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"Wonderful World." [S.]

 

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Apple Hunt
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Particularités: Je suis un ninja.. Si, regarde ce que je viens de faire ! ... tu n'as rien vu ?... justement... B-)
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MessageSujet: "Wonderful World." [S.]   Dim 19 Mar - 22:58

Je m’étais assise sur la table, manquant de renverser l’encrier, tandis qu’en contre-bas, Scott était installé sur la chaise, ses longs doigts glissant sur sa plume dans un geste mécanique, signe qu’il réfléchissait. Mes jambes se balançaient dans le vide. J’avais mis mes vieilles babies, avec des petites socquettes basses blanches, et comme les beaux jours revenaient et qu’on était un samedi (ce qui voulait dire qu’on s’habillait comme on voulait) j’avais un short en jean un peu trop grand qui avait appartenu à Caro. Mon tee-shirt était vert sapin, et l’une des manches était déchirée depuis que j’avais essayé de grimper à un arbre près du lac pour montrer à Serghei que je n’avais pas perdu mes talents d’escaladeuse. Avec cette tenue, j’avais l’impression d’exposer étrangement ma peau blanche, mes genoux nœuds et mes longues jambes toutes maigrichonnes. Depuis que j’avais encore grandi – je faisais maintenant 1m68 – j’apparaissais encore plus mince qu’avant, surtout que je n’avais toujours pas vraiment de seins ni de fesses. J’avais l’impression qu’on m’avait simplement étiré comme du chewing-gum. J’enroulai mon long gilet beige contre moi, le tirant pour qu’il cache un peu mes cuisses, avant de jouer avec l’une de mes mèches qui tombait devant mes yeux. Mes cheveux un peu poussés, ils m’arrivaient à présent au-dessus de la poitrine, et l’auburn commençait un peu à s’estomper, les pointes étaient devenues rousses avec le soleil. Je jetai un coup d’œil à Scott, qui réfléchissait toujours.

- Il faut un ingrédient pour que la potion d’euphorie passe du orange au rose ! Rappelai-je. Réfléchis, je suis sûre que ça va te revenir !

Nous révisions souvent sur cette même table, celle au fond de la salle d’étude, près de la fenêtre parce que j’aimais bien regarder le paysage entre deux fiches. C’était un bureau pour deux personnes, avec deux chaises côte à côte, où on était tranquille. Parfois, on allait à la bibliothèque, ou sur une table plus grande quand Ruby et Lizlor se joignaient à nous, ou d’autres amis de Scott. J’avais proposé à Serghei de venir travailler avec nous, mais il avait expliqué qu’il préférait être seul et à la bibliothèque, ce que je comprenais mas savais être un demi-mensonge puis qu’il travaillait souvent avec Alec, mais tant pis. Ce n’était pas forcément contre moi, il savait que j’étais dissipée et je pense qu’il ne voulait pas que je le distraie ou passe toutes les révisions à lui demander des explications car je ne comprenais rien à ce que je lisais. C’était bête, parce que je crois que Serghei était un peu comme Scott, très intello, absorbé dans ces trucs, mais pourtant quand je travaillais avec Scott, je ne le dérangeai pas, au contraire, on s’entraidait et ça avait l’air de lui faire plaisir, du moins j’espérais.

Parfois, je craignais toujours un peu de m’être tellement imposée auprès de Scott que j’avais forcé notre relation, et qu’il s’accommodait de ma présence par dépit plus que par réelle envie. Je ne sais pas pourquoi je m’inquiétais de ça, ce n’était pas trop mon genre, mais c’était peut-être parce qu’il m’intimidait un peu, il était grand, intelligent, j’avais l’impression que c’était un adulte et que parfois il devait me prendre comme une gamine qui lui trainait dans les pattes. Mais dans ces moments où je doutais, je me rappelais que nous étions de plus en plus amis, que même pendant la période où Scott avait été au plus bas, j’avais réussi à être là pour lui, à le voir un peu, et quand il avait commencé à être un peu plus motivé pour sortir ou juste travailler, il m’avait proposé, il avait eu l’air d’apprécier quand je proposais moi… Bref, je n’étais pas la seule qui avait l’air d’apprécier quand on trainait ensemble ?! Surtout que plus ça allait, plus on discutait vraiment, on se confiait des trucs aussi, on s’aidait dans nos révisions… J’avais l’impression qu’on était un peu plus dans une relation d’égal à égal, et pas celle où j’étais la petite Poufsouffle qui se faisait prendre la main dans le sac par Scott le préfet. Pourtant, parfois… Je me sentais un peu bête, où Scott disait des choses qui me donnaient l’impression d’être stupide. Bien sûr, il ne faisait pas exprès, je le voyais bien, mais j’avais sûrement peur de ne pas tout comprendre, de ne pas être à la hauteur. Heureusement, Scott percevait quasiment toujours quand j’étais larguée sur ses références, et il m’expliquait avec beaucoup de calme et de patience, ce qui me faisait toujours très plaisir.


- C’est la menthe poivrée, finis-je par dire comme Scott ne trouvait pas. Je lui tendis sa fiche pour qu’il la récupère. Bon, tu viens, je commence à avoir faim ?!

D’un geste de la baguette, je fis voler mes affaires dans mon sac en toile distraitement, manquant de froisser mes parchemins en empilant un grimoire dessus. Je redescendais de mon perchoir, mis mon sac sur mes épaules, et attrapai le petit panier que j’avais posé par terre. Dedans se trouvait notre goûter que j’avais été cuisiné ce matin avec les elfes de maison, et qu’un sortilège gardait à température parfaite – tiède pour le gâteau, fraîche pour la boisson et la salade de fruits. Je pressai ma main sur l’avant-bras de Scott et lui fit un grand sourire.

- On y va ?!

On quitta donc la salle pour se diriger vers le parc. Il faisait très beau aujourd’hui, le ciel était tout bleu, immense au-dessus de nos têtes, et il faisait particulièrement bon. On s’était dit avec Scott qu’il fallait en profiter, on connaissait la météo écossaise, c’était trop beau pour que ça dure, surtout qu’on était que fin mai, l’été n’était pas encore là non plus. Une fois dehors, je poussai un petit « ah » de satisfaction, parce que le fond de l’air était doux, la brise glissait dans mes cheveux… C’était trop agréable ! Je me mis à marcher plus vite, devançant un peu Scott qui malgré ses longues jambes étaient un peu plus lent que moi. On descendit le long du chemin qui serpentait, et je shootai dans les cailloux avec le bout de mes babies, en souriant toute seule.

- Ooooh, regarde, elles sont trop belles ! M’exclamai-je en pointant du doigt des fleurs qui poussaient un peu plus loin. Je m’en approchai, et m’agenouillai pour en cueillir une. Habituellement, je n’aimais pas trop faire ça, parce que je savais que ça voulait dire que la fleur allait ensuite mourir, mais Scott m’avait montré un sortilège pour les replanter. Si je ne la laissai pas hors de terre trop longtemps jusqu’à qu’elle fane, on pouvait donc facilement la remettre dans le sol pour qu’elle puisse continuer à pousser tranquillement. Je portai donc la fleur à mon nez – oh, elle sentait bon ! Elle avait des jolis pétales rouges vifs, qui partaient dans tous les sens, avec des tâches jaunes dessus. Les fleurs magiques étaient vraiment magnifiques. Regarde, elle sent trop bon, dis-je alors que Scott arrivait à ma hauteur. Je me mis sur la pointe des pieds et lui tendis la fleur, la mettant un plein dans son nez, ce qui nous fîmes rire tous les deux – dans la précipitation, je lui avais vraiment mis en plein dans la figure. Oops, pardon ! Mais je savais que Scott ne m’en tenait pas trop rigueur.

On arriva ensuite afin au bord du lac, près d’un arbre qu’on aimait bien tous les deux, qui avait des longues branches verdoyantes. On se mit au soleil, et je sortis la nappe à carreau que j’installai d’un coup de baguette tandis que Scott faisait voler le reste du contenu du panier. J’avais fait un gâteau à l’amande et au chocolat et une salade de fruits, et les elfes de maison m’avaient fait un milkshake à la vanille. Je m’installai, tendant mes longues jambes, m’étirant, avant de me laisser tomber à la renverse et de pousser un soupir de contentement en regardant le ciel.


- Tu vas voir, le gâteau c’est une recette de ma Maman, c’est trop bon, j’espère que je l’ai réussi ! Je me relevai, comme si j’étais montée sur ressort, et entrepris de couper le gâteau avant d’en tendre une part à Scott. Bon appétit !

Je donnai un bout de pomme à Freya – elle adorait ça – et elle le mangea en couinant avant de partir rouler dans l’herbe en face de nous. Je jetai un coup d’œil à mon sac, dans lequel se trouvait un gros paquet emballé que j’avais pris soin de cacher à Scott depuis le début de l’après-midi. J’eus un petit sourire. Cela faisait deux semaines que je concoctai ma surprise, et j’étais impatiente à l’idée de lui donner. Je trépignai, et je sentis que Scott voyait que j’étais particulièrement de bonne humeur, parce qu’il me regardait un peu étrangement. Je lui fis un grand sourire qui se voulait à moitié innocent, et je croquai dans ma part de gâteau – c’était fondant et léger en même temps, et je fermai les yeux. On était trop bien là.


