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"One of these mornings you're gonna rise up singing." [S.]

 

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 "One of these mornings you're gonna rise up singing." [S.]

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Apple Hunt
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Particularités: Je suis un ninja.. Si, regarde ce que je viens de faire ! ... tu n'as rien vu ?... justement... B-)
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MessageSujet: "One of these mornings you're gonna rise up singing." [S.]   Ven 14 Avr - 22:45

Mon coeur était tout léger, s'étirant doucement dans ma poitrine, comme s'il se réveillait d'une sieste sous le soleil trônant dans l'immense ciel bleu qui se découpait par la fenêtre. J'aurais peut-être dû être triste - la fin de Poudlard, le départ de Scott, l'été compliqué - et pourtant, j'étais étrangement heureuse.

Le miroir me renvoyait une image inhabituelle. Mes mains glissèrent sur le tissu aérien, longeant mon ventre, mes hanches osseuses, puis mes cuisses, cherchant à reconnaître mon corps qui se tournait et se retournait devant son reflet. A côté de moi, Ridley ajustait son chignon d’une main, tout en agitant sa baguette pour faire sécher son vernis rose fluo – elle m’en avait prêté, un joli rose saumon au sous tons orangés qui rappelaient les motifs de ma tenue – et elle me souriait tranquillement. Elle avait des jolis yeux en amande, d’un noir aussi opaque que ses cheveux dans lequel elle avait piqué une fleur coloré. Je lui lançai un regard un peu interrogatif, comme pour lui demander ce qu’elle pensait de ma tête, et elle sembla comprendre puisqu’elle me sourit à nouveau. Il me sembla même percevoir un très léger hochement de tête. Me retournant vers le miroir, je mimai ce hochement de tête, comme pour me convaincre moi-même. C’est vrai que le résultat était plutôt joli. Seulement… Je me sentais tellement adulte tout à coup. Pas forcément dans le mauvais sens, au contraire, j’avais l’impression de dégager quelque chose de différent, mais qui n’était pas complètement… Eloigné de moi. Depuis longtemps maintenant, je courrais après tout ce qui pouvait me faire sentir moi-même, sans comprendre qui j’étais, et si je n’avais toujours pas la réponse, la sensation d’effleurer ce sentiment de plénitude et de conscience de soi-même était toujours aussi surprenante que rassurante.

Je souris, et me tournai vers Ridley, la remerciant au passage de m’avoir aidé pour le maquillage. Ça aussi, c’était quelque chose que je n’avais pas fait depuis longtemps, probablement pas depuis le dernier bal avant le décès de Maman, partager un moment entre « copines » pour se préparer. Au début, j’étais un peu restée en retrait, mais la bonne humeur de Penelope était communicative et elle m’avait proposé de m’aider pour ma coiffure, puis Ridley pour ma coiffure, pendant que nos autres camarades de dortoirs riaient et s’entraidaient entre elles pour leurs tenues. Ce n’était pas un bal à proprement parlé, mais l’excitation palpable était similaire. J’avais été un peu inquiète de me préparer avec les filles, parce que je savais que Penelope regardait ma relation avec Scott d’un œil un peu trop curieux, mais j’avais parlé à Ridley, qui lui avait parlé… C’était peut-être des histoires d’adolescentes mais au fond, ça m’avait fait du bien. Parfois ça me manquait, ce genre de considérations légères.

Ce n’était pas un bal, oui, il n’y avait pas de cavalier à proprement parlé, mais beaucoup de personnes proposaient à d’autres de les accompagner, de façon un peu informelle, et Scott m’avait demandé si je voulais y aller avec lui. Ça m’avait fait évidemment fait très plaisir, car je n’avais qu’une envie, c’était terminer cette année en sa compagnie, puisqu’il en avait été l’élément le plus chouette. C’était un peu comme le clou du spectacle. En plus, c’était son dernier gros événement à Poudlard. Je ne sais pas pourquoi, mais je prenais alors très à cœur que cette fête champêtre soit géniale, et se passe parfaitement bien pour Scott, pour que ça soit le meilleur souvenir qu’il puisse chérir pendant les vacances, et je me sentais du coup doublement honorée de l’accompagner. Il fallait absolument que je sois à la hauteur. Ça m’avait motivé pour trouver le courage d’écrire à Papa pour lui demander un peu d’argent – ça faisait des mots qu’il oubliait mon argent de poche – pour que je puisse m’acheter une robe. J’avais été dans un magasin d’occasion à Pré-au-Lard, simplement accompagnée de Freja sur mon épaule. Sur les cintres un peu usés, il y avait un tas de robes abracadabrantesques que j’aurais habituellement adorées, mais cette fois-ci, il me fallait quelque chose de différent, je le sentais. J’avais réussi à trouver quelque chose qui me plaisait, et qui en plus, m’allait visiblement plutôt bien. Le vendeur m’avait complimenté, mais je le soupçonnais de dire ça à tout le monde. Ça m’avait tout de même fait plaisir. Mes camarades de dortoir m’avaient aussi dit que ça m’allait très bien, en plus.

Près du corps, une petite robe crème me moulait et par-dessus, un joli tissu vaporeux, légèrement transparent, transformait la tenue en une robe longue qui me rappelait l’été. Elle était fleuri, aux jolies couleurs orangés, vertes, et le haut faisait un V, découvrant un peu poitrine – ou son absence – et le bas était un peu évasé et fendu d’un côté. Quand je marchais ou que je tournai, elle ondulait comme l’eau d’un torrent. J’avais pris soin de coiffer mes cheveux  en une couronne nattée, dans lequel j’avais piqué des fleurs blanches qui me rappelaient du muguet. Comme je les avais à nouveau teints en roux, leur couleur allait parfaitement avec les accents orange de ma robe. Ensuite, j’avais donc demandé à Ridley de m’aider à me maquiller, et elle m’avait prêté ses affaires et conseillé. J’avais des paillettes dorées partout sur la paupière, qui se prenaient dans mes cils à présent recourbés et très noirs. Sur mes lèvres, Ridley m’avait appliqué d’un coup de baguette un joli rouge à lèvres d’un rouge-orangé brûlé, qui me rappelait la couleur des briques de l’Eglise à côté de ma maison à Liverpool. J’avais « accessoirisé » (pour reprendre les termes de Penelope) ma tenue avec des chaussures d’été avec un tout petit peu de talons, qui m’élançaient encore plus, sans me transformer trop en girafe boiteuse. Le tout donnait un résultat… Assez classe. Terme que je n’aurais habituellement jamais utilisé pour me décrire. Heureusement, j’avais un peu laissé des mèches sortir de ma coiffure, pour décoincer un peu le tout, parce que je ne voulais pas non plus avoir l’air trop étriquée. Comme je finissais de vérifier ma tenue, je me fis la réflexion que j’espérai qu’elle allait plaire à Scott. Ça aussi, c’était un peu inhabituel, puisque je n’avais jamais eu beaucoup à faire de ce que l’on pensait de moi. J’haussai les épaules et quittai mon reflet, décidée à ne pas méditer sur tout ça trop longtemps, surtout que je n’avais pas envie d’être en retard. Freja poussa un petit cri pour me dire bonne soirée, avant de repartir jouer dans sa petite maison, posée sur ma table de chevet, et nous descendîmes avec Ridley qui devait retrouver ses amies de Serpentard dans le couloir.

Scott m’avait proposé de se retrouver dans le Hall, et quand j’arrivais, il était évidemment déjà là, souhaitant visiblement bonne soirée à Ruby qui partait avec Lizlor – elles avaient des robes un peu assorties, et elles brillaient de partout avec leurs longs cheveux blonds. Je m’approchai en bondissant vers Scott avec un grand sourire sur les lèvres.


- Oh, Scott, qu’est-ce que tu es élégant ! M’exclamai-je en étudiant sa tenue sans beaucoup de retenue. Il avait un pantalon léger – c’était quoi, du coton, du lin ? – et une chemise bleue claire qui allait très bien avec ses yeux et lui faisait de belles épaules. Enfin, je n’étais pas sûre de ce qui faisait de « belles épaules » mais en tout cas il me semblait que c’était son cas. Ta chemise va trop bien avec tes yeux, ajoutai-je, enthousiaste, avant de le serrer brièvement dans mes bras. Même avec mes petits talons de cinq centimètres, il me dépassait bien de quinze.

