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« Sister don't let go of us. » (L.)

 

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James Miller
Assistant à l'infirmerie



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Date d'inscription : 23/07/2013

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Particularités: I don't know where I am going to rest my head tonight.
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MessageSujet: « Sister don't let go of us. » (L.)   Dim 2 Oct - 21:25

« There's a chip on your shoulder girl
And by God it'll make you fall
If you let it take a part of your soul

I've seen the love in your brother's eyes
And the love in your mother's cries
Sister don't test the ones you love

Sister don't let go
Sister don't let go of us
Sister don't let go
Sister don't let go of us

Cause your roots will rot away
And your fruit, it won't grow
Your bark will wear thin, body hollow

I've seen the love in your brother's eyes
And the love in your mother's cries
Sister don't test the ones you love

Sister don't let go
Sister don't let go of us
Sister don't let go
Sister don't let go of us. »


Le soleil s’était levé comme tous les matins, pourtant. Ça avait commencé comme toutes les journées, parce que c’était toujours ainsi, il était impossible de savoir. Tout se ressemblait, au début. Le goût du café, l’odeur de la lessive sur la chemise propre, la sensation du papier journal sous les doigts, les bruits de la vie qui s’éveillait dehors. Rien n’avait changé, car tout était encore parfaitement à sa place, dans cet équilibre précaire dans lequel on avait laissé son quotidien la veille, avant de s’endormir.

Je me levai sans penser, sans imaginer. Je me douchai et m’habillai rapidement, la tête ailleurs, pensant à l’un des rendez-vous que j’avais cet après-midi avec Sonia, une Poufsouffle si stressée qu’elle en développait des plaques d’urticaires sur la peau. Je descendis dans la salle commune, m’installant à table avec Rose et Heather qui discutaient joyeusement d’un événement organisé ce week-end à Pré-au-Lard – la boutique Weasley venait faire des démonstrations de leurs farces et attrapes. Je me joignis à la conversation, avant de feuilleter La Gazette, dont le gros titre était consacré à la coupe d’Europe de Quidditch et de l’espoir que représentait la nouvelle attrapeuse des Harpies de Holyhead. Dehors, il faisait légèrement nuageux et encore un peu sombre. Le temps devait se dégager dans l’après-midi, d’après La Gazette.

Ce jour-là, je m’étais aussi réveillé innocemment, avec cette même routine, sans réfléchir. Sophie, dans sa petite nuisette avec le dos en dentelle, avait fait le café dans notre petite cuisine. Elle m’avait raconté son rêve en riant, et je l’avais écouté distraitement, une oreille concentrée sur la radio, dont l’édition matinale annonçait un scandale dans le département des Aurors. « Un véritable scandale, qui devrait inquiéter tous les sorciers du Royaume-Uni », disait l’ancien secrétaire qui avait révélé l’affaire. Dehors, il faisait beau, un grand ciel bleu s’étirant au-dessus de notre immeuble grisâtre. Le temps devait se couvrir dans l’après-midi, d’après la radio.

Je partis pour l’infirmerie où j’enfilais ma blouse. Madame Pomfresh, qui avait été de permanence cette nuit, m’annonça qu’une épidémie de rhume semblait avoir gagné des Serdaigles, qui, nous nous en doutions, avait probablement passé la nuit à faire une soirée dans le parc, et ils avaient bêtement attrapé froid. Nous rîmes sur l’incapacité des adolescents à porter des vestes, et je me mis à concocter quelques remèdes pour les remettre sur pieds rapidement. Un hibou m’apporta une petite lettre de Lizlor – je reconnus son écriture matinale, encore plus brouillonne que d’habitude, parce qu’elle était fatiguée ou en retard – qui me disait qu’elle viendrait en fin d’après-midi voir Sara et qu’elle passerait me dire bonjour. Elle avait dessiné un petit chat et un petit ourson en bas de la page, avec des cœurs tout autour d’eux. Je souris, le cœur léger, et lui répondit rapidement, renversant à moitié du foie de crapaud sur mon parchemin tant j’étais dispersé. Puis je m’étais reconcentré sur une élève, à l’infirmerie depuis trois jours avec des boutons remplis de pus depuis qu’elle s’était fait bavé dessus par un Niffleur, lui provoquant visiblement une réaction allergique assez conséquente. Je me fis un deuxième café, songeant que cette journée s’annonçait chargée.

Ce jour-là, j’étais partie pour Sainte-Mangouste en moto, le vent claquant contre ma veste en cuir. En arrivant dans l’atmosphère électrique des urgences, j’avais été sollicité rapidement car une sorcière venait d’arriver, elle avait raté sa potion et la peau de son avant-bras était en train de fondre – nous n’avions pas de temps à perdre. Nous avions appliqué de l’onguent et bandé son bras avec un tissu spécial qui fondait dans la peau pour la réparer. J’avais eu une minute de répit, et j’avais envoyé un hibou à Sophie pour décaler notre déjeuner ce midi – j’allais sûrement être trop occupé, et j’allais la voir ce soir, de toute façon. Je m’étais fait un deuxième café, songeant que cette journée s’annonçait chargée.

Ce fût à midi, alors que je déjeunais entre deux consultations, assis à mon bureau, que je reçus un hibou. C’était la police, qui me priait de venir les voir à Londres le plus rapidement possible. Ils m’indiquaient leur bureau au Ministère, ce qui me fit sourire – comme si je ne le connaissais pas par cœur, depuis le temps. Deux ou trois fois par an, ils me convoquaient pour discuter de la disparition de Mathilda, et d’ailleurs, maintenant que j’y pensais, cela faisait un moment qu’ils ne m’avaient pas contacté. J’haussai les épaules, me doutant qu’il ne s’agissait encore une fois que d’une procédure. Je soupirai, et après avoir discuté avec Pomfresh, j’avais transplané.

Ce jour-là, j’avais reçu un hibou urgent de ma mère qui me disait de rentrer à la maison. Il s’agissait de Mathilda, visiblement – qu’est-ce qu’elle a encore fait, m’étais-je demandé. J’avais déjà reçu un appel paniqué de ma mère quelques jours plus tôt car elle n’était pas rentrée depuis deux jours, et je lui avais dit de se relaxer, que ce n’était pas inhabituel. Mais elle semblait maintenant convaincue que ma grande sœur avait disparu. J’avais soupiré, et après avoir discuté avec mon supérieur, j’avais transplané.

En arrivant dans le bureau froid et rempli de dossier, je fronçai légèrement les sourcils. L’inspecteur avait un air étrange, provoquant une légère contraction dans mon bas ventre. Je m’assis, les poings serrés sur mes genoux, la respiration calme mais le cœur légèrement tambourinant.

