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Fix you (Emmy)

 

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 Fix you (Emmy)

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Fix you (Emmy)   Dim 6 Mar - 18:06

Comme d'habitude, je me réveillai avec difficulté, en m'étirant pendant mille ans et en sondant chaque partie de mon corps, et surtout ma tête et mon ventre, pour savoir si je pouvais envisager me lever sans un méga retour de gueule de bois ou une envie de gerber... Mais ça allait plutôt bien, ce matin, et comme j'avais à moitié fermé mes volets parce qu'ils étaient pétés en bas, la lumière s'infiltrait dans toute la pièce et m'aidait à émerger un peu plus vite. Il avait l'air de faire beau - tant mieux. J'avais envie de profiter de dehors, pour une fois, c'était rare, alors autant en profiter. Peut-être que j'allais voir Lucy et Chris et passer de temps dans un parc avec eux, tiens, ça faisait longtemps... Peut-être... Mais plus je restai dans le fond de mon lit à méditer sur la suite de la journée, et plus la motivation disparaissait, aussi brusquement qu'elle était arrivée. Je soupirai et me passai une main sur le visage pour essayer de le réveiller, mais rien à faire. Je ne sais pas combien de temps je me rendormis.

Mes rêves étaient bizarres : soit inexistants, soit toujours à propos de la même chose, mais dans toutes les situations et endroits possibles. Cette fois, j'étais dans un parc d'attraction complètement désaffecté, immense, en plein Bristol, et j'avais perdu Coop dans ce bordel et j'essayais de le retrouver sans y parvenir, et quand je l'appelais son prénom résonnait à l'infini et ne revenait pas, et je commençai à paniquer parce que la nuit tombait et que j'avais peur qu'il lui arrive quelque chose, et je marchais, marchais, marchais, sans le trouver... Et puis ensuite j'étais de nouveau à Londres, en soirée, dans un immense endroit où il y avait plein de gens que je connaissais d'horizons différents, il y avait même Tess et les Tennant, Lucy et Chris, Haley, Lilian, Emmy,... Et tout le monde discutait et riait et quand je demandais à Tess si elle avait vu Coop elle me répondait "mais oui, il est là-bas !" mais impossible de le trouver, il n'était nulle part, et plus je demandais aux gens s'ils avaient vu mon frère, plus ils me répondaient en riant, comme si tout allait bien, comme si de rien n'était. Et tout d'un coup une ombre passa - un avion gigantesque, ou plutôt un vaisseau spatial, noir foncé, passait au-dessus de nous et obscurcissait le ciel et tout le monde se mettait à hurler et j'appelais Coop en hurlant encore plus fort, mais le moteur rugissait et couvrait tout et me défonçait les oreilles et...

Vrrrr, vrrr...

Mon téléphone tremblait sur la table de chevet ; le vibreur venait de me réveiller.

Je me frottai le visage une seconde fois et attrapai l'appareil : un numéro s'affichait sur le cadran, que je ne connaissais pas... Mais si !... Les derniers chiffres, je les connaissais : c'était le fixe de chez Emmy, et elle m'avait appelé une fois quand elle avait fait tomber sur téléphone dans les toilettes et que même la magie n'avait pas pu le ramener à la vie. je décrochai, en répondant d'une voix pâteuse. Mais ce n'était pas Emmy au bout du fil, c'était sa mère, qui s'excusa de me déranger (mon cerveau commença immédiatement à se mettre en surchauffe, à se réveiller brusquement, à s'inquiéter tout en s'interdisant de penser trop vite, trop loin) et qui m'expliqua doucement et posément, en me rassurant avant tout, qu'Emmy avait été attaquée cette nuit par des détraqueurs (????!!!!????) et qu'elle se remettait doucement à la maison, qu'elle avait été un peu traumatisée et que j'étais le bienvenue si je voulais venir la voir, etc.

Le temps de comprendre, de répondre, et de raccrocher, j'étais dressé, assis sur mon lit. Plus aucun bruit autour de moi, comme quand je m'étais réveillé la première fois. J'avais la tête qui tournait un peu, et si mon coeur battait très fort entre mes côtes, j'avais l'impression que mon corps était raide et incapable de bouger d'un pouce. Je tournai la tête vers mon oreiller... C'était tentant de se recoucher, de s'enfouir de nouveau sous la couette, de re-dormir, d'oublier. J'aurais pu dormir encore des siècles. J'en avais envie, d'ailleurs. Je n'avais pas envie de me lever, de sortir, d'aller voir Emmy. Le risque était de rêver encore de Coop, mais tant pis. Les mots de la mère d'Emmy me tournaient encore dans la tête : attaque, aurors, soignée, sainte-mangouste, à la maison, elle t'attend, pas blessée, pas grave, fatiguée. Je fermai les yeux en espérant que tout était encore un mauvais rêve, que j'allais me réveiller à Bristol peut-être, dans notre maison pourrie mais dans laquelle rien n'avait changé, dans ma chambre sous les toits collée à celle de Coop, peut-être même qu'on serait dimanche matin et qu'il viendrait me réveiller en début d'aprèm et je l'enverrai chier parce qu'il me soulait à me réveiller quand j'avais fait la fête jusqu'à pas d'heure. Je fermai les yeux en me disant qu'avec un peu de chance le monde allait arrêter de vouloir m'étouffer comme ça, parce que je n'en pouvais plus. Je fermai les yeux en espérant me rendormir sur le champ et tomber dans mon lit et me réveiller dans plusieurs jours. Mais évidemment... J'attendais, et il ne se passait rien. Avec un soupir, je les rouvris et me levai pour filer sous la douche histoire de ne plus avoir la tête dans le cul, et m'habiller en deux secondes. J'attrapai un peu de jus d'orange, un bout de pain rassis et descendis de chez moi ; derrière l'immeuble, près du local poubelle, il y avait un endroit parfait pour transplaner. Je me retrouvai dans la rue, pas loin de chez Emmy. L'image d'elle dans un lit d'hôpital à Sainte-Mangouste refusait de s'enlever de ma mémoire et je jetai le bout de pain auquel je n'avais pas touché, je n'avais pas assez faim.

