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Ladies and pieces [A.D] fini

 

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 Ladies and pieces [A.D] fini

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Casey Roberts
Élève de 4ème année



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Localisation : Je cherche encore le plan de l'école, avec «Vous êtes ici» indiqué d'une croix rouge...
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MessageSujet: Ladies and pieces [A.D] fini   Sam 18 Jan - 13:27

Robe de Casey:
 



La robe était belle. Mais qui serait là pour l'admirer ?

Maman avait bien insisté cette année : j'allais avoir droit à la robe de mes rêves, et j'en avais envie, car les occasions de ressembler à des princesses étaient si peu nombreuses, même dans l'univers de la magie que dès que l'une d'entre elles se présentaient, c'était presque une étape obligatoire à ne pas manquer. Je le voulais, tout au fond de moi, je le voulais... Mais la dominante, elle, elle n'y était pas.

Il y avait toujours une chaleur invisible qui s'imprégnait dans chaque couloirs, chaque salle, chaque personne lorsque venait les préparatifs de fêtes de fin d'année, parce qu'elles ne peuvent que rimer avec gaité. Je la voyais dans le sapin qui trônait dans la Grande salle, et ses boules magiques qui étincelaient. Je les voyais dans les froissements des papiers cadeaux lorsqu'on emballe un présent, je les voyais dans les sourires des longues soirées d'hiver mais un chocolat chaud à la main avec la compagnie de gens que l'on aime... Mais en moi, la chaleur, elle n'était pas là. En moi, tout était éteint, parce que l'interrupteur qui servait à allumer la lumière était cassé. Et il me semblait que rien, jamais, n'aurait la capacité de le réparer. Et soit cela restait dans le silence le plus complet, soit mon cœur venait une nouvelle fois à se noyer comme c'était si souvent arrivé ces dernières semaines et il était détrempé. Il n'y avait aucune chaleur pour venir le réchauffer.

Tous les efforts que j'avais fait jusque là et qui avaient été allégés parce que j'étais heureuse et que le bonheur à cette faculté de donner des ailes et que toutes les difficultés semblent surmontables, surtout lorsqu'on se retrouvent en présence de personnes à qui l'on tiens, tout cela, depuis l'absence de Sebastian, n'avait fait que révéler la face cachée de l'iceberg. Le contrôle de mes émotions que j'avais su si bien gérer jusqu'alors s'était éparpillé tout autour de moi et les avoir gardé si longtemps enfouie dans les petits instants d'angoisse n'avait fait que les amplifier en une dimension titanesque que je ne savais plus gérer. Et je pleurais, je pleurais, parce que c'était tout ce qu'il me restait, tout, et ce n'était même pas des armes qui pouvaient me permettre de me défendre mais l'unique constatation que plus jamais rien ne serait comme avant et que le fixer dans mon esprit à quoi cela servait-il ? C'était déjà parti, tout était parti et pourtant il y a toujours dans ces cas là la douleur qui décide de s'accrocher comme l'araignée qui tisse sa toile pour qu'on puisse se souvenir que tout, tout est fragile et que même la plus grande sincérité dans la force des sentiment n'a absolument aucun moyen de lutter pour faire face lorsqu'un des deux protagonistes qui représentent l'amour décide de prendre le précieux objet et le jeter au sol pour le transformer en mille éclats... Ca avait si bien marché, la longueur d'ondes était parfaite, alors pourquoi un beau matin on se réveille, comme ça, en décrétant que ça doit changer ? Et alors je pleurais encore parce que ça faisait beaucoup de mal, mais tout retenir était beaucoup plus douloureux que ce laisser aller qui n'arrangeait rien, mais au moins, il n'y avait plus de jeu à jouer, plus de posture à tenir, plus les fils de la vie qui choisissait le comportement à adopter. Il y avait simplement cette tristesse, et elle m'avait envahie toute entière. Dans de rares moments des sourires ou des rires faisaient disparaître ces blessures comme si elles n'avaient jamais existé, parce que l'oublie avait cette formidable faculté à rendre tout plus coloré. Une pensée, la pensée de trop, la pensée qui surgit toujours l'instant d'après – pour se souvenir qu'une histoire est terminée mais qu'en revanche, la peine ne faiblit pas.

Mais au bal, Sebastian, j'allais le voir, et pas seulement... Il y avait des visions auxquelles je le savais, je ne voulais pas me prêter – elles allaient toutefois m'être imposées et je ne m'en voyais ni la force, ni le courage de l'affronter. Parce que je n'étais pas forte, ni courageuse. Comme toujours Sasha avait su trouver les bonnes paroles pour apaiser l'ampleur des dégâts que cela pouvait causer et j'avais cesser de trop y penser, car je voulais aller au bal mais sans penser à toutes les souffrances que ça allait impliquer... j'y allais petit à petit. La robe. Les chaussures. La coiffure. Et puis il y avait le grand soir qui était arrivé. Je pouvais toujours reculer, aller en arrière. D'abord, il fallait aider Sasha qui avait revêtu sa belle robe rose qui lui allait si bien. Je devais mettre la mienne me disait-elle. La lui décrire encore une fois. Elle ne ressemblait en rien à celle de l'année dernière. Celle ci était longue et me cachait les pieds. Elle avait deux matières : la première partie le bustier où était cousu des pierres qui descendait jusqu'en dessous des hanches pour laisser place à la seconde partie, des superpositions de tulles oranges et jaune. Je voulais laisser retomber mes cheveux sur mes épaules pour les cacher un peu. Sasha me demanda de sourire. Je le fis. Au moins, elle ne vit pas la vitesse à laquelle ensuite, il avait disparu...

Quand vint le moment de gagner la Grande salle et d'y pénétrer, je vis tout de suite la différente entre ces filles qui avaient un cavalier et bien peu leur était important de comment brillait leur robe pourvu que ce soit pour leur amoureux qu'elles soient les plus belles – et les autres, celles comme moi qui étaient toutes aussi coquettes que ces filles là, mais qu'on ne remarquerait pas de toute manière, parce qu'elles étaient seules, non pas par choix comme c'était le cas de certaines d'entres elles, là c'était différent et au contraire, ça se voyait, non celles qui s'y résignaient, par dépit. Je répétais une dernière fois à Sasha de ne pas s'inquiéter de la voix calculée, enjouée, sans être surjouée qu'elle pouvait profiter de sa soirée autant qu'elle le voulait, car j'allais être avec des gens sans cavalier aux aussi, donc à nous tout seuls, on allait être un peu moins seuls.

Et à ce propos, je cherchais Aria Davenport au beau milieu de toutes les couleurs chatoyantes. Elle aussi comme moi n'avait pas de cavalier et c'était pour ça qu'on avait convenu de passer notre soirée ensemble et en quelque sorte cela m'avait rassuré, car au moins je savais que s'il y avait des moments qui pouvaient éventuellement être difficiles pour maintenir la face, alors que j'en étais incapable, il y aurait quelqu'un à mes côtés. De la présence, il me fallait de la présence et Aria était mon amie et sa placidité, même si parfois était radicale, maintenait en place mon pauvre radeau qui essayait de ne pas basculer sous les vagues. Elle avait la possibilité de me donner ce dont j'étais démunie. Je n'eus pas à la chercher bien longtemps car ce fut elle qui vint à ma rencontre. Je n'en avais pas le cœur, mais voulu néanmoins mettre toute la volonté dont j'étais capable dans de la bonne humeur. Pour Aria, parce qu'elle n'avait rien demandé et avait le droit de passer une bonne soirée.

- Tu as une jolie robe, la complimentai-je. Tout le monde a de belles tenues ce soir, remarquai-je tout de suite après parce qu'on ne savait pas où donner de la tête et c'était un vrai régal pour les yeux. Chaque année j'ai l'impression que mon rêve se réalise enfin parce que quand j'étais petite, j'adorais les vêtements de bal des filles des dessins animés ou dans les films. Au moins, un soir, on peut être une autre personne féérique qu'on ne sera jamais.

Je venais tout juste de terminer ma tirade avant de penser qu'elle était ridicule et qu'Aria n'allait peut être pas partager mon avis, mais ce ne fut rien comparé au reste – la pensée, la pensée de trop venait de déplacer toutes les hontes au rang de superflu.

