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Cursed missed opportunities (Chuck)

 

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 Cursed missed opportunities (Chuck)

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Emmy Yeats
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MessageSujet: Cursed missed opportunities (Chuck)   Lun 22 Aoû - 16:42

♪ ♫ ♪

« The lights go out and I can't be saved
Tides that I tried to swim against
Have brought me down upon my knees
Oh I beg, I beg and plead, singing

Come out of things unsaid
Shoot an apple off my head and a
Trouble that can't be named
A tiger's waiting to be tamed, singing

You are
You are

Confusion never stops
Closing walls and ticking clocks
Gonna come back and take you home
I could not stop that you now know, singing

Come out upon my seas
Cursed missed opportunities
Am I a part of the cure?
Or am I part of the disease? Singing

You are, you are, you are
You are, you are, you are

And nothing else compares
Oh nothing else compares
And nothing else compares

You are
You are

Home, home where I wanted to go
Home, home where I wanted to go
Home, home where I wanted to go
Home, home where I wanted to go. »


Il m'embrassa. Ses lèvres étaient plus douces que dans mes souvenirs, mais je reconnus sous mes doigts les légères boucles familières de ses cheveux bruns. Il sentait bon, et je plongeai ma tête dans son cou. Là, tout était un peu plus fort, son parfum, sa présence, l'effet qu'il me faisait et qui m'irradiait... Relevant le visage, je vis que ses yeux noisettes me regardaient, avec ce petit air qui n'étaient qu'à eux : mesquin et un brin tendre. Fragile, aussi.

En fond, quelque chose sonnait... Comme une alarme qui m'avertissait...

Il m'embrassa et je sursautai, ouvrant brusquement les yeux. Penché sur moi, Matteo me piquait des petits baisers et me souriait paisiblement. Le réveil sonnait sous la table de chevet. Il me fallut quelques secondes pour comprendre et lutter contre le creux qui s'était formé dans ma poitrine, mais je finis par lui répondre, un peu distraitement, encore endormie et emplie de songes. Je m'étirai paresseusement. Depuis les fenêtres, quelques rayons de lumière filtraient à travers les volets, mais la pièce était silencieuse. C'était ce que je préférais dans cet appartement. Le matin, il n'y avait plus le bruit de mon père dans la cuisine, ou celui de Violet qui pratiquait le piano. Tout était si calme... Pourtant, il me suffisait d'ouvrir la fenêtre pour que la vie rentre ; les sonnettes des vélos et les rires de la terrasse du pub, les matinées douces d'Oxford. Mais quand tout était encore plongé dans la pénombre, je vivais ces instants de flottements étranges où je me sentais en équilibre, ou loin de cette sensation d'exister
ici et là-bas, d'être moi et elle. Je ne me souvenais plus qui était laquelle, d'ailleurs.

Je finis par me lever, ébouriffant au passage les cheveux de Matteo qui s'était relevé et appuyé contre les coussins. J'aimais bien aussi son visage dans l'obscurité du matin, ses traits étaient plus doux et l'éclat dans ses yeux m'intimidait moins. Il était plus une sensation qu'une personne entière, et sa présence me semblait alors moins difficile à justifier, plus facile à laisser simplement être. J'enfilai ma veste par dessus mon pyjama avant de sortir dehors, descendant les escaliers grinçant de l'immeuble. La lumière blanche m'aveugla un instant lorsque j'ouvris la porte du hall, mais bien vite mes yeux s'habituèrent, je traversai la petite place aux pavés clairs pour rejoindre le pub en face de la fontaine. L'intérieur m'accueillit avec son odeur feutrée de parquet et de cidre, les pompes de machine à café sifflant légèrement dans un coin du comptoir.


- Eh ben Emily, je pensais que tu ne viendrais jamais !

Tous les samedis matins, Jonathan me faisait la même plaisanterie, riant sous sa barbe grisâtre. Il avait toujours ce même air jovial qui me contaminait.

- Je n'allais pas t'abandonner voyons ! Oh, merci, dis-je tandis qu'il me tendis un sac avec deux cafés et quelques scones.
- Ne le renverse pas celui-là ! On rira légèrement et je fis un sourire d'excuse.

A ce moment là, la radio posé à côté de la caisse se mit à jouer une chanson que je connaissais bien, et à nouveau dans ma poitrine quelque chose se creusa, comme si mon corps s'écroulait sur lui même, mon centre de gravité avalant ma propre masse comme s'il était un trou noir. Les images remontèrent à la surface, comme des bulles d'air ; le petit restaurant libanais à l'angle de l'avenue, celui où on allait souvent quand on rentrait tard et ivre, les rires de Chuck, nos batailles de frites, et cette chanson dont le clip passait toujours à la télé dont l'écran fatigué diffusait les meilleurs tubes de l'été. Je détestais cette façon que le quotidien avait de me rappeler Chuck, imperceptiblement, dans des petits détails qui parsemaient ma vie. Comment pouvais-je me le sortir de la tête alors qu'il était partout, sans vraiment l'être ? Je ne savais même pas comment le sortir de mon cœur, pensais-je amèrement en me rappelant le rêve de ce matin. Ça avait été si.. Réel. Si je fermais les yeux, je pouvais à nouveau voir son visage près du mien, entendre sa voix qui murmurait. Je pouvais continuer de le faire vivre dans mes souvenirs, mais chacun de ses moments imaginés me rappelaient simplement que le vrai Chuck était loin, qu'il évoluait et que le fantôme que je faisais vivre devait être bien différent de qui il était maintenant. À cette pensée, il me manquait toujours un peu plus que d'habitude.


- Je sens que ça va être une belle journée, ajouta-t-il en regardant par les grandes baies vitrées de la pièce, d'où on voyait le ciel qui petit à petit laissait apparaître un peu de bleu.
- J'espère, répondis-je dans un murmure, sentant qu'au fond, je n'y croyais pas vraiment.

***

Mon téléphone vibra pour la troisième fois. Poussant un soupir, j'ouvris les messages de Gwen. "C'est toujours bon pour 20h ? Leicester Square ?" "Allôôôô ?" "Meuf je te préviens tu me poses pas encore un lapin ou je viens te chercher moi même !" J'eus tout de même un sourire, en pensant que j'avais tout de même de la chance d'avoir des amis ainsi... Pourtant, la perspective de les voir me fatiguait presque. Ce n'était pas que je n'avais pas envie de passer du temps avec eux, c'est que je ne voulais pas aller à Londres, encore moins dans ces quartiers où chaque bar me rappelait une soirée avec Chuck. D'ailleurs, je n'étais pas non plus impatiente de ce moment de la soirée où le groupe s'épaississait et qu'il y avait de plus en plus d'amis à Jack et donc par extension d'anciens amis à Chuck. J'avais envie que les choses soient séparées mais j'avais appris à mes dépends que la vie ne pouvait pas si facilement se compartimenter. Pourtant, parfois, j'avais l'impression que quelque chose était devenue binaire... Emmy à Londres, dans ses soirées et ses lieux qui rappelaient avant et dont l'évolution semblait toujours ancré dans le passé, et Emmy - ou plutôt Emily - à Oxford, dont la vie calme et organisée semblait reposante. J'essayais de les réconcilier autant que j'essayais de les séparer, incertaine de ce que je voulais vraiment être et faire. J'avais constamment l'impression que quelque chose manquait.

Peut-être que c'était Chuck, ou peut-être que c'était le sentiment qu'il m'avait donné. Peut-être que c'était les deux. Peut-être qu'il me fallait autre chose. Je ne savais pas trop - et je n'avais le courage de réfléchir.

