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Soft Spot. (A.)

 

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 Soft Spot. (A.)

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Caitríona Baxter
Élève de 3ème année



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Date d'inscription : 20/11/2016

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Ami(e)s: ça change souvent - sauf Papa.
Âme soeur: ?? non merci ??

MessageSujet: Soft Spot. (A.)   Dim 2 Juil - 21:41

Je griffonnai quelques vagues sur le bord de mon parchemin, sentant presque l’embrun marin chatouiller mes narines, tant mes pensées dérivaient comme une bouée dans mes souvenirs de bord d’océan. Cela me manquait plus que jamais, surtout depuis que l’hiver était fini, j’imaginais les docks grisâtres mais la température clémente, le vent et les vagues, le bruit des mouettes et les passants qui viennent à nouveau se promener. Mon ventre gargouillait presque, en pensant au beignet frit, au fish and chips… Je poussai un soupir pas très discret, enfonçant mon menton dans la paume de ma main, essayant de me concentrer à nouveau sur ce que disait Kelsey. J’avais raté le dernier devoir de métamorphose, je ne l’avais même pas encore raconté à Boban parce que je ne voulais pas qu’il me gronde, et je savais pertinemment qu’il aurait fallu que je redouble d’attention, mais nous faisions un cours très théorique qui m’ennuyait. Mes pieds se balançant dans l’air, je tapotai le sol du bout de ma chaussure usée, recommençant à prendre des notes au lieu de dessiner. A côté de moi était assis Timotee, un garçon de Poufsouffle avec qui je trainais souvent. Il était un peu coincé, je crois que ses parents étaient super riches et qu’il avait pas l’habitude d’être débrouillard, mais il était gentil quand même, et surtout il ne s’était jamais moquer de Boban ou de mes vêtements abîmés. Dans la bande de Gryffondor que je fréquentais, tout le monde se chercher un peu constamment, et mon origine sociale était souvent quelque chose qu’on pointait du doigt pour m’embêter. Même si depuis que j’avais frappé cet abruti de Sam, les gens prenaient un peu plus de pincettes et ne poussaient jamais trop loin la plaisanterie.

- Tu viens tout à l’heure ? me souffla Timotee en se penchant vers moi, tandis que Kelsey avait le dos tourné.
- Tout à l’heure ? Où ça ?
- Le goûter pour l’anniversaire de Zack ? Dans les cuisines ?
- Je croyais que c’était demain ?
- Non, finalement c’est aujourd’hui, après le dernier cours. Daisy a dit qu’elle cuisinerait un gâteau !
- Depuis quand Daisy sait cuisiner ?
- J’en sais rien, elle a dit qu’elle avait appris à faire un super gâteau avec des bonbons explosifs…
- On va vraiment manger un gâteau aux bonbons explosifs que Daisy a fait ?...
Timotee me regarda d’un air interrogatif, et tapa l’épaule de Brienne qui était assise devant nous. Elle se retourna légèrement, soufflant un « quoi » curieux.
- C’est vraiment Daisy qui cuisine le gâteau tout à l’heure ?
- Je ne mange rien qu’aurait cuisiné Daisy,
répliqua Brienne en me jetant un regard entendu. On ricana.
- Mais je croyais que c’était demain l’anniversaire ?
- Non, Zack voulait aujourd’hui, sinon Sam ne pouvait pas venir.
- Quoi ?! Il a invité Sam ?!
Je poussai un nouveau soupir. Qu’est-ce que les gens trouvaient à ce type, ça me dépassait… Mais ce soir je dois aller voir mon père, ça m’arrange pas, expliquai-je, légèrement agacée.
- Bah, tu iras demain, tu t’en fiches, répliqua Brienne comme si c’était évident.
- Non parce que demain –

