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~ Mistrust of the future. [PV S.]

 

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 ~ Mistrust of the future. [PV S.]

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Ruby Standiford-Wayland
Apprentie à Sainte Mangouste



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Date d'inscription : 03/09/2011

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Particularités: « and from the rain comes a river running wild that will create an empire for you. »
Ami(e)s: Lizlor; « Maybe home is nothing but two arms holding you tight when you’re at your worst. »
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MessageSujet: ~ Mistrust of the future. [PV S.]   Jeu 3 Mar - 22:33

“You realize that our mistrust of the future makes it hard to give up the past.”

(C. Palahniuk)




Je me retournai, les draps bruissant légèrement, et enfoui mon visage dans le cou d’Ewan. Son parfum m’envahit doucement, détendant tout mon corps. Ewan bougea légèrement, entourant mes épaules de son bras dans un geste endormi, et je souris sans qu’il puisse le voir. Son visage avait des traits sereins lorsqu’il dormait, mais surtout, je pouvais l’observer à loisir sans m’inquiéter que ses yeux, cachés sous ses paupières fines, puissent me voir. Je me nourrissais de ce visage que je connaissais par cœur sans jamais vraiment m’en lasser, je me perdais dans ma contemplation admirative des angles et des courbes, du rebondi de ses joues, du carré de sa mâchoire, de la finesse de sa peau, des petits creux sur son front… J’aurais pu rester là des heures, sans rien faire, à le regarder dormir. Tout le reste était comme tenu à distance. Depuis les volets fermés, la lumière filtrait légèrement, éclairant nos deux corps emmêlés sous les couvertures, et j’avais l’impression d’être dans une petite grotte où, tel un petit animal craintif, je me réfugiais. Je ne voulais pas me lever, je ne voulais pas que la journée continue, je voulais simplement rester là. Sur la table de chevet, il y avait encore les petits prospectus et mon carnet, qu’Ewan et moi avions consulté la veille en discutant du forum de cet après-midi. Avec lui, ça ne paraissait pas terrifiant, au contraire, il était tellement de bon conseil, le futur paraissait soudain presque excitant. Mais je savais que dès que je partirais de chez lui et que j’arriverais à Poudlard, toutes mes angoisses reviendraient. J’eus une pensée pour Lizlor, que je savais inquiète aussi, et étrangement, cela m’obligeait un peu à être raisonnable dans mes craintes, à garder le cap, parce que je voulais la rassurer aussi. Mais au fond, je n’en menais pas large, et je pensais que ma meilleure amie le savait très bien. J’amorçai un mouvement pour me lever et me préparer, mais Ewan, encore endormi, poussa un grognement et resserra son étreinte. Je sentis que mes entrailles grésillaient de plaisir, et je me pressai un peu plus contre lui, à nouveau, songeant que ça pouvait atteindre un peu, et qu’après tout, me détendre n’était pas une mauvaise idée avant cet après-midi.


***


- Scott ! appelai-je. Il se retourna, et m’adressa un sourire, tandis que j’arrivais à sa hauteur. Tu vas bien ? Tu es prêt ? Je jetai un coup d’œil à ses mains qui tenaient un carnet, et eus un petit rire avant de sortir de mon sac mon propre carnet, sur lequel j’avais tout noté. Nous échangeâmes un regard entendu et un sourire.

Poudlard organisait chaque année un forum où les élèves pouvaient venir discuter avec des professionnels, et s’il était ouvert à tous le premier jour, les septièmes années avaient la priorité. Ce samedi après-midi, les Serdaigles et les Serpentards avaient un moment réservé pour eux, et demain après-midi, les Poufsouffles et les Gryffondors auraient le leur. J’avais été à ces forums quasiment chaque année, explorant les différentes possibilités qui me paraissaient à l’époque très nébuleuses et lointaines. Depuis sûrement la cinquième année, j’avais compris que je voulais travailler dans les potions, mais ce n’était que depuis quelques mois qu’une idée s’était vraiment développé dans mon esprit avec clarté. Je voulais travailler dans les potions de guérison dans le domaine de l’addiction, car j’avais vu à quel point ce n’était pas un sujet très développé, mais aussi étrangement un peu tabou. Je me doutais que mon idée était très précise, et qu’en sortant de Poudlard je n’allais pas directement me spécialiser autant, mais ce but un peu lointain me maintenait concentrée sur mes études et sur les différentes étapes à réaliser pour y arriver…. Et quand je voyais combien tout me paraissait compliqué et insurmontable en ce moment, ce n’était pas désagréable d’avoir cet objectif auquel me raccrocher.

Parfois, je pensais même à Daniel malgré moi, et à son décès, et je me disais que peut-être quelque chose aurait pu être fait, quelque chose de plus, quelque chose pour le sauver. En y pensant, je réalisais à chaque fois que c’était un peu stupide, que c’était trop tard et que Daniel n’avait sûrement pas voulu être sauvé, mais l’idée persistait. Peut-être qu’au fond, elle me rappelait que c’était moi aussi qui aurait pu être à sa place, et qui avait même bien failli ce fameux soir où Scott m’avait trouvé…

Scott, qui était à côté de moi, contemplait le plan de la Grande Salle pour savoir où serait assise quelle personne, et probablement prévoir un ordre de passage. Je me joignis à lui, prête à aller directement à la table de Sainte-Mangouste avec les guérisseurs, mais aussi à celle d’un apothicaire privé qui faisait ses propres potions. Dans mon sac, j’avais mon dossier scolaire et mon CV, prêt à être présenté, et je sentais déjà le stress monter en moi, un peu ridiculement. Je savais que mon dossier était quasiment parfait. On me l’avait dit plusieurs fois déjà, et je savais que j’étais dans les meilleurs élèves de mon niveau… A vrai dire, la meilleure, ex-aequo avec Scott d’ailleurs. C’était drôle, à quel point nous nous ressemblions sur certains points. C’était probablement l’ami avec lequel je pouvais le plus parler de cours et échangé des idées théoriques sans jamais qu’il ait l’air ennuyé, au contraire, ou celui avec lequel je marchais le mieux en binôme en cours. Evidemment, nous nous entendions pour d’autres raisons, sûrement plus subtiles ; notre amitié s’était construite sur la longueur, doucement, sûrement car nous étions similaires de ce côté-là. Il était plus timide que moi en apparence, mais au fond, nous avions cette même retenue à propos des autres. A vrai dire, il était sûrement la personne que je connaissais qui me ressemblait le plus, et je me demandais souvent si Scott ressentait cette similarité dont nous ne parlions jamais vraiment.


- Bon, j’espère que ça va bien se passer, dis-je peut-être plus pour moi-même que pour Scott. Nous venions de rentrer dans la Grande Salle, et nous ne nous dirigions pas vers les mêmes stands. On se retrouve tout à l’heure ? Je jetai un regard circulaire à la pièce, sentant mon cœur s’emballer un peu. Je me tournai à nouveau vers Scott, qui me regardait. C’est un peu stressant, confiai-je. Enfin, tu me connais, je stresse facilement, plaisantai-je, mais bon, c’est un peu la concrétisation de toutes ces années, ça fait bizarre, non ?

Je poussai un petit soupire et réajustai mes cheveux que j’avais coiffé en un chignon soigné. Je me sentais toute petite, dans ma tenue qui se voulait pourtant adulte – une jupe taille-haute et un chemisier aérien – et pendant un instant, j’eus l’impression d’être une petite fille qui voulait jouer à des jeux qui étaient trop compliqués pour elle, et j’eus envie de faire demi-tour et courir me réfugier à nouveau dans les bras d’Ewan.

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Even Closer | Forever Young | So Cold | If Stars



« 'I feel things,' I said. 'I'm not a robot!' I stamped my foot and screamed. Then I burst into tears.
I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: ~ Mistrust of the future. [PV S.]   Sam 5 Mar - 18:27

Ce matin, comme souvent, je m'éveillai avant la sonnerie de mon petit réveil doré. Le léger tic-tac des aiguilles était le seul bruit qui venait rompre le silence endormi du dortoir, et je dus faire des gestes très lents et réduits pour saisir ma baguette et ouvrir le rideau autour de mon lit en faisant le moins de bruit possible. Je n'avais pas envie de troubler cette quiétude matinale — j'aimais ces moments tranquilles, quand le château dormait, avant ou après une journée, j'aimais assister à ce spectacle en étant pleinement conscient tandis que la majorité dormait, comme si je jetais un oeil sur le monde avant qu'il se forme, se mette en mouvement. Dans ces moments, mes pensées et mes inquiétudes me semblaient plus lointaine, je flottais et j'étais bien, serein. Entre les rideaux bleu roi de mon lit s'étirait un ciel d'un bleu clair étincelant, et je me redressai sur mes oreillers pour mieux le voir ; quelques nuages, minuscules, en forme de fleur, passaient de temps à autre et brillait sous le soleil clair de ce début timide de printemps. J'imaginais qu'il devait faire frais mais sec, et que les alentours de Poudlard devait resplendir jusqu'à l'horizon, jusqu'aux grandes montagnes brunes dressées en arrière plan qui faisaient partie de ma vie depuis sept années maintenant... Parfois, je n'avais pas envie de quitter Poudlard. Quand je m'appuyai contre l'immense vitre de mon dortoir et que je regardais le paysage, quand je flânais dans le parc, quand je m'installai dans la bibliothèque, quand je cheminai dans les hautes tours du château, quand je déjeunais à la Grande salle avec mes amis... Je me disais, pendant de courts instants, que cet endroit était plus magique et unique que n'importe quel autre, qu'il m'avait vu grandir et qu'il était trop sublime pour être quitter à tout jamais. Mais je reprenais vite conscience : Poudlard était trop tranquille, trop protecteur, et trop sévère aussi. Je m'y étais senti très heureux et très malheureux, j'y avais vécu beaucoup de choses, mais je savais qu'on ne pouvait pas vivre éternellement cette adolescence plus ou moins insouciante que ce petit morceau d'Écosse nous offrait et que c'était, finalement, pour cette raison qu'il nous fallait partir. Et j'étais prêt. Nostalgique, sans doute, mais prêt.

