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Let me introduce you to my World [PV S.]

 

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 Let me introduce you to my World [PV S.]

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Rita Minithya
Élève de 6ème année



Féminin
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Localisation : Je sais où toi, tu es, coquin.
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Particularités: Oh, il suffit d'une petite étincelle pour que ça fasse BOUM! Ca vous donne une idée?
Ami(e)s: Oh, j'en ai des tttassss! Heureusement, j'en ai aussi des vrais.
Âme soeur: La pyrotechnie. Entre elle et moi, c'est la passion folle. On s'embrase, on s'enflamme et on se fout en l'air!

MessageSujet: Let me introduce you to my World [PV S.]   Ven 17 Jan - 0:29




Depuis que j’avais discuté avec Ruby, je m’étais promis d’aller m’excuser à Seth le lendemain soir, à l’heure de ma punition. Mais au moment où j’étais entrée dans le bureau et où il m’avait salué poliment puis s’était afféré dans ses affaires, je n’avais pas eu le cran de le déranger. Attendez, vous comprenez pas là ?! Moi, pas de CRAN ? Ah non mais non. Du coup je l’avais regardé pendant au moins dix bonnes minutes, pendant qu’il lisait un bouquin avec les sourcils froncés par la réflexion. J’avais remarqué que ses cheveux allaient d’avantage vers le châtain que vers le blond, aux racines, que ses yeux n’étaient pas bleus mais vert et qu’il avait des sourcils qui constituaient déjà une expression à eux tout seul. Il avait l’air fatigué, un peu blasé, peut-être juste épuisé. Et puis j’avais regardé cette chemise qui m’énervait parce qu’elle était d’un bleu clair qui ne lui allait pas du tout, puis, j’avais regardé le bouquin. Un peu vieux, voire carrément rapiécé, Seth était le genre de lecteur assidue qui tenait des vieilleries dans les mains et qui disait : « Tu verras, lire te feras du bien ». Et blablabla. Le seul bien que ça me faisait, à moi, c’était ces conneries de crampes aux mains ! Et oui , bon , ok, les gars, je me défile pas, j’étais en train de le mater ! Mais bon, y avait pas de mal, quelque part, il était quand même vachement mieux foutu que la plupart des ados pré pubères de ma classe qui pouvaient plus respirer quand ils fixaient une paire de seins naissants! Et puis, Seth, lui,  de toute façon, c’était pas le genre à mater (même si j’étais partisante du fait que TOUS les gars, sauf les homos, peut-être, matent, mais bref).

Le topo c’était : épaules larges, mâchoire dessinée, air soucieux, grande mains (et qui dit grandes mains diiiiiittttt ?)… Puis il avait relevé les yeux. J’avais continué à la regarder. Il avait attendu. Moi aussi. Il m’avait demandé si j’avais un problème et j’avais répondu « Ton nez ressemble à celui d’un chat » et puis j’avais commencé à écrire, le laissant dans la confusion. Déjà, parce qu’il ne savait absolument pas pourquoi je lui avait balancé ça, vu qu’il n’y avait vraiment aucun ton moqueur, et qu’ensuite, parce que je venais de le tutoyer, probablement. Non mais ça me semblait assez évident maintenant que je connaissais son prénom, je pouvais plus, psychologiquement, le vouvoyer, c’était malsain. Du coup, on avait terminé l’heure comme ça, lui en lisant son bouquin, moi en écrivant sur mon papier. Je n’avais pas râlé une fois. Je savais mériter cette punition, j’assumais, même si franchement ça me foutais en rogne. Je ne m’étais pas excusée, pourtant.
Plus d’un mois était donc passé, on était déjà en décembre, et je n’avais pas encore eu le courage d’agir. En classe, je ne moquais plus de lui et avais focalisé l’intention des élèves qui me suivaient essentiellement sur moi et Caleb, sur des anneries qu’on faisait tous les deux quand Seth n’était pas encore là. Lui, n’avait toujours pas changé, et restait le bon vieux larbin de Woodley, ce qui lui valait toujours le rôle « D’assistant inutile ». Et ça en faisait marrer plus d’un. Je ne le défendais pas, mais je ne l’enfonçais pas. Si je commençais à prendre sa défense, les moqueries se retourneraient vers moi, et je voulais bien être gentille, mais je n’avais vraiment pas le courage d’être plus détestée que je l’étais déjà par certains. C’était pas pour rien que j’étais pas à Gryffondor, merci. Pourtant, je m’en voulais un peu, d’être passive, mais je ne voulais pas forcer les choses. Un changement trop brutal auprès des autres ne ferait que m’exposer d’avantage, alors que j’optais plutôt pour disparaitre llenntemment. Tout en douceur. Pas en me faisant lapider, merci. Mais Seth semblait aller mieux. Même beaucoup mieux (bah franchement, sentir qu’il n’avait plus aucun risque de finir en cendre, c’était déjà pas mal réconfortant).
Et puis j’avais trouvé. J’étais chez l’apothicaire en train de parler de la vague facebook avec Ewan, et de négocier son aide pour faire un devoir (il avait refusé de me le faire en entier), quand tout à coup, j’avais vu un vieux livre sur le comptoir. Ewan m’avait expliqué qu’il avait trouvé ça chez Scribenpenne et Cie, dans les livres d’occasion, que c’était bien utile pour tenir les comptes. Et ça avait tout de suite tilté. Dans ma tête, je ne pouvais pas m’excuser auprès de Seth d’avoir tenté de causer sa mort sans le vouloir juste en « m’excusant ». Ca méritait un petit effort. Je n’avais jamais su quoi, même en y réfléchissant pendant des semaines. Mais voilà. Ce livre, il ressemblait à ceux que j’avais calciné. Presque en tout point (après tout, je n’y connaissais rien). J’étais alors sortie en trombe, et Ewan m’avait crié que j’avais laissé mon devoir avec pleins de fautes d’orthographes (il me l’a renvoyé corriger, par hiboux), et j’avais enfin trouvé le livre que je cherchais. D’occasion, évidemment, mais avec des pages jaunis et un devant à l’illusion dégueu mais qui faisait effet cuir, effet vieux livre, qui pue et… Bref. Un vieux livre moisi quoi, le type que Seth et Ruby adorent parce que « Ça a une histoire » (tiens d’ailleurs, c’est bon comme excuse ça !).

Enfin, bref. Du coup, j’avais posé mon livre sur mon chevet (je vous raconte pas les filles de ma chambres ; elles qui m’avaient jamais vu lire, alors là, c’était Hiroshima, elles m’ont pas lâchées), et puis j’avais plus eu le courage de le donner à Seth. Ca me bloquait. Tout à coup, je savais que je ne pouvais pas débarquer comme ça : « Bon, bah tiens, hop, c’est fini, on est copains maintenant ? ». Nannnn. J’avais lâché l’affaire.

Et puis il y a eu l’annonce du Bal. C’était l’effervescence totale. J’ai réussi à me trouver une robe chez Gaichiffon, parce que j’avais flirté avec le vendeur, et bref, il m’avait laissé la soirée pour presque rien. Une belle robe rouge vif comme je la voulais, coupée aux genoux pour pas me gêner, bustier en paillette pour l’effet bal. Simple et efficace. De toute façon, avec ou sans robe, j’allais faire des fureurs (quoique beaucoup plus sans, quand même). Et nous étions le soir du Bal. Les filles de ma maison bougeaient dans tous les sens, c’était infernal, interminable, y en avait trop, des cris stressé, des pas précipités. Je m’étais sans grand mal trouvé une place dans la salle de bain, pour me coiffer et me maquiller. Là encore, j’optais pour quelque chose d’assez discret. Les cheveux en arrière, un coup de baguette grâce à une formule du livre que Ruby m’avait prêté et hop, un beau chignon effet décoiffé (Ok, je me suis vachement entrainée pour pouvoir cramer devant les regards admiratifs et les bouches bée des filles en mode : « Ah nan nan, je viens juste d’essayer, jamais tenté, ça fait bien, c’est pas raté ?). Et puis j’ai eu LA révélation. Ca m’a pris d’un coup. Comme une envie de sucré, comme une envie de danser. J’étais prête. J’allais m’excuser. Encouragée par moi-même, je chopais mes ballerines, saisie le livre et me précipitais vers la sortie secrète de ma maison. Il était encore assez tôt, le bal ne commençait que dans quelques heures mais tout le monde était en train de bavardé comme on y était déjà. Les couloirs étaient presque vides.  Je me dépêchais, courrais à moitié. Je le sentais bien là. Vraiment bien.

Je passe à vive allure les escaliers. Et j’y suis. Dans le couloir maudit. Celui à sens unique. Aucun échappatoire. Le couloir des Profs. Genre, le coin où faut pas foirer sa blague, comme dirait Caleb. Je fais la moue. Seth était nouveau, je savais pas du tout où il pouvait être. Si je m’engageais dans le couloir, j’avais une chance sur une au moins de tomber nez à nez sur un prof. Et franchement, mon numéro de victime avait marché une fois dans ma vie. Je ne pouvais plus compter sur aucune couverture, j’étais cramée jusqu’au bout des ongles : Rita Minithya ou Caleb Matthews au milieu du couloir des profs le soir du Bal ? Une grooosse bêtise en perspective.

J’hésitais. C’était vraiment pas le moment de me faire prendre alors que je partais d’une bonne intention (pour une fois). Si Seth était nouveau, on lui avait attribué la chambre la plus nulle. Donc la plus éloignée. Au fond du couloir… Je soupire et fronce les sourcils. J’étais quand même beaucoup plus en danger au beau milieu de couloir, en train de me décider ! Un peu de cou….

Je sentis une main me saisir le bras gauche, me tirer vers une porte, me faire entrer et la refermer derrière nous. Eh ho là…!  J’avais sursauté, tellement j’avais eu peur, et je sentais mon pouls battre à toute vitesse maintenant ! Qui… ? Seth ! Il semblait à la fois paniqué et catastrophé, mais aussi perplexe. J’étais contre la porte, et il me fit signe de me taire, et je me tus en hochant les épaules pour toute réponse et l’instant d’après, il recula et je me libérais enfin. Bon, il devait faire la ronde quand il m’a vu. Pourquoi cet air catas… Ah ! Il était avec quelqu’un ! Non mais… Je rêve où il venait de me sauver la mise !!

-Dis donc, j’ai eu chaud les marrons là, pensais-je à haute voix en levant les sourcils.
 
