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If you get a second chance : take it ! - L. E.

 

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 If you get a second chance : take it ! - L. E.

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Dean Rosebury
Employé à Sainte Mangouste



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Particularités: J'essaye de ne pas en avoir, justement, et de rattraper du mieux que je peux tous mes écarts d'avant...
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Âme soeur: Shannon, ma fiancée !

MessageSujet: If you get a second chance : take it ! - L. E.   Jeu 5 Mai - 15:27

J’aurais cru que la sensation serait vertigineuse – tout plaquer, tout changer, tout rompre, surprendre, bouleverser la donne. Je ne savais que trop bien ce qu’il se passait quand je n’en faisais qu’à ma tête, comme c’était le cas quand j’étais plus jeune et que j’avais récolté toutes les punitions possibles et imaginables, à Poudlard comme à la maison. Mais c’était tout autre chose, au contraire : une fois l’ouragan passé, j’étais extraordinairement serein. Et étrangement focalisé sur un seul et même but… But qui avait de bien trop jolis yeux pour que je puisse l’oublier une seule seconde.

J’étais en train de m’habiller – costume de rigueur pour une réception de ce genre, d’un gris glacé, chemise blanche et cravate bleu foncé tirant sur le gris anthracite – mais mon regard se perdit une fois de plus par-delà l’immense baie vitrée. J’avais dégoté une occasion en or : je ne voulais pour l’instant pas mettre trop d’argent dans mon logement et j’avais tenu à ne pas demander à ma mère et mon beau-père. J’avais donc quitté le centre ville de Londres, où nous habitions avec Shannon car elle y tenait, pour aller vers la périphérie. Dans un quartier proche d’un immense parc et rempli de grandes maisons victoriennes avec un certain charme, j’avais trouvé une location parfaite et peu chère : le premier et dernier étage d’une grande maison pour moi tout seul, avec une baie vitrée incroyable qui courait de la chambre au salon et qui donnait une vue imprenable sur le par cet, derrière, la Tamise, changeant de couleurs tous les jours selon le temps qu’il faisait. Cette vue nouvelle et dégagée était fraîche et je m’en lassais pas ; j’avais l’impression qu’elle m’apportait un peu plus de sérénité chaque jour. Ce n’était pas un quartier sorcier, mais heureusement le parc offrait assez de cachettes pour pouvoir transplaner tranquillement. Le déménagement s’était passé vite et bien, si vite et si bien que j’en étais encore, parfois, un peu surpris. Au travail, rien n’avait changé non plus – la charge était toujours la même, conséquente, mais j’aimais plutôt ça – et finalement je contemplais les quelques semaines derrière moi avec un sentiment plutôt tranquille.

C’était comme si ma fiancée avait vu cela venir – peut-être avant moi. Quand j’avais lancé le sujet, de but en blanc, quand j’avais déballé tout ce que j’avais sur le cœur, calmement mais inexorablement, Shannon n’avait pas eu la réaction étendue. Je l’avais imaginée beaucoup plus en colère, beaucoup plus virulente, beaucoup plus démonstrative dans ses larmes aussi. Mais elle s’était drapée dans une dignité toute nouvelle et avait déclaré « qu’elle s’y attendait » avant de me rappeler sournoisement « qu’elle me laissait le soin de l’annoncer à ma famille », avec un sourire en coin. Elle n’était pas idiote : elle avait bien compris que j’avais repoussé la chose pour cette raison. Quand elle avait emmené le sujet, brusquement, sur un quelqu’un d’autre possible et, je le savais, elle ne manquerait pas de parler de Lilian car elle avait senti quelque chose, je lui avais coupé l’herbe sous le pied en lui déclarant que je n’étais avec personne, que je ne l’avais pas trompé, et que le reste me regardait. Inutile de tout lui dire non plus… Et puis elle avait commencé à s’affairer un peu partout, à regrouper ses affaires puis à les défaire, à remuer du vent, puis qu’elle avait pleuré et j’avais tenté de la consoler. Le lendemain, elle était froide comme la glace, et malgré une nouvelle discussion, je l’avais sentie lointaine et très amère à mon sujet. C’était logique, bien sûr, mais j’avais la certitude qu’elle avait plus pris sur elle qu’il ne l’aurait fallu. Et puis, la machine s’était enclenchée. J’avais fait mes valises – l’appartement était à sa famille, et c’était de toute façon à moi de le quitter. En le quittant pour de bon, j’avais eu un léger pincement au cœur, plus d’appréhension que de tristesse : et maintenant ?...

Les réactions dans ma famille, ma sœur mise à part (elle avait compris, elle le savait depuis un bout de temps, elle était heureuse pour moi que j’ai fait le pas), elles, furent exactement comme je les avais envisagées : désagréables et difficiles. Ma mère s’était mise dans tout ses états et mon beau-père m’avait regardé comme si j’avais commis un crime de lèse-majesté, avant de ne plus beaucoup me parler et de me proposer une chambre du bout des lèvres. Hors de question : j’allais m’installer, le temps de trouver quelque chose, chez un de mes meilleurs potes. En passant d’une pièce à l’autre, j’avais entendu mon beau-père dire à ma mère qu’il en avait « assez des crises d’adolescence de son fils », si bien que je n’avais pas traîné d’avantage chez eux. Le reste, ensuite, s’était bien enchaîné, et j’avais même rendu une visite de courtoisie aux Johnson pour m’excuser.

Enfin, j’étais libre !

A Sainte-Mangouste je ne l’avais pas crié sur les toits, non seulement parce je ne voulais pas que Lilian croit que je le disais pour la récupérer, mais aussi parce que je ne savais pas trop comment amener le sujet. Il n’y avait que ma collègue et amie, Lola, qui était au courant, ainsi qu’une autre interne qui malheureusement nous avait entendu en parler entre deux couloirs et avait donc décidé de me jeter le grappin dessus, ce que j’essayais d’éviter le plus cordialement possible.

Au début, j’avais bien dormi, comme si tout cela avait été si fatiguant que j’avais des heures de sommeil à récupérer, et ensuite : impossible de dormir. Je tournai en rond dans mon lit, ou je restai immobile à regarder le plafond et à me demander : comment faire ? Comment m’y prendre ? Croiser Lilian tous les jours et lui parler, car nous étions redevenus amis, comme si de rien n’était, me rendait fou et j’avais l’impression que le temps jouait contre moi et qu’elle ne tarderait pas à rencontrer quelqu’un et à ne plus m’apprécier, alors que depuis que je n’étais plus fiancé je ne me visualisais pas autrement qu’avec elle. Hmm… Sa magie avait un peu trop bien opéré, malheureusement, et j’avais l’impression qu’elle me faisait définitivement perdre la tête pour de bon.

Ce soir était la première fois où j’allais pouvoir la côtoyer en dehors du travail, même si c’était encore une fête de charité de l’hôpital, dans un hôtel sorcier particulier immense, avec un grand jardin privé. J’étais anxieux, évidemment. Anxieux de réussir à lui plaire assez, anxieux d’aller trop vite ou pas assez, et surtout anxieux car il fallait que je lui dise que je n’étais plus avec Shannon, et que je ne voulais pas que ça sonne comme une invitation pure et simple. Elle avait besoin de plus de subtilité et j’avais surtout trop de casseroles à mon actif pour ne pas être délicat. Comme j’étais prêt, je quittai la maison et partis dans le parc pour transplaner. Arrivé là-bas, un peu après l’heure d’ouverture, je gagnai l’hôtel privé et constatai que la fête battait déjà son plein, et que tous les convives en belle tenue grignotaient, buvaient et discutaient dans tous les coins. Un buffet était dressé au milieu et coupait l’immense pièce en deux ambiances distinctes : d’un côté le salon de cocktail, de l’autre une piste de danse à l’ambiance plus tamisée longée par un bar. Je ne mis pas beaucoup de temps à la repérer : ses longs cheveux, sa silhouette, sa robe rouge moulante qui la mettait évidemment en valeur. Elle discutait avec deux Médicomages au milieu de la salle, les charmant de son beau sourire naturel, et le temps que je descende les marches et que j’hésite quant à la conduite à adopter, elle avait avancé vers le bar. Je l’y rejoignis et m’accoudai à côté d’elle.


- Salut Lilian !

Quand je croisai son regard étincelant, je sentis mon cœur se contracter une énième fois. Il faisait chaud, dans cette salle, non ?!

- J’adore ta robe, tu es très élégante, dis-je l’air de rien, puis je hélai le serveur qui prit nos commandes, et je réglai l’addition. Son parfum venait déjà me chatouiller les narines et je la maudis pour sentir si bon. A nous ! dis-je quand les verres volèrent jusqu’à nous. Et à notre succès, évidemment.

Je parlais de carrière, bien sûr ; même si le double sens était là. Je lui souris après que nous ayons trinqué et j’eus la subite impression que tous les regards masculins de la salle étaient braqués sur elle et que j’entrais dans un combat titanesque. Pris d’un élan de mâle dominant, je me rapprochai d’elle, bien décidé à ne pas la laisser partir.

- Tu ne crois quand même pas que tu vas réussir à ne pas danser avec moi ! la taquinai-je alors, bien moins assuré que je ne le paraissais.

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Lilian Easter
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Localisation : Dans le lit avec Iron Man. Et tu es prié(e) de dégager, on n'aime pas les plans à 3. (A part si tu t'appelles Jack Sparrow, que tu as du rhum et de la pâte à crêpes...) Quoi? C'est quoi cet air choqué, vous êtes toujours puceau ou quoi? Question suivante !
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Particularités: Yeux plus beaux, tu meurs ! LA Sirène de Poudlard, je suis belle à mourir.
Ami(e)s: Vous voyez mon dressing ? Tous mes amis sont dedans. Je parle de mes fringues et de mes chaussures. Non les vrais amis, c'est une autre histoire.
Âme soeur: Iron Man, Thor, Captain America… Je ne donne que dans les super héros parce qu'ils savent m'envoyer au septième ciel. Oui, vous voyez tous ce que je veux dire.

MessageSujet: Re: If you get a second chance : take it ! - L. E.   Lun 9 Mai - 10:55


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En arrivant au gala de charité et quand bien même elle était accompagnée de ses parents, Lilian sut qu'elle allait passer une bonne, une très bonne soirée. Elle était habituée à ce genre de soirée, elle avait grandi parmi les robes de grands couturiers, les parures indécemment belles et chères, les costumes trois pièces, sous les lustres en cristal et non loin des flûtes de champagne. Toute sa famille américaine était friande de ces galas et en organisait un à chaque fois que Kevin et toute sa famille Easter-Schoonmaker posait le pied sur le nouveau continent. Un seul avait presque tout loupé : Felton et maintenant, il redécouvrait cet environnement qui avait été le sien un temps. Les cinq jolis cœurs de Lilian se firent une joie de l'accueillir de nouveau, se disant peut-être que s'ils parvenaient à se mettre le frère aîné dans la poche, tout serait plus simple pour conquérir la belle héritière. La célèbre et riche famille Schoonmaker lui avait fait un triomphe lors de son retour et la réception fut somptueuse.

Alors, quand une partie des Easter-Schoonmaker fit son entrée dans l'hôtel particulier, bien évidemment tous les yeux se retournèrent vers eux. Il faut dire que la tenue de Lilian ne manquait pas d'attirer le regard. Vêtue d'une magnifique robe rouge qui épousait parfaitement ses courbes harmonieuses sans en faire trop, à épaulettes et qui lui arrivait un peu au-dessus du genou (initialement, elle s'arrêtait mi-mollet mais la Splendide l'avait retouchée, elle n'avait pas encore l'âge de porter des robes aussi longues), Lilian était la passion, la séduction et le désir incarnés. Kevin était un grand ami, sinon le meilleur, du renommé Médicomage Grant qui s'empressa de venir à leur rencontre. Lilian fit comme si elle ne voyait pas toute la gent masculine tournée vers elle et s'avança, aux côtés de sa mère, vers le meilleur ami de son père. Et pourtant, la dauphine de ce royaume savait pertinemment que tous la regardaient, envieux et fascinés. Car il n'y avait pas que le peuple de Sainte-Mangouste qui était réuni ici ce soir, d'autres personnalités au portefeuille conséquent avaient également été conviées ; dont faisait partie son père. Mais lui et sa mère ne resteraient pas toute la soirée car ils avaient – ironie du sort – un autre gala de charité mais cette fois-ci, pour l'hôpital que sa mère venait de réintégrer après plus de vingt années d'absence. Par conséquent, elle se devait d'y être présente. Et puis, tous deux savaient très bien que leur merveilleuse fille se débrouillerait très bien toute seule et qu'au pire des cas, Adam Grant ne serait pas loin.

