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La main dans le sac — Apple

 

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 La main dans le sac — Apple

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Scott McBeth
Élève de 7ème année



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MessageSujet: La main dans le sac — Apple   Sam 22 Aoû - 19:31

Le silence nocturne du château m'avait toujours prodigieusement apaisé ; j'adorais parcourir les couloirs alors que cela n'était plus autorisé mais que je bénéficiais, comme quelques autres personnes, d'un passe-droit. Les Préfets étaient chargés de la surveillance des couloirs et ce soir j'étais de la partie, affecté à l'aile Nord du château où je déambulais depuis bientôt une demi-heure. Il n'y avait pas un bruit, ce soir, pas un mouvement hormis les quelques tableaux qui croisaient mon chemin et qui ronflaient ou somnolaient pour la plupart, laissant échapper de temps à autres quelques paroles inintelligibles. Le seul avec qui j'avais échangé quelques paroles était le tableau du vieux sorcier aux cheveux rouges que j'avais toujours particulièrement apprécié et qui m'avait conté une petite histoire de son équipe avant de dire qu'il était bien fatigué et devait se coucher tôt. Les semelles de mes chaussures résonnaient doucement tout autour de moi, sur la dalle fraîche - je sentais déjà les petits courants d'air de la fin de l'automne arriver, et je ne fus pas fâché d'avoir mis ma cape pour me tenir chaud. Il y avait une petite ironie à ce sentiment délicieux de me promener à cette heure, seul, dans les couloirs de Poudlard ; je m'y sentais particulièrement bien alors qu'il n'y avait personne et qu'ils dormaient tous, sans savoir que j'étais là. Je n'avais pourtant aucune envie de cultiver cette transparence mais il semblait qu'elle était plus forte que moi et qu'elle faisait partie de moi, tandis que je profitais de cette petite escapade nocturne quand la plupart auraient trouvé cette tâche plus détestable qu'autre chose. Comme c'était le début de l'année scolaire, les folles excursions des élèves n'avaient pas encore vraiment commencé et les nuits étaient tranquilles ; les quelques première année désireux de montrer qu'ils étaient les plus téméraires ne s'aventuraient jamais bien loin car ils se perdaient généralement avant d'avoir pu accomplir quelque bêtise, et Peeves veillait au grain pour leur donner la frousse de leur vie, plutôt deux fois qu'une.

Ma vigilance, ce soir, n'était pas spécialement féroce - je pensais. J'errais dans les couloirs aussi bien que dans ma tête, avec la délicieuse sensation de me laisser flotter au gré de mes pensées plutôt que d'en tenir la bride.

Cette année s'annonçait bien, très bien ; avec Haley dans ma vie et dans mon coeur, je me sentais beaucoup mieux, plus à l'aise dans ma peau et dans cet univers qui ne m'avait pas toujours été favorable. Qui plus est j'étais très motivé, encore plus que les autres rentrées et même un peu trop : j'avais hâte de terminer ma scolarité, hâte de devenir adulte moi aussi, comme Haley, hâte de mener ma vie à ses côtés, de faire mes propres choix, de commencer un métier et de me débarrasser de l'image du petit Scott que ma famille et la majorité de mon entourage avaient toujours de moi. Haley et moi nous écrivions très souvent et elle me racontait ses installations, sa vie, et je me voyais déjà la partager avec elle - raison pour laquelle je passais encore plus de temps à la bibliothèque, en dehors de mes heures d'études, car je préparais la suite, les formations que je devrais faire, comment et où postuler, etc. C'était un travail qui me demandait bien plus de temps et de concentration que je ne l'avais imaginé, et pour une fois je commençais la rentrée un peu fatigué - plutôt moralement que physiquement. Le fait que je sois le dernier à rester à Poudlard, après Haley, après Stephen évidemment, après tout ceux qui avaient été dans mes proches amis, me donnait l'impression que je restais à la traîne, encore une fois. J'avais hâte, hâte d'être grand et de me sentir grand. Mes ambitions d'être Auror restaient toujours un peu timides - combien de fois Stephen m'avait insidieusement fait comprendre que je n'avais pas toutes les qualités requises, parce que j'étais trop introvertie et peu sûr de moi ; mais aujourd'hui tout était différent et je pouvais travailler ce qui me faisait défaut, d'autant plus que les postes qui me plaisaient vraiment étaient bien plus dans l'analyse et la recherche que le vrai travail de terrain qui convenait sans doute bien mieux à des Gryffondor excités et désireux de montrer leur force comme il en existait tant.

Cette petite digression faite, j'étais arrivé au bout du couloir de mon périmètre, si bien que je gravis les marches pour me rendre à l'étage au-dessus. Il y eut le craquement habituel de l'escalier farceur qui tentait de me piéger à chaque fois, mais je sautais rapidement au moment où il se déformait pour rester sur ma voie, et arrivait au palier supérieur. Il y avait à cet étage un bon nombre de tableaux de chasseurs de dragons qui rivalisaient les uns avec ls autres et se défiaient à longueur de journée grand renfort de « Hardi ! Sus ! Maroufle ! Pendard ! » si bien que, ne souhaitant pas les réveiller et démarrer la cacophonie, je pris soin de marcher à pas de velours tout le long de l'aile. Au bout, je bifurquai à droite, tout en tendant l'oreille comme à chaque croisement - mais aucun bruit. Ma ronde touchait à sa fin et je traversais un joli endroit aéré dont les arcades donnaient sur de grandes fenêtres avec vue sur le parc, baigné dans la pénombre. On n'apercevait aucune étoile car le ciel était voilé, et je m'attardais un instant à essayer de deviner les formes dans la nuit, puis je repris mon chemin. Je connaissais bien cet endroit, c'était un des préférés de Stephen qui m'avait déjà emmené ici pour me faire la démonstration de quelques savantes petites expériences. Mais y penser me laissait toujours un goût amer entre les dents et je chassai cette pensée toujours un peu douloureuse avant de tourner de nouveau à droite pour revenir vers les escaliers et rebrousser chemin, puisqu'il n'y avait rien à signaler.

C'est alors qu'un bruit étouffé survint dans le silence presque religieux des hauts murs de Poudlard ; j'activais le pas, vers le bruit, dans le dernier couloir. Sans doute quelques tableaux qui se crêpaient le chignon, mais il m'avait semblé entendre un bruit plus mat, plus humain...

