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I want the fire, the heat and the light ; I want the burn (PV Jay)

 

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 I want the fire, the heat and the light ; I want the burn (PV Jay)

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Lizlor Wayland
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MessageSujet: I want the fire, the heat and the light ; I want the burn (PV Jay)   Mer 26 Fév - 0:15

Je ne me souvenais même plus chez quel ami de Jay nous étions, la fête battait son plein et c'était tout ce dont j'avais besoin. Le retour des vacances de Noël, que nous avions passées en Oregon avec Conrad, Maman et Ruby, avait été trop brutal pour que je le vive facilement. Me retrouver 24h sur 24 avec Maman, à qui j'essayais de cacher du mieux que je le pouvais mes problèmes de coeur et d'adolescente n'avait pas été une mince affaire, et même si Maman n'avait pas toujours été à la hauteur en ce qui concernait deviner mes pensées et mes idées noires, elle affinait de plus en plus ses aptitudes et j'avais l'impression que ses regards clairs et perçants me sondaient des pieds à la tête, quand elle s'y mettait. D'ailleurs, je m'étais fait la réflexion étrange, après toutes ces années : la couleur de nos yeux était presque la même, et jamais auparavant je n'avais remarqué que nous avions à ce point les mêmes yeux un peu en amande, même si les siens étaient plus fins, dont la couleur bleu presque turquoise s'intensifiait dès qu'il y avait le moindre petit rayon de soleil. Cela m'avait fait plaisir de le constater par moi-même, même si j'y allais prudemment au sujet des ressemblances, car j'avais bien trop souffert de l'image éclatante de ma mère pour vouloir à tout prix lui ressembler. Mais en tout cas, m'occuper de Ruby avait été un bon moyen pour moi de mettre de côté un peu ce qui se tramait dans ma tête, car je voulais que nous en profitions pour nous détendre, et je savais qu'elle souffrait d'être éloignée d'Ewan tout comme elle souffrait de leur situation actuelle, et qu'elle ne savait pas comment s'en dépêtrer exactement. Je retenais, comme du venin, ce que je pensais à ce sujet, mais est-ce que ce n'était pas la preuve concrète qu'ils nous faisaient tous du mal, sans exception, même ceux qui pourtant promettaient une belle histoire, comme Ewan avec Ruby ? Mais elle n'avait pas besoin d'entendre ça, et je ne me sentais pas de lui dire de tout façon. Je voulais simplement être là pour elle comme elle savait l'être pour moi, et rien ne comptait d'avantage.

Nous avions profité du temps, nous nous étions amusées à cuisiner avec Ruby, à jouer et sortir avec Conrad, à lire tranquillement, à nous promener sur la plage ; même si Noël et les fêtes familiales étaient toujours un peu délicates pour une famille comme la nôtre, j'aimais aussi me raccrocher au fait que nous étions tout de même une famille et qu'il fallait justement l'apprécier. Plus que d'habitude, il m'avait été difficile de quitter Conrad, et je savais que ça n'était pas étranger au fait qu'il était et avait toujours été, en plus de mon père, la référence masculine la plus présente dans ma vie - et que j'étais bien en mal de ce genre de référence, en ce moment. Revenir à Poudlard après ces deux semaines, avec les examens qui nous attendaient et se rapprochaient à grand pas, avec cette espèce de sensation désagréable que j'avais quand je repassais devant chaque endroit qui me rappelait un souvenir avec Stephen, avec le moral de Ruby et le mien qui n'étaient pas au beau fixe... Tout cela avait été un peu difficile, et même si j'étais bien décidée à ne pas me laisser abattre, j'aurais volontiers échangé mon billet pour rester en Oregon jusqu'à l'été, car je me languissais du soleil et de la chaleur du sable, de l'odeur de la plage, des longues soirées à regarder le soleil se coucher à l'horizon, sur la mer turquoise.

On ne change pas une équipe qui gagne, et pour ces raisons, principalement, j'avais vite retrouvé mes petites habitudes : sortir le soir, dormir en cours, en faire le moins possible, et me couper un peu des autres, me renfrogner devant les couples la journées mais la nuit aguicher les garçons qui me plaisaient, pour ne rien faire durer évidemment, car chaque matin était un éternel recommencement. J'étais prise dans un cercle vicieux, une boucle qui se refaisait inlassablement, mais c'était le meilleur remède que j'avais trouvé jusque là, alors pourquoi en changer ?

Jay avait été là dès mon retour, fidèle au poste, et je ne lui rendais pas forcément comme je l'aurais dû, mais j'appréciais énormément sa fiabilité. Il était toujours là quand j'avais besoin de lui, toujours prêt à m'emmener dans toutes les soirées dont j'avais envie, à m'accompagner mais à me laisser vivre ma vie ; le parfait compagnon de soirée... Et le parfait agaçant compagnon de soirée puisqu'il s'en tenait clairement à cela, repoussant mes avances jour après jour. Que voulait-il alors ?! Il agissait avec moi comme si il voulait de moi, il me regardait avec une intensité qui n'était pas innocente, je l'avais compris, quand même. Mais alors, il était timide, ou quoi ?! Il n'avait jamais eu de copine ?!

Cette soirée, la toute première depuis que nous étions rentrées à Poudlard, allait me permettre de me vider bien la tête. J'avais revu Jay assez rapidement, pendant la semaine, et il m'avait proposé de sortir ce week-end, vendredi soir : j'avais accepté. J'avais proposé à Ruby de venir (je ne lui proposais pas tout le temps parce que je voulais pas la traîner là-dedans, mais je m'étais dit qu'à elle aussi ça lui permettrait d'oublier un peu ce qui n'allait pas) et elle avait accepté. Nous nous étions alors retrouvés chez ce... Thomas, Dean, Arthur ou quelque chose comme ça, après avoir bu  un premier verre aux Trois Balais. C'était une fête comme les autres : de la musique, très fort, une pièce un peu dans la pénombre, de l'alcool, des gens, sur la piste de danse, sur les sièges ou les fauteuils. Je m'étais rapidement mise à danser avec Ruby, après quelques autres verres partagés avec Jay, et puis nous avions profité de nos musiques préférées, puis Jay s'était approché pour danser avec nous, alors évidemment j'avais joué un peu en dansant tout contre Ruby et en lui piquant quelques baisers, et nous avions bien ri, et le regard un peu désapprobateur de Ruby ne m'avait pas échappé, mais j'avais l'habitude - elle aussi. Elle était partie un peu après, et je ne l'avais pas retenue, je savais qu'elle était fatiguée, et je ne voulais pas lui demander de rester. Et puis, je me débrouillais aussi très bien tout seule - je ne voulais pas qu'elle s'inquiète.

Si je n'aimais pas particulièrement boire, ainsi que la sensation d'ivresse, une fois Ruby partie, la soirée s'ouvrait à de nouvelles perspectives et j'avais envie d'y aller, à toute vitesse : je bus un verre cul-sec avant de retrouver Jay sur la piste, les idées un peu plus embrouillées... mais bien décidée tout de même.

Je lui souris du coin des lèvres et me laissai bousculer par le groupe qui dansait à côté de nous, pour me réceptionner contre lui, contre son torse, la tête levée vers lui. Il avait une odeur particulièrement agréable, je l'avais déjà remarqué. A la fois très masculine et très douce aussi, et elle lui allait bien, parce qu'il avait ces deux côtés à la fois. J'en profitai, avant de me remettre à danser, sans me décoller trop de lui, et repoussant mes cheveux en arrière je me mis à bouger en rythme tout en le regardant dans les yeux et en souriant un peu. Je sentis qu'il me repoussait très légèrement, imperceptiblement, alors je me laissai faire et changeai de position pour me mettre dos à lui mais n'arrêtai pas ma petite danse pour autant, me rapprochant à nouveau de lui au rythme de la musique et jouant avec ses mains tandis qu'il dansait aussi ; puis je me retournai et cette fois, forçant clairement le passage et ignorant ses tentatives de me laisser à une distance raisonnable, j'affichai ostensiblement mon désir que cette danse se termine par autre chose qu'un sourire ou un regard, et je lui lançai un regard lourd de sous-entendus.

Que lui fallait-il de plus ?!...

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James Miller
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MessageSujet: Re: I want the fire, the heat and the light ; I want the burn (PV Jay)   Dim 2 Mar - 21:09



« You’re the brightest thing I’ve ever seen. You’re this beautiful ball of fire spitting sparks out at the world, burning fiercely, holding back the dark by sheer will. And I always knew that if I reached out — if i tried to touch you — I’d get burned. Because you’re not mine. I’m not supposed to feel the fire. I’m not supposed to want it. But I do. I want you like I’ve never wanted anything. Ever. I want the fire. I want the heat, and the light, and I want the burn.»


Noël avait perdu depuis bien longtemps son aspect festif. Cette année, comme à chaque fois, Maya et avions tenu à acheter un sapin et à le décorer, comme si de rien n'était, comme si l'absence de Mathilda qui, étant la plus grande, avait toujours été celle qui mettait l'étoile tout en haut- la "touche finale" comme elle aimait le dire - n'était pas chaque jour plus pesante et plus douloureuse. Le chagrin avait toujours une forme plus brute les jours de fête, bien plus qu'à des dates que l'on aurait pu considérer comme symbolique, comme celle de sa disparition. C'était dans les moments où nous avions été le plus heureux, où nous devions l'être encore, que la présence de ma sœur me manquait le plus cruellement et que je ressentais à quel point elle me manquait. Parce que c'était là que je reétendais son rire, à nouveau, que je me rappelais de ses plaisanteries, de ses sourires, de ces coups de gueule, et la manière qu'elle avait de d'envouter la pièce dans laquelle elle se trouvait, d'attirer l'attention sur elle d'une manière innocente et à la fois charismatique : ma mère disait souvent que pour ça, nous étions bien frère et sœur, mais aussi toujours un peu en compétition. J'aimais ma grande sœur, je l'admirais, mais j'étais avide de mon propre succès et en grandissant, je n'avais pas oublié les quelques sacrées disputes que nous avions eu. Je ne savais pas si aujourd’hui je les regrettais, car je savais que l’on ne pouvait pas réécrire l’histoire, mais une chose était sûre : je regrettais amèrement d’avoir fermé les yeux sur ce qui se tramait, juste devant moi, et que j’avais nié, préférant vivre ma petite vie d’adolescent dans mon coin et d’en profiter.

L’état de ma mère était au plus bas, et l’importance que mon père y accordait semblait suivre la pente. Dès que j’étais revenu avec Maya à la maison, il avait disparu pour quasiment tous les jours et toutes les nuits, ne posant même pas quelques jours de congés sauf pour Noël. Je me doutais qu’il laissait souvent ma mère seule, habituellement, et comme elle était incapable de travailler ou de vouloir faire quoi que ce soit, sa compagnie n’avait rien de stimulant aux yeux de mon « père ». Cela faisait longtemps que je ne croyais plus à leur mariage, de toute manière, probablement depuis mes six ans, depuis que j’avais compris le concept de l’amour, mais qu’importe. Je ne savais pas s’il restait là par pitié, par habitude, car si avant ma mère s’occupait un minimum de lui et de la maison, à présent, c’était tout juste si elle faisait le repas et les courses. Avant que je travaille à Poudlard, je me chargeais de tout, aujourd’hui, je crois que mon père faisait le strict minimum : le frigo était rempli de plats à réchauffer, déjà tout fait, et les placards de conserve. Il faut dire que la dépression de ma mère pesait de tout son poids à la maison, et si elle avait été contente de retrouver ma petite sœur et moi, au fil des jours, le nuage noir qui enveloppait son esprit avait refait surface. Elle parlait peu, mangeait à peine, et quand il souriait – extrêmement rarement – il semblait que ce simple rictus était douloureux tant les muscles de son visage n’était plus habitué. J’avais passé deux semaines à m’occuper d’elle, de la maison, à régler tout ce que mon père avait laissé de côté, les factures, les papiers administratifs, etc.