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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: "Wonderful World." [S.]   Ven 24 Mar - 14:37

C’était comme le sentiment d’avoir dormi trop longtemps, tandis que le monde autour de moi avait continué d’évoluer, m’abandonnant à mon inactivité. Je m’étais éveillé, je m’étais levé, mais mes idées restaient floues et engluées. L’espace de mon cerveau me semblait en chantier – les informations s’y étaient entassées, dans un vaste capharnaüm, contrairement à l’habitude où tout était rangé à sa place, et j’avais toutes les peines du monde à remettre de l’ordre dans ce fourbi que j’avais laissé s’amasser. Tout était là – mes souvenirs, mon savoir, mes idées – mais tout était mélangé, et il me fallait faire des efforts constants pour extirper chaque élément de ce tas et le remettre à sa place. C’était un travail de chaque instant, mais j’avais décidé de m’y atteler, ce qui était, comme l’avait souligné Miss Bosworth, une étape très importante et bien avancée de ma « guérison ».

J’avais toujours un peu de mal à me figurer que j’étais « malade », et peut-être les potions que j’avais eues pour traiter mon état m’avaient aidé à mieux le concevoir. Mais rien n’était tangible et tout était dans ma tête, et si je savais que le mot dépression correspondait à ce que j’avais traversé, la partie rationnelle de mon être avait toujours du mal à s’y confronter. Toujours était-il que je me sentais un peu mieux à présent, comme le beau temps qui arrivait petit à petit je sortais de mon cocon et de ma torpeur, et il me semblait appréhender le monde légèrement différemment. Haley, Stephen, ma famille, tout cela était toujours présent dans mon cœur et mon esprit, mais plus j’avançais plus j’apprenais à composer avec ces facteurs et à garder la tête haute, ne les laissant pas empirer mon état dans lequel je m’étais englué. Les sessions hebdomadaires avec ma directrice avaient été fondamentales pour ma renaissance, et je ne pouvais pas assez remercier Ruby ou Apple d’avoir été tant là pour moi et de m’avoir poussé en avant, alors que je n’en avais aucune envie. Maintenant, je retrouvas un peu ma vie d’avant – les cours, les devoirs, les promenades, les repas – et je me sentais assez mal à l’aise de la façon dont je m’étais comporté, surtout avec Apple. Mais elle était tellement généreuse et empathique que j’avais accepté le fait qu’elle ne m’en tenait pas rigueur ; simplement, j’essayais de me comporter au mieux à son égard. Nous étions allés ensemble acheter des livres et nous promener, je lui en avais d’ailleurs acheté un sur la danse et j’avais acheté une petite maison à Freya ; nous prenions beaucoup plus de temps ensemble, et cela me faisait du bien. J’avais choisi de ne rien dire à mes parents de tout cela – pour l’instant. Ils ne seraient responsables en rien dans ma guérison, et c’était quelque chose que je voulais accomplir seul. Mais plus je parlais à Rose Bosworth plus je devinais qu’il me faudrait un jour les confronter et leur ouvrir mon cœur ; simplement, ce moment là n’était pas encore arrivé. À distance, de toute façon, il m’était encore plus difficile de leur dire que j’avais fait une dépression, tant je savais qu’ils ne me prendraient pas au sérieux ou me jugeraient sur mes faiblesses. C’était un choix, mais je ne voulais pas leur donner plus d’atouts qu’ils n’avaient déjà. Sur les conseils de Ruby je m’étais mis à écrire (elle m’avait d’ailleurs offert un très joli carnet au papier épais et à la couverture en cuir foncé), d’abord tout ce qui me passait par la tête, puis mes journées, ce que j’avais à faire et à rattraper, puis mes pensées plus profondes, mes rêves, des bribes de souvenirs. Parfois, je laissais même des choses sortir de ma plume que je ne savais pas très bien définir – des espoirs, des visions ce qui aurait pu être ou qui ne serait jamais. Je trouvais en l’écriture quelque chose de très plaisant et de très apaisant, et j’essayais de m’en servir au mieux pour exorciser toute l’obscurité que je gardais en moi.


- Il faut un ingrédient pour que la potion d’euphorie passe du orange au rose ! Réfléchis, je suis sûre que ça va te revenir !

La voix d’Apple me rappela au présent.

C’était drôle, en immersion dans mes chagrins je n’avais pas été très observateur, et j’avais l’impression qu’Apple avait grandi à vue d’œil ! Toujours aussi mince, elle faisait beaucoup plus adolescente maintenant, avec ses longues jambes et sa stature plus haute. Ses cheveux revenaient peu à peu vers leur couleur naturelle, et je m’étais fait la réflexion que je n’étais même pas certain de me souvenir exactement de quand elle était encore blonde. Elle me jeta un regard encourageant, toujours aussi mignonne dans ses habits un peu usés, et je m’efforçai de me concentrer. C’était agaçant, mais je n’avais pas le choix… Mon savoir me filait entre les doigts comme des grains de sable. Je n’avais pas perdues mes connaissances, mais elles m’étaient difficiles à saisir.


- C’est un élixir, la corrigeai-je malgré moi, le regard fixé sur un point en face de moi, que je ne regardais pas. Voyons… L’élixir prenait toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, je savais qu’il fallait des fèves soporiphiques, du jus de figue, des épines de porc-épic, mais dans quel ordre, pour quelle couleur, et il me manquait des ingrédients… Ce n’était pas de l’asphodèle ni des graines d’ellébore, c’était autre chose, une plante…

Mon esprit restait vide.

- C’est la menthe poivrée. Bon, tu viens, je commence à avoir faim ?!

Une plante – j’étais sur la bonne voie. Je fis oui de la tête et rangeai soigneusement mes affaires, avant de lui emboiter le pas. Nous avions décidé d’aller goûter dehors pour profiter du soleil et du beau temps, si doux et agréable qu’il mettait instantanément du baume au cœur.

Nous devisâmes en avançant et lorsqu’Apple cueillit une fleur pour me la faire sentir, elle eut un geste maladroit et me la mit dans le nez, ce qui nous fit rire tous les deux. Sa maladresse était plus touchante qu’autre chose, et j’avais appris à ne pas mal l’interpréter, à savoir à ne pas la prendre pour du désintérêt. Je sortis ma baguette et ensorcelai la petite fleur pour qu’elle reste vivante, avant de la piquer dans les cheveux d’Apple. Nous nous installâmes sous un grand arbre aux branches tombantes et aérées qui créaient une mi-ombre, et Apple déplia la nappe et sortit le goûter – je sentis mon ventre gargouiller. J’avais faim, et c’était bon signe. Je m’assis en m’adossant à une pierre et étendis mes jambes en soupirant d’aise ; dans ces moments-là j’étais à nouveau plein d’espoir et, bien que toujours un peu mélancolique, je profitais à nouveau de l’instant présent, de ce qui m’entourait, de la bonne compagnie que j’avais. C’était un réel plaisir de découvrir tout cela à nouveau.


- Tu vas voir, le gâteau c’est une recette de ma Maman, c’est trop bon, j’espère que je l’ai réussi !

J’émis un petit « hmm » d’envie et attrapai la part et mon verre, puis dégustai le tout. C’était drôle comme Apple paraissait toujours montée sur ressort tandis que j’étais beaucoup plus calme et tranquille, mais il y avait comme un équilibre qui se faisait entre nous, et je savais que son énergie m’était bénéfique.

- Il est délichieux, lui dis-je alors ; le gâteau était fondant et délicieusement parfumé. Décidément, tu vas devenir une experte des goûters !! Cela m’arrivait aussi de prévoir quelque chose mais c’était elle le plous souvent qui prenait les devants et les initiatives, et cela me faisait beaucoup de bien de me reposer sur elle. Oh, je ne t’ai pas dit, Kelsey m’a rendu mon devoir de rattrapage (les professeurs avaient accepté de ne pas me sanctionner mais de me donner des devoirs supplémentaires pour rattraper mes notes et les cours que j’avais manqué) et elle en est très contente, elle a dit que j’avais très bien traité l’approche des sortilèges informulés et que c’était très intéressant. Ça valait le coup d’y passer autant de temps !

J’y avais passé des heures, jusqu’à tard le soir, et Apple m’avait souvent accompagné et motivé. Je lui souris mais tout d’un coup je me fis la réflexion qu’elle avait son petit air malicieux, plus qu’à l’habitude, et que ses joues étaient rosies par un sentiment qui semblait l’animer et faisait briller ses yeux.

- Qu’est ce que tu mijotes encore ? demandai-je avec un petit sourire, habitué à ses idées farfelues.

