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Tout ce qui brille (Dan)



 

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 Tout ce qui brille (Dan)

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Heather Lass
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MessageSujet: Tout ce qui brille (Dan)   Lun 10 Oct - 18:25

Spoiler:
 


Heather avait béni cette coïncidence qui avait annulé ses derniers cours de la journée, pour cause de réunion professorale – sûrement plus que les élèves eux-mêmes, qui avaient pourtant accueilli la nouvelle en explosant de joie dans le couloir. Les laissant à leurs occupations, Heather avait bien vite regagné sa chambre : elle allait pouvoir se consacrer entièrement à la préparation de ce soir.

Pour rendre la chose encore plus agréable, elle fit apparaître des flammes magiques sous sa bouilloire et se prépara un thé bien chaud ; tandis qu’il chauffait elle s’occupa de nourrir son petit chat noir, qu’elle caressa distraitement. Il ronronnait fort, roulé en boule sur l’un des coussins, mais elle avait l’esprit ailleurs et le cœur palpitant d’excitation. Son regard, perdu au-delà de la grande fenêtre, se posait sur le parc sans le voir. Il faisait gris mais encore doux, bien que la nuit tombât de plus en plus tôt et qu’il fallait de ce fait absolument prévoir une veste un peu chaude pour rentrer. Heureusement, ils n’auraient pas loin à aller, mais le chemin qui serpentait de Pré-au-Lard jusqu’à Poudlard était tout de même bien frais la nuit et elle ne voulait pas tomber malade, encore plus si ils discutaient et traînaient un peu en rentrant ! Elle sentit son cœur s’affoler encore plus, et une douce chaleur se répandre depuis son ventre jusqu’aux extrémités de son corps. Comme elle était heureuse de la tournure qu’avait pris les évènements ! Quelque part, elle n’arrivait même pas à y croire – ils en avaient fait du chemin, depuis leur petit village irlandais jusqu’au château écossais, où un curieux coup du sort avait décrété qu’ils seraient assistants en même temps. Heather avait peine à croire qu’elle avait réellement été cette jeune fille, celle qui avait été fiancé à quelqu’un, celle qui avait eu des aventures qui l’avaient passionnée et blessée, celle qui avait su être si peste et si mauvaise, comme avec Dan par exemple. Elle avait beau aimer son père et ses frères plus que tout et mesuré comme ils l’avaient tous placé au centre de leur vie, elle avait conscience à présent qu’être la petite princesse préférée de tout le monde pouvait clairement voiler un peu la face. Pour autant, elle avait l’impression d’avoir rattrapé le coup auprès de Dan – pensait-il la même chose ?! – et elle avait surtout l’envie de passer à autre chose. En tout cas : ce soir s’annonçait particulièrement excitant.

Un autre des apprentis de Poudlard, James Miller, avait lancé l’invitation auprès de tout le monde intéressé : une petite soirée aux Trois Balais en fin de semaine, tous ensemble, histoire de discuter et de s’amuser en dehors des couloirs du château. L’idée avait été reçue avec enthousiasme, surtout que la rentrée commençait à se faire sentir et qu’ils avaient tous besoin de relâcher un peu la pression. Heather, enchantée, avait répondu directement à James par l’affirmative – elle l’aimait bien, il était gentil et chaleureux et elle avait l’impression de trouver en lui un allié de bonne humeur à toute épreuve – avant d’en toucher un mot à Dan, alors qu’ils se retrouvaient le lendemain pour travailler ensemble. Il avait paru beaucoup moins emballé de la perspective de cette soirée, et elle avait eu peur qu’il ne vienne pas. Mais il s’était décidé (par quel miracle ?! Elle avait insisté tout en craignant de le brusquer, c’était toujours un peu ça avec lui) et rien ne comptait plus, à présent, que ce soir, et toutes les images qui lui venaient en tête depuis des jours.

Trop excitée pour rester sans rien faire, la jeune fille commença par écrire une lettre à Emmy, dans laquelle elle ne s’exprima globalement que par !!!!!! et haaaaa et hiiiiii pour rappeler à son amie (si tant est qu’elle ait oublié) que CE SOIR ÉTAIT LE SOIR et qu’elle mourrait d’envie de se changer les idées et de s’amuser avec tout le monde et notamment avec DAN et Dan ceci et Dan cela et peut-être qu’ils allaient danser et elle avait besoin de ça et c’était si dommage qu’Emmy ne puisse pas venir mais é v i d e m m e n t qu’elle lui raconterait tout en détails - CROUSTILLANTS elle l’espérait ; etc.

Elle s’en fut porter sa lettre à la volière (son hibou était parti pour l’Irlande au début de la journée et n’était pas encore revenu) et revint en sautillant presque, si elle ne s’était pas retenue. Comme l’heure avançait lentement !...

Agitant sa baguette, elle se lança alors dans un rangement de sa chambre (qui n’en avait pas vraiment besoin) et de sa penderie (non plus) histoire de s’occuper les mains et l’esprit, puis elle lut un demi-chapitre du roman que son frère lui avait envoyé et qui était palpitant mais pas dans un tel moment ; après l’avoir laissé tomber elle décida de faire des étirements car elle avait un peu mal au dos ces derniers temps mais subitement plus rien ne lui faisait mal – enfin, elle passa à la salle de bain, prit un bain dans lequel elle mit des boules de bain magiques qui explosèrent dans tous les sens avec une foule de couleurs, dans lequel elle se prélassa indéfiniment. L’heure avait un peu avancé. Il lui restait une bonne heure, à savoir ce qu’il fallait pour se préparer.

Se séchant, elle mit un fond de musique sur lequel elle se mit à danser tout en s’affairant dans tous les coins : d’abord les cheveux, car elle avait opté de les laisser lâches mais il fallait que leur ondulation soit parfaite et parfaitement négligée. Ensuite les ongles, qu’elle vernit à l’aide de sa baguette et dont elle changea la couleur une bonne dizaine de fois avant d’opter pour la couleur du début, un rouge sombre et légèrement pailleté. Puis le maquillage : de l’argenté en base, un trait d’eye-liner, des paillettes sous les yeux, du rouge à lèvres légèrement rose, du parfum, de la crème. Et enfin : la robe, une robe longue et bustier, turquoise foncé, qu’elle faisait tenir en place grâce à des bretelles magiques totalement invisibles ; son collier que son père lui avait offert, un tout petit diamant au bout d’une chaîne très fine, une bague, un bracelet, et des chaussures à talons s’attachant autour de la cheville. Le résultat était satisfaisant, se dit-elle en se regardant dans le miroir sous tous les angles – même son chat la suivait d’un regard curieux, sûrement se demandait-il pourquoi elle s’agitait ainsi alors qu’il n’aspirait qu’à dormir. Elle enfila un petit gilet noir et court qu’elle pourrait très vite ôter s’il faisait bon sur place, puis passa son manteau sur elle – un dernier regard au miroir et elle sortait de sa chambre, le cœur battant et le sang bourdonnant dans ses veines.

Il y avait longtemps qu’elle ne s’était pas sentie aussi joyeuse.

Elle ne toqua pas à la porte de Dan ; il avait quelques tâches à finir et devait les rejoindre une petite heure plus tard. Une voix dans sa tête lui susurra qu’il ne pourrait peut-être pas venir, mais elle refusa de l’écouter. Vite, elle descendit les escaliers, traversa le hall et s’engouffra au-dehors. La nuit tombait, la lumière du jour devenait grise et les fenêtres du château commençaient à projeter leur lumière sur l’herbe grasse du parc. James était là, avec d’autres assistants, et ils partirent ensemble en direction des Trois Balais. Très vite, l’esprit de la fête les gagna tous ; Heather commanda un premier cocktail puis un deuxième, tout le monde parlait et riait et la musique n’était pas encore trop forte pour les empêcher de s’entendre ; il régnait dans le pub une chaleureuse ambiance pleine de légèreté qui les enveloppait dans une petite bulle rien qu’à eux. Mais, très discrètement, Heather vérifiait l’heure ; quand il fut près du moment où Dan allait arriver, elle laissa un simple fond dans son verre, qu’elle mit un peu de temps à finir… Et quand sa haute silhouette apparut à la porte, elle se leva pour aller se resservir.

Il lui fallut prendre un peu sur elle : à la vue de Dan, des papillons s’étaient envolés dans son ventre et elle savait qu’elle avait un peu rougi (heureusement, l’alcool pouvait aisément porter le chapeau). En tout cas, radieuse, elle souriait et l’accueillit avec un regard pétillant de joie :


- Dan !! On est là-bas ! dit-elle en désignant, au fond, la grande tablée. Mais avant de t’installer, tu me dis ce que tu veux… Je te paye un verre !