Je toquai à la porte. J'avais mal à la tête, quelque chose tambourinait sur le devant de mon crâne - il fallait dire qu'hier soir je n'y avais pas été de main morte. Gros apéro chez un pote, qu'on avait entamé direct à l'alcool fort, avant de couper avec quelques petits rails histoire de tenir toute la nuit. Puis on était allés à une grosse soirée organisée dans un bar, où on avait rejoint d'autres potes, qui nous avait rincés toute la soirée, et je n'étais pas capable de tenir le compte de tout ce que j'avais bu tellement dans mon souvenir mon verre était toujours rempli, vidé, rempli, vidé, sans répit. La coke m'avait permis de ne pas être malade, et c'était un moindre mal ce mal de tête, mais les coups que j'avais frappés à la porte avaient résonné douloureusement dans ma tête, tout de même. Son père m'ouvrit et me conduisit dans la cuisine, où je saluai sa mère. Ils étaient tous les deux souriants et adorables, mais je leur trouvais le visage un tout petit peu plus inquiet et fatigué qu'à l'ordinaire. Emmy était là-haut, m'indiquèrent-ils. Après avoir accepté une tasse de thé bien chaud, qui me fit du bien, et qu'ils m'eurent raconté plus en détails l'attaque de la veille, je les abandonnai et montai vers la chambre d'Emmy.

J'attendis deux petites secondes, dans le silence, avant de toquer - sa voix me répondit, de loin. J'entrai.

Elle disparaissait sous ses deux couettes, avait le visage tout endormi et les traits un peu tirés, au milieu de ces longs cheveux en bataille, mais quand elle m'aperçut, elle eut un faible petit sourire. Je lui rendis et m'avançai :


- Ça va un peu mieux ?

J'avais cherché un truc fun pour la faire rire du genre "ben alors tu m'avais pas dit que t'allais à une petite soirée à Azkaban", mais les mots ne sortirent pas de ma bouche. Me glissant à côté d'elle, en faisant attention de ne pas appuyer sur son bras blessé, je me couchai tout contre elle et la pris dans mes bras en embrassant sa tête puis sa joue et en la serrant fort - je fermai les yeux en respirant fort et en essayant de me dire que c'était bon, tout allait bien, tout allait bien...

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CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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Emmy Yeats
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MessageSujet: Re: Fix you (Emmy)   Jeu 17 Mar - 16:09

Une fois arrivée à Sainte-Mangouste, le temps avait comme changé de consistance. Durant la soirée, il avait filé à toute vitesse, se perdant dans les verres et les rires  et pendant l’attaque des détraqueurs, il semblait s’être figé. Puis, une fois que tout c’était calmé, le temps était devenu lourd, pesant, épais, étouffant même ; tout autour de moi, j’avais l’impression que les événements s’enchaînaient, flous, lentement, comme si j’avais été détaché de mon propre corps. J’avais eu envie de dormir, car mes paupières étaient lourdes, mais j’étais étrangement alerte, comme si au milieu de ce brouillard envahissant je m’attendais à revoir surgir un détraqueur. J’avais voulu plaisanter avec Heather, quand Dan avait le dos tourné, pour lui dire que décidemment, il était vraiment pas mal, mais j’avais simplement réussi à lui esquisser un petit sourire. Je n’avais pas le cœur à rire ou à plaisanter. Heureusement, petit à petit, les potions des guérisseurs agissaient, et je me sentais un peu plus légère, un peu plus détendue. J’avais arrêté de me concentrer sur les mots qui se murmuraient autour de moi ou les gens qui se pressaient près de mon lit, et finalement, j’avais murmuré que j’avais envie de rentrer à la maison, pour dormir tranquillement. J’avais eu assez de force pour serrer Heather dans mes bras, avant de partir. J’étais rassurée que Dan soit là, car je ne voulais pas qu’elle rentre seule à Poudlard, et j’espérais pouvoir compter sur lui pour s’occuper d’elle. Ou au moins que Sara Wayland veille à ce qu’elle récupère. 