Matteo remonta la fermeture de ma robe, et nous sortîmes en discutant de nos programmes respectifs. Je commençais par retrouver Gemma, Eleanor, Gwen et Carrie pour prendre un verre, puis il y avait une soirée chez un ami de Jack mais j'étais pas sûre d'y aller, tandis que lui allait au cinéma avec trois de nos collègues - je convenus de les rejoindre peut-être plus tard, sans rien promettre. On se sépara à un coin de rue où il m'embrassa rapidement, et je me mis en marche vers la gare. J'aurais pu transplaner facilement, mais je préférais le long trajet du train. Peut-être était-ce ce moment de flottement, à nouveau, entre ici et là-bas, ou l'approche lente et croissante jusqu'à la ville qui me rappelait trop de choses - plus qu'il ne m'était supportable. Assise dans le siège décoloré, je regardais la campagne anglaise filer à toute vitesse, laissant mes pensées se perdre au fur et à mesure. Je pensais à Matteo et à son sourire doux, à la façon qu'il avait eu de me séduire poliment petit à petit, puis comment j'avais fini par craquer, parce que je m'étais dit... pourquoi pas, après tout ? Qu'est ce qui me retenait ? Rien ne retenait Emily qui habitait à Oxford et avait sa petite vie tranquille... Mais j'aurais simplement voulu qu'Emily soit un peu plus Emmy. Ou l'inverse. J'aurais voulu exister entière dans un seul lieu.

Je sursautai à l'annonce de la gare suivante. C'était celle près de chez Chuck, un peu en banlieue... Le creux, toujours le creux, à l'intérieur, et son fantôme à lui que j'imaginais, et toutes ses choses que j'aurais voulu lui dire. Je suis désolée - de quoi ? Tu me manques - pourquoi ? Je t'aime - encore.

J'étais dehors, je marchai, sans réfléchir. Dans ma main gauche, je serais mon téléphone. Je reconnaissais les rues, et bientôt j'aperçus la barre d'immeuble. Mon cœur battait fort, j'avais la sensation de n'être pas tout à fait moi-même, mais je ne pouvais pas faire demi-tour, pas maintenant que j'avais enfin un instant de courage. Le code n'avait pas changé. Les escaliers colorés non plus. Je nous revis courir, se défiant à sauter d'une couleur à l'autre, nous embrassant collés dans les couloirs... Quand il m'embrassait, c'était tout l'immeuble, tout l'univers qui se colorait. Maintenant plus que jamais, le gris des murs me sautaient aux yeux et avalaient le reste. Je freinais mes pas rapides et irréfléchis, mon cœur accélérant. Qu'est-ce que je faisais, qu'est-ce que je voulais ?! Je savais très bien que ça n'allait mener à rien. Je n'avais aucune idée de comment articuler mes propres pensées, comment pouvais-je parler à Chuck ?

Le creux m'aspira à nouveau et je fis demi-tour, les yeux me piquant. Malgré mon pas rapide, j'arrivai trop tard et ratai le métro dont les portes se fermèrent brusquement, laissant partir une rame remplie d'une bande de jeunes qui riaient fort. Dans le reflet des vitres défilant, mon visage me regardait, mes cheveux courts et foncés s'envolant avec l'appel d'air. Je poussai un soupir et me laissai tomber sur l'un des sièges en plastique, regardant les petites lumières qui m'annonçaient six minutes d'attente. Je sortis mon téléphone, cherchant dans mes messages la conversation avec Chuck. Le dernier texto, le mien, lui demandait de ne plus me contacter. Je fermai les yeux, lasse, les doigts en suspens. Je tapai quelques mots, hésitai, me mordant l'intérieur de la joue. A quoi cela servait-il ?

J'effaçai le message et verrouillai mon téléphone.

_________________



 
« Where are you taking me ?
I can't be blamed
I want you to want me again »



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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Cursed missed opportunities (Chuck)   Dim 28 Aoû - 17:36

Cette nuit j'avais rêvé de Taylord - ça ne m'arrivait jamais. Tout était revenu, les années à Poudlard, les disputes, le jeu du chat et de la souris, ses regards et ses sourires, ses coups de gueule et les moments où j'avais commencé à comprendre qui il était vraiment, quand on s'était embrassés, la première fois, et puis les vacances ensemble, Bristol, le Texas, son univers et mon univers qui ne devenaient plus secrets, les odeurs et les couleurs (le dortoir de Gryffondor, les couloirs de Poudlard, la Grande salle, le parc, les sorties, ma chambre à Bristol, la sienne là-bas), et Coop dans tout ça... Et puis je m'étais rendu compte que je ne rêvais pas en fait, que j'étais parfaitement réveillé au beau milieu de la nuit et que j'étais juste en train de penser et que mes pensées m'avaient ramené en arrière, vers des souvenirs tellement lointains, à la fois si réels et si improbables que je les avais pris pour des rêves. Ce n'était pas Taylord qui me manquait, c'était cette époque ; cette époque où je pensais avoir une vie de merde mais que je m'en sortais quand même pas mal, en me disant qu'elle ne pouvait pas être pire puisque j'étais à Poudlard, puisqu'ON était à Poudlard. Si j'avais su...

BAM ! Tout le contenu de ma table de nuit (?? de la cagette qui me servait de table de nuit) venait de tomber par terre parce que j'avais donné un coup dedans en bougeant, et vu qu'il y avait genre mille trucs dessus (des bouteilles vides, un cendrier, des merdes), le bruit avait été énorme et venait de me vriller les tympans. Je grognai mais ma gorge me fit mal (trop fumé) alors je tentais l'option "se réveiller super doucement" pour atténuer les problèmes de nausée et de mal de crâne du matin. Il faisait super chaud, ce qui n'allait pas m'aider ; cet endroit était merdique et pas du tout aéré. De mon matelas posé par terre, je voyais la peinture du plafond s'écailler, et la fenêtre condamnée parce que pétée menaçait de tomber à tout moment, mais au moins j'avais un endroit où pioncer, des semblants de meubles et une salle de bain toute pourrie, le tout gratos, alors je n'allais pas me plaindre. Le gros de mes affaires était chez mon oncle et ma tante, je leur avais expliqué que j'étais logé chez un pote en attendant de retrouver un appart et un taf qui me permettrait de le payer - ce qui n'était pas tout à fait faux. Je logeai chez un pote. Il vivait juste dans une espèce de squat - mais je n'avais pas cherché plus loin. Il me fallait bien un toit, et puisque mon proprio m'avait viré de chez moi parce que je n'avais plus de thunes, eh bien... Je me démerdais autrement. En soi, je commençais à retrouver un taf, même s'il n'était pas très légal.

J'avais super mal à la tête, pour changer. Mais pas tant la gerbe que ça, et je me fis la réflexion que pour un lendemain de putain de grosse soirée où j'avais pris tout ce qui me passait sous le nez et plus encore, c'était carrément une bénédiction, ce réveil presque parfait.

À la réflexion, même cette chambre était presque parfaite.

Il faisait beau dehors ! Je voyais la lumière passer par les carreaux pétés recouverts de scotch.

J'avais faim, et ces derniers temps, ce genre de sensation m'arrivait rarement.

J'avais l'envie et l'énergie de faire plein de choses : me lever, me doucher, me laver les cheveux, et même ranger tout ce qui était en vrac sur le sol de ma chambre, histoire de.

Et même après tout ça, je n'avais même pas envie de gerber !

Je ramassai le dernier papier par terre, il était tombé de la table de nuit, j'avais du le mettre là hier soir. Qu'est-ce que c'était que...




“Emmy, je ne t'ai jamais vraiment expliqué pourquoi j'étais parti comme ça, pourquoi
je t'avais quittée alors qu'honnêtement notre relation était tellement cool que
j'aurais voulu qu'elle dure des années. Mais tu sais, ce n'est pas de ta faute,
pas du tout. C'est de la mienne : j'ai tout perdu et je n'ai plus rien et j'ai l'impression
que je n'ai plus rien à donner, ni à toi ni à personne.