Débouchant silencieusement du couloir, j'allumais ma baguette au même instant, prenant sur le fait une silhouette bien appliquée à... dessiner sur les tableaux ! Autour de moi, ils avaient tous des moustaches rajoutées à l'aide de peinture ou d'un crayon, et la personne avait du leur jeter un sortilège car ils s'excitaient tous dans leur cadre, mais aucun son n'émanait d'eux. Braquant ma baguette allumée sur l'auteur des troubles, je découvrir une petite Poufsouffle plus jeune, rousse, que mon cerveau reconnut sans pour autant mettre la main dessus - ce n'est après quelques secondes que je reconnus Apple Hunt, petite soeur des trois Hunt à Serdaigle avant elle, toutes plus âgées que moi.

Ma première réaction, après avoir croisé son regard, fut de baisser un peu ma baguette et de soupirer. Cela allait en faire, des tableaux à nettoyer et à calmer après cela - c'était d'ailleurs ce que j'appréhendais le plus, les entendre rouspéter encore et encore contre cette infamie.


- Si la directrice voyait ça, je crois bien qu'elle ne serait vraiment pas très contente, murmurai-je après l'inspection de tout le couloir vandalisé.

Puis je me retournai vers la Poufsouffle ; ce n'était pas grave, c'était une blague idiote et je n'allais pas lui faire payer cher, mais j'avais tout de même une petite pointe d'agacement car maintenant, je n'étais pas prêt d'aller me coucher.


- Ce n'est pas très malin, tu sais, et puis c'est vrai que les tableaux sont un peu énervants à parler tout le temps parfois, mais il y en a qui sont quand même assez anciens, ce serait dommage de les abîmer, ils font partie de l'héritage de Poudlard... Je vais te demander de les nettoyer, c'est d'accord ? Et si tu le fais ce soir, j'enlèverais seulement 10 points à Poufsouffle et je ne dirais rien à ta directrice. Entendu ?

Le choix était tout à elle : elle pouvait refuser et faire la mauvaise tête jusqu'au bout et l'affaire se réglerait demain avec Miss Pendragon, mais je la supposais assez intelligente pour mesurer ce qui était clairement à son avantage dans l'offre que je venais de lui faire.

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SCOTT MCBETH
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Apple Hunt
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MessageSujet: Re: La main dans le sac — Apple   Jeu 27 Aoû - 23:46

Je savais que les gens s’attendaient à me voir misérable, d’une manière où d’une autre. Que je devienne soudain renfermée ou que je me coupe les veines, en passant par la prise inconsidérée d’alcool ou de drogues, ou même de sexe, j’avais le choix ! Il fallait que je gère le deuil comme ça, ça aurait normal, n’est-ce pas ? Le problème, c’est qu’aucune de ces options ne m’intéressaient vraiment. J’étais malheureuse, plus malheureuse que je ne l’avais jamais été, mais pleurer au fond de mon lit ne m’apportait rien de plus. Je ne comprenais pas l’idée de me faire du mal physique - après tout, j’avais déjà le coeur en miettes, pourquoi empirer les choses. Je ne trouvais pas l’alcool très bon ou très amusant, la drogue me dégoûtait plus qu’autre choses et coucher avec quelqu’un était à des milliers de kilomètres de mes considérations. Aucune de ces choses ne m’apportaient du réconfort, ne rebouchaient le trou dans ma poitrine ou ne me rendaient ma mère. J’avais l’impression d’être dans une impasse, dans un trou dont je ne voyais pas vraiment le fond. Je ne savais pas de quoi j’avais envie. Rien ne m’amusait plus. Je n’arrêtais pas de me demander quand est-ce que la tristesse finirait par passer, s’il y avait une date maximum, si ça s’arrêterait un jour. Je ne voyais pas comment retrouver le moral, et tout le monde autour de moi me parlait comme si j’étais sur mon lit de mort, ce qui ne m’aidait absolument pas. J’étais mal, je restais beaucoup de temps dans mon coin ou dans mon lit à lire des livres que Maman aimait, parfois je pleurais pendant des heures aux toilettes, mais ce n’était pas en me le rappelant constamment que ça allait changer quelque chose ou améliorer la situation. Parfois, je voulais simplement oublier que Maman était morte, que j’étais malheureuse, que les choses n’allaient pas. Mais ça me semblait impossible.

J’avais comme seule consolation l’éloignement de ma famille. C’était sûrement horrible à dire, mais je n’avais pas envie de faire mon deuil avec mes soeurs ou encore moins avec mon père. Lui… Lui, il l’avait ramené en Angleterre, loin de chez elle, puis il s’était mis à travailler, à disparaître, à la laisser faner petit à petit… Je me sentais tellement en colère contre lui, je le haïssais et encore plus car je savais qu’il ne trouverait jamais les mots pour me consoler. Quant à mes trois soeurs, pourquoi m’embêter à essayer ? Kathleen était plus fermée que jamais, et Alex et Caro faisaient leur deuil dans leur coin, toutes les deux, comme toujours. Elles étaient un duo, et il n’y avait de place pour personne d’autre. Je n’avais pas envie d’essayer. Je savais qu’avec Maman, nous avions été un duo, et que j’avais perdu mon acolyte. Bien sûr, Maman aimait mes soeurs et mon père, et j’étais persuadée qu’elle n’avait pas de favoris mais… Mais je savais aussi que c’était spécial entre nous, que j’étais sa petite Apple, que même si elle me grondait parfois, elle m’aimait, elle me conseillait… Et ça me manquait tellement, cette présence là, un peu protectrice, qui m’aimait malgré mes bêtises. Je savais, au fond de moi, que je l’avais perdu à tout jamais.

Je me sentais plus seule que jamais. Même Serghei me semblait loin, trop carré, trop scientifique, trop mal à l’aise pour m’atteindre. Je m’étais toujours contentée de moi-même, lorsque j’étais petite et rejetée par mes soeurs, mais à présent, je m’ennuyais en ma compagnie. J’étais devenue plate, triste, j’avais perdu mon sens de l’humour et de l’aventure… J’étais plus proche d’une méduse que d’une petite fille. J’avais toujours été joyeuse, extravertie, on m’appelait la pile éléctrique ou l’ouragan… Là, j’étais à peine une petite brise d’été. Où était mon énergie habituelle ? Si je ne la retrouvais pas bientôt, j’étais vouée à dépérir, je le savais bien. Mais l’idée d’aller dehors, d’aller escalader les arbres, ce genre de bêtises… J’étais fatiguée, je n’avais pas la force ni l’envie. Il fallait que l’on me pousse, mais tout le monde s’acharnait à être adorable avec moi. Même les professeurs passaient mes absences et mes devoirs faits de travers. J’allais perdre qui j’étais, je le savais, et il fallait absolument que je me fasse violence. J’avais besoin de me sentir vivante. Je l’étais, après tout. Je devais en profiter, ne serait-ce que par respect par Maman…

