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Intuition & découvertes (PV G.D.)



 

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 Intuition & découvertes (PV G.D.)

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Alex Lovecraft
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MessageSujet: Intuition & découvertes (PV G.D.)   Mar 2 Déc - 12:18

En quittant l'endroit où je résidais, je fus surpris du spectacle qui s'offrait à mes yeux. La nuit tombait sur l'Ecosse, et je ne m'étais jamais rendu compte à quel point le petit village dans lequel je vivais surplombait une sorte de petite vallée : celle-ci ressortait beaucoup en cet instant, car les nuages denses et gris qui obturaient le ciel et s'assombrissaient peu à peu avec la nuit (et le petit crachin qui tombait) étaient étrangement troués à l'horizon... Et par cette petite ouverture dans le gris du ciel, quelques rayons filtraient encore, d'un blanc-jaune étrange et lumineux au milieu de toute cette morosité. L'horizon était illuminé et surtout la petite vallée, et si on plissait les yeux on parvenait à apercevoir le prochain village et ses habitations se découpant dans la lumière. Ce fut la première fois que mon regard fut arrêté ainsi et que je trouvais alors un certain charme au paysage, aussi étrange que cela puisse paraître, car déjà quelques semaines à peine et je n'en pouvais plus de ce gris oppressant et de cette humidité ambiante. Mais le principe de l'humain est de s'adapter et j'en étais bien conscient, car j'estimais que c'était probablement l'une de mes meilleures qualités. Avec un haussement d'épaule, je m'arrachai à l'observation de ce spectacle et le rangeai dans une partie de ma mémoire, reprenant le fil de mes pensées. Resserrant mon écharpe pour que les gouttes d'eau ne puissent pas s'infiltrer par mon cou, j'eus un regard maussade vers le ciel avant de poursuivre ma marche. J'avais écrit et lu toute la journée enfermé chez moi, tenant à jour mon courrier, l'avancée de mes travaux, travaillant sur un projet parallèle en même temps, si bien que j'étais dans un de ces états où mon corps ne se rendait pas bien compte quel moment de la journée était en train de se dérouler, si c'était le matin, le midi ou le soir, et à vrai dire j'aurais cru n'importe lequel des trois, un peu sonné et décalé de me retrouver brusquement dehors dans le monde qui vivait, me sentant flotter, un peu ailleurs. L'idée était de non seulement prendre un peu l'air mais surtout de me nourrir car je n'avais plus rien chez moi, et, surtout : enclencher la deuxième partie de mon plan. Depuis que Gabrielle Delacourt m'était tombée dessus tout à fait par hasard à la librairie, j'avais affiné quelques recherches mais je ne m'étais pas jeté corps et âme dans sa traque, écumant tous les endroits potentiels où elle pouvait se trouver. J'avais un peu sillonné les rues tout de même, et été une fois dans un salon de thé, mais j'attendais de vraiment sentir quand ce serait « le » moment : je marchais à l'instinct. Et, ce soir, il vibrait quelque part au fond de moi : il était temps d'y aller.

J'achetai quelques aliments à grignoter au premier étal que je rencontrai ; une fois rassasié, je pris la direction des Trois Balais. Si j'avais bien compris les rumeurs, un samedi soir comme celui là était « the place to be » pour tout étudiant de Poudlard qui se respectait, assez âgé pour avoir le courage de faire la mur et de consommer de l'alcool alors que tout cela était bien sûr interdit. Non sans un certain sourire un peu moqueur face à toute cette jeunesse stupidement réfractaire aux règles, je poussai la porte de l'échoppe : je n'avais rien contre tout cela évidemment, je l'avais fait moi-même, mais il y avait quelque chose d'un peu ridicule dans ces histoires qui se passaient pour tout le monde, en vérité, mais paraissaient un peu idiotes quelques années après la majorité. Et alors, quel genre de fille était la jolie Delacourt ? De ce que j'avais pu en voir, elle n'était pas le cliché de la séductrice monstrueusement sûre d'elle et potentiellement reine de toutes les soirées, mais j'étais certain qu'elle n'était pas pour autant la petite intello qui restait bien au chaud dans son lit après le couvre-feu. Pourquoi ? Une intuition, encore une fois. Cela dit, j'avais tout intérêt à ce qu'elle soit vraie, sinon j'allais être bien embêté pour la croiser par hasard au coin d'une rue. Je m'installai au bar après avoir balayé l'intérieur du pub des yeux - pas trop de monde à l'intérieur encore - et commandai la bière locale. Le barman m'en servit une pinte immense qui vola jusqu'à moi, et après l'avoir goûté, je me fis encore cette réflexion que tout était un peu plus fort et plus âpre, ici. Sans savoir si j'aimais vraiment ce que je buvais, je me perdis une nouvelle fois dans mes pensées, observant le monde autour de moi et sirotant ma boisson - il fallait que je fasse attention tout de même car je n'étais pas un buveur acharné, je buvais peu souvent surtout ces derniers temps parce que j'étais seul, et pas forcément en quantité, alors je préférais éviter la surprise de me retrouver ivre avant le milieu de la soirée.

