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And the hardest part was letting go, not taking part (Chuck)

 
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 And the hardest part was letting go, not taking part (Chuck)

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Emmy Yeats
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MessageSujet: And the hardest part was letting go, not taking part (Chuck)   Mar 17 Mai - 22:23

♪ ♫ ♪

« And the hardest part
Was letting go, not taking part
Was the hardest part

And the strangest thing
Was waiting for that bell to ring
It was the strangest start

I could feel it go down
Bittersweet, I could taste in my mouth
Silver lining the cloud
Oh and I
I wish that I could work it out

And the hardest part
Was letting go, not taking part
You really broke my heart

And I tried to sing
But I couldn’t think of anything
And that was the hardest part

I could feel it go down
You left the sweetest taste in my mouth
You're a silver lining the clouds
Oh and I
Oh and I
I wonder what it’s all about
I wonder what it’s all about

Everything I know is wrong
Everything I do, it's just comes undone
And everything is torn apart. »



J’avais eu un rire, pour me joindre, pour que le malaise disparaisse ; mes oreilles tintaient, et j’avais un goût amer dans la gorge, la serrant fort, j’étais prête à exploser je le savais, mais je riais. Ah, Chuck avait été persuadé d’être poursuivi par un dragon toute la soirée, et il avait fini par sauter dans la piscine glacée, tout habillé, pour s’en débarrasser, haha, c’était hilarant ! Gwen m’avait lancé un regard, de l’autre côté de la table du bar, qui voulait me réconforter, mais je l’avais évité, riant encore. J’avais eu l’impression que mes entrailles étaient en train de se déchirer en deux. Dylan avait continué de raconter la soirée, comme si de rien n’était, ne comprenant absolument pas ce qu’il venait de me dire. J’avais rejoué en boucle le moment où j’avais demandé à Chuck, ou plutôt insinué, qu’il avait pris de la drogue vendredi dernier, et la façon qu’il avait eu de nier, de me regarder dans les yeux et de me dire que non, que c’était faux. Pour éviter que je ne m’énerve, sûrement. Et après, radoucie, apprivoisée à nouveau, j’avais bêtement accepté de me nicher dans ses bras, de passer la journée avec lui, d’oublier quelques heures, parce que Chuck était de bonne humeur, et que je ne voulais pas me disputer avec lui. L’avais-je seulement cru ? Ou avais-je refusé de voir le mensonge ? Comment pouvais-je accepter la vérité, celle qui m’arrachait la personne la plus chère de mon quotidien ? Je ne pouvais pas, alors à nouveau j’avais ri à l’histoire de Dylan, pour faire semblant, pour oublier un instant qu’en l’espace de quelques semaines, tout avait dégringolé. J’avais ri, parce que je n’avais plus que ça.

J’avais ri jusqu’à que je marche seule dans les rues animées de Londres, le soir tirant son voile sur lequel clignotait les néons de la ville. Là, il m’avait été impossible de continuer, et j’avais pleuré. Ce n’avaient pas été des sanglots déchirants, mais plutôt des larmes lasses, lourdes, qui roulaient inlassablement. Chuck m’avait menti, et ce n’était qu’une nouvelle preuve de la relation dysfonctionnelle dans laquelle je m’étais mise. J’avais beau refuser de le voir et espérer que Chuck aille mieux, change, les choses étaient de pire en pire. Je passais l’éponge à chaque fois, je fermais les yeux parce que si je les gardais ouvert, j’avais l’impression qu’on me brûlait toutes les veines. J’ignorais le silence de Chuck quand je lui posais une question personnelle, me disant qu’il n’était pas prêt, qu’il était fragile. Je justifiais son absence aux soirées par le fait qu’il avait envie de passer du temps avec ses autres amis. Je voulais trouver flatteur qu’il me dise qu’il m’aime lorsqu’il était ivre et défoncé, parce que dans ces moments il était franc et lui-même, et que ça touchait qu’il pense à moi. Je passais la mauvaise humeur qui le prenait parfois, et le rendait désagréable, parce que je comprenais qu’il ait du mal avec ses émotions en ce moment. J’excusais l’absence de remerciement, quand il se réveillait chez moi après une soirée que j’avais passé à le ramasser et m’assurer qu’il ne se mettait pas en danger, en me disant qu’il n’avait jamais été doué avec les mots. Tout avait une explication. Tout.

Et puis, ce soir-là, je n’en avais pas trouvé. Lorsqu’il avait passé sa main sous mon pyjama, m’embrassant avec assistance, forçant ses caresses sur mon corps, et que j’avais dû le pousser hors de mon lit, furieuse, je n’avais pas réussi à trouver d’excuse. La seule chose que j’avais compris, c’était que Chuck ne m’aurait jamais fait ça. Que la personne fasse à moi, ivre, les yeux explosés, le cœur transpirant et tremblant, n’était pas le Chuck dont j’étais tombée amoureuse. Ce n’était même pas Chuck tout court.

Mais comment dissocier ces Chuck ? Comment ignorer qu’une partie de moi tremblait pour lui, toute entière ? Je me sentais si ridicule ! Comment pouvais-je être amoureuse de quelqu’un comme lui ? A nouveau, comme un refrain entêtant, je me rappelais que je devenais cette fille que je ne voulais pas être. Je me laissais m’installer dans une relation qui ne me plaisait pas, j’acceptais d’être blessée parce que j’aimais Chuck, et que je n’arrivais pas à lâcher cela. Je n’arrivais pas non plus à lâcher ce « je t’aime » qu’il m’avait dit, ce soir-là, complètement explosé. Il m’aimait. Comment pouvais-je le laisser partir, alors qu’il était si vulnérable ? Je ne voulais pas. Je ne pouvais pas. C’était au-dessus de mes forces. J’avais tant besoin de lui, de Chuck, du Chuck que j’avais connu et dont j’étais tombée amoureuse. Je savais qu’il en avait besoin, lui aussi. Comment avait-il plus glissé ainsi, si rapidement ? Où était passé le garçon qui m’avait hissé sur ses genoux et m’avait embrassé fiévreusement avant de me sourire, du plus beau sourire possible ?

« J’aimerais qu’on parle. Demain, 18h, au Blue Post ? »

J’étais en avance au café, malgré moi. Le cœur tambourinant, je me répétai en boucle ce que je voulais dire à Chuck… Sans vraiment savoir ce que je voulais dire. Il fallait que l’on parle, c’était sûr, mais comment… Comment avoir une discussion dans l’état actuel des choses ? C’était si ironique de penser ça, quand quelques mois plus tôt, je vantais notre communication et complicité, qui rendait notre relation si géniale. Je jetai un coup d’œil par la vitre du café, cherchant la silhouette de Chuck. Les gens étaient tous couverts de lourds manteaux, le mois de décembre s’annonçant particulièrement froid. La porte du café s’ouvrit, et avec le courant d’air froid qui s’engouffra, se découpa également une silhouette froide, terne. Je souris, sans y croire.

Je voulais tellement que tout soit comme avant. Je ne voulais pas parler. Je voulais disparaitre.


