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Le poids du mensonge (Dan)

 
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 Le poids du mensonge (Dan)

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Heather Lass
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Particularités: Irlandaise et fière de l'être & Animagus non déclaré (renard polaire)
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MessageSujet: Le poids du mensonge (Dan)   Dim 18 Oct - 18:47

C'était drôle car elle avait pesé le pour et le contre, médité le sujet, étudié tous les aspects de la chose pendant une bonne semaine sans réussir à prendre la seule et unique décision, bonne ou pas ; celle-ci décida de se montrer tout d'un coup, comme ça, comme une bulle qui remonte et explose à la surface de l'eau. Heather était allongée (plutôt vautrée) dans sa chambre sur son canapé, une lettre dans ses mains. C'était la fin de semaine et elle était épuisée car les cours avaient été chargés, sans compter qu'elle dormait mal, les pensées chargées de négativité et d'inquiétude. Elle avait en réalité passé la semaine la plus morne de cette nouvelle année, et tout ça à cause de cette maudite Fête Foraine. Pourtant, la fête avait été une réussite et Dan et elle avaient été félicités par l'équipe de Poudlard de leur bonne organisation. Rien n'avait été mentionné au sujet de ce qu'ils avaient aperçu... De ce petit faux-pas, dérapage, qui pouvait les mener rien ; tant mieux. Tant mieux, mais malheureusement ça ne suffisait pas : Heather savait pertinemment que cela ne voulait rien dire et que cette histoire pouvait ressortir à tout moment, et qu'on saurait instantanément qu'ils en étaient en partie responsables. Elle avait un goût amer depuis ce jour-là, non seulement à cause de cette erreur professionnelle mais en plus parce que Dan l'évitait complètement et qu'il n'y avait que froideur entre eux - de son côté, elle gardait la tête haute et lui lançait de temps en temps des regards clairement hostiles, car elle n'avait toujours pas digéré ce qu'il lui avait envoyé dans la figure. Quand ils étaient obligés de travailler ensemble, ils se limitaient à du vocabulaire strictement utile, et rien de plus. Ils étaient redevenus des étrangers à tendance plutôt ennemie, comme au début, et peut-être pire encore. Heather poussa un soupir et leva sa baguette magique pur qu'une tasse de thé brûlante vole jusqu'à elle, elle s'emmitoufla un peu plus dans le plaid brun pour avoir bien chaud, et continua la lecture de sa lettre en essayant de chasser les nuages gris qui venaient obscurcir ses pensées.

La lettre contenait des nouvelles de sa famille, et si Heather l'avait reçue ce matin elle avait fait exprès de la garder pour sa fin de journée, car elle savait que cela lui mettrait du baume au coeur. Son père lui racontait les nouveautés du village, de leurs voisins, de ses frères qui lui écrivaient aussi mais moins régulièrement. Il lui racontait également les projets pour cet été, lui demandait de lui raconter encore ce qu'elle faisait de ses journées, ce à quoi elle s'attelait volontiers et avec une pointe de fierté - quand à la fin de sa lettre précisa combien il était fier d'elle et de tout ce qu'elle accomplissait à Poudlard, Heather posa la lettre sur ses genoux. Son coeur battait un peu plus vite et elle se rendit compte que ce qui le compressait n'était pas la peur, le sentiment de l'échec ou n'importe quoi, mais une intense déception envers elle-même. Lire les mots de son père lui donnait l'impression qu'elle ne le méritait plus, et si pour autant elle n'avait jamais été exemplaire, comme par exemple avec Phil, cette fois-là était différente : elle trahissait tout le monde, Poudlard, ses collègues, sa famille, et son père venait de le souligner sans le savoir.

Ce fut le déclic, et elle prit la décision qu'elle laissait mijoter depuis une semaine - une semaine de trop. Repoussant sa tasse qu'elle n'avait pas finie, le plaid qui tomba par terre, et la lettre et l'enveloppe qui glissèrent sur le canapé, elle se leva d'un seule coup, enfila ses chaussures et s'engouffra dans le couloir.

Sa chambre donnait dans le même couloir que la chambre de Dan ; ils étaient voisins. Pourtant, quand elle était dans sa chambre qu'elle avait joliment arrangée, elle se sentait chez elle, un peu isolée des autres, à l'abri ; ce n'était que quand elle en fermait la porte et qu'elle se retrouvait dans le couloir qu'elle se rappelait ses voisins, ses collègues, et que la proximité était plus présente. Il n'y avait pas un bruit - personne n'était encore prêt pour aller dîner, chacun se reposait un peu dans sa chambre ou vaquait à ses occupations. Par la fenêtre au bout du couloir, on apercevait la nuit tombante, le ciel gris un peu triste, mais qui avait, miracle, arrêté de pleuvoir. Elle ressentit l'envie subite d'aller dehors, sentir l'odeur de l'herbe après la pluie, marcher dans le sol lourd, s'imaginer la campagne de chez elle, fermer les yeux et en sentir l'odeur... La tourbe, la terre, se mêlant à la végétation pleine d'eau, au feu des cheminées environnantes, à l'océan juste à côté... Il faisait froid - elle frissonna et resserra ses bras autour d'elle. Dans sa hâte, elle était sortie sans pull, sans écharpe ni cape. Elle portait une robe toute simple à manches longues, noire, moulante et s'arrêtant aux genoux, au col arrondi orné d'un petit galon brodé de fleurs bleu, rouge et verte. Ses cheveux étaient lâches et un peu ébouriffés de sa position dans le canapé, mais elle ne s'en préoccupa et avança jusqu'à se retrouver devant la porte de la chambre de Daniel.

Une fois devant, elle se figea - à la fois pour essayer de capter un son provenant de l'intérieur, à la fois pour se laisser le temps de réfléchir une dernière fois, et de fuir peut-être. Elle frissonna de nouveau mais ce n'était pas à cause de la fraîcheur ; c'était parce qu'elle savait cela n'allait pas être une partie de plaisir, et que le regard de Dan était si dur quand il se mettait en colère qu'elle avait toujours l'impression qu'il allait exploser, d'une manière ou d'une autre. Elle se mordit la lèvre, hésitante - et si il avait changé d'avis ? Mais dans ce cas, pourquoi il ne lui aurait pas fait signe ? Et si au contraire il cachait quelque chose, une information, qu'il ne voulait pas lui communiquer de peur qu'elle s'enflamme un peu plus ? Et si il n'avait rien changé du tout et qu'il l'envoyait paître une nouvelle fois, et si elle allait se retrouver exactement au même point dans dix minutes et que la situation serait la même, toujours aussi instable ? Et si tout cela ne servait à rien ? Il fallait qu'elle mette son orgueil de côté, elle en était consciente, mais il lui en coûtait et elle aurait volontiers pénétré simplement dans la chambre de Dan pour lui mettre une bonne gifle qui lui rappellerait qu'il était rustre, au même titre que stupide.

