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Résurrection [PV]

 
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 Résurrection [PV]

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Sacha Winch
Mangemorts



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MessageSujet: Résurrection [PV]   Mar 2 Sep - 19:20

Il faisait nuit. Une nuit dense comme de l'encre, brute comme le roc, et fraîche comme une tempête ; une de ces nuits qui n'inspirait pas confiance et confinait chez elles les honnêtes gens. Il avait plu toute la journée et avec la tombée du jour étaient arrivées des bourrasques de vent glacé rendant la pluie plus cinglante, plus battante. L'été avait disparu pour de bon, songea l'homme emmitouflé dans une épaisse cape noire râpée, pleine de trous. Sa vie en serait plus facilitée. Il se tenait sous un porche dans une des petites rues de l'Allée des Embrumes ; le peu de lumière des piteux réverbères ne suffisait absolument pas à l'éclairer, et quiconque serait passé à ce moment-là n'aurait vu personne, pas même cette silhouette un peu inquiétante qui prenait bien soin de ne pas être repérée. Même la cigarette qu'il terminait de fumer ne se voyait pas dans l'obscurité, car il en cachait le bout incandescent entre sa cape et les pierres rugueuses et suintantes d'eau qui encadraient la porte vermoulue. Les bruits se répétaient, encore et encore, ôtant au silence de la nuit ses particularités, ses petits bruits inconnus et inquiétants - là, comme un ressac, la plus tombait, encore et encore, crépitait sur les toits, tapait les pavés, glissait le long des murs, et le vent s'engouffrait encore et encore dans les étroites artères du Chemin de Traverse.

Personne ne passait là ; non seulement l'Allée des Embrumes n'était pas beaucoup empruntée, mais en plus le temps avait découragé les plus braves. Sacha Winch attendait depuis une bonne demi-heure déjà, emmitouflé dans ses habits humides, immobile dans sa cachette.

A présent, sa vie ressemblait à cela : une vie de cachettes, d'attente, de coins sombres, de froid et d'humidité. La chaleur de l'été était malheureusement contrebalancée par le monde qui sillonnait plus les campagnes, par les soirées bien plus longues et les nuits plus courtes, rendant les cachettes plus délicates. Depuis presque quatre ans, l'existence de l'ancien chef des Mangemorts se résumait ainsi, sillonnant la campagne à la recherche de fermes abandonnées, approchant avec prudence les endroits habités pour trouver de quoi subsister. Quatre années de cette vie en avaient fait un homme bien différent : il avait maigri, troqué ses jolis vêtements pour des haillons empilés les uns sur les autres, son visage s'était durci, l'ébène de ses yeux semblait plus noir que jamais. Sans compter le bras qu'il portait en écharpe et qui l'affaiblissait, jour après jour, encore et encore. La bataille de Poudlard avait laissé ses traces, ça, là, un peu partout... Ce jour-là, les Aurors avaient débarqué, trop nombreux, et c'en avait été fini de la suprémacie des Mangemorts à Poudlard - leur règne s'était effondré, leurs recherches, leur mission, leur plan avec. Certains avaient été capturés - Winch ramassait quand il le pouvait des Gazettes jetées par terre - d'autres avaient fui, comme lui. Par quel miracle ne s'était-il pas fait prendre ? Aucune idée. Mais il avait couru, et il courait encore, se protégeant de tous les sortilèges possibles, de tous les maléfices en sa connaissance. Il avait même jeté sa baguette magique - sa chère et si puissante baguette magique - avant d'en voler une, dont le bois ne lui correspondait pas, puis une autre, et enfin, une troisième, en bois de noyer, qui correspondait très bien à sa magie noire et puissante. Aucune possibilité de le tracer. Pour le reste, il survivait. Il volait, il s'arrangeait. Sa vie ne ressemblait à rien - elle était vide de sens, vide de tout. Winch avait échoué, et il n'était pas homme à supporter l'échec. Alors, il avait hésité. Au début, il avait tergiversé. Tout ce qu'il avait entrepris avait échoué : il avait perdu Poudlard, son équipe, toute la reconnaissance du Maître des Ténèbres. Le Maître avait disparu, tout avait explosé ; Winch était seul, seul et incapable de faire quoi que ce soit, avec toutes les unités d'Aurors aux trousses. Sans compter sa blessure, causée par un puissant sortilège d'un Auror - presque quatre ans et elle n'était pas guérie, car elle demandait des soins incessants et des soins avancés, et le Mangemort déchu n'avait pas en sa possession assez d'ingrédients pour faire les potions nécessaires. Il faisait de son mieux, alliant sortilèges, larcins, petits cambriolages, mais ça n'était pas assez. Certaines boutiques étaient trop dures à cambrioler, trop voyantes, ou bien certains ingrédients étaient trop rares... Et au il des mois sa blessure s'aggravait très peu, très très peu, mais juste un peu pour arriver à un jour où il ne pourrait plus attendre.