Ah ouais... J'avais donc écrit ça hier soir. Ok. Bah : c'était clairement pas la première fois que revenais vers elle, étant donné le nombre d'appels et de textos que je retrouvais dans mon téléphone après les soirées, je le savais très bien. Elle me manquait et il y avait toujours un moment où je crevais d'envie de la retrouver, mais bon, vu ce qui s'était passé, inutile d'y penser.



Je ne peux pas faire semblant, je ne peux pas être heureux, je ne peux pas être là
pour les gens, je n'y arrive plus. C'est pas une blague, je ne dis même pas ça
pour qu'on me plaigne. C'est comme ça, c'est tout. Mon frère est mort et
c'était la pire chose qui pouvait m'arriver, mon frère est mort en sachant depuis
des années qu'il allait mourir bientôt et moi j'espérais comme un con que ça s'arrange.
Je n'ai rien pu faire pour lui, alors je ne peux rien faire pour moi. Je n'ai plus de courage,
et j'en ai même pas envie. Je regrette tellement de t'avoir fait du mal, si tu savais,
tu es la fille la plus géniale que j'ai jamais rencontré et je suis dingue de toi,
mais je n'y arrive pas. Encore désolé, vraiment. J'espère que ça va aller pour toi.
Je penserai toujours à toi, en tout cas. Tu me manques.”



... Hmm. Pour la première fois depuis ce matin, je regardai le creux de mon bras. À peine une trace. C'était fou ce que ça m'avait fait écrire, ce truc. J'aurais bien été incapable d'aligner autant de mots et d'idées, là maintenant, si on me demandait de le faire. Je ne sais pas trop pourquoi, je sortis mon téléphone, il était déjà 19h passées, et puis, pourquoi pas ? Elle m'avait demandé de ne plus la contacter, mais je pouvais bien juste lui donner rendez-vous, la voir, boire un verre lui donner la lettre, après tout ? Je l'avais écrite pour une bonne raison, non ? Les minutes passèrent et je les vis défiler sur l'écran, passer de six à douze, sans que rien ne se passe.

J'étais trop con. Je rangeais mon téléphone et après un dernier coup d'oeil sur la lettre, écrite sur un vieux papier de merde d'une écriture pas droite, j'eus un rire moqueur - non mais, quelle connerie - et je la déchirai en quatre et la laissai dans le vieux sac plastique qui me servait de poubelle.

Il y avait du bruit en bas, dans la pièce commune, et je descendis rejoindre les autres. En m'arrêtant sur le palier, je voyais le soleil se coucher sur les immeubles et sur l'espèce de vallée en-dessous de nous, et même si c'était une banlieue toute pourrie, c'était tellement une vision que je pouvais voir à Bristol, depuis notre immeuble désaffecté avec Coop, c'était tellement une ambiance qui m'était familière que j'eus l'impression que mon coeur gonflait et explosait de sentiments et que mes yeux étaient obligés de fixer la fenêtre sans bouger, que j'étais obligé de rester immobile ici, et peut-être que je restai là assez longtemps, peut-être pas, aucune idée ; tout était encore tellement démesuré dans mes sensations et le temps ne passait plus de la même manière, c'était bien plus... Magique. Après, je me retrouvai en bas, j'engloutis tout ce qui me tombais sous la main, et un peu plus tard la nuit était presque tombée et on était dans le métro pour aller à une soirée et j'avais déjà entamé la bouteille de whisky de moitié, et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Pour une fois, j'avais hâte. Je n'avais pas cette impression désagréable de début de soirée où je sentais que je le faisais parce qu'il le fallait, non, là, j'avais hâte, j'étais content, j'en mourrais d'envie. J'étais bien, mais différent, j'étais conscient, je n'étais pas mal. J'avais juste envie d'aller plus loin, surtout dans cette direction, bien différente des autres.

Il y avait du monde dans les rues, les gens étaient de sortie ; on passa devant un pub à la devanture bordeaux qui me fit penser à celui de Bristol - encore une fois, on tourna dans une petite rue pleine de pubs moins fréquentés et là je croisai un mec de Poudlard, deux années au-dessus de moi, alors que tout mon environnement était moldu en cet instant, ce qui sur le coup nous fit un peu bizarre mais on se serra la main et se souhaita bonne soirée - impossible de retrouver son nom. Ça faisait bizarre, tous ces petits détails qui me ramenaient en arrière, surtout après mon rêve-qui-n'en-était-pas-un de cette nuit.

On rentra, on se servit à boire, de la coke circula - rien de tel pour débuter une soirée - et le tour était joué, la musique était à fond, on dansait on riait, et il y avait une fille qui ressemblait à Emmy avec ses longs cheveux et son débardeur un peu large et son jean déchiré, elle s'appelait Lily et quelques minutes après on commençait à se pécho près de la table de billard et je sentais que j'avais eu raison : cette soirée allait être mémorable.

_________________

CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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Emmy Yeats
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MessageSujet: Re: Cursed missed opportunities (Chuck)   Jeu 1 Sep - 19:06

♪ ♫ ♪

« There's a scratch on your shoulder
Crushes me like, crushes me like lead
And I wanna get older
All the things I want I really shouldn't get

If I triumph, are you watching?
Can you separate everything for me?
You used to work me out
But you never worked it out for me

And your head looks good
I wanna love it so much
I wanna be the one
I wanna do what you love

And I was lying
I don't really wanna be fine
It's all over. »




Le métro tanguait sur les rails tandis que je fixais d’un air absent le plan de la Picadilly Line que je connaissais par cœur. J’étais concentrée sur les paroles de la chanson qui défilait sur ma playlist, avec l’étrange sensation que l’on me racontait ma propre histoire sur fond de guitare. Il suffisait que je ferme les yeux pour voir les images de Chuck qui collaient parfaitement, les moments, les sentiments, et tout dansait, volatile, derrière mes paupières closes. Depuis le début de notre relation, j’avais accumulé des chansons qui me faisaient penser à lui, à nos moments ensemble, et je chérissais ce que je vivais dès que je les écoutais, me sentant innocemment euphorique, mon cœur mêlant ses battements aux rythmes des morceaux. Maintenant, lorsque je les écoutais à nouveau, le creux se formait et me laissait tout à coup drainée de mes émotions. Je me demandais si Chuck avait ses moments aussi. S’il pouvait reconnaitre la chanson sur laquelle nous avions l’habitude de danser si elle passait dans le bar où il sniffait de la cocaïne sur un bord d’évier de toilettes sales. S’il pensait à moi, parfois, comme ça, simplement parce qu’une fille avait le bout des cheveux rouge ou qu’il mangeait des mozzarellas sticks de Burger King tard, ivre, sur le chemin du retour. Il l’avait fait, puisqu’il m’avait appelé et envoyé de nombreux messages, tous de plus en plus incompréhensibles, mais depuis que je lui avais demandé de me laisser tranquille... Plus rien. J’aurais dû être contente, puisqu’après tout, c’était ce dont j’avais besoin. Mais... Égoïstement, j’aurais aimé savoir qu’il pensait à moi, peut-être parce que j’étais coincée à penser à lui sans cesse, dans un quotidien où il n’était nulle part et partout à la fois.

