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Heaven in hiding (H.L)

 
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 Heaven in hiding (H.L)

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Daniel O'Brien
Assistant de Défense contre les Forces du Mal



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Date d'inscription : 03/09/2014

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MessageSujet: Heaven in hiding (H.L)   Lun 5 Juin - 18:57

https://www.youtube.com/watch?v=zB6oIdz_ZXo

And when you start to feel the rush
A crimson headache, aching blush
And you surrender to the touch, you'll know
I can put on a show, I can put on a show
Don't you see what you're finding?
This is Heaven in hiding, oh

And when you start to look at me, a physical fatality
And you surrender to the heat, you'll know
I can put on a show, I can put on a show
Don't you see what you're finding?
This is Heaven in hiding
This is Heaven in hiding, oh



Le soleil brûlait le ciel tout entier, dont les teintes orange et bleutées filtraient à travers les carreaux de la salle de bain des préfets. Si le ciel irlandais me manquait, j’aimais bien celui d’ici, les couleurs étaient différentes, mais toujours aussi belles. Lorsque je vivais à Dublin, j’avais toujours l’impression qu’il manquait quelque chose, les lumières de la ville polluaient la nuit et sa noirceur, les étoiles étaient moins visibles et jamais je ne sentais vraiment le monde endormi autour de moi. C’était quelque chose que j’aimais tout particulièrement, ce silence, le noir opaque autour de moi, éclairé de quelques étoiles lorsque les nuages capricieux le permettaient, et surtout, cette sensation de calme, puisque rien ne vivait plus la nuit, seulement les insectes qui voletaient dans l’herbe, et le bruit des rapaces nocturnes. Il m’était arrivé plusieurs fois de sortir discrètement lorsque tout le monde dormait chez moi pour aller m’allonger dans l’herbe humide, ou marcher le long du ruisseau dont l’eau fuyante était le seul bruit que je pouvais percevoir aux alentours. J’étais le roi du monde dans ces moments, enfin seul, loin de ma famille aimante mais bruyante, de ses responsabilités, de la pression du monde. Je n’existais que pour moi-même, et si je n’avais pas eu tant besoin d’être reconnu par les autres, cela aurait pu me suffire. Adolescent, ces escapades la nuit avait le goût des secrets et des douleurs de cet âge ingrat, je me sentais particulièrement dramatique, tel un poète aux rêves écorchés. Avec du recul, je souriais à mes sentiments stupides et leur exaltation, mais pourtant, dans la nuit douce et fraîche, ils y avaient été en sécurité.

Heather tourna légèrement son visage vers le mien, ses cheveux glissant dans la surface de l’eau, et me lança un regard que je connaissais bien. Elle me demandait silencieusement à quoi je pensais. Si j’avais été comme elle, sincère et fière, je lui aurais raconté les histoires de l’adolescent que j’avais été, celui qui s’enfuyait dans la nuit noire, qui s’y sentait vivant et loin du reste. Mais comme toujours, les mots ne se formaient que dans mon esprit et n’osaient pas sortir. Je lui fis un petit sourire sûrement énigmatique, et j’embrassai son front pour toute réponse avant de m’appuyer à nouveau contre la faïence de la baignoire, ramenant le corps d’Heather contre le mien. Son dos était contre mon torse, ses cheveux me le chatouillaient doucement et j’en attrapai une mèche du bout des doigts, tout doucement, avant de glisser mes doigts dans le cou d’Heather dont la finesse de la peau m’attirait toujours étrangement. Je la massai légèrement, laissant mes pensées dérivées à nouveau, la sensation d’Heather sous mes doigts me maintenant comme toujours dans la réalité.

Nous avions tous les deux pris nos habits pour nous préparer pour la soirée, et comme d’habitude, il me fut impossible de ne pas embrasser violemment Heather dès qu’elle eut enfilé son ensemble de lingerie. Son corps était léger, mes ongles enfoncés dans la peau douce de ses cuisses, et plus elle soupirait plus je devenais fou. J’adorais la façon qu’elle avait de balancer son visage en arrière, ses cheveux devenant une cascade enflammée, et son cou exposé que je pouvais plus qu’embrasser. Sa peau était chaude sous mes doigts et je rêvais de m’y fondre, comme s’il fallait que je ne sois plus qu’un avec elle. Une fois le feu consumé, je la reposai doucement sur le sol, non sans l’avoir enlacé longuement, le visage dans son cou, son dos contre le mur de pierre.

Comme toujours quand nous sortions, elle était toute apprêtée, faisant probablement exprès de me rendre fou alors que je ne pouvais pas la toucher. La tension était toujours grisante, quoique frustrante parfois. J’avais pris l’habitude de ce jeu secret, de nos regards, des sous-entendus, mais parfois, je réalisai que j’avais simplement envie de glisser ma main dans la sienne. Mais comme toujours, je la lâchai une fois que nous sortîmes de la salle de bain discrètement. Pour me venger de sa belle tenue, j’avais détaché mes cheveux, et je portai une chemise qui moulait mes larges épaules. Dehors, le ciel continuait de s’embraser dans un magnifique coucher de soleil de printemps. Il faisait bon, et j’ouvris ma veste pour laisser le vent s’infiltrer, et nous discutâmes joyeusement avec Heather. C’était l’anniversaire d’un ami de James que nous avions l’habitude de côtoyer lorsque nous sortions tous ensemble le week-end à Pré-au-Lard, et la fête promettait d’être animée, ce qui me rendait toujours un peu méfiant et Heather impatiente. Arrivés au bar, nous allâmes directement vers le groupe pour souhaiter à Nathan un joyeux anniversaire, puis la table commanda une tournée de pichets de bierraubeurre. Dans le fond, un petit groupe jouait des chansons sur lesquelles se secouaient un tas d’adolescentes sur la piste de danse.

