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But he who dares not grasp the thorn should never crave the rose. (E. / H.)



 

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 But he who dares not grasp the thorn should never crave the rose. (E. / H.)

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Bartholomew Greengrass
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MessageSujet: But he who dares not grasp the thorn should never crave the rose. (E. / H.)   Sam 14 Mai - 16:00

Bartholomew n’avait jamais aimé les roses. Elles étaient trop banales. Leur parfum, le rouge, la métaphore de la beauté qui cachait les épines, tout ceci était d’un commun affligeant, songea-t-il en regardant le rosier qui grimpait sur les murs du manoir. Bien sûr, le vermeil des pétales contrastait agréablement avec les pierres grisâtres, comme des tâches de sang qui auraient éclos, entrelacés de vert et de gris. Mais ces fleurs manquaient de superbes à son goût, et la romance qui les auréolait ne faisait que ternir l’image qu’il en avait. En voyant de telles fleurs accrochées à la façade de chez Ethel, il avait une envie furieuse de les arracher, tant elles lui semblaient insultantes. Sa cousine méritait des fleurs plus passionnantes, enivrantes, à son image ! Des lys, des orchidées, des jacinthes, quelques choses dont la beauté et le parfum intriguaient l’œil et les sens. Pas de vulgaires roses, comme dans tous les jardins anglais des belles demeures. Bartholomew regarda avec attention l’une des fleurs, dont les pétales timides étaient encore recourbés en bouton, et il plissa les yeux avant de la cueillir, évitant les épines de sa tige grimpante. Il la fit tourner entre ses doigts un instant, la porta à son nez, humant son odeur florale. Commune. Inintéressante. Il referma son poing sur la fleur, sentant la fragilité des pétales s’écraser entre ses doigts. Lorsqu’il les libéra, ouvrant à nouveau sa main, les restes de la rose glissèrent et tombèrent sur les marches, coulant comme des gouttes de sang délicates. Bartholomew eut un petit rire, pour lui-même, et écrasa le reste des pétales d’un revers de chaussures en cuir.

Il les avait fait faire sur mesure à Reykjavik, où ses recherches l’avaient amené. Il aimait ses pays nordiques froids, taciturnes, qui rendaient ses travaux plus faciles. Tout là-bas était bien organisé, Bartholomew n’avait pas à craindre de perdre son temps – chose qu’il détestait par-dessus tout. Les islandais n’étaient très curieux ou bavards au premier abord, et cela lui avait permis de se fondre dans la population sans aucun problème, son visage carré et froid collant parfaitement avec les stéréotypes de ces pays. Mais ses recherches l’avaient entraîné en dehors de la capitale, dans des paysages plus déserts et ravagés par la nature brutale de l’île ; les geysers, les pierres et le sol sec, où la végétation tentait de jaillir entre la terre craquelée. Il y avait quelque chose d’intéressant dans cette façon qu’avait la nature à lutter dans un environnement qui lui était hostile, par son froid, ses vents, ses volcans, et pourtant, elle continuait à s’immiscer dans les moindre coins. Il en était de même pour les humains ; ils survivaient à tout, inlassablement. Au moment de quitter l’Angleterre, Bartholomew avait eu écho d’une vague d’acte de magie noire contre les moldus, et cela l’avait fait rire. Les mangemorts ne comprenaient pas qu’il était impossible de les tuer, ni même de les maîtriser, à quoi bon y perdre son temps ? Il y avait tellement plus à accomplir, plus grand et plus utile ! Leur revers à Poudlard ne leur avait-il pas suffit ? Bartholomew les méprisait, mais il avait fini à arriver à la conclusion qu’il méprisait beaucoup de personnes, donc cela n’avait rien de bien particulier.

Il faut dire que lors de ses nombreuses et diverses recherches, Bartholomew avait souvent rencontré des Mangemorts, intéressés eux aussi par les sujets qu’il convoitait, pour des raisons bien différentes. Lui s’intéressait à la magie noire par pure intellectuelle, mais aussi pour ce qu’elle renfermait, la fascination des horreurs qu’elle pouvait provoquer, son essence-même, le pouvoir qu’elle contenait… Oh bien sûr, politiquement, elle était utile, mais Bartholomew ne s’y était jamais vraiment intéressé. Peut-être était-ce par contradiction, pour échapper au destin tout tracé du fils de politicien qu’il était. Mais il voulait voir le derrière des choses, la science, la magie, ce qui résidait derrière les apparences. Tirer les fils, arriver à ses fins, il le faisait très bien tout seul dans son propre entourage pour construire son ascension, il n’avait pas besoin de baigner dans un monde de requins avides où ces jeux étaient la règle. Il en était de même pour les Mangemorts. Pourquoi rejoindre les rangs de pauvres ambitieux pathétiques, avide d’une once de pouvoir qu’on leur jetterait… Le pouvoir résidait dans le savoir, Bartholomew en avait toujours été certain, tout comme il avait toujours su qu’il serait connu pour cela. Il n’avait pas besoin de tuer des moldus pour l’affirmer. Ni qui que ce soit d’ailleurs, tant qu’il n’y était pas forcé, bien entendu. A cette idée, Bartholomew songea à un corps qui se dissolvait doucement dans l’acide d’un geyser islandais, à des milliers de kilomètres d’ici. Il n’avait pas voulu, pourtant. Il eut un sourire en coin. Les dommages collatéraux étaient nécessaires à chaque grandeur.

La grandeur, voilà ce que lui inspirait le manoir devant lui, à présent. Mais il se fichait bien de cette apparence, car il savait que la véritable grandeur, le véritable trésor, se trouvait derrière ses murs : Ethel. A la simple pensée de sa peau parfaite, claire et délicate, surtout dans son cou caché par ses élégantes boucles brunes, quelque chose tirait dans les veines de Bartholomew, quelque chose que seule Ethel savait tirer. Il avait toujours songé qu’elle était le plus puissant des sortilèges, ce qui était ironique puisqu’elle ne possédait pas une once de magie en elle. Pourtant… Pourtant, elle possédait plus. Beaucoup plus. A l’idée de la revoir, Bartholomew sentit encore quelque chose dans ses veines, une douce adrénaline. Le son du heurtoir sur la porte résonna dans l’allée déserte. Evidemment, ce fût une domestique qui ouvrit la porte, et Bartholomew lui adressa un bref signe de tête, et annonça qu’il venait voir Ethel, et décrocha rapidement son attention de la femme, la suivant distraitement jusqu’au salon.

Elle était là. Elle s’était levée à l’arrivée du jeune homme, s’approchant, son port de tête haut, comme toujours.


- Ethel, dit-il. Il aimait toujours autant prononcer le prénom de sa cousine. Il se pencha vers elle, déposant un simple baiser sur sa joue, sentant son parfum envoutant. Quel plaisir de te revoir…

Jetant un coup d’œil derrière elle, il vit qu’elle n’était pas seule. Ses sourcils se froncèrent, très légèrement, et ses yeux clairs sondèrent dédaigneusement l’homme. Selwyn. Bartholomew ne lui adressa même pas un bonjour. Il n’avait que faire de ce patin, et ne comprenait toujours pas ce que sa cousine, si brillante, pouvait bien lui trouver. Il sentit à nouveau une rage envahir son estomac, la même qu’il avait ressenti face à ses stupides roses. Ironie du sort, sur un vase de la table, se trouvait un bouquet de roses également. Il s’en approcha, glissant ses doigts sur les pétales.

- J’ai vu qu’il y avait déjà des roses sur la façade... Elles me semblent d’une banalité triste pour quelqu’un de ta mesure, ma chère cousine. Il aurait voulu sortir sa baguette et les changer en un autre bouquet, mais il temporisait toujours ses actes de magie devant Ethel, sans trop savoir pourquoi. Ce n’était pas comme s’il était habitué à avoir de l’égard pour les autres. Mais encore une fois, Ethel était plus… Je suis venu dès que j’ai reçu ta lettre, reprit Bartholomew, s’asseyant sur l’un des fauteuils. De quoi voulais-tu donc me parler ? Conclut-il, les pupilles brillantes, toute son attention tournée vers la seule personne qui ait jamais été digne de son attention.

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Ethel Greengrass
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MessageSujet: Re: But he who dares not grasp the thorn should never crave the rose. (E. / H.)   Lun 16 Mai - 15:47


Braemar — Manoir des Greengrass.


