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I'm feeling drunk and high, so high, so high ! (Emmy)

 

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  I'm feeling drunk and high, so high, so high ! (Emmy)

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Chuck Carlton
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MessageSujet: I'm feeling drunk and high, so high, so high ! (Emmy)   Ven 8 Avr - 16:22





Parfois quand je buvais vraiment trop et que mes pensées partaient toutes seules, je me disais que je n’étais rien d’autre qu’un type faible comme mon père, que l’alcool c’était facile, tellement facile, et que ça noyait tout. Un peu con, pas vrai ? Quand je le vomissais tellement, ce mec inutile caché dans son garage, sa crasse, son huile, et ses bouteilles de whisky, parce qu’il n’avait pas les couilles pour faire partie de sa famille, pour s’opposer à sa femme, pour s’occuper de nous. Ca aurait – presque – pu me faire arrêter de boire, de me défoncer, et puis l’instant d’après on me proposait un rail ou bien la musique cognait un peu plus fort et je partais dans un grand WOUUUUUHOUUUU hystérique et j’oubliais tout. Je m’en foutais, merde à la fin ; j’avais personne, moi, pas de famille, de mioches qui dépendaient de moi, et je n’avais même plus mon petit frère. Alors… Qu’est-ce que ça pouvait bien faire, les chiens ne font pas des chats, comme hurlait toujours ma mère pour me chercher et parce qu’elle savait que ça me foutait dans une humeur massacrante. Elle avait peut-être raison, même si ça me faisait mal au cul de le dire.

Au moins je m’éclatais et je profitais, moi. Au moins je vivais ma vie sans me faire chier et je m’amusais, MOI. Au moins j’étais pas une vieille épave devant ma putain de télé avec des faux ongles et des fausses couleurs de cheveux et mon téléphone vissé à l’oreille pour raconter à tout le monde les potins du quartier. Au moins je ne débarquais pas des années plus tard avec un secret gros comme une maison en guise d’excuses minables, au moins je n’étais pas une sombre conne. C’était déjà ça.

Je ne savais même plus comment avait commencé cette soirée, mais c’était de la bombe ; de la GROSSE bombe. J’étais complètement ailleurs – parti, envolé, loin, très-haut, pschhhhht, pof, comme un bouchon de champagne. Qu’on se démerde pour me retrouver après que j’ai jailli de la bouteille, ça risquait pas d’arriver, tiens ! Il fallait dire que je-sais-plus-qui pote avec je-sais-plus-qui revenait d’Amsterdam et nous avait rapporté de jolis petits souvenirs qu’on n’avait pas traîné à essayer, loin de là. Les murs de la maison flottaient dans les airs, c’était dingue, ils gondolaient comme si il faisait une chaleur de dingue et ils étaient bleus et verts, fluorescents, ils ondulaient au rythme de la musique et ça me fascinait parce que je me demandais comment c’était possible et le fric que ça devait coûter une installation pareille. La moquette c’était du sable, je marchais et c’était doux et ça s’enfonçait et je tanguais du coup, c’était un peu mouvant, casse-gueule, mais je pouvais tomber ça ne faisait pas mal au contraire, c’était génial, j’avais envie de rester là toute la nuit. D’ailleurs il y avait Ashley qui était couchée par terre et qui fixait le mur et qui me parlait de fissures qui bougeaient, avec des grands yeux effrayés, mais quand je lui expliquai qu’on était couchés dans du sable comme à la plage, elle parut un peu rassurée. Les gens faisaient tout et n’importe quoi autour de nous, tous les deux couchés par terre, et j’avais l’impression que c’était un joyeux bordel organisé où chacun avait sa place, que ça formait un tout, même si ça avait l’air de rien. J’étais bien. J’étais détendu, putain ! Comme jamais je n’avais été détendu depuis des mois. Je flottais à l’extérieur de mon corps, de la maison, de la ville, je voyais plein de choses à la fois, à tel point que parfois je devais m’obliger à ne pas cligner des yeux en me tenant les paupières pour ne rien manquer au spectacle. Comme quelqu’un passa au-dessus de moi et me caressa les cheveux, je me relevai un peu ; c’était une petite rousse qui me tendit une bière avant de partir en dansant et je me mis à siroter la bouteille comme si tout d’un coup j’avais une soif infinie que je me devais de combler complètement. Les murs tournaient maintenant, mais pas trop vite, je n’avais pas le tournis. Je crois qu’Ashley était endormie, elle ne bougeait plus. Elle avait les mains sous sa tête et en la voyant j’eus envie de pioncer moi aussi, terriblement, tout d’un coup, bam, mais j’étais tiraillé entre continuer à regarder le spectacle et à m’endormir dans le sable chaud… Impossible de choisir… Et puis quelqu’un tira ma main et m’emmena danser et me fit rire sans que je puisse m’arrêter et on tomba sur le canapé et je me marrais comme une baleine et j’en avais mal au ventre, mal à la gorge, mal aux yeux tellement je riais, c’était pas possible de rire autant, j’avais l’impression de m’envoler encore plus haut tellement je partais tout là-haut, dans les airs ! J’étais un pirate, un corsaire, mon bateau flottait au lieu d’être sur l’eau, c’était ça l’histoire, je n’étais personne d’autre et je me demandais si c’était possible d’être aussi heureux que je l’étais maintenant, d’être délivré de tout et de se sentir aussi bien, et si j’avais l’impression qu’il y aurait pu y avoir des trucs dans mon passé pour me rendre triste c’était tellement loin de moi, tellement disparu dans l’air, tellement… Différent, voilà, ce n’était plus moi tout ça et j’étais quelqu’un d’autre et c’était tout aussi bien et la musique me portait et je pouvais danser toute la nuit comme ça, mon cœur c’était la batterie et je bougeais comme si le reste de mon corps était tous les autres instruments et quelqu’un me poussa dehors et nous demanda de partir de la maison parce que c’était fini, il fallait arrêter, et je riais et je flottais et c’était pas grave parce que la fête et la musique étaient à l’intérieur de moi et qu’elles continuaient avec moi et que je pouvais bien aller me perdre dans les rues noires j’étais tellement léger et serein, je riais à chaque pas avec mes potes, on avançait et on zonait et je savais que j’avais enfin retrouvé tout ce qui me manquait et c’était comme une soirée d’Août quand on était gamins, aucune responsabilité, rien du tout, de l’air doux, rien d’autre à penser que le temps qui s’étirait à l’infini comme de la guimauve toute sucrée.

Il fallait ABSOLUMENT que je vois Emmy, là maintenant tout de suite, il fallait qu’elle me fasse rire et que je lui explique comment c’était génial la vie et qu’on aille faire du skate et se marrer et jouer au parc pour enfants sur les balançoires et qu’elle s’envole avec moi, ça tombe bien j’étais dans sa rue et même devant chez elle et c’était facile d’escalader le portail il y avait un petit mur dehors et hop je décollai parce que de toute façon je volais et de l’autre côté il y avait leur poubelle sur laquelle atterrir et elle tomba dans l’herbe avec moi et je restai vautré par terre à regarder les étoiles, incapable de bouger le temps que mon fou rire silencieux se calme. C’était chouette ici, c’était calme, et là-haut où j’étais les étoiles brillaient avec de la musique à fond, et ça contrastait, c’était drôle. Je me relevai en zigzaguant et en ricanant pour aller de l’autre côté, sous la fenêtre d’Emmy, et en levant les yeux je me dis que j’avais un téléphone aussi, et je le sortis de ma poche et il était éteint et ne marchait plus, alors que pourtant il n’était resté que quelques secondes au fond des chiottes tout à l’heure, j’étais certain de l’avoir essuyé, mais sans doute qu’il sècherait et se rallumerait et je décidai de le laisser dans l’herbe pour qu’il sèche au soleil demain après tout le monde entier était une plage et il ferait chaud quand il ferait jour, bientôt, j’étais sûr. Du coup il y avait toujours l’option caillou, mais il faisait sombre et je n’avais pas trop les yeux en face des trous et ce n’était pas si évident que ça de trouver des cailloux comme ça alors je me mis à prendre de la terre  dans les plates-bandes pour en faire des petites boules et je me mis à bombarder les volets d’Emmy en gloussant dans ma barbe et en chuchotant Eeeeeemmmmmmyyyyyyyy comme un fantôme et je faillis viser en plein dans son nez quand elle apparut les cheveux ébouriffés, aussi peu réveillée que bien étonnée, et je lui dis avant toute chose :


- CHHHHUUUUUUUUUT !

