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Terrain Glissant (H.L)

 

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 Terrain Glissant (H.L)

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Daniel O'Brien
Assistant de Défense contre les Forces du Mal



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MessageSujet: Terrain Glissant (H.L)   Dim 26 Avr - 15:27

Je retrouvais avec bonheur le frisson de la fierté qui se diffusait dans mes veines, accrochant à mes lèvres à un petit rictus qui avait du mal à être dissimuler. Ça aurait été mentir que de dire que mon travail à Poudlard ne me stimulait pas, mais cette fois-ci, c’était un peu différent. C’était plus grand, plus impressionnant, je me sentais beaucoup plus challenger et enfin en mesure de montrer mes talents. L’organisation de la fête foraine. Quand on me l’avait annoncé, j’avais été septique : une fête foraine n’avait rien de sérieux, bien au contraire. J’avais déjà entendu des échos sur celle de Poudlard, on m’en avait vanté les superbes attractions, les pommes d’amour et la patinoire, et s’il fallait que j’aide à installer des stands de ventes, je soupirais déjà. Je m’imaginais quelque chose d’un peu similaire au bal de Noël, et ce qui n’avait pas été particulièrement intéressant d’un point de vue du travail – pour ce qu’il en était de la soirée en elle-même, elle s’était révélé beaucoup plus appréciable que je ne l’aurais cru. Quoi qu’il  en soit, il s’était avéré qu’organiser un tel événement demandait beaucoup plus d’organisation, c’était un travail colossal où il fallait faire de nombreuses démarches pour trouver des revendeurs, des travailleurs, mais aussi obtenir des accords pour organiser un tel événement à Pré-au-Lard. Mon propre bureau disparaissait sous les dossiers administratifs à remplir dont les autorisations et les formulaires s’empilaient. Mieux encore, il y fallait aller démarcher sur place, mais aussi au Ministère, rencontrer des gens et négocier, faire valider ses demandes. Pour beaucoup, c’était synonyme d’un véritable calvaire, pour moi, c’était le bonheur.

Je n’avais pas eu l’occasion de faire un tel travail depuis mon stage à Dublin, et même si j’adorais être assistant au château, d’enfin découvrir ce monde dont j’avais rêvé toute mon adolescence, je n’avais pas l’impression d’avoir autant de responsabilité que je l’aurais voulu. Mais j’étais tempéré dans mes critiques, je savais qu’être ici était un véritable tremplin et tant que j’en tirais le meilleur, je ne regrettais absolument pas ma décision d’être ici. Et puis j’étais beaucoup mieux payé que durant mes autres stages, à vrai dire, je n’avais jamais eu autant d’argent et même si j’en envoyais pas mal à mes parents pour dépanner, j’avais une jolie somme qui me permettait d’économiser mais aussi de m’acheter certaines choses dont j’avais un peu toujours rêvé – des costumes, des capes et des livres qui n’étaient enfin plus d’occasion mais véritablement mien, j’en étais l’unique propriétaire, ce qui me conférait une joie que seul les gens qui avaient vécu avec des choses de seconde main toute leur vie pouvaient comprendre. C’était étrange, car vivre comme je l’avais fait m’avait appris à ne pas être matérialiste, puisqu’il fallait apprendre à se débrouiller avec pas grand-chose, mais à côté de ça, ce pas grand-chose était précieux, il fallait en prendre soin, et cela entourait les possessions matérielles d’une certaine aura sacrée. Aujourd’hui, mes cahiers en cuir et mes gants en peau de dragon – mon cadeau de Noël à moi-même – étaient un peu comme des extensions de moi sur lesquelles je veillais avec attention.

Je me sentais d’ailleurs beaucoup plus assuré en allant au Ministère avec une cape digne de ce nom. J’y avais été plusieurs fois au cours des dernières semaines pour faire valider des autorisations, toujours accompagné d’Heather puisque ne sachant pas transplaner, j’étais obligé de profiter du déplacement de quelqu’un d’autres. Comme toujours, ça m’avait gêné de devoir admettre que je ne savais pas utiliser ce mode de déplacement, ce qui avait bien sûr surpris Heather – sa bouche à la jolie forme de cœur avait dessiné un O de surprise – avant qu’elle se reprenne, ne voulant sûrement pas me vexer, se rappelant que je n’avais pas été à Poudlard et qu’il était normal que je n’ai pas pu passer mon permis. Je détestais ne pas savoir transplaner et dépendre de quelqu’un d’autre, et il y a quelques mois, j’aurais probablement détesté encore plus devoir dépendre d’Heather, mais les choses étaient beaucoup moins tranchées aujourd’hui. Je n’avais pas oublié – bien sûr ! – ce qui c’était passé, la manière dont elle m’avait repoussé puis s’était bien amusé à cette soirée où nous nous étions rapproché ; et même si c’était rancunier, la configuration actuelle était un peu différente.

Je passai en fait beaucoup plus de temps que prévu avec elle, non seulement parce qu’à présent nous organisions la fête foraine tous les deux, mais aussi parce que depuis le bal de Noël, quelque chose s’était… Désamorcé. Ça avait été progressif bien sûr, mais cette soirée avait été particulière – l’euphorie de l’événement et de nos verres bus en cachette probablement – et depuis, j’avais choisi d’être un peu moins cassant à son sujet. Une part de moi se méfiait toujours, car je retrouvais toujours dans son comportement les attitudes de cette Heather petite princesse que j’avais connu, celle qui minaudait pour arriver à ses fins et qui était habituée à ce que l’on lui déroule le tapis rouge. J’avais beau en être irrité, je devais reconnaître que j’avais moi-même été sensible à ses charmes des années auparavant, et je comprenais aussi pourquoi la plupart des gens la trouvait magnétique. C’était peut-être ça qui m’irritait le plus, finalement, comprendre d’où cela provenait et reconnaître que oui, Heather avait ce petit quelque chose des gens qui sortent du lot, chose que je rêvais moi-même de posséder.