Ethel était épuisée. La veille, elle avait eu une réunion toute l'après-midi au Ministère de la Magie, à Londres, puis elle s'était entretenue le soir avec quelques uns des participants, avant de rentrer tard par un Portoloin installé par son père qui lui permettait de bouger plus facilement. Mais le Portoloin n'était pas directement relié au manoir de sa famille, à Braemar, si bien qu'elle était ensuite obligée de rentrer en vélo quand il n'y avait plus de bus moldus. Or, hier soir, lorsqu'elle était arrivée en pleine lande écossaise à une heure très avancée de la soirée, la jeune femme s'était rendue compte que son vélo soigneusement dissimulé dans un buisson n'était plus là, et qu'elle n'avait plus qu'à faire tout le chemin jusque chez elle à pieds. Il faisait assez clair car la lune brillait doucement dans le ciel gorgé d'étoiles, heureusement. Elle n'eut pas besoin de sortir le bocal contenant le feu éternel que sa mère lui avait donné, pour se guider dans le noir. Elle marcha simplement, la mâchoire serrée, en repensant à l'issue de sa réunion, en essayant de ne pas sentir une fois de plus l'humiliation quotidienne de ne pas avoir de pouvoirs magiques. « Cracmol » était à la fois le mot le plus laid et le plus fascinant qu'il lui ait été donné d'entendre - si ses parents lui avaient expliqué, encore et encore, que ce n'était qu'un fruit du hasard, que le gène magique dominait même sur le gêne moldu mais qu'il y avait parfois des ratés sans que l'on se l'explique, que ce n'était pas de sa faute, etc, Ethel cherchait dans chacun de ses actes, chaque jour, la réponse à ce problème donné : pourquoi elle ? Pourquoi eux ? Pourquoi pas son frère, Donan ? Pourquoi la génétique agissait-elle ainsi, de manière aléatoire et irrationnelle ? Quand elle était rentrée chez elle, dans le grand manoir confortable et prospère des Greengrass, elle avait fait le moins de bruit possible pour ne réveiller personne et s'était couchée sans plus attendre, les pieds douloureux, écrasée de fatigue. Elle avait dormi d'un sommeil lourd, sans rêves. Elle n'en faisait jamais.

Le lendemain, elle s'était levée tôt : Hayden passait la journée avec elle, comme prévu. Rien de tel pour lui changer les idées et, lorsqu'elle s'habilla, elle se réjouit de le voir - Hayden exerçait un pouvoir étrange sur elle, il lui donnait envie de sourire et d'arrêter de penser, d'être malheureuse - tout en ne pouvant pas s'ôter de l'esprit tout ce qu'elle avait entendu hier, au Ministère. En sortant, d'ailleurs, elle avait écrit à son cousin pour lui demander de venir la voir dès qu'il le pourrait.

Devant son immense miroir elle ajusta sa jupe crème et son chemisier rose pâle, donna un coup de brosse dans ses cheveux bruns. Elle sourit à son reflet et l'image qu'elle aperçut lui apparut monstrueusement triste et fade. Laide. Elle avait l'air vieille, songea-t-elle tout d'un coup, en dépit de son apparence juvénile et de ses 36 ans. Vieille, décrépie, usée. Inutile. C'était bien ce qu'on lui avait fait entendre, la veille. Sur le bureau, il y avait ses dossiers qui, refusés, lui avaient été rendus. Non : pas d'éducation à Poudlard pour les Cracmols ; non : pas d'accès aux même choses que tout le monde et pas de retrait du terme qui les distinguaient ; non, non, non... Les demandes étaient nombreuses - les refus aussi. Rien ne voulait être fait en amont pour améliorer le sort des Cracmols, et Ethel, pour la première fois, se sentait acculée dans une impasse. Elle qui en avait fait le combat de sa vie et qui s'acharnait pour la cause chaque jour qui était avait perdu, en quelques jours, toute volonté et toute combattivité. Et cet étrange état avait un goût amer, presque acide, comme un venin. Elle n'avait aucune idée de comment elle allait annoncer tout cela, dans deux jours, à la réunion des Cracmols d'Écosse, qu'elle présidait. Un an de travail et de projets réduits à néant. Un an à recommencer, encore. Un an supplémentaire qui n'avait servi à rien.

Aujourd'hui, le manoir était vide : son père était en déplacement pour son travail, sa mère à une visite de courtoisie chez des cousins lointains dans le Yorkshire, son frère au travail, sûrement. Il n'y avait que les domestiques qui, ça et là, agitaient leurs baguettes magiques pour récurer un couloir ou rafraîchir un tableau, tandis qu'Ethel faisait son possible pour éviter de les croiser, eux et leur fichue baguette magique. Un jour, quand elle était petite, elle avait volé la baguette toute neuve de son grand frère pour s'entraîner toute seule dans sa chambre car elle avait cru qu'avec beaucoup d'entraînement, elle y arriverait forcément. Elle avait répété les gestes, les mots, inlassablement. Plus son échec était probant et plus sa frustration grossissait ; elle avait fini par taper sur le sol avec la baguette, sous le coup de la rage, la cassant en deux. Le bois, qui avait cédé, laissait pendre lamentablement le morceau de ventricule de dragon qui reliait encore les deux extrémités. Ethel s'était alors mise à pleurer, consciente de sa bêtise, mais consciente surtout de l'inutilité de ses efforts : elle n'aurait jamais de pouvoirs. Elle ne serait jamais comme les autres. Alertée par le bruit, sa préceptrice, une sorcière grosse et constamment renfrognée qui n'avait d'yeux que pour son frère, était entrée dans la chambre. Comprenant en un instant ce qui s'était passé, elle avait pris Ethel par le bras en la secouant durement avant de récupérer la baguette brisée, et elle lui avait dit : « Une vilaine fille comme toi ne peut avoir que ce qu'elle mérite ! ». Avant de partir porter la baguette à son maître, elle avait pincé fort le bras d'Ethel, lui donnant une nouvelle occasion de pleurer. Ses parents ne l'avaient pas punie d'avantage ; ils comprenaient. Mais ils ne pouvaient rien changer. Son frère lui avait fait des grimaces pendant tout le dîner, pour se moquer, parce qu'il adorait se moquer d'elle et parce qu'il était bien content de retourner sur le Chemin de Traverse pour avoir une nouvelle baguette et probablement de nouveaux cadeaux, pour sa toute prochaine rentrée à Poudlard.

Quand Hayden arriva, Ethel ne réussit pourtant pas à se laisser distraire ; ils burent le thé dans le salon en se tenant au courant des dernières nouvelles mais elle ne pouvait penser qu'aux dossiers sur son bureau barrés d'un « REFUSÉ » cinglant, elle ne pouvait que se rappeler de la dureté des mots d'hier et du visage fermé des sorciers qui s'entretenaient avec elle. Elle était lasse. Et elle avait envie que Bartholomew arrive au plus vite, car il était toujours celui vers qui elle se tournait quand elle n'avait pas de réponse ou qu'elle se sentait perdue, impuissante. Son cousin avait toujours eu cette étincelle d'esprit particulière qui le différenciait des autres et fascinait Ethel, bien plus que ses pouvoirs magiques et ses grandes capacités intellectuelles.

Semblant entendre sa prière, on sonna à la porte ; elle tourna vivement la tête vers l'origine du son et reconnut la voix de son cousin. Elle sauta sur ses pieds pour aller à son approche.


- Ethel, dit-il avant de l'embrasser. Quel plaisir de te revoir…

Elle ne répondit rien et le serra dans ses bras, enroulés autour de ses épaules, alors qu'elle s'était hissée sur la pointe des pieds. Puis ils rejoignirent Hayden. Elle ne mesura même pas ce qu'il se passait entre les deux hommes, toute à ses préoccupations.

- J’ai vu qu’il y avait déjà des roses sur la façade... Elles me semblent d’une banalité triste pour quelqu’un de ta mesure, ma chère cousine.

- C'est la nouvelle lubie de Maman, tu la connais, balaya-t-elle d'un revers de main, gênée du compliment. Si elle adulait son cousin, il lui était toujours étrange de constater qu'il avait l'air de bien lui rendre. Pourquoi donc ?

- Je suis venu dès que j’ai reçu ta lettre. De quoi voulais-tu donc me parler ?

Il s'était assis. Se rasseyant à son tour, bien droite et pimpante dans ses habits de jeune fille de bonne famille, elle se sentit tout d'un coup ragaillardi par la présence très utile de son cousin et, sous le regard interrogateur d'Hayden, elle se lança alors dans ses explications :

- La réunion d'hier, au Ministère, était une catastrophe. Ils ne veulent rien entendre. Ils refusent de considérer la présence d'enfants Cracmols à Poudlard, ils refusent toute alliance avec mon association, ils refusent toutes nos demandes, ils refusent tout dialogue, je... Sa voix avait vibré de colère et de chagrin à la fois. Je ne sais plus quoi faire, ça fait des années que j'entreprends de faire bouger les choses en commençant par l'administration, ça fait des années que j'explique à qui veut bien l'entendre qu'il faut changer les mentalités par l'éducation, que c'est la seule façon de faire évoluer les choses, de faire évoluer notre situation... Ça fait des années qu'on me renvoie dans mon camp, je suis habituée, mais cette fois... Je ne sais pas, je crois que c'est la fois de trop, conclut-elle d'un ton étrangement monocorde. J'en ai assez. J'ai envie de...

Elle hésita, regardant ses doigts aux ongles rosés et brillants. Elle étudia son bracelet de petites perles vertes comme si elles étaient tout d'un coup la chose la plus captivante de la pièce. Oserait-elle ?...

- ... j'ai envie de frapper plus fort, et j'en ai assez de suivre les méthodes officielles. Elles ne fonctionneront jamais, pour nous en tout cas. Mais nous allons avoir besoin de ton aide, Bartholomew. Qu'est-ce que tu en penses ?

Relevant la tête, elle semblait tout d'un coup avoir récupéré toute son énergie et toute sa superbe.

