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~ Light me up. [PV L.]

 

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 ~ Light me up. [PV L.]

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Ruby Standiford-Wayland
Apprentie à Sainte Mangouste



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Date d'inscription : 03/09/2011

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Particularités: « and from the rain comes a river running wild that will create an empire for you. »
Ami(e)s: Lizlor; « Maybe home is nothing but two arms holding you tight when you’re at your worst. »
Âme soeur: « Lover, when you don't lay with me I'm a huntress for a husband lost at sea. »

MessageSujet: ~ Light me up. [PV L.]   Dim 22 Déc - 18:55

Spoiler:
 



"From where I began
I still carry your love
I feel the love

Our time is torn
and we don't need it no more
Wherever we are
I'm yours always

It flows in my blood
I still carry your love
I feel the love


We start running, running
'Till we escape this town
We don't know where we're going 'til we turn round
Now keep on running, running
I can't slow down
And if I'm lost my shadows fall

You light me up
When all I see is darkness
You light me up
When I'm down
And if I fall apart
You know where to find my pieces
When they can't be found."


Sept ans. Le temps ne m'avait jamais paru aussi court, aussi brusque, et quand j'y pensais, je sentais une pression dans ma poitrine. J'étais à Poudlard depuis mes onze ans, et c'était ma dernière année ici – cette constatation me paraissait terrifiante. Il m'avait fallu tant de temps pour m'habituer, pour me sentir chez moi, et aujourd'hui, je savais que les jours m'étaient comptés. J'étais tout aussi impatiente qu'apeurée de la suite des événements, mais c'était cela, grandir, n'est-ce pas ? Bien sûr que ça me terrifiait, mais à la fois, je crois que les changements s'étaient avérés positifs au final, et je voulais qu'ils continuent de l'être. J'étais toujours cette Ruby un peu trop faible et fragile, mais j'étais encore là, et en prenant du recul, jamais je n'aurais pu imaginer une vie telle que celle que j'avais aujourd'hui. Même si je n'aimais pas être exposée aux regards des autres, je m'attachai beaucoup aux symboles, et ces titres de préfète et de Miss n'étaient pas sans me laisser indifférente, au fond. Je savais qu'il n'était pas bon d'avoir besoin des autres pour exister, mais j'avais besoin de reconnaissance malgré moi, et on me l'avait donné tout au loin de ces années à Poudlard. Peu importe le mauvais, il m'avait fait grandir, et je ne voulais retenir que le bon.

C'est peut-être pour cela que le bal de Noël cette année était si spéciale pour moi cette année. C'était le dernier bal... Je n'avais pas oublié le dernier, où j'avais beaucoup bu et pleuré à cause d'Hadrian ; désormais, les choses étaient différentes et je ne voulais plus penser à tout ça. J'avais à peine réfléchi avec qui j'allais partager ma soirée, car la réponse me semblait comme une évidence : Lizlor. Elle était celle qui avec qui j'avais passé les plus beaux moments à Poudlard, et je voulais d'ailleurs continuer à en passer avec elle, que ça soit jusqu'à la fin de l'année ou l'année prochaine, et pour le restant de nos vies. Elle était celle qui m'avait tiré du gouffre, j'en étais persuadée, et encore aujourd'hui, elle était celle qui me maintenait en équilibre malgré tout. De tout ce dont je doutais, jamais je n'aurais osé remettre notre amitié, notre amour, en questions : nous étions comme des sœurs, et je savais qu'elle ressentait la même chose que moi. Tout naturellement, j'avais voulu célébrer nos années ensemble, ce soir, et puis c'était un bon moyen de commencer les vacances qui n'allaient pas tarder : nous allions en Oregon, et si j'avais longtemps été gênée de passer toutes mes vacances chez les Wayland, aujourd'hui, je n'y faisais même plus attention. Il était ma famille, et je savais qu'il me considérait aussi comme tel, et j'avais hâte de retrouver Conrad, de passer du temps avec Sara, et de profiter de Lizlor au calme – dernièrement, sa présence avait été si précieuse que tenais absolument à lui rendre tout son amour. Je m'en voulais beaucoup pour l'épisode de la salle sur demande, et je tenais à lui prouver que je ne recommencerais plus, car je l'aimais trop pour lui causer autant de peine.