Quoi qu’il en soit, malgré mes sentiments un peu confus à son égard, j’appréciais passer du temps avec elle, et après que nous ayons autant travaillé sur la fête foraine, il avait semblé évident que nous allions pour en profiter un peu nous aussi. Je n’avais jamais été à celle de Poudlard, et pour être honnête, j’avais dû mettre les pieds à peine deux fois dans ma vie dans ce genre d’endroit, et j’étais donc impatient d’y passer un après-midi, après avoir entendu autant d’histoires sur celle-ci. Evidemment, j’avais supervisé l’installation des manèges et des stands la veille, mais je n’avais pas profité de lieu en lui-même, qui allait être inauguré aujourd’hui même. Mais de ce que j’avais vu, nous avions fait du bon boulot et les élèves allaient avoir une fête mémorable, ce qui me mettait de bonne humeur en y pensant tandis que je me préparais pour sortir. Comme il faisait froid et qu’il avait neigé la veille, j’enfilais ma doudoune un peu usée – ce qui me rappela que je devais racheter un manteau – et me dirigeai vers la chambre d’Heather pour toquer. Nous avions convenu de nous retrouver à 14h, et j’étais pile à l’heure. Lorsqu’elle ouvrit sa porte, la Serpentarde achevait de se coiffer, s’excusant de son retard. J’eus un petit sourire malgré moi. La manière dont elle tressait ses cheveux en forme d’épi de blé était une coiffure que j’aimais bien, et je m’étais plusieurs fois fait la réflexion que cela lui allait particulièrement bien.


- S’il n’y a plus de barbapapas quand on arrive, je vais t’en vouloir, plaisantai-je alors qu’elle s’excusait de son retard. En vérité, c’était une blague entre nous : en discutant avec le gérant d’Honeydukes, celui-ci nous avait assuré avoir de quoi faire au moins 11 000 barbapapas grâce à sa poudre magique qu’il avait acheté dans une confiserie allemande ; après la discussion, Heather et moi étions rentrés à Poudlard en se vantant chacun de pouvoir faire plus de pommes d’amour ou de dragués surprises que l’autre.

Sur le chemin jusqu’à la fête, nous croisâmes de nombreux élèves qui étaient surexcités de l’événement. C’était d’ailleurs amusant de voir qu’Heather semblait avoir beaucoup de succès en tant qu’assistante – à la fois, face à Nakamura, ce n’était pas difficile de la trouver beaucoup plus agréable – et elle discuta avec plusieurs élèves qui riaient avec elle. Nous arrivâmes finalement à Pré-au-Lard, face à la fête foraine qui commençait à peine mais était déjà le lieu d’une atmosphère festive. J’observai l’ensemble, souriant fièrement.


- C’est assez… Gratifiant de se dire qu’on a organisé tout ça. Mais ce n’était pas tout d’admirer, maintenant il était temps de profiter. Tu as envie de commencer par quoi ? Demandai-je, tandis que nous marchions en étudiant les différentes attractions. C’est drôle, je n’ai jamais fait de patins à glace… Pensai-je à haute voix, en regardant la patinoire où se dessinait des aigles et des diadèmes à chaque fois que l’on patinait sur la glace bleu saphir. Je me tournai vers Heather, et remarquai qu’elle s’était arrêté, son regard pétillant posé sur moi, accompagné d’un petit sourire entendu et amusé. … Oh, non, je vais avoir l’air ridicule, arrête ! Protestai-je, sachant malheureusement qu’avec son idée en tête, Heather n’allait pas me lâcher.

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Tonight the caustic wind, love,
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Heather Lass
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MessageSujet: Re: Terrain Glissant (H.L)   Jeu 30 Avr - 23:39

La charge de travail avait été soudainement si lourde qu'il semblait à Heather qu'elle avait traversé un océan en apnée, maintenant qu'elle ressortait enfin la tête de l'eau. Les dernières semaines avaient été si denses ! Des aller-retour entre Poudlard et le Ministère, des tonnes de rendez-vous avec les forains, des monceaux d'attestations à signer et des milliers de petits détails à ne pas oublier... La fête foraine était devenue une idée fixe pour la pauvre Heather qui s'endormait en cauchemardant presque les attractions et les stands en tous genres, elle pour qui cette période de l'année était un si bon souvenir d'écolière. La face cachée des choses leur fait toujours perdre un peu de mystère, malheureusement. Maintenant qu'elle avait vu et monté de ses mains l'envers du décor, elle n'était pas fâchée que la fête arrive et se termine, car une fois qu'elle serait en place, le plus gros était fait, mais Daniel et elle était encore responsables des pépins possibles, mais imprévus. Allons bon ! Il n'était pas question qu'il en arrive, de toute façon, car Heather estimait qu'ils avaient fait au mieux et le plus efficacement possible, s'assurant comme il fallait, pour les petits nouveaux qu'ils étaient.

En tout cas, en cette première année de ladite foire, Heather s'apprêtait tranquillement, l'esprit toujours chargé des nuages denses des semaines passées, mais le coeur enjoué et léger tout de même : c'était promis, aujourd'hui, elle voulait profiter ! Elle s'était résolue à chasser ses inquiétudes (et si les stands s'étaient mal agencés ?? Et si certaines choses manquaient ??) en se disant que chaque année, Poudlard lançait la fête foraine, et chaque année les élèves y passaient des moments merveilleux, sans aucune ombre au tableau. Logiquement, tout se passerait bien, parfaitement bien, même !

Une fois n'est pas coutume, lorsqu'elle se regarda devant la glace pour vérifier sa tenue - une robe d'un bleu roi que l'on apercevait assez peu sous l'épaisseur de sa cape d'hiver, car s'il faisait beau, le temps était encore bien frais et le vent présent, des collants épais et des bottines noires - ses pensées glissèrent, par un désagréable enchaînement involontaire de pensées, jusqu'à Phil, avec qui elle avait des souvenirs à la fête et plus généralement à Pré-au-Lard. Où était-il, aujourd'hui ? Ce n'était plus de la peine, de l'incompréhension, qu'elle ressentait, c'était autre chose - plus fou, plus doux. Mais c'était toujours là quand même, car ce départ du jour au lendemain avait emporté avec lui tous ses secrets. Elle avait mis quelques temps à s'en remettre - la jeune fille tombait vite dans une relation de dépendance lorsqu'il s'agissait des garçons qui lui plaisaient - mais heureusement ses amis, sa famille, avaient été là pour l'épauler. Aujourd'hui, Phil était un souvenir ; un souvenir assez pétillant et un peu dangereux, avec un petit arrière goût épicé, mais c'était mieux ainsi, après tout ! Elle savait que, tout charmant qu'il était, il aurait pu l'entraîner plus loin dans ses histoires peu nettes.

