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Down payment blues (Chuck)

 

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 Down payment blues (Chuck)

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Lilian Easter
Assistante à Sainte Mangouste



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Localisation : Dans le lit avec Iron Man. Et tu es prié(e) de dégager, on n'aime pas les plans à 3. (A part si tu t'appelles Jack Sparrow, que tu as du rhum et de la pâte à crêpes...) Quoi? C'est quoi cet air choqué, vous êtes toujours puceau ou quoi? Question suivante !
Date d'inscription : 31/10/2007

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Particularités: Yeux plus beaux, tu meurs ! LA Sirène de Poudlard, je suis belle à mourir.
Ami(e)s: Vous voyez mon dressing ? Tous mes amis sont dedans. Je parle de mes fringues et de mes chaussures. Non les vrais amis, c'est une autre histoire.
Âme soeur: Iron Man, Thor, Captain America… Je ne donne que dans les super héros parce qu'ils savent m'envoyer au septième ciel. Oui, vous voyez tous ce que je veux dire.

MessageSujet: Down payment blues (Chuck)   Dim 29 Mai - 16:19

*

I know that it's evil
I know that it's got to be
I know I ain't doing much
Doing nothing means a lot to me
Living on a shoe string
A fifty cent cent millionaire
Open to charity
Rock'n'roller welfare

Cela allait bientôt faire une demi-heure que Lilian patientait à la terrasse d'un café londonien, assise derrière une immense tasse de cappuccino. Elle était plutôt de mauvaise humeur, déjà parce qu'on la faisait attendre, elle, Lilian Easter, et surtout parce que le serveur, sûrement pour trouver grâce à ses grands yeux légendaires, lui avait apporté un café surmonté d'une montagne de crème chantilly. D'habitude, Lilian n'aurait rien dit mais aujourd'hui n'était pas le bon jour. Quand son café arriva et que la crème chantilly vacilla devant elle au moment où le serveur posa sa tasse sur la table, la Sirène tourna doucement son visage angélique vers lui mais lui asséna un regard interrogateur mais néanmoins sévère.

- J'avais demandé un cappuccino. Pas un café viennois. Apportez-moi un cappuccino s'il vous plaît, je n'en veux pas, dit-elle en désignant presque dédaigneusement sa tasse. Déçu et surtout profondément confus, le serveur s'inclina et repartit avec la tasse, comme un chien la queue entre les jambes.

Quand il revint avec un vrai cappuccino, Lilian daigna lui accorder un sourire un peu forcé mais sourire de la Sirène tout de même puis elle sortit de son sac d'immenses lunettes de soleil, comme pour se donner encore plus de prestance qu'elle n'avait déjà. Ses ongles tapotaient la table à un rythme régulier, entre deux gorgées et quand ils ne saisissaient pas son portable afin de vérifier si Chuck avait répondu aux messages. Mais bien entendu, silence radio du côté du jeune homme. Ce qui avait le don d'agacer la belle. Même si elle savait qu'il n'y avait qu'une infime chance pour qu'il se pointe au rendez-vous qu'elle lui avait donné.

Elle avait envoyé un message à Chuck la veille, pour le voir et surtout parce qu'après avoir pris un verre avec Emmy deux jours avant, celle-ci lui avait appris que rien n'allait plus entre eux, que Chuck fumait beaucoup trop (et encore, si ce n'était que la fumette), qu'il n'était plus que l'ombre de lui-même en passe de devenir une épave. Et cela avait révulsé la superbe qui ne supportait pas, ne supportait plus la drogue, sous n'importe quelle forme. Ce dégoût lui venait évidemment du décès de Dan qui n'avait pu se défaire de cette emprise addictive mais provenait également de son adolescence. Surtout de sa mère. En tant que médecin, elle avait eu affaire parfois à des personnes perdues qui ne trouvaient d'autre refuge que dans l'alcool ou la drogue et de temps en temps, elles arrivaient à s'en sortir et d'autres fois, c'était l'addiction qui l'emportait. De tout temps, elle avait mené une véritable guerre à ses jolis cœurs américains, leur interdisant de fumer le moindre joint devant elle voire même aux soirées où elle se trouvait également. La jeune femme connaissait les ravages de cette maladie, savait de quoi elle était capable et il était hors de question pour elle de voir un de ses amis en souffrir. Cela avait été parfois la source de disputes pendant ces soirées mais la Sirène avait fini par avoir gain de cause et quand elle leur avait appris la mort de son meilleur ami, les cinq garçons comprirent qu'ils n'avaient pas intérêt à lui  mentir.

Alors quand elle imaginait Chuck se défonçant à l'aide de n'importe quelle drogue dont elle ne voulait pas connaître le nom, cela la rendait folle. Elle savait qu'il avait toujours aimé fumé un pétard de temps en temps mais il ne l'avait jamais fait devant elle, par respect elle espérait. Mais elle imaginait aussi que la mort de Cooper devait l'ensevelir plus bas que terre à certains moments ; elle se souvenait des épisodes après le décès de Daniel, et si elle, après s'être privée pendant un temps de nourriture, Chuck lui, trouvait son exutoire dans la drogue.

Et en plus il l'empêchait de passer plus de temps avec Dean. En ce moment, il était réellement devenu un abruti de première. Parce que depuis le gala de charité où Dean lui avait appris qu'il n'était plus fiancé avec Shannon (Lilian sentait toujours son cœur bondir de joie dans sa poitrine à chaque fois qu'elle y pensait), leur relation amicale/ambigüe/de séduction était plus intense et proche que jamais. Dean n'avait jamais été aussi prévenant, lui envoyait des sourires par dizaine à chaque fois qu'ils se croisaient dans les couloirs, ils riaient tout le temps ensemble, se taquinaient, se cherchaient et Lilian s'amusait comme une folle à le mener par le bout de nez pour qu'il redouble d'attentions et de séduction à son égard. Or, Chuck lui faisait tout louper. Il allait vraiment voir ce qu'il allait voir, parce qu'on ne contrarie pas la Sirène, il était un des mieux placés pour le savoir. Tant pis, elle devrait prendre le taureau par les cornes et employer les grands moyens. Comme son père le disait souvent, aux grands maux, les grands remèdes et parfois ça passe avec une baffe ou un coup de pied aux fesses. Tant pis pour Chuck, il l'avait cherché et il allait tâter de la méthode Lilian.

Elle se leva sur ses longues jambes, laissant son cappuccino à moitié entamé, la frustration lui ayant définitivement coupé toute envie de le finir. Elle se dirigea vers une ruelle tranquille afin de pouvoir transplaner directement devant l'immeuble où habitait Chuck. Perchée sur des escarpins aux talons fins, la cheville entourée par un collier de franges qui voletaient à chacun de ses pas, elle rentra dans l'immeuble et monta jusqu'à l'appartement de Chuck. Elle portait une jupe droite en cuir noir, un top bleu marine ample et souple, au léger décolleté et qu'elle avait rentré dans sa jupe. Son cou était encerclé par une grosse chaîne aux larges maillons incrustés de cristaux qui, au moindre rayon de soleil, se reflétaient dans les lagunes éternelles. Un simple sac gris en daim qu'elle portait au creux du coude terminait sa tenue. Prête à en découdre avec son meilleur ami, elle respira un grand coup quand elle se trouva devant la porte de l'appartement et frappa trois coups secs. Aucune réponse. Elle recommença, encore une fois en vain. Aux grands maux, les grands remèdes. Elle sortit sa baguette de son sac et par un Alohomora, ouvrit la porte et pénétra dans l'appartement.

Tout empestait le shit, la weed et Lilian avait l'impression d'avancer en plein milieu d'un fumoir d'une mauvaise boîte de nuit. Le soleil passait difficilement au travers des rideaux tirés dans le salon et la belle avait presque l'impression d'avancer dans un vrai de champ de mines. Et elle se fit la désagréable remarque qu'elle ne pensait pas que Chuck en était à ce point, à fumer seul, à se défoncer sur son canapé et que cela serait peut-être plus dur que prévu. Tant pis, il passerait quand même à la casserole. Il ne l'avait d'ailleurs peut-être même pas entendu rentrer car il était encore affalé comme un éléphant de mer sur son canapé, raide défoncé. Il n'allait pas apprécier le réveil, Lilian le savait d'avance.

D'un coup de baguette, elle ouvrit les rideaux puis les fenêtres pour aérer la pièce enfumée et faire entrer la lumière du jour. Le réveil allait piquer.


- Allez lève-toi espèce de larve, t'as assez fumé comme ça. Elle eut juste à tirer le bras gauche de Chuck vers elle pour qu'il se retourne et tombe mollement sur le sol. Il n'allait pas apprécier, pas du tout, elle le savait mais aux grands maux, les grands remèdes et il n'y avait que la méthode forte que Chuck comprenne, elle le connaissait suffisamment bien pour le savoir.

