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Birds go flying at the speed of sound (Emmy) fini

 

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 Birds go flying at the speed of sound (Emmy) fini

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Chuck Carlton
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Localisation : Là où on peut faire la fête !
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Particularités: i should have known better
Ami(e)s: Emmy-Nem, Haley, mon petit lapin! Oh vous inquiétez pas, ça nous choque autant que vous... ; Joy, eh ouais comme quoi ! ; Ruby Miss Parfaite ; Lilian, the one and only
Âme soeur: come to me my sweetest friend can you feel my heart again i'll take you back where you belong and this will be our favorite song

MessageSujet: Birds go flying at the speed of sound (Emmy) fini   Sam 22 Aoû - 15:19

(Juin)




J'en avais tellement plein la tête que je n'étais même plus capable de savoir si la musique et le bordel de la fête étaient à l'extérieur ou à l'intérieur de moi. Il fallait dire qu'ils y avaient mis les moyens : le cousin de Tom qui était revenu pour les vacances avait proposé de faire péter sa grosse baraque (avec piscine) pour une soirée digne de ce nom. Je n'avais pas cherché plus loin : ces derniers temps, dès qu'il était question de soirée, j'étais là. Je ne les comptais même plus, et je ne comptais pas non plus mes heures de sommeil en retard vu que je tafais le reste du temps, mais clairement on pouvait dire que je n'en avais rien à foutre. Je voulais juste boire ou m'en mettre suffisamment dans le nez pour oublier ce qui n'allait pas, et le reste n'avait qu'à bien s'accrocher.

Heureusement que je n'étais pas à Bristol : c'était la période que je préférais là-bas, le début de l'été, les journées qui se rallongent, les fêtes en haut de l'immeuble désaffecté, le coucher de soleil qu'on voyait depuis la terrasse, les soirées dans le parc, rentrer à pied à la maison, quand on allait se poser les week-end pour pique-niquer, quand on était invités chez Chris et sa famille, tout ça. C'était aussi le moment où on quittait l'hiver pour de bon, on oubliait presque le fait qu'on avait une maison pourrie et une famille du même style parce qu'il faisait beau et qu'on pouvait passer notre vie dehors. C'était aussi la promesse de l'été, les vacances, tout ça... C'était cool. Mais pour rien au monde je n'y serai retourné. Ici, à Londres, ça avait au moins le mérite d'être complètement différent, et je ne me posais pas plus de questions.

Les gens, par contre, oui. Et je ne savais pas trop pourquoi personne n'imprimait une bonne fois pour tête qu'on était seul dans notre malheur et nos problèmes et que ça valait aussi bien de rester comme ça. Je ne comptais plus le nombre de squats de la part de tous mes potes, Ruby en tête de file, qui trouvait bon n'importe quel prétexte du plus débile au plus énorme pour passer me voir chez moi et s'assurer que je me nourrissais, tout ça tout ça. Mon oncle et ma tante aussi y mettaient leur grain de sel, Chris, Lucy, et tout le bataclan : une chose était certaine, j'étais bien entouré. Le problème, c'est que je n'avais absolument AUCUNE envie d'être entouré, je voulais être seul chez moi, s-e-u-l, mais visiblement la solitude était devenu un concept extraterrestre que personne ne voulait assimiler. Et ça me soulait. Prodigieusement. Alors évidemment, la meilleure des défenses, c'était la fuite. Je fuyais, quand je rentrais du taf je dormais et je n'entendais rien, et puis je sortais, loin de chez moi et d'eux, dans d'autres bars et d'autres endroits pour qu'on me foute la paix. Et j'étais dans mon droit le plus total, alors merde. Du coup je m'étais rapproché de mon pote Tom avec qui je faisais pas mal de soirées à une époque et qui savait toujours fournir ce qu'il fallait quand il le fallait et je m'étais trouvé une nouvelle bande de soirée quand l'ancienne devenait un peu trop maternelle à mon goût. Et ça roulait. Comme ça pouvait. J'avais globalement toujours la tête dans le brouillard et les idées un peu floues entre l'alcool, la défonce, les soirées et la fatigue mais c'était comme ça que je gérais le truc - à savoir il n'existait pas de manuel pour expliquer en dix leçons comment survivre efficacement à la mort de son petit frère, donc je me débrouillais tout seul et comme un grand et je m'en portais très bien. Enfin... Aussi bien que je le pouvais, quoi.

Inutile de préciser qu'on était arrivés avec Tom et les autres dans un état d'alcoolémie proche du bon gramme à la soirée. La musique à fond, le monde partout... Toutes ces meufs en maillot ?!?! Mais ça, c'était une excellente idée, une Pool Party ! C'était pas la Californie mais on s'y croyait presque, et après un petit détour par les chiottes pour taper quelques lignes, l'illusion était parfaite : absolument parfaite.

De manière générale, c'était le moment où mes souvenirs s'embrumaient, et plutôt salement.