Parce que les gens dormaient et que j’avais envie de rire et c’était difficile de garder un rire vraiment silencieux.

- Desceeeeends meuuuuuuuf, et comme je faisais des grands gestes elle comprit le message et disparut pour réapparaître un peu après dans le jardin et venir à ma rencontre.

Je lui sautai dessus et la pris dans mes bras en riant et l’entraînai avec moi dans ma chute dans l’herbe et je fis exprès de lui décoiffer les cheveux encore plus et voilà elle était couchée dans le sable avec moi et je ne m’étais pas rendu compte avant que sa maison avait une piscine sur le toit et des fenêtres fluorescentes et je me mis à éclater de rire sans pouvoir m’arrêter parce que c’était drôle et que ça n’avait pas de sens que la piscine soit à l’envers et il n’y avait même pas d’échelle pour y monter !


- Il faut que tu vois ça c’est géniaaaal, soupirai-je, au bout de mes forces de tant rire. On est pas bien là, mon petit raton laveur ? Je pinçai son nez et des joues comme si elle avait été un petit enfant. Viens me faire un câlin, et je roulai sur elle pour l’embrasser et glisser ma main sous son t-shirt de pyjama.

_________________

CHUCK CARLTON
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Dernière édition par Chuck Carlton le Dim 10 Avr - 16:09, édité 1 fois
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Emmy Yeats
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MessageSujet: Re: I'm feeling drunk and high, so high, so high ! (Emmy)   Ven 8 Avr - 22:45

♪ ♫ ♪

« All those eyes on me
As I sink into the open sea
Color in my sheltered mind
Fill the gap between you and I

We are the sleepers
We bite our tongues
We set the fire
And we let it burn
Through the dreamers
We hear the hum
They say, "Come on, come on, let's go."
So come on, come on, let's go

It's warm, the skin I'm living in
It creates and shapes what is within
So please look away, don't look at me
As we sink into the open sea

(...)

So come on, come on, let's go

I know that it's a waste of time
Chasing in the dark
But keep me in your clouded minds
'Til time ignites a spark. »



Mes paupières se faisaient de plus en plus lourdes, mais mon corps n’était pas tout à fait endormi, comme si quelque chose à l’intérieur l’empêchait de sombrer et l’obligeait à lutter ; je me retournai pour la dixième fois, poussant un soupir. J’ouvrais à nouveau les yeux, fixant mon téléphone sur la table de chevet. Arrête, murmurai-je pour moi-même, mais incapable de m’écouter, je me penchai pour l’attraper, la lumière artificielle de l’écran m’aveuglant un instant. 1h36. Aucun message. Je cliquai sur la petite enveloppe de l’application des messages, cherchant le dernier que j’avais envoyé à Chuck. « Passe une bonne fin de soirée, je te vois demain, gros bisous face de pet <3 »Toujours aucun accusé de réception. Contrariée, je reposai le téléphone et roulai de l’autre côté du lit, comme pour me forcer à m’éloigner de la tentation de vérifier toutes les minutes. Il n’avait sûrement plus de batterie et en pleine soirée, ce n’était pas grave, ce n’était pas la peine de s’inquiéter pour rien. Peut-être que mon message s’était mal envoyé ? J’avais hésité à lui en renvoyer un, ou l’appeler, mais pourquoi faire ? L’ombre de Taylord avait plané dans l’air, et je m’en étais voulue de pendant un instant d’envisager de me comporter comme elle. Chuck n’avait pas besoin d’une babysitter, j’avais confiance en lui…

...Plus ou moins. Les images de lui assis sur le sol dans cette boîte de nuit, ses yeux révulsés, en bad trip complet, ne m’avait jamais vraiment quitté, et elles aimaient revenir flotter dans mon esprit dans ces moments. S’il lui était arrivé quelque chose ? Je ne savais même pas où il était à vrai dire, et pendant un instant, je regrettais de ne jamais insister pour venir à ces soirées. Mais à quoi bon ? Pour le pister ? C’était ridicule ! Nous avions chacun nos vies, nos amis, nos soirées… Je savais que Chuck avait ses vices, je n’étais pas stupide, j’avais accepté le deal en me mettant avec lui. Bien sûr qu’il souffrait de la mort de Coop, qu’il était perdu et se débrouillait pour supporter comme il le pouvait. Comment aurais-je pu le juger ! Pour l’instant, ce n’était pas trop de hors de contrôle, il me semblait, ou du moins, j’étais rassurée de me le dire… Mais maintenant qu’il faisait nuit noir, qu’il ne répondait pas, que tout était silencieux, j’avais l’impression que mes remparts s’affaissaient ; c’était comme si ma peau devenait poreuse et que s’infiltrait un nuage toxique à l’intérieur de mes organes et mes veines. Je ne voulais pas devenir cette fille-là, celle qui attendait terrifiée le soir que son copain rentre entier de ses soirées trop arrosées – ou trop poudrées, devrais-je dire – et me torturer l’esprit jusque-là. Tout était toujours si simple avec Chuck, si évident… Ce n’était pas nous, ça. Ce n’était pas moi. J’enfonçai ma tête dans mon coussin, me maudissant. Tout allait bien. Je verrais Chuck demain comme prévu, il n’y avait pas de raison de s’inquiéter et de me gâcher la soirée !

Surtout que j’en avais passé une bonne. J’étais sortie dîner avec Ezra et deux de ses amies que je connaissais bien, puisqu’il les fréquentait depuis Poudlard, et nous avions été dans un restaurant thaïlandais avec des plats parfumés et épicés, de toutes les couleurs. J’avais été détendue, riant aux éclats en écoutant les anecdotes de Salomé qui travaillait à Florian Fortarôme et imitait les pires clients qu’elle avait pu avoir. Mon humeur était légère, taquine, j’avais envie de simplement profiter, et la soirée s’était tranquille étendue, nous nous étions baladés dans les jardins de Kensington, longeant la Serpentine en discutant joyeusement. Au-dessus de nous, le ciel était voilé, sans étoiles, et les lumières de la ville dégageaient une aura orangé qui se mêlait au bleu nuit. J’avais transplané pour rentrer, me callant avec une tisane sous ma couette devant quelques épisodes de The Big Bang Theory. C’était si simple d’être heureuse, dans ces moments. Rien ne m’inquiétait.

Je m’étais mise au lit et j’avais envoyé un message à Chuck, parce que comme toujours, il était dans un coin de ma tête, et c’était ainsi que les questions étaient revenues au galop, et l’angoisse aussi. Je tournai à présent dans mon lit, me rassurant tout en étant incapable de complètement m’endormir. Mais j’étais fatiguée pourtant, épuisée même, de ma semaine de boulot… A quoi bon lutter, qu’attendais-je, que Chuck me donne un signe de vie ? Je ne pouvais plus tenir, mes paupières me faisaient à présent presque mal, et j’abandonnais, ma couverture toute chaude contre ma peau, me berçant…

…Hmmm… Je me retournai à nouveau dans mon lit… Pourquoi il y avait du bruit… Qu’est-ce qui se passait… Quelqu’un m’appelait…

Violet ? Avais-je rêvé ?... Je me redressai, ensommeillée, fronçant les sourcils. Debout contre mon lit, elle me tirait le tee-shirt. Ses cheveux tout emmêlés formaient un halo autour de son visage endormi.