Mais je n’eus pas le temps d’expliquer que demain Boban avait une mission à Pré-au-Lard puis que je devais garder des crapauds, car Kelsey se retourna et nous nous tûmes, l’air de rien, accusant sans ciller ses sourcils froncés, signe qu’elle avait deviné que nous bavardions. Je me penchai comme si de rien était sur mon parchemin, mes cheveux épais cachant mon regard. J’étais embêtée, d’un côté, je n’avais pas envie de rater la fête d’anniversaire avec tous mes amis, de l’autre, j’avais promis à Boban que je passerais, surtout que ça faisait quatre jours que je n’avais pas pu venir le voir à part en coup de vent, à chaque fois j’avais des devoirs ou un truc avec mes amis, et si pour la plupart des gens, quatre jours sans voir son père, c’était limite une libération, c’était personnellement l’inverse. Sauf que si j’allais le voir ce soir, il allait falloir que je lui parle de ma note de métamorphose, et ça ne m’enchantait guère non plus. Mais en même temps, c’était vraiment le seul soir de la semaine où je pouvais le voir, et en ce moment, j’avais le moins en moins le temps de le voir, donc c’était bête de laisser passer cette occasion. Mais je savais aussi que si je ratais le goûter d’anniversaire, dont tout le monde allait parler pendant encore une semaine, j’allais être larguée…

Je pris un bout de parchemin neuf et écrivis avec application dessus « Boban chéri, je suis désolée, mais en fait après les cours j’ai l’anniversaire de Zack, et je ne peux vraiment pas le rater, il y aura tout le monde et tout.. ! Je sais que demain on ne peut pas se voir, et samedi après-midi il y a le match de Quidditch (on ira sûrement célébrer après, tous mes copains disent que Gryffondor va gagner !) mais peut-être dimanche midi on peut déjeuner ensemble ? Il faudra juste que je rentre réviser à la bibliothèque mon interro de sortilèges. Je passerai te voir demain midi rapidement si j’ai le temps, d’acc ? Tha gaol agam ort, ta Cat ».


- Qu’est-ce que ça veut dire tha gaole agsam orrrt ? Je posai ma main sur le mot brusquement.
- Eh, on t’a jamais dit que c’était malpoli de lire par-dessus l’épaule de quelqu’un ? M’énervai-je dans un murmure. Personne ici ne semblait comprendre le concept d’espace personnel et ça commençait franchement à me taper sur le système. A nouveau, je pensais aux docks, aux grands espaces, la liberté, l’anonymat, et Boban aussi. Ça me manquait. Déjà, tu as prononcé n’importe comment. C’est du gaélique écossais. Ça veut dire je t’aime, expliquai-je, avec un peu de fierté dans ma voix. Ces nouilles de petits riches anglais n’y connaissaient jamais rien en gaélique.

La fin des cours me sembla durer des heures, et ensuite, nous partîmes tous pour le goûter d’anniversaire de Zack qu’on avait prévu de faire dans le parc, après un premier arrêt dans les cuisines où Daisy se trouvait déjà. Elle avait visiblement sécher le cours de potions pour cuisiner avec son ami Alistair, et en arrivant, nous les découvrîmes en train de hurler et de rire autour d’un gâteau qui explosait et envoyait des paillettes partout sur le sol, au grand damne des elfes de maison qui essayait de nettoyer les dégâts. Tout le monde se mit à rire, alors que je ne pouvais pas m’empêcher de me sentir mal pour les elfes qui devaient s’occuper de tout. Alistair et Daisy étaient très gentils, mais ils n’avaient pas beaucoup d’empathie et d’intérêt pour les choses matérielles autour d’eux. Si je ne savais pas que Daisy vivait dans un HLM à Londres, j’aurais attribué ça à avoir été élevé avec une cuillère en argent dans la bouche – tout le monde à Poudlard avait un peu ce symptôme, et cela m’énervait énormément.

Je discutai un peu avec Brienne tandis que nous marchions tous vers le parc, et elle me racontait une histoire avec un Gryffondor plus âgé avec qui elle avait discuté à Pré-au-Lard ce week-end et sur lequel elle avait craqué. Il s’appelait Etienne et sa face ressemblait à un rectangle, mais je ne voulais pas couper sa joie, je la laissai donc parler et parler, commençant à nouveau à me sentir agacée – heureusement il y avait Isobel au loin qui comprenait le piège dans lequel j’étais et me faisait des grimaces pour me faire un peu rire. Ça m’aurait sûrement beaucoup plus amusé si elle n’avait pas ses nouvelles chaussures que sa tante lui avait offert et qui coûtait probablement plus que tout ce que je possédais dans mon armoire. Mais bref.