Lilian était dans son élément, il n'y avait aucune raison pour que cela se passe mal. Tout ne pouvait que très bien se dérouler. Durant leur conversation avec Grant, la Sirène daignait adresser des oeillades magnifiques et langoureuses à certaines proies éventuelles, de son air empli de majesté avant de détourner son regard de braise et d'écouter attentivement la conversation. Elle regrettait toutefois l'absence de Felton, qui se reposait à la maison après son accident. Grant était optimiste, d'ici quelques jours, il serait sur pied mais il devait absolument en faire le moins possible pour encore quelques temps. Elle aurait adoré le présenter à Dean, dans d'autres circonstances que celles d'un accident qui aurait pu être mortel. D'ailleurs, elle ne le voyait pas. Étonnement, elle était arrivée en avance étant donné qu'elle était arrivée avec ses parents qui ne pouvaient se permettre d'arriver trop tard puisqu'ils étaient attendus par la suite. Après avoir salué d'autres connaissances, presque aussi riches qu'eux – n'oubliez pas l'absence de modestie propre à tout membre de la famille Easter – Kevin et Carmen embrassèrent Lilian et s'en allèrent. A peine fut-elle seule que Lilian fut assaillie par deux Médicomages qu'elle connaissait vaguement. Ils ne lui plaisaient pas particulièrement mais armée comme elle était ce soir, ses yeux bleus incroyablement mis en valeur par le diadème de la frange lisse couleur de bronze, sa bouche tendre, sa robe rouge, ils ne seraient pas longs à lui tomber dans les bras. En prédatrice expérimentée, elle papillonnait de temps à autres, de ses longs cils allongés davantage et presque scandaleusement par l'unique mascara qui les rehaussait et elle décelait bien les premiers signes de faiblesse de ses deux proies. Et quand elle souhaitait en rajouter, elle secouait légèrement sa tête d'ange afin de faire jouer ses longueurs dorées sur sa poitrine pour éventuellement, les hypnotiser et leur rappeler que la robe ne dévoilait rien et qu'elle n'était pas comme le commun des filles que ces deux-là avaient l'habitude de côtoyer.

Et puis, en déployant sa gorge au détour d'un rire, elle aperçut enfin Dean qui descendait les escaliers dans un très élégant costume anthracite qui soulignait à la perfection la couleur de son teint et l'émeraude claire de ses yeux. Comme des films à l'eau de rose, dès lors que Lilian vit Dean, le reste de la soirée et les deux jeunes hommes avec qui elle parlait, disparurent complètement. Plus rien ne comptait à part Dean.


- J’adore ta robe, tu es très élégante.

Alors qu'elle garda son self-contrôle et qu'elle adressa un charmant sourire de remerciement à Dean, Lilian ne put empêcher ses yeux de briller de joie et d'une étincelle qu'elle ne tenait pas à trop montrer à Dean. Surtout, un feu de joie venait d'éclater dans son ventre, lâchant des milliers de papillons qui lui chatouillait les intestins. Mais la Sirène ne pouvait se permettre d'agir comme une gamine de douze ans – même si elle n'en pensait pas moins. Dean avait décidément une influence non négligeable sur elle, mais il ne s'en doutait absolument pas. Et puis, Lilian n'occultait pas le fait qu'ils n'étaient que des amis, il était fiancé avec Shannon (prononcer ce prénom, même en pensée, sans lui ajouter un adjectif qualificatif peu glorieux était une véritable prouesse pour la Sirène) et ils allaient bientôt se marier donc, ils étaient simplement amis rien de plus. Lilian savait parfaitement ce à quoi elle s'engageait avec Dean après sa visite à l'hôpital suite à sa crise de panique, elle avait signé pour cette relation amoureuse à sens unique.

- Merci. Toi aussi tu es très beau, ton costume te va à ravir. Pour appuyer ses mots, la belle lui adressa un ravissant sourire, quelque peu charmeur mais le naturel l'emporte toujours que voulez-vous.

De manière très galante, Dean venait de lui offrir une coupe de champagne.


- A nous !  Et à notre succès, évidemment.

Le cristal tinta et Lilian apprécia lorsque le liquide doré dévala son œsophage, les centaines de bulles réchauffant son corps et lui donnant du courage pour braver le regard hypontique de Dean sans fléchir.

- Et à quel succès justement ? Dit-elle en tenant sa coupe tout près de son visage, l'éclat du cristal rivalisant avec celui de ses lagunes éternelles. Un air mutin et furieusement irrésistible étira son fourreau rose tendre et alluma dizaines de petits soleils. Ce n'est pas parce qu'elle entretenait une relation amicale avec Dean qu'elle était obligée d'abandonner ses tours de séduction. Elle était ainsi, il ne pourrait jamais être autrement.

Alors qu'elle avalait une nouvelle gorgée de champagne, la lionne sentit que Dean se rapprochait d'elle, doucement mais sûrement comme s'il tenait à la protéger ou montrer qu'il était bel et bien là, un peu comme lorsqu'un mâle dominant sent l'approche de rivaux. Ces instincts masculins stupides. Mais Lilian ne s'en plaint pas, et elle ne put réprimer un frisson de plaisir parcourir son échine et qu'elle tenta de dissimuler du mieux qu'elle put. Puis elle adressa un regard langoureux à tout homme qui la scrutait, qui l'épiait pour faire comprendre que pour l'instant, elle était occupée avec Dean Rosebury et que cela ne servait à rien de tenter un assaut. De toute façon, Lilian enverrait au tapis par une oeillade charmeuse quiconque tenterait de briser le lien qui venait de s'établir entre le magnifique Dean et elle. Ici, pendant ce gala, ailleurs, partout où elle allait, Lilian était la reine. Et comme toute reine qui se respecte, elle avait sa cour et elle décidait de tout. Alors quand elle souhaitait être tranquille avec son Apollon, elle le faisait savoir pour que personne ne vienne la déranger.


- Tu ne crois quand même pas que tu vas réussir à ne pas danser avec moi !

Amusée, elle le toisa d'un regard surpris avant d'éclater d'un rire doux qui tinta comme des clochettes d'argent.

- Oh je t'en prie Dean, toi et moi savons que tu ne manies pas parfaitement les danses de salon ! Elle le taquina d'un clin d'oeil malicieux. Comment tu feras le jour de ton mariage lorsque tu devras ouvrir le bal avec Shannon ?

Jamais elle n'aurait pensé prononcer le nom de sa fiancée devant Dean. Toujours, elle avait évité de la nommer. C'était toujours « elle » ou « ta fiancée » ou rien du tout. Même après leur dispute et leur réconciliation, Shannon était un sujet presque tabou, ils n'en parlaient pas. Peut-être que Dean avait eu l'intuition raisonnable qu'il devait s'abstenir devant Lilian, histoire de ne pas remuer le couteau dans la plaie. Parce que Lilian l'avait pardonné au nom de ses sentiments pour lui, qu'elle préférait cacher devant lui car c'était trop difficile pour elle de le détester et de le fuir, mais elle n'était pas non plus insensible. Loin de là.

- Mais comme je suis incroyablement gentille, je veux bien t'apprendre, lui dit-elle et but une troisième gorgée de son champagne.

Puis elle planta son regard légendaire dans celui de Dean. Elle prenait le risque de se trahir mais tant pis. La Sirène avait l'étrange impression que quelque chose avait changé entre eux, par le simple fait que Dean s'était rapproché d'elle alors qu'il n'avait jamais eu cette attitude envers elle. Enfin, s'il devait le faire, il prenait toutes les précautions nécessaires du fait de sa position de fiancé. Et là, il n'en avait rien fait. Alors, peut-être que la belle se faisait des films (instincts féminins stupides) mais cela l'intriguait donc elle allait pousser Dean à bout, le forcer à avouer. Pour ce faire, elle n'hésiterait pas à user de ses charmes les plus fins et les plus redoutables et s'il le fallait, elle utiliserait l'arme de séduction massive : c'est-à-dire elle. Lilian l'avait bien senti : elle allait passer une bonne, une très bonne soirée. Avec Dean.

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Dean Rosebury
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MessageSujet: Re: If you get a second chance : take it ! - L. E.   Ven 13 Mai - 17:56

Le fait que la famille de Lilian était présente ne m’avait pas paru un seul instant préoccupant – après tout, dans ce genre de milieu et de soirée, c’est plutôt chose commune que de se retrouver ainsi. Mais tout d’un coup, alors qu’un seul regard à la ronde avait réussi à attiser en moi des ardeurs possessives à l’égard de la jeune fille, voilà que je me sentais presque gêné d’être potentiellement aperçu par les Easter avec qui je ne voulais évidemment faire aucun faux pas. … Et puis j’eus envie de sourire et une petite voix souleva que je n’avais pas encore la fille, alors pourquoi s’inquiéter de la famille ? La  gorgée de champagne que j’avalai me parut subitement très amère. Il s’en fallait de peu pour que je sois perturbée ces derniers temps, évidemment, les changements radicaux n’étaient jamais très simples ; à l’égard de Lilian, si elle était mon obsession, je changeai cependant souvent d’attitude en pensant à elle : elle était inaccessible, elle était à moi, elle pouvait être à moi si je réussissais à me racheter, elle n’était à personne malheureusement, elle était convoitée par tout le monde et je n’avais pas mes chances, j’avais toutes mes chances, elle m’en voulait à vie, elle pouvait me pardonner, elle était mon amie, je ne voulais pas de son amitié, elle était bien trop désirée par tout le monde pour être un jour rien qu’à moi,… Cela ne pouvait jamais s’arrêter. Lorsque je travaillais, heureusement, j’arrivais au moins à me concentrer sur tout autre chose – mais en temps normal, Lilian Easter n’était jamais loin de mes pensées. J’avais l’impression d’être adolescent à nouveau, et loin de m’en sentir ridicule, j’étais au contraire très heureux : c’était une renaissance, et ma nouvelle vie avait un goût de liberté intense que je n’aurais échangé pour rien au monde. Comment avais-je pu m’enfermer ainsi dans une routine qui ne me ressemblait pas ? Hier soir encore je constatai que, avec Shannon, je sortais beaucoup moins avec mes amis car elle n’appréciait pas nos soirées séparées. Je m’en voulais beaucoup : c’était idiot, complètement idiot, et j’avais sacrifié bien trop de choses qui me caractérisaient pour une relation dans laquelle je ne m’épanouissais même pas. Évidemment, ma famille n’était pas pour rien dans cette équation – j’avais fini par comprendre ce que ma sœur essayait gentiment de soulever lors de notre dernière conversation. Vouloir bien faire était une chose, vouloir coller à l’image que les autres veulent avoir de vous en est une autre : la limite entre les deux était plutôt subtile, je le comprenais à présent. Il m’en coûtait de le reconnaître, mais il allait falloir que je trouve une manière bien à moi de me démarquer, malgré tout ce qui s’était passé depuis mon enfance. Après tout, si mon père était parti, c’était tant pis pour lui ; si ma mère avait trouvé quelqu’un d’autre, c’était tant mieux pour elle… Je n’étais pas obligé de correspondre au fils idéal qu’espérait mon beau-père pour lui plaire, car cet idéal n’était pas moi et ne le serait jamais. Mieux valait s’en rendre compte à présent que de s’échiner à essayer, en vain.