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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: Ladies and pieces [A.D] fini   Jeu 30 Jan - 21:09

Spoiler:
 


Il n’était pas difficile de constater combien les choses avaient changées. Je le remarquais, souvent lorsque je ne m’y attendais pas : et ce n’était pas seulement les choses, c’était moi aussi. Je restais cependant la même – le contraire reviendrait à me trahir. Je réalisais que mes parents avaient eu raison : Poudlard bouleversait un bon nombre d’éléments. Je le voyais même dans la relation que  j’entretenais avec eux : je les aimais toujours autant et notre relation demeurait fusionnelle mais nos courriers s’espaçaient : je ne ressentais plus ce besoin irrépressible de les informer du moindre détail de mes cours, de ma journée, de ma vie, et mes angoisses faiblissaient : je n’étais plus aussi inquiète qu’avant, bien que mon besoin de garder le contrôle et de savoir où j’allais reste tenace. Je le voyais aussi dans ma façon d’envisager les autres et nos interactions ; ma méfiance  envers eux aussi diminuait même si évidemment, j’étais loin d’accorder ma confiance à n’importe qui.  Ma faim de reconnaissance n’avait pas disparu mais elle avait davantage de sens désormais, sans que je puisse réellement l’expliquer. Les personnes dont je m’étais entourée m’apportaient beaucoup, chacun à leur manière : Ruby était cet appui, cette épaule presque maternelle toujours de bon conseil. Sebastian était mon pilier, celui qui me connaissait le mieux. Ana était cette fille qui me comprenait sans que nous ayons besoin de parler pendant des heures : quand nous le faisions, nos conversations m’apaisaient toujours. Caleb était sans doute celui avec lequel il y avait le plus d’efforts à faire : sa compagnie m’était tout de même agréable. Et puis il y avait Casey : une personne adorable, qui avait le cœur sur la main et pensait bien souvent aux autres avant elle. Mais en ce moment Casey n’était plus la même : la jeune fille souriante et un peu réservée avait laissé place à quelqu’un de mélancolique, bien qu’elle essaie du mieux qu’elle pouvait de cacher ce qu’elle ressentait. Mais moi je savais ce qu’il y avait, je l’avais appris par Sebastian tout d’abord : ils avaient rompu. J’avais honte de penser ça mais si au premier abord l’annonce m’avait choquée, à y réfléchir à deux fois, je n’en étais pas si étonnée. J’avais toujours su que Sebastian n’avait pas oublié Daphne, qu’elle le fascinait et l’hypnotisait, malgré ses sentiments pour Casey. J’avais vu ses regards et ils ne trompaient pas. Mais de l’autre côté, il y avait mon amie cette fille douce, compréhensive et faite pour lui : pourquoi mettre un terme à une relation si belle, si saine? Je ne savais pas quoi penser, refusant de mettre toute la responsabilité sur le dos de Sebastian que je connaissais si bien, mais en même temps je voulais consoler Casey, lui dire que ce n’était pas de sa faute, mais comment lui avouer que moi-même j’avais deviné qu’il  appréciait la Serpentarde, bien avant qu’ils sortent ensemble ? La meilleure solution c’était le silence et ça ne me plaisait pas mais je ne voulais pas forcer Casey à se confier, à me parler de sa rupture. Je savais qu’elle appréciait mon calme et ma réserve, et la dernière chose que je voulais, c’est qu’elle ait l’impression d’une intrusion dans sa vie privée.  

L’autre chose à faire, en tout cas je le supposais, n’ayant jamais eu affaire à ce genre de chagrin c’était de se changer les idées : Casey prenait sur elle et avait décidé d’aller au bal. J’avais proposé de l’accompagner, ne possédant pas de cavalier non plus : j’avais bien reçu quelques invitations mais je les avais déclinées, refusant de laisser mon amie toute seule. Je m’étais bien gardée de lui dire ça : elle avait suffisamment de soucis pour que je lui rajoute de la culpabilité. C’était un bal bien différent que nous projetions : je me rappelais avec précision du dernier. S’il n’avait pas si bien commencé avec un arrangement forcé et un fossé entre nos deux personnalités, Camille s’était avéré être un cavalier idéal : gentleman, il dansait à la perfection et me respectait. J’avais d’ailleurs toujours sa broche bien au chaud dans la petite boite argentée ornée de perles dans le dortoir : c’était un bien joli cadeau. J’avais pensé à remettre la même robe que l’année dernière, puisque un an après, briller et être la plus jolie avait moins d’importance mais j’en étais incapable : mon apparence comptait beaucoup et je ne pouvais pas résister aux robes de soirées, même avec toute la bonne volonté du monde. J'avais passé un après-midi entier à observer les vitres, et avais fini par craquer pour cette robe sublime, qui ne ressemblait à aucune autre. Le corset était finement travaillé et le bas de la robe vaporeux: son originalité m'avait conquise. A l'instant où je l'avais vue, j'avais su que je devais la porter, le prix n'était pas donné mais il me la fallait absolument. Je m’étais préparée avec quelques filles de Serdaigle, dont une particulièrement douée en sortilèges (ça me faisait mal de l’avouer mais elle me surpassait) qui avait eu la gentillesse de s’occuper de mes cheveux qu’elle trouvait "particulièrement soyeux et brillants" 

Je l’avais laissée sans trop d’inquiétude manipuler mes mèches et donné des coups de baguette et le résultat était à la hauteur de mes attentes : elle avait savamment orné ma tête d’une tresse d’où tombait une cascade de mèches blondes attachée en une queue de cheval.Cette fois-ci je m’étais risquée aux hauts talons et sans me vanter, je ne me débrouillais pas trop mal : il fallait juste que je fasse attention à mes pas et à la descente de l’escalier particulièrement dangereuse. Je sentais l’excitation me gagner, les rires et les chants endiablés des filles aidant,  sachant que j’allais passer une bonne soirée aux côtés de Casey : j’espérais seulement qu’elle arrivait l’espace du soir de Noël à oublier le poids qu’elle devait supporter. Les tenues des autres filles étaient sublimes, toutes différentes mais ravissantes : les plus grandes avaient des robes absolument fabuleuses, même si j’avais l’impression qu’elle devait coûter l’équivalent d’un an de salaire. Il restait le maquillage et je tenais à le faire moi-même : il fallait qu’il soit parfait et que les nuances soient respectées. J’avais apporté ma propre trousse de maquillage, bien remplie : j’étais passée experte dans l’art de collectionner les rouges à lèvres, mon péché mignon. Cela me faisait plaisir de partager ce moment avec tout le monde, tout en conservant ma part d’intimité : je n’aimais pas non plus me laisser envahir. Peu à peu les filles progressivement descendaient, et j’eus envie de les suivre, de découvrir la salle, les couples, la décoration et de me laisser gagner par l’atmosphère unique qui se dégage lors des soirs de Noël. Je descendis alors l’escalier avec prudence et lenteur : la possibilité d’une chute n’était même pas envisageable. Sans trop d’encombres, j’arrivais à la Grande Salle, encore plus impressionnante que l’année dernière et pourtant ce n’était pas facile : les structures en glace étaient éblouissantes, les odeurs toutes plus délicieuses les unes que les autres et les gens évoluaient- pour la plupart- avec grâce.

Au milieu de tout ce monde je cherchais Casey, regrettant un peu de ne m’être pas préparée en sa compagnie, et j’entendis sa voix qui me hélait : je la retrouvais et le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle était ravissante. Si elle n’avait pas été mon amie, j’aurais été (légèrement) jalouse de sa robe qui lui allait à la perfection : les couleurs étaient tout à fait adaptées et elle avait l’air d’une princesse, d’autant plus avec ces petits diamants sur son bustier qui brillaient avec la lumière. Cependant je notais la tristesse dans ses yeux, ce qui me serrait forcément le cœur : je n’aimais pas la voir ainsi. Je préférais la Casey rieuse, des étoiles dans les yeux, optimiste malgré certains obstacles sur son passage. Mais j’imaginais combien il était dur pour elle de se faire toute belle, de se rendre ici, où Sebastian allait aussi – possiblement au bras de Daphne- alors qu’elle était encore amoureuse de lui. Je l’admirais pour SON courage silencieux, cette force tranquille. A la voir si peinée, j’avais envie de la prendre par la main et de lui promettre qu’on allait bien s’amuser, mais si moi-même je n’étais pas certaine de parvenir à la faire oublier, comment l’en persuader elle ? Je ne voulais pas faire semblant.

Tout le monde a de belle tenues ce soir. Elle avait raison. Je regardais autour de nous et reconnus Ruby à qui j’adressais un signe de la main : elle portait une tenue époustouflante, très fluide et s’amusait avec Lizlor sa meilleure amie, tout aussi belle dans une robe originale mais qui lui allait très bien. Au centre on distinguait Ambre Serana vêtue d’une robe noire – typique. Mais à travers la foule parce que personne n’aurait raté cet évènement incroyable, c’était surtout des mélanges de couleurs, de froufrous que l’on voyait et des costumes ce qui était assez agréable pour les yeux : l’élégance d’un smoking apporte toujours une touche de classe.


- Tu as une jolie robe.Tout le monde a de belles tenues ce soir. Chaque année j'ai l'impression que mon rêve se réalise enfin parce que quand j'étais petite, j'adorais les vêtements de bal des filles des dessins animés ou dans les films. Au moins, un soir, on peut être une autre personne féérique qu'on ne sera jamais. Ce genre de récit romancé et touchant c’était tout à fait Casey et j’étais d’accord avec elle : le bal était toujours l’occasion de revêtir ses plus beaux vêtements et pour une soirée, on se sentait exceptionnelle. Pour reprendre ses mots, Casey était féérique.

- Je te retourne le compliment.