J’avais décidé d’un plan diabolique dans ma tête, un soir, avant de me coucher. J’allais faire une bêtise, le genre qui fait pulser l’adrénaline dans les veines et me ferait des super souvenirs. Le genre que je pourrais raconter à Serghei et le voir ouvrir grand les yeux, complètement outré. A force de me monter la tête, je réalisai que je n’avais plus du tout envie de dormir, au contraire. J’avais envie d’aller faire des bêtises maintenant. Il fallait profiter de ce pic d’énergie, si rare dernièrement. Je me levai rapidement, attrapai ma baguette et enfilait ma cape et mon écharpe. Les couloirs étaient froids dans cette période de l’année, et je gardai mes pieds bien au chaud dans mes pantoufles en forme de tête de blaireau. J’étais encore en pyjama, mais tant pis. Pas le temps de penser. Première étape… Il me fallait la peinture que j’avais vu dans le placard à balai du deuxième étage, un jour où j’explorais. Est-ce qu’il y en aurait encore ? Je n’en savais rien, mais il fallait jouer. Je me faufilais, le plus silencieuse possible. Il était déjà tard, mais je ne savais pas si certains traînaient encore dehors à cette heure-là. D’habitude, je dormais depuis un bon moment.

Un coup de chance, un signe divin, je n’en savais rien, mais dans ce vieux placard se trouvait en effet un vieux pot de peinture magique noire. J’eus un grand sourire. C’était parti. J’attrapai le pot, cherchant des pinceaux en vin, sentant que je riais à moitié. Tant pis, je me débrouillerais ! Je montai pour chercher un couloir qui m’inspirait, et en trouvait un petit tranquille au sixième étage. C’était le moment de devenir une artiste ! D’un coup de baguette - plutôt deux ou trois, car dernièrement je n’étais pas très douée en magie - je rendis silencieux les tableaux et commençai mon terrible crime… Dessiner des moustaches sur les portraits. Il fallait varier, et je m’amusai à en faire différentes types, à rajouter des barbes, des boucs… Je regrettai de ne pas avoir d’appareil photo pour immortaliser mes créations ! A l’intérieur, je sentais mon coeur qui palpitait un peu, et me réchauffait doucement. Il s’emballa encore plus lorsque je réalisai que quelqu’un arrivait dans le couloir. Trop tard pour fuir - en avais-je seulement envie ?

- Si la directrice voyait ça, je crois bien qu'elle ne serait vraiment pas très contente.

J’haussai le sourcil, jaugeant le garçon devant moi. Facile de le reconnaître, c’était le préfet de Serdaigle, tout le monde le connaissait forcément. Je ne répondis rien, le laissant admirer mes oeuvres avec un petit sourire amusé malgré moi. Moi, j’étais sûre que Wayland me trouverait très douée ! Scott se tourna vers moi et me regarda, d’un air un peu courroucé. Je soutins son regard, un peu plus nerveuse que je ne pensais.

- Ce n'est pas très malin, tu sais, et puis c'est vrai que les tableaux sont un peu énervants à parler tout le temps parfois, mais il y en a qui sont quand même assez anciens, ce serait dommage de les abîmer, ils font partie de l'héritage de Poudlard... Je vais te demander de les nettoyer, c'est d'accord ? Et si tu le fais ce soir, j'enlèverais seulement 10 points à Poufsouffle et je ne dirais rien à ta directrice. Entendu ?

C’était tout ?! Mon coeur se calma, et je pinçai mes lèvres, déçue. J’avais prévu un peu plus d’action, moi !

- J’suis à Gryffondor, pas Poufsouffle, tentai-je de répliquer. Je pourrais peut-être m’inventer une nouvelle identité ! Je souris un peu, presque fière de moi… Mais bientôt mon regard se posa sur ce que fixait Scott, en l’ocurrence mes chaussons poufsouffle, mon blason et mon écharpe… Je poussai un soupir, résignée. Bon, euh… Bref... Oui, les nettoyer, d’accord… Marmonnai-je en me renfrognant. Tu crois qu’ils sont très abîmés ? Demandai-je malgré moi. Si je commençais à regretter après deux minutes de méfaits, je n’allais pas aller très loin !

Scott fit voler d’un coup de baguettes des produits d’entretiens jusque dans le couloir, et je m’agenouillai, portant un spray magique devant mes yeux pour lire la notice, curieuse. Je me relevai, prête à nettoyer, mais me tournai d’abord vers Scott.

- Tu m’aides, pas vrai ? Dis-je d’un ton un peu accusateur. Je peux pas faire ça toute seule ! M’exclamai-je, avant de me calmer un peu, et de reprendre d’un ton un peu plus doux. J’aimerais bien de la compagnie…

Bon, hein, ça va, c’était vrai quoi, il avait l’air cool ! Et puis, je commençai à peine à m’amuser moi… J’attendis qu’il tourne un peu la tête vers l’un des tableaux, et je shootai dans le pot de peinture à mes pieds. Il se renversa dans tout le couloir dans un grand bruit de fracas, et je portai ma main à ma bouche d’un air outré. Intérieurement, je riais ; c’était exactement comme quand j’étais sur une scène de théâtre. Je pris mon air le plus convaincant, prétendant être désolée et étonnée de ma propre maladresse.

- Oh, je suis tellement désolée, je suis une catastrophe ambulante, murmurai-je d’un ton désolé.

Maintenant, il n’allait pas me laisser toute seule avec un couloir inondé de peinture ! J’allais pouvoir m’amuser un peu plus longtemps, et s’il était une pièce sur l’échiquier, trop tard pour lui. Je jouais en freestyle, mais une chose était sûre, je m’amusais enfin un peu.

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MessageSujet: Re: La main dans le sac — Apple   Ven 11 Sep - 11:40

- J’suis à Gryffondor, pas Poufsouffle, s'offusqua le jeune fille avec une véhémence qui m'étonna presque au vu de sa tenue particulièrement... jaune et noire. Je lui lançai un regard scrutateur, depuis l'écharpe qu'elle portait jusqu'à ses chaussons en passant par son blason. Qui plus est, mes fonctions de préfet m'avaient rendus très vite habitué à reconnaître les élèves de manière générale, et je mettais ma main à couper de pouvoir dire à quelle maison chacun appartenait. Bon, euh… Bref... Oui, les nettoyer, d’accord… Tu crois qu’ils sont très abîmés ?