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Daniel O'Brien
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MessageSujet: Re: Tout ce qui brille (Dan)   Jeu 13 Oct - 18:25

Nous éclatâmes de rire en même temps, faisant sursauter le couple de sorciers âgés assis dernier nous, mais cela nous importaient peu. Maureen avait son petit sourire mesquin, celui qu’elle faisait toujours quand nous rigolions de ses blagues, et Fiona hochait la tête pour approuver toute l’histoire qui venait d’être racontée. Maureen était toujours la meilleure pour imiter mes parents et plaisanter même quand l’humeur était un peu lourde. Bien sûr, nous savions tous que derrière l’empressement de ma mère pour « ramasser ces fichues pomme de terre ! », il y avait beaucoup plus en jeu, parce que depuis mon départ puis celui de Caitlin, plus l’affaiblissement de mon grand-père, les parents avaient à gérer beaucoup plus de choses par eux-mêmes, sans compter la mauvaise météo qui avait abimé nos récoltes, mais nous préférions en rire tous ensemble devant les imitations géniales de Maureen qui ne ratait jamais une occasion d’alléger la situation. Au quotidien, sa bonne humeur me manquait souvent, elle avait véritablement le don de rebondir dans toutes les situations. A la maison, lorsque quelqu’un avait une mauvaise journée, on parlait toujours en riant d’aller dans la « spin-room », la chambre de Maureen – enfin, même si nous dormions tous les quatre dans la même pièce, mais peu importe – pour qu’elle nous remonte le moral. Après une longue journée à Poudlard, je ne pouvais pas aller la voir, mais je lui envoyais une lettre, pour lui raconter. En retour, je recevais toujours une enveloppe remplie de fleurs séchées du jardin, des petits mots réconfortants, et une bonne dose d’anecdotes pour me faire rire. J’admirais sa résilience. En un sens, c’était celle de nous qui avait le moins de rancœur sur notre situation, celle qui en riait le plus facilement, et c’était une force que j’admirais.

Mes sœurs et moi nous étions retrouvés dans un petit café du chemin de Traverse. Caitlin avait aménagé quelques semaines auparavant – j’étais venu l’aider, autant financièrement que pour le déménagement – pour son stage chez un apothicaire, et Fiona et Maureen avaient voulu pour venir pour quelques jours. Comme j’avais enfin appris à transplaner, après avoir dû payer un professeur particulier pour un stage intensif de remise à niveau, j’en profitais maintenant pour bouger beaucoup plus. Nous avions convenu de nous retrouver donc un après-midi où je n’avais pas cours, et j’avais promis de  passer le week-end là-bas. Cela faisait un petit moment que nous n’avions pas été ainsi, seulement tous les quatre, et c’était étrange de voir comment les habitudes revenaient rapidement. Nonchalamment, je m’étais mis à tresser les cheveux violets de Fiona tandis qu’elle piquait un bout de pancakes à Caitlin, qui elle-même jouait avec les mains de Maureen. Nous avions notre propre langage, fait de gestes et de silence, qui semblait toujours étonner les gens qui nous voyait ensemble pour la première fois. Au village, tout le monde était habitué, nous étions même chouchoutés car nous étions les derniers adolescents qui restaient alors que tout le monde partait à Poudlard, si bien que les habitants étaient familiers à notre présence lorsque nous trainions dans le pub du café, ou qu’on jouait dans la colline près de l’école primaire.



A Londres, ou quand elles étaient venus me voir à Dublin, ce n’était pas tout à fait pareil. Nous évoluions différemment dans une grande ville, toujours un peu perdu, même si je prétendais le contraire à qui voulait bien me croire. J’avais économisé assez pour m’acheter des robes en plutôt bon état, mais mes sœurs n’avaient pas ce luxe – même si je veillais à leur en offrir dès que je le pouvais. Fiona et Maureen récupérait surtout les habits de Caitlin, qui elle-même les achetait de seconde main. Les plus beaux habits que nous possédions étaient ceux que Caitlin cousait quand elle avait le temps. Mais cela se voyait bien que nous n’avions pas d’argent, et cela s’accentuait probablement dans nos manières. Fiona surtout, qui était la plus casse-cou de nous quatre, passait son temps à parler fort, à courir partout, à renverser des objets, elle avait l’habitude des grands espaces et de la liberté, et les convenances d’un petit café sorcier n’étaient pas dans son registre. J’aurais habituellement détesté quelqu’un comme ça, et si plus jeune cela m’avait parfois agacé, je m’y étais tellement fait qu’à présent, je me sentais agressif dès que quelqu’un jetait un regard noir à Fiona.

Nous continuâmes donc à discuter et à rire, tous dans notre petite bulle. Caitlin me demanda des nouvelles d’Heather, et si je m’entendais mieux avec elle, ce qui créa une longue discussion où chacune de mes sœurs rajoutaient son petit grain de sel sur le sujet. Je ne m’en offusquais pas, j’avais l’habitude. Je n’avais de toute façon aucun secret pour elles. Longtemps, cela m’avait énervé, parce que je voulais mon jardin secret et mon indépendance mais maintenant que j’avais cette dernière, je me retrouvais à revenir vers mes sœurs avec une nouvelle affection. On discuta aussi du stage de Caitlin, de mes parents, de la vie à la ferme, bref, de tout et de rien, comme d’habitude. Finalement, je dus rentrer, parce que j’avais non seulement une soirée à finir mais aussi une soirée – mes sœurs protestèrent un peu pour que je reste, mais elles savaient que je revenais bientôt. Quelques embrassades et plaisanteries plus tard, elles me laissèrent partir, je payais au passage ce que nous avions consommé – elles protestèrent à nouveau – et je transplanai à nouveau pour retourner au château.

Arrivé, je me mis à travailler, mais mon esprit était ailleurs. Je pensais à la soirée, à ce que j’allais porter, mais surtout à la présence d’Ariane… Je restais quelques minutes à songer à elle, tout en laissant mes doigts jouer sur un casse-tête en bois que j’avais acheté sur le chemin de Traverse. Cela faisait déjà plusieurs soirées que j’essayais de conclure avec elle, mais elle était particulièrement difficile, ce qui pimentait d’ailleurs le jeu… Je n’avais pas eu envie d’une fille depuis un moment, et cela m’amusait de retrouver cette séduction facile, ce désir grandissant, le fantasme de le voir conclure… Je ne voulais rien de plus que ça, finalement, et il fallait dire qu’Ariane promettait une nuit plus qu’intéressante, quand je voyais la façon qu’elle avait de danser, de me frôler, juste comme ça, pour rire. J’avais simplement envie d’elle, juste une nuit. Quelque chose grondait en moi. Je me préparais donc avec un peu plus d’attention que d’habitude, relevant mes cheveux à présent longs en catogan, et enfilant une chemise cintrée. Il faisait froid, et avant de sortir, j’enfilai ma veste épaisse en daim dont la doublure était fourrée en laine de mouton. Je marchai rapidement, et à peine arrivé au bar, je remarquai deux choses ; Ariane, au loin, et Heather qui marchait vers moi, toute scintillante dans une robe qui la mettait particulièrement en valeur.


- Dan !! On est là-bas ! Mais avant de t’installer, tu me dis ce que tu veux… Je te paye un verre !

Je lui fis un grand sourire. J’aimais bien quand elle était ainsi, toute rayonnante ; sa joie était communicative.

- Avec plaisir, mais laisse-moi d’abord poser ma veste, je meurs de chaud, répondis-je, ôtant en même temps que je parlais ma fameuse veste, découvrant ma chemise blanche impeccable.

On alla vers la table, je saluai tout le monde rapidement, j’échangeai deux mots avec James, et parti avec Heather en direction du bar. Elle avait coiffé ses cheveux avec un peu plus d’attention, et ils contrastaient joliment avec sa robe – au loin, je remarquai qu’Ariane m’avait vu, mais surtout avait vu que j’étais en bonne compagnie. Une idée germa alors en moi, d’un coup, et je me sentis particulièrement satisfait. On s’approcha du comptoir, et comme il y avait un peu plus de monde, je jouais subtilement des coudes, glissant ma main dans le dos d’Heather pour l’orienter, ne pas la perdre… Mais aussi parce que j’espérais qu’Ariane nous regarde. J’eus un petit sourire vers Heather, faussement innocent.


- Je veux bien une Guinness, s’il te plait, dis-je en lui adressant un petit clin d’œil. On ne changeait pas les bonnes habitudes. On trinque à quoi ? À nous ? Nos verres s'entrechoquèrent et je soutiens le regard d'Heather, silencieux quelques secondes. Oh, mes soeurs te passent le bonjour, Caitlin m'a demandé comment tu allais ! J'ai dit que tu allais bien, j'espère ne pas m'être trompé ?

Il ne restait plus qu'à voir si Heather allait marcher...

_________________


My thoughts are crabbed and sallow,
My tears like vinegar,
Or the bitter blinking yellow
Of an acetic star.

Tonight the caustic wind, love,
Gossips late and soon,
And I wear the wry-faced pucker of
The sour lemon moon.

While like an early summer plum,
Puny, green, and tart,
Droops upon its wizened stem
My lean, unripened heart.


Dernière édition par Daniel O'Brien le Dim 13 Nov - 19:17, édité 1 fois
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Heather Lass
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MessageSujet: Re: Tout ce qui brille (Dan)   Lun 31 Oct - 15:58

- Avec plaisir, mais laisse-moi d’abord poser ma veste, je meurs de chaud.