Décidemment, quelque chose me travaillait aujourd’hui et je n’arrivai pas à savoir quoi. Cela faisait quelques jours que j’étais un peu préoccupée, surtout depuis que je m’étais disputée avec deux garçons du groupe sur une histoire de Nimbus et de niffleurs qui, avec du recul, était stupide.

Sauf que non seulement ils se mirent à en reparler, mais la conversation se mit à dériver sur les vacances et sur où tout le monde allait aller. Zack racontait qu’il avait demandé pour son anniversaire un Nimbus, et qu’il voulait l’utiliser en Australie où ses parents l’amenaient cet été, ce à quoi Timotee répondit que « oh, l’Australie, c’est incroyable tu vas voir » et chacun y allait de son petit commentaire sur quel pays était le meilleur et pourquoi. Evidemment, tout le monde se moquait du choix de l’autre, Sam était « une tapette » parce qu’il adorait Venise ( ???? je détestais Sam mais j’étais assez intelligente pour savoir que ce genre d’insulte était débile, Boban m’aurait probablement arraché les yeux s’il m’avait entendu dire ce genre de choses) et Timotee adorait probablement le Japon parce que là-bas il avait tous une « bite aussi petite que lui ». Le niveau était décidemment très haut aujourd’hui. Je croquai rageusement dans ma part de gâteau  - celui au chocolat fait par les elfes, puisque je ne tenais pas à perdre mon palais avec celui de Daisy. Zack plaisanta sur mon été que j’allais sûrement passer « coincé à Poudlard », ce qui acheva de me mettre de mauvaise humeur. Sam se pencha à l’oreille de son voisin pour glisser quelque chose qui, j’en étais sûre, était une blague sur Boban qu’il ne voulait plus dire tout haut de peur que je l’égorge. Mon sang bouillonnait.

J’étais stupide. Ici, avec les autres, je ne me sentais jamais vraiment chez moi – et surtout, je ne l’étais pas la bienvenue.

Je laissai le goûter continuer, mais au bout d’une petite heure, j’annonçai que je partais rejoindre mon père – « oh le bébéééé » s’exclama Zack, faisant rire Brienne et Isobel, et je lui envoyais pour toute réponse un morceau de gâteau aux bonbons explosifs dans la figure. La vision de ses cheveux blonds en pétard, si bien coiffés habituellement, me mit un peu de baume au cœur.

Je marchai jusqu’à la cabane de Boban, espérant le trouver, et toquai en suivant notre petit code d’agent secret qui indiquait que c’était bien moi. Il ne tarda pas à ouvrir – derrière, sur la table, s’empilait une montagne de papiers administratifs qu’il était visiblement en train de remplir, le courant d’air de la porte ouverte les agita. Je lui sautai dans les bras, le serrant très fort. Son torse sentait son odeur, un mélange de terre, de fraîcheur, et quelque chose de très chaud et très fort, une vraie odeur de papa bien réconfortante. Je soupirai, rassurée un instant.


- Finalement, c’était trop nul le goûter, j’ai préféré venir, et puis tu me manquais trop, expliquai-je, touchant clairement sa corde sensible. Je peux rester, tu n’as pas trop de travail ? Demandai-je en lui faisant mes grands yeux doux pour l’amadouer.

J’étais certaine qu’il ne me dirait pas non, car j’étais persuadée que je lui manquai aussi, de toute façon. M’installant dans l’un des vieux fauteuils, je callai mes jambes sous mes fesses et commençai à jouer avec mes cheveux.


- On se fait un chocolat chaud ?

C'était un peu une tradition entre nous. Comme Boban s'agitait, je m'approchai, et lui tirai la manche pour qu'il vienne près de moi et qu'il s'installe sur le fauteuil, et moi sur ses genoux, mes deux jambes par dessus l'accoudoir. Les deux tasses volèrent jusqu'à nous, et je soufflai sur le liquide qui sentait bon le chocolat chaud de chez Honeydukes - j'avais offert un paquet à Boban il y a quelques semaines. C'était mille fois meilleurs que le celui premier prix qu'on achetait habituellement.

