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You put a spell on me. (H.L)

 
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 You put a spell on me. (H.L)

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Daniel O'Brien
Assistant de Défense contre les Forces du Mal



Masculin
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Date d'inscription : 03/09/2014

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Particularités: Comme tout le monde, je suppose...
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MessageSujet: You put a spell on me. (H.L)   Sam 22 Avr - 15:13

Mon visage était tout près du sol, et mes bras fatigués commençaient à m’envoyer des tremblements jusque dans mes doigts, dans un dernier effort, je remontai, terminant ma série de pompe dans un soupir. Assis en tailleur sur le sol, je passai ensuite une serviette dans ma nuque et sur mon front, reprenant un rythme de respiration plus stable. Mon corps endolori était épuisé, et j’étais incapable de me rappeler depuis combien de temps j’avais enchaîné les pompes, les abdos, tout ce que je pouvais trouver pour m’occuper l’esprit et le corps. La colère était pourtant toujours là, enchaînée à mon cœur, dans ma poitrine qui se soulevait toujours un peu trop rapidement. La tête dans mes mains, mes doigts glissèrent sur mon crâne, dans mes cheveux, mon esprit se concentrant sur ce geste, pour éviter d’écouter le reste. Mais ce n’était pas mieux. Résolument de mauvaise humeur, je me levai dans un mouvement vif, et parti me doucher, espérant que l’eau chaude me ferait du bien. Je songeai au bain de la salle de bain des préfets, et par extension, à Heather lovée dans mes bras tandis que je lavai patiemment ses flammes ondulées. Habituellement, cette vision aurait excité mon envie, mais celle-ci était bien trop obscurcie par ma colère pour que je puisse la discerner. Ou peut-être les deux fondaient l’une dans l’autre – en un sens, c’était le même genre d’émotion, direct et brûlante, qui me prenait généralement tout entier. Mais aucune des deux ne me laissaient rassasier, c’était toujours pareil, il me fallait plus, un plus qui m’échappait toujours.

En réalité, j’avais l’impression que l’énorme boule dans ma gorge ne pourrait se résorber que si je frappais quelque chose. C’était ironique, puisque c’était bien de là que venait toute ma colère… Frapper quelqu’un.

Fiona avait essayé de m’apaiser pourtant, ou du moins de me faire promettre de ne pas « aller casser la gueule de ce sale con », ce que j’avais réussi à concéder non sans difficulté. C’était elle qui m’avait contacté par lettre, me demandant si je pouvais venir la voir, juste elle, dans une petite ville près de notre village. Je n’étais pas encore habitué au transplanage, cela me prenait beaucoup d’énergie et je connaissais également les risques, je ne rentrais donc pas très régulièrement chez moi – en général, j’attendais que Caitlin ai un peu d’argent de côté pour prendre le train et rentrer avec moi, pour que nous soyons tous ensemble, puisque je n’étais pas non plus assez doué pour transplaner à plusieurs et elle ne savait pas le faire. Quoi qu’il en soit, j’avais compris dans la lettre de ma sœur que c’était important, et qu’elle voulait que nous soyons seuls, ce qui m’avait évidemment mis la puce à l’oreille et un peu inquiété. Nous étions tous les quatre très soudés, nous avions bien sûr des relations un à un, mais nous n’avions beaucoup l’habitude d’être ensemble. Me voir tout seul… Quelque chose se tramait.

Effectivement, j’avais eu un bon instinct… On s’était assis dans un petit café tranquille, et elle m’avait fait promettre de ne rien répéter, ni aux parents, ni à Caitlin, ni à personne, même pas à Heather – j’avais osé un sourcil, me demandant bien ce qu’Heather venait faire là-dedans, puisque mes sœurs n’étaient pas au courant – et j’avais promis, la pressant de me dire ce qui se passait. C’était Maureen qui lui avait fait promettre de ne rien dire, et elle brisait cette promesse simplement parce qu’elle était inquiète… C’était à propos du petit-ami de Maureen, un garçon d’un village voisin, avec qui elle sortait depuis six mois maintenant. Il était son premier petit-ami, puisqu’évidemment, il avait toujours été difficile pour nous d’avoir ne serait-ce que des amis durant l’année puisque nous étions les seuls enfants du village à ne pas aller à Poudlard, et c’était globalement le cas pour tous les villages à côté de nous. Mais Robin était plus âgé, il avait terminé Poudlard l’année dernière, et il était revenu vivre chez ses parents – bref, je ne voyais déjà pas d’un très bon œil leur écart d’âge, mais ce qu’allait m’annoncer Fiona n’allait pas aider… Maureen et lui s’était disputé, et il l’avait frappé. Au moment où Fiona me l’annonça, je la sentis instantanément, la colère, comme une immense brique dans mon estomac, subitement. Elle était tellement brûlante que j’avais dû mal à rester assis. Robin s’était excusé, avait promis que ça n’arriverait plus jamais, et Maureen lui avait pardonné. Evidemment. Elle était tellement douce, tellement gentille, c’était la plus optimiste et la plus sensible de nous quatre, avec le cœur sur la main, et je savais combien il était facile de profiter de sa nature. J’étais tellement furieux que je n’avais en tête qu’une seule chose : parler à Maureen, lui dire de plaquer cet abruti, et d’aller le casser en deux au passage. Mais j’avais promis de ne rien dire, et Fiona s’inquiétait que Maureen ne lui confie plus jamais rien… Oui, je comprenais. Bien sûr. Mais en cet instant, ça m’était un peu égal.

On avait discuté longtemps, mais quand j’étais rentré à Poudlard, j’avais réalisé qu’une discussion ne pouvait calmer ma colère, toujours bien présente en moi. Même le sport n’avait réussi qu’à me calmer un instant. Je savais aussi que ce soir ne m’aiderait pas vraiment… Nous avions une soirée à Pré-au-Lard, avec d’autres jeunes, des amis de James, Lizlor devait venir, et évidemment – la seule chose d’ailleurs qui m’intéressait réellement – Heather venait. Ces moments étaient habituellement délicieux, gorgés de sous-entendus et de regards discrets, puisque notre petite affaire était un secret. J’avais la nette impression que certains avaient devinés, en particulier James, je me demandais si Heather lui avait dit… Mais tant pis. A vrai dire, cela m’importait peu, pour l’instant. Je préférais vivre comme nous l’entendions tous les deux, dans ce petit jeu dans l’ombre. C’était l’une des rares choses de ma vie que je n’avais pas envie de soumettre aux regards des autres, pour l’instant.

Je me préparai, laissant mes cheveux libres, enfilant une chemise sombre et ma vieille veste en cuir qui avait appartenu à mon père. Mes pensées étaient ailleurs, tandis que j’allai chercher Heather, songeant que sa compagnie, à défaut du reste, me changeraient peut-être un peu les idées. Elle ouvrit sa porte, rayonnante comme à son habitude… Sa poitrine était moulée dans un petit haut noir en dentelle, décolleté, qu’elle avait assorti avec une jupe mi longue rose clair, et des talons. Elle était d’une élégance impressionnante, rehaussé par son charme habituel qui me donnait envie de la plaquer contre son bureau. A moitié cachée par ses cheveux et son haut, je pouvais distinguer la bretelle de son soutien-gorge, reconnaissant un ensemble que je connaissais et avait son petit effet sur moi. Habituellement, je l’aurai embrassé langoureusement, frissonnant de l’idée que quelqu’un nous voit, avant de nous mettre en route, mais elle était trop belle, et j’avais trop besoin de ça, de plus, là, maintenant. J’entrai dans sa chambre et claquai sa porte.