Mais j’étais à bien des lieues de me préoccuper de ces histoires alors que les grands yeux en amande de Lilian me dévisageaient, se plissant légèrement aux coins comme lorsqu’elle était d’humeur rieuse. Instantanément, son visage souriant me faisait sourire aussi, et j’avais conscience, de manière un peu confuse et un peu honteuse, que je devais sûrement la dévorer du regard.


- Et à quel succès justement ? reprit-elle alors que nous avions trinqué.

Elle ne manquait rien, évidemment, et je ne retins pas un petit sourire en coin
.

- Eh bien, à notre succès professionnel, c’est pour ça qu’on est là, non ? répliquai-je sur le même ton amusé. Je n’étais pas prêt à sortir le grand jeu – pas encore. J’avais besoin d’un peu plus tâter le terrain, même si l’humeur taquine de Lilian me poussait encore plus vers elle. C’était d’ailleurs à cette image que je m’étais raccroché quand elle avait été si mal en point l’autre jour, et que je m’étais dit qu’elle puisait sa force dans cette capacité insoupçonnée à être taquine et légère et à irradier d’une énergie joyeuse et vivante à tout moment de la journée.

Si j’avais réfléchi un seul instant, sans doute aurais-je formulé autrement mon affirmation suivante, emporté par cet instinct de mâle au milieu d’un troupeau un peu trop menaçant – ce n’était même pas mon intention d’amener le sujet, sujet autour duquel je tournais avec une certaine appréhension, car j’étais clairement à l’épreuve. Mais Lilian enfonça elle-même cette porte que je peinais à ouvrir :


- Oh je t'en prie Dean, toi et moi savons que tu ne manies pas parfaitement les danses de salon ! Comment tu feras le jour de ton mariage lorsque tu devras ouvrir le bal avec Shannon ? Je me sentis me figer, imperceptiblement. Mais comme je suis incroyablement gentille, je veux bien t'apprendre, ajouta-t-elle après un instant.

Je bus une gorgée de champagne moi aussi, sans doute pour me donner du courage. Et puis il me vint à l’esprit que je n’avais pas fait tout ce chemin pour en arriver là et que si ma liberté avait un but, c’était bien celui-là, alors, pourquoi faiblir ? Il n’y avait pas beaucoup de façons de le dire, et je lui devais en tout cas d’être parfaitement honnête. Je posai  mon verre sur le rebord du bar. J’avais l’impression d’être des années en arrière, quand j’étais encore un enfant que je me trouvais devant une figure adulte à qui je devais reconnaître ma bêtise, tout en sachant pertinemment que j’allais me sentir bien mieux après cet aveu. Qui plus est, en cet instant, je n’avouai pas une bêtise, pas exactement – la seule dont j’avais été coupable avait été de ne pas avoir joué franc jeu dès le début, avec Lilian, avec Shannon, et avec moi.

Je commençai avec un petit sourire d’excuse :

- Je ne vais pas marier – enfin, pas avec Shannon. Je l’ai quittée il y a moins d’un mois… C’est mieux comme ça, ça n’allait plus de toute façon. Je suis partie de notre appartement et j’en ai trouvé un pour moi en bordure de Londres.

C’était finalement plus simple que je l’avais imaginé et je continuai, soulagé de ne pas buter sur les mots :

- Le plus désagréable a été la réaction de mes parents, je te laisse imaginer comment ils sont déçus et agacés que j’ai changé mes plans et annuler ce mariage parfait qui semblait rouler depuis des années, mais je m’en fiche pas mal, il est temps que j’arrête de m’emmerder avec tout ça. Lilian connaissait dans les grandes lignes ma situation familiale et je savais qu’elle comprendrait ce à quoi je faisais allusion. Voilà, c’est encore bien récent et je suis moi-même en train de m’habituer à ma nouvelle vie, c’est pour ça que peu de gens sont au courant… Je n’avais pas trouvé encore le bon moment pour te le dire, conclus-je en me disant que c’était un peu étrange de lui avouer ça ; en tout cas, c’était vrai.

Ce n’était ni l’endroit ni le moment mais je mourrais d’envie de lui dire bien d’avantage : que ce n’était pas parce qu’encore une fois j’avais mis du temps à lui délivrer une information que je n’avais pas changé, que ce n’était pas non plus parce que je lui disais cela que je lui faisais des avances – je ne voulais surtout pas qu’elle s’imagine être un remplacement quand elle était bien plus. Au même moment, un mouvement de sa tête fit rouler ses cheveux derrière son épaule et dévoila la ligne de son cou, ce qui ne manqua pas de m’embrouiller instantanément les idées. Je m’imaginais très concrètement embrasser sa peau à cet endroit et sentir son odeur et la caresser, tout comme je m’imaginais très concrètement aussi attraper sa taille moulée dans le tissu rouge et la serrer contre moi avant de l’embrasser, ce qui me donna désagréablement chaud – je récupérai mon verre et bus une grande gorgée, le vidant d’une traite. On aurait pu croire que mon discours venait de produire cet effet, ce qui en un sens me sauvait.


- Ce qui n’empêche évidemment pas que tu m’apprennes des danses compliquées, j’aurais bien d’autres occasions pour danser de toute façon, plaisantai-je alors, sentant que le jeu s’installait de nouveau et que quelque chose courait le long de mes veines et me picotait dans tout le corps.

Je tendis ma main, paume ouverte vers le ciel - ou plutôt vers elle - pour qu'elle la prenne et scelle notre danse comme on scelle un pacte, et dans l'instant qui se figea quelques secondes, alors que j’attendais le contact de sa peau contre la mienne qui me semblai recouverte de flammes, je sentis que les battements de mon cœur s'accéléraient et s'affolaient tandis que les grands yeux de Lilian me scrutaient derrière les mèches de ses cheveux bruns et brillants.

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Dernière édition par Dean Rosebury le Dim 26 Juin - 18:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: If you get a second chance : take it ! - L. E.   Sam 11 Juin - 16:37


Il semblait à Lilian qu'il y avait quelque chose de changé entre Dean et elle. Il lui paraissait plus à l'aise, moins en retrait. Attention, elle ne s'en plaignait aucunement ; bien au contraire. Peut-être avait-il appris une bonne nouvelle avant de venir. Enfin, elle ne manquerait pas de le savoir ! Elle était bien contente de passer une nouvelle soirée avec lui, comme pour marquer un renouveau : les retrouvailles entre les deux monstres de beauté de Sainte-Mangouste. Certes elle ne connaissait pas tout le personnel de l'hôpital mais s'il y avait eu d'autres garçons du niveau de Dean, elle le saurait et après leur dispute, elle n'aurait eu aucune peine à se consoler – ou à se voiler la face. La belle dauphine aurait bien voulu que ses parents majestueux revoient Dean ce soir, dans un autre contexte que celui de la panique et de la peur. Dans un autre contexte, celui dans lequel Dean ne serait pas fiancé avec Shannon, cela aurait permis à Lilian de leur donner une meilleure impression et de leur présenter indirectement leur nouveau gendre. Et encore, il avait aider Grant à sauver la vie de Felton, on pouvait difficilement faire mieux comme première impression.

Euphorique presque, Lilian avait vraiment envie de s'amuser avec Dean et elle ne voyait aucun autre Médicomage de leur connaissance comme Lola donc encore mieux puisque cela signifiait qu'ils allaient passer la soirée tous les deux : elle ne pouvait pas rêver plus parfait. Certes, certes, il était fiancé, il allait se marier incessamment sous peu mais cela ne les empêchait pas de s'éclater entre amis. Une fois que les gros portefeuilles seraient partis, la soirée serait à eux. Et le champagne qu'elle buvait sans avoir vraiment mangé montait encore plus vite. Ce qui n'arrangerait pas son irrésistible aura séductrice : dans cet état d'euphorie, Lilian devenait redoutable. Rieuse, souriante, taquine, malicieuse, tous les éléments se réunissaient en elle pour la transformer en véritable arme de séduction massive, totalement irrésistible. Ses yeux brillaient des mille feux de la malice mêlée à la séduction innée, ses lèvres dévoilaient ses dents blanches, ses belles mains de fée passaient de temps à autre dans ses longs cheveux cuivre et or, aux longueurs raides ce soir.

Même s'il allait se marier, Lilian souhaitait que Dean emporte avec sa vie de jeune garçon le souvenir impérissable de cette sublime Sirène, superbe dauphine et reine en devenir, que tout le monde s'arracherait après l'avoir vu défiler sur les podiums. Elle voulait que la dernière image qu'il ait avant de dire « je le veux » soit les grands yeux légendaires de la belle, remplaçant un instant Shannon sous le voile, prête à se faire passer l'alliance au doigt. Mais ce qu'il ne saurait jamais, c'est l'ampleur des sentiments de la Sirène à son égard. Il se marierait en ayant conscience d'une solide amitié entre eux, sans savoir que la jeune femme aurait aimé bien plus et surtout être à la place de Shannon devant l'autel. Au fond d'elle, Lilian espérait que la future madame Rosebury savait à quel point elle était chanceuse et que jamais elle ne ferait souffrir Dean car sinon, elle n'hésiterait pas à le séduire par ses diamants magnifiques, si elle voyait qu'il était prêt de succomber.


- Eh bien, à notre succès professionnel, c’est pour ça qu’on est là, non ?

Lilian lui répondit par un nouveau sourire, dévoilant quelques perles blanches avant de prendre une nouvelle gorgée qui ne tarda pas à la réchauffer encore davantage.

- C'est vrai ! Même si je pense que c'est plus pour leur portefeuille que mes parents et la plupart des invités sont ici, dit-elle en riant et en basculant légèrement la tête en arrière, dévoilant son cou de cygne couleur de perle à Dean, comme si elle le lui offrait.

Majestueusement, elle posa sa coupe vide sur le comptoir du bar. Et soudain, elle remarqua un nouveau changement d'attitude de la part de Dean, comme s'il était gêné. Elle avait l'impression qu'il allait de nouveau lui apprendre une mauvaise nouvelle, comme la fois où il lui avait raconté pour ses fiançailles. D'un coup, Lilian se figea, les soleils dans ses yeux s'éteignirent presque immédiatement en fixant les émeraudes merveilleuses de Dean. Elle regrettait déjà d'avoir fini sa coupe de champagne car elle sentait qu'elle aurait besoin d'aide. Fort heureusement, un serveur passa juste à ce moment là et elle saisit une coupe cristalline, et avala une gorgée rapidement avant que Dean ne prenne la parole.


- Je ne vais pas marier – enfin, pas avec Shannon. Je l’ai quittée il y a moins d’un mois… C’est mieux comme ça, ça n’allait plus de toute façon. Je suis partie de notre appartement et j’en ai trouvé un pour moi en bordure de Londres.

A vrai dire, Lilian n'entendit pas la fin des paroles de Dean. Son esprit était resté fixé sur la phrase « je ne vais pas me marier – enfin, pas avec Shannon ». Inconsciemment, Dean avait provoquer l'explosion d'une bombe nucléaire dans le ventre de Lilian et dont les radiations de joie intense se propageait dans tout son corps. Quittée, il l'avait quittée. Bordel de merde, les rêves de Lilian devenaient enfin réalité ! Bouleversée par les mots qu'elle venait d'entendre, la belle avait avalé de travers son champagne. Elle se fit la désagréable remarque que cela lui arrivait un peu trop souvent : à chaque fois les gens qui devaient annoncer une grande nouvelle attendaient qu'elle mange ou boive pour balancer le pavé dans la mare. Et à Lilian de se débrouiller avec ça. La dernière fois qu'elle avait vécu ça, c'était au restaurant, avec Grant et son fils justement, lorsqu'il avait annoncé que son ami Ulrich allait se marier avec une parfaite inconnue. L'arme du crime ? Un morceau de fondant au chocolat. Une fois sa toux passée, Lilian releva ses grands yeux étonnés vers Dean.