Je soupire, soulagée et m’assois sur le seul coin potentiellement confortable de la pièce : Un lit. Non mais c’était petit. Vraiment petit. Genre, chambre à tout faire. Et puis ça représentait vachement Seth ! Moi, dans la chambre de Seth, la bonne blague, c’était trop cool ! La chambre de Nakamura devait pas être plus grande ! Ici, tout était rangé nickel, je pouvais parier que je pouvais manger sur le sol ! Ca sentait le propre, c’est-à-dire pas grand-chose. Son bureau était d’une exemplarité surnaturelle. Tout était parfaitement aligné. Même dans mes rêves les plus fous ma chambre ne pourrait jamais ressembler à ça. C’était une affiche IKEA, sa chambre, serieux. Même mieux. Et lui, planté au milieu en train, de me regarder, c’était drôle, parce que blond comme il était et sa chemise blanche, on aurait dit que… Bref.

-Tu tombes super bien, je cherchais ta chambre, je lui explique le plus naturellement du monde. Puis je prends mon souffle :Je m’excuse, je déclare en le regardant à mon tour.

Et comme il me regardait bizarrement, je cru utile d’ajouter :

-Tu sais... C’est comme ça, généralement, que les gens procèdent, quand il s’en veulent d’avoir fait quelque chose de mal, je précise en insistant. Il était lent le coco. Je me suis comportée comme… J’hésite, et quand je croise de nouveau son regard, cette fois attentif, j’ajoute, vaincue, une garce, ok, mais, c’est pas vraiment comme ça que je suis… Je tentais d’expliquer.

Je voyais bien que c’était flou, pour lui la notion de : « je suis pas une meurtrière en série, je te jure », juste après avoir failli le tué, mais pour moi, c’était vraiment ça, parce que j’avais pas fait exprès. Et puis le fait que je lui avais fait la misère, c’était juste que je m’étais comportée comme une sacrée garce et qu’avant je trouvais ça très malin (et j’en étais fière) mais que maintenant, je me trouvais ridicule, surtout après en avoir parlé avec Ruby –si on peut appeler ça parler.

-Vraiment, j’insiste, tout à fait sérieuse, parce qu’il ne semblait pas vraiment y croire. Tiens, d’ailleurs, et je lui tends le livre. Je l’ai trouvé chez Scribenpenne, il le prend.  Il est pas vraiment neuf, mais il ressemblait à ceux d’avant, je finis par un hochement d’épaule.

Et je fais comme si ce geste n’en était pas un, parce que ça n’en était pas vraiment un. J’avais eu l’idée sur le coup, et je trouvais juste de le dédommager, et puis bon, je ne voulais pas lui acheter son pardon, on avait déjà en quelque sorte « oublié » cette histoire. Juste que je voulais officialisé, et on en avait besoin. Ma thérapie, selon Ruby, c’était de commencer à arrêter de me passer en victime, de m’excuser, d’avoir mes erreurs. Voilà qui était fait ! Je remarquais alors la veste noir posée sur le lit, à ma gauche, et la cravate et haussait un sourcils malicieux, intriguée.

-Alors comme ça tu vas au bal ? Je lui souris d’un air amusé. C’est que c’était vraiment pas le genre de gars à se préparer pour le bal ! Et maintenant que je faisais attention, sa chemise blanche lui allait quand même vachement mieux que la bleu toute moche ! Ca faisait tellement plus… Classe ! Son pantalon était noir, assortis à sa veste. Simple, sobre, super classe. Qui aurait cru que Seth Fitzgerald avait du goût (sans offense aucune) ?  Super bon choix, le costume! Je souligne en acquiesçant. T’as été chez Gaichiffon ? Je lui demande en attrapant sa cravate. Leur vendeur est trop sexy ! Je souris en touchant le tissus.

Je relève les yeux, attendant une réponse puis retirais mes ballerines. Là, tout de suite, je me sentais beaucoup mieux. Pas seulement parce que mes pieds étaient détendus, mais aussi parce que curieusement, j’aimais bien cet endroit. Et que parce que bizarrement, j’aimais vraiment être en de bon termes avec Seth. C’était… C’était comme si je m’étais libérée de quelque chose, comme passé à un autre cap. Ca faisait du bien de s’excuser. Ca faisait du bien de lui parler comme à un ami.

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Seth Fitzgerald
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MessageSujet: Re: Let me introduce you to my World [PV S.]   Dim 19 Jan - 17:00

Contrairement à ce que j'avais cru au moment où j'ai vu mes carnets partir en flamme, le monde ne s'était pas arrêté. Pourtant, ça avait été la première chose qui m’était venu à l’esprit en voyant le fruit de mes recherches et observations au fil des yeux s’envoler en fumée –littéralement. Avec le recul, je m’étais clairement emballé, mais je me rappelle avoir pensé en les contemplant dans les flammes pendant ce qu’il me parut des heures –alors que ça n’avait duré que quelques secondes… !- que c’était fini, que ça ne me servait plus à rien d’être médicomage, que je n’y arriverais plus. J’avais conscience que si ça avait été n’importe qui d’autre que Ruby, je serais passé pour un fou à lier, à faire toute une histoire pour deux simples carnets –mais Ruby, elle, avait compris, et à vrai dire je n’aurais pas pu penser à une meilleure personne pour être avec moi ce jour là. Quand j’y repensais –et ça arrivait plus souvent que je n’aimais me l’admettre-, je me disais que si elle n’avait pas là je me serais sans doute jeté dans les flammes pour finir avec mes carnets, car j’étais vraiment dans un sal état ce jour là, autant physiquement que mentalement, et tout cela grâce aux talents assez remarquables de Rita Minithya. Ça c’était quelque chose que je ne pouvais plus nier, la Poufsouffle avait un véritable don pour pousser les gens à bout et taper dans leur point faible, même si, avec le recul que j’ai maintenant, je ne suis pas sûr qu’elle ai fait exprès de brûler les carnets en particulier –elle n’était pas assez observatrice pour avoir remarqué leur importance pour moi et leur place sur le bureau.

Pourtant, ma colère avait mis du temps à redescendre, beaucoup de temps. Pas la colère du moment bien sûr, celle là est partie au bout de quelques heures, celle-là s’en va toujours. Mais plutôt celle en quoi elle s’était transformée, la colère froide et l’indifférence que j’avais désormais adoptées vis-à-vis de la coupable de tout ça. On avait encore beaucoup d’heures de retenues à passer ensemble et il était hors de question évidemment de lui faire le plaisir de les enlever, juste parce que j’avais vu jusqu’où elle était capable d’aller. Non, j’étais plus fort que ça, j’étais plus mature qu’elle et je savais que j’arriverais à garder mon calme. Je voulais me montrer en adulte responsable et toujours poli pour qu’elle contemple chaque jour le fossé qu’il y avait entre nous ; qu’elle voit la différence effarante de nos niveaux de maturités. Alors chaque soir, lorsqu’elle rentrait dans la salle pour effectuer son heure et demie de retenue, je la saluais brièvement et froidement en levant à peine les yeux de mon livre et je continuais ainsi, au rythme des bruits de sa plume grattant le papier. Depuis le jour de son accès de colère –l’utilisation d’un euphémisme ici est faite sciemment dans le but de montrer tout le recul que j’ai à présent-, il ne s’était pas passé grand-chose durant les retenues, Rita ne disait en général pas un mot en dehors des salutations en début et fin d’heure, et surtout, elle semblait avoir abandonné ses grands airs et ses tentatives de faire la maline. Peut-être s’était elle résonnée, peut-être s’agissait il d’un autre piège dans lequel elle espérait me faire tomber, je n’en savais rien et je m’en moquais éperdument.

Pourtant, je voyais bien que quelque chose avait changé, qu’elle se faisait moins remarquer en classe, et que surtout, chose étrange, elle n’était plus la première à se moquer de moi dès que l’occasion se présentait –à vrai dire, elle ne semblait même plus y participer. Tout ça, je le remarquais, évidemment. Mais ma fierté et mon amour propre m’empêchait de lui reconnaître le possible élan de maturité qu’elle semblait avoir ; c’était plus simple de la mépriser et de se savoir cent fois plus mature et intelligent qu’elle ne pourrait jamais l’être. Ruby avait bien essayé de me calmer un peu à son sujet, timidement le jour de « l’accident », et avec un peu plus de conviction plus tard, durant les nombreuses heures que l’on avait passé à recopier mes carnets. J’avais cru comprendre qu’elles étaient amies toutes les deux –ce qui ne m’étonnait qu’à moitié dans les faits mais davantage étant donné ce que j’avais vu de l’une et de l’autre- et c’était donc compréhensible qu’elle la défende ; cependant il était aussi logique que je n’ai pas envie d’entendre dire que la gamine qui venait de mettre le feu à toutes mes affaires après m’avoir collé la tête violette durant une journée entière traversait « une période difficile ». Alors j’avais écouté le plaidoyer de Ruby, par politesse et respect pour elle car sa position ne devait pas être facile, mais d’une oreille distraite et critiques. Et puis elle avait du comprendre, car assez rapidement, elle arrêta sa défense de la Poufsouffle, préférant m’entraîner sur des sujets qu’elle savait plus intéressants et surtout moins épineux –à commencer par les carnets de Fleury et Bott, qui étaient un de nos sujets de conversations les plus fréquent, mais aussi ce nouveau produit nettoyant à l’efficacité redoutable qui était sorti chez l’apothicaire de Chemin de Traverse et… quelques trucs du genre.

Les jours avaient passés, puis les semaines, et pratiquement deux mois depuis cette après midi ; le mois de décembre était finalement arrivé, et avec lui ses inséparables neiges ; tout ça n’était pas pour me déplaire. Le Bal de Noël allait arriver, et tout de suite après, les vacances ; ce qui signifiait a) 80% des élèves de l’école rentrés chez eux donc b) pas de cours pendant ce temps là, et tout cela résultant en c) un peu de tranquillité. En plus, j’aimais bien l’hiver, les températures basses m’indifférant relativement, mais surtout, l’ambiance qu’il régnait au château à cette période de l’année était véritablement indescriptible. Pour moi qui n’avais connu que des Noëls modestes et moldus dans l’avant Poudlard, c’était quelque chose de magique. Moi qui rentrais chez moi la plupart des vacances, j’étais toujours resté à Poudlard à Noël, contrairement à la plupart des enfants qui préféraient le faire en famille, comme le veut la tradition. Ça n’était pas que je ne le voulais pas, mais je savais que Noël chez moi était quelque chose d’inimportant, voire d’embêtant ; et bien qu’ils ne me l’aient jamais dit, je pense que mes parents avaient arrêté de le fêter lorsque j’étais parti à Poudlard, transformant ce jour en un jour banal, travaillant peut-être même. Conclusion : j’étais bien plus content de le fêter ici, même si j’étais seul et n’avais aucun cadeau ; en réalité, j’avais mes livres et chaque nouvelle chose que j’apprenais suffisait à me rendre heureux. La seule chose que je n’avais jamais aimé dans les Noël à Poudlard, c’était… le bal. Principalement, parce que je n’en avais jamais compris l’utilité (les filles faisaient le concours de qui-a-la-robe-la-plus-moulante-et-décolletée et les garçons celui du avec-combien-de-filles-je-vais-danser-ce-soir pour les plus jeunes et est-ce-que-je-vais-réussir-à-finir-la-soirée-avec-elle quelques années plus tard.) Donc, pour résumer, je les avais pratiquement tous passés perché dans mon dortoir de la tour Serdaigle à lire, tous sauf le dernier, auquel j’étais venu avec Emily à sa demande insistante et où j’avais passé la soirée à regarder Alison danser avec tous les garçons de l’école. Que de bons souvenirs.

