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Between the bridge and the river [Pv]

 
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 Between the bridge and the river [Pv]

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Daniel Kelsey
Élève de 6ème année



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MessageSujet: Between the bridge and the river [Pv]   Dim 22 Juin - 18:46

Un an. Globalement on pouvait le résumer ainsi. Ça faisait une bonne année que je n’avais pas ouvert les yeux en ayant un semblant de sensation de clarté.  Pour la première fois depuis longtemps j’avais une vague idée de ce que j’avais à faire. Je devais mettre les choses au point. Je me devais de régler mes dernières affaires avant que ce ne soit trop tard. Je me devais de m’expliquer auprès de tous ceux que j’avais fait souffrir et que j’avais aimé avec ou sans retour. C’était seul dans ma petite chambre d’hôpital que je m’étais rendu compte de la nécessité de l’appel que je m’apprêtais à faire. Je voulais la revoir une dernière fois, juste pour lui parler. Mais il s’était passé beaucoup de choses avant que je compose le numéro.

Je me souvenais de la fois ou j’avais replongé comme si c’était hier. Les multiples refus que j’avais encaissés pour avoir un pauvre job (de façon surprenante se retrouver sans qualification n’était pas un atout) n’avaient pas été le plus gros déclencheur, ce n’était pas la première fois que je me prenais des râteaux. Je savais très bien qu’une des rares possibilités qui s’offraient à moi était barman, ou serveur, mais quand on était à ce moment là tout juste sorti d’une cure de désintox, sobre depuis même pas trois mois, un pub n’était clairement pas le meilleur des endroits où traîner. Pourtant j’avais pris une chambre au Chaudron Baveur, et là mon problème mental, ma faiblesse avait ressurgi. Je revoyais encore la lettre d’Holly, les mots qui s’enchaînaient me dévoilant sa souffrance qui était entièrement de ma responsabilité. Mon esprit avait été en quelque sorte déconnecté pendant que je déchiffrais sa réponse. Après le point final je m’étais rendu compte que j’étais seul, et que cette solitude allait toujours m’accompagner. C’est à ce moment là que mon corps tout entier a commencé à crier, à vouloir du réconfort. Cette nuit chaude de fin d’été il n’y avait que le Pur Feu. Puis Ana est apparue avec ses cheveux jais et son regard de glace. Elle était seule, j’étais seul, notre engueulade puis nos caresses nous ont permit de nous sentir un peu plus vivants que nous l’étions réellement.  

Je me rappelle du soleil qui avait transpercé les rideaux m’avait réveillé, chauffant doucement ma peau. Ma main s’était alors posée là où ma compagne d’une nuit aurait du se trouver mais il n’y avait que les draps. Je m’étais alors rendu compte de ce que j’avais fait. J’avais bondi hors du lit, fouillant la chambre, dans mes vêtements éparpillés sur le plancher pour retrouver la lettre que la Serdaigle m’avait envoyé pour la relire une nouvelle fois. Je n’étais qu’un con. Un gros con. Je l’avais toujours été. J’ai choppé la bouteille de Pur Feu qui se trouvait sur la table avant d’en avaler une bonne rasade. Certaines personnes dans leurs vies avaient eu la bonté de me donner une seconde chance, Holly, mes parents, les responsables de mon ancienne maison de désintox, et qu’est ce que j’avais fait ? J’avais tout foutu en l’air, encore et toujours. Et j’étais gentil avec le terme seconde chance, avec Holly j’avais grillé un nombre incalculable de jokers. Au fond je n’étais qu’un gamin qui ne savait pas ce qu’il voulait. J’étais juste le gosse qui cassait tout puis pleurait avant tout détruire une nouvelle fois.

Pour être tout à fait honnête les mois qui ont suivi étaient beaucoup plus confus, ils pourraient être résumés par une sorte de traversée dans le brouillard. Je me souvenais très bien des derniers mots que m’avait dits un doc de la cure, que ce n’était que le début la suite était une vie de vigilance. Au final ça avait duré trois mois. Great. Mais à ce moment là plus rien n’avait d’importance. Le monde sorcier ne voulait plus de moi, je ne voulais plus du monde sorcier. J’étais pas près de revenir chez mes parents, j’étais de retour dans un Londres où tout était permis, où je connaissais les bonnes adresses pour retrouver ce que je voulais. C’était incroyable la vitesse à laquelle les anciennes habitudes peuvent revenir rapidement. Chassez le naturel, il revient au galop comme le disent les anciens. Le premier fixe me donna un flash d’une puissance incroyable, proche du tout premier, le décollage avait été doux, la sensation d’une amante vous prenant dans ses bras.

Bref, j’avais retrouvé quelques anciennes connaissances moyennement recommandables, j’avais recommencé mon petit business. Je faisais le tour des soirées plus ou moins huppées, des différentes boites de nuits pas très très clean, les bars  ou la jeunesse bien élevée londonienne allait se frotter au côté plus obscur, la partie sombre de la capitale. Cependant je ne pouvais me permettre de payer le loyer de mon appartement misérable qui se résumait clairement à une pièce avec un matelas posé sur le sol ainsi qu’une salle de bain avec un néon qui marchait un jour sur deux. Je devais cumuler différents petits jobs. Barman en début de soirée ce qui me permettait de taper dans le stock d’alcool discrètement, après avoir nettoyé la salle du vomi d’ivrognes quand ce n’était pas le mien,  je me précipitais pour faire les ouvertures des différents clubs de Londres. Quoi de mieux qu’un peu d’acide pour patienter dans le froid et la grisaille avant de rentrer dans la boite pour passer la soirée de sa vie ?  Je vivais une double journée.

Une boîte du nom de Save the Robots venait d’ouvrir dans le sud de la ville pour les after hours de la nuit. Par le biais de différentes relations et coups de pouces j’avais fini par être embauché comme videur/portier. Je n’étais clairement pas le mec qui allait s’occuper du gars qui avait bu un coup de trop ou sniffé ce qui fallait pas et était agressif… Non non, j’étais plus le type quand la boite voulait du chic devait lâcher un petit  " Mmmh… Vous n’êtes pas sur la liste… " avant que les autres malabars s’en occupent. J’étais à peine resté trois semaines avant de me faire virer, j’étais beaucoup plus intéressé par ce qui se passait à l’intérieur du club que de contrôler l’entrée. Mais c’était au cours de ces trois semaines que je l’ai revue.

C’est d’abord un rire qui m’a fait sortir des vapeurs des différents produits que j’avais pris un peu auparavant. La Sirène de Poudlard avait un rire particulièrement reconnaissable. J’étais un peu en retrait quand elle m’est passée devant sans me jeter un regard en compagnie d’autres amies. La politique de la maison était de laisser passer les groupes de filles bien sûr, encore plus quand elles étaient comme Lilian Easter. Sur le coup je me suis demandé ce qu’elle pouvait bien faire là avant de tilter que sa scolarité à Poudlard avait fini depuis perpèt’. J’ai longtemps hésité avant d’aller la chercher dans le club. Est-ce qu’il était vraiment nécessaire qu’elle me voit ainsi, les pupilles dilatées au maximum ? Il était difficile d’être rationnelle quand on venait de s’enfiler de la cocaïne. J’avais alors laissé deux colosses s’occuper de la porte avant d’entrer dans le club pour la retrouver. Elle était au beau milieu de la boite avec son groupe d’ami(e)s  se déhanchant lentement sur la musique, tout le monde les observait, ou plutôt la contemplait. Les différents faisceaux lumineux projetant toutes les couleurs de l’arc en ciel l’illuminaient. Une nouvelle fois elle était le centre de tous les regards. Cette fois sans hésitation je me suis approché d’elle. Après une légère surprise elle m’a reconnu. On a passé deux minutes à se gueuler l’oreille l’un de l’autre, sans comprendre un mot de ce qu’on se disait. On a juste eu le temps de s’échanger nos numéros avant que ses amis ne la trainent vers la sortie.

Le lendemain j’avais hésité à lui envoyer un message avant de me raviser. Comme tout ce que je prenais j’étais toxique, je faisais du mal à tout ce que je touchais. Avec Lilian j’avais plutôt été pris entre ses griffes, elle avait été ma première addiction. Mais je ne voulais pas qu’elle voit le déchet que j’étais devenu.

Dans les mois qui ont suivi c’était tout ce que j’étais. Un déchet, une décharge de produits toxiques me permettant de voir des paradis magnifiques mais artificiels. Petit à petit je devais augmenter les doses si je voulais retrouver ses sensations de moins en moins agréables, de plus en plus terrifiantes. Les aiguilles qui fouillaient ma chair de plus en plus pour trouver des veines qui n’avaient pas encore claquées. Mes tremblements se rapprochaient, mon sang bouillonnait à l’approche de chaque de seringue, mon corps hurlait quand le manque se faisait sentir. Je brûlais, un feu me consumait. J’aurais du me rendre compte qu’il y avait un problème quand j’ai commençait à me sentir encore plus faible que la normal, quand je ne vomissais pas uniquement à cause de l’alcool. C’est au beau milieu de la rue, sous un soleil rare qui le rendait encore plus magnifique que j’ai craqué. Je me suis effondré. Je percevais juste des voix, dans le flou des personnes s’agitant autour de moi. Le bruit d’une ambulance qui s’approche. Une nouvelle fois la sensation de voler comme lors du premier trip. La descente a été brutale… Le black out. J’ai émergé à l’hôpital, entouré de mes parents. Je revois encore les larmes sur le visage de ma mère, le regard hagard et les cernes de mon père. Malheureusement ce n’était pas la première réunion familiale de ce type. J’ai appris un peu plus tard dans la journée pourquoi le désespoir de mes parents était si visible. J’étais condamné.