Elle n'attendit même pas qu'il se lève pour le toiser et marcha vers la table du salon où elle vit tout un attirail pour la fumette : la weed, les feuilles à rouler, le tabac. Ni une, ni deux, elle fit tout s'embraser et tout disparu dans un « pop » sonore, laissant un rond noir de cendres sur la table. Puis comme une princesse, elle s'assit majestueusement sur une des chaises et croisa ses longues jambes en attendant que Chuck se relève. Il allait râler. Mais avant, il allait l'écouter.


- Bon ça a l'air d'aller, je vois que tu prends ta vie en main. C'est bien, bravo je te félicite. Elle le toisa d'un regard sévère, renforcé par la clarté de ses grands yeux. A ce moment là, Lilian n'avait aucune envie de rire.

L'état dans lequel elle venait de trouver son meilleur ami la faisait bouillir à l'intérieur. Elle n'arrivait pas à comprendre comment il pouvait en arriver là et se laisser aller de la sorte. Il était en train de devenir une véritable loque et Emmy lui avait dit que s'il continuait, il risquait de perdre son job. La superbe ne mit pas longtemps à comprendre : il avait les yeux rouges et les paupières creusées par des cernes. Sa peau était blanche, d'une pâleur maladive. Lilian avait l'impression d'être devant un mauvais remake de Mad Max avec ces personnages tout blancs qui avaient besoin d'un globulard pour continuer de vivre tellement ils étaient faibles.

Il fallait qu'elle prenne les devants sinon Chuck allait monter en pression ; en même temps il avait de quoi vu le réveil qu'elle venait de lui imposer. Mais dans son état, Lilian avait peur que cela dégénère.


- Tu m'expliques ? Elle posa la question en le regardant droit dans les yeux avant de désigner de la tête l'état dans lequel il vivait. Paradoxalement, elle avait employé une voix calme, presque compatissante. Elle savait que Chuck allait s'énerver et si elle pouvait retarder ce moment le plus possible en lui parlant calmement, elle le ferait.

La Sirène savait aussi que Chuck pourrait très bien l'envoyer sur les roses, oubliant la nature de leur relation plutôt privilégiée qui les liait. Dans cet état, il serait capable de tout envoyer valser. Et Lilian détestait le Chuck qu'elle avait devant les yeux. Même si elle n'avait pas voulu le voir à l'époque, elle se disait que Daniel avait dû endurer les mêmes choses, vivre les mêmes moments de défonce et son ventre se nouait. Elle n'avait pas été là pour Daniel, alors elle serait là pour Chuck. Quand bien même cela le faisait chier, elle ne laisserait pas devenir comme Daniel. Lilian ne tenait pas à perdre une deuxième fois contre l'addiction.

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Down payment blues (Chuck)   Sam 4 Juin - 18:17

Le problème de Lilian, eh bien, c'était que... C'était Lilian. Et la dernière chose dont j'avais envie/besoin, c'était de me retrouver devant ses grands yeux inquisiteurs à avoir envie de me tailler les veines de tout ce qu'ils me renvoyaient. Lilian, entre tous, n'était pas dupe ; elle me connaissait par coeur et savait mes réactions, elle avait compris et je savais que je ne pouvais pas autant l'embrouiller que certains, ou même la manipuler. Elle savait très bien que je m'enfonçais dans ma grotte, que je l'évitais la plupart du temps et que je faisais semblant le reste du temps quand je la voyais, elle savait très bien que je fumais et buvais et trop et plus si affinités, et si j'avais réussi à la garder un peu éloignée ces dernières semaines, je n'étais pas assez con pour ignorer que c'était seulement une question de temps avant qu'elle découvre le pot aux roses. Et alors là : au secours. Au secours, parce qu'avec l'histoire de Daniel, avec tout ce que je me traînais, avec tout ce que j'avais déjà fait et ce dont j'étais capable, elle allait me capter direct et ça me fatiguait d'avance. La meilleure solution restait la fuite, et quand elle m'avait donné un rendez-vous pour qu'on aille boire un café j'avais répondu oui (pas réveillé et dans le gaz) en me demandant si j'allais vraiment y aller. Et puis... Bah, et puis j'étais sorti et j'avais bu et fumé et pris trop de choses pour me souvenir même de mon prénom, alors. Il ne fallait pas m'en demander trop, en ce moment.

Je savais tellement ce qu'elle allait me dire, la tête qu'elle allait faire et tout ce que j'allais sentir que ce n'était pas la peine, pas du tout. C'était con, parce qu'au fond Lilian me manquait et j'aurais voulu que ça continue comme si de rien n'était de mon côté, mais depuis que c'était fini avec Emmy je m'étais dit de toute façon que fatalement tout allait se finir un peu comme ça, non ? Ceux de mon ancienne vie qui n'acceptaient pas mes choix me pousseraient forcément à les dégager, malheureusement. Puisqu'ils étaient décidés à me faire chier jusqu'au bout... Je voyais déjà l'air sérieux de Lilian, son côté cool et détaché et ses belles fringues, mais sont regard imperturbable et toujours droit et tout ce qu'elle cachait derrière son attitude... Je savais très bien que je n'étais pas prêt à affronter ça, à l'envoyer chier, je n'avais pas envie de cette confrontation, pas envie d'être méchant, pas envie de la dégager, pas envie qu'elle me mette au pied du mur parce que tout le monde me le demandait et que je répondais toujours la même chose : foutez moi la paix. L'avantage, c'était qu'elle allait mieux depuis quelques temps, depuis que le mec de Sainte-Mangouste n'était plus avec sa meuf, et inconsciemment je savais que ça me libérait d'un poids, parce que je n'avais pas envie de la laisser déprimer dans son coin sans être là pour elle - le problème était qu'en ce moment, je ne pouvais être là pour personne. Du coup, savoir que potentiellement elle pouvait aller mieux me tranquillisait un peu.

Bref : je n'étais pas allé au rendez-vous. Peut-être que j'avais oublié, peut-être que je m'en étais vaguement souvenu, peut-être. Mais de toute façon, il me suffisait de quelques secondes et quelques substances pour ne plus rien ressentir, pour ne plus me faire des noeuds à la tête, alors. Plus rien n'avait trop de sens, de continuité, d'importance.

Evidemment, je m'étais fait virer, "tu comprends, tu es trop souvent absent, toujours en retard, on a été gentil au début, on sait que tu traverses des moments difficiles mais ça nous cause des problèmes ; tu es en retard sur les projets et tu oublies de faire les tâches essentielles, on ne peut malheureusement plus compter sur toi" - etc, etc. C'était normal, je comprenais. J'avais pris mes affaires et je m'étais tiré en me disant qu'au moins j'étais libre, maintenant, et que petit je ne devais plus rien à personne - pour les problèmes de thunes, par contre, c'était un peu plus chiant mais j'en avais mis de côté et puis, bah... J'allais bien voir. Je me débrouillerai. En fait, je m'en foutais pas mal, le problème serait après-demain, ou dans un mois, et je n'y étais pas. Ça en avait inquiété quelques uns, mais je m'étais déjà tellement détaché des gens que c'était un peu passé tout seul... Ma tante ne le savait pas encore, je faisais semblant, jusqu'au bout, pas besoin de l'inquiéter encore plus. Du coup, mes journées étaient bien remplies : je me défonçai tellement tout le temps que je passais mes journées à pioncer, complètement stone, je comatais la journée et je vivais la nuit et le reste ne comptait plus trop, comme si c'était les seuls moments qui me restaient. Plus ça allait, plus les soirées s'enchaînaient sans que j'ai besoin de les chercher, de me poser les questions - où quand, comment, avec assez d'alcool et de drogue -, je suivais le groupe et voilà, et j'essayais de lutter jusqu'aux premières heures du jour et de tenir bon parce que de toute façon, ça ne servait à rien d'être ailleurs, je n'étais plus capable de rien, même de dormir.

C'était un roulement plus ou moins rythmé qui se finissait toujours de la même manière : la tête dans les étoiles et les pensées complètement anesthésiées.