Je n'avais pas vraiment beaucoup avancé depuis la venue de Gabrielle Delacourt à la librairie : évidemment, j'en avais fait une note à mon patron pour lui assurer que le contact était établi, ce qui l'avait enchanté. Pour le reste, c'était bien difficile, à part que j'avais mis la main sur une pile d'exemplaires du Daily Poudlard, et j'avais vu que Delacourt était souvent citée lorsqu'on parlait de Quidditch, et quelques fois dans les « filles en vogue » à côté d'autres noms qui n'évoquaient strictement rien pour moi. Pas étonnant : elle dégageait un charme magnétique que je ne pouvais pas nier, mais c'était ses origines vélanes, et je devais bien prendre garde de ne pas me laisser avoir, d'ailleurs. Rien d'autre de bien intéressant dans les pages du Daily, en tout cas, si ce n'est des petits histoires adolescentes qui ne me servaient pas encore pour la situation actuelle.

L'échoppe se remplissait peu à peu et je repérais quelques élèves, car ils étaient un peu jeunes et semblaient tenter de masquer leur jeunesse sous une attitude profondément assurée. Une jeune fille aux cheveux bruns et aux yeux très bleus vint alors me parler et s'assit sur le tabouret à côté de moi, essayant décidément d'engager une conversation suffisamment sérieuse pour que je ne devine pas ce qu'elle avait en tête. Je lui plaisais et elle espérait bien que cette rencontre tienne au moins la soirée ; je me laissai faire, gardant toutefois une certaine distance polie mais habile, si bien qu'elle abandonna tout en gardant son sourire et sa bonne humeur au bout d'une vingtaine de minutes. Cela dit nous avions discuté de choses intéressantes - elle était dans le commerce des chaudrons et apparemment, c'était une mine d'or - mais quand elle me laissa, je me rendis compte que l'ambiance avait bien changé autour de moi : le pub était plein, et la fête allait bon train. J'étais bien installé au bar, perché sur mon tabouret : j'avais une vue sur tout le bar, et je pouvais espionner en toute tranquillité. Je fis d'ailleurs une petite inspection circulaire - nouvelles têtes, mais pas celle que je cherchais...

... Mais si ! Des longs cheveux blonds et raides brillaient là-bas, en face de moi, dans un coin un peu en retrait... Elle aussi, me dis-je avec amusement, avait choisi le bar, et un coin suffisamment discret pour ne pas être vue mais pour pouvoir observer... Sans attendre, je pris mon verre presque vide et fit le tour du bar, m'approchant de ma cible. Gabrielle Delacourt avait pour l'instant le regard perdu dans son verre, et il me vint alors une option que je n'avais pas envisagée : était-elle de ce genre de filles sombres qui venaient dans les soirées uniquement pour se fondre dans la masse et le bruit et noyer leurs peines ? Après ce qui lui était arrivé, ce n'était pas illogique, finalement. Je me glissai entre les gens et finit par attraper le tabouret à côté d'elle, et m'y installer, posant mon verre à nouveau sur le comptoir.


- Alors, la lecture était bonne ? murmurai-je en sa direction, assez doucement pour qu'elle ne se sente pas trop surprise ou dérangée par mon intrusion. Désolé, je m'installe là, mais tu es la seule personne que je connais ce soir ! Je lui souris poliment - j'avais décidé de passer gentiment au stade supérieur, comme si elle était une de mes connaissances réelles ; après tout, nous n'avions pas tant d'années d'écart que ça, alors ce n'était pas choquant. Ca ne t'embête pas ?

Je misais sur le fait qu'elle serait de toute façon trop bien élevée pour me répondre par l'affirmative.

- Tu en veux un autre ? proposai-je en montrant son verre du regard ; puisque le mien était vide et qu'il me fallait bien une raison de rester ici, je devais recommander, et en bon gentleman que j'étais, j'étais bien obligé de lui proposer à elle aussi. J'étais bien curieux de voir quelle serait son attitude cette fois : allait-elle tenter de fuir comme quand elle était venue à la librairie ?