J'attrapai sur le coin de ma table de nuit la lettre parfaitement pliée en quatre, couverte de cette petite écriture fine et droite, tracée des mains d'Haley. La relisant encore une fois, je souris aux anecdotes qu'elle me racontait, ou bien simplement à ces mots qu'elle m'adressait, avant de m'attarder un peu plus longtemps sur le paragraphe consacré au forum des métiers, qui avait lieu ce matin. Elle me donnait quelques conseils et me rappelait les personnes que nous avions vues ensemble, etc. Quelque chose de trop formel émanait de ces quelques lignes et je fronçai les sourcils en essayant de comprendre — en vain. Finalement, avec un léger soupir, je reposai la lettre bien pliée sous le livre posé sur ma table de nuit, avant de me rendre compte qu'il s'y trouvait encore et toujours la fameuse « lettre » de Stephen... J'hésitai encore, mais posai la lettre d'Haley par-dessus. Je gardai toujours les plus récentes à portée de main, avant de les ranger dans le petit coffre destiné à mon courrier et rangé sous mon lit. J'arrêtai mon réveil à la première seconde où il se déclencha et m'étirait, tandis que d'autres sonneries faisaient écho à la mienne.

C'était terminé — le monde s'agitait, s'ébrouait, s'éveillait doucement, et dans le ciel les nuages s'étiraient paresseusement à présent, un plus longs, plus lourds. Je baillai puis me levai et partis en direction de la salle de bain, pour faire ma toilette. Après m'être rasé et coiffé devant la glace, j'enfilai mon uniforme, m'assurai qu'il était bien repassé et que mes chaussures n'étaient pas sales, car je voulais faire bonne figure. Je descendis rapidement déjeuner puis remontai chercher mon sac et finir de lire un vieux grimoire puisque j'avais un peu de temps, bien installé dans un des larges fauteuils de notre salle commune. Quand ce fut l'heure, je mis mon sac sur mon épaule et descendis de nouveau.

La Grande salle avait été installée pour l'occasion et quelques élèves attendaient devant la porte quand je descendis l'escalier ; les portes s'ouvrirent et les premiers arrivants rentrèrent. Je sortis mon carnet spécialement destiné à mon orientation, mon stylo et... Interdit, je jetai un coup d'oeil surpris au stylo que je tenais dans la main : un stylo bleu recouvert de paillettes avec une tête d'aigle au bout, cadeau d'Apple, je m'en souvenais à présent — ce dont je ne me souvenais pas, c'était que je l'avais toujours en ma possession, mais je me voyais maintenant le mettre poliment dans mon sac tout en oubliant ensuite son existence. Avec un petit sourire amusé, je le rangeai de nouveau à l'intérieur et en sortis un tout simple.


- Scott ! m'interpella Ruby, au même moment. Tu vas bien ? Tu es prêt ?

Elle était très élégamment habillée — je compris qu'elle avait volontairement fait l'effort d'une tenue classique et un peu plus « adulte », qui lui allait d'ailleurs très bien. Quant à moi, optant pour la neutralité, j'avais préféré garder mon uniforme, puisque nous avions le choix.

- Oui ! Dis donc, tu es très chic, ça te va bien, la complimentai-je avec un sourire. Allons-y !

Nous entrâmes. Le plafond magique brillait d'une couleur très claire et très pure, comme le ciel de ce matin. Il y avait encore peu d'élèves et les quelques professeurs présents nous accueillirent en souriant, avant de nous expliquer le déroulement ; ce fut Rose Bosworth qui se chargea de nous mais elle s'arrêta bien vite en riant et en comprenant que nous étions habitués et savions la procédure. Nous nous dirigeâmes vers le plan de la salle, des stands, le nom des intervenants. Une seule partie m'intéressait réellement : celle du Ministère, des Aurors. Mais je devais assurer mes arrières, comme tout le monde le répétait... Je pris quelques autres brochures pour me donner bonne conscience.

- Bon, j’espère que ça va bien se passer. On se retrouve tout à l’heure ?

- Non, je vais d'abord venir avec toi au stand de Sainte-Mangouste,
dis-je près un instant de réflexion. Je veux quand même me renseigner, expliquai-je devant son regard interrogatif. On ne sait jamais...

Laissant ma phrase en suspension, je haussai les épaules. J'étais pourtant sûr de ce que je désirais, mais dans ces moments, devant le fait accompli, je doutais de tout. J'étais le premier de ma classe, avec Ruby, depuis que Stephen n'était plus là. J'avais potentiellement toutes les voies ouvertes devant moi, un large panel de choix, mais celui que je voulais le plus me paressait non seulement le plus difficile mais le plus gros challenge. Et si je n'étais pas assez doué ? Et si je me trompais ?

- C’est un peu stressant. Enfin, tu me connais, je stresse facilement, mais bon, c’est un peu la concrétisation de toutes ces années, ça fait bizarre, non ?

- Oh, oui, ajoutai-je, complètement d'accord avec elle. Je savais qu'avec Ruby nous nous comprenions parfaitement sur ce point, même si elle était tout de même bien plus anxieuse que moi. Mais nous partagions le goût et l'importance de nos études, notre futur professionnel, et j'appréciais l'avoir aujourd'hui à mes côtés.

Un peu tendu, je la suivis vers le fameux stand de Sainte-Mangouste. Il y avait trois sorciers présents et je la laissai discuter avec l'un des trois, pendant que je posais quelques questions plus générales aux deux autres. Devant mes résultats, ils furent alors très enthousiastes et me posèrent beaucoup de questions sur mes goûts, mes envies, ce à quoi j'aspirais. La recherche fut le sujet qui ressortit le plus de notre conversation et m'intéressa d'ailleurs beaucoup, car je ne l'avais effectivement jamais envisagée comme possibilité jusqu'à lors. C'était en effet un sujet pertinent et qui avait du sens pour mon parcours ; après les avoir remerciés, puis fait un petit geste à Ruby, je quittai le stand et me rendis vers celui du Ministère. La femme présente pour la section des Aurors me fit un peu peur au premier abord, car elle avait le visage fermé et assez austère, et qu'elle était vêtue de couleurs sombres, mais quand nous échangeâmes quelques mots elle se dérida et parut apprécier ma motivation. Je lui expliquai mes recherches, comment je m'étais renseigné, ce qui m'intéressait, etc ; elle me rappela les modalités pour arriver jusque là, les contraintes, ce qui était demandé, etc. Je pris la brochure complète que je connaissais déjà par coeur et partis après une bonne vingtaine de minutes d'entretien, pas vraiment rassuré, mais un peu soulagé d'avoir eu quelques confirmations.

Comme Ruby n'avait pas fini, je fis un petit tour en discutant avec quelques autres personnes et récupérai de nouvelles brochures — sans réussir à refuser celle d'un petit sorcier très enjoué qui venait présenter son magasin de toilettage de hiboux et des nouveaux produits qu'il inventait en matière de soins aux animaux de compagnie — tout en remarquant du coin de l'oeil que l'Auror discutait de moi avec sa voisine de stand, discrètement mais je les avais remarquées, et ma gorge se serra. M'efforçant de rester détendu, je me rappelai tous les compliments qu'elle m'avait fait sur mes résultats, le fait que « j'avais absolument toutes mes chances » si je ne baissais pas le rythme et que j'étais un « très bon candidat »... Tout en priant que Ruby ait rapidement fini et que nous puissions discuter de tout ça. Il y avait quelque chose dans sa présence, ses avis, ses conseils, la manière dont elle m'écoutait, qui me faisait toujours me sentir rassuré, plein d'espoir, comme si elle calmait tranquillement tous les doutes en moi.

Enfin, elle parut avoir fini, et finit aussi le tour de la salle en saluant tout le monde — et en récupérant la brochure du petit sorcier aux hiboux — puis vint me rejoindre. Je lui lançai un sourire un peu crispé.


- Alors ?! Plus bas : Tu te lances dans le toilettage de hiboux, toi aussi ? J'eus un petit rire qui me fit du bien, car j'avais les nerfs sensibles. Tu as eu ce que tu voulais ? Raconte, la pressai-je, avec l'envie de savoir ce qu'elle en avait tiré et si elle était plus avancée, ce que j'espérais.