Mais c'était mon moment préféré. La drogue s'infiltrait partout, dans mon corps, dans ma tête, et je devenais léger, je partais ailleurs, tellement loin ! Mais j'étais là avec les autres et on se marrait et ça me faisait kiffer d'enfin pouvoir profiter sans me sentir triste et lourd et englué dans toute cette merde et je sentais que je souriais et que je riais sans pouvoir m'arrêter et tout devenait énorme, la musique nous portait et tout était génialement drôle et les gens me faisaient rire et les filles me plaisaient et quand je les embrassais c'était agréable et ça me réchauffait de partout et si elle me faisait chier je les oubliais et ça repartait - il n'y avait jamais d'emmerdes. Jamais. Je n'étais même plus fatigué parce que la drogue me secouait et l'alcool faisait le reste. Et puis c'était toujours super beau du coup, ce soir la maison était dingue, géante, elle me rappelait celle des soirées aux Etats-Unis avec Lilian, et il y avait des petites lumières partout qui clignotaient et qui volaient et c'était un peu doré et la piscine était turquoise et la terrasse était immense, et tout le monde riait et criait et c'était la folie comme tout le monde était en osmose ! Tom m'avait refilé une petite pilule et avait même réussi à en revendre d'autres, ce qui était évidemment cool pour ses affaires, et moi j'étais parti tellement rien que plus rien ne pouvait m'arrêter. Je sentais mes doigts, mes bras, mes jambes, je sentais tout mon corps et c'était tellement libérateur de se sentir comme ça plutôt que de me sentir gelé de l'intérieur et complètement mort quand j'essayais de dormir au fond de mon lit et que je n'y arrivais pas. C'était jour et la nuit, et clairement j'avais suivi la lumière.

Combien de temps ? Une heure ? Deux heures ? Cinq heures ?

Aucune idée, mais en tout cas j'étais toujours là et j'avais dansé et bu et j'étais allé dans la piscine et je m'étais marré avec tout le monde et j'avais même chopé une jolie blonde qui s'était jetée d'elle-même dans mes bras. Et puis j'avais fini par me poser sur une des chaises longues parce que la tête commençait à me cogner, comme si tout le sang remontait d'un coup et m'écrasait les tempes et voulait me sortir par le nez, et là : grave erreur. Ca arrivait une fois sur deux, ce gros contre-coup de bâtard, cette impression de tomber d'aussi haut où j'étais monté et de m'écraser comme une merde après avoir retenu mon souffle tout le long de la chute. Je me frottai les yeux et le visage pour empêcher la machine : pas de bad-trip ce soir, pas dans un cadre pareil avec une putain de soirée comme ça ! Ils étaient où les autres ?! Je jetai un oeil autour de moi, avec une vision bien trouble, avant de me rendre compte que j'avais le cul d'une meuf en plein devant le nez parce qu'elle discutait avec quelqu'un et qu'elle était dos à moi sans voir la loque que j'étais avachie sur le chaise longue de la terrasse. Elle avait des super longues jambes et un mini short taille haute avec un haut de maillot de bain et franchement elle était bonne - sans compter ses longs cheveux bruns qui lui tombaient dans le dos (atout majeur de sex-appeal en ce qui me concernait) avec les pointes rouges. Je décollai mon regard de son cul qui m'hypnotisait pour attraper le bout de ses mèches :


- C'est grave stylé, dis-je tout haut, en me disant que... Mais je connaissais ces cheveux ?!

La seconde d'après j'avais bondi de ma chaise (dans la mesure du possible évidemment, puisque j'étais à trois grammes de toutes les substances possibles) et attrapé la fille par sa ceinture de short pour la tirer vers moi :


- EH MAIS MEUF C'EST TOI ! C'EST OUF ÇA FAIT TROP LONGTEMPS HAHAHAHAHAHA VIENS ON VA DANSER ? OUHLA PARDON ATTENDS... VAS Y VIENS !

Heureusement qu'Emmy était un peu grande et sportive parce que je m'étais affalé à moitié sur elle, que je tanguais et que la piscine était pas loin, mais ça me faisait marrer encore plus et je n'avais aucune idée de qui était la meuf avec qui Emmy discutait mais je m'en foutais comme de l'an 40 et j'essayais de la tirer vers moi en louchant un peu dans son décolleté de mini-maillot et en rigolant de plus belle - j'étais trop content de la voir comme ça puisque pour une fois c'était pas quelqu'un qui venait s'inquiéter pour moi, là on allait juste passer une bonne soirée ensemble et c'était exactement ce que je voulais.

_________________

CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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Emmy Yeats
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MessageSujet: Re: Birds go flying at the speed of sound (Emmy) fini   Mar 25 Aoû - 1:13

♪ ♫ ♪

« What's been happening in your world?
What have you been up to?
I heard that you fell in love
Or near enough
I gotta tell you the truth…

I wanna grab both your shoulders and shake baby
Snap out of it (Snap out of it)
I get the feeling I left it too late, but baby
Snap out of it (Snap out of it). »


La chanson résonnait dans le jardin, et je battais avec mon pieds, murmurant les paroles silencieusement. Je fixais Chuck qui riait, les yeux complètement explosés.

I wanna grab both your shoulders and shake, baby
Snap out of it ! Snap out of it !

Pendant un instant, je me mis à imaginer que je marchais vers lui, que j’attrapais ses épaules et le secouais avec force en lui hurlant dessus. Arrête, hurlai-je dans ma tête, arrête, secoue toi, arrête !

Under a spell you’re hypnotized
Darling how could you be so blind ?

Comment faisait-il pour croire que c’était la solution ? Pourquoi continuait-il de fermer les yeux et de s’enfoncer ? Je voulais bien croire que c’était une facilité tentante, mais c’était insupportable de le voir s’auto-détruire, et je n’avais qu’une envie, c’était de le secouer, de le supplier, de lui dire d’arrêter. La musique résonnait, les paroles s’infiltrant partout en moi. Secoue-toi, murmurai-je dans ma tête, d’une voix presque désespérée. Mais il ne m’entendait pas, ne me voyait pas, je le savais. Il était inaccessible depuis la mort de Coop.