- J’ai passé la journée à penser à Ilverness et aux docks, ça me manque trop en ce moment, pas toi ? J’aimerais trop y retourner…

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Angus Baxter
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MessageSujet: Re: Soft Spot. (A.)   Mar 4 Juil - 17:31

Faire une folie : c’était quelque chose que je ne pensais jamais faire, quelque chose de réservé aux gens différents de moi, quelque chose à jamais en dehors de mes possibilités. Pourtant je l’avais fait, le paquet que je tenais en témoignais, et je rentrais de Pré-au-Lard avec un curieux sentiment de culpabilité mêlé à une excitation qui papillonnait dans mes veines. C’était mal, sans doute, mais j’étais heureux : pour la première fois je pouvais agir ainsi et je souriais sans pouvoir me retenir, imaginant d’avance la joie et la surprise sur le visage de ma fille. Depuis quelques temps enfin, mes finances allaient beaucoup mieux, j’avais mis un point d’honneur à rembourser et renflouer les casseroles que je me traînais ; notre train de vie était tel que je ne dépensais rien à part pour ma nourriture, si bien qu’enfin et pour la première fois de ma vie je sortais la tête de l’eau. L’effet était si soudain et inconnu qu’il m’en donnait presque des vertiges. C’était donc ça, vivre normalement ? Bien sûr je n’étais pas dupe – mon poste à Poudlard n’était pas infaillible et j’avais trop l’habitude des existences déséquilibrées pour me fier à cette vision parfaite et ne pas croire qu’elle durerait. Mais je savais que j’avais un peu de temps pour souffler. J’avais tout de suite pris la décision : ce mois-ci, je voulais faire la surprise à Cat et l’emmener faire les magasins pour lui acheter des chaussures et des vêtements, plus que je n’en avais jamais pu lui offrir. Elle grandissait et elle changeait, je voulais qu’elle se sente bien, et je voulais essayer de laver un peu ce qui nous collait à la peau, à savoir les vêtements d seconde main et les chaussures d’occasion, trop petites ou abîmées. Je ne pouvais pas prétendre à lui acheter uniquement des choses neuves et une foule de choses, mais c’était la première fois que je pouvais l’emmener une après-midi dans plusieurs boutiques, et ce sentiment m’emplissait de fierté. Nous l’avions bien mérité, au fond. La petite folie que je venais de faire était la clef de ma surprise : quelques week-ends auparavant, alors que nous nous promenions à Pré-au-Lard, elle avait repéré dans une vitrine un ensemble « trop cool », une jupe évasée argenté holographique (elle m’avait appris le mot) associé à un t-shirt simple jaune pâle à col rond. J’avais serré les dents et senti l’amertume de l’humiliation : un parent lambda aurait pu offrir cela à son enfant sans se poser de questions. Pas moi. Mais aujourd’hui, maintenant que j’avais la confirmation que mes comptes se stabilisaient, j’étais parti acheter la tenue en entier, en ayant tout de même l’impression, dans la boutique, d’être un parfait imposteur.

Depuis, je n’arrêtai pas d’y penser : j’avais hâte qu’elle passe une soirée avec moi pour lui donner son cadeau, et lui dévoiler mon plan. Rien ne comptait plus pour moi que lui faire plaisir.