Peu de garçons avaient essayé de m'inviter cette année, il était de notoriété publique que j'étais en couple, mais ça m'avait bien amusé de voir le visage d'Ewan lorsque je lui avais annoncé que l'on m'avait fait plusieurs propositions. Quant à Lizlor, cette année, un bon nombre d'élèves avait tenté, sans cependant beaucoup de succès. Je ne savais pas si elle accepterait une danse avec certains d'entre eux qui semblaient très déterminé, mais elle m'avait assuré qu'elle était la seule avec qui elle voulait passer la soirée et célébrer ce bal – je crois qu'elle commençait peut-être à en avoir marre de tout ces garçons qui ne voulaient d'elle que pour un soir, ou du moins je l'espérais. La blessure que lui avait infligé Stephen commençait petit à petit à se refermer, mais ce n'était pas suffisant pour qu'elle soit complètement guérie et elle-même à nouveau. Mais je la laissais faire, veillant simplement à ce qu'elle ne se blesse pas trop, car je savais qu'elle faisait tout ça pour les mauvaises raisons mais je ne pouvais pas l'en empêcher... Elle connaissait ma position sur tout ça, et nous en parlions parfois : au fil des semaines, elle s'était un peu plus ouverte, car au départ elle se brusquait beaucoup, consciente probablement que je n'avais pas tout à fait tort.

Mais ce soir, il n'était pas question de Stephen, de garçon, mais de nous deux. Nous avions été acheté nos tenues ensemble, Sara nous avait donné un peu d'argent pour nous aider – j'avais toujours du mal à l'accepter, mais ni elle ni Lizlor ne me laissaient le choix – et nous étions allés dans une boutique de Londres que nous aimions beaucoup elle et moi. Les prix n'étaient pas déraisonnables, et la robe qui avait attiré mon regard était soldée car l'une des broderies était abîmée : un coup de baguette magique et tout serait réglée ! Elle était magnifique, blanche et dorée, légère et aérienne, épousant mon corps sans trop le mouler, et je me sentais confiante quand je la portais. J'étais un peu triste qu'Ewan ne puisse pas la voir, mais je m'étais décidée à lui montrer plus tard, peut-être après le bal, car une telle merveille ne pouvait pas rester dans un placard – je savais qu'il aimait bien lorsque je me faisais belle.

Et en cette soirée de bal, je n'avais pas fait les choses à moitié. J'avais pris le temps de me maquiller, dans les tons dorés et taupes pour rappeler ma robe, et mes cheveux joliment bouclés dévalaient mon dos. Je portais des bijoux discrets, à l'exception d'un large bracelet doré sur mon poignet... Il cachait ma cicatrice. Celle que je m'étais infligée dans la salle sur demande avaient toutes disparues grâce aux soins de Pomfresh et James, mais cette blessure magique que je m'étais faite avec ma propre baguette ne voulait pas s'enlever, et d'après l'infirmière, il était possible que je la garde pour toujours. Pour toujours... Je n'aimais pas être marquée ainsi, mais j'étais la seule à blâmer, et je ne voulais pas que cela gâche ma soirée. Nous avions rendez-vous avec Lizlor dans un couloir du septième étage, près de nos deux salles communes. Lorsque je la vis arriver, j'eus un grand sourire : elle était magnifique dans sa robe, dont la couleur proche de l'or et du cuivre rehaussait son teint, et le tissu en satin brillait sous les chandelles du couloir. Oui, Lizlor brillait, et je ne pus m'empêcher de la prendre dans mes bras lorsqu'elle arriva à ma hauteur. Je m'écartai, et la détaillai, la faisant tourner sur elle.