Nous avions tant à fêter… Scott avait très bien réussi ses ASPICS, et si nous n’avions pas encore les notes, je ne m’inquiétais pas trop, et j’étais très fière de tous les efforts qu’il avait fait pour remonter la pente que lui avait fait prendre sa rupture avec Haley. Mes BUSES avaient été… Plutôt pas mal, heureusement que Scott d’ailleurs m’avait aidé, car je n’aurais probablement pas pu m’en sortir. Il fallait aussi célébrer toute sa scolarité à Poudlard, les vacances qui s’annonçaient, même si personnellement j’essayai de ne pas trop y penser.

J’essayai également de ne pas trop réfléchir à la présence de Carolyn, qui avait été invité par une ancienne amie à elle, Leah. Elle m’avait prévenu par lettre de sa venue, m’expliquant qu’elle avait décalé son déplacement à New-York spécialement pour revenir voir Poudlard, et elle me demandait si je serais là, ou déjà de retour à la maison. Depuis qu’elle travaillait comme consultante juridique internationale d’une bijouterie magique, elle était toujours en voyage, pour aller traiter avec différents Gobelins dans un tas de pays. Je ne savais pas si sa présence me faisait plaisir, ou m’embêtait. Ou si ça me laissait indifférente. J’avais dit à Scott qu’elle serait là, et il m’avait lancé un regard interrogatif auquel j’avais répondu par un haussement d’épaules, parce que je ne savais pas vraiment comment répondre à sa question silencieuse.


- J’ai oublié de te dire la dernière fois, mais devine quoi ?! J’ai presque réussi à faire un patronus corporel durant mon épreuve de Défense contre les Forces du Mal ! Nous nous étions mis en marche vers le parc. Dehors, il faisait bon et le soleil caressait mon dos légèrement découvert. Il n’a pas tenu très longtemps, mais je suis quasiment sûre que c’était un colibri ! Je me demande bien ce que ça signifie... Tu sais que le cœur d’un colibri peut battre 1200 fois par minutes ?! Et en plus, ça peut voler en arrière ! C’est le seul oiseau du monde qui peut faire ça ! J’ai été chercher dans un livre à la bibliothèque, expliquai-je, en souriant. C’était à cause de Scott – et de Serghei – que j’allais maintenant à la bibliothèque pour trouver des informations.

Nous arrivâmes à la fameuse fête champêtre, qui était évidemment aussi magnifique que n’importe quelle fête de Poudlard. Au loin, près du buffet avec les boissons, coupe de champagne à la main, se trouvait Caro. C’était étrange, comme je l’avais repéré facilement. Elle avait une jolie robe de cocktail, courte et cuivrée, comme pour rappeler la couleur de son ancienne maison, et je reconnus à ses pieds les talons qui appartenaient à Alex. Me tournant légèrement vers Scott, je lui fis un signe de la tête, comme pour lui demander s’il acceptait qu’on aille la voir, car au fond de moi, j’étais persuadée de ne pas en avoir le cœur ensuite. On s’approcha donc, et, sans m’en rendre compte, je pris le bras de Scott et le serra de ma main, comme pour trouver un appui.


- Hey, Caro, dis-je en arrivant à sa hauteur. Je lâchai à contre-cœur le bras de Scott pour serrer Alex dans mes bras. Elle sentait son parfum habituel. C’était acidulé, mais très femme. Etrangement, Alex avait toujours senti plus le bonbon, alors qu’elle était plus âgée et faisait généralement plus « sérieuse » que Caro. Coucou Leah, ajoutai-je en souriant à l’attention de son amie. C’était une fille de Gryffondor de l’âge de Scott. Oh, Caro, tu connais Scott, non ?! Visiblement, oui, puisqu’elle le regardait, puis me regardait, d’un air intrigué. En apparence, son visage était composé, mais je la connaissais trop bien pour ne pas reconnaître le très léger froncement de ses sourcils. J’avais bien compris qu’elle était non seulement surprise, mais qu’elle ne comprenait visiblement pas. Elle pensait sûrement quelque chose qui n’avait pas lieu d’être, d’ailleurs. C’est mon meilleur ami ! Corrigeai-je à la question que je savais se poser dans son esprit.
- Oui, bien sûr, Scott, je me souviens ! Elle lui adressa son plus beau sourire charmeur.

Mon meilleur ami… Ma voix avait vibré d’une fierté étrange. Mais je n’avais pas raté le nouveau froncement de sourcil de la part de Caro, toujours aussi subtile. Je savais ce qu’elle pensait : « Et Serghei ? ». Je sentis mon cœur se crisper un peu, mais redressai mon buste, bien décidée à ne pas me laisser déstabiliser. Comme nous étions à côté des boissons, qui étaient disposées comme des rosaces colorées sur la table, j’en profitai.


- Scott, tu veux quelque chose à boire ? Demandai-je en faisant un signe de tête. Puis, j’ajoutai un peu plus bas. Dommage que ça ne soit pas toi qui fasse les cocktails, cette fois. Je lui lançai un regard entendu en souriant tout doucement, sentant qu’il était mon allié et que sa présence me donnait un courage étrange.

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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: "One of these mornings you're gonna rise up singing." [S.]   Ven 21 Avr - 12:19

Le beau temps étincelait au-dessus de nos têtes. Derrière nous s’étalait le château, imposant et massif comme à son habitude, dont les fenêtres, en renvoyant les rayons du soleil, éblouissaient parfois, tandis que les toits des tours rutilaient sous la lumière. Poudlard avait toujours eu quelque chose d’immense et de majestueux, chaque élève devait l’avoir ressenti, mais aujourd’hui j’avais l’étrange impression que ce n’était plus cela que je ressentais, c’était simplement la présence d’un bon ami peu à peu perdu de vue, quelque chose que je savais terminé mais que je ne pouvais pas regarder sans ressentir une chaleur amicale et familière. Peut-être que le fait d’avoir réussi mes examens m’avait déjà fait basculer de l’autre côté – l’après, la suite – ou peut-être simplement que je m’étais fait à l’idée et que ces journées étaient bien réelles, puisqu’elles étaient les dernières. Je ne reviendrais jamais ici, me dis-je en voyant Apple arriver au loin. Je ne reviendrais jamais et j’ignore tout de ce qui se passe à l’intérieur de moi en cet instant, j’ignore tout de ce que j’appréhende, de ce dont j’ai envie. Il me semblait que c’était seulement l’instant présent qui comptait, tant le reste était rempli d’incertitudes. Je tirais distraitement sur les manches de ma veste, en lin clair, auquel j’avais assorti une chemise d’un bleu pastel. Les tenues chic étaient exigées, car ce bal champêtre était là pour saluer la fin de l’année, et je n’avais pas dérogé à la règle – surtout pas pour la dernière fois. Ni jamais, d’ailleurs. Je n’avais jamais dérogé à la règle, me dis-je avec un petit sourire. Jamais, sauf peut-être une fois, et ce souvenir était toujours un peu honteux bien que particulièrement jouissif – le visage de Carlton qui avait blanchi quand il avait compris que j’étais sérieux, l’électricité que j’avais ressentie dans ma main qui tenait ma baguette, le goût amer mais bien présent de la vengeance. J’aurais pu déroger bien plus, si Stephen n’était pas arrivé. Je balayais la suite de mon souvenir d’un léger mouvement de la tête – je ne voulais pas penser à cela. Je voulais garder le meilleur et je m’y efforçais, d’ailleurs j’avais commencé à tout noter, comme me l’avait conseillé Miss Bosworth. Mes débuts avec mes sœurs, ici, ma rencontre avec Lilian, l’amitié que nous avions tissé, ma première fois avec elle ; l’amitié de Taylord, ce qu’elle m’avait apporté, sa personne si particulière qui me manquait parfois, même malgré le reste, mes amis de dortoir, ma classe, les cours, tout ce qui avait constitué mon quotidien et dont je voulais me souvenir. Et puis il y avait Stephen ; si son souvenir ne m’était pas vraiment plaisant, en un sens il était là tout de même, et je ne pouvais pas l’oublier… Je ne savais pas, encore, dans quelle case il appartenait, si je voulais le reléguer aux oubliettes dans sa globalité ou en garder des traces. C’était quelque chose que je n’avais pas encore démêlé, mais je commençais à y voir plus clair. Les potions que j’avais prises et l’aide de Miss Bosworth m’avait fait énormément de bien, je me sentais beaucoup mieux, mes pensées étaient presque toutes rangées et j’abordais chaque jour avec beaucoup plus de sérénité. Bien sûr, mon cœur souffrait toujours et l’évocation d’Haley pouvait me rendre très vte mélancolique, mais j’étais plein d’une sorte de résignation. Je n’étais plus en colère. J’avais accepté, car je n’avais pas le choix – quelque part Apple m’avait aidé en ce sens, je m’étais dit une nuit alors que je n’arrivais pas à dormir que la mère d’Apple était morte et que c’était une tragédie mais que personne n’y pouvait rien, et qu’Apple n’avait pas le choix non plus, elle continuait, un point c’est tout. Il fallait bien que je continue moi aussi, même en ayant mal au cœur. J’avais simplement hâte de me trouver de nouvelles passions et de nouvelles motivations, et quelque part j’avais hâte de la rentrée prochaine, des pistes que j’avais, de devenir apprenti pour de bon, de commencer une nouvelle page. Elle allait me faire du bien.