Mais c’était une fée bien peu enthousiaste et qui avait besoin de soutien. Pourtant pas adepte des contacts, je passais mon bras autour du sien et l’entraînais vers la buvette : inutile de la forcer à danser immédiatement. Je me saisis d’une coupe de champagne- ça aussi c’était nouveau, j’en aimais bien le goût maintenant- et la lui tendis en lui souriant : j’espérais lui communiquer un peu de joie par la même occasion. Je soulevais mon verre et le fis se rencontrer avec celui de mon amie. Lorsque je trempais mes lèvres et avalais une gorgée : les petites bulles qui pétillaient à l’intérieur laissaient sur la langue une sensation spéciale mais pas désagréable. Mon regard croisa celui de la Poufsouffle et je ne lisais qu’une chose : elle ne voulait pas sacrifier ma soirée, alors elle tentait tant bien que mal que faire comme si de rien n’était. Mais je la connaissais, et je ne voulais pas ignorer les problèmes de ceux à qui je tenais, elle le savait non ?  L’essentiel ce n’était pas moi ce soir. Alors mettre de côté mes anciennes conceptions du bal de Noël rêvé, je pouvais bien le faire pour Casey : son amitié en valait la peine.

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Casey Roberts
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MessageSujet: Re: Ladies and pieces [A.D] fini   Dim 2 Fév - 16:15

J'avais toujours trouvé que Aria était jolie, mais ce soir, elle semblait tout droit sortie d'un livre à dessins à qui on avait d'abord donné vie avec des couleurs, avant de l'animer pour la mettre en relief et la rendre plus réelle. La robe et les chaussure d'Aria se mariaient très bien ensemble, il y avait un jeu de textures qui faisait, comme avec ses cheveux, qu'on avait le désir d'y apposer ses doigts partout pour vérifier si tout ça n'était pas un mirage et qu'il n'allait pas s'évaporer au moindre contact. Mais cette dernière réflexion tout à coup... Elle me faisait presque un peu peur. Parce que tout, absolument tout pouvait disparaître d'un jour à l'autre, d'une seconde à l'autre, et ce n'était même pas parce qu'on l'avait décidé. C'était juste parce que... Parce que c'était comme ça. C'était comme ça, il n'y avait rien d'autre qu'on puisse y faire si ce n'est l'accepter et aller de l'avant. Malheureusement, je n'arrivais ni à accepter, ni à aller de l'avant. Sans prévenir l'habituelle boule surgit de nul part pour venir obstruer ma gorge et si je ne faisais pas attention, bientôt, elle allait se transformer en larmes, mais je ne voulais pas pleurer ce soir, pas maintenant, et pas devant Aria. Aria et Sebastian étaient très amis et je ne voyais pas en parler devant elle, ni même l'évoquer à demis mots. Elle ne le faisait pas non plus et donc je ne savais pas trop – se plaçait elle de son côté, du mien ? Je ne voulais pas savoir, je ne voulais pas de réponse et préférais penser que si elle voulait faire le bal de Noël en ma compagnie, c'était bien parce qu'elle avait le désir de passer un peu de temps avec moi.

- Je te retourne le compliment.

Souvent ces dernières semaines, j'avais eu le sentiment que j'étais sur le point d'oublier. Que ça allait aller mieux. Que chaque jour qui passait était une victoire de plus qui m'éloignait de la douleur ressentie, qui elle était on ne peut plus présente, seulement elle se chargeait de apparaître dans l'ombre un temps, mais un temps uniquement – toujours au moment où je m'y attendais le moins, elle surgissait tout à coup dans la lumière, dans une déferlante de sentiments que j'étais bien incapable de contrôler, car ils se mouvaient tous les uns avec les autres et j'avais l'impression de les vivre puissance mille, comme si ça allait me tuer si je me laissais flancher un instant. J'avais peur. J'avais toujours peur, mon cœur battait toujours trop vite, à la recherche d'une menace qui m'entourait constamment mais qui ne venait jamais, la rendant encore plus effrayante, plus inquiétante, parce qu'elle n'avait pas de visage et surtout ça voulait dire qu'elle aussi, elle pouvait faire son apparition quand bon lui semblait. Moi ? Je ne pouvais que dire d'accord, emporte moi avec toi, emporte moi au beau milieu de tes monstres. Peut être que j'en suis un moi aussi ? Je ne pouvais être qu'un monstre, simplement, il était caché en moi, caché derrière cette robe qu'Aria venait d'affirmer comme belle elle aussi. Je n'avais pas le choix. Sebastian ne me laissait pas le choix. Mes émotions ne me laissaient pas le choix. Je n'avais pas le choix.

Et surtout, je n'étais celui de personne.

Je tortillais mes deux mains entre elles, cherchant la contenance que je n'avais pas, car un silence était en train de s'installer progressivement. J'avais hoché légèrement la tête à la remarque d'Aria, sans trouver de quoi la remercier – ni en trouver le courage. Je n'avais pas envie de l'être, je n'étais pas quelqu'un de courageuse, je ne voulais pas être courageuse. Mes mains se serraient l'une l'autre oui, mais ce n'était pas pareil. Ce n'était pas pareil que lorsque c'était une seconde personne qui tenait les doigts, qui les réchauffaient, comme la promesse de minutes heureuses. Comme la promesse qu'au delà de ces minutes heureuses, il n'y aura que du bonheur. A présent, le bonheur s'était couché derrière l'horizon et il avait laissé la place à la nuit, mais pas ces belles nuits éclairées par les étoiles comme on les avait vu, allongé dans le jardin de Seb. Celles là étaient sombre, nuageuses et sans lune. Ces nuits là ne connaissaient pas de jour et s’appesantissaient sur moi et m'infligeais ce poids à porter, lequel mon dos n'était assurément pas assez fort pour le soutenir.

Je ne trouvais soudain plus rien à dire et mes commentaires de tout à l'heure m'apparurent comme plats et dénués de sens. Aria n'avait rien relevé de cela, pas verbalement en tout cas, coupant court à la discussion que j'avais voulu lancer, sans même savoir où est-ce qu'elle allait nous mener. J'osais la question que j'avais tus jusqu'à présent, comme si la peine me donnait une témérité folle et inconsciente, mais au moins d'avoir le cœur net des arrières pensées de mon amie, car depuis Sebastian, je me sentais développer une paranoïa vis à vis de tout le monde. Tout se qui se déroulait devant mes yeux, ces sourires, mes amis, ces moments passés ensemble... Existaient-ils vraiment ? Valaient-ils quoique ce soit ? Ce que j'enfermais précieusement dans la boîte à bijoux de mes souvenirs aux mille paillettes de l'arc en ciel, est-ce que j'étais la seule à procéder de cette façon ? Sasha qui écoutait inlassablement mes angoisses lorsqu'elles étaient plus fortes que moi m'assuraient que ce n'était pas moi qui était un problème, et que c'était normal de penser comme je le faisais. Et pourtant, Aria, il fallait qu'elle me le dise...

- Est-ce que tu n'aurais pas voulu être avec un cavalier ce soir ? Bien sûr que non, j'étais idiote, cette réponse, si elle n'était pas ce que j'espérais, j'allais être déçue, pourquoi est-ce que j'étais allée l'interroger à ce sujet ?

Je baissais mes yeux vers mes pieds et en même temps ceux d'Aria, comme si j'avais été aveuglée par la lumière, ce trop plein d'énergie et de bonne humeur à laquelle je n'étais plus réceptive et que j'étais en train de me prendre de plein fouet – je ne parvenais pas à la canaliser, et au lieu de l'accueillir à bras ouverts et de me laisser bercer par elle, elle était plutôt en train de me piétiner, et les palpitations de mon cœur s'étouffer entre elles parce qu'elles allaient trop vite. Pour la seconde fois en l'espace de quelques seconde, je sentis mon nez me piquer, signe que j'allais me mettre à pleurer incessamment sous peu , et je me permis une larme, parce que mes cheveux me retombaient devant les yeux, ce qui faisait qu'on ne pouvait rien remarquer du spectacle, de la faire sécher discrètement du bout de mon index, ne laissant rien paraître du drame intérieur qui vivait à l'intérieur, caché derrière les barreaux de ma cage thoracique.

- Qu'est-ce que tu veux faire, Aria ? En lui laissant le choix, je minimisais ceux de devoir en prendre, même si durant un bal, ils restaient limités. À part boire, manger ou danser, la sélection pouvait se faire rapidement.

Je la suivis vers la buvette et acceptais la coupe de champagne. J'avais déjà tenté l'année dernière, même si un an avait écoulé depuis, et je ne me rappelais ni vraiment des sensations qui en avaient découlées, ni si j'appréciais ça ou pas. Les bulles du liquide doré, quant à elles, ne cessaient d'attirer mon regard, comme le souhait irrépressible de les faire pétiller dans ma gorge, du moins comme je me l'imaginais essayant de me rappeler des sensations. Je m'y risquais, suivant l'exemple d'Aria, sentant la chaleur se dégager dans ma gorge pour aller se fondre dans mon estomac, incapable de décréter si oui ou non, j'avais apprécié l'expérience. Je cherchais une confirmation en la réitérant une seconde fois.

Je ne savais toujours pas.

- On dirait que tu as fait ça toute ta vie, déclarai-je en pointant la propre coupe d'Aria qui la tenait d'une façon qui avait l'air naturelle et que je ne parvenais pas à imiter. On dirait une grande personne, commentai-je de nouveau.

Quant à moi, j'étais prisonnière d'un monde duquel j'ignorais tout. Je n'avais même aucune idée de si je lui appartenais ou non. Ma place ce n'était ni celle des enfants, ni celle des adultes. C'était une place dans laquelle je tombais.

