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"Put me in your blue skies or put me in your grey." [S.]

 
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 "Put me in your blue skies or put me in your grey." [S.]

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Apple Hunt
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Particularités: Je suis un ninja.. Si, regarde ce que je viens de faire ! ... tu n'as rien vu ?... justement... B-)
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MessageSujet: "Put me in your blue skies or put me in your grey." [S.]   Mar 16 Mai - 23:12

https://www.youtube.com/watch?v=4KgudQC3zFo

Light me with your candle
And watch the flames grow high
No, it doesn't hurt to try
It doesn't hurt to try

Well, I won't stop all of my pretending
That you'll come home
You'll be coming home someday soon

Put me in your blue skies
Or put me in your grey
There's gotta be some way
There's gotta be some way

Put me in your tongue tie
Make it hard to say
That you ain't gonna stay
That you ain't gonna stay

Wrap me in your marrow
Stuff me in your bones
Sing a mending moan
A song to bring you home



- Han kommer snart, rappelai-je à ma grand-mère, pour la sixième fois depuis une demi-heure, comme si elle avait oublié que Scott arrivait bientôt malgré mon insistance.

La petite pendule en bois indiquait cette fois-ci 13h56, et Mamie hocha la tête, appela Papi, et nous sortîmes tous les trois dans le jardin où était installé le portoloin. Je portai la robe à fleurs que Scott m’avait offerte pour mon anniversaire, et sous mes pieds nus, l’herbe me chatouillait. Mamie, habituée à faire les coiffures de Maman lorsqu’elle avait commencé le ballet dès ses cinq ans, avait noué mes cheveux en un élégant chignon, entouré d’une tresse. Le ciel était du même bleu délavé que mon vernis à ongle écaillé, et le soleil timide faisait briller la jolie couleur rose que prenaient à présent mes cheveux. Il y eut un « pop » à 14h précise, et l’instant d’après, Scott était là, reprenant son équilibre, l’une de ses mains tenant sa valise, et l’autre une vieille bouteille de bierraubeurre. Je lui laissai à peine le temps de la poser par terre, lui sautant déjà dans les bras, respirant le parfum de lessive fraîche de son tee-shirt. Nous ne nous étions pas vus depuis plus de dix jours, ce qui était un nouveau record depuis que les six derniers mois où nous étions devenus si proches. Je m’écartai, le laissant dire bonjour à mes grands-parents, qui insistèrent pour l’étreindre – un geste habituel chez les Suédois, j’avais prévenu Scott – encore plus après que Scott leur adresse un parfait « enchanté » en suédois, Mamie laissant échapper un petit rire de surprise. J’avais envie de rire aussi, toute excitée que j’étais de la venue de Scott, et nous l’entrainâmes dans la maison pour qu’il s’installe, tandis que je songeai à combien les dix prochains jours allaient être parfaits, bien loin de mes premières semaines d’été.

Je l’avais senti dès que j’étais arrivée dans la petite maison grise de banlieue où vivait toujours mon père et qui n’avait plus rien d’un « chez moi », le parfum de la mélancolie et de la mort qui semblait planer partout. Peu importe la couleur du ciel qu’on pouvait voir depuis notre tout petit jardin, il semblait toujours faire gris et froid dans la maison, comme si la chaleur humaine l’avait définitivement quittée. C’était peut-être parce qu’elle était résolument vide, à présent. La chambre qu’avait partagée Alex et Caro et celle de Kathleen étaient laissées à l’abandon, mes sœurs avaient amenés leurs affaires dans leurs appartements respectifs. Ma chambre n’avait pas bougé depuis l’été dernier, elle me semblait terriblement étrangère, pleine d’une innocence qui ne me correspondait plus. Dans mon placard se trouvait toujours un vieux gilet que j’avais emprunté à Maman et que je ne lui avais jamais rendu. Ça sentait le renfermé, car mon père ne pensait jamais à aérer. Il ne pensait pas à grand-chose, à vrai dire, si ce n’est se lever le matin, se faire livrer des plats surgelés qu’il empilait dans le frigo, et les feuilletons qu’il regardait le soir jusqu’à s’endormir devant. Ma présence ne changeait d’ailleurs pas grand-chose à ses habitudes.

Je détestais être ici, mon père n’avait pas d’ailleurs quasiment pas vidé la maison, les affaires de Maman était encore partout, comme si elle allait rentrer du travail une minute à l’autre et enfiler le tablier qui était accroché dans la cuisine. Je ne comprenais pas comment il pouvait accepter de vivre avec de tels fantômes, mais j’avais fini par accepter qu’à vrai dire, je ne comprenais simplement pas mon père, ni ce que ma mère avait bien pu lui trouver. Elle m’avait dit un jour que depuis la faillite de son entreprise qui nous avait obligés à quitter la Suède, il avait changé, et que c’était ainsi. Ainsi… Ainsi mon père était lâche, ainsi mon père avait laissé notre famille sombrer, ainsi on ne pouvait rien y faire. Parfois, quand j’y pensais un peu trop longtemps, j’en voulais presque à ma mère d’être restée avec quelqu’un pareil, elle qui méritait tellement mieux, mais la colère ne durait jamais longtemps, et se remplaçait toujours par une infinie tristesse, ponctuée d’amour pour ma mère qui débordait simplement d’affection et de rêves écorchés.  

J’avais cru aller mieux, car les derniers mois à Poudlard avaient été intenses, pleins de rebondissements, mais en réalité, m’occuper m’avait simplement empêché de contempler de trop près toute la tristesse ancrée en moi. Ici, c’était différent, j’avais retrouvé la solitude, l’impression toujours tenace d’être une étrangère dans ma propre maison, et bien vite ce qui me dévorait depuis la mort de Maman était revenu. Je passai énormément de temps à pleurer, sans raison particulière, simplement parce que tout à coup c’était trop, j’étais comme une bulle de savon qui éclatait, la détresse appuyait sur ma poitrine et coupait ma respiration. Parfois, tard le soir, alors que je pleurais seule dans mon lit, Freja contre moi, j’avais le sentiment que le trou dans mon cœur était tellement béant que rien ne pourrait jamais me guérir. J’avais tellement mal qu’une part de moi espérait que tout s’arrête, sans savoir vraiment comment, simplement que cela se calme, qu’enfin je respire ; mes pensées étaient toujours décousues dans ces moments, et tout convergeait autour de ce poids trop lourd qui brûlait mon cœur.

Mais la vie ne s’arrêtait pas, et je ne comptais pas m’arrêter non plus – c’était les mots que j’avais écrit dans une lettre à Scott, un soir où je n’avais pas eu le cœur à raconter ma journée comme si tout se passait bien. Je puisais une énergie dans des recoins que j’ignorais, et je continuais. Heureusement, mon camp de théâtre me maintenait la tête hors de l’eau, je m’étais rarement autant investie dans quelque chose, et cela avait payé, j’avais décroché le premier rôle de la pièce que nous montions, ma professeure semblait énormément croire en moi, et je passai des heures à m’entraîner, à lire, à regarder des vieux films, bref, tout ce qui me donnait l’impression de m’échapper dans cette bulle parfaite. Le reste du temps, j’enchaînais les babysittings pour mettre de l’argent de côté, j’aidais la voisine du bout de la rue à faire ses courses, je promenais des chiens, autrement dit, je faisais tout mon possible pour me faire un peu d’argent. Quand j’avais enfin un peu de temps libre, et que je n’avais pas juste envie de pleurer dans mon lit, je traînais avec Serghei dans le vieux parc du quartier, celui avec les balançoires cassés, et on essayait de renouer un peu doucement les liens. Etrangement, j’étais contente qu’il soit là, et je crois que c’était réciproque. A Poudlard, tout était si différent, mais ici, nous étions Apple et Serghei, avec nos habitudes, les mots par la fenêtre, les escapades nocturnes quand ses grands-parents dormaient – même ils étaient devenus plus indulgents sur notre amitié depuis que ma mère était décédée – et nos après-midis à lire dans l’herbe. Si mon retour à Liverpool me rappelait l’horreur de la perte de Maman, la présence de Serghei était tout à coup comme la seule constante agréable, et je me surpris à vouloir le voir de plus en plus. Evidemment, c’était encore étrange, un peu rouillé, mais c’était infiniment mieux que cette dernière année, ce qui nous faisait probablement du bien à tous les deux.

Je passai évidemment des heures à écrire à Scott – des petites cartes postales maisons, des lettres, des petits mots si je n’avais pas eu le temps de plus – oscillant entre ma tendance à dédramatiser mon été et une honnêteté étrange qui me prenait  parfois. Je l’avais vu plusieurs fois, j’étais même venue chez lui, et il était venu voir ma représentation de théâtre, ce qui m’avait énormément touché. Il m’avait d’ailleurs beaucoup complimenté sur ma prestation, ce qui avait achevé de me mettre aux anges. C’était étrange de ne plus le voir tous les jours, mais sa présence était toujours dans mon quotidien, comme un son qui tintait légèrement dans mes oreilles au milieu du bruit qui m’entourait.