La veille (enfin... On était la journée encore ; les mots veille, journée, lendemain n'avaient plus trop de sens pour moi, tout se mélangeait, le temps était un truc linéaire sans début ni fin), je ne me souvenais pas très bien où on avait fini - je m'étais réveillé chez un pote et puis je m'étais traîné jusque chez moi avec un mal de crâne du diable parce que j'avais carrément abusé de la MD et de tout ce qui avait pu me tomber sous la main... C'était un mal horrible, une espèce de vrille dans le côté de mon cerveau qui le fendait constamment en deux et rebondissaient partout sur mon crâne, à tel point que tout m'était insupportable, même dormir. Du coup, ben... Pour soigner le mal par le mal je m'étais fait un café méga serré et je m'étais roulé de quoi fumer un peu de weed histoire d'essayer de me détendre la tête, et ça avait un peu fonctionné parce que je m'étais réveillé quelques heures plus tard à la même place, sur le canapé, incapable de faire un geste pour aller me mettre carrément au lit, quelques mètres plus loin. Le mal de tête était toujours là mais un peu moins fort et je renouvelai l'opération café + joint tout en attrapant de quoi à bouffer - il n'y avait vraiment plus rien dans mes placards il fallait que je me bouge pour aller faire des courses -, un bout de pain, de la confiture, et voilà. Après ça, je fumais la moitié du joint et me mis à somnoler. Je ne rêvais plus, plus du tout, jamais, à part dans ces moments un peu entre deux, quand j'étais ni réveillé ni vraiment endormi et que j'étais conscient de tout. Du coup, mes pensées vagabondaient toutes seules sans que je puisse rien faire, comme dans les rêves quand on veut faire un geste mais que rien ne nous obéit, que le corps ne répond plus. J'étais à Glasgow chez les Tennant et Tess faisait des figures de skate mais dans le skate parc les rampes étaient des grosses bulles bizarres, molles et qui bougeaient doucement et c'était un peu dangereux de monter dessus mais tout le monde avait l'air de trouver ça normal, à part moi. Même Coop à côté de moi mangeait son goûter tranquillement et je cherchai son regard pour essayer de comprendre mais il ne me regardait pas - une bulle monta très haut alors, avec Tess dessus, et je savais qu'elle allait tomber et se tuer, mais personne ne faisait rien - et Coop continuait à manger son pain au chocolat et je ne comprenais pas pourquoi il refusait de me regarder ou de regarder la vérité en face, et finalement il finit par me dire que Lilian voulait me parler, toujours sans me regarder, et je sursautai en me réveillant, ébloui par la lumière :


- Allez lève-toi espèce de larve, t'as assez fumé comme ça.

Lilian me tira le bras et je me sentis glisser, complètement dans le pâté. Le joint à demi fumé était posé devant moi sur la table, éteint.

... Qu'est-ce qu'elle foutait là ?!

Le temps que je percute, que je retrouve mes esprits et mes forces pour me redresser et me re-caler sur le canapé, elle avait fait disparaître mon bordel de quelques coups de baguette magique et... Non. Elle n'avait pas osé.


- Bon ça a l'air d'aller, je vois que tu prends ta vie en main. C'est bien, bravo je te félicite, me lança-t-elle, maintenant assise à côté, avec exactement ce regard et cet air que j'avais imaginés. Je sentis quelque chose grogner à l'intérieur de moi, furieux contre elle, furieux qu'elle soit là, furieux de m'être laissé prendre comme un con, furieux qu'elle ait fait disparaître mon putain de pochon, furieux qu'elle se permette de fouiller comme ça dans MES affaires.

- T'es sérieuse, là ?!

Inutile de dire que je lui mettais son ton moqueur là où je pensais.

En plus, j'avais trop mal à la tête pour avoir les idées claires - je savais ce que je devais faire et dire et comment je devais lui demander de me laisser tranquille, que ce n'était pas le moment, mais le moindre geste et la moindre pensée un peu trop poussée me déchirait le cerveau, comment faire ?! J'essayai de me frotter un peu la tête mais rien n'y faisait, et surtout de tourner la tête à la lumière qui émanait de la fenêtre, beaucoup trop violente à mon goût.


- Tu m'expliques ?

- Je t'explique quoi ? Je t'explique que tu rentres chez les gens sans leur demander leur avis et que ça se fait pas ? Je t'explique que tu n'as pas à t'occuper de mes affaires et encore moins de les faire disparaître ?!


De rage, je donnai un coup de pied dans le pot de confiture posé sur la table basse devant moi, il roula et tomba par terre - le bruit me déchira les oreilles et mon geste me déchira le corps tout entier, sans oublier la tête, si bien que je le regrettai amèrement. Mais j'étais en colère contre elle, contre tout ça, et je n'avais aucune envie que cette scène arrive, qu'elle ait même commencé ; je voulais juste fermer les yeux et me réveiller ensuite pour de bon, tout seul.

- Laisse-moi tranquille, Lilian, je t'ai rien demandé. C'est déjà assez compliqué comme ça, je veux qu'on me foute la paix, et j'en ai ras le cul qu'on ne m'écoute pas.

Je ne voulais pas : pas être méchant, pas la blesser, pas la repousser. Je voulais juste qu'elle accepte et me laisser faire, je voulais juste profiter de sa présence et l'écouter parler et être un peu moins seul en partageant un moment avec elle. Mais c'était impossible... Elle ne voudrait pas, comme les autres. Je me renfonçai un peu plus dans le canapé en prenant bien soin de ne pas la regarder - je ne voulais pas croiser son regard et affronter ce que j'allais y voir à mon tour.

_________________

CHUCK CARLTON
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Lilian Easter
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Particularités: Yeux plus beaux, tu meurs ! LA Sirène de Poudlard, je suis belle à mourir.
Ami(e)s: Vous voyez mon dressing ? Tous mes amis sont dedans. Je parle de mes fringues et de mes chaussures. Non les vrais amis, c'est une autre histoire.
Âme soeur: Iron Man, Thor, Captain America… Je ne donne que dans les super héros parce qu'ils savent m'envoyer au septième ciel. Oui, vous voyez tous ce que je veux dire.

MessageSujet: Re: Down payment blues (Chuck)   Mar 26 Juil - 20:01

Il y avait peut-être une chose, une seule que Lilian ne comprenait pas avec Chuck : pourquoi était-il si faible devant la drogue ? Cette interrogation lui filait entre les doigts à chaque fois qu'elle essayait d'y répondre, toujours en vain. De manière générale, elle ne parvenait pas à comprendre cette fascination que certaines personnes pouvaient avoir pour cette substitution de bonheur en poudre, en herbe, en pilules ou en injection. Non pas parce que sa mère médecin les avait briefé, elle et ses frères sur les dangers de la drogue mais en réalité, juste elle ne comprenait pas. Encore l'alcool parce qu'il était plus facile de s'en procurer et puis bon, elle aussi devenait presque alcoolique pendant les vacances alors. Mais la drogue jamais. La belle faisait la guerre à tous ses proches et notamment ses jolis cœurs pour qu'ils n'y touchent pas ou s'ils le faisaient, elle ne devait surtout pas être là et s'il se passait quelque chose, ils ne pourraient s'en prendre qu'à eux. Et puis elle ne supportait pas être dans la même pièce que quelqu'un qui se droguait, non tant parce que cela la dérangeait – un peu si – mais surtout parce que la jeune femme se sentait immédiatement mal à l'aise parce qu'elle craignait toujours le pire.

Alors depuis le décès de Dan, autant dire qu'elle détestait cela plus que tout et supportait encore moins voir Chuck sombrer dans ce puits. La superbe ne comprenait pas : lui qui était si fort, qui transpirait la confiance en soit était réduit presque à un moins que rien devant sa weed. Et cela la rendait malade de voir qu'en plus, cela semblait lui convenir, qu'il s'en contentait et qu'il ne faisait rien pour s'en sortir. Il n'était pas comme cela d'habitude. Lui, Chuck Carlton, ex Mister Gryffondor et boyfriend officiel des deux filles aux caractères les plus affirmés peut-être de la maison rouge et or était actuellement un junkie retranché dans son appartement à attendre le prochain shoot entre deux siestes comateuses. Ce n'était pas le Chuck qu'elle connaissait : il n'était plus le même. Il n'était plus celui qui l'avait consolée du décès de Dan et de sa « rupture » avec Dean. Il n'était plus celui avec qui elle avait passé d'incroyables moments, avec qui elle riait aux éclats et s'amusait comme jamais. Il n'était plus son Chuck. Et ce n'était pas normal.

Lilian savait très bien que le décès brutal de Cooper devait jouer un rôle non négligeable dans cette addiction, elle n'était pas dupe. Chuck s'était toujours vu comme le rempart entre Cooper et la réalité du monde qui n'était pas belle à voir. Il l'avait protégé de leurs parents qu'il qualifiait d'ingrats, le protégeait du monde environnant comme s'il voulait l'enrouler dans des coussins pour que rien ne l'atteigne. Et pourtant, malgré toutes ses précautions, il n'avait rien pu faire contre la maladie qui rongeait son frère et qui avait fini par l'emporter. Bien trop tôt. Si Chuck savait, il n'était pas prêt ; Lilian était bien placée pour en témoigner. Même si Coop était condamné, rien ne les avaient préparés à cet événement, quoi qu'ils aient pu dire. Enfin, surtout Chuck. Voir son petit frère partir, la Sirène n'osait imaginer. L'effet avait dû être bien plus que destructeur sur son meilleur ami. Elle se revoyait à l'annonce du décès de Daniel et la douleur avait été intense, comme un grand vide qui se créait dans ses entrailles, comme si on lui arrachait une partie d'elle et cette absence faisait bien plus mal que l'épée qui tombe d'un coup. Sur le coup, ses jambes s'étaient dérobées sous elle puis les jours et les semaines suivantes, elles refusaient de la porter, elle et son corps vidé de la présence de Daniel. Elle serait encore dans cet état si Chuck n'avait pas été là. Alors quand lui avait appris le décès de Coop, son petit frère protégé, elle ne pouvait qu'essayer d'imaginer la douleur qu'il avait dû ressentir.