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Hayden Selwyn
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MessageSujet: Re: But he who dares not grasp the thorn should never crave the rose. (E. / H.)   Sam 28 Mai - 19:21

Il ne faisait pas très beau aujourd'hui. Le ciel était gris et maussade, lourd et l'air en devenait moite. Je détestais cette météo, on ne pouvait pas faire un geste sans ensuite transpirer comme un bœuf, j'avais toujours l'impression d'être collant, d'être sale beurk. Mais cela ne m'empêchait pas de flâner – enfin pardon, de travailler. J'étais assis sur un banc d'Hyde Park, une clope au bec. J'attendais un compte-rendu très important. Pour ne pas me jeter de fleurs, je dirais que je bosses à mon compte et que ce sont d'autres personnes qui bossent pour moi. Bon, je n'étais clairement pas fleuriste et je ne traînais pas forcément dans des affaires toujours très claires. Mais cette vie obscure me convenait, puisque j'avais toujours dans l'obscurité de quelqu'un d'autre.

Et notamment de mon frère. Mon frère qui était sorcier, tout comme notre père. Et non, le gêne sorcier ne bénéficiait pas à tous les mâles de la famille Selwyn ! Manqué, je n'avais rien eu. Heureusement que ma mère avait toujours fait en sorte que je ne sois pas défavorisé par rapport à Dexter mais, c'était un fait: dépourvu de pouvoirs, je serais toujours en moins bonne position que lui. Pas d'école de sorcier, pas de hiboux ni de balais volant, j'avais un chien et un vélo. Une voiture maintenant mais le résultat était le même. Par contre, si mes relations avec notre mère étaient au beau fixe, elles avaient toujours été beaucoup plus conflictuelles avec papa. Inconsciemment, je sentais qu'il était déçu que je ne sois pas non plus sorcier et je lui enviais sa relation privilégiée avec Dexter. Il n'y pouvait rien je le savais bien, mais la rancune était pourtant là et je vous passe les détails de mon adolescence qui fut pour le moins assez orageuse. Alors après des études dans une école et une fac plutôt huppée – papa et maman avaient de l'argent – je pris le large pendant un an, je voulais prendre l'air, explorer le monde. Nous avions de la famille un peu partout en Europe alors j'avais tracé mon petit bonhomme de chemin entre plusieurs pays et noué des relations plus ou moins recommandables. Disons qu'on apprend beaucoup de choses à bosser dans des bars ou des hôtels.

J'avais appris que j'étais loin d'être le seul à nourrir une rancoeur envers les sorciers. Alors dès que l'un deux se plaignaient d'être un peu harcelé, malmené par des sorciers trop méprisants, nous agissions. Ce n'était jamais bien méchant, juste histoire de leur faire peur pour qu'ils ne recommencent plus. Du genre, les prendre en sandwich dans une allée du Chemin de Traverse, se rendre sur leur lieu de travail donc souvent au Ministère, foutre un peu la pagaille dans leur maison et leur mettre un bon coup de pression pour qu'ils cessent cette espèce d'oppression. Nous n'allions jamais plus loin : j'étais jaloux mais je n'avais pas les mêmes opinions que les Sang-Pur extrémistes. Ce que je souhaitais, c'était un monde où nous autres, les Cracmols (bon sang, qu'est-ce que je détestais ce mot) et sorciers pourrions vivre sur un pied d'égalité. Certains d'entre nous vivaient dans une famille entière de sorciers et pourtant, ils ne pouvaient même pas bénéficier d'une scolarité à Poudlard, ni d'aucun avantage et je trouvais ça scandaleux qu'aucune place ou presque ne nous soit accordée !

Alors j'étais rentré à Londres avec mon petit business, j'en avais parlé à mes parents qui n'y avaient pas trop cru. Surtout mon père. Ma mère avait été un peu plus enthousiaste même si je savais qu'elle y avait mis les formes pour ne pas trop me vexer. Je ne leur avait pas trop parlé du coup où, bon sur un malentendu, un mec de mon équipe avait fait exploser le bureau d'un sorcier au Ministère. Il n'y avait eu aucun blessé fort heureusement mais je l'avais viré sans préavis, ce n'était pas dans nos habitudes. On faisait peur mais jamais de mal, si l'on voulait obtenir un jour ce que nous voulions. Et puis c'est à cette période que je rencontrait Ethel. Qui était exactement dans la même situation que moi et qui voulait elle aussi nous accorder plus de droits. Alors si au début nous bossions l'un avec l'autre, de fil en aiguille les choses avaient évolué et nous étions désormais ensemble. Et notre couple me faisait parfois penser à ceux des films, où la fille de bonne famille bien élevée s'entiche du bad boy de service au commerce peu recommandable. Mais bon, ma bonne naissance m'avait permis de faire plutôt bonne impression auprès de sa famille, qui connaissait la mienne de nom. Une bonne chose de faite.

Je devais la voir d'ailleurs, juste après que mon compte-rendu soit arrivé. Il se pointait justement. Notre prochaine cible était un sorcier de bonne famille, qui travaillait depuis peu au Ministère et qui faisait plus ou moins vivre un enfer à sa sœur, pourtant plus âgée, la méprisant même en public, lui hurlant dessus... Enfin bref, tout ce dont j'avais horreur. Mais pour l'heure, nous devions en apprendre plus sur lui, sur ses habitudes, son comportement pour ensuite décider ce que nous lui ferions. Mais ce ne serait pas pour aujourd'hui puisque juste après, je m'empressais de rejoindre Ethel qui m'attendait au manoir de ses parents. Cependant, je ne saurais dire pourquoi, mais je la trouvais ailleurs, presque triste. Pourtant je fis tout ce qui était en mon pouvoir pour lui changer les idées et voir sur son visage ce si beau sourire qu'elle arborait fièrement et qui faisait pétiller ses beaux yeux sombres. Ethel avait l'air tracassée et malheureusement pour moi, sa tête changea un peu quand son cousin, Bartholomew vint au manoir.

Lui était sorcier et je ne le détestait pas pour ça mais surtout pour la façon qu'il avait de regarder Ethel : bordel c'est sa cousine ! Et je trouvais à chaque fois son regard trop caressant sur elle, sa voix trop langoureuse comme s'il voulait l'emballer à la fin de chaque phrase. Et c'est pour ça que, dès que je le pouvais, je lui rappelais d'une manière ou d'une autre que je pouvais faire des choses à sa cousine que les mœurs et la loi lui interdisaient. Bon, je restais dans les limites de la décence hein mais dès que je pouvais poser ma main sur la sienne, l'enlacer ou l'embrasser furtivement, je ne m'en privais pas. Bartholomew était quand même un drôle de personnage, je n'arrivais pas encore vraiment à le cerner et je dois avouer qu'à mon avis, il n'était pas non plus hyper clean. Ses yeux étaient trop clairs pour être parfaitement honnêtes.


- Ethel, quel plaisir de te revoir…J’ai vu qu’il y avait déjà des roses sur la façade... Elles me semblent d’une banalité triste pour quelqu’un de ta mesure, ma chère cousine.

Gnagnagna et blabla quel plaisir de te revoir. Il me donnait la gerbe. D'ailleurs, il ne m'accorda pas un regard alors que je fumais tranquillement dans un fauteuil près de la table basse. Et que je te parle des fleurs, bordel mais quel beau parleur ! Je savais bien qu'à ses yeux, je n'étais qu'un moins que rien mais s'il savait ce que je pensais de lui...

- Je suis venu dès que j’ai reçu ta lettre. De quoi voulais-tu donc me parler ?

A mon avis, Ethel avait une bonne raison d'appeler son cousin et je me doutais qu'elle voulait nous parler à tous les deux de quelque chose d'assez important.

- La réunion d'hier, au Ministère, était une catastrophe. Ils ne veulent rien entendre. Ils refusent de considérer la présence d'enfants Cracmols à Poudlard, ils refusent toute alliance avec mon association, ils refusent toutes nos demandes, ils refusent tout dialogue, je... Je ne sais plus quoi faire, ça fait des années que j'entreprends de faire bouger les choses en commençant par l'administration, ça fait des années que j'explique à qui veut bien l'entendre qu'il faut changer les mentalités par l'éducation, que c'est la seule façon de faire évoluer les choses, de faire évoluer notre situation... Ça fait des années qu'on me renvoie dans mon camp, je suis habituée, mais cette fois... Je ne sais pas, je crois que c'est la fois de trop, J'en ai assez. J'ai envie de...

C'était donc pour ça qu'elle n'était pas bien hier ! Je comprenais mieux désormais. Je la toisais d'un regard compréhensif, espérant ne pas me faire voler la vedette par Bartholomew.

- ... j'ai envie de frapper plus fort, et j'en ai assez de suivre les méthodes officielles. Elles ne fonctionneront jamais, pour nous en tout cas. Mais nous allons avoir besoin de ton aide, Bartholomew. Qu'est-ce que tu en penses ?

Quelque chose se froissa dans mon corps quand je l'entendis prononcer le prénom de son cousin. J'avais l'impression de ne plus être là, qu'ils faisaient leur petite vie à deux sans me prendre en compte et je détestais ça. Surtout que je me disais que si Ethel m'avais fait rester, c'est qu'il y avait bien une raison. C'est pour cette raison que je pris les devants, espérant bien couper l'herbe sous le pied de Bartholomew.

- Et tu comptes faire quoi ? Aller devant le Ministère et leur foutre un coup de pression ? D'un air détaché, je tirais sur ma clope et pris un malin plaisir à recracher la fumée en direction de Bartholomew avec un sourire insolent non dissimulé. Si c'est ça, je peux en parler avec mes gars et voir ce qu'on peut faire.