Je n’avais rien dit. Je n’avais rien dit pour l’absence de cadeau au pied du sapin – Maya et moi nous nous en étions fait entre nous seulement –, rien dit non plus sur le fait que nous avions tous les deux du cuisiner tout le repas avec ma mère assise sur une chaise de la cuisine, les yeux rivés dans un album photo. Je n’avais rien dit quand Maya avait demandé à faire le nouvel an avec Victoire, sa meilleure amie que je ne voyais pas d’un très bon d’œil, je n’avais rien dit quant au fait que j’allais passer le mien chez moi, à veiller sur ma mère dont les crises d’angoisses se faisaient de plus en plus régulières. Je n’avais rien dit quand mon père m’avait sommé d’aller chercher ma petite sœur en fin de soirée, tandis qu’il passait son Nouvel An chez un ami à lui, en dehors de Londres. Je n’avais rien dit quand j’avais passé la soirée avec ma mère devant la télé à regarder des téléfilms stupides, rien dit non plus lorsqu’elle s’était mise à pleurer hystériquement à minuit en demandant où était Mathilda. Je n’avais rien dit lorsque j’avais été cherché Maya d’un coup de moto à cinq heures du matin à sa soirée, et que je l’avais récupéré complétement ivre morte, et, je la soupçonnais, stone aussi. Je n’avais rien dit. Rien dit du tout.

Seulement, le soir du 31, alors que ma mère venait d’aller se coucher après sa crise, je m’étais glissé dans la chambre de Mathilda. Nous n’y avions jamais touché suite à sa disparition : la police avait fait quelques recherches, fouillé des tiroirs, l’armoire, cherché dans ses journaux intimes. Puis on avait refermé la porte, et nous n’avions plus rien touché. En pénétrant dans la pièce, j’étais resté silencieux, stoïque. J’avais porté sa bouteille de parfum à mon nez pour humer l’odeur, sans rien dire, sans tressaillir. J’avais regardé les photos accrochées au mur sans rien dire. Puis, en me penchant, j’avais trouvé sous son lit un tee-shirt roulé en boule, tee-shirt que je reconnus instantanément : c’était son préféré de tous, avec le col avec les perles et les plumes. J’étais resté assis sur le sol, silencieux, de longues minutes, le tissu entre mes doigts. Puis je m’étais mis à pleurer. Stupidement, j’avais laissé la tristesse me gagner, moi qui n’avait pas pleuré sur la disparition de ma sœur depuis des mois, des années, j’avais pleuré et pleuré jusqu’à recevoir le coup de téléphone de Maya qui m’avait obligé à me reprendre. Combien de temps m’étais-je laissé avoir par le chagrin, je l’ignorais, mais mes yeux étaient rouges, lourds, gonflés, et en me couchant, je m’étais promis de ne plus jamais me laisser avoir de la sorte.

Ma seule consolation des vacances, outre Maya, avait été de recevoir quelques lettres de Lizlor – j’avais envoyé une première en prétextant quelque chose de stupide pour ouvrir la discussion, et ça avait suivi. Elle me manquait, terriblement, d’un manque que je ne saisissais pas vraiment, mais j’avais été soulagé de la retrouver à la rentrée. Heureux, également, de constater qu’elle portait à son poignet mon bracelet en argent, cadeau de Noël, composé d’une chaîne et de deux charms : une licorne et une couronne de princesse. Ça m’avait fait plaisir de lui offrir et de voir que, visiblement, il lui plaisait, et nous avions repris nos petites habitudes, en particulier celle de sortir les week-ends. Ce soir n’était pas très différent des autres : musique forte, alcool, ambiance tamisée… Ruby fût de la partie en début de soirée, et comme toujours, Lizlor en tira parti – je tentais de le cacher, mais les voir danser ensemble et s’embrasser, même si je savais que ce n’était que pour rire, déclenchait en moi des frissons et des sensations étrange. Puis, la meilleure amie partie, je me retrouvais un peu plus à profiter de la Gryffondor, et après l’avoir perdu de vu un instant, elle débarqua sur la piste de danse, tout près de moi.

Lorsque Lizlor se retrouva contre moi, par un hasard plutôt forcé, je sentis mon coeur se crisper et tous mes sens se mettrent en alerte. J'avais la tête plus légère qu'à l'habitude, à cause de l'alcool, mais mon coeur était lui un peu plus lourd, plus triste, contracté de toute l'amertume que j'avais accumulé durant les vacances et que la rentrée ne semblait pas vouloir chasser. Par instinc, alors que Lizlor se mouvait un peu trop près, j'eus un mouvement bref mais clair, je tentai de m'écarter légèrement mais la foule était étrangement compacte. Mais je savais que rester contre la jeune fille était un jeu dangeureux, parce que je devinais bien ses intentions, et si j'étais parcouru de frissons qui refletaient l'intense désir qui m'agitait, je refusais de rentrer dans la danse. Je ne voulais pas être ce garçon là, je ne voulais pas embrasser Lizlor entre deux verres, l'avoir pour un soir, je la voulais pour toujours. Mais elle semblait bien décidé à pousser la séduction légèrement plus loin, et elle se mit dos à moi, attrapant mes mains, tandis que je sentais dans ma poitrine mon coeur au bord de l'implosion. J'avais peur de ce qui se passerait si je me laissais aller, et je regrettai déjà de me laisser gagner par la musique, incapable de briser la danse, de m'écarter, tant Lizlor excercait entièrement son pouvoir fascinant sur moi. Et si je l'embrassais? Deviendrais-je le garçon d'un soir, cesserait-elle de me parler parce qu'elle aurait enfin réussi son coup?

Elle eut un mouvement un peu plus lascif des hanches sur lesquelles elle avait posé mes mains qu'elle tenait dans les siennes, et je m'entendis retenir un soupir. C'était un supplice des plus délicieux, et un instant, les yeux fermés, le visage perdu dans ses cheveux dont le parfum m'envoutait, je me laissai bercer par des songes, des fantasmes - je m'imaginais refermer mes bras autour du petit corps frêle de Lizlor, la serrer tout contre moi avec une tendresse qui me pressait le coeur tant elle m'était inconnue et si puissante. La musique se fit tout à coup un peu plus mystique, les arrangement éléctriques enveloppant l'atmosphère d'une force qui semblait nous prendre tous, tout entier, et nous emmener tout au fond de nous. Mes défenses et mes résolutions baissaient à vu d'oeil, et j'avais de plus en plus de mal à garder les yeux ouverts, j'étais envahi d'une chaleur qui appuyait sur ma peau et la transperçait, et plus Lizlor était proche, plus ma gorge se serrait. Je me surpris, chose que je m'interdisais toujours en sa présence, à imaginer son corps nu contre le mien, parce que si certains y avaient droit quand elle couchait avec un garçon pour un soir, pourquoi pas moi?! Mon estomac était si contracté que j'en avais presque mal au ventre, et lorsque la jeune fille se retourna pour me faire face, pendant un instant, je me sentis au bord de la falaise, près à tomber, à craquer.

Mais la musique se calma un instant avant de repartir, et ce fût les secondes qui me sauvèrent - brusquement, je m'écartai, clignant des paupières pour retrouver mes esprits. Il me sembla que je reprenais ma première bouffée d'air, et la réalité me revint plus précisement : j'étouffais dans cette foule, j'avais déjà bien bu, Lizlor aussi... Je ne voulais pas être ce mec-là, pour la première fois de ma vie avec une fille, j'avais de véritables scrupules, ce que je n'avais même pas eu avec Sophie. Et je savais d'où cela provenait. Je tenais plus à Lizlor qu'à moi-même, et cette simple constatation était si inattendue et étrange qu'elle me faisait presque peur, car c'était la toute première fois. Pourquoi elle, pourquoi maintenant, je ne savais pas, et je m'en fichais, je savais simplement que je n'avais pas le droit de faire des conneries comme j'avais pu en faire avec mes anciennes copines. J'inspirai, et comme Lizlor semblait vouloir attaquer de nouveau, je pris ses fins poignets entre mes mains pour la stopper, l'attirant cependant contre moi pour lui parler à l'oreille - la musique était trop forte sinon. Je sentis nettement sa poitrine contre la mienne, et j'eus un frisson particulièrement brutal, mes doigts serrant malgré moi un peu plus fort les poignets de Lizlor.


- Tu sais qu'on ne veut pas la même chose, glissai-je dans son oreille. Alors que je ne m'y attendais pas, la voix de Mathilda résonna dans mon cerveau : non, je ne sais pas, arrête de toujours parler pour les autres et croire que tu sais ce qu'on veut et ce qu'on pense ! Je fermai les yeux, brutalement, accusant le coup. C'était vrai qu'elle me le reprochait souvent, avant, cette manie que j'avais de dire aux autres ce qu'ils savaient, ce qu'ils pensaient. En vérité, j'ignorais sur Lizlor comprenait réellement mes attentions, mais que pouvais-je faire? Lui dire que je l'aimais? Je savais que ce n'était pas réciproque, et qu'elle ne voulait pas de relations, je la ferais fuir en me confiant ainsi. J'espérais silencieusement qu'elle comprenne, simplement, qu'elle devine dans mes regards et dans mes gestes, et qu'elle y réponde... Mais je savais que pour l'instant, elle n'y répondrait jamais comme je le désirais. J'eus un soupir un peu triste, et je me penchai à nouveau à l'oreille de Liz : pas de coup d'un soir, ajoutai-je, pour afficher alors clairement ma position.

J'aurais du préciser : pas de coup d'un soir depuis que je te connais et que je suis amoureux de toi. Mais je restais silencieux. Elle savait que je n'avais pas été coincé durant ma jeunesse, nous en avions déjà parlé rapidement, en particulier lorsque pour me racheter de lui avoir parlé de son attitude envers les garçons en soirée d'une manière bien peu galante, je lui avais raconté plusieurs anectodes sur mes soirées à Poudlard - y compris cette soirée en cinquième année où j'avais embrassé six filles différentes en un soir. Peut-être avait-elle du mal à comprendre alors pourquoi, à présent, je ne voulais pas d'elle, alors qu'elle savait que je n'étais ni coincé, ni insensible à ses charmes. Mais pourquoi ne voulait-elle pas voir?...

Comme je voyais qu'elle bougonnait, j'eus un sourire d'excuse, et je pris sa main pour l'entraîner vers la table pour lui servir un verre - sans qu'elle le remarque, je mis une dose faible d'alcool, considérant qu'elle avait déjà bien bu - et lui tendis en souriant. Je m'apprêtai à proposer d'aller changer la musique pour mettre ce qui nous amusait, puisque nous aimions bien faire office de DJ durant les soirées, mais je remarquai alors une odeur très prononcée dans l'atmosphère... Je me crispai, fronçant les sourcils. Un peu plus loin, un groupe de mecs fumaient plusieurs joints, et je me tournai vers Lizlor pour balancer une remarque un peu froide du type "regarde ces débiles" lorsque je remarquai qu'elle les regardait aussi. Mais son regard n'avait rien d'accusateur, au contraire, et ma main qui tenait encore la sienne se desserra sensiblement. Je sentis une drôle de sensations m'envahir, et lorsque Lizlor se dirigea vers les garçons, m'adressant à peine un regard, comme pour me punir de l'avoir repoussé. Le pincement dans mon coeur devint un horrible crispement, et je restai là, debout, stupidement, la regardant partir. L'effet que me faisait l'idée de Lizlor fumant un joint était aussi stupide que disproportionnée, et pourtant, elle suffisait à m'attriser au plus au point. Je savais que ce n'était pas un joint qui allait la tuer, mais non, je ne pouvais pas, je ne voulais pas, je… Je ne supportais simplement pas l’idée qu’elle se mette en danger, et je savais les effets que pouvait avoir la drogue, les conséquences et… Ce n’était qu’un peu de weed, me résonnai-je, mais j’étais incapable de me défaire de l’horrible sensation qui me happait tout entier. Je finis par réussir à faire quelques pas en arrière pour laisser tomber dans un fauteuil, et je détournai le regard de force, conscient que je ne supporterais sûrement pas de voir Lizlor fumer. Je ne sais pas trop combien de temps passa alors, je discutais rapidement avec quelques personnes, buvant de temps à autres, m’interdisant de chercher Lizlor du regard. Je ne tins pas très longtemps je crois, car au bout de quarante minutes à peine, alors que je venais de repousser une fille qui tentait assez ridiculement de me faire des sous-entendus, je scrutai la salle à la recherche de la chevelure blonde de la Gryffondor… Que je ne trouvais nulle part.

