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"And you know you don't have to go." [S.]

 

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 "And you know you don't have to go." [S.]

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Apple Hunt
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MessageSujet: "And you know you don't have to go." [S.]   Ven 7 Oct - 16:27


https://www.youtube.com/watch?v=5datAiIA8og

Hear the noise, tonight.
You've burned out your light.
Breath you in, hold you down.
You don't have to tread the line.

Stop the noise, words getting louder.
Try to hide, like a child.
Hard to see, too hard to find.
You don't have to tread the line,
You don't have to tread the line.

And does it hurt you?
Do you feel when I try to touch?
And are you scared now?
If I open up maybe you will.

When soldiers are calling,
Just run through the night glo.
Drown out the voices,
And you know you don't have to go.
And you know you don't have to go.

Kill the noise, tonight.
You've burned out your light.
All the kings and all their men,
Can't put you together again.
Can't put you together again.



Sur la couverture en cuir, une petite danseuse tournait de temps à autre, des petites étoiles s’échappant de son tutu. Si j’avais été un peu sceptique à l’idée d’accompagner Scott à la librairie de Pré-au-Lard un samedi après-midi ensoleillé, je ne regrettais finalement rien, parce que j’avais trouvé ce livre magnifique sur la danse classique, avec des petits dessins qui bougeaient sur les pages, montrant les différentes positions et les mouvements à faire. J’étais tellement contente ! J’allais enfin pouvoir m’entraîner vraiment, et pas seulement en essayant de me souvenir ce que Maman m’avait appris, quand on dansait dans la cuisine parce que le gâteau n’avait pas fini de cuire. En trouvant le livre, j’avais sautillé partout, Scott me rappelant à l’ordre parce que « chut, Apple, on est dans une librairie », ce qui m’avait fait un peu soupirer, parce que je ne comprenais pas en quoi ça dérangeait les livres que je parle, mais bon, j’avais passé assez de journées à la bibliothèque avec Sergheï pour savoir qu’il fallait être calme dans ces endroits. Alors je m’étais calmée, et j’avais suivi sagement Scott qui se perdait dans ses gros grimoires, à la recherche de l’un d’eux sur je sais quoi – enfin, il m’avait expliqué mais je n’avais pas trop compris – et après avoir finalement trouvé son bonheur, on était sorti s’acheter des sucreries – enfin, moi, principalement – avant de finalement rentrer tranquillement au château.

Depuis, je passais la plupart de mon temps libre dans salle sur demande. Scott m’avait appris à mieux la maîtriser, et j’avais à présent un réel petit studio de danse, avec un long miroir, une barre, un tourne disque et une collection de morceaux assez impressionnante. Scott avait été assez dubitatif de trouver que la salle matérialisait beaucoup d’albums de boys band comme les NSYNC ou les Backstreet Boys, et j’avais été encore plus dubitative qu’il n’en connaisse aucun ; il s’en était suivi une démonstration où j’avais hurlé « Everyyyybodyyyy roooock yooour bodyyyyy » en imitant la chorégraphie du clip, ce qui n’avait étonnement pas donné envie à Scott d’écouter plus de leurs chansons – il ne savait vraiment pas ce qu’il ratait ! De toute façon, en ce moment, il était tout le temps fourré avec Ruby et leurs révisions d’ASPICS, puisque leur examen approchait de plus en plus. De mon côté, j’étais censée aussi m’occuper de mes BUSES, et je le faisais un peu, mais j’avais du mal à me concentrer vraiment dessus. Il y avait simplement des piques d’énergie où je partais à la bibliothèque à 22h parce que j’étais tout à coup passionnée par l’idée de réviser l’Histoire de la Magie. Je m’étais habituée, mon énergie fluctuante rythmait maintenant ma vie, et si c’était parfois un peu déroutant, c’était toujours mieux qu’être amorphe comme j’avais pu l’être après la mort de Maman. Ça m’arrivait encore, souvent les matins le week-end où je restais deux heures dans mon lit avant d’en sortir, mais je finissais toujours par trouver la motivation quelque part. Je n’avais pas besoin de plus, pour l’instant.

Je passais aussi la plupart de mon temps avec Freja. C’était une petite boule de poils, mais cela me suffisait à me sentir moins seule. J’étais tellement reconnaissante de ce cadeau que je n’arrêtais pas de remercier Scott à chaque fois que je le voyais, et je lui racontais comment allait le petit Boursouflet, à tel point que j’avais parfois l’impression qu’il était un peu exaspéré que je puisse parler aussi longtemps sur une si petite créature, mais je crois qu’au fond, il était très content de m’avoir fait plaisir. C’était drôle, depuis cette journée étrange sur le chemin de Traverse, j’avais l’impression que quelque chose s’était passé entre nous, ou quelque chose avait évolué, je ne savais pas trop, mais en tout cas, quelque chose s’était libéré. J’étais plus honnête avec lui, et je crois que ça le motivait à l’être en retour. Ou alors il avait du mal à résister à toutes les questions que je lui posais, car depuis ce qu’il m’avait dit sur sa famille et les discussions avec son frère, il avait piqué ma curiosité et je n’arrivais pas à m’arrêter ; je lui demandais un tas de choses sur Haley, sur les études, sur sa famille, sur comment il voyait tel ou tel sujet, avec en bonus un tas de questions scientifiques et magiques. Il était fortement possible que je l’insupporte, mais pour le moment il n’avait rien dit. Après tout, il était littéralement l’élève de Poudlard avec les meilleurs résultats (enfin, lui et sa copine préfète) alors il n’allait pas s’étonner si je le considérais comme une encyclopédie géante.