Et si au passage, on pouvait se passer de son cousin bizarre, ça m'arrangerait bien. Mais là-dessus, je ne me faisais pas trop d'idées. Au pire du pire, je trouverais bien un moyen pour l'amocher un peu, il était bien trop propre sur lui.

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Bartholomew Greengrass
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MessageSujet: Re: But he who dares not grasp the thorn should never crave the rose. (E. / H.)   Mar 28 Juin - 20:47

Bartholomew eut un bref sourire à l'évocation de la mère d'Ethel, sa tante, et ses lubies, toujours plus risibles les unes que les autres. Pourquoi n'avait-elle jamais voulu voir sa fille et ses intérêts comme sa lubie, afin de la défendre au mieux, il ne l'avait jamais compris mais lui en avait toujours tenu rigueur. Mais qu'importe, les gens qui évoluaient autour d'eux n'étaient pas réellement opaques, plutôt des ombres dont la teneur changeait au gré des besoins. Mais Ethel ne le voyait pas comme ça, il en était conscience, elle était beaucoup plus noble - ou faible ? - sur ce point-là. C’était peut-être aussi ça qui avait toujours fasciné Bartholomew chez sa cousine. Alors qu’il méprisait la fugacité et l’instabilité des émotions humaines, celles d’Ethel lui paraissaient si pures, si inatteignables, l’élégance de son physique glissait jusqu’à son caractère, digne des plus grandes âmes, celles qui avaient quelque chose de mystérieux et de beau, mais d’intouchable aussi. Ah, si seulement elle avait su tout le pouvoir qu’elle renfermait, ce pouvoir qui n’était pas magique et pourtant ! Si seulement le monde lui avait donné la scène dont elle avait besoin pour s’exprimer. Mais le monde l’avait mise dans une case – ou plutôt une cage.

Ce monde-là était une limite. Bartholomew l’avait toujours senti. Ses rêves de grandeurs, tout comme ceux d’Ethel, avaient besoin d’être libéré et exprimé sans barrière. Les gens normaux, comme ce stupide Selwyn, ne comprenaient pas les grandes causes, les sacrifices qu’elles demandaient, la beauté de la recherche et du savoir. Ils étaient trop occupés par leurs petites vies misérables et pitoyables, à leurs occupations et leurs argents, à tout ce qui était superficiel et brillant. Mais ce qui comptait pourtant, c’était ce qu’il avait derrière, ce que l’on ne pouvait qu’entrapercevoir, ce qu’il fallait creuser pour trouver. Les gens n’avaient plus la patience aujourd’hui, de voir cela, de le rechercher. La subtilité semblait disparaître petit à petit de ce monde de paraître qui voulait tout, tout de suite. Bartholomew lança un coup d’œil à Selwyn, renforçant son exaspération latente. Il fumait, et l’odeur emplissait la pièce, désagréable et lourde. Bartholomew détestait la cigarette, ce vice humain témoin des faiblesses de l’âme, et il n’était pas étonné de voir une telle habitude chez un homme aussi commun qu’Hayden.

Mais il n’avait pas le temps de s’attarder sur lui. Il avait plus important et captivant dans cette pièce, et il se laissa pendre aux lèvres de sa chère cousine dont la voix ferme et mélodieuse animait en lui des étincelles.


- La réunion d'hier, au Ministère, était une catastrophe. Ils ne veulent rien entendre. Ils refusent de considérer la présence d'enfants Cracmols à Poudlard, ils refusent toute alliance avec mon association, ils refusent toutes nos demandes, ils refusent tout dialogue, je... Je ne sais plus quoi faire, ça fait des années que j'entreprends de faire bouger les choses en commençant par l'administration, ça fait des années que j'explique à qui veut bien l'entendre qu'il faut changer les mentalités par l'éducation, que c'est la seule façon de faire évoluer les choses, de faire évoluer notre situation... Ça fait des années qu'on me renvoie dans mon camp, je suis habituée, mais cette fois... Je ne sais pas, je crois que c'est la fois de trop, J'en ai assez. J'ai envie de...

Le jeune homme hocha la tête, le regard perçant, les sourcils légèrement plissés. Depuis des années que cela durait, cela en était presque risible si ça n’avait pas été aussi important pour Ethel et donc pour lui-même. La force dans la voix de sa cousine l’intriguait et excitait son intérêt, car il sentait bien qu’elle avait quelque chose en tête. Ferait-elle enfin preuve de l’audace dont elle était capable ?

- ... j'ai envie de frapper plus fort, et j'en ai assez de suivre les méthodes officielles. Elles ne fonctionneront jamais, pour nous en tout cas. Mais nous allons avoir besoin de ton aide, Bartholomew. Qu'est-ce que tu en penses ?

Frapper plus fort… Assez de suivre les méthodes officielles… ! Le corps de Bartholomew se tendit de plaisir, et tout concentré qu’il était, il avait basculé légèrement en avant, vers Ethel, les yeux brillant du même feu que les siens. Bien sûr, ses premiers mots avaient excité sa curiosité, mais la suite avait réveillé autre chose : Ethel avait besoin de son aide. Et s’il se fichait bien de servir quelqu’un d’autre que sa propre personne, sa cousine était différente, et surtout dans un tel contexte ! Elle lui laissait la chance d’enfin explorer des sentiers inconnus, elle acceptait qu’il s’allie à sa cause ! Il l’avait toujours soutenu bien sûr, mais les combats politiques ne l’intéressaient pas, Ethel le savait très bien, il ne pouvait pas aller au Ministère l’aider… Mais cette fois-ci, c’était plus profond, plus intriguant… Plus dangereux aussi. L’adrénaline s’était mise à couler doucement et à se répandre délicieusement.

- Et tu comptes faire quoi ? Aller devant le Ministère et leur foutre un coup de pression ? Si c'est ça, je peux en parler avec mes gars et voir ce qu'on peut faire.

Bien sûr, il fallait que quelqu’un s’immisce dans la discussion. Ethel avait pourtant bien mentionné son prénom, et non celui de Selwyn, qui au passage se croyait malin avec sa cigarette. Bartholomew toussa légèrement, l’acre de la fumée lui brûlant le nez désagréablement. Il sortit sa baguette, et d’un coup de poignet léger mais précis, il fit disparaître la cigarette d’entre les doigts de son adversaire, pris à son piège.

- Cela me dérange, dit-il d’un ton cassant. Quant à tes gars, – il appuya le mot avec tout le mépris qu’il savait avoir – si tu penses vraiment que ça va faire peur au Ministère… Il eut un petit rire dédaigneux, avant de se tourner vers Ethel. Il va falloir faire preuve de beaucoup plus de subtilité, tout en frappant fort, pour reprendre tes mots. Tu sais que les voies politiques ne m’intéressent pas, mais que je serais ravi d’aider ta cause d’une autre façon, puisque tu t’y es enfin résolue... Il lui fit un sourire. Je t’ai déjà parlé de mes recherches, sur la magie et sa puissance, et j’ai beaucoup réfléchi… Je pense qu’en établissant l’origine de la magie dans l’ADN humain, il serait possible de mieux la comprendre, voire la contrôler... Bien sûr, mes recherches sont encore peu avancées, j’ai peu de… Matériel, pour ainsi dire. Peut-être que mes recherches et ta cause pourraient s’allier, tout en faisant peur au Ministère, leur faire prendre conscience de ta détermination. Leur point faible est probablement Poudlard, ils sont très concernés par la sécurité des enfants sorciers depuis l’attaque des Mangemorts. Je pourrais conduire quelques… Expériences, sur les élèves. Mais c’est également très sécurisé, concéda-t-il. Il se redressa, plongeant ses yeux glacés dans ceux brulant d’Ethel, espérant que la malice dont il se sentait animé allait se propager jusqu’à sa cousine.

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Ethel Greengrass
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MessageSujet: Re: But he who dares not grasp the thorn should never crave the rose. (E. / H.)   Dim 3 Juil - 18:23


Hayden ne plaisait pas à tout le monde, et Ethel en était assez consciente, mais elle n'en avait que faire. À vrai dire, sa vie était sa vie ; il y avait déjà peu de choses qu'elle pouvait contrôler ou changer, alors si elle faisait des choix personnels qui ne plaisaient pas forcément à son entourage, c'était tant pis pour eux. Elle savait très bien que ses parents ou son frère n'appréciaient pas spécialement le jeune homme - non pas qu'ils ne l'invitaient jamais ou n'étaient pas aimables avec lui, heureusement -, ils le trouvaient probablement « décevant » ou pas « à la hauteur », mais à ce genre de remarque Ethel répondait toujours la même chose : « Mais, à la hauteur de quoi ? ». C'était bien dos de tenir ce discours quand elle, continuellement, quotidiennement, de son côté, subissait toute sortes de petites humiliations qui lui rappelaient que non, absolument pas, elle n'était pas à la hauteur du reste de la société, qu'elle n'était pas une sorcière à proprement parler et que sa place n'était donc pas à la même hauteur que les autres. Tout cela, ils ne pouvaient pas le comprendre. Hayden avait le mérite d'être entier et de s'assumer, et s'il pouvait agacer par sa façon d'être ou ses manières, elle aimait chez lui cette manière de voir le monde comme si tout était simple, tout était possible.

- Et tu comptes faire quoi ? Aller devant le Ministère et leur foutre un coup de pression ? Si c'est ça, je peux en parler avec mes gars et voir ce qu'on peut faire.