Ce jour-là, j’étais arrivé chez moi, où ma mère discutait avec des policiers qui avaient l’air peu concerné, surtout après que je leur ai parlé des fréquentations de Mathilda. Je m’étais assis nonchalamment sur le canapé, et allumé une cigarette.

« (…) nous vous avons contacté dès que nous avons eu la confirmation à l’autopsie (…) »

« (…) nous vous contacterons dès que nous en saurons plus (…) »

« (…) vous êtes sûr que c’est elle ? (…) »

« (…) vous pouvez êtes sûr qu’elle va revenir dans quelques jours, c’est bien son genre (…) »

Mais elle ne reviendrait pas. Elle ne reviendrait plus.

***

Il faisait chaud – froid ? – et la maison était vide. Ma mère était à l’hôpital pour des analyses, il me semblait. Je ne savais pas comment j’étais arrivé là. Je montai les escaliers. Dehors, une sirène résonnait au loin. Le bois craquait sous mes pieds, surtout la sixième marche. Toujours la sixième marche. Il faisait froid – chaud ? – et j’ouvris la porte de sa chambre. Rien n’avait bougé. Les posters au mur, son vieux nounours sur la commode, les rideaux rouge vif. Sur le dossier de la chaise, il y avait toujours son sweat. Je n’y avais jamais touché. J’avais toujours pensé qu’elle reviendrait.

J’avais dit que non, que je savais bien que c’était improbable, qu’elle était sûrement morte. Je l’avais dit. Je l’avais cru. Enfin, j’avais dit le croire.

Parce que j’avais toujours pensé qu’elle reviendrait.

Mais Mathilda était morte.

Elle ne reviendrait plus.

Le train était lancé à pleine vitesse et je le voyais arriver, depuis que j’étais sorti du Ministère. Mais je ne bougeais pas – comment aurais-je pu ? – j’étais rentré chez moi, je ne savais pas comment ni pourquoi. Alors il me percuta. La vérité me percuta.

Le cri sortit sans que je comprenne qu’il venait de moi.

Tout à coup, le monde entier s’écroulait sur mes épaules, terriblement lourd – bam ! – d’un coup comme ça, immense, tout, tout d’un coup, beaucoup trop lourd, j’hurlai, j’hurlai à m’en déchirer les poumons et j’attrapai cette chaise, ce sweat, et je les jetai, je jetai tout, j’hurlai, tout, tout qui m’oppressait dans mes poumons et j’hurlai tellement fort que j’en avais mal partout mais mes poings aussi, ils me blessaient, contre le mur et le bois de la commode, contre moi, mes ongles, mon visage, mes cris, j’hurlai, j’hurlai encore, tout, tout s’écroulait contre moi, en moi, immense, m’happant tout entier, je ployai sous le poids, le sol sous mes genoux, encore ce bruit de sirène au loin mais j’hurlai si fort, mes poings, le parquet, le sang, un peu, les jointures rouges, blanches, les larmes, j’hurlai, tout, tout, j’allai imploser et j’avais si mal, tellement mal partout et mon cœur, putain, imploser, exploser, partout, j’hurlai, mais je ne pouvais pas hurler ça, je ne pouvais pas, rien, tout, c’était là, c’était fini, c’était trop tard, et les réponses, toutes ses réponses, pas de réponses, je ne les aurais pas, jamais, pas assez, plus assez, trop tard, trop tard, fini, fini, fini, c’était fini, j’hurlai et je frappai mais c’était fini, de toute façon, fini, fini, fini,

Fini.

_________________
« So what became of loving man
And what became of you
Familiar as you shook my hand
What was it you meant to do?
Because all could change for one
And all, could change in this new today. »




« She said the devil will want you back
And you'll never find love in an open hand
Shut your eyes, so you see I'm there
And know you'll always have this if you see this man
I lied, this was not for my pride
I know this was my time. »
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Lizlor Wayland
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MessageSujet: Re: « Sister don't let go of us. » (L.)   Lun 3 Oct - 15:54





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There's no view from here,
no view from here, no view from here
All you see's the sky
Clouds passing by, clouds passing by

We could be born to anything and now, and now
What you have done is terrible
And now, and now
Now you carry it with you

You carry it with you



- Madame Pomfresh, vous n’avez pas vu James ? Je dois d’abord passer voir ma mère mais il m’a dit qu’il serait là, et j’ai l’impression qu’il n’y a personne à son bureau ?
- James… Hmm, oui… Elle leva la tête de flacons qu’elle peinait visiblement à étiqueter, apparemment peu sûre de ce qu’ils contenaient. Elle parut comprendre le sens de mes paroles quand elle me vit. Ah oui, James ! Eh bien, il a reçu un courrier et à du se rendre à Londres, rien de grave, mais je crains bien qu’il ait été retenu, il ne s’est pas montré depuis. Il ne devrait pas tarder.
- Il ne vous pas dit de quoi il s’agissait ?
- Bien sûr que non, vous…
Elle s’interrompit : je ne masquais pas vraiment l’inquiétude que je commençais à ressentir.
- Bon, merci… Je… Je verrais bien.

Il n’y avait aucune raison de s’inquiéter, pas vrai ?  Il avait juste un rendez-vous à Londres, il en avait parfois, il avait peut-être simplement oublié de me prévenir… Mais non, je ne pouvais pas faire taire la sourde angoisse qui s’agitait au fond de moi. Jay n’oubliait JAMAIS de me prévenir, encore plus quand nous avions quelque chose de prévu tous les deux. Il me l’avait écrit noir sur blanc dans son hibou, il serait là, il travaillait à Poudlard toute la journée. J’avais machinalement emprunté le chemin qui menait au bureau de la directrice, dans ce château qui soudain n’était plus à moi – comme ça me serrait le cœur de repasser par ces endroits que je ne voyais plus tous les jours, rien que de passer ma main sur la rampe de l’escalier et de le sentir vibrer, prêt à faire une farce, et j’avais l’impression qu’on m’avait arraché mes souvenirs ! Mais j’avais de la chance, quelque part : comme Maman travaillait toujours ici, Ruby et moi pouvions revenir comme bon nous semblait. C’était presque plus agréable, de redécouvrir l’atmosphère de Poudlard alors que nous n’appartenions plus au château… Enfin… Vraiment ? Un regard jeté au vaste hall immense et garni de tableau dont la majorité faisait la sieste agita mon cœur comme un petit papillon : un morceau de lui appartiendrait toujours à cet endroit, je le savais. Il n’y avait aucune raison de s’inquiéter… Peut-être sa mère avait-elle encore fait des siennes… Il était retenu… Il m’aurait prévenue. Rien n’avait de sens. J’avais l’impression qu’on me piquait la peau avec une multitude de petites aiguilles, des pieds jusqu’à la tête : quelque chose n’allait pas. Mais comme j’étais stupide de m’inquiéter pour rien ! Je toquai à la porte de la directrice, et elle m’ouvrit avec un regard bienveillant – simplement, le pli de son front m’indiqua qu’elle était préoccupée par autre chose, sûrement en lien avec son travail, et qu’elle n’était pas nécessairement disponible tout de suite. Je lui rendis son câlin et fermai les yeux pour me laisser bercer par ses bras, mais cela ne marchait pas : il y avait une paroi entre mon cœur et le reste, il restait gelé, et la tiédeur des bras maternels n’y pouvait rien. Je sentis que je me recroquevillai sur moi et que la peur m’emplissait à nouveau, reprenant possession de moi comme un ancien amant. Je me mis à mordiller mes doigts, ce qui n’échappa pas à Maman :

- Lizzie, ARRÊTE de te manger les doigts… Assieds-toi donc là, le temps que je finisse ce rapport.

