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« Things that death cannot touch. » (C.) terminé

 

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 « Things that death cannot touch. » (C.) terminé

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James Miller
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MessageSujet: « Things that death cannot touch. » (C.) terminé   Mer 22 Fév - 20:53

“Those we love never truly leave us, Harry. There are things that death cannot touch.” (Jack Thorne)


Je relevai le col de mon duffle-coat, jetant un coup d’œil au ciel grisâtre, bientôt sombre. Devant moi, s’élevait l’immeuble dans lequel logeait Lizlor, avec Ruby. L’air de Londres était toujours plus chargé que celui frais des alentours de Poudlard, qui sentait bon le bois et la terre humide. C’était peut-être dans ma tête aussi, d’associer Londres à quelque chose de si négatif. Ce n’était pas la faute de la capitale, elle m’avait pourtant vu grandi heureux, malgré un père absent. Tous les autres éléments étaient là, ma mère qui s’occupait bien de nous et compensait pour tout ce que mon père oubliait, mes deux sœurs qui étaient mes compagnonnes de jeu, dans la forêt derrière chez nous. J’aimais bien le bruit que faisait les sirènes dans les rues, j’avais toujours l’impression qu’au loin, les policiers, tels des superhéros, gardaient la ville. Je me sentais en sécurité, tout en ressentant le frisson de l’aventure. C’était ce que je préférais, quand on montait sur notre toit pour regarder le lever de soleil, apercevoir les voitures au loin, leurs gyrophares et imaginer qu’à présent, un méchant avait été arrêté. Bien sûr, ce n’était qu’une vision d’enfant, et en grandissant j’avais fini par comprendre que les choses n’étaient pas aussi simple. Parfois, alors que j’étais un adolescent, j’avais rêvé que j’étais un enfant et que j’appelais les policiers pour leur dire que ma sœur prenait de la drogue, que c’était mal, qu’il fallait faire quelque chose. Pourtant, en me réveillant, je balayais d’un revers de la main ce songe, en riait même, et repartait vivre comme si de rien était. Impressionnant, comme l’inconscient pouvait s’exprimer, et combien j’avais été capable de le faire jusqu’à qu’il soit trop tard. Je jetai un regard derrière moi, dans la ruelle sombre où j’avais transplané. Dans ces lieux un peu glauques, cachés du regard des autres, je devinais dans les ombres des réverbères la silhouette de Mathilda, que j’imaginais vivre là.  Elle était morte, bourdonnait à chaque fois la voix dans ma tête. Pourtant, je ne pouvais pas m’en empêcher. Secouant ma tête légèrement, je me rappelai doucement que c’était fini. Il fallait que je l’accepte.

A peine avais-je toqué que Lizlor avait crié un « j’arriiiiive », suivi d’un bruit de chaise qui tombe et d’un « Liz ! » de Ruby. Déjà, mon cœur se réchauffait. Liz ouvrit et me sauta dessus en guise de bonjour, s’accrochant à moitié à moi comme un petit koala. Ses cheveux sentaient bon et il y avait un peu de farine dans ses boucles, signe qu’elle avait cuisiné. Je me mis à gratouiller sa tête, comme si elle était un petit chat, et elle ronronna en sautillant à moitié sur place. Quelques baisers plus tard, nous rentrâmes, je posai ma veste en cuir dans l’entrée avant de pénétrer dans la cuisine. Il y avait une nouvelle plante verte sur l’un des plans de travail, elle faisait des grosses fleurs violettes fluo qui bougeaient visiblement au rythme du tourne-disque qui égrenait de vieilles chansons de jazz. Ruby se leva pour me dire bonjour brièvement, avec le sourire doux dont elle avait le secret. J’étais toujours flattée qu’elle me serre brièvement dans les bras à chaque fois, je savais qu’elle n’aimait pas beaucoup le contact physique – je savais aussi pourquoi, ce qui me contractait toujours les entrailles – et je prenais ça comme une réelle marque d’affection. Je serai la main d’Ewan qui était installé sur une chaise de la cuisine, avec un gros grimoire assis devant lui. Visiblement, il était question de potions, et Lizlor répéta combien elle était contente que je sois enfin arrivé parce que « je ne comprends rien à ce qu’ils racontent c’est reloooouuu », suivi d’une mou à moitié boudeuse qui me donnait envie de la serrer fort contre moi.

Il faisait chaud, chez eux, un petit feu de bois ronronnant dans la cheminée. J’avais envie de me lover sur le canapé, doucement, mais je n’eus pas trop le temps de m’attarder, car Lizlor m’accapara pour finir de cuisiner son gâteau, je devais ensuite absolument voir comment se porter l’une des nouvelles plantes qu’elle avait mise dans sa chambre car elle connaissait mon intérêt pour la botanique mais aussi pour l’embrasser tranquillement dans l’ombre des bougies parfumées à la cannelle. Elle était toute petite contre moi et toute réconfortante. Je n’avais pas besoin de parler. Elle savait tout – et plus encore. Ensuite, Chuck arriva, tout rayonnant lui aussi, et après avoir serré la main de moi et Ewan, il fit son check habituel avec Liz et un câlin un Ruby qui lui ébouriffa les cheveux. Ensuite, la tornade Lizlor m’abandonna un instant car Chuck avait amené son chien, Snitch, ce qui provoqua des « hiiiiiiiii » et des « ooooooooooh » et des « bébééééééééééééé » pendant dix bonnes minutes. Chuck et Ruby en profitèrent pour discuter d’autres choses, elle devait montrer à Chuck la nouvelle qu’elle avait achetée et s’en suivit une discussion sur les vernis à ongles que j’écoutais d’une oreille distraite. Ruby cuisinait et Ewan souriait aussi silencieusement en buvant du cidre, et en riant du vernis holographique dont Lizlor vantait les mérites. C’était drôle, cette assemblage un peu hétéroclite, et pourtant, autour de cette table où nous buvions, mangions et rions ensemble, je me sentais si bien.  Je me sentais toujours chez moi d’une façon étrange qui me bloquait un peu la gorge.

Après le repas, on se mit à boire quelques bières, à l’exception de Ruby comme toujours. Au début, ça m’avait gêné de boire autour d’elle, mais cela n’avait pas l’air de la déranger, elle buvait sa petite tisane et discutait avec Ewan qui faisait la vaisselle d’un coup de baguette distrait. Chacun avait ses petites habitudes. Distraitement, je grattais derrière l’oreille Snitch qui était venu se frotter contre mes jambes, et j’écoutais Chuck et Lizlor qui parlaient d’Emmy avec beaucoup d’entrain, ce qui faisait évidemment plaisir à voir. La soirée s’étira, et comme d’habitude, chacun pris son aise. Je discutais avec Lizlor sur mes genoux, puis jouais aux cartes avec Ewan et Ruby pendant que Chuck et Liz s’était lancé dans un concours de blague sur les gnomes, on reprit chacun quelques bières, on goûta le délicieux dessert de Lizlor et on écouta le nouveau disque que Ruby avait acheté dans une brocante.