- T’as les lèvres froides, dis-je alors qu’il venait de se pencher pour m’embrasser très légèrement, comme si cette banalité allait me faire gagner du temps.

Je ne voulais pas, pensai-je à nouveau. Ce n’était pas le bon moment. Mais y aurait-il un bon moment ?... On commanda deux thés, comme si de rien était, et j’évitais le regard de Chuck. C’était ridicule.


- Dis, tu te souviens quand la dernière fois je t’ai fait une remarque sur… Sur ce que tu avais pris pendant ta soirée, et que tu m’as dit que tu n’avais rien pris ? Ben, j’ai pris un verre avec des gens hier, dont Dylan, qui était aussi à ta soiréé…

Chuck avait compris. Son corps changea de posture immédiatement, il se mit en retrait, légèrement de trois quart, le regard à moitié levé au ciel et les doigts pianotant sur la table, agacé. Il savait où cela menait.

- Pourquoi tu m’as menti ?

Ma voix était plus triste que je n’avais voulu qu’elle le soit. Je sentais que mon menton tremblait légèrement, mais je secouai la tête, niant la montée d’émotion qui petit à petit m’envahissait. Derrière cette question se cachait tellement plus : pourquoi tu ne me fais plus confiance, pourquoi on ne partage plus rien, pourquoi je ne suis plus assez pour toi ?

- Je… Je sais que c’est difficile en ce moment, et que… Je… Je voudrais tellement que ça aille mieux, tu ailles mieux, je sais que tu fais comme tu peux mais… Arrête de tourner autour du pot, Emmy, me menaçai-je. Mais tu ne crois pas que ça devient un peu hors de contrôle, tout ça ? Tu es tout le temps défoncé, et quand tu ne l’es pas, tu es de plus en plus mal, j’ai l’impression que c’est encore pire qu’avant… Et… Et même pour nous deux, regarde, on se voit de moins en moins, et j’ai l’impression qu’on s’éloigne, et je ne veux pas, ajoutai-je d’une toute petite voix.

J’essayais tellement d’être douce, pour amener le sujet en douceur, mais je voyais que plus je parlais, plus Chuck se verrouillait à la discussion. J’eus envie de tout arrêter, de faire demi-tour, qu’on oublie…

Mais ce fût un regard vers Chuck qui me fit tiquer. Ses yeux. Ses pupilles. Je sentis qu’on m’avait giflé en pleine figure dès que je compris.


- Tu as fumé avant de venir ?

Mais c’était une question rhétorique. Bien sûr qu’il était défoncé. Je fermai les yeux, inspirant un grand coup, retenant mes larmes. Il avait bien compris que je voulais parler, que c’était sérieux, et pourtant ? Il s’en foutait. Je ne pouvais plus fuir la confrontation. Pas quand ma relation était en jeu. Et surtout pas quand Chuck lui-même était en jeu.

- Je ne peux plus te voir te détruire comme ça, affirmai-je alors, tout à coup pris d’un instant de bravoure. Il fallait que Chuck comprenne, se réveille. Je veux t’aider, mais j’ai besoin que tu y mettes du tien, et tu sais que la drogue ne fait qu’empirer la situation, et je… Je ne pas assister à ça sans rien faire. Si… Si tu veux pas essayer d’au moins diminuer, je ne crois pas que je peux rester avec toi, continuai-je dans ma lancée.

Mais quelque chose me coupa. Ce n’était pas que Chuck m’avait interrompu… C’était qu’il ne l’avait pas fait. Il n’avait rien dit. Je le fixai. Je venais de lui faire comprendre que j’étais au bord de la rupture, et il ne réagissait pas.

A l’intérieur de moi, quelque chose se contracta si fort que je crus que j’allais vomir de douleur.


- Oh… Oh, d’accord. D’accord. Je me levai, mécaniquement, ramassant mes affaires. Le message est passé alors.Ma voix était lointaine, mais tout mon être l’était aussi, j’avais l’impression que mon âme avait été aspiré hors de moi.

Chuck n’avait pas parlé, et cela valait mille mots.

_________________



 
« Where are you taking me ?
I can't be blamed
I want you to want me again »



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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: And the hardest part was letting go, not taking part (Chuck)   Sam 21 Mai - 15:38



https://www.youtube.com/watch?v=vXoWg08pwiQ

Our debut was a masterpiece
But in the end for you and me
Oh, the show, it can't go on

We used to have it all, but now's our curtain call
So hold for the applause, oh
And wave out to the crowd, and take our final bow
Oh, it's our time to go, but at least we stole the show






Quelle heure ? Aucune idée. Je pouvais me réveiller à sept heures comme à midi comme à quinze heures, ça n'avait plus trop d'importance. Parfois il faisait jour, parfois pas - en fait, je ne fermais même plus les volets, ou bien quand je les fermais ils pouvaient rester baissés une semaine, je m'en foutais pas mal. En fait, globalement, je me foutais pas mal de tout.

Le journées passaient et se ressemblaient toutes parce que je luttais au boulot pour faire semblant, un minimum, j'essayais de faire le strict minimum pour pas me faire virer. J'en étais pas loin : trop de retards, trop d'absence, trop de retard sur plein de trucs, tout ça. Mais ils étaient sympas, et je me rattrapais de temps en temps, quand j'étais pas trop défoncé, toutes les deux semaines. Bref : je comatais la journée, j'attendais le soir, je sortais, je buvais, je fumais, je m'éclatais la tête toute la nuit et ça recommençait, encore et encore ; parfois je dormais parfois pas, parfois je comatais tout le week-end parfois on gérait bien nos doses qu'on tenait un week-end entier à faire la fête et c'était de la pure bombe et après je plongeais dans le noir pendant quatre jours mais je m'en foutais parce que j'allais recommencer, parce que j'en avais envie et que je ne savais pas de toute façon comment m'en passer. Avec mes potes, on avait trouvé un club un peu caché en périphérie de Londres et c'était un allemand qui avait ouvert ça et s'inspirait des modèles de là-bas, des clubs ouverts 24h/24 pendant cinq jours - une fois qu'on y rentrait, avec toute la dope pour tenir bon, on n'en ressortait pas avant 24 bonnes heures, et c'était le pied total. Il suffisait de bien combiner les produits et les doses, et c'était le nirvana assuré. Après, il y avait toujours un moment où le corps lâchait d'un coup et où on tombait comme des masses et on dormait des heures, et puis ça recommençait - parfois je me souvenais de tout, parfois de rien, parfois de morceaux.

Mais je m'en foutais pas mal.

Parfois je voyais Emmy aussi,ou Chris et Lucy, ou les Tennant, mais j'avais de plus en plus de mal à gérer le fait de pas être trop high pour les voir ou juste trop mal tout court, du coup ça compliquait les choses, alors je diminuais les visites, parce que c'était le plus simple. Le plus dur, c'était les soirées avec mes potes d'avant, et avec Emmy, les soirées où je devais me tenir à carreau alors que je pensais à autre chose, que j'avais envie d'autre chose, et que je sentais que seulement quelques verres ça n'allait pas suffire, parce que j'avais besoin de plus et je sentais mon corps fébrile dans ces moments-là, parce qu'il avait l'air de menacer de s'effondrer en morceau si je ne lui donnais pas quelque chose de plus fort.