Je jetai un coup d’œil à Scott, qui était assis sur l’un des sièges en plastique du bateau, et dont les cheveux étaient agités par le vent. Sa peau était légèrement moins pâle que d’habitude, tandis que la mienne restait résolument translucide, se couvrant simplement de tâches de rousseurs. Il avait remis le marque-page entre les pages de son livre, et regardait le paysage. A quelques mètres de lui, appuyée sur la rambarde, je profitais de son moment d’inattention pour le prendre en photo sans qu’il le remarque, et le polaroid magique ressortit discrètement, je l’agitai jusqu’à qu’apparaisse l’image, avant de glisser la petite photo dans le carnet sur lequel je notais nos vacances.

Il y avait eu de quoi noter, tellement que je ne savais pas par quoi commencer. Scott, bien qu’un peu timide, s’entendait bien avec mes grands-parents. Le soir, on restait parfois à discuter avec eux sur la terrasse, Mamie mettait un disque de jazz en fond – j’avais écouté plus de jazz en dix jours qu’en dix ans –Papi proposait à Scott de la liqueur magique suédoise, et ils discutaient de propriétés des champignons gris norvégien dans les élixirs et du fonctionnement des institutions magiques suédoises. Il faisait jour toujours tard, et j’aimais bien la couleur de la lumière du soir nordique, elle était tellement particulière… Quand elle éclairait le visage de Scott, j’avais l’impression qu’il brillait de partout, et je le trouvais très beau.

J’essayai de lui laisser son espace personnel, et pour l’une des premières fois de ma vie, j’avais réalisé que le silence n’était pas toujours mon ennemi, et qu’il ne traduisait pas toujours un malaise ou un ennui. Parfois, nous marchions avec Scott sans rien dire, dans les rues animées de Stockholm, jusqu’à que je lui raconte une anecdote ou lui pointe un bâtiment, ou nous nous installions dans des parcs où nous restions là à flâner sans avoir à meubler la conversation. A l’inverse, nous parlions souvent jusqu’à très tard le soir, dans la petite chambre que nous partagions. Scott avait insisté pour dormir sur le matelas et me laisser le lit, non sans que cela provoque une bataille, mais j’avais bien fini par capituler lorsqu’il m’avait à moitié tiré du matelas par le pied en riant. C’était étrange qu’il soit là, dans l’ancienne chambre de Maman qui avait été légèrement remise à neuf depuis le temps, mais qui portait encore son empreinte – sur les meubles se trouvaient des cadres avec des photos d’elle plus jeune, et même certains de ma famille lorsque j’étais petite et que nous vivions encore en Suède. Sur les murs, il y avait des fleurs magiques accrochées, qui semblaient aussi éternelles que les souvenirs de Maman qui planait ici. Je ne savais pas comment réagir au fait que je dormais dans cette chambre, quand tout ce qui me rappelait Maman me donnait envie de fondre en larmes, mais la présence de Scott était clairement bénéfique, j’avais l’impression qu’il faisait office de talisman la nuit, la façon dont il murmurait lorsque nous discutions alors que la maison était assoupie.

Cela faisait déjà plusieurs jours qu’il était ici, et nous avions bien exploré Stockholm, goûté la nourriture locale, nous avions même bu un verre avec mes amies d’enfance – sur qui Scott avait eu un effet assez impressionnant – et j’avais cette fois-ci décidé qu’il était temps d’explorer un peu en dehors des sentiers battus. Nous avions pris des vélos dans le garage, puis nous étions descendus sur le port, un peu en retard, après que Mamie nous ai aidé à préparer un pique-nique et tressé mes cheveux en deux parfaites nattes de chaque côté de mon visage. Ensuite, nous avions pris un petit bateau moldu en direction d’une jolie ile où j’allais souvent enfant, elle était dans mes souvenirs boisée, verdoyante, et remplie de fleurs et de jolies mélodies. J’avais mis mes baskets en toile iridescente argentée et violette que je m’étais payée avec mes économies, et sous mon vieux short en jean un peu trop petit et trop court et mon débardeur large, je portais un maillot de bain avec des boursoufflés pastels dont l’élastique était usé, mais qui avait bien fait rire Freja. Le soleil brillait haut dans le ciel, et je le regardai au travers des verres de mes lunettes en plastique rouge en forme de cœur, complétement kitsch, qui avaient appartenu à ma mère durant ses années « hippies » d’après Mamie.  

Nous arrivâmes sur l’ile, et comme il était bientôt l’heure de déjeuner, nous décidâmes de pédaler un peu jusqu’à trouver un endroit pour manger. Elle était plate, avec des chemins dans la forêt, qui me renvoyait étrangement à mes souvenirs d’enfance, et nous débouchâmes au bout de quelques kilomètres sur un petit bras de mer qui s’enfonçait dans la terre, avec une plage de galet. Je jetai un regard à Scott qui semblait parfaitement approuver le lieu. Un peu plus loin, une famille déjeunait tous ensemble, et leur petit garçon jouait à moitié dans l’eau.


- Tu veux pas qu’on se baigne avant ? Puisqu’après manger c’est pas bien d’aller dans l’eau, dis-je d’un ton taquin, faisant référence à une discussion animée que nous avions eu au sujet de se baigner ou non après le repas – Scott pouvait être tellement à cheval sur les règles parfois ! J’ôtai mes habits rapidement, et sortis de mon sac à dos mon tube de crème solaire, avant de jeter un regard vers la famille au loin. Le père nous fit un grand sourire et agita sa main pour nous dire bonjour, et je fis de même avant de me tourner vers Scott. Tu peux me mettre de la crème dans le dos du coup, s’il-te-plaît ?

Scott avait des mains immenses qui me donnaient l’impression d’être une petite allumette entre ses doigts, mais comme toujours il était très doux, et pris bien soin de ne pas oublier ma nuque et mes oreilles, ce qui me chatouilla et me fit rire. A l’inverse, mes petites mains et leurs doigts fins mirent un peu plus de temps à étaler assez de crème pour couvrir les épaules de Scott dont la largeur m’impressionnait toujours autant. Sa peau était tiède, fine et douce - cela me faisait un peu bizarre de la toucher, si bien que je m'efforçai d'être délicate. Finalement, comme nous étions prêt, on se dirigea vers l’eau claire dont la fraîcheur envoya une série de frisson le long de ma peau, mais je m’y jetai sans question, sans prendre le temps d’habituer mon corps, « Apple, c’est mieux de faire progressivement » allait sûrement me sermonner Scott, mais tant pis, si je me lançai pas, j’allais mettre mille ans à rentrer ! Je fis quelques brasses, mes nattes flottant dans l’eau, et revint en riant vers Scott qui avait de l’eau jusqu’au bas du ventre – il était tellement grand qu’il lui faudrait un moment avant d’être immergé complètement.

- Aaaah, tu vois, ça c’est l’expérience suédoise à 100% ! Un bon bain glacé, et ensuite on mangera la pâte de crevettes que Mamie a fait maison ! Franchement si avec ça tu es pas convaincu par la Suède, ris-je, avant de faire à moitié la planche, mouillant définitivement mes cheveux. Sur mes genoux exposés ne restaient aucune trace de ma chute de la veille en vélo, qui m’avait fait pleurer, et que Scott avait soigné d’un coup de baguette magique. Je lui jetai un coup d’œil en contrebas – peut-être que c’était ça qu’il faisait toujours avec moi : soigner les blessures.

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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: "Put me in your blue skies or put me in your grey." [S.]   Ven 19 Mai - 17:39

L’eau était glaciale ; glaciale mais claire comme j’en avais rarement vu, et elle étincelait sous les rayons du soleil. Ce qui m’avait le plus frappé depuis que j’avais mis les pieds en Suède, c’était la lumière et ses couleurs : incroyablement pure et incroyablement claire, toujours teinté de pastel et de petites touches vives, comme une jolie palette d’un tableau exécuté un jour d’été. Je m’étais très vite senti à mon aise dans ce pays où tout était délicat et recherché, j’y trouvais beaucoup de ressources culturelles et intellectuelles – il y avait tant à voir et à faire que je regrettais presque de n’être là qu’une dizaine de jours ! Apple était une guide très agréable – j’avais tout de même été un peu inquiet avant de partir, j’adorais Apple et je voulais passer du temps avec elle mais nous n’avions pas vraiment la même façon de fonctionner et je craignais que de temps en temps son tempérament exalté m’agace ou interfère avec le mien, mais en réalité j’avais eu tout faux, car nous avions trouvé un très bon équilibre, et elle savait me laisser tranquille quand j’en avais besoin, tout comme je savais me laisser entraîner par son énergie quand la mienne baissait un peu. Ses grands-parents étaient adorables, encore plus que ce que j’avais pu imaginer ; j’adorais discuter avec eux de tous les sujets possibles, je sentais qu’ils s’intéressaient réellement à moi et à nous, et c’était une ambiance tellement douce et stimulante qu’en réalité j’avais l’impression que tout cela n’était qu’un rêve, et que je flottais dans les airs en ce moment même, plutôt que de me laisser aller au gré du courant… Mais non, j’avais bien les paumes tournées vers le ciel et le regard perdu dans le ciel sans nuage ! Je faisais la planche, comme Apple, m’habituant plus ou moins à la fraîcheur de l’eau. J’étais pourtant habitué car l’eau de l’Écosse n’était pas franchement chaude, mais j’avais toujours eu du mal pour les bains en-dessous d’une certaine température.