Comme elle est était très concentrée et toute à son discours, les mots de Hayden l'interrompirent un instant et lui arrachèrent un regard attendri, et de remerciement : voilà. Peu importe ce qu'il disait, quand il parlait, elle avait l'impression qu'elle pouvait avoir la foi à nouveau. Mais il se passa alors quelque chose qui assombrit l'expression de son visage : son cousin, qui faisait partie des gens qui n'aimaient pas spécialement Hayden, avait décidé que la fumée de cigarette l'incommodait et que donc la cigarette elle-même devait disparaître - il s'aida de sa baguette magique, évidemment, et l'objet de cette discorde silencieuse disparut dans les airs.

Vexée, pour Hayden comme pour elle, Ethel lança un regard de reproche à Bartholomew, qui ne parut pas s'en offusquer.

Il avait toujours eu ce côté je-m'en-foutiste, et si c'était une qualité qu'elle appréciait énormément chez lui et qui faisait sûrement l'une de ses principales forces, c'était également un défaut très désagréable quand il s'exprimait ainsi. Ethel se sentit mal à l'aise tout d'un coup, parce qu'elle ne voulait pas que la tension monte entre les deux hommes - comment allaient-ils ensuite pouvoir travailler ensemble ?! - et aussi parce que les démonstrations de magie de ce type, qui plaçaient ceux qui ne la possédait pas à un niveau de soumission, remuaient une fois de plus le couteau dans leurs plaies causées par l'injustice. Les lèvres crispées, elle changea de position dans son fauteuil, adoptant sans le savoir une position beaucoup plus guindée, fermée.


- Cela me dérange. Quant à tes gars, si tu penses vraiment que ça va faire peur au Ministère… Il va falloir faire preuve de beaucoup plus de subtilité, tout en frappant fort, pour reprendre tes mots. Tu sais que les voies politiques ne m’intéressent pas, mais que je serais ravi d’aider ta cause d’une autre façon, puisque tu t’y es enfin résolue... Je t’ai déjà parlé de mes recherches, sur la magie et sa puissance, et j’ai beaucoup réfléchi… Je pense qu’en établissant l’origine de la magie dans l’ADN humain, il serait possible de mieux la comprendre, voire la contrôler... Bien sûr, mes recherches sont encore peu avancées, j’ai peu de… Matériel, pour ainsi dire. Peut-être que mes recherches et ta cause pourraient s’allier, tout en faisant peur au Ministère, leur faire prendre conscience de ta détermination. Leur point faible est probablement Poudlard, ils sont très concernés par la sécurité des enfants sorciers depuis l’attaque des Mangemorts. Je pourrais conduire quelques… Expériences, sur les élèves. Mais c’est également très sécurisé.

Il était en tout cas sacrément beau-parleur et Ethel ne pouvait pas se mentir : quelques phrases bien placées de lui et elle y croyait à nouveau, et elle l'admirait à tout nouveau, et toute sa colère précédente fondait comme neige au soleil. Elle ignorait comment cela était possible, mais dès qu'elle exposait un problème ou une question à son cousin et dès qu'il lui fournissait sa réponse, elle constatait combien il avait de connaissances et de réflexion, et comment il avait une extraordinaire façon d'appréhender le monde et sa complexité, comme si tout cela n'avait presque plus de secrets pour lui. Nerveusement, elle se mit à triturer le tissu de sa jupe, passionnée par ce qu'elle avait entendu - ses pensées à couraient à toute allure. Sur son bureau, les dossiers barrés d'un REFUSÉ rouge semblaient s'estomper un peu ; et si Bartholomew avait raison ? Et si la solution à tout cela était celle de la force, solution qu'elle avait toujours négligée par réelle défiance ? Le côté scientifique de la chose serait sans appel : une preuve, une affirmation. Il pourrait faire frémir aussi... Oui, mais il fallait une équipe entière, de quoi pouvoir travailler, étudier la chose... De quoi pouvoir la comprendre, la tester...

Après s'être accordée suffisamment de réflexion, dans le silence qui planait sur le salon décoré avec goût des Greengrass, elle reprit la parole. Si toute trace de malaise avait disparu, elle souhaitait tout de même, par égard pour Hayden, rappeler à son cousin que son manque de délicatesse n'était pas forcément appréciable :


-Laisse-le donc fumer si il veut, la pièce est assez grande, voyons, et elle eut un petit geste de la main pour indiquer que ce n'était pas grand chose, et un petit sourire à l'égard de son cousin. Il n'allait pas lui en vouloir, n'est-ce pas ? Elle détestait cette idée ; quand ils étaient petits dès qu'elle comprenait qu'il pouvait potentiellement lui en vouloir, elle devenait si déprimée qu'il ne lui résistait jamais bien longtemps. Et puis, les hommes de Hayden nous seront toujours d'un très bon secours, quoi qu'on décide de faire, il ne faut pas les négliger. Oui, reprit-elle plus fébrilement, je me souviens très bien de tes recherches et de leurs avancées, tu crois que tu pourrais te pencher sur cet aspect-là particulièrement ?!

Elle se tut un instant - ce qui allait suivre serait décisif, et elle ne devait pas prendre cette décision à la légère. Oui ? Non ? Oui ?... Non ?... C'était tentant, si tentant, après toutes ces années de combat dans le vide !... C'était peut-être une mauvaise idée, aussi, mais après tout... N'était-elle pas prête à tout essayer ? N'était-elle pas prête, depuis le début, au fond, à utiliser ce genre de méthodes ?

- Je... Je crois qu'autour de moi, dans l'association et avec toutes les personnes que je côtoie tous les jours, il y a énormément de personnes qui ont marre, vraiment marre, et seraient prêtes à pousser le combat un peu plus loin... Je crois que je suis prête aussi. Elle jeta un coup d'oeil à Hayden puis à Bartholomew, les joues toutes rosies d'excitation. Je crois que si on monte un plan suffisamment costaud et qu'on a l'appui de tes recherches, on pourra constituer un groupe consistant et prêt à nous soutenir... Poudlard me semble une bonne idée, et puis, tu m'avais parlé de l'importance de l'âge également, n'est-ce pas ? Que la magie est plus facile à étudier quand elle est fragile, et donc chez les sorciers les plus jeunes ?

Son coeur battait d'une excitation singulière et elle avait l'impression que le bout de ses doigts était parcouru par une multitude de fourmis.

- Qu'en penses-tu, Hayden ?

Il fallait que tout le monde suive - malgré les différends, elle avait besoin de l'un comme de l'autre.  

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MessageSujet: Re: But he who dares not grasp the thorn should never crave the rose. (E. / H.)   Mer 28 Sep - 18:08

J'avais toujours pensé que Bartholomew était infiniment frustré d'être le cousin d'Ethel. Juste le cousin. Il avait une place injuste : moins qu'un frère mais plus qu'un meilleur ami, il avait le cul entre deux chaises. Et quand ses yeux clairs se posaient de manière trop insistante sur Ethel, je ne pouvais m'empêcher de feuler intérieurement, dégoûté de ce qu'il pouvait imaginer et prêt à bondir s'il allait trop loin. A mon avis, il serait prêt à vendre père et mère (si ce n'était déjà fait) pour abandonner ce statut de cousin et se ruer sur Ethel. D'un autre côté, j'aimais bien le fait qu'il puisse s'imaginer Ethel dans certaines situations intimes dirons-nous. Parce que c'est avec moi qu'elle les passait et non avec lui. Et cela devait le rendre malade de jalousie. J'en venais presque à souhaiter qu'il nous surprenne dans un tel moment d'intimité pour le voir fulminer et rongé par la jalousie. Nous voir, les corps chauds et en sueur, mes lèvres sur la peau délicate d'Ethel, la respiration saccadée et hachée par nos soupirs, les frissons que je lui prodiguais, quand elle murmurait mon prénom et en redemandait... Je voulais presqu'il entrevoit tout ça, rien que pour lui montrer que ce n'était pas son prénom mais bel et bien le mien qu'elle criait lors de l'extase.

Cette concurrence était certes stupide puisque je savais bien qu'Ethel ne me préférerait pas son cousin mais j'avais juste besoin qu'il reste à sa place et qu'il comprenne qu'elle ne se trouvait pas dans notre couple, ni juste devant la porte de notre chambre, l'oeil collé à la serrure.

La seule chose que je lui jalousais c'était sa magie. Qu'il s'empressa de me rappeler en faisant disparaître ma cigarette d'un coup de baguette. Mon corps tout entier se raidit et je serrais le poing et la mâchoire pour contenir ma colère. C'aurait été quelqu'un que j'appréciais, je n'aurais pas réagi de la sorte mais là, que ce soit Greengrass qui me fasse ça ne passait décidément pas. Je me retins parce que nous étions des adultes et surtout parce qu'Ethel était là. Je savais qu'indéniablement, il avait un avantage mais s'il recommençait, cela ne m'empêcherait pas de lui foutre mon poing dans sa sale face de prétentieux.