D’ailleurs, en parlant de mon encyclopédie géante préférée, ça faisait quelques jours que je ne l’avais pas vu. On devait manger ensemble mardi midi mais il n’était pas venu, et je ne l’avais pas vu à la bibliothèque ni à la sortie de son cours de potions. J’avais voulu demander à son amie Ruby où il était, sauf qu’elle était restée discuter avec Miss Lass, et j’allais moi-même être en retard à mon cours de botanique. Ensuite, le mercredi, je l’avais croisé dans les couloirs sauf qu’il était visiblement pressé parce qu’il devait retrouver quelqu’un pour un exposé en groupe, alors je lui avais proposé qu’on mange ensemble plus tard et il m’avait dit qu’il avait une semaine chargée alors j’avais dit qu’on verrait plus tard – BREF. Sauf que maintenant, on était vendredi, et je l’avais pas trop revu, alors qu’il fallait absolument que je lui montre comment que j’avais réussi à apprendre toutes les positions de base grâce au livre qu’on avait trouvé ensemble ! Comme j’avais une heure de trou, j’en profitais d’ailleurs pour aller dans la salle sur demande et m’entraîner à nouveau. Dans mon vieux justaucorps noir et les chaussons de danse que la salle avait fait apparaître, je m’appliquai devant le miroir tandis qu’un morceau au piano envahissait l’air, sortant du tourne-disque. Franchement, si ça allait pas bluffer Scott ça !

Justement, en descendant dans ma salle commune, je le croisai qui remontait les escaliers : c’était un signe ! Je lui sautai à moitié, trébuchant à moitié car les escaliers étaient en train de tourner pour aller dans un autre couloir.


- SCOTT ! Ah, enfin ! Je te cherchais partout depuis mercredi ! Il faut absolument que tu me dises quand on peut manger ensemble, parce qu’il faut que je te montre ce que j’ai appris à faire avec le livre qu’on a trouvé à Pré-au-Lard ! J’agitai le livre devant Scott, qui me regardait avec un air un peu bizarre. Je remarquai alors qu’il avait l’air super fatigué, avec des cernes énormes sous ses yeux bleus – que je trouvais trop beau, maintenant que j’y faisais attention. Dis, t’as pas l’air trop en forme, tu crois pas que tu devrais lever le pied sur les révisions ? Si tu veux on pourrait aller prendre l’air avec Freja dans le parc, pour te sortir un peu le nez de tes livres, plaisantai-je en lui tapant le bras… Sauf que Scott n’avait vraiment pas l’air de réagir. Je fronçai un peu les sourcils. Euh, bah, ça va pas ? Tu… Tu as encore eu une lettre de Stephen ?! Demandai-je, me raffermissant tout à coup – non parce que si cet imbécile prétentieux avait encore fait de la peine à Scott, j’allais finir par me fâcher !

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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: "And you know you don't have to go." [S.]   Dim 23 Oct - 20:35

Sur l'étagère inférieure de ma table de nuit, il y avait un petit coffre en bois sombre, avec une serrure couleur bronze (hérité de quelqu'un de ma famille, du côté de ma mère. Je l'avais demandé parce que j'aimais avoir des choses qui se verrouillent, pour cacher mes affaires, parce que je n'aimais pas l'idée qu'on les découvre.) qui contenait toutes mes lettres. Elles étaient rangées par personne : Ophelia, Apple, mes amis, ma famille, Stephen, et Haley, évidemment. Le compartiment d'Haley était le plus rempli. Tout contre lui, celui de Stephen était lamentablement vide. La clef était cachée sous mon matelas, dans une des moulures du lit qu'on ne pouvait pas voir à l'oeil nu. J'avais l'habitude de faire ainsi, peut-être parce que grandir avec Aisling et Eileen m'avait suffisamment mis en garde sur le danger de protéger ses secrets.

Je reposai la clef sur la table de nuit, sans prendre la peine de la camoufler.

Ça n'en valait plus trop la peine.



——————


La veille, j'étais encore chez Haley - j'avais transplané pour le week-end, pour la voir, car nous ne nous étions pas vus depuis longtemps et quelque chose en moi activait le signal d'alarme sans que j'accepte vraiment de l'entendre. Haley était plus évasive, plus distante. Haley était devenue tout ce qu'elle n'avait jamais été avec moi : une étrangère. À la lecture de ses lettres je ne me sentais plus transporté de cette joie douce, je ne me sentais plus intéressant, je ne me sentais plus essentiel. Je me sentais le lecteur d'une des pages de la Gazette, de celles qui n'intéressent personne. Je me sentais complètement à côté de la plaque, pas à ma place. Et je n'avais même pas l'impression qu'on avait écrit ces lignes pour m'intéresser, bien au contraire - c'était devenu un devoir.

La veille, je m'étais dit, plein d'espoir et de conviction, que c'était normal, ce n'était pas facile après tout une relation à distance, nous étions un peu séparés, et puis, elle entamait sa vie d'adulte, moi j'étais encore à Poudlard. J'étais arrivé chez elle avec la certitude que nous pouvions arranger les choses, parce que nous savions communiquer, parce que nous étions amoureux, parce que je n'imaginais plus ma vie sans elle, parce de toutes les relations que j'avais eues c'était la plus belle, la plus simple, la plus magique. Je n'avais pas peur. ou du moins, j'essayais.

La veille, j'étais encore bercé d'illusion, à chercher dans le regard bleu glacier d'Haley et ses gestes toujours un peu timides quelque chose à quoi me raccrocher, quelque chose qui en disait plus que ses mots. Quelque chose qui me laissait entendre que ce n'était pas complètement fini.