Mais cette année, on me l’avait fait comprendre très clairement dès le début, pas moyen de faire l’ermite ; j’étais de corvée pour chaperonner la soirée, c'est-à-dire surveiller « tout reste dans une bonne ambiance de camaraderie » (= pas de tripotage pendant les danses ou dans les vestiaires), que personne ne corse le punch et que tous ceux qui n’étaient pas en quatrième année au moins s’en tiennent au jus de citrouille. Bref, une bonne soirée en perspective où j’allais pouvoir étaler mon manque total d’autorité auprès des élèves et jouer la police histoire de me faire détester encore un petit peu plus -vous n’imaginez pas mon impatience. Mais, en garçon obéissant que j’étais, vers 18h j’avais finalement passé le costume classique noir que j’avais loué pour l’occasion, avant de sortir de ma chambre avec l’intention d’aller demander au professeur Jones –en tant que directrice de mon ancienne maison et personne intelligente et juste, je m’étais toujours très bien entendu avec elle- à quelle heure je devais me rendre au bal exactement. J’aperçus dans le couloir des professeurs une silhouette devant moi que je ne reconnus pas ; je m’avançais à plus grand pas, la prenant pour un professeur à qui je pourrais poser ma question sans avoir à déranger le professeur Jones sans sa chambre quand il m’apparut que la personne en question, une fille à première vue, était trop petite et menue pour être adulte, et que par conséquent, il ne pouvait s’agir que d’une élève. Et là, problème. J’avais reçu en consigne spéciale de faire particulièrement attention en ce jour de Bal de Noël car apparemment l’an dernier un accident était arrivé à un professeur dont Sara Wayland m’a tu le nom. Si j’avais bien compris, il était déjà interdit en temps normal pour un élève de se promener dans le couloir Gwendoline la Fantasque, mais un jour de bal de Noël, ça représentait du suicide. Je me mis à avancer très vite vers la demoiselle, mais toujours à pas de loup, pour lui dire de s’en aller vite avant de se faire surprendre, mais j’entendis une porte s’ouvrir et un coup d’œil rapide m’apprit qu’il s’agissait de celle du professeur Woodley.

Je fis un nouveau pas qui acheva de réduite la distance entre l’élève et moi et, prenant son bras sans ménagement, entreprit de courir et de la trainer jusque ma chambre, dans un élan de je-ne-sais-quoi mais que je regrettais avant même d’en avoir pris l’initiative. Peut-être qu’inconsciemment, et bien que je prétende m’en moquer, j’avais envie de me faire apprécier par les élèves ? Et que sauver l’une d’entre eux des griffes mais surtout d’une punition sans doute à faire peur du professeur Woodley m’y aiderait ? Ou peut-être tout simplement que je ne pensais pas, car après avoir refermé la porte derrière nous, je me rendis compte que la demoiselle en question n’était autre que Rita Minithya. Et tout de suite, les punitions à faire peur de Woodley ne me semblaient plus une si mauvaise idée. Je reculais, ressentant à la fois l’adrénaline du moment, un peu de perplexité et de l’agacement. Je m’éloignais de la porte, la libérant et me plaçais contre mon bureau, croisant les bras sur mon torse, toisant la Poufsouffle sans savoir trop que penser. Bien sûr, je n’allais pas la remettre à Woodley maintenant, je n’étais pas sadique et si je voulais lui montrer à quel point j’étais plus mature qu’elle, ça n’était pas une très bonne idée.


-Dis donc, j’ai eu chaud les marrons là, commenta-t-elle.

Je ne répondis rien, trop occupé à réfléchir ce que j’allais faire d’elle à présent ; qui sait ce que le professeur Woodley faisait et quand elle allait revenir ? Et si elle faisait simplement un tour de garde ? Je ne pouvais pas garder Rita dans ma chambre, il restait encore un peu de temps avant le bal et j’avais bien l’intention de continuer ce livre sur le voyage d’un médicomage lituanien à travers l’Orient. Et puis, qu’est ce que les gens s’imagineraient si cela venait à se savoir ! On croirait de moi des choses immondes et…  mais… est-ce qu’elle était vraiment en train de s’asseoir sur mon lit comme si elle était chez elle là ?????

…Apparemment oui, car elle ne sembla pas remarquer le moins du monde mes gros yeux et mes sourcils surélevés, bien trop occupée à détailler du regard ma chambre toute entière. J’hésiter à toussoter ou à me racler la gorge quand elle reporta finalement son attention sur moi et entama la conversation.


-Tu tombes super bien, je cherchais ta chambre, commença-t-elle.

Ah, nous y voilà !!!!


- Ecoute, je ne sais pas quel plan tu as prévu de me faire cette fois ci, la coupais-je avec le visage et la voix de l’adulte qui fait la morale à son gosse, mais c’est dans ton intérêt de…


-Je m’excuse.

??????????????

-Tu sais... C’est comme ça, généralement, que les gens procèdent, quand il s’en veulent d’avoir fait quelque chose de mal…

Je ne tiquais même pas le tutoiement - quelque chose de mal ???????????

-Je me suis comportée comme… une garce, ok, mais, c’est pas vraiment comme ça que je suis…

Je la dévisageais, toujours aussi perplexe, mais force m’étais d’admettre que jusque là, je ne décelais aucun coup caché et qu’elle semblait sincère. J’étais partagé entre la méfiance que ses excuses m’inspiraient et mon côté optimiste qui m’incitait à penser que tout le monde pouvait réaliser ses erreurs et tenter de les réparer. Bon, étant donné que pour l’instant, je n’avais aucune preuve qu’il s’agisse d’une blague, je ne pouvais décemment pas refuser ses excuses ; je devais agir en adulte, et les adultes pardonnent lorsqu’on reconnait ses fautes. Seulement, je devais quand même rester méfiant car il s’agissait après tout de Rita Minithya et… et on ne change pas une équipe qui gagne, hein.

- Euh… d’accord, j’accepte tes excuses, répondis-je maladroitement.

Mais qu’est ce que l’on est censé répondre à ça ?! Je n’avais pas du tout était préparé à recevoir une Rita Minithya sincère et qui reconnait ses torts, à vrai dire je n’avais même pas soupçonné l’existence d’une telle Rita Minithya. Mais je tâchais de rester le plus neutre possible et de garder une part d’objectivité, de recul ; je m’étais bien fait duper par le passé par de la fausse gentillesse et c’est comme ça que j’avais fini la tête violette alors…


-Vraiment. Tiens, d’ailleurs, elle me tendit ce qu’elle avant dans les mains et que je n’arrivais pas à identifier depuis tout à l’heure. Un carnet. Je l’ai trouvé chez Scribenpenne. Il est pas vraiment neuf, mais il ressemblait à ceux d’avant…

Je prends l’objet, le retourne, l’ouvre, le referme, puis relève les yeux vers la Poufsouffle qui me dévisage, attendant visiblement une réaction. Une petite part de moi me criait toujours de faire attention, que peut-être que se livre allait se changer en animal carnivore et se jeter sur moi ou quelque chose du genre, mais une plus grande encore était submergée par la surprise que m’inspirait ce cadeau. Ainsi, elle avait remarqué, pour les carnets ? Ou peut-être que Ruby le lui avait dit, mais l’intention restait la même ; elle était allée m’acheter un carnet pour se faire pardonner et remplacer ceux qu’elle avait brûlé ? …J’avais du mal à y croire. Pourtant, force m’était d’admettre que c’était vrai, que j’avais bel et bien dans les mains un carnet de l’ancienne édition de Scribenpenne, presque le même modèle de ceux qui avaient brûlés. J’étais vraiment perplexe.

- Eh bien, c’est… inattendu, ne pus-je me retenir de commenter.

Bien sûr, je ne pus m’empêcher de remarquer que la reliure était abimée, que les lignes étaient un peu moins espacées que celles que je prenais d’habitude ce qui rendait l’écriture plus difficile et le papier avait été fragilisé au fil du temps, mais il était évidemment hors de question de faire part de cela à Rita qui devait quand même avoir réfléchi pour me trouver un cadeau et… et même si je n’étais pas passé à autre chose, ça m’aurait fait mal au cœur de la décevoir.


- Merci, c’est très gentil.

Rita sembla satisfaite, et son regard se remit à errer dans la petite pièce, se posant finalement sur la veste de mon costume qui attendait, pliée avec attention et posée sur un coin du lit.


-Alors comme ça tu vas au bal ?

- Pas par choix, mais oui, répondis-je. Je vais chaperonner. J’imagine qu’il est inutile de te retourner la question ? ajoutais-je avec un mouvement du menton vers sa tenue.

J’avais à peine remarqué dans l’agitation des premières minutes, mais Rita s’était réellement préparée pour l’occasion, avec une robe courte, rouge et voyante qui changeait radicalement de son style un peu garçon manqué, voire négligé de d’habitude. Sa coiffure, en revanche, lui ressemblait plus, un chignon désordonné aux allures incontrôlables mais qui, dans le fond, avait l’air savamment maîtrisé. Elle aussi dut remarquer au même moment que j’étais vêtu différemment de d’habitude, puisqu’elle entreprit à son tour de me détailler de haut en bas, ce qui me mit mal à l’aise et me rappela qu’elle était dans ma chambre et que la nuit tombait et qu’à n’importe quel moment un professeur pouvait débarquer pour me solliciter pour telle ou telle chose et si il voyait Rita et pensait que…


-Super bon choix, le costume! T’as été chez Gaichiffon ?

Je me raidis tandis que la Poufsouffle se saisit de la cravate que j’avais soigneusement pliée et posée sur ma veste après l’avoir minutieusement repassée.

- Ahem… merci et oui, comme toute l’école je suppose, je réponds distraitement, mon attention focalisée sur la cravate en question –s’il te plait, repose là sans la froisser, s’il te plait ne fais pas de plis…


-Leur vendeur est trop sexy !

Quelque chose en moi se met à pleurer et à crier une sorte de "NOOOOOOOOOOOOOOoooooon" tandis qu’elle touche la cravate et la tord distraitement tout en continuant à parler. Lancer ce sortilège parfait de lissage de tissu m’avait prit tellement de temps et d'entraînement…

- Sans doute… Tu devrais sans doute… Tu sais… Retourner à ton d…

Et contre toute attente, elle enlève ses ballerines et en profite pour s’asseoir plus confortablement, augmentant au passage la masse de plis qu’elle avait déjà faits en s’asseyant sur le lit. Je me fige, horrifié. Elle n’avait pas l’intention de rester là quand même ???