- Vous êtes une cavalière parfaite, ma chère... Oh, Liz! M'exclamai-je tout à coup tandis qu'elle tournait et que j'apercevais sa coiffure. Qu'est-ce que c'est que ce chignon... Riai-je, et l'immobilisant de dos à moi, j'entrepris de la recoiffer. Je tressai une natte que j'enroulai sur la base du chignon que j'arrangeai, évitant que des mèches sortent dans tous les sens. Un peu de tenue, mademoiselle Wayland, plaisantai-je, et je lui fis un bisous sur la joue, lui tendant ensuite mon bras. On ya va ?

Nous descendîmes les escaliers de bonne humeur, croisant des gens que nous connaissions, et nous commentions les robes et les couples en riant, décrétant que nous étions les mieux habillées. Nos talons résonnaient dans les couloirs, et j'avais le cœur qui battait en rythme, toute euphorique que j'étais et à la fois, émue de penser que c'était la dernière fois que je faisais mon bal à Poudlard. En arrivant dans la salle, nous eûmes un petit sourire ensemble : la musique s'élevait paisiblement, et tous les élèves commençaient à arriver, impatient que Sara fasse une annonce pour ouvrir le bal. J'attirai Lizlor près de la buvette, et commandai une coupe de champagne et une verre de jus de citrouille. Je lui tendis son verre avec un petit sourire.[/i]

- Bon, on trinque ? A nous ? Dis-je de bonne humeur, nos verres s'entrechoquant. Je jetai un regard dans la salle. Je suis contente de ne pas avoir à ouvrir le bal, et puis, c'est toi ma miss, plaisantai-je, piquant un baiser sur la joue de Lizlor. C'est bizarre hein, que ça soit notre dernier bal... Ça me rendrait presque triste, confiai-je avec un sourire.

Triste... Ou nostalgique, car je me rappelais de tous les bons moments que j'avais passé avec Lizlor, et tous les autres, ici, entre ses murs. Mais heureusement, de nouveaux arrivaient, et j'étais bien décidée à ce que cette soirée compte dans les souvenirs heureux : mais avec la présence de Lizlor, je ne doutais pas. Je ne doutais jamais.

_________________
Even Closer | Forever Young | So Cold | If Stars



« 'I feel things,' I said. 'I'm not a robot!' I stamped my foot and screamed. Then I burst into tears.
I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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Lizlor Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Light me up. [PV L.]   Dim 5 Jan - 23:37

Robe:
 




♪♫♪♫
That's all they really want
Some fun
When the working day is done
Girls - they want to have fun
Oh girls just want to have fun

Some boys take a beautiful girl
And hide her away from the rest of the world
I want to be the one to walk in the sun
Oh girls they want to have fun
Oh girls just want to have fun


J'eus un frisson en ôtant mes vêtements et en les laissant glisser sur mon lit (par terre à vrai dire, car le sweat tomba mollement sur le sol du dortoir). Il faisait bon, la chaleur du feu crépitant dans la cheminée se propageait dans toute la pièce circulaire, rehaussait les décorations rouge et or des draps et des tapisseries. Il n'y avait personne encore - même si la troupe des filles commençait à se former vers les dortoirs -, j'étais seule. J'étais seule à bien des égards : je me sentais seule. Je rabattis les bras autour de moi, comme si ce geste protecteur allait calmer les petits frissons qui m'agitaient. Enfin, c'était stupide ! Il ne faisait pas froid, il faisait bon, l'ambiance était chaleureuse et douillette, comme toujours ici. J'avais beau être seulement en sous-vêtements, il n'y avait aucune raison pour que je tremble ainsi - mais sous mes doigts, ma peau était toute froide, et je savais qu'aucune flamme, aucun rayon de soleil, n'aurait changé quoi que ce soit à cet état. J'étais triste, plus que de coutume, et j'en savais pertinemment la raison : le bal. Quand Maman nous avait donné un peu d'argent pour nos robes et que nous étions allées les acheter, elle avait eu un petit sourire et ses yeux avaient pétillé comme quand elle était heureuse, et elle m'avait pressé le poignet en disant quelque chose du genre allons, c'est votre dernier bal ! Et je savais, oui, c'était la fin, le dernier bal à Poudlard, la septième et dernière fois, la fin de quelque chose et le début d'un autre, c'était excitant, c'était enthousiasmant, c'était un peu pénible aussi, c'était un peu triste - c'était beaucoup de choses à la fois. Mais c'était une étape, et c'était une soirée que personne ne voulait oublier, ou manquer. Le Bal de Noël de Poudlard resterait probablement l'un de mes meilleurs souvenirs, dans des années - Conrad me racontait toujours ses fêtes d'étudiants comme de quelque chose d'inoubliable, de particulièrement génial. Mais ce soir, en ce soir de bal de Noël, je ne voyais rien de génial, rien de mémorable. Mes souvenirs étaient restés coincés un an auparavant.