- Y a quelqu’un qui t’appelle et tape à ma fenêtre, dit-elle en chuchotant. Je crois que c’est Chuck…

Sautant sur mes pieds, toujours embourbée dans mon sommeil, j’attrapai la main de Violet qui me conduisit dans sa chambre, voisine de la mienne. Des bruits étranges résonnaient, provenant des volets. Je m’approchai, les ouvrant, tombant nez à nez avec Chuck qui riait dans mon jardin. Il me fallut quelques secondes pour percuter exactement ce qui se passait.

- CHHHHUUUUUUUUUT !

Mon coeur se mit à cogner plus fort.

- Desceeeeends meuuuuuuuf, hurla-t-il à moitié, ne voyant sûrement pas les gros yeux que je lui lançai et mon index contre ma bouche, lui indiquant de se taire. Il voulait réveiller toute ma maison ou quoi ?
- Pourquoi il est là ? Pourquoi il veut que tu descendes ? Il est pas trop tard ? Demanda Violet d’une petite voix. Elle tenait son ours en peluche contre elle.
- Ne t’inquiète pas ma puce, tout va bien, va te recoucher, je suis désolée, il a dû confondre nos fenêtres, expliquai-je. La soulevant dans mes bras, je la reposai sur son lit et embrassai le sommet de son crâne.

Ne t’inquiète pas… J’aurais pu voulu qu’on me le dise aussi. Dans ma chambre, j’enfilai mon jogging que j’enfilais par-dessus mon caleçon de pyjama, mon déshabillé tout doux et mes pantoufles, et me hâtai en bas. Quelle heure était-il ? Qu’est-ce que Chuck faisait-il là ? Au fond de moi, je savais que ce n’était pas un très bon signe…

Mais je n’eus pas le temps de demander à Chuck si tout allait bien, car à peine arrivai-je à sa hauteur, il se jeta sur moi en riant, me faisant tomber – je poussai un cri de surprise qu’il n’entendit pas – et contre moi, toujours hilare, il se mit à me décoiffer. Ses yeux étaient écarquillés, il avait l’air complètement ailleurs, complètement pété, ses gestes étaient frénétiques et décomposés en même temps, comme s’il n’avait plus conscience de son corps ; il n’était plus conscient de rien, hors de contrôle, et je paniquai un instant de le voir dans un tel état. Sous moi, l’herbe était humide, et je claquai légèrement des dents. Chuck n’avait que son sweat, et s’il commençait à faire vraiment froid ces derniers temps, il n’avait pas l’air de s’en soucier le moins du monde, au contraire, il avait l’air de mourir de chaud… Oh, je savais, n’est-ce pas ? Je savais très bien ce qui était en train de se passer.


- Il faut que tu vois ça c’est géniaaaal ! Il riait encore et encore, roulant à moitié sur le sol, convulsant presque. J’avais l’impression d’être dans un mauvais rêve, où tout allait trop vite et je ne comprenais pas trop les connexions On est pas bien là, mon petit raton laveur ? Il pinçait mes joues, mais c’était comme si c’était mon cœur – en un instant, j’avais un peu plus chaud, et l’envie de sourire car quelques secondes seulement où je pouvais prétendre que tout allait bien. Viens me faire un câlin.

Ce fût tout en même temps, j’eus chaud parce qu’il s’était mis au-dessus de moi et m’embrassai, mais juste après, sa paume froide se plaqua sur ma poitrine d’un geste avide et autoritaire ; ce n’était pas agréable, je ne comprenais rien à ce qui se passait, ça allait trop vite, j’étais à peine réveillée, et qu’est-ce qu’il faisait là, à cette heure, chez moi, qu’est-ce qu’il avait pris, est-ce qu’il allait bien ?! Je me redressai, le forçant à légèrement s’écarter. Il riait tellement qu’il m’échappait à moitié, tanguant complètement.

- Chuck, calme toi, qu’est-ce que tu fabriques, murmurai-je, d’une voix moins assurée que je n’aurais voulu. Je frottai mes yeux. Tu veux réveiller tout le quartier ou quoi ? Mais je ne voulais pas le gronder, et je me repris. Qu’est-ce qu’il faut que je vois, de quoi tu parles ?

Mes deux mains se posèrent sur ses bras, et le tint droit, face à moi, comme s’il avait un enfant que j’avais voulu calmer. Ses yeux papillonnaient et j’avais l’impression qu’il ne me voyait même pas. Il semblait fasciner par l’herbe et la façade de maison.

- S’il te plaît Booboo, calme toi deux secondes, je n’arrive pas à te suivre, ajoutai-je plus doucement.

Je voulais tant le suivre, pourtant, pensai-je… Il souriait de toutes ses dents, ailleurs, heureux, mais en même temps un peu fragile, comme s’il s’effritait entre mes doigts. Je sentis toute l’inquiétude et la tendresse que j’avais à son égard se cristalliser autour de mon cœur, m’envahissant complètement, et je ne pouvais juste pas me retenir, c’était partout en moi, comme une évidence. Je ne pouvais pas m’écarter complètement de lui, lui en vouloir de débarquer en pleine nuit défoncé, je l’aimais trop ; je me penchai vers lui, l’embrassant cette fois avec beaucoup plus de douceur, prétendant que je voulais le contenir, le rassurer, alors qu’au fond, c’était moi que je voulais rassurer et forcer à oublier que sous les miennes, les lèvres de Chuck n’avait plus leur goût familier.

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: I'm feeling drunk and high, so high, so high ! (Emmy)   Dim 10 Avr - 16:45

Tout d'un coup je me retrouvais redressé, face à Emmy, ce qui me fit sourire et rire encore plus, avant de me rendre compte... Qu'elle avait totalement compris de quoi il s'agissait, elle avait mis les bons habits, et si elle essayait de me dire quelque chose visiblement je n'avais pas du tout l'esprit assez concentré pour ça et j'attrapais ses habits en me sentant partir encore, en avant, en fou rire, en tout et n'importe quoi :

- Ooooh mais t'es tellement trop coool, t'as mis la bonne tenue en plus, parce que le peignoir c'était bien pour la plage, et je comptais bien y aller pour de bon, puisque le sable était toujours si confortable et tiède et qu'au-dessus de nos têtes il y avait cette piscine improbable que je visualisais flottante et gondolée et mouvante comme les murs de tout à l'heure. C'est doux ça, c'est super doux !

Le tissu était tellement doux et moelleux que j'eus envie là, tout de suite, de me coucher dessus comme si c'était ma serviette de bain posée sur la plage et je me pressai contre elle pour qu'elle bascule et que je puisse me coucher sur elle mais elle résista un peu alors je laissai ma tête enfouie dans le tissu, à faire des "hmmmm" de satisfaction et à rire de temps à autres parce que quelque chose s'agitait à l'intérieur de moi continuellement : ce quelque chose c'était le bonheur, un bonheur aussi simple qu'on les fabrique et aussi puissant qu'une bombe et il était à l'intérieur de moi pour de bon, il ne me quitterait plus, je le savais, je le savais ! J'étais TELLEMENT bien, tellement à l'aise, tellement bien dans mon corps et à la fois je flottais partout, c'était dingue, magique, ultime, cosmique, et tout ce que vous voulez, et je serrai Emmy dans mes bras en frottant mon visage contre son peignoir en riant et en souriant de toutes mes dents et je me demandais pourquoi le monde dormait et pourquoi le jour n'était pas arrivé alors qu'il y avait tant de choses à vivre et à sentir en cet instant et qu'ils passaient tous à côté de quelque chose.