Elle ferma les yeux, soupira un bon coup, et leva le poing. Qui ne tente rien n'a rien, n'est-ce pas ? Elle frappa trois petits coups. Elle se prépara, sachant qu'elle aurait peu de temps pour agir... A l'intérieur de la pièce, elle entendit quelques bruits sourds, le glissement d'une chaise sans doute, des pas, le déverrouillage de la serrure. Le visage de Dan apparut et se figea quand il la reconnut - mais elle ne lui laissa pas le temps de réagir car elle avait mis la main sur la porte à peine celle-ci s'était entrouverte, et elle la poussa pour qu'elle ait suffisamment de place pour s'y glisser. C'était culotté et elle le savait, mais elle n'avait aucun désir d'y aller par quatre chemins.


- Il faut absolument qu'on parle, commença-t-elle avant qu'il ne dise quoi que ce soit. Ses traits ne montraient aucune animosité, aucun désir de se battre, juste une volonté de discuter et de se laisser entendre. Elle lui fit un petit sourire qui eut tout de même un peu de mal à se former. J'ai beaucoup réfléchi, et je te promets que je ne fais pas ça pour t'embêter.

C'était drôle, c'était la première fois qu'elle rentrait vraiment dans la chambre de Dan, elle était déjà passée devant ou l'avait aperçue par la porte entrouverte, mais elle n'avait jamais eu l'occasion d'y entrer. Instantanément elle se fit la réflexion que la chambre était toute à l'image de son propriétaire : structurée, bien rangée, simple mais classe, rustique sans être vieillotte, pas vraiment chaleureuse mais pas vraiment hostile non plus. L'immense bibliothèque attira son regard, ainsi que les casse-têtes en bois sur le bureau (elle adorait ses jeux autant qu'elle pouvait les détester la seconde d'après quand elle ne comprenait pas la logique nécessaire). Ce regard circulaire lui prit à peine deux secondes mais quand elle recroisa celui de Dan, elle sentit ses muscles se crisper ; elle ne se sentait pas vraiment la bienvenue. Il fallait qu'elle joue le tout pour le tout, et le plus calmement possible :

- Écoute, tout le monde est content de notre travail, personne n'a rien à nous reprocher, tout est en notre faveur. Je connais cette école, je connais les gens qui y travaillent, ils nous récompenseront de notre honnêteté avant de nous punir notre faute, Sara Wayland est vraiment juste, elle ne cherchera jamais à nous nuire... Surtout si on lui avoue notre faute, je la connais, si elle l'apprend autrement c'est là qu'elle sera énervée et nous jugera ! Ca arrive de faire des erreurs, elle verra bien qu'on est désolés... Ils pourraient avoir des problèmes avec le Ministère si ça s'apprend d'une mauvaise façon ! Il faut vraiment qu'on y aille, je sais que tu as peur des retombées mais je t'assure que tu risques beaucoup plus à ne rien dire, crois-moi...

Elle arrêta là son plaidoyer, anxieuse. Elle était assez proche de lui pour se sentir minuscule à devoir lever le visage vers lui, sans compter que la carrure de Dan était imposante ; elle se sentit bien peu à la hauteur, beaucoup plus menue que lui, dans sa robe moulante et un peu décolletée. Elle sentit qu'elle allait frissonner de nouveau mais raidit son corps pour s'en empêcher, et leva un peu plus la tête, déterminée à montrer à son adversaire qu'elle était déterminée, tout en lui cachant la crainte qu'elle avait un peu à son égard.

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Daniel O'Brien
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MessageSujet: Re: Le poids du mensonge (Dan)   Mar 27 Oct - 1:52

L’ambiance avait changé du jour au lendemain, à l’image des lourds nuages qui assombrissaient rapidement le ciel de mon Irlande natale au milieu d’une belle journée. La fierté de la réussite avait disparu, laissant place à une amertume et des sentiments flous que je n’arrivais pas vraiment à identifier. J’avais du mal à l’admettre, mais je me sentais honteux de m’être fait avoir ainsi, alors que j’étais persuadé d’avoir la main mise sur la situation. J’avais tellement travaillé pour que cette fête foraine soit une réussite ! Je n’avais jamais été à Poudlard, et d’une certaine manière, c’était une façon de rattraper le temps perdu, d’y laisser la marque que je n’avais pas pu imprimer. Poudlard avait connu mon absence, à présent je voulais qu’elle connaisse mon passage. Je n’étais qu’assistant, mais j’avais de plus en plus de responsabilités, et j’étais conscient que j’avais un poste stratégique pour ma carrière. Poudlard avait une place particulière chez les sorciers, et si j’étais sorti du lot – mais pas d’une bonne manière – en n’y étant pas élève, j’allais pouvoir briller par le fait que j’y travaillais. La fierté qu’éprouvait ma famille face à ma réussite ne faisait que décupler mon propre orgueil, et me poussait à travailler encore plus dur. J’avais quelque chose à prouver. Alors bien évidemment, lorsqu’un obstacle inattendu se mettait en travers de mon chemin, je n’appréciais pas. Surtout lorsque j’étais partiellement responsable de cet obstacle.

Mais comment aurais-je pu savoir que ce vendeur était louche ? Si je me souvenais bien d’ailleurs, j’avais été plus sceptique d’Heather sur le sujet, dire qu’elle pensait maintenant à aller en parler à Wayland, c’était ironique, c’était elle qui avait donné son feu vert de base non ? Bien sûr, j’avais ma part de responsabilité, mais… Tout de même, je n’avais jamais assisté à la fête foraine, Heather avait passé sept ans à Poudlard, elle aurait pu mieux s’y connaître ! Surtout qu’elle avait passé du temps à Pré-au-Lard aussi et sa remarque sur les trafics qui s’y déroulaient me laissait penser qu’elle s’y connaissait plus que son visage angélique semblait faire croire. J’aurais pu faire plus attention aussi, mais tout le reste de la fête avait été une parfaite réussite, je devais ne pas être trop mauvais à mon travail après tout ? Il aurait fallu que je risque tout en annonçant à la directrice que malgré des doutes, nous avions engagé un vendeur qui avait tiré parti de la situation pour faire son petit deal ? Pas question ! Je ne voulais pas risquer mon travail. Pire encore, je n’aurais pas supporté voir des responsabilités ou de la confiance m’être ôtées. Revenir en arrière aurait été pire que tout, totalement humiliant, et il en était hors de question. J’étais convaincu, et pas question de changer d’avis.

Cependant, celui d’Heather semblait différer. Dès le début, elle s’était mise en tête d’aller en parler, de s’expliquer, d’être honnête… N’était-elle pas à Serpentard ? Où était passé son instinct de protection et sa capacité à arriver à ses fins ? En y réfléchissant bien – oui, j’avais du mal à cesser d’y penser, je devais bien l’avouer – j’avais fini par conclure que c’était justement un de ses stratagèmes. Connaissant sa capacité à tourner les situations à son avantage, je supposais qu’elle avait une idée en tête. J’avais réalisé que je ne lui faisais pas confiance, malgré notre récente meilleure entente. Notre rapprochement avait été une question de circonstance, et je ne doutais pas qu’Heather serait capable de tirer son épingle du jeu en m’écrasant si cela était nécessaire. Je n’avais pas oublié sa capacité à rire de mon amour adolescent pour elle, comment elle en avait parlé à nos amis afin d’attirer l’attention sur elle, ou encore la soirée que nous avions passé ensemble et comment elle avait profité de mon ivresse pour passer un peu de bon temps alors que je lui avais confié ma rupture difficile. Elle savait sûrement que j’avais un point faible pour elle, parce qu’il aurait été stupide de prétendre qu’elle était autre chose que magnifique, avec ses longues jambes et ses cheveux en feu. Mais la manière dont elle jouait avec ce pouvoir-là la rendait beaucoup moins jolie.

