas très sérieux longtemps, et ce qui faisait que j'appréciais autant sa compagnie récemment et qu’il était devenu un véritable ami. Alors qu'on riait et continuait de plaisanter, on termina à moitié en câlins, provoquant l'hilarité des autres et la nôtre ; le plomb dans mes poumons étaient redevenu liquide et j’inspirai à nouveau. Lizlor s’installa ensuite sur mes genoux, ronronnant comme un petit chat, et mes doigts se perdirent dans ses boucles tièdes qui sentaient bon le frais et la camomille.

Emmy se leva pour sortir fumer, et je me fis la réflexion qu’elle avait le regard un peu perdu et qu’elle butait sur les mots, et je ricanais en l’imaginant déjà un peu ivre. Evidemment, Chuck la suivit, la dévorant du regard, me faisant ricaner une nouvelle fois. Ils n’étaient pas le genre de couple à se coller en soirée, mais ils finissaient inévitablement par être fourré ensemble – ils étaient meilleurs amis et ça se voyait. Caressant distraitement le dos de Liz, je lui fis un signe de la tête pour lui proposer de sortir aussi. Elle avait les sourcils légèrement froncés et l’air dans ses pensées, mais elle hocha la tête et bondit de mes genoux avant que j’ai lui temps de lui demander à quoi elle pensait.

Dehors, Emmy était assise sur le trottoir et Chuck à côté d’elle, le bras autour de ses épaules – je compris quelques secondes trop tard pourquoi Liz avait eu cet air inquiet.


- Elle n’est pas bien.

Quelque chose se passa, un nouveau déclic, un homme sorti du bar et Chuck arriva à sa hauteur, complètement fermé, et avant que je ne puisse comprendre et intervenir, un bruit mat avait résonné et Emmy avait poussé un cri, et un regard avec Liz suffit pour me faire bouger. C’était l’avantage de ma carrure, il me suffit de quelques coups de coude et d’épaule, et j’avais remonté la petite foule qui s’était formé autour de Chuck et de l’autre. L’état d’Emmy, la colère de Chuck toute dirigé contre cet inconnu, il ne m’en fallait pas plus pour comprendre ce qui se tramait et qui pourtant me paraissait tout droit sorti d’une histoire qu’on raconte pour faire peur aux jeunes filles qui sortaient. Emmy n’était pas ivre, elle était droguée, volontairement…. Dans un but bien précis. Je sentis la colère, brûlante cette fois-ci, s’emparer de moi. Pendant une fraction de seconde, j’eus envie de lui exploser la gueule aussi, il ne méritait pas mieux, mais la présence de Chuck m’aida à rester concentré. Il fallait les séparer, même si je ne doutais pas du fait que Chuck était assez enragé pour le foutre à terre pour de bon, mais ce n’était pas ça qu’il fallait faire, pas pour Chuck et encore moins pour Emmy.

- Chuck, mec, arrête, tentai-je, alors que d’autres personnes s’en mêlaient à moitié. Mais poussez-vous putain ! M’énervai-je. Les gens avaient toujours cette tendance au voyeurisme qui m’insupportait, surtout lorsqu’aucun n’était capable d’intervenir comme il fallait.

Chuck faisait ma taille, mais j’étais deux fois plus large que lui, et je finis par mettre mon bras entre les deux pour les séparer. L’autre ne l’entendait pas de cette oreille, et eut un nouveau mouvement vers Chuck que j’empêchai en le poussant violemment, tandis que Chuck s’énervait de plus belle


- Chuck ! CHUCK ! Elle a besoin de toi, elle veut être dans tes bras !

Je m’interposai complètement entre les deux, attrapant le bras de Chuck, le forçant à me regarder.