- Oh, Scott, qu’est-ce que tu es élégant ! Ta chemise va trop bien avec tes yeux, fit Apple avant de me serrer dans ses bras.

Je souris en retour. Elle était radieuse ; tout d’un coup j’avais l’impression qu’elle était tout à fait à l’image du temps, colorée et douce et chaleureuse, étincelante. Je ne l’avais jamais vue dans une tenue si adulte, si féminine ; sa robe longue lui donnait un air de reine, accentué par la tresse de ses cheveux qui découvrait sa nuque et son port de tête. La couleur cuivrée et plus forte que quelques jours auparavant scintillait, et je m’arrêtai aux fleurs piquées dans ses cheveux :

- Oh, j’aurais dû m’en douter… Je t’avais apporté une fleur pour tes cheveux ! Je la lui montrai, c’était une grappe de chèvrefeuille aux pétales tirant du blanc cassé à l’orange pâle. Tant pis, j’ai une idée !

Je sortis ma baguette et d’un petit geste du poignet, enroulai la grappe délicate de fleurs autour de son poignet.

- Voilà, te voilà complètement fleurie maintenant ! Tu es ravissante, en tout cas.

Ce n’est qu’en marchant à ses côtés que je me rendis compte qu’elle avait mis des talons ; bien qu’elle ait beaucoup grandi ces derniers temps, elle était encore rehaussée de quelques centimètres. Nous devisâmes en avançant, accompagnés des autres qui se rendaient sur les lieux eux aussi. Quand Apple me parla de son patronus, je la félicitai et trouvai qu’un oiseau lui correspondait parfaitement, surtout un oiseau si petit et vivace, c’était presque comme une évidence ! Nous plaisantâmes en évoquant des choses et d’autres, et je pris vraiment plaisir à me sentir ainsi, libéré de tous les poids qui m’avaient terrassé, content de moi et de ce que j’avais donné aux examens, même si nous n’en avions pas encore les résultats. J’étais tombé sur ce que j’avais prédit en Sortilèges, quant à la DCFM, c’était sur ce que je connaissais de mieux, et le chapitre de Magie Noire qui m’avait le plus intéressé. La semaine avait été intense et douloureuse – j’étais stressé, j’avais l’appétit coupé et Apple me fournissait en smoothies chaque jour différents pour « me donner des vitamines », j’avais dormi seulement la moitié des nuits, j’étais épuisé, mais je n’avais pas baissé les bras. Je voulais réussi, je voulais terminer ces sept années à la hauteur de mes résultats habituels, et je ne voulais laisser ni rien ni personne m’enlever cela – m’enlever ce que j’avais de plus réussi. Ma scolarité avait toujours été excellente et riche et une vraie passion, et j’avais compris que mon combat se trouvait là, à récupérer ce qui me construisait réellement, à défaut des personnes que j’avais perdues et qui étaient de toute façon hors de ma portée.

Et j’avais réussi. Une onde de bonheur m’irradia de nouveau. J’étais sûr de moi, et les professeurs avaient tous abondés en mon sens, sans pour autant se prononcer avec certitude, évidemment. Mais nous étions tous confiants.

Nous arrivâmes à la rencontre de la sœur d’Apple, Carolyn ; elle avait été dans ma maison mais je ne l’avais jamais côtoyée, parce qu’elle avait toujours été de ce genre de fille, brillante, un peu prétentieuse et très sociable – typiquement le genre de personne qui ne s’intéressait pas à moi. Aujourd’hui je pouvais affirmer également que ce n’était pas non plus le type de personnalité qui m’attiraient non plus, de toute façon. Je pensai à Ruby, Kenza, Haley, Apple, Taylord… Toutes différentes, elles avaient au moins une chose en commun qui faisait partie de ce qui les rendaient chères (ou les avaient rendues chères) à mes yeux : un intérêt sincère pour les autres, libéré de tout intérêt.  


- Hey, Caro. Coucou Leah, commença Apple, lâchant mon bras. De manière assez ténue, je sentis le léger malaise, qui m’apparut plus fort lorsqu’elle lâcha mon bras. Elle n’était pas spécialement à l’aise, au fond, je le sentais, justement parce que en apparence elle paraissait le contraire, plus que d’habitude. Je saluai les deux filles à mon tour, les connaissant plus ou moins.
- Oh, Caro, tu connais Scott, non ?! Nous fîmes tous les deux oui de la tête avec un petit sourire. C’est mon meilleur ami !
- Oui, bien sûr, Scott, je me souviens !
- Comment vas-tu depuis que tu as quitté Poudlard ?

Nous commençâmes à discuter. Je me pris à penser que je n’étais pas si mal à l’aise, même si je restais méfiant.

- Scott, tu veux quelque chose à boire ? Dommage que ça ne soit pas toi qui fasse les cocktails, cette fois.

J’acquiesçai en souriant et nous prîmes des verres – le liquide sentait bon et était tout frais entre mes doigts, c’était un cocktail parfumé aux senteurs printanières, et lorsque je le bus les petites bulles qui éclatèrent dans ma bouche firent un effet étrangement pétillant et chaud. Nous nous mîmes à rire de concert avec Apple, toujours amusés des cocktails magiques, avant de redevenir sérieux en moins d’une seconde – comme si nous avions quelque chose à prouver.

C’était cela, me dis-je, cela que mes parents m’avaient imposé, sciemment ou non. C’était cela qui m’avait toujours paralysé en société, cela qui m’avait rendu tout difficile. Faire bonne impression, faire ses preuves prouver sa valeur. Mais en cet instant, je voulais qu’Apple se sente bien et je voulais faire bonne impression, encore une fois, pour sa sœur. Je connaissais un peu plus Leah qui était dans mon année et la conversation se fit assez facilement entre nous quatre, plutôt intéressante, bien qu’elle reste légèrement conventionnelle. Nous parlâmes des projets de Leah, du travail de Carolyn, de mes projets, de ce qui nous intéressait, et même Apple semblait s’être métamorphosée car elle était beaucoup plus calme et posée dans ses attitudes et sa parole. Il m’apparut une seconde ce qu’elle aurait pu être si elle avait été du même matériau que ses sœurs, et je finis par lui jeter des regards en coin, un peu surpris par cette nouvelle facette, qui avait piquée ma curiosité. Elle était décidément encore plus pleine de ressources et d’originalité que je l’avais senti, et cette pensée se mit à occuper la majorité de mes pensées. Je n’avais décidément pas envie de m’éloigner d’elle l’année prochaine, même si je savais très bien que nous allions rester en contact.

Rose Bosworth surprit mon regard, qui s’était perdu dans le vague et dans la foule, et me fit un petit signe de la main, auquel je répondis ; à ce moment la musique commença à se faire entendre (ils avaient fait venir un groupe sorcier assez célèbre, connu pour mettre une ambiance agréable) et évidemment ils ouvraient le bal avec une musique plutôt classique – je saisis la balle au bond et, me surprenant un peu moi-même, je coupai poliment court à la conversation :


- Oh, la musique commence ! Tu viens Apple, on va danser ?  

Je lui tendis mon bras. Quelque chose dans le jeu entre les deux sœurs me faisait de la peine – peut-être parce que je me reconnaissais – et je voulais absolument que Carolyn se rende compte qu’Apple était devenue une jeune fille parfaitement digne d’intérêt, même si je n’étais sans doute pas la meilleure personne pour la valoriser malheureusement.