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‖▹
SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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MessageSujet: Re: "Wonderful World." [S.]   Ven 24 Mar - 23:22

Du bout des doigts, je frôlai la fleur dans mes cheveux, souriant tranquillement. La main de Scott avait frôlé mon oreille quand il l’avait glissé là, et c’était agréable comme contact, comme une petite caresse délicate. J’aimais toujours beaucoup avoir des contacts physiques avec Scott. C’était sûrement parce qu’il était si introverti, un peu gauche comme un pingouin, et que je sentais bien que ce n’était pas dans sa nature, du coup, ça me touchait beaucoup quand il faisait des efforts de ce côté-là avec moi. J’avais toujours été très tactile, au grand désespoir de Serghei qui me comparait gentiment à un koala, ou un peu moins gentiment à une sangsue. Quand Scott avait été très déprimé, je n’avais qu’une envie, lui faire des câlins, ce genre de choses qui me venaient naturellement mais paraissaient bizarres avec lui. Mais finalement, il avait un peu accepté, et il ne se figeait pas quand je lui tenais le bras ou lui faisais des bisous sur la joue pour lui dire au revoir. Peut-être que ça aurait dû rester un peu bizarre, au fond, j’avais l’impression que ce n’était pas toujours normal d’avoir ce genre de relation, surtout avec des garçons. Certaines de mes copines ne disaient rien, parce qu’elles faisaient toujours attention en ma présence à ne pas me froisser, mais plusieurs fois j’avais senti des regards un peu entendus quand je disais que j’allais rejoindre Scott, comme s’il y avait plus… Je ne me posais jamais la question, pourtant. Ni Scott ni moi n’étions dans cet optique, on le voyait bien, et à vrai dire je ne m’étais même pas questionné sous les possibles doubles sens avant de sentir le regard insistant de ma voisine de dortoir Penelope. Ça ne changeait rien pourtant, j’avais continué ma vie, mais un peu ennuyée, parce que je ne comprenais pourquoi chaque amitié fille garçon devait toujours être étiquetée de la sorte. Quand Scott était avec Haley, personne n’avait l’air de se poser la question, pourquoi tout à coup son célibat devait rendre notre amitié différente ? C’était stupide.

De toute façon, je n’avais pas envie qu’on juge, qu’on se questionne sur ma relation avec Scott – ni avec qui que ce soit, à vrai dire. Avec lui, c’était un peu à part, et c’était ce que je préférais. Je ne me sentais même pas vraiment moi, quand j’étais avec lui. Ou peut-être que c’était l’inverse, je me sentais plus moi que jamais. Je ne savais pas trop. En ce moment, je ne savais pas qui j’étais. Au début, ça m’avait inquiété, mais maintenant j’avais décidé de l’accepter et que les choses évoluent d’elles-mêmes.

En voyant Scott aller si sérieusement se faire suivre par Miss Bosworth, je m’étais sentie un peu bête d’avoir refusé sur le coup, lors de la mort de Maman. Je voyais que ça avait l’air de faire de bien. Peut-être qu’elle aurait pu m’orienter, peut-être que si elle m’avait encadrée, je ne me sentirais pas si étrangère à moi-même à présent. Mais c’était un peu tard, et à présent, je n’osais plus. J’avais l’impression que c’était faire un pas en arrière que d’aller la voir. Je l’avais fait une fois, mais pour toute autre chose, à vrai dire. Pour lui demander comment faire pour aider Scott, maintenant que c’était officiel, il était… dépressif. Ça me paraissait un mot très adulte… Je ne savais pas comment le prendre, comment m’y prendre aussi. Heureusement Miss Bosworth avait été très gentille et de bon conseil sur le sujet. J’avais fini par comprendre que je ne pouvais rien faire, à part être là, et offrir un espace à Scott pour qu’il puisse se confier au besoin. Parfois, je me sentais toujours maladroite et un peu bête, et je parlais dans ma tête à Maman pour imaginer ce qu’elle m’aurait conseillé elle. Elle me répondait toujours la même chose : beaucoup d’affection et de sucre.

Je regardai Scott manger une part du gâteau. Il était bourré de sucre et fait avec plein d’amour, c’était parfait, non ?


- Il est délichieux. Décidément, tu vas devenir une experte des goûters !! Je me mis à rigoler un peu bêtement, en lui faisant un grand sourire. La reine du goûter ! C’était génial, ça ![/i] Oh, je ne t’ai pas dit, Kelsey m’a rendu mon devoir de rattrapage et elle en est très contente, elle a dit que j’avais très bien traité l’approche des sortilèges informulés et que c’était très intéressant. Ça valait le coup d’y passer autant de temps !
- Oh, félicitations ! C’était sûr ! Je suis contente pour toi, au moins ton dossier de petit génie va rester intact, et puis comme ça c’est sûr, le Ministère va t’embaucher et tu pourras sauver le monde !


J’avalai une nouvelle bouchée de gâteau en souriant, sentant qu’au fond de moi quelque chose se compressait un peu. En réalité, le départ imminent de Scott et la perspective du métier risqué d’Auror m’angoissaient énormément, mais j’essayais de ne pas trop y penser. Parfois, j’en faisais des rêves un peu noirs, proches des cauchemars, qui n’avaient ni début ni fin, mais l’impression tenace de détresse et d’abandon.

Mais je ne voulais pas songer à ça, pas maintenant. L’air était frais et tout doux, la nature rugissait tout autour de nous dans un murmure chantant. On était si bien, que je voulais que le temps s’arrête. C’était à la fois délicat et très fort, vivant et ralenti, je n’étais pas sûr de pouvoir le décrire... Mais c’était un peu intemporel. Je songeai au cadeau qui attentait Scott, à l’étrangeté de notre amitié, à la vie qui déroulait son fil et ne paraissait plus si emmêlée, tout à coup.


- Qu’est ce que tu mijotes encore ?

Je me mis à ricaner, en haussant les épaules, faussement innocente.

- Riiiiiieeeen, répliquai-je d’un ton malicieux. Je posai ma part de gâteau, et attrapai les verres et la bouteille en verre dans lequel se trouvait le milshake. Je nous servis, et en tendis un à Scott, tandis que le mien reposait en un équilibre précaire sur la nappe, manquant de se renverser. Je pense qu’on devrait porter un toast d’abord ! Mes genoux repliés sous mes fesses, je me penchai en avant vers Scott, pour que nos verres se touchent – cling ! A ton devoir de métamorphose, mais surtout à tous tes efforts en ce moment pour aller mieux, et puis tes bonnes notes, et… Et la fin de tes études, et ta nouvelle vie bientôt et puis, euh, tout ça quoi ! Lançai-je joyeusement.

Je bus une gorgée de milkshake. Il était délicieux, frais et j’adorais la vanille. Je reposai le verre, et attirai mon sac vers moi pour en sortir le cadeau, emballé dans un paquet flashy, avec un énorme nœud bleu fluo. Je le tendis à Scott.


- Je sais que je suis un peu en avance pour la fin de l’année, mais j’avais pas envie d’attendre, expliquai-je. Et puis je pense que tu le mérites maintenant !

Cela fait plus de deux semaines que je manigançais dans mon coin, avec l’aide occasionnel de Ruby et de l’équipe du journal qui avait des archives pour m’aider. L’idée m’était venue un soir où j’étais un peu triste, et que je songeai à Maman et nos après-midis de travaux manuels que j’adorais. Je m’étais alors rappelée de l’une des activités favorites de Maman : le scrapbooking. Puis, comme d’habitude, l’idée avait germé d’un coup, et c’était devenu une véritable obsession.

J’avais dû calmer mes ardeurs pour que ça corresponde à Scott, bien sûr. Si j’adorais le scrapbooking, et que Maman avait été la meilleure prof, il n’y avait rien de mieux que le scrapbooking sorcier ; les décorations bougeaient, faisaient de la musique, les photos étaient animées, on pouvait faire pleins d’effets, bref, c’était juste génial. La première page montrait une photo de la promotion de Scott en première année, j’avais entouré sa tête, et agrandie avec un sortilège pour faire une seconde photo, un peu d’identité. Au fil des pages, j’avais récupéré un tas de photos, que j’avais essayé de classer de façon chronologique : son entrée au journal de l’école, la photo quand il avait été élu préfet, avec un dessin de son écusson, ses différents bals, des photos de soirées, de sorties de classe, bref, tout ce que j’avais pu récupérer. J’avais même une copie de son diplôme de BUSES que j’avais dû demander à ses sœurs – c’était Ruby qui m’avait conseillé de passer par elles, en m’expliquant qu’il devait y avoir une copie dans les papiers de sa famille. J’avais complété les pages avec des infos sur chaque événement, sur les gens, en mettant des flèches avec des prénoms, des dates, ce genre de choses. J’avais hésité à inclure certaines personnes – Stephen et Haley, surtout – mais je m’étais dit que plus tard, Scott aurait été content de voir que ça rendait vraiment justice à ses années à Poudlard. Alors j’avais même quelques photos, en essayant de pas trop qu’elles soient en avant, pour pas le mettre trop mal à l’aise. J’espérais que ça allait pas trop le gêner.