_________________
‖▹
SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Mistrust of the future. [PV S.]   Mar 8 Mar - 3:05

"I keep wishing, reflexively, for a glimpse of the future, so I'll know what to do.
But I don't kid myself. I have to feel my way forward blindly. I try not to be afraid.
Even if you know what's coming, you're never prepared for how it feels."

(N. Standiford)



Pendant un instant, je me demandai comment Scott se sentait. Bien sûr, je le connaissais assez pour avoir une petite idée, mais au fond, il était tout aussi secret que moi, et malgré moi, je me questionnai. Je savais que derrière son ambition et son intelligence, il doutait lui aussi, mais jusqu’où ? Parfois, je voyais son regard qui se perdait en cours, l’espace de quelques secondes, et c’était comme s’il plongeait dans un endroit trop mystérieux où je ne pouvais pas l’atteindre. Une part de moi se demandait toujours aussi si c’était ce que j’inspirais, parfois, aux gens autour de moi. Quand je voyais Liz, j’avais l’impression qu’elle portait ses émotions presque fièrement, sans gêne, et j’étais admirative. C’était comme si je n’étais programmée que sur deux modes ; enfouir par réflexe ou finir par exploser et tout déverser. Mais je n’avais jamais vu Scott exploser – je ne pouvais pas dire la même chose à l’inverse, par contre – et je demandais toujours comment il réussissait à garder ce calme olympien. Etait-ce qu’il n’explosait qu’en présence d’Haley, peut-être ? Ou tout seul ? Pourtant, je l’avais vu frustré, préoccupé… Mais s’il m’avait vu emportée par mes émotions, inquiète, stressée, anxieuse, apeurée même, sans que je veuille pourtant tout à fait me dévoiler, je ne l’avais jamais vu, lui, perdre son calme. Au fond, autant j’admirais l’authenticité de Lizlor, autant une part de moi admirait aussi la capacité de Scott à se contrôler entièrement. Parfois, cependant, je me demandais comment il réussissait à calmer la pression.

Je lui fus reconnaissance de venir au stand de Sainte-Mangouste, même si je savais qu’il ne le faisait qu’au cas-où, pour avoir des renseignements en plus, j’étais heureuse de ne pas me lancer la tête la première dedans, toute seule. Dans ces moments, je ne pouvais pas m’empêcher de penser à Ewan, et combien les choses auraient été différentes si nous avions eu le même âge. Je l’imaginais à mes côtés, regardant des brochures, ses sourcils froncés, soulignant les creux de son front, une mèche de ses cheveux les cachant légèrement. J’avais envie qu’il soit là. Mais j’étais heureuse qu’il soit déjà passé par là, qu’il sache autant, qu’il puisse m’aider, mais peut-être un peu égoïstement, j’aurais voulu qu’il soit là, qu’il vive la même chose que moi. Quand je le regardais, déjà accompli, je me sentais toute petite et angoissée. Il avait trouvé ce qu’il voulait faire, mais moi, et si je me trompais ? J’aurais voulu avoir fait mes choix moi aussi, ne plus avoir à vivre ça. Ou peut-être que je ne voulais pas le vivre seule. Dans ces instants, je pensais à Lizlor ou même à Scott. Après tout, James avait aussi trouvé sa voix, et il semblait qu’Haley aussi. Eux aussi étaient dans la même situation que moi. Je n’étais pas seule, pensai-je, même si au fond de mon cerveau, l’image d’Ewan avec moi flottait, et oh, combien j’aurais aimé qu’il soit là maintenant.

En s’installant au stand de Sainte-Mangouste, je fus surprise de reconnaître un homme avec qui j’avais discuté l’année dernière, je me rappelai de son prénom, Charles Brody, il me semblait. Sa jovialité m’avait marqué. Je me doutais que devant la masse d’élèves qu’il avait dû voir, il ne se souviendrait pas de moi, mais je fus surprise de voir que j’avais tort. Il se souvenait même de mon prénom. Il me fallût un petit moment pour recomposer mon visage après une telle surprise. Mais c’était un bon signe, très bon même, n’est-ce pas ?! Mon cœur se mit à battre la chamade malgré moi, et je lui tendis mon dossier dument complété depuis l’année dernière, pour qu’il puisse voir mes résultats. Il fronça les sourcils, et une nouvelle fois, mon coeur s’emballa, mais différemment : la panique m’avait complètement envahi. Qu’est-ce qui n’allait pas ?!


- Eh bien, je ne m’en rappelais pas, vous êtes de la famille de Sara ? dit-il, relevant la tête vers moi. Je restai un peu bloquée pendant une demi-seconde, avant de comprendre de quoi il parlait. Tout allait bien. C’était mon nom de famille qui avait changé dans mon dossier. Brièvement, je me demandai s’il connaissait personnellement Sara, pour l’appeler par son prénom, et je me promis de lui demander demain soir au diner que nous devions avoir avec elle et Liz pour discuter du forum, justement.
- Oh, oui, mais c’est récent, répondis-je avec le plus d’assurance possible.
- Vraiment ? Je ne l’ai pas vu depuis le forum de l’année dernière, je l’ignorais… Ah, quelle femme, Sara, n'est-ce pas… Une très bonne directrice, si vous voulez mon avis, commenta-t-il. J’eus un sourire malgré moi. Je reconnaissais la bonne humeur qui m'avait marqué l'année dernière. Mais je sentis que je m’inquiétai un peu. Je ne tenais absolument pas à ce que la discussion dérive sur ma vie personnelle, et le sorcier sembla comprendre, car il reposa les yeux sur le dossier, plus bas, sûrement vers mes résultats. Je vois que vous avez maintenu votre excellent niveau. Avez-vous approfondi vos projets depuis l’année dernière ?

Excellent niveau… Maintenu… Je respirais à nouveau. C’était bien. Tout allait bien. Il ne fallait pas que je panique. Mais j’hésitai un instant… Oui, j’avais développé mes envies, depuis le dernier forum. Mais je n’étais pas sûre de savoir comment exactement l’aborder ou le mettre en avant. Je me remémorai les conseils d’Ewan à ce sujet, et inspirai un grand coup avant de me lancer.

- J’aimerais toujours commencer dans les positions de guérison, c’est un sujet qui me passionne vraiment, mais je… Non, ne commence pas à bégayer, m’ordonnai-je. Tout va bien. Tu sais de quoi tu parles, me rappelai-je. J’aimerais vraiment me tourner vers le domaine des addictions, plus tard, pour me spécialiser. J’ai fait beaucoup de recherches dans le sujet, et je trouve qu’il est très intéressant mais aussi très important, et qu’il est peu exploité et en constante évolution. Je pense que ça serait vraiment enrichissant de travailler dans ce domaine, achevai-je, le cœur tambourinant. C’était la première fois que je parlais de ce projet à une figure d’autorité. Je n’avais même pas osé en parler à Sara.
- Eh bien, en voilà un projet intéressant ! S’exclama l’homme, tout souriant. J’eus l’impression que j’allais pleurer de soulagement. Evidemment, comme vous le dites, il s’agirait d’une spécialité future, mais c’est très bien d’avoir une idée, un but, cela va vous aider. Attendez, j’ai la liste des cours que suivent les apprentis, nous pouvons sûrement voir ce qui peut vous aider à construire une base solide dans ce domaine…

Il sortit des brochures, des prospectus, des dossiers. Je savais que j’avais déjà cherché et tout noté dans mon carnet que je sortis, mais par peur d’être impolie, je l’écoutais d’abord parler et me montrer ce qu’il trouvait. Petit à petit, comme je prenais un peu plus confiance, j’expliquai ce que j’avais déjà trouvé lors de mes recherches pour mes études, et comme il vit que j’avais déjà quasiment tout réfléchi – ce qui le fit rire chaleureusement – nous discutâmes de détails plus techniques, peut-être moins important, mais tout aussi intéressant à mes yeux. Quelle était l’ambiance à Sainte-Mangouste, quels conseils pouvait-il me donner pour rendre mon dossier le plus parfait possible, lequel de ces deux cours me conseillait-il le plus, pourquoi… Je notais tout avidement dans mon carnet, hochant la tête à chaque phrase, rebondissant avec entrain, oubliant soudainement tout le stress qui entourait mon futur. J’avais l’impression que j’étais sûre. Je savais ce que je voulais faire, et j’allais le faire, n’est-ce pas ? Pendant un instant, je fus complètement excitée à l’idée de quitter Poudlard et travailler à Sainte-Mangouste. A un moment même, les deux sorciers à côté avec qui Scott avait discutés se joignirent à nous pour discuter.