La soirée commença comme à chaque fois, un jeu d’alcool fût lancé, certains partir fumer dehors et discuter, et de nouvelles personnes arrivaient au fur et à mesure. Je participais au jeu de cartes, et Heather partit dehors un instant pour fumer avec Jay, Chuck et Emmy, non sans me lancer un regard discret mais appuyé qui me proposait de me joindre à eux. Mais j’étais lancé dans la partie, et je fis un petit signe de la tête et un sourire pour refuser sa proposition. Mais lorsqu’ils revinrent, Heather était accompagnée de quelqu’un que je ne connaissais pas, qui s’avéra être Simon, le colocataire du barman – il s’appelait Theo et je ne l’appréciais pas beaucoup, il me paraissait beaucoup trop gentil, voire carrément naïf, et j’avais l’impression que ça cachait quelque chose, ou peut-être n’aimais-je pas spécialement qu’il semble si bien s’entendre avec Heather. Peut-être que j’associai directement Simon à Theo, me rendant méfiant, mais je ne pus m’empêcher de lui jeter des coups d’œil insistant tandis qu’il discutait avec Heather. Je n’étais pas stupide, je voyais bien qu’il lui souriait et essayait de la faire rire, et Heather, comme toujours dès qu’on lui prêtait un peu attention, riait et minaudait. Ce n’était même pas spécialement sa faute, elle était juste toujours comme ça, terriblement séduisante, avec un regard qui donnait envie de l’entraîner dans un coin sombre du bar. Ou en tout cas, c’était ce qu’il me faisait, surtout lorsqu’elle me regardait à la dérobée, et me souriait d’un petit air taquin. Mais petit à petit, je me refermai, énervé de la voir si bien s’entendre avec Simon qui, après plusieurs partis de cartes, proposa que nous allions tous danser, ce qui enchanta Heather et m’énerva un peu plus. Je pinçai les lèvres discrètement, étrangement énervé, et refusai d’aller danser.

La soirée commença à paraître bien moins amusante que prévu, ma mauvaise humeur devenant plus compliqué à cacher. Evidemment, je fis quelques efforts, je discutai un petit moment avec Emmy dont l’humeur joyeuse était habituellement contagieuse, j’acceptai une revanche aux cartes avec un petit groupe, commandai deux autres pintes, et j’évitai de trop fusiller du regard Simon. Lorsqu’Heather se retrouva à côté de moi en cours de soirée, je glissai ma main le long de sa cuisse discrètement, me sentant quelques minutes un peu plus calme, comme si j’avais de nouveau affirmé qu’elle était bien mienne, bien que personne ne puisse vraiment le constater – et surtout pas Simon, qui continua son petit manège. Vers minuit, alors que la fête battait son plein, j’avais un goût métallique dans la bouche. Sans que je puisse vraiment me l’expliquer, j’étais en colère, et je n’avais pas envie de rester, de prétendre rire. La conversation s’était lancé sur les années de jeunesse à Poudlard, les anecdotes qu’ils avaient tous partagés, et c’était le petit détail de trop. J’attendis poliment une échappatoire, un moment d’entre-deux ; Chuck et Emmy voulaient retourner danser et j’en profitai pour me lever pour aller chercher ma veste et partir. Dans le mouvement des gens qui partaient danser, fumer ou chercher une autre bierraubeurre, je me penchai vers Heather.


- Je rentre, mais je vois bien que tu t’amuses, je me retins de jeter un coup d’œil vers Simon, on se voit demain, achevai-je d’une voix sèche, bien décidé à rentrer et à oublier cette soirée qui s’était transformé en une source de colère imprévue et désagréable.

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My thoughts are crabbed and sallow,
My tears like vinegar,
Or the bitter blinking yellow
Of an acetic star.

Tonight the caustic wind, love,
Gossips late and soon,
And I wear the wry-faced pucker of
The sour lemon moon.

While like an early summer plum,
Puny, green, and tart,
Droops upon its wizened stem
My lean, unripened heart.
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Heather Lass
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Localisation : Un peu d'intimité, c'est possible, oui?!
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Particularités: Irlandaise et fière de l'être & Animagus non déclaré (renard polaire)
Ami(e)s: Les meilleures sont un peu épartillées, mais elles restent : Lyra, Megane, Haley, Lilian, Katie, Gab
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MessageSujet: Re: Heaven in hiding (H.L)   Dim 11 Juin - 16:04

Spoiler:
 


Quand les pieds d'Heather touchèrent à nouveau le sol de la salle de bain, elle sentit quelque chose l'étourdir, comme une vague qui revient violemment sur le rivage, et dut s'accrocher à Dan quelques secondes. C'était souvent ainsi lorsqu'il la prenait contre lui et la serrait de la sorte, en la soulevant contre un mur : ses muscles l'enserraient si fort qu'Heather se sentait compressée, broyée, ce qui amplifiait chacune de ses sensations, tout en effaçant les limites pour quelques minutes. Parfois, après, elle se rendait compte que sa peau était rouge ou que son corps lui faisait un peu mal, alors qu'elle n'avait pas du tout eu mal pendant leur étreinte. Mais c'était ainsi : la puissance de Dan, surtout quand il lui laissait libre court, était bien plus forte qu'elle. Après qu'elle ait repris ses esprits, donc, Heather ré-enfila en souriant ses sous-vêtements (les coups d'oeil de Dan la faisaient toujours rosir de plaisir) puis mit la robe qu'elle avait choisie pour ce soir, d'un vert émeraude satiné, de forme patineuse dont les bretelles en haut dessinaient quelques lignes graphiques. La robe s'arrêtait au-dessus de son genou, et elle chaussa des bottines fines à talons, noires, puis se vêtit d'une veste en cuir noire qui s'arrêtait à sa taille. Après quelques hésitations - et aussi parce que Dan, bien conscient de l'effet qu'il produisait sur elle, avait laissé ses cheveux détachés - elle finit par onduler parfaitement ses cheveux à l'aide de sa baguette magique. Épais et brillants, ils lui tombaient sur les épaules telles de longues flammes cuivrées, qui captaient au passage toutes les lumières du soleil couchant.