Une place où dessus, se trouvait un puits sans fond.

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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: Ladies and pieces [A.D] fini   Sam 8 Fév - 11:55

La regarder suffisait pour comprendre. Comprendre qu’au milieu de cette grande salle décorée à la perfection, au milieu des flocons argentés qui dansaient dans l’air pour se déposer délicatement sur nos peaux, au milieu de ces gens qui souriaient tout simplement parce que c’était le Bal de Noël et que c’était un jour spécial, Casey ne se sentait pas à sa place. Elle ne souriait pas, son corps parlait pour elle, je la voyais tordre ses mains dans une tentative de se raccrocher à quelque chose, n’importe quoi, pour ne pas craquer. La Poufsouffle était une personne particulièrement émotive et avait du mal à contrôler ses émotions, et je voyais qu’elle se retenait – j’aurais voulu qu’elle sache qu’elle pouvait, avec moi. Je ne la jugeais pas. J’étais prête à l’écouter, la consoler du mieux que je le pouvais parce que je n’étais pas très douée pour ces choses-là mais je tenais à essayer : nous étions amies, n’est-ce pas ? Du moins je la considérais comme telle et je m’étais attachée à Casey, elle pouvait donc me faire confiance. Mais elle n’ignorait pas que je connaissais Sebastian, même très bien puisque nous nous étions rencontrées par ce biais. Bien qu’aucun des deux ne me demande de choisir – et je leur étais reconnaissante- je me sentais tiraillée, même si les situations étaient difficiles à comparer. Sebastian était mon ami le plus proche, durant l’enfance comme aujourd’hui. Je l’aimais profondément et j’étais incapable de lui en vouloir même si j’étais forcée d’avouer que je n’approuvais pas son choix. Daphne ne lui ferait que du mal et son influence était selon moi particulièrement malsaine : mais comment l’empêcher de se rapprocher d’elle ? De l’autre côté il y avait Casey, cette personne adorable et que j’appréciais mais nous avions finalement fait connaissance assez récemment, cela ne pouvait pas dire que notre amitié ne signifiait rien mais je ne la connaissais pas comme je connaissais Sebastian. J’aurais voulu avoir les bons mots, et si je savais bien m’exprimer à l’écrit lorsque il s’agissait de devoirs, mes qualités s’évanouissaient lorsque il était temps de réellement s’en servir. J’aurais voulu qu’ils aient un pouvoir magique : celui de libérer mon amie de ce poids qui lui pesait tant. Je n’osais pas aborder le sujet, craignant de raviver les plaies et de montrer trop indiscrète. Je lui laissais le choix.

Elle était sublime dans cette robe, resplendissante mais ses yeux eux étaient tristes : ils brillaient non pas de joie, mais parce qu’elle était sur le point de pleurer. J’avais rarement pleuré mais les fois où c’était arrivé, je me rappelais que le moment le plus dur à vivre était celui qui précédait l’instant où le larmes coulaient d’elles-mêmes : on essayait sans succès de les retenir, jusqu’à ce que les efforts deviennent inutiles ; et on s’abandonnait. Cela faisait du bien. Mais ça faisait aussi du mal de se montrer ainsi aux autres, ce n’était pas une image que l’on avait envie de renvoyer. Je le comprenais bien.


- Est-ce que tu n'aurais pas voulu être avec un cavalier ce soir ? demanda-t-elle, sans détour. Je ne voulais pas qu’elle pense qu’elle me gâchait la soirée. J’étais bien avec elle. Même si elle n’allait pas bien en ce moment. Des Bal de Noëls il y en avait tous les ans et je ferais autrement l’année prochaine : je refusais qu’elle se pose trop de questions.

- Non, sinon je ne serais pas venue avec toi, répondis-je en lui offrant un sourire, espérant qu’il lui donne un peu de baume au cœur. Mais je n’étais pas naïve au point de croire que ça allait tout effacer, tout guérir, les sentiments elles les avaient encore et cette situation avait quelque chose d’irréel. Elle avait été si heureuse et pourtant ce soir rien ne semblait pouvoir lui remonter le moral…J’en avais assez d’être impuissante, j’aurais voulu avoir la solution : pourquoi c’étaient toujours les personnes bien qui souffraient ?


- On dirait que tu as fait ça toute ta vie. On dirait une grande personne.

Un instant le compliment me fit plaisir. J’avais toujours voulu faire plus grande que mon âge, maintenant ce n’était plus obsessionnel, mais ça ne me déplaisait pas. Quant à la coupe j’avais appris à la tenir ainsi en observant mes parents et mes grands parents depuis toute petite : il y avait toujours une certaine élégance dans leurs mouvements lorsqu’ils portaient la flûte à leurs lèvres. Ensuite, aux cocktails du ministère, je m’étais entraînée, ce n’était pas du champagne qui se trouvaient dans les coupes (mes parents ne m’interdisaient pas grand-chose mais étaient très stricts concernant l’alcool) mais la façon de boire était la même : je n’avais fait que refaire le geste que j’avais observée des années durant. Mais rapidement mon sourire faiblit : parce que Casey ne souriait pas en retour. J’avais l’impression qu’elle avait comme honte. Mais pourquoi ? Ses doigts serrés autour de la coupe tremblaient et ses yeux étaient humides. C’était moi qui devais avoir honte. Je ne savais pas l’aider.

-Quand même pas, fis-je. Je me débrouille. Mais j’étais fatiguée de mes mots superficiels, de mes sourires qui ne changeaient rien. Casey…fis-je en déposant ma coupe et en m’approchant d’elle. Viens-là, continuais-je d’une voix douce en l’attirant dans mes bras. Les contacts me gênaient mais cette étreinte me paraissait essentielle. Je me souvenais que ma mère me serrait toujours dans ces bras quand j’allais mal : la tristesse ne disparaissait pas mais pendant un court instant, je sentais ma respiration s’apaiser et j’oubliais. Juste un peu. Je ne voulais pas que Casey fasse semblant, qu’elle garde sa peine pour elle. Je ne veux pas t’obliger à parler, mais tu peux le faire tu sais. Je reste là, ajoutais-je sans la lâcher. Ironiquement, derrière nous, beaucoup de couples dansaient déjà et je saluais une fois de plus son courage : il n’était pas facile de trouver l’envie de se faire belle et d’aller s’amuser lorsque la seule personne qui comptait ne vous regardait pas. Plus. Me concernant, sortir avec quelqu’un n’avait jamais été dans mes priorités, d’autant plus que je craignais de m’attacher pour mieux tomber ensuite : hélas Casey me prouvait que j’avais raison. Et pourtant Sebastian était quelqu’un de bien, et je savais qu’il avait fait ça par honnêteté, refusant de jouer avec elle : moi je le savais, mais Casey n’était pas capable, pour le moment, de penser ainsi. Tu décides de ce qu’on fait. C’est toi qui choisis ce qui te fais plaisir, c’était mieux ainsi. A peine finissais-je ma phrase qu’une musique que nous connaissions bien s’élevait déjà : c’était d’ailleurs moi qui l’avais fait découvert à Casey. Je n’osais pas la mener vers la piste et la forcer à s’amuser alors que le cœur n’y était pas. Je lui adressais un clin d’œil, pour qu’elle comprenne que ma main était tendue : elle la saisirait lorsqu’elle se sentirait prête.

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Casey Roberts
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MessageSujet: Re: Ladies and pieces [A.D] fini   Ven 14 Fév - 19:17


J'étais entre deux états : j'appréhendais le moment où mes yeux allaient se poser par mégarde sur lui, car Sebastian serait présent au bal, c'était évident. Dans un autre temps complètement contradictoire, j'avais le désir de savoir, d'en avoir le cœur net, de libérer toutes ces pensées qui gonflaient comme un gros ballon de baudruche dans lequel était entreposé tout le fouillis de mes songes. Allait-il venir avec elle ? Mon cœur n'était qu'une confiture toute tremblante, parce que je n'arrivais plus vraiment à contenir mon malaise, parce que j'avais parfaitement conscience que ce qui devait arriver arriverait et qu'avoir la confirmation de mes soupçons, au lieu de les soulager n'allait les rendre que plus douloureux à devoir supporter, et je ne me sentais absolument pas prête à garder la face devant tous ces gens, devant mon amie également, tandis que depuis des jours, il n'y avait que la peine qui coulait dans chaque partie de mon corps pour le faire battre, comme si c'était sournoisement pour me rappeler, que oui, il était possible de survivre à ces moments où aucune joie n'était en mesure d'illuminer un ciel pluvieux de tristesse.

Une partie de moi regrettait d'être venue à Aria, non pas parce que c'était elle qui posait problème, mais parce que le problème, c'était moi. Je ne voulais pas lui imposer un brouillard qui en aucun cas n'avait besoin de planer au dessus de sa tête bien que ce soit également sa présence qui maintenait plus ou moins le fil de mes émotions sans trembler car la balance allait bien finir par céder et à pencher d'un endroit à un autre. Je me reprochais ma présence, mais j'étais incapable de m'excuser pour ce que je ressentais même si je savais qu'Aria, jamais ne m'en tiendrait rigueur, parce que si ça avait été le cas, il y aurait eu longtemps qu'elle aurait quitté notre place afin d'en rejoindre une autre, au bras du cavalier qu'elle aurait enfin réussi à dénicher par exemple.