On sortit sur le balcon avec Chuck pour fumer une cigarette. Il faisait froid dehors, à présent, mais le ciel s’était éclairci. Il ne faisait jamais sombre à Londres, de toute façon.


- On se sent bien ici, pas vrai ? glissai-je en jetant un coup d’œil par la baie vitrée. Liz était en train de gratter le ventre de Snitch en poussant des petits couinements débiles, ce qui fit rire Chuck comme moi. Je me tournai vers lui et lui fit un sourire.

A chaque fois que je le regardais, j’avais l’impression de voir Coop. Pourtant, ils ne se ressemblaient pas tant que ça physiquement, bien sûr qu’il y avait des airs, mais la différence d’âge et les yeux azurs de son petit frère faisaient la différence, mais pourtant il y avait quelque chose dans l’attitude, le sourire peut-être, je ne savais pas trop… Cela me rendait toujours triste, car je me rappelais combien tout cela était injuste, et peut-être aussi un peu par extension ma propre injustice, celle de ma famille brisée en deux. J’avais bien compris par la tante de Chuck avec qui j’avais été en contact, surtout vers la fin de la maladie de son neveu, que les parents n’étaient pas très présents, comme s’ils résistaient mal au drame. Cela faisait tristement écho à quelque chose que je connaissais bien aussi…

Quelque chose flottait dans l’air, je ne savais pas trop quoi. Je n’avais jamais réalisé, mais je m’étais rarement retrouvé seul à seul avec Chuck. J’avais l’impression que Coop flottait vraiment partout tout autour de nous.


- Tu sais, c’est peut-être maladroit à dire, mais tu me rappelles beaucoup Coop… Je sais pas si on te le dit souvent. Je tirai sur ma cigarette, un peu nerveusement. J’ai jamais eu l’occasion de te le dire mais… Je l’appréciais beaucoup. C’était vraiment un chouette gamin, conclus-je avec un petit sourire nostalgique, en espérant que je n’avais pas franchi une ligne qui gênait Chuck. Je savais combien ces choses pouvaient être étranges…

_________________
« So what became of loving man
And what became of you
Familiar as you shook my hand
What was it you meant to do?
Because all could change for one
And all, could change in this new today. »




« She said the devil will want you back
And you'll never find love in an open hand
Shut your eyes, so you see I'm there
And know you'll always have this if you see this man
I lied, this was not for my pride
I know this was my time. »
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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: « Things that death cannot touch. » (C.) terminé   Lun 6 Mar - 16:42



https://www.youtube.com/watch?v=6H8optu9rTU
Have no fear
For when I'm alone
I'll be better off
Than I was before

I've got this light
I'll be around to grow
Who I was before
I cannot recall

Long nights allow
Me to feel I'm falling
I am falling

The lights go out
Let me feel I'm falling
I am falling
safely to the ground




Cet appart me faisait le même effet que celui de Chris et Lucy, et surtout de la vieille baraque de la mère de Chris. Pourtant, cette baraque était comme la mienne (la nôtre), toute pourrie, fissurée, le crépit s’en allait en lambeaux, le gris était sale, le jardin miteux et servait plutôt de débarras. Notre coin de Bristol n’était clairement pas glamour. Mais dans la maison de la mère de Chris, avec tous ses frères et sœurs, avec le bordel partout, les coussins, les couleurs chaudes et tout le temps l’odeur d’une nourriture épicée, je ne sais pas, c’était carrément le paradis, j’avais l’impression qu’il y faisait toujours chaud et qu’on y était toujours bien, même quand dehors le ciel était gris et qu’on tuait nos longues journées vides de vacances ou bien qu’on s’ennuyait après les cours. Je ne m’en étais surtout rendu compte quand j’avais arrêté d’y aller aussi souvent, après Poudlard. Mais j’avais toujours adoré ces moments. Chez Lizby (nom officiel de leur amitié) c’était un peu pareil : c’était un peu comme si la maison était arrangée autour de la cheminée qui brûlait toujours, ou bien dans la cuisine où ca sentait bon et où on mangeait bien. J’adorais leur appart, et j’adorais y être – évidemment, le fait que ce soit le premier endroit où j’ai été après la sortie du centre de rééducation n’y était pas pour rien. Je devais beaucoup à Ruby et Lizlor, et je devais aussi beaucoup à cet endroit qui m’avait réappris à être de nouveau bien, chez soi, quelque part. Je m’installais toujours dans l’énorme pouf près de la cheminée (je m’y vautrais comme un gros lard) et dès que j’étais invité pour dîner chez les filles, je passais toujours une super soirée. Lizby ensemble, c’était encore mieux que Ruby et Lizlor séparément : elles s’équilibraient toutes les deux, et j’avais toujours l’impression de me retrouver avec mes deux meilleures potes, alors que pourtant… Au début, ça n’était pas gagné.

Ce soir c’était encore plus de bonne humeur, évidemment – depuis qu’Emmy avait plaqué Matteo et était revenue avec moi, il n’y avait plus trop d’ombres au tableau. J’essayais de rester dans le game du mieux que je pouvais, entre le boulot, les réunions, Emmy, tout ça, et si j’avais le cœur carrément plus léger ça n’était pas non plus super simple de manière générale, mais je gardais le cap. Matt avait raison, parfois j’avais tendance à ravaler ce que je ressentais et à ne pas le dire, parce que c’était comme ça et que je l’avais toujours été de toute façon, mais franchement j’avais fait tellement de progrès là-dessus qu’on ne pouvait pas non plus m’en vouloir. Il y avait aussi que j’évais toujours un peu honte quand il s’agissait de toutes mes histories de camé et que ça ne m’aidait pas forcément à remettre le sujet sur la table – il y avait surtout que Coop n’était plus là et pourtant jamais bien loin, et c’était quelque chose que j’avais du mal à partager de manière générale, pas comme un secret, mais comme quelque chose qui n’était qu’à moi ; parfois ça me faisait du mal, mais parfois ça me faisait du bien aussi. J’adorais imaginer ce que nos vies seraient si il était encore là, jusqu’au moment où ça me donnait envie de me tirer une balle – bref.