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‖▹
SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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MessageSujet: Re: "One of these mornings you're gonna rise up singing." [S.]   Dim 23 Avr - 19:40

La branche de fleurs à mon poignet m’attirait l’œil curieusement, comme un joli bracelet scintillant, mais dont la délicatesse le rendait encore plus magnifique, mais surtout unique. J’avais envie de le porter à mon visage, de les sentir, et surtout de figer pour toujours ce bracelet naturel que m’avait offert Scott. Les fleurs avaient toujours quelque chose que j’adorais, sûrement car j’adorais passer du temps dehors, en Suède ou à Liverpool, le nez dans les plantes et à grimper aux arbres. Serghei m’avait appris beaucoup sur la nature, les différentes plantes et même leurs propriétés, mais à vrai dire, je ne retenais souvent que le nom, et encore. A chaque fois que mon regard se posait sur une plante, j’oubliais ce qu’il m’avait expliqué, et j’étais simplement curieuse de l’originalité de sa forme, les couleurs, les feuilles. Cela ressemblait à une petite collection d’œuvre d’art à mes pieds. Je ne reconnaissais la fleur que Scott venait de m’offrir, mais simplement, je la trouvais magnifique, très délicate, avec une jolie couleur… J’adorais qu’il ait choisi celle-ci, elle ne ressemblait pas aux fleurs habituelles que l’on porte dans des bals, c’était une fleur qui avait l’air plus sauvage, tout en étant toute élégante. En y réfléchissant, elle était parfaitement à l’image de Scott, ou du moins, ce choix ne m’étonnait pas de lui. Un sourire flotta sur mes lèvres un instant, plus mystérieux que mes mimiques habituelles, toujours plus expressives. Sans savoir comment l’expliquer, ce qui émanait de Scott me donnait parfois l’impression d’un petit trésor caché, qui provoquait en moi des émotions que j’avais à leur tour envie d’enfouir dans ma poitrine. Pas par gêne, ou par honte… Je ne savais pas trop. Peut-être une forme de protection – c’était quelque chose à moi, maintenant, et je voulais le sentir tout entier. J’avais peur que le monde extérieur l’abîme.

Le regard de Carolyn ne faisait qu’amplifier mon instinct de protection. Elle souriait, comme toujours – Carolyn souriait toujours, je ne l’avais étrangement jamais vu vraiment pleurer, sauf pour la mort de Maman – mais je reconnaissais son regard curieux que j’avais trop connu. Je n’avais pas envie qu’elle me juge, mais plus encore, qu’elle juge ma relation avec Scott, et par extension, lui. Cela m’était égal qu’elle pense certaines choses sur moi, j’avais abandonné depuis longtemps l’idée de contrôler l’image que mes sœurs avaient de moi, mais je savais que Scott était sensible à ces choses, au regard des autres. Je lui jetai un coup d’œil discrètement, il avait son air imperturbable, mais je me demandais s’il se posait toutes ses questions aussi. Sûrement sentait-il un malaise, mais j’espérais qu’il n’en comprenne pas toutes les subtilités. Car en réalité, il se jouait beaucoup plus que l’indifférence étrange que nous avions l’une pour l’autre, et toute cette histoire de famille qui implose, je savais que Carolyn s’étonnait de la présence de Scott, d’un garçon plus âgé, qui m’amenait à la fête, à qui je tenais le bras, que j’appelais ensuite mon meilleur ami. Je savais aussi qu’après la fête, elle rentrerait discuter avec Alex – elles avaient un petit appartement ensemble – et lui raconter tout ça. Elles tireraient des conclusions sur la comète, ce genre de choses. Elles avaient toujours fait ainsi, au lieu d’apprendre à me connaître.

Heureusement, Scott était là, et sa présence me donnait une énergie étrange. J’avais un allié avec moi, et c’était une sensation délicieuse, qui me donnait assez de courage pour discuter tranquillement avec ma sœur et son amie. La discussion était sérieuse, bien qu’un peu superficielle, bref, le genre de discussions que l’on avait avec une connaissance que nous n’avions pas vu plusieurs mois. De l’extérieur, si nous ne nous ressemblions pas autant, j’étais persuadée que personne n’aurait pu deviner à nos attitudes que nous étions sœurs. Je le savais depuis longtemps, mais dès que j’y songeais, cela me faisait très bizarre, et surtout un peu de peine. Peut-être que je n’étais pas aussi indifférente à tout ça que je voulais l’être, songeai-je en terminant mon verre dont le liquide coloré pétillait sur ma langue. Au loin, j’entendais la musique qui commençait, et il m’apparut tristement que je préférais aller danser que rester plus longtemps en compagnie de Carolyn…


- Oh, la musique commence ! Tu viens Apple, on va danser ?

Je me tournai vers Scott, cachant ma surprise – comment avait-il deviné ? Il avait son bras tendu pour que je le prenne, et je sentis que je m’étais mise à sourire doucement. Replaçant une mèche de cheveux derrière mon oreille, je saisis son bras et me tournai vers Carolyn.

- On se voit tout à l’heure ?

Nous savions toutes les deux que c’était sûrement un mensonge, mais elle me fit à un nouveau un petit sourire, puis un signe de la main tandis que nous nous éloignions. Je tournai vers mon visage vers celui de Scott – le soleil caressait sa peau pâle, faisant ressortir quelques veines dans son cou, et ses yeux étaient encore plus bleus que d’habitude. Je lui fis un sourire.

- Merci, lui glissai-je. Merci de m’avoir invité, d’avoir tenu la conversation avec Carolyn, de m’inviter à danser, d’être un ami génial – j’espérais que ce merci puisse suffire mais je n’étais pas sûre que Scott comprenne tout ce que je condensais dans ce seul mot.

Nous avançâmes sur la piste, je posai ma main sur son épaule, la sienne dans mon dos, avant que nos deux mains libres ne s’enlacent. La mienne semblait si petite contre la sienne… J’eus un petit sourire.


- Mais tu dois me promettre de danser un peu sur la prochaine chanson disco qui passe ! Dis-je en riant, me rappelant de notre premier bal ensemble.

J’avais beaucoup dansé depuis, de la danse classique, en l’honneur de ma Maman – c’était étrangement l’une des rares activités qui me faisait me sentir connectée à elle sans me faire de la peine. Si j’avais écrasé les pieds de Scott à répétitions à Noël, j’espérais cette fois-ci m’en sortir un peu mieux, mais je ne lui confiai pas, de peur de faire de la publicité mensongère. On se mit à danser, heureusement il me suffisait de le suivre puisqu’il menait, et j’essayai de faire attention au rythme, à mes jambes, les siennes, et comme tout se déroulait plutôt bien, je me mis à sourire, toute contente de moi. Ma robe voletait tout autour de moi dès que je tournai. Je pensais en même temps au bal de Noël, où nous étions devenus plus proche, que nous avions dansé, et combien j’avais apprécié ce moment avec lui, et la façon dont il se répétait, mais différemment.. Plus… Apaisé.

La chanson se termina, mais j’avais encore le cœur à danser, il me semblait que Scott aussi puisque nous attendîmes les nouvelles premières notes de la chanson suivante… Qui me figèrent un instant. Mes yeux cherchèrent ceux de Carolyn – elle me regardait aussi. C’était une chanson que Maman adorait et qu’elle mettait souvent sur le vieux tourne-disque, quand elle cuisinait. Je m’en souvenais parfaitement, et vu l’air de Caro, elle aussi n’avait pas oublié. Mais notre échange de regards ne dura qu’un instant, ils se détournèrent bien vite, me laissant un sentiment amer. Scott me lança à son tour un regard intrigué.


- Ma Maman adorait cette chanson, avouai-je. Cela me mettait mal à l’aise de parler de ça alors que nous étions si proche physiquement, mais tant pis. Je baissai le regard un instant, avant de relever la tête, décidée à ne pas laisser tout cela me gâcher la fête. J’adressai un petit sourire timide à Scott. Je suis sûre qu’elle serait très contente que je danse dessus avec toi… J’haussai un peu les épaules. Tant pis si je ne peux pas le partager avec Caro, au moins, tu es là.

On continua à danser, suivant le rythme. La main de Scott dans mon dos dégageait une chaleur tiède qui m’ancrait dans la réalité. Je songeai à son départ, à cet été, et bien évidemment, la lettre de mes grands-parents sagement pliée sur ma table de nuit. Les mots sur mes lèvres auraient dû se former facilement, je n’avais jamais eu de problèmes à parler, mais tout à coup, les enjeux étaient trop grands et je n’osais plus.

- J’ai un peu faim, on va chercher quelque chose à manger avant d’y retourner ?! Proposai-je alors que se terminait la troisième chanson.