En rentrant à la maison, au petit matin, Violet et Max m’avaient sauté dessus malgré les protestations de ma mère. J’étais épuisée, mais leurs câlins me firent du bien, et je les serrais contre moi pendant un long moment. Terré dans un coin de mon esprit ralenti, je n’avais pas oublié la sensation que j’avais eu devant les détraqueurs, cette impression que ma famille disparaissait, que je ne les reverrais jamais ; je resserrais mon étreinte autour de ma sœur et mon frère, dans un geste un peu angoissé. Finalement, je montais dans ma chambre pour enfin pouvoir dormir, embrassant une dernière fois mes parents. Alors que je sortais une deuxième couette du placard pour m’installer bien confortablement, Fluffy, mon chien, rentra dans ma chambre et vint se frotter contre mes chevilles. Je frottai ses poils touffus en souriant légèrement. Je refermai la porte et me glissai sous les droits, lançant Fluffy sauter sur mon lit et se coucher à mes côtés. J’eus un nouveau sourire fatigué. Il pouvait sentir, n’est-ce pas ? Que j’étais triste ? Je le caressai à nouveau, distraitement. Sous la paume de ma main, je pouvais sentir sa respiration, son ventre se soulever régulièrement. Je me concentrais sur ça, et laissais la fatigue m’envahir pour enfin sombrer dans un sommeil de plomb, dont les rêves étaient anesthésiés par mes médicaments. 

Je me réveillai un peu plus tard, sans avoir la notion du temps, et me mis à somnoler, à moitié éveillée, toujours concentrée sur la respiration de Fluffy et la chaleur qu’il dégageait, contre moi. Mon avant-bras me picotait toujours légèrement, et je jetai un coup d’œil au bandage. J’avais les paupières encore lourdes, et du mal à me concentrer sur ce que je voyais. Je les refermai, poussant un soupir. En bas, j’entendais des bruits étouffés venant de la cuisine. Quelle heure était-il ? Mes parents préparaient-ils le déjeuner ? A cette pensée, je réalisai que mon estomac était toujours étrangement noué, comme si j’avais encore la nausée. Des bruits dans l’escalier me tirèrent de mes pensées, et l’instant d’après, quelqu’un toquait à ma porte. D’une voix pâteuse, je répondis d’entrer, et mes yeux s’agrandirent légèrement en voyant la silhouette de Chuck se découper dans l’embrasure de la porte.  Comment ?... Probablement mes parents, pensai-je. Peu importe. Dans ma poitrine, mon cœur s’était mis à battre un peu plus vite. Ma chambre était plongée dans le noir, mais la lumière du jour filtrait par les volets, éclairant légèrement son visage qui se rapprochait.


- Ça va un peu mieux ?

Je n’eus pas le temps de répondre, trop occupée à m’accrocher à lui dès qu’il fût couché contre moi. Fluffy, de l’autre côté de mon lit, bougea, jetant sûrement un regard vers Chuck pour voir qui venait nous déranger, avant de se recoucher. Les bras de Chuck m’enserraient, il embrassa mon front, ma joue, et j’entendais sa respiration un peu irrégulière qui se joignait à la mienne, déjà brouillonne. Toute contre lui, je pouvais sentir son parfum qui m’envahissait et petit à petit, mes dernières résistances s’effondraient. Je me sentais en sécurité. La présence de Chuck, sa chaleur, alors que quelques heures auparavant, je me disais que jamais plus je ne le sentirais contre moi, plus jamais je ne serais heureuse… Je serrai un peu plus mes doigts dans son dos, agrippés à son tee-shirt. 

Plus jamais être heureuse… Est-ce que c’était ce que Chuck ressentait, lui, depuis la mort de Coop ? Est-ce qu’il était aussi malheureux, aussi assommé ? 

Ce fût cette pensée qui déclencha les sanglots que j’avais retenu depuis l’hôpital. Tout à coup, j’avais l’impression d’avoir été frappé dans l’estomac, tant c’était brutal, tant les sanglots étaient forts, contractant mes poumons et mon cœur… Je m’accrochai à Chuck encore plus fort, malgré la douleur que cela provoquait à mon bras blessé. Je ne pleurais pourtant pas souvent, réussissant à la plupart du temps à rester maîtresse de mes émotions, mais tout à coup, c’était comme si j’avais été incapable de filtrer.


- C’était ho… horrible, murmurai-je finalement, entre deux sanglots. J’ai cru que… Que plus jamais je ne serais heureuse, plus jamais, que j’allais être seule pour toujours, malheureuse… J’ai cru que… Je ne te verrais plus jamais, ajoutai-je d’une petite voix, presque honteuse. Je n’avais pas oublié l’horrible sensation dans ma poitrine, quand j’avais essayé de produire un patronus en pensant à Chuck, et la peur qui avait vaincu. Je… Je n’arrivais pas à faire… Un patronus, c’était horrible, la sensation, c’était…

Je n’arrivais plus à parler, tant mes pensées s’emmêlaient dans mes pleurs. Il me fallut de longues minutes pour me reprendre, pour calmer ma respiration, mais finalement, les sanglots se calmèrent. J’avais l’impression d’avoir pleuré pendant des heures, mais à la fois, c’était comme si quelque chose s’était légèrement délié dans ma poitrine. Je relevai ma tête vers le visage de Chuck, et piquai un baiser timide sur ses lèvres, avant de me recoller contre lui, ma tête dans son cou.

