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My feet won't touch the ground. (Chuck)

 

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 My feet won't touch the ground. (Chuck)

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Emmy Yeats
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MessageSujet: My feet won't touch the ground. (Chuck)   Mar 25 Juil - 21:45

Assis sur mes genoux, Max balançait ses jambes, tandis que ses doigts pleins de chocolat plongeaient à nouveau dans l'assiette. Du bout de son index, il dessinait des arabesques dans le chocolat fondu, sous le regard froncé de ma mère qui avait bu légèrement trop de bierraubeurre pour faire remarquer quoi que ce soit. En face de moi, Violet avait posé sur la table son dessin, à côté de l'assiette de Chuck qui suivait avec attention ce qu'elle lui disait. Elle avait fait le plan d'une machine, une sorte de catapulte humaine qui lui permettrait de sauter la haie du jardin pour aller chercher Mimosa, notre chat, lorsqu'elle s'enfuyait chez les voisins, et elle décrivait avec animation le mécanisme à Chuck, expliquant que son problème principal restait l'atterrissage sans se faire mal. Mon père lui dit qu'elle pourrait demander à Ezra lorsqu'il viendrait la prochaine fois, et ma mère lui donna une petite tape sur le bras d'un air de dire "ne va pas dans son sens !", consciente qu'il ne fallait pas pousser Violet dans ses inventions loufoques. Chuck et moi eurent un sourire, et je repris une part de gâteau tandis que Violet monopolisait à nouveau Chuck. Désormais, elle lui demandait de venir la semaine prochaine pour l'aider à construire la machine, ce qui fit renchérir Max qui voulait absolument que Chuck lui montre des nouvelles figures de skate, et Violet approuva toute excitée parce qu'elle voulait aussi qu'il lui montre - en cinq minutes, l'emploi du temps de A à Z du prochain samedi de Chuck était organisé. Riant doucement, je les temperais, expliquant que l'on verrait bien, et ma mère vint à la rescousse en offrant à Chuck un verre d'un digestif, une liqueur de poire qu'elle avait achetée récemment, et mon père en profita pour lui demander ses prognostiques pour la saison de quidditch qui arrivait. Sous la table, mes jambes s'étaient enroulées autour de celles de Chuck et je lui faisais innocemment du pied, un petit sourire aux lèvres.

Comme Max et Violet partaient se doucher et se mettre en pyjama, j'en profitais pour indiquer que nous n'allions pas tarder aussi car nous devions rejoindre le reste de la bande. D'un coup de baguette, nous aidâmes à déservir, et mon père insista pour que l'on reste prendre un dernier digestif ; cette fois-ci je m'assis à côté de Chuck, une main sur sa cuisse, acceptant le dernier verre en riant aux blagues de ma mère. Il faisait bon chez moi, je sentais cette odeur de parquet chaud si particulier, et il s'y mêlait celle de Chuck qui réchauffait mon cœur plus que n'importe quel alcool. En sortant pour prendre le bus, je l'embrassai dans mon jardin, d'un baiser qui se voulait remède - je savais combien Coop lui manquait dans ces moments et je voulais qu'il sache que j'étais là, même si ce n'était qu'une maigre consolation.

Londres ne dormait jamais. C'était partout autour de nous, les lumières qui clignotaient, les devantures toujours allumées, les bus qui disparaissaient à l'angle des carrefours, dans la nuit qui n'était jamais réellement noire. Tout était vivant et sans répit, distillant en moi une énergie nocturne intrépide. Mais parfois cela me faisait presque peur, comme si rien ne s'arrêtait jamais et qu'il était impossible de simplement se poser et respirer. À Oxford, quand je rentrais tard, j'aimais le calme des rues, le bruit de la nuit, au loin les rues étouffées des pubs qui provenaient des rues centrales. C'était reposant et je me sentais apaisée, comme si j'étais devenue une créature de la nuit qui n'aimait sortir qu'une fois le monde endormi. Mais parfois, le silence me semblait oppressant, comme s'il devenait aussi opaque que le ciel au-dessus de moi, je frisonnais et pensais à Londres où je ne me serais jamais sentir seule. À force d'avoir séparé qui j'étais, opposant mes contrastes dans deux personnalités presque distinctes, j'avais parfois du mal à les réunir à nouveau, comme s'il me manquait toujours quelque chose, d'un côté comme d'un autre.