Une chose était sûre, je n’allais pas changer mes positions. Pourquoi, quand j’étais persuadé d’avoir raison ?

Je sursautai en entendant toquer à ma porte. Je fronçai les sourcils, tentant de me rappeler si j’avais rendez-vous avec quelqu’un. Incapable de deviner qui venait me voir, je me levai pour aller ouvrir… Et froncer mes sourcils un peu plus quand je reconnus le visage de la fameuse Heather.


- Il faut absolument qu'on parle. J'ai beaucoup réfléchi, et je te promets que je ne fais pas ça pour t'embêter.

Drôle de conception de « ne pas faire ça pour m’embêter » lorsqu’elle venait de pénétrer dans ma chambre sans y être invitée et que je devinais qu’elle venait parler de sujet qui fâchait et dont elle connaissait déjà ma position. Je ne laissais pas la remarque acide passer mes lèvres cependant, et me contentai de croiser les bras, toisant Heather d’un air ouvertement hostile. Je n’avais pas besoin de parler, je savais que mon regard en disait long. Mais visiblement pas assez pour la faire taire.

- Écoute, tout le monde est content de notre travail, personne n'a rien à nous reprocher, tout est en notre faveur. Je connais cette école, je connais les gens qui y travaillent, ils nous récompenseront de notre honnêteté avant de nous punir notre faute, Sara Wayland est vraiment juste, elle ne cherchera jamais à nous nuire... Je m’étais raidi, sentant une colère froide m’envahir. Elle connaissait cette école, qu’est-ce qu’elle insinuait, que je ne la connaissais pas ? Pensait-elle vraiment acquérir mes faveurs en enfonçant le couteau dans la plaie ? Etait-elle devenue stupide ou avait-elle perdue sa finesse ? Surtout si on lui avoue notre faute, je la connais, si elle l'apprend autrement c'est là qu'elle sera énervée et nous jugera ! Ça arrive de faire des erreurs, elle verra bien qu'on est désolés... Ils pourraient avoir des problèmes avec le Ministère si ça s'apprend d'une mauvaise façon ! Il faut vraiment qu'on y aille, je sais que tu as peur des retombées mais je t'assure que tu risques beaucoup plus à ne rien dire, crois-moi...
- Mais ce n’est pas croyable ça,
m’exclamai-je d’une voix grondante, sentant que je perdais patience. Elle était têtue, ce n’était pas possible ! Je sentis que quelque chose s’était mis à vibrer en moi. Tu connais peut-être Poudlard, ma voix avait été plus cassante que je ne l’aurais voulu, mais je connais le monde du travail, moi ! Pendant que tu étudiais ici et profitais des fêtes foraines, des bals de Noël et de je ne sais quoi à Pré-au-Lard, moi j’étais en train de travailler, de faire des stages, et je sais comment ça marche, ce genre d’erreur ça ne passe pas !

J’avais parlé fort, m’emportant, sentant que mes mains s’agitaient en même temps que je parlais. Je me sentais malgré moi en danger face à Heather, car nous partagions ce secret, et mon corps tendu devenait plus agressif sous la pression. Je devais lui faire entendre raison, je n’avais pas le choix.

- Je ne sais pas quel est ton plan, je ne sais pas comment tu comptes encore tirer ça à ton avantage, mais je ne te laisserais pas utiliser cette histoire pour arriver à tes fins ! Tu comptes dire à Wayland que tu m’avais prévenu, c’est ça ? Passer pour la gentille de l’histoire ? Je ne te fais pas confiance, crachai-je à sa figure d’une voix sifflante, mon visage tout près du sien, mon regard perçant le sien. Elle était toute petite, et je le regardai de haut, bien décidé à affirmer mes positions. Je ne changerais pas d’avis.

_________________


My thoughts are crabbed and sallow,
My tears like vinegar,
Or the bitter blinking yellow
Of an acetic star.

Tonight the caustic wind, love,
Gossips late and soon,
And I wear the wry-faced pucker of
The sour lemon moon.

While like an early summer plum,
Puny, green, and tart,
Droops upon its wizened stem
My lean, unripened heart.
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Heather Lass
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MessageSujet: Re: Le poids du mensonge (Dan)   Mer 28 Oct - 23:01

C'était sans doute la première fois qu'Heather était autant confrontée à une responsabilité professionnelle, pleinement et crûment. Pendant cette année, bien sûr, elles en avaient eu des tâches et des décisions à prendre ; mais toutes avaient été plus ou moins dictées par ses supérieurs, guidées tout du moins. Celle-là, entre toutes les autres, était totalement de son ressort et pire encore : de sa faute. Elle avait fait une erreur, et elle devait la réparer. Le sentiment était terrible car ce n'était plus un devoir oublié ou une note un peu médiocre, ce n'était pas une petite déception et un réprimande de la part d'un professeur, c'était une parfaite erreur qui pouvait lui coûter jusqu'à sa place professionnelle. Cela, elle ne préférait pas y penser ; elle croyait d'ailleurs presque entièrement ce qu'elle disait à Dan, qu'une faute avouée serait pardonnée et que Sara Wayland n'était pas un monstre d'injustice. Mais il y aurait forcément une sorte de désaveux, et son orgueil en était touché, tout comme son goût de la réussite et de la perfection. Sauf que pour les sauver, il fallait faire des concessions - ce que Daniel s'obstinait à nier. Pourquoi, par Merlin, ne voulait-il pas l'entendre ?! Pourquoi ne voyait-il pas que Poudlard était une chance mais pas une machine, que toute l'équipe de l'école savaient pertinemment qu'ils débutaient leurs métiers et que l'organisation d'une fête comme celle de février était une réussite et une tâche peu aisée, mais qu'ils l'avaient accomplie ? Pourquoi était-il si bêtement borné et enfermé dans son regard négatif, presque obtus, presque trop méfiant et hostile finalement à ce milieu auquel il voulait pourtant appartenir ? Les pensées fusaient de toute part dans la tête d'Heather et semblaient décidées à tourbillonner de plus en plus vite - en tout cas, elles s'accordaient presque à dire que les raisons du refus de Dan s'appuyaient sur autre chose, sur de la jalousie à son égard peut-être, ou bien sur une espèce de rébellion de ce système qui l'avait rejeté. Elle serra les lèvres ; il ne fallait pas qu'elle y pense, car elle était persuadée que de telles paroles ne feraient absolument pas plaisir à son interlocuteur.