En chemin, ils discutèrent tranquillement, de tout et de rien. Heather se sentait le coeur léger - non seulement dernièrement avec Dan tout était plus simple, plus fluide, comme si petit à petit les confidences et les journées partagées ensemble les rapprochaient un peu plus. Il y avait quelque chose d'indéfinissable en plus (de la tendresse ? de l'attention ? de la confiance ? un peu des trois) et si Heather le sentait, elle sentait également que ce petit quelque chose achevait, jour après jour, de la rendre encore plus follement amoureuse de Dan. Pourtant il restait qui il était, avec sa froideur, sa distance, son orgueil et tous ses défauts, mais plus elle se sentait proche de lui plus ces défauts la touchaient et l'attendrissaient, et elle fondait comme neige au soleil. Emmy se moquait évidemment d'elle, gentiment, de cette attitude qu'elle qualifiait de midinette, mais Heather n'y pouvait rien ; elle ne savait pas aimer autrement et de toute façon, il y avait quelque chose dans la personnalité de Dan qui la fascinait et la subjuguait, et elle ne pouvait pas lui résister.

Durant la soirée, comme à leur habitude, ils vaquèrent chacun un peu partout dans la salle, parfois ensemble et parfois non. Il y avait toujours un petit instant d'adaptation - Heather se savait sociale et sans aucun problème pour évoluer dans une foule de gens et s'y faire une place, et surtout se faire apprécier, quand c'était une chose plus difficile pour Dan, plus en recul et plus inaccessible, plus fermé aux autres aussi. Elle ne voulait pas avoir l'impression de lui prendre la main mais elle essayait toujours de le mettre à l'aise ou de l'intégrer aux mieux, tout en restant discrète - elle ne voulait pas qu'il s'en rende compte. Heureusement, ce soir était une fête avec leur groupe d'amis en commun, qu'ils connaissaient plutôt bien ; Dan allait de lui-même vers les gens tandis qu'Heather papillonnait un peu partout. Parfois, quand ils se retrouvaient côte à côte, elle sentait une pression de sa main sur sa cuisse ou dans le bas de sons dos (son rythme cardiaque s'accélérait) ou bien elle lui piquait un baiser sur la joue ou sur les lèvres, ils échangeaient un regard plutôt brûlant, et reprenait leurs discussions. Heather profita de la piste de danse, discuta un peu avec tout le monde et notamment avec Simon, un ami de Theo qui la faisait beaucoup rire et qui partageait les mêmes goûts qu'elle en matière de fête et de danse. Elle se rendait compte qu'elle lui plaisait et qu'il essayait de la séduire, mais tout en souriant et en restant charmante, elle restait sur ses positions et ne lui laissait pas d'opportunités concrètes. Elle passa aussi une bonne partie de la soirée à rire et à danser avec Emmy puis Emmy et Chuck, et ne manqua pas de jeter des coups d'oeil appuyés et hystériques à son ami dès que Chuck tournait le dos. Quand l'air devenait trop chaud, elle accompagnait le petit groupe qui sortait fumer pour se rafraîchir, cherchant toujours, à chaque instant, Dan des yeux, pour lui sourire ou venir vers lui. Il y eut ensuite un petit creux dans la soirée et chacun se posa pour boire tranquillement, discutant de choses et d'autres, puis on en vint aux années Poudlard, ce qui donna lieu à de belles anecdotes. Heather, égayée par l'alcool et les idées un peu vagues, ne manqua pas de se raidir légèrement : Dan n'allait pas apprécier, et elle n'avait pas envie qu'il se sente mis de côté. En vain, elle chercha son regard, mais il lui échappait, et la ride qui s'était formée entre ses deux yeux ne présageait rien de bon.

Finalement, il attrapa sa veste et signifia qu'il voulait rentrer :


- Je rentre, mais je vois bien que tu t’amuses. On se voit demain.

Sidérée et prise de court, Heather, son verre à la main qu'elle terminait avant de retourner danser, hésita une fraction avant de balbutier :

- Hein ?! Mais...

Il était déjà sorti du bar. En quelques larges enjambées, il avait gagné la porte et s'était glissé à l'extérieur. Heather sentit son coeur se crisper et, un peu tremblante (de colère ? d'agacement ? de crainte ?) elle posa son bar et courut à la suite de Dan, sans prendre le temps de prendre sa veste au passage. Il faisait bon, mais les soirées fraîchissaient vite, et aussitôt elle sentit l'air froid l'envelopper, mais elle continua.

- Dan !! Attends ! Mais qu'est ce qui te prend ?!

Elle ne parlait pas méchamment mais un peu brusquement tout de même, car elle ne comprenait pas (la discussion sur Poudlard avait-elle suffi à basculer les choses ?! Ou bien Dan avait-il cru qu'elle l'évitait volontairement ?!) et elle le trouvait un peu malpoli de s'en aller comme ça comme un voleur, sans s'expliquer, sans prendre en considération ce qu'elle voulait de son côté. Ils ne s'étaient rien dit, certes, mais elle s'était évidemment imaginé qu'ils rentreraient ensemble, comme d'habitude...

Le rattrapant enfin, elle lui attrapa le bras pour le tirer en arrière et le faire se retourner pour l'empêcher d'avancer (bien consciente que son geste était un peu ridicule car il avait l'ascendant physique). Plantant ensuite les mains sur ses hanches, elle tempêta :


- J'ai fait quelque chose de mal ou quoi ? Pourquoi tu t'en vas comme ça, on rentre ensemble généralement, non ? Si tu t'ennuyais pourquoi tu n'es pas venu me voir avant ? Tu sais très bien que si tu ne t'amuses pas dans une soirée, je ne préfère pas y rester sans toi, ce qui m'intéresse c'est de passer des bons moments avec toi !...

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Daniel O'Brien
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MessageSujet: Re: Heaven in hiding (H.L)   Lun 26 Juin - 21:21

La nuit m’enveloppa, de son noir teinté des lumières de Pré-au-Lard, dont la rue principale était beaucoup trop animée et joyeuse pour mon humeur qui était devenue massacrante. J’évitais un petit groupe qui se trouvait à l’entrée du bar et qui fumait en riant, et m’engouffrait vers Poudlard, mes pas résonnant sur les pavés toujours humides de l’averse de l’après-midi. Mes pensées embrumées essayaient de s’éloigner sur la fin de ma soirée, mon lit aux draps froids sans la chaleur d’Heather, mais le sommeil salvateur qui calmerait ma colère grondante. Pourtant, je me connaissais trop bien, et le casse-tête qui allait se former en moi, la rancœur qui me rongerait et m’empêcherait de m’endormir, et cette perspective m’agaçait avant même de la vivre. Peut-être subissais-je trop violemment mes émotions négatives, malgré ma maîtrise de moi que j’avais cultivé toutes ses années, et cela m’insupportait encore plus, tel un cercle vicieux dans lequel je tournai sans m’arrêter. Quelque chose s’était déclenché en moi, j’en étais certain, la vision de Simon et Heather avait enflammé un brasier qui à présent m’animait jusqu’à me brûler. J’essayais de me rappeler de la nuit irlandaise, de l’odeur de la bruyère et le son du vent qui la caressait, et le calme que tout cela m’inspirait, la liberté aussi. Mais ici tout était trop différent, trop bruyant, et tout à coup cette vie que j’enviais tant habituellement m’insupportait.