Chacun sa came, finalement, chacun son deuil, c'était ce que je disais depuis le début. Et j'avais arrêté de chercher à m'expliquer ou à m'excuser, c'était ma vie, mes problèmes, et je n'avais personne à qui rendre des comptes, alors basta.

Bref, je m'étais réveillé ni bien du mal, à cause d'un putain de camion poubelle qui avait décidé de faire un bordel du diable sous mes fenêtres. Vu la lumière, même si c'était l'hiver, il faisait déjà bien jour. Je râlai un bon coup avant d'essayer de fermer les rideaux avec ma baguette mais mon sort rata et rebondit sur le mur, sans toucher aux rideaux. En ce moment, je loupai souvent mes sorts, parce que j'étais trop crevé, trop dans le gaz. Mais c'était pas très grave.

Du coup, pas moyen de se rendormir et de toute façon j'avais une putain de dalle ; comme en ce moment je mangeais de manière un peu cheloue parce que j'avais rarement faim, quand c'était le cas, je ne pouvais pas faire abstraction. Je me levai pour me faire du thé et des pâtes parce qu'il n'y avait que ça dans mes placards, et sur la table je repérai le post-it où j'avais écrit en gros :



RDV EMMY
18H BLUE POST


Ah, oui ! Heureusement que je l'avais noté, parce que je ne me souvenais pas des rendez-vous ou des trucs comme ça en ce moment, je n'avais pas trop la tête à ça. En mangeant mes pâtes je ne pensai trop à rien parce que j'avais la tête pleine de brouillard, à part à réfléchir si oui ou non j'allais aller à ce rendez-vous parce que je n'avais pas du tout envie de sortir, que je n'avais rien à dire, et aucune envie de me retrouver en tête à tête avec Emmy parce que je me doutais que ça n'allait pas être juste comme ça. Je pouvais ne pas y aller, me rendormir, repousser... Bah.

Il me restait un sac sur la table, à moitié rempli de la weed qu'on avait fumé chez moi avec deux de mes potes en rentrant de soirée. Il avait laissé le reste chez moi. Je compris que c'était la meilleure solution : aller au rendez-vous, comme ça c'était fait et elle ne serait pas fâchée ou blessée, mais me détendre avant et me donner un peu de courage. Je me roulai donc un joint en guise de dessert et je retournai me coucher pour le fumer tranquillement en ne pensant à rien d'autre que ce que je ressentais : décontraction, légèreté, je planai et c'était cool, j'avais l'impression que mes muscles et mes nerfs se détendaient tranquillement, et une heure après j'étais carrément plus motivé pour aller retrouver Emmy, avec un peu de chance ça allait même bien se passer, on prendrait le goûter (j'avais encore faim) et on rigolerait et ça serait chouette, et voilà. Vers 17h45, un peu en retard, je sortis prendre le métro (pas la peine de penser à transplaner) pour la rejoindre à Camden. Les couleurs et l'ambiance de tout ce qui se trouvait autour de moi dans la rue m'enchantèrent particulièrement et j'arrivais au Blue Post le sourire aux lèvres, emmitouflé dans mon blouson, mon bonnet sur les oreilles.


- T’as les lèvres froides.

- 'lut,
dis-je distraitement en m'installant et en enlevant mes épaisseurs parce qu'il faisait chaud. Je commandai un thé et me mis à parcourir la carte et me disant que j'allais TOUT acheter tellement j'avais faim et tellement ça avait l'air bon.

- Dis, tu te souviens quand la dernière fois je t’ai fait une remarque sur… Sur ce que tu avais pris pendant ta soirée, et que tu m’as dit que tu n’avais rien pris ? Ben, j’ai pris un verre avec des gens hier, dont Dylan, qui était aussi à ta soiréé… Pourquoi tu m’as menti ?

Ok... Relou. En même temps, je l'avais vu venir.

Je me mis à bailler et me renfonçai dans mon siège en soupirant et en regardant ailleurs. Pas envie, vraiment pas envie. Pourquoi elle s'acharnait ? Elle m'énervait quand elle faisait ça, à focaliser là-dessus, elle ne comprenait pas que plus elle insistait moins j'avais envie de la voir, plus elle me poussait dehors ?


- Je… Je sais que c’est difficile en ce moment, et que… Je… Je voudrais tellement que ça aille mieux, tu ailles mieux, je sais que tu fais comme tu peux mais… Mais tu ne crois pas que ça devient un peu hors de contrôle, tout ça ? Tu es tout le temps défoncé, et quand tu ne l’es pas, tu es de plus en plus mal, j’ai l’impression que c’est encore pire qu’avant… Et… Et même pour nous deux, regarde, on se voit de moins en moins, et j’ai l’impression qu’on s’éloigne, et je ne veux pas.

Ce soir j'allais sûrement rejoindre Dylan et la bande, justement. Ils avaient un plan assez cool : on se posait dans un appart et un mec nous rejoignait - un pote de pote -, il revenait d'Amsterdam et il avait rapporté des taz et quelques trucs sympas qu'on avait bien envie d'essayer. C'était un peu chelou de prendre ça juste dans un appart mais moi j'étais chaud pour sortir ensuite, même si j'enchaînais carrément les soirées, tant pis ; j'allais dormir en rentrant un peu, si j'avais le temps.

- Tu as fumé avant de venir ?

Je la regardai avec un petit sourire moqueur. Sérieusement ?

- J'ai même mangé des pâtes, et je suis allé pisser aussi, tu veux un compte-rendu de ma vie ou comment ça se passe ?

- Je ne peux plus te voir te détruire comme ça. Je veux t’aider, mais j’ai besoin que tu y mettes du tien, et tu sais que la drogue ne fait qu’empirer la situation, et je… Je ne pas assister à ça sans rien faire. Si… Si tu veux pas essayer d’au moins diminuer, je ne crois pas que je peux rester avec toi.

Qu'est-ce qu'elle ne comprenait pas quand je lui disais que je n'avais pas besoin de son aide et que je gérais ma vie comme je le voulais ?

- Oh… Oh, d’accord. D’accord. Le message est passé alors.

Elle se leva. Moi, je faisais semblant de ne pas comprendre, je ne disais rien. Parce que j'avais très bien compris ce qui se passait et je savais très bien que c'était la meilleure solution, parce que je n'étais pas capable de lui donner ce qu'elle voulait. C'était con : on s'entendait tellement bien, on était liés d'une manière ou d'une autre et j'étais quand même à fond sur elle à la base, pourquoi ça ne pouvait pas marcher ? Pourquoi elle ne pouvait pas m'accepter comme ça ? Ok c'était un peu différent de la situation du début, mais pourquoi ça devait impliquer tout ça ? Pourquoi elle se transformait en une meuf hyper sérieuse et chiante sur les bords, à ne penser qu'à ce que je prenais ou ce que je buvais ? Mais quand même, je n'avais pas envie de la laisser partir comme ça - pas que j'avais envie de discuter, ça ne servirait à rien, mais je pouvais au moins être un peu cool. Je laissai un peu de thunes sur la table et sortis à sa suite, la rattrapant par le bras.