- Désolée, je me doute que c’est pas comme ça que tu imaginais commencer ta journée, essayai-je de plaisanter. Je suis tellement soulagée que tu sois là, murmurai-je à voix basse, frottant ma tête dans son cou, respirant son odeur qui chassait les peurs que les détraqueurs avaient fait naître en moi quelques heures auparavant.

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Fix you (Emmy)   Jeu 17 Mar - 17:55

Petits, avec Coop, on s'inventait des tas d'histoires et l'une d'elle, je m'en souvenais très bien, se passait dans un vieux cinéma comme celui de notre quartier - comme on se demandait ce qu'il y avait derrière la toile, l'écran, on avait imaginé une porte secrète qui menait jusqu'à un repère d'espions. C'était drôle, de s'en souvenir maintenant, avec autant de précisions et de détails... Je m'étais toujours demandé ce qu'il y avait derrière l'écran... Et puis, là, tout d'un coup, j'avais trouvé la réponse. Des années après. Il n'y avait rien, absolument rien, derrière l'écran. Et je le comprenais seulement maintenant parce que venais de prendre conscience que j'étais passé de l'autre côté, derrière cet écran, avec l'étrange sensation d'être spectateur, pour toujours.

C'était peut-être à cet instant, aussi, que tout avait basculé - ou qu'au moins j'avais compris que c'était le début de la fin.

Pourtant, son corps contre le mien me procurait toujours autant de chaleur et j'étais toujours aussi bien en sa présence ; en l'embrassant et en la serrant contre moi je savais que c'était avec elle que je pourrais être le plus heureux, parce qu'elle me faisait rire, parce qu'elle comprenait comment s'occuper de moi sans me l'imposer, parce qu'il lui suffisait de pas grand chose pour voir où je voulais en venir. C'était quand même la grande question que je me posais toujours : comment c'était possible qu'une fille comme ça, aussi parfaite, aussi fun et aussi précieuse, n'ait jamais eu d'aventures avant et n'ait surtout pas une tonne de prétendants et au moins trois fiancés ?? C'était improbable mais pour le coup c'était ma chance, alors, tant mieux... En un sens. Elle se serra contre moi et je me mis à la bercer, tout en essayant de ne pas écraser son chien qui comprit le message et se décala un petit peu. J'aimais bien la chambre d'Emmy, elle la représentait tellement bien, avec les photos partout, les couleurs naturelles et colorées quand même, le bordel organisé, tout ça. Elle se mit à pleurer de plus en plus fort et je me doutai bien qu'elle en avait besoin, mais quelque part ça me faisait bizarre, je ne l'avais jamais vue pleurer comme ça et j'avais l'impression qu'elle était tellement malheureuse et triste que rien n'était possible... Rien.

C'était ça, l'écran ; il était apparu d'un coup. Il était entre elle et moi, entre tout ce qui m'entourait et moi. Et moi j'étais derrière, où il n'y avait rien, où je regardais, mais je ne ressentais rien. Voilà.

Pourtant j'étais super inquiet pour elle ; je voulais buter ces Détraqueurs, je voulais la venger, je voulais m'assurer que tout allait bien, je voulais qu'elle me raconte et qu'elle oublie, je voulais bien m'occuper d'elle jusqu'à ce qu'elle aille mieux, je voulais soigner son étrange blessure dont je me demandais la cause. Vraiment, j'étais inquiet, et la voir pleurer me pétait le cœur mais... C'était bizarre, il y avait un voile, un truc incompréhensible qui me tenait à distance et je regardais toute cette scène de l'extérieur et j'avais envie de partir parce que ce n'était pas possible, ça servait à quoi ? Je n'étais pas capable de la réconforter, de chasser ses larmes alors que j'étais moi-même une épave avec tout en vrac à l'intérieur de moi. Je n'étais pas capable de réagir au malheur des autres parce que je ne savais même pas quoi faire avec le mien, je n'étais pas capable de la protéger parce que je ne savais pas protéger les gens, que j'avais échoué, directement ou pas. Ça ne servait à rien, complètement à rien. J'étais là sans être là, comme si j'avais fumé une tonne de joints et que mon esprit était sorti de mon corps. Je ne pouvais pas, tout simplement, et Emmy qui comprenait pourtant tout à mon sujet, comment ça se faisait qu'elle ne le voyait pas ? Comment elle ne pouvait pas voir que je la serrais dans mes bras mais que mon cœur était glacé et que je ne ressentais à rien à part l'envie de fuir en courant ?