- Dan !! Attends ! Mais qu'est ce qui te prend ?!

Heather m’avait suivi – quelque chose crépita de satisfaction en moi, comme si au fond, je n’attendais pas moins d’elle. Je ralentis légèrement le pas, ne sachant pas tout à fait ce que je voulais, car si stupidement j’espérais qu’elle me suive, j’avais aussi envie d’être seul pour tout compresser et avaler. Pourtant, le feu me léchait les lèvres et n’attendait que de sortir, continuant de brûler dès que je songeais à la soirée, au rire d’Heather et aux manières de Simon. Je savais Heather séductrice, j’étais le premier à apprécier son petit jeu et à savoir qu’il était dans sa nature d’être ainsi, prête à être au centre de l’attention et d’y briller sans la moindre difficulté. En un sens, j’aimais cela chez elle, cela la rendait magnétique, quelqu’un que l’on désire et qu’on se délecte de posséder une fois qu’elle s’est nichée contre soi. Mais quelque chose m’avait rendu furieux, et je l’étais encore plus de ne pas savoir comment éteindre ce feu. Il fallait sûrement comprendre comment il s’était allumé, et je n’avais étrangement pas envie de me plonger dans tout cela maintenant.

Heather m’attrapa le bras, et je consentis à me retourner, lui donnant le plaisir de croire qu’elle pouvait m’arrêter. La lumière tamisé rendait ses cheveux légèrement éteints, et je remarquai qu’elle ne portait pas de veste malgré l’air frais, et cela me fit égoïstement plaisir – elle s’était donc dépêché de me rejoindre, sans s’inquiéter de la température.


- J'ai fait quelque chose de mal ou quoi ? Pourquoi tu t'en vas comme ça, on rentre ensemble généralement, non ? Si tu t'ennuyais pourquoi tu n'es pas venu me voir avant ? Tu sais très bien que si tu ne t'amuses pas dans une soirée, je ne préfère pas y rester sans toi, ce qui m'intéresse c'est de passer des bons moments avec toi !...

Ce n’était sûrement pas l’instant, mais je ne pus m’empêcher de la trouver tellement belle, les mains sur les hanches, ses cheveux en cascade, son torse bombé, la façon dont elle tenait sa tête droite et lançait des éclairs de son regard habillés de longs cils. Elle rayonnait de cette fierté dont elle ne se séparait jamais vraiment, qui m’avait toujours attiré chez elle. Si je n’avais pas écouté le reste, je me serais approché et je l’aurai embrassé, sans prendre le temps de nous cacher et de craindre les passants, j’aurais glissé ma main dans son dos et serré fort pour qu’elle se rappelle qu’elle était mienne. Mais toute l’attirance que j’avais pour elle ne suffisait pas, malheureusement ou non, et ma mâchoire serrée me ramena rapidement au présent. J’haussai les épaules, comme pour calmer le jeu, car au fond, je n’avais pas vraiment envie d’avouer ce que je n’arrivais toujours pas à nommer. Dans un pressentiment étrange, je sentais venir un aveu de faiblesse que je refusais en bloc.

- Mais non, je ne m’ennuyais pas, c’est pas ça, répliquai-je, bougon.[/i] Et arrête, tu n'avais pas spécialement envie de passer des moments avec moi, tu étais bien occupée de ton côté et visiblement en bonne compagnie.

C'était donc juste cela, de la jalousie aussi simple que maladive ? Je n'étais pas surpris, je me connaissais, et ce n'était pas la première fois que je supportais mal que l'on s'approche de quelque chose que je considérais comme m'appartenant. Lorsque j'avais été en relation à distance, cela avait l'un des aspects les plus compliqués à gérer, ma jalousie empoissonnant les moments les plus innocents. Je me rappelais des disputes que cela entraînait, des "mais faut moi confiance !" et il me semblait que c'était bien là tout le problème - faire confiance.

- C'est bon tu peux y retourner, on se verra demain, et en plus tu vas attraper froid, notai-je, devinant les frissons qui couraient le long de ses bras jusque dans sa nuque tiède et blanche que j'avais envie d'embrasser.

Mais Heather ne semblait pas en avoir fini, ce qui ne m'étonnait pas d'elle, tétue comme elle était. Je poussai un soupir.


- C'est débile, prends ma veste au moins !

Je lui tendis, laissant le froid caresser ma chemise qui me couvrait tout de même plus que la petite robe d'Heather, que je trouvais parfaitement à mon goût, comme toujours.

- Tu sais très bien que j'allais remarquer ton petit manège avec Simon et que ça allait m'agacer. Je me demande comment cet abruti peut penser avoir ces chances d'ailleurs, mais c'est une autre histoire... Peut-être qu'au fond je n'étais pas si sûr qu'il n'ait aucune chance, et c'était là le problème aussi. J'haussai les épaules. Bref, tu savais très bien que ça allait m'agacer de ne pas pouvoir lui rappeler que tu étais à moi, mais c'est bon, tu es une grande fille tu fais ce que tu veux, mais excuse moi de ne pas avoir spécialement envie de rester sans pouvoir faire grand chose.

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MessageSujet: Re: Heaven in hiding (H.L)   Mar 27 Juin - 16:26

- Mais non, je ne m’ennuyais pas. Et arrête, tu n'avais pas spécialement envie de passer des moments avec moi, tu étais bien occupée de ton côté et visiblement en bonne compagnie.