Finalement, quand j’avais posé mes mille questions, je me levai, serrant même avec enthousiasme la main de Charles, qui me souhaita bonne chance pour mes dossiers et mes ASPIC. Ce seul mot suffit à me tendre à nouveau, parce qu’il me rappelait que rien n’était joué… Je me rendis à la table de l’apothicaire un peu moins enjouée, sentant mes angoisses revenir au galop. Heureusement, la discussion se passa bien. J’étais moins intéressée par le domaine du privé, mais je voyais ce qu’Ewan faisait, et cela me passionnait aussi puisqu’il s’agissait de potion. L’apothicaire, une femme grande et ronde, me donna des conseils sur comment trouver un patron pour commencer, comment se démarquer, les qualités requises, etc. Une nouvelle fois, je notais tout dans mon carnet, très concentrée. Lorsque j’eus également fini de lui poser un tas de questions, je la saluai avant de partir. Dans mon cerveau, toutes les nouvelles informations s’empilaient sur les anciennes, et tout tournait. Scott m’attendait plus loin, et je me demandai depuis combien de temps il avait fini, et me pressai. En passant devant le stand d’un petit sorcier qui vantait son toilettage pour hibou, je ne pus m’empêcher de prendre une brochure, parce qu’il était beaucoup trop enjoué et gentil pour être ignoré.


- Alors ?! Tu te lances dans le toilettage de hiboux, toi aussi ? Au milieu de ce forum aussi sérieux, je ne m’étais pas attendue à une plaisanterie, et j’eus un rire, presque soulagée. Tu as eu ce que tu voulais ? Raconte.
- Tu me connais, dès qu’il s’agit de nettoyer…
Plaisantai-je. Scott passait assez de temps avec moi pour connaître mes TOC. Ça ne te dérange pas si on sort ? Je crois que de l’air frais me ferait du bien.

Scott sembla être dans le même état que moi – le connaissant, il devait probablement avoir le cerveau qui tournait à mille à l’heure, lui aussi. Nous traversâmes le hall pour sortir dans le parc. Il faisait bon, mais un peu frais, et la légère brise qui caressa mon visage me fit du bien. Tout va bien, songeai-je. Il fallait que je sois dans le moment présent, surtout, que je ne me laisse pas basculer dans mes angoisses. C’était tellement facile, de paniquer, après un tel moment. Mais en même temps, il y avait eu des choses très positives… Il fallait que je m’y accroche. Je pensai que j’avais plutôt envie que Scott me raconte d’abord, mais comme il m’avait posé la question le premier, je n’avais pas trop le choix.

- Le guérisseur de Sainte-Mangouste était déjà là l’année dernière, et il se souvenait de moi, je crois que c’est un bon signe… Il a dit que mes résultats étaient toujours aussi bons, ça aussi, c’est un bon signe, n’est-ce pas ? Il me fallait absolument la validation de quelqu’un en cet instant, pour me rassurer. J’ai été aussi voir le stand de l’apothicaire, ça me plaît un peu moins que Sainte-Mangouste, mais je voulais être sûre d’étudier toutes les options. Après tout, je vois ce qu’Ewan fait, et ça m’intéresse aussi, donc qui sait…

On marchait dans le parc, et me dégourdir me fit du bien. On se dirigeait vers le lac d’ailleurs, et je songeai que j’avais bien envie de m’asseoir sur le bord et fumer une cigarette tranquillement pour reprendre mes esprits. Je réfléchissais un peu. Je n’avais jamais parlé à Scott de mon projet, seulement à Ewan et Lizlor d’ailleurs. Mais maintenant qu’il devenait un peu plus concret, et possible… Après tout, je pouvais bien lui en parler.

- C’était bien, avec le guérisseur j’ai pu discuter des options de cours en parallèle du travail, qui pourrait aller avec mes idées… Mon idée de projet. Ça fait un moment que j’y pense, mais je me dis que j’aimerais bien travailler avec des gens qui souffrent d’addiction, surtout que les potions peuvent vraiment aider à s’en sortir, à calmer les problèmes liés au manque, je me dis que c’est vraiment… Intéressant, je ne sais pas, tu penses que c’est une bonne idée ?

Malgré moi, ma dernière question avait été prononcée d’une voix hésitante. Je ne lui avais jamais vraiment dit, mais l’avis de Scott m’importait beaucoup, car non seulement il était un ami proche, mais il était aussi très intelligent et j’avais généralement une haute estime de ses opinions. J’avais un peu l’impression d’être un terrain glissant, à parler de cette idée future… Bien sûr, je décrivais ce domaine comme « intéressant », mais Scott était probablement l’une des rares personnes dans mon entourage à savoir combien cela me touchait personnellement. Après qu’il m’ait trouvé dans la salle sur demande, il avait bien fallu que je lui explique honnêtement ce dont il se doutait probablement déjà – avec son sens de l’observation, j’étais persuadée qu’il m’avait vu ivre trop de fois pour comprendre le problème, bien avant que je lui admette.

- Mais et toi, alors, dis-moi, comment ça s’est passé ? Ça t’a aidé à préciser tes idées ?

Nous étions dans le même bateau, et si en apparence, nous avions l’air de très bien mener le gouvernail, je savais que lui aussi avait ses questionnements et ses angoisses qui devaient probablement le faire chavirer, parfois.

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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: ~ Mistrust of the future. [PV S.]   Ven 18 Mar - 17:00

- Tu me connais, dès qu’il s’agit de nettoyer… Ça ne te dérange pas si on sort ? Je crois que de l’air frais me ferait du bien.

Ravi qu'elle le propose car j'en mourrais d'envie, je la pris par le bras et nous partîmes de la grande salle. Je n'étais pas fâché de quitter cet endroit où j'avais recueilli toutes les informations nécessaires, à mon sens, car je commençais à ressentir une désagréable, mais infime, sensation d'oppression. Il était bien certain que c'était ni l'endroit ni les conditions qui le causaient, mais quelque chose de bien plus diffus et uniquement propre à moi-même ; le fait était que le résultat était le même et que j'avais besoin de sortir un peu et de respirer un air moins chargé en tensions et en doutes que l'incertitude du futur avait fait naître. Quant à Ruby, je devinais qu'elle partageait plus ou moins le même état d'esprit — outre ce que nous avions partagé ensemble, certains signes ne trompaient pas et je savais qu'elle était dotée, comme moi, de ce fardeau des émotions trop cérébrales. Je souris à sa petite allusion, bien qu'elle pouvaient me mettre un peu mal à l'aise parfois — elle ne s'en rendait peut-être pas compte mais le souvenir de son corps en piteux état dans la salle sur demande était toujours dans mon esprit, ainsi que tout ce qu'elle m'avait confié et tous ses problèmes, et j'étais toujours un peu angoissé, quelque part, de faire ou dire quelque chose qui risqueraient de les faire resurgir ou de la mettre mal à l'aise.

Nous traversâmes le hall désert, passâmes devant les grands sabliers de verre remplis de pierres précieuses ; sans cesse en mouvement, ils émettaient toujours un petit bruit d'égrenage, et lorsque nous les dépassâmes quelques saphirs tombèrent en plus et nous échangeâmes un regard amusé devant cette coïncidence. Dehors, il faisait bon ; de quoi se couvrir n'était pas de refus et je réajustai juste un peu mon écharpe autour de mon cou mais l'air était doux, et les quelques nuages présents dans le ciel depuis ce matin paressait toujours sur l'écran bleu du ciel, immuable. Je respirai l'odeur du parc avec délice — l'herbe grasse, la terre, l'humus de la forêt un peu plus loin — et entraînai Ruby en direction du lac, car j'aimais beaucoup cette promenade qui consistait à en faire le tour. J'avais envie d'être près de l'eau. Au loin, l'horizon était presque le même que celui de chez moi, non loin d'ici ; les hautes montagnes brunes, les petites vallées, la lande en dégradé de verts et d'ocre, les paysages assez sévères mais pourtant toujours plein de ce charme si typiquement écossais. Parfois, j'avais envie que tout soit aussi simple que cela, que cette petite promenade sous un beau ciel ; mais je ne mettais pas longtemps à me remettre de cette idée car je savais, hélas, pertinemment que c'était impossible et qu'il y avait toujours une ombre au tableau. Est-ce que Stephen aussi se posait ce genre de questions ? Est-ce qu'il était forcé de penser à son avenir comme nous l'étions ici ? Est-ce qu'il avait encore des comptes à rendre à la fin de l'année, des examens ? C'était bien ridicule mais j'aurais beaucoup aimé que son esprit si cartésien soit à mes côtés pour rationaliser mes angoisses ; j'aurais tout simplement bien aimé traverser cette période avec lui. Malheureusement, je savais combien il était puéril que je me demande cela, car Stephen était déjà bien au-delà de ce genre de considérations et vivait déjà, avec comme toujours une longueur d'avance sur tout le monde, sa vie d'adulte.


- Le guérisseur de Sainte-Mangouste était déjà là l’année dernière, et il se souvenait de moi, je crois que c’est un bon signe… Il a dit que mes résultats étaient toujours aussi bons, ça aussi, c’est un bon signe, n’est-ce pas ? demanda Ruby après quelques secondes, comme je l'avais priée de me raconter.

- Oui, c'est évident, la rassurai-je.