Je l'avais écoutée, nous avions parlé si longtemps que la nuit était devenue d'un noir profond sans que nous l'ayons remarqué. Elle avait beaucoup parlé, ce qui ne lui ressemblait pas tant que ça ; j'avais beaucoup parlé aussi, mais plus je parlais plus je sentais que quelque chose se détachait de moi (mon corps ?) et j'assistais petit à petit à la scène comme un spectateur extérieur, avec une lucidité et un calme particulier. Ça ne marchait plus, et nous le savions tous les deux - nos chemins étaient différents - elle m'aimait trop pour ne pas vouloir faire semblant - bien sûr que je comptais énormément pour elle, que j'étais quelqu'un de merveilleux, mais ce n'était pas moi, c'était elle - elle ne voulait pas me mentir - elle avait besoin de prendre du recul, du temps pour elle - elle ne voulait plus de ça et si notre histoire avait été merveilleuse sur tous les plans et qu'elle en garderait un souvenir parfait, elle n'en avait plus envie - elle en avait beaucoup parlé, elle avait pesé le pour et le contre - elle avait peur pour moi, elle ne voulait pas me faire du mal - mais elle ne voulait pas me faire croire ce qui n'était pas - est-ce que je comprenais - c'était mieux comme ça et jamais je ne disparaitrais de son coeur - elle voulait rester mon amie - j'avais été l'une des plus belles choses de sa vie mais maintenant elle avait changé - elle avait besoin de changer. La conversation avait été bonne, belle, Haley était douce, sincère, attentionnée, j'avais pu poser énormément de questions, rien n'avait été fait de travers. C'était ainsi. C'était fini.

J'étais rentré directement ; heureusement que j'avais la clef des Préfets. Il était deux heures du matin. En lui disant au revoir (nous nous étions serrés dans les bras) elle m'avait dit qu'elle me renverrait mes affaires, je lui avais promis de faire de même. Sur sa table basse, il y avait quelques enveloppes - son courrier. Je reconnus ma dernière lettre, et puis, juste à côté, une écriture que j'aurais reconnu entre mille : celle de Stephen. Il ne m'avait pas écrit depuis des mois. Pourquoi mon regard s'était-il arrêté dans ce coin dans la pièce ?

Peut-être pour me rappeler tout simplement que je n'étais jamais celui que l'on désirait.



——————


Forcément, depuis, j'avais pleuré un peu, de temps en temps, quand il était tard et que le sommeil refusait de se faire sentir et que j'étais épuisé et qu'Haley me manquait et que je me sentais si seul... mais jamais je n'avais réussi à me laisser aller, jamais je n'avais explosé en sanglots comme j'aurais pu le faire auparavant. Depuis le vendredi soir de la rupture, j'avais l'impression d'être un morceau de moi, tout juste bon à se lever le matin, aller en cours, et se coucher le soir. Sans y faire attention je ratais des repas, je ne voyais plus grand monde, je passais mon temps cloitré dans mon dortoir, dans ma salle commune, ou dans la bibliothèque. Les jours filaient comme une longe litanie mortelle d'ennui. Je ne m'en rendais même pas compte. J'essayais de travailler mais mes pensées, incapable de se fixer, préféraient flotter dans une espèce d'entre-deux peuplé de nuages gris et humides. Je prenais du retard sur tout, et je devais encore plus rester cloîtré. J'avais du mal à dormir, je n'avais jamais faim, jamais envie de rien. Je n'avais pas envie de mourir non plus ; seulement de rien. J'étais à demi-éveillé, à demi-endormi. Et je redoublas de stratagèmes pour éviter les travaux en groupe, les déjeuners, les heures passées entre amis. J'avais eu une grippe carabinée et je faisais croire que les effets se faisaient encore sentir, que j'étais faible, etc. J'étais en réalité très bon pour jouer ce genre de comédie et, si tant est que cela soit étonnant, très doué pour être invisible.

- SCOTT ! Ah, enfin ! Je te cherchais partout depuis mercredi !


Je remontais du cours de Sortilèges, l'esprit déjà vaguement préoccupé par mon retard colossal dans la pile de devoirs qui m'attendait. Apple, fidèle à elle-même : bruyante, explosive, énergique, avait eu la mauvaise idée de se trouver dans le même couloir que moi. Pourtant, elle était facile à éviter : sa voix, ses intonations, son allure rebondissante.

- Il faut absolument que tu me dises quand on peut manger ensemble, parce qu’il faut que je te montre ce que j’ai appris à faire avec le livre qu’on a trouvé à Pré-au-Lard !

Je n'avais pas spécialement marqué un arrêt, j'espérais qu'elle me comprenne occupé - mais elle insistait, et me colla son livre devant le nez.

- Dis, t’as pas l’air trop en forme, tu crois pas que tu devrais lever le pied sur les révisions ? Si tu veux on pourrait aller prendre l’air avec Freja dans le parc, pour te sortir un peu le nez de tes livres. (Je fis un non agacé de la tête). Euh, bah, ça va pas ? Tu… Tu as encore eu une lettre de Stephen ?!

- Ha ha ! lâchai-je malgré moi, sarcastique. Une lettre de Stephen, il ne manquerait plus que ça !

J'avais parlé comme si j'avais craché du venin et ça ne me ressemblait tellement pas que je lus sur le visage d'Apple une stupeur grandissante. J'aurais pu l'écarter d'un revers de la main et la planter là, à vrai dire j'en avais envie, mais ça n'aurait fait que repousser le problème - et je n'avais pas envie d'être méchant avec elle. Elle ne le méritait pas. Autant me libérer une bonne fois pour toutes.

- Je ne suis pas en forme, j'ai été malade, ça ne va pas tellement mieux. Et puis, non, je n'ai pas trop le moral. Je... C'était bête, mais le dire me coûtait énormément. Je ne suis plus avec Haley, voilà.

Silence.

- Alors, non, je n'ai pas envie d'aller dehors, et je ne suis pas d'une très bonne compagnie, désolé.

Je haussai les épaules.