Il l'avait laissée entrer - ou plutôt elle avait eu le temps de forcer - mais son attitude était rigide et aussi froide qu'une paroi de glace. Il ne tarda pas à s'exprimer et sa voix, agressive et plus forte que d'habitude, sembla augmenter sensiblement la pression de la pièce :


- Mais ce n’est pas croyable ça ! Tu connais peut-être Poudlard, ma voix avait été plus cassante que je ne l’aurais voulu, mais je connais le monde du travail, moi ! - Voilà, se dit-elle, voilà à quoi cela tient ; elle lui jeta un regard un peu froid et se raidit d'avantage. Il en profitait pour la rabaisser, et elle se sentit jugée comme une stupide adolescente qui essayait de jouer à l'adulte. - Pendant que tu étudiais ici et profitais des fêtes foraines, des bals de Noël et de je ne sais quoi à Pré-au-Lard, moi j’étais en train de travailler, de faire des stages, et je sais comment ça marche, ce genre d’erreur ça ne passe pas !

Piquée au vif, Heather retint son souffle, et ses yeux verts s'écarquillèrent d'indignation. Peut-être, oui, peut-être que la vie à Poudlard était belle, mais n'avait-elle pas mérité d'y aller, n'avait-elle pas travailler pendant ses études, ne s'était-elle pas investie elle aussi dans cette vie ? N'avait-elle pas payé sa part en vivant à Poudlard, et donc en vivant tous les évènements qui s'y déroulaient, les meilleurs comme les plus terribles ? Etait-ce vraiment le moment de comparer leurs existences à ce point ?

L'irlandaise avait le tempérament de son peuple - prompte à l'emportement, un caractère de feu et une sensibilité exacerbée, et si en un instant ses poings s'étaient serrés sous le coup de la colère et des paroles vexantes de Dan, il lui fallut la seconde d'après tout le contrôle du monde pour retenir des larmes qui menaçaient de lui brûler les paupières. Elle se sentait véritablement peinée du manque de jugement de Dan à son égard, car il connaissait son histoire - sa famille, le décès de sa mère, son enfance compliquée au commencement - et les aléas de sa scolarité à Poudlard pour savoir qu'elle n'était pas qu'une gourde qui aime faire du mal aux garçons pendant ses jeunes années, qu'elle n'était pas que celle qu'il n'appréciait pas, et elle avait l'impression qu'il ne prenait plus rien en considération, et que tous leurs efforts avaient été vains. Elle voulut répliquer mais le coeur ne lui en disait pas, car elle n'avait pas envie d'en venir à de telles comparaisons.


- Je ne sais pas quel est ton plan, je ne sais pas comment tu comptes encore tirer ça à ton avantage, mais je ne te laisserais pas utiliser cette histoire pour arriver à tes fins ! Tu comptes dire à Wayland que tu m’avais prévenu, c’est ça ? Passer pour la gentille de l’histoire ? Je ne te fais pas confiance.

Ce qui la gêna d'avantage, ce fut cette proximité et la façon qu'avait Dan d'asséner ses paroles grâce à sa stature imposante ; elle lui jeta un regard presque méprisant, cette fois, et se recula d'un pas avec un geste de la main comme pour le chasser :

- Tu n'es pas non plus obligé d'être désagréable et d'empiéter sur mon espace vital, persifla-t-elle d'un ton cinglant.

Elle se sentait mieux comme ça, à une distance proche peut-être mais convenable, alors que l'instant d'avant elle aurait presque juré que Dan allait la croquer d'un seul coup pour la faire taire.

Il ne comprenait rien. Rien. Pire : il refusait de comprendre, parce qu'il avait choisi de prendre l'autre bout de la lorgnette, celui qui déformait la vision pour lui laisser voir exactement ce qu'il avait en tête. Elle l'avait prévenu ?! Mais de quoi ?! Ils avaient été deux et dans le même bateau, et pressés par l'urgence ils avaient pris la décision ensemble, aussi hésitants l'un que l'autre, pourquoi la rendait-il tout d'un coup responsable de tous les maux ? Elle était triste de se dire qu'il y croyait vraiment, qu'elle avait fait cela contre lui et s'en lavait les mains maintenant ou ne pensait qu'à sauver sa peau - c'était faux. Quand bien même elle l'aurait voulu, elle restait pertinente : ils avaient acté ce geste tous les deux, et elle aurait beau s'en désolidariser, cela ne marchait pas comme ça. En réalité, elle était frustrée de cette impuissance qu'elle ressentait face aux ruades de Dan. Rien n'y faisait, apparemment, elle était le Diable caché dans la boîte, c'était ça le fin mot de l'histoire ?

Lorsqu'ils étaient plus jeunes, Heather avait clairement peu pris Dan en considération pendant quelques temps, et elle détestait le reconnaître mais elle avait sans doute usé et abusé de sa place de petite fille adorée et au centre de l'attention, tandis que lui vivait des temps plus tourmentés. Elle avait joué avec lui, d'accord, mais est-ce qu'il était réellement aveugle au point de ne pas voir combien ils avaient grandi ?...


- Mais enfin, tu ne m'écoutes pas, tu vas arrêter de me voir comme une garce une bonne fois pour toutes, oui ou non ?! Sa voix était sèche et forte, mais teintée de lassitude. Elle soupira, le fusillant du regard pour ne pas saisir toutes les perches qu'elle lui tendait. Je te dis qu'on doit faire ça ensemble, je ne vois pas où est l'embrouille, ça vaut pour toi et moi, si on est pris pour cette erreur on tombe tous les deux, si on parle et qu'on ne nous en tient pas responsables, ce sera le même tarif pour nous deux ! Tu m'expliques comment je peux tourner ça à mon avantage ? Et j'y gagnerais quoi ? Tu sais très bien que la majorité du boulot qu'on a à faire, on ne pourrait pas le faire tout seul !

Excédée par sa colère et son exaspération qui montaient, elle continua de plus belle, les yeux brillants de plus en plus ; comme quand elle s'agitait, pour une bonne ou une mauvaise raison, son débit de paroles devenait bien plus rapide et son accent irlandais se faisait encore plus fort.

- Je croyais que toi au moins tu m'aurais épargné les clichés habituels, mais tu sais quoi, je peux être à Serpentard sans chercher à embrouiller les gens et à tout ramener mon avantage - mais tiens d'ailleurs, tu aurais été parfait à Serpentard ! Contente de sa trouvaille, elle eut même un petit rire. Je n'y avais jamais pensé, mais tu vois cette attitude agressive et ce manque d'objectivité ? Tu as leurs travers, désolée pour toi, ce ne sont pas les plus cools. Elle marqua une pause et reprit, le coeur battant : Je te dis juste qu'apaiser le feu maintenant est plus prudent parce qu'on prend le risque qu'il devienne incontrôlable et je suis sincère, tu vas me croire ou pas ?

Il lui sembla que ses paroles résonnèrent dans la pièce maintenant qu'elle s'était tue - comme un écho étrange qui ne faisait que prévoir la suite, des roulements de tambour au loin... Un orage qui avait l'air des plus effrayants.