Et pourtant, il n'avait pas montré grand chose. Encore une fois, la belle le connaissait et Chuck était sûrement le jeune homme le plus fier de tous les jeunes hommes fiers. Son caractère qui l'avait envoyé à Gryffondor n'y était pas pour rien mais il refusait de se montrer faible en public, quand bien même il s'agissait de son petit frère. Et dans ce genre de moments, Lilian savait pertinemment qu'il souhaitait plus que tout ne pas être dérangé et c'est pourquoi elle l'avait laissé tranquille, lui rappelant juste qu'elle était là à toute heure s'il avait besoin. Mais comme elle s'en était doutée, il n'avait jamais appelé pour qu'elle vienne. Parce qu'il était trop fier et surtout bien trop triste, même pour se montrer devant sa meilleure amie. Alors elle était venue à la cérémonie à Poudlard – ironie du sort, elle portait presque les mêmes vêtements avec son chapeau noir pour la cérémonie de Daniel, avait déposé une gerbe de fleurs blanches parce que Chuck lui avait dit un jour que c'était ses préférées et n'avait pas pressé Chuck de questions. Elle l'avait seulement serré dans ses bras, le couvant d'un regard caressant et d'un sourire compatissant avant de repartir pour Sainte-Mangouste.

Alors oui, elle se doutait que les derniers mois et semaines devaient être difficiles pour son meilleur ami mais elle comprenait pour le début, à la rigueur quand la douleur est trop vive. Tellement vive que l'on a l'impression que l'on n'en sortira jamais, que toute notre vie ne sera qu'un horrible chemin de croix, parsemé d'épines et de cailloux qui nous broient les épaules. Et puis le chagrin s'amenuise, la douleur semble disparaître tout doucement alors qu'en réalité, l'on apprend juste à vivre avec cette absence, sans fondre en larmes à chaque pensée. Mais il semblait à Lilian que Chuck n'empruntait pas la bonne voie pour sortir du tunnel. Au contraire, elle avait la désagréable impression que plus le temps passait et l'éloignait de la date du décès de Cooper, plus il plongeait au lieu de remonter à la surface.

Alors oui, comme elle s'en doutait, Chuck râla lorsqu'elle le fit mollement tomber par terre et surtout lorsqu'il vit son matériel de fumette disparaître en fumée. Tant mieux, au moins cela le réveillait et le faisait émerger de son comas. Pourtant, entre eux s'installa une ambiance à laquelle Lilian n'était pas habituée et étrangement, elle sentait que la conversation ne serait pas de tout repos.


- Je t'explique quoi ? Je t'explique que tu rentres chez les gens sans leur demander leur avis et que ça se fait pas ? Je t'explique que tu n'as pas à t'occuper de mes affaires et encore moins de les faire disparaître ?!

Du Chuck contrarié et défoncé dans toute sa splendeur. Lilian passa sur le ton désagréable qu'il venait d'employer, sachant pertinemment que la drogue qu'il avait ingurgité ou fumé ou que savait-elle encore jouait un rôle et influençait son humeur. Et comme elle avait tout fait disparaître, forcément Monsieur n'est pas content. Ce que, à la rigueur elle pouvait comprendre et c'est pourquoi elle ne broncha même pas quand il envoya en l'air un pot de confiture. Mais la Sirène ne lui passerait rien, qu'il se le tienne pour dit.

- Et toi tu m'expliques pourquoi tu te défonces comme le dernier des junkies ? Toujours assise, elle le toisait pourtant de son regard appuyé, les grands yeux légendaires aidant merveilleusement. Aussi séducteurs qu'inquisiteurs, il était toujours impossible de leur résister. Lilian avait délibérément choisi d'employer des mots assez durs et forts, en espérant qu'ils trouveraient un écho dans la conscience encore saine de Chuck. Mais celle-ci devait s'être retranchée loin, très loin pour ne pas avoir à assumer le Chuck défoncé. Regarde-moi ça, tu vis dans une porcherie, tu ne ressembles à rien, on dirait presque les clochards que j'ai croisé dans la rue en venant chez toi. La belle se retint de lui dire qu'il la décevait et que Cooper aussi devait l'être, là haut mais ce n'était pas le moment – pas encore. Elle se réservait ces cartes pour un éventuel coup de poker.


- Laisse-moi tranquille, Lilian, je t'ai rien demandé. C'est déjà assez compliqué comme ça, je veux qu'on me foute la paix, et j'en ai ras le cul qu'on ne m'écoute pas.

Il avait laissé tomber, Lilian venait de le comprendre. Elle savait qu'elle n'était pas la première, loin de là, à venir le voir pour lui remonter les bretelles et lui dire que tout cela ne mènerait à rien. Mais elle ne pouvait pas non plus rester les bras croisés sans rien faire alors que son meilleur ami se défonçait à coup de je ne sais quoi et pourtant, elle se doutait qu'il l'enverrait sur les roses parce que, fidèle à lui-même et surtout à sa fierté démesurée et parfois mal placée, il ne voulait pas qu'on le dérange et lui dire que ce qu'il faisait, c'était mauvais pour lui. Parce qu'il le savait très bien. Mais comme une bête blessée, il devenait féroce dès qu'on l'approchait, montrant les crocs au moindre reproche. Mais face à lui, ce n'était pas Emmy mais Lilian qui n'était pas n'importe qui à son égard. La lionne serait un adversaire qu'il lui serait difficile de faire fuir, par un simple regard ou quelques coups de griffes. Lilian allait attaquer et n'hésiterait pas, s'il le fallait, à foncer dans le tas. Il n'y avait que la manière forte que Chuck comprenne – ce qui n'étonnait pas vraiment Lilian.

- Te foutre la paix pour que tu te défonces tranquillement ? A d'autres Chuck. Tu peux faire ce manège à Emmy ou à n'importe qui mais pas à moi. Tu croyais sincèrement que j'allais te laisser comme ça ? Doucement, elle se releva : avec un Chuck dans cet état, il fallait à tout prix éviter les mouvements brusques pour ne pas l'effrayer. Je m'inquiète pour toi alors s'il te plaît, ne joue pas au con. Pas avec moi.

Parce qu'il risquerait de le regretter ; Lilian aussi. La Sirène essayait le plus possible de retarder l'échéance où elle devrait recourir à la manière forte car elle n'en avait pas l'envie, pas le moins du monde. Chuck ne comprendrait que la méthode musclée, bête et méchante et cela ne serait pas sans faire de dégâts. Et des deux côtés : parce qu'il riposterait bien évidemment et Lilian devrait assumer en face les conséquences de ses mots, de ses actes. Plus que tout elle espérait, elle priait presque pour ne pas avoir besoin de l'employer mais elle n'était pas dupe : ses chances étaient très faibles. Elle avait affaire à Chuck, la plus grosse tête de mule de cette pièce – elle à part. Jamais la jeune femme n'aurait imaginé se retrouver dans une telle situation avec Chuck. Cela n'aurait pas dû se passer de la sorte : il aurait dû s'en sortir sans toute cette drogue, avec un peu d'aide de la part de ses amis mais il s'en serait sorti. Mais finalement, il abdiquait face à la douleur et au chagrin. Et Lilian se rendit compte alors à quel point le décès de son petit frère l'avait affecté et l'affectait plus qu'elle ne l'avait imaginé. Face à elle, se tenait un Chuck Carlton meurtri jusqu'au sang, jusqu'au cœur, faible et défaitiste. Le contraire de celui qu'elle connaissait jusqu'à maintenant. Ce n'était pas possible, pas Chuck. Et pourtant.

- Chuck, s'il te plaît. La Sirène leva vers lui ses grands yeux bleus, le spectre de la tristesse n'était pas bien haut dans les azurs éternels. Elle savait qu'elle jouait certainement une de ses dernières cartes – les gentilles. Elle le suppliait presque du regard de faire entendre raison au Chuck de toujours, enfoui quelque part dans les abysses de son âme car seul lui pouvait changer la situation.

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MessageSujet: Re: Down payment blues (Chuck)   Dim 21 Aoû - 17:18

- Et toi tu m'expliques pourquoi tu te défonces comme le dernier des junkies ? Regarde-moi ça, tu vis dans une porcherie, tu ne ressembles à rien, on dirait presque les clochards que j'ai croisé dans la rue en venant chez toi.