J’obéis. J’étais trop troublée pour relever les mauvaises manies de ma mère, celles-là même qui avaient tant perturbées l’adolescente que j’avais été.

Aujourd’hui encore, elle ne s’en rendait pas compte, mais elle continuait de me rappeler celles que nous avions été, par des petits remarques, des petits mots, des bribes de phrase qu’elle ne mesurait pas et qui me ramenaient immanquablement des années en arrière : « Lizlor, regarde un peu comme tu es habillée, ta chemise est toute froissée ! » « Il va falloir que tu fasses attention, tout de même, quand tu travailleras à la rentrée, tu ne peux pas mettre des vieux jeans trouvés et es vieux sweats tous les jours… » « Lizzie, je t’ai déjà dit mille fois de ranger derrière toi, c’est insupportable enfin ! » « Liz, ma chérie, cette attitude que tu as de rêvasser quand on te parle, c’est insupportable… ». En soi ce n’était rien, mais c’était tellement des résidus de ce qu’elle avait espéré à mon sujet et que je n’étais pas et ne serais jamais qu’à chaque fois la remarque m’atteignait en plein cœur. Et puis, avec Ruby maintenant, nous étions tellement le jour et la nuit sur beaucoup de choses et elle collait tellement plus à la fille modèle que Maman aurait voulu que, même si je n’en voulais pas un instant à Ruby, les remarques étaient toujours dans mon sens, et évidemment jamais applicables à Ruby. Mais je ne voulais plus m’en rendre malade et d’ailleurs, c’était fini et bien fini ; entre Maman ça allait mieux que jamais et nous avions, je crois, trouvé notre équilibre. Elle avait appris à me connaître et j’avais appris à comprendre son amour, je m’étais apaisée. Il y avait juste, parfois, quelques moments où le passé revenait au galop, et en cet instant, alors que tous mes sens étaient en alerte pour Jay, j’eus l’impression de redevenir la petite fille sauvage et toujours sermonnée par cette mère qui lui manquait, tout simplement.


- Tu sais pourquoi Jay est parti ce midi, et n’est pas revenu ?

Elle releva la tête, ses yeux gris-argent tout d’un coup vifs et perçants, la finesse de son visage éclairée par une lampe à la lumière dorée, sur son bureau.

- Non, pourquoi, tu es inquiète ?

Elle avait compris – je sentis un poids tel s’envoler de mon corps que les larmes s’accumulèrent instantanément au bord de mes paupières. Mon cœur battait la chamade.


- Oui, pleurnichai-je, je ne sais pas où il est et ça m’inquiète, normalement, il me prévient tout le temps, ça ne lui ressemble pas.

- Peut-être qu’il a du se rendre chez lui, puisque ce n’est pas évident avec sa famille, tu ne crois pas ? Elle posa la plume dans l’encrier et croisa les doigts sur le parchemin ouvert devant elle, et sa voix se radoucit : Pourquoi tu n’irais pas voir là-bas, Lizzie ? Il a peut-être besoin de toi ; quant à nous deux, nous nous verrons plus tard, j’ai de toute façon beaucoup de travail, comme tu peux le voir…

Elle eut un petit sourire encourageant et tout d’un coup je me fis la réflexion que je la trouvais fatiguée. Mais comme je m’étais levée et qu’elle aussi, elle me fit un baiser sur la joue et passa sa main dans mon dos pour me rassurer – je partis alors, la gorge serrée. Bien sûr que je voulais filer à Londres et retrouver Jay, et comprendre, mais j’avais peur, et j’espérais de toutes mes forces qu’il ne lui était rien arrivé, à lui, à sa mère.

Toute la tension de la journée s’était évaporée de mon esprit, et pourtant j’avais été franchement bougonne : on avait du, nous, les apprentis, nous farcir un tri de dossiers, d’une TONNE de dossiers, tous très intéressants peut-être parce qu’ils traitaient de manière très détaillée de chaque créature magique, de ses caractéristiques, de tout ce qui se rattachait à elle – mais quand même. Depuis le début de la semaine, je moisissais dans cette salle à manier la baguette pour tout parcourir, tout ranger, pour essayer une nouvelle organisation pour un accès plus rapide, et je commençais à devenir chèvre. La pauvre Ruby avait subi ma mauvaise humeur plusieurs soirs de suite, et comme on devait passer la soirée ensemble le lendemain pour finir de décorer notre appartement, j’étais bien décidée à essayer de me rattraper. J’adorais ma nouvelle vie d’étudiante, et ma nouvelle vie rien que toutes les deux avec Ruby, mais parfois j’avais l’impression que j’avais mis le nez dans une tornade et qu’elle m’emportait plus vite et plus loin que je ne l’avais imaginé. Ce qui était merveilleux également, c’est que j’avais des tonnes de choses à raconter à Conrad et que j’avais l’impression d’être un peu plus à son niveau, maintenant que j’étais apprentie – ce qui était encore plus génial c’est que je gagnais de l’argent et que j’allais pouvoir aller le voir et passer des vacances rien qu’avec lui ! Il me fallait penser à tout cela tandis que je courais à moitié vers la sortie du Poudlard, sans même un regard vers ce qui avait été mon royaume – la forêt, les arbres, le parc, les montagnes au loin – et une fois que j’eus franchi les grilles, je me concentrai, et transplanai. Je connaissais assez le quartier et la maison des Miller pour m’y rendre sans problème, et après un crac sonore, j’apparus dans un tout nouvel environnement, une rue londonienne, en apparence banale et calme. J’hésitai deux secondes – par ici, ou par là ? Ah ! Et je trottinai vers la maison en question, aux murs de briques.

J’eus l’impression qu’elle était porteuse de mauvaise augure, et après un regard craintif vers les volets ouverts, je toquai… Mais la porte était ouverte, tirée mais pas verrouillée. Je la poussai timidement.


- Mrs Miller ?

Aucune réponse. J’entrai.