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Rita Minithya
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MessageSujet: Re: Let me introduce you to my World [PV S.]   Mar 21 Jan - 0:09


Ca se passait quand même vachement mieux que prévu !

-Euh… d’accord, j’accepte tes excuses.

Alors oui, là, tout de suite à l’instant, j’étais super contente ! Ouaiiiiss, je me doutais que ça me ferait du bien de me faire pardonner, que ça me soulagerait et qu’en plus, je n’aurais plus à y penser pendant des jours et des jours (ceci s’appelle la culpabilité, il me semble), et sentir le regard de Ruby, que si on regardait vraiment bien, on pouvait y voir un rappel à l’ordre indirect. Le genre de regard que lance une mère et que vous comprenez tout de suite mais que vous faites semblant de pas voir avec un énorme : « Quoiiiii ? ». Toujours était-il que j’étais sacrément heureuse, sur le lit de Seth (ouais, bah y a pas d’autre coin pour m’assoir, je vous sens venir mes petits chauds lapins !), mes ballerines enlevées. Bon, c’était quand même super petit, mais franchement, c’était largement viable ! Y avait qu’à voir la place que j’avais chez moi -quand j’y allais, il est important de le préciser-, où je partageais ma chambre avec mon petit frère, et le dortoir des Poufsouffle, tout de même plus grand mais où l’intimité se limitait forcément au ras du lit. Et encore ! Essayez donc de repousser une fille qui surgit de vos rideaux pour vous raconter comme CE gars à Serpentard est trop canon car TROP mystérieux. Impossible. Surtout quand on est sorti avec le gars en question et qu’on sait que c’est une tête de con.

Il avait hésité (il, pas la tête de con, on revient sur Seth, là) à prendre le petit carnet, et un instant, je m’étais demandé si j’allais pas rester la bras tendu comme… Comme quelqu’un qui se prend un gros vent. Autant préciser que ça ne m’étais jamais arrivé, et que même si on était tout seul, bah je voulais pas de malaise entre nous. Non parce que y en aurait eu un s’il l’avait pas pris. Je lui souris avec satisfaction quand je l’entendis commenter, puis me remercier. Ce qui était cool, avec Seth, c’était qu’en le prenant par surprise on pouvait tout lui faire avaler. Et je venais de le découvrir ce soir.

- Pas par choix, mais oui. J’imagine qu’il est inutile de te retourner la question ?

-Tu imagines bien
, je réponds de suite.

Pas vraiment, mon mignon, non ! En même temps, avec ma robe rouge sang, je passais tout sauf inaperçu, et en même temps, je faisais pas de cérémonie à en mettre une longue, déjà parce que ça faisait trop sérieux, et je laissais ça à Ruby et Liz, aux septièmes années comme aux profs, et qu’ensuite, ça m’empêchais de danser, alors bon, un bal, si on dansait pas, c’était pas un bal. Autant rester chez soi. Ah mais d’ailleurs… !

-T’y as déjà été au Bal, avant, quand t’étais élève ? Je demandais à Seth en enroulant sa cravate sous mes doigts, tout doucement, parce qu’elle était toute douce et que c’était agréable. Et avant qu’il puisse réfléchir à une réponse : Le contraire m’étonnerais pas, t’es plutôt du genre à… Je fis mine d’hésiter avec une grimace… rester lire un bouquin pour profiter du fait que personne ne soit dans la salle commune, je continue en riant.

Enfin, c’était pas drôle en soit, mais le fait que ce soit carrément triste et déprimant, ben, c’était drôle. Enfin, non pas que j’aimais rire du malheur des autres, soyons clair, mais valait mieux pas en pleurer. Surtout quand je venais de me maquiller minutieusement sans laisser le mascara m’exploser les yeux ! Je connaissais tout à fait le type de gars qu’était Seth –enfin, j’en avais une idée quoi, comme il en avait une de moi, j’en étais sure !-, le genre de Serdaigle replié sur lui-même. Pas timide, mais juste tellement… Absent, isolé. Le genre à qui tu viens parler une fois mais pas deux –parce que tu te rends vite compte que tu fais un monologue, même s’il mord pas-. Le genre à regarder les choses se faire plutôt que d’agir. A sourire une fois par an. A ne jamais sortir. A avoir une bibliothèque personnelle et à passer son temps libre à nettoyer parfaitement sa chambre. Plus sérieux, tu meurs.

-Ca sent la javel, je murmure presque en reniflant la chambre, intriguée. T’es carrément plus propre qu’un Elfe de maison ! Je lui sors, aberré, en passant le doigt sur une étagère, juste à côté du lit. Tu verrais ma chambre, tu te pendrais rien qu’en entrant ! Je plaisante en faisant les gros yeux.

Parce que moi, niveau propreté… Bah, heureusement que les Elfe de maison, ça existe, parce que je vous raconte pas le bazar ! C’était pas un capharnaüm non plus, hein, mais bon, disons qu’il se serait quand même pendu ! Mais comme je me dis toujours : « il en faut peu pour être heureux ! ». Et moi, peu, ça voulait dire de pas foutre grand-chose, le principal, c’était de s’amuser non de non ! La vie d’adulte ? Je n’allais quand même pas courir après ! D’un ennui ! Y avait seulement quelques cas isolés, comme Ewan, qui était quand même un grand gamin dans sa tête, et comme j’étais pas toute seule dans la mienne, on faisait la paire ! Et puis le vendeur, de chez Gaichiffon, miam, celui-là, il avait vraiment l’air de vouloir profiter de la vie !

- Ahem… merci et oui, comme toute l’école je suppose.

-Presque tout le monde
, je le corrige en riant ironiquement. Je repose la cravate en tirant un coup dessus pour enlever les plis. Si j’avais pas obtenue un petit privilège, j’aurais pas pu porter cette robe, je lui explique face à son regard intrigué –me semble-t-il : ce gars est presque indescriptible !-ma mère refuse de financer ce genre de « trucs », j’imite les guillemets avec mes doigt en roulant des yeux. Enfaite, elle finance jamais rien, je soupire. Ta mère à toi, elle est moldue ? Je relève la tête pour… Ben, je sais pas, pour une réponse quoi, mais bref, du coup, tout à coup, je sentis mon cou me faire douleur et je râlais presque ; Tu veux pas t’assoir là, j’ai mal à la tête à force de la lever, t’es super grand ! C’était pas une reproche, mais presque ! C’était quoi, son truc ? Il était Hollandais ?!

Il faisait bien… au moins une tête et demi de plus que moi, et bon, j’étais loin d’être petite, et j’étais pas une perche, juste un peu au-dessus de la moyenne. C’était Goliath, mais ouf, j’étais pas David. J’étais tellement absorbée par mes pensées et par mes actes- je pris sa veste noire et sa cravate pour les poser à ma droite, doucement, histoire qu’il puisse s’assoir à côté de moi-que je ne l’entendis même pas marmonner. Je tapotais la place que j’avais préparée, et l’invitais à s’y installer. Même si quelque part, il n’avait pas vraiment le choix. Je souris de satisfaction.

-Tu ratais quelque chose, tu sais, toutes ces années, Seth ! Je m’exclame alors, en me retournant vers lui, pliant ma jambe gauche sur le lit. Y a tout le monde, au bal ! C’est carrément l’occas’ d’inviter à danser la fille de tes rêves ! Je lui fis les gros yeux, abasourdie qu’il n’y ait jamais pensé. Je secouais la tête, désespérée. Allons bon, il avait une vie quand même, ce garçon ! Il avait vécu quelque chose au moins ! Je croisais les bras et le fixais. Il pouvait pas me dire qu’il avait passé sept ans à lire des bouquins et plonger dans ses devoirs, parce que si c’était le cas, j’allais l’emmener vite fait bien fait dans la forêt interdite pour m’occuper de lui apprendre la vie ! C’était vraiment pas possible de manquer de joie de vivre à ce point ! Y avait forcément quelque chose ! Tu vas quand même pas me dire qu’il n’y avait pas de « elle » ? J’insiste sur le « elle » d’un air sérieux.

Et là, c’est le déclic. Je connaissais les symptômes ! Rougissement, surprise, bégaiement ou sans voix !

-Dans le mile !
Je m’exclame en m’agitant, faisant secouer le lit, et lui avec (ahhh les ressorts, mes vieux amis !) et en tapant des mains, surexcitée. Et c’est quoi son petit nom ? Je lui demande d’un ton mielleux. Elle est encore à Poudlard ? Je m’exclame de nouveau en lui attrapant le bras. Ahhhhhhhhhh ! Et je le saisis des deux épaules et le secoue avec moi pour le relâcher aussitôt. Mais j’suis trop contente ! Je soupire à moitié, remuée et soulagée. C’est nul de sortir de Pouldard encore puceau, je commente le plus sérieusement du monde en acquiesçant pour moi-même l’air de dire : Ouais. C’est nul.

J’avais pour habitude de constituer mes relations d’amitié sur des pentes non glissantes. Et Seth, que je voyais tout à coup sous un autre jour (celui d’un jeune homme un jour, ou toujours, amoureux), un gars qui a des rêves, des souhaits au-delà de ceux de réussir scolairement sa vie, me semblait être solide. Quelque part, j’avais juste envie de le lancer dans les bras de cette fille. Parce que je cherchais toujours à rendre les autres heureux. Parce que ça faisait mon bonheur. Parce que les voir réussir en amour, ça me certifiais que peut-être qu’un jour, j’y aurais encore le droit. Alors pas question d’abandonner pour Seth ! Il devait être sorti avec cette fille, et comme chacun sait, vu sa situation, il n’était probablement pas resté avec, hein. Mais c’est cool, un amour de jeunesse ! C’est déjà mieux que rien. Je veux dire, y a pire. Comme… Comme tomber et rester amoureux d’une fille pendant sept ans et la regarder te raconter comme elle est bien avec les gars avec qui elle sort. Ouais, le truc trop traumatisant. Rien de pire que de tomber amoureux de sa meilleure amie !
Heureusement, pour Caleb et Ewan, il n’y avait aucune chance que ça arrive. Caleb ne savait pas que j’étais une fille et Ewan me parlait comme à un gars. Alors, avec Seth, c’était sûr que ça arriverait pas non plus, parce que franchement… Un gars comme lui et une fille comme moi! Seth, c'était genre le dernier gars de la Terre avec qui je pensais sortir! On était tellement différents! Et il penserait la même chose, si il y pensait un jour. Alors, pas de soucis, là encore, je visais juste. Seth et moi, on allait être ami exactement comme je l'avais prévu, et tout se passera parfaitement bien.