Mon pressentiment ne m’avait pas trompé. Après l’enterrement, j’avais su que les choses ne seraient jamais vraiment plus pareil. Que pouvais-je bien y faire ? J’étais si inquiète pour Chuck, si triste… Mais j’étais loin, à présent. J’étais loin de sa douleur, car je ne pouvais pas la comprendre pleinement, je ne pouvais pas l’aider, je ne pouvais rien faire. J’assistais, impuissante, à la chute de Chuck. Je voulais croire que je m’étais faite à l’idée, après qu’il ait repoussé plusieurs fois mon aide et que je le vois s’éloigner, mais je ne pouvais pas m’empêcher de sentir toute ma poitrine se contracter dès que j’y pensais. Parfois, au milieu de la nuit, mon téléphone sonnait et lorsque je décrochais, c’était pour entendre la voix de Chuck, complètement ivre et défoncé. A chaque fois, mon coeur s’emballait et se serrait en même temps. Ce qu’il racontait n’avait jamais vraiment de sens, mais stupidement, j’écoutais. Parce qu’il me manquait. Lui parler me manquait. Et lorsqu’il m’appelait, j’avais l’impression qu’il pensait à moi, même s’il était soûl et bourré de cachets… J’avais l’impression que je pourrais peut-être revenir dans sa vie, malgré tout.

Il faut dire qu’il avait mis des barrières autour de lui, des murs qui semblaient infranchissables. Il s’était éloigné de notre groupe d’amis - devenant ainsi un sujet sensible que personne ne savait vraiment comment aborder - et j’avais beau essayé de l’appeler, de passer le voir, je voyais bien que j’étais insistante. Petit à petit, j’avais fini par lâcher prise. Au fond, je me sentais un peu honteuse, parce que je savais bien qu’il allait mal et qu’il avait besoin plus que jamais de ses amis, mais je n’arrivais plus à m’imposer face à son refus constant. Il ne voulait qu’une chose, faire la fête, boire et se droguer, et en compagnie de sa nouvelle bande de potes tous aussi camés que lui. Je ne pouvais pas le suivre jusqu’où il était, je ne pouvais pas m’enfiler une ligne de cocaïne et prétendre que tout allait bien, que tout tenait debout et que les choses ne cassaient pas la gueule. Les choses se cassaient la gueule. Chuck se cassait la gueule. Je me cassais la gueule. C’était un véritable fiasco.

Je savais à quel point il était niais de dire qu’on ne rendait compte de la valeur des choses après les avoir perdues, mais j’avais l’impression que cela représentait parfaitement mon état actuel. Les derniers mois en compagnie de Chuck, mais aussi de toute la bande d’amis que nous avions formés avec Gwen, Jack, Gemma, et tout les autres, ces mois là avaient géniaux. Je ne m’étais jamais sentie aussi épanouie, même mon travail me semblait soudain mille fois plus passionnant, je débordais d’énergie et de projets. Je sortais souvent, j’organisais des dîners, des soirées, des week-ends ; mais surtout, je n’avais jamais autant ris de ma vie. Je passais des après-midis entiers pliée en deux, pleurant tellement je riais, enchaînant blague sur blague avec Chuck. Maintenant, j’avais l’impression que je n’avais pas pris un fou rire depuis des mois. Mon boulot me fatiguait, je ne me sentais absolument pas motivée et j’y allais toujours en traînant des pieds. J’assistais aux disputes de couple de Gwen et Jack qui semblaient beaucoup moins amusantes maintenant que Chuck n’était plus là pour les imiter avec moi. Chez moi, j’étais devenue moins bavarde, un peu plus fermée, et toute ma famille, comprenant sûrement la situation, me laissait mon espace tout en me couvant de leur regard inquiet. Je sortais beaucoup moins, j’avais moins envie de faire la fête. Ironiquement, j’allais souvent aux gros événements où je savais que j’avais une chance de croiser Chuck, parce que j’espérais naïvement pouvoir lui parler.

C’était peine perdue, je le savais bien. Ce soir n’était qu’une autre preuve. Gemma m’avait traîné car elle avait été invité par une fille qui lui plaisait, et elle n’avait pas envie d’y aller seule. J’avais accepté, et réussi à motiver Andreas, un ami de mon frère avec qui je m’entendais très bien. Nous avions travaillé récemment sur un dossier au Ministère, et je l’avais recroisé à un concert d’éléctro où je lui avais présenté Gemma. Il semblait être un fêtard, et je m’entendais bien avec lui depuis que j’avais dix ans, ce qui en faisait plus un ami d’enfance finalement. A priori, à part lui et Gemma, je n’allais connaître personne car c’était un groupe de personnes complètement différentes… Et pourtant, ah, la bonne blague !, qui n’avais-je pas vu arriver ! Déjà ivre, pour changer… Mon coeur s’était roulé en boule dans ma poitrine, et Gemma, qui l’avait remarqué aussi, me lança un regard inquiet. J’avais haussé les épaules, mais j’avais suivi Chuck des yeux malgré moi, et je l’avais vu entrer dans la maison et en ressortir, les yeux grands ouverts, et les mouvements fébriles. Je n’étais pas stupide, j’avais deviné ce qu’il venait de faire. Je savais que c’était une de ses nouvelles habitudes. J’avais toujours su que Chuck avait un penchant pour ce genre de choses, pas vrai ? Et puis, qu’est-ce que j’en avais à faire ! C’était son choix, il était majeur, s’il voulait se défoncer tous les soirs, qui étais-je pour l’arrêter ! S’il voulait se choper toutes les meufs qui tombaient dans ses bras, c’était son choix ! S’il voulait boire jusqu’à vomir, très bien ! S’il voulait complètement se couper émotionnellement et ne jamais faire son deuil, libre à lui ! S’il voulait ne plus me fréquenter parce que je m’inquiétais trop pour lui, d’accord !