Oh, oh... Alors Lilian avait décidément choisi d'employer la manière forte, et je sentis quelque chose me vriller l'intérieur du corps, indépendamment de ma gueule de bois et de tout ce que j'avais pu prendre ces dernières heures. Ça sentait le clash, gros comme une maison ; ça sentait le clash comme avec, finalement, toutes les personnes de mon entourage, les unes après les autres - quelque part j'étais tout à fait conscient que, même avec Lilian, je n'y échapperais pas, mais elle avait été une de ceux qui ne m'avaient pas trop cherché ces derniers temps, ce dont je lui en étais reconnaissant, et j'avais espéré que ça dure encore un peu. Mais là... Je voyais limite trouble tellement je me sentais encore high et vaseux, j'avais l'impression que le canapé allait m'avaler tout entier tellement j'étais affalé dedans, et chaque petit bruit me faisait mal aux oreilles et à la tête. Mais une chose ne vacillait pas : la silhouette de Lilian plantée là, en face de moi, à me scruter sans ciller.

- Oh ça va, Lilian, répondis-je sans réfléchir et d'une voix dure et je savais que c'était le début de la fin, mais je ne pouvais rien faire pour l'arrêter, tout le monde n'est pas pété de thunes comme toi tu sais, désolé si ma gueule et mon appart te font cet effet, ma pauvre petite, grinçai-je en me moquant ouvertement.

C'était débile et c'était méchant, mais j'étais trop en colère pour m'en rendre compte. J'étais en colère contre elle et contre tout le monde, et elle avait choisi de venir me voler dans les plumes - tant pis. C'était inévitable. Et ça se passait comme ça : j'étais odieux parce que je voulais qu'ils partent et qu'ils me laissent tranquille. J'étais odieux et ça marchait, parce que c'est franchement facile d'être odieux quand on sait où faire mal. Ce n'était qu'un mauvais moment à passer.

- Te foutre la paix pour que tu te défonces tranquillement ? A d'autres Chuck. Tu peux faire ce manège à Emmy ou à n'importe qui mais pas à moi. Tu croyais sincèrement que j'allais te laisser comme ça ? Je m'inquiète pour toi alors s'il te plaît, ne joue pas au con. Pas avec moi.

Elle m'énervait, elle n'avait pas idée. Elle m'énervait à y voir clair, à comprendre ce qui se tramait, à insister quand même. À être tout là tout simplement. À s'inquiéter... Mais pourquoi ? À s'inquiéter de quoi ? Que j'aille mal ? Que je fasse n'importe quoi ? Mais BIEN SÛR que j'allais mal, BIEN SÛR que je faisais n'importe quoi ! Qu'est ce qu'ils s'imaginaient, à la fin ? Que j'allais me relever sans mal, que j'allais chialer un bon coup et prendre mon mal en patience, repartir comme si de rien n'était ? C'était impossible, ils étaient cons ou quoi ?! Coop n'était pas que mon frère, il était tout mon univers, et qu'est-ce que je pouvais bien devenir maintenant, sans lui... Rien. Rien du tout. De toute façon, j'en avais même pas envie. On en avait chié, tous les deux, pour arriver jusque là, et voilà comme on en était récompensés ? C'était injuste, c'était pourri, c'était merdique. Voilà : merdique. Depuis le début, notre vie était merdique : nos parents, notre maison, notre quartier, notre vie. Il n'y avait que Poudlard qui avait tenté de nous sauver, sauf que pour lui, ça n'avait pas marché. Ça me laissait quoi, à moi, maintenant ? Rien - toujours rien. J'étais fatigué. J'en avais marre, tout simplement. Je n'avais pas envie de ne pas jouer au con.

- Arrête de t'inquiéter et ça ira mieux.

C'était ce qu'elle avait de mieux à faire, alors inutile de me lancer son regard de biche effarouchée. Elle s'était levée, en plus, histoire de rendre le truc encore plus solennel. Je savais à quoi elle pensait, à qui elle pensait : à Daniel, à sa mort, aux risques, etc. Je savais aussi qu'elle mesurait carrément que je ne déconnais pas, que je ne voulais pas de son aide. Malheureusement, je commençais à me dire que même en étant le plus gros des connards je n'allais pas m'en débarrasser si facilement. Je poussai un soupir excédé qui me déchira la tête et les entrailles, encore une fois, et je me mis mollement à chercher dans ma poche un paquet de clopes pour m'en griller une - en vain. Merde alors, qu'est-ce que j'en avais fait... Bah, de toute façon, je ne me souvenais tellement jamais où je les mettais au bout d'un moment qu'il en trainait un peu partout chez moi, il me suffisait de me lever... Mais j'avais tellement mal partout et surtout à la tête qu'amorcer un mouvement me donna la gerbe, alors je m'arrêtai, encore plus soulé de ne même pas pouvoir tirer sur une clope pour me passer les nerfs. Inutile de demander à Lilian, évidemment. Je savais déjà qu'elle m'enverrait paître comme il le fallait.

- Chuck, s'il te plaît.

Cette fois, elle était devant moi, et je fus obligé de la regarder dans les yeux, une seconde. Je me sentis merdique, évidemment, ce qui m'agaça encore plus. Me passant une main sur le visage et sur les yeux pour essayer de me les enfoncer dans la tête histoire de moins avoir mal, j'essayai de me focaliser sur autre chose : il allait bien falloir que je mange quelque chose... Qu'est-ce qui me restait, déjà... Des pâtes, sûrement, je n'avais que ça... Mais impossible de me concentrer : la présence de Lilian était trop visible, je la sentais, même sans la regarder. Il fallait que je conclue l'affaire, qu'elle comprenne, qu'elle s'en aille, et voilà...Il fallait que j'y arrive.

- Visiblement, ça ne me plaît pas, alors pourquoi t'es encore là ? C'est bon, on a compris, et on sait très bien où ça mène, alors autant laisser tomber tout de suite. J'ai pas envie de ton aide, Lilian. Vraiment pas. Tout ne peut pas toujours aller comme on veut, tu vois, eh ben là, c'est ton tour.

Je me rappelai au même instant que j'avais fait tomber un paquet de clopes sous le canapé la veille ou l'avant-veille, alors je me baissai doucement pour ne pas trop empirer ma gueule de bois et passai ma main par terre : victoire ! J'en tirai une du paquet et l'allumai, sentant la fumée me brûler la gorge et les poumons tellement fort que je le regrettai presque - mais je tirai une deuxième latte, encore plus grosse, pour faire passer la première.

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Lilian Easter
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Âme soeur: Iron Man, Thor, Captain America… Je ne donne que dans les super héros parce qu'ils savent m'envoyer au septième ciel. Oui, vous voyez tous ce que je veux dire.

MessageSujet: Re: Down payment blues (Chuck)   Ven 14 Oct - 22:40

Lilian ne reconnaissait pas Chuck ; elle ne le reconnaissait plus. Ce n'était pas celui qu'elle avait aimé, ce n'était plus son ami, celui avec qui elle aimait tant passer des moments privilégiés, avec qui elle riait aux éclats. C'était quelqu'un d'autre, une autre personne. Qu'elle ne connaissait pas. Le Chuck qu'elle connaissait et qu'elle aimait avait disparu au profit de ce jeune homme, aux yeux fatigués et cernés par le dernier shoot, en manque du prochain. Chuck Carlton n'existait plus : ce n'était pas lui qui se trouvait allongé, amorphe devant elle. C'était Chuck, Chuck le con, Chuck le camé perdu dans sa propre vie. La belle avait presque envie de pleurer : elle pourrait presque se jeter à ses genoux et le supplier de lui ramener le Chuck qu'elle avait aimé, son meilleur ami au lieu de cette loque humaine qui se foutait en l'air. Mais elle ne pouvait pas ; elle ne devait pas. Pas maintenant. Ce Chuck aurait gagné sinon et elle serait venue pour rien.

A vrai dire, cela aurait eu lieu il y a plusieurs mois auparavant, avant le décès de Daniel, Lilian serait venue furieuse chez Chuck. Elle l'aurait engueulé, foutu deux trois baffes et serait repartie en attendant qu'il se calme et qu'il revienne vers elle, la queue entre les jambes. Mais depuis la disparition de Dan, sa vision des choses était tout autre et la Sirène savait qu'elle ne pouvait pas laisser Chuck seul dans cette merde, ce serait prendre le risque de le perdre comme Daniel et elle ne pouvait pas se permettre de commettre une deuxième fois la même erreur. Et le pire dans tout cela, c'est qu'elle savait pertinemment que Chuck savait qu'elle songerait à Daniel et qu'elle serait encore moins tolérante. Au contraire, elle savait qu'il se doutait bien qu'elle ne lui laisserait rien passer. Et pourtant, cela n'empêchait Monsieur ni de dormir, ni de se shooter. Cela ne facilitait donc en rien sa tâche et c'est ce qui agaçait Lilian.