C’était au cours ma quatrième semaine en soins intensifs que j’ai décidé de l’appeler. Première sonnerie… Deuxième sonnerie… Sa voix douce est finalement apparue m’indiquant qu’elle n’était pas disponible et suggérant de laisser un message.


- Salut Lilian ! C’est Daniel. C’était juste pour te dire que j’aimerais bien te revoir. Si ça te tente je suis au London Bridge Hospital. Les visites sont entre 13h et 20h… Passe quand tu veux !

Au final je ne savais pas si elle allait venir. Elle aurait tout à fait pu ne jamais venir. Après tout rien ne l’obligeait, notre relation ayant souvent été à sens unique, moi fou d’elle.

Pourtant le lendemain elle était là. J’étais branché à un dialyseur (rien de plus sexy) quand elle est rentrée dans la chambre. Un petit sourire se dessina sur mes lèvres, si elle était venue quelques heures auparavant elle m'aurait vu avec une blouse d'hôpital, là j'étais habillé à peu près normalement. Elle… Elle n’avait pas changé. Toujours aussi belle, lumineuse. Ses deux lagons du Pacifique ne procurèrent pas le même pincement au cœur que j’avais eu pendant toutes ces années. Alors que la vie glissait entre mes doigts, j’étais guéri de ce qui avait causé une partie mes tourments. C’était l’ironie du sort.


- Hey baby ! Quoi de nouveau chez les sorciers ?

Ma voix avait pris un ton faussement enjoué. J’ai dégagé le siège qui se trouvait à côté de mon fauteuil de l’autre côté du générateur de la dialyse. La manche de ma chemise retroussée, elle pouvait tout voir. Les différents tubes du dialyseur et de la perf, mais surtout les traces de piqures et la cicatrice qui parcourait mon avant bras. La seule chose qu’elle ne savait pas c’est que la fin était proche.

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Lilian Easter
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Localisation : Dans le lit avec Iron Man. Et tu es prié(e) de dégager, on n'aime pas les plans à 3. (A part si tu t'appelles Jack Sparrow, que tu as du rhum et de la pâte à crêpes...) Quoi? C'est quoi cet air choqué, vous êtes toujours puceau ou quoi? Question suivante !
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Particularités: Yeux plus beaux, tu meurs ! LA Sirène de Poudlard, je suis belle à mourir.
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MessageSujet: Re: Between the bridge and the river [Pv]   Mer 25 Juin - 22:38


Elle se souvenait de tout. Toutes ces scènes, toutes ces parties, tout ce jeu ; par contre, elle n'avait pas idée du prix qu'il avait dû payer pour être tombé dans ses lagunes. Elle n'avait pas pleinement réalisé lorsqu'il lui avait laissé ce message sur son répondeur, pensant simplement à un accident de travail ou je ne sais quoi encore. Non, elle n'avait pas idée, elle était bien loin d'imaginer.

Lilian se souvenait de la soirée qu'elle avait passée dans la nouvelle boîte londonienne avec des amis, dont Chuck notamment. Elle était bien allumée déjà quand ils étaient rentrés ; allumée mais encore consciente de ce qui se passait autour d'elle et capable d'avoir une attitude presque sobre. Puis elle l'avait vu : Daniel était là, devant elle alors qu'elle dansait avec ses amies. Elle avait voulu appeler Chuck pour lui dire de venir voir qui était là, mais il était parti au bar se chercher un verre et la belle avait eu l'impression que Dan avait autre chose à faire après, quelque chose d'autre dont elle ne voulait pas se mêler, il avait certainement ses potes à lui qui l'attendaient. Ils avaient échangé leurs numéros – Lilian s'étant dotée d'un portable depuis peu et il avait disparu dans les méandres de la boîte de nuit, tantôt recouvert d'une ombre, tantôt découvert par les lumières multicolores. La superbe avait voulu le suivre, pouvoir lui parler tranquillement, à l'air libre, quitte à planter Chuck et les autres parce qu'elle avait une bonne raison, mais ce dernier venait de refaire son apparition et il semblait avoir quelque chose d'important à lui montrer tant et si bien que par la suite des choses, Lilian avait abandonné cette idée de retrouver Daniel, qui devait être bien loin maintenant.

Certes, elle aurait pu lui envoyer un message mais son travail à Sainte-Mangouste lui avait laissé peu de temps à elle dans la journée, puis ses cousins étaient venus leur faire une surprise avec leurs parents et avaient habités chez eux pendant deux semaines, la présence d'Alexandra faisant totalement oublier celle de Daniel chez Lilian.

Un soir après une journée à Sainte-Mangouste et une fois rentrée chez elle, Lilian regarda par inadvertance presque son portable et aperçu la petite icône indiquant un message vocal. Elle composa le numéro de sa messagerie et la voix de Daniel résonna dans ses oreilles.


- Salut Lilian ! C’est Daniel. C’était juste pour te dire que j’aimerais bien te revoir. Si ça te tente je suis au London Bridge Hospital. Les visites sont entre 13h et 20h… Passe quand tu veux !

Etonnée et surprise, soucieuse de vérifier si elle avait bien tout compris, la jeune fille réécouta le message. Pourquoi était-il à l'hôpital ? Un hôpital moldu de surcroît ? Que s'était-il passé ? Peu importe, elle obtiendrait sûrement les réponses à ses questions demain quand elle lui rendrait visite. D'ailleurs, elle décida de commencer plus tôt sa journée pour pouvoir partir plus tôt et rester le plus longtemps possible avec Dan. Ils avaient énormément de choses à se dire, elle le savait et elle voulait leur accorder le plus de temps qu'elle pouvait. Elle avait cru déceler une pointe de regret dans sa voix, comme s'il tenait à faire le point sur plein de choses. Ils avaient tellement de choses à se dire, de points à éclaircir, des aveux à se faire.

Le lendemain, elle fut à Sainte-Mangouste une heure et demie plus tôt, dans l'espoir de trouver Grant ou même Dean et leur apprendre qu'elle partirait sûrement plus tôt ce soir, car elle avait des choses importantes à régler. Ce fut sur Grant qu'elle tomba et qui ne fournit aucune objection, tant qu'elle arrivait à tout faire. La belle sirène se mit donc au travail, rangeant les potions, préparant les plateaux repas des patients, les distribuant, passant dans les chambres pour vérifier que tout se passait bien, remballant les plateaux repas, finis ou non. Bien que les patients lui permettaient d'oublier un peu sa visite à l'hôpital, toute sa journée fut rythmée par cette dernière, la belle ne cessant d'envisager d'innombrables possibilités, comment cela se déroulerait, les choses qu'ils se diraient. Lilian aurait souhaité parler à Dean de tout cela, lui dire qu'elle avait un ami qui n'allait apparemment pas bien du tout et qu'il avait besoin de la voir, c'est pour cela qu'elle devait partir plus tôt ce soir et qu'ils ne pourraient pas rentrer ensemble mais l'apprenti fut introuvable. Il devait avoir encore une folle journée et Lilian dut se résoudre à abandonner les recherches. Sa visite chez Daniel était tout ce qui comptait à présent.

Une fois que tout fût terminé, la belle se rendit dans les vestiaires pour se changer avant de se rendre au London Bridge Hospital. Une émotion lui enserrait doucement les entrailles au fur et à mesure que la visite se rapprochait. Vêtue d'un pantalon kaki qui soulignait la finesse et le galbe de ses jambes, imitant les treillis, de low boots noires à talon, d'un débardeur noir, elle enfila son perfecto de cuir de la même couleur, elle passa la main dans ses longues ondulations de cuivre avant de quitter l'hôpital. Une dernière fois elle tenta d'apercevoir le regard clair et envoûtant de Dean, en vain. Pas une fois elle ne l'avait vu de la journée et elle ressentit en elle presque un manque, comme s'il lui manquait quelque chose. Quelque chose pour lui donner du courage vraisemblablement. Lilian savait que revoir Dan ne serait pas si facile que cela, ce ne serait pas une réunion d'anciens élèves, des amis qui se retrouvent au détour d'une rue, par pur hasard et qui prenaient un verre pour évoquer les souvenirs passés, leur vie présente devant le temps qui s'écoulait et les faisait doucement grandir. Leurs retrouvailles auraient une autre signification, Lilian le savait. Mais mien de rien, elle avait grandement envie de le revoir. Daniel tenait une place toute particulière chez elle : plus qu'un simple ami, moins qu'un boyfriend, ces qualificatifs avaient rythmé leur scolarité à Poudlard et leur relation compliquée qui avait brutalement pris fin lors du renvoi du jeune homme. Depuis ce jour, elle n'avait plus eu aucune nouvelle. Jusqu'à il y a deux mois.

Lilian se souvenait de tout. De chacun des épisodes dans lesquels ils étaient apparus. De leur rencontre. De leurs autres rencontres au détour de couloirs, dans la volière, dans la salle sur demande et une nouvelle fois dans la cuisine, là où tout avait commencé. Leur relation aurait pu être tellement simple, si l'un des protagonistes n'avait pas été Lilian Easter LA Sirène de Poudlard. Avec un autre personnage, un troisième pour parfaire cette relation déjà compliquée pour la transformer en un véritable triangle amoureux : Holly Dilay. C'eut été trop simple sinon. Tant de choses qui avaient ravi les spectateurs, les élèves du château et les journalistes avides et curieux du Daily Poudlard. Tant de choses qui avaient meurtri le cœur las et fatigué d'attendre de la jolie et tendre Holly. Tant de choses qui avaient amusée Lilian, sirène ravie de voir que sa technique de chasse fonctionnait à merveille. Tant de choses qui avaient fait hésiter Daniel et qui – selon Lilian – l'avaient fait plonger, couler et causer indirectement son renvoi de l'école.