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Alex Lovecraft
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MessageSujet: Re: Intuition & découvertes (PV G.D.)   Lun 26 Jan - 1:02

Comme s’il était surprenant de me trouver au bar Les Trois Balais, un samedi soir… C’était devenu mon refuge depuis que j’avais fait la chouette découverte que l’alcool me permettait d’avoir le moral moins lourd, l’espace de quelques heures. À ma grande surprise, je réussissais bien, à l’école… moins qu’à mon habitude, mais je m’en sortais toujours et ce, malgré mon manque total de travail et de préparation pour ces contrôles. Je crois que ça relevait du miracle, je me suis même demandée si les professeurs ne m’avaient pas un peu prise en pitié. Ça m’était bien égal, ça ne ferait pas changement du reste du monde entier. Cette journée-là, je l’avais trouvée plus dure que les autres, je dois l’avouer. Je me sentais seule et incroyablement triste, alors l’alcool n’était pas de refus ce soir-là. Engourdir tout ça me semblait définitivement la meilleure idée, à ce point, parce que je ne savais pas de quelle façon mon petit corps était en mesure d’affronter toutes ces douleurs en même temps.


J’avais mis une robe, comme à mon habitude, et je l’avais choisie sarcelle – parce que j’avais vraiment une passion pour cette couleur. Lorsque j’étais entrée aux Trois Balais, il y avait déjà pas mal de monde. Je devais avouer qu’il était assez incohérent de ma part de me réfugier dans un endroit aussi bondé alors que ce que je voulais le plus au monde était d’être toute seule. En même temps, c’était paradoxal, parce que j’avais vraiment l’impression d’être dans une bulle, à la fois tellement près de tous ces gens qui m’entouraient et à la fois tellement loin d’eux, comme dans un autre monde. Les yeux plantés dans mon verre de rhum, je tentais de faire le vide dans mon esprit. J’aurais aimé, en fait, avoir la possibilité d’éteindre tous mes sentiments, j’avais l’impression que c’était la seule manière possible, pour moi, d’avancer. J’avais l’impression d’être prise, d’avoir les pieds ensevelis dans le ciment, d’être stagnée au même endroit, émotionnellement. J’étais incapable de trouver une quelconque source de joie dans mon entourage. J’aurais aimé avoir un petit volcan de bonheur auquel j’aurais pu m’accrocher un minimum, qui aurait pu me servir de raison de me lever le matin, mais c’était comme si rien ne venait.


Mes cheveux lisses tombaient chaque côté de mon visage, le soustrayant un peu aux regards des autres. Je me demandais de plus en plus pourquoi j’étais venue à cet endroit, ce soir-là, l’alcool ne m’amenait plus autant de réconfort qu’avant, à ma grande déception. Je le constatais, alors qu’il commençait à m’envelopper et à altérer ma conscience, et que je ne me sentais ni mieux, ni plus légère, j’avais même l’impression qu’elle était plus lourde. Je ne sursautai même pas lorsqu’un homme vint s’assoir à mes côtés. Je commençai par songer à simplement ignorer sa présence, de toute façon, il y avait de très faible chance pour qu’il soit venu prendre cette place pour me parler.



-Alors, la lecture était bonne ?


Je crus d’abord qu’il ne s’adressait pas à moi, mais lorsque je dégageai le côté de mon visage de mes cheveux pour voir à qui il parlait, je pus constater qu’il me regardait. Il me fallu plusieurs secondes avant de le reconnaître, mais ce furent ses yeux sombres qui me mirent sur la bonne voie, je les aurais reconnus entre miles, il m’avaient tellement frappée, la première fois, ce genre de yeux qui semblaient vous sonder jusqu’au fond de votre âme : C’était le libraire qui m’avait conseillé le livre que j’avais dévoré en à peine deux jours. Je ne pouvais nier que cette histoire m’avait habitée et m’avait fait du bien pendant plusieurs jours, même après que j’aie eu terminé la dernière page du livre. Je lui fis un demi sourire rapide.


-Vraiment, merci de ta recommandation.


L’heure n’était plus au vouvoiement : il était bien trop tard et j’avais déjà ingéré beaucoup trop d’alcool dans mon organisme…


-Désolé, je m'installe là, mais tu es la seule personne que je connais ce soir !


… Et visiblement, il avait lui aussi opté pour le tutoiement. Je soulevai mon sourcil droit un instant, puisque je ne pouvais pas considérer connaître cet homme considérant que l’on s’était échangés, au maximum, une dizaine de phrases et surtout, parce que je ne connaissais pas son nom. Sauf que je n’avais pas la force d’argumenter sur son utilisation erronée du verbe connaître.


-Ca ne t'embête pas ?


Je haussai les épaules. Après tout, il avait bien le droit de s’asseoir où il voulait, tant qu’il ne s’attendait pas à repartir avec moi ce soir-là. Si tel était son but, il serait sévèrement déçu. Je lui fis tout de même un signe de main signifiant qu’il pouvait bien s’asseoir où bon lui semblait.


-Tu en veux un autre ?


Je baissai les yeux vers mon verre pour réaliser qu’il était vide. Il fallait que je me parle… ce garçon n’était pas désagréable et en plus, il ne passait pas de commentaires désobligeant à mon égard, ce qui était plutôt rare lorsque je venais aux Trois Balais, le samedi soir. Je lui fis donc un sourire… sincère cette fois.