- S’il te plaît Booboo, calme toi deux secondes, je n’arrive pas à te suivre, me chantonna la voix d'Emmy venant de loin et je me redressai à regret de ma serviette de plage si douce pour la regarder et lui ébouriffer la tête encore une fois avant d'éclater de rire. Elle m'embrassa et je sentis que tout ce que je ressentais se communiquait à elle - la musique, la lumière, tout ça.

- Boooobooooo, répétai-je parce que c'était mignon et elle était mignonne et elle me faisait rire, c'est de la faute de cette piscine, à l'envers, je me demande pourquoi (crise de rire), je te promets c'est génial, je vois tout, je suis bien, je suis tellement bien !

Je me laissai tomber en arrière, les bras en croix, dans le sable. Au-dessus de mois les étoiles faisaient une fête du tonnerre, elles brillaient et scintillaient et bougeaient dans tous les sens et j'essayai de le dire à Emmy mais seulement quelques mots sortirent de ma bouche et je m'arrêtai ensuite parce que j'étais tellement hypnotisé par le spectacle de ce qui se passait que je ne pouvais pas être déconcentré et en perdre une miette. C'était l'été, le plein été, c'était dingue ce qui se passait : une fête dans les airs, une fête juste là, sur le sable, autour de moi, une immense fête, le monde entier était une fête et tout le monde dansait et riait et buvait sur la plage et je sentais le soleil sur ma peau et c'était tellement agréable et il y avait même des gens qui faisaient du surf sur les vagues un peu plus loin, c'était la Californie mais en mieux, c'était le paradis et j'avais enfin trouvé cet endroit que je cherchais tant, c'était génial, tout simplement génial ! Mon coeur battait au rythme de la musique, toujours, je sentais les grains de sable entre mes doigts et Londres n'existait plus, Londres était devenu cette immense plage infinie, et je savais qu'Emmy le voyait aussi sinon elle ne serait pas descendue, pas comme ça, et j'étais heureux, tellement heureux ! Il faudrait prévenir tout le monde, oui... Ramener tout le monde ici pour qu'ils voient ça aussi... Peut-être qu'ils m'expliqueraient même pourquoi on avait choisi de mettre une piscine à l'envers sur un toit mais peut-être aussi que je le devinerai moi-même après tout, pourquoi attendre...

- Mais oui, voilà, ça c'est une bonne idée !

Je cherchai le bras d'Emmy pour la tirer vers moi, qu'elle se couche à côté de moi, qu'elle voit, qu'elle sente, qu'elle comprenne. Elle me sembla résister un peu alors je la tirai plus fort en me sentant partir encore en fou rire.

- Alleeeeez s't'eu plaaaait vieeens voir, viens là et couche toi avec moi je te promets, il faut que tu vois...

Elle se mit à côté de moi, sur le dos, et regarda le ciel et je me demandais si elle le voyait elle aussi, si elle essayait, si elle me croyait ? Les étoiles étaient de couleurs différentes et clignotaient comme une boule de disco et je sentais précisément qu'elles s'allumaient en rythme avec la musique, avec les battements de mon corps, et je me sentais en transe, c'était dingue, incroyable, je faisais partie des éléments, du ciel, ou l'inverse, j'étais là et je me voyais là haut et j'avais envie de pleurer tellement tout ça c'était magique et heureusement que je ne pouvais pas m'arrêter de rire et de sourire du coup je ne pouvais pas pleurer mais à la fois ç'aurait été des pures larmes de joie et j'avais l'impression qu'il m'arrivait tellement de choses que mon corps ne pouvait pas suivre, c'était trop, c'était trop intense, c'était trop beau. Il faisait chaud et doux et j'étais conscient que j'étais passé ailleurs, que je j'avais enfin réussi à faire tomber le voile, que j'avais découvert la réalité, que je m'étais libéré du monde d'avant qui était tellement nul, que j'avais trouvé un passage et que tout serait différent maintenant, tout serait tellement mieux, tellement plus magique. C'était ce que j'essayais d'expliquer en montrant du doigt les étoiles à Emmy, je lui parlai des boules de disco, je lui parlai de tout ce que j'avais vu, des maisons qui volaient et des murs qui bougeaient, je lui décrivis que j'avais réussi à passer derrière, je lui expliquai que maintenant le monde était une fête, que mon coeur était libre, que j'avais compris, que j'avais trouvé comment être heureux, que j'avais trouvé ma plage et que j'y restais, j'avais décidé, qu'ici c'était l'été pour toujours et qu'elle n'avait qu'à attendre le lever de soleil pour voir que j'avais raison, et je riais et je me roulais contre elle et je mettais ma tête dans son cou et je respirais son odeur et j'étais bien et elle était bien et on était bien, pas vrai, on était tellement bien ?!

- Je suis tellement content que tu sois là, que tu aies compris, que tu aimes la plage, je te jure, je suis tellement content, répétai-je pour la centième fois en me couchant à moitié contre elle parce que le sable était si chaud qu'il commençait à me brûler un peu le dos. Tu me crois hein ? Tu me crois ? Parce que je veux que tu viennes avec moi, là-haut, parce que je t'aime, et j'essayai de chercher ses lèvres pour l'embrasser mais je ratai ma cible et embrassai le sable et il me chatouilla et je me mis à rire de plus belle.

En me poussant sur mes bras et mes jambes, je me mis à quatre pattes puis debout et Emmy aussi et je m'accrochai à elle en me marrant parce que le sable était trop mou pour que je trouve mon équilibre.


- Viens avec moi, on monte, on va voir là-haut, tu me suis ?

Avec un grand sourire aux lèvres je pointai du doigt la piscine qui s'était illuminée de lumière bleue et qui se mettait à osciller comme les murs, ce qui me fascina encore plus et je guettai la réaction d'Emmy qui ne pouvait être qu'éblouie elle aussi, puisqu'elle voyait, elle voyait tout, comme moi !...

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Emmy Yeats
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MessageSujet: Re: I'm feeling drunk and high, so high, so high ! (Emmy)   Lun 11 Avr - 17:51

J’avais une étrange impression de déjà-vu, non pas parce que j’avais déjà vécu cette scène, mais parce que je l’avais imaginé. J’avais toujours su, peut-être, que j’aurais un jour à gérer Chuck complètement high et à côté de la plaque. Alors pourquoi étais-je ainsi inquiète ? Ne l’avais-je pas vu venir ? Je n’arrivais pourtant pas à savoir exactement comment je devais réagir, quoi faire, c’était bien pire que ce que j’avais visualisé ! Non seulement Chuck était ailleurs, mais je n’étais pas avec lui, comme si nous étions sur deux fréquences différentes. L’atteindre et l’aider me paraissaient impossible car il était trop loin, trop incompréhensible, et il n’entendait même pas ma voix qui se voulait aimante et rassurante. A quel moment devais-je dire stop et véritablement m’alarmer ? Il était heureux, euphorique, ce qui était plutôt un bon signe il me semblait, mais était-ce une raison pour laisser la chose se dérouler ? Combien de temps est-ce que ça allait durer ? Est-ce que c’était dangereux ? J’étais contente que Chuck soit venu me trouver, car je crois que c’était le seul moment où j’étais sûre qu’il était en sécurité, mais comment était-il arrivé ici, dans un tel état, comment avait-il pu se souvenir d’où j’habitais ? Mon imagination dessina sa silhouette tanguant dans les rues, frôlant les voitures, et un frisson remonta le long de ma colonne.

- Ooooh mais t'es tellement trop coool, t'as mis la bonne tenue en plus. C'est doux ça, c'est super doux !