Une nouvelle fois, je sentis une panique étrange m’envahir. Je fis le tour de la pièce, plusieurs fois, sorti rapidement pour voir si elle fumait dehors avec les gens, demandai aux mecs qui avaient fumé avec elle s’ils l’avaient vu – évidemment non, ces espèces de glandus – et je commençai doucement à m’inquiéter. Etait-elle partie ?! Mais nous rentrions toujours ensemble de soirée, ou au moins elle me prevenait… Se vengeait-elle parce que je l’avais repoussé ? Etait-elle partie avec un autre garçon ? J’entrepris de faire un dernier tour dehors, et j’allais appeler son prénom un peu en vain quand mon regard se posa sur une petite chose recroquevillée dans le froid hivernal, assise sur le trottoir, la tête dans les mains, tremblante. Mon cœur fit un bond, et je me jetai quasiment sur elle.


- Lizlor ! M’exclamai-je, m’agenouillant à côté d’elle. J’étais mort d’inq… Tu pleures ?! J’avais lâché ces derniers mots sous le coup de la surprise, me maudissant directement, et je me laissai tomber sur le bord du trottoir à côté d’elle, tout à coup pris de cours. Puis, tout naturellement, je passai mes bras autour des épaules de Lizlor, et l’attirais tout contre moi. Je sentis qu’elle passait se recroquevillait dans mes bras, et mon cœur se contracta tout à coup, mes bras se resserrant instinctivement. Qu’est-ce que qui se passe ? Demandai-je doucement, caressant ses cheveux. Elle pleurait tout doucement, et finalement, je passai un de mes bras sous ses genoux pour la soulever – je la rassurai d’une voix douce – et la portai jusqu’à un banc un peu plus loin dans la rue, qui était dans un renfoncement protégé du vent. Je m’assis, Lizlor toujours dans mes bras, et murmurai un « attends » tandis que j’ôtai ma veste de cuir fourré pour la passer à Lizlor, et j’allai m’écarter un peu pour qu’elle s’assoit, mais elle eut un mouvement étrangement, comme si elle ne voulait pas que je laisse justement. Je suivis mon instinct et l’entourai à nouveau de mes bras, alors qu’elle était assise sur mes genoux, roulée en boule, ses bras contre elle-même et ses genoux repliés. Elle était toute légère, et je caressai sa joue où les larmes s’étaient un peu calmées. C’est l’alcool ? C’est le joint ? Tu veux que j’aille chercher de l’eau ? Tu veux qu’on rentre ? Je peux faire quelque chose ?!

Je parlais trop, je le réalisais, mais je ne pouvais pas m’empêcher de sentir l’inquiétude me gagner. Je voulais que Lizlor aille bien, aille mieux, et je me sentais tout à coup impuissant. Mais, c’était, je le réalisai trop tard, la première fois que je l’étreignais ainsi, réellement, et cela me donna un étrange courage. Je la berçai un peu, tout doucement, imperceptiblement, et callai un mèche derrière son oreille pour dégager son visage – ma main effleura sa joue, et un instant, je fermai les yeux, me laissant envahir par la douceur de la peau de Lizlor que je rêvais de caresser depuis que j’avais posé mon regard sur elle.

_________________
« So what became of loving man
And what became of you
Familiar as you shook my hand
What was it you meant to do?
Because all could change for one
And all, could change in this new today. »




« She said the devil will want you back
And you'll never find love in an open hand
Shut your eyes, so you see I'm there
And know you'll always have this if you see this man
I lied, this was not for my pride
I know this was my time. »
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Lizlor Wayland
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MessageSujet: Re: I want the fire, the heat and the light ; I want the burn (PV Jay)   Sam 8 Mar - 21:04

Le reflet de mon petit jeu dans les yeux bruns de Jay me faisait presque peur ; pourtant, c'était justement ce que je voulais... Mais cette lumière plus intense tout d'un coup, ses yeux braqués sur moi, un peu fiévreux - tout ce que je recherchais en agissant ainsi, justement, était bien là, et j'avais beau m'en servir comme d'une arme à présent, il y avait toujours au fond de moi cette petite Lizlor qui n'avait pas disparu et se terrait quelque part dans la brume. Et elle craignait tout cela, elle n'était pas spécialement à l'aise avec ces regards des garçons sur elle, et tous ces petits jeux d'adultes... Mais il y avait bien longtemps qu'elle n'avait plus le dessus, et je soutins sans ciller le regard de Jay, espérant que le mien lui ferait tout l'effet escompté. Et, surtout, qu'il cèderait... Enfin. J'étais trop énervée pour être patiente : j'avais trop donné avec lui, surtout que je ne comprenais pas quelles étaient ses raisons (il me regardait clairement comme un garçon qui trouve une fille attirante, alors je ne le dégoûtais pas, loin de là, j'en étais certaine dans ces moments-là). Il allait céder, oui ?! Il y eut une seconde où je crus que oui, il allait céder, mais quand ses mains saisirent mes poignets et que je continuai à danser tout contre lui, la pression qu'il leur appliqua m'indiqua clairement que je n'aurais pas ce que je désirais. Il m'attira contre lui et je le dardai d'un regard un peu plus provocateur, sentant la peau de son cou toute proche de mes lèvres, et les siennes près de mon oreille :

- Tu sais qu'on ne veut pas la même chose. Pas de coup d'un soir.

Je me décollai de lui, cette fois bien énervée, et le fusillai du regard.

- Oh là là, j'aurais dû te connaître quand t'étais encore élève, t'avais l'air franchement moins chiant, râlai-je pour la forme (et pour la énième fois). Il m'avait clairement expliqué comment il était avant, quel genre de garçon il était en soirée, alors pourquoi tout d'un coup il devenait le plus saint des saints ?! Quelque chose m'échappait complètement, et si ça n'avait pas été lui je l'aurais probablement envoyé paître parce que je pouvais en trouver d'autres à la pelle, mais Jay était cool, serviable et je m'entendais bien avec lui - je l'appréciais en tant qu'ami et comme il était l'un des seuls avec qui cela m'arrivait, je n'étais pas décidée à l'envoyer valser une bonne fois pour toutes. Et puis, c'était devenue un challenge : il cèderait. Ce n'était pas une question.

Il fit comme d'habitude : ignorer tout en souriant à moitié pour s'excuser, et je le suivis mollement, de mauvaise humeur maintenant, vers l'endroit où on se servait à boire. J'acceptai le verre, mais tout mon attention était portée vers le groupe un peu plus loin qui préparait visiblement de quoi fumer. C'était étrange : la drogue, l'alcool, tout cela ne me disait rien, parce que j'avais toujours trouvé stupide les adolescents qui se précipitaient là-dedans dès qu'ils en avaient l'âge, parce que c'était la mode, pour boire pour être ivre, fumer pour être défoncer. Non seulement je n'étais pas familière avec ce genre d'envie et de situations, mais en plus, depuis que Ruby avait arrêté de boire je voyais l'alcool comme quelque chose de trop dangereux pour être pris à la légère - la drogue, encore plus.

Mais j'étais en train de boire, même si c'était parfois et jamais à l'excès. Est-ce que je ne pouvais pas essayer l'autre chose aussi, dans la même optique ?...

J'avais essayé vaguement, quelques fois, bien entourée. J'avais un peu peur, comme à chaque fois, mais l'essentiel était de ne pas le montrer. J'abandonnais là Jay et ses airs de papa choqué devant la décadence de la jeune génération pour me rapprocher du groupe de garçons ; j'en connaissais plusieurs dans le lot et ils m'accueillirent sans problème, bien au fait que je venais là pour partager ce qu'ils allaient fumer. Ils étaient gentils, sans plus, et je les écoutai raconter leurs dernières anecdotes de soirée tout en laissant le garçon assis à ma droite et celui assis à ma gauche tenter de me faire comprendre plus ou moins subtilement qu'ils avaient envie de passer le reste de la soirée avec moi et en faisant mine de ne pas saisir les avances qu'ils me lançaient. J'étais plutôt occupée par la fumée du joint, plus dense que celle de la cigarette, qui tournait en volute lorsque je fumais, par le goût un peu étrange, par la sensation de détachement que je ressentais de plus en plus forte en fumant, et par ce que cela éveillait chez moi. La tête me tournait un peu, mais pas trop. Je ne fumais pas trop non plus, je ne voulais pas tomber raide et j'avais un peu peur, mais plus je fumais plus je ressentais que ça me détendait, et plus j'en avais envie. Mais je me souvins des conseils que j'avais entendus, que fumer et boire ne faisaient pas forcément ménage, du coup je me levai ensuite quand on eut terminé de fumer pour retourner danser.

Et c'était... Flou, un peu, je me sentais voler sans vraiment le croire, je me sentais bien mais un peu trop bien pour que ce soit vrai, je me sentais sans forces et à la fois étrangement puissante. Mais à peine me mis-je à danser que je sentis comme un poids tomber sur mes épaules : il y avait trop de monde, la musique était trop forte, j'avais chaud, et d'étranges flashs devant les yeux. Je m'extirpai de la foule et couru presque vers la porte pour me retrouver dehors - heureusement, il n'y avait personne - et quand je me laissais tomber sur le trottoir, je sentis que l'air frais sur ma peau et sa sensation revigorante serait de courte durée. Presque aussitôt, les tremblements reprirent et je me sentis nauséeuse : autour de moi tout était gris, sombre, froid, et je me recroquevillai sur moi, entourant mes jambes de mes bras. Qu'est-ce que j'avais espéré, honnêtement ? Que sortir et m'amuser effacerait Stephen ? Que je serais moins seule ? Je l'étais tout autant, rien n'avait changé. Et puis, autour de moi, ça n'était pas mieux… Ruby n'était pas bien et je ne le supportais pas, je me sentais inutile et je ne savais pas quoi faire mais je ne pouvais rien faire, car c'était son histoire avec Ewan et je n'avais aucun pouvoir. Si même eux ne pouvaient pas finir ensemble… Si je n'avais rien laissé paraître pendant les vacances, si je n'avais pas pleuré, c'était autant pour Conrad et Maman, parce que je ne voulais pas les rendre plus tristes qu'ils l'étaient sans doute, mais ces fêtes familiales étaient trop chargées en émotions pour que je ne pense pas à mon père… Tout cela à la fois bien différent et à la fois mis bout à bout me tombait dessus d'un seul coup et je tremblais de froid et d'un mal-être étrange, que je devais à l'alcool et à ce que j'avais fumé. Le pois du monde me paraissait étouffant tout d'un coup, et si je n'avais pas envie de mourir, parce que ce n'était pas mon genre, j'avais juste envie de disparaître sous la terre, ou de partir me perdre dans les hauts arbres de la forêt et de ne plus jamais en sortir. Je tremblais sans pouvoir m'arrêter et je sentis que je me mettais à pleurer, stupidement, sans pouvoir me retenir ; pourtant je ne voulais pas pleurer, je ne voulais pas me laisser aller parce que je me l'interdisais et que cela ne collait pas avec la nouvelle Lizlor que j'avais décidé d'être. Ces larmes étaient amères : à la fois pleine de désespoir et d'amertume car elles n'étaient pas désirées, car j'avais l'impression d'échouer là où je ne voulais plus perdre. Mais il faisait si froid autour de moi et pourtant je grelottais comme si j'avais de la fièvre, j'étais nauséeuse et la tête me tournait, mais à quoi bon ? Pourquoi lutter contre cet état alors que je sentais que l'alcool et le joint m'avaient tout d'un coup rendue malade ? Je regrettais d'être seule tout d'un coup, parce que j'aurais aimé que des bras rassurants, ceux de Maman ou de Ruby, soient là pour accueillir mon désespoir. Et dans le même temps, je ne l'aurais pas supporté et je le savais – personne ne devait voir l'état lamentable dans lequel je me trouvais, j'en avais honte et à la fois je le méritais, pourquoi avais-je été si stupide ? Dans ma tête, les pensées tourbillonnaient aussi vite que le sang battait dans mes tempes. Je savais que j'étais trop mal physiquement pour pouvoir me reprendre, et j'avais si mal au cœur, au ventre, partout, que j'avais envie de m'évanouir pour que tout cela cesse. Seuls les sanglots répétés et les larmes qui me brûlaient les joues m'en empêchaient.