A ce moment précis, elle se trouvait devant le roi des cons au pays des emmerdeurs et Chuck régnait en maître incompétent sur ce royaume pathétique et minable, à l'image de son appartement. La superbe avait envie de tout nettoyer d'un coup de baguette mais ce serait le provoquer et vu comment il avait envoyé valser le pauvre pot de confiture, Lilian se contint, estimant judicieusement que ce n'était pas le bon moment.


- Oh ça va, Lilian, tout le monde n'est pas pété de thunes comme toi tu sais, désolé si ma gueule et mon appart te font cet effet, ma pauvre petite.


En arrivant ici, Lilian s'était pourtant armée de patience mais s'il continuait à ce rythme, ses ressources seraient épuisées et elle n'aurait d'autres recours que la méthode musclée. Sa remarque lui hérissa le poil : ce n'était pas tant la référence à son argent, elle savait que ce n'était qu'une provocation en carton, qu'il sortait cela uniquement pour se défendre et parce qu'il n'avait rien d'autre sous la main. Par contre, ce ton condescendant venant de lui qui se trouvait dans une situation aussi minable lui restait en travers de la gorge. Chuck n'était pas seulement con, il devenait également méchant. Et si la Sirène pouvait faire preuve de patience à l'égard de son Chuck, elle serait par contre intransigeante avec le Chuck con et méchant. D'ailleurs, elle sentit son taux de patience chuter proche du niveau zéro, taillant une faille dans la barrière retenant ses instincts de lionne impulsive. Il avait intérêt à faire attention au prochain mot qu'il sortirait car ce pourrait bien être la fin de la méthode douce.

La belle essaya cependant de se calmer, inutile d'exploser maintenant. Elle laissait à Chuck une dernière chance de se rattraper – enfin, de ne pas se vautrer encore plus dans la merde et de ne pas abaisser le niveau plus bas que terre. C'est pourquoi elle ne rétorqua rien à sa pique de gamin de cinq ans, espérant ainsi apaiser la tension ambiante et palpable pour qu'il comprenne qu'elle ne voulait que son bien et ne cherchait pas le conflit. Uniquement en dernier recours si elle avait utilisé tous les autres recours possibles.


- Arrête de t'inquiéter et ça ira mieux.

Nouvelle pique. Comme une lionne agacée par les taons, elle secoua la tête pour chasser cette réplique résignée, sortant de la bouche d'un mec résigné à rester dans la merde dans laquelle il s'était fourré et qui en plus, lui faisait clairement comprendre qu'elle l'emmerdait et le faisait chier comme pas possible à venir le voir pour essayer de lui faire comprendre qu'il était con comme un balais. Mais comme dit précédemment, Chuck le méchant était con comme un balais donc impossible de lui faire rentrer quoi que ce soit dans la tête. Il avait décidé de ne rien entendre, de ne rien comprendre. Le seuil de tolérance de Lilian chutait tel le cours de la bourse lors des chocs pétroliers : il y allait avoir des conséquences non négligeables. Mais elle n'arrivait pas à savoir si Chuck s'en doutait ou justement, bête comme il était, il pensait qu'elle allait juste s'en aller et le laisser pourrir ici. Elle aurait eu devant elle son Chuck, la jeune femme aurait plutôt envisagé la première hypothèse ; en présence du Chuck con, elle en venait presque à pencher pour la deuxième. Cela allait faire encore plus mal. Tant pis pour lui, il l'aurait cherché.

- Visiblement, ça ne me plaît pas, alors pourquoi t'es encore là ? C'est bon, on a compris, et on sait très bien où ça mène, alors autant laisser tomber tout de suite. J'ai pas envie de ton aide, Lilian. Vraiment pas. Tout ne peut pas toujours aller comme on veut, tu vois, eh ben là, c'est ton tour.

Et la cerise sur le gâteau, le must du must : il eut l'insolence de lui dire tout cela, une clope au bec comme si de rien n'était. Clairement, il n'en avait rien à foutre d'elle. Alors autant elle aurait été compréhensive avec son Chuck, elle aurait tout fait pour ne pas employer la méthode forte ; autant là, il ne lui laissait pas le choix. La lionne tournait en rond depuis sa première pique assassine, ses paroles venait d'ouvrir grand la porte de la cage et Chuck le con allait en faire les frais. Comme un félin qui savait que l'heure de la nourriture allait sonner, elle tendait ses muscles depuis cinq bonnes minutes, tentait de ne pas sortir ses crocs et ses griffes mais là, à la vue de cette pièce de viande chaude qu'on lui servait, de cette proie facile qu'on lui présentait, elle fut incapable de se retenir et bondit toutes griffes dehors.

- Alors c'est ça ce que tu veux ? Te foutre en l'air ? Tu veux finir comme Daniel ? Tu veux finir au fond d'un trou à vingt ans ? T'es con Chuck, t'es vraiment qu'un sale con ! Tu es minable, tu me fais pitié. Tu cherches quoi exactement, hein vas-y dis-le je t'écoute ! La lionne était partie en furie contre la gazelle, Lilian voyait rouge, agacée par son ami qui se laissait embourber sans rien faire, attristée parce qu'elle même ne pouvait rien faire parce qu'il refusait toute aide. Tu veux finir comme tes parents c'est ça ? Bam, premier coup de griffes bien placé, sur la croupe pour faire tomber la gazelle par terre pour ensuite lui sauter à la gorge. Tu sais, tu déçois tout le monde et je suis sûre que Cooper serait le premier déçu. Il doit même l'être de là où il est. La mâchoire se referma sur le cou frêle et fragile de la gazelle pour lui couper l'air et la laisser suffoquer, agoniser pendant de longues secondes.

Il l'avait cherché ; Chuck méchant l'avait cherché. Et quand on cherche Lilian, on la trouve. Alors, elle avait employé les grands moyens : bazookas et bulldozers, ultimes espoirs de faire entrer tout cela dans la caboche de Chuck. Pourtant, elle n'en avait pas tout à fait fini avec lui : il voulait jouer la condescendance avec elle, il allait être servi. S'il fallait jouer au con, elle le ferait.

- Et si t'es si jaloux de ma thune, t'as qu'à arrêter de défoncer et reprendre ton taff. Tu crois que mes parents ont gagné cet argent comme ça ? Tu crois qu'il est tombé du ciel tout cuit dans leurs bouches pendant qu'ils étaient en train de se faire un spliff ou un rail de coc ? Alors oui, toi et ton appart vous êtes minables mais si tu veux rester dans ta merde, Chuck et bien restes-y. Mais sache que je ne te laisserais pas te foutre en l'air et finir comme Daniel.

Voilà, la partie de chasse était finie. La lionne sentit le dernier souffle quitter le corps de la gazelle qu'elle tenait toujours entre ses dents et pourtant, étrangement, elle n'avait plus faim. Elle laissa alors le corps inerte tomber mollement sur le sol. Lilian adressa un regard fier à Chuck méchant, espérant du fond du cœur que son Chuck l'avait entendu, peu importe où il se trouvait, elle espérait sincèrement qu'il se manifeste. Malgré les mots extrêmement durs qu'elle venait d'employer, elle ne craignait pas la réaction du mauvais Chuck car au fond de lui et au fond d'elle-même aussi, elle savait qu'il ne lui ferait rien. Jamais il n'oserait lever la main sur elle ; tout au plus il lui répondrait en gueulant, comme une bête blessée se défend. A la rigueur, c'était presque dans son bon droit mais ce ne serait que les conséquences de la méthode musclée. Lilian espérait que cela soit le coup de pied au cul dont il avait besoin sinon elle ne savait plus quoi faire. Elle souhaitait plus que tout retrouver son Chuck car il lui manquait énormément.

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MessageSujet: Re: Down payment blues (Chuck)   Dim 30 Oct - 17:46

Le tambour dans ma tête ne s'arrêtait pas - en fait, je me demandais même depuis quand il ne s'était pas arrêté - et je fumais sans grande conviction, juste pour faire quelque chose, pour m'occuper, pour m'anesthésier un peu plus, ça me défonçait mais je continuais, et voilà. Je voulais qu'elle parte - c'était une idée fixe, je voulais qu'elle parte, je voulais qu'elle parte, je ne voulais plus l'entendre, plus la voir, maintenant, tout de suite. Pourquoi elle faisait ça, pourquoi ils faisaient tous ça, pourquoi ils ne me foutaient pas la paix, pourquoi...