- Sérieux, t'es obligée de faire ça comme ça ? Je haussai les épaules et cherchai une clope à allumer, avant de remettre mon bonnet parce que ça caillait sévère. J'ai franchement pas envie que ça finisse mal et qu'on soit fâchés, donc déstresse un peu, ok ?

J'étouffai un autre baillement en me demandant comment j'allais tenir pour ce soir - j'espérais vraiment que la came allait être bonne.

_________________

CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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MessageSujet: Re: And the hardest part was letting go, not taking part (Chuck)   Lun 23 Mai - 15:56

♪ ♫ ♪

« I must be tough
I must behave, I must keep fighting
Don't give it up
I want to keep us compromising

Open your arms and pray
To the truth that you're denying
Give in to the game
To the sense that you've been hiding

Where are you taking me?
I can't be blamed
I want you to want me again

Is it desire
Or is it love that I'm feeling for you?
I want desire
Cause your love only gets me abused

Give me that rush
I want to show you what you've been missing
Am I enough
To keep your other lovers hidden

Where are you taking me?
I can't be blamed
I want you to want me again. »


Je réalisai que j’avais repoussé ce moment parce que je savais, au fond de moi, que c’était ma dernière chance. J’avais espéré l’électrochoc, que je sois assez importante aux yeux de Chuck pour le secouer à l’idée que je parte, qu’instinctivement, il aurait réagi, qu’il aurait compris la situation, et son sérieux – son horreur, aussi. Mais la façon nonchalante avec laquelle il s’était assis, puis détourné légèrement quand j’avais commencé à parler, un simple mouvement discret amorçant une distance, oh, cela voulait tout dire, n’est-ce pas ? Je détestais le connaître si bien, le deviner, parce que je ne voulais pas savoir que c’était son armure, ce je-m’en-foutisme, je ne voulais pas sentir mon cœur se contracter, je ne voulais pas lui trouver des excuses ! Je voulais tant le détester, être en colère, sentir autre chose que cet amour transit qui m’envahissait de partout, quoi que je fasse, jusqu’au bout de mes doigts, parce que ça restait Chuck, peu importe ce qu’il faisait. C’était toujours lui, son bonnet adorable vissé sur la tête, son sourire en coin, ses mains dont je connaissais la fermeté et la douceur ; je ne voulais pas connaître ça ! Parce que j’en avais mal, de savoir que ce Chuck-là existait, et qu’il disparaissait petit à petit. Les gens changent, mais j’avais espéré pour que ce glissement terrible s’arrête à un moment, que quelque chose fasse barrage – que j’arrive à faire barrage. Mais ça n’avait pas suffi. Ça ne suffirait pas.

Enfermé dans sa souffrance et son addiction, Chuck ne voyait pas combien il détruisait tout ce qui aurait pu le sauver. Je me sentais égoïste, à ramener ça vers moi, au fait qu’il me blessait aussi, mais c’était impossible à présent de fermer les yeux dessus, je me sentais tellement incomprise, tellement seule, essayant de sauver quelque chose dont Chuck semblait se foutre… Après tout, la situation l’arrangeait, il allait s’exploser la tête puis revenait dans mes bras quand bon lui semblait, quand il avait envie d’une présence, de baisers, de quelques rires. J’étais la personne chez qui il sonnait à la fin de la fin de la soirée, ivre, défoncé, et qui était toujours là. En un sens, c’était flatteur, je sentais qu’il avait besoin de moi, mais finalement, est-ce que c’était moi qu’il voulait, ou n’importe qui prêt à lui ouvrir ses bras ?

Le silence s’était matérialisé, comme un immense mur, et moi, stupidement lancée, je me le prenais en pleine face. J’avais envie de vomir, de disparaître. C’était fini. Ce n’était plus possible. Je le savais, je l’avais su depuis un moment, mais j’avais toujours pu repousser mes doutes d’une manière ou d’une autre. Mais c’était trop tard maintenant, j’avais parlé, j’avais brisé ce qu’il restait d’illusions. Ridiculement, je m’en voulais presque, parce que je n’étais pas prête à perdre Chuck, malgré les circonstances, je l’aimais tellement, je ne pouvais pas le lâcher, pas comme ça, pas maintenant ; mais je m’étais mise toute seule devant l’évidence et je ne pouvais plus faire demi-tour. Pourtant je savais, que je n’avais pas le choix, que la réaction de Chuck témoignait de combien les choses étaient brisées, à quoi bon m’accrocher ? Ce que je voulais n’existait plus. J’avais fermé les yeux quelques secondes en me levant, sentant que le vertige et la nausée me prenaient, accusant le coup.

Mes oreilles tintaient d’une multitude de sons, de brides de conversations. Dans l’air, je sentais quelque chose qui s’évaporait – ce que nous étions, ce que nous étions devenus, ce que nous aurions pu être.


- Sérieux, t'es obligée de faire ça comme ça ? J'ai franchement pas envie que ça finisse mal et qu'on soit fâchés, donc déstresse un peu, ok ?

L’air glacé du Londres hivernal me griffait les joues, et j’avais l’impression d’avoir bu, ou de décuver – les lumières clignotaient, les gens me frôlaient, mais je n’étais pas toute à fait consciente de ce quotidien tout à coup oppressant. Chuck m’avait suivi dehors, distillant un peu d’espoir dans mes veines, bien vite effacé par ses paroles. Je me tournai légèrement, le regardant. Ce n’était pas possible, pensai-je. Sa nonchalance, son détachement, il ne pouvait pas comprendre ce qui se passait, nous ne pouvions pas avoir la même conversation, il était trop stone, il confondait, c’était impossible qu’il réagisse ainsi ? Il m’aime, cria une voix dans ma poitrine, enflammant mes poumons. Il était censé m’aimer, il l’avait dit, il l’avait dit… Ou m’étais-je trompé ?... J’avais choisi de penser que la drogue lui avait délié la langue, le faisant avouer des sentiments qu’il n’aurait pas pu dire sobre, mais finalement, est-ce qu’il n’aimait pas tout le monde quand il était sous emprise ? J’avais donné tellement de sens à ces mots, parce que c’était plus facile de supporter notre relation mourante, mais finalement, m’étais-je trompé. J’avais tellement envie de lui demander, tout à coup, de lui demander s’il s’en souvenait, s’il avait menti, si c’était vrai, mais à quoi bon ? Un simple regard vers le sien, effacé, fatigué, me fit comprendre que je n’aurais pas la réponse dont j’avais tant besoin.

- Alors comment je dois faire ? On se pose et on discute calmement et honnêtement ? Dans ce cas-là tu peux peut-être te rallumer un joint ou aller prendre quelques champignons, ça m’évitera de parler à un mur, ironisai-je.

J’avais envie d’être en colère, d’être exécrable, qu’on se dispute ; de faire ça comme ça ? de faire ça comment alors Chuck ? Aux dernières nouvelles c’est plutôt toi l’expert pour plaquer les meufs, tu me fais un petit cours ? Ou j’appelle tes exs peut-être, je comprends mieux pourquoi finalement ça ne marchait jamais ! Si t’en as rien à foutre alors, casse-toi, va t’exploser le nez parce que ça va sûrement te ramener Coop hein, ça va tout arranger ! Tu penses qu’il serait fier de toi là, du déchet que tu deviens ? Tu penses à ce qu’il dirait, s’il te voyait ?