Lilian n'avait rien fait quand elle l'avait appris. C'est Taylord qui le lui avait annoncé. Certes elle fut touchée mais dire qu'elle avait pleuré les larmes de son corps et tenté de retrouver Daniel pour lui dire au revoir avant son départ définitif serait faux. Elle appréciait Daniel mais ce n'était pas à elle de lui faire ses adieux. Ce n'était pas son rôle. Tout du long de leur histoire, elle s'était battue contre Holly, jouissant plus ou moins de sa faiblesse et impuissance face à l'indécision de Daniel mais pour le coup, pour ce clap de fin, c'était à la bleue et bronze que revenait le rôle principal. Pour une fois. Bonne joueuse, souveraine magnanime, Lilian avait accepté de lui céder la place, parce qu'elle savait qu'au final, Daniel comptait plus dans le cœur de Holly que dans le sien. Au final, Lilian s'était rendue compte que depuis le début, il s'agissait de leur histoire dans laquelle elle était tombée par inadvertance au début, puis immiscée ensuite, par la force des choses peut-être. Sûrement avait-elle tué dans l'oeuf une histoire d'amour qui aurait pu avoir de beaux et longs jours devant elle mais la Sirène, pour une fois, n'était pas seule fautive. Daniel avait une lourde part de responsabilité également. Lui toujours indécis, tombant sous le charme à chaque fois qu'une des jeunes filles se présentait à lui, changeant d'avis à chaque fois que l'autre arrivait. Lilian savait que c'était certainement tous ces tourments qui l'avaient fait sombrer, ce que d'une part, elle comprenait quelque peu. Elle connaissait la faiblesse de Dan : les femmes. Enfin, plus exactement elle était la faiblesse de Dan, son talon d’Achille, son addiction, son apothéose et sa descente aux enfers, son soulagement et sa punition, sa bénédiction et sa malédiction. En y pensant, la superbe ne pouvait s'empêcher d'éprouver de la culpabilité envers Dan. Etait-elle responsable de tous ses problèmes ? Certes non mais elle n'arrivait pas à se sortir de la tête le fait qu'elle y était certainement grandement pour quelque chose.

Elle était arrivée à l'hôpital en transplanant, pour gagner le plus de temps possible. Une fois à l'accueil, elle demanda où elle pouvait trouver la chambre de Daniel Kelsey et on lui indiqua que celle-ci se trouvait au quatrième étage, chambre 428. D'un charmant sourire, elle remercia la secrétaire et de sa démarche ailée et assurée, elle se dirigea vers les ascenseurs. Quand elle arriva au quatrième étage, elle ne mit pas longtemps à trouver la chambre du jeune homme et un bref instant, l'inquiétude et le stress de la rencontre disparurent, libérant son ventre qu'ils emprisonnaient depuis la fin de l'après-midi. Polie, elle toqua presque timidement à la porte de la chambre de Daniel avant d'entrer.

Armée de son sourire envoûtant, irrésistible elle passa le pas de la porte et vit Daniel, assis sur une chaise, à côté d'un dialyseur, une seringue reliée à l'appareil dans le bras et lui, assis là comme si de rien n'était, comme si tout était normal. Déstabilisée, elle sentit l'inquiétude revenir à grand pas pour lui enserrer de nouveau les entrailles mais la belle tenta de se ressaisir. Après tout, ce n'était peut-être rien, cela n'était peut-être que temporaire.


- Hey baby ! Quoi de nouveau chez les sorciers ?

Connaissant Daniel, Lilian perçu la pointe légèrement fausse d'engouement qui marqua la voix de son ami. A partir de ce moment, elle sentit qu'il n'allait pas lui apprendre que des bonnes nouvelles mais elle garda son sourire, du mieux qu'elle pouvait pour lui laisser croire qu'elle ne se doutait de rien ; ce qui était vrai dans un sens. Au moment où il lui avait appris qu'il était au London Bridge Hospital, c'était pour lui annoncer quelque chose de sérieux.

- Et bien écoute, pas grand chose. Je travaille en tant qu'assistante à Sainte-Mangouste en ce moment mais je pense que c'est plutôt à toi de me dire ce qu'il y a de nouveau chez toi, dit-elle en s'asseyant à côté de Dan et en le couvant d'un regard attendri, marqué toutefois d'une ombre d'inquiétude. En enlevant son perfecto, elle remarqua par inadvertance le bras de son ami, marqué d'innombrables cicatrices. Lilian savait qu'il avait eu des problèmes d'addictions, peu avant son renvoi, elle le voyait beaucoup fumer. Cigarettes ou que sais-je encore, elle ne savait pas. Dorénavant, elle savait qu'il y avait eu bien plus que la simple fumette.

- Dan, qu'est-ce qui s'est passé pour que tu arrives dans cette chambre ? Dis-moi tout, s'il te plaît. Amie soucieuse et dévouée, la sublime sirène posa sa main sur celle de Dan, le laissant volontiers plonger dans son regard irrésistible auquel il était tant habitué. Il lui cachait quelque chose, il lui dirait c'était sûr et certain mais Lilian savait également que la nouvelle qu'elle apprendrait ne lui ferait aucun bien. Elle en était sûre. Sinon Daniel ne serait pas là et ne l'aurait pas appelée pour lui demander de revenir. Ils avaient beaucoup de choses à se dire, Lilian le savait pertinemment.

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Daniel Kelsey
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MessageSujet: Re: Between the bridge and the river [Pv]   Sam 28 Juin - 12:12

- Combien de temps ?

- Dix semaines. Si le traitement fonctionne bien… Une quinzaine. Mais ça restera purement symptomatique.

Concrètement, j’allais mourir. C’était un fait, une évidence. Ce qui avait été un choc pour moi au premier abord commençait petit à petit à s’intégrer dans mon esprit tourmenté. Je me souvenais encore du regard légèrement désolé du médecin qui m’annonçait la nouvelle. On pouvait percevoir une nuance de lassitude dans ses yeux. Évidemment ce n’était pas la première fois qu’il devait apprendre à ses patients que la fin arrivait plus tôt que prévu, et ce n’était certainement pas la dernière. Malgré tout on sentait sa franchise quand il s’excusa pour aller s’occuper d’autres malades nécessitant des soins. La douce pression qu’exerçait la main de mon père sur mon épaule essayait de me faire comprendre que je n’étais pas seul dans ce qui allait être la fin de l’aventure. Et pourtant je l’étais, je l’étais réellement. J’avais l’impression de revenir des années en arrière quand je me réveillais dans un lit trop grand, tout tremblotant après un cauchemar, trempé de sueur. La peur qui naissait doucement dans le bas de l’échine avant de remonter pour m’habiter totalement. Cette peur encore plus violente, je la ressentais de nouveau. J’avais juste envie de me rouler en boule dans ce lit d’hôpital inconfortable pour retomber dans les bras de Morphée, rêver d’un bonheur que j’aurais pu avoir, un bonheur qui avait été à portée de main, avant d’émerger dans un monde complètement différent, dans un dortoir de Poudlard réalisant que tout n’était dû qu’à une mauvaise nuit.

Mais les pleurs de ma mère étaient là pour me rappeler que j’étais bien dans le monde réel. Elle était prostrée sur la chaise voisine, ses petites mains serrant le plus fort possible son sac. Je ne pouvais m’empêcher de la regarder. Des larmes coulaient doucement sur ses joues ridées par les longues journées de travail, la fatigue, et les soucis que je lui avais causé. Je ne voulais pas qu’elle me voit dans cet état, je n’aurais jamais voulu qu’elle sache que son fils allait partir avant elle. Quelques heures avant elle se doutait que son fils avait sûrement replongé, qu’il se trouvait on ne sait où, mais qu’il était en vie. Là elle savait que j’allais mourir. Quelques fois, l’ignorance était mieux que la certitude.

Mon père ne pouvait s’empêcher de toucher sa croix, il ne croyait pas aux miracles, mais il espérait peut être me voir à un meilleur endroit pour la suite. Autrefois je lui aurais dit que s’il y avait une entité supérieure elle était suffisamment puissante pour se moquer de tout ce que j’avais pu faire mais  je n’avais pas le cœur pour me lancer dans une nouvelle de nos multiples disputes à propos de la religion. Je fixais ses paupières closes pendant qu’il implorait ses croyances, au fond je l’admirais pour avoir été le plus droit possible. Il ouvrit ses yeux et nos regards se croisèrent réellement pour la première fois depuis longtemps. Je n’y lisais pas la déception que j’avais craint, et qui au final aurait été logique, non… Je ne voyais que de l’incompréhension dans ses opales.

Où est ce qu’on a échoué ? Voilà les mots qu’avait lâchés ma mère à l’oreille de mon père entre deux sanglots quand il la serra fortement dans ses bras. Malgré tous les efforts qu’ils avaient fait, les mains qu’ils m’avaient tendu lors des moments les plus durs, ils se pensaient responsable. J’avais envie de crier, de leur hurler qu’ils avaient fait le maximum, que si nous étions là ce n’était que parce que j’étais un con. Et j’étais un con. J’avais envie de leur rappeler qu’ils avaient récupérer un déchet après la cure de désintox et qu’ils m’avaient remis sur pieds, que j’étais seul responsable de ma chute. J’avais envie de leur prendre la main, de leur dire que tout allait bien se passer. Mais j’étais faible, et tout n’allait pas bien se passer.