Chuck n’écoutait clairement pas ce que je lui disais, et il semblait fasciné par mon peignoir, fourrant son visage dedans en crisant de rire et en poussant des petits soupirs de plaisir. Il me paraissait tout petit, tout à coup, contre moi, avec ses rires d’enfant d’innocent, et cela pinça tout mon cœur. Je voulais tellement qu’il soit à nouveau heureux, je voulais l’aider, mais je savais que je ne pouvais pas le sauver, que j’étais un support tout au plus, mais je ne pouvais pas m’empêcher de vouloir tellement être suffisante, d’être comme une ancre pour le stabiliser… Mais non, il continuait de dériver, et j’avais beau m’accrocher et tout faire pour le faire sourire, j’avais la nette sensation qu’il s’éloignait de plus en plus, préférant ses paradis artificiels…Chuck me serra dans ses bras, et quand ses cheveux vinrent chatouiller mes narines, malgré une odeur étrange que je ne reconnaissais pas, il y avait toujours ce parfum familier et rassurant que j’aimais tant. Je fermai les yeux, respirant fort, mes paupières crispées. C’était toujours Chuck, peu importe son état. Je l’écartai un peu de moi pour le voir et essayer de le calmer, mais il se débattit et fourragea dans mes cheveux en ricanant. En l’embrassant, j’essayais de me rassurer et de le temporiser, mais ses lèvres palpitaient entre les miens, bloquées en un rictus hilare, et je m’écartai à contre-cœur.

- Boooobooooo… C'est de la faute de cette piscine, à l'envers, je me demande pourquoi, je te promets c'est génial, je vois tout, je suis bien, je suis tellement bien !

J’allais répliquer, mais Chuck me prit de cours en se laissant tomber brutalement sur le sol, m’arrachant un cri de surprise – sa tête avait tapé la terre humide et je m’inquiétai qu’il se soit fait mal, mais évidemment, il riait trop pour comprendre. Il semblait hypnotisé par le ciel, et il murmurait des bouts de phrases que je ne comprenais pas ; l’été, la fête, du sable, et toujours cette histoire de piscine qui m’échappait. Mais qu’est-ce qu’il avait bien pris pour être dans tel état ?... Habituellement, je savais bien ce qui le branchait, la weed, la cocaïne, des petites pilules de temps en temps – de plus en plus souvent – mais ça, cet état d’hallucination complète, je ne l’avais jamais vu ou peut-être ne l’avais-je jamais su ? Est-ce qu’il prenait du LSD et des champis souvent ? Au final, je n’en savais rien… Cette pensée contracta tout mon cœur et je fermai les yeux à nouveau, avec l’envie terrible de pleurer. C’était stupide pourtant, Chuck riait tant, il avait l’air si heureux, et je voulais juste le suivre, rire avec lui, mais quelque chose me bloquait malgré moi.

- Mais oui, voilà, ça c'est une bonne idée !

Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas ce qu’il voulait dire, mais je savais qu’il ne servait à rien de l’interroger. Son bras m’attrapa et m’entraina, je protestai, mais encore une fois, à quoi bon ? Cela faisait même plus rire Chuck qu’autre chose.

- Alleeeeez s't'eu plaaaait vieeens voir, viens là et couche toi avec moi je te promets, il faut que tu vois...

Je ne pouvais rien lui refuser, pas vrai ? Je glissai sur le sol, le corps un peu raide, tout près de celui de Chuck qui tremblait. Mes yeux rivés vers le ciel, je me demandai ce que Chuck pouvait bien voir de si magique, mais il ne tarda pas à me décrire, répondant à ma question. Ses mains fébriles décrivaient des gestes brusques et déconnectés, et je les suivais, écoutant ce qu’il me racontait sur les boules discos, les choses qui volaient, la musique incessante, le bonheur, et cette plage… Cette plage qui était le paradis, et qui le protégeait, il était passé de l’autre côté, il ne cessait de le répéter, l’autre côté, l’autre côté, l’autre côté, et plus il le disait plus j’avais envie de disparaitre. Oui, il était d’un côté et moi de l’autre, nous étions comme séparé par une paroi en verre. Pourtant, je voulais rejoindre Chuck, il avait l’air si heurex, que j’en étais presque heureuse aussi. Si je fermais les yeux un instant et que j’oubliais que c’était la drogue qui parlait, j’aurais presque pu y croire… Nous étions dehors, heureux, comme avant, comme les toutes premières soirées… Chuck était heureux, il avait un peu trop bu d’alcool, et moi aussi, on rigolait ensemble et on délirait, il n’y avait rien de grave ou d’inquiétant… Oui, si je fermais fort les yeux, j’y croyais presque. Chuck roula contre moi, et son souffle chatouilla mon cou. Je souriais doucement, sentant le goût salé des larmes dans ma gorge.

- Je suis tellement content que tu sois là, que tu aies compris, que tu aimes la plage, je te jure, je suis tellement content. Chuck se coucha à moitié sur moi, et ma main glissa le long de son dos, comme pour le câliner. Tu me crois hein ? Tu me crois ? Parce que je veux que tu viennes avec moi, là-haut, parce que je t'aime.

…Oh, ça, je ne l’avais pas vu venir. Je fermais fort les yeux, sentant que quelque chose avait explosé dans ma poitrine et que l’onde de choc se propageait partout. Il m’aimait… Je le savais sans vraiment le savoir, parce qu’il ne l’avait jamais dit mais que je l’avais compris sans trop être sûre en même temps. Je n’avais jamais été amoureuse, et il me semblait bien que je n’avais jamais été aimée auparavant… Mon cœur palpitait, et pendant quelques secondes, j’eus l’impression que je flottais autant que Chuck.

- Je te crois, murmurai-je, les yeux toujours fermés. Je te crois, et je t’aime aussi, dis-je à haute voix.

Je n’étais pas sûre que Chuck m’ait entendu, mais tant pis. Je parlais peut-être plus à moi qu’à lui, après tout. Je le croyais, j’avais confiance en lui, et je l’aimais, et c’était tout ce qui me suffisait pour m’accrocher…


- Viens avec moi, on monte, on va voir là-haut, tu me suis ?

Chuck s’était relevé et avait essayé maladroitement de m’aider à en faire de même. Je crois qu’il voulait qu’on aille sur le toit, mais je n’étais pas sûre de comprendre tout son raisonnement, et je glissai ma main dans la sienne.

- Non, attends, je vais te montrer un endroit mieux, dis-je d’une voix qui se voulait calme mais ferme.

Je le dirigeai vers mon garage, dont j’ouvris la porte en fer. A l’intérieur, les rangements étaient toujours autant en bordel, mais j’aperçus rapidement le matelas que nous avions gonflé quelque temps auparavant, avec Chuck, quand nous étions rentré ivre et que j’avais oublié mes clefs. Je me tournai vers Chuck, qui semblait complètement émerveillé parce ce qu’il voyait, à nouveau excité comme un enfant.


- Tu vois, c’est mon endroit préféré de la plage, expliquai-je. Il valait mieux mentir et le laisser dans son trip innocent, plutôt que de le laisser se mettre en tête qu’il fallait monter sur le toit pour aller dans la fameuse piscine. J’attrapai le matelas, et le tendis à Chuck qui était en train de me faire tomber les cartons rangés sur les étagères. Hey, regarde, c’est un matelas pour se flotter dans l’eau. Il l’attrapa, tout excité, tandis que je récupérai le petit duvet pour qu’on se couvre, parce qu’il ne faisait pas très chaud dans le garage. Tu viens, on s’installe tranquillement, que tous les deux ?

Je l’aidai à disposer le matelas par terre, et il sauta à moitié dessus en éclatant de rire, puis s’allongea dessus. Je me joignis à lui, me serrant contre lui car le matelas était un peu petit pour nous deux, et je fermais à nouveau les yeux, laissant Chuck continuer à délirer et à parler de sa plage et de sa fête, prétendant que je ressentais la même euphorie, m’accrochant désespérément au « je t’aime » qu’il avait prononcé et embrasé mon cœur.