Dan avait souri, il avait capté son regard ; l’air frais s’était engouffré dans le pub en même temps que lui. Heather se sentit frissonner des pieds à la tête (et pas du tout à cause du léger courant d’air) et elle le suivit docilement, tandis qu’il allait poser son épaisse veste. Il salua les autres et elle n’entendit pas un mot de ce qu’il racontait à James – quand il avait ôté sa veste elle avait été captivée par son torse sous la chemise tendue, par ses muscles discrètement dessinés, par sa stature tellement grande et large, par ses cheveux noués, brillants et épais, par tout ce qu’il dégageait et auquel elle ne pouvait plus résister. C’était acté : plus de marche arrière possible. Oh, Heather se connaissait bien ; elle avait toujours eu une tendance au cœur d’artichaut et des propensions certaines à l’hystérie et à la passion, dans ce domaine là. Il n’était plus qu’une question de temps avant que Dan, qui avait clairement touché son cœur, soit la cible de son obsession. Au vu de ce qu’elle ressentait ce soir, de la puissance de ses émotions et la manière dont il la captivait, elle savait pertinemment qu’elle était raide amoureuse de lui et que plus rien ne pourrait lui sortir Dan de la tête. Le soir, dans son lit, quand il n’imaginait pas tous les stratagèmes pour le séduire, ou quand elle ne se racontait pas des scénarios dans lesquels il venait la chercher et l’embrasser, elle s’amusait à deviner la réaction de son père et de ses frères, ou bien de la famille de Dan et notamment de Caitlin si elle leur disait qu’elle sortait avec Dan. Les grands-parents O’Brien, qu’elle adorait et qui lui rendaient bien, seraient probablement les plus ravis ; les autres seraient sûrement un peu méfiants mais elle avait si hâte de ce moment qu’elle était capable d’effacer toutes les zones d’ombre de son esprit sans aucun problème.

Ils se dirigèrent de nouveau vers le bar, elle en tête et lui juste derrière, se frayant un chemin parmi la population du pub, de plus en plus nombreuse. Elle pouvait sentir son odeur masculine lui chatouiller les narines comme un félin à l’affût ; elle n’avait aussi pas rêvé, n’est-ce pas, ce petit regard en sa direction, la manière dont il avait regardé sa tenue, ses cheveux ?! Elle se sentit rosir un peu plus de plaisir, et quand ils s’approchèrent du comptoir, elle sentit la main de Dan dans le bas de son dos et crut qu’elle allait défaillir ; heureusement, elle put s’accouder au comptoir, ce qui lui sauva la mise. Se sentant brûlante de l’intérieur, elle leva le regard vers lui – il était tout prêt, tout à côté d’elle. Elle avait envie de lui sauter au cou.


- Je veux bien une Guinness, s’il te plait
. On leur apporta les verres et elle les paya. On trinque à quoi ? À nous ?

Les yeux remplis d’étoiles, Heather leva son verre elle aussi et ils trinquèrent.

- À nous, à notre succès au boulot… et à tout ce que tu as fait pour moi ces derniers temps, ajouta-t-elle un tout petit peu plus bas, sérieuse pour quelques secondes, et sincère surtout. Indépendamment du reste, Dan s’était si bien occupée d’elle après l’attaque des Détraqueurs – et restait si disponible pour elle quand elle lui exprimait ses peurs parfois qu’elle ne pouvait pas ne pas le relever et ne pas le remercier. Bien sûr, cela l’avait fait fondre encore plus, mais il lui était si dévoué en ces moments qu’elle en était presque étonnée, car jamais elle ne l’avait vu sous un jour si doux et si attentionné.

- Oh, mes soeurs te passent le bonjour, Caitlin m'a demandé comment tu allais ! J'ai dit que tu allais bien, j'espère ne pas m'être trompé ?

Souriante à cette évocation, Heather acquiesça et se sentit heureuse d’avoir des nouvelles de chez elle, par le biais de la famille de Dan. Si Caitlin était celle dont elle était la plus proche, en âge comme en amitié, elle avait toujours beaucoup aimé les sœurs O’Brien – qui lui avaient d’ailleurs toujours mieux rendu que leur frère, mais c’était une autre histoire. Elles s’écrivaient assez régulièrement et se tenaient au courant de leurs vies, mais depuis que Dan travaillait à Poudlard, Heather n’avait jamais évoqué vraiment tout ce qu’elle ressentait et la bascule qui avait eu lieu, non pas parce qu’elle ne faisait pas confiance à Caitlin mais… C’était étrange, et c’était encore plus étrange quand elle était conscient d’avoir été une peste avec lui pendant leur adolescence.

- Oh oui, très bien ! Et surtout ce soir, eut-elle envie d’ajouter. Je suis contente pour Caitlin, son boulot et son appart, elle le mérite tellement ! Mais ça doit faire bizarre chez toi, pour tes parents… Elle n’osa pas aller plus loin, de peur qu’il interprète mal – elle voulait simplement souligner le fait qu’une maison qui se vide est toujours douloureux pour les parents, rien de plus. Mon père compatit en tout cas, conclut-elle avec un petit sourire. Et comment vont tes grands-parents ?! Il y avait longtemps qu’elle ne les avait pas vus.

Un peu plus loin, James leur fit signe de les rejoindre, Heather en profita pour attraper le bras de Dan et l’entraîner avec elle, pour rejoindre les autres. Ils avaient sorti des jeux de société sorciers et les ouvraient en riant et en parlant tous ensemble ; ils convinrent alors de jouer à l’un d’entre eux en pimentant avec des gages d’alcool. C’était plus pour se mettre dans l’ambiance qu’autre chose, même s’ils n’avaient pas vraiment besoin de ça : la bonne humeur régnait et Heather, qui en était déjà à son troisième verre, sentait un léger picotement dans ses joues et ses membres, ainsi qu’une chaleur diffuse la gagner peu à peu. Il fut question de se mettre en équipe, deux par deux, et comme elle s’était glissée à côté de Dan sur la banquette, ils furent mis d’office en équipe. Quelque chose papillonna de nouveau au creux de son ventre.

De temps à autre, elle jetait des regards à Dan qui, fidèle à lui-même, participait à tout ça avec un léger recul et une légère froideur, tout en balayant souvent la salle du regard et en regardant ailleurs de temps à autre, comme s’il voulait clairement signifier qu’il n’était pas totalement présent au milieu d’eux. Elle devinait qu’il avait toujours souffert d’avoir été à l’écart de tous et de tout, et par habitude il devait sans doute répéter le schéma – elle n’avait jamais rencontré quelqu’un de si fier et avec autant d’aplomb, et c’était quelque chose qu’elle admirait chez lui, et qui l’attirait indéniablement. Heather se demandait d’ailleurs souvent ce qui lui passait par la tête quand il avait l’air ailleurs, dans son monde, et s’attristait un peu de ne jamais pouvoir s’en approcher.

Elle finit par croiser son regard alors qu’elle lui en avait jeté un à la dérobée ; elle se sentit rougir un peu plus et sourit d’un air complice – ils étaient en tête des points pour l’instant – et fit mine de reporter son attention sur le jeu. Au fond d’elle, elle avait hâte que la suite de la soirée s’enclenche, qu’ils se lèvent et qu’ils dansent, qu’ils aient un peu plus d’intimité aussi, et elle se demandait déjà comment se passerait le moment où il se pencherait enfin vers elle… Se secouant un peu, et comme c’était à elle de jouer, elle lança alors le dé magique qui tournoya sur lui-même.

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Daniel O'Brien
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MessageSujet: Re: Tout ce qui brille (Dan)   Dim 13 Nov - 19:16

Alors que nous trinquions, Heather en profita pour me glisser un remerciement, à sa manière, et je balayai ses mots en hochant la tête. C’était agréable qu’elle remarque et souligne ce que j’avais fait pour elle, mais en parler me gênait. Il était dans ma nature d’être attentif aux gens dont j’étais proche – c’est-à-dire ma famille – et j’avais du mal à réaliser que j’étais en train de devenir ainsi avec Heather, un peu protecteur, inquiet de comment elle allait, j’avais l’impression que ce n’était pas vraiment moi, ou que c’était difficile à admettre que ça l’était. J’haussai les épaules et souris pour remercier Heather en retour, mais j’avais envie de changer de sujet, car non seulement celui-ci me rendait inconfortable, mais j’avais une autre idée en tête pour ce soir, et me rappeler que j’appréciais Heather et m’inquiétait de son bien-être risquait de la compliquer. Ce n’était pas le moment d’éprouver de la culpabilité – je n’avais même pas commencé ! Discrètement, je jetai un regard vers Ariane qui, je le savais, pouvait nous voir. Après tout, le jeu en valait la chandelle, et si Heather l’acceptait, c’était son choix, je ne lui promettais rien et elle le savait bien. Je me reconcentrai sur son visage, constellé de petites étoiles sur ses joues rougies par l’alcool et la chaleur du bar. Elle me regardait, et la lumière des bougies brillaient dans ses pupilles.

- Oh oui, très bien ! Je suis contente pour Caitlin, son boulot et son appart, elle le mérite tellement ! Mais ça doit faire bizarre chez toi, pour tes parents… Mon père compatit en tout cas. Et comment vont tes grands-parents ?!