Après quelques minutes à savourer le silence et le sentiment de plénitude de se laisser à la fois porter par l’eau et dorer par le soleil, je basculais sur le ventre et me mis à nager paresseusement, établissant un grand cercle qui s’étalait vers le large, dont Apple était le centre. Elle avait l’ait d’une petite anémone rose, avec ses cheveux qui flottaient autour de sa tête et son maillot de bain dans les mêmes tons. Je plongeai la tête dans l’eau tout en continuant mes mouvements de brasse – la peau de mon visage me picota comme si le froid l’attaquait avec des petites aiguilles – et je sentis qu’avec l’eau partaient tout le superflu qui pouvait me trotter dans la tête, toutes mes craintes et toutes les complications, tous les engagements, comme si cette île était un endroit hors du temps et hors de tous, uniquement destinée à nous rendre heureux et insouciants.

Le mois de Juillet avait été chargé et compliqué, au vu des nombreux préparatifs que je devais effectuer pour préparer la rentrée – mon avenir. Comme j’avais été accepté au stade 1 de la formation d’Auror, au Ministère, j’avais reçu mon calendrier et on m’avait indiqué toutes les démarches à faire. Après plusieurs rendez-vous, quelques jours de formation basique à l’univers du Ministère qui s’étaient tenus tout début Juillet, j’avais pu rentrer chez moi, en Écosse, profiter d’un peu de repos, puis je m’étais lancé dans des recherches d’appartement, bien décidé à prouver à mes parents que je pouvais tout entreprendre seul. Bien évidemment, c’était eux qui participaient aux frais pour le moment, mais l’impression de surprise sur leur visage quand je leur avais annoncé la nouvelle de ma formation avait été telle que j’en restais profondément vexé. C’était comme si l’idée en elle-même était inattendue – je lisais dans leurs moues qu’ils me pensaient totalement incapable de faire un tel métier, pas au vu de mes bons résultats mais de mon caractère, que j’étais rentré dans un mutisme poli pour les semaines à suivre, sans qu’ils s’en rendent réellement compte de toute façon. Cette formation était mon but, depus le début – à Stephen et à moi, mais il avait vite bifurqué… Avant de disparaître. C’était une réussite, aussi, après la baisse de régime que j’avais eue, et j’étais particulièrement fier de moi. Plus encore, j’avais l’impression de me prouver quelque chose avant tout : j’en avais été capable – j’en étais capable.

Le repos avait été complet la première semaine, car mes parents étaient en déplacement pour leur travail, et que j’avais pu profiter du manoir tout seul ; ensuite les choses s’étaient un peu compliquées car mes frères et sœurs, par intermittence, étaient venus passer quelques jours, mes parents étaient rentrés et avaient reçu du monde, donc organisé des dîners ou des petits week-end chez nous. J’en avais profité pour inviter Apple trois jours, quand elle avait pu se libérer, pour que nous organisions notre voyage et qu’elle découvre Aberlour et ses alentours. Par la même occasion, elle avait découvert l’univers McBeth, et je n’étais pas certain qu’elle l’ait vraiment apprécié – ce que je pouvais parfaitement comprendre. D’ordinaire, ma famille au complet partait tous les étés une semaine ou deux à l’étranger (mes parents ne prenaient quasiment jamais de vacances mais ils avaient instauré ce voyage estival), ce qui m’avait permis de beaucoup voyager et de découvrir plein de pays et de cultures. En grandissant, forcément, les aînés étaient un peu moins présents, mais nous y arrivions relativement bien. En grandissant, pour ma part, j’avais commencé à redouter ces voyages, pendant lesquelles je passais paradoxalement de merveilleux moments culturels et d’exploration, mais aussi de terribles moments à devenir invisible et à me couler dans la masse de mes frères et sœurs, tous plus intéressants les uns que les autres, et surtout de moi. Cet été, le voyage s’était réduit à un long week-end par un manque de temps de mes parents, et nous étions allés en Turquie ; j’avais compté les heures et cherché tous les prétextes pour m’évader seul, tant les jumelles avaient décidé de monopoliser la place et tant mes parents s’étaient décidé à raconter en long en large et en travers la nouvelle mission qu’ils couvraient, ses enjeux géopolitiques, ses problèmes, leurs astuces, etc. Je m’étais rendu compte dès le premier dîner que tout se serait exactement passé de la même manière si je n’avais pas été là, et je m’étais fait pour la millième fois depuis dix-neuf années le serment de ne jamais repartir en vacances avec eux – serment que je ne tenais évidemment jamais.

J’avais trouvé au bout de deux semaines un appartement idéal, à Hampstead ; le quartier était calme et agréable, les bâtisses résidentielles étaient joliment fleuries, j’habitais dans l’une d’entre elle, au deuxième étage, et mes fenêtres avaient vue sur le parc. Les pièces étaient grandes et lumineuses ; l’appartement s’étalait sur l’étage complet, le salon où j’allais aussi installer un bureau donnait sur la rue et le parc, ma chambre, la cuisine et la salle de bain donnaient sur le jardin. Je voyais exactement comment j’allais tout agencer et j’avais passé mon temps à transplaner entre Aberlour et Londres pour garnir de meubles et acheter de quoi m’installer. J’étais excité d’avoir enfin mon chez-moi, même si tout d’un coup la perspective d’être vraiment seul au jour le jour me faisait un peu peur, puisqu’elle m’était assez inconnue.


- Aaaah, tu vois, ça c’est l’expérience suédoise à 100% ! Un bon bain glacé, et ensuite on mangera la pâte de crevettes que Mamie a fait maison ! Franchement si avec ça tu es pas convaincu par la Suède, commenta Apple alors que je revenais vers elle en nageant, me tirant de mes pensées. Je lui souris et attendis qu’elle se redresse pour lui lancer des algues autour d’elle pour l’éclabousser, et elle se dégagea en criant et en riant.

- Tu sais très bien que je suis parfaitement convaincu ! J’adore cette île, je voudrais rester ici pour toujours… Mais pas dans l’eau, ajoutai-je tout de même.

Le bain nous ayant creusé l’appétit, nous déjeunâmes sur la plage, des bonnes choses qu’avaient cuisiné sa grand-mère, avant de nous prélasser un peu au soleil puis de reprendre nos vélos. C’était agréable, avec l’air doux et le vent léger ; les paysages étaient magnifiques et nous roulions le long des petits chemins en admirant la campagne et en visitant de temps à autres ce qu’il y avait à voir – une église, une ancienne ferme, etc. Les gens que nous rencontrions étaient détendus et sympathiques et je me lançais même dans un essai de discussion en suédois (j’avais potassé la méthode tout l’été) avec le gardien du phare que nous venions de visiter, mais Apple dut venir à ma rescousse car je n’arrivais pas exactement à mener la conversation. Nous finîmes par descendre le long des rochers et nous installer les pieds dans l’eau pour boire notre milkshake.

- Ça te fait plaisir de retrouver un peu ta maman, ici ? demandai-je alors doucement, tandis que nous regardions l'horizon tranquillement. Je savais bien qu'être dans la maison d'enfance de sa mère était chargé de sentiments pour Apple, mais comme elle n'en parlait pas forcément, je me demandais si elle ne voulait simplement pas aborder le sujet ou si elle ne savait au contraire pas comment faire.