Plantée devant lui dans une attitude clairement opposée à lui, Heather sentit ses yeux s’agrandit sous le coup de la stupeur. Pas envie de passer des moments avec lui ?! Et en bonne compagnie ?! Mais c’était le monde à l’envers ! Une rage sourde tapissa l’intérieur de ses entrailles, tandis qu’elle sentit des larmes d’injustice lui picoter les yeux, qu’elle s’empressa de ravaler. La mauvaise foi de Dan, comme souvent, était à toute épreuve. Avait-il seulement conscience des bêtises qu’il lui disait, quand depuis des mois c’était elle qui lui courait après et elle qui semblait bien plus en demander que lui ? Il était solitaire, mystérieux, il aimait sa petite vie et ne voulait pas s’afficher, c’était une chose, et elle l’avait acceptée. Mais retourner ainsi les choses à sa sauce pour se mettre dans la posture de celui qui était lésé sembla à Heather être l’affront de trop. Un torrent de mots, pas tous très sympathiques, lui monta à la bouche, mais elle sentit que la colère brouillait trop ses sens pour déverses ce qu’elle avait à dire tout de suite. Elle pinça les lèvres et le vrilla du regard.

- C'est bon tu peux y retourner, on se verra demain, et en plus tu vas attraper froid. C'est débile, prends ma veste au moins !

Ses yeux allèrent de la veste à Dan, mais elle ne bougea pas.

- Je n’ai pas froid, merci, dit-elle sèchement.

Un frisson vint contrer ce qu’elle venait d’affirmer et elle se sentit encore plus en colère, surtout contre elle-même. C’était une chose d’aimer se laisser dominer par Dan et d’aimer cela, mais c’en était une autre de vouloir s’affirmer face à lui et pas regarder de haut – avec lui elle avait toujours cette impression-là, de lui être inférieure en quelque sorte, par la taille et la stature évidemment, mais aussi par quelque chose d’indéfinissable ; peut-être ne s’en rendait-il pas compte mais le fait qu’il n’ait pas été à Poudlard et qu’il ait dû mener sa barque et se débrouiller tout seul, vivre des choses au moins aussi constructrices et plus adultes que sept ans d’études, lui donnait toujours l’impression qu’il était plus mature sur certains points.
Elle avait bien vu la différence : si Poudlard était son royaume à elle, Dan connaissait bien plus les us et coutumes du monde professionnel que tous les assistants qui débutaient, parce qu’il avait fait des stages qui lui avaient appris différemment la réalité du métier.


- Tu sais très bien que j'allais remarquer ton petit manège avec Simon et que ça allait m'agacer. Je me demande comment cet abruti peut penser avoir ces chances d'ailleurs, mais c'est une autre histoire... Peut-être qu'au fond je n'étais pas si sûr qu'il n'ait aucune chance, et c'était là le problème aussi. Bref, tu savais très bien que ça allait m'agacer de ne pas pouvoir lui rappeler que tu étais à moi, mais c'est bon, tu es une grande fille tu fais ce que tu veux, mais excuse-moi de ne pas avoir spécialement envie de rester sans pouvoir faire grand-chose.

Cette fois, elle sentit que la rage montait directement jusque dans son cœur et palpitait dans tout son corps ; elle croisa les bras d’un air de défi. Alors, c’était ainsi qu’il la voyait encore ? Capable de le trahir devant ses yeux ou de jouer avec lui ? Au fond elle était vexée – Dan n’avait décidément pas compris les sentiments qui l’animaient malgré tout ce qu’elle pensait laisser paraître – c’était lui qui était resté bloqué des années en arrière, et c’était elle qui devait se justifier, comme une coupable.

- MON petit manège ?! Non mais tu racontes vraiment n’importe quoi… Je m’en fiche de ce type, j’ai le droit de parler avec lui, de m’amuser avec les gens, tu as cru que j’étais ta chose ou quoi ? On est au 21ème siècle, je te rappelle que les femmes ont le droit à leurs libertés ! Est-ce que je te fais une scène dès qu’une fille te regarde, moi ? Parce que je pense que tu l’as remarqué mais toi aussi tu plais aux gens, ça mérite un procès peut-être ?!

Le pire au fond c’était cette histoire de confiance : encore et toujours, il ne lui en accordait aucune. Elle se sentit devenir toute petite à l’intérieur d’elle-même, comme si on la grondait. Si Dan ne lui accordait jamais un tant soit peu de sa confiance, comment pouvait-elle espérer continuer avec lui ?...

Heather battit des cils, chassant les quelques malheureuses larmes de toutes les émotions qui l’assaillaient et qui avaient réussi à monter jusqu’à ses paupières.


- C’est injuste ce que tu dis, moi je ne demande que ça de… De… Tout d’un coup elle buta sur les mots et sentit que ses joues se coloraient ; heureusement qu’il faisait sombre. C’est compliqué aussi parfois en soirée de faire attention à ne rien montrer alors que j’ai envie d’être avec toi !

C’était un risque à prendre et elle le savait, mais Heather ne pouvait pas supporter de continuer ainsi sans savoir si Dan avait au moins l’intention de lui faire un minimum confiance sur ce plan-là.

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MessageSujet: Re: Heaven in hiding (H.L)   Jeu 13 Juil - 21:58

Comme je m’en doutais, elle refusa ma veste, ce qui me fit lever les yeux au ciel – qu’est-ce qu’elle était entêtée quand elle s’y mettait ! Etions-nous condamnés à être deux mauvaises têtes qui se cherchaient sans arrêt ? Je me connaissais, j’avais toujours été colérique à ma façon, pourtant élevé dans une famille plutôt calme et soudée, loin des éclats et des disputes qui semblaient hanter les autres familles autour de nous. Chez moi, nous étions tous ce que nous avions, et si cette proximité apportait son lot de complication, elle nous empêchait aussi toujours d’aller plus loin que nous ne l’aurions voulu. C’était un instinct de protection de notre noyau, en quelque sorte. Mais cela avait nourri en moi un sentiment contradictoire, une forme de frustration ; comme toujours mon identité semblait limitée par ma condition, comme si ma personnalité ne pouvait grandir que sous les règles de ma famille, dans son intimité à la fois si spéciale et si exclusive. Je ne pouvais pas en vouloir à mes parents, ils faisaient du mieux qu’ils pouvaient, je ne pouvais pas en vouloir à mes sœurs, elles étaient mes meilleures alliées, et pourtant, il y avait quelque chose d’injuste qui m’écrasait et me donnait toujours envie d’hurler. Etait-ce pour cela que dans mes relations extérieurs, j’étais si capricieux, si exigeant ? Est-ce que j’utilisais Heather comme un exutoire ?