Je l’embrassai furieusement, la prenant dans mes bras, la soulevant presque du sol, la serrant plus que de raison. Son parfum m’enivrait, mes lèvres mordirent son coup, et, plus tout à fait capable de réfléchir, je la plaquai contre le mur violemment, ignorant le bruit mat de son dos contre la pierre, mes mains partant caresser sous sa jupe. Mes ongles griffèrent ses cuisses, mais ça m’était égal, et j’entendais qu’Heather ne s’en préoccupait pas spécialement non plus. Tout ma colère était canalisée dans mes gestes pressés et furieux, comme si cela pouvait enfin me calmer, alors que je sentais simplement que tout était décuplé, oh, c’était stupide peut-être, mais j’avais tellement envie... Je la poussai violemment sur le lit, ôtant ses habits furieusement, les points lumineux du désir et de la colère m’aveuglant, mais le corps d’Heather était doux, tiède, fiévreux, aussi désireux que le mien de sentir la chaleur que notre contact provoquait… Mordant sa lèvre, ma main qui serrait sa nuque repartit se perdre dans ses cheveux que je serrai entre mes doigts brûlants… Mes muscles endoloris étaient tendus, mais ça m’était égal, tout cela me dépassait et m’ensorcelait, mais je n’arrivais pas à calmer la colère opaque – je redoublai d’intensité, cherchant désespérément quelque chose qui pourrait enfin, comme un enchantement, me calmer.


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My thoughts are crabbed and sallow,
My tears like vinegar,
Or the bitter blinking yellow
Of an acetic star.

Tonight the caustic wind, love,
Gossips late and soon,
And I wear the wry-faced pucker of
The sour lemon moon.

While like an early summer plum,
Puny, green, and tart,
Droops upon its wizened stem
My lean, unripened heart.
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Heather Lass
Assistante de Potions



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Localisation : Un peu d'intimité, c'est possible, oui?!
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Particularités: Irlandaise et fière de l'être & Animagus non déclaré (renard polaire)
Ami(e)s: Les meilleures sont un peu épartillées, mais elles restent : Lyra, Megane, Haley, Lilian, Katie, Gab
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MessageSujet: Re: You put a spell on me. (H.L)   Lun 24 Avr - 17:07

Il y avait bien longtemps que Heather n’avait pas senti son cœur autant batifoler de la sorte ; il lui suffisait de songer un instant à Dan et elle se mettait à sourire, il lui suffisait de regarder par la fenêtre le temps qui devenait de plus en plus beau et sa poitrine devenait légère, il lui suffisait de songer avec délices aux soirées prévues, à ses futures sorties, et son entrain redoublait. Peut-être le fait que l’hiver soit en train de tirer sa révérence accentuait cet état d’esprit, mais elle s’était fait la réflexion qu’il y avait bien longtemps qu’elle n’avait pas été aussi heureuse dans sa vie. Son travail à Poudlard, au fur et à mesure qu’elle l’apprivoisait, s’avérait plutôt intéressant – elle se faisait peu à peu une place dans l’équipe enseignante, même si elle avait du mal de se défaire de son image d’élève –, l’équipe était agréable et le petit noyau des assistants se resserrait et se rapprochait, Dan occupait une grande partie de sa vie et elle avait la sensation que leur relation s’intensifiait de jour en jour, Emmy allait beaucoup mieux maintenant qu’elle s’était remise avec Chuck, les gens semblaient heureux de l’arrivée du printemps, la perspective des vacances commençait à se faire sentir,… Bref : l’ambiance était au beau fixe, et Heather avait tellement d’énergie et de bonne humeur à revendre qu’elle était encore plus efficace et rapide dans son travail. Cela lui permettait de s’entraîner encore plus au Quidditch – les séances étaient un vrai plaisir maintenant que le ciel était bleu et l’air plus doux, le vent moins mordant – et elle commençait sérieusement à songer aux compétitions à venir, et à sa place potentielle de titulaire dans l’équipe adulte de la région. Plus elle discutait avec l’entraîneur qu’elle voyait de temps en temps, plus elle avait le sentiment qu’il la prenait au sérieux et avec intérêt ; il la complimentait sans cesse et prenait très à cœur de corriger les moindres petits détails, il la questionnait sur son style de vie, son alimentation, il lui suggérait tel et tel type d’entraînement… Heather n’en avait encore parlé à personne, pas même à Emmy. Il y avait simplement son frère le plus proche, Tomàs, à qui elle avait écrit quelques lignes à ce sujet, car il savait que son rêve de petite fille était de faire réellement du Quidditch, dans une équipe professionnelle. Mais puisque rien ne se concrétisait pour le moment, elle ne voulait rien dire, pour ne pas se donner de faux espoir. Simplement, elle redoublait d’efforts et d’implications ; son corps se tonifiait et se musclait encore plus.

En plus de cela, les moments passés avec Dan la comblaient au mieux ; non seulement il savait répondre à tous ses désirs mais il leur arrivait également souvent de sortir ensemble simplement se promener, à des soirées, ou dans le château rien que tous les deux. Les moments qu’elle préférait étaient lorsqu’ils passaient du temps tous les deux dans la salle de bain des préfets et qu’il lavait ses cheveux avec soin, comme si elle était la huitième merveille du monde. Il en profitait toujours pour masser son dos, ses épaules, le bas de son dos, et elle se laissait faire, comme enivrée par les vapeurs d’eau chaude et l’unique sensation des grandes mains de Dan sur sa peau nue. Il se livrait un peu à elle aussi, de temps en temps, ils parlaient de leur famille et de leur village, de leurs amis à Poudlard, de leur vie en commun. Heather trouvait que leur équilibre était particulier mais stable, et son cœur s’emballait toujours autant dès qu’elle apperçevait la large silhouette de Dan ou qu’elle sentait son parfum profond et masculin chatouiller ses narines.

Ce soir était un samedi comme les autres : une soirée était prévue à Pré-au-Lard avec les autres. Un peu plus tôt, elle était allée à Londres déjeuner avec Emmy puis elles avaient fait quelques magasins, et Heather avait acheté un nouveau haut noir, tout simple et moulant dont le haut était tout en dentelle – c’était devenu une une blague récurrente entre les deux amies, car dès qu’elles faisaient les boutiques ensemble Heather trouvait toujours une pièce dans l’unique but d’affoler Dan un peu plus. Une fois rentrée, elle avait lu et corrigé quelques copies, puis elle avait quitté son jean, ses baskets et son pull court pour se préparer. Après une douche rapide, elle enfila la tenue qu’elle avait préparée : le nouveau haut, une jupe mi-longue et légèrement bouffante, qui lui serrait la taille, d’un rose pastel, et des chaussures à talon dorées et légères dont l’or tirait légèrement vers le rosé. Pensive, elle regarda un instant par la fenêtre et se laissa bercée par le paysage : sa chambre était à une bonne hauteur et elle avait vu étendue sur le parc, le lac, la forêt. Le soleil qui était en train de baisser derrière les grandes montagnes brunes de l’horizon dardait d’une lumière cuivrée les sommets et les couleurs, et c’était si beau que Heather se demanda encore une fois comment il lui serait un jour de partir d’ici. Puis elle s’arracha à sa contemplation, caressa son chat qui s’était roulé devant elle sur le lit pour demander des caresses, puis s’occupa de lui donner à manger. Enfin, elle se mit à se maquiller – du beige rosé sur les paupières, un trait d’eye liner. Elle attrapa ensuite le collier ras du cou, assez fin et en velours noir, pour le fixer autour de sa gorge, avec un petit sourire en pensant à Emmy qui détestait absolument ce genre de collier ; elles en riaient souvent ensemble. Puis les cheveux - comment allait-elle se coiffer ?...