Parfois, je mourrais d’envie de simplement parler de lui. A n’importe qui. Je ne voulais pas que Chuck devienne un fantôme. Pourtant, à Oxford, j’avais l’impression de le laisser derrière, de vivre comme si je ne l’avais jamais rencontré, de ne jamais laisser son prénom s’échapper d’entre mes lèvres. Pourtant parfois j’avais envie de tout raconter à Matteo, de simplement parler de Chuck, pour qu’il continue être dans ma vie sans l’être, qu’il ne disparaisse pas... Mais à quoi bon, me répétais-je sans cesse, à quoi bon alimenter ce souvenir. Ça ne faisait que me blesser un peu plus, n’est-ce pas ?

Alors pourquoi est-ce que lorsque je pensais à son rire, à sa façon de glisser sa main dans le bas de mon dos, j’avais un sourire étrange et une douce chaleur qui revenait en moi ?

Je descendis du métro et m’armai de courage, m’obligeant à sourire. Je voulais que cette soirée ne soit pas un désastre, je n’avais pas envie de penser à Chuck, de penser au fait que je pensais à lui alors que l’écran de mon téléphone illuminé m’indiquait que j’avais un message de Matteo. Heureusement, à peine sortie du métro, Gemma me tomba dessus, toute sourire, me prenant dans ses bras et me complimentant sur ma tenue, irradiant de bonne humeur. J’adorais cette capacité qu’elle avait à être à la fois lunaire et solaire, calme, droite, et en même temps de créer cette lumière tellement rassurante. J’avais toujours l’impression qu’elle aspirait le négatif, et j’adorais cela autant que ça me faisait peur, car c’était comme si tout sortait malgré moi, et je ne voulais pas, je ne pouvais pas gérer ça, pas maintenant. Heureusement – et malheureusement aussi – nous fûmes rapidement rejoints par les autres filles, et cela m’évita un tête à tête tout en me laissant un peu en retrait, incapable de communiquer aussi simplement que je l’aurais voulu.  Je jetai un regard derrière moi, dans la foule. Londres bouillonnait. Les gens sortaient au théâtre, au pub, les touristes visitaient avec entrain, les gens riaient, se pressaient d’un trottoir à l’autre… J’eus un sourire qui se voulait courageux. Les gens vivaient, moi aussi. Tout continuait.

On alla boire un verre dans un petit pub du coin qu’on connaissait bien, et les conversations animées réussirent à me faire cesser de penser un instant. Gwen nous racontait ses dernières aventures, toujours improbables, et Carrie parlait de ses mésaventures avec l’un de ses colocataires dont la stupidité était devenue une blague récurrente. On lança des parties de jeu de cartes, j’enchaînai les cigarettes et les pintes de cidre – un peu trop rapidement, mais qu’importe. A Oxford, Emily ne buvait presque jamais. A Londres, Emmy buvait presque trop. C’était simplement comme ça. Lorsque Gemma partit aux toilettes, on se mit à parler de notre plan d’anniversaire surprise dont Eleanor était la principale organisatrice, et je sentis que j’étais impatiente et excitée, que j’avais hâte d’y être, ce qui me fit sourire. Parfois, j’étais comme sur pilote automatique, et sentir à nouveau l’impatience et l’envie sincère de faire quelque chose me faisait du bien. Finalement, on décida d’aller acheter à boire et à manger et de retourner se caller chez Carrie pour profiter de l’absence de son coloc insupportable. En me levant, je sentis l’alcool monter un peu plus en moi, mais j’ignorais le tournis de ma tête et bras dessus-bras dessous avec Gwen, je suivis la joyeuse bande dans les rues animées. Il faisait frais, mais j’avais les rouges qui rougissaient, la poitrine un peu fébrile aussi. C’était agréable, et pendant un instant, j’oubliai que j’étais malheureuse, perdue et déconnectée, j’oubliai que j’avais envie et peur d’oublier, simplement, je vivais un peu, je riais et je trébuchai sur les pavés. Je n’étais pas Emily, et pas vraiment Emmy, mais j’étais quelque chose et c’était peut-être encore plus facile d’effacer ces parties de moi qui devenaient irréconciliables.

Mais comme tous les instants de clarté, il fallait une fin. En bas de chez Carrie, de la musique s’échappait d’un bar bruyant dont les néons de la façade clignotait. Eclairée par cette lumière violette incertaine, une fille avec un jean déchiré fumait un joint en riant. Son sweat était le même que l’un de Chuck. C’était si stupide, un simple détail, et pourtant, cela suffit à me figer quelques secondes. Je ralentis le pas malgré moi, Gwen continuant à discuter avec entrain – sa voix s’effaçait largement, tout comme le reste. Quelqu’un à l’intérieur du bar l’appela pour qu’elle vienne jouer au billard, et elle disparut, tout comme les sentiments qu’elle m’avait inspirés. Cela n’avait duré qu’une demi-minute.

L’appartement de Carrie était au premier étage, au-dessus du bar dont la musique nous parvenait par la fenêtre ouverte. Bientôt, nous fûmes rejoints par Jack et trois de ses amis, puis par des amis de Nina, l’une des colocs de Carrie avec qui on s’entendait bien. L’un d’eux était d’ailleurs un mec de mon niveau à Poudlard, Ethan, qui était à Serpentard. Il ne se souvenait pas de mon prénom, mais lorsque je lui rappelai, il eut un « ah mais oui ! » triomphal et se rappela d’une soirée dans le hangar à canot où nous avions été dans la même équipe pour un tournoi de beer pong. Je riais, mais au fond, je commençais à être mal à l’aise, car comme je l’avais prédit, de nombreux visages familiers que j’associais à Chuck étaient présents, et mon cerveau dérivait. Je me remis à boire, sentant que j’avais besoin à nouveau de cette euphorie. Mais j’étais sans cesse ramener vers mes pensées désagréables ; une discussion sur les Gryffondor se lança pour je ne sais plus quelle raison, et comme je sentais que je m’effaçai, mon regard se perdit et accrocha celui de Jack qui, je le savais, comprenait ce qui me passait par la tête. Il eut un sourire un peu maladroit qui se voulait encourageant, mais je me sentais étrange, ridicule presque. Je répondis avec un bref sourire et jetai un coup d’œil à mon téléphone pour passer à autre chose, mais le message de Matteo me glaça. « On est à Londres pour boire un verre finalement, si tu veux je peux te rejoindre à ta soirée :D tiens moi au courant ! ». Je savais qu’il voulait rencontrer mes amis et simplement passer du temps avec moi, mais je ne pouvais pas, je ne pouvais simplement pas mêler cette partie de ma vie avec une autre, j’ignorai le message en me disant que je prétexterais de ne pas avoir regardé mon téléphone, mais je me sentais comme un imposteur, j’avais honte, tellement honte !

Je me levai pour aller fumer à la fenêtre, le cœur tapant désagréablement. En bas, des gens fumaient en dehors du bar, et je les regardais, curieuse, nos nuages de fumées blanchâtres perçant la nuit froide. Autour de moi, tout le monde riait et discutait joyeuse, et j’étais comme étrangère. Je n’avais jamais eu à me forcer, et maintenant, il fallait toujours que je me lance, que je coupe quelque chose en moi pour pouvoir avancer. Mon cœur se pinça, et j’écrasai ma cigarette dans le cendrier avant de revenir m’asseoir sur le canapé à côté d’Eleanor qui me passa un verre de bière. Je le bus quasiment cul sec et me joignis à la discussion, éteignant mes questions et mes pensées noires. Tout le monde continuait de vivre. Il fallait bien le faire – la vie ne s’arrêtait pour personne.