Quelque chose se contracta un peu dans mes entrailles. Je n’oubliais jamais qu’Heather était cet étrange lien entre mon passé et mon présent, qu’elle connaissait ma famille et était proche d’elle, mais c’était toujours étrange lorsqu’elle en parlait, perçant à jour quelque chose dont j’étais fier mais qui me rendait aussi très pudique. Sans le savoir, elle avait mis les pieds dans le plat en parlant de mes parents mais aussi de mes grands-parents, et je sentis que mon visage s’assombrissait légèrement malgré moi, tandis que mes pensées dérivaient vers mon grand-père. J’avais compris, à travers les mots de mes sœurs, que l’ambiance à la maison était étrange, elles ne m’avaient pas tout dit mais j’avais bien vite compris. Je n’étais pas dupe, pourtant, et j’avais de la peine pour mes parents, je m’inquiétais pour mon grand-père, mais au fond, il y avait une fatalité à laquelle je m’étais toujours un peu préparé ; mes sœurs et moi allions faire notre vie, mes grands-parents allaient vieillir, les choses allaient changer, c’était naturel après tout. Pourtant, cela répandait un sentiment étrange un moi.

- Je suis content pour elle aussi, dis-je avec un petit sourire, pour qu’Heather ne remarque pas mon trouble. Mes parents s’y attendaient, et puis tu sais, Fiona est assez bruyante pour compenser le départ de moi et Cait. Je lui lançai un regard entendu. Mon grand-père est un peu fatigué en ce moment, mais tout le monde va bien.

Je n’avais pas envie de dire plus, et je savais qu’Heather l’entendrait dans mon ton de voix, elle était assez perspicace pour cela. James au loin nous fit un signe pour qu’on les rejoigne, j’en étais bien content, et je suivis Heather qui avait attrapé mon bras. Je ne faisais pas souvent des soirées où nous étions si nombreux, mais j’avais appris à en connaître les petites habitudes et les règles, et comme à chaque fois, nous allions jouer, et inclure un peu d’alcool pour pimenter le tout. Cela me faisait penser aux soirées chez moi, au coin du feu, où nous jouions tous ensemble et que mon père sortait le whisky et nous laissait en boire un peu. Mais ce n’était pas le moment de me souvenir de cela, et heureusement un jeu en équipe fût initié, canalisant mes pensées vers mon désir de gagner qui n’était jamais bien loin. Heather et moi étions en équipe, ce qui arrangeait bien ma petite affaire, et j’avais à nouveau cherché Ariane dans la foule. Nos regards s’étaient croisés et j’avais brièvement souri avant de me reconcentrer sur Heather à mes côtés, conscient qu’Ariane se sentirait ignorée, et cela me fit très plaisir.

Heather me jeta un petit regard au moment où je la regardai à nouveau, et elle me fit un sourire malicieux qui me fit sourire en retour. Sa joie se communiquait une fois de plus à moi, et je me laissai faire. J’étais heureux qu’elle soit là, plus que je voulais l’admettre. Autour de cette table, quasiment tout le monde se connaissait de Poudlard, avait gravité un peu dans le même monde, et j’étais comme toujours cet étranger, je détestai chaque référence à leur maison ou leur équipe de Quidditch, chaque petite blague sur le château, sur l’un des professeurs, je me sentais à part, toujours à part. Pourtant, j’étais à Poudlard à présent, j’avais ma revanche, n’est-ce pas ?... Non, au fond, je ne pourrais jamais vraiment récupérer ce qui me rongeait et me manquait, ce désir profond d’avoir fait ma scolarité là-bas, désir que je savais ne pourrait jamais être comblé. Mais Heather, à côté de moi, était comme une alliée, la seule qui savait tout sans vraiment savoir, cette ancre qui me ramenait à chez nous, à ce que je connaissais et qui me rassurait. Si j’avais regretté de la retrouver à Poudlard en début d’année, mon opinion avait fini par changer, même si j’avais encore du mal à l’admettre.

La partie se termina sur une victoire, ce qui me mit de bonne humeur, et après voir terminé cul sec mon verre, je tapai dans la main d’Heather en riant pour célébrer notre victoire. Deux filles du groupe – l’une particulièrement avinée – proposèrent alors d’aller danser, et si ce n’était habituellement pas trop ma tasse de thé, je n’avais pas perdu de vue mon plan… Je jetai un petit regard entendu à Heather, accompagné d’un léger sourire qui se voulait énigmatique. Elle aimait danser, elle se laisserait facilement prendre au jeu, j’en étais sûr…

Nous allâmes donc danser, et je repérai au loin ma cible – Ariane, assise à une table, en train de rire avec deux de ses amies. Je lui fis un bref signe de la main, avant de la glisser une nouvelle fois dans le dos d’Heather pour la diriger subtilement dans la foule. Notre groupe s’était scindé, certains préférant rester discuter et jouer tranquillement, et d’autres ayant envie de profiter de la musique. Une piste de danse improvisé se créait toujours dans un coin du bar, j’en avais à présent l’habitude, et nous dansâmes d’abord tous ensemble, même si je gardais mon attention toute dirigée vers Heather, lui lançant quelques regards de temps en temps, ayant quelques gestes vers elle, évitant les autres filles. James était venu avec nous, et j’avais déjà remarqué qu’il dansait terriblement bien, et sans l’admettre complètement, je m’en inspirai parfois, car j’étais en réalité souvent gêné de danser, j’avais l’impression que mon manque d’expérience dans ce domaine se voyait beaucoup trop et cela me dérangeait.

Il y eut une accalmie, et on se replia vers le bar. Prenant soin d’être à côté d’Heather, je nous commandai deux autres verres. Nous trinquâmes à nouveau, je soutins son regard avant de boire. Nous nous mîmes à discuter avec les autres, et comme mon bras était appuyé contre le comptoir et qu’Heather était à côté de moi, j’en profitais pour le passer autour de ses épaules, comme si de rien était. Je ne la regardai pas, feignant l’indifférence. Me déconnectant légèrement de la conversation, je caressai très légèrement le bras d’Heather, assez doucement pour que cela semble naturel, mais assez appuyé pour qu’elle le remarque. Sur la piste de danse, je remarquai Ariane, et mon objectif me revint en tête rapidement. Je me tournai vers Heather, un petit sourire aux lèvres.


- On va danser ? Lui dis-je, en m’adressant à elle et seulement à elle.

Cette fois-ci, j’avais ouvertement tourné mon attention vers elle. Elle dansait très bien et ses cheveux enflammés la rendait remarquable facilement, ce qui me facilitait la tâche, mais j’étais bien trop occupé à la regarder pour chercher Ariane du regard. Je savais qu’elle regardait, de toute façon. Nous dansions proche – un peu trop, peut-être – et je réalisai à quel point il était facile de jouer ce petit jeu avec Heather, parce qu’elle avait quelque chose de séduisant qu’il était difficile de ne pas remarquer. C’était peut-être son côté mutin, ou ce besoin qu’elle avait de plaire à tout le monde, ou peut-être les deux, mais cela fonctionnait. A vrai dire, je crois que je ne connaissais personne qui reste insensible à son charme, et si mon crush adolescent s’était envolé depuis un moment, ça aurait été mentir que de dire que son physique ne me faisait aucun effet, surtout lorsqu’elle dansait comme ça devant moi.

Mais je ne perdais pas de vue mon objectif. Ariane était sorti dehors, probablement pour fumer, et j’attendis que quelques chansons passent – je voulais que tout ressemble à des coïncidences – avant de m’écarter légèrement de la piste.


- Tu veux sortir prendre l’air ? On sera un peu tranquille, ajoutai-je avec un sourire aux lèvres.

Tout se déroulait à merveille, et j’espérai que la suite me réserve exactement ce que j’attendais – dans mon bas ventre, quelque chose gronda, fier et impatient de la fin que la soirée allait m’offrir.

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Heather Lass
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MessageSujet: Re: Tout ce qui brille (Dan)   Mar 22 Nov - 22:15

Si Heather s'était un jour demandé comment sa vie aurait été si elle n'avait pas été à Poudlard, et comment elle l'aurait vécu, elle ne ressentait jamais aussi intensément que lorsqu'elle était en présence de Dan la chance certaine qui lui avait permis de faire sa scolarité au château. Bien sûr, pour les jeunes sorciers de Grande-Bretagne ou d'Irlande, il était bien plus commun d'y aller, mais il y en avait d'autres qui ne pouvaient pas, ou simplement qui n'y allaient pas, et Heather s'était sentie bien stupide quand elle avait compris que le cas de Dan n'était pas isolé. Si elle avait mis toute son énergie, sa volonté et sa bonne humeur pour essayer de tout lui apprendre sur Poudlard dans leur vie de tous les jours, elle avait toujours l'impression de marcher sur des oeufs lorsqu'elle se rendait réellement compte ce qu'il avait manqué, ce qu'il pouvait ressentir. Ce soir, le groupe des assistants étaient pourtant tous dans le même bateau : jeunes adultes découvrant le monde du travail, assez adultes pour mesurer la différence mais assez jeunes encore pour s'amuser comme avant, du temps de leurs dernières années à Poudlard. Pourtant, il y avait toujours un moment où la conversation recoupait forcément des choses qu'ils avaient partagées ici : les soirées, les particularités des maisons, les souvenirs, les professeurs, les pires et les meilleures moments - c'était le cas tandis qu'ils jouaient et Heather eut l'impression (où l'imaginait-elle ?!) que le visage déjà souvent fermé de Dan se raidissait encore plus et que son regard se faisait plus vague, tandis que James et l'une des assistantes s'esclaffaient à propos d'un devoir commun qui leur avaient causé bien des tracas. Que fallait-il faire ? Il était trop fier pour ne pas agir subtilement : un brusque changement de conversation serait trop évident. Elle eut l'impression de se sentir figée pendant quelques secondes puis, dès que l'occasion s'en présenta, rebondit sur une phrase et emmena la conversation ailleurs, à laquelle Dan reparticipa petit à petit. Contente d'elle-même, au fond, elle se retint de le regarder pour lui sourire. Il y avait tellement d'interdits silencieux, entre eux !