- Cela me dérange. Quant à tes gars, si tu penses vraiment que ça va faire peur au Ministère… Il va falloir faire preuve de beaucoup plus de subtilité, tout en frappant fort, pour reprendre tes mots. Tu sais que les voies politiques ne m’intéressent pas, mais que je serais ravi d’aider ta cause d’une autre façon, puisque tu t’y es enfin résolue... Je t’ai déjà parlé de mes recherches, sur la magie et sa puissance, et j’ai beaucoup réfléchi… Je pense qu’en établissant l’origine de la magie dans l’ADN humain, il serait possible de mieux la comprendre, voire la contrôler... Bien sûr, mes recherches sont encore peu avancées, j’ai peu de… Matériel, pour ainsi dire. Peut-être que mes recherches et ta cause pourraient s’allier, tout en faisant peur au Ministère, leur faire prendre conscience de ta détermination. Leur point faible est probablement Poudlard, ils sont très concernés par la sécurité des enfants sorciers depuis l’attaque des Mangemorts. Je pourrais conduire quelques… Expériences, sur les élèves. Mais c’est également très sécurisé.

Faisant mine de ne rien écouter, j'allais m'appuyer contre la cheminée centrale. A vrai dire, je n'avais pas vraiment confiance dans ses paroles. Qu'est-ce qu'il entendait par « expérience » ? Loin de moi l'idée de me défiler et de laisser tranquilles les sorciers qui nous rabaissaient plus bas que terre mais je ne tenais pas non plus à devenir un tortionnaire, encore moins sur des enfants ; sachant que pour la plupart, ils ne font que reproduire le comportement de leurs parents.

-Laisse-le donc fumer si il veut, la pièce est assez grande, voyons. Et puis, les hommes de Hayden nous seront toujours d'un très bon secours, quoi qu'on décide de faire, il ne faut pas les négliger. Oui, je me souviens très bien de tes recherches et de leurs avancées, tu crois que tu pourrais te pencher sur cet aspect-là particulièrement ?!

En tant que mec, je pourrais ne pas apprécier cette prise de position de ma copine, qui prenait ma défense mais là, c'était un peu différent. Je savais pertinemment que Bartholomew passait tout à Ethel et ne saurait jamais la contredire, de peur qu'elle se détourne de lui. Alors, désormais j'allais pouvoir fumer tranquillement sans que Monsieur vienne m'éteindre mes clopes. Puis la référence à mes gars enfonça un peu plus le clou et lui prouva que non, je n'étais pas aussi inutile qu'il le pensait.

Par pure insolence, je repris une clope dans mon paquet et dans un geste délicat et subtil, je lui envoyais un doigt d'honneur tout en allumant mon briquet, sans qu'Ethel ne le remarque. Cette clope m'apparut dès lors bien meilleure que la première, par le simple fait que je pouvais déguster tout en voyant la mine agacée de Greengrass, sans qu'il puisse faire quoi que ce soit.


- Je... Je crois qu'autour de moi, dans l'association et avec toutes les personnes que je côtoie tous les jours, il y a énormément de personnes qui ont marre, vraiment marre, et seraient prêtes à pousser le combat un peu plus loin... Je crois que je suis prête aussi. Je crois que si on monte un plan suffisamment costaud et qu'on a l'appui de tes recherches, on pourra constituer un groupe consistant et prêt à nous soutenir... Poudlard me semble une bonne idée, et puis, tu m'avais parlé de l'importance de l'âge également, n'est-ce pas ? Que la magie est plus facile à étudier quand elle est fragile, et donc chez les sorciers les plus jeunes ?

Ethel commençait à s'animer. Je commençais à retrouver celle que j'aimais. Toujours persuadée qu'il existait une solution à tout et qui ne se résignerait jamais, pas même sur son lit de mort. Elle explorerait toutes les solutions possibles et inimaginables, parcourrait le monde s'il le fallait car elle aurait toujours au fond d'elle cet espoir selon lequel nous et les sorciers pouvions vivre sur un pied d'égalité, où nous ne saurions pas de vulgaires Cracmols, enfants de sorciers aux gènes maudits. Jamais elle ne baissait les bras et si de temps en temps, comme hier, elle avait un coup de mou, elle envisageait la chose d'un nouvel angle et remontait en selle, partie mener un nouveau combat.

- Qu'en penses-tu, Hayden ?

Perdu en contemplation, je clignais des yeux pour me ramener à la réalité. Tirant une taffe avant de parler, je me redressais et allais me positionner juste derrière le fauteuil qu'occupait Ethel, les bras croisés sur le dossier.

- J'en pense que ce n'est pas une mauvaise idée. Ce qui m'inquiète un peu plus, c'est de savoir ce que ton cousin entend par « expériences ». Qu'on utilise de jeunes sorciers pourquoi pas, mais je ne veux pas que Bartholomew les charcute pour son bon plaisir. Je veux la révolution et l'égalité, pas une boucherie innommable.

J'avais en tête des images bien trop atroces qui dataient d'un demi-siècle. Mon père avait perdu ses grands-parents dans les camps de l'horreur, ainsi que son oncle et sa tante. Autant vous dire que je me sentais un peu concerné et qu'il était par conséquent hors de question que l'on recommence sur des enfants. Je refuserais alors d'y prendre part, quand bien même cela signifiait que je m'asseyais sur mes principes.

- En tout cas, je pense qu'on pourra toujours loger dans la Forêt Interdite pour être plus proches des élèves. Si on se met assez loin de l'orée de la forêt, on ne devrait pas être trop dérangés.

Je m'avançais vers Ethel, pour me placer à ses côtés et lui saisit la main.

- Ethel, tu sais bien que ce tu veux, je le veux aussi. Je lui déposais un baiser sur ses cheveux soyeux.

J'avais bien conscience que cette révolution était la nôtre et je ne voulais qu'une chose : qu'elle aboutisse.

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Bartholomew Greengrass
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MessageSujet: Re: But he who dares not grasp the thorn should never crave the rose. (E. / H.)   Dim 9 Oct - 17:54

Lancer un sortilège devant Ethel manquait forcément d’égard, mais dans son empressement de ridiculiser Hayden, Bartholomew n’avait pas pris le temps de réfléchir. Il détestait pourtant perdre le contrôle de ses émotions, et le regard de sa cousine confirma ce qu’il craignait – elle lui reprochait ce geste. Voilà pourquoi Bartholomew détestait le nouvel petit-ami de sa cousine, lui et sa médiocrité qui l’influençait Bartholomew à comporter comme lui, à être agressif et brusque, des émotions pourtant primaires et indignes de quelqu’un qui valorisait l’esprit avant tout. Hayden ne savait pas réfléchir, cela se voyait, il était beaucoup trop physique et c’était probablement ce qui devait plaire à Ethel, qui avait de toute évidence besoin d’une présence. Elle avait sûrement aussi des désirs, comme tous les humains qui avaient la faiblesse d’écouteur l’animal en eux, et Hayden devait satisfaire ses envies stupides. Bartholomew n’avait jamais compris l’importance que les hommes semblaient attacher non seulement à l’amour, mais aussi au sexe, comme si cela était vital. Mais en sens, il préférait que la présence d’Hayden soit purement physique, car il savait que les désirs allaient et venaient, mais la connexion émotionnelle et intellectuelle qu’il partageait avec sa cousine était quelque chose de beaucoup plus rare – Hayden ne la connaitrait jamais. Ce genre de lien indestructible n’arrivait que très rarement, par la rencontre de deux esprits parfaitement liables et en harmonie, et si cela restait la plus grande faiblesse de Bartholomew, il savait que c’était également l’une de ses forces. Un seul regard d’Ethel suffisait à le lui rappeler.

-Laisse-le donc fumer si il veut, la pièce est assez grande, voyons. Et puis, les hommes de Hayden nous seront toujours d'un très bon secours, quoi qu'on décide de faire, il ne faut pas les négliger. Oui, je me souviens très bien de tes recherches et de leurs avancées, tu crois que tu pourrais te pencher sur cet aspect-là particulièrement ?!

Elle défendait son amant, ce qui eut le don d’agacé prodigieusement Bartholomew, mais comme elle lui souriait, ses lèvres se soulevèrent très légèrement. Il n’avait pas le temps de s’énerver, et encore moins l’envie qu’Hayden cause une discorde entre lui et sa cousine à laquelle il tenait tant. Hayden avait peut-être gagné la bataille, mais Bartholomew savait que la victoire finale était sienne, car Ethel l’aurait choisi sans ciller, il le savait, et son prétendu petit-ami le savait lui aussi, ce qui expliquait bien l’agressivité qu’il avait du mal à contenir. Il se sentait menacé, comme un vulgaire animal qui sentait sa femelle lui échapper. Il pouvait bien montrer les crocs, de toute manière, il n’impressionnait pas Bartholomew. Hayden alluma une nouvelle cigarette en soutenant son regard, et en faisant très clairement un doigt d’honneur qui se voulait discret – Ethel, transportée par sa fougue, n’avait rien remarqué – et Bartholomew se contenta d’hausser un sourcil. Cet imbécile se croyait intelligent, mais il n’en était qu’encore plus pitoyable. Mais par respect pour sa cousine, Bartholomew saurait se tenir. Mais à l’extérieur, il aura suffi d’un coup de baguette pour le neutraliser. Il n’aimait pas la violence ou devoir se débarrasser de quelqu’un, mais pour Hayden, il aurait joyeusement fait une exception.