- J’ai été aussi voir le stand de l’apothicaire, ça me plaît un peu moins que Sainte-Mangouste, mais je voulais être sûre d’étudier toutes les options. Après tout, je vois ce qu’Ewan fait, et ça m’intéresse aussi, donc qui sait…

Elle parut songeuse un instant, comme sur le point de me dire quelque chose ou se raviser, puis reprit :

- C’était bien, avec le guérisseur j’ai pu discuter des options de cours en parallèle du travail, qui pourrait aller avec mes idées… Mon idée de projet. Ça fait un moment que j’y pense, mais je me dis que j’aimerais bien travailler avec des gens qui souffrent d’addiction, surtout que les potions peuvent vraiment aider à s’en sortir, à calmer les problèmes liés au manque, je me dis que c’est vraiment… Intéressant, je ne sais pas, tu penses que c’est une bonne idée ?


Ça alors ! Je ne pus m'empêcher, dans mon étonnement, de lui lancer un regard admiratif. Si je ne doutais pas que Ruby prenait très à cœur ce sujet d'orientation et avait probablement plus de réflexion que la majorité des élèves, je ne m'étais pas attendu pour autant qu'elle ait une idée si précise et si élaborée alors que nous tâtonnions tous. Qui plus est, cette idée était également particulière lorsqu'on connaissait son histoire, et j'étais persuadé que ce n'était pas une idée récente mais qu'elle lui trottait à l'esprit depuis bien longtemps sans qu'elle ose réellement la formuler.

- Mais oui ! C'est vraiment une approche très intéressante, je pense qu'il y a plein de choses à étudier au niveau de l'élaboration et l'évolution des potions et des soins et... Je pense aussi que ça serait aussi très intéressant pour toi d'être de l'autre côté, d'aider les gens et leur faciliter la vie et... Je me trouvai tout d'un coup un peu mal à l'aise, j'avais peur d'aller trop loin. Enfin, tu vois, conclus-je malhabilement. Je pense que ça serait une très bonne valeur ajoutée, est-ce qu'il y a déjà des sorciers spécialisés là-dedans, d'ailleurs ? lui demandai-je car j'étais certain qu'elle avait fait toutes les recherches à ce sujet.

Je me sentis un peu stupide tout d'un coup — le projet de Ruby était hautement plus élaboré que le mien, et si j'avais évidemment quelques idées qui se précisaient dans ce que j'imaginais de mon futur, ce n'était rien d'aussi construit et réfléchi. Globalement, je savais d'avantage ce que je ne voulais pas faire que ce que je voulais faire ; le métier d'Auror comportant énormément de ramifications. Je ne voulais pas spécialement être sans arrêt sur le terrain et dans les missions d'intervention spéciale, mais je ne voulais pas non plus être dans certains secteurs plus reculés comme par exemple tout ce qui avait rapport aux moldus et à la protection du secret de la communauté sorcière car je ne voulais pas me retrouver obligé d'effacer des souvenirs ou des moments de la tête des gens, etc. Je caressai secrètement l'espoir de pouvoir choisir exactement quelles seraient mes spécialités, mais il était évident que ce n'était pas en début de carrière que de tels choix étaient possibles... Je m'imaginais déjà capable de créer de nouveaux charmes, de nouveaux sortilèges dans le domaine du camouflage et de la protections — ceux qui entouraient Poudlard m'avaient toujours fasciné au plus haut point. Je me plaisais aussi à imaginer, comme j'en rêvais depuis toujours avec Stephen à mes côtés, de parvenir à déchiffrer et annuler les plus complexes sortilèges d'encodage ou de camouflage, je m'imaginais appréhender toute la chose, comme un jeu, une énigme complexe, avec tellement de ficelles à démêler... Mais je n'avais pas l'impression, aujourd'hui, que tout cela était à portée de main. J'avais en fait l'impression que le statut d'Auror était quelque chose de flou et d'indéfini et que je ne savais pas exactement pourquoi je me battais, finalement.


- Mais et toi, alors, dis-moi, comment ça s’est passé ? Ça t’a aidé à préciser tes idées ?

Nous étions arrivés au bord du lac et je le scrutai un instant sans rien dire, les yeux plissés pour ne pas être trop ébloui des rayons timides du soleil qui ricochaient sur la surface de l'eau et créaient une multitude de petits éclats lumineux. Il fallait que je me mette un peu d'ordre dans mes idées pour lui répondre, et je savais également que j'avais tout à intérêt à lui dire la vérité car Ruby était sans doute dans la poignée de personnes la plus favorable à m'aider à avancer.

- Plus ou moins, commençai-je alors que nous marchions toujours, mais plus lentement. Ils m'ont dit au stand de Sainte-Mangouste que j'avais un très bon profil pour être chercheur, ce qui m'a l'air intéressant et me semble assez logique. Mais j'aimerais vraiment être Auror... Ce n'était la même personne que l'année dernière, elle n'était pas très aimable, mais ça s'est bien passé quand même. On a reparlé des modalités, elle m'a dit que j'avais un bon dossier, mais... Je fis une pause légère avant de reprendre en regardant Ruby : Tu crois que je peux vraiment y prétendre ? J'ai l'impression que j'ai les notes et pas la carrure et... Les gens qui me connaissent ne me prennent pas au sérieux à ce sujet, évidemment, ils pensent aux Aurors sur le terrain, mais moi, ce n'est pas ça qui m'intéresse ! J'en ai parlé avec l'Auror, que je m'intéressais beaucoup à certains types de sortilèges et que je me voyais plutôt travailler dans l'élaboration de protections plus efficaces, ce genre de choses. Mais je crains bien de me voiler la face et de ne jamais être accepté, terminai-je un peu plus bas.

Les notes ne suffisaient pas et j'étais conscient de mon désavantage — il en fallait également la carrure et je voyais difficilement comment prétendre être au plus haut de l'échelle quand j'avais conscience de mes faiblesses.

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MessageSujet: Re: ~ Mistrust of the future. [PV S.]   Mer 30 Mar - 21:37

Peut-être était-ce de parler autant du futur, mais me promener dans le parc me faisait me sentir étrangement nostalgique. Plus j’avançais, plus je voulais ralentir face à l’évidence qui arrivait. Je ne voulais pas partir, pas encore, je ne m’en sentais pas prête, et quand je voyais l’herbe un peu folle, la lisière de la forêt, le lac, c’était pire que tout, mon cœur se contractait et mon cerveau faisait défiler tous les souvenirs que j’avais amassé dans ces endroits. Je me sentais bien ici, il y avait un charme particulier à cet endroit que je ne pensais pas pouvoir retrouver un jour. C’était dans des détails infimes, mais la façon dont le soleil se reflétait sur la surface du lac dont la couleur variait selon les saisons, cette manière qu’avait les rayons de rebondir sur l’eau troublée par le vent pour se perdre en petit point lumineux sur les feuilles des arbres alentours et l’herbe du rivage… Il y avait quelque chose d’infiniment délicat, chose que je ne retrouvais que lorsque je lisais certains poèmes dont l’atmosphère lyrique m’envahissait. C’était peut-être ça, le charme de cet endroit. J’avais l’impression d’être dans un poème. Comment pourrais-je avoir envie de quitter un tel endroit ? Nous descendions vers le lac, et je jetai un coup d’œil derrière moi, admirant le château qui surplombait le domaine. C’était comme dans mes livres d’enfant, avec des dragons, des sorcières et des grands châteaux de pierres sombres qui renfermaient des princesses. J’aimais cette sensation romanesque, parce que Poudlard était unique, bien loin des immeubles et des maisons en briques que j’avais toujours connu, et je ne voulais pas retourner dans ce monde-là, ce monde réel qui me rappelait tant mon enfance. Pourquoi retourner à Londres, dans cette ville bruyante et immense où je disparaissais, quand j’avais ici ce qui avait été ma toute première véritable maison depuis l’incident.

Surtout quand l’avenir était si incertain ! Depuis sept ans, chaque rentrée, je savais où j’allais, je savais à quoi m’attendre. Maintenant, j’étais face à des choix, une multitude de choix, de conditions, d’options ; j’avais beau prévoir, organiser, je ne pouvais pas tout contrôler et je devais péniblement accepter que la situation m’échappe. Je jetai un coup d’œil à Scott. Derrière l’assurance douce qu’il dégageait et l’intelligence dont il faisait preuve dans ses études et l’organisation de son futur, je savais que lui aussi souffrait du même mal que moi. En laissant glisser entre mes lèvres mes projets futurs, je le mettais dans une confidence dont il comprenait sûrement toute l’importance.


- Mais oui ! C'est vraiment une approche très intéressante, je pense qu'il y a plein de choses à étudier au niveau de l'élaboration et l'évolution des potions et des soins et... Je pense aussi que ça serait aussi très intéressant pour toi d'être de l'autre côté, d'aider les gens et leur faciliter la vie et... Enfin, tu vois. Je pense que ça serait une très bonne valeur ajoutée, est-ce qu'il y a déjà des sorciers spécialisés là-dedans, d'ailleurs ?

Dans ma poitrine, des petits papillons s’agitaient et les battements de leurs ailes fragiles firent frissonner mes entrailles. Une approche très intéressante… Je serais une très bonne valeur ajoutée… Je sentis que je rosissais de plaisir malgré moi. Scott avait d’ailleurs rapidement compris mes motivations, cette idée d’être de l’autre côté et de pouvoir aider à s’en sortir ceux qui étaient rongés par un mal que j’avais connu. Mais j’avais peur en même temps, de faire face à tout ça, de ne pas le supporter, d’être tentée à nouveau ? Ou alors, si je me lançais dans cette carrière pour les mauvaises raisons, pour me soigner moi-même ? Oh, soudain j’avais peur de mes raisons, peur de faire fausse route… Il suffisait d’une seconde, d’une pensée, et mes certitudes se mettaient à trembler, comme si je soufflais sur un château de carte. Pourtant… J’avais fait des recherches, j’avais réfléchi, longuement. J’étais sûre de moi. Pourquoi doutais-je si rapidement, si simplement ?...