L'ambiance fut alors à la danse - Heather sentit ses jambes devenir toutes molles tandis que son coeur explosait d'excitation ; elle manqua de trébucher en se relevant, mais masqua la chose in extremis. Pas question d'apparaître stupide en cet instant !

Si la musique lui sembla bien, il ne lui fallut que quelques secondes pour que tout s'occulte autour d'elle - soudain ils dansaient tous ensemble, riaient, faisaient n'importe quoi, se bousculaient un peu, jouaient des coudes, virevoltaient sur les rythmes endiablés, soudain tout le monde était en communion dans un cercle restreint, soudain elle dansait si proche de Dan et leurs yeux se croisaient parfois - à chaque coup d'oeil elle sentait son estomac prendre un peu plus feu, chacun de ses gestes lui paraissaient plus détachés d'elle, plus voluptueux, plus fantastique. Elle ressentait pleinement toute la fascination amoureuse qu'elle éprouvait pour lui, en plus de cette attirance magnétique et ce charisme qu'il dégageait : sa froideur l'hypnotisait, sa carrure la faisait frémir d'envie et il y avait quelque chose de si distant dans son attitude, comme un barrage, qu'elle mourrait d'envie de traverser. Tandis qu'ils dansaient, elle s'efforça tout de même de danser un peu avec les autres et de rire avec eux, mais une brume dans son cerveau lui donnait l'impression d'être sous le joug d'un sortilège qui l'aurait soudainement enchaînée à Dan.

Ils finirent par aller se reposer un peu au boire - Heather avait un peu mal aux pieds mais pourtant il lui semblait marcher sur des nuages - et elle ne comprit pas exactement comment cela s'était produit mais après avoir commandé elle se trouva tout contre Dan qui avait son bras quasiment autour de ses épaules. Au bout de quelques secondes, elle se rendit compte qu'elle en avait oublié de respirer ; elle se plongea alors dans son verre pour se donner une contenance. Son coeur lui déchirait le corps de l'intérieur, elle souriait et riait à tout ce qu'on lui disait ; quelque chose se passait en cette soirée magique, et si tout son être frémissait de bonheur, elle se demanda brièvement comment elle allait survivre à toute cette tension. Elle dut faire répéter Dan qui s'adressait à elle (il se pencha un peu plus près d'elle) ; ses yeux brillèrent, elle sentit ses joues rosirent encore plus, elle n'était même pas sûre de comprendre, elle s'en sortit avec une pirouette parce qu'elle savait y faire, heureusement, avec les garçons... Mais au fond, elle n'en menait pas large.


- On va danser ?

Heather se vit distinctement se hausser sur la pointe des pieds et l'embrasser de tout son être, mais quelqu'un était passé près d'eux et les avait bousculé. Ils allèrent danser de nouveau.

Cette fois-ci le jeu des corps et des mouvements se fit plus lent et plus sensuel, rien qu'entre deux, et Heather se laissa bercée par la musique et par les mouvements de Dan, la tête toute tourbillonnante d'émotions. Est-ce qu'il se rendait compte de tout cela, encore une fois ? Est-ce qu'il mesurait le chemin qu'ils avaient parcouru ? Est-ce qu'il lui restait, surtout, de cette attirance qu'il avait eue pour elle et qui les avaient ensuite d'ailleurs écartés ?


- Tu veux sortir prendre l’air ? On sera un peu tranquille, finit-il par proposer.

Heather repoussa ses cheveux en arrière car elle avait chaud et lui sourit :

- Avec plaisir !

Ils sortirent. Elle enfila au moment où il lui tenait la porte une écharpe sur ses épaules, qu'elle avait attrapée au passage parmi leurs affaires. Il y avait un peu de monde dehors, qui discutaient, fumaient, ou se rafraîchissaient. Heather sentit avec bonheur l'air plus frais balayer sa peau et elle suivit Dan, le coeur palpitant, mais plus léger, comme un papillon : comme s'il avait compris. Le sourire de Dan, la façon dont il avait de lui murmurer à l'oreille, son regard ? Elle avait compris, et quelque chose coulait dans tout son corps, comme un merveilleux nectar enivrant. Enfin ! Elle mourrait d'envie de l'embrasser - quand elle dut faire les derniers pas, elle eut l'impression qu'elle ne pourrait jamais plus se retenir.

Mais curieusement, Dan s'adossa au mur et lui dit quelque chose à propos d'un des assistants, à quoi elle répondit, surprise ; cela n'avait rien de spécial, c'était pour faire la conversation, comme il la faisait souvent, rien de plus... Elle ne comprenait pas et se figea ; puis elle surprit un regard qu'elle n'aurait pas du voir, en un quart de seconde, celui de Dan à l'adresse d'une petite brune un peu plus loin, qui le gratifia d'un sourire complice avant de se retourner, mine de rien.


- Tu... Tu la connais ? s'entendit dire Heather, d'une voix soudainement dénuée de toute chaleur.

Qu'est ce que c'était que cette mascarade ?!

Elle aurait reçu une gifle ou un seau d'eau sur la tête que l'effet aurait été le même ; Dan ne bougeait pas, il n'avait aucun mouvement vers elle et... Comment avait-elle pu se tromper à ce point, alors que tous les signes étaient là ?!


- Je reviens, je passe aux toilettes, dit-elle après une hésitation.

Tremblante de rage et de tristesse à la fois, elle ravala ses larmes ; en traversant le pub elle fit bonne figure auprès des autres, leur souriant et leur désignant les toilettes. Quand elle y entra, elle ferma la porte de la cabine et s'adossa au mur, la tête entre les mains. Elle avait l'impression d'être complètement stupide et de ne rien avoir compris - mais d'un autre côté Dan lui montrait pourtant de l'intérêt ?! Plus que jamais ?! Alors, pourquoi, et cette fille, qui était-elle ?? Il ne fallait surtout pas qu'elle pleure, ses yeux seraient rougis ; elle enfonça ses poings contre son visage et se força de respirer, tandis que la porte s'ouvrait de nouveau. Deux filles rentrèrent en pouffant et après avoir retouché leur maquillage et parlé d'un certain Luke, l'une dit simplement la phrase « je suis sûuuuure qu'Ariane va choper Dan ce soir c'est sûuuuur t'as vu leurs regaaaaards !!! ».

Après un temps qui lui parut infini, elles sortirent. Heather en fit ensuite de même. Elle était restée quelques secondes sans rien faire, sans rien penser, sans bouger. Mais la moutarde lui monta au nez en un quart de seconde et elle jaillit des toilettes comme une furie, traversa la salle les sourcils froncés, retrouva Dan, le tira violemment par le bras et lui hurla dessus sans autre préambule :


- Non mais tu le dis si je t'emmerde ?! Tu joues à quoi, avec moi et l'autre fille là ?!

Se redressant sur ses talons, elle lui lança un regard assassin, bien décidée à ne pas se laisser faire.

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Daniel O'Brien
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MessageSujet: Re: Tout ce qui brille (Dan)   Dim 18 Déc - 17:33


Il faisait froid dehors, contrastant avec l’atmosphère chaude et chaleureuse du bar. Le ciel, couvert et pollué des lumières du village encore éveillé, tirait vers un noir bleuté et orangé. Les rires se transformaient en fumée dans l’air, se mêlant à celle des cigarettes et des pipes magiques dont l’odeur d’herbes me revenait dans les narines. Je m’appuyai contre l’un des murs, et observai silencieusement ce qui se déroulait sous mes yeux. J’avais fini par m’habituer à ces soirées, à l’énergie encore étudiante de Pré-au-Lard les soirs de week-end, et pourtant, je m’y sentais toujours un peu comme un étranger. C’était comme un motif récurrent dans ma vie, j’avais fini par le remarquer, cette distance que je mettais entre ma vie et moi, comme si tout ce qui m’entourait n’était pas tout à fait à moi, ou à sa place. C’était particulier, comme sensation, désagréable mais à la fois si habituelle qu’elle en devenait presque rassurante par sa familiarité. Je n’étais vraiment chez moi qu’en Irlande, peu importe combien j’essayais de fuir mes racines, et du tout reste, je construisais en pointillés un univers autour de moi partout où j’allais. Peut-être qu’il me fallait rester plus longtemps dans un lieu pour enfin y faire un deuxième chez moi ? Mais je n’avais pas le temps… En regardant autour de moi à nouveau, les lieux, les gens, Heather aussi, j’avais une pointe d’amertume à l’idée de quitter tout cela, peu importe combien j’en étais détaché. Mais je savais que ma place n’était pas là, pas pour toujours, je voulais plus sans vraiment savoir quoi. Cette ambition qui me rongeait finirait par causer ma perte, je le savais. C’était terrible ; si cette soif n’était pas étanchée, je ne serais jamais heureux, mais je n’étais pas sûre qu’elle puisse être comblée…