Hépatite fulminante. Causes toxiques diverses plausibles, cause virale confirmée quelques heures après, hépatite C. Transplantation impossible dû au profil et manque de compatibilité familial. Plus le temps passait, plus ce vocabulaire devenait familier. Au final c’était inutile, j’allais mourir de toute façon, mais je voulais savoir ce qui me tuait. J’avais pris tellement de produits, bu des alcools de tous les gouts et de toutes les couleurs, sniffé différentes poudres, et au final c’était une aiguille contaminée qui allait avoir raison de ma personne. J’avais souvent cru les pharmaciens véreux, ma naïveté était une nouvelle fois responsable de ma perte. Les docs m’avaient fait transférer dans différents service, hépatologie, toxicologie, et j’en passe. Finalement j’étais stabilisé en soins intensifs. Je commençais à être habitué à tout ça, malheureusement ce n’était pas mon premier séjour en hosto. Je me souvenais encore de ma première cure de désintox, l’horreur qui restait gravé dans ma mémoire, mon corps brûlant qui voulait en finir avec la souffrance qu’on lui imposait, ma main lui obéissant en essayant de m’ouvrir les veines, l’éclat de la lame de rasoir sous la lumière jaunâtre. C’était une partie de mon histoire. De façon surprenante, mes différentes addictions s’évaporèrent plus doucement que la première fois, en même temps je recevais des doses massives de méthadone et de subutex en plus du reste. Mais petit à petit, mes muscles retrouvaient de la vigueur, le monde sa clarté au réveil. Le tiraillement intérieur avait disparu. Je retrouvais un semblant de force au moment ou j’étais le plus vulnérable, le plus faible.

Les accumulations de médicaments avaient fini par bousiller mes reins qui étaient déjà pas au top de leurs formes, c’était la raison pour laquelle je devais avoir une petite dialyse un coup de temps en temps.

Et puis… Et puis Lilian est apparue. Je n’avais même pas eu le temps de douter qu’elle me rende visite, dès le lendemain de mon coup de fil elle toquait à la porte de ma chambre. En plus d’être belle, rayonnante, confiante, elle avait acquis une touche de maturité qui la faisait passer de la plus jolie fille de l’école à une jeune femme magnifique. Ce n’était plus LA Sirène de Poudlard, c’était la Sirène de Londres. Elle avait toujours su s’habiller avec grâce et élégance, les multiples robes qu’elle avait portées aux différents bals de Noel pouvaient le témoigner, et même là dans une tenue estivale elle était sublime. Même pas trois ans auparavant mon cœur aurait chaviré en l’apercevant, je lui aurais dit des choses stupides comme je le faisais toujours à côté d’une beauté… J’aurais naïvement tenté de la séduire. Elle était juste… Incroyable. Un visage aux traits fins dessinés par les anges, un corps aux formes harmonieuses, et des yeux… Jamais je n’avais vu un regard pareil et jamais je n’en verrai. Deux océans qui vous invitaient à plonger pour essayer d’atteindre le sable blanc, il n’y avait pas d’autre choix que la noyade. J’avais toujours su qu’il n’y aurait rien en retour. Et pourtant quand j’étais proche de renoncer, elle avait doucement posé ses lèvres sur les miennes. Ses griffes s’étaient refermées sur mon cœur et l’avait déchiqueté.

Mais en trois ans beaucoup de choses se passaient, et surtout au cours de ses dernières semaines, la naïveté et l’enfance avait disparu. La douceur de sa peau, ses deux lagons, autrefois si tentants, s’étaient faits rassurants. Le tiraillement intérieur qui m’avait fait douter et causer tant de peines, s’était envolé.


- Et bien écoute, pas grand chose. Je travaille en tant qu'assistante à Sainte-Mangouste en ce moment mais je pense que c'est plutôt à toi de me dire ce qu'il y a de nouveau chez toi.

Classe. Elle avait du bien gérer ses différents exams. Sainte Mangouste était sans doute le meilleur hôpital du monde magique. Mes parents s’étaient renseignés sur un possible traitement sorcier le concernant, mais il y avait un monde d’écart entre les maladies moldus et magiques.

- Les blessés doivent se croire au paradis quand ils te voient… Mais plus sérieusement bravo !

J’éludais sa question et elle le savait très bien. Son regard doux se fit plus insistant, et une légère pression entre nos mains m’indiquait que je n’avais rien à craindre.


- Dan, qu'est-ce qui s'est passé pour que tu arrives dans cette chambre ? Dis-moi tout, s'il te plaît.

Je n’étais pas comme le doc, j’avais du mal à trouver mes mots. Comment je pouvais lui annoncer ça ? J’essayais me remémorer ceux du médecin, mais ils étaient beaucoup trop cliniques, trop froids pour être lancé négligemment comme ça à la cantonade. Ma bouche se faisait sèche, mes doigts tapotaient nerveusement l’accoudoir.

- Lilian, je…

L’infirmière fit alors irruption dans la chambre. C’était une jeune plutôt sympa, les cheveux bouclés, les yeux pétillants, pleine de vie. Elle venait juste pour me débrancher du dialyseur. En apercevant Lilian elle ne put s’empêcher de me faire un clin d’œil faussement complice, si elle savait… Un silence légèrement gêné s’installa après qu’elle ait fini son acte de soin, elle m’avait coupé dans mon élan, je ne savais plus quoi dire. Un nouveau sourire embarrassé se dessina sur mes lèvres, pendant que je plongeais dans son regard.

- Viens, je vais te faire visiter mon nouveau château.

Je n’avais pas besoin d’aide pour marcher, et j’étais juste branché à ma perfusion qui se déplaçait tout à fait facilement. Pendant qu’on déambulait dans les couloirs de l’hôpital, je lui racontais une bonne partie de ce que j’avais fait depuis mon renvoi de l’école. La descente aux enfers. Les addictions diverses, le sentiment d’avoir tout ton corps qui ne tendait que vers le produit, qui te poussait à en prendre encore, de plus en plus pour essayer d’avoir les mêmes sensations qu’on avait eu la première fois. L’impression de décoller, les picotements agréables qui t’envahissaient. Mais il y avait une contrepartie. Les tremblements, les vomissements quand on en était trop éloigné, être déchiré en deux, mon esprit faible qui me suppliait d’arrêter quand tout en moi hurlait de continuer, la tension maximum qui m’habitait avant que l’aiguille s’enfonce dans ma chair. Elle m’écoutait sans me juger. J’embellissais certaines histoires glauques et lui passais les détails les plus sordides. J’arrêtais ma petite histoire pour l’interroger sur elle, sa vie depuis l’école, nos différentes relations communes, Chuck, Taylord, Haruhi, son quotidien.

On était arrivé sur une petite terrasse où certains docs ou patients venaient griller leurs clopes. On était accoudé au rebord, contemplant la Tamise, les différentes constructions qui s’élevaient dans le ciel, le London Bridge qui laissait passer les bateaux divers et variés, pendant que le soleil brillait dans un ciel sans nuage, nous chauffant doucement la peau. Nos regards se croisèrent une nouvelle fois.


- Je vais mourir Lilian.

C’était aussi simple que ça. Mes yeux quittèrent les siens pour admirer l’azur du ciel. Pour la première fois depuis longtemps l’été allait être magnifique.

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Lilian Easter
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MessageSujet: Re: Between the bridge and the river [Pv]   Jeu 3 Juil - 21:40

Aussi compliquée, aussi ambiguë fut leur relation, Daniel comptait énormément pour Lilian. Cela pouvait paraître étrange pour certaines personnes qui ne comprenaient pas cette relation, bien plus qu'amicale mais bien moins qu'amoureuse et qui continuait d'avancer, malgré tout. Malgré les coups durs, malgré les faux espoirs qu'endurait Daniel, malgré les espérances que Lilian lui infligeait, leur relation continuait, bon gré mal gré, toujours est-il qu'elle existait encore. Et si Daniel avait appelé Lilian pour qu'elle revienne, c'est parce qu'il y croyait encore, qu'il n'oubliait rien. Comme Lilian, il n'avait rien dû oublier, il devait se souvenir d'absolument tout, comment le pourrait-il de toute manière ?

Et même s'il l'avait énervée, saoulée, elle l'accueillait toujours avec le même sourire lumineux et irrésistible, auquel elle savait qu'il ne résistait jamais bien longtemps. Mais cela l'avait toujours amusée et même si elle savait que ce jeu était malsain, pour lui surtout, elle avait continué alors qu'elle aurait très bien pu lui dire de but en blanc qu'ils devaient s'arrêter là avant que tout ne dérape car elle ne pourrait jamais lui offrir ce qu'il voulait : lui appartenir. Et pour certaines choses, la belle Sirène avait tantôt éprouvé de la culpabilité, tantôt de l'amusement envers Dan. Si ce jeu l'avait totalement lassée, elle aurait infligé son ultime coup, le coup de grâce à Daniel et l'affaire aurait été pliée, on remballe et la lionne repartait en chasse. Mais il voulut tellement plus, quelque chose que jamais, Ô grand jamais LA Sirène ne pourrait lui donner : il aurait voulu qu'elle soit sienne, qu'elle ne regarde que lui avec ses grands yeux d'amoureuse transie, s'unisse à lui et lui fasse découvrir les plaisirs de la chair à sa manière. Mais tout cela n'avait été que pure illusion, dont Lilian s'était amusée certes et ce qu'elle regrettait parfois. Elle avait beau être divine, vivait en elle un brin d'humanité et oui, il lui arrivait de regretter ce qu'elle avait fait à Daniel et Holly aussi, indirectement.