-Pourquoi pas !


Je me tournai un peu vers lui et je lui tendis ma main droite.


-D’ailleurs, je ne crois pas m’être présentée… Gabrielle Delacourt… Je suis… étudiante à Poudlard, mais c’est un secret hein, parce que je n’ai pas l’âge d’être ici….


Je continuai à lui sourire, même si ça me demandait beaucoup d’efforts. Il m’était devenu rare d’entretenir une conversation, en général, je me contentais de les arrêter net et de me réfugier loin de tout le monde.


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MessageSujet: Re: Intuition & découvertes (PV G.D.)   Jeu 5 Fév - 14:53

La belle était décidément jolie, toute enveloppée dans sa retenue et son effacement, dans ce mystère qui l'enveloppait malgré elle, parce qu'elle était la victime malchanceuse d'une bien trop sombre histoire. C'était drôle comme nos physiques s'opposaient : sa tenue vive, ses cheveux blonds dorés, ses grands yeux clairs, en parfait contraste avec ma tenue sombre, mes yeux foncés et mes cheveux bruns. Un vrai petit agneau face au grand méchant loup, s'il fallait résumer ! Fort heureusement, je montrais patte blanche, et je n'étais pas un monstre. Disons que j'étais juste un corbeau un peu trop affamé et qu'elle avait en main tout ce qui conviendrait à mon appétit... Cela dit, j'avais une conscience professionnelle. En matière de presse à scandales, je m'y connaissais, puisqu'elle était mon gagne-pain. Or, qui dit presse à scandales dit personnes plus ou moins recommandables et/ou peu intéressantes : ce sont souvent les gens dénués de cervelle qui s'expriment le plus, c'est bien connu. J'avais eu l'occasion d'enquêter et d'interviewer un bon nombre de greluches dont la fortune colossale était loin d'être au niveau de leur nombre de cellules grises... Gabrielle Delacourt, comme je l'avais senti à notre première rencontre à la librairie, était une victime un peu hors-norme dans ce genre d'affaires. Elle n'avait ni basculé dans le show et l'étalage de sentiments, surfant sur sa popularité foudroyante pour en tirer les avantages de la renommée, ni dans l'inverse, à savoir la dépression intense et la déchéance totalement assumée. Quoi qu'elle pense de tout cela, elle le gérait bien tout de même, derrière cet écart, cette distance, cette singulière absence dans son attitude. En conclusion, elle avait choisi la pudeur, ce qu'humainement je ne pouvais qu'admirer. Professionnellement, cela me compliquait un peu la tâche : elle était moins facile d'accès. Mais au moins, c'était un challenge, que j'acceptais volontiers : il me réveillait un peu de la torpeur des derniers mois au boulot, où, alors que j'avais pas mal gravi les échelons, les reportages m'étaient plutôt assez évidents.

Ainsi, ce ne fut pas surprenant de la voir réagir de façon plutôt mesurée à son approche, drapée derrière ses cheveux comme un prudent petit animal, trop polie pour être ouvertement méfiante, mais pas non plus trop tranquille.


- Vraiment, merci de ta recommandation.

J'inclinai ma tête vers elle dans un petit signe de politesse. Je me souvenais bien de notre discussion à propos des livres, et des choix qu'elle avait fini par faire. L'avantage que j'avais, en travaillant ainsi avec les mots, les phrases, les pensées de tout le monde que je couchais sur le papier pour qu'elles soient publiques, c'était que j'avais une mémoire infaillible dès lors que j'envisageais le déroulement des choses comme une histoire, comme des mots qui s'imprimaient petit à petit, les uns après les autres, sur un parchemin infini. Gabrielle haussa les épaules quand je lui proposais de lui offrir un autre verre, que je pris donc comme un oui - le barman emporta nos verres vides et ne tarda pas à en apporter de nouveaux. (Je jetai un regard un peu méfiant sur la nouvelle pinte qu'on me servait - le but n'était certainement pas que je finisse ivre, or une pinte entière pour moi qui buvais peu ces temps-ci était déjà pas mal. Mais je jouais le jeu tout de même - après tout, je ne m'étais attendu à rien en venant ici, et voilà que Gabrielle Delacourt me tombait toute rôtie dans le bec ! Cela valait bien que je me fasse un peu violence en matière de bière, si forte soit-elle pour mon pauvre palais habitué à des bières plus douces).

- D’ailleurs, je ne crois pas m’être présentée… Gabrielle Delacourt… Je suis… étudiante à Poudlard, mais c’est un secret hein, parce que je n’ai pas l’âge d’être ici...