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MessageSujet: Re: Cursed missed opportunities (Chuck)   Ven 2 Sep - 17:17

Je commençais à avoir froid. Alors qu'on était mille amassés dans ce bar, que j'avais bu pour quinze et que dans ce genre d'ambiance il ne fait franchement jamais très froid. Mais d'ailleurs... Où était mon pull ? Au même moment quelqu'un appela Lily (... ah oui, la fille, le billard, je venais de l'embrasser) et elle revint avec mon pull sur le dos (en voilà une qui allait vite en besogne). Bah... Comme j'hésitais à lui redemander, elle vint d'elle-même se coller contre moi pour me rouler une pelle avant de me rendre mon sweat. Bam ! Bonus. Je le ré-enfilai, mais je n'avais pas tellement plus chaud pour autant. Hmmm... C'était trop beau, sans doute.

En même pas une demi-heure, tout avait changé : j'avais l'impression de m'être réveillé d'un rêve génial et agréable et que la réalité était bien trop brutale pour que la transition se passe bien. Je me sentais mal, la tête me tournait mais pas de la bonne façon, j'avais l'impression de sortir de mon corps et d'être extérieur à la soirée - et pourtant les expériences de transe en ce moment c'était plutôt mon truc. Tout me tombait sur les épaules, d'un coup, tout les vieux coups de blues que je me tapais en ce moment quand je n'avais rien bu ou rien pris, et le comble, c'était que cette fois, j'avais pris des trucs, et que ça ne changeait rien. Pour un peu, j'aurais pu rentrer ; je dégageai Lily de mes bras sans explications. Pas envie. Je décidai de sortir prendre l'air, et tant pis si j'allais avoir encore plus froid.

J'allumai une cigarette et en une seconde je compris que je n'allais pas du tout me sentir mieux. La rue était bondée, ça riait dans tous les sens, les groupes de gens dehors discutaient tous les uns avec les autres avec leurs pintes à la main, ils riaient et ils parlaient et ils riaient et j'avais l'impression d'être le seul con à avoir envie de crever au milieu de tous ces gens qui ne faisaient que rire, que j'étais coincé, que je ne pouvais allez nulle part - dedans ça n'allait pas, dehors ça n'allait pas - et j'avais un cafard tellement gros que j'aurais pu tout planter et me barrer sans plus attendre, mais pour aller où, et pour faire quoi ? J'avais compris, au fond. Je savais ce que je voulais. Trey avait raison, ça passe ou ça casse, et quand ça passe tu ne peux plus t'en passer. Mais pourtant il me dégoûtait ce type, je ne le sentais pas du tout, il avait la peau trop pâle et les yeux trop noirs, les trop tirés, la gueule trop défoncée. Si j'avais été moi-même j'aurais clairement tourné les talons parce que je ne voulais pas devenir ce type, mais, surprise!, je n'étais plus moi-même depuis un bail, on n'allait pas se mentir. Et la tendance ces derniers temps était plutôt de faire absolument tout ce que je n'aurais jamais voulu faire, alors...

Quelqu'un cria à une fenêtre, dans l'immeuble en face, quelqu'un qui riait bien trop fort et je vis une fille accoudée à la fenêtre qui fumait sa clope avec ses potes qui se marraient derrière, sur fond de musique, et encore une fois je me sentais tellement étranger tout ça que je me demandai s'il existait une seule personne dans cette rue qui n'avait pas l'air de s'amuser tellement que le reste du monde n'existait pas. Je me sentais tellement seul et tellement inexistant dans cette rue en fête que je ne me rendis même pas compte que j'avais fini ma clope depuis cinq bonnes minutes et que je tenais le mégot terminé entre les doigts sans bouger sans que personne le remarque. Avec un peu de chance, j'étais vraiment en train de m'effacer tout ça - tant mieux.

Mais tout d'un coup Lily se pointa devant moi, les sourcils froncés, comme si j'avais des comptes à lui rendre. Elle ne ressemblait pas du tout à Emmy, en fait, maintenant que je la voyais pour de bon ; une trop grosse bouche, des yeux qui tombaient, l'air en colère tout le temps, aucune formes, pas de style. “Tu me fais chier” lui claquai-je avant de rentrer dans le bar, sans savoir si elle me suivait ou pas.

Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas senti aussi maussade et indifférent de tout, et ce qui me faisait le plus bizarre, c'est que je n'avais pas envie de boire, pas envie de fumer, pas envie de m'en mettre plus dans le nez que j'en avais déjà.

Je n'avais pas aimé la sensation sur le moment, le piqure, la pression qui se fait sentir, la sensation glacée qui brûlait toutes les veines de mon bras.

Mais j'avais tellement aimé l'après - enfin, les seules choses dont je me souvenais. Et ce matin, aussi, enfin, à mon réveil. J'en voulais plus. Je voulais plus tout court : la vitesse, le vertige, les pulsations, les émotions. Je voulais tout ressentir, fort.


- On passe à la vitesse supérieure ?

Trey était acoudé au comptoir avec trois autres mecs, deux de mes potes et un type inconnu au bataillon. Je m'adressai à eux plutôt qu'à lui - il me dégoûtait toujours autant et de toute façon comme ils allaient suivre le mouvement, ça revenait au même. Tout le monde avait compris de quoi il s'agissait, évidemment, et visiblement tout le monde n'attendait que ça, comme moi. Le majeur problème était de savoir où aller et comment agencer tout ça, parce qu'on ne pouvait pas le faire tranquillement dans un bar, mais pas spécialement en plein milieu de la rue non plus. À vrai dire, je m'en foutais pas mal. Je voulais juste y aller. Tout le monde se mit à discuter, et pour ne pas servir à rien et laisser toute la décision à Trey j'approuvai tout ce que disait mon pote Ryan (chez leur pote qui n'était pas là, pour quatre mois en Allemagne, il avait les clefs, on y serait très bien, bien mieux que dans le vieux plan foireux de Trey qui à mon avis était un peu louche). Tout le monde finit par s'accorder, Trey du bout des lèvres parce qu'il n'aimait pas ce coin et ne voulait pas y aller, mais tant pis pour lui. Ni une ni deux, après un petit tour dans le bar pour prévenir les intéressés, on se mit en route ; on était six, et cette relou de Lily était là, malheureusement. Bah - je pouvais bien faire avec. Elle se mit à discuter et me poser plein de questions et plus ça allait plus elle m'énervait, mais je répondais quand même - pour passer le temps, peut-être. Mais rien de bien précis. C'était tout près de là où on était mais plus vers l'arrière du quartier, et on arriva sans problème. C'était bizarre : une rue bien plus calme et bien rangée, des grandes baraques, des jardins tout propres. On avait tous l'impression de pas trop être à notre place.

Il y eut un moment d'éparpillement un peu bizarre - certains voulaient quand même aller à l'épicerie acheter à boire, etc. Quand Ryan ouvrit la porte, on s'installa dans le salon et je me laissai tomber dans un gros fauteuil ultra confortable avec la ferme intention de ne plus faire autre chose que de me défoncer pendant toute la nuit - voilà un truc que j'étais au moins sûr de respecter.

Mon portable vibra - tiens, curieux - et je le sortis en sentant mon coeur s'accélérer à l'idée que c'était peut-être Emmy, pourquoi pas ?

... Et après ? Qu'est-ce que j'aurais bien pu lui dire ?

Mais j'étais complètement con, ce n'était pas elle mais Lily qui m'envoyait son numéro. À quoi bon ?