Cependant, à d'autres moments, elle en venait à ne rien regretter. Daniel l'avait cherché, toujours indécis et connaissant la nature de Lilian, il savait pertinemment à quoi s'attendre de sa part. Il n'avait jamais reculé devant elle, il ne l'avait jamais évitée alors qu'il aurait pu mais il avait toujours voulu la revoir dès que c'était possible, il avait provoqué le dialogue avec elle parfois, comme à la volière où elle l'avait gentiment envoyé bouler, sans d'autre raison que son humeur exécrable du jour. D'autres fois, c'était simplement le hasard qui s'était chargé de les réunir. Et à chaque fois, Daniel était plus ou moins retombé dans ses bras, cherchant la moindre faille chez Lilian qui aurait pu lui ouvrir une minuscule porte de son cœur de Sirène. Toujours en vain. En réalité, ce qui avait tant plu à la superbe reine, c'était de voir qu'à chaque fois il retombait dans son piège caribéen. A chaque fois Daniel perdait le contrôle lorsque les grands diamants le fixaient, ce qui plaisait à Lilian qui voyait que tout continuait d'agir, ses charmes ne fanaient pas ; comme si elle eu besoin du jeune homme pour s'en persuader et peut-être se rassurer, allez savoir. Cependant, n'allez pas croire qu'elle rechignait lorsque Daniel se présentait à elle, comme un courtisan éperdument épris d'elle : au contraire, elle appréciait énormément sa compagnie mais la souveraine savait que jamais ils ne pourraient avoir tous les deux une relation totalement saine. Parce que Daniel était un junkie bien trop accro pour rester de marbre face à ce qui avait été sa première addiction et qui le serait peut-être pour toujours.

Pourtant, il lui sembla, lorsqu'elle franchit la porte, son magnifique visage illuminé par son ravissant sourire que Daniel ne réagit pas, comme s'il n'avait rien vu ou qu'il avait changé de bord. Etrange. Et de le voir relié à son dialyseur ne fit qu'accentuer la pensée de Lilian selon laquelle il n'allait vraiment pas bien. Toutefois, c'était le même jeune homme qu'elle avait connu qui se tenait assis devant elle. Lilian savait que Daniel avait dû faire face à diverses addictions, dont elle fut la première sur la liste mais jamais elle n'avait pensé que cela serait allé aussi loin. Les cicatrices sur son avant-bras attirèrent malheureusement la vue de la jeune fille qui comprit bien assez vite que Daniel ne s'était pas arrêté à la fumette. Il avait vécu d'autres choses bien plus dures, bien plus puissantes et bien plus destructrices que la fumette ou même qu'elle-même. Intérieurement, Lilian éprouva une sorte de déception : elle n'imaginait pas que Daniel tomberait aussi bas et elle fut également déçue d'elle, de ne jamais s'en être aperçue et de l'avoir laissé dans cette merde, alors qu'ils étaient amis. Amis mais c'est compliqué alors parfois ils prenaient leurs distance et parfois, ils revenaient l'un vers l'autre tout en sachant qu'une nouvelle période d'absence s'ensuivrait. C'était comme cela, leur relation était ainsi et même eux n'y changeraient rien, parce qu'ils n'en avaient pas envie certainement. Parce qu'il en avait été toujours ainsi et que le changement est toujours quelque chose que l'on redoute même si après, l'on se rend compte que c'est mieux maintenant. Parfois, pas tout le temps. Parfois on regrette le passé, on regrette ce qui était avant mais tout le monde sait que c'est impossible de revenir en arrière alors on continue quand même. Et peut-être parce que tous les deux, avaient eu et avaient tacitement peur d'un éventuel changement dans leur relation, ils n'avaient rien fait pour la modifier et la laissaient en l'état. Tant que cela fonctionnait, cela ne servait à rien de tout brusquer. Encore moins maintenant, dans cet hôpital.


- Les blessés doivent se croire au paradis quand ils te voient… Mais plus sérieusement bravo !

Elle eut un petit rire, comment avait-il deviné ? En même temps, il connaissait Lilian depuis bien longtemps maintenant, il parlait en connaissance de cause. Même si elle se doutait qu'il faisait pour détendre l'atmosphère et éluder les questions difficiles, elle apprécia.

- Je suis rentrée par piston, grâce au meilleur ami de mon père qui est Médicomage là-bas donc je n'ai pas trop de mérite. Mais je te confirme, le papy qui a maté mes seins pendant mon premier jour était ravi !


Quand elle s'assit à côté de son ami, elle sentait une sorte de nervosité qui l'animait. En même temps, appareillé à un dialyseur, ayant demandé à une amie proche de revenir, comment pouvait-il ne pas se sentir nerveux ? Lilian savait que Daniel avait quelque chose d'important à lui dire, mais quoi ? Un accident ? Une maladie, allez savoir. Alors qu'il s'apprêtait certainement à lui avouer la vérité, une infirmière entra dans la chambre. Discrètement, elle lança un clin d'oeil à Daniel, que la superbe Sirène n'eut aucun mal à voir mais fit comme si de rien n'était. Elle savait parfaitement ce que ce clin d'oeil voulait dire. Sauf que l'infirmière se trompait. Daniel et elle ne sortaient pas ensemble. Daniel et Lilian n'étaient jamais sortis ensemble, jamais ils ne le feraient.

Cela devait être écrit. Parfois, le destin devait décider que deux personnes ne pourraient jamais se mettre en couple, pour quelques bonnes raisons. Ou non. Il n'y avait des raisons que du côté de Lilian, moins chez Daniel, hormis son éternelle indécision. Chez Lilian, la bonne raison résidait en Daniel lui-même : il n'était que Daniel Kelsey. Jamais plus pour La Sirène. Trop facile à avoir, trop épris d'elle, trop indécis, trop malléable, trop peu pour la souveraine. Elle savait qu'elle avait été injuste avec lui, qu'elle aurait dû clairement lui dire qu'entre eux, cela ne donnerait jamais rien. Mais il l'avait constamment cherchée, à chercher Lilian, il l'avait trouvée. Malheureusement, il avait su à ses dépens et bien trop tard que lorsqu'on provoque la lionne, lorsqu'on la cherche, c'est elle qui finissait toujours par gagner. Et infligeait une rude défaite à ses proies ou adversaires. Qu'elle provoque ou qu'on la titille, elle gagnait toujours. C'était ainsi, elle ne serait pas LA Sirène de Poudlard sinon. Et Daniel s'y était brûlé les ailes, croyant toujours qu'il allait la vaincre cette fois-ci, qu'elle le laisserait gagner. Sur ce point, c'était bien mal connaître Lilian et la sous-estimer.

Certes c'était injuste, mais Daniel avait provoqué la déesse Lilian, il ne pouvait pas s'attendre à la vaincre. Il ne pouvait pas affirmer qu'il sortirait gagnant de leur jeu – malsain certes – parce que Lilian n'était pas une fille normale, elle était bien plus que cela. Elle était plus divine qu'humaine, elle était Lilian Easter tout simplement et cela suffisait amplement à la distinguer du commun des mortels. Et donc de lui, Daniel Kelsey. Mais cette fois, ils se retrouvaient, ce n'était pas pour prouver quelque chose à l'autre, Lilian n'avait pas à  montrer une énième fois à Daniel qu'elle ne serait jamais à lui, qu'il ne l'aurait pas. C'était bien plus important, peut-être la rencontre la plus importante qu'ils avaient depuis toutes ces années qu'ils se connaissaient. Jamais Lilian n'aurait imaginé voir Daniel dans une telle situation. Elle avait l'impression que le temps était suspendu au-dessus de leurs têtes, que les anges s'étaient arrêtés de respirer pour les laisser parler, s'expliquer.


- Viens, je vais te faire visiter mon nouveau château.

Même si elle sentait qu'encore une fois, Daniel éludait sa question, qu'il dérobait, la sirène accepta de bonne grâce et se leva, un peu hésitante et se demandant s'il avait besoin d'elle pour marcher ou non. Mais il se débrouilla très bien et bien que divine, Lilian sentit un pincement dans son cœur quand elle le vit quitter la chambre, branché à son dialyseur qui le suivait, rappelant dans quel état qu'il était, dans quel état il errait. Bien qu'elle ne lui montrât pas, Lilian éprouvait réellement de la peine pour Daniel, il lui semblait si faible et elle n'avait pas l'impression de reconnaître le Gryffondor qu'elle avait toujours connu. Et pourtant si, c'était bien lui, il était toujours le même, il n'avait guère changé au fond ; elle le savait bien. Mais comment en était-il arrivé là ?

Elle eut très vite la réponse à sa question. Ou plutôt à toutes les questions qu'elle se posait depuis longtemps, depuis son renvoi. Même si cela ne devait guère être facile à avouer comme cela, même à elle qu'il connaissait depuis plusieurs années maintenant, Daniel faisait preuve d'une formidable honnêteté, tant et si bien que la superbe avait l'impression d'avoir toujours à ses côtés, même quand il avait presque touché le fond. Pourtant elle ne l'avait pas été. Et elle s'en voulait. Elle était son amie et elle aurait dû l'empêcher de tomber si bas, mais non. Et à chaque fois, c'était la même chose, la même ritournelle qui recommençait : leur relation était bien trop compliquée, bien trop ambiguë et c'était en partie pour cela que Lilian n'avait rien fait.

Au gré de leurs pas, ils arrivèrent finalement sur une terrasse, de laquelle ils pouvaient contempler la Tamise et le London Bridge. Lilian avait terminé de parler, de lui raconter sa vie depuis la fin de Poudlard avant qu'un silence les enveloppe. Il dura peut-être quelques secondes, une minute tout au plus avant que Daniel ne le rompe, d'un ton plat, presque serein.


- Je vais mourir Lilian.

Il le lui avait dit droit dans les yeux. Sans faiblir, sans ciller. Comme s'il venait de lui annoncer qu'il rentrait demain chez ses parents. Mais il allait mourir. Tandis qu'il se perdait en contemplation de la Tamise, Lilian ne cessait de le fixer, interdite. Elle se répétait ces quatre mots dans sa tête, dans laquelle ils résonnaient tous, se cognaient aux parois pour que la belle n'entendent plus qu'eux. Daniel allait mourir. Son ami allait mourir. Elle resta silencieuse encore un moment, ne sachant quoi répondre, aucun mot ne daignait passer ses lèvres roses. Le stress et l'inquiétude qui enserraient déjà son estomac resserrent leur étreinte et comprimèrent presque ses intestins. Puis, au terme d'un long moment de mutisme, elle parvint enfin à articuler quelques mots, qu'elle peina toutefois à assembler :

- Dan mais comment... Non... C'est pas possible. Tu ne peux pas !