Des coups à la porte interrompirent sa réflexion. C’était Dan, probablement – elle était en retard apparemment, ou peut-être était-il en avance ! Toute enjouée, elle sautilla jusqu’à la porte et lui ouvrit.


- Oups, je suis un peu en retard, je n’ai pas fini de me coiffer, tu penses que…

Elle comprit bien vite que ce n’était pas le moment de discuter cheveux. Non seulement la vision de Dan, dans sa chemise et sa veste, ses cheveux détachés, son regard noir et brillant, son front déterminé venaient de créer dans le bas de son ventre une onde de choc qui lui coupait temporairement les pensées, mais en plus Dan ne dit rien de plus, s’avança, ferma la porte et se jeta sur elle, sans qu’elle puisse faire ou dire autre chose.

Il la souleva d’abord et Heather dut s’agripper à sa veste pour ne pas tomber, puis il l’embrassa et elle sentit son cœur remonter de sa poitrine vers ses lèvres, faisant palpiter tout son cœur – violemment, son dos heurta le mur et elle aurait eu mal si elle n’avait pas déjà été gagnée par l’ivresse du désir qui venait de l’irradier toute entière, en l’espace d’une seconde. Elle se sentit compressée, écrasée par Dan qui baladait ses mains partout sur elle avec un empressement particulièrement fort (elle lui connaissait pourtant ce genre de comportements mais celui-là était au-dessus de la moyenne). Ses doigts griffaient sa peau – elle sentit une douleur à sa cuisse – et elle répondait du mieux qu’elle pouvait, tous ses sens affolés, arrachant sa veste au passage, s’agrippant à ses épaules, à ses bras aux muscles tendus. Le creux de son ventre était devenu une boule en fusion, elle avait perdu le contrôle de sa respiration, et ne pensait déjà plus qu’à une chose : que Dan aille jusqu’au bout de ses pensées.

Il ne se fit pas prier et la poussa sur le lit, lui arrachant ses vêtements plus que lui ôtant, tandis qu’elle essayait d’en faire de même, malgré les gestes autoritaires de Dan pour la repousser en arrière. Il avait agrippé ses cheveux pour l’immobiliser et elle laissa échapper un gémissement, agrippant au passage ce qui était à sa portée – le rebord du lit, le drap. Son regard était voilà par l’envie, et son souffle semblait s’étouffer quelque part entre sa bouche et ses poumons. Les mouvements de Dan était brusques et puissants et très vite le corps de Heather se mit à lui répondre, bien que la force qu’il mettait la dépassait complètement. Elle sentit que ses cris étaient coincés dans sa gorge tant tout était allé vite et fort, et de léger pics de douleur traversait son ventre de temps en temps, mais elle était trop perdue dans sa transe pour s’en rendre compte, et la seule chose qu’elle put faire fut d’agripper la main de Dan et la poser sur sa gorge pour qu’il la serre, ce qu’il fit et Heather sentit son cœur exploser complètement –

– jusqu’à ce que la pression se desserre un peu et qu’elle se rende compte qu’elle n’arrivait plus à respirer, tandis que ses ongles avaient griffé le bras de Dan jusqu’au sang. Il parut légèrement surpris par ce qui venait de se passer et elle l’attira alors contre elle, profitant de ce moment de flottement :


- Tout va bien, je suis là,
murmura-t-elle dans son oreille, alors que ses cheveux lui chatouillaient le visage.

Quelque chose n’allait pas et elle l’avait senti depuis le début, Dan était encore plus fermé et brûlant que d’habitude, son front ne se déridait pas et il mettait dans leurs ébats une énergie bien plus violente que d’habitude. Heather se fit plus douce et le caressa de plus belle, et tout d’un coup il devint lui aussi plus tendre, la tension se relâcha un peu et quand il l’embrassa de nouveau après avoir embrassé son cou tout doucement, elle sentit qu’ils étaient beaucoup plus en phase ; alors ses hanches indiquèrent un rythme beaucoup plus fluide cette fois, et de petits cris finirent par se libérer de la gorge de Heather qu’elle ne put pas retenir, se laissant porter par l’explosion qui n’allait pas tarder. Son corps semblait se réveiller d’un coup, brusquement la chaleur avait repris et elle était bien plus intense qu’avant alors qu’elle pensait avoir frôlé l’évanouissement – Dan était plus tendre que jamais et chaque parcelle de sa peau qui l’effleurait semblait animée d’une vie nouvelle.

Quand ils s’installèrent sous les couvertures, reprenant leur souffle tous les deux, Heather attira Dan contre elle au lieu de se pelotonner contre lui comme à l’habitude.


- Qu’est-ce qui ne va pas… Tu veux en parler ?


Elle avait parlé d’une voix douce, passant le bout de ses doigts sur le bras et le torse de Dan, tout en se doutant qu’il resterait évasif si tant est qu’il se décide à parler.

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Daniel O'Brien
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MessageSujet: Re: You put a spell on me. (H.L)   Mer 26 Avr - 16:02

Peu importe combien j'essayais, le plomb de la colère avait fondu jusque dans mon estomac et ne voulait pas s'en déloger. Mon corps fatigué continuait de se donner entièrement à Heather, jusqu'à peut-être qu'il se déconnecte et perde prise. Enroulée dans ses soupirs, Heather ne semblait pas avoir de mal à se laisser aller, elle, ses paupières fébriles avaient du mal à rester ouvertes, ses soupirs étaient brûlants comme l'envie qui m'enflammait. Sa peau était si pâle et fine que si j'avais réussi à me concentrer clairement, j'aurais pu voir le sang qui palpitait dans ses veines. J'aurais pu ressentir tout l'effet que je lui faisais, m'en sentir encore plus enivré. Mais tout était brouillé - ce que je ressentais, ce que je voulais, comment évacuer tout en moi. Moins j'arrivais à déconnecter mon cerveau plus je poussai fort contre le corps d'Heather, plus le lit craquait, mon excitation grandissait, dangereusement liée à ma colère, comme si les deux se nourrissaient sans jamais pouvoir s'annuler. Alors qu'il aurait sûrement fallu que je me calme, Heather eut la mauvaise idée de diriger ma main contre son cou translucide. Mes gestes déjà brusques se transformèrent en ma prise puissante, j'enroulai mes doigts et serrai, sentant que cela l'excitait toujours plus, encore, et encore, affolant mes sens. Mon cerveau ne cessait pas de s'énerver, lui, au contraire, mais il appréciait plus que jamais cette sensation physique dirigée dans mes doigts qui me donnait enfin l'impression de contrôle... Mais cette violence me renvoyait à une autre, une qui me rendait fou, et l'amertume remontait exploser sur ma langue que je n'arrivais plus à mêler à celle d'Heather. Le désir, compact dans mon corps, m'aveuglait.