On s’approcha d’une des tables avec à manger, à l’opposé de celle où Carolyn se trouvait. De toute façon, elle avait l’air en pleine discussion animée avec un groupe d’anciens élèves. Sur le buffet était disposé tellement de choses que je ne savais pas par où commencer, mais je repérais des petits toasts scintillants avec des champignons dessus. J’en attrapai deux et en tendis un à Scott – je savais qu’il adorait ça. Comme toujours, c’était délicieux, et bien vite, j’eus envie de tout goûter, enfournant sans grande délicatesse dans ma bouche tout ce qui me faisait envie, avant de me rappeler que ce n’était pas très gracieux. Je pris une verrine avec un liquide bleu qui moussait, et y plantai ma cuillère avec un peu plus de douceur. On s’écarta ensuite du buffet avec quelques provisions dans une assiette, afin d’éviter la foule qui commençait à affluer. En plus, c’était peut-être l’occasion d’être au calme avec Scott…


- J’ai reçu une lettre de mes grands-parents. Ils m’invitent à venir en Suède cet été, quand je veux, autant de temps que je veux, et avec qui je veux… Je crois qu’ils ne sont pas trop en contact avec mes sœurs, ils m’ont dit qu’elles étaient les bienvenues aussi si je voulais qu’elles viennent avec moi, ou que je pouvais venir avec une amie… Je marquai une pause, avalant une cuillère de ma verrine. Je ne sais pas trop quoi faire… J’ai prévu de passer juillet à faire du théâtre, tu sais, l’espèce de camp intensif dont je t’avais parlé, mais je n’ai rien en août, peut-être que c’est une bonne idée, mais… Je n’y suis pas retournée depuis la mort de Maman. Ça me fait tout drôle. Je ne sais pas si je devrais inviter mes sœurs, rien que par politesse, alors qu’en vrai, je n’ai pas trop envie qu’elles viennent… Je ne sais pas quoi faire, répétai-je. Qu’est-ce que tu penses ? Demandai-je. Son avis m’était précieux, surtout quand j’avais secrètement imaginé quelque chose d’un peu fou ; inviter Scott avec moi, en Suède, et si je ne pensais pas trop que cela soit possible, je m’étais plu à en rêver, si bien qu’à présent, j’étais beaucoup trop investie pour ne pas espérer sa concrétisation.

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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: "One of these mornings you're gonna rise up singing." [S.]   Lun 8 Mai - 17:09

Apple me remercia doucement et je compris qu'elle avait bien saisi quel rôle j'avais décidé de jouer — tant mieux, car si je pouvais être utile à cela, c'était ce qui m'importait le plus. Je savais pertinemment, malheureusement, ce que pouvait faire la famille en tant qu'entité, et si j'avais seulement une chance de lui alléger la charge, je pouvais bien le tenter. Carolyn n'avait jamais fait partie de mon cercle proche et j'aurais été bien incapable de la décrire, mais maintenant j'y voyais quelque chose d'un peu plus défini, sans trop savoir quoi ; ce qui était certain, c'était que c'était quelque chose aux antipodes de tout ce qui caractérisait Apple.

- Mais tu dois me promettre de danser un peu sur la prochaine chanson disco qui passe !

Nous étions sur la piste et je lui répondis en souriant d'un air de dire « On verra bien... » qui nous fit sourire un peu plus tous les deux. J'étais bien plus à l'aise dans ce genre de danse là et nous nous laissâmes porter par la musique... Il me fallut quelques secondes pour réaliser qu'Apple me suivait, souplement et sans contre-temps, ce qui était en réalité un fait plutôt surprenant après le bal précédent. Mais elle avait beaucoup pratiqué la danse, m'avait-elle dit, et je me fis la réflexion que cela se sentait et se voyait, elle était une cavalière très agréable, tandis que sa longue robe tournoyait autour de ses chevilles, suivant le rythme et les petits cercles que nous faisions. Décidément ! Je n'étais pas le seul à avoir changer, je n'étais pas le seul à me sentir presque dans une autre dimension tandis que je regardais Poudlard, en arrière-plan. C'était presque comme si une toute nouvelle Apple se tenait devant moi, élégante, plus haute de quelques centimètres, avec sa crinière de cheveux cuivrés joliment tressés, un peu de maquillage et des manières de jeune femme. Ou peut-être était-ce moi qui ne l'avais jamais considérée de la sorte ? C'est vrai que je la voyais plus comme une jeune fille, parce qu'elle inspirait cela aussi, avec ses manières exubérantes, sa maladresse, son rire, ses habits colorés — mais pourtant elle n'était pas que ça et je le savais très bien. Il y avait plus là-dessous, quelque chose de plus profond et de plus mélancolique aussi. Inconsciemment je la serrai un peu plus contre moi, étalant ma main dans son dos. Une bouffée d'affection pour elle venait de m'envahir ; j'aurais voulu pouvoir lui dire ce qu'elle représentait pour moi, combien j'étais attaché à tout ce qu'elle avait pour moi ces derniers temps, combien encore une fois elle allait me manquer. Mais je n'étais pas doué pour ce genre de discours, et mes lèvres restèrent closes.

Il faisait beau et doux et tout le monde paraissait de bonne humeur autour de nous, profitant de l'ambiance champêtre de la fête. C'était agréable, oui ; mais je ne pouvais pas me défaire de quelque chose, car une petite voix dans ma tête semblait constamment me susurrer à l'oreille que tout cela existait pour la dernière fois. Tout d'un coup, le rythme de la musique changea et une nouvelle musique commença, qui troubla Apple.


- Ma Maman adorait cette chanson. Elle avait cherché du regard sa soeur dans la foule, j'en étais presque certain. Je la sentis se refermer un peu — manque de chance pour nous étions très proches, l'un contre l'autre, je ne pouvais pas faire comme si je ne voyais pas, et je me sentis d'ailleurs un peu gêné — Je suis sûre qu’elle serait très contente que je danse dessus avec toi… Tant pis si je ne peux pas le partager avec Caro, au moins, tu es là.

- Alors, il faut la rendre fière ! dis-je avec entrain, et je nous entraînai de plus belle ; le rythme était plus enlevé et un peu rétro, j'aimais bien cette chanson aussi, et tout d'un coup je voulais absolument voir Apple retrouver son sourire sur cette chanson, mais j'avais l'impression d'être complètement impuissant.

Je faisais ce que je pouvais, encore une fois, et je posai ma tête contre le côté de son front tout en me laissant porter par le rythme. Apple n'était pas asociale et je n'avais pas peur pour elle, ni pour sa vie sociale, quand je pensais à l'année prochaine, mais une part de moi s'inquiétait tout de même de n'être plus là pour veiller sur elle... Heureusement, nous avions promis de nous écrire tout le temps ; je n'oubliais pas le merveilleux cadeau qu'elle m'avait offert et qui voulait tout dire, pour moi, à propos de notre amitié.


- J’ai un peu faim, on va chercher quelque chose à manger avant d’y retourner ?!

J'acquiesçais, et nous prîmes la direction du buffet. Cela aussi allait me manquer : la bonne nourriture d'ici, les buffets toujours chargés, délicieux et surprenants, tout comme les repas de tous les jours. Je me mis à rire en voyant Apple se jeter sur la nourriture et me dire de goûter ça, ça, ça et ça, et encore ça, et je pris une assiette avec un peu de tout, avant que nous nous décalâmes un peu sur le côté.

- J’ai reçu une lettre de mes grands-parents. Ils m’invitent à venir en Suède cet été, quand je veux, autant de temps que je veux, et avec qui je veux… Je crois qu’ils ne sont pas trop en contact avec mes sœurs, ils m’ont dit qu’elles étaient les bienvenues aussi si je voulais qu’elles viennent avec moi, ou que je pouvais venir avec une amie… Je ne sais pas trop quoi faire… J’ai prévu de passer juillet à faire du théâtre, tu sais, l’espèce de camp intensif dont je t’avais parlé, mais je n’ai rien en août, peut-être que c’est une bonne idée, mais… Je n’y suis pas retournée depuis la mort de Maman. Ça me fait tout drôle. Je ne sais pas si je devrais inviter mes sœurs, rien que par politesse, alors qu’en vrai, je n’ai pas trop envie qu’elles viennent… Je ne sais pas quoi faire. Qu’est-ce que tu penses ?

J'avais relevé les yeux vers elle quand elle avait commencé à parler — j'étais surpris, dans le bon sens — et plus elle parlait plus je lui montrais mon assentiment, c'était bon signe tout ça, j'étais heureux pour elle et confiant en ses grands-parents qui avaient l'air adorables et lui feraient sans doute du bien, c'était une bonne idée de renouer avec la famille de sa mère. Mais je tiquai quand elle mentionna ses soeurs, bien que ce soit logique quelque chose en moi se rebellait, elles n'avaient pas leur place dans cette affaire. Pensif, je mangeai la fin de mon morceau de tarte avant de répondre, et m'essuyai la bouche avec une serviette en papier.