La soirée battait son plein, comme d’habitude Lizby avaient mis les petits plats dans les grands (enfin, Ruby, surtout), et on se lança dans des parties de cartes puis d’échecs sorciers puis de bataille navale tout en sirotant des bières et en discutant ; il y avait toujours un moment où Lizlor et moi on partait en live dans notre coin et on riait comme des bossus pendant que James, Ewan et Ruby discutaient sagement de choses sérieuses ; d’autres où on s’amusait juste et c’était cool. Ce soir précisément tout le monde était de très bonne humeur et on n’arrêtait pas de rire, tandis que Snitch courait de personne en personne pour se faire caresser (il ne manquait jamais une occasion de montrer combien il était mignon, évidemment). J’avais bu trois ou quatre bières et c’était déjà pas mal, je faisais un peu attention même si ça allait mieux maintenant, j’arrivais à me sentir un peu pété de temps en temps sans avoir peur de perdre pieds, et c’était bon signe.

On finit par sortir sur le petit balcon fumer une clope avec James ; j’avais juste pris mon écharpe parce qu’il faisait un peu frais, mais c’était agréable. Il y avait quelque chose dans les lumières de la ville qui me faisait toujours son petit effet, j’avais toujours l’impression que ces moments-là étaient plus particuliers que les autres, peut-être parce que c’était notre moment préféré avec Coop, ou peut-être juste que le monde de la nuit avait toujours été mon truc.


- On se sent bien ici, pas vrai ?


Je faillis répondre d’un « hmm » distrait parce que j’étais en train de me moquer de Lizlor qui devenait gaga avec mon chien, mais je me repris et hochai la tête – oui c’était cool, on était bien, à l’abri, et je me doutais que Jay aussi devait sentir la même chose. Il avait perdu sa sœur récemment, l’histoire était horrible et assez cheloue (je ne savais pas tous les détails), et on se sentait forcément un peu proche l’un de l’autre sans le dire. Ce n’était pas qu’on ne voulait pas s’en parler ou quoi, c’était juste… Comme ça, en fait, je me voyais mal lui faire un câlin sur sa sœur morte et lui en retour pour Coop, on se comprenait et c’était l’essentiel, et ça faisait aussi du bien de ne pas être obligé de mettre des mots sur les choses.

En vérité, ce qui me dérangeait le plus avec lui, c’était qu’il avait bien connu Coop et qu’on en avait jamais vraiment parlé et même si parfois j’en avais envie je me connaissais et je savais que c’était toujours un peu aléatoire et douloureux, et je flippais du moment où il le ferait de lui-même. C’était con, hein ? Mais il avait tellement accompagné Coop dans sa maladie que je préférais me pendre que de l’imaginer me raconter tout ça. Enfin… Je ne savais pas trop.

Bref…

J’inspirai sur ma cigarette, qui me chatouilla un peu trop la gorge. Parfois je fumais trop, probablement pour combler le manque d’autre chose.


- Tu sais, c’est peut-être maladroit à dire, mais tu me rappelles beaucoup Coop… (… Bingo. Je le savais, que ça allait arriver.) Je sais pas si on te le dit souvent. J’ai jamais eu l’occasion de te le dire mais… Je l’appréciais beaucoup. C’était vraiment un chouette gamin.

Par contre, je ne m’y étais pas attendu de cette manière-là : la ressemblance… Je haussai les épaules ; c’était quelque chose qu’on ne me disait plus trop, et je savais pourquoi.

- On nous le disait, avant, quand on était plus petits, mais après… Ça se voyait trop qu’il était malade, je pense.

On avait les mêmes cheveux, la même forme de visage, la même bouche et le même sourire, même si ses yeux bleus faisaient toute la différence. Mais avec le temps j’avais grandi et je m’étais développé sans lui, il était plus resté proche du modèle taille crevette, et il ne prenait pas trop de poids, ça se voyait sur son visage, il pâlissait aussi… Bref. Je faisais genre que tout allait bien en fumant tranquillement ma clope, mais au fond, c’était un peu bizarre. C’était toujours un peu bizarre.

- Mais ça me fait plaisir en tout cas,
continuai-je. Que tu l’apprécies-ciais (fuck) et tout. Je sais qu’il t’aimait bien aussi, il me parlait de toi, il me disait que tu étais cool et que tu le prenais pas pour un gamin, ce qu’il détestait vu qu’il a toujours passé sa vie à Sainte-Mangouste et tout… Il s’y connaissait, quoi. Il s’y connaissait tellement qu’il avait même gardé sous secret certains aspects. Bref.

… Bleh. Et maintenant ? Quelques secondes passèrent et je sentis que c’était exactement le moment où il fallait que je rame un peu.

- Ça va, il te soulait pas trop avec ses histoires de super-héros ? Ha ha !

Oui, bon. Je faisais ce que je pouvais.

_________________

CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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James Miller
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MessageSujet: Re: « Things that death cannot touch. » (C.) terminé   Lun 20 Mar - 22:23

Je me sentais chanceux de ne pas vraiment ressembler à Mathilda, je n’avais pas le sentiment de voir son fantôme dès que je me regardai dans le miroir… Pourtant, ça me gênait aussi. Je ne savais pas trop pourquoi. J’avais l’impression qu’on était la dernière partie d’elle qui subsistait, moi et Maya. Elles ne se ressemblaient pas trop, toutes les deux, Maya avait des grands yeux bleus et des joues rebondis, Mathilda une mâchoire carrée, un visage long, des yeux sombres. Elles avaient simplement les mêmes longs cheveux bruns et ondulés. A vrai dire, Maya et moi nous ressemblions beaucoup plus, nous avions le même sourire, les joues, l’air rieur, les fossettes… C’était comme si ironiquement nous étions destinés à finir tous les deux, sans Mathilda. Mais à présent, ressemblance ou non, nous portions sa mémoire, elle existait dans nos souvenirs et dans ce lien familial que nous avions. En me voyant, je cherchais toujours à la voir aussi. Parfois, je me rappelai douloureusement qu’elle n’aurait jamais d’enfants, et je ne me l’expliquai pas vraiment, mais cette réflexion me rendait terriblement triste. Elle était ma grande sœur, et j’avais toujours apprécié la voir s’occuper de moi quand j’étais petit. Elle était trop irresponsable pour être vraiment un modèle en la matière, mais je crois qu’elle avait tout de même une forme de fibre maternelle envers Maya et moi. Je l’avais toujours imaginé grandir, se marier, avoir des enfants. On en riait même, entre nous, en imaginant les enfants de chacun, ce que ça serait quand on serait des adultes. Maintenant, Mathilda ne grandirait plus. Elle était figée pour toujours dans la peau d’une jeune fille d’à peine 21 ans, dont la vie s’était brutalement arrêtée. Ça me faisait tellement étrange, quand j’y pensais. On imaginait jamais les gens jeunes vraiment mourir, et même si mon travail aux urgences m’avaient en quelque sorte habitué, je crois que familialement, c’était bien différent…

- On nous le disait, avant, quand on était plus petits, mais après… Ça se voyait trop qu’il était malade, je pense.