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MessageSujet: Re: I'm feeling drunk and high, so high, so high ! (Emmy)   Dim 1 Mai - 23:20

J'avais chaud, chaud, chaud ! C'était dingue comme j'avais chaud, c'était comme en été quand il n'y a pas de vent et que ça crame la peau, que ça se réverbère sur le bitume, que tout brûle, mais que ça sent bon le soleil et les vacances, la tranquillité. J'avais même tellement chaud et j'étais même tellement bien que parfois je sentais que j'avais une seconde vertige et je battais des cils pour le chasser, et puis ça me faisait rire et je repartais de plus belle parce que de toute façon c'était comme ça, j'évoluais dans un monde merveilleux mais un peu mou et qui ondulait alors je sentais le déséquilibre, mais c'était encore plus fun. N'empêche que je voulais monter là-haut, la piscine, tout ça ! Ça me vendait du rêve, j'imaginais des gens qui riaient et se baignaient et faisaient la fête mais j'imaginais le calme aussi, les plages de sable blanc, le paradis, la farniente et surtout quelque chose de loin, très loin de tout, et je voulais qu'Emmy voit ça, je voulais qu'elle partage ça avec moi, qu'elle me croit, qu'elle comprenne, qu'elle ressente la même chose ! C'en était si vital que même si j'avais la banane et que je me marrais à chaque instant j'avais agrippé son bras tout doux pour qu'elle ne puisse pas m'échapper et qu'elle monte, et tant pis pour le reste. De toute façon c'était sa maison, alors elle connaissait un peu ! Je me demandais d'ailleurs pourquoi je n'avais pas remarqué ce détail génial plus tôt et puis après je me rappelai que c'était complètement différent maintenant que je n'étais plus le même, que j'étais sorti de moi, que j'avais compris, que j'étais heureux ! Je levai encore la tête en l'air, incapable de détacher mes yeux du spectacle... J'étais heureux... C'était beau, ça brillait, ça bougeait, ces couleurs... Je voulais être dedans, carrément... Oui... J'allais sans doute être encore plus heureux là-dedans !...

- Non, attends, je vais te montrer un endroit mieux, fit Emmy en me tirant le bras alors que je regardais encore là-haut.

- Bon, mais après, on ira dedans hein ?!

J'avais confiance de toute façon : Emmy était fun, cool, relax et tout ce qu'on voulait, Emmy était la seule pas relou autour de moi, et ce n'était pas pour rien que j'étais venu la chercher, parce qu'elle seule pouvait comprendre. On était arrivés dans une petite cabane et c'était la cabane de la plage, celle où les aventuriers se retrouvent et où il y a tout - le feu de camp, la bouffe, les hamacs, les affaires - et je me mis à rire en touchant à tout et en riant encore plus du bruit que je faisais. J'avais l'impression qu'Emmy venait de me lancer dans un gigantesque jeu d'aventure à taille humaine et je me sentais excité comme une puce, en plus de tout.

- Tu vois, c’est mon endroit préféré de la plage. Hey, regarde, c’est un matelas pour se flotter dans l’eau. Tu viens, on s’installe tranquillement, que tous les deux ?

- WOOOOOW !!!

Il ne fallait pas me le dire deux fois et j'éclatai de rire une nouvelle fois en me jetant sur le matelas pneumatique et en bougeant dessus comme si il y avait des vagues, et puis elle me rejoignit. J'avais chaud partout, mais cette fois le vertige était un peu plus fort ??

- C'est bizarre, parfois j'ai des vertiges tout d'un coup, tu sais, quand tu es tellement heureux que ça tourne ? Mais j'ai chaud en même temps, c'est pour ça, il fait chaud, le soleil - éclat de rire - je sais pas pourquoi hein, mais c'est fou ! Je me demande comment c'est possible de se sentir comme ça, c'est tellement bien ! Ça me fait plaisir que tu sois là tu sais, j'essayais d'expliquer à tout le monde mais on ne me comprenait pas et ça me frustre parce que j'essaye de montrer quelque chose qui est là mais j'y arrive pas... Mais je savais que toi tu comprendrais ! Tu comprends beaucoup de choses, pas vrai ? Ma main chatouilla sa tête, emmêla ses cheveux. C'est ça que j'aime bien avec toi. Je me sentis partir dans un fou rire qui m'empêcha de parler pendant quelques minutes : Non mais je te jure, j'aurais adoré être à Poudlard avec toi, on se serait tellement marrés ! Mais c'est pas pareil, c'est plus pareil, et puis c'est mieux maintenant !

Je m'arrêtai de parler tout d'un coup parce que comme je regardai les étoiles par un bout de la fenêtre, je n'avais pas fait attention, mais le toit ondulait lui aussi, et je sentis que la cabane volait en fait, qu'on était en apesanteur, que tout gondolait doucement et me berçait et j'eus peur tout d'un coup et agrippai Emmy - en apesanteur ? Wow, on allait pas se casser la gueule au moins ?! - mais me détendis vite parce que non, j'avais confiance, en moi, en tout, c'était un monde de paradis et on ne pouvait plus tomber maintenant et on lévitait doucement au dessus de la mer et c'était cool et ça me berçait et je fermai les paupières et sentis ma respiration se calmer un peu alors que mon coeur battait toujours très très fort, BOUM-BOUM-BOUM-BOUM entre mes côtes et ça résonnait partout. Je pouvais dormir, là, maintenant... Je pouvais dormir et je pouvais me laisser bercer et... Mais non ! Encore une fois, c'était complètement con : dormir et passer à côté de ça ?? Impossible !!

Je me redressai d'un coup, assis sur le matelas pneumatique.

- Allez, viens, on y va !

Mais Emmy me tira gentiment en arrière et se mit à me raconter des histoires d'elle sur la plage et de feu de camp à la belle étoile et de shamallows grillés et je compris qu'elle avait raison et que pour l'instant on devait finir de se laisser porter dans la cabane, avant toute autre chose.

- Ça me donne envie tout ça ! Tu te rends compte, les murs brillent et bougent aussi ici, je savais que ça serait magique, je le savais ! Il y a des endroits qui sont magiques, mais pas tous, genre chez moi c'est pas magique, pas magique du tout... Oh tu sais quoi ! Je suis allée voir cette pauvre conne et elle a rien trouvé de mieux à me dire que - nouveau fou rire, interruption, ça me faisait à la fois mal au ventre et aux joues, mais du bien partout en même temps - qu'on avait eu une soeur, non mais n'importe quoi ! Comme si ça allait changer quelque chose, une soeur qui n'avait pas vécu avant nous, comme si ça allait rattraper ou quoi, mais je m'en fous, on s'en fout, on s'en fout tellement !!

Cette fois je me sentis rire encore plus fort parce que j'avais attrapé un vieux carton et qu'il ressemblait au chapeau de Robin des Bois et du coup je le vissai sur la tête d'Emmy tant bien que mal, prêt à rire encore plus de la tête que ça lui faisait.