- Lizlor ! Une voix sembla surgir de nulle part, et si je sentis une présence tout près de moi tout d'un coup, je ne bougeais pas pour autant. Je voulais disparaître, j'avais disparu, et Jay qui ne voulait pas de moi, ne pouvait-il pas le comprendre ?! J’étais mort d’inq… Tu pleures ?!

- Non, tu vois bien que je joue aux cartes, répondis-je rageusement, car la rage était la seule chose dont j'étais capable.

Mais il ne s'arrêta pour autant, et je sentis ses bras m'envelopper. Si je me raidis une seconde, par défense, tout d'un coup, cette tiédeur rassurante m'enveloppa si doucement que je ne fus pas capable de le repousser. Je me laissais faire, docile, m'installant dans le creux de ses bras. Ils étaient si musclés que je n'aurais jamais pu deviner combien ils étaient doux et délicats.


- Qu’est-ce que qui se passe ? C’est l’alcool ? C’est le joint ? Tu veux que j’aille chercher de l’eau ? Tu veux qu’on rentre ? Je peux faire quelque chose ?!

Arrête de poser des questions, eus-je envie de râler une nouvelle fois, mais il m'avait portée jusqu'au banc proche et m'avait installée sur ses genoux, et enveloppée de sa veste bien chaude. J'avais encore la nausée et chaque mouvement était dangereux, mais pour rien au monde je n'aurais souhaité quitter cet abri soudain. Je le refusais, dans les faits, mais j'étais incapable de m'en arracher : j'étais trop faible et trop fragilisée par mes émotions pour nier totalement que j'avais besoin d'un peu de réconfort. Jay n'était pas celui à qui j'avais envie de parler, parce que lui montrer ce qui se tramait dans ma tête allait démonter l'image de la jeune fille forte et attirante que j'essayais de lui envoyer, mais à quoi bon de toute façon ? Il n'en voulait pas, de cette fille-là. Et pourquoi l'aurait-il voulu, quand même le garçon avec qui j'avais été en couple l'avait abandonnée sans l'ombre d'une hésitation ? J'avais envie d'abandonner moi aussi, et mes larmes redoublèrent d'intensité.

- Je me sens pas bien, j'ai froid et j'ai chaud, j'ai envie de vomir, avouai-je dans un petit murmure. Mes dents claquaient et je savais que ce n'était pas la température, mais le malaise provoqué par tout ce que j'avais bu et fumé juste avant. J'en ai marre, je voudrais juste que ce soit… Comme avant, soupirai-je, exténuée de lutter contre moi-même. J'ai pas envie d'être triste mais j'y arrive pas, ça reste là, et ça m'énerve, râlai-je, les yeux clos, collée contre lui. Il ne devait rien comprendre, mais je n'étais pas assez lucide pour m'en rendre compte. Je voudrais juste savoir pourquoi il est parti, pourquoi il n'a même pas pris la peine de répondre à ma lettre, pourquoi il ne m'a pas expliqué plus. Pourquoi je ne comptais pas, alors que pour moi il comptait ? Pourquoi ce n'est pas toujours dans les deux sens ? Et même quand c'est dans les deux sens, ça ne marche pas forcément… Pourquoi ça ne peut pas durer ? Je sentis que les larmes coulaient un peu plus fortes alors que je pensais à Ruby. Pourquoi est-ce que les gens se blessent même quand ils s'aiment ? Je n'en veux pas, de tout ça, affirmai-je avec force. Mais qu'est-ce que ça peut te faire de toute façon ? Tu t'en fiches, toi, je vois même pas pourquoi t'es là. Laisse-moi tranquille.

Me redressant un peu, je serrais la veste de Jay autour de moi, me rendant compte qu'elle m'entourait complètement. Je tendis la main vers lui et la posai à plat sur son torse pour le pousser et lui faire comprendre que je voulais qu'il me laisse seule ici, parce que j'avais honte, parce que tout cela n'arrangerait rien.

- Va-t'en, c'est débile, répétai-je, consciente que je n'avais aucune force et que même en pleine possession de mes forces je n'avais aucune chance contre lui.

Je voyais mal, ma vision était floue et il faisait nuit, mais dans la pénombre je devinais le visage de Jay tourné vers le mien et son regard perçant clairement dirigé sur moi et uniquement sur moi, et je ne comprenais pas – pourquoi était-il si attentionné mais incapable de me donner ce dont j'avais envie ? Dans quel but faisait-il cela ? Un frisson me parcourut des pieds à la tête et je me recroquevillais un peu plus sur moi-même, abandonnant l'idée de le repousser physiquement parce que je savais qu'il ne le ferait que si il en avait envie. Mais de quoi avait-il envie, au fond ? Je soupirai, et posai ma tête dans le creux de son cou. J'aurais voulu le remercier, mais je ne savais pas comment, et je me laissai bercer, m'abandonnant avec une facilité surprenante, tandis que les tourbillons à l'intérieur de mon corps tentaient tant bien que mal de s'atténuer un peu.


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Don't just want you to love me
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James Miller
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MessageSujet: Re: I want the fire, the heat and the light ; I want the burn (PV Jay)   Lun 17 Mar - 21:44

« It's empty in the valley of your heart
The sun, it rises slowly as you walk
Away from all the fears
And all the faults you've left behind

The harvest left no food for you to eat
You cannibal, you meat-eater, you see
But I have seen the same
I know the shame in your defeat

But I will hold on hope
And I won't let you choke
On the noose around your neck

And I'll find strength in pain
And I will change my ways
I'll know my name as it's called again. »



Bien sûr, je m’en voulais déjà d’avoir baissé ma garde, très égoïstement, et de ne pas avoir veillé sur Lizlor. Habituellement, en soirée, j’étais toujours à l’affût, car je savais qu’elle avait tendance à faire parfois un peu n’importe quoi… De ce que j’avais compris sur sa meilleure amie, elle était encore loin du compte, certes, mais j’avais quand même remarqué que Lizlor avait une façon bien singulière de se traiter. Je savais qu’elle faisait ce qu’elle voulait d’elle, de son corps, et que pour l’instant, elle n’avait pas encore dépassé les limites de la décence, mais je ne pouvais pas m’empêcher de penser qu’elle faisait tout ça pour des mauvaises raisons. Est-ce qu’au moins ça l’aider, d’agir ainsi ? Je la voyais rire en soirée, sourire, mais parfois j’attrapais un regard dans le vide ; ou lorsqu’elle dansait, qu’elle fermait les yeux, les mains en l’air, et que sa tête balançait doucement, je lisais un sourire triste sur ses traits. Quand elle pensait que personne ne la regardait, lorsqu’elle oubliait un instant d’enfiler son armure, je percevais une telle fragilité que mon cœur se serrait, suivi de tous mes muscles. C’était souvent dans ces moments aussi que je ressentais bien plus fortement ce que j’avais fini par accepter comme une évidence, l’amour que j’éprouvais pour Lizlor. Je le percevais physiquement, les battements de mon cœur s’intensifiait, et j’avais envie de la prendre dans mes bras, de l’empêcher de se faire du mal, j’avais envie de l’entendre rire à nouveau, comme elle le faisait parfois, d’un rire si sincère qu’il était obligatoirement communicatif. Et au lieu de m’assurer que tout allait bien, j’avais détourné les yeux parce que je ne voulais pas la voir fumer un joint. C’était si stupide et égoïste de ma part, que je me sentais comme un con maintenant qu’elle était dans mes bras. J’avais envie de m’excuser, mais je savais qu’elle ne m’écouterait pas de toute façon, qu’elle ne comprendrait pas ce que j’aurais voulu lui dire. Elle ne concevait pas qu’un garçon puisse s’intéresser sincèrement à elle, puisse vouloir la protéger, comme pourrait-elle saisir si je lui disais que je m’en voulais de n’avoir pas veillé sur elle ?

Peu importe ce que j’avais fait, ce que je voulais dire, de toute façon. Maintenant, il ne me restait plus qu’à la serrer dans mes bras en espérant qu’elle se calme un peu. C’était étrange, car outre ma petite sœur, et de rares fois Sophie, je n’avais jamais vraiment consolé de filles. A vrai dire, je n’en jamais eu grand-chose à faire… C’était presque gênant de l’admettre. Je n’avais pas eu beaucoup d’amies, j’avais plutôt ma bande de potes, tous des mecs, mais j’avais déjà vu une amie mal à une soirée – tout au plus j’allais chercher sa meilleure pote pour qu’elle s’en occupe, ou je m’assurais quand même un minimum que la fille en question n’allait pas nous faire un coma éthylique ou une tentative de suicide. Du reste, leurs histoires ne m’intéressaient pas trop, j’y étais assez insensible. Probablement parce que je me considérais mieux que tout ça, à l’époque. Je me sentais désormais un peu maladroit, avec Lizlor dans mes bras, parce que je n’étais pas habitué à ressentir en miroir une émotion. J’avais littéralement le cœur serré des larmes de Lizlor, elles me bouleversaient et je n’avais envie que d’une unique chose, trouver la solution pour les faire se calmer. Et elle semblait si petite dans mes bras, si fragile… L’agressivité qu’elle avait voulu avoir m’avait ricoché dessus sans me toucher, car j’étais bien trop préoccupé pour m’en formaliser, mais je me demandais : me laisserait-elle l’approcher ? Je voulais simplement l’aider, qu’elle aille mieux…


- Je me sens pas bien, j'ai froid et j'ai chaud, j'ai envie de vomir. Par réflexe, je voulus me lever pour aller chercher de l’eau, la ramener à Poudlard au chaud, à l’infirmerie, lui faire prendre quelque chose mais… Mais je sentis dans sa voix qu’elle n’avait pas fini, et qu’elle voulait me parler, alors je me tus, un peu mal à l’aise. Ma main qui avait replacé la mèche de cheveux derrière son oreille était partie caresser doucement sa chevelure, comme pour l’encourager à me parler, à la rassurer de ma présence. J'en ai marre, je voudrais juste que ce soit… Comme avant. J'ai pas envie d'être triste mais j'y arrive pas, ça reste là, et ça m'énerve. Je voudrais juste savoir pourquoi il est parti, pourquoi il n'a même pas pris la peine de répondre à ma lettre, pourquoi il ne m'a pas expliqué plus. Pourquoi je ne comptais pas, alors que pour moi il comptait ? Pourquoi ce n'est pas toujours dans les deux sens ? Et même quand c'est dans les deux sens, ça ne marche pas forcément… Pourquoi ça ne peut pas durer ? Pourquoi est-ce que les gens se blessent même quand ils s'aiment ? Je n'en veux pas, de tout ça. Mais qu'est-ce que ça peut te faire de toute façon ? Tu t'en fiches, toi, je vois même pas pourquoi t'es là. Laisse-moi tranquille.