- Mec, Emmy a besoin de toi, elle en vaut la peine, pas lui. Je jetai un regard derrière moi au mec. Rien que d’imaginer à nouveau ce qu’il voulait faire à Emmy, ce qu’il avait sûrement fait à d’autres filles Je lâchai Chuck et attrapai brusquement le bras du type avec force. Barre-toi, et si je te recroise par ici, je t’éclate, compris ? Ma voix était menaçante et il comprit rapidement que je ne plaisantai pas. Sa pommette et son nez ensanglantés étaient une maigre consolation, et je passai mon bras autour des épaules de Chuck. Viens bro, dis-je, l’aidant à pousser les derniers curieux. Nous rejoignîmes Liz qui s’occupait d’Emmy, toujours prostrée sur le trottoir, appelant Chuck d’une voix faible et affolée.


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And what became of you
Familiar as you shook my hand
What was it you meant to do?
Because all could change for one
And all, could change in this new today. »




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And you'll never find love in an open hand
Shut your eyes, so you see I'm there
And know you'll always have this if you see this man
I lied, this was not for my pride
I know this was my time. »
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MessageSujet: Re: My feet won't touch the ground. (Chuck)   Jeu 5 Oct - 17:25

Ce n’était ni la première ni la dernière fois qu’un connard de ce genre glisserait de la drogue dans le verre d’une fille, c’était certain. Malheureusement il était mal tombé : non seulement j’avais beaucoup de mal à supporter ce genre d’attitude mais j’avais encore plus de mal à imaginer qu’on puisse toucher à un seul cheveu d’Emmy – autrement dit, il était mal barré. Ça faisait longtemps que cette sensation ne m’était pas arrivée : le voile qui tombe devant les yeux, d’un coup, la vision qui devient brouillée et comme rougie d’une colère dévorante, les fourmillements dans les doigts, les bras, les jambes, et puis cette pulsion violente et ce besoin de cogner la seule personne qui le mérite. En l’occurrence : le type un peu plus loin sur le trottoir avec sa sale gueule aux cheveux rasés sur les côtés, son air content de lui, ses potes débiles. Je lui fonçai dessus et lui envoyai mon poing dans la figure avant de me jeter sur lui pour le redresser en le tirant par ses habits pour qu’il me regarde bien dans les yeux et que je lui explique ma façon de penser, et ce que je souhaitais aux mecs comme lui, trop lâches pour prendre leur courage à deux mains et draguer une meuf plutôt que la droguer, trop merdiques pour oser et trop merdeux pour décider que c’était une bonne idée. Si j’avais été conscient de moi et pas aveuglé par la colère, j’aurais pu me dire que c’était un signe que j’allais mieux : être capable de me jeter sur un type comme ça et être prêt à lui mettre une raclée devant tous ses potes assemblés en cercle autour de nous, ce n’était peut-être pas très glorieux mais c’était au moins le signe que j’avais de l’énergie et du courage, quand ces deux notions m’avaient franchement fait faux bond dernièrement. Évidemment, comme d’habitude dans ces cas-là, tout dégénère vite, le mec se jeta sur moi et moi sur lui, les autres criaient ou nous encourageait ou voulaient nous séparer, on m’appelait, j’entendais quelqu’un qui essayait de me parler, je compris que c’était Jay, il finit par s’imposer, nous séparer, me tirer en arrière.

- Mec, Emmy a besoin de toi, elle en vaut la peine, pas lui. Il repoussa le type et m’entoura de son bras : Viens bro.

Sa petite intervention eut le mérite de me ramener à la réalité : tout d’un coup les lumières et les formes réapparaissaient comme elles étaient vraiment, les gens, la devanture du pub, les regards intrigués, apeurés ou moqueurs. Une douleur me vrillait les tempes et je sentis que je tremblais encore, mais l’image du mec était partie en deux secondes de mon esprit. Ce qui comptait maintenant, c’était Emmy, et je m’en serais voulu de l’avoir abandonnée si je n’avais pas vu que Lizlor était là à s’occuper d’elle, la tenant dans ses bras, sur le bord du trottoir.

- Merci, bro, soufflai-je à Jay en lui mettant une tape dans le dos – il comprenait je le savais et je n’avais pas besoin de m’appesantir, il savait parfaitement que je lui étais reconnaissant de tout ça, et qu’il était à mes yeux l’une des personnes en qui j’avais le plus confiance.