Des coups frappés à la porte la tirèrent de ses songes. Mince ! se dit-elle, tressant en hâte la fin de sa chevelure - voilà que, toute pensive qu'elle était, elle n'avait pas fait attention à l'heure.


- Oups, désolée, je me dépêche, désolée...

- S’il n’y a plus de barbapapas quand on arrive, je vais t’en vouloir, répondit gentiment Dan en souriant.

Heather laissa échapper un petit rire - cette blague était devenue la blague du moment, et avait tant été dérivée qu'elle avait fini par "moi je peux te faire un million de dragées surprises de Bernie Crottue (la soeur de Bertie) grâce à ma cire d'oreille magique que j'ai récolté chez les papous" ce qui, comme très souvent dans ce genre de situation, ne faisait rire à gorge déployée qu'eux et eux seuls.

Ils partirent sans plus tarder, et discutèrent en chemin, surtout Heather qui prenait plaisir à nouer avec ses élèves un tout nouveau genre de relation, un peu plus maternel, plus aîné, comme si elle avait été une sorte de grande soeur, peut-être. Pour elle qui avait été si habituée d'être la plus jeune, la plus petite et la plus choyée, voilà qu'elle découvrait ce tout nouveau rôle qui n'était finalement pas si déplaisant. Elle devisa tranquillement avec Dan aussi, qu'elle devinait paradoxalement aussi serein et anxieux qu'elle au sujet de la fête foraine. C'était drôle, avait-elle réalisé la veille - ce travail acharné ne lui avait pas laissé le loisir de réaliser, mais depuis le bal de Noël, quelque chose avait changé. Dan était plus détendu, plus « ouvert » avec elle ; la jeune fille le sentait moins distant, moins méfiant. Et sans aucun doute, le fait de travailler d'arrache-pieds ensemble et de se battre contre l'administration sous toutes ces formes pour cette satanée fête avait resserré les liens sans qu'ils s'en aperçoivent. Depuis quelques jours, Heather en prenait pleinement conscience, et elle en était très heureuse, vraiment : Dan était particulier à ses yeux. Si le pauvre n'avait pas vraiment été témoin de ses plus glorieuses années - même si au fond, elle ne voulait rien regretter - et qu'il lui arrivait encore de se sentir coupable à ce propos, ils étaient néanmoins du même endroit, de cette même petite péninsule sur la côte ouest de l'Irlande, qu'Heather chérissait le plus sincèrement du monde. Dan était partie intégrante du paysage rude mais coloré, à l'odeur d'herbe grasse, de terre humide et de vent salée ; il l'était tout autant du petit village près de leurs maisons, de la ferme, des ballades à cheval, des souvenirs de veillées, de soirées, de la vie là-bas, tout simplement. Et que c'était agréable de l'avoir ici avec elle, comme un petit rappel de chez eux, comme un soutien dans cette nouvelle vie dans laquelle Heather s'était lancée avec une certaine appréhension ! En réalité, elle ne lui avait jamais dit, mais Dan était une vraie sécurité ici, qui la rassurait - elle avait beau être tout feu tout flamme, dotée d'un fort tempérament et d'une personnalité que l'on remarquait, elle restait cette petite fille qu'elle avait toujours été et se retrouvait parfois bien embêtée quand elle ne savait pas quoi faire face à une situation lambda. Sans doute aurait-elle plus paniqué ou perdu son calme, si Dan, avec son esprit rationnel et concis, n'avait pas été là.

Mais pour l'heure, elle était à un silence presque religieux : ils étaient arrivés, et la fête s'étalait sous leurs yeux, vivante, bruyante et colorée, merveilleuse, pleine de liesse, grisante... Et c'était eux, tous les deux, qui l'avaient organisée !


- C’est assez… Gratifiant de se dire qu’on a organisé tout ça.

Heather hocha vigoureusement la tête : elle se sentait particulièrement fière du travail accompli.

- Alors, tu imaginais ça comme ça ??

Comme il n'avait pas été à Poudlard, il leur arrivait souvent de comparer, de discuter de ce que Dan avait imaginé, de la réalité des choses.

- Tu as envie de commencer par quoi ? C’est drôle, je n’ai jamais fait de patins à glace… ajouta-t-il entre ses lèvres, tandis qu'ils longeaient la patinoire. Heather s'arrêta tout net et lui lança un petit regard amusé et provocateur. Oh, non, je vais avoir l’air ridicule, arrête !

C'était trop tard - Heather n'en démordrait pas, et elle lui souriait déjà de toutes ses dents, refusant de faire marche arrière :

- Alleeeeeez ! Tu vas voir, c'est génial !! Et puis, je vais t'aider, en patinant à côté de toi je te tiendrais et tu avanceras tout seul, ne t'inquiète pas ! Fais moi confiance, ajouta-t-elle en souriant toujours, mais au fond, elle espérait vraiment que c'était le cas. Et puis, si tu acceptes, je t'achèterai 11 000 barbes à papa, c'est promis...

C'était un bon deal, il le savait tous les deux ; cinq minutes après, parés de leurs patins bleu nuit brodés de petites étoiles argentées, ils s'élançaient sur la glace magique. Elle était d'un bleu brillant, magnifique, et le moindre coup de patin changeait les dessins, les teintes irisées de l'or vers le bronze. L'effet était particulièrement réussi, ce dont Heather se félicita (ils n'avaient pas fait eux-mêmes les sortilèges, mais veillé à ce que le protocole soit respecté).