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Seth Fitzgerald
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MessageSujet: Re: Let me introduce you to my World [PV S.]   Dim 16 Fév - 22:29

Tout en écoutant Rita, je découvrais cette faculté assez extraordinaire qu'elle avait de passer du coq à l'âne en moins d'une seconde sans sembler en être le moins déconcertée du monde. N'aurais-je pas été son interlocuteur que je l'aurais observée plus attentivement afin de voir comment exactement elle arrivait à passer avec autant de fluidité de ses excuses au bal d'hiver à ma salle commune pour finir avec l'odeur de ma chambre. Seulement j'étais bien trop occupé à essayer de suivre sa conversation des plus surprenantes pour tenter de réfléchir au pourquoi du comment. Par contre, j’avais droit à la panoplie d’une rare variété d’expressions faciales qui défilaient sur son visage au fur et à mesure qu’elle enchainait les sujets et je devais reconnaître que j’étais assez admiratif devant sa capacité à exprimer exactement tout ce qu’elle disait au moment même où elle le disait, moi qui n’étais pas quelqu’un de très expressif. Je commençais même à en oublier la raison de sa venue tant la conversation déviait –de manière presque inexplicable puisqu’à vrai dire, je ne disais pas grand-chose et me contentais de répondre aux quelques questions qui ponctuaient parfois ce qui ressemblait fort à un monologue… tout en étant quand même une conversation. C’était là quelque chose d’assez inhabituel, je dois dire, et je l’aurais peut-être questionnée sur l’art de faire la conversation seule tout en faisant comme si c’était un dialogue, si je n’avais pas été aussi occupé à essayer de suivre.

-…ma mère refuse de financer ce genre de « trucs » … raconte-t-elle en parlant de sa robe, ses yeux noirs levés au ciel dans un signe d’agacement parfaitement explicite. Enfaite, elle finance jamais rien, poursuit-elle avec un soupir qui exprime cette fois à la fois son agacement et sa lassitude. Ta mère à toi, elle est moldue ?

C’est à son levage de tête que je comprends que c’est l’un des moments où je dois participer à la conversation, et je m’empresse de répondre :

- Euh, oui, oui, tout comme mon p…

Mais apparemment, quelque chose avait déjà attiré son attention ailleurs, et déjà, la conversation déviait à nouveau.


-Tu veux pas t’assoir là, j’ai mal à la tête à force de la lever, t’es super grand !

- Oh, euh, pardon… je commence avant de prendre place là où elle tapotait, à côté d’elle, sur le lit.

Mais un minute, c’était quand même ma chambre, et mon lit, et pourquoi est-ce que j’étais en train de m’excuser d’être grand à une ado à moitié timbrée qui avait débarqué comme ça dans ma chambre dans l’idée de me présenter des excuses et qui maintenant me racontait sa vie ?!! Et pourquoi c’était clairement elle, la plus à l’aise dans l’histoire, alors que c’était quand même elle qui squattait chez moi ??! Je marmonnais de mécontentement, mais pourtant, je m’assis là où elle me l’indiquait, grommelant de plus belle en voyant le massacre qu’elle avait fait de ma cravate –tous ces plis de partout, elle avait l’air d’un chiffon maintenant, je serais obligé de la repasser encore et…


-Tu ratais quelque chose, tu sais, toutes ces années, Seth ! Elle reprend d’une voix forte et rêveuse, me faisant presque sursauter.

Je l’observe en me raidissant poser sa jambe nonchalamment sur mon lit –elle avait intérêt de s’être lavé les pieds avant ça !!!


-Y a tout le monde, au bal ! C’est carrément l’occas’ d’inviter à danser la fille de tes rêves ! Gros yeux, puis visage abasourdi. Tu vas quand même pas me dire qu’il n’y avait pas de « elle » ?

Mais ?? Comment on en était arrivé à ma vie sentimentale maintenant ???

- Eh bien, je ne crois pas qu’il soit très adapté de…


-Dans le mille ! elle s’écrie, me faisant à moitié sursauter une nouvelle fois.

Et voilà qu’elle tape des mains en faisant gigoter le lit maintenant –allons bon. Je commençais à trouver Rita excessivement démonstrative et enthousiaste, mais étonnamment, ça semblait plutôt naturel chez elle. Pour autant, ça ne me rendait pas plus à l’aise.


-Et c’est quoi son petit nom ? -visage mielleux- Elle est encore à Poudlard ? -voilà qu’elle m’attrape le bras- Ahhhhhhhhhh ! -et maintenant elle me secoue comme un prunier…- C’est nul de sortir de Poudlard encore puceau, acquiesce-t-elle pour finir, le plus sérieusement du monde.

… ???????????

Etais-je sérieusement en train d’avoir une conversation sur ma virginité avec l’élève qui avait cramé mon bureau il y a de ça un mois ??? Et pourquoi est-ce qu’elle avait l’air aussi emballée, comme si le projet le plus excitant du siècle se dessinait ? Je regardais ses yeux noir briller en me demandant, un peu effrayé, à quoi elle pouvait penser –je crois qu’il était vraiment temps qu’elle prenne congé…- mais à voir son air rêveur et complètement absent, je compris qu’elle n’était probablement pas dans des pensées… peu catholiques comme la discussion pourrait le faire penser, mais tout simplement en train de rêver d’amour et de trucs comme ça. Je me fis la réflexion qu’elle devait avoir eu un ou plusieurs petits copains, vu comme elle était souriante et liante –même si personnellement, ça me faisait plutôt peur, il y a pas mal de garçons qui aimaient le genre rentre-dedans. Je vis là une bonne opportunité de me débarrasser d’elle.


- C’est ça, je réponds le plus évasivement du monde, ne préférant pas trop penser à ce que j’étais en train d’approuver. Et toi alors ? Il doit bien y avoir un garçon qui t’attends en bas, non ? Tu devrais filer le rejoindre, avant qu’il ne parte avec une autre, j’ajoute avec un sourire mielleux et forcé pour l’encourager à y aller.

Et alors que je m’attendais à devoir argumenter, la Poufsouffle semble se rappeler qu’en effet, quelqu’un doit l’attendre -…elle avait sérieusement oublié… ?- et, me saluant avec entrain comme je devine à son habitude, elle s’éclipse en me disant de lui réserver une danse. J’acquiesce en faisant mine de rigoler –qu’elle y croit !- et une fois qu’elle est totalement dehors, je referme la porte avec soulagement. Eh bien ! Voilà un drôle de spécimen. Un électron libre, comme j’avais un jour lu, et j’avais bien aimé l’expression. Quelqu’un qui n’avait pas vraiment de direction et partait un peu dans tous les sens –oui, ça lui allait bien. Je me retournais et me regard se posa 1) sur mon lit à moitié défait 2) sur ma cravate toute pliée et chiffonnée et 3) sur ma veste qui avait été négligemment repoussée sur un côté. Je soupirais –j’étais bon pour la repasser à nouveau, elle aussi. J’entrepris donc de les étaler chacune sur le lit et, pli par pli, je me mis à leur lancer des sortilèges de lissage spécial tissu fragile. Et je vous prie de croire qu’en plus d’être ridicule,  c’était assez agaçant à faire ; mais une demie heure plus tard, j’étais fin prêt à affronter ce que j’avais fui durant la totalité de ma scolarité –ou presque.



***



Le bal d’hiver était comme dans mon souvenir ; la Grande Salle avait été décorée en blanc et le plafond magique montrait de la neige qui tombait en abondance sur le château. Les habituelles bougies flottaient dans les airs un peu partout bien au dessus de nos têtes, les fantômes se baladaient à leur guise et les élèves, tous apprêtés de belles robes et de beaux costumes de dépêchaient, au bras de l’élu –ou pas- de leur choix, d’entrer dans la salle de bal. Je ressentis encore une fois cette sensation de ne plus appartenir à la masse, et bien que je ne rêvais pas d’être à nouveau l’un de ces gamins qui doit se dépêcher d’inviter la fille qui lui plait au bal, je me sentais un peu nostalgique. Je n’avais pas vraiment de quoi pourtant, mon seul et unique bal n’avait pas été mémorable et il datait d’il y a un an à peine –j’avais l’impression que ça faisait une éternité. J’étais encore avec Emily à l’époque, ça commençait déjà à faire un bout de temps tous les deux et elle avait réussi à me convaincre de l’accompagner au bal, pour le dernier de notre scolarité, m’avait-elle dit. Je m’étais laissé faire. Et avait passé toute la soirée à contempler Alison enchaîner les compagnons de danse mais finir souvent avec cet abruti de Connor avec qui elle était sortie quelques mois après ça, et qui avait bien évidemment finis par la tromper.

Tout ça ne remontait qu’à un an et pourtant, tandis que j’avançais dans la Grande Salle, je trouvais l’atmosphère et l’ambiance totalement changées. Etait-ce parce que toute ma promotion, les gens avec qui j’avais passé sept longues années, n’étaient plus là ? Ou, tout simplement, parce que Alison n’y était plus ? Il était vrai qu’il manquait quelque chose à la pièce maintenant, au-delà d’une chevelure blonde brillante et d’un grand sourire, il manquait sa présence, son aura. Je réalisais qu’une boule s’était formée dans ma gorge et que j’avais sous-estimé l’effet que cela me ferait, de revoir le bal. A nouveau, je me demandais où était Alison à cette heure-ci, ce qu’elle faisait, et si il lui arrivait de penser à moi –avant de me rappeler que c’était inutile, que vu le décalage horaire elle était sans doute en train de dormir et qu’elle devait bien trop s’amuser à Hawaï pour penser à son bon vieil ami. J’aperçus le professeur Wayland me saluer d’un signe de tête et me dirigeait vers elle en contournant la foule ; après avoir échangé quelques mots, elle m’invita à tourner dans la salle pour vérifier que certains couples de s’emportaient pas, que les plus jeunes tournaient au jus de citrouille et surtout, de surveiller régulièrement le punch qui finissait souvent corsé sans que l’on sache très bien comment.

J’entamais donc, sans grand enthousiasme, mon tour de garde dans la Grande Salle, et me plongeais dans mes pensées en contemplant les autres élèves pour m’occuper l’esprit. J’aperçus dans un coin de la salle Ruby et son inséparable meilleure amie Lizlor Wayland en train de s’amuser comme des petites folles et cela m’arracha un sourire. Je vis ensuite Rita en train de danser avec un autre Poufsouffle qui m’adressa un sourire radieux, auquel je m’empressais de répondre avant d’accélérer le pas –elle était bien capable de me la réclamer, cette danse dont elle m’avait parlé ! Je continuais à marcher, et finalement, me positionnais pas très loin du professeur Woodley qui surveillait elle aussi la soirée. Elle était élégamment, quoi que sombrement vêtue, comme à son habitude –et elle faisait toujours aussi peur, donc au final, robe longue ou pas, il n’y avait pas grand changement. Mais je m’étais peu à peu accoutumé et bien que sa méchanceté gratuite et son sens de l’humiliation publique hors du commun me surprenaient toujours, je tenais plutôt bien le coup.