- C’était ho… horrible. J’ai cru que… Que plus jamais je ne serais heureuse, plus jamais, que j’allais être seule pour toujours, malheureuse… J’ai cru que… Je ne te verrais plus jamais. Je… Je n’arrivais pas à faire… Un patronus, c’était horrible, la sensation, c’était…



- Désolée, je me doute que c’est pas comme ça que tu imaginais commencer ta journée. Je suis tellement soulagée que tu sois là, dit-elle après un long silence de ma part.

Il fallait que je parle, il fallait que je parle ! C'était horrible, et stupide aussi, je n'étais quand même pas un connard égoïste à ce point, je ne voulais pas la rendre encore plus triste ou ne pas lui montrer mon soutien, il fallait que je parle... Mais pour dire quoi ? Je comprends, j'ai la sensation aussi de ne plus jamais être heureux ? C'était bien simple : je savais pertinemment qu'il me serait complètement impossible d'envisager de faire l'ombre d'un orteil d'un patronus.


- T'inquiètes pas pour ça, je suis content d'être là.

C'était vrai, quelque part : j'étais content de lui montrer que je pouvais être là, même si j'avais l'impression que tout le reste de mon corps et de mon esprit se barrait complètement à l'opposé de cette pensée. Je fermai les yeux en mettant mon visage dans ses cheveux, et en respirant doucement son odeur. Pendant deux ou trois secondes, il y eut une pause, et tout était bien, tout était calme, j'avais chaud et Emmy contre moi sentait bon et cette odeur me berçait, et peut-être qu'on aurait plus jamais à se lever et... Mais elle bougea très légèrement et je rouvris les yeux ; le charme était rompu. Il me vint une question bizarre en tête, et je me fis la réflexion que si Coop avait été là il aurait levé les yeux au ciel en soupirant, chose qu'il faisait tout le temps quand je lui disais ce que je pensais de moi. Mais j'avais de plus en plus la certitude que ce n'était pas possible d'aimer quelqu'un, que ce n'était plus possible, et que je n'en avais peut-être jamais été capable, d'ailleurs. Mon cœur s'était désintégré et je n'avais absolument aucune idée de ce que je pouvais en faire, alors à quoi bon essayer de le faire avec quelqu'un ? Et à la fois j'avais envie de me taper la tête contre un mur parce que je ne voulais rien faire de mal avec Emmy, je ne voulais pas être quelque chose qui la rendrait triste, avec en plus tout ce qu'elle m'avait apporté... Il fallait que je fasse quelque chose, oui, mais quoi ?

- Tu veux me raconter ? chuchotai-je, prêt à essayer le tout pour le tout.

Si je me mettais à sa place, je savais pertinemment que je n'aurais envie de rien à part d'être tranquille, mais nous n'étions pas identiques non plus. Je caressai son dos doucement de ma main, bougeant très légèrement car ma jambe s'engourdissait, et mon mal de tête s'intensifiait un tout petit peu - il fallait que je pense à autre chose.


- C'est fini maintenant, repris-je d'une voix assez basse pour qu'elle ne puisse pas se rendre compte que je n'avais aucune foi en ce que je disais. On va s'occuper de toi, d'accord ? Même Fluffy est d'accord avec moi, regarde, continuai-je en souriant alors que son chien commençait à jouer à attraper mon pied et à le mordiller.

Et je l'embrassai, à la fois parce que j'en avais désespérément besoin, et aussi parce que je n'étais pas capable d'autre chose.

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MessageSujet: Re: Fix you (Emmy)   Ven 18 Mar - 14:13

Je ne savais pas qui avait eu l’idée d’appeler Chuck, et même si je ne voulais pas l’inquiéter, j’étais reconnaissante qu’il soit là car je savais que d’une certaine manière, il était le seul à pouvoir me réchauffer le cœur ainsi, aussi facilement et aussi rapidement. Dans ses bras, il y avait parfois des secondes étranges où tout disparaissait, où  je me sentais bien, juste bien, et je savais que lui aussi. C’était peut-être ça qui était magique et si réconfortant. Je savais combien Chuck souffrait, en ce moment, mais quand tout semblait s’effacer ainsi, dans une seule étreinte, j’étais persuadée que la suite irait bien, qu’il allait s’en sortir. Maintenant, après cette soirée mouvementée, je compris que cet espoir pouvait aussi s’appliquer à moi, et que je pouvais m’y accrocher. J’allais m’en sortir. C’était une mauvaise soirée, un horrible moment, mais c’était passé, Heather et moi en étions sorties entières et pas trop amochées. Je m’accrochai un peu plus fort à Chuck, inconsciemment. Tout allait rentrer dans l’ordre…

- T'inquiètes pas pour ça, je suis content d'être là.