- Oh my God ! Dit-elle sans le vouloir avec son accent américain qui revenait dans ce genre de moments. Dean mais toi ça va ? Je veux dire ça n'a quand même pas été trop difficile ?

Et aussi désolée qu'elle était : même si elle détestait Shannon par principe, elle n'en restait pas moins humaine et Lilian était toujours triste quand un couple se séparait. Mais l'instant suivant, elle se revoyait devant l'autel avec Dean, prête à se faire passer la bague au doigt, à la place de Shannon.

Et dire qu'elle avait toujours rêvé de ce moment. Dieu existe ! Afin de contenir la joie qui l'animait et qui la ferait presque sauter et hurler dans tous les sens, la superbe but une nouvelle gorgée d'alcool doré et se dit que la soirée, qui promettait d'être bonne, n'en allait être que meilleure.


- Le plus désagréable a été la réaction de mes parents, je te laisse imaginer comment ils sont déçus et agacés que j’ai changé mes plans et annuler ce mariage parfait qui semblait rouler depuis des années, mais je m’en fiche pas mal, il est temps que j’arrête de m’emmerder avec tout ça. Voilà, c’est encore bien récent et je suis moi-même en train de m’habituer à ma nouvelle vie, c’est pour ça que peu de gens sont au courant… Je n’avais pas trouvé encore le bon moment pour te le dire

Alors qu'elle s'imaginait déjà la façon dont elle allait séduire et faire craquer Dean, elle releva ses yeux vers lui, d'un air encore innocent. Il fallait qu'il ne se doute de rien même si, au vu de son attitude avant de lui balancer cette bombe, elle commençait à se douter des sentiments à son égard. En même temps, comment pouvait-il en être autrement ? Elle était irrésistible et Dean allait bientôt tomber à ses pieds chaussés de talons hauts, elle s'en faisait la promesse. Il deviendrait sien, serait son plus beau trophée car sa partie de chasse la plus mouvementée. La lionne n'allait pas le rater et userait avec lui de ses nombreuses armes et tours de séduction. Ce qu'il ne savait pas, c'est que ce n'est pas lui qui l'aurait : c'est elle qui l'achèverait et ferait de lui sa proie.

- Oh non je t'en prie ! J'imagine vraiment que tu as eu autre chose à penser après ta rupture donc ne t'en fais pas. Elle parlait sincèrement : tant qu'il ne lui apprenait pas l'existence d'une nouvelle fiancée, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ça va quand même avec ton beau-père ? Il n'est pas trop fâché ?

De toute façon, quand il verrait la prochaine fiancée de Dean, il serait fâché contre lui de ne pas avoir largué Shannon bien avant.

- Et Shannon, comment a-t-elle réagi ? Enfin, ça ne me regarde pas mais j'espère que votre rupture – elle avança prudemment sur ce mot car cela restait récent malgré tout – s'est plutôt bien passée.

Elle savait que la rupture parfaite n'existait pas mais il y avait tout de même des ruptures moins douloureuses que d'autres. Par exemple, sa rupture avec Chuck avait été douloureuse : elle ne s'était pas bien passée du tout puisque Lilian y avait appris que Chuck, sous prétexte d'être libre, voulait la quitter alors qu'elle savait pertinemment que c'était à cause de Taylord et de ses sentiments qui le rattrapaient.

Au vu de tels événements, la coupe de champagne de Lilian s'était vidée à une vitesse incroyable, lui faisant presque oublier la gaffe qu'elle venait de faire. Gaffe qui au final s'avérait être un merveilleux coup du sort puisque désormais, Dean était à elle et personne ne viendrait lui mettre des bâtons dans les roues. Il serait à elle : ce corps parfait serait sien, ses regards clairs et magnifiques ne seraient que pour elle, il ne pouvait en être autrement. Un feu de joie l'irradiait de l'intérieur, elle avait envie de lui sauter dessus et de l'embrasser tout de suite maintenant mais en même temps, la superbe savait très bien que plus elle ferait durer le suspens, mieux serait leur magnifique rencontre.


- Ce qui n’empêche évidemment pas que tu m’apprennes des danses compliquées, j’aurais bien d’autres occasions pour danser de toute façon

Prise à son propre jeu, Lilian ne pouvait décemment pas résister bien longtemps aux beaux yeux de Dean, à ses lagunes tahitiennes claires qui l'appelaient à la noyade. La joueuse ne mit pas longtemps à saisir la main du jeune homme dont le contact lui provoqua un agréable frisson.

- Et j'espère bien faire partie de ces occasions. Elle le regarda droit dans les yeux d'un air furieusement séducteur, appuyé par sa frange qui donnait de l'intensité à ce regard mythique déjà trop dangereux.

Une musique rythmée venait de commencer et ni une, ni deux, Lilian entraîna Dean avec elle en plein milieu de la piste de danse. Tout le monde ici présent devait savoir que la Sirène était de retour, que sa nouvelle proie était Dean Rosebury et qu'il était hors de question qu'on vienne les déranger.

« Feel me, feel me, feel me. I wanna feel your arms around me ». Comme le chanteur, Lilian avait furieusement envie de sentir les bras de Dean autour de son corps de déesse. Elle voulait qu'il la serre contre elle, qu'il l'emprisonne.

« Please me, please me please me. I want you please me don't you tease me ». Elle voulait qu'il la désire comme jamais il n'avait désiré personne. Le désir qu'il avait pu avoir pour Shannon devait paraître insignifiant à côté de celui qu'il éprouverait pour la sublime Lilian Easter.

« Kill me, kill me, kill me. I want to kill me with your love ». Exactement. Elle voulait qu'il se meurt d'amour pour elle, qu'il se jette à ses pieds, qu'il l'embrasse encore et encore, qu'il l'enlace. Elle voulait être à lui et que lui soit à elle.

Alors qu'ils évoluaient au milieu de la piste, elle tournant au bout de son bras, le faisant tourner à son tour, sentant son corps contre le sien, le vrillant du regard quand ils étaient un peu trop proches avant de s'éloigner en tournant à nouveau ; Lilian ne pouvait s'empêcher d'éclater de rire quand Dean s'emmêlait un peu les pinceaux et mélangeait les pas sur le rythme survolté de la musique portée par Brian Johnson dans ses jeunes années. Et quand elle riait, magnifique déesse follement amusée, elle dévoilait sa belle gorge, en offrande à Dean pour le faire mourir d'envie. Son rire de clochettes résonnait jusqu'aux lustres en cristal, malgré le bruit ambiant et la musique tout autour d'eux. Tous les invités s'amusaient et regardaient ces deux jeunes gens, dont la relation ambiguë ne faisait aucun doute tellement elle était presque palpable. Et ils semblaient s'en émouvoir, se rappelant leur jeunesse, au même âge et se joignaient à eux. Les parures de ces dames rivalisaient avec les diamants étincelants de Lilian qui ne quittaient pas Dean un seul instant.

A la fin de la chanson, essoufflés, Lilian entraîna de nouveau Dean avec elle dehors, après avoir chopé au passage deux nouvelles flûtes de champagne. L'air frais lui fit réellement du bien, lui provoquant même un frisson.


- Bon et bien, je t'avoue que tu t'es plutôt bien débrouillé pour quelqu'un qui ne sait pas danser ! A cette danse et à bien d'autres encore. Droit dans les yeux, elle trinqua avec Dean.

Une énième gorgée de plus, la belle fixait le ciel noir devant elle, dont l'horizon restait encore éclairci par les derniers rayons du soleil qui venait de se coucher. Au bout de quelques minutes de silence, Lilian tourna son visage angélique vers Dean.


- Je peux t'avouer quelque chose ? Elle parlait tout à coup très sérieusement. Elle avait envie de lui dire qu'elle mourrait d'impatience, qu'elle voulait l'embrassait. Tu m'as vraiment manqué.

Et elle s'approcha de Dean pour se serrer contre lui, posant sa tête contre lui. Ses mains autour de son cou, elle voulait le pousser à bout chaque minute un peu plus et voir jusqu'où il pourrait tenir. Elle luttait pour ne pas relever le visage vers Dean mais elle se consolait en se répétant que tout vient à point à qui sait attendre. Et que Lilian Easter parvenait toujours à ses fins.

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Dean Rosebury
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MessageSujet: Re: If you get a second chance : take it ! - L. E.   Dim 26 Juin - 20:28

La nouvelle avait été lancée certes sans vraiment de préavis mais la conversation s'y prêtait plutôt bien ; néanmoins Lilian avala sa gorgée de champagne de travers et j'en bus une nouvelle pour faire passer l'instant, tout en prenant bien soin de ne rien montrer, comme si je n'avais pas compris que les deux choses pouvaient être liées. Evidemment, c'était une surprise ; de là à ce que la surprise soit de taille pour elle, cela ouvrait alors toutes sortes d'interprétation et... Il fallait que je garde la tête froide pour le moment.

- Oh my God ! Dean mais toi ça va ? Je veux dire ça n'a quand même pas été trop difficile ?


Son intonation américaine m'arracha un sourire - elle revenait de temps à autre, je l'avais remarquée, et c'était drôle de noter la différence de ton et de prononciation aussi, le son était tout de suite plus rond et un peu plus nasillard. Au premier abord, Lilian était trop distinguée, pleine de classe et habillée avec goût pour qu'on l'imagine autrement qu'anglaise ; l'accent américain pouvait casser le tableau et tirer vers le bas, parfois, mais avec elle il n'en était rien, au contraire. Depuis le début je trouvais quelque chose de double chez Lilian, pas dans le sens négatif, au contraire ; quelque chose de secret, de caché, aussi surprenant que fascinant, et cette petite dualité dans son langage, de temps à autre, accentuait le mystère et l'extraordinaire pouvoir d'attraction qu'elle possédait - ce qui n'était pas rien. En ces moments-là, je n'avais aucun mal à l'imaginer en maillot de bain sur une plage immense des États-Unis à siroter des cocktails comme les images qu'on pouvait avoir des jeunes de là-bas, sur la côte, et cette image était plutôt agréable, il fallait tout de même que je fasse attention à ne pas trop y attarder : on avait dit la tête froide. De toute façon, mon sourire s'était prolongé car j'étais sincèrement touché de son attention : sa première réaction avait été de me demander comment j'allais moi, ce qui n'avait évidemment pas été le cas de tout le monde. Et à vrai dire... Me l'étais-je posée, cette question ? Pas vraiment - j'étais porté par le soulagement et la joie d'avoir enfin poussé mon choix jusqu'au bout, d'avoir eu le courage de faire un pas en avant après m'être rendu compte que je faisais du surplace depuis bien trop longtemps. Mais, est-ce que ça avait été difficile, est-ce que j'allais bien ? C'était différent, et il me fallut quelques secondes de réflexion avant de répondre - quelques secondes où mes yeux s'accrochèrent au regard brillant de Lilian qui me fixait aussi avec un intérêt particulier.

- Ça va, c'est toujours un peu difficile mais je le savais au fond de moi, et je crois que le plus compliqué a été de prendre vraiment la décision, mais maintenant, je suis soulagé. Oui, je suis plus soulagé qu'autre chose... C'est mieux comme ça, pour moi en tout cas, ça faisait trop longtemps que je n'étais plus amoureux d'elle, au fond.

Voilà : c'était dit, et à haute voix, c'était affirmé. Shannon n'avait pas voulu que je le dise si franchement, et je lui avais épargné car je savais qu'elle l'avait compris mais serait peinée de l'entendre ici. Mais avec Lilian je n'avais pas besoin de cacher la vérité, et en réalité, plus je lui en parlais, plus j'avais l'impression de me délester des nombreux poids que je me traînais depuis quelques temps.

- Oh non je t'en prie ! J'imagine vraiment que tu as eu autre chose à penser après ta rupture donc ne t'en fais pas. Ça va quand même avec ton beau-père ? Il n'est pas trop fâché ? poursuivit-elle, rebondissant sur le sujet avec une aisance tout de même ponctuée de prudence, ce dont je lui étais reconnaissant. Et Shannon, comment a-t-elle réagi ? Enfin, ça ne me regarde pas mais j'espère que votre rupture s'est plutôt bien passée.