Dans les dernières pages, il y avait des photos de nous deux, avec Freja parfois, que j’avais pris en douce ou en justifiant de vouloir des souvenirs. J’avais eu peur, tout à coup, que Scott n’ait aucune trace de nous à Poudlard, et j’étais rassurée de savoir que même si un jour on se perdait de vu, il pourrait se rappeler par cet album qu’on avait été amis.

La couverture était bleue et en velours, et de jolies lettres de toutes les couleurs formaient la phrase « Souvenirs de Poudlard ». Quand on l’ouvrait, des paillettes en forme d’étoiles jaillissaient, avec une musique un peu sensationnelle qui sembla surprendre Scott. Heureusement, la musique se transformait rapidement en morceau de piano un peu plus calme, à son image.


- Je n’étais pas sûre de quoi mettre, j’espère que ça ira, dis-je, à moitié craintive et excitée, alors que Scott commençait à peine à le feuilleter et que j’avais le cœur qui tambourinait. Freja était revenue s’installer sur mes genoux, je lui donnai une goutte du milkshake du bout des doigts, la caressant en même temps pour me rassurer un peu.

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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: "Wonderful World." [S.]   Jeu 30 Mar - 16:43

- Oh, félicitations ! C’était sûr ! Je suis contente pour toi, au moins ton dossier de petit génie va rester intact, et puis comme ça c’est sûr, le Ministère va t’embaucher et tu pourras sauver le monde !

Je souris pour lui répondre, tout en sentant en moi ce qui peinait à s’éveiller à nouveau frémir un peu. La perspective de l’année prochaine me semblait à la fois si lointaine – encore fallait-il que je renaisse de mes cendres, que je rattrape mes notes, que je passe mes examens avec de bonnes notes – et bien trop proche – le temps pressait, il restait quelques mois pour tout faire, le temps passait trop vite. Poudlard, qui était devenu mon calvaire, m’apparaissait sous un jour nouveau ; le château et ses habitants m’étaient doux et agréables, c’était l’endroit parfait pour se remettre dans le bain après une trop longue sieste. Moi qui mourrais d’envie, quelques mois auparavant, de finir mes études et de quitter le château pour me lancer la vie active et rejoindre Haley, voilà que tout d’un coup je vacillais sur mes fondations… Partir, maintenant, pour quoi ? Pour qui ? J’avais bien plus peur que je n’avais pu l’admettre, et je n’étais plus aussi pressé. Mes projections et mes projets s’étaient effondrés avec moi, et je me retrouvais les bras ballants, incertain du chemin à prendre. Je savais que rester ici équivalait à rester à l’abri et que c’aurait été ne pas aller de l’avant, mais j’en avais bien trop envie, surtout maintenant, alors que je n’étais pas encore assez remis et sûr de moi. J’avais beaucoup parlé avec Rose Bosworth de mes craintes d’avenir et des questions que je me posais sur mon métier et mon apprentissage, et si cela m’avait fait du bien de mettre des mots sur les choses qui m’angoissaient, je n’étais pas vraiment plus décidé et rassuré pour autant.

Apple et moi parlions parfois de ce que nous voulions faire plus tard, mais nous restions toujours un peu évasifs, comme si d’un commun accord nous ne voulions ni l’un ni l’autre trop nous projeter d’avantage. Cela me faisait de la peine également de me dire que je ne la verrais plus aussi souvent, car cela nous avait pris du temps mais je m’étais tant habitué à sa présence et à son enthousiasme bondissant que je ne voyais plus trop faire comment sans elle, dans ma vie de tous les jours.

- Riiiiiieeeen. Comme elle nous servait, je tins son verre du bout des doigts pour qu’il ne tombe pas, car elle l’avait posé n’importe comment. Je pense qu’on devrait porter un toast d’abord ! A ton devoir de métamorphose, mais surtout à tous tes efforts en ce moment pour aller mieux, et puis tes bonnes notes, et… Et la fin de tes études, et ta nouvelle vie bientôt et puis, euh, tout ça quoi !

Nous trinquâmes – tout ça. Justement, tout cela me faisait bien peur. Mais il fallait que je profite de la nouvelle vigueur qui m’animait, sans quoi j’allais retomber au fond du trou que je m’étais creusé.

- On a encore un peu le temps avant tout ça,
répondis-je, pour elle comme pour moi.

De toute façon, heureusement, j’étais intrigué par l’excitation qu’elle avait de plus en plus de mal à masquer :


- Je sais que je suis un peu en avance pour la fin de l’année, mais j’avais pas envie d’attendre. Et puis je pense que tu le mérites maintenant !

À ces mots, elle sortit un énorme paquet aux couleurs vives et me le colla dans les bras ; je déposai mon verre de milshake et regardai alternativement Apple et le cadeau avec des grands yeux écarquillés. Le mériter ? Moi ? Mais en quel honneur ? Je voulus protester, mais devant sa gaieté si facilement communicative, j’entrepris d’ouvrir le paquet. C’était un gros carnet, à la couverture d’un bleu sombre et douce, j’y passai mes doigts un instant avant de l’ouvrir. Il y avait écrit « Souvenirs de Poudlard » et je compris qu’Apple avait tout fait elle-même ; je sentis mon cœur faire un petit bond dans sa poitrine.

Lorsqu’on l’ouvrait, des paillettes surgissaient du carnet et de la musique s’élevait – elle nous fit rire tous les deux. Je me mis à le feuilleter ; il était plein de photos de toutes mes années à Poudlard, des évènements marquants, de mes classes, de mes amis, etc. C’était drôle de les voir défiler ainsi sous mes yeux, décorées un peu partout par Apple, comme si toutes ces années apparaissaient en film sous mes yeux. Il y avait évidemment des photos avec Taylord, Haley, Stephen, mais bizarrement de les voir ne me sapa pas le moral – ils étaient une partie de ma vie, qu’ils le veuillent ou non. Il y avait Ophelia aussi, qui en une année avait grandi d’un seul coup, Lilian, mes amis de dortoir, et puis il  y avait Apple vers la fin, et nous nous mîmes à rire ensemble des photos : une au bal, avec son déguisement en carton, une autre dehors lors d’un grand goûter d’école, et tout cela nous rappelait des souvenirs. Je terminais de tourner les pages trop tôt à mon goût, et revint en arrière, ne sachant pas quoi faire, quoi dire. J’étais beaucoup trop touché et trop ému pour trouver les mots.


- Je n’étais pas sûre de quoi mettre, j’espère que ça ira.

- C’est vraiment joli, c’est une très bonne idée, murmurai-je, toujours sans lever les yeux.

J’étais à la page d’une photo de classe de quatrième année, le début des difficultés, et me voir ainsi me donnait l’impression étrange de regarder quelqu’un de familier mais de différent de moi.

Miss Bosworth m’avait expliqué que ce n’était pas grave de se laisser aller à ses émotions parfois, que les gens n’étaient pas sensés moins nous aimer, et qu’il valait mieux parfois leur montrait ce que l’on pensait plutôt que de le garder et de le laisser pourrir en nous. Je comprenais évidemment l’idée, mais j’avais toujours du mal quelque part, parce que se mettre à nu était toujours un risque. Mais Apple… J’avais confiance, en réalité je n’avais plus de problèmes avec elle, j’avais la nette impression que son intérêt et son affection étaient sincères, et si il me restait quelques doutes, ce cadeau les balayait d’un revers de main.


- Oh, Apple, c’est vraiment adorable, c’est un super cadeau, je ne sais pas comment te remercier, repris-je en la regardant cette fois, et en assumant cette fois totalement le fait que j’avais les larmes aux yeux et que j’avais du renifler avant de parler – elle aussi paraissait émue ce qui intensifia mes émotions et je sentis quelques petites larmes s’échapper, si  bien que je me mis à rire un peu nerveusement tout en m’essuyant le visage – mais après tout, je m’en fichais. Comment tu as fait pour récupérer tout ça ?! C’est génial, je le garderai toujours bien précieusement, je… (nouveau reniflement) Tout ça va me manquer en tout cas, mais grâce à ton cadeau je pourrais plus facilement me réconforter !

J’avais la gorge sèche et je bus de mon milshake – il restait frais, et il avait un bon goût vanillé – avant de poser délicatement mon carnet devant moi.

- Tu sais, je me suis rendu compte que tu vas vraiment me manquer quand je ne serai plus ici, c’est devenu une habitude de passer du temps avec toi maintenant ! Mais en tout cas, même si je ne sais pas ce que je fais l’année prochaine encore et ce que ça va donner… Je pourrais sûrement venir te voir le week-end à Pré-au-Lard, et puis on s’écrira des lettres, et… Enfin, si tu veux !

Je lui lançai un petit sourire un peu timide et repris de mon milkshake, me redressant un peu contre la pierre et étendant mes jambes pour être plus confortable.