A cette pensée, des souvenirs explosèrent dans un coin de mon esprit, le corps d’Heather brûlant, mes mains qui le maitrisaient jusqu’à qu’elle en tremble, la violence de nos ébats, toute la pression qui se formait dans le creux de mon ventre jusqu’à qu’enfin le dernier soupir l’expire. Bien sûr que tout cela était une forme d’exutoire.


- MON petit manège ?! Non mais tu racontes vraiment n’importe quoi… Je m’en fiche de ce type, j’ai le droit de parler avec lui, de m’amuser avec les gens, tu as cru que j’étais ta chose ou quoi ? On est au 21ème siècle, je te rappelle que les femmes ont le droit à leurs libertés ! Est-ce que je te fais une scène dès qu’une fille te regarde, moi ? Parce que je pense que tu l’as remarqué mais toi aussi tu plais aux gens, ça mérite un procès peut-être ?!

Excédé, je poussai un soupir. J’avais grandi avec trois sœurs, comme si je n’étais pas au courant qu’une femme avait le droit à sa liberté, elles m’auraient foudroyé sur place avant même que je puisse affirmer le contraire. La mauvaise humeur d’Heather nourrissait ma colère, mais plus que tout, j’étais frustré, pourquoi devions-nous toujours finir ainsi, à se crier dessus, elle n’avait qu’à assumer d’avoir voulu s’amuser de toute façon…

Je ne plaisais pas aux gens. Pas comme Heather, en tout cas. Elle… Elle était solaire, comme un immense brasier qui attirait la lumière et dégageait une chaleur aussi dangereuse que fascinante. Ce brasier prenait toute la place, emportait tout sur son passage, sans même le savoir. Heather était ainsi, toute en séduction, mais avec un naturel toujours désarmant, comme si au fond, elle ne calculait pas vraiment tout le charme qui débordait d’elle, de son sourire, ses gestes. Elle était complètement irrésistible, sans même faire exprès. Je n’étais pas aveugle, je savais que certaines filles me trouvaient beau, désirable peut-être, mais j’avais appris à cultiver l’image que je donnais de moi, sans jamais pouvoir m’en détacher. Tout était calculé, et au fond, il n’y avait rien de réellement plaisant, la séduction que j’opérais était toujours mécanique, bien loin du feu d’Heather. Elle était tout ce que je rêvais d’être sans jamais pouvoir me l’autoriser, ce mélange impossible de naturel et de séduction, dont je connaissais bien l’effet qu’il pouvait avoir – n’avais-je pas été épris d’elle dès notre adolescence, dès que j’avais compris ce que vouloir quelqu’un signifiait ? Pourquoi croyait-elle que je méfiais comme la peste de gens comme Simon, qui vivait simplement ce que j’avais vécu avant lui : la découverte d’un être mystérieux et tellement séduisant qu’il était difficile de s’en tenir éloigné.

Mais il était bien évidemment hors de question de lui avouer tout ça.


- Arrête de déformer mes propos, je n’ai pas dit que tu étais ma chose ! Mais ne me fais croire que vous parliez innocemment, il était clairement en train de te draguer !

Tout de même, il fallait être aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas le remarquer et l’admettre.

Mais au fond, ce n’était pas seulement la question, je le savais bien. Quelque chose de plus m’énervait, sans que je sache exactement quoi, et vu l’état d’Heather, je n’étais pas le seul à être affecté. Elle m’énervait, j’avais simplement envie qu’elle prenne ma veste et qu’on rentre tranquillement, ou qu’on se laisse tranquille, mais je n’avais pas envie de continuer dans cette direction-là, dans ce conflit stupide. Pourtant, c’était plus fort, comme toujours, il fallait de toute manière que j’ai le dernier mot. Malheureusement, Heather aimait l’avoir aussi.


- C’est injuste ce que tu dis, moi je ne demande que ça de… De… C’est compliqué aussi parfois en soirée de faire attention à ne rien montrer alors que j’ai envie d’être avec toi !

Sa voix s’était brouillée, et son regard voilé, comme si une fissure s’était formée sur sa carapace pourtant résistante. Elle ne demandait que ça ? De ? Mes yeux cherchaient les siens, mes sourcils froncés, comme pour être sûr que j’avais compris le sous-entendu. Depuis le début de notre relation, nous avions toujours aimé ce petit secret que nous formions, la tension quand nous étions avec d’autres personnes. En un sens, cela me permettait aussi de maintenir une distance avec elle, nous étions ensemble sans vraiment l’être, sans avoir à définir quoi que ce soit, et puisque mes sentiments pour Heather étaient toujours contradictoires, cela m’arrangeait évidemment. Mais je m’étais aussi mis en tête que c’était ce qu’elle désirait, et si j’étais parfois énervé à l’idée de ne pas pouvoir m’afficher avec elle, je n’avais pas cherché plus loin, au vu de notre commun accord… Accord dont nous n’avions jamais vraiment parlé, à vrai dire. Mais tout cela n’était pas mon fort, communiquer avec elle – avec les autres, avec moi-même.

- Mais moi aussi, je ne demande que ça, dis-je alors, pris d’un courage un peu stupide. Nous avions intérêt à parler de la même chose, ou je ne risquais pas de me remettre de la gêne.

Je m’approchai d’elle – ou plutôt, elle me laissa l’approcher – sans oser réellement la toucher. J’étais face à elle, mon corps vibrant comme un aimant que l’on approche d’un autre, le bout de mes doigts picotant légèrement. Un peu nerveux, je passai ma main dans mes cheveux, cherchant mes mots, avant de me raidir à nouveau. Il n’était pas question de perdre le contrôle. Par reflexe, mon torse se bomba légèrement.