Mon idée première avait été de rechigner et de remettre la même robe - elle était ma préférée, moi qui n'étais pas particulièrement fan des robes longues, mais ce tissu rouge, dégradé vers le bas pour arriver jusqu'au noir comme si elle avait pris fin et s'était carbonisée à mes pieds, cette matière fluide, la manière dont elle encadrait mes épaules. Elle avait été, surtout, la première vraie robe que j'avais portée, avec talons hauts et tenue qui allait avec - le premier vrai bal auquel j'avais assisté, libérée de tous mes malaises de l'enfance. Je me souvenais de la satisfaction que j'avais ressentie de me trouver jolie et féminine - le gêne aussi, un peu - mais la certitude aussi que je n'aurais aucun regret. Mon masque m'avait permis de m'affirmer un peu plus, derrière la feutrine, et quand Stephen était arrivé, tout s'était envolé, laissant place à une joie légère, à une excitation sourde dans tout mon corps, et j'avais compris de quoi parlait Conrad alors, je me sentais belle, j'étais jeune, j'étais heureuse, et le bal de Noël était la plus merveilleuse des fêtes. Elle s'était finie merveilleusement - nos baisers à l'abri des regards, les masques que nous avions fait tomber, et la nuit que j'avais passée avec lui, dans son dortoir. Ce soir-là, nous avions franchi un pas puisque nous nous étions embrassés devant tout le monde...

Un an après, il n'en restait plus rien, et j'étais seule et bien seule, à grelotter sans raison devant ma fichue nouvelle robe qui, bien qu'elle soit belle, me donnait froid par avance, car le tissu était un peu glacé et brillait tranquillement, étalé sur mon lit. Après plusieurs minutes plantée devant mon lit, les yeux dans le vague, je me décidai enfin à la passer. Je n'en avais pas envie - je ne voulais pas aller au bal, je ne voulais pas voir la Grande Salle joliment décorée, je ne voulais pas voir les couples danser ensemble, je ne voulais pas rire et danser tout simplement, je ne voulais pas voir les professeurs nous couver d'un regard à la fois fier et un peu triste, nous, les 7ème année. Je voulais me rouler en boule sous mes draps et pleurer un petit peu - je ne voulais plus pleurer pour Stephen parce que j'en avais assez, mais il restait quelques moments où les souvenirs me rattrapaient, et mon coeur se serrait malgré moi - et surtout ne pas porter cette robe, ces talons, ne pas me maquiller, me coiffer. Malheureusement, je n'avais pas le choix : je refusais de laisser Ruby pour notre dernier bal, je refusais de lui gâcher sa joie et de lui faire de la peine, ainsi qu'à Maman. Ma robe était belle, nous l'avions choisie ensemble, et je ne voulais embêter personne avec mes idées noires.

Je poussai un soupir, pris la robe et l'enfilai du mieux que je pus (ce n'était pas très facile avec tout ce tissu) avant de râler à haute voix car je n'avais pas mis le bon soutien-gorge, puisque les bretelles de la robe se croisaient de part et d'autres de mon cou. Je l'ôtai, passai un bandeau, arrangeai bien la robe et passai la ceinture, avant de me regarder dans la glace. J'avais maigri, on le voyait clairement à mes épaules et à mes bras, mais heureusement, la robe cachait le reste : la couleur était belle, satinée, dorée et cuivre, et je respirai un bon coup. Ne pas penser à Stephen. Je me maquillai alors, forçant un peu par je ne sais quelle idée de vengeance - du rouge sur les lèvres, du doré sur les yeux, en paillettes, mais un trait noir pour les souligner, du mascara, puis j'arrangeai mes cheveux en un chignon, sans y prêter trop d'attention (ils se décoifferaient forcément). J'enfilai mes chaussures, des talons qu'on ne voyait de toute façon pas, mais quitte à jouer le jeu, autant le jouer jusqu'au bout : paradoxalement, j'avais envie d'être attirante autant que j'avais envie de me cacher et d'être invisible.