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MessageSujet: Re: "Wonderful World." [S.]   Dim 2 Avr - 21:55

Il me fallait prendre sur moi pour ne rien dire, j’étais toujours si bavarde, surtout avec Scott, mais cette fois si ma bouche veillait à rester close tandis qu’il regardait l’album photo et que j’épiais la moindre de ses réactions. Ce n’était pas non plus un bloc de glace, mais Scott n’était pas très expressif – évidemment, à côté de moi qui portait mes émotions comme un énorme drapeau rouge planté sur mon crâne, n’importe qui n’avait pas l’air très émotif. Je ne savais pas trop d’où ça venait chez Scott, peut-être une forme de timidité, de gêne ?! Ou un besoin de contrôler l’image qu’il renvoyait ?! Mais j’étais contente, car plus nous trainions ensemble, plus jamais l’impression qu’il s’ouvrait… Ou peut-être qu’en fait c’était moi qui m’habituais et qui réussissais petit à petit à comprendre ces mimiques, je n’en savais rien. Mais ça me faisait plaisir, sans que je puisse vraiment l’expliquer à qui que ce soit. Alors c’était un plaisir tout doux comme un marshmallow que je gardais tout contre mon cœur, comme un petit secret rien qu’à moi. Toutes ses années, j’avais toujours été honnête, voire presque sans filtre, à toujours dire tout ce qui me passait par la tête… Bien qu’on puisse toujours lire sur mon visage comme un livre ouvert, à présent, les petites choses qui n’étaient qu’à moi restaient étrangement secrètes, comme si je n’avais plus envie de vraiment les partager. C’était bizarre, je ne savais pas trop quoi en penser, mais c’était devenu une habitude. J’avais l’impression de collectionner dans mon cœur des petits bouts de moments, des sentiments, et ils étaient trop fragiles pour que je les partage vraiment. Mais ils étaient jolis, comme les cristaux qu’on vendait dans les boutiques de souvenirs des musées. Petite, je plongeai toujours ma main dans ces bacs pour les toucher et admirer les fausses pierres qu’on vendait pour quelques livres, et quand Maman acceptait de m’en acheter, je les mettais dans ma boîte sous mon lit, comme un petit trésor. Peut-être que mon cœur était devenu comme cette boite métallique un peu rouillée.

- C’est vraiment joli, c’est une très bonne idée.

Les mots de Scott glissèrent contre ma peau, et je les attrapai du bout des doigts pour les ranger dans ma petite boîte à souvenirs. Je ne voulais jamais oublier ce moment-là ; le paquet cadeau coloré froissé sur la nappe en vichy, les couinements de Freja, les lèvres de Scott qui frémissaient, ses doigts qui caressaient la couverture, les dents contre ma lèvre inférieure que je mordillais nerveusement. C’était si parfait là. Je me mis à sourire, sentant que mon cœur se gonflait comme un joli ballon en hélium.

En regardant Scott, je réalisai qu’il avait les yeux humides, et mon cœur gonflé d’hélium s’envola dans le ciel. J’étais tellement contente que ça lui plaise, mais surtout qu’il me laisse le voir sans gêne, qu’il me montre qu’il était touché… Vraiment, ça n’avait pas de prix, et j’étais tellement heureuse tout à coup, parce que je lui avais fait plaisir, et je savais qu’en ce moment c’était difficile, il était un peu amorphe de tout, alors si ça avait pu vraiment lui faire ressentir quelque chose, oh, c’était vraiment chouette, non ?! En plus, au fond, je n’étais plus sûre d’être toujours une bonne amie, je ne savais plus trop ce que je valais, et c’était agréable de tout à coup sentir que ça avait été utile pour quelqu’un, ça me faisait du bien aussi… Je gratouillai Freja, qui bondissait sur mes cuisses. Depuis que Scott me l’avait offerte, j’avais aussi eu l’impression d’être utile pour quelqu’un, parce que j’avais des responsabilités, que je pouvais être autre chose que la fille maladroite et déprimée qui faisait un peu tout comme ça lui chantait, et de travers…


- Oh, Apple, c’est vraiment adorable, c’est un super cadeau, je ne sais pas comment te remercier. Comment tu as fait pour récupérer tout ça ?! C’est génial, je le garderai toujours bien précieusement, je… Tout ça va me manquer en tout cas, mais grâce à ton cadeau je pourrais plus facilement me réconforter !

C’était le clou du spectacle, je sentis quelque chose vibrer en moi, de voir Scott si ému, de l’être aussi, d’en rire quand même, et je lui fis un immense sourire, tellement sincère et tellement… Naturel que cela me fit un bien fou. Je tortillai une mèche de mes cheveux un peu nerveusement, forcément un peu bousculée par la soudaine émotion qui régnait, mais tellement contente en même temps.

- Je suis trop contente si tu l’aimes, ça me suffit comme remerciement ! M’exclamai-je en souriant toujours. Tu te souviens quand je t’ai demandé de me faire un tour du Daily ?! En fait je voulais aussi voir les archives, du coup j’ai pu récupérer des trucs, j’ai dû demander la permission aux autres mais ils étaient d’accord ! Ensuite j’ai demandé un peu d’aide à Ruby, elle a été très utile, c’est elle qui m’a conseillé d’envoyer une lettre à tes sœurs, les jumelles, pour récupérer quelques trucs aussi ! Mais après c’est moi qui ai tout fait pour le carnet en lui-même, précisai-je avec une pointe de fierté étrange dans la voix.

Ça m’avait pris beaucoup de temps, mais je m’étais appliquée. Quand j’avais une idée en tête, j’arrivais à m’y dévouer entièrement, mais je n’étais pas très patiente non plus, ce qui me faisait changer d’avis et d’activité très facilement. Heureusement cette fois-ci, je savais que ça valait vraiment le coup de m’appliquer. Je mordis un nouveau bout de ma part de gâteau, et mâchai tranquillement avant de boire une énorme gorgée de milkshake.


- Tu sais, je me suis rendu compte que tu vas vraiment me manquer quand je ne serai plus ici, c’est devenu une habitude de passer du temps avec toi maintenant ! Mais en tout cas, même si je ne sais pas ce que je fais l’année prochaine encore et ce que ça va donner… Je pourrais sûrement venir te voir le week-end à Pré-au-Lard, et puis on s’écrira des lettres, et… Enfin, si tu veux !

…Oh…

C’était comme une onde de choc, qui partait de la bouche de Scott, de ses mots, et ça venait jusqu’à moi, en plein dans ma poitrine, j’avais l’impression à nouveau qu’on me gonflait de partout, comme un ballon, mais cette fois-ci c’était un peu trop et j’éclatai : sans m’en rendre compte je venais de fondre en larmes.

Elles étaient lourdes et tièdes sur mes joues, des grosses larmes, et j’avais le cœur qui se roulait dans ma poitrine qui me pesait aussi, et Freja, sentant ma détresse, s’était mis à pousser des petits cris et à escalader mon bras pour se percher sur mon épaule, dans mon cou, pour s’y frotter, comme pour me câliner. Je reniflai bêtement et m’essuyai les yeux.


- C’est juste que… Tu vas tellement me manquer aussi, et parfois je me dis que si on est amis c’est parce que je te suis partout et je t’achète avec des cookies, j’eus un petit rire rouillé, et je reniflai à nouveau, mais que quand tu vas partir, ça sera plus du tout pareil, peut-être que… Peut-être qu’il allait m’oublier, pensai-je tristement. Alors ça me fait plaisir que tu dises ça, expliquai-je, sentant que je recommençai un peu à pleurer.

J’avais l’impression que tout était lourd en moi à l’idée que Scott allait partir, que ça allait finalement arriver… C’était si proche et si lointain, et j’étais encore coincée à Poudlard pour deux ans et… Je me sentais tellement seule ici, au fond, surtout si Scott partait. Il avait mis sa main sur mon épaule, sûrement un peu perdu, et je réalisai que j’avais posé la mienne dessus en retour, et que mes petits doigts s’enroulaient autour du dos de sa main, serrant fort.


- Au début, quand on s’est rencontré, je crois que je cherchais tout le temps ta compagnie parce que… Je sais pas, c’était nouveau, et puis tu faisais grand, tu faisais adulte et après la mort de Maman ça me manquait tellement, mais en fait plus je trainais avec toi plus je te trouvais vraiment trop chouette tout court et je me suis rendue compte que je t’aimais vraiment beaucoup et… Avec mes autres amis c’est toujours un peu bizarre mais avec toi je me sens bien, je me sens un peu moi-même et maintenant tu t’en vas et ça me rend tellement tr… tristeeeee, dis-je en explosant à nouveau en sanglot comme une petite fille, en enfouissant mon visage dans mes mains pour laisser libre cours à mes larmes qui se transformaient en un torrent que je ne pouvais plus arrêter et qui secouait mes petites épaules frêles sur lesquelles Freja couinait pour me rassurer.