Les pièces étaient vides, silencieuses, et les battements de mon cœur étaient si forts que j’eus l’impression qu’ils remplissaient le silence de la maison et m’étourdissaient. Tout d’un coup, j’entendis des bruits sourds et un coup étouffé à l’étage ; mon sang ne fit qu’un tour et je bondis à l’étage, courant comme une furie le long de l’escalier grinçant.

- JAY ?!

Le bruit me guida, en haut, un peu après sa chambre et… Cette maison me rappelait d’étranges souvenirs, la première fois lorsque j’étais venue j’avais utilisé mon collier explosif et j’avais l’impression qu’il résonnait encore ici, j’avais compris, j’avais compris que c’était la fin et tout ce qui venait de se passer et comme un puzzle en avance rapide les pièces reprenaient leur place et la maison semblait bouger autour de moi, s’assembler et nous emprisonner, lui au milieu.

Il régnait dans la chambre de Mathilda un désordre indescriptible et Jay, au milieu, hurlait et pleurait et je compris que c’était lui qui avait détruit tout ce qui pouvait lui tomber sous la main, et s’il était recroquevillé au sens de la pièce et foudroyé par la tristesse, je fus bloquée dans mon élan : mes instincts de proie s’étaient sûrement réveillés devant toute cette violence et je ne pus rien faire d’autre que de mettre les mains devant ma bouche et de sentir la boule dans ma gorge exploser et les larmes couler le long de mon visage. Mais il me faisait peur, pas son chagrin mais lui, la violence qu’il pouvait exprimer dans ces moments-là, tout ce qu’il avait détruit autour de lui, la façon dont il se griffait lui-même, sa colère, sa stature qui même recroquevillée possédait deux fois ou plus ma pauvre force, et je me sentis stupide et effrayée, terrifiée et à la fois dévastée de le voir ainsi…

Je devais pourtant réagir ; je me forçai à bouger et avançai vers lui, au moins pour l’empêcher de continuer à se faire du mal ainsi. Tremblante, je lui attrapai les mains et tentai de les décoller de son visage.


- James, je me détestai d'avoir ainsi peur de lui, je voulais juste être là et rien d'autre, qu'est-ce qui se passe, respire, parle-moi, je suis là, et en même temps j'essayai de lutter contre lui et de le prendre dans mes bras mais lui et son chagrin me paraissaient si féroces que je n'étais qu'une pauvre petite chose contre eux, et les larmes coulèrent de plus belles sur mes joues.

_________________

So here's my confession, this time
Don't just want you to love me
I want to be your obsession




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James Miller
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MessageSujet: Re: « Sister don't let go of us. » (L.)   Dim 16 Oct - 20:24

Les bruits,

le parquet qui craquait sous mes poings, un bruit sourd qui s’étend ensuite le long des planches,
le son mat et creux, suivi du craquement, des jointures de mes mains contre le sol,
les couvertures des livres puis le bruissement des pages,
tout ce qui résonnait,
la griffure contre la peau rugueuse, comme un glissement irrégulier,
légèrement, quelques gouttes – des larmes ? du sang ?

Je ne sentais plus le reste,
juste les bruits.


Je ne pouvais pas penser, pas encore. J’allais imploser.
Il fallait continuer à hurler, à être hors de moi, littéralement, hors de ce corps qui frappait et se brisait, me voir ainsi, de loin, de haut ; pour ne pas réfléchir, ne pas vivre.
Puis, sa présence, que j’entendis avant de sentir, peut-être ses pas ou sa façon de bouger, puis ses lourds cheveux qui frôlait les vêtements et la peau, au lieu des cris, dans les pauses silencieuses.
Comment était-elle là ?
Je continuais de sangloter jusqu’à que ma gorge déborde et vomisse un flot d’hurlements incompréhensibles.
Elle était là, toute proche, ses mains, les miennes, sa voix.


James…

Elle m’appelait.

Qu'est-ce qui se passe, respire, parle-moi, je suis là…

Elle me parlait.


Je pleurais encore, sans pouvoir répondre. Contre moi, le corps de Lizlor essayait de se débattre – je l’entendais bouger, essayer de s’approcher – mais j’étais inconscient, incapable, perdu… La réalité était là, les sens ne pouvaient pas la maintenir loin, elle revenait, comme une vague naissante, grandissante, qui grondait…

…et tout à coup…

Tout revint une nouvelle fois, dans une nouvelle vague, plus forte que la précédente.

Mathilda est morte.

J’attrapais ce qui devait être l’avant-bras de Lizlor, je l’attrapais à temps, juste avant que tout revienne, et comme l’ancre, le centre, le tronc, je m’accrochai…

A l’intérieur de ma poitrine, je sentis cette fois-ci la déchirure, tellement fort que je me mis à serrer le bras de Liz comme si j’allais l’écraser, et puis un sanglot, plus fort, plus terrible, parce qu’à l’intérieur je l’avais senti ; ce n’était pas une déchirure soudaine, c’est ce cœur qui se séparait en deux depuis sa disparition et que j’avais fait tenir malgré tout et soudainement il se déchirait d’un coup, arrachant les dernières veines qui le tenaient, les derniers tissus, les cellules, et j’entendais le déchirement, je l’entendais dans ma poitrine et il me secoua d’un spasme – je manquai de m’effondrer à nouveau, mais quelque chose me retint, ou quelqu’un, je ne savais pas.

Puis après le déchirement, je sentis le silence m’envahir, ou plutôt, le vide. Je ne pouvais plus rien dire, rien penser, rien faire…

Alors je laissai le temps.

Il s’écoula, lentement, je restais là, prostré, incapable de faire quoi que ce soit. Le vide à l’intérieur de moi m’aspirait tout entier, et j’avais les yeux fermés, je ne pleurais plus, je ne hurlais plus, mais mes muscles ne me répondaient plus, mais tant pis, je n’étais plus là, ou plus moi, je ne savais pas…

Le temps continua, long, trop long.

Je finis par réaliser que je n’avais pas lâché l’avant-bras de Liz. J’ouvris les yeux, doucement. Sa peau était toute rougie, à l’endroit où je serrais. Je la lâchai.

Il aurait fallu que je bouge, peut-être, que je me relève, qu’on s’assoit quelque part. Mais tous mes membres étaient douloureux. J’aurais voulu relever le visage, regarder Lizlor, affronter son regard mais quelque chose sur mes épaules, un poids, les gardaient voûtées et lourdes. Je regardai mes mains : sur certains de mes ongles, il y avait des traces de sang – je m’étais griffé si fort ?

Ma gorge était si sèche que je me sentais encore plus incapable de parler. J’avais soif, mais la nausée. Je me sentais complètement remué, comme si je n’étais pas vraiment moi.

Mathilda était morte.