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SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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Apple Hunt
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MessageSujet: Re: "Put me in your blue skies or put me in your grey." [S.]   Mer 24 Mai - 22:45

Cette île ressemblait à un petit secret, un joli petit secret qu’on se murmurait à l’oreille un soir d’été dans le jardin, la main en creux près de l’oreille de l’autre, dans un geste enfantin qui aurait magiquement protégé les mots de l’extérieur. Ce lieu n’était qu’à moi, qu’aux gens qui le connaissaient, et il aurait été d’ailleurs bien difficile à expliquer à quelqu’un d’étranger. C’était là mon désaccord le plus profond avec Serghei, il semblait croire que tout pouvait être expliqué, quantifié, tandis que je croyais en ces choses ineffables qui n’étaient faîtes que pour être vécue et ressentie. Cette île était de ces choses-là, qu’on chérissait dans son cœur sans jamais vraiment pouvoir décrire. Plus jeune, je n’avais jamais été très secrète, au contraire, Maman me disait souvent que je portais mon cœur à bras le corps. Pourtant, depuis sa mort, j’avais commencé à aimer cela, les secrets sans trop savoir comment l’expliquer. Ce n’était pas que je voulais cacher des choses, seulement, j’avais développé une étrange peur de l’extérieur, de ce qu’il pouvait faire aux choses auxquelles nous tenions. Je trouvais tout à coup quelque chose de jolie à garder les choses pour moi, comme si je voulais les protéger du reste du monde. Mais si cette île était un secret, j’étais heureuse que Scott s’y trouve. Il était comme une jolie pièce qui s’ajoutait parfaitement au puzzle. Il ne remplaçait la manquante, celle au centre, la plus importante, mais ce n’était pas grave, car il n’était pas là pour remplacer, copier. Il était sa propre pièce. Quand je le regardais – sa carrure, sa présence, son sourire discret, ses grandes mains pleines de crème solaire – j’éprouvais ce même sentiment doux-amer de secret précieux, l’envie de le plier dans une petite boite en forme de mon cœur que j’enfermerais dans ma poitrine, pour que ça n’appartienne qu’à moi.

Scott était d’ailleurs un petit secret à lui-même, toujours insondable. Ça m’avait tellement étrange d’être alors invité chez lui, comme si je pénétrais un univers qui me semblait interdit. En arrivant chez lui, une réalité m’avait saisi, que je n’avais pas pu m’empêcher de prononcer à voix haute : « ah, mais t’es super riche », ce qui était terriblement malpolie mais avait heureusement fait rire Scott une fois mes mille excuses gênées bafouillées. Le manoir dans lequel sa famille habitait était tout simplement gigantesque. J’avais compris qu’il venait d’une famille aisée, mais je n’avais pas réalisé l’ampleur, ou peut-être n’étais-je même pas capable de l’imaginer. Mes yeux grands ouverts, j’avais dévoré les lieux de regards curieux et intimidés, mais également émerveillés. Ensuite, j’avais rencontré une partie de sa famille, ses parents en particulier, j’avais exploré les alentours, comprenant mieux de quoi les souvenirs d’enfance de Scott étaient construits. Je crois que Scott s’imaginait que je n’avais pas vraiment apprécié le week-end, surtout à cause de l’atmosphère chez lui, qui, évidemment, était un peu spéciale. Mais il se trompait, car à vrai dire, j’avais pris très à cœur de découvrir à quoi ressembler son monde. J’avais l’impression de désormais pouvoir mieux cerner Scott, ce qui l’avait construit, ce qui l’avait blessé aussi. C’était particulier, de mettre des sensations sur les mots qu’il m’avait murmuré, en décrivant timidement sa famille et les failles qu’elle avait pu créer en lui. Je comprenais mieux, à présent, tout en ne comprenant absolument pas, non pas ses sentiments, mais ceux de sa famille. Ses parents semblaient avoir si peu d’intérêt pour Scott ! Ils n’étaient pourtant pas comme mon père, taciturne et silencieux, ils étaient pleins d’anecdotes, de vie, de curiosité. Simplement… Cela ne s’adressait pas vraiment à Scott. Comment était-ce possible ?! Il était brillant, probablement plus que ses frères et sœurs, il se destinait à une brillante carrière, il était sensible au monde autour de lui… En plus de tout, il était génial, amusant, attentionné, comment ses parents pouvaient être si… Détachés ?!

Ça m’avait rendu profondément triste, et j’avais réalisé en partant que j’avais passé une bonne partie du week-end à vanter Scott à qui voulait bien m’écouter, ou à rebondir sur ce qu’il disait, pour le mettre en avant. Je ne pensais pas qu’il avait besoin de moi pour cela, pour être intéressant, certes il était timide, mais il avait du charisme, et c’était sûrement pour cela que j’avais tant voulu une forme de justice, qu’il soit reconnu à sa juste valeur. L’inverse m’énervait profondément. Maman aurait sûrement dit que c’était mon côté Poufsouffle.

Nous continuâmes à explorer l’île en roulant doucement dans les petits chemins cahoteux, au milieu de la forêt ou de grande étendue verte. Les souvenirs me revenaient petit à petit, je reconnaissais certains lieux, ou peut-être seulement certaines émotions que me procurait ce genre de lieux. Evidemment, Scott était un compagnon parfait de voyage, il avait même appris à parler un peu suédois – son accent n’était pas mal du tout ! – et l’entendre parler m’amusait énormément. Au fond, surtout, ça me touchait, parce que ça voulait dire qu’il voulait vraiment bien faire les choses en visitant la Suède, et forcément, cela me faisait plaisir. Tout en haut du phare que nous visitâmes, je regardais l’horizon avec un petit sourire. Le monde me paraissait si vaste parfois, empli de tellement de choses à faire, à vivre, à ressentir. C’était presque intimidant. En repartant en vélo, mes pensées continuèrent à se perdre, et avec, le contrôle de mon guidon – je réussis cependant à ne pas tomber une nouvelle fois, malgré deux dérapages un peu risqué. Nous finîmes par nous installer dans un petit coin magnifique, caché de tout, pour boire du milkshake, ce qui était devenue notre petite boisson fétiche. Il y avait dans l’air un parfum de secret doux comme je l’aimais, plein de douceur et d’intimité.


- Ça te fait plaisir de retrouver un peu ta maman, ici ?

La question de Scott ne me surprit pas, je savais qu’elle viendrait sur le tapis à un moment ou un autre, seulement, je n’avais toujours vraiment préparé de réponse. Moi-même, j’avais un peu peur de m’y confronter. Je remontai mes genoux vers moi et les entourai de mes bras, posant ma tête dessus, mordillant ma lèvre nerveusement en réfléchissant. L’avantage avec Scott, c’est que c’était un cérébral, alors il ne me tenait jamais rigueur des silences où j’essayais de composer mes pensées en des phrases intelligibles.

- C’est vrai que j’ai l’impression qu’elle est partout, mais en même temps, c’est comme si… Si c’était encore un endroit où elle manquait, tu vois ? Alors ça me fait tout drôle, tentai-je d’expliquer. Je tapotai mes doigts sur mes mollets, réfléchissant encore. Je me dis que sans elle, ici, ce n’est plus vraiment chez moi non plus, un peu comme Liverpool. C’est bizarre, ça accentue un peu cette impression de ne plus trop avoir de maison. Mais je me dis que je me rapproche un peu de son souvenir ici, surtout que je pense que la Suède, c’est les plus belles années de sa vie… Parfois je me demande si c’était les miennes aussi, mais j’étais tellement petite, dis-je avant d’hausser les épaules. C’est vraiment particulier de dormir dans sa chambre. En plus on se ressemble tellement, j’ai l’impression de faire revivre son souvenir d’adolescente, d’être comme son espèce de double, je ne sais pas comment t’expliquer… Mais voilà, tu vois, conclus-je.

Je m’étirai un instant, avant de chercher dans mon sac mon petit polaroid magique pour prendre en photo le paysage. Une fois la photo sortie, je la secouai vivement et ouvris mon carnet pour la glisser dedans ; il en tomba la photo de Scott que j’avais pris sur le bateau. Je lui montrai avec un sourire amusé.


- Regarde, je l’ai prise toute à l’heure, tu es trop beau dessus ! Je pointai du doigt l’expression rêveuse sur son visage, pour appuyer mes propos.

Je rangeai le tout dans mon petit sac, et replongeai mes pieds dans l’eau froide, tapotant la surface lisse et provoquant des petits clapotis. On était si bien là, que j’avais l’impression d’être dans une petite parenthèse enchantée, malgré la lourdeur de tout ce qui flottait autour de nous. Maman me semblait plus présente que jamais, comme un petit fantôme qui flottait autour de nous, tantôt nous protégeant, tantôt nous attristant. Je me tournai vers Scott, dont le visage était toujours éclairé par la jolie lumière de fin d’après-midi.


- Ça doit te faire du bien de changer d’air un peu, non ? Ça t’aide un peu à te changer les idées ? Je bus une gorgée de milkshake, réfléchissant à comment formuler ma question. Dis, elle te manque toujours autant Haley, tu penses parfois à, hm, prendre de ses nouvelles et tout ? En tout cas, tu as l’air d’avoir meilleure mine, mais je te connais, avec ton cœur de grrrrrand sensible, plaisantai-je en chatouillant son bras, dans un petit geste affectueux qui n’était au fond qu’un moyen de rester toute proche de lui et, je l’espérais, lui donner un peu de la tendresse dont il semblait tant manquer depuis le départ d’Haley.