Quelque chose me brûla étrangement le bras, me surprenant, et la suite se passa sans que j'en comprenne tout à fait la teneur. Je remarquai seulement tout à coup qu'Heather était toute blanche, les lèvres bleutées, son cou rouge, qu'elle m'avait griffé jusqu'au sang... Le noeud dans mon estomac autour duquel gravitait ma colère se noua un peu plus, tandis que je réalisai que je n'avais pas mesuré ma force, ni vraiment prêté attention à ce qu'Heather pouvait ressentir. Mon regard se fronça légèrement, je sentis une nouvelle amertume se glisser en moi, me demandant ce qu'il convenait de faire, et la colère me mordait toujours et -


- Tout va bien, je suis là, murmura alors Heather, me prenant par surprise.

Elle était là ?...

Je n'étais pas sûr de comprendre, mais mon corps n'eut pas besoin de comprendre plus pour réagir - il se décompressa de l'intérieur, transformant soudain la colère en quelque chose que je ne connaissais pas. Mon cerveau, épuisé, sembla enfin se déconnecter. Le reste fût flou. Mes lèvres caressèrent le cou d'Heather, comme pour me faire pardonner, puis je laissai mon corps prendre le dessus sur le reste. Le rythme, les soupirs, les caresses, la façon dont je pouvais embrasser Heather jusqu'à que je ne respire plus, ses cheveux qui me picotaient puis me caressaient, mon coeur affolé, le plaisir, tout n'était plus qu'une série de sensation aussi douces que libératrices. Je l'avais trouvé, enfin, cet enchantement - Heather avait réussi, ou peut-être que c'était elle toute entière.

Ensuite, alors que tout s'était enfin calmé après le dernier soupir, les choses furent à nouveau flou quelques secondes. Je n'avais plus de souffle, j'étais fatigué, et légèrement désorienté, mon cerveau réussissant difficilement à se reconnecter. Heather m'attira contre elle, et je me laissai faire, pour une fois. J'avais du mal à réfléchir, mais j'étais sûr de n'avoir jamais vraiment été dans cette position. Habituellement, avec Heather, et même toutes les filles avec qui j'avais pu avoir des aventures, c'était le contraire, elles venaient se rouler contre ma poitrine, éparpillant leurs cheveux sur mon torse. Heather, particulièrement, appréciait être contre moi, je l'avais bien remarqué, et j'avais pris l'habitude de caresser son dos, sa chevelure, comme si je la berçais légèrement. Cette fois-ci. c'était presque l'inverse... Je fermai les yeux, laissant les choses autour de moi flotter, profitant de cette étrange impression de plénitude qui m'envahissait.


- Qu’est-ce qui ne va pas, tu veux en parler ?

Je secouai la tête en signe de négation, avant de la plonger contre le cou d’Heather. Il était encore rouge, et j’y portai mes doigts, le caressant cette fois-ci avec beaucoup de douceur. Je lui lançai un petit regard, comme pour m’assurer qu’elle n’avait pas trop mal. Mon coeur palpitait désagréablement. Je fermai les yeux, et fit glisser ma main dans son dos, la nichant dans la cambrure, pour l’enlacer et me tenir tout contre elle. A nouveau, je laissai cette fatigue reposante s’emparer de moi.

- Non, je ne préfère pas… Mais je sais que quand je voudrais, tu seras là, ajoutai-je dans un murmure.

Je laissai alors mes pensées se remettre, cette fois-ci beaucoup plus claires et apaisées. Ma colère n’était plus brûlante, elle était froide comme du métal, sinistre, nourrissant une tristesse étrange dans mon coeur. Je réfléchissais à tout ça, à ma famille, laissant mon esprit s’égarer dans les souvenirs d’Irlande et ses grands espaces qui me manquaient tant. Je songeai à Heather, à sa famille, proche de la nôtre, tout ce qu’elle avait vécu… J’évitais généralement d’y penser, si bien que j’oubliais parfois combien nous avons grandi dans le même univers. Heather n’était pas une fille comme les autres, et ma relation avec elle était bien différente de toutes celles que j’avais pu avoir… Je dissociais parfois Heather et cette fille qui avait été ma voisine toutes ses années, celle qui était l’amie de ma soeur et la soeur de mes amis, que mes grands-parents adoraient, qui venait monter à cheval chez nous… Celle aussi dont l’histoire étrange, entre les murs de pierre de son immense maison, était toujours un peu flou. Mais je ne l’ignorais pas – même si nous n’en avions jamais vraiment parlé. J’ouvris les yeux, cherchant le regard d’Heather qui m’observait toujours. Ses iris me rappelaient toujours la nature verdoyante près de chez nous, la bruyère, la forêt…


- Est-ce que tu penses souvent à ta mère ? Demandai-je alors malgré moi, sentant que ma question la prenait de court. Je n’avais pas pu m’en empêcher. Elle était violente avec toi aussi, non ? Alors que je prononcais ces mots, ma main était malgré moi remontée jusque dans les cheveux d’Heather que je m’étais mis à caresser. Mon regard s’était légèrement voilé. On est pas obligé d’en parler, je… J’y pensais juste, avouai-je. Je me redressai alors légèrement, sortant du petit cocon rassurant dans lequel Heather m’avait attiré, et je ramenai son corps musclé contre le mien, prenant dans le creux de ma main sa nuque. Elle sentait bon un parfum tiède et suave – j’embrassai le sommet de son crâne, toujours songeur, me demandant si elle accepterait d’en parler.

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MessageSujet: Re: You put a spell on me. (H.L)   Dim 14 Mai - 18:49

- Non, je ne préfère pas… Mais je sais que quand je voudrais, tu seras là, avait répondu Dan, laissant Heather de plus en plus pantoise. Si quelque chose se tramait - et elle en était sûre - Dan n'avait jamais paru si touché et mystérieux, et jamais non plus elle n'avait senti son coeur battre avec autant d'intensité, alors qu'ils se reposaient l'un contre l'autre pour reprendre leur souffle.

Peut-être que personne ne l'avait jamais vraiment tenu dans ses bras ainsi, se surprit-elle à se dire, balayant ensuite cette idée étrange ; elle connaissait bien la famille O'Brien et ils n'étaient pas violents ou désagréables, ils étaient aimants, avec leurs problèmes certes, mais aimants tout de même. Qu'est-ce qui avait bien pu rendre Dan dur et fermé de la sorte ? Ses soeurs étaient différentes, quoi qu'un peu mystérieuses aussi à leur manière... Mais Dan, c'était autre chose, et Heather avait bien du mal à mettre la main dessus. Voilà pourquoi elle mesurait pleinement qu'il lui fallait profiter de ces instants, de ces moments où il était tout à elle et elle tout à lui, quand elle sentait le pouvoir qu'elle pouvait avoir sur ses désirs et qu'elle était certaine de le serrer contre son coeur. Elle se rendit compte, en avalant sa salive, que sa gorge lui faisait mal - les souvenirs des instants précédents lui revinrent en mémoire de manière un peu floue, et quelque chose trembla dans le fond de son ventre. Elle retint un sourire, tout en ne pouvant s'empêcher d'entendre une petite voix qui lui rappelait que cela pouvait être dangereux.