Je me précipitai vers Emmy (qui n’avait pas l’air d’aller mieux et mon cœur s’emballa encore plus) et remerciai Liz qui me laissa la place.

J’avais chaud, la tête bourdonnante et la bouche sèche, et si je reprenais peu à peu conscience et commençai à m’en vouloir de m’être emporté, c’était autre chose qui me mettait mal à l’aise. Je connaissais cet état : elle faisait un bad trip. C’était clair, elle était recroquevillée sur elle-même et semblait coupée de nous tous, elle frissonnait mais sa peau était brûlante, elle paniquait et pleurait, répétait mon prénom en boucle et disait des choses incohérentes. Je n’étais pas spécialement inquiet parce qu’au pire je savais quoi faire, c’était juste un mauvais moment à passer, mais cet effet de miroir me rappelait brutalement des souvenirs que j’avais déjà du mal à oublier. L’entourant de mes bras, je la serrai contre moi en embrassant ses cheveux, en caressant son dos. Il y avait trop de monde autour de nous et des personnes n’arrêtaient pas de vouloir venir nous aider, que je repoussai d’un signe de tête. Je la soulevai alors dans mes bras et la portai de l’autre côté de la rue, pour l’installer sur le banc un peu défoncé, contre moi, puis j’enlevai mon pull et le mis sur ses épaules, l’enroulant dedans comme un petit enfant.


- Ça va aller mon petit nem, il faut juste que tu te dises que ça va passer et que c’est pas cool, mais tu ne vas pas perdre pieds, d’accord ? Tu as l’impression que tout t’échappe et que ta tête est à l’envers mais c’est pas vrai, tu es là et tout va bien, c’est la drogue qui fait cet effet et te fait paniquer. Je suis là et je reste avec toi, ne t’inquiète pas. T’as pas trop froid, tu veux enfiler mon pull ? Tu as soif, faim ? Dis-moi tout ce qu’il te faut. Je m’occupe de tout et dès que tu te sens de bouger un peu je t’emmène chez moi et on se met au lit, tu seras plus tranquille. D’accord ? Fais-moi confiance, ça va aller.

C’était l’avantage, de savoir gérer tout ça, en un sens… Mais bon. Je n’étais pas sûr d’en être très fier pour autant. J’aperçus Jay au loin qui regardait vers nous et je lui fis un signe pour lui indiquer que pour l’instant ça allait, elle tenait bon. Je la berçai un peu plus contre moi, en appuyant ma joue sur sa tête, et fermai les yeux pour écouter les battements un peu désordonnés de son cœur en espérant qu’ils se calment petit à petit.

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Emmy Yeats
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MessageSujet: Re: My feet won't touch the ground. (Chuck)   Dim 15 Oct - 17:30

Le parfum de Chuck avait disparu, ou je n’arrivais plus à le distinguer, mais sa silhouette avait l’air loin, dans des éclats que je n’arrivais pas à identifier, j’essayais de me concentrer sur les formes, les mots, mais plus je plissais mes yeux et plus la réalité devenait cotonneuse. Quelqu’un s’approcha de moi, j’essayais de me pousser pour partir, parce que je ne voulais pas, mais en secouant la tête, je réalisai que je reconnaissais ses cheveux et la forme des lèvres en cœur, le mien battait fort et il m’empêchait d’entendre ce que Lizlor me disait… Je voulus murmurer quelque chose, son prénom, lui dire que ça n’allait pas, mais mes dents claquaient fort et ma mâchoire me faisait mal, ma langue brûlait parce qu’elle avait un goût salé étrange. Où était Chuck ? Je voulais aller le chercher, mais mes jambes refusaient de me porter, et j’essayais de rire parce que je flottais mais j’étais beaucoup trop terrifiée, et je tombais à moitié contre Liz, le sol toujours dur sous moi, désagréable, je voulais partir et je détestais cette soirée, je détestais les sons dans mon cerveau et mes poumons, je voulais respirer…