- C’était excitant de se cacher au début, mais ça n’a plus vraiment de sens. De toute façon, on est déjà exclusif, non ? Tu n’as pas envie d’être avec quelqu’un d’autre, pas vrai ? C’était, je l’espérais, une question stupide. Elle avait dit qu’elle m’aimait, non ?... Cela me semblait toujours incongrue quand j’y pensais. En tout cas, à mes yeux, il n’y a que toi, avouai-je en haussant les épaules.

Il n’y avait qu’elle, et c’était à la fois évident et dangereux, songeai-je, comme si quelque chose flottait au-dessus de nous. Mais je n’y pouvais rien au fond – il fallait être stupide pour vouloir autre chose qu’elle.


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Heather Lass
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MessageSujet: Re: Heaven in hiding (H.L)   Lun 7 Aoû - 17:06

Heather sentit qu’elle commençait à avoir froid et qu’elle frissonnait, et maintenant qu’elle s’était à moitié livrée à Dan elle ne parvenait plus à contrôler les frissons qui remontaient le long de ses dos et secouaient peu à peu sa peau. Il va faire demi-tour et me lâcher, songea-t-elle subitement fataliste, il va revenir sur ses paroles et c’est ainsi que ça va se finir. En même temps, c’était presque couru d’avance : il était ainsi depuis le début, sombre et mystérieux et renfermé, et elle le savait très bien, pourquoi s’était-elle imaginer pouvoir le changer ? Le fait qu’elle le commence depuis toujours, et sûrement plus intimement que tous les gens qu’ils côtoyaient aujourd’hui ne changeait rien à l’affaire. Il lui semblait que quelque chose bloquait, quelque chose d’indicible et d’indéfinissable, un petit grain de sable invisible qui grippait toute la machine. Un poids s’abattait doucement mais sûrement sur ses épaules. Pourquoi fallait-il que tous les hommes de qui elle tombait amoureuse s’avéraient inaccessibles, insaisissables ? Sa bouche se tordit légèrement et elle dut de nouveau faire face aux larmes qui menaçaient de couler de ses paupières. C’était injuste, et plus que tout c’était bien trop douloureux : elle n’y avait pas songé avant mais en cet instant tout prenait sens et lui arrivait dans le visage avec une force trop longtemps retenue. Dan ne voulait pas d’elle, pas vraiment, sinon au fond pourquoi se serait-il comporté ainsi ? C’était une chose de faire attention à ne pas trop montrer leur relation car ils travaillaient dans le même endroit, mais c’en était une autre de refuser catégoriquement de s’afficher avec elle et de lui en faire payer les conséquences. Elle n’avait aucune envie de revenir à la soirée, mais il lui sembla que la meilleure des solutions était de tourner les talons et de le planter là, avec sa rage et sa jalousie, pour lui faire comprendre qu’elle n’avait pas besoin de lui s’il pensait ainsi.

- Mais moi aussi, je ne demande que ça, dit-il après un silence, qui se prolongea. Autour d’eux tout était sombre et seuls les bruits de la forêt qui bordait le petit chemin se faisaient entendre : le vent dans les branches des arbres, les sons du sous-bois dans la nuit.

Comment ça, lui aussi ?!...

Dan s’était approché subitement, et sa haute stature s’imposa à elle. Elle leva les yeux vers lui. Est-ce qu’il pensait au moins ce qu’il disait ? Est-ce qu’il comprenait ce que cela signifiait ? Elle n’en était pas certaine, mais dans le fond de son cœur elle venait de comprendre une chose : ce n’était pas possible pour elle de revenir en arrière et d’accepter sans rien de plus, ils étaient bien ensemble et elle le voulait pour elle, sans négociations, sans compromis, elle voulait pouvoir passer des soirées à ses côtés sans faire semblant et l’embrasser ou lui tenir la main si elle en avait envie.

- C’était excitant de se cacher au début, mais ça n’a plus vraiment de sens. De toute façon, on est déjà exclusif, non ? Tu n’as pas envie d’être avec quelqu’un d’autre, pas vrai ? Heather fit non de la tête, incapable de trouver les mots pour l’instant. En tout cas, à mes yeux, il n’y a que toi.

Un brasier avait pris feu à l’intérieur de ses entrailles – le même que Dan attisait toujours, par ses regards, ses baisers ou ses étreintes. Si elle frissonnait ce n’était plus le froid mais le délicieux sentiment que ce qu’elle désirait se concrétisait ; elle avait du mal à y croire, mais pourtant l’attitude de Dan, tout d’un coup bien différente, lui faisait palpiter le cœur. Ses mots étaient plus doux et moins agressifs, même s’il s’efforçait de garder contenance. Elle le connaissait par cœur et cela la fit sourire, sans plus attendre elle se pressa contre lui, faisant un pas en avant et rompant la distance qui les avait séparées. Entourant sa taille de ses bras, elle posa sa joue sur son torse, qu’elle sentait tendu, et ferma les yeux, tout à son aise. Elle ne dit rien pour l’instant, respirant seulement l’odeur masculine et profonde qu’il dégageait, et écoutant les battements de son cœur, enfouis derrière l’épaisseur des vêtements.

- Moi aussi il n’y a que toi, je n’ai pas du tout envie d’être avec quelqu’un d’autre ou même de m’amuser avec un autre garçon, c’est toi que j’aime, murmura-t-elle sans bouger pour autant. Je sais bien qu’on n’est pas obligés de montrer à toute l’équipe de Poudlard qu’on est ensemble et que ça peut être embêtant pour le travail, mais je n’ai pas envie de nous cacher pour autant, et puis de toute façon tous mes amis savent que je suis en couple avec toi ! On peut trouver un juste milieu, c’est comme tu veux, mais moi je suis fière d’être avec toi.

C’était drôle de lui dire cela ; lui qui pouvait être tellement orgueilleux parfois et à la fois elle le savait complexé par son parcours atypique. Mais justement, c’était quelque chose qu’elle admirait chez lui, et elle aurait aimé qu’il comprenne sa sincérité. Relevant le visage, sans défaire ses bras autour de sa taille, elle appuya son menton sur son torse pour le regarder. Elle pouvait distinguer l’éclat de ses yeux bruns, malgré la pénombre environnante, et les mèches de ses cheveux qui tombaient tout autour de son visage. La proximité de sa peau toute tiède lui tenait chaud et lui fit se rendre compte qu’effectivement il faisait froid ; elle se serra un peu plus contre lui.