Ce jour était aujourd'hui. Ce n'était pas la douleur - non, Winch se fichait de la douleur, et son corps ne la ressentait plus, depuis tous ces mois durant lesquels son bras avait été blessé. C'était le résultat, cette espèce de gangrène incoercible qui avait gagné tout son bras gauche et remontait petit à petit vers l'épaule - vers le coeur.

Il n'avait pas le choix. Il était remonté vers le Nord, du fond d'une forêt galloise où il se cachait. Il avait été à Pré-au-Lard, très peu, puis à Londres, très peu aussi : il ne venait plus dans ces lieux bien trop dangereux. Mais là subsistaient quelques pistes, quelques pistes ténues, mais tout de même... Que pouvait-il faire d'autre de toute façon ? Attendre, encore. Attendre comme il le faisait depuis quatre ans. Attendre, sauf que cette fois-ci, le temps commençait à lui être compté.

Winch était entre ces deux lieux depuis un mois, dormant très peu, changeant presque tout le temps de position, ne dormant jamais deux soirs de suite dans la même cachette. Heureusement, le mauvais temps l'aidait, vidant l'extérieur des promeneurs un peu trop curieux. Il n'avait pas de plan, rien de précis - mais qu'avait-il de précis depuis qu'il était en cavale ? Rien, si ce n'était quelques buts qu'il se fixait de temps en temps, quelques recherches purement matérielles dont il avait besoin pour survivre. Pour le reste, il ruminait, broyait du noir encore et encore, revivait parfois dans ses pensée les années dorées et glorieuses qu'il avait vécues, méditait sur ses actions passées, ses erreurs, tout ce qu'il avait vu ou pas, décortiquait chacun de ses souvenirs, puisqu'il était seul à seul avec eux. C'est au cours d'une de ses errances au beau milieu de ses fragments de mémoire qu'il en avait mis quelques uns bout à bout - Poudlard - elle - ceux qui s'étaient alliés - voyons, son âge ?? - peut-être... Il avait pesé le risque, le pour et le contre. Il avait surtout mesuré qu'il n'avait plus le choix. Ambre Serana était un risque à prendre, quel qu'il soit. Si elle était fidèle à elle-même, alors, elle pourrait sans doute constituer en une planche de salut ; Winch n'aimait pas être redevable et vivait seulement pour se survivre à lui-même, mais il n'était plus en mesure de discuter de ce genre de préoccupations. Avec tous les moyens qu'il avait en sa possession (donc peu), il avait traqué la jeune fille, pris des notes, tracé des parcours potentiels. Elle pouvait être dans les alentours de Pré-au-Lard, au Chemin de Traverse parfois, dans l'Allée des Embrumes peut-être. ll allait et venait, attendant en vain. Pour l'instant.