Ma première réaction fut un petit rire teinté d'ironie et d'une certaine froideur :


- Oh, tu penses bien, je lui ai juste donné une raison supplémentaire de me casser du sucre sur le dos, mais cette fois, je crois que je m'en fiche. C'est ma vie, après tout ! conclus-je en haussant les épaules. Shannon était fâchée, on ne se parle plus pour l'instant, c'est un peu normal j'imagine, mais je crois qu'elle avait compris elle aussi que ça finirait comme ça... je suis certain qu'elle saura retomber sur ses pattes.

Ces mots pouvaient paraître rudes dits comme ça mais je connaissais trop bien Shannon pour savoir que c'était plus le fait de devoir changer de vie qui l'embêtait, le fait d'avoir contrecarré ses plans, le fait de lui avoir résisté, plutôt que le simple fait de me perdre moi. Elle était comme ça, déterminée et indépendante, et il allait sans dire qu'elle n'était pas du genre à se laisser abattre par une rupture, quand en plus celui qui la causait était depuis quelques temps trop différent de ce qu'elle voulait.

Enfin : c'était assez parlé de moi, je ne voulais pas que cette soirée se transforme en un monologue sur ma vie car j'étais bien loin d'en avoir envie, non seulement parce que je ne voulais pas me replonger dans ce qui appartenait à mon passé désormais, mais surtout parce que je voulais rattraper le temps avec Lilian, apprendre des choses sur sa vie à elle car nous échangions beaucoup moins depuis cette soirée qui avait tout fait basculer, et surtout parce que je voulais profiter d'elle, de sa présence, et essayer tant bien que mal de retisser le fil de tout ce qui avait été détruit. Si seulement j'avais eu la certitude qu'elle allait me laisser ma chance...


En attendant, elle avait accepté ma demande et saisit ma main, ce qui m'électrifia tout entier évidemment :


- Et j'espère bien faire partie de ces occasions.

... Par Merlin, elle n'avait décidément pas idée du pouvoir qu'elle avait sur moi et de ce qu'elle me faisait ressentir ! L'intensité de son regard avait été telle que j'en avais été captivé, encore une fois, et que mes pensées s'envolaient à la vitesse de la lumière - ça voulait forcément dire qu'elle me donnait une deuxième chance, non ?!

Mais pour l'instant, l'heure était à la danse et je la suivis en riant d'avance de ce qui allait se passer ; je n'étais pas une quiche non plus en danse mais on ne pouvait pas dire que c'était mon domaine de prédilection, et j'avais déjà fait les frais de Lilian sur une piste de danse, qui m'éclipsait très largement. Mais la musique était entraînante et je me prêtais de toute façon carrément au jeu, tandis que nous bougions dans tous les sens et que, fatalement, nos corps étaient amenés à se rencontrer de temps à autre selon les aléas du rythme endiablé... J'essayais de rester sur le ton de la blague car la petite battle à laquelle nous nous livrions était drôle, mais il y avait tout d'un coup une telle tension de séduction dans le jeu de danse de Lilian que je n'étais pas certain de parvenir à rire jusqu'au bout. Elle dansait avec style et grâce, et si j'essayais de la suivre du mieux que je pouvais les paroles de la chanson accompagnés des coups d'oeil de ma danseuse ne me rendaient pas la vie facile - pas du tout. Ce n'était pas possible, à la fin ! Cette robe et ces cheveux et ces petites oeillades, le tout en train d'onduler gracieusement sur de la musique rock, il y avait de quoi rendre tout de suite les armes ! Heureusement elle restait Lilian - c'est à dire qu'il y avait toujours un moment où elle éclatait de rire avec moi parce que j'avais fait un mouvement débile ou bien juste parce qu'on s'amusait comme des fous et qu'on mimait des passes de rock sous les yeux plutôt admiratifs de notre public (probablement trop vieux ou trop coincé pour oser se donner comme nous sur la piste), et dans ces moments-là c'était autre chose qui m'animait, autre chose qui chauffait à l'intérieur de moi, une complicité intense et appréciable, plus proche d'une relation d'amitié peut-être mais qui faisait son charme aussi - une complicité que, à bien y réfléchir, je n'avais jamais eu un couple, parce que je n'avais sans doute jamais trouvé de fille aussi surprenante que Lilian dans tous les sens du terme.

Nous décidâmes ensuite d'aller nous rafraîchir (je n'allais pas tarder à enlever ma veste de costume, si seulement les pointures de Sainte-Mangouste voulaient bien quitter les lieux et laisser la fête aux plus jeunes !) et Lilian m'attira non pas en direction du bar mais vers la terrasse, attrapant de quoi boire au passage. C'était une très bonne idée, et je poussai un soupir de soulagement quand l'air frais m'eut balayé le visage.  


- Bon et bien, je t'avoue que tu t'es plutôt bien débrouillé pour quelqu'un qui ne sait pas danser ! A cette danse et à bien d'autres encore.

Nous trinquâmes , il faisait nuit à présent. Je me défendis en souriant :

- Ce n'est pas que je ne sais pas danser, c'est que j'ai un style bien à moi, voyons !

Tandis que je buvais mon champagne - les bulles commençaient à danser très légèrement dans ma tête, c'était agréable - elle regarda le ciel, si bien que je pouvais laisser mon regard errer sur elle discrètement. Ses traits étaient moins précis dans la pénombre ambiante mais ses yeux brillaient toujours, comme s'ils ne pouvaient jamais s'éteindre, et je devinais ses dents blanches quand elle entrouvrait ses lèvres pour boire à sa coupe. Quelque chose dans le dessin de ses pommettes me fascinait et donnait à son visage un air félin, tandis que ses yeux en amande l'adoucissaient. Sa nuque toute fine, ses poignets tout fin et sa silhouette mince en général formaient aussi un parfait équilibre avec sa taille plutôt grande et élancée. Je me demandais à quoi elle pensait en fixant ainsi les premières étoiles - à cette soirée, à ce que je lui avais dit ? A toute autre chose, à son frère, à sa famille ? A des choses que j'ignorais totalement ? Probablement - cela me faisait toujours un peu de peine de me dire ça, quelque part je ne la connaissais pas, pas tant que ça, je connaissais son attitude, ses petites habitudes, son rire, sa voix, sa façon de parler, sa situation, mais je ne savais pas au fond d'elle-même qui elle était vraiment et ce qu'elle cachait, et j'avais furieusement envie de la prendre dans mes bras et de lui murmurer de s'ouvrir à moi parce que j'en mourrais d'envie. Mais, décemment, c'était un peut tôt, et un peu bizarre aussi.

Au moment même où la question « à quoi penses-tu ? » me brûla trop les lèvres pour que je la taise, elle me devança et rompit le silence :


- Je peux t'avouer quelque chose ? J'acquiesçais, surpris - elle paraissait préoccupée. Tu m'as vraiment manqué.

... Ah ! Et elle avança vers moi pour se serrer dans mes bras... Sans voir qu'un grand sourire s'étalait sur mes lèvres.

- Moi aussi, tu sais, j'ai beaucoup regretté d'avoir été si nul avec toi, je suis content qu'on se soit retrouvés, répondis-je sans plus attende, heureux de partager cela avec elle.

Évidemment, je l'avais enlacée et sa tête se trouvait tout près de la mienne si bien que je pouvais poser ma joue sur ses cheveux et en respirer l'odeur - légère et fraîche et fleurie avec un petit quelque chose de plus piquant, acidulé - mais je compris alors que si jamais elle levait la tête vers moi j'étais mort, ou bien si elle restait comme ça trop longtemps, alors que je sentais ses bras autour de moi et les détails de son corps s'imprimer petit à petit contre le mien, j'allais m'évanouir une bonne fois pour toutes, et voilà. Résultat : je la serrai un peu plus fort pour tenter de me reprendre, puis j'embrassais le dessus de son crâne, sentant la douceur de ses cheveux me caresser les lèvres.

Je m'écartai alors - non seulement il me fallait respirer et reprendre mes esprits, mais moi aussi, je pouvais jouer un peu... Qu'elle me pardonne ou non, qu'elle ait avoué que je lui ai manqué me rassurait en tout cas ; j'avais ma deuxième chance. Pour le reste, je ne voulais rien gâcher, et je n'avais pas envie de précipiter les choses. Qu'est-ce qu'elle aurait pensé de moi si j'avais profité de cet instant pour l'embrasser ?

... Bon, probablement qu'on aurait apprécié tous les deux, ça, je ne pensais pas me tromper, mais... Mais c'était autre chose et je ne voulais pas qu'elle s'imagine qu'elle était juste celle qui remplacerait la précédente, ou bien que je rebondissais avec elle de ma rupture si récente. J'avais trop d'égards pour elle, et même si je ne lui avais pas bien montré jusque là, je voulais vraiment me rattraper.

De ma main libre, j'avais attrapé la sienne en glissant mes doigts le long de son avant-bras, et j'avais gardé sa main captive. Je la regardai alors en souriant :


- D'ailleurs, comme j'ai beaucoup de choses à me faire pardonner et un nouvel appartement à te faire visiter, je te propose de t'inviter à dîner, et je m'occupe de tout ! Ça te dit ?

Il allait sans dire que je m'imaginais déjà sortir le grand jeu pour lui en mettre plein la vue, la traiter comme une reine, dresser la table devant l'immense baie vitrée qui s'étalait sur Londres s'illuminant de lumières quand la nuit tombait - mais ça, pour l'instant, c'était mon plan d'attaque, et il restait secret.

Je jetai alors un oeil, par la porte-fenêtre, à l'intérieur de la salle pour constater que les sorciers les plus âgés commençaient à déserter les lieux - soit en quittant la réception soit en se retirant vers les tables -, laissant plus de place à la fête pour les plus jeunes qui se trouvaient là.


- Viens, je crois qu'on a pas encore tout donné,
la taquinai-je. J'avais envie de retourner danser, boire et m'amuser avec elle sur la piste de danse - je me sentais à la fois tout léger et tout excité par le champagne et ma compagne de soirée... Et par autre chose aussi ; cette tension délicieuse qui s'était installée entre nous et qui flottait dans l'air comme des petites bulles scintillantes. J'avais envie de profiter avec elle et de recommencer de zéro cette histoire pour l'instant encore un peu bancale, que j'étais bien décidé à remettre d'aplomb.





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Lilian Easter
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MessageSujet: Re: If you get a second chance : take it ! - L. E.   Mer 3 Aoû - 22:18

C'était vraiment étrange l'attraction que Dean pouvait avoir sur Lilian. Rarement un garçon avait eu cet effet sur elle, LA Sirène irrésistible mais surtout inatteignable. Tous s'échouaient dans les eaux profondes et divines de ses merveilleux yeux mais elle, jamais ne faiblissait, ne vacillait jamais malgré leurs complaintes pleines d'admiration. Il y avait certes eu Chuck mais qui était plus apparu comme son égal au masculin : l'occasion était trop belle. Mais avec Dean, tout lui semblait différent. S'il était doué au jeu de séduction – ses magnifiques yeux vert clair avec une pointe de gris n'y étaient pas pour rien – il n'avait pas ce côté assuré à outrance de Chuck. Non pas à dire que Dean était timide ou réservé, mais en tout cas, il pouvait donner cette impression à côté du meilleur ami de Lilian. Il avait autre chose, quelque chose sur lequel la Sirène ne parvenait pas à mettre le doigt et qui la fascinait autant que ses yeux. Avec Dean, elle pouvait être elle-même sans trop jouer de ses charmes – bien sûr que oui elle le faisait, ce serait bien mal la connaître sinon – toutefois, elle sentait que cela n'était pas plus nécessaire que cela. Cela l'était parce qu'elle tenait à le faire ramer pour lui faire plus ou moins payer son mensonge. Encore une fois, ce serait bien mal la connaître que d'imaginer qu'elle lui tomberait dans les bras aussi rapidement et facilement.