Haha, pensai-je en riant amèrement, si seulement je n’en avais rien à faire !

Il était face à moi, à quelques mètres sur la piste de danse où il faisait n’importe quoi comme à son habitude, et nos regards se croisèrent. Je levai timidement ma main et lui fis un signe en souriant. Je le vis me regarder, me regarder droit dans les yeux, et ne pas me reconnaître. Ne pas me voir. Je le vis cligner des yeux et tourner la tête pour attraper une nouvelle petite pilule que lui tendait son pote.

C’était ainsi que l’on faisait alors. Très bien.

Je me tournai vers le buffet attrapai une pinte de bière que j’avalai cul sec. Je n’avais pas été ivre depuis un moment, et puisqu’il semblait que c’était ainsi qu’il fallait faire, moi aussi je pouvais me prendre au jeu. J’enchaînai quatre tequila pafs, et j’attrapai Gemma et la traînai sur la piste de danse. L’alcool me monta rapidement au cerveau, et je me mis à boire plus que de raison, tout en dansant en hurlant les paroles des chansons. Je me jetai ensuite dans la piscine, fis une bataille d’eau avec trois garçons qui essayaient à répétitions de me prouver la force en me portant et en me jetant dans l’eau. Je riais tellement que je buvais la tasse, et en sortant, j’avais décidé de défier l’un des trois garçons à un concours de shooters. Le premier qui abandonnait perdait. Neuf shooters plus tard, je déclarai forfait, complètement ivre morte… La tête me tournait tellement, je voyais floue, et mon coeur volait dans ma poitrine. J’avais fini par arrêter de chercher constamment Chuck des yeux, je ne savais même pas s’il était encore là, je me sentais libre, légère… J’étais repartie danser avec Gemma et Andreas, qui étaient eux aussi complètement soûls, et nous dansions comme des dératés avec des gestes éclectiques. J’avais chaud, mes joues me semblaient en feu, j’enchaînai les cigarettes et les éclats de rire… J’avais l’impression que les choses s’envolaient petit à petit, que j’étais désarticulée puis reformée à nouveau, que j’étais différente… Tout était flou, coloré, lumineux, pétillant. Tout était beau.

Je sursautai, manquant de lâcher ma cigarette, et me retournai vivement. Quelqu’un venait de me tirer les cheveux alors que je discutais avec une Polonaise qui faisait du mannequinât à Paris, tout en fumant tranquillement.


- C'est grave stylé…

Mes yeux papillonnèrent, surpris de voir d’aussi près Chuck, et de le voir me parler. Stylé ? Qu’est-ce qu’il racontait ?... Ah ! Je manquai de perdre l’équilibre. Chuck venait de me tirer vers lui en m’attrapant par le short, tout en se relevant en manquant de se casser la gueule, ce qui me fit rire.

- EH MAIS MEUF C'EST TOI ! C'EST OUF ÇA FAIT TROP LONGTEMPS HAHAHAHAHAHA VIENS ON VA DANSER ? OUHLA PARDON ATTENDS... VAS Y VIENS !

Qu’est-ce que…

Je n’eus pas le temps de réagir. Tout tournait trop vite, et Chuck m’avait tiré jusqu’à la piste, manquant de nous faire tomber trois ou quatre fois en chemin. Je riais aux éclats, mais j’étais un peu perdue en même temps… Qu’est-ce qui se passait, qu’est-ce que Chuck fichait là ? Oh, c’était peut-être revenu comme avant ! Il m’avait attrapé par les hanches, et je tenais à moitié son bras pour m’appuyer contre lui, sentant sa peau rugueuse contre la mienne, et malgré mon ivresse, je devinais presque son parfum derrière l’odeur de tabac qui le collait. La chanson qui était en train de passer était une de mes favorites, et j’hurlai avec enthousiasme “BLOW A KIIIISSS FIRE A GUUUUUN” en faisant une danse stupide d’indienne en riant, tombant à moitié sur Chuck qui se tenait tout près de moi, étrangement près même… Il était là, et c’était si étrange, sa présence physique était inattendue mais tellement réconfortante, je me sentais rire… J’avais tellement bu, mais ça m’était égal, dès j’ouvrais mes yeux et les concentrais, je voyais le visage de Chuck, et je riais encore plus, d’euphorie et de bonheur. Je voulais danser toute la nuit, je voulais rire avec lui, je ne voulais pas qu’il parte…

La musique avait changé, et avec l’ambiance qui me semblait devenir un peu plus lourde, un peu plus électrique. Les notes aigus du synthé se callait sur les battements de mon coeur, et je fermai les yeux, sentant mon corps se tendre tandis que la morceau montait crescendo avant de partir, et moi avec lui. Je bougeai, mes jambes marquant le tempo, ondulant en rythme avec le reste de mon corps. Je sentais Chuck tout près de moi, et j’ouvris les yeux lorsque je sentis que sa main s’était glissé dans mon dos. Son visage éclairé par les néons était tout proche du mien, et j’eus un grand sourire, sentant que je me rapprochai malgré moi. Mes bras s’enroulèrent autour de son cou, et je dansai tout contre lui, la tête presque posé sur son épaule. Je ne savais pas si je dansais ou si je le serrais dans mes bras, parce que j’avais tellement envie qu’il soit là, que tout soit comme avant, mais je ne voulais pas lâcher mon emprise, de peur qu’il s’échappe encore, loin de moi. Je ne voulais pas qu’il parte. Il me manquait trop.