Mais ce soir-là, il pleuvait, et la nuit était effrayante à souhait - personne ne sortirait. Personne, ou plutôt personne à part ces gens-là, ceux pour qui la nuit, la pénombre garantissaient l'anonymat, et qui avaient besoin de l'ombre pour organiser leurs petites affaires...

Une autre demi-heure s'était écoulée et Winch somnolait debout contre le mur, son bras en écharpe replié sous sa cape. La pluie et le vent faisaient un raffut de tous les diables, mais pourtant, il se réveilla et sursauta, d'un seul coup - au loin, très loin, quelqu'un s'approchait, et son oreille habitué à présent, comme un animal de proie, avait détecté des pas qui s'approchaient sur les pavés. Il scruta le noir, le morceau de la rue faiblement éclairée par un lampadaire défectueux à la flamme pâle et vacillante. La silhouette grandit dans l'ombre, se forma plus distinctement - petite et menue, une cape, une femme sûrement... Winch resserra son capuchon autour de sa tête, se cachant en partie. Il n'avait pas d'autres choix que de croiser la femme pour voir son visage. Il s'élança, jaillissant étrangement silencieusement de sa cachette pour un homme de sa stature, et barra le passage de l'inconnue.

C'était elle.


- J'ai besoin d'aide, murmura-t-il d'une voix basse et rauque qui n'avait plus l'habitude de s'exprimer. Sa main desserra un peu son capuchon, afin qu'Ambre puisse le voir, le reconnaître. Sous sa cape, son bras blessé mais toujours effectif tenait sa baguette magique. Tu pourrais faire ça ? Je suis blessé, précisa-t-il, gardant les informations détaillées pour plus tard.

Son regard sombre ne flancha pas, planté dans les yeux clairs de la jeune fille. Il attendait. Elle acceptait - c'était de nouveaux espoirs, et surtout une garantie de ne pas perdre son bras, ou pire encore. Elle refusait ou s'enfuyait - c'était elle qui mourrait. Il n'avait pas le choix.


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Ambre Serana
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Ami(e)s: A-t-on vraiment besoin de le savoir ?
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MessageSujet: Re: Résurrection [PV]   Sam 6 Sep - 16:25

Je détestais l'Allée des Embrumes. Chaque fois que j'y mettais les pieds j'avais la désagréable impression de me dégrader moi-même, comme si ma peau allait foncer à force de passer à travers les épais nuages de fumée ou que les rides des passants désabusés allaient choisir une autre victime et se focaliser sur moi. Néanmoins il arrivait que je doive me rendre dans cet endroit malsain et dépravé pour faire quelques achats. Je prenais alors toutes les précautions nécessaires – gants, longue cape etc – pour éviter tout soucis. Et, si on ne me voyait pas bien ce n'était pas de refus parce que les hommes frustrés en quête de plaisir faisaient eux aussi partis de ce paysage navrant qu'était l'Allée des Embrumes. J'étais jeune, j'étais jolie – même si pas très avenante – et ils pensaient souvent que ma présence ici était une réponse divine à leurs prières muettes. Mais j'avais bien d'autres chats à fouetter que de m'occuper de personnes ayant ratés leur vie et passant le reste de leur minable existence à errer en haillons dans les quartiers mal-famés. L'Allée des Embrumes avaient néanmoins quelques attraits qui poussaient un tas de sorciers respectables – dont je faisais partie – à traverser l'odeur insidieuse des hommes qui ne connaissent pas le mot hygiène. On y trouvait notamment des herbes, jus et autres ingrédients propices à la fabrication de potions disons, des potions qui n'étaient pas très bien vues dans la société. Évidemment, il était aussi possible de se procurer certains objets que le ministère n'approuvait pas voire désapprouvait complètement – mais le ministère avait perdu depuis longtemps mon respect alors leurs décisions pourries il pouvait se les garder.