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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: "Put me in your blue skies or put me in your grey." [S.]   Mar 6 Juin - 17:20

Pendant les quelques jours que nous avions passé ensemble au manoir, le petit jeu d’Apple ne m’avait pas échappé. J’avais eu du mal à trouver les mots pour comment la remercier, mais je sais qu’elle avait compris, par mes regards et mes sourires, que j’étais particulièrement touché de la manière dont elle prenait ma défense et essayait de me mettre en avant – même si cela ne servait à rien. Au début j’avais failli lui dire, la première fois qu’elle avait rebondi sur ma future rentrée, mon futur travail, pour s’exclamer des excellentes notes que j’avais eues, que c’était peine perdue. Mais j’avais senti une petite chaleur s’immiscer en moi, c’était si agréable de sentir que quelqu’un s’intéressait à moi comme ça et voulait en informer les autres, c’était surtout un tel jamais vu dans cette maison, que je n’avais pas eu le cœur à l’en informer et j’avais pris les choses comme elles venaient. Apple n’avait pas faibli pour autant. C’était quelque chose que j’aimais beaucoup chez elle, cette faculté qu’elle avait de s’intéresser comme ça aux gens autour d’elle, sa loyauté clairement affichée, sa prise de partie toujours assumée. C’était un peu comme si elle avait le courage qui m’avait toujours manqué.

J’étais content tout de même, nous avions bien profité et je l’avais emmenée faire de jolies promenades dans les environs, nous avions visité le village, profité un peu des activités d’été, des magasins, même si les sempiternels déjeuners de mes parents nous obligeaient un peu. Mais nous avions suffisamment de temps pour nous – heureusement. Ces quelques jours avaient aussi été consacrés à l’organisation de notre voyage en Suède, ce qui était évidemment le plus excitant ; un soir nous étions aussi allés boire un verre dans un pub que j’aimais bien, assez tranquille, et nous avions parlé des vacances toute la soirée (je m’essayai au Suédois et ce n’était pas triste), nous avions ri pendant des heures et bu de la bière et nos yeux pétillaient sans doute un peu trop, mais j’avais senti que comme d’habitude avec elle, j’arrivais à vider ma tête temporairement de tout ce qui l’encombrait.


- C’est vrai que j’ai l’impression qu’elle est partout, mais en même temps, c’est comme si… Si c’était encore un endroit où elle manquait, tu vois ? Alors ça me fait tout drôle. Je fis oui de la tête, je ne pouvais pas prétendre savoir exactement mais je comprenais bien, l’absence était un sentiment qui s’exprimait de multiples façons. Je me dis que sans elle, ici, ce n’est plus vraiment chez moi non plus, un peu comme Liverpool. C’est bizarre, ça accentue un peu cette impression de ne plus trop avoir de maison. Mais je me dis que je me rapproche un peu de son souvenir ici, surtout que je pense que la Suède, c’est les plus belles années de sa vie… Parfois je me demande si c’était les miennes aussi, mais j’étais tellement petite. C’est vraiment particulier de dormir dans sa chambre. En plus on se ressemble tellement, j’ai l’impression de faire revivre son souvenir d’adolescente, d’être comme son espèce de double, je ne sais pas comment t’expliquer… Mais voilà, tu vois.

Je souris doucement – les photos dans la maison de ses grands-parents ne mentaient pas, Apple ressemblait énormément à sa mère jeune, et je me demandais d’ailleurs si ce n’était pas la raison pour laquelle elle avait renoncé à ses cheveux blonds, comme pour éloigner un peu le chagrin qui lui collait à la peau, même lorsqu’elle se regardait simplement dans un miroir.

- Ça ne m’étonne pas, mais je pense que c’est bien pour toi et tes grands-parents, au fond. Ça se voit qu’ils sont tellement heureux de te voir et de t’avoir près d’eux ! Je pense que ça représente quelque chose aussi à leurs yeux, tu leur as parlé de ta maman un petit peu ? En tout cas j’espère que ce n’est pas trop dur de marcher dans ses pas… Mais je trouve que tu t’en sors très bien. Et puis comme quelqu’un de très malin me l’a dit un jour – je lui lançai un regard complice – ce n’est pas grave d’être triste, de toute façon.

L’eau fraîche nous faisait du bien, et j’observai l’horizon tandis qu’Apple prenait une photo, avant de voir la mienne et de sourire ; j’attrapai alors l’appareil et le tendit devant nous pour prendre une photo souvenir de nous deux, me tournant pour que l’eau soit derrière nous. Nous nous mîmes à rire parce que je taquinai Apple sur ses lunettes de star et j’immortalisai le moment ; la petite photo sortit tranquillement de l’appareil et Apple sa secoua dans l’air, à l’abri des rayons du soleil.

- Ça doit te faire du bien de changer d’air un peu, non ? Ça t’aide un peu à te changer les idées ?

Je fis oui de la tête, en buvant mon milshake moi aussi. En arrivant ici je m’étais rendu compte que j’étais fatigué et que je n’avais pas beaucoup soufflé, préoccupé que j’étais par ma formation à venir, mon saut en avant, ma nouvelle vie d’adulte. Ici tout était plus simple, et j’étais content de pouvoir me ressourcer avant de me lancer pleinement dans une nouvelle aventure.

- Dis, elle te manque toujours autant Haley, tu penses parfois à, hm, prendre de ses nouvelles et tout ? En tout cas, tu as l’air d’avoir meilleure mine, mais je te connais, avec ton cœur de grrrrrand sensible, finit Apple en me chatouillant pour m’embêter.

Je ris et essayai de m’échapper, avant de l’attaquer à mon tour. Puis je laissai une seconde passer – je me doutai que ce moment allait venir, j’y étais prêt, et à vrai dire j’avais tourné et retourné les réponses dans ma tête, tantôt satisfait, tantôt incapable de formuler mon ressenti, tantôt fataliste, tantôt plein d’espoir. Les séances avec Miss Boswoth me manquaient cruellement, mais comme elle me l’avait expliqué il était également important pour moi que j’arrive à me détacher de son soutien, et que j’étais sur la bonne voie pour avancer par moi-même. Néanmoins elle m’avait dit qu’elle attendait de mes nouvelles par hibou, et qu’à tout moment de doute ou au moindre problème, je pouvais lui écrire. Au cours du mois de juillet je lui avais envoyé deux lettres, la première au début du mois pour lui signifier que tout allait plutôt bien et comment je m’y prenais, la deuxième un peu plus tard après un retour au manoir familial et le début de mes recherches d’appartement, qui m’avaient paniqué et plongé dans des abîmes que je ne connaissais que trop bien. J’avais failli craquer et tout plaquer, je m’étais senti fragile comme quelques mois auparavant, et triste aussi de voir que tout cela m’avait laissé des séquelles. Il me semblait que la limite à ce que je bascule était tenue, il me semblait que le temps pouvait passer entre mes doigts impuissants sans que j’ai la force de me lever et de vivre mes journées, il m’avait fallu deux bonnes journées pour me sortir de mon trou, et la réponse longue et appliquée de mon ancienne directrice de maison pour que je parvienne à me redresser. Elle me conseillait également de prendre toutes les semaines une potion très naturelle et peu addictive, pour me retonifier. Heureusement qu’elle avait été là, surtout que mes parents et mes frères et sœurs n’avaient rien remarqué – évidemment.


- Ça va mieux, oui, mais ça a été un peu compliqué. Disons que j’accepte mieux le fait que je ne serai plus avec, et qu’en un sens c’est mieux comme ça… D’un côté je suis tellement déçu de comment ça se fait, et puis j’associe tout ça à Stephen aussi, le fait qu’elle est en contact avec lui, je… Je me sens lésé et je suis sûr maintenant qu’il n’y a pas de place pour moi avec eux, que je dois trouver la mienne ailleurs. Parfois elle ne me manque même pas. Parfois si, parce que j’étais vraiment très amoureux d’elle. Mais tu vois… J’ai l’impression que le temps efface tout, le bien comme le mal.

J’haussai les épaules. Je savais que je ne devais pas être défaitiste ou fataliste, mais parfois je ne pouvais pas faire autrement, et avec Apple je pouvais tout dire, alors je ne voulais pas mentir sur mon ressenti.

- Quand j’ai signé mon appartement je n’ai pas pu m’empêcher de penser à elle… On devait en prendre un ensemble dès que je quittais Poudlard, et je me suis retrouvé tout seul et ça m’a fait très mal au cœur, tout d’un coup. C’est bête, hein ?

J'eus comme un petit sourire d'excuse. Miss Bosworth m'avait dit combien il était important de se répéter sans cesse que le mieux était à venir, que demain était un jour nouveau, et je trouvais ça beau et plein d'espoir - mais ça ne m'était pas très naturel. Pourtant quelque part j'aimais à y croire ; ma rentrée promettait, j'avais hâte d'habiter mon nouveau chez moi et de tout agencer, hâte aussi de découvrir un nouvel univers, de travailler.