Parce qu'en Sirène qui se respecte et ancienne Gryffondor de surcroît – ce gène était inscrit dans son ADN elle en était sûre et certaine – Lilian était fière et Dean, de par ses silences sur sa vie avec Shannon avait réellement mis à mal cette fierté, blessant profondément la belle. Elle savait qu'il s'en voulait énormément et elle avait fini par le pardonner mais elle souhaitait qu'il comprenne qu'elle n'était pas n'importe qui. Que si on l'appelait LA Sirène, ce n'était certainement pas pour rien et que plus que quiconque, Lilian Easter se méritait. Il fallait se battre contre un adversaire redoutable pour pouvoir se promener à son bras et ses baisers ne tombaient pas du ciel. Battre Lilian, lui faire rendre les armes était un duel de longue haleine qui ne se gagnait pas en une manche. Dean allait bientôt le comprendre.

Mais le pire peut-être était que Lilian mourrai également d'envie de céder tout de suite, maintenant parce qu'une certaine façon, il l'avait déjà conquise. Elle n'avait qu'à voir ses yeux pétiller quand elle s'approchait de lui et ses joues rougir légèrement à sa moindre provocation pour s'en apercevoir. De plus, son caractère – du moins celui qui l'accompagnait lors des journées à Sainte-Mangouste – ne la dérangeait pas, bien au contraire. L'entente entre eux était pour ainsi dire presque parfaite. Alors la tentation de céder était bien grande mais elle voulait en savoir plus, s'approcher un peu plus de Dean Rosebury, en apprendre plus sur le mystère qui enveloppait les deux émeraudes qui brillaient au milieu de ce visage à la couleur caramel. Pourquoi lui faisait-il cet effet ? Lilian mourrait d'envie de le découvrir. Rarement une telle partie de chasse l'avait mise dans cet état d'émoi intense et d'excitation. A l'intérieur de son ventre, elle bouillait d'impatience à chaque phrase séductrice lancée par le jeune homme quand bien même elle tentait de garder la face. La superbe ne tenait pas à passer pour l'amoureuse transie pendant cette phase ! Pour celle suivante uniquement.

Et c'était sûrement cela le plus surprenant, elle se forçait à ne pas le faire mais elle peinait parfois à ne pas s'imaginer l'après séduction. Existerait-il tout d'abord ? Elle ne voulait pas y penser pour ne pas être déçue mais l'emprise de Dean était bien trop forte et la partie bien trop envoûtante pour ne pas s'y laisser aller.  Alors, pour chasser ses pensées, elle secouait la tête, faisant voler quelques mèches soyeuses autour de son visage d'ange et repartait d'emblée à l'attaque de Dean, poursuivant un nouveau sourire et un regard irrésistible.

Cependant, il n'y avait pas que la séduction entre eux : la Sirène tenait réellement à le connaître davantage, en apprendre plus sur lui, sur sa famille et les relations quelque peu conflictuelles qu'il entretenait avec son beau-père notamment, ses goûts, ses passions en dehors de Sainte-Mangouste... Plus elle passait de temps avec lui, mieux elle se sentait. Alors quand Dean lui annonça qu'il se sentait soulagé après sa rupture, Lilian fut rassurée. En même temps, elle s'en doutait un peu vu son attitude à son égard mais la superbe tenait à s'en assurer par elle-même, histoire de ne rien provoquer.


- Oh, tu penses bien, je lui ai juste donné une raison supplémentaire de me casser du sucre sur le dos, mais cette fois, je crois que je m'en fiche. C'est ma vie, après tout ! Shannon était fâchée, on ne se parle plus pour l'instant, c'est un peu normal j'imagine, mais je crois qu'elle avait compris elle aussi que ça finirait comme ça... je suis certain qu'elle saura retomber sur ses pattes.

Forcément, Lilian imaginait bien qu'elle n'avait pas accueilli cette rupture avec un grand sourire. Mais après, il n'y avait rien de mieux qu'une rupture qui se déroulait avec le moins d'encombres possible : si les deux parties s'en sortaient sans trop de dommages et que les choses se calmaient vite, tout allait presque pour le mieux dans le meilleur des mondes. Même si au fond d'elle, Lilian était plus que ravie que cette histoire se soit terminée. Elle avait l'impression très agréable que ses rêves les plus fous se réalisaient enfin : Dean avait quitté Shannon, il était tout entier à sa merci et était plus que réceptif à ses attaques. Lilian bouillait d'excitation, jamais elle n'avait éprouvé cette sensation. Et que ce soit Dean qui la lui provoque la remplissait de joie.

La belle lui répondit par un sourire sincère avant de l'entraîner sur la piste de danse, sur laquelle elle passa un merveilleux moment, alternant entre les oeillades intensément irrésistibles et les fous rires délicieux sortant de sa belle gorge blanche. Elle ne fut pas mécontente toutefois de sortir prendre l'air, la brise sur sa peau de satin rafraîchissant ses joues rouges par l'émotion et la chaleur ambiante de l'immense salle de bal. Puis, elle était avec Dean et c'est tout ce qui comptait.


- Ce n'est pas que je ne sais pas danser, c'est que j'ai un style bien à moi, voyons !

De nouveau, Lilian éclata de rire en renversant sa tête en arrière – merveilleux stratagème pour faire craquer un peu plus Dean. Mais le rire cristallin était également sincère car elle devait bien avouer qu'il l'avait tellement fait rire et touchée dans sa chorégraphie, tentant du mieux qu'il pouvait de la suivre sur le rythme infernal et donc, il s'emmêlait les pinceaux parfois tout en essayant de garder la face devant elle, déesse incontestée de la danse.

- Je n'ai pas dit que tu ne savais pas danser ! Rétorqua-t-elle en le désignant de sa main tenant sa coupe de champagne. Mais ton style n'est pas mauvais : on dirait un peu celui de Chandler dans Friends. A l'image de Chandler, dansant en sautillant à moitié sur place, les bras en l'air, la Sirène ne put réprimer un autre rire et espérait que Dean comprendrait la référence sinon tout tombait à l'eau.

La jeune femme souhaitait que le temps s'arrête lorsqu'elle était avec Dean : tout passait tellement vite qu'elle était toujours déçue lorsqu'arrivait l'heure de rentrer. Elle le voulait ce soir : que la soirée continue encore et encore, que leur interlude dans le jardin ne cesse jamais. Elle se sentait tellement bien avec lui et cette impression lui semblait réciproque et ce sentiment ne faisait que grandir.


- Moi aussi, tu sais, j'ai beaucoup regretté d'avoir été si nul avec toi, je suis content qu'on se soit retrouvés,

Blottie contre le torse de Dean, Lilian se retint, se fit violence même pour ne pas hurler de joie voire presque d'hystérie aux paroles de Dean. Elle lui avait manqué ? Oh my God ! Elle eut envie de lui sauter au cou mais encore une fois, lutta contre ses émotions et esquissa seulement un ravissant sourire, qui étira le fourreau tendre pour dévoiler les perles blanches. Dean le sentit peut-être contre son buste ; elle se sentait tellement bien comme ça. Et pourtant, elle n'était pas au bout de ses surprises.

- D'ailleurs, comme j'ai beaucoup de choses à me faire pardonner et un nouvel appartement à te faire visiter, je te propose de t'inviter à dîner, et je m'occupe de tout ! Ça te dit ?

C'en était trop pour Lilian qui se laissait prendre à son propre jeu comme une jeune lionne débutante. Tant pis. Dean trouverait peut-être cela attachant. Soucieuse de lui montrer sa joie et surtout ses yeux scintillant comme des diamants au soleil, la Sirène se détacha de lui et lui envoya un irrésistible sourire.

- Oh mais oui bien sûr ! Dean j'en serais ravie ! Comme une petite fille à qui on venait d'offrir un jouet, elle sautait presque sur place, au comble de sa joie. Par contre je te préviens, si ce n'est pas bon je m'en vais ! De nouveau, des clochettes d'argent retentirent dans un tintement cristallin et elle attrapa presque naturellement le bras de Dean pour l'attirer à elle et lui montrer qu'elle plaisantait, bien évidemment.

- Viens, je crois qu'on a pas encore tout donné

Lilian n'eut pas le temps de réagir, toute émue qu'elle était de l'invitation de Dean. Elle commençait déjà à réfléchir à la tenue qu'elle allait porter pour perdre le moins de temps possible car il est hors de question qu'elle soit en retard ce soir ! Alors, encore la tête dans les sublimes émeraudes de Dean, elle le suivit dans la salle mais fut très vite ramenée sur terre lorsque les premières notes de musique retentirent à ses oreilles. Encore une chanson des années 80 – 90 (il fallait bien faire plaisir à certains invités) mais tirée d'un de ses films préférés – Ô combien cliché pour une jeune fille comme elle mais tant pis – et qui s'accordait plutôt bien à l'ambiance qui planait entre Dean et elle.

Hungry eyes, d'Eric Carmen. A croire que quelqu'un souhaitait leur rendre hommage et leur faire une dédicace. La lionne était de retour. Plus lente plus sensuelle que la précédente, cette chanson était parfaite pour les jeunes gens. Reprenant les rênes, elle attira Dean contre elle, le toisant d'une oeillade furieusement irrésistible. C'était bien le thème de la chanson alors. Et de temps à autre, elle tournait autour du bras de Dean, se rapprochait de lui, dos à lui et lui offrait une dangereuse opportunité sur sa nuque parfumée et ses cheveux soyeux. Déesse incontestée et séductrice incroyable, il semblait à Lilian qu'elle jouait la partie de chasse de sa vie. Tout était si électrique entre eux que tout pouvait exploser à n'importe quel moment. Elle mourrait d'envie de craquer mais luttait – ce qui devenait parfois réellement difficile, notamment quand elle soutenait les merveilleux yeux de Dean. Son sang bouillait dans ses veines, allumait ses joues, réchauffait son corps tout entier : elle crevait d'envie de l'embrasser, elle souhaitait tellement succomber, là tout de suite maintenant. Mais non, elle ne devait pas : pas maintenant ! Et le dîner ? Ce serait tout gâché ! Qu'auraient-ils à se dire ? Non non non, elle ne devait pas céder à la tentation Dean Rosebury !

Alors elle fit ce qu'elle savait faire de mieux : dangereusement proche, elle approcha son visage délicat de celui du jeune homme, brisant les limites de la bienséance et Sirène merveilleusement irrésistible, lui déposa un baiser à la commissure des lèvres. Et le plus dur serait pour lui naturellement : il ne devrait pas céder. Puis, dans un sourire malicieux à outrance, elle se retira, emprisonna la main de Dean dans la sienne et l'invita à la suivre.


- Dean Rosebury, tu me dois un strip-tease ! Lui lança-t-elle, à l'abri de toute oreille clandestine, en hommage à leur première soirée à Sainte-Mangouste. Ce qui n'était pas vrai mais la lionne voulait voir jusqu'où il était prêt à aller après son baiser.

Elle souhaitait le pousser à bout pour ensuite le faire tomber dans ses bras au moment propice. Dean Rosebury serait à elle et sûrement son plus beau trophée, sa plus belle victoire.