Je me remis à pleurer, plus doucement cette fois, des larmes emplis d’une tristesse lasse lourde mêlée à une colère froide, dirigé contre le monde et moi-même, contre tout ce qui existait et que je voulais briser…

Et les questions, les questions sans réponses – pourquoi elle était partie, avait-elle regretté, quand était-elle morte exactement, avait-elle voulu revenir ?

Il y eut un bruit en bas, et je compris que ma mère venait de rentrer de l’hôpital. Quelque chose en moi se verrouilla alors complètement, et je me levai d’un coup, quittant la pièce comme un robot.

Elle était en bas, dans la cuisine, toute frêle, en train de se faire un thé. Elle sursauta en me voyant. Je crois qu’elle comprit, ensuite. Je l’assis sur le canapé. Mes mots étaient lointains. Calmement, je lui expliquais. Calmement, je gérais ses sanglots et ses hurlements. Calmement, je la rassurai. J’allais me charger de tout. C’était mieux ainsi. On avait enfin des réponses. Mathilda n’avait pas souffert – qu’en savais-je ? – et c’était fini. Je lui fis un exercice de respiration pour calmer sa crise d’angoisse. J’allai chercher ses médicaments. Je lui parlais. C’était si lointain, quand on en parlait ainsi. Il fallait prévenir Maya. J’allais retourner à Poudlard la chercher, et on allait rentrer. Il ne fallait pas qu’elle fasse de bêtises entre temps. J’allais revenir rapidement. J’allais m’occuper de tout.

Je me levai à nouveau, comme un robot. Lizlor était encore là, n’est-ce pas ? Je me tournai vers les escaliers. Elle était assise, tout en haut, je voyais ses cheveux. Je n’osai pas regarder ses yeux. Je montai les marches, lentement. Arrivée à sa hauteur, fuyant toujours son regard, je lui tendis la main.


- Est-ce que tu peux venir avec moi, s'il-te-plaît ?

J'avais besoin d'elle.

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Lizlor Wayland
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MessageSujet: Re: « Sister don't let go of us. » (L.)   Mar 1 Nov - 18:16

Je me souvenais tellement de cette sensation : le monde qui se disloque, les choses qui s'écartent toutes les unes des autres et partent à la dérive, la réalité qui s'effondre et la sensation omniprésente de solitude intense et éternelle, parce que même au sein d'une famille, même sous le joug d'un tel drame, chacun est triste et désespérément seul et personne ne peut y faire quelque chose. Je revoyais ce moment, je revoyais même ce cours de Sortilèges juste avant, les interventions d'Haley et de Stephen, les moues d'Hazel Woodley, les petits coups à la porte, l'arrivée de Maman. J'entendais encore le bruit de mon sac que j'avais traîné par terre pour l'agacer, parce que je lui en voulais de m'avoir fichu la honte en venant me chercher en plein cours comme ça. Je revoyais son bureau, le ciel dehors, le vent, les odeurs, ses livres. Je me souvenais de tout. Comment elle avait parlé et comment elle avait pleuré, et moi aussi. C'était gravé dans ma mémoire. Ce le serait probablement dans celle de Jay aussi - tout ce chaos, cette pièce sans dessus-dessous, ces odeurs, cette lumière, ma présence. Dans quelle mesure ? J'ignorais son processus, je connaissais seulement le mien, et je connaissais seulement l'essence de ce qu'il ressentait, pas la manière dont cela s'exprimait. J'avais l'impression étrange d'être de trop, pas parce que ce n'était pas ma famille, mais parce que personne ne pouvait le comprendre en cet instant précis, personne d'autre que lui, et Mathilda, qui ne serait plus jamais là... Je reniflai - les larmes me chatouillaient le visage et les arrêtes du nez, elles coulaient sans trop de bruit, comme si elles voulaient se faire discrètes devant celles de Jay. J'avais peur... J'avais si peur. Il était inaccessible.

Il ne répondait pas, évidemment, face à mes pauvres mots qui ne pouvaient rien pour lui ; j'avais presque l'impression qu'il ne me sentait même pas alors que j'essayais de l'entourer de mes bras, agenouillée à côté de lui, mais tout d'un coup sa main m'agrippa le bras et le serra si fort que j'en eus la respiration coupée. Alors, il se mit à pleurer si fort et si violemment que je sentis tout mon corps se contracter - j'avais l'impression qu'il allait mourir - et ma peur s'emballer de plus belle. Prise au piège tant il serrait mon bras, je me pelotonnai contre lui, lovée contre son dos, sa tête sur son épaule et mon bras libre l'enserrant, tandis que ma mâchoire se crispait de plus en plus fort pour ne pas crier. Il me faisait si mal que mes larmes avaient redoublé, mais pas pour les mêmes raisons. Je fermai les yeux.

C'était si facile d'oublier la douleur quand on sentait son esprit s'envoler de son corps. Les yeux fermés, je savais que tout était possible. Je revoyais Jay sur sa moto, avec sa veste en cuir, qui me regardait et qui riait. Je le revoyais discuter avec ses amis, ou écouter attentivement quelqu'un venu le voir à l'infirmerie. Je revoyais tant de moments partagés, rien qu'entre nous. Ses regards, ses gestes, les coins de sa bouche. Il était tout à moi dans ces moments-là, mon coeur était tout chaud et j'aurais pu ronronner si j'avais été un chat. Il était tout à moi et nous étions heureux...

Mais il était si malheureux ; je sentais tous les muscles de son corps tellement contractés, j'entendais ses sanglots déchirants et je ne pouvais qu'être là contre lui, le caressant doucement du mieux que je pouvais, tout en lui transmettant silencieusement tout l'amour dont j'étais capable. Je voulais être là pour lui, c'était tout ce qui comptait.

Je ne sais pas combien de temps il pleura ; je pleurais aussi, silencieusement, et mon bras était tellement devenu insensible qu'il ne me faisait plus mal. J'avais peur que Jay finisse par se sentir mal, vraiment mal, qu'il s'évanouisse ou quoi que ce soit, alors l'oreille contre son dos je guettais chaque signe anormal au milieu de ce cataclysme, prête à intervenir ou à chercher de l'aide. Il me faisait peur, mais il me faisait également peur pour lui-même.