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« Where are you taking me ?
I can't be blamed
I want you to want me again »



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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Birds go flying at the speed of sound (Emmy) fini   Mar 25 Aoû - 23:42





https://www.youtube.com/watch?v=dEKVnUw5aMg
My heart is breaking down
And the lights went out
Would you come around
Would you take me out




Ils avaient mis le paquet, et un sacré paquet même : on dansait et la lumière faisait des flashs puissants et discontinus, de toutes les couleurs, comme dans les meilleures boîtes où j'avais pu aller. Ca décomposait les gestes, le temps, les visages, et ça pulsait un peu partout, dans mes veines et jusque dans mon coeur, comme le rythme de la musique. C'était dans ces moments précis, quand j'étais complètement défoncé et libéré de tout ce qui me plombait la tête et que je voyais ces flashs que je sentais combien j'aimais la vie alors que je la haïssais le reste du temps, maintenant - et tout le reste alors je m'en foutais complètement, parce que je voulais sentir ça, je voulais sentir ça encore et encore et tant pis pour les grammes en trop et la gueule de bois du lendemain, et parce qu'autrement j'avais l'impression que c'était impossible de se sentir vivant comme ça. Comment je pouvais bien faire ? Comment je pouvais bien faire alors que mon petit frère qui s'est battu toue sa vie pour ne pas crever n'avait même pas été épargné ? Ce n'était même plus de l'injustice, j'avais laissé tomber. J'avais tout laissé tomber. Je voulais juste m'éclater la tête, sentir tout ça, et oublier le reste. C'était le meilleur remède que j'avais trouvé, et comme tout le monde répétait que chacun faisait son deuil à sa façon, il pouvait prendre le mien comme il venait et me foutre la paix.

En tout cas le visage d'Emmy éclairé des flashs me paraissait aussi resplendissant que l'euphorie que je ressentais de nouveau et ça me suffisait carrément ; on sautait et on dansait dans tous les sens au milieu de la foule qui profitait à fond comme nous. Elle n'arrêtait pas de me faire rire avec sa danse de l'indienne qui m'avait toujours fait marrer et je la suivais dans nos délires comme si on s'était juste quittés la veille - parfait. J'avais trop les idées floues pour remonter le fil de l'histoire mais je la voyais moins maintenant, puisque j'évitais tout le monde, et j'avais l'impression qu'elle aussi voulait trop s'inquiéter pour moi et moi je ne voulais pas, je n'en voulais pas de tout ça. Alors faire la fête avec elle, c'était juste ce que je demandais. Je savais que parfois pendant des grosses soirées ça m'arrivait de l'appeler pour lui demander où elle était parce qu'il y avait trop du bon son (je m'en rendais compte le lendemain) mais rien de plus, et de toute façon elle n'insistait pas non plus donc je lui en étais reconnaissant. Mais ce soir, avec la transe dans laquelle j'étais et cette fête de malade, c'était parfait pour se retrouver et passer le meilleur des moments ensemble. Je ne savais pas trop qui de nous deux était le plus mort vu comment on tanguait de partout mais en tout cas on se servait l'un de l'autre pour ne pas tomber. Je faillis lui proposer une petite pilule gratos parce qu'on ne fait pas payer les potes mais l'instinct me retint de le faire, quand même ; après ça de toute façon on était repartis à danser comme des furies sous les flashs éblouissants. Wow ! Mais c'est vrai qu'elle était à moitié à poil, dans sa tenue de pool party, je l'avais presque oublié tiens !

Ca se passait souvent comme ça avec les meufs que je chopais, maintenant : on dansait, on s'éclatait, on buvait et on prenait des choses diverses et surtout on s'amusait, et tout d'un coup on se rapprochait et je me rendais compte que la fille était sacrément mignonne et j'avais envie de l'embrasser, et je le faisais. Ce qui était un putain d'avantage parce que personne ne se posait des questions, on en avait envie, on était portés par l'euphorie du moment et on le faisait, et personne le lendemain se posait la question de savoir si c'était un coup d'un soir ou si il fallait rappeler l'autre et tout le bordel. C'était fait et c'était cool, point barre, et si ça devait se refaire ça se refaisait, rien de bien compliqué.