Fermant les yeux, Heather laissa faire les choses : la chaleur tiède qui les envahissait, la peau de Dan contre la senne, ses paupières qui voulaient se baisser toutes seules, son corps entièrement détendu envahi d'une langueur particulièrement agréable, le silence qui les entourait et la soirée qui devait sûrement commencer sans eux, loin de cette petite bulle qui s'était créée.


- Est-ce que tu penses souvent à ta mère ? La question de Dan creva le silence et Heather se sentit prise de court - Elle était violente avec toi aussi, non ? On est pas obligé d’en parler, je… J’y pensais juste.

Il avait glissé sa main dans ses cheveux, le long de sa nuque, et des frissons l'avaient parcourue des pieds à la tête. Elle se laissa faire quand il la ramena contre elle, le coeur battant plus fort qu'elle ne l'aurait voulu : non seulement, de toutes les questions, c'était l'une des plus inattendues, mais en plus c'était un sujet qu'elle se gardait bien d'aborder en temps normal, même avec elle-même, et qui réveillait toujours des souvenirs désagréables et des sensations qu'elle aurait aimé oublier.

Pourquoi violente « aussi » ? C'était une bien curieuse manière d'amener le sujet - sans compter qu'elle n'avait jamais su exactement ce que Dan ou la famille O'Brien savait. Au village, chez eux, les gens avaient forcément appris ou vu que la mère de la famille Lass était quelque peu dérangée, mais ce qui se passait derrière les murs, outre les quelques éclats et le tragique accident de la fin, qui au fond pouvait le savoir ? Il n'y avait qu'eux - Heather, ses frères, son père - et les rares personnes à qui elle en avait parlé, qu'elle ne comptait plus parmi ses proches aujourd'hui. Elle se sentit frissonner à nouveau - comme avant. De toutes les émotions qu'elle avait pu ressentir et qui l'avaient marquée, c'étaient la peur la pire, celle qui sommeille quand tout est noir, celle qui guette dans un coin sombre, celle qui réveille en pleine nuit. Sa mère était folle et elle l'avait compris en grandissant, cliniquement folle, ce qui l'avait rendue méchante, parfois violente, et surtout incapable de s'occuper de ses enfants ; mais le pire avait été qu'elle était terrifiante, qu'il lui arrivait de errer dans la maison sans rien dire, en chemise de nuit, comme un fantôme, qu'il lui arrivait de fixer quelqu'un ou quelque chose pendant des heures sans rien dire, de pleurer, de crier ou de parler toute seule, et dans les pires moments d'avoir des crises soudaines et particulièrement fortes contre les gens. Son père avait fait ce qu'il avait pu, Heather le savait parfaitement, mais il avait été obligé de garder son travail pour gagner de l'argent, et quand parfois les enfants étaient seuls avec leur mère à la maison, surveillé par les aînés, Heather se souvenait comme hier de ces longues heures toujours teintées de risque, de cauchemar (et si jamais elle se réveille ? Et si jamais elle sort de sa chambre ?) et des quelque fois où cela s'était produit, où ses frères aînés avaient du s'absenter ne serait-ce qu'un instant, et où les plus petits avaient été sans défense. Heather ne se considérait pourtant pas du tout comme une enfant battue, mais elle avait reçu des coups car elle avait été la victime de crises de violence de sa mère ; c'était pourtant autre chose qu'il lui semblait avoir vécu, quelque chose de bien plus moral que physique, de bien plus effrayant que physiquement marquant. Quand leur mère était morte, tout le monde avait été soulagé : Heather, ses quatre frères, leur père, qui avait enfin pu retrouver une vie normale. Peu à peu, le temps avait gommé le pire, et les avait rendu plus soudés et proches que jamais. Que restait-il aujourd'hui ?

Heather voulut bouger pour changer de position, mais Dan la maintenait trop fermement contre lui. Elle sentit qu'il était temps pour elle de répondre, mais tout d'un coup elle se trouvait bien mal à l'aise, devant quelque chose de si intime quand Dan semblait toujours repousser cette idée.


- Pas souvent, non. J'avais huit ans quand elle est morte... Ça me parait bien loin maintenant.

Elle marqua une pause - elle avait l'impression de ne pas reconnaître sa voix, comme si quelqu'un parlait pour elle, par sa bouche. Oui, c'était loin - mais au fond, pas tant que ça, et elle voulait essayer de répondre à Dan, non seulement parce qu'elle était touchée qu'il lui demande une telle chose, mais aussi parce qu'elle voulait se prouver à elle-même qu'elle en était capable.

- Je n'ai jamais su trop ce qu'on en disait, dans le village... Je me suis toujours demandé comment tout le monde voyait cette histoire. J'espère que mon père n'a pas été trop critiqué... Il a vraiment fait ce qu'il a pu, il a sacrifié sa vie pour nous, il était obligé de travailler et quand il rentrait il devait s'occuper d'elle et tout gérer à la maison... Je ne pense pas que n'importe qui aurait été capable de faire ça, dit-elle avec une bouffée d'amour pour son père, qu'elle trouvait parfois trop peu mis en valeur. Hmm... Oui, elle était violente avec nous, enfin avec les plus petits, Cahál, Tomás et moi surtout... Mais elle était surtout folle et ingérable, elle me terrifiait. C'est ça qui m'a le plus marqué, je crois. J'avais toujours l'impression qu'elle allait surgir comme un monstre, et quand je la voyais je savais qu'il y avait une chance sur deux pour qu'elle soit méchante, c'était très éprouvant, et je ne comprenais pas forcément ce qui se passait à l'époque. Je n'ai pas trop de souvenirs de quand elle me tapait... Même si je sais très bien que c'est arrivé, j'ai eu des marques une fois, parce qu'elle m'avait poussé dans les escaliers.

Sa voix avait faibli - elle s'était serrée un peu plus contre Dan, dessinant pensivement du bout de ses doigts sur la peau de son torse. Puis elle ferma les paupières, comme pour s'isoler au mieux des souvenirs qui revenaient à elle.