La princesse tristement célèbre m'avait tendu la main - que je serrais bien chaleureusement - tout en, qui l'eut cru, me souriant amicalement ! C'était une belle avancée, et si ma fibre professionnelle s'en réjouit, car c'était de bon augure, je m'en réjouis moi-même également, de manière totalement humaine et naturelle, car cela faisait plaisir de la voir se dérider un peu ainsi. Non pas qu'elle n'avait pas de bonnes raisons d'être renfermée, mais ce joli petit sourire éblouissait tant son visage d'ordinaire éteint qu'elle resplendissait l'espace d'un instant, comme la porte d'une petite chaumière, perdue dans la lande en pleine tempête, qui s'ouvre pour laisser paraître un bon feu de cheminée et une lumière chaleureuse pour quiconque erre au-dehors... Cette lueur donnait envie de s'engouffrer, de se précipiter à l'intérieur ; le sourire de la jeune Delacourt avait ce même pouvoir attractif, brillant et tiède avec un je-ne-sais-quoi de salvateur. Eh bien ! Voilà que je devenais poète... Ce n'était sûrement pas ce que mon cher patron attendait, une dissertation sur la beauté magnétique de celle dont tout le monde parlait, mais une chose était certaine : c'était bien agréable de se retrouver face à elle, surtout quand elle souriait ainsi.

- Alex Lovecraft, répondis-je en souriant poliment moi aussi, et en gardant sa main dans la mienne une demi-seconde de plus que le voulait la bienséance. Je suis libraire, mais ce n'est pas une surprise pour toi ! Oh, ne t'en fais pas, dis-je en levant la main en gage d'honnêteté, tes secrets avec moi sont bien gardés.

Pour quiconque aurait pu lire dans ma tête, c'était l'affirmation la plus ironique qui soit, mais qu'importe ; j'avais toujours l'air d'un gentil petit garçon sérieux et honnête, ce qui ôtait jusqu'à l'ombre d'un doute quant à ma sincérité. Alors qu'en vérité... En vérité j'étais probablement le pire ennemis des secrets, je les traquais comme des proies et une fois que mes griffes s'y plantaient, je ne les lâchais plus et je les décortiquais jusqu'à exposer leurs entrailles aux yeux de tous !! Ma réplique manqua bien de me faire sourire tant elle était amusante, mais j'étais bien trop maître de moi-même pour une telle erreur.

Ma mère m'avait d'ailleurs toujours surnommé, depuis que j'étais petit, « petit filou », ce qui s'avérait être curieusement sensé encore maintenant. C'était drôle d'ailleurs, car mes parents, perdus dans leur monde depuis la première heure, ne savaient pas tant de choses que cela à mon égard, encore moins si on mettait mes deux frères dans la balance. Mais ce petit surnom que ma mère avait trouvé et n'avait plus lâché était probablement l'une des choses les plus justes qu'elle n'ait jamais établie à mon sujet.

Comme j'avais bu une nouvelle gorgée à ma bière, je la reposai avec une petite grimace - la petite grimace de lorsqu'on est entre deux, lorsqu'on n'est pas sûrs d'aimer quelque chose mais que l'on s'obstine à le consommer.


- C'est bien plus âpre et fort que les bières de chez moi, expliquai-je, ça me surprend à chaque fois. Puis, rebondissant sur ce qu'elle m'avait dit - parce que je souhaitais entamer la discussion avec elle et qu'elle semblait plutôt dans de bonnes dispositions, alors je voulais en profiter - je poursuivis : Ca se passe bien, Poudlard ? Tu es en quelle année ? Et tu es dans quelle maison... Gryffondoré... Serpendaigle... Souffle.... Bon, je ne les retiens jamais, conclus-je avec un petit rire, mais pourtant j'essaye de me faire aux coutumes d'ici, mais ça n'est pas parfaitement imprimé dans ma tête encore !

Pour le coup, c'était totalement vrai : ma mémoire pourtant très extensible refusait parfois d'imprimer certains détails, et si j'avais du me pencher sur l'histoire de Poudlard et la façon dont fonctionnait l'école pour mon travail, mon reportage, quelques petits détails s'obstinaient à m'échapper.

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MessageSujet: Re: Intuition & découvertes (PV G.D.)   Jeu 30 Avr - 3:23