Je voulais tellement qu'elle parte que je ne la regardais même pas - je ne pouvais pas. Déjà, mon cerveau me faisait trop mal pour se concentrer sur quelque chose, mon corps était aux abonnés absents et j'avais une putain de nausée qui m'empêchait d'avoir les idées claires ; mais aussi je ne voulais pas, je restais affalé dans mon canapé, les paupières à moitié fermées parce que je comatais, incapable de la fixer trop longtemps. Et pourtant je ne voulais pas, je ne voulais pas en arriver là avec Lilian, mal lui parler, l'ignorer, l'affronter. J'avais d'ailleurs réussi à la maintenir à bonne distance plus longtemps que les autres (Emmy, Haley, Lucy, Chris, Ruby...) et j'avais même cru que Lilian m'épargnerait ça, qu'elle comprenait justement après Daniel, qu'elle ne me ferait pas la leçon, qu'elle accepterait, qu'elle m'accepterait comme ça, que ça ne changerait rien. Qu'elle me laisserait faire ce que je veux parce qu'il n'y avait clairement que moi qui pouvais décider de comment je gérais ma vie. Mais je m'étais trompé : comme les autres, Lilian avait décidé que ce n'était pas possible, qu'elle ne le supportait pas. C'était son choix, après tout. Mais c'était le mien aussi. Et fatalement, je savais comment tout ça allait se terminer... Et je n'en avais pas envie. Pas du tout envie. J'avais envie de la supplier d'arrêter, de ne pas me dire tout ça, qu'on oublie, qu'on efface, qu'elle s'en aille. Parce que je ne voulais pas en arriver là, je ne voulais pas voir ça, je ne voulais pas sentir qu'elle allait ne plus être dans ma vie elle aussi, je n'avais pas du tout envie de voir ce gâchis... Et je la connaissais trop bien pour savoir que ça n'allait pas être bien joli à voir. Je n'étais prêt, mais je n'avais visiblement pas le choix. Lilian avait sorti ses griffes, et vu mon état, si je ne ripostais pas direct, j'allais me faire bouffer tout cru en deux secondes.

Être désagréable et cassant, c'était en tout cas ce que je savais le mieux faire ces derniers temps : un bon point pour moi.


- Alors c'est ça ce que tu veux ? Te foutre en l'air ? Tu veux finir comme Daniel ? Tu veux finir au fond d'un trou à vingt ans ? T'es con Chuck, t'es vraiment qu'un sale con ! Tu es minable, tu me fais pitié. Tu cherches quoi exactement, hein vas-y dis-le je t'écoute !

Ça y'est : les chiens étaient lâchés. La voix de Lilian s'était durcie, ses yeux lançaient des clairs et étaient nettement moins envoûteurs que d'habitude, et ses cheveux s'agitaient autour de son visage comme une crinière, tandis que sa posture était nettement plus agressive. Je l'avais énervée pour de bon, et je le savais. Plus de marche arrière possible.

- Ce que je veux exactement, c'est que tu me foutes la paix ; tu es bouchée ou quoi ?
répondis-je toujours vautré dans mon coin, la mâchoire serrée.

- Tu veux finir comme tes parents c'est ça ? ... Je savais qu'elle allait attaquer, mais pas forcément comme ça. Cette fois, je la regardai bien en face, lui lançant un regard noir. De tout ce qu'elle avait pu dire, ce genre de trucs était à la fois ce à quoi je m'attendais le moins et à la fois comme un vieux coup d'épée dans mon dos. La garce... Elle m'attaquait là-dessus, sérieusement ? Je sentis mes dents se serrer encore plus fort. Tu sais, tu déçois tout le monde et je suis sûre que Cooper serait le premier déçu. Il doit même l'être de là où il est.

...

C'était comme si quelque chose avait court-circuité dans mon cerveau.

Une décharge si forte et si rapide que tout dans ma chair était tétanisé, que j'étais figé, incapable de quoi que ce soit.

J'avais envie de la buter, j'avais envie de la gifler et de la pousser contre le mur, j'avais envie qu'elle regrette cette phrase et qu'elle souffre, j'avais envie de lui faire mal pour me dire tout ça, j'avais envie de hurler et de me cogner la tête contre un mur.

Je ne voulais même pas assimiler les mots qu'elle avait prononcé, je ne voulais même pas les retenir, les comprendre, mais ils flottaient partout dans la pièce tout autour de nous, et j'avais tellement du mal à les repousser et à ne pas les laisser m'envahir, j'avais tellement du mal à repousser la réalité et à me dire qu'elle n'avait pas dit
ça, qu'elle n'avait pas osé.

- Tais-t... J'avais à peine réussi à desserrer les lèvres pour dire quelque chose, pour la prévenir qu'il fallait qu'elle arrête, qu'elle avait continué :

- Et si t'es si jaloux de ma thune, t'as qu'à arrêter de défoncer et reprendre ton taff. Tu crois que mes parents ont gagné cet argent comme ça ? Tu crois qu'il est tombé du ciel tout cuit dans leurs bouches pendant qu'ils étaient en train de se faire un spliff ou un rail de coc ? Alors oui, toi et ton appart vous êtes minables mais si tu veux rester dans ta merde, Chuck et bien restes-y. Mais sache que je ne te laisserais pas te foutre en l'air et finir comme Daniel.

Ça montait en moi, comme si j'avais pris une pilule, comme si je m'étais injecté un truc, c'était ironique d'ailleurs, cette sensation tellement similaire. La rage m'envahissait complètement et avec les tambours contre mes tempes ça amplifiait tellement vite et tellement fort que j'avais l'impression de perdre pied complètement, de juste voir le voile rouge tomber, et d'oublier le reste.

Après un long silence, je sautai sur mes pieds et me ruai vers elle - deux enjambées et j'étais devant elle et je lui attrapai le bras pour la mettre debout d'un seul coup et sans ménagement, avant de la traîner vers la porte que j'ouvris.


- Sors de chez moi, Lilian.

Elle était face à moi et je n'avais pas lâché son bras que je devais probablement serrer comme un damné - c'était ça où je pétais quelque chose dans la pièce, et ça pouvait être elle, alors après tout il valait peut-être mieux que son bras prenne pour le reste. Je la fusillai du regard - je la regardai vraiment pour la première fois depuis qu'elle avait mis les pieds ici et pourtant je ne voyais pas grand chose, aveuglé par cette rage qui me rendait dingue, mais que je ne pouvais pas réfréner, pas maintenant, pas comme ça. C'était trop tard et je SAVAIS que ça devait se passer comme ça de toute façon, c'était couru d'avance, mais voilà : c'était désagréable, c'était horrible. Je me détestais, je la détestais aussi, bref. Mais il n'y avait aucune alternative possible.

- Dégage, vraiment, je te le conseille, rajoutai-je entre mes dents. Je savais que je devais faire peur, mais tant pis.

Elle comprenait, non ?...

Je relâchai son bras en la poussant un peu plus vers la porte. Je ne voulais pas lui dire adieu, mais je savais que ce n'était pas possible autrement.


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Âme soeur: Iron Man, Thor, Captain America… Je ne donne que dans les super héros parce qu'ils savent m'envoyer au septième ciel. Oui, vous voyez tous ce que je veux dire.

MessageSujet: Re: Down payment blues (Chuck)   Ven 30 Juin - 15:30

Quand Chuck était dans un tel état de colère, Lilian savait très bien qu'il était comme un animal blessé, qu'il ne fallait en aucun cas déranger de peur qu'il ne devienne dangereux. La mort de Cooper avait profondément blessé Chuck, qui se retranchait pour mourir en paix, comme les oiseaux. Il ne voulait voir personne, se persuadant que se shooter à longueur de journée était la meilleure des choses. Cela lui permettait d'oublier ; Lilian le savait. Mais tout ceci était purement fictif : il était en ce moment, incapable d'affronter la perte de son frère.

Lilian ne voulait pas dire que c'était pour autant facile, mais elle ne comprenait pas qu'il se laisse autant abattre. Ce n'était pas le Chuck qu'elle connaissait : il n'était pas digne de son ancienne maison Gryffondor pour réagir de la sorte. Là, tout de suite, maintenant : elle le détestait. C'était même pire, il en venait presque à la dégoûter. La Sirène ne supportait pas de le voir dans un tel état d'abattement, lui qui était alors si fier, presque orgueilleux parfois. Et là, il se vautrait dans son désespoir, le pétard au bec et cela ne lui posait pas plus de problème que cela. Ce n'était pas Chuck Carlton qui se trouvait en face d'elle : c'était le désespoir de Chuck Carlton. Le mauvais côté, celui qu'elle ne connaissait pas parce que Chuck n'avait jamais fait face à une telle perte.