Peu enclin à m'énerver, à me montrer désagréable et que la moutarde nous monte au nez, je la regardai droit dans les yeux, poliment, mais non sans une certaine réserve un peu froide ; un ton assez professoral, en somme. Très abîmés ? Elle savait autant que moi les dégâts qu'elle avait causés, et elle espérait, je m'en doutais bien, simplement m'entendre dire que c'était une honte et qu'elle était une petite malotrue. Je devinais que sa bêtise l'amusait et qu'elle le faisait uniquement dans ce but, mais manque de pot pour elle, je n'étais pas d'humeur à monter sur mes grands chevaux pour de telles gamineries. Je pris le parti de ne pas relever sa question et de faire apparaître les produits de nettoyage sans plus attendre ; je n'avais pas spécialement envie de traîner.

Ce faisant, je compris alors pourquoi le nom d'Apple Hunt me disait quelque chose - j'en avais entendu parler dans la salle commune, de ces soeurs, une histoire familiale... Oui, c'était ça ! J'avais remis la main sur l'information dans les méandres de mon cerveau : la mère d'Apple était décédée, ce qui faisait de la Poufsouffle un sujet d'attention particulière de la part de toute l'équipe du château. Voilà ! Je m'en voulus presque de ne pas avoir percuté plus tôt - mais je me repris bien vite : non seulement je ne m'étais pas montré odieux avec elle, mais en plus cela ne l'excusait en rien, et j'étais persuadé qu'elle n'avait aucune envie d'être prise en pitié si elle en venait à taguer ostensiblement les tableaux de Poudlard et à ne pas se démonter devant moi. Je soupirai ; j'étais désolé pour elle et j'aurais aimé l'aborder en d'autres circonstances que la main dans le sac pendant l'une de mes rondes, mais après tout, elle trouvait de quoi se changer les idées, j'imagine.


- Tu m’aides, pas vrai ? enchaîna-t-elle. Je peux pas faire ça toute seule ! J’aimerais bien de la compagnie…

Je souris malgré moi - elle savait bien s'y prendre pour amadouer les gens, en tout cas !

- Bien sûr que je vais te tenir compagnie, répondis-je, pas dupe, avec une petite pointe d'amusement dans la voix. Mais pour le reste, tu te débrouilles toute seule, ce n'est pas moi qui ai fait ces gribouillages !

Reportant mon attention ailleurs que sur elle - je ne voulais pas lui donner ce plaisir - je réprimai un nouveau sourire en voyant le gros sorcier à ma gauche, engoncé dans sa robe violette et moyenâgeuse, tenu au silence par le sortilège et affublé d'un énorme nez avec une verrue et de moustaches immenses en tire-bouchon, tout cela peint par Apple. Je détestais ce tableau et j'étais ravi qu'il lui arrive ce genre d'histoire, mais j'allais bien me garder de dire à Apple que certains des tableaux méritaient carrément de se faire recouvrir de peinture des pieds à la tête tant ils étaient laids et/ou insupportable. Il y eut alors un grand bruit qui me fit presque sursauter

- Oh, je suis tellement désolée, je suis une catastrophe ambulante, dit-elle alors.

Oh, non... Le gros pot de peinture avait roulé au sol et répandu sa surface brillante sur une bonne partie de la surface du couloir... Je soupirai en plissant les yeux en direction d'Apple. Mes doutes quant à la sincérité de sa maladresse étaient plutôt forts, mais je n'avais pas envie de lui faire ce plaisir, car si elle avait fait cela c'était justement pour me provoquer. Manque de chance pour elle, j'avais suffisamment côtoyer des personnages de cette trempe (...) pour ne pas monter tout de suite sur mes grands chevaux. J'étais las, voilà tout ; j'avais envie de rentrer me coucher et marre de ce bazar, mais je gardais en tête que plus vite nous en venions à bout, plus vite nous étions de retour dans nos dortoirs.


- Pas de chance, dis-je assez froidement et d'un ton pincé, ça te fait ça en plus à nettoyer. Tu feras bien attention, maintenant. D'un coup de baguette, j'écartai les pots de ses pieds pour qu'elle ne trébuche plus dedans.

Je me demandais quel plaisir elle pouvait bien trouver à cela - pas à faire des graffitis mais à se faire prendre ensuite et risquer d'augmenter sa peine - avant de me dire qu'elle cherchait sans doute à se frotter à une quelconque autorité pour y trouver ses marques, mais je me demandais bien en quoi elle voyait une autorité particulière en ma présence. Bien sûr, j'avais le badge des Préfets, mais et ensuite ? Nous n'avions pas tant d'années d'écart, et j'étais un élève encore, comme elle. Malheureusement... Mes pensées dérivèrent une seconde vers tout le travail que j'avais encore à faire, mes recherches pour mes études, trouver un logement... Et revinrent tout aussi vite, car je leur interdis de vagabonder vers ces eaux-là. Je devais rester concentré. Bref : elle cherchait à se jouer de l'autorité, d'accord... Mais je refusais de la prendre en pitié pour autant, et j'étais persuadé que si elle avait suivi le cheminement de mes pensées elle aurait préféré cela, car ce n'était pas parce qu'elle avait perdu sa mère que je devais m'apitoyer sur son sort et la ramener dans son dortoir sans rien lui dire de plus. Je n'avais aucune idée de quel genre d'élève elle avait été, avant ça, car je ne la connaissais pas assez, mais en la regardant du coin de l'oeil tandis qu'elle s'affairait mollement à nettoyer ses oeuvres d'art, je me demandais si elle avait été plutôt discrète, ou plutôt présente au contraire  ? Comment était-elle entourée, quel genre de camarade était-elle ? Sans doute était-ce à cause de ce que j'avais connu pendant mes années scolaires, mais je ne pouvais plus m'empêcher de me demander comment s'était comporté ou se comportaient encore les gens que je rencontrais dans ce milieu si particulier qu'était l'école. Mis bout à bout, et si maintenant j'étais le plus heureux du monde avec Haley, je savais que Poudlard serait associé à bien des choses dans mes souvenirs, et pas seulement positives. Je détestais penser à ces choses-là et je tentai de repousser le flot de tout ce qui me tournait encore dans la tête, mais je sentais déjà mon coeur se peiner encore de ce qui était arrivé, de l'absence de Stephen, de toutes ces trahisons, et de cette sensation d'étouffement qui avait pesé sur mes épaules à cause de ma désastreuses timidité.