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‖▹
SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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Apple Hunt
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MessageSujet: Re: "And you know you don't have to go." [S.]   Mer 21 Déc - 22:31

J’avais rapidement compris que Scott accordait énormément d’importance à son travail, et le voir si fatigué ne m’étonnait pas trop, je devinais qu’il avait dû encore passer de longues journées, voire nuit, à travailler. Sur ce point, il me rappelait un peu Kathleen, parce qu’elle était toujours fourrée dans ses livres aussi, même si Scott était bien plus sympathique qu’elle une fois qu’on le connaissait. Mais c’était drôle, je me demandais vraiment d’où venait un tel amour de l’apprentissage, et je le jalousais un peu car je n’avais clairement pas une telle patience. Maman disait souvent que nous avions tous nos chemins, et que personne n’était pareil, je me disais que j’avais le mien et qu’il n’incluait probablement pas d’être un petit génie. Ce n’était pas une nouveauté, je m’étais faite à l’idée depuis longtemps. A mon arrivée à Poudlard, je m’étais sentie dans un étrange conflit, parce que toutes mes sœurs étaient à Serdaigle et que je me sentais déjà comme un alien avec elle, alors être la seule dans une maison différente me faisait étrange, mais en même temps j’avais toujours su que ce n’était pas la mienne. Pourtant Maman m’avait dit que j’étais très créative, que j’avais de l’imagination, alors en un sens peut-être que j’avais un peu de cette maison en moi. Mais elle m’avait aussi dit que la maison reposait sur ce que je choisissais, ce que je valorisais… Dans ma tête, j’avais déjà la réponse. Peut-être que c’était pour ça que le Choixpeau m’avait mis à Poufsouffle, parce qu’il savait que c’était ce que j’espérais, au fond ? La loyauté, l’humilité, la tolérance, la patience…

Bon, la patience, peut-être que ce n’était pas mon force, d’accord ! Mais ce n’était pas de ma faute si Scott me frustrait à tout le temps disparaître ces derniers temps, surtout qu’on commençait à peine à vraiment être amis, et j’avais envie de passer du temps avec lui ! Il n’y avait pas que les ASPIC dans la vie, tout de même ! Mais maintenant, je commençai à m’inquiéter de le voir si distant et carrément étrange, me disant que peut-être il y avait quelque chose qui s’était passé, peut-être encore ce crétin de Stephen ? Avec lui non plus je n’allais pas avoir de patience, s’il avait encore fait de la peine à Scott !


- Ha ha ! Une lettre de Stephen, il ne manquerait plus que ça !

Je me figeai, sentant que mon corps s’était contracté étrangement et que j’avais malgré moi reculé d’un pas. Je fixai Scott avec des grands yeux, surprise. Bah, qu’est-ce qui lui arrivait pas ? Je me sentis terriblement blessée par le ton qu’il venait de prendre, parce qu’il était clairement méchant, et si parfois je sentais que j’embêtais Scott, il n’avait jamais été désagréable, pas comme ça ?! Je sentis que je me rapetissais malgré moi, et je détestai cette sensation : celle d’être une gamine à ses yeux, quelqu’un qui le fatiguait et avec qui visiblement il n’avait pas envie de perdre son temps. Je comprenais qu’il soit de mauvaise humeur pour je ne sais quelle raison, mais tout de même ?! Je sentis que mon visage se tirait en une moue triste, ce qui acheva de me faire sentir bête, parce que j’étais trop sensible et que je n’avais pas envie que Scott le remarque.

- Je ne suis pas en forme, j'ai été malade, ça ne va pas tellement mieux. Sa voix s’était un peu radoucie, mais elle restait étrangement lointaine, un peu froide. Je fronçai les sourcils, inquiète. Je sentais qu’il y avait autre chose. Et puis, non, je n'ai pas trop le moral. Je... Je ne suis plus avec Haley, voilà.

…Oh… Oooooh… OH ?!

Je le fixai, incrédule, avec des yeux gros comme des soucoupes. QUOI ?! Mais comment ça ?! La surprise afflua en même temps que la tristesse ; Scott aimait profondément Haley, d’un amour d’adulte que je ne comprenais d’ailleurs pas forcément, mais une chose était sûre, ce n’était pas lui qui avait choisi cette séparation ! Je me sentis débile tout à coup, d’être arrivée en sautillant et en criant à moitié, alors qu’il avait sûrement tout sauf la tête à ça, à mon énergie débordante. A l’intérieur de moi, quelque chose se tassa, comme si je me mettais en mode veille. Mes épaules s’affaissèrent un peu, et je triturai le tissu de ma jupe, inquiète.


- Alors, non, je n'ai pas envie d'aller dehors, et je ne suis pas d'une très bonne compagnie, désolé.
- Mais non, ne t’excuse pas !
Répliquai-je directement, presque piquée à vif. Ce n’était pas à lui de s’excuser, il n’avait rien fait de mal ?! C’était normal qu’il se sente comme ça, ce n’était pas sa faute ?! C’est normal de pas te sentir bien, je comprends, ça veut pas dire que tu es de mauvaise compagnie, enfin, ce n’est pas la question, je m’en fiche que tu sois triste, enfin non, je m’en fiche pas, mais tu vois ?! Ajoutai-je précipitamment, m’embrouillant un peu.

Si j’avais été moi-même, je me serai sûrement mise à lui faire un câlin pour le consoler… Seulement, je sentais terriblement un bloc face à moi, à la place de Scott, et un mur entre lui et moi pour empirer le tout. Je ne voulais pas le mettre mal à l’aise, et je n’avais pas envie de me mettre mal à l’aise non plus, parce que je voyais d’avance le malaise arriver… Je pinçai la bouche, un peu paniquée, me demandant comment j’étais censée me tirer de cette situation. Je n’avais jamais vu quelqu’un de triste d’une rupture, enfin, seulement des amies avec des copains de quelques mois, ou mes sœurs mais nous n’étions pas proches. Scott, je savais que c’était spécial ce qu’il avait avec Haley, et je voulais l’aider, seulement, je n’avais aucune idée de comment faire.