Malheureusement, les choses étaient un peu compliquées que cela et ajoutait un peu de gris au ciel de mes journées. Poudlard était un endroit où il faisait globalement bon vivre, mis à part tous les petits détails qui me déplaisaient et me ramenaient sans cesse à ma « condition ». Mais j’avais beaucoup de travail et il me semblait que je jouais de malchance ces derniers temps : dès que j’avais un moment de libre, en fin de journée ou en soirée, c’était Cat qui était occupée. Elle révisait, ou bien elle partageait des moments avec ses camarades, ce que je ne pouvais qu’encourager. Sauf que j’étais si peu habitué d’être ainsi distancé d’elle que j’en devenais plus maussade qu’à l’habitude, plus solitaire aussi, si c’était possible. Récemment, Rose, que je n’avais pas trop vu ces deux dernières semaines, m’avait relancé pour que nous dinions ensemble. J’appréciais de plus en plus sa compagnie mais j’avais feinté deux excuses déjà, car potentiellement Cat devait venir me voir, et je ne voulais pas lui donner l’impression que je n’étais pas disponible pour elle. Elle était fragile malgré tout, et son caractère de battante ne l’empêchait pas d’avoir besoin de repères et de sécurité ; ce qui était mon rôle. Le reste, mes préoccupations, tout cela passait après.

Après avoir reçu sa petite lettre pour m’indiquer qu’elle se rendait en fête à un anniversaire, je me sentis un instant agacé : les élèves qu’elle côtoyait, j’en avais fait le tour maintenant, et je n’étais pas certain qu’ils soient très ouverts et très bienveillants avec elle, et subitement cela me contrariait beaucoup. Puis je pris sur moi et ravalai ma rancœur, Cat me manquait, voilà tout, et j’étais content qu’elle socialise et qu’elle s’amuse. Ce n’était pas les occupations qui me manquaient : je m’étais lancé dans le projet de remettre à jour toutes les archives du château, et je m’y attelai sans plus tarder, sautant même le repas sans y prendre attention. Ce n’était pas la première fois.

Après une bonne heure, les petits coups caractéristiques de Cat se firent entendre, et je me levai, vaguement inquiet. Pourquoi venait-elle ici finalement ? Elle me sauta dans les bras et je la serrai fort dans mes bras, lui piquant des baisers partout sur la tête et respirant cette odeur de crème et de sucre qui lui était si familière. En une seconde, elle m’avait redonné le sourire, et je me mis à la chatouiller pour l’embêter.


- Finalement, c’était trop nul le goûter, j’ai préféré venir, et puis tu me manquais trop. Je peux rester, tu n’as pas trop de travail ? Elle avait ce petit sourire qui me rendait incapable de lui dire non, et elle le savait très bien. Je la laissai s’installer sur le fauteuil. On se fait un chocolat chaud ?

- Quelle bonne idée ! Et pourquoi c’était nul, raconte-moi ? Moi aussi tu me manques mon petit chat, installe-toi je m’occupe de tout.

Plus guilleret, je laissai de côté ma pile d’archives et agitai ma baguette pour nous servir le bon chocolat chaud crémeux de chez Honeydukes et j’assortis le tout de quelques petits biscuits – tout d’un coup, la faim faisait gargouiller mon ventre. Je m’installai ensuite tranquillement tout contre elle et me mis à lui caresser les cheveux tandis qu’elle buvait sa tasse de chocolat, qui lui fit une petite moustache de lait que j’essuyai du bout des doigts. J’étirai mes jambes moi aussi, soupirant alors de plaisir, tout à mon aise.

- J’ai passé la journée à penser à Inverness et aux docks, ça me manque trop en ce moment, pas toi ? J’aimerais trop y retourner…

- Hmmm ? J’avais à moitié écouté, buvant à mon tour et grignotant un petit gâteau. Nous étions si bien installés que tous mes muscles se détendaient et que je sentais la fatigue prendre possession de mon corps. Eh bien, on pourra peut-être y retourner quelques jours, pendant les vacances par exemple, qu’en penses-tu ?

Je faisais mine de rien, comme si cette proposition était toute naturelle, mais une nouvelle fois de la fierté s’empara de moi. Du bout des doigts, je gratouillais la tête de Cat comme un petit chat, laissant mes pensées vagabonder.

- Tu ne m’as pas dit tes dernières notes, ça a été ? Et tu as réussi ton devoir de Potions ?

Pour l’instant elle se débrouillait plutôt bien et j’en étais très fier ; j’avais hâte d’en savoir un peu plus sur sa vie de ces derniers jours, et je pensais à son cadeau que j’allais ensuite lui donner et qui la rendrait excitée comme une puce, pour ma plus grande joie.

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