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CHUCK CARLTON
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Emmy Yeats
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MessageSujet: Re: I'm feeling drunk and high, so high, so high ! (Emmy)   Lun 16 Mai - 16:23

♪ ♫ ♪

« And nothing's gonna hurt you baby
As long as you're with me you'll be just fine
Nothing's gonna hurt you baby
Nothing's gonna take you from my side. »

Mon garage me paraissait soudainement tout petit, presque étouffant, et je savais que pour Chuck, c’était l’exact opposé ; il voyait des espaces gigantesques, mous et colorés, des choses que j’étais sûrement à mille lieux d’imaginer, de toute manière… C’était sûrement ça, qui me donnait encore plus la sensation d’étouffer, j’étais seule face à Chuck qui m’échappait complètement, et une petite voix dans ma tête ne cessait de murmurer que je l’avais vu venir, que je le savais, n’est-ce pas ? Je savais en m’engageant avec Chuck que je me mettais avec quelqu’un d’instable et de malheureux, mais j’avais cru pouvoir arranger les choses, peut-être ? Avais-je été stupide à ce point, prétentieuse même, pensant que ma présence pourrait suffire à améliorer la situation ? Putain, qu’est-ce que j’avais pu bien penser, me répétai-je en boucle, qu’est-ce que j’avais cru ! J’avais beau me dire que je savais ce que je faisais, que j’avais été consciente, que ça avait été un choix, mais il m’apparaissait de plus en plus clairement à quel point je me mentais. Je ne pouvais pas gérer Chuck, pas quand il se détruisait lui-même, ça me crevait le cœur de l’admettre mais je n’avais pas ce pouvoir ! Chuck était le seul à l’avoir, mais il refusait de le voir, et d’essayer. Encore une fois, comme un horrible leitmotiv, je me mis à songer que je devenais cette fille que je ne voulais pas être. Celle qui angoissait sur son copain, qui s’imaginait le pire, et le ramassait complètement explosé à la fin des soirées pour ramasser les morceaux, limiter les dégâts. Ce n’était moi, cette fille-là. Mais la personne en face de moi n’était pas Chuck non plus, n’est-ce pas ?

- C'est bizarre, parfois j'ai des vertiges tout d'un coup, tu sais, quand tu es tellement heureux que ça tourne ? (comme lorsque tu m’as embrassé, la première fois, tu te rappelles ?) Mais j'ai chaud en même temps, c'est pour ça, il fait chaud, le soleil je sais pas pourquoi hein, mais c'est fou ! Je me demande comment c'est possible de se sentir comme ça, c'est tellement bien ! (je me sens comme ça quand on est ensemble, rien que toi et moi, pas toi ?) Ça me fait plaisir que tu sois là tu sais, j'essayais d'expliquer à tout le monde mais on ne me comprenait pas et ça me frustre parce que j'essaye de montrer quelque chose qui est là mais j'y arrive pas... Mais je savais que toi tu comprendrais ! Tu comprends beaucoup de choses, pas vrai ? C'est ça que j'aime bien avec toi. Non mais je te jure, j'aurais adoré être à Poudlard avec toi, on se serait tellement marrés ! Mais c'est pas pareil, c'est plus pareil, et puis c'est mieux maintenant !

Comment faisait-il ? Pour me donner envie de pleurer et l’instant d’après, de sourire de tout mon être ? La sincérité qui coulait de ses lèvres me touchait en plein cœur, et je devinais tout ce qu’il ne savait pas exprimer derrière ces quelques compliments plus ou moins sous-entendu. Chuck avait déjà détourné son attention vers la fenêtre, et je regardai son visage de profil, les courbes et les angles de son visage, la finesse de ses paupières qu’il venait de fermer… Il m’inspirait une tendresse tellement forte ! Pourtant, au premier abord, je n’avais pas cru que c’était une association que je pourrais associer à lui, il était trop détendu, drôle, masculin, charismatique ; il suscitait l’amusement, l’admiration, l’appréciation, le désir ou même la jalousie. Mais moi, c’était différent, dans mon cœur – je passai ma main sur ma poitrine et serrai mes doigts là où je sentais mon cœur palpiter. C’était différent car je ressentais tout cela pour Chuck, mais surtout, je ressentais une tendresse sans borne… Parce qu’il n’en avait pas reçu assez peut-être, ou parce que derrière tous ses rires et ses paraîtres, je voyais sa fragilité, la façon qu’il avait de se battre, tout le temps, et combien ça le rendait tellement beau et admirable, noble aussi ! J’aurais aimé qu’il voit tout cela, si seulement il pouvait se voir par mon regard, il verrait combien il était bien plus que tout ce qu’il pensait…

Et si Chuck avait été dans un autre état, j’aurais peut-être pu lui dire tout cela. Mais les mots s’étaient scellés dans ma poitrine. A quoi bon, pensai-je, puisqu’il aurait tout oublié demain ?


- Allez, viens, on y va !

Je l’attirais à nouveau vers moi, doucement, comme on retient un enfant. Chuck retomba sur le matelas en riant, et pour le calmer, je me mis à lui parler, comme je l’aurais fait avec Max ou Violet. Des histoires toutes simples, que j’essayais d’assortir avec les hallucinations de Chuck, et à la façon dont il hochait la tête, ça avait l’air de fonctionner. Je lui souriais doucement, sans qu’il le voit vraiment, mais mon cœur dans ma poitrine s’apaisait petit à petit, comme si moi aussi, je suivais le son de ma propre voix.

- Ça me donne envie tout ça ! Tu te rends compte, les murs brillent et bougent aussi ici, je savais que ça serait magique, je le savais ! Il y a des endroits qui sont magiques, mais pas tous, genre chez moi c'est pas magique, pas magique du tout... Oh tu sais quoi ! Je suis allée voir cette pauvre conne et elle a rien trouvé de mieux à me dire que… qu'on avait eu une sœur, non mais n'importe quoi ! Comme si ça allait changer quelque chose, une sœur qui n'avait pas vécu avant nous, comme si ça allait rattraper ou quoi, mais je m'en fous, on s'en fout, on s'en fout tellement !!

Oh… Oh. Mon cœur s’enroula sur lui-même, et se pressa, libérant un poison terrible dans mes veines qui manqua de jaillir d’entre mes paupières.

Je comprenais sans vraiment comprendre, sans vouloir comprendre. Chuck, ne m’ôte pas ça, suppliai-je silencieusement. Ne m’ôte pas la complicité et la sincérité qu’il y a toujours eues entre nous. Ne me mens pas. Ne me cache pas des choses. S’il te plait.


- Tu le sais depuis longtemps ? Murmurai-je, malgré moi, égoïstement.

Mais c’était trop tard, pas vrai ? Je n’étais pas stupide, je comprenais bien que ce qu’il venait de me dire était quelque chose qu’il m’avait caché, et que la drogue déliait sa langue. Il n’avait pas voulu me le confier car en ce moment, tous les sujets sérieux étaient tabous. Il avait donc eu une sœur, qui était décédé, avant lui ? De la même maladie que Coop, peut-être ? Oh et il pouvait bien répéter qu’il s’en foutait, je savais bien que c’était faux. J’avais envie de fondre en larmes, et les rires de Chuck ne faisaient qu’empirer la situation. C’était la fin, pensai-je, mais dès que les mots se formèrent dans mon cerveau, je les repoussai en bloc.


- Pourquoi elle ne te l’a pas dit avant ? Je suis désolé, c’est nul de sa part, j’attirai Chuck contre moi et embrassai son front. J’étais incapable de faire plus, tout à coup. Je me sentais paralysée. Chuck riait encore, il n’avait pas l’air de comprendre… Evidemment qu’il ne comprenait pas. Tu as raison, ici c’est magique, ça va nous protéger pour la soirée. Je suis un peu fatiguée, tu veux bien me bercer ? M’entendis-je murmurer pleine de désespoir. J’avais fermé les yeux très fort, m’obligeant à me reprendre. Il suffisait de dormir. D’oublier. Demain… Demain Chuck serait sobre, les choses auraient changé, n’est-ce pas ?

Mais bien sûr, Chuck était encore bien éveillé, il riait encore, et j’avais toujours envie de pleurer, la nuit était agitée, étrange, terriblement longue. Je me réveillais plus tôt que d’habitude, Chuck, assommé, dormait toujours profondément. Je me levai, le corps courbaturé, la tête lourde. Je quittai le garage et rentrai chez moi, accueilli par Violet, qui petit-déjeunai et dessinai dans la cuisine avec Maman.