Et puis, tout d'un coup, un bruit étranger se fit entendre et perturba l'équilibre instable de la pièce. Jay se leva d'un coup sec, comme si toutes ses larmes s'étaient taries d'un seul coup, et il me laissa chancelante et saisie par la surprise. Je n'osai pas le suivre tout de suite : je le vis quitter la chambre et descendre l'escalier. Mon coeur tambourinait dans ma poitrine, prête à exploser. Seulement alors je rabattis mon bras meurtri contre moi - je ne le sentais pas, le sang ne circulait plus, et quand je le touchai du bout des doigts j'eus l'impression de toucher un boudin tiède et mou. Je bougeai le bout des doigts, doucement, tandis qu'une multitude de picotements horriblement désagréables se mirent à courir tout le long de mes veines jusqu'à me faire mal, tandis que le sang revenait. Un regard en direction de ma peau m'indiquait qu'elle était violette par endroits - j'allais avoir un énorme bleu. Je rabattis la manche de mon sweat pour cacher tout ça, et partis prudemment en direction de l'escalier. J'entendais Jay s'occuper de sa mère, lui parler, la rassurer. C'était trop intime pour que j'intervienne et je m'assis sur l'une des marches du haut, les jambes pliées, recroquevillée sur moi-même, à attendre.

Attendre.

C'était tout ce que je pouvais faire...

Jay n'était pas lui-même et je m'en rendais très bien compte, il parlait agissait de façon mécanique, il gardait la face pour elle - en cet instant, je la détestais. C'était lui l'enfant, c'était lui dont il fallait s'occuper ! Et elle n'en était pas capable... Elle n'en avait jamais été capable. Et maintenant Mathilda n'était même plus là, pour de bon... L'injustice de la vie me soulevait le coeur, comme à chaque fois. J'avais une boule dans la gorge et l'estomac tellement noué qu'il n'aurait pas fallu grand chose pour que je vomisse.


- Est-ce que tu peux venir avec moi, s'il-te-plaît ? finit-il par me demander, la main tendue vers moi.

Fébrilement, je me jetai sur cette main et la saisis, les yeux rivés vers lui. Il avait le visage fermé, impénétrable. Je me sentis trembler comme une feuille, mais je soutins son regard et serrai sa main entre les miennes, si petites face aux siennes.


- Qu'est-ce que je peux faire ?!

Il m'expliqua brièvement : il fallait prévenir Maya, il fallait aller la chercher. Il fallait transplaner jusqu'à Poudlard... Je m'en chargeais, bien évidemment. Pas question qu'il transplane dans cet état, même si une petite voix au fond de moi souligna qu'il était bien plus en possession de ses moyens que moi, au fond. Je la chassai bien vite. J'interrogeai Jay du regard au sujet de sa mère, mais elle paraissait shootée, dans son fauteuil, immobile. Je l'obligeai à enfiler sa veste et il se laissa docilement faire, tellement ailleurs que j'aurais pu faire n'importe quoi, il ne s'en serait pas formalisé. Je le serrai un instant fort dans mes bras, en écrasant mon visage contre son torse, puis nous quittâmes la maison, et je transplanai en lui tenant la main.

La lumière baissait déjà, dehors, et quand nous arrivâmes devant la haute stature du château, ses vitres étaient déjà éclairées de l'intérieur. Je n'avais pas lâché sa main.

- On va directement voir Maman dans son bureau pour la prévenir, puis chercher Maya, d'accord ? indiquai-je d'une voix douce. C'était ce qui me paraissait le plus approprié.

Je déposai un baiser sur sa paume et nous marchâmes en direction de l'entrée. J'avais la désagréable impression de vivre un mauvais rêve dont je ne parvenais pas du tout à m'extraire, et mon coeur ne cessait de faire des embardées désespérées.

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MessageSujet: Re: « Sister don't let go of us. » (L.)   Lun 21 Nov - 16:55

Je parlais, mais ce n’était pas moi, c’était la partie mécanique qui savait comment faire marcher mon corps et mon cerveau sans avoir besoin de brancher le cœur. Ma voix résonnait doucement dans les escaliers, basse et grave, étrangement lointaine et robotique. C’était moi, ça ? Je ne savais plus. Mon corps n’était plus le mien, la réalité n’était plus la mienne, plutôt un souvenir diffus, des touches de couleurs, de sons, des bruits… Ma mère en bas, sur le canapé, qui gémissait doucement, en murmurant des mots que je ne comprenais pas, oh, c’était la fin n’est-ce pas ? Mon cœur arraché, déchiré en deux, il se fanait dans ma poitrine, avalé par la noirceur de ce que j’aurais dû voir venir… Les mains de Lizlor, elles tenaient les miennes, ses ongles courts, les petites peaux qu’elle rongeait, sa peau douce et les ampoules sur les paumes… Je les fixais, toutes délicates qu’elles étaient, et j’avais envie de les lâcher, de partir, de disparaître, parce que je ne pouvais pas, tout simplement pas, c’était trop… Trop de choses… Je fermai les yeux un instant, inspirant. Il fallait bien continuer. Je lui avais expliqué quoi faire, et je le savais dans mon cœur, c’était comme un mode d’emploi à suivre. Il y avait tant à organiser maintenant. Je pensais à mon père tout à coup, à ce semblant de présence paternelle qui n’était rien pour moi, pour nous, à sa réaction, à tout ce qui découlerait. Si je n’avais pas été si malheureux, j’en aurais été complètement fou, enragé, mais à quoi bon maintenant ? Qu’est-ce qu’il me restait, quelle énergie, quel combat ? A quoi cela m’avait-il servi, ça n’avait rien changé, tout avait implosé…

- On va directement voir Maman dans son bureau pour la prévenir, puis chercher Maya, d'accord ?

Nous avions transplané, et je fixai Poudlard qui s’étendait devant moi, incapable un instant d’avancer. Le noir s’écrasait sur mon cœur et me paralysait. Comment allais-je pouvoir regarder Maya dans les yeux et lui dire ? Mathilda était morte, je n’avais rien pu faire nous, je n’avais pas pu la sauver, tout ce que nous avions craint était finalement la vérité ? Elle était si jeune, si fragile, et elle était la dernière qui tenait droite au milieu des cadavres que ma famille accumulait, un fantôme de père, une coquille vide de mère, un souvenir de grande sœur, et je n’étais qu’une imposture, Maya était la dernière, comment pouvais-je la regarder dans les yeux sans avoir envie de crever de chagrin ? Mais Lizlor me tira doucement, me guidant, et je me laissai faire. Elle était toute petite, et pourtant comme une ancre qui doucement me ramenait au centre, ou la barre d’un bateau qui me dirigeait au milieu des vagues. J’eus envie de lui dire quelque chose, mais les mots moururent sur mes lèvres toujours tremblantes. Je ne pouvais pas non plus, comment assumer, comment avoir de la peine, quand il fallait encore tenir bon, il n’y avait plus que ça, pour me rattraper, pour sauver ce qu’il restait, tout organiser, tout maintenir… Il ne restait que ça, que ça…

Il faisait froid dans le château, et en passant devant l’un des miroirs d’un couloir, je réalisai que mon visage – c’était bien le mien, n’est-ce pas ? – était rougi et griffé par endroit, mais vide de toute expression. Je frissonnai, sans vraiment sentir les frissons, simplement un léger spasme le long de ma colonne. L’envie de sangloter remonta, et pendant un instant, j’eus envie de m’arrêter, d’attirer Lizlor contre moi, de m’effondrer à nouveau, j’étais si proche, prêt à imploser à nouveau…

Mais nous arrivions au bureau de sa mère, et il fallut verrouiller à nouveau les sentiments dans ma cage thoracique. Je sentis les verrous se tourner, le voile devant mes yeux, et je lâchai la main de Lizlor malgré moi. Je ne pouvais pas.