Le constat était là : ce n'était pas parce qu'une personne cessait de vous aimer que de l'autre côté, on pouvait noyer ses sentiments du jour au lendemain comme si tout cet amour et tout ce que nous avions chéri... tout ça, ce n'était plus réel.


-Quand même pas. Je me débrouille. Casey… Je ne veux pas t’obliger à parler, mais tu peux le faire tu sais. Viens-là. Je reste là.

Les instants qui suivirent mon visage disparu contre l'épaule chaude de Aria et je ne cherchais pas à m'en dégager, car quelque part, son geste eu pour effet d'ouvrir la porte de mon cœur pour le délivrer et laisser sortir tous les démons qui le rongeait et l’empoisonnait depuis toutes ces semaines. Sans partir dans de longs sanglots – car je savais que si je les laissais aller eux aussi, je n'allais pas pouvoir les arrêter, mais malgré tout je laissais plusieurs larmes silencieuses glisser sur les joues pour aller se cacher elles aussi dans le creux de l'os de la clavicule d'Aria. Ma position n'était pas très confortable et toutefois je ne bougeais pas parce que sa chaleur corporelle venait se mélanger à la mienne pour faire cesser le vent glacial qui bousculait ma cage thoracique à chaque seconde en ces moments difficiles.

Je voulais rester ainsi durant tout le reste de la soirée, mais bientôt, après ce laisser aller, je repris conscience d'où est-ce que nous nous trouvions et le maigre apaisement fit place une fois de plus à la raison, parce que la réalité elle, n'avais pas changé. Je relevai la tête assez pour me tenir en face d'Aria, une main toujours posé sur son épaule, l'autre avec la phalange de mon index faisant disparaître le noir sous mes yeux pour n'en laisser rien paraître. J'eus un rapide sourire de reconnaissance vers Aria avant de détourner une fois de plus mon regard du sien, ayant plutôt une vision d'ensemble vers le reste de la salle que je me pris soudain de plein fouet – les bras d'Aria avait été un cocon durant lequel tous les bruits m'avaient paru lointain et calfeutrés. A présent, la mélodie hurlait dans mes oreilles, le temps que je me réhabitue au son ambiant, mêler à la bonne humeur à laquelle je demeurais imperméable.

- Je suis triste, c'est comme ça, et ça ne s'en ira jamais, martelai-je dans un murmure que seule mon amie pu entendre et je croyais dur comme fer à mes paroles, car pour le moment cette épreuve était bien trop dur à traverser pour que je parvienne à passer de l'autre côté, ni même que je puisse en avoir la volonté. J'eus un rapide haussement d'épaules. Poser des mots sur cette situation la clarifiait et au moins ces derniers ne se mélangeaient plus n'importe comment dans mon esprit. Je ne voulais pas que ça se passe comme ça, mais je n'ai pas le choix. On ne me laisse jamais le choix, rajoutai-je avec un peu plus d'amertume.

Papa et sa Rebecca, Sebastian et sa Daphne... Eux avaient fais le leur et à chaque fois, je n'étais pas incluse dedans. Je n'étais pas un choix qu'on désirait garder lorsque pour moi, ils étaient les premiers. Mais le mien de choix, parmi les leurs, il n'avait aucune raison d'être.

A cela, Aria répondit par des paroles qui me laissait le monopole des possibilités – ce n'était pas grand chose, mais c'était une preuve de respect : dans celui de mes décisions et sans que je ne puisse déterminer exactement où elle se trouvait une petite partie de moi repris confiance en cette soirée qui n'était peut être pas tout à fait terminée.


- Tu décides de ce qu’on fait. C’est toi qui choisis ce qui te fais plaisir.

Habituellement, j'étais plutôt celle qui se pliait à l'avis général, m'y accommodant parce que je n'avais pas eu mon mot à dire, mais alors que cette chanson que nous connaissions bien commença les premières notes dans la salle de bal, mes pieds réagir de la même façon que j'emportais à ma suite Aria sur la piste, dans cet espèce d'état second qui vous pousse à faire des choses que vous ne feriez pas normalement, mais le désespoir... Est-ce que ce n'était pas une forme d'impulsivité ? Je tournais autour de moi avant de prendre la main d'Aria, passer mon bras au dessus de sa tête pour qu'elle puisse tourner à son tour. Au fur et à mesure que la mélodie progressait, je laissai le sourire qui avait envie de poindre naître sur mon visage parce que cette chanson donnait de la légèreté à mon corps : je me sentais toujours triste, mais toutefois, passer un bon moment n'était tout compte fait pas forcément inenvisageable.

- Mon père me faisait danser le rock quand j'étais petite
, appris-je à Aria et j'étais contente qu'elle puisse apprendre une petite partie de moi, parce que c'était ce que faisait les amies, donner des petites parcelles de l'un et de l'autre et je voulais bien que Aria fasse pareil avec moi. Je pense que je n'ai pas oublié les pas, viens, lui proposai-je ne prenant les commandes pour entamer la danse de façon plus endiablée, parce que ce n'était pas très compliqué, il suffisait juste de prendre le pli.

Cela suffit pour nous lancer – nous entamèrent d'autres danses au milieu des autres et j'en oubliais presque la principale raison de mes tourments. Bien sûr, c'était toujours dans un coin de ma tête, mais je ne cherchais plus absolument à tout prix à chercher Sebastian dans la foule afin de savoir si oui ou non il s'amusait plus que moi. Ce que j'espérais en revanche avec une once de culpabilité, c'était qu'il remarque, en attendant, que malgré les épreuves je pouvais être capable de profiter du temps qu'on m'offrait sans lui.

C'était l'unique choix qu'il m'avait laissé.

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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: Ladies and pieces [A.D] fini   Dim 16 Fév - 10:06

http://www.youtube.com/watch?v=GPgPg6arxHU
“Don't walk behind me; I may not lead. Don't walk in front of me; I may not follow. Just walk beside me and be my friend.”

Je ne pensais pas en être capable. Et m’en rendre compte me faisait du mal, me dire que j’étais impuissante aussi. Je n’étais pas douée pour consoler les autres, leur dire les bons mots, et pourtant je le voulais de tout mon cœur. De son côté elle était allée au-delà des mots que certains utilisaient pour me décrire – ces mots que je n’aimais pas – et je l’en remerciais. Et j’avais réellement de la peine pour Casey, elle était mon amie. J’aurais aimé que mon étreinte suffise pour qu’elle retrouve le sourire, mais c’était bien naïf de croire que tout allait rentrer dans l’ordre par la suite. Cette ordre qui m’était cher, cet ordre qui était si réconfortant : faire des listes, des plans, tout classer était rassurant mais ce que je n’avais pas inclus dans tout ça c’était comment réagir face au désordre. Comment ? J’étais démunie et j’en avais assez de ne pas savoir quoi faire lorsque ceux à qui je tenais souffraient ; pourquoi je n’y arrivais pas ? Bien sûr que chaque fille avait mal, comme on a mal lorsqu’une belle histoire se termine sans qu’on ait son mot à dire, je savais que c’était normal. Pourtant lorsque ça arrivait à une amie c’était différent. Il y avait toujours cette tristesse dans ses yeux, et j’avais senti lorsqu’elle était dans mes bras qu’elle pleurait, discrètement, mais les larmes étaient réelles. Etrangement, toutes les couleurs et les robes de bal autour de nous semblaient avoir perdu de leur beauté et de leur splendeur, le champagne n’avait plus la même saveur et je me sentais comme dans une petite bulle qui nous entourait autant qu’elle nous emprisonnait : mais je ne voulais pas que Casey se sente coupable. Cela faisait du bien de cesser de prendre sur soi, pendant un bref instant.

- Je suis triste, c'est comme ça, et ça ne s'en ira jamais, je ne voulais pas que ça se passe comme ça, mais je n'ai pas le choix. On ne me laisse jamais le choix, dit-elle et je me figeais : son ton était résigné, et je la voyais convaincue que rien ne bon ne l’attendait. Comme si sa bonne humeur et son optimisme s’était envolés au moment où Sebastian lui avait avoué qu’il ne se voyait plus continuer. Seb m’avait d’ailleurs annoncé leur rupture avant que Casey ne le fasse : je n’avais pas mis longtemps à deviner ce qu’il avait à me dire, il avait les yeux baissés et une voix peu assurée parce qu’il savait ce que je pensais de Daphne et de la relation toxique qu’ils entretenaient. Il m’avait raconté tout, sans se mentir ou tenter de se justifier : il avait été ce qu’il avait toujours été, quelqu’un de sincère qui ne pouvait pas faire semblant. Cacher qu’il y avait  quelqu’un d’autre, qui l’attirait et ça depuis longtemps. Bien sûr du côté du Casey, tout ça n’avait plus d’importance : il était parti, et sans lui demander son avis. Mais il ne fallait pas qu’elle pense pour autant que tout était terminé, il faudrait du temps évidemment. Dans tous les cas, je ne la laissais pas.