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Daniel O'Brien
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MessageSujet: Re: You put a spell on me. (H.L)   Dim 21 Mai - 20:56

Il ne m’était pas habituel de poser ce genre de questions, celles qui dérangent et ouvrent la voie des terrains plus glissants, plus intimes. Voilà, c’était peut-être cela que j’avais du mal à maîtriser : l’intimité. La façon qu’elle avait de rapprocher, de découvrir, j’avais l’impression qu’elle devenait synonyme de vulnérabilité ; pourtant, chez moi, nous avions toujours tous été proches, l’intimité était accrue au vue de notre situation, et j’en venais à songer que c’était peut-être ça, j’avais dû me battre pour garder des secrets, ou je n’avais été habitué qu’à me montrer vulnérable au sein de ma famille. Ce n’était pas une nouveauté, je ne savais pas comment être proche des gens, j’avais grandi très solitaire durant mon adolescence, tous mes amis partant pour Poudlard, et bien vite je n’avais plus su comment faire, il avait fallu que je sois fort, que je renvoie la meilleure image possible, moi le fils des pauvres fermiers qui n’avaient pas assez d’argent pour envoyer leurs enfants à l’école. Ma question à Heather était peut-être donc risquée, voire déplacée, mais elle avait étrangement échappé à mon contrôle, comme si tout à coup Heather avait réussi à déverrouiller quelque chose en moi que je savais pourtant garder en sécurité. C’était étrange, presque désagréable, et pourtant il était trop tard pour revenir en arrière, et la petite bulle dans laquelle Heather savait me plonger rendait tout cela bien moins inquiétant. Comme si finalement, je pouvais entrapercevoir ce que c’était que d’être réellement proche de quelqu’un, sans aucune barrière, mais l’imaginer seulement me rendait toujours anxieux. J’avais l’impression qu’il y avait un piège, quelque part, je ne savais pas dire ni estimer sa dangerosité, mais je le sentais présent, comme si quelque chose planait au-dessus de ma tête et pouvant tomber à tout instant.

En regardant Heather, il me sembla que son expression avait changé, qu’elle était préoccupée, mais pas angoissée par cette fameuse intimité, elle réfléchissait seulement à comment s’exprimer, s’en accommoder. Une nouvelle fois, je me surpris à l’envier, elle et son aisance avec les gens, sa capacité à capter les gens et les émotions autour d’elle sans prendre peur. En songeant à son enfance, je me rappelai qu’Heather avait aussi eu son lot d’épreuves, et que ça l’avait rapproché des gens plus que l’inverse – plus que moi.


- Pas souvent, non. J'avais huit ans quand elle est morte... Ça me parait bien loin maintenant.

En effet, c’était bien loin, et je comprenais ce qu’elle voulait dire. C’était différent évidemment, mais mes propres souvenirs de tout ça était flou, nous étions des enfants, tout cela semblait obscure à présent. Mais je n’étais pas stupide, je comprenais comment marchait des traumatismes, et si cela m’arrangeait bien de l’oublier de temps en temps, je savais bien que ce qu’Heather avait vécu était quelque chose de cet ordre-là, quelque chose qui marque à jamais. Je me demandais combien cela l’avait influencé, si elle en était conscience, tout ce qui était lié… Toutes ces choses inconscientes n’étaient pas non plus ma spécialité, j’avais du mal à cerner tout ce qui n’était pas purement rationnel mais le fruit d’émotions plus subtiles, mais au contact d’Heather, je m’habituais peut-être peu à peu, ou du moins, j’essayais.

- Je n'ai jamais su trop ce qu'on en disait, dans le village... Je me suis toujours demandé comment tout le monde voyait cette histoire. J'espère que mon père n'a pas été trop critiqué... Il a vraiment fait ce qu'il a pu, il a sacrifié sa vie pour nous, il était obligé de travailler et quand il rentrait il devait s'occuper d'elle et tout gérer à la maison... Je ne pense pas que n'importe qui aurait été capable de faire ça. Hmm... Oui, elle était violente avec nous, enfin avec les plus petits, Cahál, Tomás et moi surtout... Mais elle était surtout folle et ingérable, elle me terrifiait. C'est ça qui m'a le plus marqué, je crois. J'avais toujours l'impression qu'elle allait surgir comme un monstre, et quand je la voyais je savais qu'il y avait une chance sur deux pour qu'elle soit méchante, c'était très éprouvant, et je ne comprenais pas forcément ce qui se passait à l'époque. Je n'ai pas trop de souvenirs de quand elle me tapait... Même si je sais très bien que c'est arrivé, j'ai eu des marques une fois, parce qu'elle m'avait poussé dans les escaliers.

Au fur et à mesure qu’Heather parlait, la colère qui grondait en moi reprenait forme, coulait dans mes veines comme du plomb qui petit à petit se solidifiait et me pesait, dans mes membres tout à coup lourd, dans ma gorge sèche, ma mâchoire serrée qui m’empêchait de parler. Pourtant, ce n’était pas moi que cela concernait, je n’avais pas été la victime de cette mère terrifiante qu’Heather me racontait de sa petite voix, mais cela me touchait presque autant, ou du moins avec une telle force que cela m’inquiéta à nouveau. Les émotions étaient brûlantes à moi, connectées à Heather par des fils invisibles, nourrissant une espèce d’empathie étrange pour son récit et pour elle. Je la revoyais plus jeune, ses longs cheveux déjà enflammés, son visage poupin, et elle me paraissait si petite, si fragile, que la seule vision d’elle tombant dans les escaliers violemment me prenait à la gorge et me donnait un coup de massue sur le cœur. C’était tellement injuste ?! Tout à coup, je me sentais réellement révolté, mais surtout triste, triste pour ce qui était arrivé à Heather, et c’était une telle vague d’émotions en moi que j’avais du mal à comprendre exactement, pire encore, cela me paralysait presque tant je ne savais pas comment gérer des émotions qui n’étaient techniquement pas les miennes – ce n’était pas mon histoire, pas ma tristesse, pourquoi cela me touchait-il autant ?

Tellement de choses me traversaient qu’il me fallut de longues minutes avant d’ouvrir la bouche – mais je n’avais pas lâché ma prise autour de la taille d’Heather, au contraire, je serrai sa nuque pour ramener son visage contre mon torse et la maintenir en sécurité contre moi. J’aurais voulu m’excuser auprès d’Heather de ne pas avoir les bons mots, de prendre autant de temps pour répondre, d’être aussi coincé et inutile. Mais je ne savais pas comment le formuler, et soudain j’avais peur d’être aussi vulnérable qu’elle osait l’être. Je n’avais pas son courage.


- Je n’ai jamais entendu quelqu’un critiquer ton père, au contraire. Les gens du village ne savait pas grand-chose il me semble, je savais qu’elle était violente car mes parents m’avaient expliqué, puisque nous étions voisins et qu’ils ont aidé ton père plusieurs fois.. Ils m’avaient précisé qu’il ne fallait pas en parler aux autres gens. Je pense que vers la fin, les gens savaient qu’elle était folle, mais c’est tout. Mais je ne sais pas, je n’avais que dix ans à l’époque, peut-être que je ne me rendais pas compte de tout. Tu sais tout le monde vous aime beaucoup, je pense que tout a toujours été assez bienveillant au village, ou au pire, ignorant...

Je continuai à réfléchir silencieusement, cherchant à construire une phrase pouvant exprimer tout ce que je ressentais, mais j’avais bien du mal, comme si mes propres émotions jouaient contre moi. Je détestais ce sentiment, cette impuissance face à ces sentiments imprévisibles et capricieux, qui étaient trop difficiles à comprendre. Comment avouer à Heather que j’étais triste, révolté, comment mettre en forme ce qui se bousculait, comment ne pas être vulnérable ?