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Dean Rosebury
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MessageSujet: Re: If you get a second chance : take it ! - L. E.   Dim 23 Oct - 17:34

Toutes ces coupes de champagne, ça n'aidait pas. Ça n'aidait vraiment pas. Elles me donnaient l'impression que tout, absolument tout, était possible ; je me voyais, au milieu de toute l'assemblée, glisser ma main autour de la nuque de Lilian et l'embrasser, je me voyais filer avec elle en plein milieu de la soirée et l'emmener chez moi, je me voyais la faire rire et la serrer dans mes bras, bref, je voyais toutes sortes de choses avec beaucoup plus de clarté et surtout de possibilité que n'importe quand. Une chose était certaine : le jeu était là, bel et bien là, je rentrais dedans et elle aussi. Je ne pouvais pas me tromper... N'est-ce pas ?! Son câlin, ses aveux, sa proximité, ses regards de braise aussi profonds et magnétiques que le coeur d'un volcan... Et pourtant cette petite lueur qui faisait tout son charme, ce petit grain de naturel qui ne la quittait jamais. Je ne me trompais pas ! Lilian était devenue mon obsession depuis longtemps et je pouvais enfin me dire qu'elle se concrétisait, même si j'avais bien conscience que je devais éviter le moindre faux-pas. Je me sentais à la fois comme un ado aux côtés de la fille qu'il aime et à la fois comme le jeune adulte que j'étais, qui connaissait la musique et qui savait quoi faire. Je dansais d'un pied sur l'autre, ce qui pouvait être un peu déstabilisant. Mais au moins, j'étais moi-même : j'avais enfin retenu la leçon, et je l'avais enfin assumée. Assez de devoir faire semblant, assez de vouloir plaire aux autres, assez d'essayer de coller à l'image du fils que je n'étais pas. J'étais celui-là, passionné par son travail, passionné par Lilian, passionné tout court, qu'on ne pouvait pas mettre dans une case et à qui on ne pouvait pas demander se ranger comme tous les fils de bonne famille le faisaient, avec une fiancée idéale, un futur ménage, des futurs enfants pour faire plaisir aux grands-parents. Il était temps que je m'extirpe de tout ce qu'on avait tracé pour moi, sans me demander mon avis.

Plus que jamais en ce moment, je repensais à mon père biologique - lui à qui on m'avait toujours comparé dans mes plus jeunes années parce que je faisais des bêtises, parce que j'étais indiscipliné, parce que j'attirais toujours les ennuis. Je l'avais haï pour ça, pour le fait qu'il ait abandonné ma mère, qu'il n'ait jamais voulu me voir, et parce qu'il était le pire côté de moi. Mais aujourd'hui, j'avais l'impression de me réveiller et de me dire : et si la vérité se trouvait dans un autre endroit ? Et si il avait été diabolisé autant que je m'étais fourvoyé ? Et si il était un peu plus comme moi, et si lui aussi il avait voulu fuir ce qui l'étouffait ?


- Je n'ai pas dit que tu ne savais pas danser ! Mais ton style n'est pas mauvais : on dirait un peu celui de Chandler dans Friends.

Je me mis à rire, rattrapé par le présent ; elle avait de la chance que ma soeur soit fan de shows moldus et que je les ai subis également. Pour toute réponse, je partis vers le balcon en imitant cette fameuse danse, tout en manquant de bousculer l'un des hauts dirigeants de Sainte-Mangouste, ce qui nous fit prendre un fou rire encore plus conséquent.

Quand elle se serra contre moi dehors, les bulles de champagne qui m'agitaient déjà un peu trop la tête semblèrent exploser partout dans mon corps. C'était une passion qui risquait bien de me coûter cher, cette histoire ! Lilian Easter était fascinante, oui, mais elle état malheureusement aussi bien trop captivant, et je sentais ma raison filer un peu plus à chaque minute. Mais je devais bien l'avouer : c'était très agréable.


- Oh mais oui bien sûr ! Dean j'en serais ravie ! Par contre je te préviens, si ce n'est pas bon je m'en vais !

- Tu peux compter sur moi pour que ça n'arrive pas,
répondis-je du tac au tac alors que j'avais toujours sa main emprisonnée dans la mienne.

Inutile de préciser que j'allais mettre toutes les chances de mon côté, les petits plats dans les grands, bref, le grand jeu !

Comme la salle s'était vidée un peu et avait changé d'ambiance (moins de lumière, plus de musique, plus de jeunes sur la piste) nous étions repartis de plus belle et je sentais encore une fois que mon coeur battait comme un dément et que ma tête était bien trop légère. Mais j'avais l'impression d'être plein d'un feu qui ne voulait pas faiblir, et qui était communicatif ; Lilian semblait être remplie de la même énergie et je n'arrivais pas à m'enlever de l'esprit sa réaction si enjouée et franche après mon invitation - comme si elle n'avait attendu que ça. Je n'attendais que ça, moi... Elle aussi ?! En dansant avec elle je me rendais compte que nos mouvements, la manière dont nous nous frôlions ou nous touchions, nos regards, nos souries, tout était évident - elle savait, je savais. J'en étais sûr. Presque... J'avais provoqué tout cela, je le savais et j'en étais fier ; enfin, je reprenais le bon chemin ! C'était presque comme un rêve, cette soirée, qui était tombée à pic et qui en cet instant me paraissait être la meilleure chose au monde. Il n'y avait que Lilian et moi, et plus les heures passaient, plus je me sentais sûr de moi, plus je fondais pour elle. Évidemment, elle en jouait. Mais c'étai devenu un jeu, depuis le début... Ses regards et ses sourires en coin destinés à me déstabiliser, la façon qu'elle avait d'attirer tous les regards mais de n'en croiser aucun à part le mien, la manière dont elle me considérait et me faisait sentir le seul digne d'attention. C'était quelque chose que j'appréciais chez elle, aussi, et que j'avais vite remarqué : oui, elle plaisait et aimait à plaire, mais elle ne jouait jamais méchamment de son charme, elle ne montait pas les gens les uns contre les autres et ne faisait pas espérer en vain. Elle était franche et droite, et je savais que cette sincérité au fond d'elle m'attirait tout particulièrement. Elle la faisait rayonner comme un soleil.

J'aurais pu me demander ce que pensaient les autres autour de nous (le fait que nous passions la soirée uniquement tous les deux n'avait du échapper à personne) mais c'était bien le cadet de mes soucis ; depuis que j'avais repris ma vie en main je m'étais rendue compte combien l'avis des autres n'engageaient qu'eux et que je ne devais pas m'empêcher de faire des choses que j'aimais sous prétexte qu'elles ne rentraient pas dans les clous. Si des gens avec qui nous travaillions nous remarquaient et constataient notre rapprochement, et alors ? Rien n'aurait pu me rendre plus fier que d'affirmer que oui, Lilian Easter me plaisait, et que j'espérais bien que c'était réciproque.

Elle s'était tout d'un coup retrouvée presque tout contre moi tandis que nous dansions et tout de suite mes pensées se firent plus... Compliquées, ses yeux me captivaient et il ne fallait pas que je regarde sa bouche trop longtemps, mais je gardais le contrôle et glissais même ma main dans son dos pour danser avec elle - sauf qu'elle me prit de court et, à la fin de la chanson, piqua un baiser sur... Le coin de mes lèvres.

Bien évidemment, mon coeur explosa.

Ma première réaction fut de planter mon regard dans le sien (il voulait dire : je sais, tu sais, on le sait tous les deux) et de lui en vouloir un peu de me tenter si ouvertement mais après tout, c'était le jeu ! C'était de bonne guerre, et je souris du coin des lèvres.


- Tu triches, murmurai-je, alors que ses lèvres tout près des miennes m'avaient rendu complètement fou et que son odeur m'avait enivré d'un coup.

Elle attrapa ma main et m'attira un peu à l'écart.


- Dean Rosebury, tu me dois un strip-tease !

Ah !... Et elle ne faiblissait pas, en plus ! Mais cette référence me fit sourire un peu plus : c'était à moi de répondre, maintenant... Sans la quitter des yeux et profitant du coin un peu sombre où nous trouvions, sans ajouter un mot, je fis glisser ma veste que je déposai sur une chaise à côté de nous, puis, toujours sans défaire mon regard du sien, je desserrai ma cravate et la fis tomber sur ma veste, avant de desserrer les boutons de ma chemise pour être plus à l'aise...

Puis je fis un pas en arrière et laissai échapper un petit rire.


- Un jour, peut-être !

Profitant du petit effet que je devais avoir produit, je la pris par la taille et l'attirai vers moi. La musique qui passait était plus douce et quelques couples s'étaient formés sur la piste de danse, et je ne comptais pas rater ma chance. D'un geste autoritaire, je la pressai doucement contre moi et pris sa main, entrelaçant mes doigts dans les siens, comme si nous allions danser la valse. J'appuyai mon front contre le sien, et il me sembla tout d'un coup que l'éclat argenté de ses yeux illuminait le monde entier.

Ce n'est que quand la chanson se termina que nous nous écartâmes un peu ; il me fallut toutes les efforts possibles pour ne pas simplement embrasser ses lèvres, mais quelque chose s'était créé entre nous pendant ces petites minutes intenses, et j'avais l'impression que sans un mot et sans un geste elle avait pris tout mon coeur, pour de bon.

Puis la musique s'intensifia de nouveau et le charme se rompit, il y eut une voix qui se fit plus forte dans la salle et qui expliquait : un studio photo avait été ouvert en surprise, et on pouvait s'y faire prendre en photo, seul ou « en couple ». Bien évidemment, il ne fallut pas me le dire deux fois ; après un regard à Lilian, nous nous y étions dirigés sans plus attendre. Le décor mettait en avant les oeuvres de Sainte-Mangouste, et c'était des photos assez formelles ; j'attrapai ma veste au passage mais laissait ma cravate.


- Je veux absolument un souvenir de cette soirée, glissai-je à l'oreille de Lilian tandis qu'elle se rapprochait de moi pour la photo. Je n'avais pas besoin de me forcer à sourire : j'étais en cet instant l'homme le plus heureux et le plus fier du monde.

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Lilian Easter
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MessageSujet: Re: If you get a second chance : take it ! - L. E.   Sam 4 Mar - 11:17

La tension entre Dean et Lilian semblait être à son comble. Pourtant chasseuse aguerrie, Lilian sentait l'impatience grandir en elle et ses nerfs proches de craquer. Parce qu'elle souhaitait rendre la victoire – sa victoire sur Dean – la plus belle possible, elle se retenait de céder à la tentation de l'embrasser vivement, lui faire comprendre qu'il était temps d'arrêter de jouer et que les choses sérieuses pouvaient commencer. Mais la lutte était rude, les yeux clairs de Dean de plus en plus difficiles à soutenir, son sourire perçait à chaque fois un peu plus son cœur, ses mots lui faisaient monter le rouge aux joues et ses doigts entrelacés aux siens ne laissaient que peu de doutes quant à ses intentions. En résistant, la Sirène implacable voulait à la fois se tester mais également tester Dean, pour voir jusqu'où se trouvaient ses limites, jusqu'où il lui tiendrait tête.

Parce que c'était à lui de céder le premier, pas à elle. Il l'avait trop cherchée et également trop fait pleurer pour qu'elle lui tombe dans les bras au bout de cinq minutes. Et pourtant, Dieu sait qu'elle en mourrait d'envie. Dès qu'elle l'avait vu pour la première fois. Ses yeux verts, son sourire éclatant, la couleur de sa peau qui semblait avoir été choisie à la perfection pour faire ressortir l'émeraude de ses yeux et la blancheur de son sourire. Et puis sa bouche, cette bouche qui semblait la narguer et qui la pourfendait dès qu'elle dévoilait son sourire irrésistible. Etrangement, Lilian comprenait presque ce qu'elle pouvait provoquer chez les hommes. Pour un sourire de Dean, elle aurait été prête à bâtir un empire. Pour voir ses yeux pétiller à son passage, elle redoublait d'effort pour paraître irrésistiblement belle.

Quand elle repensait au jour où elle avait croisé Shannon dans le vestiaire, le jour de l'enterrement de Dan, le peu de force qu'il lui restait l'avait abandonnée et la jalousie avait pris le dessus. Comment ? Comment cette fille qui lui paraissait si banale pouvait être fiancée à un garçon comme Dean ? Avec une voix aussi insupportable de surcroît ? S'il n'y avait pas eu le décès de Dan, Lilian serait morte de jalousie – si tant est qu'à ce moment, elle était bien portante et pleine de vie. Et depuis l'annonce de Dean lui apprenant qu'il avait rompu ses fiançailles – merveilleuse nouvelle qui résonnerait comme de l'or aux oreilles de Lilian pour longtemps, la belle Sirène n'éprouvait plus aucune jalousie. Pourquoi ? Parce qu'elle savait que Dean n'avait d'yeux que pour elle. Elle et elle seule. Elle le sentait bien.