Et cette musique se fit entendre, et le poids que portait Casey paraissait s’être évanoui, un tout petit peu, car je la vis sourire du bout de lèvres lorsque elle reconnut la fameuse chanson. Elle s’empara de ma main que je lui avais proposée et m’entraîna à sa suite, d’un pas un peu plus léger et bondissant, et nous dansâmes, nous laissant porter par le rythme et l’atmosphère joyeuse, et je remarquais que mon amie maîtrisait bien mieux la danse que moi, j’avais un peu de mal à suivre sa cadence et les talons n’arrangeaient rien. J’avais la tête qui tournait, et je me sentais un peu perdue mais c’était plutôt agréable : progressivement je sentais que les choses s’allégeaient. Que l’on respirait mieux.


- Mon père me faisait danser le rock quand j'étais petite. Je pense que je n'ai pas oublié les pas, viens.
J’essayais de m’imaginer Casey, toute petite en train de se trémousser et cette image me fit rire, d’autant plus que je ne me voyais pas du tout dans ce genre de situation : je connaissais bien mieux la danse classique, mais surtout la valse que j’avais appris avec mon père, bien qu’il fasse trois têtes de plus que moi ce qui rendait la chose un peu ridicule. J’adorais mes leçons de valse et la manière dont il serrait mes mains dans les siennes, qui étaient beaucoup plus grandes : je me sentais à l’abri. Mais jamais je n’avais réussi à danser aussi bien que mes parents ; qui avaient d’ailleurs choisi une valse pour l’ouverture du bal de leur mariage, Maman m’avait raconté mille fois ce moment sans jamais s’en lasser.  

Et soudain l’idée me vint de partager ce souvenir avec Casey, comme elle l’avait fait : ça me faisait plaisir.


- Moi c’est la valse que je connais, fis-je un peu à bout de souffle parce que Casey allait toujours plus vite et qu’il fallait la suivre. Comme toi, c’est avec mon père que j’ai appris, c’est drôle non ? ajoutais-je en souriant.

Même si ce n’était pas mon genre de danser sur ce genre de musique, je me sentais à l’aise, bien qu’épuisée lorsque la musique prit fin. Une nouvelle la remplaça, inconnue cette fois mais aux accents country : une fois de plus je ne connaissais aucun pas mais la musique était entraînante et les couples autour de moi se mirent vite en place et commencèrent une chorégraphie qu’il suffisait de suivre. Nos tenues n’étaient pas vraiment adaptées, en particulier la robe de Casey qui était longue et traînait à terre : je me surpris alors à rire, et tout ça était naturel malgré mon cœur qui était toujours un peu serré : mais le moment semblait être comme une petite parenthèse de joie et d’enthousiasme. Je ne regrettais pas d’être venue avec Casey avec qui je m’amusais : elle aussi semblait réussir à se détendre, du moins en apparence. Je jetais un coup d’œil aux alentours et remarquais Camille à qui j’adressais un petit signe de la main : nous n’étions pas particulièrement amis mais c’était un garçon sympathique et également un très bon cavalier : passer mon premier bal à son bras avait été très agréable. Mais je n’eus pas le temps de m’approcher de lui pour le saluer en bonne et due forme, puisque une fille à ma gauche m’avait saisi le bras pour j’exécute les même mouvements qu’elle et si je trouvais que le rock était fatiguant, le country était bien pire, mais j’avais beau avoir mal aux jambes je ne m’arrêtais pas, et lançais un sourire à Casey, désormais un peu plus loin. Rapidement la musique se termina et je m’écroulais sur le canapé le plus proche, et sortis ma baguette afin de lancer un sort pour me recoiffer à la perfection : ils avaient été quelque peu malmenés par mes mouvements successifs.  


- C’était génial, fis-je en retrouvant Casey et en lui prenant les mains. Tu danses vraiment bien tu sais, dis-je. Ton père est un excellent professeur, évoquer la famille était toujours délicat, sachant que mon amie m’avait confié que ses parents avaient divorcé et que son père fréquentait une jeune femme avec qui Casey ne s’entendait pas mais elle m’en avait parlé en premier et c’était plus un compliment qui n’engageait pas d’autre discussion, profonde et sans doute plus difficile. Je scrutais mon amie, tentant d’y lire quoi que ce soit d’encourageant, un petit détail qui me montrerait qu’elle se sentait un peu mieux…Ses yeux brillaient un peu plus que tout à l’heure : je n’avais pas la prétention de croire que c’était uniquement grâce à moi, même si le soutien que je lui apportais pouvait aider : c’était aussi cette ambiance spéciale qui nous gagnait, ainsi que ses propres efforts. Je sentais que quelque chose s’était créé, alors que nous étions amies depuis quelque temps déjà : comme si le voile peu à peu s’écartait pour laisser place à la lumière qui se profilait.


Spoiler:
 

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Caleb Matthews
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MessageSujet: Re: Ladies and pieces [A.D] fini   Jeu 20 Fév - 22:31

Non mais franchement. Comment est-ce qu'on pouvait préférer de se prendre la tête en réfléchissant à des trucs irréfléchies auxquels on ne trouvait pas de réponse simplement parce qu'il n'y avait pas de réponse parce que l'espèce humaine était imprévisible et qu'il y avait mille choses à envisager  lorsqu'on en souhaitait qu'une seule, qu'on en espérait qu'une seule mais qu'il y avait les 999 qui venaient parasiter le secteur ? Ouais ça faisait très profond dit comme ça. Non en fait c'était juste parce que j'étais Caleb et que mieux que personne, je savais ce que c'était que d'être imprévisible : je pouvais avoir envie de tomates puis voir un bon muffin tout chaud au chocolat sur la table de la cuisine et complètement oublier les tomates, bouuh à bas les tomates ! Enfin si la vie n'était faite que de tomates et de muffins tout chauds au chocolat, ça aurait été plus que génial ; mais j'aurais terminé obèse, et c'était compliqué de danser durant un bal quand on fait des roulés boulés sur la piste. Et puis même, en rien Aria n'avait l'air d'une tomate ou de muffins tout chaud au chocolat.

J'avais bien envie d'un muffin tout chaud au chocolat.

Mais si je disais ça à Aria Davenport qui était quand même ma quête principale de la soirée, elle n'allait vraisemblablement pas apprécier. Enfin, j'imaginais. Moi on me parlait de muffins, c'était la fête à la maison mais s'il y avait quelque chose que je savais bien c'était qu'Aria n'était pas moi parce que si Aria avait été moi... Bon sang mais qu'est-ce qu'on se serait bien entendu ! Et surtout, jamais je ne me serais retrouvé dans la position de recherche dans la salle de bal de l'école le soir du bal de Noël, parce que... Parce que ça m'était passé par la tête, c'est tout est-ce que j'avais besoin de justifier tout ce que je faisais ? Je devais aussi vous dire quand est-ce que je comptais aller aux chiottes et pourquoi, aussi, tant qu'on y était ??? J'avais fini par la repérer pendant ma danse avec Rita et elle dansait elle aussi ; sa partenaire c'était Casey Roberts, je savais qui c'était parce qu'elle était à Poufsouffle également donc on s'était déjà plus ou moins croisé en salle co' sans jamais vraiment se parler. Elle était sympa et c'était sûrement la même brune dont m'avait parlé Rita quand je lui avais demander ou trouver Aria. Oui oui, c'était ce que je disais. Toute une histoire. De quoi vous rendre complètement zinzin. Fallait pas s'étonner si je me trouvais beaucoup plus à l'aise quand il s'agissait de poser des marécages portables dans les couloirs !

Ca c'était tout à fait le genre de plaisanterie qu'il fallait que j'évite de dire à Aria. De toute façon, marécage portable, entre nous, c'était un tabou qui méritait d'être banni à jamais.

Donc elle, elle était là bas, et moi, j'étais là. Comment ça s'était terminé avec Rita ?

Vous aimeriez bien le savoir hein ???

En fait sur le papier, j'avais trouvé ça très simple : Aria n'avait pas de cavalier, toutes les filles de la salle commune qui n'avait pas de cavalier se plaignaient de ne pas avoir de cavalier. Moi je n'avais pas de cavalière... parce que je n'avais pas de cavalière, mais je ne me plaignais pas. Mais je pouvais être le cavalier d'Aria car sans doute s'était-elle plains ne pas avoir de cavalier, d'ailleurs elle m'avait dit ne pas avoir de cavalier mais n'avait pas eu l'air de se plaindre. Voilà. Et pourtant, depuis que j'avais poussé la porte de la salle de bal, j'avais comme le sentiment de m'être engagé dans un méga sous entendu sous fond de Bizarr' Sisters. Et tout ça pour quoi ? Parce que j'étais là où on ne m'attendait pas et parce que j'étais là où on ne m'attendait pas ça voulait dire des trucs et comme j'arrêtais pas de justifier que ça voulait rien dire je me disais qu'autant ça voulait dire quelque chose et je doutais de ma propre vérité alors que je savais bien que ça voulait rien dire, pourquoi vous étiez en train de dire que ça voulait dire quelque chose ??? Moi je voulais danser avec Aria Davenport parce que je trouvais ça sympa et c'était devenu bizarre sans que moi même je ne sache pas quand est-ce que c'était devenu bizarre et surtout pourquoi c'était bizarre et que je trouvais ça bizarre alors qu'avant ce n'était pas bizarre. C'était Aria Davenport, c'était une danse, et ce n'était pas bizarre.