Pour autant, Lilian ne le blâmait pas pour sa réaction : tout le monde réagit différemment face au deuil et elle savait qu'elle n'était pas non plus la mieux placée pour en parler, puisqu'elle avait tendance à ne plus rien avaler quand elle faisait face à un trop lourd chagrin. Cependant, elle ne supportait pas la façon qu'il avait de rester dans cet état presque miséreux. Il allait perdre son travail, ce qui allait finir en perte d'appartement... Non non et non, Lilian ne pouvait l'envisager ! Elle devait remettre Chuck sur pieds avant qu'il ne soit trop tard. Elle ne revoyait que trop bien le visage de Daniel à l'hôpital lorsqu'il lui avait annoncé qu'il ne lui restait plus que quelques mois à vivre et qu'elle n'avait rien pu faire pour l'aider. Il était donc hors de question que cela se reproduise avec Chuck. Mais il n'avait pas l'air d'avoir envie de se sortir de cet état et c'est bien cela qui énervait Lilian au plus haut point.


- Ce que je veux exactement, c'est que tu me foutes la paix ; tu es bouchée ou quoi ?

Ca y est : Chuck commençait à riposter aux attaques verbales de Lilian. Il ne s'agissait encore que de pauvres coups de griffes, qui se voulaient plus intimidants qu'autre chose mais qui n'avaient pas grand effet sur la lionne Lilian. Des menaces en l'air, c'est tout ce qu'elle voyait.

Elle savait qu'elle devait faire preuve de vigilance mais étonnamment, elle n'avait pas non plus envie d'être gentille avec son meilleur ami. Lilian savait que Ruby, Haley, Emmy et autres encore s'étaient risqués et s'y étaient cassés les dents. Mais Lilian n'était ni Ruby, ni Haley. Elle et Chuck avaient toujours été entiers : c'était tout ou rien. Et à Chuck, elle ne laisserait rien passer. Les menaces qui avaient pu faire fuir Ruby ou Emmy ne feraient pas fuir la Sirène.

La superbe n'en avait pas fini avec lui, et c'est pourquoi elle continua de lui asséner d'autres attaques, auxquelles il ne riposta pas immédiatement. Jusqu'au coup ultime.

La réaction de Chuck ne se fit pas attendre. Son visage se durcit, sa mâchoire se contracta tant et si bien que Lilian put presque entendre les muscles se tendre et les dents s'entrechoquer. Ses yeux devinrent sombres et la toisèrent, la fusillèrent. Elle n'avait jamais vu Chuck dans un tel état de colère. Sur le moment la belle regretta presque ses paroles.

Mais non : elle ne devait pas. C'était pour le bien de Chuck qu'elle faisait cela. Et elle l'avait su bien assez vite : la méthode douce et gentille d'Haley, Ruby et Emmy n'avait pas suffit. Cela n'aurait jamais suffit pour une personne telle que Chuck et encore moins dans l'état dans lequel il se trouvait actuellement. A son regard noir, Lilian comprit que le Chuck qu'elle connaissait avait bel et bien disparu : il ne se trouvait plus devant elle. Chuck le con avait définitivement pris sa place et c'est lui qui se tenait devant la Sirène, prêt à en découdre. Elle avait réveillé le lion blessé qui se recroquevillait en lui et l'avait bien agacé. Il allait riposter et elle devait se tenir prête à se défendre et parer les coups car, tout autant qu'elle, Chuck ne l'épargnerait pas. Chuck le con encore moins. Il n'hésiterait d'ailleurs pas à lui faire peur, elle le voyait dans ses prunelles agitées par la colère. Elle espérait seulement qu'il ne deviendrait pas trop con.

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il bondit sur elle. Interdite, Lilian ne réussit pas à lui échapper et il emprisonna son poignet fin dans sa poigne ferme et dure. Il lui écrasait les os, une douleur aiguë saisit son poignet qu'il était en train de tordre comme un vulgaire fil de fer. Il la traîna vers la porte. Désormais, seul le fin palier d'entrée les séparait. Ils étaient là, se toisant tous les deux, comme s'ils allaient se jeter mutuellement au visage de l'autre.


- Sors de chez moi, Lilian.

Ses mots étaient secs, sa parole dure comme sa poigne qui serrait toujours son poignet. Malgré la douleur, la Sirène lui tenait tête en le harponnant d'un regard ferme : elle tenait à lui montrer qu'elle n'avait pas peur de lui. Elle en aurait peur une fois cette confrontation terminée mais pas avant. Il ne devait pas suspecter une infime faiblesse de sa part.

Habillé de tant de colère et de rage, Lilian ne parvenait plus à trouver Chuck beau. Chuck le malicieux, Chuck le mutin, Chuck le fier qui l'avait séduite il y a quatre ans. Chuck le con était laid, enfermé dans ce désespoir et cette aversion qu'il semblait avoir pour Lilian. Elle le détestait, il la dégoûtait. Celui qu'elle aimait tant, son meilleur ami, n'existait plus : ce n'était pas lui qui se tenait devant elle. Elle espérait cependant sincèrement qu'il lui reviendrait, le plus tôt possible et qu'elle ne l'avait pas perdu à jamais. Connaissant Chuck, elle savait que les deux possibilités étaient parfaitement envisageables.


- Dégage, vraiment, je te le conseille,

D'un coup sec et presque dédaigneux, il lâcha son poignet qu'il jeta presque hors de sa poigne. Il l'appréhendait comme un geôlier qui venait faire preuve de grâce envers sa prisonnière, qu'il relâchait finalement. Mais cette grâce se teintait de menace, pour lui faire entendre qu'elle ne devait plus venir rôder dans les parages pour espérer le ramener à la raison car la deuxième fois, il serait beaucoup moins clément.

Elle aurait voulu l'implorer mais elle ne devait pas. Lilian ne pouvait pas s'abaisser à cela avec Chuck.

Une dernière fois, elle leva ses azurs légendaires vers lui. Le bleu des lagunes s'était fait de glace et n'avait plus rien d'envoûtant. La Sirène venait d'être blessée par Chuck le con et elle lui en tiendrait rigueur, qu'il ne croie pas qu'il s'en sortirait ainsi.


- Tu le regretteras Chuck, je te le garantis. Tu le regretteras.

Il n'aurait droit ni à une crise supplémentaire, ni à aucune autre larme. Elle avait mené son combat et la lionne était forcée de se rendre à l'évidence que malheureusement, elle avait échoué. Elle qui se croyait de taille pour remettre Chuck sur les rails, elle s'était royalement trompée. Chuck en deuil était l'ennemi le plus redoutable qu'elle eut jamais dû affronter. Il avait manqué de lui briser le poignet et Lilian savait pertinemment qu'il l'aurait fait sans hésiter s'il l'avait souhaité.

Cependant, il était hors de question qu'elle se rende et quitte l'appartement de Chuck comme une vulgaire perdante, la queue entre les jambes. Elle avait perdu cette bataille certes, mais pas sa guerre contre Chuck le con. Alors, dans un élan d'orgueil et de fierté, elle saisit la poignée de la porte et la claqua au nez de Chuck. Il devait comprendre – et il le savait, elle en était certaine – qu'il ne s'en sortirait pas de la sorte. Il avait déjà énervé Lilian, il savait comment elle pouvait réagir. Elle quittait le champ de bataille la tête haute mais elle reviendrait. Chuck le con n'avait pas gagné. Il ne pouvait pas s'en sortir vainqueur et retourner fumer ses pétards.

Après avoir vérifié qu'aucun habitant de l'immeuble n'arrivait, elle transplana vite chez elle. Pour tout avouer, elle craignait qu'il n'ouvre la porte et ne laisse échapper sa furie pour l'affront qu'elle lui avait causé.

Elle arriva devant le portail d'entrée du manoir familial. Les larmes aux yeux, elle entra et se dirigea presque en courant vers le box de sa jument. Elle la prépara vite et à peine en selle, la lança au galop pour rejoindre le bois. Les larmes coulaient sur ses joues et elle enfouit son visage dans la crinière d'or d'Ophée.

Lilian pleurait parce qu'elle avait vu Chuck dans un état d'abattement qu'elle ne lui connaissait pas et qu'il ne semblait pas vouloir quitter. Elle pleurait parce qu'elle lui avait dit des choses dures qu'elle aurait aimé ne jamais lui dire, et encore moins lui jeter au visage ces mots, en espérant qu'il revienne. Elle pleurait parce qu'il lui avait fait mal. Lilian pleurait parce que Chuck lui avait fait peur. Jamais la belle n'avait vu ses yeux lancer de tels éclairs. Jamais elle ne l'avait vu aussi en colère.

Lilian pleurait parce qu'elle avait échoué. Elle n'avait pas réussi à ramener Chuck à la raison. Cette défaite lui était insupportable. Lilian pleurait parce qu'elle craignait que Chuck ne subisse le même sort que Daniel, et cette pensée lui était insupportable. Lilian pleurait parce qu'en ce jour, elle avait perdu son meilleur ami.

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