Involontairement, elle avait haussé le ton, si bien que quelques médecins présents sur la terrasse se tournèrent vers eux. Incitant Daniel à la regarder de nouveau en lui tirant son bras – celui qui n'était pas rattaché au dialyseur – Lilian sentit les larmes monter au coin de ses grands yeux. Etrangement, elle était presque furieuse contre lui. Pourquoi ? Et tout ce qu'elle venait de dire frôlait le ridicule. S'il ne pouvait pas mourir, ils ne seraient pas là tous les deux. Comment avait-il pu en arriver à ce point ? La superbe retint difficilement ses larmes mais restait fière et toisait Daniel d'un regard noir qui se voulait toutefois triste et compatissant, mêlé d'une pointe de déception.

- Pourquoi n'es-tu pas venu me voir ? J'aurais pu t'aider. Ou du moins j'aurais essayé de te sortir de toute cette merde.

Désireuse qu'il ne la voit pas pleurer pour lui, elle eut ce mouvement de tête qui lui était si cher, relevant le menton, secouant légèrement son visage angélique et ses longs cheveux sur ses épaules et perdit son regard embué de larmes sur le fleuve londonien. Daniel allait partir. Daniel allait mourir. Elle allait le perdre, elle allait perdre son Daniel. Contre toute attente, la déesse Lilian s'était éprise du mortel Daniel. A sa manière. A leur manière. Compliquée et ambiguë.

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MessageSujet: Re: Between the bridge and the river [Pv]   Sam 6 Sep - 16:22

C'est une chose étrange l'amour. Imprévisible. Impétueux. Impossible à dompter. L'amour peut s'approcher doucement, sans bruit, s'inviter petit à petit dans notre quotidien, dicter nos faits et gestes, guider nos regards. L'amour peut nous bercer doucement, d'un point de vue purement physique lorsqu'on est dans les bras de l'être tendre, mais ce n'est pas tout. Ce sentiment particulier qui nous habite lorsqu'on est proche de celle ou celui qui nous est cher, cette pulsion de bonheur, cette sensation de flottement que l'on rêve tous d'avoir.On est heureux... Les difficultés présentes disparaissent. Les tracas s'évanouissent. Tout peut paraître idyllique. C'est une douceur qui ne tombe pas dans la mièvrerie. C'est ce sentiment que l'on veut tous avoir, que l'on cherche tous. C'est cet amour qui peut hanter nos nuits de solitude. C'est encore le même qui est responsable de nos larmes lorsqu'il disparaît, l'amour au quotidien est une des pires drogues, et comme toutes les drogues le sevrage est un enfer nous faisant passer par tous les stades.

Autant j'ai connu différentes drogues, autant je pense pas avoir eu la chance de connaître celle là. J'ai aimé évidemment. Mais je ne crois pas avoir vécu l'amour de cette façon qui est loin d'être la seule. C'était passionnel, une pulsion qui m'envahissait, l'impression d'avoir réellement le cœur qui explosait dans ma poitrine au point de me torturer. Dès que l'une ou l'autre apparaissait mon esprit se déconnectait. Je ne pouvais que les contempler, les admirer, et au final les aimer. Chacun sait que l'école avait été un repaire de filles magnifiques, pourtant je pense qu'il s'agissait des deux seules pour qui j'ai réellement ressenti une pareille émotion à la vue de l'une comme de l'autre. Qui ne craquerait pas sous les charmes de LA Sirène de Poudlard ? Qui ne fondrait pas sous la tendresse d'Holly ? Je ne cherche pas à me dédouaner comme plusieurs fois auparavant mais d'expliquer. Cette sensation lorsque Lilian me lancer un regard envoûtant, ce grand chamboulement, ce bordel intérieur, les multiples émotions qui partaient dans tous les sens quand elle s'approchait vers moi avec sa démarche féline glissant ses doigts de fées dans sa chevelure de soie. Je n'avais qu'une envie à ce moment là, goûter au fruit défendu.

Si j'avais eu une pensée plus rationnelle je me serais rendu compte qu'elle n'avait de toute évidence jamais eu ces sentiments similaires. Mais l'amour ne donne certainement pas une certaine logique à l'esprit humain. Même si j'avais l'opportunité de tout recommencer, je pense que je ne changerais rien, car elle resterait Lilian Easter, et je resterais Daniel Kelsey. L'alliage entre un prédateur et une femme fatale serait toujours en elle. Je me souviendrais toujours de nos rencontres dans les cuisines, la première fois que je l'avais vraiment vue. Avant elle était un mythe, un mirage qui était devenu tout à fait concret. Dès lors chacune de nos rencontres aller réveiller quelques choses de nouveau en moi. Il suffisait qu'on échange un regard, que j'entende les clochettes d'argent annonçant son rire pour que mon cœur s'emballe.  Mais je n'aurais jamais pu caresser aussi souvent que je le souhaitais ce visage angélique tout simplement parce qu'elle n'avait jamais éprouvé les mêmes sentiments.

J'ai toujours voulu plus, même quand elle était déjà en relation, et les rares fois ou j'ai cherché à la comprendre elle m'a repoussé une nouvelle fois. Je l'avais déjà pourtant vu dans des moments proches de la détresse, j'avais déjà senti ses larmes sur ma peau. Entre les vapeurs d'alcools et d'autres produits, j'essayais de me souvenir des problèmes familiaux auquel elle avait déjà fait quelques allusions sans trop s'approfondir. J'avais cru remarquer une anorexie un autre après midi, mais comme je l'ai déjà dit, elle m'avait clairement fait comprendre que ce n'était pas mes affaires. La clé se cachait-elle derrière ces multiples secrets ? Au final tout le monde connaissait LA Sirène de Poudlard, cet être surréaliste pleine d'assurance à la chevelure de cuivre, aux jambes de gazelles et aux lagons digne des plus beaux océans, mais qui connaissait Lilian Easter ?  Étais-ce une seule ou même personne ? Ou bien Lilian était la femme que je pouvais voir en ce moment, l'hésitation et le doute nageant dans ces lacs turquoises ? Je n'allais jamais le savoir, je n'avais pas réussi à percer le secret qui se cachait derrière cette beauté magnétique.

Elle avait été ma première addiction. Elle m'avait rendu accro au point d'en perdre la tête. J'oubliais le monde extérieur, je voulais la voir, elle seulement, au détriment de tous les autres. Pendant quelques mois après avoir échangé un baiser, je rêvais de pouvoir goûter ses lèvres une nouvelle fois, caresser sa peau de satin. Mais c'est à force de plonger des ces océans bleus comme l'azur que j'ai compris qu'il n'y aurait jamais rien, ce qui entraîna le premier sevrage. Etant devenu par la suite un expert raisonnable dans la matière je ne sais pas si elle fut la drogue la plus destructrice. Elle fut certainement celle avec le plus d'influence, qui me consuma de l'intérieur. Mais d'un point de vue purement biologique, l'héroïne était pas mal non plus

J'étais le seul responsable de ce qui s'était passé. C'était moi qui avait appuyé sur le piston de la seringue pour injecter cette nouvelle forme de bonheur, cette illusion de bien être liquide. C'était moi qui avait enchaîné les verres les uns après les autres. Volontairement presque j'avais foutu en l'air les efforts et le travail des cures de désintox. C'était ma main tremblante qui s'était emparé d'une lame de rasoir et qui avait tenté d'y mettre fin plus brusquement. Au final ma vie allait se terminer peu de temps après, mais mon envie pressante d'y mettre fin avait disparue. Paradoxalement c'était quand j'étais au bout du chemin que je voulais continuer. Les premiers jours qui ont suivi la sentence du médecin, une terreur me bouffait de l'intérieur. Mon corps était habité de sorte de spasmes, de tremblements. La peur m'habitait réellement. C'était à ce moment là que je me rendais compte à quel point ma tentative de suicide avait été stupide. J'aimais la vie. Je n'aimais pas peut être ma vie, mais j'aimais sentir le soleil chauffer doucement ma peau, j'aimais me balader dans le vent, la chaleur humaine, le contact, j'aimais tout ce que je n'avais pas pu faire. J'aimais Holly. J'aimais Lilian. Mais c'était trop tard. Cette vie que je voulais tant, que j'avais croquée à pleine dents, était finie. Mais les jours passent, et ce sentiment qui me rongeait disparaissaient petit à petit, bizarrement quand je faisais l'inventaire ma vie.

C'était plus la certitude de partir prochainement qui me rendait réaliste sur les événements passés. Il y avait la confirmation que j'étais le seul et l'unique responsable de la grande majorité des échecs et déceptions qui s'étaient succédé au cours de ma vie. Au final il était presque normal qu'on me demande l'addition. J'avais foutu en l'air ma relation avec Holly en mentant et trompant, j'avais emmerdé toutes mes relations, j'avais détruit consciencieusement tous les efforts qu'avaient fait mes parents pour m'aider. Et ils étaient toujours là... Jusqu'au bout. Passé les premières heures à l'hôpital je n'avais pas su quoi leur dire. Être désolé ne servait plus à rien à présent. Ils m'avaient toujours vu comme le fils qui avait fait des erreurs mais qui allait rebondir une nouvelle fois, et que ça allait être la dernière. C'était le cas, mais juste pas comme ils l'avaient souhaitée. Je n'arrivais pas à leur enlever la responsabilité qu'ils s'attribuaient pour mes actes. C'était le plus dur. Je ne voulais pas que les personnes les plus proches se sentent coupables de n'avoir pas fait assez. Ils auraient pu essayer n'importe quoi, je refusais toutes les aides, toutes les mains tendues. Quand j'étais toxico, je pensais que les autres ne pouvaient pas comprendre, qu'ils feraient de même avec la vie que j'avais eu. J'étais vraiment con. J'avais eu une vie magnifique, mes addictions à part. J'étais juste accro.