Mais les mots ne pouvaient pas sortir. Ce n’était pas moi. Je n’étais pas en colère. Ma tentative d’attaques ne faisait que me sentir plus mal, plus stupide. Ça ne me ressemblait pas. J’avais juste envie d’exploser en larmes, parce que j’avais mal de partout, mon cœur s’effritant au fur et à mesure de la discussion. Je n’étais pas en colère, j’étais juste déçue.


- Je ne veux pas qu’on se fâche aussi, mais… Mais je peux plus là, ça se résume à quoi notre relation, tu passes ton temps à m’éviter pour aller t’exploser la tête tranquille, et je passe mon temps à m’inquiéter de te retrouver en bad trip dans un caniveau, repris-je, la voix tremblante. Je voulais que Chuck comprenne que je m’inquiétais pour lui, que ça me rongeait, que c’était horrible. J’ai l’impression que tu ne veux plus vraiment me voir, ou être avec moi, on se voit de moins en moins, tu me caches des choses, tu ne me dis plus ce qui est important, sauf quand tu as pris des trucs, tu… Tu ne m’as jamais dit je t’aime sobre. Ce n’était pas comme ça avant.

Avant… Avant, c’était tellement parfait. Je m’y accrochais tant, en espérant que Chuck revienne, comprenne. Je ne pouvais pas croire que c’était fini, que c’était ainsi que ça allait se terminer, que je ne pouvais pas sauver la situation – je ne voulais pas ! Et Chuck était déjà tellement isolé, tellement mal en point, qui veillerait sur lui si je n’étais pas là, qu’est-ce qu’il deviendrait, qui se rendrait compte que quelque chose va mal, parce qu’il ne répond pas au téléphone depuis deux jours, qui l’appellera, qui essayera ? Sa famille qu’il repoussait déjà tant, Ruby, qu’il traitait avec si peu d’égard que je me demandais encore comment elle tenait ? Je ne pouvais pas le laisser, je ne pouvais pas, c’était physique, j’étais trop inquiète, trop amoureuse !

- Je m’inquiète tellement pour toi, je sais que ça va mal, je sais que c’est difficile, je voudrais tellement que ça aille mieux, repris-je, sentant que je ne savais pas sur quel pied danser. Je ne savais même pas ce que je voulais. Je ne voulais simplement pas ça. Mais ça ne va pas aller mieux si tu continues comme ça, tu te coupes de tout le monde, tu vas perdre ton job, tu te détruits le corps et la tête, et regarde, ça ne va pas mieux, dès que tu es sobre, ça recommence, ça ne règle rien sur le fond ! Chuck, s’il-te-plait, ouvre les yeux, je m’inquiète tellement, conclus-je, fébrile, tendant ma main instinctivement vers lui, pour attraper la sienne, ou frôler son bras, sentir sa présence.

S’il-te-plait, ne t’écarte pas.

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: And the hardest part was letting go, not taking part (Chuck)   Mer 25 Mai - 16:16

La fumée de ma clope me déchira la gorge et me fit tousser – il faisait trop froid ou bien j’avais trop fumé et j’étais trop sensible pour le moment, ou un peu des deux – et me parut absolument dégueulasse, mais je l’avalai quand même. Je sentis que mes entrailles se serraient un peu comme si j’allais vomir mais la nausée passa et je tirai une deuxième taf – soigner le mal par le mal, on ne pas se mentir, c’était devenu ma plus belle philosophie de vie. C’était bizarre quand même, cette sensation ? Je venais de fumer un joint en plus, je devais être détendu et pas trop dans le gaz ? Bah, tant pis, ça allait passer de toute façon, et je m’inquiétai plutôt pour mes doigts gelés que pour ma gorge, de toute façon. C’était à prendre en compte aussi pour ce soir : j’étais claqué et il faisait froid, ça n’allait pas aider. Parfois j’avais un peu la flemme, tout d’un coup, de me bouger, de me relever après m’être couché, même pour aller m’éclater la tête et tout oublier – après tout je pouvais très bien faire mon petit business de mon côté, mais malheureusement je n’avais que de l’herbe sous la main, alors il fallait bien que je me déplace. Bref : Emmy. Il fallait que je me concentre. Malgré le froid, malgré le ras-le-bol, malgré le fait que je ne voulais pas parler avec elle, pas me confronter, parce que ça ne servirait à rien et que je savais très bien, au fond, que c’était horrible, pour elle, pour moi, pour elle surtout, pour moi, comment savoir ? C’était ce que je voulais : qu’on me foute la paix.

- Alors comment je dois faire ? On se pose et on discute calmement et honnêtement ? Dans ce cas-là tu peux peut-être te rallumer un joint ou aller prendre quelques champignons, ça m’évitera de parler à un mur.

Tiens : en voilà une idée. C’était exactement ce qu’il me fallait, autre chose qu’une clope, parce que tel que ça allait je n’allais pas tarder à avoir envie de me tirer une balle, sur ce trottoir tout pourri au milieu des gens qui passaient sans exister pour nous. Pour toute réponse, je haussai les épaules et soufflai une colonne de fumée dans l’air glacé.

- Je ne veux pas qu’on se fâche aussi, mais… Mais je peux plus là, ça se résume à quoi notre relation, tu passes ton temps à m’éviter pour aller t’exploser la tête tranquille, et je passe mon temps à m’inquiéter de te retrouver en bad trip dans un caniveau. J’ai l’impression que tu ne veux plus vraiment me voir, ou être avec moi, on se voit de moins en moins, tu me caches des choses, tu ne me dis plus ce qui est important, sauf quand tu as pris des trucs, tu… Ce n’était pas comme ça avant.

Malgré moi – je ne voulais pas non plus être trop salaud – je lui lançai un regard noir. Avant… Avant. Mais qu’est-ce qu’ils avaient, tous, à me parler d’avant ? À comparer des choses incomparables, bordel ? À me demander de faire comment avant alors que RIEN n’était comme avant ? Qu’Emmy s’y mette elle aussi, ça me soûlait, et ça me soûlait franchement. Avant ? Mais avant c’était du feu, de la poudre aux yeux, avant c’était rien du tout, je crevai depuis des mois en battant des pieds comme un idiot pour essayer de garder la tête hors de l’eau, il ne fallait pas trop m’en demander non plus. C’était ma vie, c’était mon choix, et j’avais le droit de faire ce que je voulais depuis qu’on m’avait tout pris, c’était quand même au moins le seul droit qu’il me restait, non ?! Elle passait son temps à s’inquiéter ?! Mais tiens donc, j’avais passé 18 ans à m’inquiéter, et je n’avais jamais fait chier personne à ce sujet. C’était son problème, pas le mien ; elle faisait ce qu’elle voulait dans son coin, et moi aussi. Je commençai à en avoir assez que tout le monde décide à ma place de ce que je devais faire ou pas, de ce qui était mieux pour moi ou pas.