Mais avec Chuck, je n’étais jamais seule et j’étais toujours entière. J’étais appuyée contre la fenêtre et lui contre moi, nos mains jointes, nos regards perdus sur la vue que nous offrait le second étage du bus. C’était quelque chose que nous adorions tous les deux, ces trajets dans le Londres nocturne, dans lequel nos pensées se perdaient dans les néons et les routes sinueuses, comme une pause dans nos soirées de plus en plus remplies. J’avais toujours associé Chuck à ces univers-là, parce que nous avions passés tellement de soirées ensemble, jusqu’aux premières heures du matin, dans les pubs, les parcs, les bords de Tamise, à rire, à boire, à danser ; son sourire était différent sous le halo des lampadaires et le reflet des pintes que nous enchainions. Depuis qu’il essayait de reprendre le contrôle sur son corps abîmé, les soirées étaient moins hachurées, la chaleur des pubs était plus douce que les néons froids des boîtes de nuit, mais cela m’allait parfaitement. Il apprenait à nouveau à sortir, à faire la fête, et quand je sentais que c’était trop, je glissais ma main dans la sienne et nous rentrions ensemble, dans son petit appartement qui était devenu mon paradis – minuscule, humide, mais tellement familier.

En descendant du bus à Shoreditch, je ne lâchai sa main que pour réajuster ma chemise dans mon short, avant de la saisir à nouveau, tout à coup excitée à l’idée de la soirée qui nous attendait. Le pub était rempli, mais il en émanait une atmosphère chaleureuse – depuis tout ce qui était arrivé à Chuck, je me sentais toujours très sensible aux lieux où nous allions, toujours inquiète que quelque chose déclenche en lui de mauvaise souvenir. Comme toujours, mes yeux cherchèrent les siens, comme pour qu’il approuve, et au même moment, une chanson que nous aimions beaucoup commença à se faire entendre sur le vieux post de radio qui grésillait sur le comptoir, nous faisant sourire à l’unisson. Tout était parfait.

Tout le monde était dans une table au second étage du pub, dès que nous arrivâmes Jay se leva en criant « aaaaah ma couille ! », ils se lancèrent dans un check compliqué sous le regard maternel et presque inquiet de Ruby, tandis que Lizlor et Gemma ricanaient de leur bêtise. Je m’installai à côté d’Ewan, qui me présenta son collègue Joseph, et bientôt les discussions reprirent, les rires aussi, tandis que je sirotais mon cidre. En sortant fumer, j’en profitai pour piquer un baiser à Chuck, et nous nous lançâmes ensuite tous dans une partie de cartes qui termina par Ruby et Lizlor, triomphantes et entamaient une danse de la victoire sur la banquette dont le cuir usé couinait.

Je descendis un instant au bar me reprendre un cidre, jouant des coudes jusqu’au comptoir où le monde s’agglutinait. Je réussis à commander, adressant un bonsoir poli à mon voisin qui venait de me saluer avec insistance, avant de rire de la remarque de ma voisine ; je récupérai mon verre et remontai avec les autres. Je débarquai sur une scène étrange où Jay était à moitié en train de câliner Chuck, ce qui me fit partir en fou rire, je trinquai avec eux à leur « bromance » et la soirée reprit son cours. Le cidre était frais dans ma gorge, et j’avais doucement chaud ; je me levai pour aller aux toilettes, sentant mon corps léger comme une bulle de savon, et je trébuchai contre une chaise, provoquant l’hilarité générale dont la mienne – ma maladresse était habituelle. Pourtant, une fois arrivée aux toilettes, mes sourcils se froncèrent légèrement, j’essayai de me concentrer sur le reflet du miroir mais mon visage me faisait rire… Etrangement rire. Je n’avais pourtant pas bu tant que ça ?! Je secouai la tête et revint dans la salle principale, m’asseyant à côté d’Ewan avec qui je me mis à discuter joyeusement, mais les mots dans ma bouche sortaient plus vites que mes pensées qui elles-mêmes devenaient une guimauve étrange dans mes poumons. Je déglutis. Mon corps était lourd et tiède, puis froid, et ma tête ne tenait pas droite. Je me levai brusquement.

J’ai besoin de prendre l’air, m’entendis-je dire – je n’étais pas sûre de l’avoir dit à haute voix, ou d’avoir dit ces mots, ou de savoir parler.

Je titubai jusqu’en bas, agrippée à la rampe des escaliers, Chuck sur mes talons, et dehors l’air était froid et tiède et chaud et froid à nouveau, tout gélatineux contre moi. J’avais envie de rire, mais sans savoir pourquoi, cela me paniquait. Ma respiration était devenue brouillonne et j’avais l’impression que mes cheveux étranglaient ma nuque ; mes yeux cherchèrent ceux de Chuck qui brillaient dans la nuit, et sa bouche bougeait mais tout ce que j’entendais, c’était le souffle qui me manquait et que j’happai, riant à moitié, mon cœur battant à mille à l’heure.