- Oui, à Sainte-Mangouste, mais c’est peu répandu et même en terme de potions, de soins, c’est encore limité… Tristement, je savais de quoi je parlais. Je suis contente que tu trouves que c’est une bonne idée en tout cas, merci… J’ai peur parfois de faire ça pour les mauvaises raisons, dis-je d’une voix plus basse, avant d’hausser les épaules, comme pour chasser les mots que je venais de murmurer.

J’étais heureuse que nous soyons en train de marcher, car cette conversation m’intimidait un peu, et assis, face à face, j’aurais probablement été beaucoup plus gênée. Comme nous nous promenions, mes confessions me semblaient être dites sur le ton de la conversation, et je pouvais regarder le paysage autour de moi, comme si de rien était, évitant un instant le regard de Scott et la lourdeur de ce qui pesait dans l’air, dans mes mots. Nous arrivâmes près du lac, et Scott semblait songeur, surtout depuis que je lui avais posé ma question. Je me demandai si lui aussi hésitait à me parler sincèrement de ses projets, comme j’avais hésité quelques minutes auparavant.


- Plus ou moins. Ils m'ont dit au stand de Sainte-Mangouste que j'avais un très bon profil pour être chercheur, ce qui m'a l'air intéressant et me semble assez logique. Mais j'aimerais vraiment être Auror... Ce n'était la même personne que l'année dernière, elle n'était pas très aimable, mais ça s'est bien passé quand même. On a reparlé des modalités, elle m'a dit que j'avais un bon dossier, mais... Tu crois que je peux vraiment y prétendre ? Sa question posée aussi directement, son regard dans le mien où je lisais toute son inquiétude… Je sentis la surprise peindre mes traits un instant, mais bien vite, je repris mon expérience concentrée, écoutant ce qu’il me disait. J'ai l'impression que j'ai les notes et pas la carrure et... Les gens qui me connaissent ne me prennent pas au sérieux à ce sujet, évidemment, ils pensent aux Aurors sur le terrain, mais moi, ce n'est pas ça qui m'intéresse ! J'en ai parlé avec l'Auror, que je m'intéressais beaucoup à certains types de sortilèges et que je me voyais plutôt travailler dans l'élaboration de protections plus efficaces, ce genre de choses. Mais je crains bien de me voiler la face et de ne jamais être accepté.

Si je m’étais doutée que Scott se remettait beaucoup en question aussi, je ne pus m’empêcher de me sentir… Triste, peut-être, devant la dureté de ses propos. Il ne le voyait pas, sûrement, mais la façon dont il parlait de ce qui l’intéressait trahissait toute sa passion et son sérieux pour le sujet, et je ne doutais pas un seul instant qu’il aurait été parfait pour un tel métier – je n’en avais jamais douté, d’ailleurs. Tout comme j’étais persuadée que son dossier était parfait, et sa carrure aussi. Peut-être n’étais-je pas vraiment objective, parce que Scott était l’un de mes meilleurs amis, mais en même temps, je le connaissais bien, assez pour savoir qu’il était plus charismatique qu’il ne le pensait.

- Je crois que les gens qui ne te prennent pas au sérieux ne t’écoutent pas, dis-je. Nous étions arrivés à un endroit près du lac où il y avait quelques rochers plats où j’aimais bien m’asseoir. Je passai un coup de baguette pour faire voler la poussière avant de m’y installer et de me tourner vers Scott qui s’était assis à son tour. Je veux dire, ça se voit, quand tu en parles, c’est ce que tu veux, et je pense que tu ne peux pas rater quelque chose que tu veux autant… Et puis, tu as raison, il y a différents genres d’Aurors. Je pense que tu as un bon raisonnement pour les énigmes, tu arrives toujours à… Je réfléchis un instant, cherchant mes mots. A voir un peu au-delà du problème de base ? Donc tu as le profil parfait ! Conclus-je en souriant. J’avais toujours admiré chez Scott cette capacité à voir plus loin, tandis que j’étais souvent très scolaire. Quant à cette histoire de carrure… Je ne suis pas d’accord avec toi. Que tu sois sur le terrain ou non, je suis sûre que tu auras assez sang-froid, même dans les situations d’urgence… J’en suis la première à en avoir été témoin, glissai-je, baissant soudain la voix, par honte. Je ne tenais pas forcément à me rappeler de ce moment peu glorieux de ma vie, mais je n’avais pas oublié l’aide de Scott. En plus, tu es préfet et tu sais parfaitement te faire respecter. Je sais que c’est facile de douter de soi, mais... Je pense bien te connaître, depuis le temps, et je pense que tu ferais un très bon Auror. Rien que le fait que tu te poses autant de questions, ça prouve que ça te tient à cœur, et si tu as peur de ne pas être assez affirmé, eh bien… Rien n’est figé, tu peux travailler sur ça ! En tout cas, moi, je peux déjà imaginer le jour où j’irais au Ministère et je verrais Monsieur McBeth gravé sur une plaque doré devant la porte de ton bureau, plaisantai-je finalement, comme pour alléger l’atmosphère.

Comme nous étions bien installés, je me décidai à sortir la petite pochette où je rangeais mes cigarettes. J’en sortis une du paquet, l’allumai avec mon briquet, avant de ranger le tout à nouveau dans mon sac. Dans un geste d’habitude, je décalai mon sac posé sur le sol pour qu’il soit parfaitement aligné à moi, et en lisait le dessus, réajustant les anses pour qu’elles soient placées comme je l’entendais. Je me redressai, lissant cette fois ma jupe et réajustant mes cheveux. Finalement, je m’autorisais enfin à fumer tranquillement, sentant le tabac qui emplissait mes poumons détendre un peu ma nervosité et faisant attention à ne pas souffler ma fumée vers Scott pour ne pas le déranger.


- Pourquoi tu as si hâte de quitter Poudlard ? Demandai-je alors, hésitante, en me tournant vers lui. Enfin, je sais que tu as hâte de retrouver Haley… Mais… Tu n’as pas peur ? Enfin, dans le sens où... Ça fait tellement longtemps qu’on est à Poudlard et je vois comment ça me parait déjà compliqué de gérer les… aléas de la vie alors que Poudlard est un environnement sécurisant et simple… Je me stoppai, ne sachant pas trop ce que je voulais dire. Enfin, je ne sais pas. Ça me parait compliqué. Achevai-je d’une petite voix, inspirant une nouvelle bouffée de ma cigarette.

La fumée gonfla mes poumons, et quand finalement j’expirai, je sentis une légère pression s’envoler, de la même façon qu’en parlant avec Scott, le poids sur mes épaules se soulevait légèrement, me donnant quelques instants de répits que je recherchais tant.

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MessageSujet: Re: ~ Mistrust of the future. [PV S.]   Lun 16 Mai - 13:11

Après avoir parlé, je me rendis compte que la réponse et l'analyse de Ruby m'étaient vraiment précieuses et que je les attendais avec une légère appréhension, parce qu'elles seraient, quelque part, décisives. C'était étrange de se dire que j'avais probablement eu plus de conversations « d'adultes » avec Ruby ou Haley que mes propres parents, eux qui se trouvaient pourtant à même de répondre à mes préoccupations mais si loin de s'en occuper, justement. Ils ne me manquaient pas de me questionner à ce sujet, quand ils me voyaient, alors, Scott, tu as réfléchi à ton avenir, avec tes résultats, qu'est-ce que tu vas choisir ? Dès lors que je répondais ils n'écoutaient plus, satisfaits de toute façon de mes bonnes notes, pas inquiets de ce que je pouvais choisir car j'avais toujours été droit dans mes bottes. Ils entendaient sans doute le mot d'Auror et passaient à autre chose — ils avaient tant à faire, toujours, tout le temps, et puis il y avait très souvent des gens chez nous et ces discussions se passaient dans la cuisine entre deux portes, ou bien dans la salle à manger quand ils attendaient leurs invités, et la porte se mettait à sonner. Sur le moment, j'en éprouvais toujours un terrible sentiment d'abandon, et puis, je me reprenais vite : qu'attendais-je d'eux de toute façon ? Des réponses ? Ils ne me connaissaient même pas... Leur professionnalisme pouvait peut-être m'aider dans certains choix tactiques ou me donner des contacts, mais pour tout ce qui se rattachait à moi et à moi seul, je savais d'avance qu'il était inutile de changer le sujet. Mes parents ne pouvaient rien faire pour moi.