Je laissai échapper un « tssss » d’agacement entre mes dents, le regard ailleurs. Sérieusement, Emmy voulait en arriver là ? Elle voulait endosser ce rôle-là ?


- Je m’inquiète tellement pour toi, je sais que ça va mal, je sais que c’est difficile, je voudrais tellement que ça aille mieux. Mais ça ne va pas aller mieux si tu continues comme ça, tu te coupes de tout le monde, tu vas perdre ton job, tu te détruits le corps et la tête, et regarde, ça ne va pas mieux, dès que tu es sobre, ça recommence, ça ne règle rien sur le fond ! Chuck, s’il-te-plait, ouvre les yeux, je m’inquiète tellement,
reprit-elle, et je sentais son ton plaintif.

Eh bien : il fallait croire que si. Elle voulait jouer ce rôle-là.

Je laissai tomber ma clope, définitivement écœuré, ça ne passait pas, même en forçant un peu.


- Mais franchement, qu’est-ce que t’en sais, Emmy ?

Je réussis à me taire ensuite, heureusement. Heureusement, parce que j’étais tout d’un coup en colère, j’avais envie de défoncer un punching-ball, de me passer les nerfs sur quelque chose ou quelqu’un, et le seul quelqu’un que j’avais la main pour l’instant c’était elle. Mais je ne voulais pas être méchant avec elle à ce point-là, alors je réussis à fermer ma gueule, juste à temps. Parce qu’est-ce qu’elle en savait, elle ? Elle me connaissait depuis quoi, un an ? Elle croyait qu’elle avait tout compris de ma petite vie de merde ? Elle croyait qu’elle y comprenait quelque chose, à tout ça, avec sa famille géniale, ses parents adorables, ses frères et sœurs trop cool ? Elle s’imaginait quoi, que je me tapais une petite crise d’adolescence tout d’un coup ? Qu’est-ce que ça pouvait me foutre, de perdre mon job ? Je l’avais déjà presque perdu, de toute façon. Qu’est-ce que ça pouvait me foutre, de me détruire la tronche ? À partir du moment où moi, ça ne me faisait rien, est-ce qu’on ne pouvait pas me laisser tranquille deux minutes ? Qu’est-ce qu’elle en savait de ce qu’il fallait faire ou pas dans ses situations ? Qu’est-ce qu’elle en savait de comment me faire aller mieux, de la recette miracle ? Pour quoi elle se prenait à me demander ça, alors que le seul problème, au fond, c’était de son côté, c’était qu’elle s’inquiétait toute seule dans son coin ? Qu’est ce qu’elle en savait, bordel, de la solution magique ?

Rien, elle n’en savait rien. Personne ne pouvait savoir. Et le problème, c’était juste que c’était impossible pour les gens de me laisser dériver, alors qu’ils savaient pourtant très bien que j’étais complètement perdu.

Elle avait fait un mouvement vers moi et je repoussai sa main, et je m’écartai un peu. J’en avais marre. J’en avais marre de tout et j’en avais marre d’elle, maintenant, elle avait réussi, et je lui en voulais tellement de m’avoir amené ici. Elle pouvait être contente, tiens.


- Pourquoi est-ce qu’on ne veut pas me foutre la paix, sérieux ? Je lui lançai un regard vaguement énervé et surtout un peu blasé. Pourquoi est-ce que tout le monde veut décider pour moi, alors que personne n’est à ma place ? Je ne demande rien à personne – je t’ai déjà dit de faire ou non un choix dans ta vie, toi ? Alors ?

Je sortis une deuxième clope, l’allumai tranquillement, et tirai dessus. Même si mes doigts et mon briquet étaient gelés, je sentis instantanément que la fumée passait bien cette fois, et je tirai une grande bouffée.

- Tu sais quoi, j’en ai ras le cul que tu t’inquiètes pour moi, en fait. Alors laisse-moi tranquille une bonne fois pour toutes, et ça ira mieux, pour tout le monde.

C’était pourtant simple, non ?

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Emmy Yeats
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MessageSujet: Re: And the hardest part was letting go, not taking part (Chuck)   Ven 27 Mai - 2:12

Il laissa tomber sa cigarette sur le trottoir grisâtre et sale. Je la suivis du regard. Le temps me semblait fractionné, comme si je pouvais la voir petit à petit tomber, comme des images passées à la suite, très vite. A moitié entamée, elle commença à se consumer sur le sol, les spirales de fumée s’essoufflant doucement. Chuck n’avait même pas jeté cette cigarette inachevée, il l’avait fait tombé nonchalamment, d’un geste presque blasé ; je remontai les yeux vers lui, vers son visage fatigué, qui me semblait tout à coup si lointain. Mes oreilles s’étaient remises à tinter, le temps à s’étirer, je fixai ma main tendue, consciente de mon erreur et de ma faiblesse, consciente que Chuck allait s’écarter, qu’il ne la prendrait pas, qu’il ne la prendrait plus. Je vis le mouvement de recul avant qu’il ne le fasse vraiment. Je le devinai, à la façon qu’il eut de se crisper, de se tourner légèrement, comme s’il prenait son élan, avant d’avoir un geste plus sec et nerveux, me repoussant, s’éloignant. Je savais ce que ça voulait dire, bien sûr. Je fermai les yeux. Pendant un instant, je voulus transplaner, disparaître, en plein milieu de cette rue bondée, tant pis, tant que je puisse partir, mais mes pensées revenaient vers Chuck, encore, encore et toujours. J’étais incapable de me concentrer sur une destination puisque le seul endroit où je voulais être était avec Chuck – mais pas ce Chuck-là, compris-je en regardant l’étranger qui se tenait devant moi.

- Mais franchement, qu’est-ce que t’en sais, Emmy ?

J’eus l’impression qu’il venait de me mettre une gifle. Mes yeux s’agrandir et, estomaquée, je tentais d’assimiler ce qu’il venait de me dire. Qu’est-ce que j’en savais ? Mais… Mais, comment pouvait-il dire ça, alors qu’il savait combien je le connaissais, combien je lisais derrière ses gestes et ses habitues, je l’avais toujours fait, il le savait, il l’avait même dit, que c’était ce qu’il aimait chez moi ?! Ses mots venaient de libérer de l’acide dans mes veines, brûlant ma peau au fur et à mesure que le sang se répandait – je regardai Chuck, d’un regard le suppliant d’arrêter, de s’excuser, de me dire que tout ceci n’était qu’une erreur. Mais c’était trop tard, oh, je le savais, pourquoi ne pouvais-je juste pas l’admettre ? Il avait raison, je n’en savais rien, qu’est-ce que je pouvais savoir de ce qu’il ressentait ? Jamais je ne saurais, et c’était bien pour ça que j’étais incapable d’être utile, de l’aider, il était trop malheureux et j’étais trop loin et trop maladroite, bien insuffisante et insignifiante devant toute sa douleur. Je ne pouvais pas aider Chuck, et en me mettant avec lui, j’avais fait l’erreur de croire qu’il y avait de la place pour un peu d’amour au milieu de la tempête qu’était sa vie, de croire que ça l’aiderait autant que ça m’aiderait, que ça le rendrait aussi heureux que je l’étais. Ce n’était pas assez. Ça ne menait nulle part. Je me sentais ridicule. Ça ne ressemblait à aucune scène de rupture de films, à aucune chanson ou un poème sur un cœur brisé, ça n’avait rien de beau, de poétique. C’était simplement horrible et terriblement réel.