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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: My feet won't touch the ground. (Chuck)   Sam 12 Aoû - 22:39

C'était soit l'un soit l'autre. Les Yeats était la famille la plus acceuillante et apaisante que je connaisse, et même si j'étais certainement le type qui aurait préféré n'importe quelle famille que la sienne j'étais sûr que la moitié des gens de cette planète aurait donné n'importe quoi pour être dans une famille comme celle-là. Les parents étaient cools, gentils, attentifs et drôle, les enfants tous plus attachants et mignons les uns que les autres, leur maison était comme on s'imagine les maisons de rêve : un intérieur chaud et coloré et toujours un peu en bordel mais pas trop, les pièces sentaient bon le bois et la bonne cuisine, j'avais toujours l'impression que je pénétrais dans un petit cocon joyeux et plein de vie. Bien sûr ils avaient aussi leurs défauts, comme tout le monde, mais c'était un univers paisible que j'adorais partager... Sauf parfois. Parfois c'était trop. parfois la simple vision de Max ou de Violet m'arrachait le coeur, parfois les regards plein d'amour du père sur ses enfants me donnaient envie de chialer, parfois leur complicité à tous me faisait me sentir comme une merde ; bref parfois c'était trop de quelque chose que je n'avais plus et que je n'aurais de toute façon jamais. J'adorais Max évidemment, et je savais que c'était réciproque et je me tapais franchement des barres avec lui, et avec Violet aussi, mais parfois rien que de les voir ça me donnait envie de crever. La plupart du temps, heureusement, c'était vraiment cool de passer du temps avec eux, et je venais jouer souvent avec eux ou avec Emmy on les emmenait jouer dehors ou faire des parties de Quidditch endiablées - c'était cool. Globalement, cool. Mais les jours, c'était tellement dur que j'avais l'impression qu'on m'arrachait le coeur à la main quand je passais le pas de la porte. C'était drôle car une fois Matt m'avait posé la question, comment ça se passait avec la famille de ma copine ; j'avais compris qu'il savait totalement de quoi il parlait et je m'étais senti un peu moins con. Heureusement Emmy était géniale là-dessus, sans que je lui dise vraiment elle avait compris,  et elle ne disait rien si je lui faisais comprendre que parfois je préférais qu'on reste manger tous les deux quelque part plutôt que d'aller chez elle, ce genre de choses.

Bref, ce soir j'étais dans un bon mood et le dîner se passa très bien, surtout que j'étais en pleine discussion avec le père d'Emmy à propos de Quidditch qui avait sorti le petit digestif de fin de repas qui faisait du bien ; je me sentais bien et on avait discuté et ri de tout et de rien. Il y avait juste quand Violet et Max m'avait fait jurer de revenir samedi et m'avait fait un bisou sur la joue avant de partir en courant prendre leur douche parce que ça faisait une demi-heure qu'ils devaient y aller que j'avais eu l'impression que mon coeur se décrochait tout d'un coup ; j'avais pensé à Tess et à Coop tout d'un coup et tout était bien plus compliqué, je m'étais juste dit que j'aurais aimé pouvoir faire pareil chez les Tennant, et je m'étais forcé à revenir à la conversation. Surtout qu'on avait une cool soirée qui nous attendait ensuite, alors je n'avais pas du tout envie d'avoir l'alcool triste, parce que je savais que j'étais carrément plus fragile dans ces moments-là.

Pendant le trajet dans le bus, je fis bien attention à continuer à parler normalement pour qu'Emmy ne s'inquiète pas, la tête posée sur son épaule, et les pieds posés sur le bord de la fenêtre. La bonne blague : j'adorais ce genre de trajet de nuit avec les lumières de la ville mais ça me foutait toujours un peu le blues, alors en cet instant ça ne m'aidait pas trop. On finit par arriver dans le bar où on retrouva tout le monde, et je lâchai la main d'Emmy un peu à contre coeur. J'avais l'impression que j'allais devoir faire un effort énorme pour ne pas plonger ce soir, comme si je devais tracter tout mon poids le long d'une corde pour me sortir d'un trou - je savais que je devais le faire et que j'allais réussir, mais c'était tellement épuisant et tellement beaucoup d'un coup que je faillis dire à Emmy viens ça va pas on se casse, mais je me repris. En plus il y avait Jay et j'étais trop content de le voir, et puis tous les autres : Ruby, Liz, Ewan, tout ça. J'étais content de me retrouver au milieu de tous mes potes, et je me forçai à me convaincre que tout irait bien et que j'allais vite oublier toutes mes idées noires. Je pris une bière et Emmy du cidre et la soirée commença : je discutai avec Ruby puis Lizlor avant d'aller me caler dans un canapé avec Jay et de faire une partie de Jenga qui nous rendit complètement hystériques. Tactile et un peu pété comme j'étais, je finis par le prendre dans mes bras et tout le monde se mit à se marrer ; après on se lança dans un autre jeu avec des cartes cette fois, puis je me mis à danser avec Lizlor sur une chanson en imitant le chat (longue histoire) avant de discuter un peu avec Ewan et Joseph sur un truc que j'avais lu dans la Gazette quelques jours avant. Bref : une soirée bien tranquille, comme on les aimait, même si j'avais toujours un peu de mal à me débarrasser complètement de la sensation bizarre au fond de moi.