Je n’avais jamais su quoi faire avec les hommes, et je ne le savais pas plus aujourd’hui. Je ne comprenais pas pourquoi personne ne s’intéressait jamais à moi et pourquoi c’était toujours compliqué. Je ne pouvais pas tomber sur un bon garçon, gentil et qui ne m’abandonnerait pas lâchement ? C’était tout ce que je demandais, sans critère supplémentaire, bien que les grands bruns avaient toujours eu sur moi un effet assez électrique. C’était comme s’il fallait que ce soit compliqué, tout le monde autour de moi se réunissait et je restais là, toute seule. Je me demandais vraiment ce que j’avais, pour repousser les hommes, les seuls qui venaient vers moi ne savaient pas vivre et souhaitaient simplement passer une nuit avec moi… j’avais pourtant tellement plus à offrir, je crois. On me conseillait de sortir un peu, ce n’était pas faux, puisque rester dans ma chambre ne me ferait rencontrer personne, c’était assuré, mais en même temps, j’étais une personne vraiment très gênée et refermée sur moi-même. En plus, depuis que Matt était lâchement parti et m’avait laissée m’échouer à espérer son retour qui n’était jamais venu, j’avais perdu beaucoup de ma confiance en moi. Souvent, je me disais que les garçons pouvaient s’intéresser à moi, mais qu’il était certain qu’ils trouveraient éventuellement mieux.


Je ne pouvais nier que le libraire qui était venu prendre place à mes côtés était joli, c’était totalement indéniable. Même si j’avais voulu l’ignorer, et me convaincre qu’il n’avait rien d’intéressant, j’en aurais été incapable, c’était faux. Ses traits foncés et mystérieux avait quelque chose qui me captivait considérablement et j’étais incapable de l’ignorer. Lorsqu’il inclina sa tête vers moi, en réponse à mes remerciements, je fis un mince sourire. Mon sourire sortait seulement lorsque ma tête était trop embrumée par l’alcool pour le laisser cloitrer dans sa prison. Sourire ainsi, face à un inconnu était une sensation qui m’était étrangère, il y avait très longtemps que ça ne m’était pas arrivé. Je lui avais moi-même présenté ma main pour qu’il la serre, mais sentir qu’il la prenait dans la sienne me fit tout de même sursauter. Sa main était douce et chaude, elle avait quelque chose de réconfortant. Je me trouvais ridicule de penser à tout ça, j’avais définitivement trop bu.


-Alex Lovecraft.


Je ne savais pas trop pourquoi, mais j’étais incapable de détacher mes yeux des siens, tellement que je ne réalisai pratiquement pas qu’il tenait encore ma main dans la sienne, pas tout de suite, du moins. Lorsque m’en rendis compte, je baissai les yeux et je sentis le rouge me monter aux joues. Pathétique. J’étais définitivement rouillée avec les hommes.



-Je suis libraire, mais ce n'est pas une surprise pour toi ! Oh, ne t'en fais pas, tes secrets avec moi sont bien gardés.


Je ris un peu, ça faisait du bien. Il y avait longtemps que je ne m’étais pas sentie comme ça, légère et avec une pointe de bonheur qui ne nécessitait pas le besoin d’être justifiée. Je ne savais pas ce qu’avait ce garçon de si spécial, mais il me faisait sentir à l’aise. Comme à peu près toutes les filles de mon âge, chaque fois que je rencontrais un nouveau garçon, je ne pouvais m’empêcher, et ce bien malgré moi, de mesurer le potentiel qu’il pouvait posséder. Même dans mon état de déni complètement débile, je n’avais pu m’empêcher de scruter chaque centimètre carré du visage de ce bel homme. J’étais fermée aux sentiments parce qu’ils m’avaient trop souvent blessée dans le passé, mais je n’étais quand même pas aveugle. Ce que l’homme qui se tenait devant moi dégageait m’intriguait énormément et je ne pouvais détacher mes yeux de lui, peu importe ce que je tentais de me faire croire pour me déculpabiliser.


J’eus un faible rire et un regard amusé lorsque je vis Alex grimacer après sa gorgée de bière. Il n’était clairement pas d’ici. J’avais souvent entendu mes… parents… discuter de la nette différence de goût entre les bières américaines et les bières européennes. Pour ma part, j’étais bien trop jeune, lorsque j’avais quitté l’Amérique, pour avoir déjà goûté à une bière américaine. Je laissai mon regard tomber sur le nouveau verre que le barman venait de m’apporter. Je savais que j’aurais dû arrêter de boire pour éviter de faire une folle de moi ou, du moins, me souvenir d’une partie de ma soirée, mais la tentation était bien trop forte pour que je n’en prenne pas une gorgée. Après tout, plus la chaleur de l’alcool se rependait dans mon corps, plus je me sentais à l’aise face à ce garçon, et j’avais l’impression que mes soucis s’estompaient petit à petit.



-C'est bien plus âpre et fort que les bières de chez moi, expliquai-je, ça me surprend à chaque fois. Ca se passe bien, Poudlard ? Tu es en quelle année ? Et tu es dans quelle maison... Gryffondoré... Serpendaigle... Souffle.... Bon, je ne les retiens jamais, imprimé dans ma tête encore !


Il était adorable, c’était indéniable. Je déposai mon verre sur le comptoir du bar et j’orientai mon corps un peu plus vers lui. Je lui souris gentiment, j’étais sur le point de l’éduquer alors je pris ce petit air supérieur qui avait le malheur de m’aller un peu trop bien.