Ma main agrippa le tee-shirt de Chuck, parce que je l’avais reconnu, c’était lui, son parfum, sa voix qui bourdonnait avec le reste, mais j’étais sûre, mon corps avait réagi et s’il était tout crispé d’inquiétude, il s’envolait encore plus… C’était presque pire, maintenant que Chuck était là, tout à coup tout lâchait encore plus prise, j’essayais de m’accrocher mais tout m’échapper, comme de la fumée partout, il y en avait partout, tout le monde fumait ou quoi ?... Oh, et le sol n’était plus là, c’était tiède, puis froid, puis tiède à nouveau, oh, cette fois-ci il y avait quelque chose contre ma peau, un pull ?!, et c’était tout chaud et rassurant, je me sentais complètement partir et j’entendais à peine ce que me disait Chuck…


- Ça va aller mon petit nem, il faut juste que tu te dises que ça va passer et que c’est pas cool, mais tu ne vas pas perdre pieds, d’accord ? Mais… J’étais déjà partie, je n’avais plus pieds, je voulais qu’il m’aide à tenir hors du brouillard… Tu as l’impression que tout t’échappe et que ta tête est à l’envers mais c’est pas vrai, tu es là et tout va bien, c’est la drogue qui fait cet effet et te fait paniquer. Je suis là et je reste avec toi, ne t’inquiète pas. T’as pas trop froid, tu veux enfiler mon pull ? Tu as soif, faim ? Dis-moi tout ce qu’il te faut. Je m’occupe de tout et dès que tu te sens de bouger un peu je t’emmène chez moi et on se met au lit, tu seras plus tranquille. D’accord ? Fais-moi confiance, ça va aller.

Ses mots volaient tout autour de moi et je n’arrivais plus à les rattraper ; j’allais vraiment partir, mon corps s’écroulant tout contre Chuck.

- J’ai confiance, m’entendis-je murmurer.

Puis, plus rien, ou plus que les sons et la chaleur, le temps ne se mesurait plus, je crois que je continuais à parler sans savoir ce que je disais, puis quelque chose me berçait, Chuck, un mouvement étrange de droite à gauche, avec une odeur de vieux cuir, et celle de Chuck, toujours celle de Chuck… J’avais l’impression que mes organes fondaient un à un dans mon corps, me paniquant toujours plus, et parfois je pleurais, parfois je riais, parfois, je voulais simplement fermer les yeux et disparaître, j’avais envie de vomir…

J’avais réussi à caller ma respiration sur le mouvement de la main de Chuck dans mon dos, et parce qu’il m’aidait, et j’inspirai, j’expirai, et le brouillard se dissipait une demi-seconde avant de revenir.

Ce n’est qu’en voyant Snitch que je compris que nous étions rentrés chez Chuck je ne sais comment, et je me laissais complètement faire, parce que je n’arrivais pas à ôter mon pull et mes chaussures, j’avais la gorge sèche mais je ne savais pas comment demander, mais Chuck interprétait le reste, mes mouvements, et plus il s’occupait de moi plus je sentais que j’avais envie de pleurer, vraiment, complètement, parce que mes poumons étaient plein d’eau. J’étais tellement mal et je ne savais pas comment arrêter tout ça, et l’angoisse, parce que je n’étais plus moi et que tout me faisait peur, c’était les pires sensations, pourquoi les gens choisissaient ça ? Si je me laissais vraiment aller, tout se coupait, et oui, j’étais légère, j’étais ailleurs, mais je n’étais plus moi-même… Pourquoi Chuck avait voulu ça, c’était horrible, horrible… Il l’avait voulu parce qu’il était tellement malheureux que c’était moins douloureux que le reste, et c’était ça le plus horrible, ça me brisait le cœur en mille morceaux…

J’avais éclaté en sanglots, à moitié assise sur le lit, ou allongée, j’avais du mal à percevoir l’espace, mais quelque chose appuyait horriblement ma poitrine, me vidant complètement de larmes lourdes et horribles, je n’avais plus de barrières, je tombais, tombais, tombais…


- C’est horrible, c’est trop horrible, je veux que ça s’arrête… Pourquoi tu faisais ça, c’est tellement horrible, tu étais si malheureux, les sanglots redoublèrent et me prirent tellement fort que je n’arrivai pas à continuer. Pourquoi ça te rendait heureux ça, plus heureux que le reste, c’est horrible, je veux pas que tu sois malheureux comme ça, je veux pas…