À un moment, Emmy se leva pour aller prendre l'air (si j'avais bien compris) et je la suivis pour aller fumer une clope, juste avant de finir de raconter un truc à Lizlor et James.

Je sortis sur ses talons (oui j'étais en train de mater son cul dans son short taille-haute) mais tout d'un coup je la perdis quelques secondes de mon champ de vision - avant de la trouver un peu sur la droite du pub. La clope au bec, j'allais la rejoindre.

- Meuuuf faut trop que je te raconte ce que m'a dit Jay, il leur est arrivé un truc au pieu hahahaha tu vas trop rire !!

J'allumai ma cigarette et inspirai une grande bouffée, recrachant ensuite la fumée vers le ciel. Je tendis une cigarette à Emmy - elle avait l'air un peu à l'ouest, comme si tout d'un coup elle avait trop bu et qu'elle avait besoin de respirer, ce que je pouvais comprendre : on avait déjà bu au dîner et là on en remettait une couche, et avec l'atmosphère un peu chaude du pub ça remontait plus vite, je sentais que j'avais un peu chaud aux joues et que je parlais plus vite et que je riais plus qu'en temps normal, mais c'était agréable. J'avais l'impression d'être presque complètement détendu.

- Et donc alors l'autre soir Lizlor est rentrée plus tard de son taf et...

Non mais, en fait, Emmy n'avait vraiment pas l'air bien du tout ? Tout d'un coup je me rendis compte qu'elle était toute pâle, que ses lèvres étaient entrouvertes comme si elle avait du mal à respirer, que ses yeux brillaient trop.

- Emmy, ça va pas ?! Viens, assieds-toi deux secondes, j'avais tout de suite passé mes bras autour de son corps et la forçait doucement à se caler sur le trottoir. Ça va aller babe, comment tu te sens exactement ?

Parfois il suffisait juste d'attendre un peu ou de boire un peu d'eau, et je me mis à caresser doucement son dos et à la bercer contre moi.

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CHUCK CARLTON
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Emmy Yeats
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MessageSujet: Re: My feet won't touch the ground. (Chuck)   Dim 20 Aoû - 18:33

Chuck me parlait, j’entendais des bribes, des mots, et devant son visage brillait un petit point rougeâtre qui bougeait avec lui et son sourire et dont je n’arrivais pas à suivre les mouvements. Sa voix se perdait dans les bruits autour de nous, les gens qui riaient fort, et j’avais l’impression que mon cœur allait exploser hors de ma poitrine tellement il battait fort. J’entendais chaque pulsation, jusque dans mes oreilles, couvrant tout le reste. Etait-ce mon cœur ou la musique ? Pourtant, il n’y avait pas de musique dehors, si ? Je regardai autour de moi, bougeant trop vite ou trop lentement, je n’étais pas sûre…

- Emmy, ça va…. Hein, quoi ? Ah, Chuck, oui, Chuck… Viens, assieds… secondes… aller babe, comment tu… exactement ?

Je ne comprenais rien…

Il fallait que je me concentre sur ce que je pouvais sentir… Voyons, mon corps, il était encore là, les membres accrochés, bougeant mollement dans des gestes qui se décomposaient dans un kaléidoscope. J’étais assisse, ou peut-être étais-je tombée, le trottoir était frais et dur sous moi, je le sentais parce que c’était désagréable, mais Chuck était là, et ça c’était agréable… Il était tout près de moi et ses bras étaient comme des lianes qui m’encerclaient et me tenaient trop chaud, mais c’était lui, pourtant je n’arrivais pas à sentir son parfum, mon cœur s’emballa, je regardai Chuck, c’était lui, n’est-ce pas ?! Mais je n’arrivais pas à me concentrer sur son parfum, autour de moi la fumée des cigarettes consumées me brûlait les narines, et l’air était tellement lourd ! Jamais Londres ne m’avait paru si bruyant, si terrifiant, les lumières dans la rue faisaient des flashs qui pétillaient et roulaient le long de la route… Je secouai la tête, mes paupières de plomb papillonnant pour reprendre le contrôle de ma vision qui se floutait toujours plus.