En plus l'idée elle me paraissait bien, pas parce que c'était de la pitié mal placée vis à vis d'Aria ça avait rien à voir, c'était plutôt que sans arrière pensée je voulais faire quelque chose de sympa pour elle, parce que quand on a des amis, on a envie de faire des trucs sympas pour eux pour le simple plaisir de le faire en tout cas c'était comme ça que j'avais toujours fonctionné. C'était les autres qui rendaient tout compliqué alors que pour moi c'était super méga simple ! Pourquoi est-ce qu'on ne pouvait pas me laisser faire mon Caleb tranquille ???

Ma nouvelle technique était toute simple : ne pas réfléchir, mais réfléchir quand même. Beau programme n'est-ce pas ? C'était juste qu'il fallait savoir condenser les deux, laisser l'un prendre le pas sur l'autre et à vrai dire ce soit ça allait être ma première expérience dans le genre et tout de suite je me sentis plus à l'aise : les expériences, c'était mon truc. Pour résumer j'allais faire ce que je faisais d'habitude mais sans me casser la tête, et en me comportant de façon à ce qu'Aria ne devienne pas son double maléfique. En plus je savais que je ne faisais rien de mal, c'était juste tout ce qui gravitait tout autour de moi qui me faisait penser que ce que je faisais, c'était pas bien, alors que j'en avais envie... C'était ce que je voulais, et je ne voyais pas pourquoi est-ce que je devais l'expliquer, alors que ben... Je considérais qu'il n'y avait pas à le faire !

De toute façon à présent, j'étais lancée ! Je passais entre deux couples comme s'ils n'avaient pas été présent et qu'en rien il ne s'agissait d'un obstacle pour moi (la vérité c'était qu'ils s'étaient poussés sur mon passage dès qu'ils m'avaient remarqué parce qu'ils m'avaient reconnus ; j'étais dans la même année que les deux garçons et... non franchement je dois vraiment entrer dans les détails, vous ne connaissez pas la suite?) pour arriver, juste dans le dos d'Aria, attraper doucement son poignet pour qu'elle ne soit pas surprise et pour qu'elle ne se fasse pas mal et au moment de la faire tourner sur elle même, de mon autre main libre, j'attrapai celle de Casey afin de lui faire effectuer la même manœuvre.

Alors non, ce n'est pas la peine de me demander, non seulement je ne savais pas comment j'avais réussi cette prouesse de danse, mais en plus j'étais bien incapable de la reproduire !

- Salut Casey ! Ne m'adressai-je d'abord qu'à la Poufsouffle, à demi tourné vers elle, avant de pivoter du côté de la Serdaigle en lui adressant le plus grand des sourires, tu danses avec moi ? Là dessus je lui tendis ma paume pour qu'elle la saisisse, mais à ce moment là.... dans mon dos je pouvais sentir la respiration de Casey et le truc du réfléchir sans réfléchir, vous vous souvenez ? Mais après n'oublie pas, c'est à ton tour donc ne t'éloigne pas trop !

On était à présent tous les trois plantés au milieu là où personne ne s'était arrêté de danser pour autant. Je jetai un regard interrogateur à Aria.

- C'est une danse que tu n'auras plus jamais l'occasion de danser !
Et là dessus, je ne mentais pas : moi même je ne savais absolument pas dans quoi je m'engageais !

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- J'ai pas envie de faire d'erreurs.

- Faut pas appartenir à l'espèce humaine alors.
Deviens canard.




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Aria Davenport
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Ami(e)s: Sebastian, Ruby, Caleb, Ana, Casey ♥
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MessageSujet: Re: Ladies and pieces [A.D] fini   Sam 22 Fév - 22:31

Nous venions de nous asseoir et je manquais cruellement de souffle mais je fus incapable de résister à l’envie de regagner la piste lorsque une nouvelle musique s’enclencha : je ne la connaissais pas, mais le rythme était tout aussi entraînant que les précédentes. Je souris à Casey, qui se joignit tout de suite à moi : nos joues étaient rougies et la tête me tournait légèrement mais je ne m’en inquiétais pas. Je lui tendis à nouveau la main, qu’elle saisit : je tentais d’imiter ses mouvements – je n’avais rien d’une piètre danseuse mais Casey était bien plus douée- non sans un peu de difficulté. Nos mains se détachèrent un instant et celle que je retrouvais n’était pas celle de mon amie : celle qui venait de saisir la mienne était grande et…masculine.  J’effectuais un petit tour sur moi-même avant de me retourner vers l’inconnu- qui n’en était pas un- il s’agissait de Caleb. Mais le garçon que j’avais en face de moi n’avait rien à voir avec le Caleb que je connaissais. Premièrement il portait un costume, particulièrement bien coupé et élégant. Et deuxièmement depuis quand Caleb Matthews s’intéressait au bal? Nous avions discuté brièvement à la sortie d’un cours, et je lui avais confié ne pas venir accompagnée d’un cavalier (je tenais tout de même à préciser que j’avais volontairement refusé) il me semblait qu’il n’avait pas de cavalière de son côté– mais il me semblait que cela lui était parfaitement égal, car le Bal de Noël était loin d’être une de ses priorités. Mais voilà qu’il se prenait au jeu, s’habillait plus que correctement et venait nous rejoindre ? Je ne l’avais jamais ignoré, mais j’en avais la confirmation une énième fois : Caleb était totalement imprévisible.

- Salut Casey ! dit-il de façon enjouée, comme s’il l’avait toujours connue tandis que je lançais un regard interrogateur à mon amie, qui à ma connaissance ne le fréquentait pas particulièrement. Puis je me rappelais qu’ils étaient tous les deux à Poufsouffle : et le moins qu’on puisse dire c’est que Caleb ne passait pas inaperçu ; il devait donc considérer qu’il connaissait un peu tout le monde même si en réalité je ne les avais jamais vu se parler. Casey lui répondit et lui sourit aussitôt mais elle eut à peine le temps de finir sa phrase que Caleb déjà reprenait la parole. Tu danses avec moi ?

Je demeurais quelques secondes étonnée de sa proposition, car la danse ne faisait pas partie non plus de ses passe-temps favoris mais je supposais qu’il faisait ça pour me faire plaisir- c’était une attention délicate, j’espérais seulement qu’il ne le faisait pas par pitié, ou pour consoler, je n’étais pas désolée d’être venue avec Casey, bien au contraire. Il lui promit une danse à elle aussi, mais mon amie m’indiqua qu’elle venait d’apercevoir une de ses amies de Poufsouffle dans la foule : je la retenais pas, l’observant seulement de loin pour m’assurer qu’elle allait bien : elle riait et bavardait avec enthousiasme, et je savais que je n’avais pas à m’inquiéter. J’espérais qu’elle nous rejoindrait plus tard dans la soirée, qui prenait désormais un tournant bien différent lorsque j’étais en compagnie de Caleb. Mais étrangement, je lui faisais confiance : il semblait bel et bien sérieux et me demandait sincèrement de lui accorder une danse. Un peu gênée je lui tendais la main et le hasard, décidemment très joueur aujourd’hui, fit en sorte que ce soit sur une valse que nous devions enchaîner : autrement dit nous devions danser de manière coordonnée, régulière et précise. La valse ne ressemblait en rien aux autres danses et exigeait une grande maîtrise : maitrise que je ne possédais pas complètement, mais j’avais des bases qui me semblaient solides. En revanche, lorsque la main de mon tout récent cavalier (je supposais que ça faisait de lui mon cavalier) se serra sur la mienne et que nos doigts s’entrelacèrent – et je ne pus m’empêcher de me faire la remarque que la situation était fort étrange- je compris rapidement ce que j’avais supposé : la valse, Caleb n’en avait que vaguement entendu parler. Ses mouvements étaient un peu gauches, il fallait l’avouer –d’habitude si sûr de lui, mon partenaire semblait avoir perdu de sa légendaire assurance, bien sûr, il faisait comme si de rien n’était mais j’avais remarqué le contraste, particulièrement saisissant à mes yeux. Je n’allais pas lui faire la remarque évidemment– parce que c’était vexant- mais je ne comprenais pas bien : je ne lui demandais pas de danser aussi bien que Camille Ells, mais il pouvait faire davantage d’efforts ! Je me surpris à le guider légèrement (même si selon la convention, cela devait venir de l’homme) et il se détendit petit à petit, je lui souris alors, fier de son progrès, même si il était encore loin d’être un danseur professionnel. Nous nous arrêtâmes au buffet, et je n’avais toujours pas prononcé ne serait-ce qu’un seul mot – sans vraiment savoir quelle était cette barrière qui m’empêchait de le faire.