Accro à tout, aux drogues les plus douces comme les plus dures, à à point presque masochiste, et donc à l'amour. Un amour que LA Sirène m'avait refusé, rendant l'addiction plus forte, mais dont comme toutes les autres j'étais débarrassé à ce moment. Nous étions de nouveau face à face, elle pleine de vie, moi dépérissant jour après jour. Je voulais connaître son parcours, le souhaitant moins chaotique que le mien.


- Je suis rentrée par piston, grâce au meilleur ami de mon père qui est Médicomage là-bas donc je n'ai pas trop de mérite. Mais je te confirme, le papy qui a maté mes seins pendant mon premier jour était ravi !


Le veinard... Pourtant ce n'était pas ses formes harmonieuses en parfaite adéquation avec son corps qui avaient fait tourner toutes les têtes de l'école mais ce visage hâlé, ce sourire charmeur, et ces turquoises qui nous transperçaient le cœur. Ce n'est pas le terme "bonne" qui vient à l'esprit quand on pense à LA Sirène, on perd nos mots, voilà tout. Il était impossible de rester insensible à ces charmes.


- On le comprend ! Peut être... Mais si tu réussis ce sera grâce à toi et à toi seule.


Je remarquais ses regards inquiets sur le matériel médical environnant, ses mains se nouer un peu. Peut être était elle angoissée par ma situation, ou était-ce tout autre chose ? Je n'avais jamais réussi à la déchiffrer. Mais j'ai senti ses préoccupations monter dans ses questions, lors de notre marche dans les couloirs de l'hôpital quand on contait nos récits sur nos aventures diverses et variées. Je la voyais comprendre ma descente aux enfers que je lui expliquait me noyant dans ses abysses. Une tension montait en moi tant que je lui cachais la vérité sur ma mort prochaine. C'est sur la terrasse, contemplant un Londres trop rarement sous le soleil que je lui ai dit.


- Dan mais comment... Non... C'est pas possible. Tu ne peux pas !


J'ai presque sursauté à sa réaction, tout comme les autres personnes à l'extérieur entendant cette éclat de voix. Je ne m'attendais pas à ça. J'avais vaguement imaginé représenter quelque chose pour elle mais jamais plus qu'une vague d'attendrissement, une légère attention délicate lorsqu'elle n'était pas d'humeur joueuse, ou séductrice.


- Pourquoi n'es-tu pas venu me voir ? J'aurais pu t'aider. Ou du moins j'aurais essayé de te sortir de toute cette merde.


Elle détourna son visage du mien, cachant ses lagons turquoises, ne me montrant que sa chevelure cuivrée. J'avoue que j'étais troublé par sa réaction. Une nouvelle fois je ne savais pas vraiment quoi dire, ni que faire. J'avais parlé sans vraiment réfléchir aux conséquences. J'avais beau ne plus éprouver cette pulsion qui m'avait rendu fou d'amour envers elle, j'avais évidemment encore des sentiments, elle comptait pour moi. Je devais lui dire la vérité, arrêter de dire des conneries, arrêter d'essayer d'être quelqu'un d'autre.

- J'étais seul, et je voulais le rester.


J'ai doucement posé ma main sur son dos. J'avais cru déceler quelques larmes dans ces yeux magiques qui me firent plus de mal que n'importe lequel des regards qu'elle m'avait lancé auparavant. J'ai fait glisser le bout de mes doigts sur sa peau de satin vers son épaule que j'ai pressé délicatement.


- J'étais détaché du monde extérieur, je pensais qu'à moi, qu'à ce je voulais me faire, ce que j'allais boire, fumer, prendre pour oublier tout ce que j'avais fait et ce que j'étais.

J'étais devenu toxique, comme tous les produits que j'avais expérimenté. J'avais blessé tout ce qui me touchait, je ne sais pas si cela avait eu le moindre impact sur mon envie de m'isoler des autres, de me détruire, je n'étais pas si malin. Cherchant à lui faire face, à pouvoir admirer ce visage, plonger mon regard dans le sien, je me suis adossé à la rambarde.


- Tu n'aurais rien pu faire pour m'aider.  


Je n'aurais fait qu'abîmer la sirène comme je l'avais fait pour tous mes proches. Elle était similaire à cet astre qui brillait dans le ciel et qui amorçait sa descente. Il n'y avait que l'instant présent, demain n'existait pas.

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Lilian Easter
Assistante à Sainte Mangouste



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Localisation : Dans le lit avec Iron Man. Et tu es prié(e) de dégager, on n'aime pas les plans à 3. (A part si tu t'appelles Jack Sparrow, que tu as du rhum et de la pâte à crêpes...) Quoi? C'est quoi cet air choqué, vous êtes toujours puceau ou quoi? Question suivante !
Date d'inscription : 31/10/2007

Feuille de personnage
Particularités: Yeux plus beaux, tu meurs ! LA Sirène de Poudlard, je suis belle à mourir.
Ami(e)s: Vous voyez mon dressing ? Tous mes amis sont dedans. Je parle de mes fringues et de mes chaussures. Non les vrais amis, c'est une autre histoire.
Âme soeur: Iron Man, Thor, Captain America… Je ne donne que dans les super héros parce qu'ils savent m'envoyer au septième ciel. Oui, vous voyez tous ce que je veux dire.

MessageSujet: Re: Between the bridge and the river [Pv]   Sam 20 Sep - 20:22




Le bonheur était une sensation, un état d'être bien trop étrange pour le décrire parfaitement. Pourquoi ? Parce qu'on n'avait jamais réellement l'impression d'être totalement heureux, sauf peut-être certains que l'on qualifiait jalousement d'imbéciles. Et au final, à chaque fois que l'on croyait ne pas être au comble du bonheur, la vie se chargeait de nous rappeler qu'en réalité si et elle s'y prenait toujours de la même façon : en nous retirant ce qui nous rendait heureux. Il n'y avait pas d'exception, juste du sursis ; on ne savait jamais quand cela allait se produire et c'est pour cela que la vie voulait qu'on la vive à fond, en pensant que le lendemain pourrait être le dernier jour de bonheur avant un long moment. Vivre l'instant présent, ne jamais rien repousser à demain. Si on suivait cette logique, on devrait toujours dire ce que l'on a envie de dire sans se soucier des conséquences, faire ce que l'on a envie de faire sans se dire que cela pourrait ne pas plaire. Vivre en quelque sorte au bord du précipice tout en sachant qu'à un moment ou à un autre, on finirait tous par trébucher et chuter.

Est-ce que Lilian avait été heureuse avec Daniel comme ami ? Oui, mais peut-être pas assez. Est-ce que Daniel avait ressenti une sensation de bonheur en s'enfonçant ces aiguilles dans les veines ? Il y avait peu de chance. Ce n'était pas du bonheur qu'il s'injectait, juste une pâle réplique qui vous faisait croire pendant une heure ou quelques minutes que oui, vous êtes heureux avant de réclamer son dû. Une autre dose, un autre verre, une autre aiguille et une autre veine. Est-ce que Daniel et Lilian auraient été heureux ensemble ? Difficile à dire en réalité. Daniel l'aurait certainement été, il y avait peu de doute là-dessus mais pour Lilian, cela relevait d'une toute autre paire de manches. Elle aurait peut-être feint, pour lui faire croire que oui elle l'était mais au fond, en creusant bien, elle ne l'aurait jamais été. Et pourtant, leur amitié la rendait heureuse même si elle avait connu des hauts et des bas, comme pour tout le monde. Mais cela, comme la plupart des gens qui ne savaient pas à quel point ils étaient heureux, Lilian allait bientôt être privée de cette petite parcelle de bonheur qu'elle entretenait avec Daniel et bien sûr, elle ne le réalisait que maintenant.

C'est pour cela qu'elle s'était brusquement énervée contre lui, parce qu'elle ne voulait pas se résoudre à le perdre. Certes il avait été parfois un peu envahissant à lui montrer avec insistance ses sentiments pour elle alors qu'elle ne ressentait rien de réciproque à son égard mais leur amitié lui tenait réellement à cœur, quand bien même elle avait son lot d'ambiguïtés. Daniel avait toujours été là pour la soutenir dans les coups durs comme dans les bons moments. Ils avaient partagé leur part d'émotions, des fous rires et des peines. Comme tous les amis. Mais probablement jamais la belle n'aurait été heureuse en couple avec Daniel.

Elle aurait pu l'être si elle ne s'était pas appelée Lilian Easter. Si cette Sirène de Poudlard n'avait jamais existé, peut-être qu'elle serait sorti avec Dan et aurait été heureuse avec lui, ou malheureuse de le voir lui préférer Holly. Holly, quoi qu'elle ait vécu, avait dû être heureuse avec Daniel. D'une certaine manière et malgré tout le mal qu'il lui avait fait. Que Lilian lui avait causé, indirectement. Daniel et Holly auraient pu être parfaitement heureux si elle n'avait pas existé et sur le moment, la Sirène prenait conscience de ce qu'elle avait fait ; même si ce n'était pas entièrement de sa faute et qu'elle n'était pas la seule à blâmer. Daniel plaidait coupable aussi pour éternelle indécision. Peut-être qu'elle aurait dû couper complètement les ponts qui subsistaient entre eux, pour faire comprendre à Daniel que cela ne servait à rien qu'il continue à lui courir après. Il aurait dû courir pour rattraper Holly, la reconquérir et passer le restant de sa vie à la rendre heureuse. Mais non, il l'avait appelée, elle Lilian Easter parce qu'au final, il devait sûrement plus tenir à lui rendre des comptes et lui avouer la vérité. Peut-être parce que cela aurait été trop triste et pathétique que lui et Holly se retrouvent sur son lit de mort – décidément elle trouvait cela horrible de parler ainsi – qu'en savait-elle.