Je n’avais pas lâché son visage des yeux, regardant les larmes perler avec un creux dans la poitrine, et je l’écoutais avec tant d’attention que lorsque soudain, elle me demanda de partir, je ne compris pas tout de suite ce qu’elle voulait dire. Je… Je m’en fichais ?! Si je n’avais pas été aussi triste de ce qu’elle venait de dire tout au long de la discussion, je me serais probablement offusquée qu’elle puisse penser quelque chose d’aussi stupide. J’en étais presque devenu muet, et quand finalement je me reprenais et voulus répliquer, la main de Lizlor se posa sur mon torse pour me pousser. Evidemment, elle n’avait strictement aucune force, et je restai immobile, mais son attitude me peina encore plus.

- Va-t'en, c'est débile.
- Pas question,
objectai-je finalement. Tout doucement, j’attrapai sa main qu’elle avait plaquée sur mon torse. Dans la mienne, elle était minuscule, ses doigts disparaissant dans ma paume qui se referma comme si j’avais attrapé un petit oiseau tombé du nid. Je ne vais nulle part, et ce n’est pas débile. Je ne m’en fiche pas.

J’avais parlé d’une voix plus ferme que je ne l’aurais voulu. Je voulais qu’elle comprenne, cependant, qu’il était hors de question que je parte. Elle eut un frisson, et se colla un peu plus contre moi, m’arrachant un frisson aussi. J’inspirai calmement, et comme elle posait son visage dans mon goût, je lâchai sa main et la posai dans sa nuque, mes doigts perdus dans ses cheveux et la rondeur de son crâne. Elle était si petite par rapport à moi… Doucement, mes doigts caressèrent la peau, celle qui était toujours cachée derrière ses boucles blondes. Je ne dis rien l’espace d’un instant, et à vrai dire, je cherchai à retrouver mes idées… J’avais envie de poser des baisers sur ses paupières humides pour attraper les larmes qui en roulaient toujours, mais je voulais avant tout la calmer, et non calmer mes envies à moi. Inconsciemment, mes bras s’étaient resserrés un peu plus fortement autour d’elle, j’avais fermé les yeux quelques minutes, pour me concentrer.

- Je suis désolé pour ton ex, c’est vraiment un crétin, commentai-je maladroitement. Mais tu sais, tout le monde n’est pas comme ça, et puis, tu ne crois pas que c’est lui faire trop d’honneur que de lui donner autant d’importance, vu ce qu’il t’a fait ? A vrai dire, je ne savais pas trop quoi dire… Dans le sens où les histoires d’amours étaient toutes si complexes, et je savais que Lizlor était encore très sensible sur celle qu’elle avait eu avec ce Stephen. Je ne voulais pas la brusquer. De toute façon, c’est lui qui a perdu, parce que pour te laisser, faut vraiment… Euh, enfin, clairement, il était pas très malin, expliquai-je, tout à un coup un peu gêné.

A l’intérieur de moi, mon cœur palpitait, et j’avais simplement envie de murmurer : mais Lizlor, moi je t’aime et je ne te blesserais pas. Mais les mots restèrent enfermés entre mes lèvres, et j’eus un sourire triste, cherchant le regard de Lizlor, tandis que mes doigts ne cessaient de caresser ses cheveux et sa peau. Je ne savais pas si elle comprenait ce que j’essayais de dire, et si elle avait conscience un minimum de cela, de la stupidité de ce mec qui l’avait laissé. Savait-elle seulement qu’elle méritait mieux ? Je me demandai un instant ce qu’avait pu lui dire Ruby sur tout cela, car puisqu’elle était sa meilleure ami et qu’elle avait aussi connu Stephen et sa relation avec Lizlor, elle devait en savoir un peu plus que moi.


- Tu ne devrais pas énerver contre toi, tu n’es pas la fautive et puis, ça ne changera rien à la situation à part te rendre encore plus triste, ajoutai-je tout de même.

Mais la colère était une émotion bien étrange à maîtriser, tout comme l’était la culpabilité. Bizarrement, parfois, s’énerver contre soi-même semblait être la solution la plus simple, car nous avions besoin d’un coupable. Et lorsque, comme dans le cas de Lizlor, ou le mien avec Mathilda, la cause de notre colère n’était plus là, alors nous ne pouvions nous en prendre qu’à nous même. Personne d’autre ne saurait nous donner de réponse, de toute manière, n’est-ce pas ? C’était facile de se blâmer pour ressentir quelque chose, lorsque la personne qui causait ce sentiment n’était pas là pour nous rendre des comptes.


- Mais, hm, tu sais tu ne devrais peut-être pas te dire que tu ne comptais pas pour lui, dis-je. J’étais en train de défendre ce mec ?! Je fronçai un peu les sourcils. Je veux dire, parfois les gens fuient les relations comme ça. Je suis restée presque trois ans avec mon ex-copine, on a même vécu ensemble, et quand ça s’est terminé, quelques mois après la disparition de ma sœur, Sophie ne m’a plus donné aucune nouvelle. Du tout. Elle a même arrêté de fréquenter les amis qu’on avait en commun ou alors elle leur a demandé de choisir. Mais je ne pense pas que ça veut dire que je n’ai jamais compté, juste, elle ne trouvait plus ce dont elle avait besoin dans notre relation, et puis moi non plus d’ailleurs. Et sa manière de nous séparer, pour elle, c’était la fracture nette… Même si je ne voulais plus être avec elle non plus, ça m’a énervé et rendu un peu triste, elle avait été un bout important de ma vie, c’est la première fille dont j’ai été amoureux, si j’avais eu à choisir peut-être que je n’aurais pas voulu qu’on se comporte en étranger mais bon. J’haussai les épaules. Ce que j’essaye de dire un peu maladroitement, c’est que je ne crois pas que si elle ne voulait plus de moi, personne ne voudra plus jamais de moi, et tu devrais te dire pareil pour Stephen. Si votre relation ne lui plaisait plus, ce n’est pas ta faute, tu trouveras quelqu’un qui a les mêmes attentes que toi et qui se battra pour être avec toi, concluai-je. Je me battrais pour toi, moi, ajoutai-je silencieusement. Alors relève la tête, princesse, sinon la couronne va tomber, dis-je d’un ton plus joyeux en espérant avoir réussi à chasser un peu de ses idées noires.

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And what became of you
Familiar as you shook my hand
What was it you meant to do?
Because all could change for one
And all, could change in this new today. »




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And you'll never find love in an open hand
Shut your eyes, so you see I'm there
And know you'll always have this if you see this man
I lied, this was not for my pride
I know this was my time. »
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Lizlor Wayland
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MessageSujet: Re: I want the fire, the heat and the light ; I want the burn (PV Jay)   Jeu 3 Avr - 18:54

- Pas question. Je ne vais nulle part, et ce n’est pas débile. Je ne m’en fiche pas, répondit Jay d'une voix qui me parut particulièrement assurée alors que je tremblais comme une idiote, en proie à mon chagrin.

Evidemment qu'il n'allait pas me dire le contraire de toute façon ; je devais lui faire un peu pitié, moi qui étais si forte et indépendante d'habitude, à l'abri de mes émotions, voilà que je m'écroulais devant lui, ce qui n'avait rien de très glorieux. Mais surtout, c'était son métier, tout ça, de s'occuper des gens, de les soigner, d'écouter leurs problème ; pour ce que j'avais pu en voir à l'infirmerie il était particulièrement doué dans ce domaine, il avait une écoute particulière et appréciable, qui n'était pas donnée à tout le monde. Cette attention me fit plaisir tout comme elle contracta un peu le coeur : ce n'était pas spécialement pour moi qu'il l'avait, c'était par instinct, par protection j'imagine, parce que nous étions amis et qu'il était voué à venir en aide aux gens qui en avaient besoin. C'était tout à son honneur, quant à moi, c'était un peu ridicule... Je démontais en deux temps trois mouvement ce que j'avais construit, pour lui prouver que je n'étais finalement pas bien différente des autres, que je sortais et que je buvais parce que j'étais stupidement malheureuse et fragilisée par un chagrin d'amour, que je cherchais une reconnaissance chez les garçons tout simplement parce que celle que je voulais s'était envolée avec celui dont j'étais amoureuse, que je n'étais qu'une petite adolescente rebelle comme les autres qui ne savaient pas trop bien comment se dépêtrer dans ce monde qui tournait parfois un peu trop vite pour elle. Je me sentais prise sur le fait, comme une enfant, je me sentais puérile et capricieuse, mais rien ne m'arrêtait pour autant : je pleurais tout contre James et je me sentais terriblement lasse et triste, rien de plus, rien de moins. J'en avais assez de tout cela, de devoir paraître tout le temps, si bien qu'à la fin je ne me rappelais plus qui j'étais vraiment et qu'était l'être et le paraître... J'en avais aussi de ne pas pouvoir me laisser aller de manière générale, parce que je devais rester forte pour tous les autres, pour Maman, pour Ruby, pour Conrad, et parce que je ne savais pas faire autrement, mais c'était un poids que j'avais sous-estimé. Je me demandais bien ce que Jay pensait de tout ça, et ce qu'il se disait réellement...

Mais la façon dont il me serrait dans ses bras et me caressait un peu la peau, les cheveux, était telle que je n'avais pas envie de me poser d'avantage de questions. Il avait définitivement un don pour écouter, mais aussi pour rassurer, car contre lui je me sentais incroyablement en sécurité, et c'était comme si il m'avait dit "vas-y, bien sur que tu as le droit d'être un peu triste, personne ne va t'en vouloir".


- Je suis désolé pour ton ex, c’est vraiment un crétin. Mais tu sais, tout le monde n’est pas comme ça, et puis, tu ne crois pas que c’est lui faire trop d’honneur que de lui donner autant d’importance, vu ce qu’il t’a fait ? De toute façon, c’est lui qui a perdu, parce que pour te laisser, faut vraiment… Euh, enfin, clairement, il était pas très malin.

J'eus un nouveau soupir, parmi mes larmes - j'étais habituée à ce que les gens s'en prennent à Stephen, car Stephen n'était pas très aimé de manière générale : Ruby, Maman, Conrad, tous avaient pris mon parti et je ne leur en voulais pas, au contraire. Mais je me sentis un peu piquée au vif que James se permette d'y aller directement ainsi, et mes vieilles habitudes revinrent malgré moi. Je me redressai un peu, toute faible que j'étais, et plissai mes lèvres : un crétin ?! Stephen avait ses raisons, et qui étions-nous pour juger des raisons des gens ? Je ne savais pas grand chose de lui, au final, si ce n'était que sa famille était particulière et qu'il n'en parlait jamais. Je ne l'excusais pas pour m'avoir traitée de la sorte, loin de là, mais qui pouvait savoir pourquoi il avait agi ainsi ? Il n'avait même pas pris la peine de me répondre et c'était méchant de sa part, mais au fond, peut-être qu'il n'avait pas eu ma lettre ? Peut-être qu'il avait une bonne raison ?

Je n'en savais rien, et j'oscillais sans arrêt entre plusieurs états : le défendre, lui en vouloir, le haïr, l'aimer encore.


- Bah, tu n'en sais rien, et moi non plus, finalement, dis-je un peu sèchement et en haussant les épaules. Car, oui, j'en savais quoi en réalité ? Était-il malin ou pas de m'avoir abandonnée ? Qui pouvait bien assurer que nous aurions été heureux, que nous aurions duré ? Mais merci quand même, ajoutai-je après une seconde d'hésitation. Je n'en voulais pas à James personnellement, de toute façon. Et puis, à quoi bon ?