- Enfin… Je préfère penser au reste, aux choses plus matérielles. Sinon je me sens très vite... J'hésitai. Seul. Une nouvelle pause. Elle aussi, non ? Tu vois ?

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MessageSujet: Re: "Put me in your blue skies or put me in your grey." [S.]   Dim 11 Juin - 19:55

- Ça ne m’étonne pas, mais je pense que c’est bien pour toi et tes grands-parents, au fond. Ça se voit qu’ils sont tellement heureux de te voir et de t’avoir près d’eux ! Je pense que ça représente quelque chose aussi à leurs yeux, tu leur as parlé de ta maman un petit peu ? En tout cas j’espère que ce n’est pas trop dur de marcher dans ses pas… Mais je trouve que tu t’en sors très bien. Et puis comme quelqu’un de très malin me l’a dit un jour, ce n’est pas grave d’être triste, de toute façon.

Marcher dans les pas de Maman... J'avais toujours eu l'impression de marcher à ses côtés, et l'expression était bien choisie maintenant que j'étais seule, il n'y avait plus que moi sur ce chemin qui avait été le sien, le nôtre. Comment me voyaient vraiment mes grands-parents, comme leur petite-fille, comme le fantôme de leur fille disparue ? J'avais pourtant l'impression qu'il me considérait comme une personne à part entière, je le voyais dans la façon qu'ils avaient de s'intéresser à moi, mais peut-être qu'ils cherchaient tout de même à retrouver Maman en moi... Et je doutais être à la hauteur. Quelque chose grinça dans le creux de mon estomac.

Je laissai Scott nous prendre en photo, souriant de toutes mes dents, laissant un regard par-dessus mes lunettes sur lesquelles il me taquinait. J'agitai le petit papier jusqu'à que nous apparaissons dans des jolies couleurs délavées. Nous avions l'air si heureux, si paisibles, malgré tout... Ce moment n'existerait plus que sur cette petite photo et nos souvenirs que le temps userait. Tout n'arrivait qu'une fois et tout à coup je sentis une terrible mélancolie m'envahir. Je ne voulais pas de suite, d'avenir, je voulais figer le temps ici plus longtemps, rester cacher ici, avec Scott. Sous mes cils, mes yeux l'épiaient sans beaucoup de discrétion, observant son visage dans la lumière du soir. Il était vraiment beau, pensai-je, mais pas simplement parce que son visage avait une jolie symétrie et des grands yeux bleus, il était beau parce qu'il avait quelque chose de spécial, quelque chose que je ne savais pas encore expliquer et qui peut-être n'appartenait qu'à moi. Peut-être aussi l'était-il parce qu'il ne le voyait pas, coincé dans sa timidité et ses insécurités ; mes lèvres voulurent s'ouvrir pour lui dire combien il était plus qu'il ne le pensait, mais quelque chose au fond de moi me retint.


- Parfois Maman vient dans la conversation naturellement, et ça me fait plaisir puisqu'avec mon père ou mes soeurs, c'est comme un tabou. Mais on a pas encore eu de longue discussion... En fait, je ne sais pas si je suis prête, mais j'ai peur qu'au fond ils n'attendent que ça et soient déçus, avouai-je d'une petite voix.

Mais l’été n’étais pas terminé, et il fallait attendre, n’est-ce pas ? Je poussai un soupir, comme si la fatigue me prenait d’avance. Au fond, j’étais terrifiée, même dans ce pays qui avait été mon havre de paix d’enfance pendant si longtemps…


- Ça va mieux, oui, mais ça a été un peu compliqué. Disons que j’accepte mieux le fait que je ne serai plus avec, et qu’en un sens c’est mieux comme ça… D’un côté je suis tellement déçu de comment ça se fait, et puis j’associe tout ça à Stephen aussi, le fait qu’elle est en contact avec lui, je… Je me sens lésé et je suis sûr maintenant qu’il n’y a pas de place pour moi avec eux, que je dois trouver la mienne ailleurs. Parfois elle ne me manque même pas. Parfois si, parce que j’étais vraiment très amoureux d’elle. Mais tu vois… J’ai l’impression que le temps efface tout, le bien comme le mal.

J'hochai ma tête silencieusement. Scott faisait preuve d'une maturité qui ne m'étonnait pas, mais ce qu'il avait dit sur le temps qui effaçait tout me faisait tout drôle, et à vrai dire, peur aussi... Étions-nous condamnés à oublier tout ce qui nous avait blessés après nous avoir rendus heureux ? Allais-je finir par balayer Maman de ma mémoire, simplement pour ne pas vivre la douleur ? Je mordillai l'intérieur de ma joue, cachant mon trouble à Scott, laissant mes doigts glisser sur la pierre pour sentir la texture et ne pas me laisser trop dériver dans les pensées sombres. Je repensai à ce que Scott avait dit sur trouver sa place, et j'eus un petit sourire, comprenant à quel point nous étions liés par les mêmes problématiques. J'espérais qu'il réussirait, surtout l'année prochaine avec toutes les nouveautés qui l'attendait, à mieux se sentir à sa place et à appartenir quelque part. Pour ma part, je ne me faisais pas trop d'illusions, Poudlard n'allait pas être une partie de plaisir, et je pouvais déjà sentir le goût métallique et froid de la solitude au milieu de la foule. Scott le savait, mais ignorait probablement l'étendue, il était comme mon repère au château, et si j'étais évidemment heureuse pour lui qu'il rentre enfin dans la "vie active", une part de moi avait l'impression qu'il allait m'abandonner. Pourtant avec mes amis, je n'avais jamais eu spécialement peur de ça ; peut-être que la différence d'âge avec Scott jouait, mais j'avais parfois peur qu'il trouve des amis plus intéressants, et qu'il finirait par se laisser de mon énergie enfantine. Peut-être que le temps effacerait alors tout, le bien comme le mal - j'eus un frisson, me refusant à ces peurs.

- Quand j’ai signé mon appartement je n’ai pas pu m’empêcher de penser à elle… On devait en prendre un ensemble dès que je quittais Poudlard, et je me suis retrouvé tout seul et ça m’a fait très mal au cœur, tout d’un coup. C’est bête, hein ?

Oh, pensai-je tristement, je comprenais tout à fait, toutes ces choses qu'on s'était imaginé faire avec quelqu'un qui à présent n'était plus là. Un creux se forma dans ma poitrine.


- Ce n'était pas bête du tout, je comprends, dis-je avec douceur. Scott pouvait être si dur avec lui-même parfois. Tu as raison, il faut que tu trouves ta propre place, et je suis sûre que tu vas trouver quelque part où tu seras encore plus heureux. Si Haley préfère Stephen... Alors elle n'a vraiment rien compris, je crois. J'espère que tu pourras le voir un jour, ajoutai-je d'une petite voix.

Mais je savais qu’il faudrait du temps à Scott pour se faire à nouveau confiance, s’accepter, mais aussi le faire pour les autres. Je crois qu’il avait été tellement blessé par cette rupture qu’il envisageait à peine de tomber à nouveau amoureux.


- Enfin… Je préfère penser au reste, aux choses plus matérielles. Sinon je me sens très vite... Seul. Tu vois ?

Seul... J'hochai la tête. Bien-sûr que je voyais. Jamais je n'aurais pu imaginer que la solitude deviendrait un tel motif récurrent dans ma vie, moi qu'on avait toujours définie comme si sociable, si solaire ; à présent c'était comme si j'étais dans une bulle de verre, je voyais tout mais la paroi fine entre le monde et moi m'empêchait de pouvoir m'y sentir vraiment inclue. Je comprenais aussi ce que Scott voulait dire, les choses matérielles... Parfois j'avais l'impression que mon équilibre était si précaire que je devais avancer petit à petit, un jour à la fois, en m'accrochant aux choses les plus simples, un bon repas, un après-midi au soleil, une tasse de thé chaude, mais toutes ses choses ne suffisaient jamais à combler le vide en moi. Il m'arrivait de me demander si ce n'était pas reculer pour mieux sauter, car une fois les choses matérielles passées, il ne me restait plus rien, et c'était encore pire…


- Oui, bien sûr, je vois, dis-je avec un petit sourire triste. Je ne sais pas pour toi, mais ça me fait peur, parce que je sais que les choses matérielles ce n'est qu'un leurre, et qu'au fond c'est du reste dont il faudrait réellement s'occuper, pour ne plus se sentir seule justement... Mais il faut faire comme on peut, non ? Chaque chose en son temps...

Mais j'avais tellement de temps, j'en avais assez d'attendre, d'avoir l'impression de stagner.

- De toute façon on est pas seul, on a tous les deux, pas vrai ?! Même si ça n'empêche pas de le ressentir parfois...