J’hochai la tête, compréhensif. C’est vrai que sur la fin… C’était terrible, Coop ressemblait de plus en plus à un enfant, parce qu’il devenait plus chétif, plus fragile aussi, et ça me crevait toujours le cœur de sentir qu’il mourait à petit feu devant moi. J’étais sans cesse mis devant le fait que ce n’était qu’un enfant, que c’était tellement injuste. En même temps, il était tellement mature, tellement adulte… Quand il parlait, parfois, j’étais presque mal à l’aise. Il était vraiment étrange, il ne ressemblait en rien à aucun autre élève de Poudlard, aucun autre adolescent de son âge. Je me doutais qu’il avait grandi trop vite, et ça me faisait de la peine. Je me demandai à quoi sa relation à Chuck ressemblait, quand ils avaient été enfants, avant peut-être que tout soit si grave... Mais Coop avait toujours été malade, je le savais bien, et je n’étais pas sûr qu’ils aient un jour eu une enfance normale où l’ombre de sa maladie ne planait pas.

- Mais ça me fait plaisir en tout cas. Que tu l’apprécies-ciais et tout. Je sais qu’il t’aimait bien aussi, il me parlait de toi, il me disait que tu étais cool et que tu le prenais pas pour un gamin, ce qu’il détestait vu qu’il a toujours passé sa vie à Sainte-Mangouste et tout…

Je ne sais pas si Chuck était sincère, ou si il essayait simplement d’être poli, mais ce qu’il venait de dire me toucha profondément. J’eus un sourire en coin tandis que la chaleur se diffusait lentement en moi. C’est vrai que je sentais qu’on s’entendait bien avec Coop, même si j’essayais toujours de garder un peu mes distances, pour rester professionnel, pour avoir du recul… Mais en même temps, plus ça allait, plus il venait souvent, et je ne voulais pas qu’il soit tout seul à l’infirmerie, déjà que tout ça le coupait pas mal du reste, de sa vie, des autres élèves de son âge. J’avais eu beaucoup d’affection pour lui, un peu malgré moi. Peut-être que j’aurais dû me protéger plus, garder mes distances, surtout que je n’avais pas été dupe, surtout vers la fin… Coop était mourant. Un adolescent de son âge qui meurt, c’était toujours déchirant. Mais savoir qu’il m’avait apprécié en retour… C’était touchant, tellement touchant, je me disais qu’au moins j’avais été là pour lui, plus qu’un simple infirmier, et j’espérais que ça lui avait apporté un tout petit peu de réconfort. Il avait toujours été si calme, si courageux, j’avais eu du mal à lire en lui. Il n’avait jamais eu l’air d’avoir vraiment peur de mourir.

- Ça me fait plaisir aussi de savoir ça… C’est sûr que ce n’était pas vraiment un ado comme les autres. Il avait une telle sagesse, ça m’impressionnait toujours, dis-je avec un petit sourire presque nostalgique. Il était courageux, aussi… Enfin bref, désolée, tu dois être habitué à ces mots un peu creux. J’ai jamais eu vraiment l’occasion de parler de lui plus personnellement, techniquement j’étais juste son infirmier. Je tirai sur ma cigarette, dont la fumée s’évapora dans la nuit orange londonienne.

L’air était frais, mais étrangement, je n’avais pas froid. C’était étrange, l’atmosphère autour de nous, c’était comme si on était dans une petite bulle quelque peu inconfortable, mais où en même temps… On se sentait compris. Chuck et moi avions beaucoup plus en commun que nous voulions bien le croire, j’en étais sûr.


- Ça va, il te soulait pas trop avec ses histoires de super-héros ? Ha ha !

On eut un petit rire maladroit, parce que bien sûr que ça nous parlait à tous les deux. Je m’accoudai à la balustrade du balcon.

- T’inquiète, j’adorais ça quand j’étais gosse, je lisais un tas de comics, forcément, on se comprenait ! J’ai arrêté d’en lire quand j’étais à Poudlard, je voulais pas avoir l’image d’un nerd… J’eus un petit rire jaune et jetai un regard entendu à Chuck. Il comprenait ça, non ? Vouloir avoir une bonne image, l’envie d’être populaire, ces conneries de Mister Gryffondor ? J’étais un petit con, ajoutai-je. Du coup, ça m’a fait plaisir de partager ça avec lui. Je lui avais prêté des vieux comics à moi, je crois qu’ils sont encore dans les affaires que tu as dû récupérer… J’haussai les épaules. Tu peux les garder. Enfin, je sais que c’est compliqué de trier les affaires, je me doute que tu as pas forcément eu le cœur à t’occuper de ça pour l’instant…

A nouveau, je lui lançai un regard entendu. Chuck savait très bien de quoi je parlais, n’est-ce pas ? Je repensai à la chambre de Mathilda que je n’avais jamais touché depuis sa disparition, et pas plus depuis sa mort…

- Parfois on jouait à associer des super héros à des gens. Coop était Captain America, et toi tu étais Iron Man, on avait décidé, racontai-je avec un petit sourire. Il parlait beaucoup de toi. C’est drôle, j’ai l’impression que je sais un tas de trucs sur toi du coup, sans vraiment te connaître. Entre ça et Lizlor qui t’adore et me parle souvent de toi aussi ! J’eus un rire, cette fois-ci plus détendu. Je n’avais pas envie qu’on passe notre temps à pleurer sur la mémoire de Coop, car je savais que s’il était là, il aurait aimé qu’on rigole aussi, qu’on parle plus légèrement. C’était un beau moyen de l’honorer, en quelque sorte, aussi cliché que ça pouvait paraître : continuer à vivre, aussi lucidement et sagement qui l’avait toujours fait.

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MessageSujet: Re: « Things that death cannot touch. » (C.) terminé   Ven 24 Mar - 17:17

- Ça me fait plaisir aussi de savoir ça… C’est sûr que ce n’était pas vraiment un ado comme les autres. Il avait une telle sagesse, ça m’impressionnait toujours. Il était courageux, aussi… Enfin bref, désolé, tu dois être habitué à ces mots un peu creux. J’ai jamais eu vraiment l’occasion de parler de lui plus personnellement, techniquement j’étais juste son infirmier.