Sans le faire exprès, j'avais secoué ma baguette devant moi par un réflexe presque automatique comme si je voulais éteindre mes idées noires, ce qui pour effet... D'annuler le sortilège de silence du tableau en face de moi : celui d'un petit sorcier tout rabougri et vêtu de vert, chevauchant un hypogriffe dans une forêt où semblaient se cacher des lutins ou des fées, au vu de la lumière surnaturelle par endroit. Le sorcier était descendu de sa monture et gesticulait, furieux, dans tous les sens, en agitant ses bras, spectacle assez drôle et ridicule quand on n'entendait pas le son et qu'Apple lui avait dessiné des cornes sur la tête - mais spectacle beaucoup moins divertissant quand soudain le son revint en puissance et que la voix tonna dans tout le couloir (une voix très puissante d'ailleurs, par rapport à sa morphologie) qui nous fit sursauter tous les deux :


- ... UN SCANDALE ! UN SCANDALE VOUS DIS-JE ! UNE INJURE À MA PERSONNE QUI NE MÉRITE QUE LA PENDAISON ! MARAUDE ! PETITE SCÉLÉRATE ! ATTENDEZ QUE LA DIRECTRICE M'ENTENDE ! DES TOILES SI RESPECTABLES, DES SORCIERS SI AUGUSTES, ET VOILÀ CE QU'ON NOUS INFLIGE ! SUPPÔT DE SATAN ! ELLE MÉRITE LES CORNES DU MALIN DANS LE...

- C'est bon, c'est bon, on a compris, m'empressai-je de le couper, juste à temps.

Le couloir redevint silencieux, mais sembla résonner encore quelques secondes du bruit qui venait d'éclater entre les murs. Je me tournai vers la Poufsouffle, tout en pensant à la suite : je n'avais pas pensé que les tableaux allaient peut-être se plaindre, mais puisque j'avais réparé l'injustice et puni la délinquante, je n'avais rien à me reprocher, n'est-ce pas ? Je haussai les épaules, plutôt confiant. Faisant un pas en avant, j'agitai de nouveau ma baguette pour utiliser un puissant sortilège de nettoyage qui fit disparaître du sol toute trace de peinture. Je lançai un regard un peu moralisateur à Apple, qui en un sens avait eu ce qu'elle voulait, mais tant pis c'était plus pratique ainsi :


- Dépêche-toi, je n'ai pas du tout envie d'y passer la nuit. Je suis déjà bien gentil de ne pas te coller en retenue, alors mets-y un peu du tien, c'est compris ?

C'était dit un peu autoritairement mais pas méchamment - et puisqu'on parlait de lui, au Diable les pincettes, je préférais la pousser un peu à s'activer plutôt sue d'attendre poliment et qu'elle mijote un autre sale coup en attendant.


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Apple Hunt
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MessageSujet: Re: La main dans le sac — Apple   Lun 14 Sep - 19:28

Clairement, je cherchais à pousser un peu plus Scott. Je ne savais pas trop pourquoi, mais une petite voix me disait que quitte à y être, autant y aller à fond. Et puis... Scott n'avait pas l'air trop méchant, ce qui me laissait une petite marge de manœuvre avant qu'il perde vraiment patience. Jusqu'où je pouvais aller, je n'en savais rien, mais j'avais bien envie de tâter jusqu'à la limite... Est-ce que c'était mesquin ? Je chassai cette pensée de ma tête. J'avais envie de m'amuser, et si Scott faisait parti du scénario, ce n'était pas de chance, mais je n'étais pas non plus terrible comme hors-la-loi, et je n'allais pas non plus lui faire mener une vie infernale ! Juste... L'embêter un peu, si ça pouvait être drôle.

- Pas de chance, ça te fait ça en plus à nettoyer. Tu feras bien attention, maintenant.

Je pinçai mes lèvres. Sa voix avait été plus cassante... Hm, visiblement, c'était peut-être une petite bêtise de trop ! Et dans son rôle de préfet, forcément, il était un peu plus inflexible... Je me demandais ce que ça pouvait faire que d'être préfet. C'était des sacrées responsabilités, et il fallait forcément être un élève mature... Mais même avec ça, ensuite, ça devenait étrange, parce qu'on se retrouvait un peu au-dessus des autres, et même de nos propres amis. J'aurais été bien incapable de donner une retenue à mes camarades ! Je n'étais de toute manière pas assez autoritaire... Mais je devais avouer que j'avais un peu d'admiration pour les préfets, parce que ça demandait beaucoup de travail mais surtout fallait du caractère ! Mais bon, ça, pas question de l'avouer à Scott, il fallait pas qu'il pense que j'allais le brosser dans le sens du poil, ça non ! Surtout que ça aurait rendu mon escapade trop simple. Je n'étais pas sortie faire des bêtises du genre depuis... Depuis un moment, et je voulais aller jusqu'au bout, sentir les petits frissons de l'adrénaline dans mon ventre et sous ma peau, pouvoir plus tard me rappeler de cette fois où j'avais peint sur des tableaux et que je m'étais faite prendre par un préfet, et que je m'en étais sortie sans retenue ! Un petit picotement désagréable me prit dans la poitrine... Je pensais à Maman, parce que même si elle m'aurait grondé, j'aurais pu lui raconter cette histoire. C'était toujours à elle que je racontais tout ça, de toute façon. Mes petits doigts se crispèrent sur l'éponge, et je frottais avec plus de vigueur le tableau vers lequel je concentrais toutes mon attention. Je sentais que les larmes me montaient aux yeux, et je n'avais pas envie que Scott le remarque… Décidément, je n’étais pas une très bonne délinquante. Ça aussi, ça aurait fait rire Maman.

Je sursautai et poussai un cri de surprise. Un tableau s’était visiblement sorti de son sortilège de silence, sans que je sache comment.


- ... UN SCANDALE ! UN SCANDALE VOUS DIS-JE ! UNE INJURE À MA PERSONNE QUI NE MÉRITE QUE LA PENDAISON ! MARAUDE ! PETITE SCÉLÉRATE ! ATTENDEZ QUE LA DIRECTRICE M'ENTENDE ! DES TOILES SI RESPECTABLES, DES SORCIERS SI AUGUSTES, ET VOILÀ CE QU'ON NOUS INFLIGE ! SUPPÔT DE SATAN ! ELLE MÉRITE LES CORNES DU MALIN DANS LE…
- C'est bon, c'est bon, on a compris…
- Où ça, les cornes, tu crois ?
Glissai-je avec un petit rire, trop heureuse d’avoir une occasion pour rebondir et me changer les idées.

Mais Scott ne semblait pas trop s’amuser. D’un coup de baguette, il avait fait disparaître l’énorme tâche de peinture que j’avais faite sur le sol, et il se tourna vers moi, son regard se faisant un peu plus cassant.

- Dépêche-toi, je n'ai pas du tout envie d'y passer la nuit. Je suis déjà bien gentil de ne pas te coller en retenue, alors mets-y un peu du tien, c'est compris ?