Les cheveux d’Heather brillaient dans la nuit, et comme elle riait un peu, ses dents blanches se découvraient, comme deux petits diamants. C’était peut-être l’alcool qui la rendait légèrement euphorique, mais j’avais déjà remarqué qu’elle avait en elle cette légèreté insaisissable que je jalousais malgré moi. Elle avait quelque chose de rassurant, en un sens, parce qu’elle était toujours de bonne humeur, pleine d’énergie, un peu mon opposée peut-être… Je me demandais comment elle faisait d’ailleurs, je connaissais malgré moi son histoire et je savais qu’elle avait toutes les raisons du monde d’être pessimiste, et pourtant, elle rayonnait toujours – même lorsqu’elle était énervée ou qu’elle m’énervait, elle avait toujours cette énergie solaire qui parfois m’agaçait tant elle me paraissait étrange. J’aurais voulu sa légèreté, j’aurais voulu pouvoir profiter autant de ma soirée comme elle semblait le faire. Mais à nouveau, le mur était là, entre moi et le reste, et je me repliai, comme par reflexe. C’était ce que je connaissais le mieux.

Mais penser à Heather n’était pas mon but premier, et comme pour me rattraper, je lançai un petit regard à Ariane, qui ne semblait rien perdre de la scène, ce qui m’amusa. Je lui fis un petit sourire énigmatique auquel elle répondit, avant de se retourner vers sa bande de copines. La tension était là, je le sentais bien, et elle me rendait d’humeur joueuse… J’imaginais avec impatience la suite, me demandant comment les éléments se mettraient en place.


- Tu... Tu la connais ?

Je recentrai mon attention vers Heather, fronçant légèrement les sourcils. Oh, elle avait vu ce regard ? Je sentis une pointe de frustration naître. Clairement, la suite impliquait aussi de calmer le petit jeu que j’avais commencé avec elle, et je n’avais pas envie que cela soit compliqué. Mais après tout, Heather avait bien l’habitude non, avec ses petites habitudes de séductrice, tout ça restait un jeu et n’avait rien de sérieux !

- Oui, oui, dis-je d’une voix qui voulait passer à autre chose.

J’aurais été stupide si j’avais dit ne pas sentir tout à coup ce léger changement dans l’air, dans l’ambiance, et pendant quelques secondes, je manquai de regretter ce que j’avais fait ; jouer avec le feu d’Heather aurait peut-être des conséquences, et en réalité, derrière tout ce que j’affirmais, je n’avais pas envie d’encore me disputer avec elle. Mais je chassai bien vite tout cela de mon esprit, car je n’avais pas le temps ni l’envie d’y penser. Cela ne servait à rien de tirer des conclusions hâtives, et je laissai Heather repartir à l’intérieur avec un petit sourire, avant d’en adresser un à Ariane et rentrer à nouveau. Le double jeu était risqué, mais je savais qu’il en valait la chandelle. N’est-ce pas ?

Je rentrai à nouveau, et rejoint le groupe un instant, pour poser à nouveau mon manteau et discuter un peu. James avait visiblement lancé une nouvelle partie de cartes – il avait ce charisme qui le plaçait toujours en leader malgré lui, ce qui m’agaçait un peu car je ne pouvais pas en dire pareil – et tout le monde riait et s’amusait bien. Je lançai un regard dans la salle, me demandant où était Heather et pourquoi elle mettait autant de temps… Puis je cherchai à nouveau Ariane, qui était occupée à rire avec d’autres gens, elle me lança un nouveau regard, j’y répondis ; quelque chose en moi grondait et commençait à me rendre impatient. Nous jouions, et la tension était délicieuse, mais j’avais besoin de passer à autre chose, d’aller plus loin, maintenant, car mon objectif commençait à s’éloigner petit à petit. Frustré, je partis en direction du bar pour me reprendre un verre, mais avant que j’y arrive, j’aperçus une tornade rousse traverser la pièce et dix secondes plus tard, Heather était devant moi, le visage complètement transformé – oh, nous y voilà…


- Non mais tu le dis si je t'emmerde ?! Tu joues à quoi, avec moi et l'autre fille là ?!

J’eus envie de soupirer : j’avais envie de tout sauf d’une scène dramatique au milieu d’un bar ! Mais j’étais aussi piqué à vif, car Heather avait compris ce que je tramais, et cela m’ennuyait qu’elle le fasse remarquer – pourquoi faire ?! Nous avions joué, comme elle le faisait souvent, comme nous l’avions même déjà fait, pourquoi tout à coup était-elle ainsi ?! J’eus une pensée pour Ariane, car je n’avais pas non plus envie qu’elle remarque cette scène…

- Pas la peine de crier comme ça, commençai-je d’une voix agacée. Je m’écartai légèrement pour qu’elle lâche mon bras. C’était hypocrite de la voir s’énerver ainsi quand je n’avais pas oublié combien elle s’était joué de moi, quelques années auparavant. Ne sois pas si choquée, il me semble que ce genre de petites manigances sont dans tes habitudes, j’en ai déjà fait les frais, je te rends simplement la monnaie de ta pièce. J’avais continué d’une voix plus calme, plus basse aussi, comme pour calmer le jeu. Mais Heather ne semblait pas redescendre dans sa colère, et cela m’insupporta un instant : elle n’avait quand même aucune leçon à donner de ce côté-là ?! Je ne vois pas pourquoi tu t’énerves, on n’est pas marié, je ne te dois rien que je sache ? Conclus-je avec un air qui se voulait entendu.

J’avais juste envie que ça se termine et qu’Heather me laisse tranquille. J’avais d’autres plans pour la suite de ma soirée, et je n’avais pas envie de perdre mon temps avec des disputes stupides, surtout lorsque je sentais que cela influençait beaucoup mon moral que je voulais bien admettre.

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MessageSujet: Re: Tout ce qui brille (Dan)   Lun 19 Déc - 17:41

De tous les scénarios qu’Heather avait envisagés, il n’y en avait pas pire que celui-là. Mais qu’est-ce qu’elle pouvait être stupide !... Elle se voyait encore écrire à Emmy toute son excitation au sujet de Dan, son envie de passer des moments avec lui, sa hâte de cette soirée tout particulièrement. Elle se revoyait, seule, tranquillement dans son lit ou dans sa chambre ou bien simplement quand elle se promenait dehors, laisser ses pensées errer comme elle en avait l’habitude lorsqu’elle avait un garçon en tête – elle avait imaginé tous les films possibles, du décevant au merveilleux, mais tous finissait toujours par en revenir au même point ; Dan qui l’embrassait et la serrait contre lui et elle qui se pendait à son cou en ronronnant à moitié tant elle avait attendu ce moment… Mais ce n’était pas le cas, clairement pas ; elle avait les dents serrées à lui faire mal et les yeux remplis de larmes, mais elle mettait toute son énergie à les garder cachées. Impossible de lui donner cette satisfaction. Qu’il était loin, le temps où on était fou amoureux d’elle – peut-être que Harry lui avait donné trop vite cette habitude ? Il avait été fou d’elle et elle s’était laissée bercée par cette sensation, se sentant libre de tout, car il serait toujours là. Finalement, n’était-ce pas pour cette raison justement qu’elle l’avait quitté ? Trop facile… Trop permissif. Voilà qu’elle récoltait ce qu’elle avait semé, à présent. Mais elle n’arrivait pas à en croire ses yeux et ses oreilles, elle n’arrivait pas à comprendre  - Dan était incompréhensible.

Quelque chose se serra très fort au fond de son cœur, comme quelque chose qu’on écrase et qu’on casse. Depuis qu’ils travaillaient ensemble la situation avait été assez chaotique – elle avait du en faire, des efforts, pour gagner la confiance de Dan ! Elle avait ensuite eu l’impression, petit à petit, qu’il s’ouvrait un peu, que tous les deux s’accommodaient, se comprenaient, se secondaient, se complétaient. Oui, c’était cela : elle avait senti comme quelque chose se lier, un peu contre toute attente, mais elle avait l’impression qu’il la comprenait et qu’elle le comprenait aussi, sans qu’ils aient forcément besoin de s’exprimer. Oh, bien sûr, elle avait douté de lui plaire autant qu’il lui plaisait à présent… Bien sûr elle était incertaine de la suite, mais c’était ça qui était bon aussi, cette inconnue, cette excitation des débuts, de ce qui va arriver, cette tension… Mais ça ne voulait pas dire qu’elle s’imaginait totalement des choses, car elle avait l’habitude de jouer ainsi, et son instinct lui avait dit que, oui, il y avait quelque chose… Mais apparemment, il s’était trompé : elle ne connaissait pas Dan, elle ne le comprenait pas, et cette constatation, plus que tout, lui brisait le cœur.


- Pas la peine de crier comme ça, dit-il sèchement.