Oh, elle comprit, elle voyait bien le visage de sa propre fille, le mien, l’air lourd… Ma voix égraina la vérité, petit à petit, et plus je parlais, plus je disparaissais. C’était étrange, mais en moi, quelque chose grognait, une partie de moi effacée, elle s’étouffait et se lamentait, et si je l’écoutais, je reconnaissais ce James, ou plutôt Jay comme il aimait s’appeler à l’époque, cet adolescent malicieux dont les envies égoïstes lui avait fait fermer les yeux. Il pleurait et suppliait le pardon, il se haïssait, et mourrait dans un dernier sursaut de culpabilité. J’essayais de le faire taire – je n’avais pas le temps, et il m’empêchait d’entendre ce que Sara disait. Je n’arrivais pas à me connecter, de toute façon.

On alla chercher Maya, tous les trois. Elle n’était pas dans sa salle commune, mais quelque chose cliqua en moi, et on se dirigea vers la salle d’étude qu’elle aimait bien utiliser avec ses amis. Ses amis… Oh, et Margaret ? Et Allison, la meilleure amie de Mathilda, comment pourrais-je lui dire, et je lui en voulais tant aussi, comment… Je ne voulais pas qu’elle vienne à l’enterrement, c’était sa faute, mais c’était celle de Mathilda aussi, c’était la mienne surtout, la mienne…

En ouvrant la porte, je la vis – elle était assise sur une table, un grimoire sur ses genoux, et elle riait derrière ses cheveux bruns, enroulée dans son écharpe Serdaigle. On se tourna vers nous, étonné de la présence de Sara sûrement, mais je ne vis que le regard de Maya qui rencontra le mien, le froncement de sourcil léger, les yeux pétillants soudain foncés. Elle comprenait, je le savais, je n’avais rien à dire ; elle sauta sur le sol, attrapa son sac, s’approcha, l’air était lourd, et je savais qu’elle me suppliait de dire autre chose, de la rassurer, mais ma mâchoire était crispée, je ne pouvais pas.

C’était flou, Sara et Lizlor s’écartèrent, on bougea, il me semblait, dans un endroit plus calme… Les mots, la surprise, le refus, ses larmes, puis son corps contre le mien, mes bras, les siens… J’avais l’impression de revivre le cauchemar en boucle. Il n’y avait plus que nous, maintenant, non ? J’avais mal partout. Je m’étais mis à pleurer aussi, plus doucement, las, épuisé. J’avais murmuré « je suis désolé », plusieurs fois, dans des murmures, et Maya hochait la tête de droite à gauche, repoussait ce que je lui disais, quoi, la vérité, ou mes excuses ? J’étais si désolé de tout, de Mathilda, de n’avoir rien fait, rien pu faire, de sa mort, de mes parents, de la vie qui lui faisait du mal, de ne pas savoir quoi faire, est-ce qu’elle comprenait tout ce que je voulais dire, est-ce que je comprenais, moi ?

Je n’arrivais plus à suivre la réalité. Maya était dans les bras de Lizlor, et elle pleurait. Sara me regardait. J’étais déconnecté. J’étais désolé.

Il fallait retourner à Londres, nous avions des choses à faire. Maya voulait venir. Elle voulait voir Maman. Mon cœur était complètement verrouillé. J’avais peur pour elle. Je lançai un regard à Lizlor – elle venait, n’est-ce pas ? C’était la seule chose qui pouvait m’empêcher de perdre complètement pied.

On transplana. A nouveau, le cauchemar, Maya qui pleurait, sur le canapé, avec Maman. J’avais l’impression d’être un spectateur. J’avais juste envie de dormir. De hurler.

J’allais dans la cuisine un instant, suivi par Lizlor – il me semblait, j’entendais ses pas. Je me fis couler un verre d’eau, bus, et passai un peu d’eau sur mon visage. Il me picotait. Les griffures, sûrement.

Lizlor s’approcha de moi, et je pris tout doucement son avant-bras – comme elle sursautait, quelque chose me revint en mémoire, et je relevai la manche de son sweat. Un énorme bleu s’étendait là où j’avais serré, tout à l’heure, il me semblait… C’était encore flou. Je caressai tout doucement avec mon pouce, sentant que les larmes me montaient à nouveau aux cils. J’entendais Maya sanglotait, au loin. Je n’arrivais pas à regarder Lizlor dans les yeux. Je jetai un coup d’œil dans le salon que je voyais depuis la porte ouverte. Ma mère était complètement prostrée, malade, détruite. Je sentis mes entrailles se nouer et se glacer.


- Je… Je ne pense pas qu’elle va… Ma voix se brisa, mais je me repris. Y survivre. Elle est trop fragile. Je n’aurais plus que Maya.

Je savais très bien ce que je voulais dire, à demi-mots, et je fermai les yeux à nouveau, sentant que je disparaissais à nouveau, engloutit par la fatigue, la tristesse, la colère froide et tout ce que je voulais abandonner sans pouvoir jamais arrêter ce qui continuait de tourner…

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And you'll never find love in an open hand
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MessageSujet: Re: « Sister don't let go of us. » (L.)   Dim 4 Déc - 18:35

Le trajet à travers le château me parut s'étirer à l'infini : le temps avait pris la consistance d'une pâte élastique et quelqu'un s'amusait à en tirer les deux extrémités, tandis que nous marchions au milieu, en silence. La familiarité toujours agréable de Poudlard n'enlevait rien à nos peines, cette fois. Je me fis la réflexion que ces vieux murs en pierres en avaient vu passer, des émotions, des chagrins et des joies ; je me sentis encore plus triste en pensant à tous ces chagrins, particulièrement à ceux qui perdaient une soeur ou un frère, comme Chuck récemment, parce que cela bouleversait tellement la logique des choses qu'on ne pouvait pas si facilement y survivre... Mon coeur se serra en pensant à Conrad, heureusement en bonne santé, à l'autre bout de la planète. Je ne m'imaginais tellement pas vivre sans lui, je n'imaginais tellement pas Maman sans lui non plus... Quelque chose s'agita et se mit à trembler au fond de moi, comme une bête traquée. Jay ne disait rien et je lui serrai bravement la main, menant la marche parce que je devais gérer la situation, pour lui - mais je n'en menais pas large pour autant. Si je m'étais écoutée je me serais jetée dans ses bras et j'aurais éclaté en sanglots pendant des heures, mais il n'avait pas besoin de ça ; surtout qu'il était si loin de moi, si inaccessible, que je n'aurais jamais osé faire un tel geste. Alors je continuai la route, bien décidée à être aussi forte que possible pour lui, pour qu'au moins l'un de nous deux ne perde par pieds... Il l'avait fait tant de fois pour moi, j'espérais réussir à le faire également, aujourd'hui. Même si...