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MessageSujet: Re: "Wonderful World." [S.]   Lun 3 Avr - 17:08

Je sentis tout mon corps se figer d’un coup, net, quand Apple fondit en larmes – tout de suite quelque chose en moi se pressa et se recroquevilla et se demanda ce que j’avais fait, à quel point j’avais été idiot pour provoquer cela chez elle… Les battements de mon cœur s’étaient accélérés, comme si ils savait pertinemment que j’étais fautif. Incapable de faire un mouvement, je louchai un peu trop longtemps dans mon verre de milkshake.

- C’est juste que… Tu vas tellement me manquer aussi, et parfois je me dis que si on est amis c’est parce que je te suis partout et je t’achète avec des cookies, mais que quand tu vas partir, ça sera plus du tout pareil, peut-être que… Alors ça me fait plaisir que tu dises ça.

… Oh.

Je m’efforçai de respirer ; l’air était frais et pur et sentait bon la nature, relevée de senteurs plus sucrées, celles de notre goûter. Miss Bosworth m’avait donné quelques techniques de relaxation et elles étaient toutes basées sur la respiration – forcément, l’oxygénation du cerveau apportait évidemment de la décontraction – et je les utilisais beaucoup, le soir quand je me couchais, ou bien en journée quand tout d’un coup tout me paraissait insurmontable, et que le désordre dans ma tête me faisait trop peur pour que j’y touche à nouveau. Alors, je respirais, et je finissais toujours par retrouver comme une espèce de raison ou de sens commun, j’arrivais à me motiver à nouveau et je me relançais dans ma tâche, même si elle m’apparaissait pour autant toujours aussi titanesque. Un, deux, trois, quatre – il fallait un rythme lent et profond, et bientôt je pus détacher mon regard de mon verre de milkshake. Bizarrement, l’image d’Haley s’était immiscée dans mon esprit – elle qui, d’entre tous, aurait le mieux compris et analysé cette micro crise de panique – mais je la chassai bien vite ; elle n’avait plus rien à faire ici. Apple était tout ce qui comptait : après ce cadeau qu’elle m’avait fait, qui me touchait réellement car il montrait toute son implication dans notre relation alors qu’une infime partie de moi en doutait toujours, voilà qu’elle me disait très clairement que j’allais lui manquer et que… Elle pensait m’acheter avec des cookies et me « suivre partout » ?! Ça alors… Comme quoi la vie réservait toujours bien des surprises ; j’avais peine à croire que ces mots sortent de sa bouche à elle, quand j’avais cru si longtemps n’être pour elle qu’une sorte de faire-valoir plus âgée et rassurant, sans pour autant compter comme un véritable ami. Je lui jetai un petit regard en coin, abasourdi mais surtout… flatté, tandis qu’elle essayait de ravaler ses larmes. Parfois, je me disais qu’Apple était bien plus que cette jeune fille maladroite, joviale et surexcitée, et cette constatation attisait ma curiosité d’une manière curieuse, que je ne savais pas trop définir. Elle m’intriguait – c’était certain. Et puis, il y avait autre chose. Comme un joli petit mystère qui la rendait particulièrement attachante.

Enfin, je finis par pouvoir esquisser un mouvement, et posai ma main et mon avant-bras sur ses épaules, pour lui montrer mon soutien, du mieux que je le pouvais.


- Au début, quand on s’est rencontré, je crois que je cherchais tout le temps ta compagnie parce que… Je sais pas, c’était nouveau, et puis tu faisais grand, tu faisais adulte et après la mort de Maman ça me manquait tellement, mais en fait plus je trainais avec toi plus je te trouvais vraiment trop chouette tout court et je me suis rendue compte que je t’aimais vraiment beaucoup et… Avec mes autres amis c’est toujours un peu bizarre mais avec toi je me sens bien, je me sens un peu moi-même et maintenant tu t’en vas et ça me rend tellement tr… tristeeeee.

Pour la deuxième fois, mon corps se contracta dans un mouvement de panique – les sanglots d’Apple étaient encore plus forts et tout ce qu’elle venait de dire faisait battre mon cœur encore plus vite – mais mon cerveau faisait malgré tout le tri dans les informations et s’il comprenait une chose c’était la sincérité et l’ampleur de ses aveux, qui une fois de plus me parurent délicieusement tièdes et doux. Sans réfléchir, et d’une manière qui ne me ressemblait pourtant pas, je l’entourai cette fois de mes deux bras et la pris contre moi tandis qu’elle cachait son visage pour pleurer. J’avais l’impression d’être bien maladroit dans mes gestes, mais je ne voyais pas de meilleure alternative possible.

Nous restâmes là quelques secondes ou quelques minutes, sans rien dire, juste l’un contre l’autre tandis qu’Apple pleurait et que j’essayais de la bercer pour la rassurer ; tandis que Freja s’excitait dans tous les sens autour de sa maîtresse. Finalement, je finis par retrouver l’usage de ma voix, après m’être raclé la gorge :


- Ne pleure pas comme ça, ça me rend triste aussi, moi non plus je ne veux pas te quitter… murmurai-je. Autour de nous, le parc resplendissait et explosait sous cet air frais et printanier. Comme toujours, le paysage était magnifique, et je me fis la réflexion qu’il me manquerait également, et que plus jamais je ne retrouverais cet endroit. C’est drôle, j’ai toujours cru aussi qu’au début je ne t’intéressais pas beaucoup, je pensais que tu ne faisais pas plus attention que ça à moi, que… Que j’étais transparent, comme d’habitude, voulus-je ajouter, mais Miss Bosworth m’avait bien expliqué l’importance d’être aimable avec soi-même, et je fis bien attention à ne pas le dire à haute voix, pour me ménager.

Après avoir passé ma ma main plusieurs fois dans son dos, je sentis qu’elle se calmait un tout petit peu. C’était étrange ; il y avait tant de choses que j’aurais aimé dire à Apple, d’ailleurs j’en avais écrites beaucoup, mais je ne trouvais jamais les mots ou l’instant pour lui dire. C’était comme si énoncer tout ça était trop effrayant ou important ; au sujet de sa mère, de sa famille, de comment j’avais envie qu’elle trouve son bonheur, sa place, du rôle qu’elle avait joué pour moi lorsque j’allais mal, etc. Peut-être qu’un jour j’allais en être capable, mais en attendant, tout cela se traduisait par une immense tendresse à son égard.


- C’est promis promis, bien sûr qu’on va rester en contact ! On ne pourra peut-être pas goûter tous les jours ensemble mais je compte bien essayer de te voir tous les week-end, on ne sera pas si loin ! Et les lettres, c’est pratique, et puis j’aime bien écrire. Je suis sûre que tu t’en donneras à cœur joie dans le papier à lettre et les encres de couleur ! Je lui fis un petit sourire, en espérant qu’elle sourirait en retour. Je me sens très bien avec toi aussi, c’est drôle d’ailleurs, ça s’est fait un peu tout seul ! Tu es devenue ma meilleure amie, tu sais, et tu me connais je suis fidèle, alors il n’y a pas de raison pour que je t’oublie, tu peux me faire confiance.

J’étais plus sérieux que jamais – et elle le voyait, n’est-ce pas ? J’avais été moi-même trop blessé et trop touché par ce genre de paroles et de promesses non tenues pour les dire et ne pas les tenir. C’était la vérité ; aujourd’hui Apple était la personne avec qui je préférais passer du temps, la plus disponible pour moi, la plus intéressée par moi aussi et c’était bien réciproque, c’était elle qui m’intéressait plus que les autres, et je voulais absolument qu’elle sache que cette relation ne cesserait pas parce que j’allais quitter Poudlard – je n’étais pas celui qui quittait les gens, loin de là.

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MessageSujet: Re: "Wonderful World." [S.]   Mar 4 Avr - 22:31

Heureusement Scott s’était finalement penché vers moi pour me prendre dans ses grands bras, et, comme une poupée de chiffon, mon corps se laissa faire tandis que mes larmes coulaient toujours. La délicatesse de ses gestes me touchait toujours, tout comme la chaleur que dégageait sa présence quand je me retrouvais contre lui. Il était grand, immense même, avec des grandes mains aussi, et quand elles s’ouvraient dans mon dos pour le caresser je pouvais sentir ses longs doigts comme des pétales. Il avait l’air maladroit, quand il avait ces gestes, comme s’il ne savait pas comment s’y prendre, alors que ces gestes étaient toujours agréables et me réconfortaient à chaque fois. Je continuai de pleurer pourtant, malgré moi, alors que j’essayai de me résonner, de me dire qu’il était là, qu’il n’était pas encore parti, et qu’il m’avait bien dit qu’il ne voulait pas qu’on s’oublie. Mais c’était plus fort que moi, tout à coup j’étais comme terrorisée par la suite beaucoup trop incertaine à mon goût. Les choses pouvaient changer si vite, je l’avais appris à mon dépends, et parfois de manière terrible. J’eus une pensée pour Coop, pour Maman, et les larmes redoublèrent malgré moi. Heureusement, je sentais Freja contre moi, les gestes tout doux de Scott, l’odeur du gâteau et le soleil qui nous entourait dans son petit cocon tiède, et toutes ces choses tangibles me suffisaient à m’accrocher et petit à petit, retrouver mes sens. Scott ne disait toujours rien, mais au lieu de m’inquiéter, son silence me rassura aussi – je réalisai que j’avais besoin de temps, comme une petite pause, et si habituellement le vide au milieu d’une conversation m’inquiétait, avec Scott je me sentais rassurée. Je n’avais pas besoin de prétendre, de parler, d’en dire plus quand le cœur n’y était pas. Finalement, j’entendis Scott se racler, et je me sentis sourire, la tête toujours contre son torse.