- Je... Je crois qu'autour de moi, dans l'association et avec toutes les personnes que je côtoie tous les jours, il y a énormément de personnes qui ont marre, vraiment marre, et seraient prêtes à pousser le combat un peu plus loin... Je crois que je suis prête aussi. Je crois que si on monte un plan suffisamment costaud et qu'on a l'appui de tes recherches, on pourra constituer un groupe consistant et prêt à nous soutenir... Poudlard me semble une bonne idée, et puis, tu m'avais parlé de l'importance de l'âge également, n'est-ce pas ? Que la magie est plus facile à étudier quand elle est fragile, et donc chez les sorciers les plus jeunes ?
- En effet,
répondit Bartholomew avec un sourire entendu. Il serait plus facile de mener des expériences sur des jeunes élèves, et si tu penses connaître d’autres personnes de confiance, cela pourrait nous être utile.

L’intensité dans les yeux de sa cousine l’enflammait en retour, il avait envie de continuer à parler, à exposer ses théories et ses plans – elle était la seule à pouvoir comprendre ! Il sentait dans l’air la force de leur lien, et combien ils étaient sur la même longueur d’onde, pour des raisons différentes mais qui les ramenaient toujours l’un à l’autre !


- Qu'en penses-tu, Hayden ?

Bartholomew pinça presque ses lèvres, mais retint son tic à temps. Il avait oublié l’existence d’Hayden, et son avis lui important d’ailleurs bien peu. Il s’était levé et avait rejoint Ethel, ce qui acheva d’agacer Bartholomew. Il n’avait pas besoin de marquer son territoire ainsi, comme un vulgaire animal.

- J'en pense que ce n'est pas une mauvaise idée. Ce qui m'inquiète un peu plus, c'est de savoir ce que ton cousin entend par « expériences ». Qu'on utilise de jeunes sorciers pourquoi pas, mais je ne veux pas que Bartholomew les charcute pour son bon plaisir. Je veux la révolution et l'égalité, pas une boucherie innommable.
- Cela étonnera peut-être un homme aussi physique et impulsif que toi, mais je n’ai personnellement aucun besoin de violence. Je pourrais l’expliquer à tes gars et toi, à l’occasion, mais nous avons des choses plus importantes à discuter, tu ne penses pas ?


Bartholomew lui fit un sourire faux, et reporta son attention sur sa cousine. Comment pouvait-elle s’enticher d’un tel abruti ?

- En tout cas, je pense qu'on pourra toujours loger dans la Forêt Interdite pour être plus proches des élèves. Si on se met assez loin de l'orée de la forêt, on ne devrait pas être trop dérangés. Ethel, tu sais bien que ce tu veux, je le veux aussi.

Il déposa un baiser sur les beaux cheveux soyeux d’Ethel, et Bartholomew sentit quelque chose piquer son estomac. Il détestait les démonstrations publiques d’affection, et celle-ci le gênait encore plus – son instinct possessif envers sa cousine se démultipliait. Ses mains se crispèrent légèrement sur ses genoux, mais il décida de ne rien laisser paraître. Hayden en aurait été que trop heureux.

- Je pourrais créer des protections magiques pour être dissimulés au mieux dans la forêt. Poudlard est très difficile d’accès, et très bien protégé, mais mes années là-bas m’ont aidé à en connaître les secrets. Il regardait intensément Ethel, choisissant avec précaution ses mots puisqu’il parlait de magie. Tu peux avoir confiance en moi pour aider ta cause, j’y suis rallié entièrement… Depuis toujours, glissa-t-il, faisant référence à la jeunesse qu’il avait passé ensemble où Bartholomew avait essayé d’aider sa cousine à développer de la magie, puis lorsqu’ils avaient abandonné, à la faire accéder le mieux possible aux connaissances de ce monde qui la rejetait. Tu sais bien que tu es la seule envers qui je suis loyal.

Il lança un petit regard en coin à Hayden, comme pour signifier que sa loyauté ne s’étendrait pas jusqu’à lui, au contraire. La méfiance était de rigueur, contrebalançant la confiance sans borne que Bartholomew avait pour sa cousine – la confiance et l’affection.


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Ethel Greengrass
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MessageSujet: Re: But he who dares not grasp the thorn should never crave the rose. (E. / H.)   Jeu 24 Nov - 18:28


Peut-être qu’elle aurait pu, quelque part, s’inquiéter  de cette rivalité omniprésente entre es deux hommes qui lui donnait l’impression qu’ils auraient pu se jeter l’un sur l’autre pour un duel au corps à corps. Mais Ethel était trop dans son monde et dans ses causes hélas désespérées, qui ne lui laissaient d’ailleurs pas un instant de répit. Le pire, en un sens, était ses parents : cette façon qu’ils avaient de s’intéresser par politesse, quand elle leur parlait de son association, ses rendez-vous. Cette façon que sa mère avait de hocher la mère d’un air encourageant, comme on fait à une enfant – oui, ma chérie, c’est bien, continue. Mais cette sensation horrible de savor pertinemment qu’ils n’en pensaient pas moins, ni l’un ni l’autre, qu’ils soutenaient les actions de leur fille sans y croire un seul instant, qu’ils la voyaient se battre contre des moulins en toute connaissance de cause. Pourquoi auraient-ils été autrement ? Ils étaient sorciers, eux, ils n’avaient pas ce problème – dans leur monde on vivait sans se poser des questions et les Cracmols étaient bien intégrés. On n’y voyait pas plus loin.

Heureusement, autour d’elle, on voyait plus loin. On mettait toute son énergie, toute sa vie à essayer de se projeter un pas en avant. Sans quoi, on suffoquait. Ethel baissa un instant le regard vers ses mains, jointes devant elle, qui se tortillaient un peu. Elle faisait cela, souvent, quand elle était un peu anxieuse, quand elle attendait dans un fauteuil du ministère que l’on vienne la chercher pour son rendez-vous et qu’autour d’elle l’agitation magique tourbillonnait dans tous les sens : des lettres volaient au-dessus des têtes, des objets sifflaient un peu partout, des gens transportaient des charges étranges, ou portaient des habits loufoques. Alors elle regardait ses mains, toutes petites, aux ongles brillants et recouverts d’un vernis nacré, elle respirait entre ses dents, ses muscles se contractaient et elle se disait que ses mains étaient inutiles, depuis toujours, ridicule, elle se disait qu’elle n’était pas à sa place et toutes ces affirmations transformaient son malaise en rage, en haine, en volonté de vaincre et de gagner, de se battre pour cette place qui leur avait été retirée sans raison. Lorsqu’elle releva les yeux après un court instant, ce fut pour regarder Hayden qui avait l’air de plus en plus concerné par la discussion – sur son front se dessinaient ces petits plis qu’il avait lorsqu’il était très concentré. Ethel sentit son cœur se réchauffer un peu plus : tant qu’il était là, de son côté, elle savait qu’elle aurait encore la force de puiser en elle de quoi ne jamais baisser les bras.


- J'en pense que ce n'est pas une mauvaise idée. Ce qui m'inquiète un peu plus, c'est de savoir ce que ton cousin entend par « expériences ». Qu'on utilise de jeunes sorciers pourquoi pas, mais je ne veux pas que Bartholomew les charcute pour son bon plaisir. Je veux la révolution et l'égalité, pas une boucherie innommable.


Malgré les palpitations de son cœur, Ethel essayait de garder la tête froide : il avait raison, il na fallait pas de débordements, pas de sang, pas trop d’interdits malgré les chemins détournés qu’ils empruntaient. Elle regarda son cousin qui, elle le connaissait trop bien, contenait toute son aversion pour cet homme que sa cousine lui imposait. Elle plissa les lèvres, embêtée ; mais quelque chose vibrait dans ce que soulevait Hayden… Oui, Bartholomew était capable du pire ; elle en était intimement persuadée, sans être très certaine de vouloir assumer ce qu’elle avançait.

- Cela étonnera peut-être un homme aussi physique et impulsif que toi, mais je n’ai personnellement aucun besoin de violence. Je pourrais l’expliquer à tes gars et toi, à l’occasion, mais nous avons des choses plus importantes à discuter, tu ne penses pas ? rétorqua-t-il sans plus attendre.

Ethel se raidit tout de suite ; il lui fallait tempérer, comme toujours.


- Hayden a raison, tu ne crois pas ? fit-elle doucement. Nous devons aussi penser à protéger nos arrières, je ne tiens pas à finir à Azkaban, et vous non plus.

Il continua, et après avoir proposé la Forêt Interdite, ce qu’elle trouva judicieux (quelque part au fond d’elle frémissait la petite enfant qui regretterait pour toujours de n’avoir jamais pu aller à Poudlard, ils seraient si près, plus près que jamais !), se leva et vint l’embrasser. Elle posa la main sur son torse et, croisant son regard, lui sourit : comment faisait-il pour lui procurer ainsi une telle sensation de sécurité ? Même si elle était un peu gênée des démonstrations en public, elle jugea que celle-ci n’était pas trop grave non plus. Quelque chose de grand était en train de se construire, et ils ne s’en rendaient sans doute même pas vraiment compte.


- Je pourrais créer des protections magiques pour être dissimulés au mieux dans la forêt. Poudlard est très difficile d’accès, et très bien protégé, mais mes années là-bas m’ont aidé à en connaître les secrets. Tu peux avoir confiance en moi pour aider ta cause, j’y suis rallié entièrement… Depuis toujours. Tu sais bien que tu es la seule envers qui je suis loyal.