- Tu ne devrais pas énerver contre toi, tu n’es pas la fautive et puis, ça ne changera rien à la situation à part te rendre encore plus triste, fit-il remarquer.

De nouveau un peu dérangée par ce qu'il avait dit, je lui jetais un petit regard l'air de dire - mais n'importe quoi ! - sauf qu'hélas je ne trompais personne, j'avais l'étrange certitude qu'il pouvait lire en moi assez facilement tout d'un coup. Son don si particulier m'énervait tout d'un coup. Qu'en savait-il, encore une fois ? J'étais sans doute fautive à ma façon, j'avais laissé faire, j'étais rentré dans le jeu de Stephen, un jeu qui nous arrangeait tous les deux puisqu'il ne nous obligeait à rien. Si j'avais été un peu plus lucide, plus intelligente, si j'avais planté le décor un peu plus fermement, je me serais mieux protégée, et sans doute que rien ne se serait passé ainsi ? Cela ne dépendait pas entièrement de moi et je le savais, il n'y avait qu'à prendre Ruby et Ewan comme exemple, mais à la fois, comment pouvais-je ne pas m'en vouloir ? Comment pouvais-je ne pas me détester ? Partout où je regardais, je voyais Stephen, je voyais les traces de ce que je n'avais plus, et partout où je regardais une deuxième fois, je voyais mes erreurs, ma culpabilité. Je me détestais un peu plus à chaque fois. Mais je préférais ne pas m'y appesantir, voilà pourquoi je cherchais un peu de reconnaissance ailleurs - celle que je me refusais.

- Mais, hm, tu sais tu ne devrais peut-être pas te dire que tu ne comptais pas pour lui, reprit Jay, m'étonnant un peu d'être si bavard, tout d'un coup. Je veux dire, parfois les gens fuient les relations comme ça. Je suis restée presque trois ans avec mon ex-copine, on a même vécu ensemble, et quand ça s’est terminé, quelques mois après la disparition de ma sœur, Sophie ne m’a plus donné aucune nouvelle. Du tout. Elle a même arrêté de fréquenter les amis qu’on avait en commun ou alors elle leur a demandé de choisir. Mais je ne pense pas que ça veut dire que je n’ai jamais compté, juste, elle ne trouvait plus ce dont elle avait besoin dans notre relation, et puis moi non plus d’ailleurs. Et sa manière de nous séparer, pour elle, c’était la fracture nette… Même si je ne voulais plus être avec elle non plus, ça m’a énervé et rendu un peu triste, elle avait été un bout important de ma vie, c’est la première fille dont j’ai été amoureux, si j’avais eu à choisir peut-être que je n’aurais pas voulu qu’on se comporte en étranger mais bon. Ce que j’essaye de dire un peu maladroitement, c’est que je ne crois pas que si elle ne voulait plus de moi, personne ne voudra plus jamais de moi, et tu devrais te dire pareil pour Stephen. Si votre relation ne lui plaisait plus, ce n’est pas ta faute, tu trouveras quelqu’un qui a les mêmes attentes que toi et qui se battra pour être avec toi. Alors relève la tête, princesse, sinon la couronne va tomber.

... Eh bien ! Il avait parlé avec tellement de naturel que sa tirade me fit oublier un peu combien j'étais triste et que je pleurais, j'essuyais mes joues d'un revers de manche, en me redressant. C'était étrange car tout d'un coup je me sentis presque... flattée qu'il parle ainsi, qu'il compare son histoire à la mienne, qu'il se mette à ma hauteur, comme pour me prouver qu'il n'était pas seulement là pour me secourir et me soigner mais bel et bien être mon ami, sur un même pied d'égalité. C'était un peu quelque chose d'inconnu pour moi - Ruby mise à part, j'avais été plutôt solitaire, même si à présent je m'entendais bien avec la majorité des gens. Je méditais ce qu'il venait de raconter, trouvant que cette Sophie avait eu bien peu de tact de le laisser après un tel évènement, mais bon. En un sens je comprenais, oui, je crois, ce qu'il voulait dire ; en un sens ne l'avais-je pas toujours compris, d'une manière ou d'une autre ? Stephen restait Stephen, et... Malgré tout ce qu'il m'inspirait, il était trop lui, trop différent, trop dans son monde. J'étais amoureuse de lui, ou je l'avais été, mais quand j'y réfléchissais bien je ne m'étais jamais véritablement projetée avec lui : je ne l'imaginais pas chez moi, pas sympathiser avec Conrad, pas trop avec Ruby. Jay avait raison : est-ce que je n'étais pas un peu nombriliste ? Les gens connaissaient des chagrins d'amour, depuis la nuit de temps, mais ils survivaient et rencontraient d'autres personnes, et ne périssaient pas. J'étais bien jeune et j'étais bien bête, voilà tout. Et James avait raison, Stephen ne s'était pas battu pour moi... Alors que j'avais essayé, mais pas lui...

Je souris à Jay dans la pénombre, prenant la ferme résolution d'essayer de me battre pour moi-même. Les larmes semblaient avoir emporté avec elles un peu du trop plein d'alcool et de fumée, et je me sentais mieux, même si ce n'était pas parfait non plus.


- T'es gentil, murmurai-je avant de, cette fois, serrer Jay dans mes bras, les enroulant autour de ses larges épaules. Je laissai quelques instants mon visage dans son cou en souriant, avant de revenir à ma place initiale, sur ses genoux. Je sais pas comment tu fais pour toujours trouver des mots rassurants ! Cela m'aurait bien servi, parfois, moi qui n'étais pas la plus à l'aise du monde avec les mots. Je crois que je sais que tu as raison, au fond. Et puis Stephen était... bizarre, enfin, vraiment particulier, et je ne pense pas que ça aurait duré des années non plus. Mais je crois que j'aurais juste espéré que ça se termine d'une meilleure façon, parce qu'on a quand même partagé des belles choses, des beaux souvenirs, tu comprends ? Même si ça devait se terminer, conclus-je en haussant les épaules. Je ne savais pas pour ta copine, tu lui en as voulu ? Elle t'a manqué ? Tu as eu quelqu'un depuis ? Tu veux retrouver quelqu'un ? Je me passai la main sur le visage, le front, essayant de chasser le mal de tête qui naissait, et les nausées que je sentais toutes proches, bien qu'un peu moins fortes. Parfois je me dis que tu ne parles pas beaucoup de toi, alors raconte-moi, rajoutai-je maladroitement, me sentant un peu gênée tout d'un coup.

Ce n'était pas faux : nous sortions souvent ensemble et nous nous entendions bien, mais comme je jouais à le séduire la plupart du temps, ce n'était pas très propice aux confessions, et tout d'un coup je me rendis compte que si j'avais l'impression que nous n'étions pas toujours sur un même pied d'égalité, c'était aussi parce que je ne faisais pas en sorte que cela arrive. Je m'appuyai doucement sur son épaule, bien trop à l'aise entre ses bras, sans jouer pour une fois, et me concentrai pour respirer plus calmement, et calmer les battements de mon coeur tout chamboulés par l'alcool et les larmes.

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James Miller
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MessageSujet: Re: I want the fire, the heat and the light ; I want the burn (PV Jay)   Sam 12 Avr - 0:46

« Beauty queen of only eighteen
She had some trouble with herself
He was always there to help her
She always belonged to someone else

I drove for miles and miles and wound up at your door
I've had you so many times but somehow I want more

I don't mind spending every day
Out on your corner in the pouring rain
Look for the girl with the broken smile
Ask her if she wants to stay awhile
And she will be loved
And she will be loved. »


J’attendais, un peu anxieux de la réaction de Lizlor. Elle avait quelque chose de flamboyant, au sens littéral ; elle était une flamme qui pouvait lécher doucement une bûche dans la cheminée comme embrasser la maison entière, et comme j’apprenais encore à agir au contact de cette chaleur humaine et brûlante, j’étais prêt à toutes les réactions possibles. Je me demandais d’ailleurs comment ce Stephen avait-il réussi à capturer la flamme, à se l’approprier. Est-ce qu’elle l’avait brûlé, et était-ce pour ça qu’il avait fui ? A la fois… Je voyais bien comment Lizlor était, lorsqu’elle tenait à quelqu’un – Ruby en était le parfait exemple. Elle ne devenait pas un brasier destructeur, mais un doux feu, aux couleurs fascinantes et rassurantes, dont toute la chaleur envahissait le cœur. Moi, je n’avais pas encore réellement le droit à ça… Quand Lizlor me brûlait, c’était d’un feu séducteur, qui sonnait tristement faux. La chaleur n’émanait pas de son cœur, mais de son corps, et c’était sûrement là toute la différence. J’étais amoureux de Lizlor, je m’étais rendue à l’évidence depuis un moment, et si j’étais amoureux d’elle, d’elle entière, j’étais toujours frustré de ne pas réussir à saisir dans le creux de mes paumes l’essence même de sa personne, de pouvoir me l’approprier et sentir qu’elle me l’offrait. Je voulais plus que ce qu’elle me donnait pour l’instant, et je le voulais pour tant de raisons. Je le voulais parce qu’elle me fascinait, et que de manière tout à fait égoïste, je voulais posséder cette âme que je savais résolument libre. Je le voulais parce qu’à son contact, j’étais heureux, et que je voulais qu’elle le soit aussi. Je voulais Lizlor autant pour moi que pour elle, sans savoir si elle comprenait réellement tous les bons sentiments que j’avais envers elle. Je n’étais même pas sûre de les comprendre entièrement moi-même.

- T'es gentil, murmura-t-elle. Je sentis mes yeux s’agrandir, et j’allais être surpris lorsque la Gryffondor se releva et m’entoura de ses bras frêles, son visage se posant dans mon cou dont la veine palpitait, tentant désespérément de ramener du sang jusqu’au cerveau. JE sentis toutes mes entrailles se contracter d’un seul coup, comme si on appuyait violemment sur ma poitrine, et un immense sourire naquit sur mes lèvres, tandis que mon cœur tambourinait entre mes cotes, si fort que j’avais l’impression qu’il pourrait me transpercer la peau pour résonner dans tous Pré-au-Lard. Je sais pas comment tu fais pour toujours trouver des mots rassurants ! Elle était revenue à sa place, et je n’avais pas arrêté de sourire, le cœur encore fébrile. Les mots qu’elle me murmurait… Un sentiment tellement doux se répandait dans ma poitrine que je n’arrivais pas à me concentrer. Elle me trouvait gentil. De bons conseils. Réconfortant. J’aurais pu littéralement fondre de bonheur, d’un bonheur quasi-ridicule et pourtant bien trop agréable pour que je le nie. Je crois que je sais que tu as raison, au fond. Et puis Stephen était... bizarre, enfin, vraiment particulier, et je ne pense pas que ça aurait duré des années non plus. Mais je crois que j'aurais juste espéré que ça se termine d'une meilleure façon, parce qu'on a quand même partagé des belles choses, des beaux souvenirs, tu comprends ? Même si ça devait se terminer. J’hochai la tête pour approuver. Je ne savais pas pour ta copine, tu lui en as voulu ? Elle t'a manqué ? Tu as eu quelqu'un depuis ? Tu veux retrouver quelqu'un ? Parfois je me dis que tu ne parles pas beaucoup de toi, alors raconte-moi.