- Bon, dit-elle alors qu'elle s'était retournée vers Dan et patinait en arrière, lui prenant les mains. Il lui apparut tout d'un coup qu'étant donné l'immense taille de Dan, elle allait avoir du mal à lui redonner son équilibre s'il venait à en manquer - mais une chose à la fois. Tu vois, tu pousses sur tes pieds, l'un après l'autre, et tu essayes d'avoir le mouvement le plus rectiligne et uniforme possible - il ne faut surtout pas que tu fasses d'à-coups ou que tu essayes de marcher. Il faut vraiment se laisser glisser, comme ça - elle se retourna et l'abandonna un instant pour faire une démonstration avant de revenir vers lui et de se positionner face à lui de nouveau. Vas-y ! Je te tiens, appuie-toi sur moi si tu veux, et surtout regarde loin devant toi, comme au Quidditch !

Prudemment, ils firent quelques mètres, la glace scintillant sous leurs lames, dessinant de jolies arabesques argentées et bleutées. Ils traversèrent même la longueur de la patinoire sans heurts - si Dan n'était pas encore l'as du patin, il tenait bon, car c'était le mouvement d'Heather qui l'entraînait tandis qu'il tâchait de rester debout. Elle lui lâcha alors une main pour lever son pouce vers le ciel en signe de félicitations et d'admiration.

... Ce qui était sans compter que le moindre déséquilibre était absolument dangereux. Dan sembla tanguer un peu en arrière puis en avant et elle essaya de le tirer mais il glissa d'un coup, s'effondrant dans un grands bruit de neige mouillée, emportant bien évidemment Heather avec lui qui se retrouva plaquée contre la glace en un rien de temps - toussant, riant et crachant, elle se releva doucement en essayant de ne pas tomber à nouveau :


- Mais tu y arrivais si bien pourtant !! dit-elle avant d'éclater de rire, car Dan avait relevé la tête et son visage et ses cheveux étaient constellés d'éclats de glace qui lui donnaient l'air d'avoir pris 50 ans en deux secondes.

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Daniel O'Brien
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MessageSujet: Re: Terrain Glissant (H.L)   Dim 7 Juin - 23:09

Pré-au-Lard était un lieu qui me fascinait. Pour la plupart des sorciers, la magie s’était dissipée après quelques années à Poudlard, qui rendaient habituelles les excursions dans le village. Pour moi, c’était différent. J’y avais été deux ou trois fois durant mon adolescence, et à chaque fois, j’avais été saisi par la même sensation, une admiration mêlée à de la jalousie, parce que si cet endroit était magnifique, je bouillais intérieurement à l’idée que tous les gens de mon âge pouvaient y passer leur samedi sans problème. Malgré ce que je laissais paraitre, j’étais influençable ou plutôt… Impressionnable. J’avais grandi dans la campagne irlandaise, j’étais plutôt habitué aux larges espaces, aux paysages brumeux, aux petites chaumières entourées de champs. Si Pré-au-Lard n’était pas aussi impressionnant que Londres ou Dublin, le lieu avait un charme incontestable, surtout que c’était le seul village entièrement sorcier de Grande-Bretagne, ce qui était assez inattendu et appréciable. Et évidemment, j’avais entouré cet endroit de mystère, tout comme Poudlard, et y avoir enfin accès me donnait une joie particulière. Mais à présent, voir la fête foraine qui s’y étendait, c’était encore plus spécial… Car j’avais travaillé durant de longues semaines sur le projet, Heather et moi l’avions porté à bout de bras, et j’étais non seulement fier de notre travail, mais surtout ému de le voir dans un endroit qui m’avait toujours fait rêvé. Je ne pus m’empêcher de sourire en regardant ce qui s’étendait sous mes yeux.

- Alors, tu imaginais ça comme ça ?
- Je n’imaginais surtout pas que je l’organiserais un jour,
dis-je avec une petite pointe de fierté dans la voix.

J’étais forcément de bonne humeur, et j’avais remarqué que récemment, j’aimais beaucoup la partager avec Heather. C’était étrange, parce que nous n’étions pas très proches, mais avec tout notre travail, nous avions été amenés à vivre des moments de tensions et de stress qui, lorsqu’ils se terminaient, nous mettaient dans un état assez euphorique. Et dans ces instants où la pression se relâchait, moi qui avais toujours l’habitude d’être fermé dans mes émotions, j’avais découvert avec étonnement que c’était en fait beaucoup plus agréable de les partager… Evidemment, nous étions très proches dans ma famille, et je partageais beaucoup avec elle ; mais j’avais toujours un peu gardé ma joie pour moi-même, sûrement par pudeur. Heather était beaucoup plus démonstrative que moi, et ça s’était un peu propagé, et j’étais finalement devenu beaucoup plus ouvert sur ce que je ressentais et que je montrais.

C’était probablement parce que j’étais plus détendu que j’étais d’ailleurs sur le point de me faire embarqué sur une patinoire gigantesque au bras d’Heather.


- Alleeeeeez ! Tu vas voir, c'est génial !! Et puis, je vais t'aider, en patinant à côté de toi je te tiendrais et tu avanceras tout seul, ne t'inquiète pas ! Fais moi confiance. Et puis, si tu acceptes, je t'achèterai 11 000 barbes à papa, c'est promis...

J’éclatai de rire, essayant de protester pour la forme en sachant que la partie était perdue d’avance. Bon, ça pourrait toujours être intéressant, j’étais curieux de découvrir ça… J’aurais juste préféré que ça ne soit pas au milieu d’une foule entière d’élèves, qui savait en plus visiblement mieux s’y prendre que moi. Mais à présent que j’étais sure la glace, il était trop tard pour faire demi tour. E posant mes pieds chaussés de patins pour la première sur la patinoire, j’eus un frisson. C’était instable ! Comment étais-je censé avancer avec ça au pied ? J’étais grand et plutôt musclé, et j’avais l’impression d’être trop imposant pour reposer mon équilibre sur deux minuscules patins.

- Bon... Tu vois, tu pousses sur tes pieds, l'un après l'autre, et tu essayes d'avoir le mouvement le plus rectiligne et uniforme possible - il ne faut surtout pas que tu fasses d'à-coups ou que tu essayes de marcher. Il faut vraiment se laisser glisser, comme ça. Vas-y ! Je te tiens, appuie-toi sur moi si tu veux, et surtout regarde loin devant toi, comme au Quidditch !