-7e année, à POUFsouffle. Je lui fis un clin d’œil. Disons que je m’en sors, je fais mon possible, mais académiquement parlant, c’est loin d’être ma meilleure année. J’ai l’habitude de frôler la perfection… mais bon


Je roulai les yeux et e pris une longue gorgée de mon verre. C’était comme si j’avais décidé d’enlever tous mes soucis comme on enlève un pull. Je me sentais si légère…


-Et toi, qu’est-ce qui t’amène dans notre pays si gris ? Et ne me dit pas que c’est la bière, je ne te croirai pas.

J’avais plissé les yeux avec amusement en le pointant avec mon index, comme si je sondais son âme. Puis, j’éclatai d’un rire franc et libérateur.


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MessageSujet: Re: Intuition & découvertes (PV G.D.)   Jeu 28 Mai - 17:18

Son trouble était visible, et cela m'amusait profondément. J'avais un rôle à tenir, bien évidemment, alors je ne pouvais jouer de rien, je ne pouvais pas profiter de la situation qui avait un petit quelque chose de grisant. Il faut dire que j'avais tout pour moi, face à elle : j'avais cette espèce d'excitation que l'on trouve toujours au sujet des inconnus, le charme de l'étranger, l'âge un peu plus avancé qu'elle, l'intérêt poli que je semblais lui porter, etc. J'étais conscient qu'en faisant ainsi, je pouvais plaire : ce qui était évidemment et définitivement mon intention. Les joues de la jolie jeune fille rosirent un peu trop pour que je ne le vois pas, même dans l'atmosphère sombre et un peu étouffante du pub. Bon prince, je pris bien garde de ne pas montrer que j'avais relevé. De toute façon, ce n'était pas quelque chose que je trouvais ridicule, au contraire ; amusant, plaisant tout du moins, et flatteur. Je ne pouvais pas me plaindre à ce sujet : j'aurais pu tomber sur une histoire bien moins intéressante et une cliente bien moins charmante !

... Allons, allons. Il fallait que je boive doucement, car je sentais que le liquide amer de mon verre commençait à délier un peu trop mes pensées, moins bridées que je l'aurais voulu. Les femmes n'étaient pas et n'avaient jamais été mon point faible, malgré cette histoire que j'avais eue et qui m'avait marqué, je le savais, plus que je voulais bien le reconnaître parfois. Il ne fallait pas que je fasse de faux pas aux côtés de la jeune Delacourt, et je ne voulais pas non plus lui manquer de respect outre-mesure... Aussi étrange que cela puisse paraître. Je la biaisais pour avoir des informations, pour mon reportage, pour mon travail, mais ce n'était que son histoire que je voulais, ce n'était pas elle, sa personne, sa vie, que je voulais titiller. Malgré l'éducation un peu particulière fournie par mes parents, plus amis et protecteurs que réels parents mais passons, j'étais tout de même consciente de certaines valeurs. Qui plus est, les origines de ma mère très portée sur le respect des clans et des personnes s'étaient ancrées en moi d'une manière ou d'une autre.

Toujours était-il que j'étais ravi : Gabrielle Delacourt était mon petit soleil de la soirée, mon instinct ne s'était pas trompé, et en plus de tout, elle se déridait tranquillement mais sûrement ! C'était une réussite, bien qu'une avancée minime comparé à tout ce qui m'attendait. Mais j'allais au moins pouvoir donner un os à ronger à mon patron pour qu'il me lâche un peu les baskets. Malgré mon attention toute reportée sur ma compagne de soirée, je ne pouvais pas m'empêcher de faire attention autour de moi, d'observer les gens, l'endroit, les attitudes, les groupes qui se formaient, etc. C'était une déformation professionnelle, ou bien un atout naturel que j'avais toujours eu et qui m'avait propulsé dans mon travail, mais un bon reportage se nourrit d'ambiance et de détails qui le rendent réel pour ses lecteurs, et tout la qualité d'un papier était dans cette subtilité. Si je ne comprenais pas encore toute l'Ecosse et ses habitudes, je m'en imprégnais, je me nourrissais de toute cette ambiance pour qu'elle coule ensuite dans l'encre de ma plume.

Quand la petite princesse dont l'histoire m'intéressait tant se tourna un peu plus vers moi, sur son tabouret, je le remarquai avec satisfaction : son visage s'ouvrait à moi, elle me laissait un peu plus avancer vers elle. J'avais même eu le droit d'entendre son rire, un petit rire léger et cristallin, et si j'avais trouvé son sourire lumineux comme une étoile dans la nuit noire, son rire décupla cette sensation et me fit presque frissonner. Si j'avais du la définir en un mot, j'aurais choisi celui-là : lumineuse. Solaire.