Chuck ne pouvait pas le voir, mais je souriais tranquillement, sentant une douce chaleur se répandre dans ma poitrine. Il était content d’être là… vraiment ? murmura une petite voix au fond de ma tête. Est-ce que toute cette histoire de Sainte-Mangouste ne lui rappelait pas trop Coop ? Est-ce qu’il s’était senti inquiété, quand mes parents l’avaient appelé, et si oui, il n’avait pas besoin de ça en plus de tout, je le savais… Mais il me tenait fort contre lui et j’entendais son cœur battre doucement dans sa poitrine. Il était là. Il était venu. C’était tout ce qui comptait, n’est-ce pas ? Quelque chose se pinçait dans ma poitrine malgré moi. Je me mis à penser à Gwen, malgré moi, me demandant ce qu’elle aurait dit de tout ça. Nous ne parlions jamais vraiment de choses sérieuses, pas comme ça, ou plutôt, je l’écoutais parler de Jack et s’inquiéter de son couple, pendant que j’étais à des kilomètres de telles angoisses… Pourtant, j’aurais menti si j’avais dit qu’au fond, je n’étais pas inquiète aussi. Gwen connaissait Chuck, et je me demandais ce qu’elle aurait dit si je lui avais dit ce qui me passait par la tête, parfois, et que je repoussais dans un coin de mon cerveau. J’avais peur qu’elle comprenne. Qu’elle pense que j’avais raison de m’inquiéter.

- Tu veux me raconter ?

J’haussai les épaules, faisant une petite moue, incertaine de ce dont j’avais envie. J’avais le cœur un peu plus léger maintenant que Chuck était là, comme si ce qui s’était passé redevenait… Humain, et pas ce cauchemar flou. J’avais l’impression que j’aurais pu mettre des mots dessus, et un peu de distance aussi, avec ce qui s’était passé, mais je ne voulais pas non plus tenter le diable. Je reniflai, essuyant mes joues humides. Pleurer m’avait fait du bien, mais j’étais à nouveau un peu assommée, fatiguée, et j’avais envie de dormir pendant des heures, là, tout contre Chuck. Je voulais qu’il continue de caresser mon dos jusqu’à que je tombe de fatigue. Nous étions bien là, seulement tous les deux, sans aucune obligation. Le monde autour de nous me semblait à l’extérieur, comme si nous étions dans une petite bulle, en sécurité. Est-ce que Chuck ressentait la même chose ? Est-ce que ses problèmes s’envolaient un peu quand nous étions tous les deux ? Je fermai les yeux, repoussant mes questions.

- C'est fini maintenant. On va s'occuper de toi, d'accord ? Même Fluffy est d'accord avec moi, regarde.

J’eus un petit rire fatigué, parce que Fluffy s’était mis à faire des bêtises, et Chuck l’encourageait, sûrement pour m’amuser et me changer les idées. L’instant d’après, Chuck m’embrassait, et j’avais le cœur qui battait un peu plus vite, s’emballant doucement. Je me collai encore plus contre lui, si c’était possible, je répondis doucement à ses lèvres douces contre les miennes et je sentis que je souriais malgré moi.

- Tu vas vraiment t’occuper de moi ? T’es prêt à regarder Grey’s Anatomy en me massant les pieds ? Plaisantai-je pour alléger l’atmosphère. 

C’était une de nos blagues récurrentes, ma série de petite meuf avec des docteurs sexy et des histoires de cœur dont Chuck se moquait tout en regardant de temps en temps des épisodes avec moi, sans admettre que ça lui plaisait plus qu’il ne le disait. J’eus un petit sourire en repensant à ces moments… Maintenant, à chaque fois que je regardais un épisode, je pensais à Chuck. C’était comme s’il s’était glissé un peu partout dans ma vie, et que je ne pouvais plus rien faire sans avoir toujours une petite pensée pour lui, dans un coin de ma tête. Je suppose que c’était sûrement ça, être amoureuse.


- N’empêche que, au début, c’était une bonne soirée, murmurai-je. Je bougeai légèrement pour m’installer confortablement face à Chuck, toujours allongée sur le côté. Fluffy s’était installée à nos pieds, jouant toujours avec ceux de Chuck. Ma main chercha celle de Chuck, et je l’observai, caressant sa paume, ses doigts, avant de la serrer fort dans la mienne. C’est arrivé quand on rentrait, on était toutes les deux super ivres, et on rigolait, et soudain… Soudain il a fait froid, c’était bizarre, comme si j’avais avalé un bloc de glace tu vois ? Et c’était comme s’il y avait un immense aimant qui attirait hors de moi toute ma joie de vivre… J’eus un frisson. Du coup on a compris ce qui se passait, et on a essayé de faire apparaître un patronus, mais on avait pas assez de force. J’ai perdu connaissance, je crois, c’était flou, puis il s’est passé un truc bizarre, quelque chose m’a griffé l’avant-bras, et ça m’a réveillé, j’ai pas trop compris ce qui s’était passé, mais Heather était consciente, et on a eu un… regain de force je suppose ? On a réussi à faire apparaître nos patronus, et ensuite des Aurors sont arrivés, visiblement il y avait une mission pas loin et les détraqueurs se sont échappés, quelque chose comme ça… Du coup on a fini à Sainte-Mangouste, ils nous ont donné quelques potions, mes parents et Ezra sont venus puis on est tous rentré et j’ai dormi… Je poussai un soupir fatigué. Je sais vraiment pas comment les gens à Azkaban peuvent supporter ça. C’est trop cruel, ajoutai-je, songeuse. 