Et je détestai la façon dont il avait prononcé mon prénom, froidement et sèchement. Il m’appelait toujours Ems, Emmynem, ou il ne disait rien mais ses yeux parlaient d'eux-mêmes et j’entendais quelque chose de doux dans la façon qu’il avait de me regarder. Je n’entendais plus rien, à présent. Je n’étais même pas sûre qu’il ait prononcé mon prénom, tant j’avais l’impression que ce n’était pas lui et que ce n’était pas moi, en face, à qui il s’adressait.


- Pourquoi est-ce qu’on ne veut pas me foutre la paix, sérieux ? Pourquoi est-ce que tout le monde veut décider pour moi, alors que personne n’est à ma place ? Je ne demande rien à personne – je t’ai déjà dit de faire ou non un choix dans ta vie, toi ? Alors ?

Je ne pouvais pas le regarder en face. Une odeur de tabac s’éleva dans l’air, et je compris qu’il avait rallumé une autre cigarette, tandis que sur le sol, l’ancienne se consumait toujours. Il passait à autre chose. Ses mots résonnaient dans la rue bruyante, mais je n’arrivais pas à réaliser qu’ils étaient réels. Je repensais à tous ces moments où j’avais repoussé l’évidence, de peur que Chuck ne se batte pas pour nous, et confirme exactement tout ce qui me terrifiait – qu’il ne tenait pas à rester avec moi. J’avais imaginé cette discussion tant de fois, sans vraiment oser le faire, simplement, des petits bouts, quelques bribes tirées de mon imagination, qui m’affolaient toujours ou me rassuraient. Finalement, ce n’était rien tout de cela. C’était rien, et tout à la fois. C’était la fin, tout simplement. C’était en train de se finir.

C’était fini.


- Tu sais quoi, j’en ai ras le cul que tu t’inquiètes pour moi, en fait. Alors laisse-moi tranquille une bonne fois pour toutes, et ça ira mieux, pour tout le monde.

J’éclatai en sanglots.

Dès que les larmes jaillirent, je voulus me retenir, parce que je savais que c’était encore pire, que ça allait faire fuir Chuck. Mais à quoi bon ? Encore une fois, j’essayai de sauver quelque chose qui était déjà mourant depuis bien longtemps, mais je ne pouvais pas m’en empêchait, et je me détestai d’encore une fois penser à Chuck, à ce qu’il allait dire ou faire ; il ne bougerait pas, je le savais ! Il allait rester planté là, distant, avec l’envie de se casser, de fuir mes larmes acides qui serraient ma gorge et mes poumons. Je voulais m’arrêter, disparaître, je me sentais honteuse, mais surtout terriblement percée à jour, en plein milieu de cette rue qui me semblait déserte tant le monde autour de moi ne m’était plus familier. J’étais nue, horriblement exposée face à Chuck qui me voyait désespérée, pleurant lamentablement, tremblant de tout mon être, mais surtout, incapable de m’arrêter, de me contrôler. Je haïssais ses larmes qui rendaient la situation encore plus désagréable, qui n’allait rien arranger, mais qu’est-ce que je pouvais bien arranger de toute façon ?! C’était fini, j’avais bien compris, j’avais compris depuis longtemps mais je ne voulais juste tellement pas, j’aimais Chuck avec tant de tendresse et de force, je ne pouvais pas, je ne pouvais pas, je pouvais pas…


- Je ne veux… pas te dem… demander de choisir, articulai-je en hoquetant. Je ne… Je ne veux juste pas que te perdre…

Je voulais me taire, arrêter de croire que j’allais réussi à sortir quelque chose de Chuck, enfermé derrière sa carapace qui s’était fondu dans sa peau. Ce que je voulais l’importait peu à présent. Mes mains s’étaient crispées sur mon visage, essayant de retenir sans succès les larmes douloureuses. Je sentis que mon corps s’était mis à trembler, que je chancelai sur place – je m’appuyai contre le mur près de moi, sentant que j’allais tomber. Ma respiration était tellement irrégulière que je manquai d’air, je m’étouffai pitoyablement, à tenter d’inspirer et d’expirer normalement au milieu de mes sanglots.

- Alors… Alors quoi, c’est… fi… fini ? Je te… Je te laisse… tranquille, et c’est fini ? Mes larmes redoublèrent. Pour…Pourquoi tu te… Tu te pointes défoncé chez moi, en… en pleine nuit, en… en me disant que… que tu m’aimes, pourquoi tu m’as dit ça si c’était pour tout abandonner juste après !

Cette dernière phrase avait épuisé toute mes forces. Je me laissai glisser contre le mur, incapable de tenir sur mes jambes. Je me sentais encore plus lamentable, et Chuck ne bougeait toujours pas, ce qui relança mes crises de larmes. Je n’arrivais pas à y croire, je n’arrivais pas à respirer, j’allais… J’allais étouffer ! Pourquoi est-ce qu’il ne faisait rien, pourquoi il n’arrêtait pas tout ça, pourquoi il s’en foutait – où était Chuck, mon Chuck, où était-il, j’avais tant besoin de lui et de ses bras !

- Je t’aime tellement, avouai-je dans un sanglot douloureux. Je t’aime tellement, pourquoi tu veux tout gâcher !

Une nouvelle crise de larmes écrasa mes poumons, et je plongeai mon visage dans mes mains, sentant que la panique m’avait complètement prise ; sur le sol, le mégot entamé de Chuck, dont le feu des cendres vacillait, suffocant, crachait un dernier panache de fumée dans l’air à présent terriblement étouffant. Je gémis de douleur, hoquetant pour respirer. La cendre clignota une dernière fois, et la lumière disparu ; la cigarette s’était consumée et éteinte.