Pourquoi se poser des questions, de toute façon ? J'avais arrêté de m'en poser - et d'ailleurs les autres avaient pris la relève, malheureusement. Chuck ça va, Chuck tu fais quoi ce soir, Chuck qu'est-ce que tu fais en ce moment, Chuck comment tu te sens, Chuck quand est-ce que tu veux passer à la maison, Chuck ton boulot ça va, Chuck tu es sûr que tu ne veux pas que je passe te voir, Chuck tu veux boire un café, Chuck tu es sûr que tu devrais sortir autant alors que tu travailles, Chuck tu te reposes assez... Et j'en passe et des meilleures, mais putain jamais de ma vie je n'avais ressenti avec autant de violence en plein dans ma gueule le fait que j'étais un adulte et que j'étais seul avec ma vie d'adulte, comme tout le monde, et pourtant jamais je n'avais eu autant l'impression de devenir l'enfant de tout le monde qui avait besoin de toutes les attentions à chaque instant. Qu'ils me foutent la paix, bordel ! Je n'avais pas envie de répondre et puis de toute façon, pour dire quoi ? Je ne savais même pas comment ça allait, comment savoir, je savais plus rien, pas même pourquoi tout ça était arrivé ? J'avais la tête assez lourde pour qu'on me la farcisse encore plus, merci bien.

Bref. Emmy qui dansait, la drogue qui me déliait les noeuds dans le cerveau, la musique, la lumière... J'avais un vieux goût de fer dans la bouche mais tant pis, je ne voulais pas m'arrêter, surtout pas maintenant. La fête continuait encore mieux qu'elle avait commencé ! Et à chaque seconde où le flash s'éteignait j'avais l'impression que c'était une illusion et que tout allait s'arrêter, mais non, on était bien là, tous les deux, Emmy de plus en plus contre moi... Et même carrément contre moi, agrippée à mon cou, alors que j'étais justement en train de me dire que son corps pas très habillé qui dansait comme ça juste sous mon nez, avec ses longes cheveux qui s'agitaient, tout ça tout ça, sans parler de son short qui mettait en valeur ce qu'il y avait dedans... Ne pas se poser de questions, surtout dans des moments pareils !

C'était presque comme une pause dans tout ce bruit et cette lumière, Emmy contre moi me donnait un peu chaud, mais pas comme on pouvait se l'imaginer, c'était tiède et l'espace d'un instant ça avait un peu calmé toutes les palpitations en moi, c'était calme...

... Et la seconde d'après tout était reparti et ma main était descendue de ses reins vers ses fesses et comme elle s'était un peu redressée, écartée de moi (la musique, le rythme, pour me voir ? Aucune idée), son visage était juste en face de moi et je l'embrassai en sentant que l'euphorie qui coulait dans mes veines et planait tout autour de moi se propageait jusqu'à elle aussi.

_________________

CHUCK CARLTON
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Emmy Yeats
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MessageSujet: Re: Birds go flying at the speed of sound (Emmy) fini   Mer 26 Aoû - 20:19

♪ ♫ ♪

« I went down to a place in Brooklyn
Where you tripped on LSD
And I found myself reminded
To keep you far away from me

And there's a storm you're starting now
And there's a storm you're starting now
And there's a storm you're starting

I'm a wanderess
I'm a one night stand
Don't belong to no city
Don't belong to no man
I'm the violence in the pouring rain
I'm a hurricane
Ha ah ah ha ah ah ah
I'm a hurricane
Ha ah ah ha ah ah ah
I'm a hurricane

He says, "Oh, baby, beggin' you to save me.
Well lately, I like 'em crazy.
Oh, maybe, you could devastate me.
Little lady, come and fade me."»


Rien n’avait changé, n’est-ce pas ?

L’ambiance était devenue étrange tout à coup, et je n’arrivais pas à en saisir la consistance. Il y avait quelque chose lourd, d’opaque, et chaque montée du morceau de musique tassait un peu plus mon coeur dans ma poitrine, comme si on m’écrasait doucement entre deux murs qui se refermaient petit à petit sur moi. Mais à l’inverse, quelque chose avait changé depuis le début de la soirée, j’avais l’impression qu’un poids s’était envolé. C’était comme si tout à coup j’étais là où je voulais être, depuis que j’étais arrivée à cette Pool Party, ou peut-être depuis plus longtemps… Il y avait quelque chose de presque paisible, la musique me paraissait moins agressive, et j’avais beau être ivre et un peu perdue, je me sentais raccrochée délicatement au présent par la main de Chuck dans mon dos. J’avais l’impression que mon corps anesthésié par l’ivresse ne sentait plus vraiment les choses, mais qu’il se focalisait sur quelques détails. La main dans mon dos, la chaleur de la nuque de Chuck contre ma peau, ma cuisse nue contre son jean… J’étais déconnectée et à la fois, plus que jamais présente, tout contre Chuck. Je n’avais jamais dansé comme ça avec lui, nos jambes s’étaient à moitié emmêlé, et nos poitrines étaient l’une contre l’autre, son tee-shirt frottant contre ma peau… Je réalisai dans un éclat de lucidité que je n’avais finalement jamais dansé comme ça avec un garçon, mais je ne me sentais pas gênée, étrangement, car la présence de Chuck me rassurait, et notre étreinte me faisait sourire. Je voulais me laisser porter, sentir toute l’euphorie m’envahir… Je ne voulais pas croire que depuis plus d’un mois, nous étions si éloignés l’un de l’autre. C’était comme avant, non ? J’ignorai le battement fébrile de mon coeur qui voulait me dire le contraire. Pourtant, s’il s’agitait ainsi, c’est qu’il s’accrochait à ce moment désespérément.