La nuit était tombée, et les occupants de la rue n'étaient plus les mêmes que lorsque le soleil brillait. Ceux-là avaient sans doute trouvé un endroit où se terrer en attendant un miracle qui ne viendrait pas. De toute façon, une fois qu'on finissait dans l'Allée des Embrumes on était fini pour de bon. Surtout pour avoir, un jour, une odeur normale à nouveau. Mais je m'égarais. Je rentrais de chez l'apothicaire qui avait quelques bons produits et notamment une potion qu'on ne trouvait qu'ici du moins en Europe. Elle avait pour but de provoquer une légère (plus ou moins comprenez qui ne durait que quelques semaines) dépression. Évidemment si on doublait la dose ça devenait encore plus marrant. La première fois que je l'avais testée Aurore en avait fait les frais – à cette époque lointaine où nous étions encore de « bonnes camarades qui s'entendent bien ». Depuis elle était retourner en Italie où elle faisait je ne savais quoi. Ce n'était pas comme si on allait s'écrire. Le fait était que cette potion marchait plutôt bien. Elle coûtait cher, mais je venais heureusement d'une famille qui avait les moyens. A vrai dire j'avais souvent un flacon sur moi. Je ne l'utilisais pas sans une bonne raison – quoique, il m'arrivait de péter les plombs parfois – mais c'était une arme qui ne me quittait pas souvent. J'avais usé ma dernière fiole tout récemment et j'avais profité de cette journée de libre pour aller remplir mes stocks à nouveau.

Le magasin était au fond de l'Allée – ce qui me rendait vraiment, mais vraiment, de mauvaise humeur – et je devais la traverser à nouveau pour rentrer chez moi. Est-ce que j'avais des scrupules à songer à mon luxueux lieu de vie en croisant les visages tristes et affamés devant moi ? Absolument aucun. Je serrai dans ma main les deux précieuses fioles que j'avais acheté. Les prix avaient encore augmenté mais, pour une fois, je n'avais pas chipoté. Il était trop tard pour ça et j'avais assez d'argent pour m'en payer un carton de toute façon. Et puis, le vendeur risquait de me cracher à la figure à la moindre remarque. Son commerce ne marchait pas bien mais il refusait qu'on lui dise quoi que ce soit.

Je marchai d'un bon pas – pour sortir le plus vite possible d'ici – lorsqu'une voix m'interpella :


- J'ai besoin d'aide.

Je relevai précipitamment la tête. Je ne l'avais pas entendu venir celui-là – pourtant, généralement, ils étaient bruyants.

- Allez vous..., commençai-je à répondre, sèchement, à l'homme caché sous sa cape avant qu'il ne la desserre un peu.

Je le connaissais. Je plissai les yeux pour le reconnaître. Son visage avait changé mais il m'était impossible de me tromper. Je connaissais ce visage pour l'avoir vu amener un souffle nouveau à Poudlard. Un souffle qui s'était d'ailleurs essoufflé peu de temps après.


- Tu pourrais faire ça ? Je suis blessé.

Je hochai prudemment la tête. Sacha Winch le grand sorcier qui avait fait trembler Poudlard – et qui, en passant était un mangemort réputé – ne devait pas apprécier qu'on lui dise non. D'instinct, j'acceptai pour éviter je ne savais quelle situation déplaisante et aussi – et surtout – parce que tout ça m'intriguait.

Winch faisait renaître de vieux souvenirs d'un époque que la majorité de la population sorcière aurait profité oublier. Lorsque les mangemorts étaient arrivés à Poudlard ils avaient apporté avec eux l'espoir d'un monde nouveau fondé sur un principe fondamental juste et sincère : le statut du sang. A cette époque lui-même était une figure d'espoir mais là... j'étais déçue. Clairement, ce n'était plus l'homme qu'il avait été. Amaigri, blessé il ne semblait pas aussi prometteur qu'il l'avait été lorsque je l'avais vu débarquer à Poudlard avec sa bande de mangemorts. Si une partie de moi avait encore espéré que les partisans du Seigneur des Ténèbres étaient toujours là, dans l'ombre, et préparaient un grand coup elle n'existait plus à présent.