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MessageSujet: Re: And the hardest part was letting go, not taking part (Chuck)   Jeu 2 Juin - 22:30

https://www.youtube.com/watch?v=6u0DGIh3wLA
There's a light on the road
And I think you know
Morning has come
And I have to go

I don't know why, I don't know why
We need to break so hard

But if we're strong enough
To let it in
We're strong enough
To let it go

Let it all go, let it all go
Let it all out now

If I look back to the start now
I know, I see everything true
There's still a fire in my heart, my darling
But I'm not burning for you

We started it wrong
And I think you know
We waited too long
Now I have to go

I don't know why, I don't know why
We need to break so hard
I don't know why we break so hard

But if we're strong enough
To let it in
We're strong enough
To let it go

Let it all go, let it all go
Let it all out now



Je connaissais cette sensation. Je savais ce que ça faisait, je savais comment ça se terminait, je savais que ce moment était horrible à passer et je le regardais juste comme un étranger – par habitude ? Pas vraiment. Simplement parce que je savais très bien qu’il n’y avait pas d’autre solution, d’autre alternative. J’étais trop loin et elle aussi ; c’était ce qu’elle n’avait pas compris au fond, que je ne pouvais pas faire semblant tout le temps, que je ne pouvais pas juste aller mieux comme ça parce qu’on était bien ensemble, que ça ne rattrapait rien. J’avais fait un choix, et elle se trouvait en travers. De toute façon, elle le savait très bien. Si au moins elle n’avait pas fait comme tous les autres… Si au moins elle ne m’avait pas demandé de me reprendre, d’arrêter, si au moins elle avait compris que c’était tout simplement impossible et que j’en avais aucune envie et que c’était à prendre ou à laisser… Mais bon. C’était comme ça, après tout. Plus besoin de mentir ou de devoir inventer des histoires pour cacher que mes soirées étaient plus arrosées et poudrées que ce que je disais, j’allais être tranquille, et vu l’état dans lequel je me sentais, c’était carrément mieux. J’étais à la fois épuisé et détendu donc prêt à rentrer et me coucher, et à la fois prêt à prendre tout ce que je pouvais pour me vider la tête et me faire planer et sentir que je quittais la terre et que je volais haut, sans aucun problème. Pas la peine de se voiler la face : aucun de ces plans n’incluaient Emmy.

Alors si elle s’était mise à pleurer, tout d’un coup, en pleine rue, ça ne changeait rien. J’avais de la peine pour elle, oui – j’adorais cette fille, c’était pas vraiment une surprise, et pas vraiment nouveau. Mais je ne pouvais pas. Tout simplement.

J’étais vide et froid et creux et je ne sentais rien, à part le froid, à part les vapeurs de la cigarette ou les effets du joint – à part aussi un trou dans mon estomac. Mais je ne ressentais rien, là, maintenant, et je savais que je ne pouvais rien ressentir de plus.

Elle pleurait et il faisait froid et le bout de mes doigts était tout engourdi.

J’avais l’impression de regarder une scène de film, quelqu’un dans la rue qui ne bougeait pas, le reste des gens qui bougeaient, la fille qui pleurait. C’était touchant, oui, mais assis dans mon canapé, qu’est-ce que je pouvais ressentir de plus ? Et surtout, qu’est-ce que je pouvais faire ?

Rien.

Je ne ressentais rien, non, plus rien, pas vraiment le vide non plus, juste des trucs primaires et je pensais à ce soir, à l’organisation, à ce qu’il y aurait de dispo, aux gens, à la musique. J’espérais que Ryan apporte ses enceintes qui tiraient trop bien.

J’avais hâte de partir.

Ce que les gens ne comprenaient pas, c’est que j’aurais préféré mourir plutôt que de vivre comme ça, à rien ressentir du tout devant mon écran de télé et à juste demander ce que j’avais envie de bouffer. J’avais envie de plus, et si pour ça j’avais besoin de me défoncer, pour lâcher prise, est-ce que c’était vraiment prendre en compte ce que je voulais que de me demander d’arrêter ?

Non.


- Je ne veux… pas te dem… demander de choisir. Je ne… Je ne veux juste pas que te perdre…

- C’est pourtant ce que tu fais, Emmy, répétai-je, d’une voix distraite.

Le problème, c’est que cette scène n’allait pas être la dernière. Je savais pertinemment qu’ils finiraient tous par me dire la même chose, Angie mise à part sans doute – Angie c’était autre chose, elle n’avait pas besoin d’être présente tout le temps parce qu’elle était de toute façon là pour moi, c’était différent. Mais les autres… Ruby, Lilian… Tess… Emmy, c’était le début, et le plus compliqué sûrement à cause de l’engagement. Bah… J’étais fatigué d’avance.


- Alors… Alors quoi, c’est… fi… fini ? Je te… Je te laisse… tranquille, et c’est fini ? Pour…Pourquoi tu te… Tu te pointes défoncé chez moi, en… en pleine nuit, en… en me disant que… que tu m’aimes, pourquoi tu m’as dit ça si c’était pour tout abandonner juste après !

… Hein ?!

Ça, je ne l’avais pas vu venir – je lui lançai un regard surpris et un peu gêné, qu’elle ne vit pas, parce qu’elle pleurait. La pauvre, elle tremblait et j’avais l’impression qu’elle allait s’effondrer d’un coup, mais pour autant je me sentais incapable de bouger, à la fois parce que j’en avais aucune envie, à la fois aussi parce que je ne pouvais pas. Je lui avais dit… Je ne m’en rappelais même pas, mais clairement mes souvenirs récemment étaient plus fous qu’autre chose. Il y avait des journées où je ne pouvais même pas me souvenir ce que j’avais fait le matin, mangé à midi, il y avait des semaines entières que j’étais incapable de remettre dans l’ordre, il y avait des jours flottants, des nuits encore plus vagues, et des heures de boulot impossibles à comptabiliser ou à résumer… Alors, oui, sûrement. Parce que c’était vrai, au fond, mais comme on dit : mauvais moment, mauvais endroit. Emmy était une fille géniale et je l’aimais, vraiment, je savais que ça pourrait être le pied avec elle, et sur tous les plans. Mais comme ça impliquait que j’abandonnais le reste pour elle, l’équation était vite résolue.

Je haussai les épaules :


- Désolé.

C’était fini, ok ? J’avais envie de me barrer. Pourquoi rester ?

- Je t’aime tellement. Je t’aime tellement, pourquoi tu veux tout gâcher !

Pas possible, pas possible, pas possible de continuer comme ça… Je sentis que j’avais serré les dents tellement fort que j’en avais mal à la mâchoire, et ça m’arrivait de plus en plus, à cause de ce que je sniffais. Tout d’un coup je me rendis compte que j’étais carrément crispé, que le joint ne faisait plus effet ou bien que quelque chose était plus fort que lui, et ça me mit en colère.

Enfin, je crois que c’était de la colère : mon cœur s’accélérait, je me sentais sur les nerfs, inquiet… Bref.

Je me penchai vers Emmy qui avait glissé contre le mur. Quelqu’un me bouscula à moitié et se retourna pour nous dire un truc, mais je n’entendis pas. J’essayai de tirer Emmy par le bras, un peu mollement, pour la lever.

- Allez, reste pas là, il faut rentrer.

Ne me fais pas ça, d’accord ? Je regrette et c’est de ma faute et je sais que c’est nul, je te brise le cœur et c’est tellement nul… Mais je crois que je ne sais pas faire autre chose, je brise tout et je n’ai plus rien pour me persuader que je peux me rattraper, je suis seul, tout seul, même avec toi je suis seul, je n’y arrive pas, je suis désolé et je ne veux pas être seul avec toi parce que tu mérites tellement mieux, et moi je veux juste me défoncer et oublier que je suis seul parce que je ne peux pas rester sans rien faire à  souffrir chaque seconde sans que ça puisse changer.

- C’est fini, viens, insistai-je.

Elle refusait d’obéir, de se lever, de me suivre… Elle pleurait encore plus.

Je partis après avoir insisté une dernière fois – pourquoi ?! Pour rien.


C’était fini.

(Fini)


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