Les couloirs s'agitaient peu à peu, et je rejoignis Ruby à l'endroit que nous avions convenu. Dès que je la vis, mes lèvres s'étirèrent en un sourire et je me sentis plus animée, plus enjouée ; elle était magnifique dans cette robe blanche et dorée qui lui allait à la perfection. A la fois elle la mettait bien en valeur mais en plus elle la sublimait, la rendant encore plus pure et plus délicate qu'elle ne l'était déjà. Je marchais un peu plus vite et la pris dans mes bras moi aussi, lui déposant un baiser sur la joue avant de me mettre à rire et de lui frotter pour que la trace rouge que je lui avais faite s'estompe.


- Vous êtes une cavalière parfaite, ma chère... Elle me fit tourner sur moi comme une petite poupée et je m'exécutai, me sentant tout d'un coup envahie d'une chaleur qui n'était pas désagréable - je me sentis jolie, et un peu rassurée. Oh, Liz! Qu'est-ce que c'est que ce chignon... Un peu de tenue, mademoiselle Wayland.

- J'ai pas réussi à faire un truc qui tienne, expliquai-je en râlant un peu, mais au fond je savais bien que j'avais simplement attendu que Ruby m'aide. Je me laissai docilement faire, et touchai ensuite la coiffure du bout de mes doigts : elle avait fait une épaisse tresse autour de mon chignon, et quelques mèches s'en échappaient. Je souris pour le remercier, et attrapai son bras.

- On ya va ?

- Hmm hmm,
aquiesçai-je avec un sourire. Tu es la plus belle de toutes ! Et nous nous mîmes en route.

Plus nous nous approchions de la salle de bal plus les gens affluaient, tous joliment (ou pas) vêtus, et je pouffai plusieurs fois devant la robe de telle ou telle fille, encore plus quand elles bavaient au bras de leurs cavaliers tout aussi mal habillés qu'elles. Ruby aussi s'en amusait, mais plus gentiment parce que c'était Ruby, et je m'étais d'ailleurs bien gardée de lui dire que j'avais battu mon record de bombabouses ce mois-ci et que j'en avais explosé un bon nombre au-dessus de couples ayant l'audace de s'embrasser dans les couloirs. Puis nous arrivâmes dans la Grande Salle. Elle était différente chaque année, et cette fois les couleurs tiraient plus vers l'argenté, le blanc scintillant, comme de la neige ou du cristal. Je voulus être définitivement emportée par l'ambiance de la salle, mais ni les ors ni la musique n'eurent d'effet sur moi. Je me laissai attirer vers la buvette.


- Bon, on trinque ? A nous ? J'avais une coupe de champagne et elle de jus de citrouille, et je faillis refuser, mais le regard enjoué de Ruby m'en dissuada. Sa bonne humeur me fit culpabiliser : je voulais être heureuse et m'amuser, pour elle, parce que c'était important pour nous, parce que c'était notre dernier bal, parce qu'elle ne pouvait même pas y danser avec Ewan, parce qu'en ce moment, elle avait tout autant besoin de moi que j'avais besoin d'elle. J'étais stupide, et égoïste. Je suis contente de ne pas avoir à ouvrir le bal, et puis, c'est toi ma miss. C'est bizarre hein, que ça soit notre dernier bal... Ça me rendrait presque triste, conclut-elle, achevant de me faire me sentir minable.

Je levai mon verre et bus une gorgée, réunissant toutes mes forces pour sourire et lever fièrement la tête.