… Mais en même temps, il s'agissait Winch, il ne pouvait pas ne plus incarner l'espoir comme ça, d'un coup.

Nous nous décalâmes dans un recoin plus sombre – Winch était l'un des hommes les plus recherchés de Grande-Bretagne. Il dégagea son bras gauche de sa cape et je ne réussis pas à retenir une grimace de dégoût. C'était... je comprenais mieux pourquoi il me demandait mon aide – même si je comprenais pas pourquoi il me la demandait à moi.


- Vous êtes dans un sale état, commentai-je d'une voix neutre.

Son bras ne ressemblait plus à grand chose et il lui fallait rapidement agir s'il voulait le garder. Winch avait vraiment besoin d'aide, mais était-ce bien raisonnable ? Je n'étais complètement folle et aider un mangemort en fuite n'aurait pas été bon pour ma situation mais ça, encore, tant que j'étais discrète il n'y avait pas de problème. Non, en fait ce qui me dérangeait c'était l'état dans lequel il se trouvait. Même s'il réussissait à se soigner correctement, si son bras recouvrait toutes ses forces il resterait affaibli. Aussi connu soit-il – et respectable – je ne voyais pas pourquoi je me mettrais en danger pour un homme en fin de parcours.


- Pourquoi est-ce que je ferais ça ?

J'avais levé les yeux vers Winch, et j'attendais patiemment une réponse. J'avais mes propres projets. Je voulais juste qu'il me prouve qu'il n'était pas complètement perdu, je voulais croire à nouveau. Et puis, même si je l'aidais, qu'est-ce qu'il allait se passer ensuite ? Il allait me remercier et continuer son chemin en me laissant là, alors que je savais qu'il était là, vivant ? (même si je ne doutais pas qu'il était capable de disparaître en un rien de temps). Je ne comptais pas courir au ministère pour leur donner cette précieuse information mais lui ne pouvait pas le savoir. Je représentais une menace maintenant et Winch était un mangemort, autant dire qu'il savait quoi faire pour exterminer les menaces, même légères. Et autant dire que toutes ces perspectives ne me plaisaient pas.

A vrai dire je ne savais pas ce que je voulais, tout ça était trop surprenant pour l'instant. Ou plutôt si, je savais ce que je voulais mais ça me semblait loin, inaccessible. Je me refusais de m'imaginer que Winch était de retour pour se battre – il n'avait plus la carrure pour ça de toute façon. A vrai dire, une part de moi avait très envie de lui dire d'aller voir ailleurs, que je ne voulais pas tremper dans ses magouilles (alors que, si, je le voulais) et qu'il n'était plus rien maintenant (parce qu'il n'aurait bientôt plus de bras, plus de main). Mais, l'autre partie avait peur de ce qui pourrait se passait – c'était tout de même Winch. Pas seulement de ce qui pourrait m'arriver mais surtout de ce qui n'arriverait pas si je partais et si je tournais le dos à un (ancien) grand mangemort. C'était peut-être ma chance.


- Je vais vous aider, (de toute façon je risquais de le faire, maintenant que j'étais là) et quoi ? Vous retournerez vous terrer en attendant de mourir de je ne sais quoi pendant que, hm, je marcherais tranquillement dans Londres avec une information qui pourrait vous être fatale ?