- Je suis désolée, je sais que tu l’aimes beaucoup, dis-je d’une petite voix. Maladroitement, je posai ma main sur son avant-bras et le pressai. Ça doit te faire de la peine, et… Hm, ça me rend triste de te voir comme ça, j’aimerais faire quelque chose. Tu veux que je te prête Freja ? Je sais que tu n’aimes pas trop les animaux, mais elle fait les meilleurs câlins du monde. Je me sentais un peu bête, mais au moins, j’essayais. Pourquoi tu n’es plus avec elle ? Enfin on est pas obligé d’en parler, si tu veux pas, ajoutai-je rapidement, d’un air qui se voulait compatissant. Je voulais tout sauf le forcer et le bloquer encore plus – au contraire, j’avais envie qu’il se sente soutenu et en confiance avec moi…


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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: "And you know you don't have to go." [S.]   Lun 9 Jan - 16:57

Les grands yeux d’Apple s’écarquillaient encore plus de surprise… Et cela je l’avais vu venir, c’était d’ailleurs ce que je voulais éviter aussi, prostré dans mon coin, loin de tout le monde. Je ne voulais pas de pitié, pas d’inquiétude, pas de considération, rien. Je voulais qu’on me fiche la paix, une fois pour toutes. J’en avais assez d’être le pauvre petit Scott ; puisque j’étais connu comme celui qui se retrouvait toujours à l’écart et que l’on laissait toujours de côté, alors autant l’être et pour de bon, autant disparaître dans ce rôle que l’on m’avait attribué d’office, et tant pis pour le reste.

- Mais non, ne t’excuse pas ! C’est normal de pas te sentir bien, je comprends, ça veut pas dire que tu es de mauvaise compagnie, enfin, ce n’est pas la question, je m’en fiche que tu sois triste, enfin non, je m’en fiche pas, mais tu vois ?!


J’acquiesçai, poliment — oui, parce que malgré tout c’était inscrit dans mes gênes — et haussai les épaules pour lui signifier de ne pas s’embêter, j’avais compris, ça n’avait pas d’importance. La pauvre, en un sens je me sentais désolé pour elle, je n’étais certainement pas la bonne compagnie qu’elle espérait et je ne voulais qu’une chose, partir de là et rentrer dans mon dortoir et disparaître sous mon lit, disparaître de toute cette agitation, oublier la suite et ne pas faire attention au retard que j’avais pris en cours qui commençait légèrement à être problématique. J’aimais beaucoup Apple, mais en cet instant et de manière générale en ce moment je n’avais pas l’énergie suffisante pour être à ses côtés. Rien que de la voir bafouiller ainsi me fatiguait et m’agaçait un peu et je ne voulais surtout pas lui faire de la peine ou du mal — or, je me connaissais. L’agressivité retenue en moi et qui découlait de la peine infinie que je ressentais pouvait se retourner contre n’importe qui, et surtout contre quelqu’un qui me sollicitait comme Apple le faisait.

- Je suis désolée, je sais que tu l’aimes beaucoup, continua-t-elle.

À ces mots, je me figeai et, plantant mes yeux dans les siens je sentis que quelque chose se tendait si fort à l’intérieur de moi que c’était équivalent à la seconde d’avant l’impact, les muscles qui se serrent avant le choc, c’était le bloc de glace qui se fige avant d’exploser en miettes, et l’instant d’après tout s’était effondré à l’intérieur de moi et me coulait le long des veines en me causant une peine diffuse, indéfinissable. Pourquoi avait-elle dit ça ? Pourquoi le soulignait-elle ? Et pourtant elle avait raison, oui, je l’aimais beaucoup, et chacun le savait. Pourquoi l’entendre dire ainsi était insupportable ?...

Je ne l’avais pas dit à grand monde, ou plutôt j’avais exprimé l’information, j’avais fait l’annonce d’une manière très formelle, et rien de plus. Ophelia le savait, Lilian, ma famille aussi, en un sens, puisque mes parents avaient justement pris la peine de m’écrire pile à ce moment et me parlaient déjà des prochaines vacances, auxquelles «  Haley était bien évidemment conviée ». Bien évidemment ! Depuis que j’étais avec Haley, ils me considéraient tellement différemment que c’en était risible. J’avais l’impression que mon père me considérait beaucoup plus mature et sérieux et m’accordait bien plus d’importance, tandis que ma mère me prenait également beaucoup plus en considération. J’avais eu du mal à le comprendre, mais je savais très bien pourquoi ils agissaient ainsi ; dans leur éducation être en couple était synonyme de stabilité, d’engagement, d’ambition aussi, c’était un grand pas en avant dans la vie d’adulte et le premier seul et unique signe qui leur montrait que, oui, j’avais grandi, je devenais comme eux. Je savais très bien que je n’avais pas besoin d’eux, de toute façon, j’avais appris à faire de mon côté, mais se détacher de leur regard et de leur jugement était bien plus difficile qu’il n’y paraissait.

Cela, Haley l’avait bien compris… Je sentis les larmes me monter aux yeux, mais elles ne franchirent par ce stade, elles se perdirent en route, comme tout le temps en ce moment. J’étais trop las pour pleurer, trop ailleurs pour exprimer ce qui n’allait pas. Cela me faisait tant de mal de penser à ça : Haley, entre tous, me comprenait si bien, avait tant enregistré ce que je ne savais pas dire et ce qui me faisait partie de moi que j’avais l’impression de perdre une partie de moi, celle qui était toujours là pour me soutenir et m’aider même dans les moments les plus difficiles…

La main d’Apple sur mon bras me fit replonger dans la réalité.


- Ça doit te faire de la peine, et… Hm, ça me rend triste de te voir comme ça, j’aimerais faire quelque chose. Tu veux que je te prête Freja ? Je sais que tu n’aimes pas trop les animaux, mais elle fait les meilleurs câlins du monde.


C’était bizarre comme ses mots ne me touchaient pas — ils paraissaient flotter tout autour de nous, hors de sa bouche, mais s’en aller avant que je puisse les comprendre vraiment. Je ne ressentais rien, rien de particulier, et je lui souris tant bien que mal, par réflexe. Je ne voulais pas qu’elle s’inquiète, car de toute façon, elle ne pouvait rien faire.

- Merci, c’est gentil, mais ça va aller, ne t’inquiète pas, m’entendis-je dire comme un automate.