- Ça me… Commençai-je, mais ma voix se perdit à nouveau. Enfin, je ne sais pas trop comment l’expliquer, mais ça me révolte, admis-je. Que tu es vécue tout ça alors que tu n’étais qu’une enfant, ça a dû être tellement éprouvant, et… Je ne sais pas, ça me rend furieux d’imaginer ça, le mal que ça a dû te faire. Tu sais, je sais que j’ai parfois mes humeurs, et que je peux paraître violent, dans mes mots, mes gestes, mais je te le promets, jamais je ne lèverais la main sur toi. Je ne me le pardonnerais pas, de toute façon, avouai-je, dans un élan d’honnêteté étrange qui à nouveau m’échappa, et que, je l’espérai, Heather recueillerait avec douceur.


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MessageSujet: Re: You put a spell on me. (H.L)   Ven 26 Mai - 17:01

- Je n’ai jamais entendu quelqu’un critiquer ton père, au contraire. Les gens du village ne savaient pas grand-chose il me semble, je savais qu’elle était violente car mes parents m’avaient expliqué, puisque nous étions voisins et qu’ils ont aidé ton père plusieurs fois... Ils m’avaient précisé qu’il ne fallait pas en parler aux autres gens. Je pense que vers la fin, les gens savaient qu’elle était folle, mais c’est tout. Mais je ne sais pas, je n’avais que dix ans à l’époque, peut-être que je ne me rendais pas compte de tout. Tu sais tout le monde vous aime beaucoup, je pense que tout a toujours été assez bienveillant au village, ou au pire, ignorant...

Sans rouvrir les yeux, Heather sourit doucement. C’était agréable à entendre, même si cela faisait longtemps qu’elle ne s’était pas re-penchée là-dessus et que le passé de son enfance lui laissait toujours une sensation triste et étrange, douce-amère. En un sens elle était touchée et rassurée de savoir que son père n’avait pas été forcément la source des quolibets, mais d’un autre côté elle avait peine à croire comment il avait fait pour garder le mystère, dans un si petit village, dans une communauté si étroitement liée. Elle se doutait que des fuites avaient eu lieu, et qu’elle ignorait sûrement une grande partie de l’histoire. Mais elle ne voulait pas en savoir plus car elle savait que cela lui ferait du mal – bien qu’une petite partie d’elle, la plus sombre et la plus manipulatrice, aurait aimé connaître tous les tenants et les aboutissants. Folle, mais c’est tout… C’était tristement résumé, mais c’était ainsi. De toute façon ce n’était pas cette mère qui lui manquait, c’était sa mère dans l’absolu, celle qui n’avait jamais existé et qui n’existerait jamais. Son père avait endossé le rôle, en étant les deux à la fois, et si ç’avait été un sacrifice de sa part, il avait sans doute sauvé la mise de tous ses enfants.

Ses doigts continuaient à caresser la peau de Dan, qui avait resserré son étreinte, comme pour la protéger après tous ces aveux. Elle se demanda ce qu’il penserait ensuite de moment, car pour la première fois elle se sentait plus proche de lui qu’elle ne l’avait jamais été ; et elle connaissait trop bien l’animal pour savoir qu’il reculait toujours, à un moment ou à un autre. Après tout, se dit-elle, c’était en grande partie pourquoi il l’attirait tant.


- Ça me… Enfin, je ne sais pas trop comment l’expliquer, mais ça me révolte. Que tu es vécue tout ça alors que tu n’étais qu’une enfant, ça a dû être tellement éprouvant, et… Je ne sais pas, ça me rend furieux d’imaginer ça, le mal que ça a dû te faire. Tu sais, je sais que j’ai parfois mes humeurs, et que je peux paraître violent, dans mes mots, mes gestes, mais je te le promets, jamais je ne lèverais la main sur toi. Je ne me le pardonnerais pas, de toute façon.

… Eh bien ! Il était décidément plein de surprise ce soir, et Heather fut si touchée par la sincérité de ses aveux qu’elle se redressa, ouvrit les yeux et déposa un baiser sur ses lèvres, puis se pelotonna de nouveau contre lui avec un grand-sourire.

Éprouvant, oui, ça l’avait été, mais il lui semblait tellement que tout cela s’était passé il y a tellement longtemps, comme dans une autre vie, qu’elle s’en sentait détachée. Quelque chose d’inexplicable s’interposait entre Heather et ses souvenirs, et si l’image de sa mère en proie à la folie pouvait la terroriser encore pendant la nuit, ravivant ses peurs d’enfant, tout le reste était flou comme un cauchemar, et figé dans le passé.

Lovée contre lui, elle se sentait à des lieues de toutes ces horreurs, et elle poussa un petit soupir de satisfaction. Imaginer Dan la protéger contre vents et marées ravivait en elle la flamme des sentiments qu’elle ressentait à son égard.


- Dan, je t’aime, murmura-t-elle avec un bonheur non dissimulé. Elle se sentait bien et voulait lui faire comprendre, surtout après ce qu’il avait dit et la douceur qu’il mettait dans cette discussion. Je sais bien que tu ne seras jamais violent comme ça, je te fais confiance.

Elle eut un petit pincement au cœur, qui vint troubler cette parenthèse particulière. Si elle lui faisait confiance, elle savait qu’il ne lui rendait pas de la même manière, parce qu’il était ainsi, insaisissable à sa manière, parce qu’il ne semblait pas accorder sa confiance aux gens à part à sa famille, et parce qu’elle lui avait prouvé à plusieurs reprises qu’elle n’en était pas digne. Même maintenant qu’ils avaient grandi et qu’elle avait fait amende honorable, elle savait que la confiance de Dan était inaccessible. Pourtant elle aurait aimé ; s’il lui faisait confiance en un sens c’était une sécurité, quelque chose qui lui assurerait qu’il ne lui filerait pas entre les doigts, comme tous les autres auparavant… Son esprit vagabonda vers Phil quelques instants, dont elle n’avait plus aucune nouvelle. Il l’avait oubliée comme on transplane, alors qu’elle avait espéré son retour des jours et des jours, sans compter les risques inconsidérés qu’elle avait pris pour lui. Pourtant cela ne lui avait pas servi de leçon : elle sentit avec certitude qu’elle était capable de refaire les mêmes choses si Dan lui demandait, parce qu’elle aimait ainsi et qu’elle ne pouvait pas faire la part des choses. Emmy lui avait dit que c’était sans doute son plus grand défaut, et que ça découlait du fait qu’elle était « une midinette en chaleur », ce qui les avait bien fait rire. Mais c’était vrai, et Heather le savait. Dan aurait pu lui demander n’importe quoi, elle aurait sans doute trouvé une excuse pour le faire et se voiler la face.

- Parfois je me demande, reprit-elle après une pause silencieuse, ce qu’aurait été ma vie si j’avais eu une vie normale, si ma mère n’avait pas été folle, si j’avais eu une enfance différente… Je me demande si j’aurais été complètement différente, quel genre de filles je serais, qu’est ce qui m’intéresserait dans la vie ? Peut-être que j’aurais été un peu moins une petite princesse insupportable, conclut-elle avec un petit rire et un regard clairement adressé à Dan, qui avait subi les foudres de ses petits caprices. Pas toi ?