J'appuyai ma tête contre son épaule. Le tissu de polo avait été chauffé par le soleil, et c'était agréable contre ma joue. Je me sentis sourire doucement. Si j'avais été plus courageuse, j'aurais glissé ma main dans la sienne, simplement parce que j'en avais envie et que je sentais que c'était la chose naturelle à faire, mais quelque chose me retint une nouvelle fois. Peut-être que je n'étais plus habituée à ça, ou que l'intimité Scott m'intimidait au fond.


- Parfois j'ai l'impression que si on se sent seul et qu'on ne trouve pas notre place, c'est aussi parce qu'on ne sait pas qui on est... Enfin je sais pas si tu vois ce que je veux dire... Mais peut-être qu'on se sent seul avec nous-même ?...

C'était tellement compliqué à expliquer, mais j'espérais que Scott puisse lire en moi.

- Mais je me dis que peut-être que maintenant que tu es célibataire, tu vas pouvoir essayer de mieux te connaître ? Et essayer de mieux t'apprécier ? Tu pourrais tomber amoureux de toi même... J'eus un petit rire. Enfin, c'est un conseil que j'ai lu un jour dans un magazine de psychologie dans la salle d'attente du dentiste, mais je pense que c'est vrai... Je suis sûre que tu te sentiras mieux quand tu réaliseras que les gens qui te laissent ne te méritent pas et que tu es génial, que ce n'est pas toi le problème,.

J'étais sûre qu'il en était capable. D'une certaine façon, c'est ce qu'il m'avait fait faire... Il m'avait fait l'aimer, d'un amour qui n’était pas celui d’un couple, mais pas vraiment celui d’amis non plus, qui n'était qu'à moi et inexplicable et dans lequel Scott m'avait fait tomber.


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MessageSujet: Re: "Put me in your blue skies or put me in your grey." [S.]   Dim 2 Juil - 17:13

- Ce n'était pas bête du tout, je comprends. Tu as raison, il faut que tu trouves ta propre place, et je suis sûre que tu vas trouver quelque part où tu seras encore plus heureux. Si Haley préfère Stephen... Alors elle n'a vraiment rien compris, je crois. J'espère que tu pourras le voir un jour.

Je fis un petit signe de la tête, comme un léger oui j'ai compris, même si je ne le pensais pas. Apple était... Comment dire : elle était adorable, de tant de façons, et je savais que c'était une attention merveilleuse de sa part que de me réconforter ainsi, voilà pourquoi je ne voulais pas répondre que je n'y croyais pas. C'était beaucoup plus complexe que ça et je savais pertinemment que j'étais et je restais le grand perdant de cette histoire, j'avais trouvé ma place, justement, et je l'avais perdue... Ce n'était pas un mal pour un bien, toute cette histoire, c'était réellement le fait que j'étais intimement convaincu que Haley aurait pu être la femme de ma vie, si elle l'avait voulu. Et quant à savoir si cela s'apparentait à tirer ou non des plans sur la comète... Personne ne le saurait jamais, n'est-ce pas ? Haley ne m'avait pas laissé cette chance, tout comme Stephen n'avait jamais daigné m'accorder une once de chance non plus. Je provoquais sans doute cela chez les gens. Apple avait beau me dire de gentilles de choses que j'avais envie de croire et qui faisaient du bien, c'était du vent, et il soufflait tranquillement.

Miss Bosworth m'avait conseillé de m'accrocher à quelque chose, dans ma tête, dès que mes pensées tourbillonnaient de la sorte ; je décidai alors de repenser à notre baignade de tout à l'heure, aux fous rires que nous avions eu dès le début, aux belles choses que nous avions visitées. Comme un petit film, les scènes plaisantes et amusantes repassaient dans mon esprit, tandis que j'essayais d'atténuer le reste, de calmer la rage sourde qui grondait au fond de mes entrailles et l'amertume qui menaçait d'envahir ma bouche.

C'était « drôle » comme cette histoire de solitude, ce sentiment profond d'être désespérément seul par rapport aux autres, étaient compatibles avec ceux d'Apple ; comme si deux malheurs radicalement différents pouvaient se rejoindre, se soutenir l'un l'autre. En un sens j'étais étonné et plutôt content de voir qu'elle me comprenait, dans un autre j'étais sincèrement triste pour elle, parce que je comprenais ce qui se passait dans sa tête et comme elle devait se sentir seule aussi et cela me faisait de la peine. J'avais trop d'affection pour elle pour que sa petite voix triste et son sourire qui tout d'un coup s'était fané ne me pincent pas le coeur.


- Oui, bien sûr. Je ne sais pas pour toi, mais ça me fait peur, parce que je sais que les choses matérielles ce n'est qu'un leurre, et qu'au fond c'est du reste dont il faudrait réellement s'occuper, pour ne plus se sentir seule justement... Mais il faut faire comme on peut, non ? Chaque chose en son temps... De toute façon on est pas seul, on a tous les deux, pas vrai ?! Même si ça n'empêche pas de le ressentir parfois...

Cette fois, elle avait raison : on ne pouvait pas s'empêcher de le ressentir mais notre amitié faisait tout de même des merveilles, et je sentis mon corps s'emplir d'une douce chaleur quand elle s'appuya contre moi. Il y avait toujours une partie de moi qui se plaisait à douter de ce lien, parce que je me méfiais de tout, mais l'autre partie avait trop confiance en Apple. Elle ne me vit pas mais je souris un instant et fermai les yeux pour goûter de ce moment, de nos pieds dans l'eau, des bruits de la côte, de l'air tiède, du soleil, du parfum de vanille se mêlant aux embruns.

- C'est vrai, ça, avec toi je me sens beaucoup moins seul, dis-je doucement.

Timidement, je passai mon bras autour de ses épaules et la serrai contre moi quelques secondes, sans rien dire. Bon, je n'étais toujours pas très à l'aise de ce genre d'effusion mais il me semblait que c'était un moment plutôt opportun et puis, j'en avais eu envie. Apple montrait cette facette d'elle qui me touchait profondément, quand elle était si attentive aux autres, quand elle offrait sa fragilité en toute honnêteté, quand elle baissait sa garde et se confiait. J'y avais eu droit pendant notre séjour, mais cette fois-là était particulière. Je me demandais comment elle appréhendait la suite, Poudlard, son année scolaire, maintenant que nous en étions à ce stade des vacances, et je craignais que ce ne soit pas spécialement positif.


- Parfois j'ai l'impression que si on se sent seul et qu'on ne trouve pas notre place, c'est aussi parce qu'on ne sait pas qui on est... Enfin je sais pas si tu vois ce que je veux dire... Mais peut-être qu'on se sent seul avec nous-même ?...

... Hmm.

En une seconde elle avait touché si juste que je me sentis démasqué et, pour un peu atténuer mon court sentiment de honte, je me mis à rire.

- Tu veux prendre la place de Miss Bosworth, c'est ça en fait ?!

- Mais je me dis que peut-être que maintenant que tu es célibataire, tu vas pouvoir essayer de mieux te connaître ? Et essayer de mieux t'apprécier ? Tu pourrais tomber amoureux de toi même... Enfin, c'est un conseil que j'ai lu un jour dans un magazine de psychologie dans la salle d'attente du dentiste, mais je pense que c'est vrai... Je suis sûre que tu te sentiras mieux quand tu réaliseras que les gens qui te laissent ne te méritent pas et que tu es génial, que ce n'est pas toi le problème.

Je souris de plus belle. Décidément... Ma main serra son épaule une dernière fois, et j'ôtai mon bras autour d'elle. Tout d'un coup, elle avait dit des mots si forts à mes yeux que j'étais gêné d'une telle intimité. Mais une petite voix, un peu désagréable, essayait de me rappeler que c'était Apple qui me trouvait génial, pas le monde entier, que c'était libre à elle, et que c'était peut-être la seule...

- Décidément, tu sais que Miss Bosworth me l'avait dit ça aussi ! Apprendre à s'aimer, à s'accepter, c'est une première étape avant le reste, parce que tu ne peux pas accepter l'amour des autres si tu ne t'aimes pas toi-même... Mais c'est difficile, j'essaye pourtant, mais quand on ne nous l'a jamais appris, c'est franchement un chemin semé d'embûches. Et surtout quand les faits autour de toi te prouvent le contraire... Mais bon.

Il y avait des petits cailloux autour de moi et j'en attrapai un que je lançai dans l'eau devant nous, il ricocha quatre fois avant de disparaître. Nous nous lançâmes alors dans des essais de ricochets et je montrai à Apple, en tenant sa main, comment bien lancer pour faire mouche à tous les coups.