C’était le moment où je m’estimais heureux qu’il fasse nuit, qu’on soit dehors et que les autres soient occupés à discuter dans leur coin. Je n’allais pas me mettre à chialer, mais plus ça allait plus une boule se formait dans ma gorge, et mes yeux n’allaient pas tarder à me picoter ; bref, ça se serait tellement vu sur ma gueule que je préférais rester bien à l’abri. Je savais bien qu’il me fallait parler de Coop et l’évoquer, quand je ne l’avais pas fait… Il n’y avait qu’à voir où ça m’avait mené, et puis, de toute façon, ça ne lui rendait pas justice. Mais c’était franchement pas toujours facile, il y avait des moments où je gérais très bien, d’autres un peu moins – d’autres pas du tout. En emménageant j’avais retrouvé dans un comics une photo de nous deux d’il y a longtemps, je devais avoir huit ans et lui quatre, on était à la fête foraine de Glasgow avec les Tennant, on se tenait par la main et on souriait parce qu’on venait de nous promettre des glaces, et on avait l’air tellement…

J’eus un frisson en y repensant.

Tellement quoi ? Loin ? Ce n’était pas vraiment le terme, puisque ça n’existait plus… Non, en réalité, j’avais eu l’impression de tomber sur la photo de deux enfants inconnus, deux petits gosses mignons et heureux qu’on prenait en photo au hasard dans un endroit féérique, et voilà. J’avais senti mon cœur se décrocher. On avait le même sourire, les mêmes cheveux, le même regard. Coop paraissait en pleine santé, en plus – ça me rappela qu’au début il allait bien mieux, que c’était vers la fin que sa santé avait vraiment décliné, malgré le moment difficile à ses 10 ans. Ce qui me rendait encore plus triste, c’est de me rappeler de lui forcément diminué. Quand j’avais vu cette photo, je m’étais trouvé nez à nez avec un Coop que j’avais presque oublié, comme si je n’étais plus capable d’aucune insouciance. Bref, je m’étais évidemment mis à chialer.


- Oh non, t’inquiète. J’aime bien qu’il ait laissé de bons souvenirs aux gens. Ça, pour être sage… J’eus un petit sourire un peu triste. Il l’a toujours été plus que moi.

James s’accouda à son tour, et je laissai la fumée de ma clope s’échapper entre mes dents, que je me forçai à desserrer. Depuis que j’avais arrêté la drogue, c’était horrible comme ma mâchoire me faisait mal, elle était toujours crispée : quand j’avais une crise de manque, quand je repensais à tout ça, quand j’étais triste pour ne pas pleurer, quand j’avais peur de la suite.

- T’inquiète, j’adorais ça quand j’étais gosse, je lisais un tas de comics, forcément, on se comprenait ! J’ai arrêté d’en lire quand j’étais à Poudlard, je voulais pas avoir l’image d’un nerd… J’étais un petit con. Tiens ! C’était chelou – si j’avais dû définir James ce n’était pas forcément comme ça que je l’aurais imaginé, je le voyais plus un peu comme Coop justement… Séreux et sociable ? À croire que James était le parfait mix de nous deux ! Du coup, ça m’a fait plaisir de partager ça avec lui. Je lui avais prêté des vieux comics à moi, je crois qu’ils sont encore dans les affaires que tu as dû récupérer… Tu peux les garder. Enfin, je sais que c’est compliqué de trier les affaires, je me doute que tu as pas forcément eu le cœur à t’occuper de ça pour l’instant…

- Ah, ils sont à toi ? Je me demandais justement…

J’en avais trouvé une pile que je ne connaissais pas, mais Coop en avait tellement de toute façon… Je ne m’étais pas trop posé la question. Ils étaient dans mon appart, quelque part sur une étagère et je ne les lisais pas, mais je n’avais pas le cœur à les jeter de toute façon.

- Hmm, j’ai été forcé de toute façon, vu que j’ai déménagé, ajoutai-je en haussant les épaules. Ça va. Enfin… Ça dépend des fois.

De mon humeur, de ma journée, de la suite. Des gens avec qui j’étais – quand je passais des journées chez mon oncle et ma tante il arrivait qu’Angie ne cache pas ses émotions et aient les yeux brillants ou se mettent carrément à pleurer si on regardait des photos ou qu’on se souvenait de choses avec Coop. Dans ces moments-là, bizarrement, j’avais la réaction inverse, ça me coupait toutes mes émotions à moi et je la rassurais et je la prenais dans mes bras pour la réconforter, comme si c’était moi le parent tout d’un coup. Peut-être que c’était ma manière à moi de rattraper sur ce que j’avais fait et sur la manière dont j’avais été absent, car finalement, je n’avais jamais été là pour elle non plus… Enfin. Je battis des paupières pour chasser tout ça, et tirai de nouveau sur ma clope. Ma gorge était un peu sensible et je n’avais pas tant que ça envie de fumer, mais je préférais le faire quand même.

- Parfois on jouait à associer des super héros à des gens. Coop était Captain America, et toi tu étais Iron Man, on avait décidé. Il parlait beaucoup de toi. C’est drôle, j’ai l’impression que je sais un tas de trucs sur toi du coup, sans vraiment te connaître. Entre ça et Lizlor qui t’adore et me parle souvent de toi aussi !

Je n’avais pas spécialement le cœur à rire mais je fus bien forcé parce que ça m’amusait et que parler de Coop comme ça ; aussi peut-être un peu parce qu’entendre qu’il parlait beaucoup de moi… Enfin, je le savais, pourtant. Il était la personne la plus importante de ma vie et inversement. Mais… Bref. Coop me semblait loin de moi parfois, j’avais l’impression de le découvrir, maintenant qu’il n’était plus là. Et ça me rappelait tout ce que j’aurais aimé lui dire.


- Et toi alors, tu étais qui ? Hulk ? Il avait la carrure, et je me mis à rire aussi. Ha ha oui c’est vrai que c’est bizarre ! Mais du coup moi aussi, j’ai appris à te connaître avec les filles, c’est marrant. Lizlor je la kiffe aussi, elle est vraiment cool… On était pas trop partis du bon pied à Poudlard (je lui jetai un regard entendu) mais on s’entend vraiment super bien, j’étais bien entouré… La pauvre Ruby parfois elle souffrait avec nos conneries !