- Tiens ! Fitzgeh. Vous avez déniché le costume du parfait fayot que vous êtes, comme on pouvait s’y attendre, je vous félicite.

Je souris sans la regarder, le regard toujours fixé sur la foule en face de moi.

- Bonsoir, professeur.


- Allez donc danser avec les autres incapables de votre âge qui se déhanchent sur la piste, je supporte déjà suffisamment comme ça votre tête de lèche botte et votre allure de grand dadais coincé, me congédie-t-elle aussi sec avec son charme et sa gentillesse habituels.

- Je crois que je préfèrerais…


- Je me fiche complètement de ce que vous préfèreriez, Fitrald. Allez danser, c’est le devoir d’un assistant de montrer l’exemple et d’aider les élèves à se sentir à l’aise en toutes circonstances, non ? achèva-t-elle avec le caractéristique sourire mesquin accentué par ses lèvres rouges sang.

Conscient que si je n’y allais pas, elle était bien capable de m’y forcer avec un sortilège, j’entrepris donc de m’approcher de la piste de danse, me faisant plus hésitant à chaque pas. A toute allure, j’analysais la situation : musique rapide, donc pas de slow, c’était toujours ça, plutôt pas mal d’élèves sur la piste mais vu ma taille, impossible de passer inaperçu, danse qui semble plutôt individuelle –encore une chance-, élèves en masse, à peu près autant de filles que de garçons, à priori pas de visages particulièrement connus… Plus mal à l’aise que jamais, j’entrais dans la masse d’élève qui me dévisagèrent avec perplexité tandis que j’arrivais en faisant des mouvements de bras et de jambes qui étaient à peu près tout ce que je connaissais de ce type de danse. De plus en plus d’élèves se retournaient vers moi -un poignet qui tourne par ci, un mouvement de hanche vers la droite par là- et je sentais que je commençais à transpirer à grosse goutte et bien que je continuais à danser –mouvement de hanche à gauche, petit saut en l’air- je me sentais raide et surtout parfaitement ridicule. Je voyais d’ici, bien que je lui tournais le dos, le professeur Woodley avec son sourire sadique et tous les élèves qui devaient se demander quel était mon problème tandis que j’entrepris de faire des vagues avec mes bras. Je songeais sérieusement à partir en courant quand un visage familier, un grand sourire, des yeux noirs malicieux et surtout, une main secourable se détachèrent de la foule, à mon étonnant soulagement.

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Rita Minithya
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Ami(e)s: Oh, j'en ai des tttassss! Heureusement, j'en ai aussi des vrais.
Âme soeur: La pyrotechnie. Entre elle et moi, c'est la passion folle. On s'embrase, on s'enflamme et on se fout en l'air!

MessageSujet: Re: Let me introduce you to my World [PV S.]   Mer 19 Fév - 18:13

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-C’est ça. Et toi alors ? Il doit bien y avoir un garçon qui t’attends en bas, non ? Tu devrais filer le rejoindre, avant qu’il ne parte avec une autre.


Oh minccccccccccccceeeeeeeeeeeeee.

-Hannnnn ! Je crie à moitié. J’avais oublié ! Comment j’avais pu oublier ?? J’y vais ! A ce soirrrr ! Je le quitte en riant, et en mettant mes chaussures. Et tu me réserves une danse, hein, t’oublies pas ! Il avait pas intérêt, hein !

J’ouvrais la porte et verifiais que personne n’était en vu pour ensuite me précipiter le plus vite possible vers ma salle commune.

Mon déo, mettre du déo. Vite ! Je croisais Caleb, je rejoins Nath,  et hop ! Le bal ! Comme à son habitude, magnifique, blablabla, que c’est beau, ouah, magnifique, héhé, c’est génial. J’avais accordé ma première danse à Nath, évidemment. C’était pas qu’on était mal à l’aise, mais c’était bizarre d’être aussi proche, à la fois crispant, réconfortant et rassurant. Quand on s’était quitté, il m’avait prié de lui accorder la dernière danse, et j’acceptais rapidement. Et des danses, il y en avait ! J’étais au milieu d’une bande d’amis pour danser sur Avicii, et c’était top parce que ça bougeait et qu’on se regardait les uns les autres sans pour autant à avoir à danser en duo ! C’était super, et j’étais tellement heureuse de m’amuser autant avec tous mes amis, que je sentais mon cœur s’enivrer de bonheur. Et quand je me retournais, je vis quelque chose. Quelque chose d’étrange. Quelque chose d’inattendu.

Seth. Qui danse.

C’est moi ou c’était carrément une mauvaise reprise d’une mauvaise reprise d’un clip de Beyoncé ? Allons bon, qu’est-ce qui lui avais pris, de se lancer sur une danse pareil ? Je veux dire, si tu sais pas danser, te lances pas à corps perdu (c’était le cas de le dire) sur la musique la plus rythmée de la soirée ! C’était comme se balader avec un panneau :
« Foutez vous bien de ma gueule, surtout ». Un instant me vint à l’esprit que Seth ressemblait à un vieux monsieur qui voulait paraitre jeune en allant danser avec des ados, ce qui, hormis le fait que ça faisait vraiment vieux pervers, était assez ironique. Parce que Seth avait, quoi, dix huit ans ? Dix neuf, tout au plus ? Et il se comportait comme un VIEU ! Déjà avec ses « MOI, j’étais en cinquième année quand j’ai réussi le patronus ! » (à imiter avec une voix de vieux, merci), comparable au « MOI, quand j’étais jeune, j’ai fait la guerre ! ». Ensuite avec sa chambre qui sentait la javel et son armoire à livres, il avait l’air d’avoir passé toute une vie à les empiler les uns sur les autres, et encore, ce regard toujours sérieux, mi ennuyé, mi lassé, comme un papi un peu aigri (ce qui me rappelait un peu Ana, d’ailleurs). Et là, pour le coup, la danse c’était l’apothéose. Je veux bien qu’on sache pas danser, y en avait même qui disaient que le rythme, c’était une question d’origines ethniques (je ne sais pas encore si c’est raciste, ou pas), et disons que les blancs, dans cette théorie, ils étaient en bas de la liste. Alors que nous, les sud-coréens, on avait ça dans la peau. Mais même si on faisait mine d’oublier cette hypothèse, franchement, j’ai rarement vu quelqu’un danser aussi mal. On aurait dit qu’il essayait d’imiter un python, puis optait pour une danse du ventre pour ensuite muter en pigeon. C’était à la fois fascinant, cette façon de continuer à se ridiculiser, et tout à fait gênant, parce qu’on avait honte à sa place. Et pourtant, j’en avais vu, des cas, en soirées ! Mais comme on était tous pétés, qui se souciait de savoir qui dansait bien ou mal ? Sauf que c’était le bal, là, et hormis l’after, les écarts tel qu’une chorée bien pourrie n’étaient pas permis !

Mais Seth n’était vraiment pas du genre à sauter dans la gueule du loup. Je veux dire, c’est plutôt le genre à faire avec le ridicule, soit –on aura pu le constater avec la journée qu’il a passé avec la tronche violette-, mais pas suicidaire quand même le petit, c’était pas volontaire ! Pourquoi aurait-il… Je vis alors Woodley, au loin, -enfin, pas si loin, mais hors de la piste quoi- avec l’énorme sourire carnassier du loup qui vient de tordre le cou de l’agneau. Et comme j’avais Seth tout à fait en face de moi qui faisait parfaitement le rôle de l’agneau agonisant, je jugeais que la Pieuvre l’avait obligé à danser avec nous. Un court instant, j’admirais cette manœuvre un peu sadique, ce talent qu’elle avait de tirer le plus ridicule des situations et de l’appliquer sur quelqu’un. Ca faisait carrément psychopathe, mais il fallait bien reconnaitre que c’était grandiose.

Je levais mentalement les yeux au ciel et un rire m’envahit, tandis que je pourfendais la foule de l’épée invisible du secours. S’il continuait à gesticuler comme ça, c’était sur qu’il allait vivre les pires années de sa vie à Poudlard. Ettttt il se trouvait que j’étais justement la personne la plus appropriée pour redorer un peu son blason – ce qui franchement, ne lui ferait aucun mal. Quand j’arrivais enfin à son niveau, il y avait presque ce cercle de la honte, autour de lui. Vous savez, ce cercle, là, parce que les gens s’éloignent de vous pour admirer un peu plus à quel point vous êtes ridicule ? Bah voilà, et lui, il était en plein milieu, évidemment. Je continuais à danser quand je lui tendis la main en riant, et il ne mit pas longtemps à l’accepter. Il avait, comme je l’avais déjà remarqué, une main bien plus large de celles des garçons avec qui je dansais d’habitude, et ce n’était pas désagréable, simplement un peu différent et bizarre. Je le fis traverser la foule pour le ramener vers le fond, loin du spectacle qu’il avait donné, loin de son public, plutôt vers les sixième et septième années, foule dans laquelle il se mêlerait beaucoup plus facilement. Un instant, je pâlis quand je vis Ulrich, et lui souris doucement quand il croisa mon regard. Je me concentrais sur Seth avec un grand sourire malicieux, et un peu moqueur, d’accord, et continuais à danser en lui indiquant d’en faire de même d’un signe de tête. Sauf qu’il recommença à faire ces mouvements complétement sortis d’on ne sait où, indescriptibles, et ça m’énervait parce que c’était pas si compliqué !

- Doucement, je lui cris à moitié, parce que la musique était super forte. Fais comme moi, et je me montre du doigt, tentant de lui faire comprendre de m’imiter. Il était désorienté, et j’avais l’impression que c’était moi qui lui enseignait quelque chose, parce qu’il avait ce regard sérieux et concentré sur moi, à observer les moindres gestes que je faisaient pour petit à petit les copier. Passer d’un pied à l’autre, plier les bras à demi et les bouger au rythme des pieds. La base. Une fois qu’il commença à assimiler le rythme, je m’approchais de lui pour qu’il m’entende ; Tu vois, pas si dur ! Et de toute façon, on était presque collés les uns aux autres, vu le monde, et on était tellement fondus dans la foule que plus personne n’y prêtait attention, et ça me gênait pas du tout cette proximité et enfin, il était invisible. Plus ou moins.