Il s’écarta pour qu’elle lâche son bras, ce qu’elle dut faire – elle se dit alors qu’elle n’avait de toute façon aucune chance face à sa force, bien qu’elle soit elle aussi plutôt grande – et en perdant ce contact elle eut envie de pleurer de plus belle, tout comme elle sentit la furieuse envie de lui mettre un énorme coup de poing dans chaque parcelle de son corps qu’elle pouvait atteindre.


- Ne sois pas si choquée, il me semble que ce genre de petites manigances sont dans tes habitudes, j’en ai déjà fait les frais, je te rends simplement la monnaie de ta pièce.

Impossible… Il n’avait pas osé….

Elle le fusilla du regard, incrédule. Estomaquée, elle ne trouva pas les mots sur le coup ; il osait remettre ça sur le tapis alors qu’ils étaient passés au-dessus de ce stupide incident de leur adolescence, il osait surtout encore la faire payer pour ça alors qu’aujourd’hui ils étaient deux adultes responsables qui avaient créé quelque chose entre eux de bien différent ?! Elle se sentit profondément vexée de n’avoir pas réussi à lui montrer qu’elle n’était plus cette fille-là.


- Je ne vois pas pourquoi tu t’énerves, on n’est pas marié, je ne te dois rien que je sache ? continua-t-il, mauvais.

Heather avait l’impression que la musique, l’ambiance du pub autour d’elle, formaient une soupe insupportable et assourdissante. Ses tempes bourdonnaient désagréablement. Et les paroles qu’elle avait entendues depuis les toilettes, de ces deux greluches, la vision d’Ariane qui ne se préoccupait absolument pas de savoir si Dan était avec quelqu’un ce soir… Ah… Son sang bouillait tellement dans ses veines qu’elle avait tous ses muscles crispés et mourrait d’envie de jeter des sortilèges dans la trop jolie figure de Dan.

- Je n’arrive pas à croire que tu sois un tel connard, lâcha-t-elle enfin avec tout le dédain dont elle était capable. Tu es complètement débile, ou quoi ? Tu n’as pas l’impression qu’on a un peu grandi, tous les deux ? Ton orgueil ne se remet toujours pas de ce pauvre petit affront ?! Ouvre les yeux, Dan ! Je crois que je t’ai envoyé suffisamment de signaux pour te montrer que tu m’intéressais ?! Et toi tu fais le malin, tu en profites et puis tu joues avec moi, juste pour le plaisir de revenir sur le passé… Je te signale que je me suis excusée de ce que j’avais fait… Et toi ton excuse c’est « on n’est pas mariés » ?! Mais va la sauter si tu veux, je m’en fiche, je m’en fiche des ratés comme toi !!

Sa voix s’était étranglée un peu sur la dernière phrase, parce qu’elle avait haussé le ton sous le coup de la colère, et qu’en même temps elle luttait trop contre les larmes qui commençaient à lui brouiller la vue. Elle sentait que ses joues avaient rougi de rage, elle sentait aussi que ses larmes se voyaient et que Dan le noterait forcément… Mais de toute façon, au point où elle en était, tout cela lui importait peu. Après un dernier regard assassin qu’elle lui vrilla bien droit au fond de ses prunelles sombres, elle le dépassa en le bousculant à moitié et fendit la foule – pour aller où ? Elle ne savait même pas exactement mais elle voulait s’enfuir d’ici, quitter la présence de Dan et pouvoir pleurer à sa guise…

Sortant comme une furie du pub, elle fit quelques pas pour aller un peu plus loin, pas sous les lumières qui émanaient de l’intérieur, et tout de suite les larmes se mirent à couler et les sanglots montèrent jusque dans sa gorge ; elle prit son visage entre ses mains et se laissa aller, le dos contre les pierres froides du bâtiment derrière elle.

Pourquoi fallait-il que ça se finisse toujours ainsi ? Phil avait gagné son cœur, elle avait fait l’impensable pour lui et un beau matin il avait disparu sans laisser d’adresse ; avant lui Fleming avait eu ce qu’il avait cherché puis avait déguerpi aussi – il lui semblait qu’à chaque fois qu’elle cédait pour un garçon il choisissait cet instant pour s’enfuir avec un morceau de son cœur, et qu’elle ne parviendrait jamais à tomber sur le bon, malgré tout l’optimisme qui l’habitait pourtant naturellement. Heather se mit à pleurer et à trembler de plus belle, sincèrement touchée par l’attitude de Dan – n’avait-il vraiment rien apprécié entre eux deux, ces derniers temps ? Elle pensait qu’ils étaient amis et pouvaient même tenter quelque chose de plus, et voilà que ni l’une ni l’autre de ces deux options étaient réalisables…

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James Miller
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MessageSujet: Re: Tout ce qui brille (Dan)   Jeu 22 Déc - 21:22

La vie continuait. C’était la phrase philosophique stupide, qu’on sortait à toutes les sauces pour remonter le moral et insuffler un peu de positivité. Je trouvais ça étrange à dire, la vie continue, alors que c’était l’inverse. La vie s’était arrêtée. La vie de ma sœur s’était arrêtée. Bien sûr certaines vies continuaient, la mienne, celle de Maya, celle de ma mère – pour combien de temps ? –, celle de mon père – mais je m’en fichais – et celle de Lizlor – la plus importante. Même autour de moi, le reste continuait. Mon travail à l’infirmerie, qui me plaisait toujours autant, j’avais encore plus de responsabilités, je m’entendais bien avec Madame Pomfresh mais surtout avec Rose qui était souvent là aussi, elle était très douce elle savait ce que je vivais, et c’était agréable d’avoir son soutien. Il y avait aussi ma vie autour, les amis que je m’étais fait dans l’équipe de Poudlard mais aussi dans les autres jeunes de Pré-au-Lard, petit à petit. J’avais été un peu réticent au début, surtout que j’avais retrouvé des connaissances de Poudlard qui avaient connu le James d’avant, celui que j’essayais d’oublier – celui qui m’avait fait perdre ma sœur. Mais finalement, j’avais pris goût aux soirées que nous faisons, à leur compagnie. Même si aucun d’eux n’était un ami réellement proche, nous nous étions liés et je me sentais un peu entouré, d’une certaine manière. J’avais encore Maya, dont la présence à Poudlard me faisait du bien, nous étions encore plus proches qu’avant depuis le décès de Mathilda, si cela était possible. Puis, évidemment… Lizlor, encore et toujours, comme un battement de cœur régulier, un motif récurrent dans mon quotidien. Mais c’était compliqué, elle était là, toujours, à tout faire, mais je me sentais inutile, perdu dans l’équilibre tout à coup étrange de notre relation. J’étais habitué à garder le cap, et tout à coup je m’en sentais incapable. Pouvais-je réellement lui donner ce dont elle avait besoin ?

Les questions tournaient, mais je n’avais pas le temps de m’y noyer. Chaque chose en son temps, c’était ce que disait Maya, et j’essayais de l’appliquer.

Mais parfois, surtout le soir, c’était plus dur de prendre le temps, d’être patient. Seul dans mon lit, souvent je me détestai plus fort que tout, je détestai ce que j’avais fait mais surtout ce que je n’avais pas fait… Je maudissais la vie, le destin s’il existait, ma famille cassée, mon impuissance. J’aurais dû me préparer pourtant, j’avais dit que je savais, que je devinais qu’elle était morte. Je connaissais les chiffres, je savais qu’une disparation aussi longue ne voulait rien dire de bon… Mais l’espoir, le fantôme de sa présence, tout cela avait été un ciment invisible dans ma vie et celle de ma famille. La réalité était bien plus douloureuse que ce que j’avais imaginé. Parfois, parce qu’il faisait noir, si noir, au fond de mon lit, je me prenais à craindre que le soleil ne se lève plus jamais, tout en l’espérant un peu au fond de moi. Alors que cela faisait deux ans qu’elle n’était plus dans ma vie, jamais Mathilda ne m’avait autant manqué, et l’envie impossible de la revoir me donnait envie d’être happé par le noir. Mais le soleil se levait toujours, et il fallait bien que les journées passent.

Il faisait nuit dehors, et l’étrange attirance envers ce noir d’encre me happa un instant – mais le rire d’Heather me ramena dans le présent. Elle venait de tirer les dés et de faire un bon score, elle tapa dans la main de Daniel et riait joyeusement, tout contente. Je souris, bus une gorgée de ma pinte, et me reconcentrai sur le jeu qui était en cours. L’atmosphère était joyeuse, pleine de rire et d’alcool, la musique fondait sur nous, nous enveloppait doucement, se mêlait aux battements de mon cœur. J’étais content d’être sorti, d’avoir fait l’effort de proposer quelque chose, Lizlor m’avait d’ailleurs encouragé et dit que c’était une très bonne idée. Parfois, je me sentais un instant en retrait dans la soirée, comme si j’avais du mal à être présent, mais ensuite je revenais dans la conversation et dans le moment, et je me sentais à nouveau un peu mieux.