- Ems, s’exclama-t-elle en se jetant dans mes bras. Il est où Chuck ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi il était là en pleine nuit ? Maman pourquoi Chuck était là, tu crois ? Comme à son habitude, la tornade Violet était avide de réponse.
- Je ne sais pas ma chérie, répondit ma mère doucement. Ses yeux étaient rivés vers moi, m’interrogeant silencieusement. Ce n’était pas la première fois que Chuck débarqué dans un sale état à la maison, et ma mère n’avait pas oublié.
- Il avait oublié ses clefs, ne t’inquiète pas, rien de grave, juste un peu bruyant ! Plaisantai-je. Mais mes yeux répondaient à ceux de ma mère. Je n’avais pas besoin de lui dire, elle avait compris. Tu veux m’aider à lui faire un bon thé chaud ?
- Violet, je vais aider Ems, tu vas voir si Max est réveillé ?
Je savais ce que ça voulait dire. Je mis en marche la bouilloire, comme si de rien était. Il va bien ?
- Hmmm, oui, oui, un peu trop d’alcool,
répondis-je distraitement. Je relevai la tête. Ma mère avait ce regard qu’elle avait parfois, quand elle comprenait et ne disait rien. J’eus un sourire faux, et une nouvelle fois, une petite voix me murmura « je ne veux pas être cette fille-là ». Cette fille qui ment sur son couple, qui ment à sa mère, qui fait semblant que tout va bien. Je vais lui apporter du thé, repris-je.

Pendant que l’eau bouillait, je montai chercher un remède contre le mal de tête. Je récupérai la tasse de thé, et retournai dans le garage. Le cœur tambourinant. Chuck dormait toujours. Il avait l’air si serein, si… Chuck. Le Chuck dont j’étais amoureuse. Tous mes doutes s’effacèrent en quelques secondes, à nouveau. Je voulais simplement être tout prêt de lui. Je posai la tasse sur le sol, puis ma main sur l’épaule de Chuck. Je caressai son bras, doucement, jusqu’à qu’il se réveille un peu.


- Debout, booboo, murmurai-je. Je m’assis sur le matelas, à côté de lui, déposai un baiser sur sa joue, et il grogna, se réveillant petit à petit. Je t’ai apporté du thé, et de quoi faire passer le mal de tête, dis-je, toujours à voix basse, frottant doucement ses cheveux. Ils étaient tout doux. Chuck bougea à nouveau, sortant du pâté, baillant et s’étirant. Ça va le mal de tête ? Tu… Tu te souviens un peu de hier soir, tout ce que tu m’as dit ? Sur m… Sur moi, manquai-je de dire, mais je me sentie bêtement égoïste. Sur ta mère ? Enfin, tu délirais beaucoup, c’était dur de te suivre, tentai-je de plaisanter, en plantant un nouveau baiser sur son front, comme si de rien était, espérant que ma tentative d’humeur légère suffirait à rendre le retour à la réalité moins douloureux…

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MessageSujet: Re: I'm feeling drunk and high, so high, so high ! (Emmy)   Mar 17 Mai - 19:45

Je ne me rendis même pas compte que je m'endormais parce que tout s'alternait sans que je comprenne - les murs qui bougeaient, les couleurs, Emmy couchée à côté de moi, les rires, la plage, le feu de camp, le plafond, la nuit, le soleil, tout. Je ne sais pas à quelle heure je finis par lâcher prise, mais je me rendis compte quand en je repris conscience en tout cas : tout d'un coup tout était lourd et dur et atroce, une vrille traversait ma tête entière et roulait, roulait entre les deux parties de mon cerveau. Le premier mouvement que je fis me donna envie de gerber instantanément et je sentis que c'était une nausée qui ne partirait pas de si tôt. Mais plus que cette douleur physique bizarre après l'extase que j'avais connue, c'était ce qui se passait à l'intérieur de ma tête qui me clouait au matelas comme une vieille merde.

La descente : la seule et l'unique. La bonne grosse descente qui fracassait le crâne en deux et tout ce qu'il y avait à l'intérieur, qui enflammait les idées noires comme jamais et qui dégoûtait tellement de la vie que la question n'était pas de se foutre en l'air mais de comment procéder pour y arriver. J'avais la bouche sèche et la gorge douloureuse si bien que chaque fois que j'avalais ou que je respirais c'était l'enfer, mais le pire c'était pas vraiment ça, c'était que j'envisageais sérieusement l'optique d'arrêter de respirer plutôt que de me faire un peu plus mal parce que, au fond, à quoi bon ?

Je ne voulais pas me lever, répondre de mes actes (??? lesquels, en plus), m'expliquer, parler, manger, me laver, attendre ici, rentrer chez moi, parler à des gens, être tout seul, faire semblant au milieu des autres, avoir envie de mourir chez moi, penser à Coop et m'assommer de tiz ou de joint pour oublier qu'encore une fois je ne pouvais rien, rien, rien, rien. J'étais malheureux, et la descente me le rappelait bien concrètement, en appuyant là où ça faisait déjà mal et enlevant tout le reste.

J'étais chez Emmy - dans le garage. Je ne m'en souvenais pas. Je me souvenais juste d'avoir bu, de mes potes, d'une fille rousse, de la rue, d'être tombé dans une poubelle, d'une piscine quelque part, du chapeau en carton d'Emmy, et voilà. Et j'avais le goût dans la bouche le plus atroce du monde, tout en sachant pertinemment que j'étais loin d'être au bout de mes peines.


- ... Je t’ai apporté du thé, et de quoi faire passer le mal de tête, continua Emmy en me frottant les cheveux. Le moindre mouvement qu'elle faisait sur le matelas gonflable me donnait la nausée puissance atomique et sa main sur mes cheveux auraient tout aussi bien pu être un coup de hache. Je tentai d'ouvrir les yeux en faisant le moins de gestes possibles. Ça va le mal de tête ?

- Ha ha ha, dans quel monde, marmonnai-je en regrettant mes paroles qui venaient de m'arracher la gueule.

- Tu… Tu te souviens un peu de hier soir, tout ce que tu m’as dit ? Sur m… Sur ta mère ? Enfin, tu délirais beaucoup, c’était dur de te suivre.

... Non, sans dec ? Je m'étais mis une grosse race et j'avais absorbé toute la drogue que j'avais pu, et je délirais ? Étonnant !... Qu'est-ce qui lui prenait de m'interroger comme un flic dès le matin alors que j'avais clairement une putain de gueule de bois et envie de tout sauf de discuter de la pluie et du beau temps ? Qu'est-ce qu'elle espérait que je me souvienne, sérieusement ?? Je me rappelai même pas d'être arrivé ici, alors... Sauf que "ta mère", ce n'était pas n'importe quoi, et que mes entrailles vrillèrent sur elles-mêmes tellement fort que je dus me retenir de respirer quelques secondes pour ne pas gerber direct. Ma mère... Qu'est-ce que j'avais bien pu balancer sur cette conne, à part ce qui s'était passé, évidemment ? Pfff - quel con. Je ne voulais pas en parler - en quoi c'était intéressant ?

- Euh, vite fait, pas envie d'en parler.

Je repoussai faiblement la tasse de thé - plutôt crever - et avalai le remède du bout des lèvres, en priant pour ne pas le gerber aussi sec.

- Suis crevé, j'veux dormir.

Ou les deux à la fois, d'ailleurs, c'était une option qui me disait bien aussi. Je fermai les paupières en priant qu'Emmy se lève doucement de ce putain de matelas qui tanguait comme un bateau en pleine tempête et en me demandant concrètement si la meilleure solution n'était pas que je m'éclate la tête une bonne fois pour toutes contre le mur histoire de m'endormir sans attendre.


TERMINÉ

_________________

CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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I'm feeling drunk and high, so high, so high ! (Emmy)
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