Heather était vraiment douée, et je la regardais avec de grands yeux surpris et admiratifs. Ça avait l’air si facile comme ça, elle se laissait glisser gracieusement, maîtrisant parfaitement sa vitesse… J’observais avec attention ses mouvements, essayant d’en mémoriser les détails pour pouvoir les reproduire ensuite. Je fus rassuré lorsqu’Heather attrapa ma main, car malgré la légère gêne que me procurait ce geste, j’étais rassuré à l’idée de me calquer sur son équilibre. Appliquant ses conseils à la lettre, j’évoluai prudemment sur la glace, tentant de ne pas regarder mes pieds mais bien devant, et de continuer à faire des mouvements fluides et réguliers. Petit à petit, nous prîmes de la vitesse, ce qui nous donnait d’ailleurs un meilleur équilibre. Finalement, Heather se décida à me lâcher, pour que je me débrouille seul, et je fis un sourire face à son geste encourageant… Mais j’avais ralenti, et tout à coup mon équilibre était beaucoup plus précaire. Je me sentis tanguer – Heather ne m’avait pas dit comment faire si je m’apprêtais à tomber – et maladroitement je tentais de me rattraper à la jeune fille, qui essaya de nous rééquilibrer sans succès. L’instant d’après, nous étions étalés sur la glace.

Je n’eus pas mal, mais une sensation désagréable me prit ; j’avais honte d’être tombé ainsi devant tout le monde, je n’avais pas envie qu’on se moque de moi et… Quelques secondes plus tard, je réalisai qu’Heather avait éclaté de rire. Ses longs cheveux roux étaient étendus par terre, comme si la glace s’était enflammée, mais ils étaient constellés de petits points blancs, tout comme son visage rougis par le frais. Elle se releva prudemment, riant toujours, et je la suivis, sentant mon cœur se détendre. Je m’entendis même rire, un peu gêné mais beaucoup plus détendu à présent. Etrangement, le rire d’Heather m’avait rassuré. J’étais juste tombé, rien de grave.


- Mais tu y arrivais si bien pourtant !!
- Mais c’est difficile,
protestai-je, et tu ne m’as pas dis comment faire si je perdais l’équilibre ! Je me défendais comme je pouvais. J’hésitai un instant, mais finalement je repris la main d’Heather. C’était beaucoup plus rassurant. Pour le moment, je préfère t’avoir à côté, admis-je en détournant le regard vers le bout de la patinoire, parce que j’étais un peu mal à l’aise.

Nous continuâmes à patiner pendant un petit moment, tout les deux en rythme. J’attendis un moment Heather appuyé contre la palissade, car elle avait envie d’aller un peu plus vite ou de patiner en arrière, et je la ralentissais forcément. Nous manquâmes aussi de tomber à nouveau plusieurs, mais heureusement nous réussîmes à sortir entier de l’attraction. J’avais oublié ma chute et ma gêne, et nous discutâmes joyeusement d’exporter la patinoire dans notre village natal, avant de nous prendre un fou rire en imaginant chacun des habitants tenter de patiner. Lorsqu’Heather imita Maggie, la vieille dame qui tenait le bar sorcier du coin, en train d’essayer de glisser, nous rîmes si fort que je manquai de m’étouffer avec ma barbapapa que je venais d’acheter. Nous marchions dans la fête, discutant de la prochaine attraction intéressante, avant de décider qu’une bierraubeurre s’imposait d’abord pour nous remettre de nos émotions.

Mais en arrivant au stand, je remarquai que l’homme qui faisait la queue n’avait pas l’air d’un élève… ni même de quelqu’un de très fiable. L’échange avec le vendeur se passa très vite, mais je devinais rapidement qu’il ne s’agissait pas d’acheter un jus de citrouille. Je restai interdit, les yeux grands ouverts, une sensation amère se propageant dans ma poitrine. J’avais compris ce qui s’était passé, et j’en étais d’autant plus mal à l’aise que le vendeur avait paru suspect à la commission de Poudlard qui gérait la fête foraine, et qu’Heather et moi nous étions portés garant, car nous n’arrivions pas à trouver quelqu’un d’autre pour tenir le stand et que nous avions décidé de lui faire confiance. A tort, de toute évidence. Je sentis mon cœur se contracter sous le coup de la colère et la gêne, mais aussi de la peur. Je ne voulais pas me faire blâmer pour cette erreur, et je craignais les conséquences.


- Je n’ai pas trop soif, finalement, dis-je d’une voix un peu mécanique en faisant demi-tour. Tu veux faire un tour de Grande Roue ?

Heather semblait avoir vu, mais moi, j’avais déjà choisi mon camp ; je n’avais rien vu, rien entendu, et il n’était pas question de risquer mon travail en avouant mon erreur.

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Heather Lass
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MessageSujet: Re: Terrain Glissant (H.L)   Ven 19 Juin - 18:22

- Mais c’est difficile et tu ne m’as pas dis comment faire si je perdais l’équilibre ! C’était beaucoup plus rassurant. Pour le moment, je préfère t’avoir à côté.

Heather lui sourit après avoir épousseté tous ses vêtements, se sentant d'humeur si légère que les flocons glacés qui s'étaient glissés un peu partout dans son col ne la dérangèrent pas le moins du monde. C'était frais et piquant, comme l'air, l'ambiance, la joyeuse humeur de la fête ; c'était encore plus féérique que Poudlard et ses joues étaient roses de bonne humeur et d'excitation. Si elle avait toujours un peu de mal à cerner exactement Dan, ce qu'il pensait ou se disait, elle avait réellement l'impression qu'il prenait du bon temps avec elle aujourd'hui, en plus d'avoir la satisfaction de leur travail accompli. Néanmoins, quand il se releva, il évita quelques secondes son regard et elle eut instantanément l'impression d'avoir fait quelque chose qu'il ne fallait pas - peut-être qu'elle avait trop ri et qu'il le prenait pour lui ?! Ce n'était pas méchant de sa part, elle était comme ça, exubérante et chaleureuse dans son attitude, ce qui pouvait trancher avec la retenue un peu raide de Dan. Mais elle avait toujours l'impression de devoir faire très attention par moments, plus qu'avec les autres, à cause de ce qui s'était passé entre eux. Peut-être qu'il ne l'appréciait pas autant qu'il y semblait par moments ? Non, c'était stupide, un garçon comme Dan ne perdait pas son temps à faire semblant... Quoi que. Si une chose pouvait le définir, c'était son sérieux, son professionnalisme, son ambition aussi, et il avait tout intérêt à garder de bons contacts avec elle.