- Je pense que c'est super qu'ils t'invitent ! Je suis content pour toi, ça va être super et en plus en Suède ! Et effectivement tu pourras y aller en Août, comme ça tu profites du théâtre. Mais je ne pense pas que tu profites vraiment là-bas si tu y vas avec tes soeurs... Et puis c'est à toi qu'ils l'ont dit, pas à elles... Tu te sens d'y aller toute seule ? Ou peut-être que tu voudrais demander à quelqu'un d'autre ? Mais je pense pas que tu devrais te sentir obligée de les inviter elles, en tout cas.

Buvant une gorgée de mon verre (le liquide était frais, pétillant et curieusement sucré), je regardai Apple qui avait l'air particulièrement mal à l'aise ou indécise, je ne savais pas trop ? D'un côté j'imaginais mal ses soeurs accepter et se joindre au voyage étant donnée leur attitude à propos de leur mère, d'un autre côté je ne pouvais que comprendre la culpabilité et la position dans laquelle Apple se trouvait.

- Ne t'inquiète pas, je suis sûr que tes grands-parents sont super et veulent vraiment profiter de toi, et qu'ils te différencient totalement de tes soeurs.

Je lui souris, en espérant qu'elle se sente un peu rassurée, car je ne voulais pas la savoir triste, surtout quand l'été n'allait pas tarder à nous séparer.

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MessageSujet: Re: "One of these mornings you're gonna rise up singing." [S.]   Mer 10 Mai - 23:11

https://www.youtube.com/watch?v=o2aPpr8PisU

Found me on a basement floor
Back when I had lost it all
Told me what the fight was for
And I'm not giving up no more
You elevate the life in me
Illuminate the in-between
Forever gonna feel this free
And I'm not giving up now

Lovesick the beat inside my head
Waves struck a sea of bitterness
Lights out solo in the blue
But now I've found you

Blood running in my veins
I've never been here before
And I got love falling like the rain
I never could've asked for more
I got so much soul inside my bones
Take a look at me now
I'm young forever in the sun
Ever since you came I'm living ultralife
I'm living ultralife
Oh, we're living ultralife
We're living ultralife
I'm living ultralife






Danser me donnait l'impression de marcher sur billes, mais elles roulaient à présent sous mes pieds habitués au déséquilibre. Je glissais, le plus adroitement possible, les billes roulant en rythme avec la musique. J'avais grandi en ressentant les chansons que j'écoutais, sans chercher à comprendre les harmonies et les subtilités des mélodies, mais à présent j'essayais de comprendre le rythme, la construction. À ma grande surprise, ça n'avait pas rendu la musique plus scolaire, moins mystérieuse, au contraire, j'avais l'impression de la comprendre un peu plus et de la ressentir plus intimement. J'imaginais comment Maman, pour qui les notes et les arrangements n'avaient aucun secret, devait se sentir proche des morceaux de musique classique qu'elle écoutait toujours. Elle me disait souvent que c'était comme de la magie, et désormais je comprenais qu'elle avait troqué la magie qu'elle était condamnée à ne pas pratiquer pour une forme différente, rien qu'à elle. Tandis que Scott m'aidait en menant la danse, j'essayais de me souvenir de la grâce de Maman lorsqu'elle dansait. De toutes ses filles, j'étais celle qui avait hérité du corps le plus similaire au sien. Kathleen était grande et élancée aussi, mais son corps était fantomatique, occupant un espace qu'elle ne semblait pas désirer. Je m'étais souvent demander comment elle pouvait être si taciturne, sûrement était-elle la seule qui eut grandi avec mon père présent - à l'époque, Maman et lui étaient encore très amoureux - et peut-être avait-elle pris de lui. J'étais donc la seule à avoir ce corps si fin digne d'une danseuse, que j'avais bien du mal à apprécier dernièrement. Il était trop long, cassant et enfantin, j'étais une guimauve qu'on avait trop étirée. Je voulais le chérir, me souvenir que Maman me l'avait donné, que c'était comme le sien, mais c'était encore pire, j'avais l'impression d'être une pâle copie que chaque miroir me renvoyait douloureusement. Mais quand je dansais, j'étais un peu moins intruse dans ce corps. La main de Scott dans mon dos en était une preuve - elle diffusait une chaleur tiède qui réchauffait mon cœur d'une bien douce façon.

Scott dansait si bien, lui qui parfois pouvait avoir l’air un peu coincé dans son corps immense, j’adorais la façon dont il bougeait, et je me mis à l’imaginer en train de danser avec quelqu’un avec autant de classe que lui. Je ne connaissais pas Haley, j’avais une image d’elle assemblée de pièces, comme un collage de paroles et de photos, mais il me semblait qu’elle était un peu comme Scott, douce, élégante, et ils avaient dû avoir l’air royal en dansant ensemble. Je me demandais si c’était ce que Scott aimait chez une fille, qu’elle soit délicate, polie, toute aussi posée que lui. Et moi, qu’aimais-je chez un garçon ? Je savais ce que j’aimais chez mes amis, mais c’était différent d’être amoureuse, ou du moins je le croyais, bien que je n’y connaisse rien. Mes pensées restèrent diffuses, dans un coin de ma tête, alors que nous allions vers le buffet. Il y avait tant de choses qui m’intriguaient, plus je grandissais, plus je réalisais que je ne me connaissais pas, et que le monde autour de moi était une gigantesque énigme qui dans les bons jours me fascinait, et dans les mauvais, me terrifiait. Mais si je repensais à cette année, à combien j’avais eu peur de cette fameuse énigme, je constatais que cela ne m’avait pas empêché d’avancer et si je m’étais plus inconnue que jamais, je crois que paradoxalement, j’étais plus proche que jamais des réponses.

Comme toujours, Scott médita ce que je venais de lui raconter, réfléchissant à sa réponse – il prenait toujours son temps dans ces moments, comme s’il voulait être sûr de dire la chose la plus pertinente possible. Opposée à lui, je ne tournais jamais assez longtemps ma langue avant de parler, même si cette fois-ci, ma véritable question était bloquée dans ma gorge.


- Je pense que c'est super qu'ils t'invitent ! Je suis content pour toi, ça va être super et en plus en Suède ! Et effectivement tu pourras y aller en Août, comme ça tu profites du théâtre. Mais je ne pense pas que tu profites vraiment là-bas si tu y vas avec tes soeurs... Et puis c'est à toi qu'ils l'ont dit, pas à elles... Tu te sens d'y aller toute seule ? Ou peut-être que tu voudrais demander à quelqu'un d'autre ? Mais je pense pas que tu devrais te sentir obligée de les inviter elles, en tout cas.

J’hochai la tête, réfléchissant un peu à mon tour. Il avait raison, je n’allais pas profiter si je venais avec mes sœurs, j’en étais persuadée, et à vrai dire, je n’étais même pas sûre qu’elles désirent venir de toute façon. Je songeais aussi au fait qu’il n’y avait qu’une chambre chez mes grands-parents, l’ancienne de ma mère, et qu’il me faudrait sûrement dormir avec mes sœurs si elles venaient, ou alors elles prendraient sûrement un hôtel, annulant toute l’idée derrière ses vacances de famille. Mes pensées commencèrent à s’éparpiller tandis que je pensais la fameuse chambre, imaginant combien il me serait difficile de me retrouver dans la chambre de Maman, combien cela me ferait penser à elle, déjà que Liverpool et la maison m’étaient insupportables, et je sentis le petit trou dans mon cœur commencer à s’agrandir, menaçant comme toujours de redevenir béant si je ne faisais pas attention.

- Ne t'inquiète pas, je suis sûr que tes grands-parents sont super et veulent vraiment profiter de toi, et qu'ils te différencient totalement de tes soeurs.

Scott avait son petit air concerné, et je finis par lui faire un sourire. Je voyais bien qu’il avait l’air inquiet, qu’il ne voulait pas que cela gâche mon humeur – peut-être avait-il peur que je fasse la girouette comme cela pouvait m’arriver – il n’avait pas besoin de le dire, son regard suffisait à me le faire comprendre. J’adorais la façon qu’il avait de parler avec les yeux.