Littéralement, s’en était trop pour que j’en sorte indemne. Je ne comprenais même pas les émotions qui me saisissaient, j’avais l’impression d’être une adolescente de roman à l’eau de rose. Lizlor me posait des questions, s’intéressait à moi ?! Et elle n’agissait pas comme elle le fait trop souvent, avec ces gestes et ces mots qui ne voulaient que me séduire pour qu’enfin je craque et pose mes mains sur elle. Elle agissait comme je l’avais vu faire, parfois, avec ce naturel désarçonnant et touchant. Sa simplicité m’envahissait et me réchauffait le cœur et le corps, jusque dans des recoins que je ne connaissais même pas. Alors qu’habituellement je n’aimais pas trop évoquer le passé, et ne l’avais fait depuis très longtemps, je me sentis en confiance. Je n’avais pas besoin d’impressionner Lizlor – nous étions égaux. Je n’étais plus le con prétentieux que j’avais été durant mes années à Poudlard. J’avais le droit d’avoir des faiblesses, des sentiments, et d’en parler. C’était un sentiment étrange que je n’étais pas sûr d’avoir déjà ressenti pleinement avec quelqu’un. Mais c’était très agréable et à la fois un peu terrifiant.

Je ne m’étais pas réellement arrêté sur ce que j’avais vécu ces dernières années, et surtout, je ne l’avais jamais vraiment partagé. Même Maya, qui était sûrement la personne avec qui je m’entendais le plus dernièrement… J’avais trop de responsabilités envers elle. Et tout ce qui entourait la disparition de Mathilda restait tabou, car nous ne pouvions ni faire le deuil ni complétement espérer qu’elle revienne. Silencieusement, je la comprenais tout comme elle me comprenait, nous savions que l’espoir s’accrochait malgré tout, que les questions nous pesaient ; était-elle partie ? Comptait-elle revenir ? Lui était-il arrivé quelque chose ? Quand aurions-nous enfin nos réponses ? Nous ne pouvions pas savoir et, par pudeur et par protection, nous ne livrions pas nos doutes et nos questionnements. Mais à la fois… C’était comme être coincé dans un entre deux, dans une période de transition dont nous ne comprenions ni le début ni la fin.


- C’est parce que ça ne me vient pas naturellement, expliquai-je avec un petit sourire, pour répondre à la remarque de Lizlor. Je n’aime pas trop qui j’ai été durant mes années à Poudlard, avec du recul, j’étais un petit prétentieux dans son monde bien confortable. J’haussai les épaules. Sophie est ma première copine sérieuse, elle avait un an de moins que moi, je suis sortie avec elle en septième année et quand elle est sortie de Poudlard on a aménagé ensemble. C’était bien, mais… Nous n’avions pas une relation vraiment d’égal à égal je crois, j’étais trop centré sur moi-même et elle trop amoureuse d’une image qu’elle avait de moi. Quand ma sœur a disparu, j’ai radicalement changé, et ça n’a plus collé… Je ne sais pas vraiment si je lui en veux, je t’avoue que le coup je n’avais pas trop la tête à penser à elle, à si elle me manquait ou pas, il y avait ma mère… Je marquai une pause, hésitant. Je n’avais jamais évoqué ma famille avec Lizlor. Elle est dépressive, elle a fini par arrêter son travail, et comme mon père n’est jamais présent, il a fallu m’occuper d’elle, de Maya, et de la maison... En un sens, tout ça m’a bien remis à ma place, moi qui me croyais au-dessus de tout !

J’eus un petit rire qui se voulait léger. Je me sentais un peu étrange d’avoir livré tout ça aussi brutalement, et malgré moi, j’avais dévié mes yeux, les laissant traîner dans le vide sans oser regarder Lizlor. Quant à la suite de ses questions… Comment étais-je censé parler de ça, quand la seule personne avec qui je voulais être se trouvait dans mes bras, en cet instant même, et que je savais que si je lui livrais mes sentiments, elle fuirait ?

- Je n’ai pas eu de copine depuis, je n’avais pas le temps ni la tête à ça. Quant au reste, je me dis que ça viendra, j’espère juste que je traiterais la personne mieux que je ne traitais Sophie. J’eus un petit sourire, songeant aux sentiments qui m’animaient actuellement. Et toi, tu penses que tu vas rester encore longtemps fâché avec les garçons ? Tu vas finir avec Ruby ? Plaisantai-je en faisant référence aux baisers qu’elles s’étaient échangés. Tu as eu un copain ou une copine avant Stephen ? Questionnai-je.

A la fois, j’étais purement intéressé par sa vie, et d’un autre côté… J’espérais entendre des réponses positives qui me montreraient que mes chances existaient, et que Lizlor ne les brûlerait pas dans le brasier dans lequel elle se consumait depuis le départ de Stephen.

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And what became of you
Familiar as you shook my hand
What was it you meant to do?
Because all could change for one
And all, could change in this new today. »




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And you'll never find love in an open hand
Shut your eyes, so you see I'm there
And know you'll always have this if you see this man
I lied, this was not for my pride
I know this was my time. »
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MessageSujet: Re: I want the fire, the heat and the light ; I want the burn (PV Jay)   Mer 30 Avr - 19:38




Everyday I get a little bit closer
To the resolution that I am not yet bulletproof

I can't stop the bells
Ringing since you've been gone
I thought I was moving on
But I think of nothing else
I can't break the spell
I still hear you every place
Can't forget what I saw in your face
I know every inch so well

I can't stop the bells
Ringing since you've been gone
I thought I was moving on
But I think of nothing else
I can't break the spell
I still hear you every place

You don't know what you left in your wake
I guess I'm not so well




Je crois que je n'avais jamais autant compris qu'en cet instant le choix qui reposait entre mains, les enjeux qu'il comportait. Je n'avais pas voulu le voir non plus, sans doute. Mais Jay avait, volontairement ou non, ouvert doucement mes yeux quand tout le monde essayait depuis des mois ; il l'avait fait à sa manière et je devais bien lui reconnaître cela : ses actions subtiles avaient du bon, et je sentais plus que jamais la douceur qui émanait de lui. Il avait beau être grand, baraqué, musclé, imposant, charmeur aussi, bref, un garçon qu'on remarquait et qu'on pouvait facilement imaginer coureur de jupons et pas très attentionné, non, il y avait toujours ce petit je-ne-sais-quoi que j'avais ressenti la première fois qu'il m'avait soignée à l'infirmerie : douceur, tendresse, je ne savais pas comment le définir exactement ? Mais c'était tiède, c'était rassurant, c'était doux et cela m'enveloppait toute entière. Malgré tout ce que je pouvais lui reprocher, je me sentais bien en présence de James, je me sentais bien quand il veillait sur moi ainsi que j'étais la plus stupide des filles, et ses bras avait un pouvoir qui m'ensorcelaient un peu. Ce n'était pas de l'amour, évidemment : plus jamais, de toute façon. Mais c'était tout aussi fort, et j'étais heureuse d'avoir trouvé quelqu'un de confiance alors qu'au fond de moi je savais très bien que j'enchaînais un peu les bêtises, récemment. Jay ne voulait pas céder à mes charmes et je lui en voulais pour ça, mais au moins, il m'inspirait une confiance forte comme un roc, et je m'y accrochais de toutes mes forces. Les sanglots et le chagrin que j'avais ressentis me semblaient de moins en moins insurmontables, à présent. Avec des personnes comme celles qui m'entouraient - Maman, Ruby, James - je me sentais forte, indépendamment du fait que je devais l'être. Je pensais à elles et j'avais envie d'être forte, là était toute la différence. Alors, oui, j'étais profondément triste et oui j'en voulais à Stephen, oui j'avais un chagrin d'amour, oui je souffrais car j'étais un dommage collatéral des chagrins de tous les gens que j'aimais, oui j'étais au plus bas car ma meilleure amie traversait des turbulences dans son histoire d'amour qui la rendait si heureuse, oui j'avais constamment cette pression sous-jacente et inavouée de n'être pas l'enfant parfaite que ma mère aurait voulu, même si cela s'était un peu arrangé. Mais, et alors ? Ce n'était pas insurmontable. C'était ainsi ; maintenant que je l'avais reconnu et accepté, je ne voulais plus m'y laisser moisir.

Mon esprit essayait de prendre le dessus, petit à petit, sur mes larmes et les serrements de mon coeur. C'était assez délicat comme sensation car j'étais un peu tiraillée, mais je savais que c'était le début de quelque chose, et je profitais de la chaleur rassurante des bras de Jay pour remplir les batteries de cette énergie qui normalement ne me quittait jamais, me brûlait presque. Je l'écoutai me raconter des détails de sa vie avec une curiosité que je n'eus même pas à forcer - les instants de colère contre lui que j'avais ressenti un peu plus tôt me paraissaient bien loin. Sans doute que ce que j'avais bu et fumé m'embrumait encore un peu l'esprit, mais j'étais à l'aise dans ce petit cocon inattendu, et j'avais envie de m'y laisser bercer, pour une fois.


- C’est parce que ça ne me vient pas naturellement. Je n’aime pas trop qui j’ai été durant mes années à Poudlard, avec du recul, j’étais un petit prétentieux dans son monde bien confortable. ... J'eus un sourire moqueur qu'il ne va pas, car j'eus une petite pensée pour Carlton, tout en espérant fermement que James n'avait pas été si stupide. Sophie est ma première copine sérieuse, elle avait un an de moins que moi, je suis sortie avec elle en septième année et quand elle est sortie de Poudlard on a aménagé ensemble. C’était bien, mais… Nous n’avions pas une relation vraiment d’égal à égal je crois, j’étais trop centré sur moi-même et elle trop amoureuse d’une image qu’elle avait de moi. Quand ma sœur a disparu, - mon coeur se serra à cette évocation, comme d'habitude - j’ai radicalement changé, et ça n’a plus collé… Je ne sais pas vraiment si je lui en veux, je t’avoue que le coup je n’avais pas trop la tête à penser à elle, à si elle me manquait ou pas, il y avait ma mère… - mon coeur battit un peu plus vite. Sa mère ?... - Elle est dépressive, elle a fini par arrêter son travail, et comme mon père n’est jamais présent, il a fallu m’occuper d’elle, de Maya, et de la maison... En un sens, tout ça m’a bien remis à ma place, moi qui me croyais au-dessus de tout !

Je souris tout de même à cette conclusion, pas vraiment dupe du fait qu'il essayait d'alléger la chose mais après tout je le reconnaissais bien là, n'est-ce pas ? Il faisait toujours en sorte de dédramatiser les choses quand elles le concernaient. Je me sentis encore une fois un peu bête de m'être tant laissée emporter, devant lui, mais de oute façon, je ne pouvais plus revenir en arrière. De toute façon, puisqu'il repoussait mes avances, sûrement parce que j'étais trop jeune pour lui ou que je ne lui plaisais pas de cette manière là, ce n'était pas si grave qu'il me voit misérable comme je l'avais été ce soir ; j'essayais de me raccrocher à cela.

- Oh, je ne savais pas pour ta mère, et maintenant, elle va mieux ?? Je me sentais un peu stupide dans ce genre de moments, pas parce que je ne savais pas quoi dire, mais parce que j'étais bien placée pour le savoir... Il n'y avait parfois pas grand chose à dire qui pourrait changer quoi que ce soit. D'un autre côté, je voulais essayer d'être là pour Jay aussi, en échange de ce qu'il faisait pour moi. Et ton père il fait quoi, il travaille beaucoup ? J'essayais de me remémorer comment c'était, avec Papa et Maman - Papa avait toujours été celui qui s'occupait plus du foyer dans le sens où il était plus câlin, et peut-être un peu moins pris par son travail, aussi. Mais Maman n'avait pas été absente non plus ; c'était moi qui avais eu des problèmes plus personnels avec elle. Et puis... Et puis ma comparaison s'arrêta là, car tous les foyers n'étaient pas forcément heureux et je le savais très bien - un instant, le fait que la famille de Jay puisse être aussi chaotique que celle de Ruby me serra la gorge.