- Tu m’embrasses ? C’était la meilleure méthode pour faire la paix, les connaissant – maintenant elle ne voulait plus qu’une chose, rentrer au château avec lui et finir la nuit dans ses bras, pour oublier tout cet accrochage et retrouver son équilibre.

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Daniel O'Brien
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MessageSujet: Re: Heaven in hiding (H.L)   Mar 8 Aoû - 23:01

J’étais sur le fil du rasoir, j’en étais bien conscient, les mots échappés dans l’air frais tout autour de nous ; avais-je bien compris ce qu’elle voulait ou m’étais-je stupidement emporté ? Il n’était pas question de l’avouer à Heather, mais ces questions sur notre relation m’avaient tourné dans la tête tard le soir, plusieurs nuits, tandis que mes yeux fixaient le plafond et que ma main caressait négligemment le dos d’Heather qui s’était pelotonné contre moi. Nous étions bien, tous les deux, l’un contre l’autre, il suffisait d’écouter les battements de mon cœur pour le comprendre et je ne pouvais le nier, mais quelque chose me faisait reculer à chaque fois que le mot « couple » se formait dans mon esprit. Pourtant, j’avais déjà eu une petite-amie, nous avions même eu une relation à longue distance, j’étais donc bien capable de m’engager. Ce que je vivais avec Heather ressemblait bien à être en couple, et… J’étais heureux. Un bonheur serein, discret, qui s’était infiltré dans les moments les plus brefs. Mais comme toujours, il fallait qu’une barrière s’installe, comme si je voulais toujours être ce spectateur dans sa tour qui refusait de réellement prendre part à la situation. Que craignais-je au fond, qu’Heather me trahisse, que je me ridiculise ? Je n’en savais trop rien, et surtout, je ne voulais pas le savoir. Les questions repoussées restaient sans réponse.

Etions-nous en couple ? Cette question-là avait une réponse, et elle se forma dès qu’Heather s’approcha de moi, pour se glisser dans mes bras. Je me sentis soupirer de satisfaction et l’entourer de mes bras, mes mains glissant le long de ses cheveux enflammés. Comme elle était plus petite que moi, je pouvais respirer le parfum qui émanait de son cuir chevelu. Il avait cet effet étrange sur moi, comme si mes muscles se décontractaient un à un.


- Moi aussi il n’y a que toi, je n’ai pas du tout envie d’être avec quelqu’un d’autre ou même de m’amuser avec un autre garçon, c’est toi que j’aime. Je sais bien qu’on n’est pas obligés de montrer à toute l’équipe de Poudlard qu’on est ensemble et que ça peut être embêtant pour le travail, mais je n’ai pas envie de nous cacher pour autant, et puis de toute façon tous mes amis savent que je suis en couple avec toi ! On peut trouver un juste milieu, c’est comme tu veux, mais moi je suis fière d’être avec toi.

En l’espace de quelques secondes, mon corps s’était crispé, relâché, puis crispé à nouveau, et il restait dans cet état étrange où je n’étais pas sûr de tout ce que je ressentais. Comment Heather faisait-elle pour déclencher de telles tempêtes, comme si elle était une sirène innocente dont les mots entraînaient mon âme au fond des océans agités, s’en rendait-elle seulement compte ?

Elle m’aimait… Le disait-elle facilement, le pensait-elle avec chacune de ses conquêtes ? Qu’est-ce que cela signifiait réellement pour elle… Comment pouvait-elle le dire avec tellement d’aisance, comme si c’était absolument normal ?! Elle avait sa tête contre mon torse, et il me fallait faire tous les efforts du monde pour empêcher de laisser mon cœur s’emballer. Mais ce qu’elle avait dit… « Je suis fière d’être avec toi », c’était impossible, l’organe rata à nouveau un battement et repartit de plus belle. Un flot de sensation que j’avais du mal à identifier déferlait en moi, mais au fond, c’était quelque chose qui primait et que je ne savais pas comment décrire, une impression de… D’être rassuré de quelque chose que je ne savais pas craindre, comme si Heather avait touché quelque chose d’enfoui que je n’osais pas même regarder. Heureusement, elle avait toujours le visage contre mon torse, et elle ne pouvait voir combien le mien était troublé. Je réussis à le recomposer avant qu’elle relève ses grandes émeraudes vers moi.

Il y avait tellement de choses que j’aurais voulu répondre ; lui dire que j’étais absolument d’accord avec elle, avec sa vision, que cela me rassurait, que j’aimais la manière dont elle voyait notre relation et son rapport aux autres, à notre travail, que j’étais touché par ce qu’elle me disait, que j’aurais voulu pouvoir lui répondre aussi facilement qu’elle que je l’aimais, que j’étais fière, et que j’étais désolé de ne pas savoir comment faire. Mais la barrière était toujours là.

Dis-le, abruti, murmura une voix en moi.


- Merci, murmurai-je pour toute réponse.

J’étais vraiment un abruti, parfois.


- Tu m’embrasses ?

Les mots n’étaient pas mon fort, mais c’était ma chance, je la saisis en même temps que la nuque fragile d’Heather pour approcher son visage du mien. Ses lèvres avaient toujours ce même goût qui m’électrisait, contractant toute ma poitrine, mais cette fois-ci, je décidais de l’embrasser autrement, loin de la fougue habituelle qui nous prenait toujours, cette fois-ci je l’embrassai avec tous ces mots que je ne pouvais pas dire, doucement, lentement, comme si je chuchotais tout ce que je ne prononçais jamais. Ma main glissé dans le bas de son dos ramena son corps plus proche du mien, dans une étreinte que je voulais tendre, et celle perdue dans sa nuque revint vers son visage pour en caresser la joue tout doucement. Je l’embrassai longuement, jusqu’à qu’enfin je lui ai tout dit, espérant terriblement qu’elle comprenne, et en m’écartant, je plongeai mon regard dans le sien. Ses yeux pétillaient, et je lui souris – elle savait, n’est-ce pas, combien j’étais terrifié d’être si heureux ?


(Terminé)

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