J’avais vraiment envie de me couler sous mes couvertures et d’imaginer que le reste au dehors continuait de vivre sans moi, me donnant la sensation que j’étais dans un abri hors du temps et hors de la vie. Je n’étais pas stupide : ce n’était pas une solution en soi, mais c’était la mienne. Je n’avais le courage de rien d’autre. Et puis j’avais besoin de réfléchir, de me repasser sans cesse notre discussion, de comprendre, de réfléchir à ce que j’avais dit ou ce que je n’avais pas dit, de lire entre les lignes. Toujours, dans un coin de ma tête, il y avait l’écriture tracée de la main de Stephen sur l’enveloppe — Stephen était dans l’équation, comme d’habitude quelque part, malheureusement. La nuit, quand tout le monde dormait et que je n’avais que le noir comme compagnie, il me venait alors les idées les plus effroyables et les plus mauvaises du monde : et si il avait un rôle à jouer là-dedans ? Et si je n’étais qu’un idiot qui avait cru en son amitié, à tort, et qui en plus avait cru à sa loyauté ? Et si il en pinçait pour Haley, et si par je ne sais quel atroce rebondissement elle en pinçait pour lui également ?...


- Pourquoi tu n’es plus avec elle ? Enfin on est pas obligé d’en parler, si tu veux pas.

J’eus un mouvement d’humeur, pas nécessairement contre elle, mais contre toutes ces précautions que les autres prenaient, contre moi aussi, parce que je ne voulais pas agir comme il le fallait.

- Ce n’est pas très intéressant, c’est comme ça, c’est tout. Elle ne veut plus. Les gens changent, conclus-je amèrement. Tu verras bien, ajoutai-je à l’égard d’Apple, mais je le regrettai instantanément car ça voulait dire des choses que je ne pensais pas : qu’elle ne pouvait pas comprendre parce qu’elle était trop jeune, ou bien qu’elle le vivrait bien assez tôt. La vérité était toute autre : j’en avais juste assez que le schéma se répète, encore et encore.

Risquant un regard dans sa direction — elle faisait tout ce qu’elle pouvait, et si j’avais été dans mon état normal, je lui en aurais été reconnaissant — je haussai de nouveau les épaules. Comme nous étions immobiles depuis un petit moment je sentais que je commençais à me refroidir un peu et, puisque j’étais si fragile, je sentis que quelques frissons secouaient ma peau, j’eus même une quinte de toux — tant de symptômes si pratiques pour me servir de justificatif.


- Je vais y aller, repris-je, je remonte dans mon dortoir… Et toi ? Quoi de neuf en ce moment ? On peut faire le chemin ensemble si tu veux.

C’était tout ce que je pouvais lui donner et tout ce que je pouvais lui démontrer comme affection, et encore — l’effort m’avait paru insurmontable.

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Apple Hunt
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MessageSujet: Re: "And you know you don't have to go." [S.]   Sam 28 Jan - 15:00

Dans ces moments plus que jamais, Maman et son empathie me manquaient, car je savais qu’elle aurait eu la réponse à toutes mes questions. Elle se serait agenouillée à ma hauteur, caressé mes cheveux en souriant, et elle m’aurait rassuré, conseillé sur comment être là pour Scott malgré sa tristesse. Elle avait toujours eu cette douceur avec tout le monde, et je ne comprenais jamais comment elle avait pu finir avec Papa et faire mes sœurs, tant elle me paraissait différente. Papa et Kathleen étaient cérébraux, incapables de comprendre que les humains ne s’expliquaient pas par des livres et des faits scientifiques. Même Serghei, que j’avais longtemps considéré comme mon frère – maintenant, je ne savais plus trop, rien n’était clair de toute façon – était aussi intellectuel qu’eux. Alex et Caro, elles étaient déjà plus sensibles, mais tellement égocentriques, et surtout jamais elles ne se seraient intéressées à mes questions et mes inquiétudes. Il n’y avait que Maman pour avoir cette sensibilité et cette perspicacité. J’aurais aimé que Scott la connaisse, j’aurais aimé qu’elle puisse lui faire une tasse de chocolat chaud avec des marshmallows et discuter avec lui… Oh, j’étais sûre qu’elle aurait pu le consoler ! J’eus envie de pleurer, tout à coup, en pensant que plus jamais Maman ne pourrait réconforter personne.

Je voulais l’honorer, avoir pris de sa gentillesse et de sa douceur, mais face à Scott si fermé, je me sentis ridicule et bien incapable. Peut-être que je n’étais encore qu’une enfant et que je n’y connaissais rien, au fond ?! Je savais surtout que dans ces moments, tout ce qu’on pouvait, c’était ce qu’on ne pouvait plus avoir. J’avais pleuré et souhaité de tout mon cœur que Maman me berce dans ses bras, et maintenant Scott devait espérer pouvoir parler à Haley à nouveau. Elle était sûrement la seule qui puisse lui remonter le moral et le faire sortir de ce mauvais rêve. Mais elle n’était plus là, plus là pour lui et pour tout ce qu’ils avaient eu. Scott devait être si malheureux… Sur mon épaule, Freja fit un petit bond, et se frotta contre ma nuque. Elle avait dû sentir que je me recroquevillais, inquiète. Mon cœur se réchauffa quelques instants. Sa présence soignait toujours mes maux, maintenant. Me souvenant que c’était grâce à Scott que j’avais une telle présence dans ma vie, j’eus envie de briser la barrière entre nous et de le serrer dans mes bras. Il avait tant fait pour moi, sans vraiment le réaliser, et maintenant c’était lui qui avait besoin d’aide…


- Ce n’est pas très intéressant, c’est comme ça, c’est tout. Elle ne veut plus. Les gens changent. Tu verras bien.

Je me figeai, coupée dans mon élan.

Oh, c’était donc ça. J’avais raison, je n’étais qu’une enfant, je ne pouvais pas comprendre. Du moins, c’était ainsi que Scott me voyait. A quoi bon, murmura une voix insidieuse dans mon esprit. Il ne me verrait toujours que comme gamine. Il n’était pas le seul, après tout. C’était ma faute, aussi… Je sentis que mon cœur se recroquevillait sur lui-même. Je n’étais pas comme Maman et je ne le serais sûrement jamais. Son pouvoir magique de réconfort était mort en même temps qu’elle.