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Daniel O'Brien
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MessageSujet: Re: Le poids du mensonge (Dan)   Dim 8 Nov - 21:23

https://www.youtube.com/watch?v=so8V5dAli-Q

"And I tried to hold these secrets inside me
My mind's like a deadly disease

I'm bigger than my body
I'm colder than this home
I'm meaner than my demons
I'm bigger than these bones

And all the kids cried out,
"Please stop, you're scaring me"
I can't help this awful energy
Goddamn right, you should be scared of me
Who is in control?"



J’étais quelqu’un de patient quand ça m’arrangeait. Dans une situation où j’étais en contrôle, ou en train de faire quelque chose que j’appréciais, je n’avais aucun problème à attendre. J’avais dû être patient longtemps, car je savais que le futur dont je rêvais allait prendre du temps à se construire, et quand je n’étais encore qu’un adolescent, j’avais su prendre mon mal en patience et voir le long terme. Quand je travaillais, je savais prendre le temps qu’il fallait, et même dans mon temps libre je n’avais aucun problème à passer deux heures sur un casse-tête. J’aimais le challenge, j’aimais imaginer ce qu’il y avait après et comment y arriver. Mais quand je ne savais pas ce qui allait arriver… Ni comment me sortir de la situation… Là, de suite, je n’avais plus trop envie d’attendre et de voir ce qui se passait. Je n’avais pas confiance en Heather, et je n’aimais pas la manière dont elle envisageait la situation. J’avais envie de crier et de lui dire d’arrêter d’être aussi stupide et aveugle, je voulais juste me sortir de cette situation. Même si j’avais grandi en étant proche de mes sœurs, j’étais habitué à travailler tout seul et si j’avais fini par apprécier l’aide d’Heather, je voyais bien que cela se retournait contre moi.

- Tu n'es pas non plus obligé d'être désagréable et d'empiéter sur mon espace vital.
- C’est pas toi qui vient de rentrer dans ma chambre sans même me demander ?
ripostai-je, furieux.

Et elle parlait d’empiéter sur l’espace vital ! C’était l’hôpital qui se foutait de la charité !

Plus elle restait, plus je sentais la colère qui montait, comme si j’étais sous pression et qu’elle continuait à me secouer encore et encore… J’avais envie, qu’elle parte, qu’elle se taise, qu’on ne reparle jamais de tout ça. Remuer cette histoire me mettait mal à l’aise. J’avais fait mon choix, et je comptais m’y tenir. J’avais envie d’attraper Heather par les épaules et la secouer pour qu’elle reprenne ses esprits. Comment réussir à la convaincre, têtue comme elle semblait l’être ?...


- Mais enfin, tu ne m'écoutes pas, tu vas arrêter de me voir comme une garce une bonne fois pour toutes, oui ou non ?! Fallait pas agir comme tel, pensai-je, mais je gardais ma remarque acide pour moi. La conversation dérivait déjà trop, et j’avais peur que la colère commence vraiment à me faire devenir insultant. Mais si Heather continuait à me chercher, je ne pouvais pas promettre que j’allais réussir à me retenir. Je te dis qu'on doit faire ça ensemble, je ne vois pas où est l'embrouille, ça vaut pour toi et moi, si on est pris pour cette erreur on tombe tous les deux, si on parle et qu'on ne nous en tient pas responsables, ce sera le même tarif pour nous deux ! Tu m'expliques comment je peux tourner ça à mon avantage ? Et j'y gagnerais quoi ? Tu sais très bien que la majorité du boulot qu'on a à faire, on ne pourrait pas le faire tout seul !

Mais pourquoi ne voulait-elle pas comprendre que nous avions plus de risques à parler et à avouer qu’à ne rien dire ? Cette erreur ne serait peut-être jamais découverte, et si elle l’était nous pourrions prétendre que nous n’étions pas au courant ! Pourquoi se tirer directement une balle dans le pied ? Tenait-elle à entacher sa carrière ?! Heather était sûrement habituée à ce qu’on lui passe tout, je savais qu’elle était la petite princesse de sa famille et même dans son entourage, elle savait faire son petit effet. Même ma propre famille l’adorait, mes grands-parents lui laissaient monter nos chevaux, l’invitaient à diner… C’était un comble pour moi qui ne la supportait. Je pensais qu’avec le temps, les choses s’amélioreraient, mais nous étions plus que jamais de retour à la case départ. Je me demandais d’ailleurs si mon refus d’accepter son point de vue et son idée venait de mon animosité envers elle… Mais peu importe, j’étais persuadé d’avoir raison, et il n’était pas question que je revienne en arrière et change d’avis. Heather en aurait été bien trop ravie à présent.

- Je croyais que toi au moins tu m'aurais épargné les clichés habituels, mais tu sais quoi, je peux être à Serpentard sans chercher à embrouiller les gens et à tout ramener mon avantage - mais tiens d'ailleurs, tu aurais été parfait à Serpentard ! Je n'y avais jamais pensé, mais tu vois cette attitude agressive et ce manque d'objectivité ? Tu as leurs travers, désolée pour toi, ce ne sont pas les plus cools. Je te dis juste qu'apaiser le feu maintenant est plus prudent parce qu'on prend le risque qu'il devienne incontrôlable et je suis sincère, tu vas me croire ou pas ?
- Apaiser le feu ?


J’eus un rire mauvais. Toutes mes entrailles étaient contractées. Sa référence à Serpentard m’avait encore plus crispé, si cela était possible. Elle était sérieuse ? Elle pensait vraiment réussir à me convaincre en m’envoyant ça dans la tête ? Définitivement le tact n’était pas son fort ! Je bouillonnais, serrant les poings, sentant que la colère m’envahissait complètement.

Tu penses que tu peux venir dans ma chambre et me faire une leçon de moral et me parler de mes travers ? Tu penses qu’en étant aussi désagréable je vais soudain m’allier et apaiser le feu ? Eh ben, je te pensais moins conne ! M’exclamai-je. Tu veux peut-être que je parle de tes travers ? Voyons voir… Ah oui, ton attitude de petite princesse pourrie gâtée qui ne veut pas voir plus loin que le bout de son nez et de sa petite opinion, parce qu’elle est habituée à ce qu’on soit d’accord avec elle ? Désolée pour toi, ce ne sont pas les travers les plus cools non plus, sifflai-je avec un clin d’œil, faisant ouvertement référence à ce qu’elle venait de dire. Je ne te fais pas confiance, et je ne suis pas d’accord avec toi, et désolée, mais ce n’est pas prêt de changer, donc tu peux économiser ta salive et au passage m’épargner tes pathétiques attaques sur mes travers, parce que tu ne me connais pas, concluais-je d’une voix dure et un sourire ironique. Etait-elle enfin décider à partir maintenant et me laisser tranquille ?