_________________
@Dray Collins a écrit:
non, je ne tripe pas alone dans mes toilettes en déroulant du papier-cul ..








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Sacha Winch
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MessageSujet: Re: Résurrection [PV]   Mer 10 Sep - 16:31

Il se passa une seconde, à peine ; rien qu'une petite seconde pendant laquelle Sacha Winch darda la jeune fille de ses yeux sombres, attendant un signe, n'importe lequel. Prise au dépourvu, elle eut un geste d'humeur, et ses yeux froids allaient pour jeter un regard méprisant à l'importun qui traversait sa route - ils se figèrent dans une expression de surprise juste après, et ses derniers mots se perdirent dans la fraîcheur de la nuit. Winch n'avait qu'un souvenir vague d'Ambre Serana ; un souvenir certain pour ce qu'elle avait accompli pendant la prise de Poudlard et tout ce qui avait suivi, pour son rôle chez les Purgateurs, pour son engagement, et donc un souvenir qui la différenciait de la masse des élèves bien moins intéressants. Mais un souvenir vague car elle était une enfant, elle n'était pas encore promise à un avenir qu'il aurait pu juger de bon... Elle n'était pas Claire Austen, et cette simple comparaison suffisait à séparer les choses bien rangées de l'esprit du Mangemort déchu. Cette passion aussi vive que brève qu'il avait eu pour la Serpentard aux cheveux roses l'avait quelque peu coupé du reste de la gente féminine, bien qu'il aurait bien trop fier et orgueilleux pour reconnaître de quelconques sentiments pour une gamine.

Ambre obtempéra, du moins pour le moment en tout cas - ils se glissèrent vers le bord de la rue sinueuse et sombre, à l'ombre des regards potentiels, bien que le temps sinistre soit gage de leur tranquillité. Sous sa cape trouée, toujours, Winch serrait la baguette en bois de noyer, qui, sentant l'importance de la situation peut-être, semblait vibrer de tension sous ses doigts. Il était passé de prédateur à proie, pendant ces années d'errance, et son attitude s'en trouvait transformée : sèche, nerveuse, aux aguets. Il était l'ombre de lui-même, certes, mais sans doute encore plus prêt à tout qu'auparavant - mais les dés n'étaient pas encore jetés.


- Vous êtes dans un sale état, finit par dire Ambre d'une voix distante.

Winch la jaugea du regard, notant son petit rictus de dégoût face à la blessure plutôt repoussante. Au fond de lui, quelque chose s'apparentant à une tornade bouillait, se nourrissant de tout ce qu'il avait traversé jusqu'à lors. Cette vie de réclusion, d'ombre et de silence, l'avait aguerri sur plus d'un point ; néanmoins, son orgueil et sa fierté restaient là, peut-être un peu plus enfouis, mais bien présent. Oh, il savait bien ce qui se tramait dans l'esprit de la jeune Serpentard, qui quoique bien investie et plus mature là-dessus que ses camarades, restait jeune, restait encore bien trop utopiste sur certains points. Il lui inspirait la déception et de désintérêt, il en était certain, et il la haïssait d'ailleurs pour cela. La tornade qui se consumait en lui voulait rappeler à cette enfant l'homme qu'il avait été, l'homme qu'il était encore, bien qu'affaibli, son rôle important aux côtés du Seigneur des Ténèbres, sa puissance et sa victoire, ses moyens au-dessus de tout car il avait su se les procurer avec toute l'intelligence dont il est capable. Sans doute que Sacha Winch avait changé au yeux de bien des gens, mais pas aux siens ; si il acceptait bon gré mal gré de garder la tête basse, pour l'instant, s'il digérait ses échecs cuisants comme il le pouvait, il n'était pas prêt à rendre les armes, pas maintenant, pas demain : jamais. Il avait en lui trop de foi et de conviction pour abandonner ; trop d'honneur aussi.

Mais il était malheureusement trop intelligent pour ne pas reconnaître que son honneur et sa fierté devaient être mis de côté car il avait besoin d'aide, d'aide pour ne pas mourir et perdre cette bataille. Autant que cela lui en coûtait, il avait placé en Ambre Serana tous ses espoirs.


- Pourquoi est-ce que je ferais ça ? Elle le défiait du regard, et celui du Mangemort ne faiblissait pas. Je vais vous aider, et quoi ? Vous retournerez vous terrer en attendant de mourir de je ne sais quoi pendant que, hm, je marcherais tranquillement dans Londres avec une information qui pourrait vous être fatale ?