Je continuai à regarder la main de Chuck et à jouer avec, comme pour me concentrer sur autre chose et ne pas me remettre à pleurer. J’avais envie de lui dire que j’étais désolée qu’il se soit inquiété, désolée qu’il ait été réveillé ainsi, je voulais lui demander s’il avait passé une bonne soirée, mais au fond, est-ce que je voulais savoir ce qu’il avait fait ? Mon cœur se pressa douloureusement dans ma poitrine. Au fond de moi, une question tournait en boucle. Est-ce que c’était comme ça que Chuck s’était senti à la mort de Coop ? Cette tristesse immense qui étouffait le reste ? Est-ce qu’il se sentait encore comme ça ?... Je relevai mes yeux et cherchai les siens. J’eus l’impression d’être frappée au visage. Son regard était lourd, étrange, comme voilé, et il répondait silencieusement à toutes mes questions. Chuck n’avait pas besoin de parler… Je savais. Je devinais. Je vis aussi dans son regard qu’il avait compris que je savais. Je fermai les yeux, sentant une terrible nausée me prendre. J’avais envie de pleurer à nouveau. J’étais trop fatiguée pour pouvoir me contrôler et repousser mes angoisses… Surtout quand face à moi, je voyais Chuck si malheureux, si… Bloqué, comme s’il était loin de moi tout à coup, inaccessible. A quoi pensait-il ? Regrettait-il d’être venu ? Regrettait-il qu’on se soit mis ensemble ? Est-ce que c’était trop pour lui ?! Mon cœur se serra terriblement dans ma poitrine, et je manquai d’éclater en sanglot. Mon menton tremblait légèrement, je le sentais, et je me collai à nouveau contre Chuck, comme pour me cacher.


- Je suis vraiment contente que tu sois là, murmurai-je à nouveau d’une toute petite voix, seulement capable de m’accrocher à ça, à combien j’étais bien avec lui et combien j’espérais que ça serait assez pour Chuck, assez pour qu’il reste, qu’il soit heureux, lui aussi. J’avais confiance, n’est-ce pas ? 

J’avais confiance en lui.

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MessageSujet: Re: Fix you (Emmy)   Dim 3 Avr - 18:33

- Tu vas vraiment t’occuper de moi ? T’es prêt à regarder Grey’s Anatomy en me massant les pieds ?

Emmy avait souri un petit peu et j'étais content de voir qu'elle avait tout de même assez de forces pour le faire. J'étais aussi content qu'elle aille sur cet terrain là, qui m'arrangeait beaucoup plus. Il faut dire, je le connaissais bien. C'était sûrement mon arme fatale : les pirouettes, la blague, rebondir sur tout et n'importe quoi... Enfin, avant. Maintenant, aujourd'hui, mon arme fatale, ce n'était plus trop d'actualité. Je n'avais plus rien de fatal.

- Ouais, je suis prêt à endurer les questionnements existentiels de Meredith rien que pour toi, t'as vu ça un peu, répondis-je en souriant, en façade.

C'était une blague récurrente : je me foutais de beaucoup de choses dans cette série, surtout du personnage principal qui m'ennuyait avec ses questionnements et ses doutes à la con à tous les épisodes. Ce qui faisait rire Emmy, c'est qu'au final je regardais quand même avec elle et je me prenais au jeu - ce qui était le cas avec d'autres séries d'ailleurs, et j'avais beau lui expliquer que c'était juste que j'aimais bien passer le temps tranquillement installé avec elle, cette débile soutenait dur comme fer que je "devenais fan", ce qui me faisait évidemment râler comme tout. A la fois j'étais soulagé qu'elle ait dit un truc du genre pour que je puisse masque ce vide intersidéral que j'avais à l'intérieur de moi, à la fois je ne l'étais pas tant que ça : je me rendais compte que finalement je lui mentais, comme un arracheur de dents, mais je n'avais aucune idée de comment faire autrement. Lui dire cas ? Salut Emmy je me casse ? Lui expliquer que je ne ressens rien et tout à la fois et qu'autant s'arrêter là ? La laisser crever dans son lit et ciao la compagnie ?

Ben, non. Je n'étais plus capable de rien de toute façon.


- N’empêche que, au début, c’était une bonne soirée, commença-t-elle tandis que je bougeais mon pied pour amuser le chien et que ça me faisait une distraction et une bonne occasion de regarder ailleurs. C’est arrivé quand on rentrait, on était toutes les deux super ivres, et on rigolait, et soudain… Soudain il a fait froid, c’était bizarre, comme si j’avais avalé un bloc de glace tu vois ? Et c’était comme s’il y avait un immense aimant qui attirait hors de moi toute ma joie de vivre… Du coup on a compris ce qui se passait, et on a essayé de faire apparaître un patronus, mais on avait pas assez de force. J’ai perdu connaissance, je crois, c’était flou, puis il s’est passé un truc bizarre, quelque chose m’a griffé l’avant-bras, et ça m’a réveillé, j’ai pas trop compris ce qui s’était passé, mais Heather était consciente, et on a eu un… regain de force je suppose ? On a réussi à faire apparaître nos patronus, et ensuite des Aurors sont arrivés, visiblement il y avait une mission pas loin et les détraqueurs se sont échappés, quelque chose comme ça… Du coup on a fini à Sainte-Mangouste, ils nous ont donné quelques potions, mes parents et Ezra sont venus puis on est tous rentré et j’ai dormi… Je sais vraiment pas comment les gens à Azkaban peuvent supporter ça. C’est trop cruel.