- Mais tu peux parler, toi aussi ! repris-je alors, sans trop oser la regarder. Il y a plein de choses qui pourraient te faire tomber amoureuse de toi-même, tu ne crois pas ? Sans compter qu'un jour tu seras une star de la scène, imagine un peu ta situation... Je me mis à rire avec elle. Mais sinon, hmm, pour de vrai, vu comment tu fais des miracles autour de toi, en arrivant à me faire parler de moi comme tu le fais, je suis sûr que tu pourrais réussir n'importe quoi ! En tout cas, je suis sûr d'une chose, c'est que j'ai vraiment de la chance de t'avoir en amie. Et je tenais vraiment à te le dire, parce que, hmm, je sais que tu es une des raisons pour laquelle j'ai réussi à aller mieux, alors, je voulais te dire merci.


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Apple Hunt
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MessageSujet: Re: "Put me in your blue skies or put me in your grey." [S.]   Ven 14 Juil - 11:21

- C'est vrai, ça, avec toi je me sens beaucoup moins seul.

Scott glissa son bras autour de mes épaules, me rapprochant de lui. Sa carrure m’avait toujours intriguée, d’abord, je l’avais trouvée trop grande pour lui qui semblait si discret, à présent je la trouvais tellement réconfortante, j’avais envie de m’appuyer contre son torse, j’adorai ses épaules immenses, la façon dont ses bras aspiraient le reste. Il dégageait quelque chose de tellement stable, comme un arbre centenaire, et je me laissai aller contre lui, fermant les yeux. Une nouvelle fois, je songeai à combien j’aurais voulu que le temps puisse se figer, tant il n’y avait pas plus serein comme instant que celui que nous vivions. Tout me semblait en parfaite harmonie, la nature autour de nous murmurait et nous enveloppait dans ses parfums, la présence de Scott était si rassurante et en même aussi fragile que la mienne, comme si n’étions qu’un polaroid qui se développait, aux couleurs floues et incertaines. Mais il l’avait dit, avec moi il se sentait moins seul, et c’était réciproque, et dans ces affirmations si simples j’avais l’impression qu’il y avait quelque chose de si fort. C’était ça qui m’avait tant manqué depuis la mort de Maman, cette connexion avec quelqu’un, celle qui ne passait pas par les mots mais par ce genre de sentiment si puissant ; une connexion qui suffisait à échapper la solitude, celle terrible que je ressentais même dans les foules, au milieu de mes amis, et surtout quand j’étais avec moi-même.

Mais les moments parfaits ne duraient jamais – c’était peut-être là leur essence – et Scott ria de mes élucubrations sur nos solitudes respectives, sûrement parce que j’avais touché un point sensible. J’avais appris à le connaître, lui et ses différents rires, et je savais reconnaître son rire nerveux et touchant. Quand nous parlions de ses sentiments, de son mal-être, j’avais parfois l’impression de toucher à quelque chose de trop enfoui, et il se mettait à rire pour repousser gentiment ce qui l’intimidait. Je me demandais d’ailleurs souvent pourquoi Scott semblait si facilement gêné, comme s’il avait toujours peur de mal faire, d’être dans une situation qui le dépassait. Pourtant, lorsqu’il osait se montrer vulnérable, à chaque fois, j’avais l’impression de découvrir quelque chose qui me faisait l’aimer encore plus. Je ne lui avais jamais dit – au fond, j’étais trop intimidée aussi.


- Décidément, tu sais que Miss Bosworth me l'avait dit ça aussi ! Apprendre à s'aimer, à s'accepter, c'est une première étape avant le reste, parce que tu ne peux pas accepter l'amour des autres si tu ne t'aimes pas toi-même... Mais c'est difficile, j'essaye pourtant, mais quand on ne nous l'a jamais appris, c'est franchement un chemin semé d'embûches. Et surtout quand les faits autour de toi te prouvent le contraire... Mais bon.

J’hochai la tête d’un air entendu, contente que mes petites réflexions soient approuvées par Miss Bosworth, surtout que Scott semblait estimer énormément ses conseils. Si j’étais contente que Scott réalise l’importance de s’aimer, j’étais comme toujours peinée de voir à quel point ses insécurités semblaient ancrées en lui. Les choses autour de lui n’auraient pas dû lui prouver le contraire, pourquoi ne pouvait-il pas voir qu’il était tellement important pour tant de gens, Ruby, Ophelia, moi, qu’il était intelligent, destiné à faire tellement de grandes choses ! Il n’y avait pas que l’amour qui comptait, pourquoi laissait-il ses anciennes copines lui dicter ce mal-être terrible ?! Mais j’avais beau m’énerver intérieurement, je ne pouvais que comprendre, et surtout, réaliser qu’il y avait beaucoup plus en jeu qu’un simple cœur brisé. Un week-end avec sa famille m’avait suffi pour voir qu’il y avait tellement de choses à la racine de la personnalité timide de Scott, tellement de choses dont il devait se défaire. Il avait raison, personne ne lui avait jamais appris à s’aimer – je ne voulais pas qu’il soit trop tard.

Est-ce que Maman m’avait appris à m’aimer ?... Elle était bien loin des parents de Scott, elle m’avait toujours fait me sentir spéciale. Si aujourd’hui j’étais si perdue avec moi-même, c’était en grande partie parce que Maman n’était plus là, elle qui avait toujours été mon point de repère, et j’étais si différente d’avant que je n’étais même pas sûre de ce qu’elle penserait de moi aujourd’hui. Je la connaissais pourtant, elle m’aurait toujours soutenu, m’aurait fait me sentir aimée… Mais c’était étrange, elle m’avait appris à m’aimer, mais j’avais toujours su qu’elle ne s’aimait encore autant qu’elle me prêchait de le faire. Si elle s’était aimée autant, elle aurait trouvé mieux que mon père, elle aurait appris à se rendre heureuse, à se mettre en avant, je ne l’aurais pas vu mourir à petit feu. Je savais qu’elle était malheureuse de ne pas être une sorcière, malheureuse de son lien cassée avec mes sœurs et mon père, malheureuse de son métier ; mais que jamais elle ne s’aimait assez pour penser mériter mieux. Parfois, j’imaginais un univers parallèle où elle s’aimait assez pour se sauver et où elle serait en vie.


- Je suis contente que tu essaies, et j’espère que tu finiras par te voir comme je te vois moi, dis-je avec un petit sourire énigmatique.

Nous nous mîmes à faire des ricochets, et toute excitée, je laissai Scott me montrer sa technique infaillible. Ma main dans la sienne paraissait minuscule, et cela m’amusa. Parfois, je me disais que nous étions si étrangement accordés, à la fois tellement différents et tellement similaires. Mon cœur se serra agréablement dans ma poitrine, comme s’il essayait d’aspirer le sentiment de ma main dans celle de Scott.


- Oh, regarde !!

Mon caillou venait de ricocher quatre fois, un véritable record au vu de mes capacités. En réalité, Scott n’avait pas lâché ma main, et il était probable que son geste soit la cause de cette réussite, mais j’étais tout de même ravie.

- Mais tu peux parler, toi aussi ! Il y a plein de choses qui pourraient te faire tomber amoureuse de toi-même, tu ne crois pas ? Sans compter qu'un jour tu seras une star de la scène, imagine un peu ta situation... Je me mis à rire bêtement, ne sachant pas trop s’il le pensait vraiment, mais cela me faisait plaisir. J’avais été très contente que Scott vienne me voir jouer et me complimente, même si je restais humble – j’avais encore tellement de travail à faire ! Mais sinon, hmm, pour de vrai, vu comment tu fais des miracles autour de toi, en arrivant à me faire parler de moi comme tu le fais, je suis sûr que tu pourrais réussir n'importe quoi ! En tout cas, je suis sûr d'une chose, c'est que j'ai vraiment de la chance de t'avoir en amie. Et je tenais vraiment à te le dire, parce que, hmm, je sais que tu es une des raisons pour laquelle j'ai réussi à aller mieux, alors, je voulais te dire merci.

Je lâchai le caillou que nous tenions.

- Oh, Scott, m’exclamai-je d’une voix pleine d’émotion. Sans réfléchir, je l’embrassai sur la joue – je le faisais parfois, mais cette fois-ci, quelque chose d’étrange émanait de moi, et je crois qu’il pouvait le sentir, comme si mon geste essayait de dire quelque chose que ni lui ni moi ne pouvions vraiment comprendre. Je m’écartai, les joues un peu rosies. Celle de Scott était toute tiède et sentait bon. Si tu savais combien tu m’as aidé alors que j’étais si… Mais je n’avais pas les mots. J’haussai les épaules, souriant toujours. Et combien tu comptes pour moi, dis-je un peu plus bas, intimidée, mais avec un petit sourire, et je voudrais tellement que tu sois heureux. Je relevai mon regard vers lui. Il était tellement beau dans la lumière du soir. Je me sentis sourire malgré moi. Je suis tellement contente qu’on se soit trouvés.

Peut-être que Maman était devenue un ange gardien et qu’elle avait mis Scott sur mon chemin – elle avait, en tout cas, fait le meilleur des choix.


(Terminé <3)

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