Je me renfrognai. Bon, si c’était comme ça qu’il préférait qu’on passe la nuit, ce n’était pas la peine que j’essaye de le faire rire ! Voilà peut-être pourquoi il réussissait si bien à être préfet ! Je me décidai à garder en mémoire que j’allais mener ma petite enquête sur lui… Surtout que je me demandai si lui n’en savait pas un peu trop sur moi, surtout avec son poste de préfet. Il était à Serdaigle, donc il avait connu mes soeurs aussi - surtout qu’elles étaient plutôt populaires - et même si elles n’étaient plus à l’école, je me doutais que les gens savaient ce qui s’était passé. Tout le monde savait de toute façon. Je le voyais bien à la manière dont on me regardait. Les informations tournaient vite, surtout quand j’avais surgi en plein milieu de la salle commune de Serdaigle en fondant en larmes pour voir Serghei. Je savais que je m’étais faite remarquée et que l’histoire avait fait le tour du château.

Bon, j’allais passer à la vitesse supérieure, et je me mis à frotter avec plus force et de rapidité. J’étais un peu boudeuse, et je n’avais plus envie de discuter avec Scott qui m’avait recadré un peu trop à mon goût. Il me fallut un bon moment avant de tout nettoyer, et j’avais mal au poignet, et je sentais que je faisais beaucoup moins la fière.

- Bon, voilà, c’est fini, dis-je d’un ton un peu boudeur. On va ranger les produits ? ajoutai-je tout de même, parce que Scott avait l’air fatigué et que j’avais un peu honte maintenant de l’avoir embêté. Ma bonne humeur et mon excitation avaient vite descendu, et je n’aimais pas trop la tournure des événements.

Je me mis à suivre Scott, portant un pot de détachant magique, et l’un de peinture que j’avais volé plus tôt dans la soirée. Il faisait sombre dans les couloirs et les escaliers, et je suivais Scott qui éclairait avec sa baguette… Mais j’avais la tête ailleurs, et une seconde d’inattention me suffit.

- AAAAAAH ! criai-je sous la surprise ; j’avais raté une marche, et je glissai jusqu’en bas de l’escalier, lâchant au passage les pots que je tenais.

Il y eut une demi-seconde de silence, puis je sentis que j’avais explosé en sanglots, peut-être plus sous le coup de la peur que de la douleur… Mais ma cheville me faisait mal, et je l’attrapai entre mes mains pour la frotter, sentant qu’elle chauffait étrangement. Je sentis toute ma bonne humeur me quitter, je voulais retourner me cacher sous ma couette, je me sentais stupide de ma bêtise, de ma tentative ridicule de me changer les idées, et j’avais mal partout et j’étais fatiguée et puis… Et puis surtout je voulais que Scott ne me voit pas comme ça, et qu’il s’en aille et que tout le monde me fiche la paix.

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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: La main dans le sac — Apple   Lun 21 Sep - 23:26

J'avais toujours du mal face à ce genre de personnage ; irrémédiablement, je finissais par avoir la fatale impression que tout ce qui se tramait m'était destiné. Qu'on se moquait de moi, qu'on faisait exprès de m'humilier, qu'on cherchait juste à m'embêter. C'était stupide, pourtant, j'en étais conscient : j'avais grandi. Je n'étais plus ce petit première année prêt à fondre en larmes dès lors qu'on lui adressait une parole trop directe. Mais j'étais le petit dernier d'une immense fratrie de qui j'avais toujours été la cible (de manière plus ou moins amicale), et cette façon d'être considéré par les gens avait été si ancrée en moi qu'elle s'extirpait, encore aujourd'hui, avec bien grand mal du moule dans laquelle j'avais été coulé. Manque de chance pour moi aussi, Poudlard ne m'avait pas immédiatement aidé à m'affirmer autrement, non seulement en la présence si écrasante de Stephen mais aussi par la suite des évènements - sur lesquels je n'avais pas spécialement envie de revenir. C'était ainsi ; j'avais fait ce que j'avais pu, j'avais échoué, j'avais été écarté, trahi, je ne m'étais pas assez battu sans doute. Peu importe. J'essayais avec toute mon énergie de laisser le passé à sa place, bien qu'une rancoeur étrangement tenace et amère semblait vouloir m'en empêcher. La vengeance n'était pas au menu, quelle étrange idée !, mais je devais bien reconnaître qu'à certains moments elle avait un doux parfum bien enivrant...

Toujours était-il qu'Apple, non pas Apple elle-même mais la petite élève indomptable qu'elle avait décidé d'être ce soir, me renvoyait à cette image, à toutes ces figures qui avaient accentué ma timidité étant plus jeune, et sans doute contribué à ce qu'elle devienne aussi maladive. Je n'étais plus effrayé maintenant, mais j'étais amer, et triste aussi, triste de constater l'impact que tout cela avait encore sur moi et le pouvoir si terrible d'un jeune adolescent ne se doutant de rien parce qu'il avait la chance et le courage d'être plus intéressant et exubérant que les autres.

Je ne répondis évidemment rien à sa tentative de rebondir sur les mots déplacés du tableau en colère, et me contentai d'un regard vaguement agacé avant de faire taire le vieux sorcier.

C'était drôle d'ailleurs, et surtout si ironique, de me dire que celle qui m'avait redonné autant d'assurance et de foi en moi souffrait autant si ce n'est plus du même genre d'affliction ! Pour le coup, « qui se ressemble s'assemble » prenait tout son sens avec Haley et moi, et je découvrais jour après jour le plaisir inouï de me sentir en parfait accord avec moi-même et en parfaite confiance avec elle, comme si rien ne pouvait m'arriver. C'était quelque chose dont je n'avais pas vraiment eu l'habitude, et qui maintenant me donnait l'impression d'être presque quelqu'un de nouveau, même si je savais que pour les autres il n'y avait rien de si radical. En tout cas, le fait d'être préfet et de devoir tenter d'avoir un peu d'autorité, sans en abuser évidemment, me flattait au moins dans ce sens : j'étais digne de confiance et de respect. Si je savais pertinemment que la Poufsouffle ne faisait pas toutes ses petites bêtises pour me manquer de respect, je ne pouvais pas m'empêcher de me dire qu'elle trouvait un malin plaisir à m'embêter et ruiner ma soirée qui tardait déjà trop à mon goût.