Un aimant, tiens, en voilà une belle image... Qui attire tout hors de soi...

C'était bizarre, cette histoire en tout cas... Des détraqueurs qui se baladaient... Des Aurors qui débarquaient... Ça puait le coup foireux, la mission ratée ou un truc comme ça... Et ce con de chien qui m'avait mordu le gros orteil un peu trop fort... Il était mignon quand même, bah... J'avais mal à la tête, une douleur chelou et horrible, qui partait de l'arrière du crâne et me vrillait jusque dans l'oeil... J'avais bu quoi hier soir aussi... Hmm... Non mais aussi, il ne fallait jamais laisser Mary faire les cocktails, elle était incapable de comprendre le concept du dosage... Il fallait que je rappelle Angie, elle m'avait laissé un milliard de messages, je connaissais sa limite, un milliard et un messages et c'était fini, elle débarquait comme une furie et ne me foutait plus la paix, le tout était de savoir doser... Rentrer chez moi ? Je ne savais même pas si j'en avais envie, pour faire quoi... J'avais envie d'être ailleurs, dehors... Mais envie de rien faire en même temps, de dormir... Et puis cette vrille insupportable, là... Fermer les yeux et ne plus la sentir, et oublier tout ça... Qu'on me foute la paix, qu'on ne me demande rien... Et puis il fallait peut-être songer à réagir, à répondre à Emmy, à dire quelque chose, à faire quelque chose ?... Aucune envie... Pourquoi m'avoir appelé... Qu'est-ce que je pouvais faire de toute façon... Est-ce qu'on pouvait laisser les gens tranquilles quand ils allaient mal, pourquoi s'agglutiner autour d'eaux comme des mouches à merde... La paix... Rien d'autre... Pas envie de bosser lundi... Pas envie de voir les gens, de leur parler... Pas envie de faire quoi que ce soit... C'était bizarre, cette histoire de griffure, non ? Ben oui, elle avait le bras tout bandé... Ça griffait, un détraqueur ?! N'importe quoi... Alors, quoi... J'avais envie de bailler, de dormir, de m'arracher l'oeil droit, la tête aussi tiens... Ah ben oui, tiens, ça devait pas rigoler à Azkaban, mais on y envoyait pas non plus des enfants de choeur en camp scout... Si c'était des raclures de chiottes comme tous ceux qui avaient sévi à Poudlard, rien à battre, que l'aimant leur enlève tout et basta, pour ce que ça pouvait me foutre... Bon allez, il fallait dire quelque chose...


- Eh ben, c'est chelou, enfin, je veux dire, c'est horrible, me repris-je comme un manche, parce que j'étais coincé sur cette histoire de griffure qui me paraissait être l'excuse parfaite pour éviter tout le reste. Qu'est-ce qu'ils foutaient là ces cons ? Comme si elle en avait une quelconque idée. Ils ont dit quoi pour la griffure, tu sais ce que c'est ?

Du factuel. Mais au moins, j'avais dit quelque chose.

- Je suis vraiment contente que tu sois là, dit Emmy en se serrant un peu plus contre moi, m'empêchant de bouger, ce qui me crispa parce que je voulais changer de place à cause des fourmis dans ma deuxième jambe.

Pas moi.

Evidemment, j'étais un peu dans une impasse. De toute façon, même si elle sentait que j'étais un peu bizarre, je savais sur quoi elle remettrait tout ça : sur Sainte-Mangouste, ma passion des hôpitaux, mon kif des situations extrêmes et des risques pour les gens de mon entourage, etc etc. Une bonne tranche de rigolade quoi. Mais c'était une bonne couverture, un bon écran, sur mon écran à moi, derrière lequel j'étais. C'était possible, de rester un peu et puis de partir, mais ce n'était pas possible si je voulais lui faire croire que tout allait bien, et si je ne voulais pas lui imposer des trucs désagréables en plus de tout. J'allais rester - je n'avais pas trop le choix. Avec un peu de chance, elle avait encore envie de dormir des heures, et on allait tuer le temps comme ça. Je ne voulais pas rester ici mais au bout du compte, je me sentais tellement hors de mon propre corps, alors, qu'est-ce que ça pouvait foutre ?


- Oui, moi aussi, je suis content d'être là avec toi, mentis-je en m'entendant parler comme si j'étais un étranger.

C'était plus facile qu'on pouvait le penser. Je bougeai enfin, la faisant bouger par la même occasion, et on s'installa un peu mieux, l'un contre l'autre. Je fermai les yeux pour essayer de faire passer la vrille dans ma tête, en espérant qu'elle ne rebondisse pas et somnole elle aussi, jusqu'au lendemain.

_________________

CHUCK CARLTON
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