C’était comme si quelque chose se répandait à moi, et si je le laissai faire… Tout à coup je flottai, et les bras de Chuck ressemblaient à des nuages dans lequel je disparaissais, et autour de moi tout était doré et tiède et rouge et doux, mon corps comme une petite bulle, m’arrachant des rires à répétition ; mais ma voix semblait sortir d’ailleurs, comme si je me regardais assise et j’étais au-dessus, complètement dédoublée, oh, c’était ça ?! Je m’étais vraiment coupée entre Emmy et Emily ?! Mais, eh, non, c’était mes mains et j’étais encore moi…

Je voulais lâcher prise et flotter très loin comme un petit ballon et quand je fermais les yeux et que tout tournait doucement c’était agréable et ça me faisait rire…

Et pourtant je n’arrivais pas à respirer, à bouger comme je voulais, ce n’était pas moi, pas mon rire, pas ma respiration, pourtant je voulais mais je n’y arrivais pas, et c’était pas amusant du tout, je n’avais pas envie de flotter, je voulais toucher terre, je voulais tenir Chuck dans mes bras sans avoir l’impression que mes mains se dissolvaient contre son teeshirt qui m’échappait. Pourquoi mes pensées ressemblaient à un fil emmêlé, à un serpent qui courait le long du caniveau et disparaissait sans que je l’attrape ?!

Je voulais me concentrer, et je n’y arrivais pas, et ce n’était pas moi, pas moi, pas moi.


- L’alcool, articulai-je avec une voix toute aiguë. C’est pas l’alcool, c’est pas l’alcool, répétai-je en suffoquant. J’avais trop chaud et ma veste m’étouffait mais je n’arrivais pas à l’ôter parce que mes bras ressemblaient à des chamallows, pourquoi je n’arrivais pas à faire comme je voulais ?! Pourquoi mon cerveau n’était pas connecté ?! J’arrive pas, m’exclamai-je et tout à coup c’était humide sur mes joues et ça sentait le sel et je voulais arrêter de pleurer parce que je voulais rire mais je ne voulais pas non plus et plus je pleurais plus ma poitrine se comprimait. Qu’est-ce qui m’arrive, qu’est-ce qui m’arrive ?!

Plus j’avais envie de retenir tout ce qui glissait plus mon cœur et mon corps paniquaient, c’était de plus en plus rapide, de toute façon, mes pensées à mille à l’heure, et la chaleur, et l’envie de rire, je n’arrivais plus à retenir et à aligner mes pensées. Tout ce qui émergeait, c’est ce que ce n’était pas moi, pas mon rire, pas mon cerveau, et ce n’était sûrement pas l’alcool qui me faisait ça. J’avais bu, mais je savais ce qu’il se passait quand j’étais ivre, ce n’était pas ça, et moins je comprenais plus cela me terrifiait. Mon cœur battait si fort qu’il allait finir par exploser comme de la dynamite. Est-ce que Chuck comprenait, pourquoi je n’arrivais pas à lui expliquer ? J’avais froid maintenant, et je grelottai, ou alors c’était parce que j’avais tellement chaud ?!

Il y avait quelqu’un au loin, ou devant moi, je n’étais pas bien sûre de la distance, mais il me regardait et je le regardais parce que je le connaissais sans le connaître.


- Mon verre…

Quand j’avais pris mon verre au bar, c’était lui, je le reconnaissais même s’il faisait tout noir et tout brillant autour de son visage et que mes yeux refusaient de se tarir. Ma main avait agrippé celle de Chuck, il me semblait, et je serrai fort parce que tout à coup ça me faisait peur, j’avais compris sans pouvoir formuler tant mon cerveau était devenu du plomb et mon estomac brûlant de bile. Mais Chuck avait bougé et mon cœur s’emballa sous sa membrane de métal, pourquoi il me laissait ?!

Les ombres bougeaient et j’entendis un bruit sourd et avec mon cri, parce que je n’avais pas compris, et est-ce que c’était Chuck par terre, et quelqu’un d’autre arrivait, et pourquoi je continuais à sangloter ; il y avait des boucles blondes partout et une main sur mon épaule, je me roulais en boule comme un petit animal craintif, pleurant de plus belle, ma respiration paniquée qui ne laissait passer qu’une syllabe entre mes lèvres, Chuck, Chuck, Chuck, pour qu’il revienne parce que j’avais peur.


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