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Emmy Yeats
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MessageSujet: Re: Cursed missed opportunities (Chuck)   Mar 6 Sep - 0:43

♪ ♫ ♪

« Worst I bring
I have a dirty mind
Oh, I need, I need new ways
To waste my time
I need new ways

Worst I bring
I live alone, alone, alone
Worst I face
Keep me inside, I need new ways
To waste my time
I need, I need new ways

I’m trying to get out
Find a subtle way out
Not just cross myself out
Not just disappear

I’ve been trying to stay out
But there’s something in you
I can’t be without
I just need it here. »


Petit à petit, la soirée qui se voulait être posée commençait à s’intensifier, nous étions plus nombreux et les quelques verres se transformaient en bouteilles, en jeux à boire et en shoots. Quelque chose bouillonnait dans la pièce, cette énergie propre aux soirées de jeunesse où tout semble si facile. Pourquoi y étais-je insensible ce soir, alors que j’étais la première à ressentir ces frissons grisants de l’insouciance ? C’était comme si je n’arrivais pas à être présente totalement, et dans ces moments, je me rappelai de la façon que Chuck avait de légèrement glisser, parfois, lorsqu’on était en soirée, d’un instant à l’autre il y avait ce battement où son regard était légèrement éteint et ailleurs, comme s’il se déconnectait. Est-ce que c’était qu’il ressentait, dans ces moments ? L’incapacité à se connecter au réel ? Je regardai mon verre vide. Etait-ce pour cela qu’il prenait tant de choses, pour se connecter à nouveau ? J’eus envie de lui parler, tout à coup, de lui demander, mais à quoi bon, même s’il avait encore été dans ma vie, il se serait fermer à ce genre de questions, je le savais… Voilà, encore une fois, il ne suffisait que d’une seconde pour qu’il s’immisce dans mon quotidien, et je me maudissais de le voir partout. Je fermai les yeux, lasse. Je ne voulais pas vivre dans le passé, je voulais profiter de cette soirée, sentir l’excitation du moment et la douce liberté de l’ivresse, des rires ! C’était bien ce qu’il faisait, lui, peu importe où il était ; défoncé, ivre, camé, il s’évadait et s’amusait, pourquoi ne pouvais-je pas en faire autant ?

J’ouvris une bière sur la table et allumai une cigarette. Un débat animé s’était lancé sur l’une des dernières réformes du Ministère sur les abus de sortilèges dans des zones publiques, et comme Gemma expliquait que je travaillais dans le domaine, je fus le centre de l’attention un instant et saisis l’opportunité ; je pouvais enfin me joindre sincèrement à la discussion. J’expliquai la ligne directrice de mon département, argumentai avec l’une des filles qui n’était pas d’accord, tout en riant, l’atmosphère restant légère. Mais rapidement, la conversation dériva, on me posa des questions sur mon travail, et j’eus la désagréable sensation de m’entendre parler. Certains semblaient trouver ce que je racontais passionnant, mais plus je continuais plus je me sentais à nouveau comme un imposteur, j’essayais d’avoir l’air passionnée et d’être intéressée, mais c’était faux, je le savais très bien…

J’étais fatiguée de me sentir si fausse. J’étais la fille qui faisait semblant d’aimer son travail, qui faisait semblant de bien vivre sa rupture, qui faisait semblant d’aimer son copain qui était l’opposé de l’ancien, qui faisait semblant d’être heureuse ; je faisais semblant, encore et encore. J’étais un tel cliché ! Je repensai au texto de Matteo, à sa présence qui m’attendrait sûrement en rentrant, à combien il était tout ce que Chuck n’avait pas été : présent, attentif, stable, calme, cérébrale, en phase avec ses sentiments. Il aurait dû être ce dont j’avais besoin, et pourtant, rien ne semblait vraiment à sa place. J’avais l’impression de m’être réveillée un matin dans une chambre où tout avait légèrement bougé. C’était imperceptible, mais petit à petit je réalisai que rien n’était plus comme avant, et que c’était si subtil que je n’étais même pas sûre de me souvenir de l’avant. Pire encore, c’était si simple que je devais continuer comme si rien n’avait changé. C’était ce que je comprenais le moins. J’avais toujours cru que les ruptures étaient si dramatiques que l’on en restait dans son lit pendant des jours, que tout à coup tout n’était plus que ce déchirement et cette souffrance. Mais non, la vie continuait, rien ne s’arrêtait. Parfois, je me disais que c’était pour le mieux, que ça me forçait à avancer, et parfois, c’était épuisant et j’avais envie de crier et de tout arrêter. Mais je ne pouvais tout simplement pas. Il fallait avancer, en essayant de ne pas complètement me perdre entre temps.

Je n’avais plus le cœur à boire et à faire la fête, tout à coup. Quelqu’un venait d’allumer un joint, et l’odeur familière de la weed acheva de me mettre mal à l’aise. Je quittai ma conversation pour aller dans le coin cuisine de la pièce, pour me faire un cocktail. Gwen s’était hissé sur l’un des plans de travail, et elle discutait joyeusement avec Gemma, toutes les deux visiblement aussi avinées que moi.


- Alors, tu t’amuses bien ?

La voix de Gemma me tira de mes pensées. Il faisait chaud malgré les fenêtres ouvertes, peut-être parce que nous étions nombreux ou que j’avais trop bu, mais j’attrapai d’abord un verre d’eau.

- Oui, oui, ça va, mais je vais pas tarder je pense, répondis-je distraitement en buvant un peu avant de me servir de la tequila.
- Quoi ?! Déjà ?! Noooooooon, mais la soirée commence à peine !
- Non mais je pense que je vais rejoindre Matteo, il est à Londres donc je –
- Ohhh, mais ramène le ! On pourra enfin le rencontrer !


Il suffisait d’un instant pour que les deux vies cherchent à se rencontrer. Je me guindai, mes doigts se serrant autour de la bouteille de jus que je tenais.

- Hm, non, je –
- Allez, on en parlait justement avec Gemma, on veut trop le voir, pas vrai Gem’ ?
- Oui, c’est vrai, on connait pas grand-chose sur lui, mais après c’est comme tu le sens hein,
répliqua Gemma avec un sourire qui semblait vouloir apaiser la situation. Mais c’était trop tard, et je sentais que tout glissait et m’échappait.
- Pas ce soir, je préférerais que ça soit pendant une soirée posée et là y a trop de monde, d’ailleurs c’est pour ça que je vais pas tarder je pense j’ai pas trop envie de faire une grosse soirée…
- Roh, mais tu fais tout le temps ça en ce moment meuf, c’est relou, ça fait trop longtemps qu’on a pas fait la fête !
Je me sentis un peu piquée au vif, les joues rougissant. Mais la dernière des choses dont j’avais envie – et besoin – était d’une confrontation avec Gwen.
- C’est pas vrai, on sort toujours, je suis juste moins dans le mood de faire des gros trucs, tentai-je d’expliquer pour couper court à la discussion.
- Mais c’est con, ça nous manque trop, je sais que t’es pas bien depuis l’histoire avec Chuck –
- Gwen !
- Mais quoi, c’est vrai ! C’est pas en s’éloignant de nous que ça va aller mieux !
- Gwen, je sais que tu es ivre mais c’est toi qui est relou là.
-Non, non, t’inquiète c’est bon,
coupai-je en agitant ma main. Ça ne servait à rien de rentrer dans une dispute. De toute façon, le mal était fait : le tact légendaire de Gwen avait fait mouche, mais elle avait vu juste. Comment pouvais-je la blâmer ? Elle avait raison. T’as gagné, je vais rester un peu, si ça te fait plaisir.
- Oh, sérieux ?!
- Mais non, te force pas pour nous, c’est débile.
-Non, promis
– mensonge – ça me fait plaisir !
- Aaaah !
Elle se leva de son perchoir improvisé et me tomba dans les bras, me serrant fort en sautillant. Trop chouette ! Et pardon, je voulais pas être relou, c’est juste que tu me manques ! Nos soirées me manquent !
-T’inquiète, ça me manque aussi…


Mon regard croisa celui de Gemma, et je sus qu’elle comprit que je ne disais pas totalement la vérité. Elle eut son air compatissant, et je détournai les yeux, honteuse. Heureusement, l’attention fût reportée sur un groupe de la soirée qui voulait aller rejoindre quelqu’un d’autre, et comme Jack semblait de la partie, Gwen voulut qu’on se joigne à eux, argumentant que ça me ferait prendre l’air. J’approuvai sans vraiment réfléchir ni savoir où nous allions véritablement. Lorsque l’air frais et le bruit ambiant de la nuit Londonienne m’entourèrent, je compris que ce n’était pas seulement Gwen qui me manquait, ou nos soirées, ou même Chuck. C’était qui j’avais été que je n’arrivais plus à être.