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Heather Lass
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MessageSujet: Re: Le poids du mensonge (Dan)   Lun 9 Nov - 22:54

C'était tout de même étrange quand on considérait combien elle s'entendait bien avec la famille O'Brien - certes leurs familles étaient voisines et se connaissaient depuis des années, mais Heather, depuis qu'elle était petite, était souvent allée à leur ferme et s'entendait bien avec la fille de son âge. Avec le temps, elle s'était également attachée aux grands-parents qui lui faisaient office de ceux qu'elle n'avait pas eus, et petit à petit c'était une habitude d'aller chez les O'Brien dès qu'elle revenait à Clifden, c'était l'un de ses petits rituels de quand elle était à la maison, c'était exactement comme on imaginait les grands-parents parfaits : ils l'invitaient à boire du thé et à manger des gâteaux, ils lui posaient plein de questions sur sa vie et lui racontaient les histoires d'ici, quand elle avait été absente, puis elle avait toujours le droit de monter les chevaux qu'elle désirait et pouvait s'affairer dans la ferme comme elle le voulait, parce qu'elle était la bienvenue. Les parents de Dan étaient adorables également, leurs enfants aussi ; bref, les voisins rêvés et Heather se sentait à la fois fortement peinée et frustrée de se retrouver en porte-à-faux avec Daniel lui-même, ici, à Poudlard, alors qu'il était de là où ils venaient tous les deux, de cet endroit qu'elle associait au Paradis. Bien sûr, elle avait des choses à se reprocher, mais elle avait décidé de ranger cela dans les tiroirs du passé, car les bêtises adolescentes ne pouvaient pas marquer à vie une relation... Ou le pouvaient-elles justement ?! Elle se sentait ébranlée en elle-même, car elle était mise devant le fait accompli que tout ne pouvait pas aller comme elle le décidait - et que Dan, contrairement à la grande majorité des gens, n'était absolument pas sensible à cette aura charmante qu'elle avait et qui la rendait agréable auprès de tout le monde.

Il me déteste, se dit-elle très clairement au milieu du tumulte de ses pensées brouillées de colère et d'impuissance.

- Apaiser le feu ? répéta-t-il, plus mauvais et menaçant que jamais.

Oh, Heather le savait bien : il la cherchait, elle le cherchait en retour, et ce n'était pas le jeu du chat et de la souris, c'était plutôt une collision entre deux météorites qui produirait fatalement une belle explosion et des tonnes de débris, mais il était un peu tard pour faire demi-tour. Elle avait sa fierté autant qu'elle avait envie de faire bien les choses, et déjà elle s'emportait, se laissant aller à ses émotions elle aussi. Malheureusement pour elle, Dan en l'état avait l'air beaucoup plus terrifiant de par sa stature - il avait d'ailleurs cette ride au milieu du front très marquée, celle qui signifiait qu'il était particulièrement courroucé.


- Tu penses que tu peux venir dans ma chambre et me faire une leçon de moral et me parler de mes travers ? Elle lui lança un regard flamboyant de défi. Tu penses qu’en étant aussi désagréable je vais soudain m’allier et apaiser le feu ? Eh ben, je te pensais moins conne ! ... Puis elle serra les points, trop outrée pour savoir quoi répondre rapidement. Tu veux peut-être que je parle de tes travers ? Voyons voir… Ah oui, ton attitude de petite princesse pourrie gâtée qui ne veut pas voir plus loin que le bout de son nez et de sa petite opinion, parce qu’elle est habituée à ce qu’on soit d’accord avec elle ? Désolée pour toi, ce ne sont pas les travers les plus cools non plus. Je ne te fais pas confiance, et je ne suis pas d’accord avec toi, et désolé, mais ce n’est pas prêt de changer, donc tu peux économiser ta salive et au passage m’épargner tes pathétiques attaques sur mes travers, parce que tu ne me connais pas.

... Sa bouche s'était entrouverte sous le coup de la stupeur et de l'outrage ; impossible, c'était impossible, il n'avait pas dit tout ça ! Non seulement il la renvoyait uniquement à sa seule erreur avec lui et la réduisait à son attitude, mais en plus il la prenait de haut comme s'ils n'avaient jamais rien partagé, comme s'ils n'étaient que deux étrangers l'un pour l'autre, tout ça parce qu'il était trop fier pou accepter le compromis et trop peureux pour risquer d'être honnête ! Qui plus est il avait dit qu'elle était conne, et Heather crut qu'elle allait le gifler de toutes ses forces.

Une chose l'arrêta, et elle en fut encore plus frustrée : Dan était si grand et imposant qu'elle avait peur qu'il pare sa claque comme il aurait arrêté une mouche, ce qui aurait achevé de la mettre hors d'elle
.

- Tu n'es vraiment qu'un abruti, siffla-t-elle froidement, pleine de dédain à son tour.

En réalité, la réponse à tout cela s'était imposée d'elle-même, sans qu'elle comprenne vraiment pourquoi et sans qu'elle se donne d'avantage le temps de la méditer. Ah oui, elle était conne ? Il allait voir de quoi elle était capable - il allait voir ce que c'était de décider d'avoir confiance et de ne pas être un lâche, il allait voir qu'elle était un peu plus que la fillette qui minaudait un peu trop mais qu'on ne pouvait s'empêcher de trouver si adorable. Elle battit des paupières et le dévisagea froidement une dernière fois avant de se concentrer quelques secondes - d'ordinaire, cela prenait deux secondes tout au plus mais elle eut besoin de trois de plus car il fallait faire le vide dans sa tête, se concentrer, et qu'elle était un peu dans tous ses états. Mas c'était simple : quand elle le faisait ainsi, c'était comme si elle ouvrait une vanne dans son cerveau, le flot se déversait d'un coup et vidait le trop plein et elle glissait avec, doucement, d'une manière très agréable. Ce n'était jamais désagréable, c'était presque grisant cette sensation de contrôle, et quand elle sentit qu'elle se transformait elle se sentit intensément satisfaite. L'instant d'après elle regardait Dan de beaucoup plus bas - bizarrement il était bien plus immense mais lui faisait beaucoup moins peur car elle était dix fois plus souple, agile et rapide, fixant calmement sur lui ses yeux restés verts malgré la métamorphose. Sous la forme d'un animal, elle ressentait toujours plus pleinement les sensations des gens, des choses, de tout autour d'elle, et l'atmosphère chargée de la pièce lui semblait encore plus électrique tout d'un coup. Elle resta ainsi, sous la forme d'un renard au pelage gris-banc, à le dévisager sans rien dire suffisamment de temps pour qu'il revienne de sa surprise et percute, puis reprit sa forme humaine en une seconde. Immobile, elle croisa les bras et le dévisagea, beaucoup plus détendue, plus en maîtrise d'elle-même.


- Tu vois, ce n'est pas si difficile de faire confiance, il suffit juste d'oser, dit-elle avec un sourire assuré. Tu imagines bien que personne ne sait que je suis Animagus, que je ne suis pas déclarée, et que si tu veux me balancer au Ministère, il ne te reste qu'à les prévenir - mais suis-je bête, toi qui sais tout mieux que tout le monde, tu avais déjà compris. J'avais oublié que j'étais trop conne, c'est pour ça que j'ai réussi ma transformation quand j'avais 16 ans et que j'étais encore élève à Poudlard.