- Je crois que les gens qui ne te prennent pas au sérieux ne t’écoutent pas, répondit alors mon amie comme un écho de mes pensées. Je serrai les lèvres et souris légèrement — elle avait raison. Et j'avais raison aussi, à propos de mes parents. Heureusement qu'Haley aussi était là pour m'écouter et m'aiguiller, même si j'avais du mal à lui parler en ce moment car pour le coup elle était assez absente, préoccupée par ses propres problèmes de travail et sans doute déjà passée à autre chose que ces stupides questions d'adolescent qui se prépare à sortir de Poudlard... Je veux dire, ça se voit, quand tu en parles, c’est ce que tu veux, et je pense que tu ne peux pas rater quelque chose que tu veux autant… Et puis, tu as raison, il y a différents genres d’Aurors. Je pense que tu as un bon raisonnement pour les énigmes, tu arrives toujours à… A voir un peu au-delà du problème de base ? Donc tu as le profil parfait ! Quant à cette histoire de carrure… Je ne suis pas d’accord avec toi. Que tu sois sur le terrain ou non, je suis sûre que tu auras assez sang-froid, même dans les situations d’urgence… J’en suis la première à en avoir été témoin. En plus, tu es préfet et tu sais parfaitement te faire respecter. Je sais que c’est facile de douter de soi, mais... Je pense bien te connaître, depuis le temps, et je pense que tu ferais un très bon Auror. Rien que le fait que tu te poses autant de questions, ça prouve que ça te tient à cœur, et si tu as peur de ne pas être assez affirmé, eh bien… Rien n’est figé, tu peux travailler sur ça ! En tout cas, moi, je peux déjà imaginer le jour où j’irais au Ministère et je verrais Monsieur McBeth gravé sur une plaque doré devant la porte de ton bureau.

Je ne l'avais pas quittée des yeux et, par mimétisme, j'avais souri aux moments où elle avait souri, comme si cela allait, d'une manière ou d'une autre, me protéger. J'étais heureux qu'elle dise tout cela, j'avais l'impression que ce quelqu'un qu'elle décrivait et que je ne percevais pas exactement de la même façon était possible, que, oui, j'en avais la carrure, que je devais y croire, que je pouvais y croire. Tout ce qu'elle me dit me plongea alors dans une certaine perplexité, cependant, et me renvoya à quelques mois en arrière, à l'époque du Tournoi et à cette épreuve de la Chasse au Trésor dont la fin me hantait encore. Je me souvenais avoir résolu les énigmes avec sang-froid et persévérance, comme le remarquait Ruby, et en voyant un peu au-delà — justement. Les sens de chacune des étapes me semblaient assez claires et si la dernière avait à voir avec moi j'avais envie de savoir, de comprendre ; or le cube n'avait pas été ouvert et je n'avais pas eu le temps de faire quoi que ce soit, car tout avait disparu quand la clef était apparue. Peut-être que la seule chance de comprendre d'avantage de choses sur moi-même s'était évaporée avec cette maudite pièce ! J'étais amer en y repensant, plein de frustration, et je cherchais d'une manière ou d'une autre, à l'aide d'un sortilège ou d'une potion, depuis, s'il n'y avait pas moyen de retrouver cette vision, en vain. Mon dernier recours restait Rose Bosworth, mais je ne me voyais vraiment pas lui demander, d'autant plus qu'elle était psychologue, si elle pouvait me recréer cette vision pour que je comprenne enfin qui j'étais.

Je me rendis compte que je mordillai distraitement le bout de mon doigt, signe que quelque chose me préoccupait. Je l'enlevai de ma bouche tandis que Ruby sortait une cigarette et s'organisait. Je n'avais jamais trop aimé qu'elle fume, même si je ne lui disais rien — l'odeur me déplaisait, et surtout ce geste et cette manie avait quelque chose de désagréable à mes yeux, sans doute rattachée à Carlton, que je trouvais trop vulgaire pour être associée à quelqu'un de si délicat que Ruby.


- Ruby, je ne t'ai jamais demandé, qu'est-ce qu'il y avait dans ta pièce de la Chasse au Trésor ? Dans la dernière, surtout ? Tu y repenses, parfois ? demandai-je alors de but en blanc, incapable de laisser le sujet planer plus longtemps dans mon esprit. Peut-être qu'encore une fois ses analyses judicieuses apporteraient quelque chose aux miennes. J'espère que tu as raison... repris-je tout de même sur le sujet précédent, c'est vraiment difficile parfois de se faire confiance, conclus-je avec un sourire d'excuse.

Je savais qu'elle comprenait.

Elle avait tout organisé autour d'elle, son sac, lissé sa jupe, et si elle le faisait avec une certaine discrétion, je devinais que ces gestes n'avaient rien d'anodins. Un petit pincement me serra le coeur ; j'étais désolé pour elle qu'elle soit sujette à tout cela, mais d'un autre côté elle faisait tant d'efforts et s'en sortait si bien qu'au fond, elle était plus à admirer qu'à plaindre. Une petite bourrasque de vent fit voleter une feuille sur son sac et je l'enlevai.

Ce fut Ruby qui lâcha, tout d'un coup, une question un peu différente — comme si nous étions venus autour du lac pour nous débarrasser de tout ce qui nous tracassait.


- Pourquoi tu as si hâte de quitter Poudlard ? Enfin, je sais que tu as hâte de retrouver Haley… Mais… Tu n’as pas peur ? Enfin, dans le sens où... Ça fait tellement longtemps qu’on est à Poudlard et je vois comment ça me parait déjà compliqué de gérer les… aléas de la vie alors que Poudlard est un environnement sécurisant et simple… Enfin, je ne sais pas. Ça me parait compliqué.

Je souris alors, me sentant quelque part en position de force sur ce sujet car j'étais plutôt serein à cette idée, et j'allais donc pouvoir lui apporter du réconfort. Distraitement, mes doigts avaient attrapé un grand brin d'herbe et je jouai à l'enrouler autour de mes doigts, tout en laissant mon regard se perdre sur la surface brillante du lac. Poudlard était sécurisant à bien des égards, oui, mais pas à tous ; quelque part j'avais compris que ce n'était qu'une projection de ce qui nous attendait, ni plus ni moins. Je n'avais pas spécialement peur de la suite.


- J'ai vraiment hâte de retrouver Haley et de vivre une vie plus semblable à la sienne, pour commencer, oui. Ça ne te fait pas ça avec Ewan ? Mais c'est plus que ça, continuai-je, c'est comme si j'avais fait mon temps ici et qu'il fallait que j'aille voir plus loin... C'est peut-être ce côté si sécurisant et simple qui me fait sentir que si je n'en sors pas bientôt je n'en sortirai jamais, plaisantai-je à moitié. Mais je pense que Poudlard nous prépare vraiment à la suite, ne t'inquiète pas. Et je pense que tu sauras te récréer un environnement sécurisant même après, que ça ne sera que de la transposition. Je lui souris doucement. Le brin avait craqué à un endroit, et j'en jetai le plus petit bout pour ne garder que le plus long. Et puis, tu sais... hésitai-je, je ne suis pas fâché de me débarrasser aussi de mes mauvais souvenirs ici, ça me fait plaisir de recommencer à zéro, c'est une chance, tu ne crois pas ?

Je n'étais pas à plaindre non plus mais je n'avais rien contre le fait de laisser quelques choses derrière moi et de me dire qu'elles n'arriveraient plus...

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SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Mistrust of the future. [PV S.]   Lun 25 Juil - 20:50

Le lac et ses abords m’avaient toujours paru un peu magiques, pas parce qu’ici tout était réellement magique, peuplé de créatures et d’enchantements, mais parce que dans ce lieu précis, j’avais l’impression que le temps était abstrait. Loin de l’agitation des cours et des couloirs, loin des sonneries et des lourdes horloges dorés ; il y avait quelque chose d’intemporel, accentué par l’idée que depuis des centaines d’années, des étudiants venaient se distraire au même endroit. Combien de personne s’était assis là où Scott et moi nous tenions à présent ? Et tous ces fantômes d’anciens élèves que mon imagination nourrissaient, combien d’entre eux avaient eu les mêmes questions, les mêmes confidences ? J’imaginais qu’au fur et à mesure des années, les mentalités et les centres d’intérêts changeaient, mais n’y avait-il pas finalement derrière tout ça la même problématique, celle de grandir et de se réaliser ? Je jetai un coup d’œil à Scott, qui me regardait avec la tendresse amicale dont il avait le secret. Nous n’étions pas les seuls à avoir vécu ces moments, n’est-ce pas ? Mais ça ne rendait pas cet instant moins unique, pensai-je, au contraire. Cela me faisait me sentir moins seule. Comme si les galets du rivage et les arbres aux troncs noueux avaient en eux gravé les souvenirs de ces confessions d’élèves, mais aussi le soulagement qu’elles avaient inspiré, une fois formulées. J’inspirai à nouveau une bouffée de tabac, sentant ma poitrine et ma langue se délier petit à petit.