Je pleurais tellement fort que je commençais à me sentir complètement épuisée, et nous étions sous la couette maintenant, et Snitch était contre moi, et Chuck, et je fermais très fort les paupières parce que sinon, j’allais vomir tellement tout tournait… Ma main s’accrocha à Chuck avant que je me sente partir dans un sommeil agité…

…Oh, mon cerveau était tout mou et tout lourd, et putain, j’avais mal… Je bougeai sous la couette en grognant, tous mes membres ankylosés. Ohlala, mais qu’est-ce que si c’était passé… Pourquoi tout était flou ? Comme je bougeais, Snitch s’agita, et Chuck aussi, et j’essayais de comprendre comment je m’étais retrouvée là sans me souvenir d’autre chose qu’une partie de cartes et une dernière pinte de cidre… J’avais tant bu que ça ?


- Wow, c’était quoi cette soirée… Je soupirai, ma tête dans le cou de Chuck. J’ai l’impression que ma tête va exploser.

Je me frottai les yeux, des traces noires de mascara sur le bout de mes doigts. Chuck se réveillait à moitié aussi, et je me glissai un peu plus dans ses bras. Son parfum me fit sourire malgré la nausée et le mal de crâne, et étrangement, il déclencha une série de souvenirs, parce que je l’avais senti toute la soirée, et petit à petit, je sentis les souvenirs flous revenir vers moi.

- Eh mais, ça me revient… J’avais été droguée. Tout à coup, c’était la douche froide, j’étais beaucoup plus réveillée, et je redressai mon visage pour être à la hauteur de celui de Chuck. Je me souvenais très mal, tout était flou, mais il m’avait ramenée ici, et je savais qu’il ne m’était rien arrivée, surtout grâce à lui. Comment tu as fait pour me ramener ici ?... Ma main chercha la sienne, tandis que Snitch venait se loger entre nous deux en poussant ses petits couinements adorables. Merci de t’être occupée de moi, je ne me souviens pas de grand-chose, mais je sais que j’étais rassurée que tu sois là… Je déposai un petit bisou sur ses lèvres qui avaient encore leur moue endormie. Je crois que j’ai dit des choses pas très… délicates, pas vrai ?... Demandai-je d’une petite voix, tout à coup encore plus inquiète de la tournure qu’avait prise cette soirée qui s’annonçait pourtant si légère.


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MessageSujet: Re: My feet won't touch the ground. (Chuck)   Jeu 26 Oct - 17:01

C’était comme un automatisme : rentrer chez soi, prendre un taxi parce qu’Emmy n’était pas en état, suivre le radar, se désapper tant bien que mal et se mettre au lit, avaler un médicament avant de dormir si c’était possible, en espérant que ça atténue le réveil le lendemain. Je l’avais fait pour moi ou pour les autres au moins une centaine de fois. Au moins, j’étais rôdé, mais bon, ça n’était pas pour me rappeler forcément des très bons souvenirs. Emmy était un peu passée par tous les états : les larmes, le chaud, le froid, les tremblements, les phrases sans trop de sens, etc. Une fois couchée, Snitch callé contre elle d’un côté et moi de l’autre, elle finit par s’endormir. Tout ce qu’elle avait baragouiné m’avait rendu triste et mal à l’aise, en plus de l’inquiétude que j’avais eu pour elle et du coup de sang au pub. Je le savais que c’était nul, horrible, minable. Ça ne faisait pas spécialement plaisir de se l’entendre dire. Surtout qu’elle oubliait une chose : moi je l’avais choisi, pas elle. La drogue agit différemment quand on est contre sa prise, mais je n’avais pas les forces de lui expliquer, ce n’était pas le moment. Je voulais juste qu’elle se calme et qu’elle dorme, et tout irait mieux ensuite. Malgré la fatigue j’avais attendu qu’elle s’endorme, écoutant sa respiration s’apaiser et ralentir, et au bout d’une demi-heure j’avais tenté un petit « Emmy ? » pour être sûr. Alors j’avais fermé les yeux moi aussi, mais mon cœur battait trop fort et j’avais mis du temps à trouver le sommeil. Résultat : une nuit horriblement agitée et pas du tout reposante, des tas de rêves bizarres impliquant des personnes que j’avais quasiment oubliées (ma prof de primaire, des potes, des voisins de Bristol) et évidemment toujours avec Coop en guest-star, sinon ça n’était pas drôle.