Elle sembla enfin comprendre - miracle ! - qu'obtempérer était le meilleur pour nous deux, et le couloir redevint silencieux comme au début de ma ronde, simplement ponctué de petits frottements de brosses et du ploc-ploc des gouttes d'eau. J'attendis sans rien dire - pour autant, je n'étais pas de ceux qui profitaient de leur situation de force pour humilier les autres - en me demandant si, laissant mes pensées divaguer, je ne ferais pas mieux d'avancer mon devoir de Potions qui nécessitait moins de recherche pour la semaine prochaine pour avoir ensuite le temps de me consacrer entièrement au fastidieux exposé de Métamorphose qui m'attendait par la suite. Rien que de penser à la montagnes de choses qui se profilaient à l'horizon, j'en avais les paupières qui tombaient de sommeil - chose nouvelle pour moi aussi car organisé comme j'étais je n'avais jamais manqué de temps donc de sommeil pendant ma scolarité, mais cette septième et dernière année avait revêtue un tout nouveau manteau ! Je ne voyais presque pas comment j'allais tenir le rythme jusqu'au bout, sachant les recherches personnelles que j'avais lancées, mes devoirs, le futur, et surtout les moments que je tenais à tout prix à garder pour passer du temps avec Haley...


- Bon, voilà, c’est fini, lança Apple d'un ton revêche, ce qui eut pour effet de calmer, au moins, la petite spirale de panique qui avait commencé à monter en moi. On va ranger les produits ?

C'était tout ce que je voulais - j'acquiesçais avec un petit sourire en sa direction car elle avait nettoyé tous les tableaux, le marché était conclu et je n'avais plus de raisons de lui en vouloir (plus vraiment, tout du moins) ; elle attrapa ses seaux et nous nous mîmes en marche, éclairés par ma baguette que je tenais devant nous. Bientôt il n'y eut plus dans le couloir que le bruit de nos pas qui résonnait, le froissement de nos habits et les respirations endormies des statues et des tableaux qui, eux, avaient eu la chance d'être épargnés - l'un d'entre eux sursauta à notre passage et marmonna dans son sommeil « oh, oui, de la soupe aux vermicelles » d'une voix si... suave que je pouffai de rire sans pouvoir me retenir et ma voisine aussi. Nous arrivâmes à l'escalier ; au moment où je priai pour qu'il ne se mette pas à trembler et bouger dans le silence endormi du château, Apple glissa, et une seconde après elle avait dévalé le reste des marches en un grand fracas, accompagné d'un cri perçant. Elle chuta et deux pots rebondirent encore et roulèrent un peu plus loin tandis que tout cette cacophonie s'estompait peu à peu entre les murs de pierre ; je faillis pousser une exclamation énervée mais la retins sans aucun mal car je savais pertinemment qu'elle n'avait, cette fois, pas fait exprès - la seconde d'après je l'entendis éclater en sanglots, et pressai alors le pas pour arriver à son niveau.

Toute colère avait disparu, et tandis que je me baissais à ses côtés, je constatai qu'elle se tenait la cheville et pleurais de larmes si sincères qu'elle sembla perdre quelques années et beaucoup d'assurance - une petite enfant blessée, en somme. D'un coup de baguette, je fis voler les pots de peinture et de nettoyage qui s'en retournèrent docilement d'où ils étaient venus - ils avaient, décidément, causé assez de dégâts pour ce soir.


- Hmm, ce n'est pas grave, dis-je un peu bêtement pour essayer de la rassurer, mais en le disant je me dis que je n'avais aucune idée si c'était effectivement grave ou pas. Je peux ? demandai-je en posant ma baguette allumée sur la marche à côté de nous et en tendant la main vers sa cheville.

Je la palpai très doucement - elle était chaude, gonflée, mais ne me semblait pas cassée ; du moins pour ce que j'en savais. Il fallait de l'onguent - au moins - et je n'en avais pas, évidemment ; il nous fallait donc nous rendre à l'infirmerie, nous n'avions pas le choix.


- Je pense que ça va aller et que c'est juste un vilain coup, mais je ne te laisse pas rentrer comme ça ; je vais t'emener à l'infirmerie, dis-je avec douceur mais sans lui laisser le choix. Je vais te porter, d'accord ?

Cette fois je fis mine de lui laisser le choix (même si au fond il n'existait pas réellement) et après avoir réfléchi à la meilleure solution, je me baissai pour qu'elle s'accroche à mes épaules et que je la hisse sur mon dos ; quand elle fut en selle, je fus surpris de la trouver encore plus légère que sa silhouette le laissait imaginer. Je lui avais confié ma baguette pour qu'elle m'éclaire. Chemin faisant, j'essayais de lui changer un peu les idées sans trop savoir comment m'y prendre - quelques petites blagues sur le fait qu'elle aussi, comme les sorciers-chevaliers des tableaux, elle avait un fier cheval, des choses comme ça jusqu'à arriver dans le couloir de l'infirmerie, et... Je m'arrêtai au net, au tournant, à l'entrée du couloir.

- Zut. Mon cerveau s'était seulement réveillé. Si on y va comme ça... Il va falloir expliquer pourquoi on était dehors.

Je lui avais pourtant promis de ne rien dire à sa directrice si elle lavait les tableaux ; elle l'avait fait.

- Reste là et laisse-moi faire, dis-je alors, frappé d'une inspiration subite, le coeur battant un peu. Je la fis decendre de mes épaules en prenant garde sa cheville. C'était risqué mais c'était plausible, et moi qui avais si peu l'habitude de défier les règles, tout d'un coup je trouvais ça très amusant !

Je partis alors toquer à la porte de l'infirmerie - madame Pomfresh m'ouvrit, ensommeillée, dans une vieille robe de chambre fluide qui me mit un peu mal à l'aise (j'aurais presque préféré que ce soit James Miller, même si je savais que j'avais plus de chances d'amadouer madame Pomfresh qui savait l'élève modèle que j'étais). Apple pouvait m'entendre, je le savais, et j'expliquai alors :


- Voilà, un de mes camarades de première année a glissé de son lit et s'est fait mal au poignet... Pour ce soir, vous n'auriez pas juste un peu d'onguent pour ce genre de choses ? Si demain ça ne va pas mieux, il viendra vous voir ?

Elle hocha la tête, faisant confiance à mon jugement (et souhaitant sûrement aussi retourner se coucher au plus vite). Me tendant le pot après avoir été le cherché sur une étagère, elle me souhaita bonne nuit en m'expliquant comment masser et de surtout venir la réveiller encore si cela n'allait pas dans la nuit. Je lui promis, et revins sur mes pas. Une fois que je fus certain que la porte était fermée et qu'elle s'en était éloignée, je rejoignis Apple dans le petit recoin où je l'avais assise, sur le socle d'une statue qui ronflait doucement. J'entrepris alors de lui mettre sur la cheville.

- J'ai sous-entendu le poignet et un élève de Serdaigle pour qu'elle ne se doute pas qu'on lui a menti si demain ça ne va pas mieux et que tu dois aller la voir, expliquai-je alors en lui souriant. Tu diras que tu es tombée d'un arbre, enfin, tu inventeras quelque chose, d'accord ?

Après tout, j'étais maintenant autant lié par le secret qu'elle, dans cette histoire !