Elle décroisa ses bras et le regarda, plus décidée que jamais à lui faire face, mais beaucoup mois en colère.

- Et tu as raison, la petite princesse ne te connait pas si bien que ça, mais ce n'est pas faute d'essayer. Je crois qu'on peut s'accorder pour dire que tu n'es pas très réceptif de ton côté ?

Bizarrement, elle n'avait pas peur qu'il la dénonce, pas du tout ; elle avait juste peur qu'il lui rie au nez sans rien ajouter et qu'elle se sente encore plus stupide et démunie qu'avant d'entrer dans la pièce.

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Daniel O'Brien
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MessageSujet: Re: Le poids du mensonge (Dan)   Ven 8 Jan - 22:33

Rien de bon n’allait sortir de cette dispute, je le savais bien, et je ne comprenais même pas pourquoi Heather avait voulu empirer la situation en venant parlementer ici. Nous avions déjà discuté, pourquoi voulait-elle insister ?! Peut-être avait-elle l’audace d’imaginer qu’elle réussirait à me faire changer d’avis ? C’était bien mal me connaître, mais pourquoi m’étonnais-je, que savait-elle de moi après tout ! Je savais prendre mes décisions seul, et m’y tenir. Je l’avais toujours fait. Même si j’avais grandi avec mes sœurs et que nous avions un lien très spécial, j’avais toujours orienté ma vie comme je l’entendais, suivant mon instinct et travaillant avec acharnement pour m’en sortir. Heather pensait qu’elle pouvait arriver comme une fleur, avec ses petits privilèges, et me dire ce que j’avais déjà appris seul, à force de patience et d’ambition ?! C’était la meilleure ! Je savais que ma manière de fonctionner marchait, j’avais réussi à décrocher des stages et maintenant un boulot à Poudlard alors que je n’y avais jamais étudié ; Heather pouvait bien me dire ce qu’elle voulait, j’avais confiance en mon jugement. Quant au sien, je m’en méfiais, et j’avais mes raisons. D’ailleurs, elle avait visiblement compris, car elle sembla particulièrement blessé par ce que je venais de dire.  Je m’en réjouissais, j’avais vu juste et j’avais réussi à la faire taire.

Sauf que la suite… Je ne l’avais pas vu venir. Il y eut un fraction de seconde où je compris que quelque chose allait se passer, sans trop savoir quoi… J’avais gagné, elle allait partir n’est-ce pas ?

La surprise écrasa ma poitrine, suivi très rapidement d’une amertume sans borne. Sous mes yeux stupéfaits, Heather venait de… Je n’en revenais pas, elle était une Animagus ?! Mais comment était-ce possible, c’était l’un des actes de magie les plus complexes qui soit, comment pouvait-elle… Le petit renard polaire me dévisageait, et j’avais beau être beaucoup plus imposant, je me sentis soudain ridiculement minuscule. Une Animagus ! Comment était-ce possible ?! La jalousie commença à se répandre en moi, brouillant légèrement ma vision… Ce n’était pas croyable, Heather avait réussi à retourner la situation, et avec un coup de maître, envoyant au tapis mes attaques sur son intelligence… Evidemment qu’elle n’était pas conne, elle avait réussi à devenir ce qu’un tas de sorciers plus âgés n’avaient jamais réussi à faire… ! Elle voulait me prouver qu’elle avait plus d’un tour dans son sac, et elle avait parfaitement réussi son coup… Quelques secondes plus tard, elle était à nouveau Heather, ses yeux brillants me défiant, et un petit sourire triomphant sur les lèvres qui acheva d’écraser mes entrailles.


- Tu vois, ce n’est pas si difficile de faire confiance, il suffit juste d’oser. Tu imagines bien que personne ne sait que je suis Animagus, que je ne suis pas déclarée, et que si tu veux me balancer au Ministère, il ne reste qu’à les prévenir – mais suis-je bête, toi qui sais tout mieux que tout le monde, tu avais déjà compris. J’avais oublié que j’étais trop conne, c’est pour ça que j’ai réussi ma transformation à 16 ans et que j’étais élève à Poudlard.

Je sentais que mes joues crépitaient sous la colère, j’avais chaud, mes poings étaient serrés… 16 ans, et en cachette ?... Comment avait-elle seulement pu… Réussir ! C’était incroyable, et même si ça me tuait de l’admettre, j’étais admiratif… Mais en colère de voir qu’Heather avait réussi à retourner la situation en sa faveur et à me ridiculiser en quelques secondes. J’avais ma fierté, et clairement je n’aimais pas la voir attaquée ainsi… Mais ce que venait de dire Heather avait cependant fait naître autre chose en moi. Je réfléchissais déjà à toute vitesse. Personne ne savait… Et elle venait de me révéler cette information ?... Quelque chose s’alluma en moi, et si Heather avait gagné la bataille, je compris que j’allais gagner la guerre.

- Et tu as raison, la petite princesse ne te connait pas si bien que ça, mais ce n’est pas faute d’essayer. Je crois qu’on peut s’accorder pour dire que tu n’es pas très réceptif de ton côté ?

Ses attaques ne comptaient plus… Je savais déjà comment m’en sortir. C’était peut-être bas, de la faire chanter, mais après tout, c’était elle qui s’était exposée, je ne faisais que profiter de sa bêtise. Elle avait voulu faire son petit numéro, très bien, elle avait réussi à m’impressionner. Mais dans sa vantardise, elle avait oublié de protéger son petit secret, l’utilisant pour briller sans réfléchir aux conséquences… Heather était téméraire, mais toujours aussi bête. J’eus un sourire victorieux, ignorant l’acide qui brûlait toujours un peu mes entrailles.

- Qui a dit que je voulais que tu me connaisses ? Répliquai-je d’un ton froid. Je n’avais pas oublié nos histoires passées, et si j’avais dû travailler avec elle et m’en accommoder, ça ne voulait pas dire que j’avais fait une croix sur le reste. Au contraire, j’étais toujours resté sur mes gardes, et si Heather avait été trop stupide pour le voir, ce n’était pas mon problème. Nous n’étions pas amis. Félicitations pour ta transformation, dommage que ça ne t’ai pas donné plus de discernement… Tu m’as montré exactement ce qu’il me fallait. Si tu parles de la fête foraine à Wayland, je démentirais… Qui penses-tu qu’on va croire, moi ou une Animagus non déclarée ? Tu te doutes que tu risquerais des ennuis si cela s’apprenait… Tu es assez intelligente pour comprendre ce que je veux dire, je suppose ? Je laissais mes paroles en suspens. Heather avait très bien compris, j’en étais certain, ce que je venais d’insinuer. Mais je n’allais pas rater l’occasion de lui envoyer une pique de plus et de la ridiculiser un peu au passage. Elle se sentait si forte depuis qu’elle m’avait révélé son secret, et bien au moins, ça allait un peu la faire réfléchir et redescendre. Maintenant si tu permets, j’ai des choses à faire, donc tu peux aller te transformer ailleurs, merci, achevai-je en montrant du doigt la porte.