Justement derrière nous, en feutré, j’entendis Ruby rappeler Lizlor gentiment à l’ordre parce qu’elle excitait Snitch et qu’il commençait à faire tomber des choses de la table basse en sautant partout.

- Dis moi, hmm... C'était con de demander ça. C'était trop con. Il ne fallait pas. Je ne pouvais pas m'en empêcher. Est-ce que Coop t'a parlé du fait que... Au moins que je sois capable de le dire, si je voulais le savoir... Est-ce qu'il t'a dit qu'il savait qu'il allait mourir ? (merci la nuit, cette fois j'avais les yeux qui se troublaient carrément) Je veux dire est-ce que tu en as parlé avec lui, est-ce que tu penses qu'il pouvait en parler à quelqu'un ou qu'il l'a gardé complètement pour lui ? J'avais l'impression que j'avais un trou dans le coeur. C'est con, je sais, mais j'ai envie de avoir qu'il n'était pas tout seul... Je lui en ai d'abord voulu à mort de me l'avoir caché mais au fond ça m'a plus inquiété qu'autre chose.

Un mot de plus et je pleurais, alors je m'arrêtai là, et repris la fin de ma cigarette.

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James Miller
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MessageSujet: Re: « Things that death cannot touch. » (C.) terminé   Dim 2 Avr - 17:07

- Oh non, t’inquiète. J’aime bien qu’il ait laissé de bons souvenirs aux gens. Ça, pour être sage… Il l’a toujours été plus que moi.

J’eus un petit sourire entendu, songeant une nouvelle fois à l’étrangeté des points communs que je partageais à Chuck sans vraiment le savoir. Sur ce point, c’était sûr, Coop avait été beaucoup plus calme, tellement facile à vivre. Oui, il m’avait laissé des bons souvenirs… J’eus un frisson, sous le cuir de ma veste. Des souvenirs. Il ne restait plus que cela à présent, des bribes de la vie de Coop, il ne vivait plus qu’ainsi, dans la mémoire des gens. Tout comme Mathilda. J’eus une pensée pour ma mère, dont la vraie personnalité ne vivait plus aussi à présent que dans la mémoire de Maya et moi, comme pour palier la coquille vide qui nous servait de mère, à présent. A l’intérieur, mon cœur se pressa doucement contre lui-même, comme s’il manquait de collapser. Entre mes doigts, je pressai un peu plus fort ma cigarette, dont le filtre commençait à s’aplatir.

- Ah, ils sont à toi ? Je me demandais justement… J’hochai la tête avec un petit sourire. Hmm, j’ai été forcé de toute façon, vu que j’ai déménagé. Ça va. Enfin… Ça dépend des fois.

J’hochai à nouveau la tête. Oui, je comprenais… Il y avait tellement de facteurs différents, dans ces moments. C’était presque épuisant, d’un jour à l’autre, c’est un ascenseur émotionnel, tellement fort qu’on voulait que tout s’arrête. Heureusement, dans ces instants, que j’étais entouré. Je n’avais plus beaucoup d’amis, depuis que j’avais quitté Poudlard, du moins, je savais que je n’en avais pas beaucoup d’assez proche. Mais j’avais Maya, et si je ne pouvais pas tenir pour moi, je le pouvais au moins pour elle. Puis… Il y avait Lizlor, bien sûr, comme le petit soleil de ma galaxie auquel duquel je tournai, comme un petit monde que je pouvais tenir au creux de ma main, ses boucles lumineuses comme des rayons qui glissaient contre ma peau. Elle souriait tout le temps, même quand elle fronçait ses sourcils, ou qu’elle faisait sa moue boudeuse, parce que ses yeux ne cessaient de briller comme des petites lumières, des étoiles, et quand tout se faisait plus lourd, je les regardai pour m’y accrocher. Chez elle, avec Ruby, leurs amis, je me sentais comme dans une seconde maison. Il faisait toujours bon, même en plein hiver. C’était comme un petit havre de paix. Quand j’étais triste, chez elles, c’était une tristesse cotonneuse et douce, qui me rendait mélancolique mais ne me transperçait plus le cœur.

- Oui, je comprends, répondis-je juste, d’une voix basse.

Il n’y avait rien de plus à dire, n’est-ce pas ? On pouvait bien continuer de pleurer, mais il allait falloir que l’on vive, au fond… Tout continuait. Ça ne s’était jamais arrêté d’ailleurs, pas même quand Mathilda était morte, il avait fallu des années avant de le savoir, finalement, des années où tout avait continué presque comme si de rien était…


- Et toi alors, tu étais qui ? Hulk ? Ha ha oui c’est vrai que c’est bizarre ! Mais du coup moi aussi, j’ai appris à te connaître avec les filles, c’est marrant. Lizlor je la kiffe aussi, elle est vraiment cool… On était pas trop partis du bon pied à Poudlard mais on s’entend vraiment super bien, j’étais bien entouré… La pauvre Ruby parfois elle souffrait avec nos conneries !

On s’était mis à rire, d’un rire un peu timide, étranglé par le reste. A l’intérieur, les autres s’agitaient, surtout Snitch, et cela nous fit sourire tous les deux.

- Tu déconnes mais ouais, Coop trouvait que je ressemblais à Hulk, parce que c’est un scientifique, que j’ai les épaules, et visiblement parce que je suis calme jusqu’à que je m’énerve haha… Lui il m’énervait jamais, mais tu devines bien que le reste des adolescents de Poudlard… On eut un regard entendu amusé, sûrement parce qu’on avait été ces ados-là, et sûrement très insupportable aussi. Et Ruby est habituée, t’inquiète, c’est un peu notre maman à tous je crois…

Je jetai à nouveau un coup d’œil par la baie vitrée. Ruby agitait sa baguette pour remettre en place ce que Snitch avait fait tomber, tandis que Liz continuait à rire avec le petit chien, le grondant à moitié sans beaucoup de succès. Je savais que quand nous rentrerions à l’intérieur, nous retrouverions le petit cocon, aussi chaleureux que d’habitude, malgré la lourdeur de la conversation que Chuck et moi avions. Elle était nécessaire, pourtant, non ? Coop était mort, mais il avait existé, et il fallait en parler, le faire vivre encore, d’une certaine façon…

- Dis moi, hmm... Est-ce que Coop t'a parlé du fait que... Est-ce qu'il t'a dit qu'il savait qu'il allait mourir ? Je veux dire est-ce que tu en as parlé avec lui, est-ce que tu penses qu'il pouvait en parler à quelqu'un ou qu'il l'a gardé complètement pour lui ? C'est con, je sais, mais j'ai envie de savoir qu'il n'était pas tout seul... Je lui en ai d'abord voulu à mort de me l'avoir caché mais au fond ça m'a plus inquiété qu'autre chose.