C’est le couinement de Snitch qui me réveilla (à savoir que dès qu’on émergeait du sommeil et lui aussi, il se mettait immanquablement à pousser des petits cris adorables et à se tortiller sur le dos pour avoir des caresses), et Emmy aussi :


- Wow, c’était quoi cette soirée… J’ai l’impression que ma tête va exploser.

Je poussai un grognement endormi et me secouai un peu pour me tirer du sommeil mais j’avais l’impression d’être allongé dans un pot de glu. Emmy se serra un peu plus contre moi et je me mis à gratouiller mollement le ventre de Snitch pour qu’il arrête de nous casser les oreilles.

- Eh mais, ça me revient… Emmy se redressa alors.  Comment tu as fait pour me ramener ici ?...
- Hmm, ‘oucement, prends ‘e ‘emps de te ‘éveiller, marmonnai-je (plus pour moi que pour elle visiblement, car elle avait les yeux grand ouvert et moi je luttais).
- Merci de t’être occupée de moi, je ne me souviens pas de grand-chose, mais je sais que j’étais rassurée que tu sois là… Je crois que j’ai dit des choses pas très… délicates, pas vrai ?...

Allons bon… Elle se souvenait même de ça ! C’était bien ma veine. Je l’embrassai aussi et m’étirai en grognant encore une fois, avant de dégager Snitch qui se roulait tellement sur moi qu’il me mettait son cul dans le nez. Je n’avais pas spécialement envie de revenir là-dessus… Mais bon.

- Attends, je vais commencer par te faire le thé magique de Ruby, tu vas voir ça fait trop bien. Comment ça va ta tête ? Tu dois être grave dans le pâté mon petit nem !

Je la serrai fort contre moi et me levai. Après m’être frotté le visage, je fis chauffer de l’eau et lui servis du thé, au radar. Moi aussi, j’avais l’impression que les souvenirs de la veille étaient flous, non seulement parce que tout s’était enchaîné très vite mais en plus ça avait été un peu chaotique, et pas forcément super cool à retenir. Je lui tendis la tasse.

- On a pris un taxi. T’étais pas trop en état de rentrer autrement ! Tu te rappelles de tout ? J’ai un peu pété la gueule du type si tu veux tout savoir, heureusement que Jay était là pour arrêter tout ça. Après on s’est occupés de toi, puis on est rentrés. Et t’inquiète… Je t’en veux pas du tout, tu étais pas bien et tu paniquais, c’est normal. Je suis désolé pour tout ça, j’ai pas du tout fait gaffe…

Je me réinstallai avec elle dans le lit - bien décidé à ne pas en sortir de sitôt. Snitch s'était un peu calmé et était roulé en boule contre Emmy, la tête posée sur son épaule.

- Super, il a pris ma place encore une fois, marmonnai-je.

Ce n'était pas que j'avais spécialement envie d'en parler pendant mille ans mais je me doutais qu'Emmy allait peut-être relancer le truc, alors autant prendre les devants : au mois, ça serait fait.


- Bref du coup hier tu m'as demandé comment j'avais fait parce que c'était horrible comme sensation et tout, du coup je te rassure hein le bad trip c'était horrible pour moi aussi... C'était l'avant qui me faisait du bien, même si je sais que c'est con. Voilà.

Je posai ma tête contre sa joue et fermai les yeux ; de toute façon aujourd'hui le réconfort de la drogue ne me disait plus rien du tout, il n'y avait pas photo, j'étais mieux ici et maintenant, et pour rien au monde je n'aurais échangé cette place.

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