- Oui, tu as raison, ça ne sera pas vraiment des vacances si elles venaient. De toute façon, je ne pense même pas qu’elles voudraient. Je réfléchis un instant, mâchant la fin de mon cookie. Mais de nous quatre, je suis celle qu’ils connaissent le moins finalement, on a quitté la Suède quand j’avais six ans, alors qu’ils ont connu mes sœurs jusqu’à au moins leurs dix ans, voire carrément treize ans pour Kathleen… Je ne sais pas, ça m’angoisse un peu. Mais j’ai envie d’y aller. Je fis un petit sourire à Scott. C’est drôle que tu parles de me différencier avec mes sœurs, j’ai toujours voulu être différente d’elles puisqu’on avait rien en commun, et pourtant, quand je vois là combien Caro ressemble à une étrangère, ça me fait de la peine. J’ai toujours voulu savoir ce que ça faisait d’avoir ce lien fusionnel, comme Caro et Alex ont, quitte à ce que les gens m’associent à quelqu’un… Je ne sais pas. Je me tus un instant. Tu as pareil avec tes sœurs jumelles, non ? Demandai-je tout à coup à Scott. J’avais fini par sentir que nous avions une histoire familiale bien différente et pourtant étrangement semblable dans ses conséquences.

Mais je ne voulais pas que nous restâmes à parler de tous ces sujets lourds, nous étions là pour nous amuser, et comme mon idée continuait de se construire dans mon esprit emmêlé, je décidais qu’il valait mieux me détendre que de trop m’inquiéter. Cela tombait bien, une chanson beaucoup plus enjouée commençait, me donnant envie de sauter un peu partout et de tournoyer, d’oublier le rythme et les pas encadrés. Je jetai un coup d’œil à Scott, qui sembla deviner, et plissa légèrement la bouche.


- Vieeeens, s’il-te-plaît !

Il ne fallut pas grand-chose pour le convaincre, et j’avais déjà remarqué de toute façon qu’à partir du moment où je lui demandais sincèrement quelque chose, Scott me le refusait très rarement. Il fronçait les sourcils, essayait de me dissuader, mais finalement, me suivait dans mes idées un peu farfelues, et c’était quelque chose que j’aimais beaucoup chez lui. J’attrapai son bras et on se dirigea à nouveau vers la foule qui dansait. La moitié des gens suivaient des gestes et des enchainements précis, tandis que l’autre sautillait partout de façon hétéroclite.

- Bon, pour pas trop te faire honte, je veux bien que tu me montres comment on danse pour de vrai sur ce genre de chanson, dis-je avec un petit rire. Je lui tendis ma main pour lui montrer ma bonne volonté.

Heureusement, Scott savait très bien ce qu’il faisait, même si rapidement, j’enchaînai en ajoutant un peu des gestes au gré de mon inspiration, et que notre danse devint un peu plus imprécise – mais cela nous faisait rire. Il me faisait tournoyer, je me retrouvai dos contre lui, valsant d’un côté puis d’un autre, souriant et riant, alors que le visage de Scott était aussi illuminé que le mien, et lui aussi riait, j’adorais tellement le son de son rire et l’air qu’il prenait quand il semblait réellement se détendre. Je ne lui écrasai pas une seule fois les pieds – un petit miracle dont je fus fière – si nos bras s’emmêlèrent une ou deux fois, je compris tout de même rapidement comment il fallait s’y prendre pour danser le rock. Je me sentais tellement légère, et j’avais l’impression que malgré la timidité de Scott, il l’était aussi. Sans trop savoir pourquoi, j’eus envie d’à nouveau me retrouver contre lui, sa carrure aussi imposante que douce, sentir son parfum et l’entendre rire. J’avais l’impression que dès qu’il était heureux, j’avais envie de rire, et peut-être que c’était simplement ça être amie avec quelqu’un, une amitié aussi forte que la nôtre, peu importe combien elle était improbable.

Après quelques chansons où nous suivions le rythme, une nouvelle beaucoup plus pop commença et j’attrapai les deux mains de Scott.


- Une dernière à ma façon, le disco ça se danse pas, ça se vit, expliquai-je en riant.

Evidemment Scott était beaucoup plus guindé que moi, mais je crois que nous étions tellement heureux tous les deux en cet instant qu’il fit un effort, il me suivit presque dans mes grands gestes, je sautillai sur place, j’agitai nos bras – je n’avais pas lâché ses mains – et il me fit tournoyer plusieurs fois jusqu’à que j’en perde presque l’équilibre. Finalement la chanson se termina, et je repris mon souffle, riant toujours, recoiffant quelques mèches rebelles qui s’étaient échappées de ma coiffure. On s’éloigna de la foule qui se faisait de plus en plus compacte, et attrapa chacun un verre – j’étais assoiffée – avant de se laisser tomber sur des chaises, un peu en retrait de l’agitation. Mes lèvres étaient bloquées sur un grand sourire, et je me tournai vers Scott. J’avais vraiment envie de le prendre dans mes bras, sans raison, et puisqu’après tout rien ne me retenait, je me penchai vers lui et le serrai dans mes bras, juste après avoir posé mon verre pour ne pas le renverser sur sa jolie chemise.


- Tu danses tellement bien ! M’exclamai-je. Il faut vraiment que j’apprenne plus de danses pour la prochaine fois !

Une petite voix me rappela que demanda « quelle prochaine fois ? » et tout à coup mon cœur se contracta, je me tournai vers Scott, l’air sûrement plus grave que je ne l’aurais voulu. Le temps pressait, après tout, il n’y avait qu’aujourd’hui de certains, je l’avais appris à mes dépends, aussi cliché que cela puisse être.

- Scott, en fait, j’ai réfléchi, et je me demandai si en fait peut-être tu… Tu voudrais venir avec moi en Suède ? Demandai-je de but en blanc. Mon cœur battait fort. Je sais que ça t’intéresse les pays nordiques, en plus tu sais mes grands-parents sont sorciers, ils pourront te montrer un tas de trucs sur les runes scandinaves et les plantes bizarres pour les potions, il y a vraiment de jolis endroits aussi, je pourrais te faire visiter ?! Je suis sûre que ça te plairait là-bas, en plus promis on sera pas obligé d’être collé tout le temps je sais que tu aimes bien être tranquille et que je peux être un peu intense, mais hm, je crois qu’il n’y a qu’une chambre par contre, on devra dormir ensemble, enfin, je dormirais sur un matelas tu peux prendre le lit en plus, si tu veux ?! Je te le laisse ! Comme ça en plus on fait un truc puisqu’on se verra pas après et tu vas me manquer et en fait c’est pas que j’ai pas envie d’aller seule en Suède mais, euh, ça serait encore mieux si tu venais ça me ferait plaisir et je crois que ça pourrait te changer les idées et on s’amuserait bien, voilà, mais tu peux dire non si tu veux, je me vexerais pas, promis, achevai-je, stressée, le souffle court, les joues brûlantes tandis que je réalisai que je venais d’écraser Scott sous ma tirade. Je portai ma main à mes lèvres, l’air un peu désolée. Promis je parlerais moins si tu viens, tentai-je de plaisanter, en lui adressant un petit sourire d’excuse, espérant de tout mon cœur qu’il ne me tiendrait pas rigueur de mon entrain étrangement intimidé et qu’il accepterait au moins de considérer l’option.



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MessageSujet: Re: "One of these mornings you're gonna rise up singing." [S.]   Lun 15 Mai - 18:16

- Oui, tu as raison, ça ne sera pas vraiment des vacances si elles venaient. De toute façon, je ne pense même pas qu’elles voudraient. Mais de nous quatre, je suis celle qu’ils connaissent le moins finalement, on a quitté la Suède quand j’avais six ans, alors qu’ils ont connu mes sœurs jusqu’à au moins leurs dix ans, voire carrément treize ans pour Kathleen… Je ne sais pas, ça m’angoisse un peu. Mais j’ai envie d’y aller. C’est drôle que tu parles de me différencier avec mes sœurs, j’ai toujours voulu être différente d’elles puisqu’on avait rien en commun, et pourtant, quand je vois là combien Caro ressemble à une étrangère, ça me fait de la peine. J’ai toujours voulu savoir ce que ça faisait d’avoir ce lien fusionnel, comme Caro et Alex ont, quitte à ce que les gens m’associent à quelqu’un… Je ne sais pas. Tu as pareil avec tes sœurs jumelles, non ?