L’air était devenue opaque autour de nous, et dans la gorge de Chuck, la fin de ses mots s’était coincée, comme si c’était trop difficile de continuer. La mienne aussi s’était un peu nouée. Je ne m’y attendais pas vraiment, mais je comprenais les questions de Chuck… Mais… C’était compliqué. Tout à coup, j’étais un peu inconfortable, partagé entre mes habitudes d’infirmier, qui restait professionnel, et ma relation à Chuck, qui ajoutait une proximité étrange. Je me raclai la gorge, cherchant mes mots.

- Oui, on en a parlé. Je ne sais pas s’il en parlait avec ses amis, je ne suis pas sûr, mais… Oui, forcément, je le savais, on en a beaucoup discuté, surtout vers la fin, quand il était tout le temps-là, j’essayai de lui tenir compagnie pour pas qu’il se sente trop seul, alors forcément, ça finissait par venir sur le tapis, et puis… Je me sentis con, tout à coup, en sachant que ce que j’allais dire n’allait pas aider Chuck. Il m’avait demandé de ne pas en parler aux gens, à toi surtout. Je lui ai demandé, en plus, s’il était sûr, pourquoi il ne voulait pas te le dire… Je crois qu’il ne voulait pas que tu perdes espoir, que tu le vois comme un condamné, peut-être qu’il pensait que ça te ferait moins de peine comme ça.

Tout à coup, j’avais vraiment la gorge serrée, et j’écrasai ma clope avant d’en allumer une autre, pour me donner contenance.

- En sortant de Poudlard, j’ai travaillé aux urgences de Sainte-Mangouste. J’ai… J’ai vu des gens mourants, j’ai dû annoncer à des familles qu’il n’y avait plus d’espoir, annoncer à des gens que… que c’était fini, qu’ils ne s’en sortiraient pas. C’est la pire chose possible. Je comprends que Coop n’ai pas eu le courage de le faire. Mais tu sais, de toutes les personnes que j’ai vu dans sa position, il était probablement le plus serein. J’ai vu des adultes terrifiés, qui niaient ce qui se passait… Coop était tellement mature et courageux sur ça, ça m’a toujours impressionné. Ce n’est pas qu’il n’avait pas peur… Je… La fumée se coinçait dans ma bouche, et ma voix tremblait légèrement. Je déglutis, cherchant à reprendre le contrôle, mais en vérité, j’étais ému, un peu retourné par la conversation. Je passai la main sur mon visage, avant de reprendre d’une voix plus ferme, plus douce aussi. Je pense qu’il n’avait pas peur de la chose en elle-même. Il avait peur d’avoir mal peut-être, mais si ça peut te rassurer, on a tout fait pour que ça ne soit pas le cas, que ça soit… le plus… apaisant possible, même si… Au fond… Au fond, il était mort. Apaisant ou non. ll avait peur de ta réaction, surtout. On en avait parlé. Il savait que ça allait être terrible pour toi et… Il m’a dit qu’il avait peur que tu sois malheureux toute ta vie à cause de ça, de lui, alors qu’à l’inverse lui tu n’avais fait que le rendre heureux. Il était très touché de tout ce que tu faisais pour lui, depuis que vous étiez gamins.

Je me tus un instant, évitant le regard de Chuck, conscient qu’il devait probablement être très remué de tout ça.

- Pardon si c’est déplacé, mais je voulais juste dire que… Peut-être que tu penses que tu n’as pas eu la réaction qu’il fallait, que tu l’aurais déçu mais je suis sûr que c’est l’inverse. Il n’y a pas de mode d’emploi dans ces situations. Coop serait sûrement fier de où tu en es maintenant, non ? Ce qui compte c’est que tu ais réussi à t’en sortir. Certaines personnes n’y arrivent jamais, ajoutai-je d’une voix plus basse en pensant à Mathilda, tristement, tirant sur ma cigarette en baissant le regard un instant, réfléchissant malgré moi à un univers parallèle où elle aurait réussi à s’en sortir, peut-être si j’avais pu aussi bien l’entourer que les amis de Chuck l’avaient fait pour lui…


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And what became of you
Familiar as you shook my hand
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And you'll never find love in an open hand
Shut your eyes, so you see I'm there
And know you'll always have this if you see this man
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MessageSujet: Re: « Things that death cannot touch. » (C.) terminé   Dim 21 Mai - 16:46

- Tu déconnes mais ouais, Coop trouvait que je ressemblais à Hulk, parce que c’est un scientifique, que j’ai les épaules, et visiblement parce que je suis calme jusqu’à que je m’énerve haha… Lui il m’énervait jamais, mais tu devines bien que le reste des adolescents de Poudlard… Et Ruby est habituée, t’inquiète, c’est un peu notre maman à tous je crois…

On arrivait à rire encore, comme on si on discutait de tout et de rien tous les deux, et au fond d'ailleurs on avait bien raison de tout façon, parce que c'était marrant - mais on n'était pas dupes. Coop était mort à quinze ans, j'avais failli ne pas m'en relever et j'avais fait souffrir tout le monde, et de son côté James avait perdu sa soeur disparue et galèrait avec sa famille, donc bon. Pour ce que j'en savais... Il n'y avait pas de quoi rire. Surtout quand j'avais posé LA question, quand j'avais senti l'air se figer autour de nous, la fumée de la clope me raper la gorge, le froid devenir hostile tout d'un coup, les lumières de la ville s'éloigner de moi alors que deux secondes plus tôt je les regardais, à l'horizon, et je me sentais rassuré, parce que j'avais toujours adoré ça, la nuit, ses lumières, son ambiance - c'était chez moi.