Quand la musique s’arrêta à peine une minute après, je souris, essoufflée mais ravie, et je vis qu’il était soulagé. Directement après, la musique retentit de nouveau, mais cette fois beaucoup plus calme, beaucoup plus douce, et le slow fit quitter une bonne parti des élèves de la piste. Je regardais Seth en levant les sourcils, un gros sourire aux lèvres, n’attendant qu’une chose : qu’il m’invite. Parce qu’après tout, c’était aux garçons d’inviter les filles, quand même, et je voulais pas faire la même erreur qu’avec Nath, que j’avais invité à notre premier bal ce qui ne lui avait pas plu, et bref, pour une fois, je me laissais aller à être féminine, fallait le faire correctement. N’empêche, s’il se dépêchait pas à me tendre une main, là, tout de suite, j’allais la lui prendre moi-même et il serait devant le fait accompli. Et je sentais déjà que j’allais me retrouver dans les bras de je ne sais qui, parce que si Seth ne m’invitais pas, j’étais sure de ne pas quitter la piste. Parce qu’on m’aurait invité avant, et qu’affichée, je n’aurais pas d’autres choix que d’accepter. Mon regard se fit plus insistant, et finalement, exposé à tous, il finit par me tendre sa main et je fis bien attention à ne pas me précipiter dessus comme si je n’attendais que ça. Je pris mon temps, et lui sourit, amusée, tandis qu’il suait, le pauvre. En même temps, danser le slow avec moi, il allait voir, c’était plus sympa qu’il devait le craindre, lui qui était le parfait ermite du coin. Il était plutôt bien tombé, j’étais plutôt douée pour rendre les gens invisibles. Bah, oui, ma magnificence ne pouvait qu’obscurcir ce qui m’entourait. J’étais sublime, tel un soleil entouré de pénombre. On ne voyait que moi, seulement moi, et le reste n’était que poussière. Hahaha, alors oui oui, mes chevilles vont très très bien, merci. Non non, ma tête aussi, merci.

Une fois ma main posée sur son épaule –je craignais la crampe, il était vraiment grand, sacrée non de non !- et je pris son bras, en soufflant, un peu lassée, pour poser sa main sur mon bassin. Non mais c’est vrai quoi, j’avais l’impression de le violer ! Et c’était loin de me plaire, rassurez-vous ! D’habitude, les garçons, ils se font pas prier deux fois pour faire un slow avec une jolie fille (ouioui, je suis une jolie fille), parce que voilà, on est proche, on se touche tout en se disant que c’est par courtoisie, et gnagnagna, je te sors des excuses à deux balles, et tout. Hormis que sans conversations, le slow, c’était chiant et grisant, alors quitte à s’occuper, autant s’occuper les mains. Non mais attention, je suis pas en train de dire que j’ai l’intention de peloter Seth ! Alors, oui, il avait l’air assez bien foutu pour un type qui devait être allergique au sport, et qui préférait les bouquins, mais quand même… C’était… Seth quoi. Setthhh, le gars un peu geek et tout, bien foutu ou pas, c’était impossible que je le pelote, il crierait au viol ! (bon, ok, on arrête avec cette histoire de viol, j’insiste, ça devient bizarre).

Donc je disais que je préférais faire la conversation.

-Je t’avais dit qu’on danserait ensembles
, je murmure d’une voix excitée. J’imaginais pas que ce serait un slow, mais visiblement, c’est mieux, je continue sur ma lancée en le voyant regarder nos pieds de temps à autre. Bah oui, parce que grâce à Nath, j’étais rodée depuis longtemps aux slow ! Il me parut légèrement vexé (enfin, j’en sais rien, il est indescriptible, ce garsn donc disons qu’il m’a regardé) Roooh, fait pas cette tête, on peut pas être fort partout, hein, je le taquine en riant. Les cours, c’est ton domaine, ça c’est le mien ! Et il était pas de taille à me le voler, mon domaine, parce que franchement, même un paresseux (ok, c'est bas) danserait mieux. Et puis, comme j’étais connue aussi parce que j’avais l’habitude de tirer subtilement avantage de certaines situations : Alors maintenant que je t’ai appris à danser, et à condition que tu me marches pas sur le pied, je précise en haussant les sourcils, tu dois m’apprendre à faire le patronus pendant mes heures de colles, deal ? Je lui demande sans lui demander.

Bah oui, c’est de la rhétorique, les amis ! Parce que, je dis pas, c’est sympppa de recopier le livre de sortilège et tout, tous les soirs, mais au bout d’un moment, hein… Donc si on pouvait un peu profiter de ce petit temps inutile pour le rendre un peu plus utile, justement, je disais pas non. Non, je n’étais pas en train de négocier mes heures de colles. Enfin, techniquement si, mais c’était subtile, non ? Impressionnés ? Vous devriez, j’excelle en la matière !

-Alors, dis-moi, cette fille, elle est ici ? Je lui demande, parlant encore plus bas pour être sure de ne pas être entendue et en regardant la foule. Mais je le voyais déjà se taire comme si… Comme s’il gardait un secret d’Etat, par exemple, alors avant qu’il puisse me dire que « on devrait pas parler de ça entre nous », parce que oui, il ne suivait pas, mais on était AMIS. Mince, hein ! Il était un peu lent à la détente. Mais dis-moi au moins comment elle s’appelle ! Je m’énerve un peu en fronçant les sourcils. Si jamais il me disait pas son nom, j’allais hurler, je le jure ! Je le soulerais tellement qu’il finirait par céder. Et vu qu’il n’avait pas l’air d’avoir des nerfs d’acier –je rappel qu’il n’a jamais pu se retenir de me faire des remarques ou de me hurler dessus-, je savais que la tâche serait assez aisée.

Je me rappelais de la discussion qu’on avait entamé tout à l’heure, et qu’on avait pas pu terminer parce que j’étais partie.

-Et tes parents sont moldus, hein, je récapitule. Même s’il m’avait répondu vaguement, je m’en souvenais. C’était super cool d’avoir enfin un pote moldu ! Enfin, sorcier, mais né chez les moldus quoi ! Les miens aussi ! Et je ris par cette chose commune qu’on avait, parce que c’était d’ailleurs la seule chose commune qu’on avait. Enfin, non, ma mère est une sorcière née moldu, enfaite, j'explique, mais c’est la même chose ! Et je souris de plus belle. Ce que je suis contente d’avoir un ami moldu ! On va pouvoir… Se balancer des expressions moldus ! Genre… je cherchais.  Genre : « Hey, c’est pas la fête du slip », je m'exclame à la manière d'un tavernier, ou attends, attends : « Tu me pousses sur le haricot ! », j’hésitais un instant, parce que quelque chose n’allait pas dans l’expression, je me rappelais plus quoi, j’attendais qu’il me le dise, j’avais oublié !

Juste le temps qu’il me corriges que la danse était terminée, et que les cavalier se saluaient pour ensuite changer de partenaire. Seth me lacha, et moi aussi, et avant que j’ai pu lui dire quelque chose, je sentis une présence, derrière moi, et me retournais :

-Rita, tu danses ?

Par reflexe, j’avais bien envie de dire :
« Bah non crétin », mais étant donné que j’avais très bien compris la question et qu’en plus il s’agissait d’un des potes de Poufsouffles de sixième année, que j’aimais bien, je lui répondis avec un grand sourire que j’arrivais. Juste deux minutes. L’avantage d’être populaire c’est d’être certaine que je n’allais jamais me retrouver sans cavalier. Ou cavalières, car certaines danses se faisaient entre amis, bien sur, et tous les garçons de Pouldard ne voulaient pas danser avec moi (oui, je sais, c’est étonnant). Je me retournais enfin vers Seth, avec un regard plein de malice, et un sourire en coin. Moi, je savais quelque chose qu’il ne savait pppasss, et ça allait pas tarder à lui tomber littéralement dessus ! Avant qu’il comprenne, je m’exclamais en riant :

- Bon courage Don Juan, et alors que je reculais, devant son air un peu surpris par le surnom qui n’était pas du tout approprié, une petite douzaine de gamines étaient autour de lui, en adoration, lui gémissant de leur accorder une danse, à elles aussi.

Je reconnus pas mals de petites Poufsouffles sur qui j’aimais bien veiller de temps en temps et il était indéniable que c’était parce que j’étais en de bons termes avec Seth que désormais elles pouvaient faire exploser leur adoration au grand jour. Je n’aimais pas beaucoup cet aspect de ma popularité, parce que j’étais jeune, et je faisais des erreurs, et forcément, ces filles de première, deuxième, voir troisième année qui copiaient mes gestes étaient hautement influencées par mon comportement. J’imagine que j’étais l’image de la fille parfaite –dans les termes des Poufsouffles- celle à qui elles rêvent de ressembler. Et parfois je voudrais leur dire qu’il ne faut pas, mais je savais aussi que c’était un grand pouvoir. Alors, forcément, Seth ne pouvait pas s’imaginer que j’avais façonné mon plan depuis le début. Je savais qu’en lui demandant une danse, qu’il aurait été forcé de m’accorder, je pouvais faire tourner la roue et corriger mes erreurs. Et ça avait parfaitement marché. En dansant avec lui au bal de Noel, j’avais réussi en un tour de main à indiquer à tout le monde qu’on était en de bons termes et qu’il était cool, à sa manière. Il fallait qu’il se fasse une raison, lui et son air effrayé par ses petites groupies. Non, je n’allais pas lui courir à l’aide.

Il allait devoir se faire à l’idée de la popularité.

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Seth Fitzgerald
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MessageSujet: Re: Let me introduce you to my World [PV S.]   Sam 1 Mar - 19:04

J'avais beau ne pas être dans les meilleurs conditions pour m'amuser (j'étais seul, je n'avais plus aucun ami ici, mon rôle ce soir était de surveiller des gamins qui ne m'aimaient pas et m'humiliaient régulièrement...) je ne pouvais pas m'empêcher d'être atteint par la bonne humeur contagieuse qui émanait des Noëls à Poudlard. Chaque année je restais durant les vacances d'hiver au château, et bien que nous n'étions vraiment pas nombreux et que les plupart des gens avec qui je trainais n'y étaient pas, je n'avais jamais broyé du noir durant ces deux semaines. C'était comme si c'était impossible, comme la la joie ambiante nous forçait à avoir le sourire, comme si les bougies volantes de la Grande Salle étaient encore plus chaleureuses, les fantômes de Poudlard encore plus excentriques et l'immense château, encore plus merveilleux. Je n'avais pas grand chose à faire des cadeaux de Noël ; de toute façon, la plupart du temps, je n'en recevais pas : mes parents n'en avaient pas les moyens. Mon premier cadeau de Noël avait été d'Alison, durant l'hiver de la 4ème année -je crois que c'est à ce moment là que je suis vraiment tombé amoureux d'elle. C'était un livre, un simple livre mais que j'avais chéri comme une relique durant des années ; aujourd'hui encore, il était dans mon meuble à livres et il m’arrivait fréquemment de le feuilleter. C’était un livre sur les sortilèges divers et variés qui existaient qu’elle m’avait tendu en me disant « J’ai remarqué que tu étais super fort en sortilèges alors je me suis dit que ça pourrait t’intéresser… ». J’imagine que c’était sans doute de là qu’était partie mon obsession pour les sortilèges –puisqu’elle me trouvait « fort », je ne pouvais pas la décevoir.