Je jetais un coup d’œil autour de moi,  encore émerveillée par le spectacle qui s’offrait à moi : je recueillis les flocons dans mes mains, qui fondirent doucement au contact de ma peau, à droite se trouvait le gigantesque sapin orné de décorations toutes plus belles les unes que les autres. Mes yeux se tournèrent vers Caleb que je scrutais avec plus de minutie : c’était toujours lui, mais il était différent. C’était fou comme une simple tenue pouvait changer une personne. Je prêtais toujours attention à la musique, qui s’était soudainement ralentie, tandis que tous les couples rejoignaient le centre de la salle ; et ma première réaction fut de chercher Casey des yeux, car c’était sans doute le moment du bal qu’elle redoutait le plus et j’avais envie d’être à ses côtés. Mais il n’était pas question non plus de laisser Caleb seul – bien sûr qu’il trouverait sûrement Rita ou Ana dans la salle, que sais-je mais ç’aurait été on ne peut plus impoli d’ainsi l’abandonner, d’autant plus que j’appréciais sa compagnie. Mais il décida pour moi, en m’entraînant déjà à sa suite pour m’emmener danser.


-Je ne suis pas sûre que…et je ne finis pas ma phrase, incapable de trouver une raison valable. Et pourtant des raisons j’en avais mais c’était compliqué à expliquer ; pourquoi Caleb ne comprenait-il pas tout seul qu’un slow ne se dansait pas entre amis ? Sa naïveté, parfois attendrissante ce soir m’exaspérait. Danser en couple était habituel et je l’avais déjà fait, ça ce n’était pas comparable et je ne m’étais jamais vue danser un slow pour la première fois avec lui – tout simplement parce que ça n’avait pas de sens. Mais je ne voulais pas le vexer, et passais mes mains autour de son cou tandis que les siennes se refermaient sur mon dos, le tissu avait beau couvrir toute ma peau, je sentais clairement le contact à travers, et je sentais la gêne me gagner petit à petit sans que je ne puisse rien y faire. Je relevais les yeux – il était plus grand que moi- il me sourit, ce qui m’apaisa légèrement. Il n’y avait pas beaucoup de distance entre nous et je n’étais pas habituée à être aussi proche de lui : nos échanges physiques étaient très rares. Le moment me paraissait assez irréel, mais progressivement, il devenait agréable : je me laissais envelopper par la musique douce et mélodieuse, par la quiétude qui régnait et aussi par les bras du Pouffsouffle qui me soutenaient fermement.
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Caleb Matthews
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MessageSujet: Re: Ladies and pieces [A.D] fini   Jeu 27 Fév - 13:28

Voilà, finalement, ce n'était pas si difficile, et à présent que je m'étais lancé, ça m'avait permis de me détendre aussitôt et de jeter au loin, tous ces questionnements, ces élucubrations qui m'avaient fait danser, c'est bien le cas de le dire, d'un pied sur l'autre tout au long de la soirée avant de retrouver Aria ; et je ne comptais pas bouger de mon perchoir avant qu'elle n'accepte ! Evidemment, je pensais un peu à Casey, mine de rien, parce que j'avais pas envie qu'elle se sente évincée ou quoi que ce soir de ce genre, je savais ce que ça faisait, alors parfois j'éprouvais quelques scrupules à me retrouver dans la position du fauteur de troubles même si c'était celle dans laquelle je me retrouvais souvent, il est vrai, mais pas pour les mêmes raisons. Cependant elle assura une bonne demi dizaine de fois en l'espace de quelques secondes (je savais pas qu'il était possible de faire ça!) qu'elle en avait un peu marre de danser et elle leva les mains devant sa poitrine en les secouant pour lui affirmer qu'il n'y avait bel et bien pas de problèmes et elle s'écarta prétextant retrouver une autre amie de Poufsouffle avec qui elle avait aussi promis de passer du temps. Je haussai intérieurement des épaules (oui, ça aussi c'était possible) devant cette réflexion ne cherchant pas à savoir si c'était la vérité ou pas, parce que c'était le choix de Casey de raconter des bêtises si elle en avait envie et c'était pas moi qui allait lui en tenir rigueur.

Le seul truc que je n'avais éventuellement pas prévu... Et bien c'était qu'entre deux ou trois danses avec Rita, je n'avais pas plus amélioré mon pas et encore moins pour tourner, tourner.... Tourner. Sur le papier, dis comme ça, ça m'avait pas l'air d'être vraiment très très compliqué, mais haha, c'est toujours ce qui est le plus simple qui devient en réalité la mer à boire et je sentais Aria aussi tendue que moi, parce que j'étais en train de me tendre pour ne pas faire d'impair, genre elle avait l'air pas contente et tout, c'était bien beau, mais je faisais déjà tout ce que je pouvais pour ne pas marcher sur les chaussures qu'elle avait mise pour l'occasion qui allaient avec la robe, sûrement que c'était fait exprès d'ailleurs, la robe...

La robe, la robe, la robe...

Le compliment sur la robe, le compliment sur la robe, le compliment sur la robe ! Précisément la chose qu'il ne fallait pas que j'oublie si bien que, comme je l'avais prévu, et bien, je l'avais oublié !

- Dis donc, elle est super ta robe !
M'exclamai-je enjoué et j'avais même pas besoin de mentir puisque ce n'était que la stricte vérité car maintenant que j'avais remarqué que les chaussures et la tenues s'accordaient, je trouvais qu'il en allait de même avec ses cheveux. Ce soir, Aria était toute brillante et les mots m'en venaient ainsi naturellement.

C'était que j'étais quand même content d'être un mec : on pouvait dire tout ce qu'on voulait que les garçons présents ici réussissaient à se mettre en valeur à travers leurs costumes, ceci, cela, pour moi, un costume était un costume et celui que je portais à mon sens n'était ni plus ni moins que comme les autres, et puis je dois dire qu'il fallait être débile pour demander à quelqu'un de danser convenablement de manière générale dans un costume, c'était comme de demander à un canard de faire autre chose.... que la danse des canards !!!

Il était temps d'instaurer la trêve : pour ça rien de mieux que de recharger les batteries que de faire un petit tour du côté de la Buvette (et ou, encore et toujours elle, on ne change pas une équipe qui gagne en même temps !). J'expliquais  pendant un certain temps à Aria, comment c'était difficile d'avoir une famille nombreuse et que pour ça, ça incluait de savoir être un minimum se battre et être malin, parce qu'à table, c'était même pas la peine de songer un seul instant à cligner des yeux, sinon, c'était terminé ! La dernière part de dinde s'était volatilisée à jamais dans le gosier d'une de mes sœurs ! Evidemment lorsque c'était comme ça, mes parents ne prenaient jamais parti dans les luttes que nous entamions, alors qu'ils étaient censés être les arbitres et faire régner la justice, mais à croire que c'était plus sympathique de voir ses enfants s'entre déchirer dans ce combat contre la fin. Enfin, généralement, lorsque ça allait trop loin et que les attaques à la petite cuillère (parce que très vite c'était la fourchette qui la remplaçait et là, c'était le signal d'alarme) s'entamaient, ils nous clouaient le bec avec le dessert (affirmant qu'on en serait privé) et là, bizarrement, ça avait très souvent le don de mettre tout le monde d'accord.

- Ce qu'il y a de cool, c'est qu'au moins à Poudlard, on ne manque jamais de bouffe, conclus-je en avalant une bonne gorgée de jus de citrouilles pour faire passer ce que j'étais en train de mâcher.

Une chanson plus calme se fit entendre dans les enceintes magiques de la salle de bal : enfin une danse avec laquelle, j'allais pas prendre de risque si j'en jugeais les gens qui se tenaient l'un contre l'autre en bougeant mollement les pieds par terre. Parfait ! Je pris Aria par la main, l'entendant à peine maugréer afin de l'entraîner au milieu des autres. Quoi, déjà ? Elle ne voulait plus danser alors que cette fois il n'y avait aucun risque à ce que je la fasse presque tomber parce que je ne gérais pas les mouvements ? Voilà, comme ça au moins, elle ne risquait pas de se casser la gueule et moi non plus et au fur et à mesure que la musique avançait, j'arrivais même à m'accorder en rythme avec la mélodie, ce qui était quand même assez exceptionnel pour le préciser. Par moments, et comme elle était quand même plus petite que moi, il y avait les cheveux de Aria qui venait me chatouiller le nez, et je du plusieurs fois faire des efforts monstres pour ne pas tout à coup éternuer comme un éléphant et déclencher une tempête en plein bal, comme quoi, ça prouvait bien que je savais me tenir. Même que je ne m'écartais d'elle qu'aux dernières notes, avant que ce ne soit un rythme plus enlevé qui ne viennent leur succéder.

En relevant les yeux je vis de nouveau Casey qui n'était pas très loin de nous ; notre danse nous avait fait dériver jusqu'à elle et je n'oubliais pas ce que j'avais affirmé tout à l'heure, parce que même si j'avais beaucoup d'humour, ça voulait pas dire non plus que je ne savais pas tenir parole et que Casey avait attendu jusque ici.

- Tu sais quoi ? C'est la première fois que je fais un truc comme ça !
Révélai-je à Aria en parlant du bal et ensuite, je désignai la Poufsouffle. Il y a Casey là bas, je vais aller la chercher. Je lui fis un sourire. Mais on peut se retrouver plus tard si tu veux, ou quelque chose comme ça !

On s'amusait bien ce soir, alors pourquoi pas en profiter pour passer encore un peu de temps ensemble ?

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- J'ai pas envie de faire d'erreurs.

- Faut pas appartenir à l'espèce humaine alors.
Deviens canard.




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