C’est avec cette désagréable sensation d’être coupée en deux et incomplète que je m’engouffrai à la suite du petit groupe, une canette de bière à la main, me demandant comment l’Emmy de Chuck aurait vécu cette soirée si elle avait encore été là.

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MessageSujet: Re: Cursed missed opportunities (Chuck)   Mar 20 Sep - 12:06

Ça stagnait et ça me soulait, ça me soulait trop pour que je le supporte… Je posai à la question à Trey qui avait l’air de penser à la même chose que moi. Lu, ça le faisait marrer, et il pensait que moi aussi. Mais au fond, ça ne me faisait pas rire du tout : ce qu’il ne comprenait pas c’est que j’étais au-delà de ça, que j’avais envie de la sensation de manière trop désespérée pour en rire, et que tout le reste je m’en foutais pas mal. Je pris mollement une canette de bière qu’on me tendait – et l’autre gonzesse qui continuait à me faire du rentre-dedans ne s’arrêtait pas pour autant. La bière avait un goût dégueulasse, chaud et fort et j’avais l’impression que si je la buvais entière j’aurais pu gerber mes tripes. Mais comme je n’avais que ça sous la main : pas le choix. Depuis quelques temps, j’étais passé maître dans l’art de refouler les nausées et de faire comme si de rien n’était. De toute façon, j’avais chaud, j’avais soif. Il valait mieux que je boive maintenant qu’après…

La sonnerie de la porte n’emmerda personne, à part Trey et moi. Les autres, ils étaient tous bien pétés et s’en foutaient, et se disaient que plus on serait de fous plus on riait. Sauf que ce n’était pas le but, le nombre, pas du tout, même. On voulait être tranquilles – JE voulais être tranquille. Trey se leva et j’entendis vaguement des voix – des gens qui demandaient où était le mec à qui était l’appart, Trey qui expliquait de manière expédiée qu’il n’était pas là et qu’il nous l’avait prêté. J’entendais des voix dehors, des rires de meuf, j’avais même l’impression de les connaître, mais c’était impossible. On aurait pu les inviter, si le but avait été autre, mais pas ce soir. Au bout d’un moment, Trey leur dit bonne soirée et referma la porte. Enfin ! C’était pas le tout, mais j’étais quand même là uniquement pour chasser le dragon, et rien de plus.

Les autres avaient sorti de quoi taper quelques rails, sur la table, et ils étaient déjà partis dans leur délire : tant mieux. Je voulais être dans le mien, et tout seul. Plus ça allait, moins je supportais être au milieu de groupe. Le problème était que je ne supportais pas non plus être seul avec moi-même. Flash news : la vie faisait décidément bien mal les choses.

Trey me lâcha ce qu’il fallait (le petit sachet de poudre brune me semblait tellement ridicule et infime quand on le regardait) et tout d’un coup c’était comme si tout le reste n’existait plus : la musique, les autres qui dansaient et riaient comme des forcenés, ce que j’avais bu, fumé, pris. J’avais l’impression d’avoir les gestes les plus sûrs et les plus délicats du monde. Je savais quoi faire, c’était presque comme une potion, toute simple. De l’eau, la petite coupe, la poudre, un briquet pour tout chauffer. L’eau devenait cuivrée. Ça sentait un truc un peu âcre, acide. La poudre qui disparaît. La seringue – la partie la plus difficile, ne pas renverser. C’était tiède, très vite, presque froid. Le garrot, le bras. J’avais les veines qui se voyaient bien, c’était facile. Tellement facile.

La sensation, sur le coup, était incroyable… Une boule de feu dans tout le corps, ce liquide qui s’immisce et puis BAM, quelques secondes après, une explosion atomique tellement chaud et agréable, le cerveau entouré d’une couche de chaleur, les sens décuplés, une énergie du tonnerre. Putain ce que ça faisait du bien !

Trey à côté de moi se marrait comme une baleine (et aucun de nous deux ne pensait à ce qui allait se passer dans cinq ou six heures, quand la chute serait tellement rude et la descente tellement raide) et je me mis à rire moi aussi et à lui expliquer comment c’était DINGUE comment je me sentais, c’était FOU, personne ne pouvait le voir mais j’avais envie de le montrer à tout le monde ! En fait tout ça ça ne rimait à rien, tout ça je veux dire, les engagements, le boulot, la vie, les gens. L’important c’était juste ce qui était en train de se passer là maintenant, c’était là qu’on comprenait et qu’on sentait vraiment le bonheur, c’était là qu’on ouvrait les yeux pour de bon. Et je n’avais besoin de rien d’autre, une famille, des amis, pourquoi ? Ils ne me rendraient jamais heureux comme je l’étais là, jamais. Justement : c’était tout le contraire. Ils me rendaient malheureux. Sans eux, je ne l’étais plus. C’était magique ! Magique comme le plus magique de ce qu’on pouvait voir à Poudlard, et Trey essayait de comprendre ce que je lui expliquais (les boutiques du Chemin de Traverse les plus stylées, les règles d’un match de Quidditch, les passages secrets les plus cools du château) mais évidemment il captait un truc sur dix, déjà parce qu’il était moldu, ensuite parce qu’il crevait de rire à l’idée qu’on pouvait faire de la magie avec un bout de bois, et surtout parce que je passais d’une idée à l’autre et d’un thème à l’autre trois fois par phrases, et que je me sentais tellement passionné et convaincu que je me tapais des barres tout seul en m’écoutant. J’allais probablement continuer toute la nuit, qui sait. Je me sentais tellement bien ! J’avais envie de tout faire : danser avec les autres, me balader dehors, regarder les étoiles, refaire le monde avec Trey, tout, tout était possible. C’était ça le secret… Il n’y avait plus de barrières, rien… Plus de problèmes. Plus de prises de tête, tout le monde pouvait être comme il le voulait et ça ne gênait personne ! Comme j’étais en train de l’expliquer à Trey, pour lui montrer par a + b qu’il ne fallait plus s’emmerder, je sortis mon téléphone pour appeler Emmy mais comme elle ne répondait pas je lui envoyai aussi un texto, probablement pas très compréhensible, mais tant pis ! Pourquoi Emmy ? Pourquoi pas, parce que j’étais heureux, parce que j’avais envie de la voir, parce que… Tiens, mais j’avais envie de voir Lilian aussi, et puis Tess, je ne lui avais pas parlé depuis des lustres ?! Je pouvais bien appeler tout le monde, même, ou voir tout le monde, encore mieux ! J’essayai le numéro de Chris mais personne ne répondait et je ne comprenais pas et je finis par laisser tomber mon téléphone (qui s’écrasa par terre et l’écran se brisa net) avant de me consacrer à des choses plus intéressantes : Trey avait l’air d’avoir une merveilleuse idée pour illuminer la pièce avec toutes les guirlandes de Noël qu’il avait trouvé en bas d’un placard et évidemment que j’étais de la partie, je voulais qu’il y ait dans cette pièce autant de lumière et de bonheur qu’il y avait dans ma tête, et je sus en cet instant que j’avais trouvé le moyen qu’il y en ait, enfin, pour toujours.