Non, il fallait que je chasse cette désagréable et sournoise pensée de ma tête. Mais ce n'était pas de ma faute : j'avais peur. Et pour la première fois, j'avais peur de lui...

Je toquai, Maman était là, elle comprit bien vite. Je vis aussitôt son visage se transformer et passer de celui de la directrice à celui de la maman inquiète et profondément touchée ; elle ne paraissait pas si déboussolée que cela devant la distance froide Jay, devant son détachement. Peut-être qu'elle arrivait à lire au-delà, et j'en fus soulagée. Lui, pour autant, ne se rendait compte de rien, j'en étais certaine : il avait dressé des barrières entre lui et les évènements, et mon coeur battait encore plus d'angoisse à cette idée. Qu'allait-il se passer lorsqu'elles tomberaient ?...

Nous allâmes chercher Maya, mon coeur battait à tout rompre, j'eus l'impression que quelque chose bourdonnait dans mes oreilles et éclata quand nous la trouvâmes. Elle pleura, évidemment, je la serrai dans mes bras en pleurant moi aussi, Maman l'entoura dans son aura maternelle. Il fut questions des détails à régler, Jay répondait comme une machine, la voix de Maman, douce comme une caresse, rappelait tout, s'inquiétait de tout, pensait à tout, me conseillait, essayait de rassurer Maya sur la suite des choses. J'avais l'impression d'être un peu soûle : cet état quand on comprend les choses autour de nous mais que tout est un peu déformé, un peu incertain. Mais je tenais bon. Nous repartîmes en sens inverse, et tranplanâmes de nouveau. De retour à la maison, Maya alla retrouver sa mère, Jay les suivit, et j'eus la sensation d'être de trop, pas à ma place au milieu de cette en détresse qui n'avait plus que ses yeux pour pleurer après la perte de Mathilda. Mathilda... Je me faufilai dans la cuisine, discrètement, et me hissai sur le plan de travail, essayant de reconstituer son visage, son attitude, ses gestes. J'avais vu quelques photos, entendu quelques bribes d'histoires. J'essayais d'imaginer son rire, la façon dont elle petit-déjeunait le matin, comment elle arrangeait ses cheveux, ce qui l'agaçait, ce qu'elle aimait manger quand elle était triste, les attentions qu'elle avait pour son frère, pour sa soeur, ce qui la faisait danser, ce qui la scandalisait, ce qu'elle aimait faire avec ses amis, ses expressions préférées. J'essayais de l'imaginer dans cette cuisine, avec son frère, j'essayais de voir leurs regards, leur complicité, le sourire de Jay, son air de gros nounours défensif si elle lui racontait quelque chose qui l'embêtait,... J'étais triste, frustrée, de ne pas pouvoir mieux la visualiser, la faire vivre dans ma tête. Je me sentais toute vide.

Je sursautai : Jay était là en fait, il avait bu au robinet, un instant j'avais presque oublié que j'étais revenue là où le cauchemar avait commencé. Il se tourna alors vers moi, et saisissant l'instant, je sautai sur mes pieds et m'approchai de lui.

Il souleva ma manche, là où mon bras était encore douloureux : une énorme tâche violacée s'étendait sur tout mon avant-bras.. J'ouvris la bouche sous le coup de la stupeur et rabattis bien vite ma manche ; nous avions autre chose à penser. Alors, enfin, je me jetai contre lui et l'enveloppai de mes bras, quant que la différence de taille entre nous le permettait.


- Je… Je ne pense pas qu’elle va… Y survivre. Elle est trop fragile. Je n’aurais plus que Maya.

Quelque chose me souffla à l'oreille : n'essaye même pas de le contredire, il a raison. Je sentis mes membres se glacer un peu, car si j'étais franchement énervée contre leur mère qui leur faisait plus mal de bien, je craignais évidemment un nouveau drame... Ils n'avaient pas besoin de ça. Doucement, je le poussai un peu en arrière pour qu'il s'assoit sur une chaise, et je me hissai sur ses genoux, l'entourant de nouveau de mes bras et de tout mon amour. Posant ma tête sur son épaule, je me mis à caresser ses épaules, ses cheveux, son dos, tout en le couvrant des baisers. Je n'étais même pas sûre qu'il s'en rendait compte, mais j'avais besoin de lui montrer mon soutien comme je le pouvais, et pour l'instant... Je n'avais que ça.

- Tu auras Maya et elle t'aura toi, c'est le principal, chuchotai-je doucement. Il faut que vous pensiez à vous aussi, et ta maman... Je marquai une pause. Je crois que c'est elle qui décidera si elle y arrive ou pas, conclus-je tristement. Je me faisais pas d'illusions, effectivement.

Je me pressai un peu plus contre lui. C'était tellement étrange : d'ordinaire quand j'étais ainsi contre lui je sentais sa force et sa puissance et son pouvoir de protection, je n'avais plus peur de rien, je savais que rien ne pouvait m'arriver - mais là j'avais l'impression d'être contre un bloc de glace, gelé et fragile, capable de se briser à tout moment, si loin de moi... Il me vint la brusque envie de le secouer, de l'appeler, de lui demander de revenir... Mais je le serrai plus fort. Que faire maintenant ? Inutile de lui proposer à manger quoi que ce soit, il était tellement fermé au monde que je savais qu'il refuserait de prendre des forces. Je savais aussi qu'il était trop tôt pour lui parler de Mathilda... J'avais l'impression qu'il était trop absent pour quoi que ce soit. Et quand je tournais un peu, je voyais, par l'entrebâillement de la porte, sa mère qui avait déjà quitté le navire, tandis que ses enfants peinaient à lutter contre le courant... La moutarde me monta au nez d'un coup ; je me levai et marmonnai à Jay que je revenais tout de suite. J'allai dans le salon chercher Maya, et l'attirai doucement vers la cuisine. Elle pleurait aussi, mais en étant beaucoup plus consciente que son frère ; je voyais bien que rien ne lui échappait de la situation non plus, et je voulais que Jay comprenne qu'elle avait besoin de sa présence.

Les laissant se rapprocher dans leur tristesse, en espérant que Jay s'ouvre un petit peu pour elle, j'entrepris de faire chauffer de l'eau et de trouver de quoi faire du thé bien chaud, pour au moins leur donner un peu de réconfort.

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