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MessageSujet: Re: La main dans le sac — Apple   Ven 4 Déc - 21:39

Je voulais retourner dans mon dortoir et oublier toute ma stupide idée. Peut-être que ça aurait été plus simple si j’avais été comme tous les adolescents de mon âge, à sortir avec un garçon puérile ou à fumer ma première cigarette pour me changer les idées. Mais ça ne m’amusait pas, j’étais encore une enfant, je voulais sortir jouer à cache-à-cache et faire des roulades dans l’herbe, je n’avais aucune envie d’aller me trémousser sur une piste de danse ou boire en cachette. Pourtant… Pourtant je n’étais déjà plus une enfant. La mort de Maman avait été comme si quelqu’un appuyait sur le bouton avance rapide, me propulsant dans le monde adulte sans que je le veuille. J’avais l’impression d’être ce genre de fille dont on parlait d’un air entendu, celle qui avait grandi « trop vite » et pour qui on avait de la peine. J’avais fini par m’habituer à l’idée qu’on parlait de moi dans mon dos, murmurant tristement à quel point la perte de ma mère m’avait affecté, combien j’avais changé… Blablabla… En tout cas, ce n’était pas avec des gens qui vous regardait tous les jours comme si c’était vous qui étiez mort que ça vous mettez de meilleure humeur. Concept inconnu ici, visiblement.

Et qu’est-ce Scott fichait encore ici, et pourquoi il venait de me regarder comme si je venais de me casser en deux ?! Arrête de pleurer, m’ordonnai-je mentalement, arrête. Lève-toi et pars te coucher avec la dignité qu’il te reste…

Mais un mouvement m’indiqua douloureusement que j’étais incapable de bouger.

- Hmm, ce n'est pas grave. Je peux ?

De mieux en mieux… Je n’avais aucune envie qu’il me touche, je voulais qu’il me laisse tranquille… Sauf que pour le coup, il avait clairement l’autorité dans cette situation. Méfiante, je plissai un peu mes yeux, l’observant à la lumière de sa baguette, le jaugeant rapidement. Il avait l’air plein de bonnes intentions, il y avait quelque chose dans son regard d’étrangement familier, et je lui fis un signe de tête qui voulait dire « d’accord » silencieusement. Il posa sa main sur ma cheville, et sa peau était froide contre la mienne. Pendant quelques secondes, un silence plana sur le couloir, et je ne prêtais attention qu’au regard concentré de Scott.

- Je pense que ça va aller et que c'est juste un vilain coup, mais je ne te laisse pas rentrer comme ça ; je vais t'emmener à l'infirmerie. Je vais te porter, d'accord ?

…Super, comment finir une nuit de délinquant de la manière la moins rebelle possible. Mais je n’avais pas vraiment le choix, n’est-ce pas ? Avec une petite moue boudeuse, j’hochai la tête, et me hissai sur ses épaules avec son aide. J’étais très légère, je savais que je ne devais pas trop embêter Scott, mais j’étais toute de même reconnaissante de son geste. Mais bon, je n’avais pas trop envie de lui faire la fleur de l’admettre à voix haute. Mais quand même… Il faisait des blagues, me faisant rire, et il était tellement de bonne foi que je m’en voulais d’avoir un peu gâché sa nuit. Je comprenais en tout cas de mieux en mieux pourquoi il était préfet…

- Zut. Si on y va comme ça... Il va falloir expliquer pourquoi on était dehors.

Nous étions arrivés devant l’infirmerie, et Scott venait de faire une remarque très pertinente. Je pinçai mes lèvres. Je n’avais pas pensé à ça, et encore moins au fait que Scott semblait vouloir tenir sa promesse de ne pas me balancer aux autorités – jargon de gangster, vous pouvez pas comprendre.

- Reste là et laisse-moi faire.

Je descendis un peu à contre cœur de son dos, fronçant les sourcils. Qu’avait-il en tête ? Avec un Serdaigle, je m’attendais à tout, je savais qu’ils avaient plus d’un tour dans leur sac. Même mes sœurs, même en étant des pestes… Elles étaient intelligentes. C’était pour ça que c’était les pires des pestes, d’ailleurs. Mais bref, je n’avais pas envie de penser à ma famille encore plus maintenant. Maman était déjà un peu partout… Et c’était déjà assez pesant comme ça.

Scott revint quelques minutes plus tard avec un pot d’onguent qu’il commença à m’appliquer délicatement sur ma cheville. Instantanément je me sentis mieux, une douce chaleur se propageant depuis ma cheville, remontant le long de ma jambe.

- J'ai sous-entendu le poignet et un élève de Serdaigle pour qu'elle ne se doute pas qu'on lui a menti si demain ça ne va pas mieux et que tu dois aller la voir. Tu diras que tu es tombée d'un arbre, enfin, tu inventeras quelque chose, d'accord ?

J’eus un petit rire. Sans le savoir, Scott avait visé Chuck, et Pomfresh ne s’étonnerait pas de me voir arriver blessée car il était dans mes habitudes d’escalader à peu près tout ce qui était plus haut qu’un mètre cinquante. J’approuvais d’un signe de tête et me relevai tout doucement, retrouvant mon équilibre.

- C’était intelligent, décidemment, tu tiens parole… Bon, du coup, tu remontes à ta tour et je vais au sous-sol je suppose ?

Il ne l’entendit pas de la même manière et insista pour me raccompagner jusqu’à mon dortoir, et après quelques tentatives de « mais non ça va », je fus réduite au silence par ma maudite cheville qui me fit à moitié trébuché, et je finis par accepter qu’il m’accompagne et me laisse m’appuyer sur lui tandis que je clopinais.

- Dans l’histoire de tous les fauteurs de troubles de Poudlard, tu penses que je suis la moins douée ou que je peux encore sauver mon honneur ? Plaisantai-je, un peu boudeuse quand même.

Arrivée aux sous-sols, je lâchai un bâillement malgré moi. J’étais épuisée. Je n’étais pas habituée à me coucher tard… Encore une fois, pas très gangster comme vie. Je me tournai vers Scott, le visage crispé en un sourire un peu gêné.

- Bon du coup, c’était… Sympa… Tout ça… Enfin… Désolée pour les bêtises… T’étais… Chouette, lâchai-je un peu bêtement, une espèce de gêne et d’honneur mal placé me réduisant étrangement au silence.

Sentant que je rougissais, j’ouvris l’entrée de ma salle commune et m’y engouffrai, fuyant presque, bêtement incapable de remercier comme il se devait Scott, parce que je ne voulais pas admettre… Je ne savais pas trop quoi, mais tant pis, je voulais dormir et oublier ma tentative stupide de me changer les idées, et son… Echec ?

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