Elle se redressa sur un coude – autant que le permettait l’étreinte de Dan qui la maintenait contre lui – pour mieux le voir et se rapprocher de son visage ; ses doigts se mirent à en dessiner les traits doucement. Elle aussi pouvait essayer de s’intéresser à lui et d’en savoir un peu plus s’il la laissait faire, et il ne pourrait pas lui en vouloir d’essayer.

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MessageSujet: Re: You put a spell on me. (H.L)   Dim 28 Mai - 20:31

Heather se redressa et m’embrassa doucement, se roulant ensuite à nouveau contre moi, comme un petit animal que je caressais. Mes émotions étaient rassurées par sa réaction, je n’étais pas habitué à être aussi intime avec quelqu’un, à confier ce qui me passait par la tête. Cela ne m’était probablement pas arrivé depuis mon unique petite-amie sérieuse, Suzanne, à laquelle j’avais été assez attaché pour la laisser percevoir légèrement « plus », mais Heather était différente, elle était ancrée dans mon passé, dans ma vie en Irlande, qui était intime et que je ne dévoilais jamais. Sans même que je ne le veuille, Heather avait déjà cette avance, qui facilitait notre relation, mais qui paradoxalement m’encourageait à mettre encore plus de barrières, comme si je me méfiais de jusqu’où Heather pouvait aller, maintenant qu’elle était déjà si proche.

- Dan, je t’aime. Je sais bien que tu ne seras jamais violent comme ça, je te fais confiance.

J’aurais voulu retenir ma stupeur que je n’aurais pas pu. Mes oreilles bourdonnaient et mon cœur s’emballait, malgré mes tentatives pour calmer ses battements qu’Heather pouvait percevoir, son visage contre mon torse dont la peau me brûlait soudainement. Interdit, je restai figé, le regard bloqué sur les cheveux d’Heather qui s’éparpillaient sur l’oreiller. Elle l’avait dit avec une telle spontanéité que je me demandais si j’avais bien entendu, si je m’étais trompé, si c’était quelque chose qu’elle avait l’habitude de dire facilement, sans vraiment le penser. Quelle teneur avait ses « je t’aime », quelle signification leur donnait-elle ? Je n’en savais rien, et ce n’était probablement pas quelque chose qui se demandait. Mais, tout de même, cela était lourd de sens, elle le savait, et pourtant, elle l’avait dit avec une telle facilité, sans que sa voix ne tremble, peut-être simplement d’émotions, de plénitude, mais pas de peur. Une nouvelle fois, Heather me désarçonnait. Comment faisait-elle pour être si sincère sans jamais paraître craintive ? Elle m’aimait ? C’était pourtant tellement compliqué comme sentiment ?! Oh, cela aurait dû flatter mon orgueil, peut-être que c’était le cas d’ailleurs, que la chaleur dans mes veines provenaient de là, mais je ne pouvais pas ignorer le reste qui grandissait en moi, inquiétant, cet amas de sentiment que je ne savais ni nommer ni réellement décrire. Que devais-je répondre à Heather ? Ses mots appelaient-ils à une réponse ? Elle n’avait pas l’air d’en attendre une, lovée dans mes bras, respirant doucement. Comment cela pouvait-il être si simple pour elle ?!

Je ne savais même pas si j’avais déjà été réellement amoureux. J’avais eu beaucoup d’affection pour Suzanne, elle avait dit m’aimer, j’avais répondu « moi aussi » à plusieurs occasions, et j’avais été peiné de la voir repartir en France, huit mois après le début de notre relation. Je repensais à cette soirée d’été, où j’avais le cœur étrangement lourd et que je m’étais à moitié confié, ivre, à Heather. La suite était imprimée clairement en moi, notre baiser, puis ma colère, je m’étais senti dupé, j’en avais voulu si longtemps à Heather d’avoir joué ainsi. Mais maintenant, avec du recul, je devais bien admettre que j’étais aussi fautif, finalement – même si je n’étais pas prêt de l’avouer à Heather – puisque j’avais cédé, j’avais eu envie et j’avais ressenti la flamme qu’Heather avait insufflé dans ce baiser volé. Peut-être que c’était la preuve que je n’aimais pas assez Suzanne ? Je ne savais pas si la fidélité était une condition à l’amour, le vrai, si quelque chose de la sorte existait bien. Je n’étais clairement pas un expert sur cette question.

Est-ce que j’aimais Heather ?
Une voix, à l’intérieur de ma poitrine, me murmura que je n’étais peut-être pas capable d’aimer réellement quelqu’un – je la chassai, plus troublé que jamais.


- Parfois je me demande ce qu’aurait été ma vie si j’avais eu une vie normale, si ma mère n’avait pas été folle, si j’avais eu une enfance différente… Je me demande si j’aurais été complètement différente, quel genre de filles je serais, qu’est-ce qui m’intéresserait dans la vie ? Peut-être que j’aurais été un peu moins une petite princesse insupportable. Pas toi ?
- Tu n’es pas insupportable,
répliquai-je. Enfin, pas si insupportable que ça, ajoutai-je avec un petit sourire.

Je n’étais peut-être pas amoureux d’elle, mais quelque chose était là, je le savais, et ajouté à sa déclaration, je sentais les verrous en moi se fermer un à un, sans que je puisse lutter. C’était trop tôt, elle était trop proche de moi, son corps délicat et léger contre moi, son sourire innocent, la vague rousse le long de son dos courbé, le creux de sa chute de rein à peine cachée par la couverture. Mes yeux brûlaient malgré moi, avide d’observer Heather. Je la laissai dessiner de ses doigts fins les traits de mon visage, songeant à combien j’aurais aimé pouvoir répondre simplement à sa tendresse. Peut-être que j’aurais été différent, en effet, si j’avais été à Poudlard, peut-être que j’aurais pu lui répondre.

Combien de fois m’étais-je posé cette question : que serait ma vie si j’avais grandi dans une famille différente, plus normale, si j’avais eu une scolarité comme tous les sorciers de Grande-Bretagne ? Cette réalité alternative me paraissait si loin et si proche à la fois qu’elle m’en faisait tourner la tête, j’essayais toujours de ne pas l’imaginer, pour ne pas en souffrir. Chaque aspect de ma personnalité avait été touché par cette vie étrange que j’avais vécue, par cette réalité que je n’avais pas voulue mais accepté sans broncher, par amour pour mes parents. La rancœur que je portais en moi était lourde, noire, enveloppant mon cœur et mes relations, sans que je puisse lutter. Mais l’avouer à Heather aurait été beaucoup trop personnel, je ne le pouvais pas, et je crois qu’Heather le savait aussi – son regard en biais était doux mais pleins de sous-entendus.


- Oui, je me le demande aussi, mais il n’y a rien que l’on puisse faire, n’est-ce pas ? Je te rappelle que le Ministère a détruit les derniers retourneurs de temps il y a des années, plaisantai-je, d’un ton qui se voulait léger.

Je poussai un soupir et attirai son visage contre le mien, pour l’embrasser comme bon me semblait pour sentir le goût de ses lèvres qui me rappelait les premiers ciels bleus d’été d’Irlande. Ma main emprisonnait ses cheveux entre mes doigts, bien décidés à ne pas lâcher de sitôt, malgré tous les cadenas en moi.


(Terminé)

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