- Ne pleure pas comme ça, ça me rend triste aussi, moi non plus je ne veux pas te quitter… C’est drôle, j’ai toujours cru aussi qu’au début je ne t’intéressais pas beaucoup, je pensais que tu ne faisais pas plus attention que ça à moi, que…

J’hochai ma tête de gauche à droite pour balayer ce que Scott aurait pu ajouter et que je devinais – c’était faux et je ne voulais pas l’entendre dire du mal de lui-même. Du revers de la main, j’essuyai mon nez et mes joues, puisque Scott m’avait demandé de ne plus pleurer, je ne voulais pas le rendre triste. Cependant, j’étais encore bien incapable de me détacher de lui, et je sentis que sans m’en rendre vraiment compte, ma main s’était étendue sur son torse, je pouvais sentir le tissu de sa chemise, et c’était agréable. Mes paupières se fermèrent un instant à nouveau, j’inspirai et j’expirai calmement pour reprendre le contrôle de ma respiration, tandis que Freja s’était installée sur mes cuisses et roulait dessus pour me remonter le moral. Finalement, j’inspirai un grand coup et m’écartai un peu de Scott, tout en veillant à garder mon épaule contre la sienne, et ma main tout proche de son bras, comme s’il était une bouée à laquelle je voulais pouvoir m’accrocher à tout instant.

- C’est promis promis, bien sûr qu’on va rester en contact ! On ne pourra peut-être pas goûter tous les jours ensemble mais je compte bien essayer de te voir tous les week-ends, on ne sera pas si loin ! Et les lettres, c’est pratique, et puis j’aime bien écrire. Je suis sûre que tu t’en donneras à cœur joie dans le papier à lettre et les encres de couleur !

J’hochai la tête en me sentant sourire malgré mes yeux encore un peu embués. Oh, ça c’était sûr, il n’était pas au bout de ses peines !

- Tu crois qu’on peut envoyer des cookies et du milkshake par hibou ? Demandai-je, à moitié sérieuse.

En tout cas, une chose était sûre, je n’allais pas manquer de créativité dans mes lettres, et en un sens, cela me motivait presque, ça allait être une façon différente de communiquer… J’étais habituée, avec Serghei et nos petits calepins à fenêtres interposées. Mais j’avais peur de ne pas être moi-même par écrit par fois, et par extension, que Scott m’apprécie moins…


- Je me sens très bien avec toi aussi, c’est drôle d’ailleurs, ça s’est fait un peu tout seul ! Tu es devenue ma meilleure amie, tu sais, et tu me connais je suis fidèle, alors il n’y a pas de raison pour que je t’oublie, tu peux me faire confiance.

A nouveau, une onde étrange se propagea dans mon cœur. Sous mes cils, je lançai un regard à Scott, étonnée de la simplicité avec laquelle il venait de prononcer ces quelques mots qui à présent valsaient jusqu’à mon cœur. Je les attrapai du bout des doigts, délicatement, pour ne pas les froisser, et les enfermai dans mon cœur en souriant. Sa meilleure amie ?! Oh, ça alors…

Mais en même temps, je sentis que mon cœur se pelotonnait dans ma poitrine, l’ombre de Serghei planant. Avant, il aurait sûrement été tellement jaloux d’entendre une telle phrase, mais avant, je lui aurais affirmé qu’il n’avait rien à craindre. A présent, tout était différent, oh bien sûr que je l’aimais toujours aussi tendrement, nous étions les deux côtés d’une même pièce, mais notre relation ressemblait à une jolie boîte vide. Je ne savais pas ce qui s’était réellement passé, lui non plus, j’étais persuadée de son affection pour moi, et j’espérais qu’il sache toujours que je l’aimais. Mais quand Scott m’avait appelé sa meilleure amie quelques secondes plus tôt… Tout mon cœur avait répondu oui, toi aussi, sans même que j’ai le temps de réfléchir. Je ne savais pas trop ce que ce terme englobait finalement, je ne savais pas si ça demandait une exclusivité, si on pouvait n’avoir qu’un meilleur ami, mais je ne savais une chose : j’adorais Scott, profondément, plus que je n’avais prévu, et j’avais tout le temps envie de passer du temps avec lui. J’étais heureuse quand il était là, et encore plus quand je sentais qu’il était heureux, surtout en ce moment…


- Toi aussi tu es mon meilleur ami, dis-je alors le plus simplement du monde. Les mots étaient tout doux entre mes lèvres qui souriaient. Je te fais confiance, et je sais que… Qu’avec tout ce qui t’es arrivé tu as du mal à vraiment faire confiance aux gens, mais j’espère qu’avec le temps tu verras que je suis fidèle aussi !

Je lui fis un sourire encourageant. Comme je me sentais un peu mieux, j’attrapai mon verre de milkshake – c’était un miracle qu’il ne se soit pas encore renversé avec toute mon agitation – et bus une grande gorgée.


- En plus… Je sais qu’avec mes amis, c’est un peu compliqué, ça doit pas renvoyer une très bonne image de mes amitiés… Je méditai un instant, avant de reprendre. Mais tu vois, avec Serghei, c’est pas que je l’aimais plus, d'ailleurs je l'adore toujours… Je t’ai jamais raconté je crois, mais l’été avant que Maman meurt, Serghei m’a dit qu’il était amoureux de moi. Sauf que ce n’était pas réciproque, du coup, je me suis éloignée de lui, c’était trop bizarre, je ne voulais pas lui faire de peine, tu vois ? Heureusement maintenant il est avec Alec donc je suis sûre qu’il n’a plus de sentiments​ pour moi, mais bon. Puis ensuite il y a eu Maman, tout ça…

Ma voix se perdit un peu dans ma gorge. Je jetai un coup d’œil à Scott. Il me regardait, avec ses grands yeux bleus qui ressemblaient au ciel d’été. J’avais toujours l’impression qu’ils étaient mélancoliques, mais une jolie mélancolie, comme celle dans laquelle on se prélasse quand on est fatigué de toujours rire. Et puis tout au fond, il y a avait une lueur qui brillait, un peu lunaire, qui était beaucoup plus joyeuse, comme la lumière au fond du tunnel. Ça représentait bien Scott, au fond. Comme il me regardait, je fronçai légèrement les sourcils, et j’eus l’impression de l’entendre me poser des questions sur Maman. Pourtant, ses lèvres étaient toujours closes.

- Est-ce que ça t’arrive parfois de… Hm, je ne sais pas comment dire. Tout à coup je me sentais bête et trop petite pour m’exprimer. Comme si pendant un instant tu oubliais que quelque chose te rendait malheureux, et pendant quelques minutes, quelques heures, tu n’y penses plus, et tout à coup la réalité te rattrape et tu… Ma voix s’éteignit. Je n’arrivai pas à faire sens de mes sentiments. J’ai souvent ça avec Maman. Ce n’est pas que j’oublie, mais parfois, je suis concentrée sur autre chose et quand je comprends à nouveau, tout redevient insupportable. J’ai l’impression que je ne m’y habituerais jamais. En plus je ne sais même pas comment faire, je ne sais pas si c’est possible de s’en remettre un jour ?... Tu crois que c’est possible de vraiment faire son deuil ? Demandai-je tristement. Mon chez moi me manque, mais je me rends compte que c’est Maman, pas un endroit précis, alors je ne le retrouverai jamais, et ça me rend triste, en plus ça m’épuise. C’est un peu comme si j’étais tout le temps déracinée, conclus-je en haussant les épaules. J’avais ramené mes genoux vers moi et je les avais entourés de mes bras, posant mon menton dessus et admirant le paysage. Désolée, ce n’est pas très joyeux, et en plus je ne suis pas très douée avec les mots. J’espérais simplement que Scott comprendrait – j’avais la certitude que nous étions lié à présent, et qu’il existait un langage silencieux que nous pouvions déchiffrer si nous écoutions à cœur ouvert.