Il rata un battement, justement, avant de s’emballer. Je m’étais légèrement écartée, sans comprendre, repoussant ce qu’il était en train de se passer. La main de Chuck dans mon dos avait glissé plus bas, et tout à coup cette étreinte qui me semblait si rassurante me sembla se transformer en cauchemar. Je m’étais écartée d’un coup, cherchant son regard, cherchant à comprendre ce qu’il venait de faire. Je ne voulais pas y croire… Un flash éclaira son visage, et dans ses yeux, je ne reconnus aucune expression que je connaissais à Chuck. Les pupilles étaient dilatées, il était complètement défoncé, ivre, drogué, complètement à côté de la plaque… Complètement différent.

Tout à coup, ce fût comme si on m’avait jeté un pavé à la figure ; je m’écartai brusquement, hébétée, lâchant une exclamation de surprise. Dans ma précipitation, je poussai Chuck loin de moi, dans un geste agressif. Le rouge m’était monté aux joues, et mon coeur s’était emballé, faisant trembler tout mes membres. Je n’arrivais pas à y croire… Non, ce… c’était dans ma tête, ce n’était pas possible ! Tout s’était passé tellement vite, les lèvres de Chuck contre les miennes, légèrement entrouvertes si bien que j’avais senti la chaleur de l’intérieur de ses lèvres, la manière dont elles palpitaient… La manière dont elles voulaient attraper les miennes avec force… J’avais du mal à respirer, la tête me tournait, mais ce n’était plus agréable comme avant. Je fixais Chuck, mais il ne me voyait pas, il semblait complètement out… Je le regardais tellement intensément, cherchant une réponse, cherchant qu’il se réveille, qu’il comprenne. Mon menton s’était mis à trembler, et je me maudissais, je détestais ce que j’avais ressenti en dansant contre lui, je détestais avoir cru que nous étions comme avant, amis, à rire stupidement et à danser en faisant n’importe quoi. Je me détestais de mettre sentie bien, en sécurité, d’avoir été assez conne pour croire que Chuck était encore Chuck, ce Chuck que je connaissais et que j’appréciais tant.


- Qu’est-ce qui te prend, demandai-je d’une voix qui commençait petit à petit à se briser. Les larmes s’étaient accumulées dans ma gorge, et le goût salé me remontait jusqu’au palais, m’indiquant que j’allais exploser d’un instant à l’autre.

Mais au même moment, je sentis une main attraper ma hanche, et m’attirer contre… Andreas ! Je me tournai vers lui, perdue. Il avait visiblement assisté à la scène, et je compris alors le sens de son geste protecteur. Il pensait que Chuck avait été déplacé avec moi, que je n’étais pas bien, et il venait se faire passer pour mon petit-ami pour me tirer de la situation. Ce n’était pas la première fois qu’il le faisait, à vrai dire l’une de notre première soirée ensemble, un garçon avait été tellement insistant que j’avais fini par avoir peur, mais Andreas m’avait sauvé la mise et il savait que je lui en avais été reconnaissante. Parfois, les mecs respectaient plus le copain potentiel que le droit à dire non d’une fille, visiblement. Andreas jaugea Chuck d’un regard un peu noir, et se tourna vers moi.


- Tout va bien chérie ?

Je ne répondis pas, car j’avais reporté mon attention sur Chuck. Je n’arrivais pas à arrêter de le regarder, peut-être car j’espérais y trouver une réponse. Pourquoi… Pourquoi avait-il fait ça… Pourquoi m’avait-il pris pour une fille comme une autre, comme celles qu’il chopait en soirée, comme ça, pour s’amuser…. Alors, je n’étais que comme ça, moi aussi ? Je n’étais que pour m’amuser ? Qu’est-ce qu’il pensait, que nous allions nous embrasser, coucher ensemble, et plus jamais nous voir ? Ou peut-être pensait-il qu’en plus de Lilian, il pourrait se trouver une deuxième amie avec qui s’envoyer à l’air quand ça lui chantait ? Mais je n’étais plus son amie, je l’avais bien compris. Il ne me connaissait même plus, n’est-ce pas ? Le Chuck avec qui j’avais traîné non stop pendant des mois me connaissait, il savait que je n’aimais pas les coups d’un soir, que je n’avais jamais même couché, et que si j’allais le faire ça ne serait certain pas avec mon meilleur ami - haha, qu’est-ce que j’étais conne de l’appeler encore ainsi, par réflexe stupide - complètement camé et paumé, qui aurait tout oublié le lendemain. Chuck savait que je n’étais pas comme ça, et pourtant, il semblait qu’il avait oublié. Qu’il avait oublié qui j’étais. Qu’il avait oublié qui nous étions, ensemble.

Je sentis que quelques larmes avaient roulé sur ma joue, et je me sentis tellement ridicule que je me tournai, quittant la piste de danse, le coeur coincé dans ma gorge. J’avais envie de vomir, de disparaître dans la piscine… J’entendis la voix de Gemma, celle d’Andreas, ils étaient derrière moi, m’appelant, et je trouvai finalement la force de me tourner vers eux.