J’acquiesçais, évidemment ; je comprenais, et puis, quand on connaissait un peu Apple, tout cela faisait sens. Mais retrouver un lien avec ses grands-parents étaient à mon sens la meilleure idée qui soit, car elle avait besoin de retrouver sa mère d’une manière ou d’une autre et puisque sa famille nucléaire ne lui apportait pas ce réconfort, j’étais très confiant dans la Suède, et dans ces grands-parents providentiels qui m’inspiraient une confiance très positive. Quand je voyais l’attitude de sa sœur, quand j’imaginais ce que pouvait être la vie chez les Hunt, cela me brisait le cœur d’une curieuse manière : pour Apple et pour moi aussi, comme un douloureux écho. Nous avions cela en commun, c’était certain ; nous étions des ovnis dans nos familles mais pas dans le bon sens, pas des ovnis qui attirent le regard mais de ceux à qui on accorde peu d’intérêt parce qu’ils ont toujours été là et ne présentent pas plus d’aspérités que ça. J’en avais beaucoup discuté avec Rose Bosworth, lors de nos séances, évidemment. C’était à la fois si évident et si pathétique qu’une petite voix me susurrait toujours à l’oreille que je pouvais faire sans, que je devais faire sans — m’en défaire, comme d’un vulgaire vêtement… mais c’était à la fois tellement difficile, tellement impensable, que je sentais mes membres devenir mous, lourds, inutiles.

- C’est vrai, même si aujourd’hui je ne voudrais plus, répondis-je avec un détachement assez inattendu. C’était quand j’étais petit que je me sentais particulièrement seul quand je voyais les jumelles, ou mêmes mes frères et sœurs plus âgés, tellement tous liés les uns aux autres. Aujourd’hui je crois simplement que ce n’est pas comme ça que je me définis, que je ne serai jamais comme eux, et en un sens, je crois que c’est une bonne chose. Je préfère choisir les personnes autour de moi qui en valent la peine, et honnêtement, je ne suis pas certain que c’est leur cas…

C’était dur, mais je l’assumais — ou peut-être que ma rancœur parlait pour moi, mais en un sens comme dans l’autre cela revenait au même. Mes frères et sœurs devenaient comme mes parents, des gens brillants, intelligents, remarquables, mais tous et toutes il avait ce petit quelque chose qui leur manquait, ce petit grain de sensibilité et d’intérêt simple et non intéressé pour les autres qui, à mon sens, leur manquait cruellement.

La musique s’enflamma alors et j’obéis à la demande d’Apple, pleine d’enthousiasme — dans ces moments-là j’appréciais particulièrement me laisser porter par son énergie et me sentir entraîné, d’autant plus que je n’étais pas toujours assez à l’aise pour me laisser aller de moi-même. C’était un rock et j’en connaissais parfaitement les codes, mes parents avaient toujours tenu à ce que leurs enfants connaissent les codes de manière générale, des choses classiques comme un peu moins, pour être adaptables — j’attrapai la main d’Apple qui accepta de se laisser faire, et je nous lançai sur la piste. C’était drôle comme danse, j’aimais bien composer avec toutes les passes que je connaissais, selon ma cavalière évidemment ; il y en avait qui, même si elles ne connaissaient rien au rock, se laissaient guider et mener souplement, et d’autres qui rendaient tout difficiles parce qu’elles étaient trop raides et dans ce cas, la danse pouvait s’avérer bien longue. Heureusement Apple n’était pas comme ça, c’était plutôt l’inverse : trop fluide parfois, elle paraissait me couler entre les doigts et plusieurs fois nos mains se séparèrent ou nos bras s’emmêlèrent, mais le résultat fut plutôt convaincant. Elle était toute légère, dans son corps comme dans ses gestes, et nous nous amusâmes beaucoup, sans trop se soucier des autres. J’aimais bien ressentir ça, être avec quelqu’un et ne plus m’inquiéter pour le reste, vivre l’instant présent et ne pas trop penser — cela n’avait jamais été quelque chose de très naturel chez moi. Quand le rythme cessa un peu, je fis mine de regagner le côté de la piste, mais Apple ne me laissa pas le choix et j’acceptai un peu à contrecœur de me remuer sur une musique avec laquelle je n’étais ni très familier ni très à l’aise. Nous nous écartâmes ensuite, enfin, tout essoufflés et un peu assoiffés ; j’attrapai un verre et nous nous laissâmes tomber dans les confortables canapés. Je bus mon verre de jus de citrouille glacé presque d’une traite, et il s’envola tout seul de mes mains pour retourner docilement se poser sur le buffet, du côté de la vaisselle utilisée. J’agitai ma baguette pour faire voler jusqu’à nous un deuxième verre pour moi et des petits fours sucrés pour nous deux, et nous les goûtâmes chacun notre tour. À ce moment, Apple, tout sourire, se pencha vers moi et me prit dans ses bras — surpris, je ne réagis pas trop, mais je répondis à son joli sourire. J’avais de plus en plus de facilité à être un peu tactile avec elle, surtout (étrangement) depuis ma dépression, mais elle me prenait quand même parfois de cours.


- Tu danses tellement bien ! Il faut vraiment que j’apprenne plus de danses pour la prochaine fois !

- Mais tu en connais plein toi aussi, c’est juste que tu les mélanges toutes en même temps et ça donne du disco, répondis-je en riant.

Elle avait les yeux dans le vague, comme quand quelque chose la préoccupait, et changea tout d’un coup radicalement de sujet :


- Scott, en fait, j’ai réfléchi, et je me demandai si en fait peut-être tu… Tu voudrais venir avec moi en Suède ? J’ouvris la bouche pour répondre, j’étais à la fois étonné mais en fait pas tant que ça — en réalité, j’étais étonné de ne pas y avoir pensé plus tôt ; sauf que le flux de parole d’Apple devint tout d’un coup incontrôlable tandis que ses joues s’empourpraient, et je dus attendre qu’elle s’en rende compte et qu’elle se taise pour pouvoir réagir. Je sais que ça t’intéresse les pays nordiques, en plus tu sais mes grands-parents sont sorciers, ils pourront te montrer un tas de trucs sur les runes scandinaves et les plantes bizarres pour les potions, il y a vraiment de jolis endroits aussi, je pourrais te faire visiter ?! Je suis sûre que ça te plairait là-bas, en plus promis on sera pas obligé d’être collé tout le temps je sais que tu aimes bien être tranquille et que je peux être un peu intense, mais hm, je crois qu’il n’y a qu’une chambre par contre, on devra dormir ensemble, enfin, je dormirais sur un matelas tu peux prendre le lit en plus, si tu veux ?! Je te le laisse ! Comme ça en plus on fait un truc puisqu’on se verra pas après et tu vas me manquer et en fait c’est pas que j’ai pas envie d’aller seule en Suède mais, euh, ça serait encore mieux si tu venais ça me ferait plaisir et je crois que ça pourrait te changer les idées et on s’amuserait bien, voilà, mais tu peux dire non si tu veux, je me vexerais pas, promis. Promis je parlerais moins si tu viens.

- … Tu n’aurais pas eu besoin d’autant de justifications si tu m’avais laissé parler, répondis-je avec un petit sourire. Il n’en fallait pas beaucoup pour me convaincre : j’adorais voyager, j’étais heureux de l’accompagner si elle le désirait et je ne voulais pas qu’elle se sente obligée d’inviter ses sœurs pour ne pas y aller seule, sans compter que j’étais content de passer un peu de mon été, pour l’instant assez incertain et effrayant, avec elle. Bien sûr que je veux bien ! Je serais ravi de rencontrer tes grands-parents, et je ne connais pas du tout la Suède. Et puis, ce sera chouette de passer des vacances ensemble ! Tu penses qu’ils seraient d’accord ?

Je nous imaginais déjà, dans un décor étrangement composé de paysages écossais légèrement transposés, sous le soleil, à nous intéresser à des choses bien différentes que tout ce qui nous encadraient ici. C’était une des choses qui m’attiraient, dans la nouvelle vie qui m’attendait : de nouvelles perspectives, de nouveaux horizons, de nouveaux buts et de nouveaux centres d’intérêt. Bien sûr, je ne pouvais pas m’empêcher de me demander si être plusieurs jours sans arrêt avec Apple se passerait aussi bien qu’à Poudlard, car j’appréciais aussi ma tranquillité de temps en temps, mais je lui faisais assez confiance pour le savoir et m’accorder un peu de calme de temps en temps.

- Mais tu sais j’ai pensé à cet été, ça va être un peu compliqué pour moi avec les rendez-vous et la préparation de l’année prochaine mais je vais forcément passer un peu de temps chez mes parents et je me suis dit que tu pourras sûrement passer un week-end, si le théâtre te le permet ? Tu verras c’est très joli Aberlour, la campagne te plaira !

Cela me paraissait une idée particulièrement rassurante, pour elle comme pour moi, et je dégustai mon dernier petit four ainsi que la fin de mon jus de citrouille en sentant la pression sur mon cœur légèrement moins forte qu'au début du bal.




FIN

_________________
‖▹
SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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