Dans la pénombre, Winch eut un rictus qui s'apparenta à un sourire - il avait perdu cette habitude depuis longtemps. Autour d'eux, la pluie continuait de tomber et le vent de souffler, et l'aspect lugubre de l'Allée des Embrumes semblait englober et protéger ce qui s'y tramait, là, dans l'ombre d'une ruelle sinueuse.

- Je ne me suis pas trompé sur ton compte, répondit-il d'une voix toujours aussi rauque. Tu te demandes ce que je vaux encore et ce que tu pourrais y gagner, n'est-ce pas ?

N'aurait-il pas réagi de la même façon, à sa place ? Bien sûr que oui - accepter, c'était se lier à lui d'une manière ou d'une autre. C'était risquer, c'était même dépendre un peu. Lui mieux que quiconque, pour qui travailler en équipe était une faiblesse, comprenait cet état d'esprit : il ne fallait dépendre de personne, jamais. La grandeur et le pouvoir ne venaient jamais pour plusieurs, c'était pour une personne ou une seule, ou bien la donne était faussée. Serana jouait gros là aussi, car si elle acceptait de se mouiller, elle risquait ; tout cela sans garantie. Finalement, Winch n'avait en sa faveur que ses actes passés et la promesse d'un pouvoir au moins tout aussi grand que celui qu'il avait eu. Le problème, bien évidemment, était qu'il était faible et mourant, dépouillé de tout et l'homme le plus recherché du moment, ce qui lui ôtait, cela allait sans dire, un certain nombre de moyens. Pourtant, la bête était là, toujours, sommeillant dans l'ombre et se nourrissant de toute la frustration accumulée pendant ces années de cavale, de tous ces coups avortés et de toutes ces envies insatiables de gloire et de pouvoir. Winch n'avait pas cessé de penser à tout cela, n'avait pas cessé de manigancer dans son coin et de calculer toutes ses futures actions possibles, cependant il lui était impossible de les mettre à l'oeuvre, étant donné le piteux état dans lequel il se trouvait.

Son regard noir brûlait toujours de la même intensité, malgré ses cheveux plus en bataille, ses traits émaciés, son visage amaigri. Mais la lueur était peut-être un peu plus maladive, moins saine, plus fiévreuse - il était malade de ses échecs, de ses années perdues, de tout ce qui lui restait à accomplir et de l'impossibilité momentanée de retrouver toute sa puissance. Inconsciemment, ses doigts se serrèrent sur sa baguette et il serra les dents, traversé par la rage de toute cette envie de vengeance qui le maintenait en vie. Sa main valide agrippa soudain la main d'Ambre, dans laquelle, il avait remarqué, elle serrait deux petites fioles. Ses doigts crochetèrent sa cible comme les serres d'un oiseau de proie, et il attira la jeune fille tout contre lui, la toisant de sa taille, mélangeant les ombres de leur deux visages.


- Je n'ai pas abandonné mes idéaux par choix et tu le sais, murmura-t-il d'une voix plus vivace, plus effrayante aussi. J'ai du me cacher pour survivre mais je n'ai rien oublié. Toi non plus, n'est-ce pas ? Si tu m'aides, si tu me sors de là, je te promets de ne pas l'oublier. Je veux autre chose que la guérison de mon bras, je veux retrouver ce que nous avions et bien plus encore, ne me dis pas que tu es prête à passer à côté ?

Il n'avait pas desserré sa prise et le bruit de la pluie semblait plus fort, tandis que le vent était plus glacé et coupant maintenant que tout était humide. Savait-elle au moins qu'elle n'avait plus le choix à présent ? Ambre devenait la seule personne à l'avoir vu vivant, à l'avoir identifié, repéré... Leurs destins étaient scellés, d'une manière ou d'une autre.


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