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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: "Wonderful World." [S.]   Mar 11 Avr - 21:43

Je n'avais jamais fait particulièrement fait attention à l'odeur d'Apple — non, c'était faux. J'y avais fait attention, les odeurs, les sons, les détails, le cerveau les enregistre forcément quand on connaît une personne, quand on passe du temps avec elle. Et mon cerveau était suffisamment observateur et méthodique pour laisser ce genre de métadonnées de côté. Apple sentait bon, une odeur fraîche et sucrée, légère, comme un courant d'air. Mais en la serrant contre moi tout d'un coup, de cette manière qui nous avait probablement autant surpris l'un que l'autre, je pouvais la respirer de façon beaucoup plus appuyée, plus intime aussi, et j'avais tout d'un coup l'impression de la découvrir... Ou bien peut-être l'avais-je à moitié oublié, pendant toute cette période d'absence, d'hibernation ? Ces derniers temps, ce genre de question me laissait dans le doute, car je ne savais pas si c'était le désordre de mon cerveau qui était en cause, ou simplement un manque d'attention. Mais les cheveux d'Apple me chatouillaient les narines et je sentais très nettement une odeur fraîche et chaude, amplifiée par le soleil de cette journée, une odeur sucrée comme un bonbon à la crème, et un parfum indéfinissable : c'était étrange, elle pouvait être tout à la fois. Une brise marine ? L'herbe au printemps ? Les papiers d'un livre neuf ? Ou le sorbet à l'orange que l'on suce les journées trop chaudes d'été.. Oui, c'était cela : l'odeur d'un souvenir d'enfance, et plus précisément d'un souvenir très heureux.

- Toi aussi tu es mon meilleur ami, dit-elle après quelques instants. Je la regardais en souriant, toujours un peu gêné. Je te fais confiance, et je sais que… Qu’avec tout ce qui t’es arrivé tu as du mal à vraiment faire confiance aux gens, mais j’espère qu’avec le temps tu verras que je suis fidèle aussi !

J'hochai la tête, sans rien ajouter. Quelque part, j'étais heureux qu'elle comprenne très clairement ce que je pensais, ce que je ressentais — elle avait été suffisamment de fois témoin de mes problèmes avec les autres, et j'étais soulagé de ne pas avoir à me justifier à ce sujet. J'étais évidemment très touché qu'elle me retourne la chose, mais... Et je sentis mon coeur puis, à sa suite, tout l'intérieur de mon corps se recroqueviller sur eux-mêmes, comme si quelque chose s'effondrait, comme si tout d'un coup c'était vide à l'intérieur de moi et que j'étais lentement précipité du bord d'une falaise. C'était ainsi — le vide, le rien, la torpeur. J'en avais émergé, bien sûr, mais cela n'était jamais loin. Je sentis mes yeux se baisser, et tout mon être faiblir. Oh, je ne la croyais pas — pas complètement. Je n'y arrivais pas. Et pourtant j'en avais envie ; je voulais croire qu'elle pensait aussi que j'étais son petit rayon de soleil, que je la rendais heureuse et à l'aise, que j'avais envie de passer du temps avec elle juste pour passer le temps, parce que c'est ce que les amis font... Je voulais croire qu'elle sentait les mêmes choses que moi, pour de bon et pour de vrai. Mais je n'en étais pas encore capable.

- En plus… Je sais qu’avec mes amis, c’est un peu compliqué, ça doit pas renvoyer une très bonne image de mes amitiés… Et pourtant elle n'avait rien à m'envier... Mais tu vois, avec Serghei, c’est pas que je l’aimais plus, d'ailleurs je l'adore toujours… Je t’ai jamais raconté je crois, mais l’été avant que Maman meurt, Serghei m’a dit qu’il était amoureux de moi. ... Je ne voulais pas être impoli, mais mes yeux s'agrandirent sous la stupeur, malgré moi. Sauf que ce n’était pas réciproque, du coup, je me suis éloignée de lui, c’était trop bizarre, je ne voulais pas lui faire de peine, tu vois ? Heureusement maintenant il est avec Alec donc je suis sûre qu’il n’a plus de sentiments​ pour moi, mais bon. Puis ensuite il y a eu Maman, tout ça…

J'avalais une (trop) grande gorgée de mon milshake et dut attendre qu'elle se soit écoulée entièrement pour pouvoir réagir. C'en était beaucoup à entendre d'un coup, et je sentis que mes pensées pleine de nuages s'éloignaient un moment, tant mieux, pour me laisser le champ libre et réagir à ce que venait de me dire Apple. Je sentais que sa voix n'était pas très assurée — elle évoquait sa mère et le sujet était encore douloureux, bien qu'elle n'en parle presque pas.

- Ça alors, je n'aurais jamais pensé, mais du coup, tu lui as expliqué pourquoi tu t'es éloignée, ou ça s'est fait naturellement ? Mais... Si il était amoureux de toi... Et maintenant... Il est avec Alec, c'est ça ? tentai-je de maladroitement résumer, un peu perdu.

- Est-ce que ça t’arrive parfois de… Hm, je ne sais pas comment dire. Comme si pendant un instant tu oubliais que quelque chose te rendait malheureux, et pendant quelques minutes, quelques heures, tu n’y penses plus, et tout à coup la réalité te rattrape et tu… J’ai souvent ça avec Maman. Ce n’est pas que j’oublie, mais parfois, je suis concentrée sur autre chose et quand je comprends à nouveau, tout redevient insupportable. J’ai l’impression que je ne m’y habituerais jamais. En plus je ne sais même pas comment faire, je ne sais pas si c’est possible de s’en remettre un jour ?... Tu crois que c’est possible de vraiment faire son deuil ? Mon chez moi me manque, mais je me rends compte que c’est Maman, pas un endroit précis, alors je ne le retrouverai jamais, et ça me rend triste, en plus ça m’épuise. C’est un peu comme si j’étais tout le temps déracinée. Désolée, ce n’est pas très joyeux, et en plus je ne suis pas très douée avec les mots.

J'avais commencé par hocher la tête — bien sûr, bien sûr qu'il m'arrivait d'oublier une seconde, surtout maintenant, tandis que je luttais, mais quand tout d'un coup la réalité me rattrapait je sentais toute l'énergie quitter mon être, comme si j'avais été un pantin. En vérité je sentais cette sensation depuis quelques années, et je repensai à ce que m'avait dit Rose Bosworth, que si j'avais fait une dépression sérieuse récemment, il n'était pas impossible qu'elle soit latente depuis plus longtemps, quelque part et à moindre échelle, mais là tout de même. Cela ne m'avait pas paru dénué de sens, et je me souvenais avoir particulièrement pleuré après cette séance, lorsque j'étais retourné dans mon dortoir. J'avais tout d'un coup l'impression d'avoir été laissé seul depuis l'enfance, de n'exister que via une toute petite fenêtre pour mes parents et le reste de ma famille, alors que je grandissais jour après jour sans forcément tout comprendre, et qu'ils ne m'accordaient tous tout au plus qu'un vague coup d'oeil. C'était une constatation terrible et très amère à la fois, et j'avais encore du ma à la concevoir et à l'accepter. Pourtant, je n'avais pas le choix. Mais elle évoqua sa mère une seconde fois et je sentis quelque chose se raidir à l'intérieur de moi ; comme si la tristesse me saisissait d'un coup.

- Oui, je vois ce que ça fait... Ça me le fait souvent en ce moment, sauf que bien sûr ce n'est pas du tout comme pour toi évidemment, je n'ai pas vécu ce que tu as vécu... Je ne voulais pas qu'elle croit que je comparais l'incomparable. C'est juste que... Je comprends que ce soit difficile parfois d'être dans le présent, en fait tu l'es tout le temps mais quand brusquement tu le réalises c'est là que ça devient compliqué... Ce n'est jamais très agréable. Tu sais... Ça ne fait pas si longtemps pour ta Maman, je pense que c'est normal. Et puis il n'y a pas de normes pour les deuils, tu peux prendre tout le temps qu'il te faut, tu as le droit d'être triste comme tu as le droit de ne plus vouloir l'être... C'est à toi, et c'est ton rythme aussi. C'est juste important de se rappeler les bonnes choses, j'avalais ma salive et respirai un instant, de se souvenir de ta Maman vivante, de tout l'amour qu'elle te portait, de toutes les bonnes choses qu'elle t'a données, au final c'est ce qui restera d'elle et ça ne doit pas être triste... Enfin, c'est ce que je pense.

Je me tus une seconde — j'espérais qu'elle ne trouve pas que j'allais trop loin, j'essayais juste de lui exposer ma vision des choses, ce que je pensais être le mieux pour elle, sans pour autant être certain que c'était une solution unique.

- Je suis sûr que tu retrouveras ton chez toi, tu t'en créeras un nouveau rien qu'à toi, ne t'inquiète pas.

Je posai ma main sur la sienne et la serrai doucement, un instant. Le vent léger me renvoya son odeur tout d'un coup, et si Poudlard n'était déjà presque plus mon chez moi, il l'avait été de fait trop longtemps pour qu'il ne soit un jour plus apparenté à cette notion. Je me fis la réflexion qu'il y en avait eu des odeurs et des sons que j'associais à Poudlard, mais que parmi tous le parfum d'Apple serait le plus récent et le plus marquant que j'emporterais avec moi.

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