- Ah, d’accord, murmurai-je d’une petite voix incertaine.

J’étais sûre que c’était beaucoup plus intéressant que ce Scott voulait bien admettre, qu’il avait beaucoup plus à dire et à avouer. Mais je comprenais aussi ce silence, cette incapacité de tout raconter, surtout maintenant… Tout devait être si frais.


- Je vais y aller, je remonte dans mon dortoir… Et toi ? Quoi de neuf en ce moment ? On peut faire le chemin ensemble si tu veux.

Comme un petit choc électrique, les quelques mots de Scott me sortir de ma torpeur. Le chemin ensemble ! Parfait ! Je ne demandais pas plus !

- Oh, oui ! Bien sûr, je t’accompagne ! M’exclamai-je, sautant presque sur place.

Je regardai le bras de Scott, j’avais envie de le prendre, de marcher contre lui, mais quelque chose me stoppa à nouveau. Je fis un petit sourire qui se voulait brave, et on se mit en chemin, Freja descendant s’installer dans la petite poche cousue sur la poitrine de mon pull. Je lui grattai affectueusement la tête, me mettant en marche avec Scott.


- Je me suis entraînée à danser avec le livre qu’on a acheté ensemble, je me suis améliorée, je te montrerais, à l’occasion ! Sinon, mon père veut qu’on vienne avec mes sœurs pour un week-end, je ne sais pas si je vais dire oui, c’est vraiment bizarre. J’haussai les épaules. Oh, tu sais mon interro de métamorphose ?! Il faut que je te raconte !

Je me mis à lui raconter cette histoire de souris en pigeon, en essayant d’être enjouée, consciente pourtant que Scott n’écoutait pas vraiment. Mais ce n’était pas grave. Je ne parlais pas pour qu’il m’écoute. Je parlais pour lui, pour qu’il sache que je continuerais à parler comme d’habitude, comme avant, que je ne partais nulle part ; je parlais pour qu’il ne se sente pas mal du silence étrange, ni de son impossibilité à communiquer.

- Bon, hm, j’espère qu’on se verra bientôt tout de même, dis-je alors qu’on arrivait devant la porte de Serdaigle. Je me tournai vers Scott et son visage vide de toute émotion. Doucement, je me penchai, et lui fis un bref câlin, enserrant quelques secondes son sa grande carrure tout à coup un peu maladroite. M’écartant, je me haussai sur la pointe des pieds et ma main sur son épaule l’invita légèrement à se baisser – j’avais pris grandi récemment, mais il faisait toujours bien 25 centimètres de plus que moi – et lui fis un petit baiser sur la joue. Prends soin de toi, dis-je, essayant de cacher la lourdeur dans ma voix.

Je descendais lentement les marches, réfléchissant à tout ça, la tête pleine. Comment pouvais-je aider Scott, alors qu’il devait seulement avoir envie d’être seul – et je comprenais tant ! Mais je ne voulais pas qu’il se sente abandonné non plus, surtout que j’étais sûre qu’il serait capable de penser qu’il ennuyait tout le monde avec sa tristesse. Je n’étais pas sûre de pourquoi, mais il avait toujours l’air d’insinuer que les gens partaient toujours… Peut-être à cause de Stephen, qu’il l’avait encore en travers de la gorge. Peut-être que j’étais trop jeune pour comprendre, comme il disait, et trop jeune pour l’aider, mais ça me rendait triste d’imaginer que je ne pouvais rien faire et que Scott allait se plonger dans ses livres tout seul et…

Oh ! Mais oui !

Je me mis à descendre les escaliers en courant presque, le cœur tout à coup battant. Voilà ce qu’il fallait ! Dehors, il faisait froid, et je me marchai vite, espérant arriver avant la fermeture, la tête bouillonnante d’idées. Dans la librairie, il faisait chaud, et la vendeuse était jolie, avec des cheveux courts et bleu nuit, et des tâches de rousseurs partout. Ses lèvres étaient en forme de cœur, et quand elle me conseillait en souriant, j’avais l’impression qu’elles dessinaient des petits cœurs rien que pour moi. A la caisse, je sortis mes mornilles, comptant comme je pouvais, fouillant jusqu’au fond de mon porte-monnaie en forme de grenouille, et la gentille vendeuse – elle s’appelait Amy – me fit 10% de réduction, exprès pour que je puisse tout payer car je n’avais pas assez. Mon père oubliait toujours de m’envoyer de l’argent de poche à Poudlard.

Je repartis en direction du château, mes achats sous le bras, et une fois arrivée, je m’appuyai contre la rampe des escaliers en pierre, déchirai une page de mon carnet – il y avait des fleurs dessinés sur la marge, je l’avais acheté dans une brocante à Liverpool – et me mis à écrire frénétiquement, avant de remonter tout à en haut, un peu essoufflée. J’attendis patiemment devant la porte de Serdaigle que des élèves arrivent, et je leur demandai gentiment de donner ce paquet à Scott McBeth, car je ne pouvais pas rentrer. Ils acceptèrent en souriant, et, le cœur un peu plus léger, je décidai enfin à rentrer dans ma salle commune.