Nous avions tout fait, bu, joué, discuté, dansé, ri… J’étais fatigué de l’énergie que tout cela m’avait demandée, mais c’était une bonne fatigue qui présageait un bon sommeil. Je n’avais pas trop bu, juste assez pour me sentir un peu plus léger. Le groupe s’était éparpillé, et j’étais assis avec quelques personnes à notre table, on discutait joyeusement en finissant nos verres. Je jetai un coup d’œil dans le bar, me perdant un instant dans mes pensées, quand je remarquai qu’Heather semblait dans une conversation animée avec Daniel. Animée… Je fronçai les sourcils. Ce n’était pas une discussion animée, c’était carrément une dispute ?! Je sentis que je bloquai trop longtemps sur eux, et que j’attirai l’attention du reste de la table qui se tournait vers la foule compacte pour voir ce que je regardai. Brusquement, je me retournai vers eux et relançait la discussion, pour les détourner de la dispute. Je ne savais pas ce qui se tramait, mais par égard pour Heather, je ne voulais pas faire d’elle une bête de foire. Surtout que je n’étais sûrement pas le seul à avoir remarqué que quelque chose se tramait entre eux depuis la soirée. Pour ma part, ce n’était pas une nouveauté, j’avais déjà remarqué qu’Heather aimait beaucoup Daniel, mais pour la première fois, j’avais l’impression qu’il y répondait, et, pour être honnête, qu’il y allait franchement. Je m’attendais d’ailleurs plutôt à un baiser qu’une dispute, comme clou de la soirée.

Je rejetai un coup d’œil vers eux, et remarquai qu’Heather avait disparu. Un autre coup d’œil dans la foule me fit comprendre que ses cheveux roux étaient absents, et qu’elle avait dû sortir. Un peu inquiet, je me levai et attrapai ses affaires. M’excusant rapidement, je m’absentai, sortant dehors en la cherchant dans la rue un peu sombre. Elle n’était pas là… Ah ! Je reconnus sa silhouette, au loin, dans le noir. Je compris rapidement qu’elle pleurait, et m’approchait doucement pour ne pas l’effrayer.


- Heather ? Elle releva la tête. Ses yeux étaient bordés de larmes. J’ai vu que tu t’étais disputée avec Daniel, je m’inquiétais, dis-je doucement. Je posai son manteau sur ses épaules, parce qu’elle grelottait. Tiens, je me suis dit que tu devais avoir froid…

Elle se remit à pleurer encore plus fort, alors je la pris un peu dans ma bras, frottant son dos pour la rassurer un peu. Si je ne le connaissais pas intimement, j’avais développé une affection pour Heather, et son côté piquant et pétillant. Je la trouvais bienveillante, qualité que je n’aurais pas forcément attribué à Daniel et par instinct, je devinais que c’était lui qui était en tort.

- Je ne sais pas ce qui se passe exactement entre vous, mais je suis sûr qu’il ne mérite pas que tu te mettes dans cet état pour lui. Je sais que c’est un peu cliché comme phrase, mais entre nous, tu es mille fois mieux que lui.

Je tapotai son dos, nous écartai, et sorti de ma poche un paquet de mouchoir que je tendis à Heather.

- Tu veux que je te raccompagne au château ? Si tu veux, tu pourras me raconter ce qui s’est passé, si tu as besoin de vider ton sac ou d’un avis extérieur ? Proposai-je, plein de bonne intention, espérant lui apporter un peu de réconfort en cette fin de soirée qui semblait bien plus lourde que son commencement.


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And you'll never find love in an open hand
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Heather Lass
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MessageSujet: Re: Tout ce qui brille (Dan)   Lun 2 Jan - 18:02

Dans ses rêves les plus fous, évidemment, Dan sortait du pub et se dirigeait vers elle, catastrophé et désolé ; il la chercherait et s'excuserait et la prierait de lui pardonner tandis qu'elle lui claquerait une gifle sonore et qu'elle lui dirait d'aller se faire voir, parce qu'après toutes ces horreurs elle pouvait bien se faire un peu désirer... Heather sentait son coeur battre fort, à cette idée ou à cause de ses sanglots de plus en plus forts, elle ne savait pas trop. Parfois elle en avait assez de devoir être une adulte - en cet instant elle avait envie d'être chez elle, en Irlande, à Clifden, dans leur maison auprès de la cheminée, avec son père qui la berce et ses frères qui discutent au coin du feu, dans un endroit chaleureux où on la dorlotait, et pas ce froid soudain mordant de la honte et de la déception, loin de toutes ses déconvenues amoureuses.

- Heather ?

Quelqu'un était soudain près d'elle - une silhouette grande et large, son coeur rata un battement -

- J’ai vu que tu t’étais disputée avec Daniel, je m’inquiétais. Tiens, je me suis dit que tu devais avoir froid…

Comme il lui mettait son manteau sur les épaules, elle voulut se ressaisir pour le remercier et ne pas pleurer encore plus devant lui, mais ce geste la toucha et elle redoubla de sanglots, si bien qu'il la serra contre elle, et elle se laissa faire. Après tout, c'était cela qu'elle voulait : des bras amis et du réconfort, même si elle aurait préféré ceux de cet imbécile de Dan. James était gentil, Heather l'avait tout de suite apprécié, il était très souvent de bonne humeur, consciencieux et agréable dans son travail tout en restant plutôt naturel et ouvert avec les autres, ce qui pour Heather était une qualité primordiale - et que Dan n'avait pas, par exemple. Voilà : elle aussi, elle pouvait en préférer d'autres à lui !

- Je ne sais pas ce qui se passe exactement entre vous, mais je suis sûr qu’il ne mérite pas que tu te mettes dans cet état pour lui. Je sais que c’est un peu cliché comme phrase, mais entre nous, tu es mille fois mieux que lui.

Heather renifla un peu plus et essaya de se calmer - la présence de James faisait l'effet d'un carré de chocolat magique, elle réchauffait et rassurait - et se sentit tout d'un coup stupide en repassant toute l'histoire, tous les événements de la soirée dans sa tête : elle était ridicule, complètement ridicule, elle s'était bien fait avoir... C'était de sa faute... Tout ça parce qu'elle n'était pas capable de réfréner ses ardeurs de midinette, qui lui valaient toujours de s'emballer bien trop vite, ben trop loin. Mais d'un autre côté, pourquoi Dan les avait-il tellement alimentées ?!

- Je ne suis pas mille fois mieux, je suis aussi stupide que lui, hoqueta-t-elle, je pensais qu'il s'intéressait à moi alors qu'il s'amusait simplement. Elle s'interrompit pour renfiler et se moucher avec le mouchoir qu'il lui tendait. Merci, c'est gentil...

Elle se rendit alors compte qu'elle ne désirait pour rien au monde retourner à l'intérieur, qu'il y ait Dan ou pas ; sa soirée était terminée et elle souhaitait disparaître sous sa couette et rien de plus. Seulement, l'idée de rentrer seule à Poudlard, à travers le petit chemin qui serpentait lui donnait envie de pleurer de plus belle ; l'idée aussi de se retrouver toute seule dans cette chambre qui soudain ne lui paraissait pas la sienne, à deux pas de Dan qui dormirait probablement sur ses deux oreilles après avoir fricoté avec cette brune de mauvais goût... Elle n'en avait aucune envie. Retourner chez elle n'était pas possible, pas ce soir, et elle pensa d'instinct à Emmy dont elle imaginait déjà la réaction : inquiète, bienveillante, aux petits soins, et en même temps terriblement en colère contre Dan qui allait sans aucun doute en prendre pour son grade.

- Tu veux que je te raccompagne au château ? Si tu veux, tu pourras me raconter ce qui s’est passé, si tu as besoin de vider ton sac ou d’un avis extérieur ?

Se passant la main sur le visage - il était tout humide - elle prit sa décision, sans plus attendre :

- Je crois que je n'ai pas envie de rentrer, et encore moins de rester ici... Est-ce que ça te gênerait d'aller chercher mon manteau et mon sac à l'intérieur, près de notre table ? Je n'ai pas du tout envie de croiser Dan,
avoua-t-elle en baissant la tête.

James accepta et elle le regarda disparaître dans le pub à nouveau en se sentant seule et triste, tandis que les silhouettes qui fumaient et discutaient devant la porte lui donnaient maintenant envie de se mettre en colère. Il revint et elle lui rendit son manteau.

- Oh, il n'y rien de très intéressant à expliquer... On se tourne autour, ces derniers temps... Je pensais que cette soirée nous rapprocherait encore plus et d'ailleurs je ne sais pas si tu l'as remarqué mais on était très proches, quand on dansait et tout ça, et en fait je me suis rendue compte qu'il m'utilisait simplement pour rendre une autre fille jalouse, c'est ses amies qui l'ont dit, je les ai entendues discuter aux toilettes... Et Dan n'a même pas essayé de se rattraper.

Elle haussa les épaules, et serra son manteau autour d'elle.

- Merci, en tout cas. Je vais aller chez mon amie Emmy, je n'ai pas envie de passer la nuit toute seule. Profite bien de la fin de la soirée, on se voit demain de toute façon.

Se hissant sur la pointe des pieds, elle déposa un baiser sur sa joue rugueuse et lui lança un petit sourire pas très convaincant, même si elle était sincèrement très touchée de l'attention qu'il lui avait portée, puis elle disparut dans la nuit en sentant ses yeux la picoter à nouveau - elle n'avait qu'une hâte, se jeter dans les bras d'amis et se laisser bercer par son amie.




TERMINÉ

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