Au moins, le message était clair cette fois, et Heather, plus en position de négocier.

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Heather Lass
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MessageSujet: Re: Le poids du mensonge (Dan)   Ven 8 Jan - 23:03

Heather n'avait pas réfléchi, pas exactement ; elle avait plutôt suivi son instinct, celui qui le plus souvent guidait ses faits et gestes quand elle savait que le dilemme était trop inextricable.Elle avait choisi de se transformer parce qu'elle l'avait senti, parce qu'elle en avait eu la sensation avant qu'elle se produise - peut-être parce que les choses liées à sa transformation étaient toujours un peu mystérieuses. C'était quelque chose de bien particulier en matière de magie que de se transformer complètement, que de sentir son corps bouger et s'effondrer sur lui-même et se ratatiner et se modéliser différemment, pour ensuite s'étirer et s'ouvrir et grandir à nouveau ! Tout aussi particulier était le fait de subitement devenir quelqu'un d'autre, un animal en l'occurrence, et de sentir son corps avec autant de familiarité que s'il avait été le sien depuis toujours, alors que pourtant elle avait à présent une fourrure argentée, quatre pattes touchant le sol, une longue queue qui faisait balancier dans ses mouvements, deux oreilles pointues et un museau allongé qui était mille fois plus sensible que lorsqu'elle n'avait qu'un nez humain. Et puis, quelques secondes suffisaient à redevenir humaine, à sentir son corps d'origine, avec autant d'aisance et les mêmes sensations. Être Animagus était un pouvoir bien singulier quand il était maîtrisé ; il n'en avait pas été toujours ainsi. Elle se souvenait sans mal des sensations du début, de l'impression d'être compressée et réduite en une minuscule chose trop compacte, de ses manières gauches à être cet animal, de l'impossibilité de trop se transformer sans que cela l'épuise complètement. Le temps avait joué en sa faveur (et cela elle allait bien s'en garder de le livrer à Dan pour le moment) et lui permettait aujourd'hui de briller devant celui qu'elle avait l'intention d'amadouer... Mais se laisserait-il faire ?

Si elle avait dû parier, elle aurait misé à égalité sur les deux options. Dan était trop fier, trop orgueilleux, et trop imprédictible aussi. Mais il était intelligent, il avait l'esprit vif, et le sens du devoir. Tout était possible. Malheureusement, lorsque Heather eut retrouvé forme humaine et qu'elle se mit à scruter le visage du jeune homme en attente d'un quelconque signe, elle comprit que son geste n'avait pas fait mouche. Les sourcils de Dan s'étaient froncés encore plus durement et le regard qu'il lui lança, suivit d'un petit sourire supérieur, parlaient à sa place. Elle sentit son coeur battre de manière quelque peu désordonnée, plus faible, le temps d'une ou deux respirations, mais elle serra les poings. Hors de question de baisser sa garde.

- Qui a dit que je voulais que tu me connaisses ?

L'irlandaise desserra les dents - sa mâchoire commençait à lui faire mal - et elle jaugea Dan de ses grands yeux écarquillés de mépris et de déception. Elle détestait tout, en cet instant, chez lui : ses manières, sa mauvaise foi, la façon qu'il avait de la rejeter encore et encore, même après tous ces mois travaillés ensemble, cette carapace qu'il entretenait, sa gentillesse qu'il refusait de trop montrer, ses façons qu'il avait d'être parfois amical avec lui quand tout allait bien alors qu'il pouvait tout reprendre en l'espace d'une seconde quand il décidait que ça n'allait plus, sa haute taille et ses regards supérieurs, son mauvais caractère, sa fierté mal placée, son envie insatisfaite de n'avoir pas eu ce qu'elle avait eu, sa rancune, sa froideur. Elle se demandait même comment elle avait pu vraiment le trouver sympathique et vouloir tout faire pour qu'il devienne son ami, étant donné ce dont il était capable. Comment une famille aussi gentille que la sienne pouvait avoir engendré quelqu'un d'aussi antipathique que lui ? Elle avait envie de le gifler, mais la situation était si tendue qu'il devait probablement s'y attendre et elle préférait s'épargner la honte de rater son geste, surtout quand elle devait pour ce faire se dresser sur la pointe de pied pour toucher sa cible.

- Félicitations pour ta transformation, dommage que ça ne t’ai pas donné plus de discernement… Tu m’as montré exactement ce qu’il me fallait. Si tu parles de la fête foraine à Wayland, je démentirais… Qui penses-tu qu’on va croire, moi ou une Animagus non déclarée ? Tu te doutes que tu risquerais des ennuis si cela s’apprenait… Tu es assez intelligente pour comprendre ce que je veux dire, je suppose ?

... Quel idiot, quel rustre, quel imbécile, quel horrible personnage ! Il avait choisi, alors, il avait choisi l'option la plus minable, la plus basse, celle de se servir de ce qu'elle venait ouvertement de lui confier pour un odieux chantage. Mais Heather avait misé, et elle le savait ; elle avait perdu.

- La jalousie ne te réussit vraiment, vraiment pas, siffla-t-elle avec tout le mépris dont elle était capable. Fais ce que tu veux, maintenant, je m'en fiche. Je pensais que tu étais un peu plus perspicace et plus intelligent, mais je me suis trompée. Tu ne vois pas plus loin que le bout de ton nez. Un conseil : pense à revoir tes ambitions.

Elle se demandait avec crainte, maintenant que la poussée d'adrénaline était poussée, si ses quelques connaissances au Ministère réussiraient à la protéger, si le fait qu'elle ait fait sa transformation enfant jouerait en sa faveur ; elle avait peur tout d'un coup, mais il était hors de question de le montrer. A cela s'ajouta une formidable envie de pleurer, maintenant que le pire était passé et que l'orage était fini - mais tout cela n'était rien face à la honte et à la rage qu'elle ressentait, et l'envie de tout passer sur Dan en le ruant de coup de poings. Là-dessus, elle resterait prudente : elle n'avait, évidemment, strictement aucune chance.


- Maintenant si tu permets, j’ai des choses à faire, donc tu peux aller te transformer ailleurs, merci, conclut-il en lui montrant la porte du doigt.

Si elle aurait pu exploser en sanglots de frustration et d'impuissance, elle se contenta de lui jeter un regard brûlant, de haut en bas, puis de bas en haut, avant de se tourner lentement et de sortir la chambre, claquant évidemment la porte sur son passage de toutes ses forces. Elle courut plus qu'elle ne marcha jusqu'à sa propre chambre tandis que le bruit de la porte claquée semblait résonner encore dans l'immense silence du château ; quand elle fut dans sa chambre elle s'aperçut que des larmes amères avaient coulé sur ses joues. Envoyant balader les premiers objets qui se trouvèrent sur son chemin - une chaise, un coussin, son manteau, un livre sur son lit - elle se laissa ensuite tomber sur ce dernier et commença à ruminer et réfléchir de toute la puissance de son esprit sur les meilleurs moyens de faire payer à Dan son idiotie crasse et sa méchanceté.






Terminé

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