Sur la note jointe, j’avais griffonné à l’encre bleu claire :

« Scott,

Je suis sûre que tu as envie d’être tranquille, alors j’ai pensé que tu aimerais un peu de compagnie. Je ne m’y connais pas autant que toi en littérature, mais j’espère que ça te fera plaisir quand même. La libraire était très gentille et elle m’a conseillée. Je n’étais pas sûr de ce que tu aimais, alors j’ai pris de tout – théâtre, poésie, et roman. Pour le théâtre je m’y connais un peu plus, alors je t’ai pris McBeth de Shakespeare. Tu as dû déjà le lire, mais bon, je l’aime beaucoup. Le recueil de poèmes, c’est d’une poète qui est une ancienne Serdaigle, comme toi, il parait que c’est très bien. Et le roman, la libraire m’a dit que c’était un roman d’aventures, que c’était très bien pour se changer les esprits. J’espère que ça fonctionnera pour toi !
Quand tu les auras finis, si tu veux, tu pourras me dire ce que tu en as pensé ? On pourra aller en acheter d’autres ensemble, à l’occasion !
Si jamais tu as envie de compagnie, fais-moi signe, promis ? <3

xoxo,

Apple (: »


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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: "And you know you don't have to go." [S.]   Mar 21 Fév - 12:01

Nous nous remîmes en route et Apple, ayant parfaitement compris que je ne souhaitais pas m’étendre, partit d’elle-même dans un monologue enjoué dont elle avait le secret. Je laissai mon esprit vagabonder, emporté par sa voix étonnement grave si l’on se fiait uniquement à son apparence. Je n’avais pas la force de me faire des réflexions, mais je me souvins, de manière très brumeuse, que c’était ce que je préférais chez Apple, le timbre velouté et bas de sa voix et ses intonations particulières. Alors je me laissai bercer en avançant, l’esprit pas vraiment là, mais pas vraiment ailleurs non plus. C’était tout ce que je ressentais, d’ailleurs : un entre-deux, une incapacité, quelque chose de vide, qui tendait inexorablement vers un gouffre de tristesse qui me détruisait petit à petit, même de loin. J’étais las. Las de me dire que cette condition me constituait, encore et toujours. Las de tout. Je n’avais plus envie de rien : de me promener, de travailler, de lire, de sortir. C’était aussi simple que ça.

Les mots que prononçaient Apple avaient un sens, quelque part dans une des cases bien ordonnées de mon cerveau, mais je refusais tout bonnement de faire le lien et de faire un quelconque effort, si bien que des bribes me parvenaient sans que je les saisisse — j’appréciais juste le son, son engouement, son énergie, toutes ces choses qui semblaient s’être totalement évaporées de moi et que je ne cherchais de toute façon pas à récupérer. C’était cela, la clef : je n’avais aucune volonté pour inverser la donne. J’avais rendu les armes.

Comme nous étions arrivés en haut de la tour des Serdaigle, je me tournais mollement vers elle pour lui dire au revoir — aucun son ne sortant de ma bouche, j’attendis qu’elle fasse le premier pas.


- Bon, hm, j’espère qu’on se verra bientôt tout de même.

Je hochai la tête, évidemment par politesse, sans aucune envie de promesse. Je n’étais pas du tout en état de faire comme si de rien n’était et elle savait pertinemment que je n’allais pas lui mentir là-dessus ; si j’avais envie de disparaître, cette résolution était la mienne. Qui plus est, j’étais sensé être malade depuis quelques temps, ce qui encore une fois m’arrangeait bien. Apple jugea alors bon de me prendre un instant dans ses bras — j’étais immense par rapport à elle, même si elle commençait à grandir sérieusement  — et je la laissai m’embrasser la joue. En temps normal, j’aurais été surpris, puis gêné, puis sûrement flatté et heureux de cette démonstration d’amitié, mais il n’y avait plus rien de normal et je me contentai de la regarder en essayant d’étirer mes lèvres pour lui sourire. C’était bizarre, ce contact presque intime, c’était bizarre de se dire que plus jamais je n’aurais avec Haley ce genre de contact ni même plus, c’était bizarre de se dire que tout ce pan là de ma vie était révolu. J’avais pris tellement l’habitude de sa présence contre la mienne, du toucher de sa peau, de ses baises, de ses caresses, de son corps, que je ne parvenais pas encore à me dire que c’était parfaitement terminé. Même si j’avais bien reçu le message, il m’arrivait encore la nuit de me retourner dans mon lit et de m’attendre tout naturellement à la trouver endormie à côté de moi, tandis que je nichais ma tête dans l’odeur fruitée de son cou.

- Prends soin de toi, reprit Apple.

- Hmm, hmm, répondis-je distraitement, avant de me dire que c’était sans doute la dernière interaction que nous avions avant quelques jours et que je me devais d’être correct avec elle : Toi aussi.

Je n’attendis pas plus longtemps. Oubliée, la pile de devoirs qui s’entassaient de jour en jour ; je voulais simplement la chaleur de mon lit et la quiétude du dortoir pour reposer mes idées noires. Aussitôt dit, aussitôt fait ; je passais la salle commune sans lever le nez et gravis les quelques marches qui menaient à une salle ronde et lumineuse, me dirigeant vers mon lit, aux draps épais d’un bleu profond. J’en tirais les rideaux bronze et me laissais tomber en soupirant, rivant mon regard au-dessus de moi. Aussitôt j’eus l’impression que des nuages s’amassaient comme un ciel d’automne, et malgré la fatigue qui m’envahissait, je restais dans cet état, ne sombrant pas dans le sommeil ou ne décidant pas d’agir pour autant.

Finalement, quelqu’un appela mon prénom à travers les rideaux et en les ouvrant je me rendis compte que la lumière de dehors avait baissé ; c’était l’un de mes voisins de dortoir qui m’expliquait qu’Apple avait demandé à ce que l’on me donne « ça », « ça » étant un sac en papier assez lourd et volumineux. Je le pris et le posai sur mon lit, attendant que le garçon quitte les lieux. J’attrapai alors le mot — un papier à fleurs, une écriture colorée, évidemment — et compris qu’Apple avait eu la gentillesse de me faire un cadeau pour me remonter le moral, en tablant sur ce que j’aimais le mieux. Je découvris les livres et passai ma main sur leur couverture, l’un après l’autre, puis les posai sur ma table de nuit. Glissant le mot d’Apple dans l’interstice du tiroir, je sentis une légère tiédeur m’envahir et m’installai un peu plus confortablement sous les couvertures, le regard tourné vers les trois livres. C’était un geste adorable qui ne m’étonnait pas d’elle, et je sentis mes paupières devenir de plus en plus lourdes, tandis que les nuages avaient décidé de me laisser un instant de répit pour que je m’endorme enfin, libéré momentanément de ce vide qui m’envahissait.


FIN

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