- Je n’ai pas eu de copine depuis, je n’avais pas le temps ni la tête à ça. Quant au reste, je me dis que ça viendra, j’espère juste que je traiterais la personne mieux que je ne traitais Sophie. Et toi, tu penses que tu vas rester encore longtemps fâché avec les garçons ? (Je ne retins pas un petit éclat de rire) Tu vas finir avec Ruby ? (Ni un deuxième) Tu as eu un copain ou une copine avant Stephen ?

- Ah non, je laisse Ruby à Ewan évidemment ! Ils vont si bien ensemble, eus-je envie de rajouter, mais je retins, arrêtée par mon animosité à l'égard d'Ewan et les inquiétudes que j'avais à leur sujet. Je haussai les épaules : Jay m'avait bien démasquée à propos des garçons, et je ne savais pas si cela me faisait plus rire que cela me gênait, ou l'inverse. Il n'y a pas de mal à s'amuser un peu... Je baissai les yeux. Je ne sais pas, je n'ai pas très envie de recommencer comme, comme... Comme avec Stephen, tout ça. Je veux dire - ah, je me sentais stupide et embourbée dans un discours qui me mettait un peu mal à l'aise - je n'ai plus envie d'être amoureuse, c'est débile, ça sert à rien, non ? Je n'ai ni le temps ni la tête à ça, conclus-je avec un petit sourire. Et non, c'était le premier et le seul, avant, ça ne m'intéressait pas trop, répondis-je avec un petit rire et un sourire un peu vague - si il avait su à quoi je ressemblais avant, il aurait été bien étonné. En tout cas je suis sûre que tu n'auras pas de mal à trouver quelqu'un... Je connais plein de filles qui seraient prêtes à se blesser elles-mêmes juste pour aller faire un petit tour à l'infirmerie !

Je ris une nouvelle fois en le regardant puis - puis je ne sus plus quoi faire, car tout d'un coup c'était un peu gênant de se blottir ainsi contre lui alors que je me sentais mieux, non ? Je lui souris simplement, restant assise sur ses genoux, mais me détachant un peu de lui. Je sentais quelques frissons courir le long de ma peau : l'air était frais. Qu'allais-je faire maintenant ? Je n'avais pas du tout le coeur de retourner faire la fête, plus du tout l'envie, en réalité je rêvais de me coucher dans un lit bien douillet avec Nate et Le Chat couchés contre moi.

- Tu me raccompagnerais au château ? Ou tu veux rester ? On peut rester si tu veux, ça m'est égal, rajoutai-je en lui haussant les épaules. Je n'avais pas du tout envie de moisir ici, mais je ne voulais pas lui gâcher sa soirée plus que je l'avais déjà fait. Je contins un autre frisson et la tête me tourna un peu : j'étais peut-être remise de mes émotions, mais je me sentais encore faible physiquement.

Une chose était certaine : c'était peut-être infime, mais j'avais compris quelque chose, enfin, ce soir, j'avais compris que si j'avais le droit d'être triste et de ressentir tout cela, si je pouvais le montrer sans en avoir honte ou sans le garder témérairement pour moi, il ne tenait qu'à moi de choisir de passer à autre chose. Et j'en avais envie ; si fort que je souffrais d'oublier Stephen, je savais que c'était la meilleure des solutions.

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MessageSujet: Re: I want the fire, the heat and the light ; I want the burn (PV Jay)   Lun 19 Mai - 23:17

C’était étrange de tout poser un plat, de parler de tout ce qui s’était passé avec un tel calme. C’était une qualité que j’avais fini par acquérir, la quiétude, mais qui ne m’étais pas toujours fidèle. En effet, j’étais plutôt colérique, et parfois j’avais le sentiment que mes émotions étaient extrêmes : soit je n’en avais rien à faire, soit je prenais trop à cœur. Ça m’avait valu le surnom d’Hulk auprès de Maya, un super héros moldu qui devenait tout vert lorsqu’il s’énervait. En tout cas, j’avais passé le cap de m’emporter lorsque je parlais de mon père ou de Mathilda. Pourtant, une part de moi avait soif de réponses, et je me demandais toujours si elle n’avait pas tout simplement fuguée sans prévenir ? Sur la fin, je crois qu’elle aurait été capable de n’importe quoi pour une dose – à la fois, peut-être que si j’avais vu les signes avant-coureurs plus rapidement, si je m’en étais réellement inquiété, les choses n’en seraient pas là. J’avais encore du mal à me dire que je ne pouvais rien changer au passé, j’avais toujours cette manie de me demander comment aurait-été les choses si je n’avais pas agi comme je l’avais fait. Il était bien tard pour me rattraper, de toute façon, du moins auprès de ma grande sœur. Ce qui était vrai, c’est que cette expérience m’avait radicalement transformé, et en mieux je l’espérais. Mais à la fois, cela laissait aussi des blessures qui ne se refermeraient probablement jamais vraiment, et j’avais toujours des difficultés à me faire à l’idée de la situation actuelle. Pourtant, je me doutais que le pire était probablement à venir.

- Oh, je ne savais pas pour ta mère, et maintenant, elle va mieux ?? Et ton père, il fait quoi, il travaille beaucoup ?

J’eus un sourire triste. Je n’avais pas envie de sortir tous les cadavres du placard d’un coup, je ne voulais pas que Lizlor me prenne en pitié ou constate à quel point ma vie était compliquée. Je n’avais pas envie de lui faire peur. A la fois… Je savais aussi qu’elle avait vécu des choses aussi, même si elle n’en parlait pas souvent. Le décès de son père, et la manière dont parfois elle parlait de sa mère qui me laissait comprendre que leur relation avait été difficile, même si Liz ne s’y attardait jamais. Et puis, il y avait aussi Ruby, sa meilleure amie, qui avait sûrement la vie la plus horrible que je n’ai jamais vu. On aurait presque dit un mauvais roman de gare, tant il semblait que tout lui était tomber dessus. Je ne connaissais pas les détails, mais j’avais eu accès à son dossier à l’infirmerie, surtout après son coma éthylique, et rien que l’histoire avec son père suffisait à glacer le sang. Ça, et le suicide de sa mère, puis une série de rapports médicaux sur des problèmes de comportements, autant alimentaire qu’avec les autres et elle-même… Clairement, Lizlor côtoyait quelqu’un qui l’avait bien pire que moi. Mais justement… Je voyais bien comment elle s’occupait de Ruby, combien elle s’inquiétait pour elle. Je ne voulais pas en rajouter. Et pourtant, je ne voulais pas non plus mentir.

- Non, c’est de pire en pire. Je pense qu’elle ne tient juste qu’en s’accrochant à l’espoir. Quand on trouvera le corps de Mathilda, elle en mourra probablement de chagrin. Il y eut un silence étrange, et j’haussai les épaules. Honnêtement, je ne croyais pas qu’elle puisse être encore vivante. Je baissai les yeux un moment, sentant une pression dans mon cœur, mais je relevai bien vite la tête pour enchaîner. Mon père travaille et évite la maison depuis que ça ne va plus avec ma mère, c’est-à-dire depuis… Un moment. Déjà quand j’étais gosse, il n’était jamais là, il passe son temps au pub ou à faire des magouilles, je veux même pas savoir à vrai dire. Je le déteste, m’entendis-je dire durement.

Au moins, j’avais été franc. Mais je ne voulais pas m’attarder trop le sujet, c’était encore compliqué, même si je m’étais fait à l’idée. Lizlor était déjà mal et je n’allais pas mon plus en rajouter. Je préférai orienter la discussion vers elle, de toute manière, elle m’intéressait bien plus que mon propre cas. Comme elle riait, je sentis que je souriais et que mon cœur se desserrait un peu.


- Ah non, je laisse Ruby à Ewan, évidemment ! Il n’y a pas de mal à s’amuser un peu… Je ne sais pas, je n’ai pas très envie de recommencer comme, comme… Comme avec Stephen, tout ça. Je veux dire, je n’ai plus envie d’être amoureuse, c’est débile, ça sert à rien, non ? Je n’ai ni le temps ni la tête à ça. Et non, c’était le premier et le seul, avant, ça ne m’intéressait pas trop. En tout cas, je suis sûre que tu n’auras pas de mal à trouver quelqu’un… Je connais pleins de filles qui seraient prête à se blesser elles-mêmes juste pour aller faire un petit tour à l’infirmerie !

J’eus un petit rire, mais le cœur n’y était pas vraiment. Je sentis une brume se répandre dans ma poitrine. La discussion précédente m’avait rendu plus triste que je ne voulais l’admettre, et ce que disais Lizlor… J’étais réellement triste de l’entendre dire ça. Elle avait perdu toute confiance dans les garçons, dans l’amour, alors que j’étais là, suppliant et complétement amoureux d’elle, et elle refusait de le voir. Je comprenais, et je ne lui en voulais pas, mais parfois le désir de l’embrasser, de l’aimer, de la tenir dans mes bras étaient si fort que j’en avais mal au cœur. Et déjà, elle s’écartait un peu de moi, et je me sentais vide tout à coup. J’avais encore besoin de son étreinte, de mon visage dans ses cheveux, de son parfum. Mais je n’avais pas le droit à tout ça. Quant à ce qu’elle disait sur les filles, j’avais envie d’en rire jaune. Ne voyait-elle pas que celle que je désirais était juste là, devant moi ?

- C’est normal, m’entendis-je dire d’une voix un peu lointaine, tu as besoin de temps pour te remettre de tout ça.

Mes yeux se perdirent un instant dans le vague, et je luttais tant bien que mal contre les pensées noires qui m’envahissaient. Il fallait que je relativise : ce soir, je sentais que je m’étais rapproché un peu plus de Lizlor, et qu’elle avait vu qu’elle pouvait me faire confiance. Je crois que mes paroles l’avaient un peu réconforté, et j’en étais heureux.

- Tu me raccompagnes au château ? Ou tu veux rester ? On peut rester si tu veux, ça m’est égal.
- Ne sois pas stupide,
coupai-je, tu as besoin de repos et je ne te laisse pas rentrer seul.

Comme elle se levait, je réajustai un peu ma veste sur ses épaules avec un sourire. Comme j’étais plus grand, j’avais le visage penché vers le sien, et pendant un instant, j’eus envie de le saisir entre mes doigts, de caresser sa peau, de me perdre dans son regard… Mais je ne pouvais pas. Je lâchai ses épaules, et eus un sourire.

- Attends, monte, dis-je en m’agenouillant pour qu’elle grimpe sur mon dos. Elle eut un rire enfantin, et enroula tant bien que mal ses bras autour de mes épaules trop larges. Je glissai mes bras sous ses genoux pour la soutenir, et me relevai avec une facilité déconcertante. Elle ne pesait presque rien, si ce n’était tout l’amour que j’avais placé en elle qui appuyait sur ma poitrine comme un poids. En route, mauvaise troupe ! Elle eut un rire, et moi aussi, et nous commençâmes à nous mettre en chemin vers le château. Evidemment, Liz ne l’entendait pas forcément de cette oreille, puisqu’elle commença à me souffler dans l’oreille, et bientôt à me piquer des baisers sur la joue ou dans le cou, réduisant mon cœur en guimauve. Liz ! Arrête, pitié ! M’insurgeai-je tandis qu’elle riait de plus belle. C’est de la torture !

Mais, tandis que nous marchions et qu’elle s’acharnait en riant, je compris que ce n’était pas une torture. C’en était une, mais tellement douce et délicieuse que j’aurais accepté que Lizlor soit mon bourreau encore et encore.

_________________
« So what became of loving man
And what became of you
Familiar as you shook my hand
What was it you meant to do?
Because all could change for one
And all, could change in this new today. »




« She said the devil will want you back
And you'll never find love in an open hand
Shut your eyes, so you see I'm there
And know you'll always have this if you see this man
I lied, this was not for my pride
I know this was my time. »
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