Scott avait écouté attentivement ce que j’avais répondu, esquissant un sourire, miroir au mien. Je savais que ses insécurités étaient profondément enfouies, trop pour que quelques paroles suffisent à les effacer, mais j’avais l’impression qu’il m’écoutait et me croyait lorsque je tentais de le rassurer. C’était tout ce que je pouvais faire, de toute façon… Essayer par des simples mots de lui faire voir comment je le voyais. C’était si étrange de savoir qu’il se dépréciait autant, quand je le trouvais si… Fort, à sa manière. Scott avait tout d’une force tranquille, il me rappelait une ancre, car à côté de lui, je me sentais ramené dans le présent, assurée de tenir contre vents et marées. Je me demandais comment Haley, elle aussi si anxieuse, percevait Scott et sa présence si rassurante. Je me demandais aussi pourquoi Scott ne pouvait pas être cette force pour lui-même, mais je comprenais tristement le paradoxe de dégager quelque chose sans pouvoir l’appliquer à soi-même.


- Ruby, je ne t'ai jamais demandé, qu'est-ce qu'il y avait dans ta pièce de la Chasse au Trésor ? Dans la dernière, surtout ? Tu y repenses, parfois ? Il avait changé le sujet, mais je compris que c’était mes mots qui avaient déclenché une série de liens dans l’esprit méthodique de Scott. J'espère que tu as raison... C'est vraiment difficile parfois de se faire confiance.

Nos sourires se répondaient, compatissant à cette difficulté que nous connaissions bien tous les deux. Mes pensées s’égarèrent alors dans les souvenirs que Scott venait d’invoquer, ceux du Tournoi et de cette fameuse salle… J’y repensais parfois, mais chassais souvent ce que cela provoquait : une anxiété palpable, car je n’avais pas oublié ce que j’avais ressenti. Je m’en rappelais d’ailleurs bien plus que les détails de la pièce ou des Ruby qui l’arpentaient. L’inconscient était une chose à la fois fascinante et terrifiante, et l’explorer l’était tout autant. Je me rappelai confier à Lizlor le contenu de ma pièce, le cœur frémissant sous l’angoisse de son jugement – qui pourtant, je le savais, ne venait jamais. De l’extérieur, j’avais l’impression qu’être un peu folle, mais j’espérais que Scott serait indulgent comme il l’avait toujours été. Sans savoir vraiment l’expliquer, j’avais toujours peur que quelqu’un autour de moi finisse par se réveiller et me perçoit comme je le faisais. Mais peut-être que c’était à moi de me réveiller, et de me percevoir comme ils le faisaient eux ? Peut-être…

- Je n’aime pas trop y penser, mais je m’en souviens. Les murs étaient couverts des pages de mes carnets, enfin, mes journaux… Je n’avais jamais vraiment dit à Scott que j’écrivais, je n’en avais pas besoin, il le savait. Il était l’une des rares personnes devant lesquelles je sortais mes petits carnets bleu marine pour griffonner quelque chose. Je savais qu’il ne demandait rien, mais devinait facilement. Et… Il y avait moi, partout. Comme des clones, tu vois ? Mais elles étaient toutes différentes… Avec des expressions différentes, comme si c’était des facettes de ma personnalité, ou des Ruby du passé. Je m’arrêtai un instant, réfléchissant. Mais en fait je crois que ce n’est pas tant ce que contenait la pièce, mais plutôt ce que ça faisait ressentir, non ? Je pense que ça reflète plutôt notre rapport à nous même… Ma pièce m’a fait peur, c’était horrible, c’était oppressant, je n’arrivais pas à comprendre, il y avait trop… Trop de différentes moi, je n’arrivais pas à me cerner, c’était comme si je me faisais peur moi-même. Il y avait quoi dans ta pièce, toi ?

J’avais posé cette dernière question comme si de rien était, essayant de ne pas trop m’attarder sur mes confessions. Je n’étais pas mal à l’aise, car nous savions tous les deux que nous nous déballions nos sentiments petit à petit tant l’occasion s’y prêtait, mais je n’étais jamais très naturelle lorsqu’il s’agissait de confier mes sentiments, surtout ceux qui révélaient ma fragilité. Mais Scott m’écoutait patiemment, ôtant une feuille tombée sur mon sac – par réflexe, ou pour éviter mon propre réflexe maladif, je ne savais pas, mais j’en fus reconnaissante. Une nouvelle fois, je me sentis comme ancrée dans le présent par son aura rassurante. J’eus un petit sourire, sentant qu’à nouveau je me laissais aller, posant des questions, libérant mes doutes. J’aimais vraiment Scott, pensai-je, sans le formuler à haute voix. J’espérais qu’il en était conscient.

- J'ai vraiment hâte de retrouver Haley et de vivre une vie plus semblable à la sienne, pour commencer, oui. Ça ne te fait pas ça avec Ewan ? Mais c'est plus que ça, c'est comme si j'avais fait mon temps ici et qu'il fallait que j'aille voir plus loin... C'est peut-être ce côté si sécurisant et simple qui me fait sentir que si je n'en sors pas bientôt je n'en sortirai jamais. Mais je pense que Poudlard nous prépare vraiment à la suite, ne t'inquiète pas. Et je pense que tu sauras te récréer un environnement sécurisant même après, que ça ne sera que de la transposition.. Et puis, tu sais... Je ne suis pas fâché de me débarrasser aussi de mes mauvais souvenirs ici, ça me fait plaisir de recommencer à zéro, c'est une chance, tu ne crois pas ?

J’avais hoché la tête et froncé les sourcils tandis qu’il parlait, concentrée sur ses mots et sur son expression. Il semblait si sûr de lui ! Quelque chose pétillait dans ses iris, et c’était comme si tout à coup il avait gagné quelques années, un peu comme lorsqu’il débattait d’un sujet qui l’intéressait ; j’aurais tant aimé que Scott puisse se voir dans ces moments, parce qu’il débordait d’assurance et d’une intelligence peu commune, subtile et capable de relier curieusement les informations et les conclusions, d’une façon presque créative. N’était-ce pas ce Scott-là qui ferait un parfait Auror ?...

- Hm, je vois ce que tu veux dire, mais… J’en ai un peu marre de recommencer à zéro, justement, dis-je, ignorant le fait que ma voix avait tremblé malgré moi. Depuis que… Enfin… J’ai recommencé beaucoup de fois, pleins de familles d’accueils, de villes, d’écoles, de psychologues, ça changeait tout le temps, à chaque fois… Et depuis Poudlard, j’ai enfin trouvé une stabilité, enfin, si on peut dire ça comme ça, plaisantai-je, un peu amère. Mais je vois ce que tu veux dire, je ne suis pas mécontente de quitter les mauvais souvenirs, les rumeurs, les réputations… Pour Ewan, je ne sais pas trop, on a nos h dabitudes, Pré-au-Lard est tout près, mais c’est vrai que je suis curieuse d’avoir une vie plus proche de la sienne. Tu penses aménager avec Haley ? Demandai-je avec un petit sourire curieux et empli de soutien.

A quoi ressembleraient nos futurs ? Quand l’angoisse se dissipait, c’était la curiosité qui me prenait, mais aussi ma capacité à imaginer des scénarios, bons comme mauvais, mettant en scène les mois et les années à venir. C’était sûrement parce que nous étions tous les deux, et que j’étais aussi anxieuse que sereine en la compagnie de Scott, que je me surpris à me demander comment évoluerait notre amitié. C’était si facile ici, nous étions dans la même maison, nous étions les meilleurs élèves, souvent ensemble pour nos travaux de groupe ou nos devoirs, et nos responsabilités de préfets nous amenaient à passer du temps l’un avec l’autre. Quand j’y pensais, Scott était finalement l’une des personnes avec qui j’étais le plus à Poudlard, mis à part Lizlor. Au fil des années, certaines amitiés s’étaient un peu défaites – celle avec Rita ou Traice – certaines avaient été chaotiques et parfaites à la fois – Ana, Chuck – et il y avait celle que je partageais avec Scott : lente, sûre, se formant petit à petit, comme des racines d’un arbre qui s’enfonce plus profond jusqu’à devenir profondément ancrées. Tandis que je pensais à cette métaphore de la nature, une pensée jaillit dans mon esprit, et je me redressai, les yeux s’illuminant un peu.


- Tu sais, tu étais dans l’une de mes pièces, m’exclamai-je alors, un peu maladroitement, mais avec un grand sourire. Je t’avais dit qu’il y avait des fleurs dans ma pièce de l’amitié, mais je me souviens avoir reconnu la tienne. Elle était bleu nuit, avec des pétales très épais et brillant, ça ressemblait un peu à un lys mêlé à du jasmin, mais la tige était épaisse, avec des petites racines ancrées dans le sol, et il y avait du vent qui agitait certaines fleurs mais la tienne ne bougeait pas… Je sais que c’est un peu étrange à expliquer, mais quand j’ai vu la fleur, j’ai su que c’était toi, tu vois ce que je veux dire ? Un peu comme quand on rêve d’une personne, qu’elle est floue mais qu’on sait que c’est elle ? Ce genre de sentiment… Achevai-je d’une voix songeuse, sentant que je rougissais un peu de cette soudaine déclaration d’amitié. Enfin, désolée ça n’a un peu aucun sens dit comme ça, mais j’y pensais juste…

Je baissai les yeux, souriant tout de même, à la fois gênée et sereine, sans m’inquiéter de ces deux émotions contraires : en compagnie de Scott, je pouvais être aussi triste qu’heureuse sans jamais me sentir seule.

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I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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