Sur la piste, ils étaient seuls au monde, le reste importait peu. Plus rien ne comptait que les oeillades langoureuses qu'ils ne cessaient de s'envoyer, comme un match de tennis. Il n'y avait rien d'autre à part les gestes malicieusement et subtilement étudiés pour ne laisser aucun doute tout en faisant planer une dernière once de mystère. C'était à qui tomberait le premier, fatigué de lutter. Et quand Dean prit dans sa main chaude la main fine de la belle, Lilian sentit son cœur rater un battement et manquer de tomber au fond de son ventre. Tout était prétexte à faire craquer l'autre : les rapprochements, les jeux de regards intenses, les mains curieuses, les parfums. Lilian se rendait bien compte que celui de Dean était en train de la rendre encore plus folle de lui qu'elle ne l'était déjà. Un parfum  ambré, puissant, avec des notes de cuir. Il lui correspondait tellement bien qu'elle fondait davantage.

Parfois, elle se demandait à quoi bon lutter ? Tous deux savaient pertinemment ce qu'ils voulaient – ce qui semblait être la même chose – et faire durer le jeu encore deux heures ou deux jours ne changerait pas grand-chose. Et pourtant, d'un autre côté, elle voulait vraiment voir de quoi Dean était capable, de quel métal il était fait pour résister aussi longtemps à LA Sirène. Il était clairement, parmi tous ses prétendants, celui qui avait tenu le plus longtemps. Chuck en comparaison, avait tenu deux minutes. Mais non moins ravie de cette prouesse, Lilian souhaitait le pousser dans ses retranchements. Et elle se faisait une joie de voir s'il allait craquer ce soir ou non. Toutefois, l'annonce de son dîner laissait vraisemblablement croire que ce ne serait pas ce soir. Mais rien n'était encore joué et avec le champagne qu'elle avait bu, Lilian se devait d'être doublement vigilante pour ne pas craquer la première et laisser Dean emporter la victoire.


- Tu peux compter sur moi pour que ça n'arrive pas

Le grain de sa voix, sa main emprisonnant la sienne, son visage trop près du sien, son sourire insolent et envoûtant, ses yeux irrésistibles... Lilian eut grand-peine à se retenir de défaillir et de l'embrasser immédiatement. A chaque fois, cela pouvait être le moment où il fallait laisser tomber les armes et s'accrocher au cou de Dean pour l'embrasser et lui montrer ce qu'elle voulait vraiment : lui.

Ce soir, on pourrait lui offrir une rivière de diamants, les plus beaux bijoux, lui promettre monts et merveilles, rien ne serait assez beau. Rien ne trouverait grâce à ses yeux si ce n'est Dean, encore Dean et toujours Dean. Au tout début de la soirée, quand elle l'avait vu descendre les escaliers dans son costard anthracite, elle n'avait eu d'yeux que pour lui et uniquement pour lui. Et la superbe savait que c'était réciproque. Pourtant Dieu sait que les éventuelles prétendantes – si elle pouvait appeler cela des prétendantes – papillonnaient des cils lorsque Dean passait devant elles, mais avec Lilian à son bras, inutile de dire que leurs chances étaient réduites à néant. Le sort était même jeté dès qu'elle fit irruption au gala. Et elle pouvait presque s'avancer sans trop se risquer pour dire que leurs chances avoisinaient les négatives à partir du moment où Dean avait pris sa décision de rompre ses fiançailles.

Bien qu'immodeste, Lilian se doutait bien qu'elle n'était pas la raison de la rupture entre Dean et Shannon, mais peut-être un engrenage qui, une fois enclenché, avait mis en branle tout un mécanisme rouillé mais qui fonctionnait et ne demandait qu'à démarrer pour faire réaliser à Dean ce qui n'allait pas au sein de son couple.

Pour toute réponse à Dean, elle le fixa droit dans les yeux, les étoiles malicieuses scintillant de mille feux dans les azurs éternels. Sa bouche rose s'étira en un sourire mutin et irrésistiblement irrésistible. Une de ses meilleures armes.

Armes qui ne lui fut pas de trop lors de leur nouvelle danse, durant laquelle tout semblait s'être décuplé entre eux. Tout paraissait amplifié, parce qu'ils avaient l'impression de jouer le tout pour le tout, d'abattre leurs dernières cartes pour qu'enfin l'un d'eux cesse et tombe à genoux. La belle lionne eut bien du mal à se retenir pour ne pas embrasser Dean lorsque ses lèvres effleurèrent les siennes. Un frisson lui parcourut l'échine – et elle pria pour que Dean, sous ses doigts, ne le perçoive pas – et elle tourna la tête, faisant jouer sa chevelure de soie, délicatement parfumée pour semer encore plus le trouble chez le jeune homme.

La bataille faisait encore rage entre eux lorsqu'elle l'amena à l'écart de la foule et Lilian tentait de se persuader en se disant que ce serait plus facile loin de tout ce monde. Dieu qu'elle se trompait ! Emmener Dean dans un coin un peu sombre du manoir était la porte ouverte à tous les vices. Ne pas céder, surtout ne pas céder! Surtout qu'il employait une stratégie rudement efficace : enlever sa veste de costume, laissant pleinement apparaître sa chemise sous laquelle Lilian n'eut aucun mal à deviner un corps musclé comme elle aimait, desserrer sa cravate, laissant son cou vulnérable à toute tentative de baiser ou de morsure, déboutonner les boutons de sa chemise... A chacun de ces nouveaux gestes, les battements de cœur de Lilian s'accéléraient – si tant est que cela soit encore chose possible vu que son cœur ne cessait de battre la chamade depuis le début de la soirée – et elle se retenait de toutes ses forces pour ne pas lui sauter dessus. Jamais elle ne se serait cru capable de résister à une tentation aussi forte, qui portait le doux nom de Dean Rosebury et qui en plus, se déshabillait rien que pour elle.

Enfin, c'est presque ce qu'elle croyait.


- Un jour, peut-être !

Joueur agile, il laissa retomber le suspens au moment opportun, laissant Lilian sur sa faim – et quelle faim ! Il n'en fallait pas plus pour la faire rebondir et lui faire, une nouvelle fois, preuve de ses incroyables talents de séductrice.

- J'espère que ce jour arrivera vite alors...

Mais elle n'eut pas le temps de le laisser tomber pour ses beaux puisqu'il lui coupa l'herbe sous le pied et l'attira à lui, leurs doigts s'emmêlèrent à nouveau, le contact de sa peau contre sa peau la fit frémir, et il appuya son front contre le sien, comme un homme lassé de combattre mais heureux d'avoir mené le combat qu'il venait de donner. Comme une salutation à l'adversaire. A ce moment précis, Lilian eut le sentiment qu'elle pouvait céder, que c'était sûrement le meilleur moment pour laisser tomber les armes et se donner à Dean, qu'importe la victoire. Sa victoire, c'était que ses sentiments à l'égard du jeune homme soient réciproques, peu importe qui abandonnait le premier. La Sirène commençait doucement à réduire la distance entre leurs deux visages déjà dangereusement proches lorsque Dean coupa le contact, lui coupant une nouvelle fois l'herbe sous le pied. Décidément, cette soirée était pleine de rebondissements et Lilian ne cessait de vouloir continuer pour voir jusqu'où toutes ces péripéties séductrices les amèneraient.

Un stand photo avait ouvert : le genre de photos qui pouvait se retrouver dans la Gazette du Sorcier le lendemain pour montrer aux lecteurs à quel point les privilégiés pouvaient se montrer généreux et que le personnel de Sainte-Mangouste se montrait reconnaissant. Autant dire que Lilian était habituée à ce genre de photos « solennelles » puisqu'elle s'y prêtait depuis de nombreuses années, à chaque fois qu'elle se rendait à New York voir ses grands-parents paternels qui, tous les ans, organisaient une soirée mondaine pour fêter le retour des enfants et petits-enfants prodiges. Dès le lendemain, les sorciers américains pouvaient voir à quels points les Easter-Schoonmaker étaient beaux et riches, tout comme leurs invités. Les photos animées reflétaient à merveille les scintillements des bijoux de ces dames et les sourires ultra bright pour certains de ces messieurs. Du fait de la notoriété de la famille américaine de Lilian, certains de ces clichés paraissaient même dans les journaux moldus, comme le célèbre Vogue, dont la rédactrice en chef était une des meilleures amies de la mère de Lilian.

Bien qu'elle eut préféré embrasser Dean, Lilian se réjouit finalement de cette séance photo inopinée.


- Je veux absolument un souvenir de cette soirée

Les mots de Dean lui provoquèrent un nouveau frisson, délicieusement agréable et la superbe sirène se laissa entraîner par son cavalier. Ils furent les premiers, tout le monde les laissant passer, conscients qu'aucun d'entre eux ne pouvait prétendre lutter avec deux monstres de beauté et de charisme comme Dean Rosebury et Lilian Easter.

- Tiens-toi prêt, je vais te montrer comment on pose pour ce genre de photos !

Faisant quelque peu allusion au monde doré duquel elle était issue et à son projet de carrière dans le mannequinat, Lilian adressa à Dean un merveilleux sourire naturel et taquin, radieuse à l'idée que tout le monde autour d'elle puisse admirer son nouveau trophée, celui qu'elle n'entendait lâcher pour rien au monde. Par cette photo, Lilian annonçait à qui voulait l'entendre et même à tout le monde que Dean Rosebury était à elle. Et quand Lilian Easter-Schoonmaker dit qu'un homme est à elle, cela signifie non seulement qu'il est inconcevable d'imaginer le lui ravir mais que cet homme est littéralement sous son charme, un marin tombé pour le chant d'une Sirène.

Dean et elle se placèrent devant l'objectif, elle passa le bras de Dean sur sa taille, se tourna de trois-quarts, croisa ses mains aux doigts de fée sur l'épaule du jeune homme et envoya au photographe son plus beau sourire naturel, certainement le plus beau de tout son répertoire. Inutile de dire que lorsque la photo serait développée, Dean n'en serait encore que plus fou d'elle. Mais, royale et divine jusqu'au bout, elle demanda gentiment une nouvelle photo, ce qui lui fut accordé. Tout était question de séduction et de taquinerie. Lilian était dans son élément.

Alors sa pose changea. Se mettant droite face à l'appareil photo, elle posa cette fois son bras sur l'épaule de Dean et aguicha l'objectif d'un regard furieusement séducteur, le regardant légèrement en contreplongée à cause du diadème de cuivre qui couronnait ses yeux et pinçant le coin de ses lèvres. Elle était la reine, elle devait le faire savoir. Alors une autre photo lui fut accordée et cette fois, elle attrapa Dean par le col de sa chemise déboutonnée et l'attira à elle. Sur la troisième photo, ils se regardaient droit dans les yeux. La tension et la séduction étaient incroyablement palpables, tant le jeu entre eux était intense.

Quand ils ressortirent du studio, les photos en main, Lilian rayonnait de bonheur ; bonheur qui allumait des dizaines de petits soleils et la rendait encore plus belle qu'elle ne l'était déjà.


- Tiens, tu n'as plus qu'à les mettre dans un cadre doré avant que je vienne dîner chez toi ! Et, pour lui rendre la pareille, elle ne lui laissa pas le temps ni de réagir, ni de répondre et l'attira tout contre elle. Il me tarde d'ailleurs de visiter ton appartement...

La belle avait hésité à lui dire qu'elle regrettait presque que ce dîner n'ait pas lieu ce soir, mais elle ne voulait que Dean comprenne ses dires de travers. Enfin, de toute façon, ils n'étaient plus à ça près. Tous deux savaient. Et puis, elle n'était pas Lilian LA Sirène pour rien, il fallait bien qu'elle le pousse à bout. Dean serait sa plus belle bataille et surtout, sa plus belle victoire, Lilian en était persuadée.

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