J’eus un sourire nostalgique en ressassant ces pensées tandis que je faisais des rondes dans la salle de bal, contournant les danseurs aux mouvements quelque fois… surprenants. Mais ce ne fut que lorsque je fus moi-même contraint d’aller sur la piste que je compris toute la difficulté de faire des mouvements un brin coordonnés. C’était même de pire en pire au fur et à mesure que les secondes passaient et que de plus en plus de regards consternés se posèrent sur moi. Je commençais à me rappeler avec horreur le sentiment que j’avais éprouvé lorsque j’avais du passer une journée entière avec la tête violette –et j’imagine que c’est alors d’autant plus ironique que ça soit l’auteur de cette farce qui soit venue m’éviter de ressentir une nouvelle fois ce sentiment d’être au centre de toute l’attention, mais pour les mauvaises raisons. En effet, lorsque j’aperçus Rita me tendra la main, un sourire mi-moqueur mi-attendri sur le visage, je n’hésitais pas longtemps avant de la prendre –je ne pensais même pas à la possibilité qu’elle ne veuille que m’humilier davantage tant l’urgence de ne plus danser seul comme un abruti était présente. Et pendant qu’elle m’entrainait dans un coin de la piste moins éclairé, avec moins de monde, j’espérais ne pas avoir la main moite –je détestais transpirer, je trouvais ça tellement inconfortable  et peu hygiénique ! Je suivis Rita des yeux pendant qu’elle se mit à danser et lui lançais un regard perplexe avant de comprendre qu’elle m’incitait à faire comme elle, ce que j’entrepris de faire. Sauf que je n’étais pas exactement très souple, ni très rythmé, et ce qui rendait bien sur elle me donnait à moi l’air d’un pingouin tentant d’imiter un cygne, et je voyais bien que ça frustrait autant Rita que ça me frustrait moi.


- Doucement, fais comme moi, elle me hurle en se désignant et je ralentis pour l’observer plus attentivement, tentant de mémoriser au mieux chacun de ses mouvements pour les répéter. Puis, au bout de quelques instants, je me lançais en faisant plus attention, et je compris au regard approbateur de Rita que c’était déjà mieux. Tu vois, pas si dur !

Je répondis d’un grommèlement sans doute inaudible vu le bruit mais qui traduisait plutôt bien comme je n’aimais pas être traité comme un enfant, et surtout pas par quelqu’un de plus jeune que moi. Mais je devais bien reconnaître que Rita m’aimait sur ce coup là, parce qu’en plus j’avais la drôle d’impression que depuis qu’elle m’avait entraîné avec elle, les regards sur moi n’étaient plus tant moqueurs que intéressés. Intéressés du genre « Tiens donc, le nouvel assistant-dont-personne-ne-connait-le-nom danse avec Rita Minithya ? Je croyais qu’ils se détestaient ?? Mais si Rita est amie avec lui alors il ne doit pas craindre tant que ça ????? ». Finalement, à mon plus grand soulagement, la musique finit par s’arrêter et je m’apprêtais à remercier Rita avant de partir très très loin à toute vitesse lorsque je vis que loin d’avoir le visage qui veut dire « la danse est finie », elle avait plutôt le visage de celle qui attends quelque chose.

-Euh… merci ? hasardais-je.

Mais elle me regardait toujours avec obstination, et de fréquents coup d’œil aux autres danseurs autour de nous finit par me faire comprendre où elle voulait en venir. Elle voulait que je l’invite à danser ! Je vis partout autour de nous des couples se former et commencer à onduler sur la valse qui passait et je mis à réfléchir à toute vitesse à une excuse pour me défiler –non mais je n’allais pas non plus danser un slow avec une élève quand même ! Il ne fallait pas exagérer ! Sauf que je n’en trouvais aucune, et c’était littéralement comme si elle me forçait du regard en jetant des coups d’oeil  insistants à ma main ; finalement, soupirant, je finis par la lui tendre, avant de demander, comme un gentleman –quitte à le faire, autant le faire bien- mais d’une voix vaguement lasse et découragée :


-M’accorderiez-vous cette danse ?

Elle s’en empara rapidement avec cette fois le visage de celle qui n’attendait que ça bien qu’elle feignit la surprise ravie. Cette fois, je maîtrisais un peu plus le registre pour en avoir dansé pas mal de fois avec Emily ; et puis, même, de manière plus générale, il était bien plus facile de danser sur un slow que sur une musique électro. Mais quand même, j’étais pas très à l’aise. Je veux dire, c’était quand même Rita dont nous parlions, mon élève, une fille de quinze ans… Je n’étais pas sûr que c’était très correct. Je mis donc une distance respectable entre nous et posais ma main dans son dos contrairement à tous ces ados pleins d’hormones pour qui bal rimait avec occasion inespérée de se peloter. Ça ne sembla pas pourtant plaire à Rita qui, soupirant, pris mon bras pour le descendre ostensiblement –oh là ! Je ne voulais pas d’ennuis moi !- tandis que je jetais, mal à l’aise, un regard alentours pour vérifier que aucun professeur, et surtout pas le professeur Wayland ne me lançait un regard mécontent.


-Je t’avais dit qu’on danserait ensemble, dit-elle, visiblement fière d’elle.

-Mhh, je réponds, le regard se baladant toujours dans la salle en quête d'un éventuel air réprobateur.


-J’imaginais pas que ce serait un slow, mais visiblement, c’est mieux.

Je reportais mon attention sur elle et lui lançais un regard courroucé. Je n’avais pas non plus été mauvais à ce point !

-Roooh, fais pas cette tête, on peut pas être fort partout, hein. Les cours, c’est ton domaine, ça c’est le mien !

-Chacun ses priorités dans la vie, je rétorque, légèrement vexé.

-Alors maintenant que je t’ai appris à danser, et à condition que tu me marches pas sur le pied, tu dois m’apprendre à faire le patronus pendant mes heures de colles, deal ?

Non mais bien sûr, et elle ne voulait pas que je lui apporte un gâteau aussi ??? Mais elle ne me laissa pas le temps de répondre –et pas par accident, j’en suis sûr.

-Alors, dis-moi, cette fille, elle est ici ?

D’accord, je crois que je préférais autant qu’elle négocie ses retenues, finalement.

-Mais dis-moi au moins comment elle s’appelle ! insiste la Poufsouffle qui avait maintenant l’expression d’une enfant gâtée qui s’apprête à faire un caprice. Ayant déjà été la cible d'un de ses caprices et ayant donc eu une place de premier choix pour voir à quel point cette fille pouvait péter des câbles de manière démesurée, je choisis la prudence.

-Très bien, je soupire. Alison. Satisfaite ?

Elle sembla l’être, puisque instantanément, son visage passa d’énervé à ravi. Je soupirais à nouveau –à la fois j’avais l’impression de me retrouver face à une gamine agaçante, et à la fois… c’était assez nouveau, pour moi, que quelqu’un s’intéresse à moi. A part Alison –tout revenait toujours à elle, finalement-, ma vie et mes sentiments n’avaient jamais intéressés grand monde, pas même Emily avec qui j’étais pourtant sorti pendant plus d’un an ; mais cela dit, moi non plus je ne lui avais jamais rien demandé sur elle, donc je n’avais pas le droit de m’en plaindre. Le tout étant que ça me faisait un peu plaisir quand même, même si je préfèrerais mourir que de l’avouer, qu’une fille aussi populaire et avec autant d’amis que Rita prenne le temps de s’intéresser à ma petite vie. C’était l’un de traits de caractère que je détestais le plus chez moi –et pourtant, il n’y en avait pas beaucoup, je me trouvais plutôt de bonne composition !- ce besoin de reconnaissance et d’attention que j’avais.


-Et tes parents sont moldus, hein ! Je hochais la tête, surpris qu’elle s’en rappelle –je pensais qu’elle n’avait pas écouté. Les miens aussi ! J’allais répondre quelque chose qui se dit dans ces moments là, du genre « Tient donc » ou « Vraiment ? » mais elle ne laissa pas la parole libre suffisamment longtemps. Enfin, non, ma mère est une sorcière née moldu, enfaite, mais c’est la même chose ! Ce que je suis contente d’avoir un ami moldu ! Qu’est ce qu’elle était bavarde, je n’arrivais pas à en placer une… On va pouvoir… Se balancer des expressions moldus ! Genre… Genre : « Hey, c’est pas la fête du slip », j’eus un froncement de sourcil perplexe –à moins d’avoir douze ans ou d’être camioneur, qui disait encore ce genre de truc ?- ou attends, attends : « Tu me pousses sur le haricot ! »…

-Cours, je l’interromps. L’expression, c’est « tu me cours sur le haricot », ne pus-je m’empêcher de lui faire remarquer.

Finalement, la musique d’acheva, signant ainsi la fin de cette longue danse pas très variée. Nous nous saluâmes, Rita et moi, comme le faisait toute la salle –du moins ceux qui avaient dansé, car au final on avait pas été si nombreux que ça, comme toujours durant les slows- et à peine cela terminait que la Poufsouffle se faisait déjà aborder et réclamer une danse qu’elle accepta bien évidemment à mon plus grand soulagement –enfin libre !-, demandant deux minutes à son nouveau cavalier. Elle se retourna vers moi avec le sourire malicieux qui lui été devenu assez caractéristique au fil du temps et qui me fit me demander vaguement si je ne devais pas m’inquiéter.


- Bon courage Don Juan, lâcha-t-elle finalement avec mystère en s’en allant, me laissant encore plus perplexe que je ne l’étais déjà.

Se moquait-elle de moi ? Probablement. Je crus alors entendre une petite voix m’appeler derrière moi et je me retournais, faisant ainsi face à non pas une personne, mais une dizaine de personnes. Des premières ou deuxième années, et des filles, pour être plus précis. Et toutes me regardaient avec cet air dont aucune fille ne m’avait jamais regardé, mais que j’avais vu plein de fois pour des types comme Chuck Carlton.


-Vous voudriez bien danser avec moi, aussi ? me demanda l’une d’entre elle, une petite blonde qui ne devait pas avoir plus de douze ans.

-Et moi ?

-Et moi, après, monsieur Fitzgerald ?

Marmonnant une excuse, je me mis à partir à reculons, horrifié. Etait-ce une farce de Rita ? Pourtant, lorsqu’en m’éloignant à grand pas du troupeau de petites filles, je tournais la tête vers elle, j’aperçus sur ses lèvres un sourire qui, inexplicablement, ne me sembla pas mesquin comme d’habitude, mais qui sembla plutôt vouloir dire quelque chose « De rien ». Il y avait peut-être même dedans une nuance de « Maintenant, on va pouvoir passer à l’entraînement au Patronus. »





Terminé

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