- 7e année, à POUFsouffle. Disons que je m’en sors, je fais mon possible, mais académiquement parlant, c’est loin d’être ma meilleure année. J’ai l’habitude de frôler la perfection… mais bon.

Bien sûr, je me doutais bien des raisons de ses difficultés. Je me doutais également, mais cela par mon sens de l'observation et de la déduction, qu'elle avait un penchant pour la perfection, car cela se lisait dans son attitude, dans ce qu'elle renvoyait, bien qu'un peu voilé derrière le voile de son renfermement et de sa tristesse.

- Les cours te plaisent moins ? demandai-je, innocemment, d'un ton toujours aussi poli et amical, pour qu'elle ne se sente pas agressée ou obligée de se livrer. Je discutai juste tranquillement avec elle, en lui montrant de l'intérêt aussi sincère que poli et respectant les bonnes convenances - nous étions en Grande-Bretagne, ne l'oublions pas. Est-ce que c'est comme chez nous, à partir d'une certaine année on peut choisir les matières que l'on suit ? Moi, j'avais pris littérature, sociologie, histoire de la magie, et sortilèges en matières principales !

Là-dessus, je ne mentais en rien : c'était ma scolarité telle qu'elle avait existé. Rien d'étonnant lorsqu'on me connaissait : j'étais passionnée des gens, des histoires, du monde. Et puis, j'avais besoin d'être indépendant. Les sortilèges étaient nécessaires pour avoir un certain pouvoir, une certaine puissance, même si j'avais eu plus de travail à effectuer dans cette matière que dans les autres qui m'étaient beaucoup plus naturelles - plus intellectuelles, moins « pratiques ».

-Et toi, qu’est-ce qui t’amène dans notre pays si gris ? Et ne me dit pas que c’est la bière, je ne te croirai pas.

Elle avait encore ri, encore plus sincèrement et franchement que la fois d'avant, et son rire encore une fois était si étincelant et entraînant qu'il entraîna le mien le plus naturellement du monde, avant même que je puisse faire quoi que ce soit. C'était drôle, tout de même : dans ce pub, face à mon verre que je peinais à vider, en compagnie de la jeune fille qui ferait mon succès et mon article, je ne pouvais pas m'empêcher de constater avec étonnement combien sa compagnie était agréable, dès lors qu'elle sortait un peu de sa carapace. Je me demandais quel genre d'ami(e)s elle avait, si elle en avait beaucoup, et comment ils réagissaient après tout ce qui lui était arrivé. Quelque part, elle avait l'air seule, toujours abattue et d'ailleurs ce soir elle semblait seule et volontairement seule - mais quelque chose n'allait pas, ne collait pas à ce que je ressentais. Cette fille-là n'était pas une timide maladive, n'était pas inintéressante, elle n'avait pas passé toutes ces années en solitaire, elle avait forcément des amis proches, car elle avait toutes les qualités pour. Où étaient-ils ? Les repoussaient-elle à dessein ? C'était l'hypothèse la plus probable.

- Ni la bière ni le climat, répondis-je sur le ton de la plaisanterie, moi aussi, en lui lançant un petit regard entendu. Ses yeux clairs semblaient, encore une fois, dévorer tout son visage tant ils brillaient. C'est un peu compliqué... Cette fois, bien sûr, c'était un mensonge, et un mensonge soigneusement préparé : Je n'avais plus de travail à Salem car la maison d'édition pour laquelle je travaillais a fermé. J'avais un peu envie de changer d'air (cette partie était la seule qui collait à la réalité), et j'ai eu une opportunité d'un poste à la librairie de Pré-au-Lard, je n'ai pas hésité, et me voilà ! C'est un peu étrange de se retrouver si loin de chez soi, mais c'est intéressant. J'écris un peu à côté, aussi, ajoutai-je, en faisant miroiter que j'écrivais potentiellement des romans alors que la vérité était toute autre.

Mon profil n'était ni banal ni original au possible ; je voulais surtout passer pour un garçon sans histoire, simple, qui menait son petit bonhomme de chemin sans grande ambition, pour inspirer une certaine confiance. J'avais hésité à paraître plus attirant, à faire miroiter d'avantage de réussite, mais quelque chose m'avait inspiré de la simplicité, car Gabrielle Delacourt était probablement entourée en ce moment de tout sauf de simplicité.


- Et alors, comment fait-on la fête ici ? A quoi ressemblent les soirées et les journées des étudiants de Poudlard ? continuai-je dans ma lancée, m'intéressant à elle sans paraître insistant. C'était aussi une manière de mieux cerner son type, son caractère, ses goûts, et j'avais avec moi l'avantage de l'étranger qui s'intéresse aux coutumes du pays inconnu, ce qui me facilitait un peu la tâche, je devais bien le reconnaître.

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Alex Lovecraft
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