Mais tout d'un coup ça ne l'était plus ; c'était d'ailleurs la sensation qui revenait le plus souvent quand Coop était trop présent et que je sentais que je faiblissais, que mes défenses tombaient, que mon coeur se fracturait un peu plus. Je regardais autour de moi et je n'étais plus là, comme si le monde s'éloignait de moi en deux secondes, comme si on avait fait pause pour m'enlever de là et qu'on refaisait play, mais que j'étais resté en arrière. Je me sentais étranger à tout ça, je me sentais écarté, pas comme un paria, mais comme quelqu'un qui n'aurait plus jamais les moyens d'être là, qui ne pourrait plus jamais se fondre dans la masse. Et dans les pires moments je savais que c'était vrai : je n'en avais pas la force. Il fallait de la niaque, il fallait de l'énergie et j'avais tout perdu, mon énergie je l'avais bue et fumée et je me l'étais injectée en barre et maintenant elle s'était complètement dissoute dans la nuit, avec tous mes problèmes, tandis que moi je restais là, tout vide, tout plein d'une espèce de brume qui ne servait plus à rien. J'avais du mal à expliquer ça, j'avais essayé avec Emmy mais c'était difficile et elle n'avait pas compris exactement, c'était trop chelou et trop intime aussi, et je ne voulais de toute façon pas non plus qu'elle s'imagine que j'abandonnais une nouvelle fois. Ce n'était pas ça, pas vraiment - non seulement c'était plus fort que moi, mais en plus c'était quelque chose que je ne m'expliquais pas, quelque chose qui m'arrivait comme une expérience sensorielle, de temps en temps, et qui me rappelait bien sympathiquement que j'avais perdu l'une de mes raisons de vivre et qu'on ne redevient jamais soi-même après ce petit tour de passe-passe, qu'on l'accepte ou non.


- Oui, on en a parlé.

... Oui.

Le reste des paroles de James était un peu atténué par les battements de mon coeur qui m'étaient remontés dans les oreilles - je détestais cette sensation, c'était la même qu'avant de s'évanouir ou se sentir mal, et merci, mais j'avais eu mon quota pour les dix bonnes années à venir.

Oui...

En un sens, tant mieux, ma raison me disait qu'il le fallait, que je ne voulais pas que Coop porte son fardeau complètement seul, qu'il avait eu tellement à supporter pour un gamin, que rien n'était juste là-dedans, que c'était bien s'il s'était confié à un mec cool, plus cool que certains Médicomages trop obnubilés par leur travail chimique pour s'intéresser au reste.

Mais d'un autre côté j'avais encore de la peine, il le savait et pas moi, il le savait et ne me l'avait pas dit, j'avais espéré comme un con, j'avais imaginé ma vie plus tard et il était là et quand j'avais compris ce n'était pas une baffe que je m'étais pris, c'était le monde entier qui s'était écroulé, l'intérieur de moi qui s'était effondré, et si c'était parce qu'il ne me faisait pas confiance, et si au fond il avait eu raison, vu ma réaction ensuite ?

Je détestais ce deuxième côté.

Ben tiens : je sentais que les larmes avaient coulé malgré moi, et je m'essuyais vite fait les yeux, serrant les dents, pour stopper la suite.


- En sortant de Poudlard, j’ai travaillé aux urgences de Sainte-Mangouste. J’ai… J’ai vu des gens mourants, j’ai dû annoncer à des familles qu’il n’y avait plus d’espoir, annoncer à des gens que… que c’était fini, qu’ils ne s’en sortiraient pas. C’est la pire chose possible. Je comprends que Coop n’ai pas eu le courage de le faire. Mais tu sais, de toutes les personnes que j’ai vu dans sa position, il était probablement le plus serein. J’ai vu des adultes terrifiés, qui niaient ce qui se passait… Coop était tellement mature et courageux sur ça, ça m’a toujours impressionné. Ce n’est pas qu’il n’avait pas peur… Je… Je pense qu’il n’avait pas peur de la chose en elle-même. Il avait peur d’avoir mal peut-être, mais si ça peut te rassurer, on a tout fait pour que ça ne soit pas le cas, que ça soit… le plus… apaisant possible, même si… Au fond… ll avait peur de ta réaction, surtout. On en avait parlé. Il savait que ça allait être terrible pour toi et… Il m’a dit qu’il avait peur que tu sois malheureux toute ta vie à cause de ça, de lui, alors qu’à l’inverse lui tu n’avais fait que le rendre heureux. Il était très touché de tout ce que tu faisais pour lui, depuis que vous étiez gamins.

Je fis oui de la tête, pas sûr de pouvoir parler tout de suite. Je savais tout ça : son courage, sa maturité, plus que n'importe quel adulte, tout ce qui le rendait exceptionnel. Je savais qu'on avait eu une relation géniale, et particulière aussi. Je savais qu'il savait que je l'aimais même si je ne savais pas le dire. Je savais qu'il avait peur de me rendre triste.

- Pardon si c’est déplacé, mais je voulais juste dire que… Peut-être que tu penses que tu n’as pas eu la réaction qu’il fallait, que tu l’aurais déçu mais je suis sûr que c’est l’inverse. Il n’y a pas de mode d’emploi dans ces situations. Coop serait sûrement fier de où tu en es maintenant, non ? Ce qui compte c’est que tu aies réussi à t’en sortir. Certaines personnes n’y arrivent jamais.

C'est vrai qu'il m'avait dit pardon. Il avait souri un peu et malgré sa fièvre et son manque de forces il s'était excusé, parce qu'il savait. Il savait tout le temps, de toute façon, j'étais un livre ouvert pour lui, surtout quand ça n'allait pas. Je crois que ça me manquait aussi ça, de me dire que la personne qui me connaissait le mieux, qui me connaissait sur le bout des doigts, qui m'avait vu grandir, qui avait partagé quasi toutes mes journées, ne seraient plus jamais de ce monde, ne pourrait plus jamais me regarder et comprendre en une seconde. C'était effrayant et fatiguant rien que d'y penser...

Je relevai un peu la tête vers James. J'aurais aimé le croire. C'était gentil de me dire ça.


- Hmmm... Tout monde me dit ça, que maintenant il est fier, tout ça, mais... C'est des conneries, je trouve, c'est pas vrai, il détestait quand je fumais de la weed alors pardons mais là j'ai carrément pété tous les compteurs... J'ai fait du mal à tout le monde, même à mon oncle et ma tante, je me suis coupé de tout le monde, je me suis défoncé et j'ai failli crever, je crois que clairement il aurait été carrément déçu et m'en aurait voulu. Aujourd'hui il serait peut-être fier que je m'en sois sorti, mais on va pas se mentir, je me suis mis tout seul dans la merde... Je lançai mon mégot de cigarette en donnant un petit coup dedans, et le bout incandescent vola devant nous dans la nuit. C'est gentil hein, mais je t'avoue que moi j'ai du mal à y croire. Peut-être que ça viendra. Je haussai les épaules. J'étais las. En tout cas ça me fait super plaisir de parler de lui... De savoir que tu l'as connu et que tu l'aimais bien, et tout. Merci. Et merci de t'être occupé de lui.

Je commençai à avoir froid. Je commençai aussi à sentir qu'à trop parler comme ça j'allais arriver dans un endroit d'où je ne pourrais plus repartir.

- On rentre ? lui demandai-je. Je savais qu'il comprenait.




Terminé

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