Quand il se remit sur ses patins et qu'ils repartirent doucement, il était redevenu enjoué et relança la conversation, ce qui encouragea Heather à ne pas trop s'attarder sur toutes ces questions. Elle oscillait rapidement - elle n'avait pas l'impression que c'était un jeu, et elle voulait y croire. Sans mal, elle laissa ses hésitations derrière elle et reprit son attitude enthousiaste. D'ailleurs, ils repartirent très vite dans de grands éclats de rire et des conversations endiablés qui les faisaient rire de plus en plus fort ; quand ils passèrent devant un groupe dont Heather s'occupait en Potions les élèves la regardèrent avec une expression mêlée d'amusement et de gênes, et elle se dit que ce devait être ça d'être passée de l'autre côté, d'être le professeur et d'étonner les élèves en leur donnant l'occasion de voir qu'elle était après tout aussi humaine qu'eux. Dan lui lança un regard et elle pouffa encore plus, et ils s'éloignèrent du groupe tant bien que mal. Dan apprenait relativement vite, bien qu'il restait très instable sur ses patins ; il la laissa faire quelques tours de patinoire pendant lesquels elle prit un peu de vitesse, s'amusa à virevolter et faire quelques figures, après quoi elle revient vers lui, le visage glacé mais enveloppée d'une tiédeur assez agréable. Un peu fatigués, et surtout parce qu'ils désiraient profiter de la fête dans sa totalité, ils décidèrent de quitter la glace et d'aller continuer leur petite balade. c'était étrange mais Heather se sentait gonflée de fierté comme si tout ici lui appartenait - elle n'avait pourtant pas tout organisé toute seule bien sûr, mais ce sentiment était agréable et surtout très flatteur. Lancée dans leurs petites blagues, elle continua d'imiter leur vieux voisin boiteux en marchant les jambes écartés vers le stand de Bièraubeurre. Au moment même où elle se disait qu'elle avait plutôt envie d'une boisson un peu chaude, elle se figea en même temps que Dan ; quelque chose d'imperceptible venait de se dérouler sous leurs yeux, quelque chose qui ne leur avait pas échappé. Il s'était passé une transaction peu nette, avec ce vendeur un peu désagréable qu'ils avaient un moment hésité à créditer pour la fête foraine. Mais ils l'avaient fait... Parce qu'il avait de l'expérience et un prix raisonnable, et qu'ils s'étaient souvenus à la dernière minute qu'il leur manquait quelqu'un. Ils avaient misé sur lui malgré une certaine méfiance à son égard, parce qu'ils s'étaient dit que rien de bien grave ne pouvait arriver de toute façon. Grave erreur...


- Je n’ai pas trop soif, finalement. Tu veux faire un tour de Grande Roue ?

Il avait parlé un peu sèchement et s'était détourné du stand ; Heather jeta un dernier coup d'oeil au vendeur et emboîta les pas de Dan.

- Si tu veux, murmura-t-elle, hésitante.

Pourquoi réagissait-il ainsi ? Pourquoi ne faisaient-ils rien ? Pourquoi ne prévenaient-ils pas les professeurs ou quelqu'un du personnel ? C'était un visiblement un trafic qui se déroulait ici, parce que c'était un bon endroit, et pas surveillé. C'était peut-être dangereux pour les élèves ? Ou tout simplement dangereux tout court - si les autorités découvraient ce qui se passait, Poudlard pouvait être accusé d'être associé au marché noir ?! Et... La faute en reviendrait à ceux qui avaient assisté à la commission et délivré les autorisations. Sans compter qu'il s'agissait de mineurs, et que les sanctions étaient encore plus sévères. Heather sentit ses mains devenir moites et son coeur palpiter désagréablement dans sa poitrine. Ils étaient dans de beaux draps...

Sans un seul mot échangé, ils se retrouvèrent à la Grande roue, dans la queue peu garnie, si bien qu'ils embarquèrent très vite dans une des petites nacelles volantes. La tension était si palpable que Heather se sentait affreusement gênée - ce n'était pas un silence totalement normal qui pouvait surgir entre deux bons amis, c'était un silence pesant et terriblement coupable, c'était un silence qu'elle voulait absolument briser mais qui la laissait muette : parler de quoi ?! De tout et de rien et Dan saurait qu'elle évitait le sujet, parler du sujet et il ne répondrait peut-être pas ?? Quoi faire ?! Elle avala difficilement sa salive et se rendit compte qu'elle avait envie de pleurer, comme une enfant qu'on vient de prendre en train de faire une grosse bêtise et qui se sent stupide et ne sait pas quoi faire d'autre que pleurer pour amadouer ses parents. Tout d'un coup, tout cela ne l'amusait plus du tout, à quoi bon organiser quelque chose si la moindre erreur avait pour elle-même des sanctions terribles ?! Peut-être qu'ils allaient se faire renvoyer... Non, impossible ! Elle serra les dents très fort et ravala ses larmes, le visage tourné vers le paysage, bien loin du regard de Dan pour qu'il ne la voit surtout pas dans cet état. Est-ce que s'ils ne disaient rien, les gens n'y verraient que du feu ? Ou bien est-ce que ce serait pire ??

Elle se rendit compte qu'elle avait besoin de parler de tout ça, d'exprimer son inquiétude avec Dan qui lui restait muré dans un silence tranquille en apparence. Tant pis si cela ne l'arrangeait pas. Ils étaient dans une navette suspendue dans les aires, rien que tous les deux, le moment était idéal !