Le regard de son cousin lui donna l’impression que sa motivation venait de brûler encore plus fort – assez ! Ils en avaient assez, ex qui se battaient depuis tant de temps, et depuis des générations. Combien d’enfants avaient souffert du manque de magie ? Combien d’adultes menaient une existence honteuse et minable, coupés de tout, incapables de se trouver une utilité ? Elle avait tant travaillé sur le sujet, elle savait tout des marginaux à travers les siècles et de toutes les histoires sordides qui s’y rattachaient : abandon, maltraitance, etc. Ça n’était plus possible. Pourquoi les sorciers refusaient-ils si catégoriquement d’aider cette minorité qui ne demandait qu’à se rendre utile, qui ne voulait qu’un morceau d’égalité ?

- Oui, je sais, mon cousin, dit-elle fiévreusement, transcendée un peu plus à chaque minute. Elle se détacha d’Hayden pour aller vers la petite table où étaient posés des dossiers. Et tu es en plus l’aide la plus précieuse, avec tes pouvoirs. Elle lui sourit. Comment aurait-elle pu faire sans lui, depuis toujours ? Elle ouvrit un dossier et regarda toute une foule de noms – ceux rattachés à son association, à leurs batailles. Je vois tant de gens là-dedans qui nous seraient utiles… Je sais qu’ils nous suivraient tous… Il faut que je les informe de manière assez discrète. Et toi, Hayden, pareil de ton côté. Combien de temps ça te prendrait, un tel campement, à construire ? Et surtout… Toi qui connais Poudlard… Est-ce que tu penses qu’il serait possible d’en approcher sans être vus… De réussir ?

Les recherches de son cousin la fascinaient et l'effrayaient à la fois - elle lui paraissait obscures, au fond, malgré ce qu'il lui en disait. Mais elle y croyait et voulait y croire - est-ce que lui y croyait autant ? Elle savait qu'elle avait besoin de son soutien absolu pour se lancer dans une entreprise d'une telle envergure.

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MessageSujet: Re: But he who dares not grasp the thorn should never crave the rose. (E. / H.)   Sam 21 Jan - 19:12

Je détestais Bartholomew. Au moins autant que lui me détestait. Et ce n'était pas nouveau. Les hostilités avaient commencé dès notre première rencontre. Au fond de lui, je savais pertinemment qu'il était fou de jalousie que je puisse faire des choses avec Ethel que lui ne pouvait pas. Mais inversement, j'étais jaloux de lui et de sa magie – enfin surtout de sa magie. C'était réellement la seule chose que je lui enviais : je ne préférais pas son statut de cousin d'Ethel (pour les choses vues précédemment) et encore moins son caractère général si je puis dire. Il m'apparaissait fourbe et j'étais bien déterminé à toujours m'en méfier. Je ne savais pas de quoi il était capable mais j'étais sûr d'une chose : non du meilleur, il était certainement capable du pire. Je ne sais pas si je partageais ce point de vue avec Ethel mais je pense qu'au fond d'elle, elle devait émettre les mêmes doutes. Je ne savais pas non plus quelle était la réaction d'Ethel par rapport à la guéguerre que Bartholomew et moi nous nous livrions ; si elle passait au-dessus comme une personne mature qu'elle était ou si cela l'affectait un peu, de voir les deux hommes qu'elle aimait s'envoyer des piques à longueur de temps.

Selon moi, Bartholomew était le genre de personne à qui on ne peut jamais réellement faire confiance. Telle une anguille, on ne devait jamais vraiment réussir à le cerner et j'avoue que ses yeux bleu gris étaient pour moi trop clairs pour être honnêtes. En comparaison, ceux d'Ethel étaient noirs, profonds et au final à la fois doux et mystérieux : la douceur n'était pas seule dans ces prunelles sombres, il y avait quelque chose d'autre et c'est ça en premier qui m'a attiré chez elle. Et puis j'avais chaviré devant ses convictions, sa détermination (puis son corps, son visage aux traits fins, ses longs cheveux soyeux et doux, son rire – ah son rire – ses dents, ses lèvres tendres et fines). Jamais elle ne baissait les bras, même quand c'était difficile. Elle pouvait avoir des coups de blues, comme aujourd'hui, mais toujours elle relevait la tête et recommençait à vouloir se battre pour ses opinions et surtout, son souhait d'égalité.

J'étais un mec fier, qui avait du mal à accepter l'échec ou qu'on le rabaisse alors, même si c'était contraire aux principes des mecs, je ne pus que me réjouir de voir Ethel prendre la défense de mes opinions et ne pas tout passer à Bartholomew. Cela devait certainement signifier qu'elle se méfiait des agissements de son cousin et cela me rassurait, car j'avoue que je ne lui laisserais pas mon gosse à celui-là. J'aurais tendance à dire que Bartholomew devait se laisser porter là où le vent l'emmène, peu importe les intérêts des autres, tant que cela servait les siens. Le seul moment où il faisait exception à cette règle, c'était lorsqu'Ethel intervenait et entrait en compte. Il était capable de tout lui passer, j'en était intimement persuadé. Mais pour elle, je craignais qu'il puisse être capable d'atrocités sans nom et ça, j'étais clairement contre. Même s'ils étaient sorciers, nous avions l'intention de nous en prendre à des enfants, pas à des adultes qui nous avaient craché dessus. De l'intimidation oui ; de la torture, non. Mes yeux n'étaient pas aussi clairs que ceux de Bartholomew pour laisser place à autant de fourberie.


- Cela étonnera peut-être un homme aussi physique et impulsif que toi, mais je n’ai personnellement aucun besoin de violence. Je pourrais l’expliquer à tes gars et toi, à l’occasion, mais nous avons des choses plus importantes à discuter, tu ne penses pas ?

Je tiquais à ces mots : je ne sais pas pourquoi, cela sonnait faux dans sa bouche. Peut-être n'aurait-il rien fait mais avec lui, je me méfiais absolument de tout. On l'aurait retrouvé découpant le corps d'un enfant de douze ans, il aurait pu aisément rétorquer que c'était pour ses recherches et que ce n'était aucunement de la violence. Mais je pris le parti de ne rien répondre et préférai tirer une latte sur ma cigarette et de recracher la fumée vers le plafond.

- Hayden a raison, tu ne crois pas ? Nous devons aussi penser à protéger nos arrières, je ne tiens pas à finir à Azkaban, et vous non plus.

Qu'elle est merveilleuse ! Je la remerciais vivement intérieurement car je savais que le mot d'Azkaban, prononcé par la bouche de sa cousine chérie, résonnerait autrement plus chez Bartholomew que si je le lui avait expliqué pendant six heures.

D'ailleurs, le nom de cette – tristement – célèbre prison me provoqua un frisson. Bien entendu j'en avais entendu parler, comme tout le monde et les légendes qui couraient sur Azkaban n'étaient pas de nature à laisser de marbre. J'avoue n'avoir aucune mais alors absolument aucune envie de vivre dans un de ses cachots et de rouler une pelle à un Détraqueur. Je me contentais très bien des baisers d'Ethel. Comme celui qu'elle me donna juste après. Chaque fois j'avais l'impression de l'embrasser pour la première fois, chaque baiser étant nouveau, jamais le même. Ajouté à l'orgueil que Bartholomew assiste à cela, impuissant devant sa cousine qui ne lui appartenait que par un lien familial.


- Je pourrais créer des protections magiques pour être dissimulés au mieux dans la forêt. Poudlard est très difficile d’accès, et très bien protégé, mais mes années là-bas m’ont aidé à en connaître les secrets. Tu peux avoir confiance en moi pour aider ta cause, j’y suis rallié entièrement… Depuis toujours. Tu sais bien que tu es la seule envers qui je suis loyal.

Et gnagnagna et gnagnagna.

J'étais plutôt – étrangement – d'accord avec son idée de protection magique mais cela me saoulait tellement quand, lorsqu'il annonçait une bonne nouvelle, il ne le faisait qu'au nom d'Ethel, m'ignorant complètement. Enfin, j'aurais certainement fait pareil. Et pour lui montrer que moi aussi j'étais loyal envers Ethel, je resserrais mon étreinte autour de sa taille et l'approchait de moi.

Par contre, une question surgit dans mon esprit : comment allions-nous nous rendre dans la Forêt Interdite sans être repérés si justement il y avait autant de protections autour de Poudlard ? Mince, il allait falloir que je m'adresse à l'autre trou d'uc mais bon, je crois que nous étions partis pour bosser ensemble pendant un petit moment donc autant faire en sorte que ce soit le moins désagréable pour nous deux. Ah beurk, j'avais envie de vomir.


- Mais justement, tu pourras nous faire entrer sans qu'on se fasse choper ?

Je détestais cette idée d'avoir à remettre ma personne entre les mains de Bartholomew Greengrass mais bon, je n'avais pas le choix. En fait, j'étais sûr qu'il ne toucherait jamais à un cheveu d'Ethel, mais pour les miens, rien n'était moins sûr.

- Et puis j'imagine qu'il faudra trouver un moyen d'attraper les gosses... J'imagine qu'entrer dans Poudlard c'est impossible. Il faudrait les attirer à nous, non ?

Je me pinçais le menton entre le pouce et l'index (il allait falloir que je me rase bientôt, je sais qu'Ethel n'aimait pas trop ma barbe naissante sur sa peau douce). Il allait d'ailleurs falloir que j'arrête de trop penser à ça, cela m'excitait bien trop...

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But he who dares not grasp the thorn should never crave the rose. (E. / H.)
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