Leur amitié avait été heureuse mine de rien mais bientôt, elle allait prendre fin. Et bien qu'elle ne le montre pas, Lilian en prenait doucement conscience et cela l'accablait de plus en plus. Les choses allaient bientôt changer et la belle trouvait cela réellement angoissant, peut-être pour la première fois de sa vie.


- J'étais seul, et je voulais le rester.

Bien qu'elle entende cet argument, Lilian ne l'acceptait pas. Pourquoi ? Pourquoi avait-il préféré de rester seul ? Cela ne l'avait guère aidé à s'en sortir alors que si elle avait été avec lui, ils ne seraient pas là dans cet hôpital. Bien qu'elle sentait la frustration monter en elle, la superbe ne refusa pas la main de Daniel qui se posa sur son dos. Il avait accepté ce qu'elle mettrait certainement plus de temps à accepter à son tour.

- J'étais détaché du monde extérieur, je pensais qu'à moi, qu'à ce je voulais me faire, ce que j'allais boire, fumer, prendre pour oublier tout ce que j'avais fait et ce que j'étais.

C'est à la fin de ses mots que Lilian réalisa à quel point son ami avait été égoïste. Il s'était enlisé tout seul, creusant seul sa tombe alors qu'il le réalisait très certainement et jamais il n'était venu la voir, la chercher pour lui demander de l'aide. La Sirène aurait tout fait pour l'aider, sa mère médecin avait d'excellents contacts dans l'ancien hôpital où elle avait travaillé et où, exceptionnellement on lui demandait de revenir pour certaines consultations ou opérations sur des mères enceintes compliquées. D'ailleurs, quand elle y pensa, Lilian savait que cet environnement lui manquait et que sa mère hésitait d'ailleurs à renfiler la blouse de chirurgien. Mais là n'était pas la question. Alors que Dan crevait sous les oeillades incessantes de la superbe reine qu'elle était, il l'avait reléguée au second plan derrière la cocaïne et l'héroïne. Il l'avait aimée mais l'avait remplacée par des drogues, de l'alcool. La seule solution qui s'adressait à lui peut-être.

Mais la belle ne comprenait toujours pas pourquoi il n'avait rien dit. Pourquoi il était resté tout seul et pourquoi il n'était jamais venu la voir. Peut-être fut-elle jalouse de Taylord qui était plus au courant d'elle puisqu'elle lui avait appris pour son renvoi. Avait-il eu peur d'affronter les diamants des îles de la Sirène ? Il est vrai qu'à l'époque elle aussi avait ses propres problèmes à régler. Mais même ! Il aurait pu, il aurait dû venir la voir pour lui demander de l'aide ! Et même s'il n'avait pas voulu de cette aide, la jeune fille aurait bien vu qu'il n'allait pas bien et se serait engagée à inverser les choses.

- Mais pourquoi tu as fait ça hein ? Pourquoi ?! Cette question lui brûlait les lèvres depuis l'instant où il lui avait expliqué sa descente enfer et elle était enfin sortie, sans que Lilian s'en rende réellement compte. Presque folle de rage contre lui qui allait bientôt s'en aller, prenant conscience que son bonheur allait s'effriter incessamment sous peu, elle avait envie de le frapper de toutes ses forces comme si cela allait changer quoi que ce soit. Parce qu'au final, si lui souffrait maintenant, il ne serait plus là pour elle quand ce serait à son tour de souffrir lorsque la vie lui arracherait leur amitié. Alors que Daniel avait toujours été là pour elle, elle l'avait toujours su. Caché un peu dans l'ombre, dans la sienne ou celle de Chuck lorsqu'ils sortaient ensemble, il avait toujours été là. Il savait pour son frère, enfin grosso modo mais quand Felton était apparu avec les Aurors pour sauver l'école, il avait dû comprendre. Il savait pour son anorexie après sa rupture avec Chuck. Mais elle, elle n'avait su que trop tard pour son addiction ; ses addictions.

Et là, dans quelques jours, quelques semaines, il allait la quitter. Définitivement. Pas pour quelques temps, comme c'était le cas à Poudlard. Ils finissaient toujours par se retrouver, au détour d'un couloir, ivres morts dans les cuisines, ou derrière un livre à la bibliothèque. Peu importait le temps qui s'écoulait entre leurs rencontres, toujours ils finissaient par se revoir et à chaque fois, cela s'avérait être à un moment décisif de leurs vies. Encore une fois ils se retrouvaient. Cependant, quand elle avait écouté son message hier soir, Lilian était loin, très loin d'imaginer que ce serait l'une des dernières fois qu'elle verrait l'un de ses meilleurs amis. Ils se voyaient certainement pour la dernière fois. Jamais plus cela ne serait le cas, jamais plus ils ne se retrouveraient pour parler de leurs vies et des événements qui les ponctuaient. Se retrouver sans cesse avait été leur forme de bonheur, certes un peu étrange pour certaines personnes mais ils avaient été heureux ensemble, d'une certaine manière. Peut-être parce qu'ils n'en avaient jamais pris réellement conscience, la vie se chargeait de le faire pour eux et de leur retirer ce bonheur, en arrachant Daniel à Lilian. En le lui arrachant tôt, beaucoup trop tôt.


- Tu n'aurais rien pu faire pour m'aider.  

Il parlait avec tant de fatalité – en même temps, il avait dû prendre conscience de tellement de choses récemment que cela frappa Lilian en plein cœur et plein visage. Bien sûr que si elle aurait pu faire quelque chose pour l'aider ! Bien sûr que si ! Comment pouvait-il affirmer une telle chose ? Il était horrible pour parler comme cela ; terriblement égoïste. Et en même temps, cette phrase avait un affreux goût de défaite et Lilian détestait cela. Toutes ces émotions prenaient le pas dans son corps, se combinant au choc de la révélation, à l'angoisse de le perdre, à la tristesse qu'elle refoulait tant bien que mal, de plus en plus mal au fil des minutes.

- Mais bien sûr que si j'aurais pu t'aider ! Bien sûr que si j'aurais tout fait pour t'aider ! C'en était trop, beaucoup trop d'un coup même quand on s'appelait Lilian Easter et qu'on avait été – malheureusement habituée à encaisser certains coups du sort. Tous ses sentiments sortirent d'un coup, et le seul moyen pour la lionne d'évacuer fut de frapper le torse de Daniel, fort ou pas elle ne s'en rendait même pas compte. Elle voulait lui faire comprendre qu'il comptait bien plus qu'il ne l'imaginait et à quel point elle allait souffrir à cause de lui.

Parce que cela l'énervait plus que tout de savoir qu'il allait mourir à à peine vingt ans, qu'il ne connaîtrait pas les joies de la vie qui normalement lui tendait les bras. Il allait tout rater. Il avait tout raté en se droguant. Lilian le savait de nature tourmentée mais jamais elle n'avait envisagé une telle fin. Non, bien sûr que non. Elle aurait souhaité une toute autre fin, elle aurait voulu qu'il la voit grandir encore et rayonner davantage dans cet autre monde que Poudlard et que d'une certaine manière, il soit fier d'elle. Elle aurait voulu l'inviter à son mariage avec l'homme de sa vie – qui en ce moment prenait doucement les traits et les yeux clairs envoûtants de Dean – elle aurait voulu qu'il vive tout cela. Elle aurait également souhaité qu'il retrouve Holly et s'aiment enfin d'une manière convenable, comme le faisaient tous les gens normaux de cette planète. En parlant d'elle, est-ce qu'elle était au courant ? Ou resterait-elle dans l'ignorance la plus totale, cherchant peut-être en vain de le chercher et de le recontacter ?

Et elle continuait de le frapper, de ses mains si délicates, extériorisant toute cette rage qu'elle avait contre lui. Les larmes roulaient sur ses joues blanches mais la belle s'en fichait bien.


- J'aurais tout essayé pour t'aider à sortir de là ! T'avais pas le droit de te foutre en l'air comme ça ! T'avais pas le droit ! C'était pathétique tout ce qu'elle disait mais elle se foutait bien de cela également. Je vais faire quoi sans toi ?

Parce qu'elle savait que dorénavant, quand elle irait mal – ce qui allait arriver – Daniel ne serait plus là pour l'aider à remonter la pente ou du moins, l'aider à envisager l'idée qu'il fallait qu'elle la remonte. Elle n'était plus elle-même, jamais elle n'avait voulu apparaître si fragile devant Dan, encore moins en cet instant. Mais elle avait le cœur ouvert, son ami allait lui manquer, terriblement lui manquer et ce n'est que maintenant qu'elle s'en rendait compte.

Lilian avait finalement arrêté de le frapper, fatiguée et de guerre lasse parce que cela ne changerait rien à la fatale issue qui attendait Dan. Fâchée contre elle-même de s'être montrée sous un tel jour, elle essuya les larmes sur ses joues, esquivant le regard de son ami. Leur bonheur était doucement en train de s'éteindre en même temps que Daniel, ils en avaient conscience et ne s'en étaient sûrement pas rendus compte avant. Parce qu'on ne se rend toujours compte que trop tard à quel point certaines choses, certaines personnes étaient importantes pour nous. Daniel comptait bien plus que Lilian n'avait voulu l'admettre, elle savait maintenant à quel point il allait terriblement lui manquer.


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