- On ne peut pas laisser faire ça, lâcha-t-elle de but en blanc, fébrile, mais absolument pas à cause de la hauteur de l'attraction. Elle se tourna vers lui, maîtresse de ses larmes qu'elle avait ravalées : Imagine ils s'en rendent compte d'eux-mêmes... Ca sera encore pire ?! Ca nous retombera dessus beaucoup plus violemment, alors que si on va le dénoncer nous-mêmes ils verront qu'on est de bonne foi, qu'on reconnaît notre erreur, et qu'on reste vigilants ? C'est la meilleure approche, oui, j'en suis sûre, conclut-elle d'une voix plus ferme. Et puis je pense que ce n'est que des ingrédients ou des potions interdites au marché noir... Rien de trop dangereux pour les élèves mais bon... Il y a pas mal de trafic de ce genre à Pré-au-Lard et le faire ici en pleine lumière avec un stand c'est une bonne idée effectivement, aux yeux de tout le monde personne ne se doute, c'est bien plus pratique que la nuit dans les petites ruelles et... Bref, coupa-t-elle, car sa langue se déliait bien trop vite comme d'habitude et que sa connaissance du marché noir de Pré-au-Lard commençait à devenir un peu louche. Elle ne faisait plus rien pour Phil évidemment puisqu'il était parti, mais elle avait suffisamment trempé là-dedans pour savoir qu'il fallait rester prudente.

Encore plus si on l'y associait d'une quelconque manière et que le coup du vendeur de la fête foraine retombait sur elle et elle seule...

Elle aspira une grande bouffée d'air frais et tenta de reporter son attention sur le joli paysage qui s'offrait à eux - les champs, le petit village, les collines, les montagnes au loin, Poudlard. C'était beau, tout doré sous la lumière fraîche. Il ne fallait pas qu'elle s'inquiète alors que rien n'était encore décidé.


- Je pense qu'en parler à Sara Wayland est le mieux, ce sera la personne plus compréhensive. Il faut qu'on y aille tous les deux, aussi, ajouta-t-elle en imaginant déjà ce qu'elle allait dire. Dana avait tout intérêt à obtempérer - pour son bien à lui comme à elle.

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MessageSujet: Re: Terrain Glissant (H.L)   Lun 28 Sep - 23:19

Le sang tambourinait désagréablement dans mes tempes, et j’avais l’impression que mon cœur allait déchirer ma poitrine tant il était gonflé. J’étais comme un enfant qu’on venait de prendre sur les faits d’une terrible bêtise, j’avais les joues rouges et un goût de fer dans la gorge. Je savais que j’avais fait une erreur, mais le plus désagréable, c’était que j’avais su les risques. J’avais consciemment engagé quelqu’un de risqué, et maintenant que je me faisais prendre, je ne pouvais pas prétendre que je ne l’avais pu venir. Je serrais mes poings, sentant les jointures se tendre. La fête foraine était une opportunité comme j’en avais rarement eu, et il était hors question que je la laisse être un échec. J’avais tant travaillé, j’avais fait tant d’effort ! Depuis toujours, j’avais tout fait pour m’assurer le meilleur avenir possible, alors que je partais si désavantagé par le manque d’argent de mes parents et mon absence d’études à Poudlard. Mais je m’étais accrochée, j’avais voulu m’en sortir plus que jamais. Ce n’était même pas de l’ambition, c’était carrément un instant de survie. Quels étaient mes choix ? Me contenter toute ma vie de vivre et travailler dans la ferme de mes parents ? C’était hors de question. J’y avais déjà passé trop de temps. Je voulais vivre, plus que jamais, je voulais vivre autre chose. Je devais m’en donner les moyens. Il était hors de question qu’un incident comme celui-ci se mette en travers de tout le travail que j’avais accompli.

Il fallait que je sois dans une telle situation avec Heather… Soudainement, elle me paraissait bien agréable qu’auparavant, et toute ma rancœur passé remontait petit à petit. Je ne lui faisais pas confiance, et je ne voulais pas être lié par un secret à elle. Quelle réaction allait-elle avoir ? Je ne la connaissais pas assez… Mais je savais que la séduction était un jeu chez elle, et qu’elle retomberait toujours sur ses pattes. Elle savait probablement se sortir d’une situation inconfortable en minaudant, et elle ne devait pas être très inquiète… Elle avait été à Serpentard, elle était maline et ambitieuse, elle ne voudrait sûrement pas entacher le début de sa petite carrière à Poudlard, n’est-ce pas ? Après tout, elle avait une morale assez flexible, et elle se fichait pas mal de jouer. Elle n’avait eu aucun scrupule à rire du béguin que j’avais eu pour elle, aucun non plus à en parler à tout le monde en me ridiculisant au passage, et encore moins à me séduire juste après ma rupture pour bien s’amuser. Elle n’allait pas me faire d’histoire pour un petit trafic qui disparaitrait aussi rapidement que la fête foraine !

…Visiblement, elle l’entendait d’une autre oreille.


- On ne peut pas laisser faire ça. Imagine ils s'en rendent compte d'eux-mêmes... Ça sera encore pire ?! Ca nous retombera dessus beaucoup plus violemment, alors que si on va le dénoncer nous-mêmes ils verront qu'on est de bonne foi, qu'on reconnaît notre erreur, et qu'on reste vigilants ? C'est la meilleure approche, oui, j'en suis sûre. Et puis je pense que ce n'est que des ingrédients ou des potions interdites au marché noir... Rien de trop dangereux pour les élèves mais bon... Il y a pas mal de trafic de ce genre à Pré-au-Lard et le faire ici en pleine lumière avec un stand c'est une bonne idée effectivement, aux yeux de tout le monde personne ne se doute, c'est bien plus pratique que la nuit dans les petites ruelles et... Bref.