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MessageSujet: Re: Cursed missed opportunities (Chuck)   Mer 21 Sep - 18:21

« the pleasures of the damned
are limited to brief moments
of happiness:
like eyes in the look of a dog,
like a square of wax,
like a fire taking city hall,
the county,
the continent,
like fire taking the hair
of maidens and monsters;
and hawks buzzing in peach trees,
the sea running between their claws,
Time
drunk and damp,
everything burning,
everything wet,
everything fine. »




Il était question d’aller chez un mec qui n’habitait pas très loin et que je ne sais plus qui connaissait, parce qu’il était « trop cool » et que sa maison était « trop dingue » et je suivais, parce qu’après tout, pourquoi pas ? Mon verre de tequila, la bière, mon sang qui circulait rapidement, les lumières qui scintillaient... Tout commençait à se mélanger et à m’irradier. J’étais fatiguée et éveillée à la fois, la nuit n’était pas finie mais je n’avais plus tout à fait le cœur à la continuer. Pourtant, je voulais retrouver cette ivresse innocente et cette excitation des rues nocturnes dans lesquelles je flottais en riant. Près de moi Gemma riait, mais je n’avais pas entendu la plaisanterie, alors je souris pour me donner bonne conscience, pour me dire que je m’amusais aussi… Mais c’était comme si mon cœur était loin. Il n’était plus à Soho, parce que tout à coup je n’aimais plus ce quartier, il était trop bruyant, les néons trop agressifs pour mes paupières lourdes et ma tête comateuse, les gens riaient trop forts, tout était trop, tout… Mon cœur était loin, ailleurs, en haut de Primrose Hill et sa colline calme et chantante, à regarder les formes au loin, une main tenant une bouteille de cidre et l’autre celle de Chuck. C’était là où j’étais parce que c’était là où tout esprit semblait bloqué, dans les méandres de mes souvenirs confus et tièdes, qui m’envahissaient plus que jamais quand j’avais bu. J’avais envie d’être stupide et d’appeler Chuck, de me laisser aller comme avant à lui envoyer des messages que je regretterais le lendemain. Je ne savais même pas quoi dire, simplement… Simplement je voulais qu’il soit là, tout me dépassait et j’étais fatiguée d’attendre. Tout s’éloignait et j’étais encore là, à espérer quelque chose de révolu. Le temps guérit les blessures, disait-on. Mais le temps semblait si long, sans Chuck.

Mais je n’en pouvais plus, de tout ça. De cette vie où tout était tenable, parce que je me le disais, parce que je faisais ma vie et le soir dans mon lit je me disais, oh ce n’est pas si mal, et c’était toujours comme ça, pas mal, supportable... Je voulais vivre ! Je voulais cesser d’espérer être ailleurs, d’être quelqu’un d’autre !

Mon cœur battait vite et on avait accéléré le pas, Gwen en pleine discussion animée avec Jack commença à donner un fou rire à Eleanor et moi parce qu’ils étaient mignons et insupportables, et petit à petit quelque chose se décompressait à l’intérieur. Je me mis à rire plus franchement, j’allumai une autre cigarette, finissais ma bière – celle de trop, peut-être, mais tant pis – et arrivé devant la fameuse maison, c’était bon, j’étais repartie. On s’était lancé dans un karaoké des Artic Monkeys avec l’un de mecs qui les avait vus en concert, il imitait d’ailleurs parfaitement Alex Turner ce qui me faisait rire encore plus… Tout à coup je ne tenais plus en place, les derniers verres bus trop vite s’accumulant et me rendant complètement frénétique, j’étais frustrée parce que visiblement le mec n’était pas là et on patientait dehors comme des cons pendant que quelqu’un expliquait quelque chose sur le pas de la porte. Je poussai un « bon c’est bon lààààà » et m’apprêtai à rentrer dans la maison parce que je voulais qu’on bouge, qu’on fasse un truc, mais finalement non on faisait demi-tour, ce qui m’arracha un juron doublé d’un nouveau fou rire avec le mec qui s’était relancé dans son imitation parfaite. Oh, ça tournait, ça allait vite, mais tant pis, c’était ça que je voulais, je voulais avancer…

Je sortis mon téléphone et appelai Matteo. Il décrocha au bout de quelques sonneries seulement, et il m’expliqua qu’il était prêt de Leicester Square, il me donna le nom du bar et j’étais à nouveau partie, j’avais une nouvelle idée en tête ! Gwen protesta mais elle était trop occupée à se papouiller avec Jack, ce qui me refit rire, et je quittais le groupe qui se dirigeait vers un troisième endroit que je n’avais pas compris. Je marchai vite, j’avais chaud et hâte de la suite de la soirée, je n’avais plus peur de retrouver Matteo, de profiter… Je trouvai le bar et ses lèvres au bout de quelques minutes à chercher ivre la bonne devanture. Il sentait bon le savon et sa langue avait un goût de bière à la cerise. Il se moqua de moi parce que j’étais apparemment rouge – l’alcool, sûrement – et on se serra sur le vieux fauteuil en cuir qu’il occupait. Il était avec des collèges à nous et d’autres amis d’amis dont je n’arrivais pas à retenir les prénoms, en pleine partie de cartes. Je me joignis à eux, faisant tomber au passage le vase qui se trouvait sur la table basse et l’inondant, ce qui fit prendre un fou rire à Matteo. Tout allait vite, il me caressait le bas du dos et je venais de gagner une partie, on discutait tous d’un nouveau film qui venait de sortir, on commanda des frites, j’avais chaud…

On transplana pour rentrer à Oxford, tout là-bas était plus calme mais j’étais encore pleine vie, il fallait que ça continue… En rentrant chez moi, j’avalais un immense verre d’eau tandis que Matteo essayait de me chatouiller pour que je le renverse, ce qui me provoqua un hoquet que je n’arrivais pas à faire passer, alors il m’embrassa encore et encore, je riais, je riais… Ça tournait trop, mais tant pis, j’avais envie, de ça, de lui, de ces sensations, je ne savais pas trop, ses lèvres, son corps… Mais ce n’était pas… Je ne sentais pas son parfum, enfin si, mais non, ce n’était pas… Pas le bon… J’embrassai Matteo, je me laissais aspirer mais quelque chose en moi était ancré dans le sol, ou en moi, je ne savais pas… Le lit était tiède et la lumière brillante, mon corps tendue et passif à la fois, et tout était bien et étrange, et mal, et tout ça à la fois…

J’étais épuisée, il faisait sombre dans la pièce et je ne savais plus quelle heure il était. A côté de moi, Matteo dormait. Dans ma bouche, un goût métallique et pâteux… Je me levai, vacillant. J’avais envie de vomir. D’un geste flou, j’attrapai mon téléphone et me dirigeai vers la salle de bain, sentant que j’étais encore trop ivre… Assise par terre, je fixai l’écran lumineux qui m’indiquait 2h18. Mes doigts tremblaient un peu, mais je savais ce que je voulais faire, et il me fallut plusieurs essais avant de réussir à débloquer son numéro avant d’appeler… J’écoutai, le cœur lourd, la boule au ventre, mais c’était son répondeur... Chuck, m’entendis-je dire d’une voix étrangement lointaine, Chuck, appelle moi, s’il te plait, s’il te plaît...

Le carrelage était froid sous moi, et je fermai les yeux, sentant que j’aurais pu m’endormir là, parce que j’étais trop fatiguée… Je soupirai, me frottant les yeux, étalant du mascara sur mes joues et mes paumes. Je ne voulais plus attendre, me sentir comme ça… Dans un dernier songe d’ivresse, je me promis que s’il ne rappelait pas, c’était fini, promis, c’était fini, je supprimerais son numéro, je jetterai mon téléphone, tout, n’importe quoi… N’importe quoi…
(Terminé)

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Cursed missed opportunities (Chuck)
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