- Lai… Laissez-moi… Tran… Tran… Tranquille, hoquetai-je. Je m’étais mise à pleurer malgré moi, et j’essayai sans succès de prendre sur moi. Je… Je vais rentrer ch… chez moi…

Ils ne l’entendirent pas tout à fait de la même manière, et je me laissai finalement faire, rentrant dans le taxi qu’ils avaient appelé. Je m’assis contre la fenêtre, appuyant ma tête contre la vitre, sentant que mes épaules étaient secoués par mes pleurs. Je ne répondis pas aux questions de Gemma et Andreas, qui me laissèrent tranquilles et s’assurèrent simplement que je rentrais bien chez moi. Je montai les escaliers jusqu’à ma chambre avant de me jeter dans mon lit. Là, tout remonta à la surface et explosa… Je me mis à hurler, la tête dans l’oreiller, sanglotant tellement fort que j’en avais mal au ventre. Je me sentais si ridicule de prendre cette histoire autant à coeur, mais j’avais l’impression qu’on venait de percer un énorme trou dans ma poitrine… Ce simple baiser m’avait fait réalisé que Chuck était à présent trop loin, et que… Je n’étais plus son amie… Pour lui, je n’étais qu’une autre fille, une fille à choper en soirée, et je n’arrivais pas à comprendre pourquoi cette idée me retournait tellement l’estomac et me faisait pleurer si fort mais je n’arrivais pas à m’arrêter.

Mais maintenant, j’en étais persuadée. Tout avait changé.

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Birds go flying at the speed of sound (Emmy) fini   Mer 9 Sep - 18:12

Trop de flashs et de musique pour que j'entende ou comprenne quoi que ce soit, mais en tout cas la seconde d'après Emmy s'était dégagée de moi et me regardait en me disant un truc que je ne captais pas évidemment - quoi ?! Qu'est-ce qui se passait ? Oups, merde, j'étais carrément trop défoncé de toute façon, alors la pièce pouvait bien s'effondrer autour de nous ou les gens pouvaient bien se noyer dans la piscine que je n'allais rien imprimer. Je fis un geste en avant pour essayer de signaler vaguement que de toute façon je n'avais rien suivi mais Emmy m'avait repoussé en arrière et que j'avais manqué de trébucher encore plus que tout à l'heure - eh ben, quoi ??!!

Il n'y avait rien derrière pour moi, même si je m'étais tourné un peu rapidement parce que de toute façon tout était flou autour de moi. Pourquoi elle me fixait comme ça ?? On s'en foutait des autres non, on était plutôt bien partis, elle n'allait pas me faire le coup de la fille qui change d'avis au dernier moment quand même...

- ... qui te prend, me lança-t-elle entre deux gros boum boum de la musique.

- HEIN ? hurlai-je parce que je n'avais rien compris et que la musique était de toute façon aussi forte que les vapeurs de drogue dans ma tête.

Et puis là, un autre mec surgit - qui c'était lui encore ? Le temps que je cogite de la façon dont il avait mis un bras autour de la taille d'Emmy, il avait dit :

- Tout va bien chérie ?

... Aaaaah ! Non mais la petite coquiiiine ! Je comprenais mieux, elle avait voulu s'amuser mais elle avait aperçu le type, et comme elle sortait avec lui, il fallait sauver les apparences. Pas folle la guêpe ! Je lui souris en cherchant son regard mais les flashs de lumière m'éblouissaient. Eh ben, elle qui n'avait pas encore eu trop d'histoires, c'était cool pour elle qu'elle ait un mec ! Je lui fis une tape sur l'épaule à lui, en essayant de ne pas me casser la gueule :

- Oh pardon mec, j'avais pas capté ! Je vous laisse les amoureux, dis-je en partant un peu plus loin - pas la peine d'insister de toute façon, et puis si je restais trop il allait falloir discuter, et clairement ce n'était pas du tout au programme pour moi en ce moment.

Un mec me fit signe parce qu'ils se lançaient dans des concours de shots dans un coin de la pièce et que je ne disais jamais non pour ce genre de choses ; je m'y rendis en me cognant un peu contre les gens qui dansaient et en me faisant accueillir par un concert de hurlements parce que les gars m'avaient vu arriver, et ça y'est, le jeu était en route. Dommage, Emmy leur aurait sans doute mis plein la vue parce qu'elle ne déconnait pas en matière de shots, et si je jetais un regard vague en arrière je vis qu'elle avait déjà disparu, bah, tant pis. On se recroiserait bien dans une autre fête de toute façon, et au pire personne ne se souviendrait trop bien de ce qui venait de se passer, moi le premier, alors bon !

Pour ma part, ces petites conneries avaient eu le malheur de mettre un peu en pause tout ce qui se passait dans ma tête et puisque mes hormones avaient été un peu mises en feu par Emmy et son mini bikini, je sentais une salle descente d'amorcer et j'en avais bien évidemment absolument aucune envie. Du coup, il me fallait de l'excitant, des shots, et peut-être autre chose, mais chaque chose en son temps. Je n'avais aucune idée de l'heure mais rien n'indiquait que la soirée touchait à sa fin et de toute façon je faisais confiance à Tom et les autres pour nous trouver un after bien cool - je n'avais pas dit mon dernier mot. Je comptais bien ne plus me rappeler de mon nom quand le jour serait de retour, comme globalement tous les soirs où je faisais la fête, et d'ailleurs j'avais hâte, parce que là je sentais quelques questions pointer le bout de leur nez et je voulais absolument tout faire plutôt que de penser parce que ça n'amenait jamais rien de bon en ce moment ; un shot plus tard et j'avais la gorge en feu... deux shots plus tard ça descendait jusque dans les entrailles... trois, quatre, cinq... Et tout tournait encore une fois et je ne sentais plus rien, pas même le bout de mes doigts, et je riais comme un bossu parce que l'un des mecs était en train de faire une danse bizarre, et plus rien d'autre ne comptait que tout ce qui n'avait pas de sens et qui se déroulait dans l'instant présent.


FIN

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CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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Birds go flying at the speed of sound (Emmy) fini
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