J’haussai un sourcil malgré moi. Qu’est-ce qu’elle y connaissait, au marché noir, elle ? Je pinçai les lèvres, furieux. Elle était si stupide ! Ne voyait-elle pas que la meilleure solution était de ne pas en parler, et de prier que personne ne s’en rende compte ? On avait tant à perdre, si l’on révélait notre erreur ! J’avais été bien stupide de monter dans cette grande roue, j’étais encore plus coincé à présent, obligé de rendre des comptes à Heather. A la fois, j’allais bien être obligé de m’expliquer un peu avec elle…

- Je pense qu'en parler à Sara Wayland est le mieux, ce sera la personne plus compréhensive. Il faut qu'on y aille tous les deux, aussi.
- Hors de question,
coupai-je d’une voix dure. Heather se raidit instantanément. Tu imagines ce que l’on risque ? Il y a peu de chances que le trafic soit découvert, autant croiser les doigts plutôt que se tirer une balle dans le pieds… Ne me regarde pas comme ça, pestai-je agressivement. Tu as la moindre idée de l’opportunité que j’ai de travailler à Poudlard et combien c’est important pour moi ? Je refuse de gâcher ça et de prendre le risque ! Tu pourrais perdre ton travail si tu en parlais ! Ne sois pas stupide, achevai-je d’une voix autoritaire.

Heureusement, la grande roue achevait son tour, et j’allais pouvoir descendre et m’enfuir de cet enfer. Est-ce qu’Heather allait parler à Sara Wayland seule ? J’espérais que je lui avais fait prendre conscience des risques qu’elle encourait, et que ça la dissuaderait éventuellement.


- Et tu n’as pas intérêt à aller en parler à qui que ce soit sans me prévenir, ajoutai-je alors que nous descendions de la nacelle. Je sais que tu es plutôt douée pour tirer parti de l’inconfort des autres, mais tu n’as pas intérêt à utiliser cette petite histoire pour te mettre en position de gentille fille honnête. Tu risques trop gros, de toute façon, lui rappelai-je une dernière fois.

Clairement, je venais de lui lancer une petite pique sur notre passé et la manière dont elle s’était moquée de moi quand nous étions plus jeune, et elle avait dû comprendre car malgré la colère dans ses traits, j’y décelais aussi de la gêne.


- Bon, je crois que je préfère rentrer. Tu viens ? Proposai-je, au moins par politesse.

Je n’avais aucune envie de rester plus longtemps avec Heather, mais je n’allais pas non plus la laisser en plein milieu de la fête. Nous étions liés, à présent, d’une manière qui m’était détestable… Mais j’allais devoir garder un œil sur elle, puisqu’il en allait de ma réputation aussi. Il n’était pas question de tout perdre, et j’allais m’assurer qu’Heather allait dans mon sens, et j’étais prêt à tout faire pour.

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MessageSujet: Re: Terrain Glissant (H.L)   Dim 11 Oct - 14:37

Elle s'était attendue à ce qu'il n'accepte pas forcément docilement la solution, mais elle se sentit stupide d'avoir imaginé quelque chose bien en dessous de la réalité. Heather ne voyait même pas le joli paysage qui s'étendait sous leurs yeux, et ne sentait pas non plus le petit vent froid qui faisait tanguer les nacelles. Elle se sentait seulement raidie, entièrement, de l'intérieur jusque dans ses membres, et se demandait comment ils allaient se sortir de cette situation pour le moins crispante.

- Hors de question. Tu imagines ce que l’on risque ? Il y a peu de chances que le trafic soit découvert, autant croiser les doigts plutôt que se tirer une balle dans le pieds… Bien sûr qu'elle le savait, pour qui la prenait-il... Ne me regarde pas comme ça. Elle pinça les lèvres un peu plus. Tu as la moindre idée de l’opportunité que j’ai de travailler à Poudlard et combien c’est important pour moi ? Je refuse de gâcher ça et de prendre le risque ! Tu pourrais perdre ton travail si tu en parlais ! Ne sois pas stupide.

Si Dan était furieux, elle l'était tout autant ; cette espèce de raideur gelée se muait tout d'un coup en une colère brûlante qui lui donna envie de le gifler sur le coup. Il pensait réellement qu'elle était écervelée à ce point ?! Elle lui jeta un nouveau regard enflammé et mauvais et se prépara à lui déverser tout ce qu'elle pensait et qui allait probablement sortir d'une manière un peu explosive, mais la nacelle de la roue arrivait à la fin de son tour et ils durent descendre - le sorcier qui les aida leur jeta un regard perplexe, car à en juger de leurs visages fermés et courroucés, ça n'avait pas été une réussite très romantique. A peine se furent-ils éloignés que Heather, tremblante de toutes ses émotions s'était figée pour amorcer la discussion, sauf que ce fut lui qui la devança :

- Et tu n’as pas intérêt à aller en parler à qui que ce soit sans me prévenir. Je sais que tu es plutôt douée pour tirer parti de l’inconfort des autres, mais tu n’as pas intérêt à utiliser cette petite histoire pour te mettre en position de gentille fille honnête. Tu risques trop gros, de toute façon.

... Oh. Très bien.

Elle était si prête de le gifler quelques secondes auparavant que cette remarque odieuse renversa la balance et lui cloua le bec. Ainsi, il choisissait de remuer le passé à la première altercation ? Elle dut se faire violence pour retenir des larmes d'humiliation et le regarda droit dans les yeux sans trouver quoi répondre.


- Bon, je crois que je préfère rentrer. Tu viens ?

Et quelle audace il avait, jusqu'au bout, en plus ! Si Heather avait perdu toute envie de continuer à « s'amuser » à la Fête Foraine, elle n'avait pas plus envie de faire le chemin du retour avec Dan. Tant pis, elle allait attendre qu'il s'en aille et rentrer ensuite - ou bien rester toute seule, après tout, ils avaient à s'assurer que tout se déroulait bien, alors s'il fuyait ses responsabilités, elle n'allait pas le faire, quoi qu'il en dise ! Après des secondes qui lui parurent interminables, elle arriva enfin à desserrer la mâchoire pour lui répondre :

- Non. Elle lui lança un regard supérieur et se redressa. Je crois que je préfère aller tirer parti de l'inconfort de quelqu'un d'autre ailleurs, merci. Bonne fin de journée.

La tête haute, elle tourna les talons et partit dans la direction parfaitement opposée, n'ayant aucune idée vers quoi elle se dirigeait et ce qu'elle allait faire pour s'occuper ; pour l'heure son esprit n'était ni occupé par ce problème ni par cette histoire de trafic, mais plutôt à traiter Daniel O'Brien de tous les noms d'oiseaux qu'il méritait amplement.
[/i]



FIN

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