- Alors, il faut en profiter ! Viens, dis-je tout d'un coup, et cette fois ce fut moi qui attrapai son bras et la tirai derrière moi, nous faufilant dans la foule sans nous soucier des autres. Le froufrou de ma robe résonnait à chacun de mes pas, et mon coeur tambourinait entre mes côtes en répétant le même refrain en boucle : reprends-toi reprends-toi reprends-toi ne pense pas à lui, et je nous arrêtai un peu plus loin, pas loin de là où Maman se préparait à faire son discours d'ouverture de bal. Je lui fis un petit signe de la main et elle nous regardait toutes les deux avec un sourire maternel, avant de s'adresser à toute la salle, d'inviter tout le monde à bien s'amuser et bien danser et à se préparer à l'arrivée de la nouvelle année, puis des paillettes et de la fausse neige tombèrent du faux-plafond, la musique se fit plus forte, et tout le monde applaudit.

J'applaudis moi aussi et pris les mains de Ruby :


- Personne ne doit être triste ce soir, lui murmurai-je dans les yeux, et je savais qu'elle comprenait à quoi je faisais allusion, pour elle comme pour moi. Stephen, Ewan... Rien ne devait nous empêcher de profiter, me dis-je avec ferveur. Puisque c'est le dernier, il faut qu'il soit parfait !

Le bal s'ouvrait avec une valse, comme d'habitude, et je pris le bras et la taille de Ruby en retenant un fou rire (j'étais très mauvaise en danse de salon) mais il partit dès que je lui écrasai le pied, puis nous nous mîmes à valser tout de même un peu, en riant. Ce fut à ce moment que j'aperçus James Miller un peu plus loin, dans son costume qui changeait des habits que je lui connaissais, et comme il me regardait je lui adressai un petit signe de la main et lui souris en me sentant belle dans ma robe, si bien que j'appuyai mon regard en sa direction et continuai à rire tandis que nous dansions. Je voulais qu'il me trouve belle, et quand je détournai finalement le regard, je vis que Ruby avait remarqué mon petit manège. Je haussai les épaules en riant de plus belle.

- Ne t'inquiète pas, je ne danse avec aucun garçon ce soir, affirmai-je. C'est juste nous deux ! Je me serrai un peu plus contre elle parce que je me sentais à l'abri. J'avais reçu plusieurs invitations pour le bal, que j'avais toutes envoyées paître d'ailleurs, par total désintérêt. Sous mon maquillage plus prononcé qu'avant et ma jolie robe de bal, je savais qu'il n'y avait pas grand chose pour que l'on me découvre, et ce tout petit espace d'incertitude m'attirait autant qu'il m'effrayait - cela faisait si longtemps, me semblait-il, mais à nouveau j'étais sur la tangente, sur la limite ténue entre mes démons et le reste, ne sachant pas encore vers quel côté j'allais pencher et, peut-être, tomber.

_________________

So here's my confession, this time
Don't just want you to love me
I want to be your obsession




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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Light me up. [PV L.]   Mar 14 Jan - 12:59




Je savais que ce bal n’était pas facile pour Lizlor, et ça pressait douloureusement mon cœur de savoir que le sien palpitait doucement dans sa poitrine, battant au rythme d’une musique mélancolique et nostalgique. C’était l’année dernière qu’avec Stephen, les choses s’étaient concrétisées, ce soir-là même, devant tous Poudlard, ils avaient fait tous les deux tomber les masques, pour eux-mêmes comme pour les autres. Moi, je regrettais ce moment-là, car l’année dernière, je me remettais mal de ma rupture avec Hadrian, et l’ambiance festive du mal ne m’avait rendu que plus triste. A voir tous ces couples heureux, tous ces élève qui riaient, j’en avais été malade, de tristesse, de jalousie, d’incompréhension. Je me rappelais simplement de la soirée par morceau, tous très alcoolisés, et j’avais été incapable de me réjouir pour Lizlor tant j’étais aveuglée par ma peine. Je m’en voulais encore, bien sûr, d’avoir agi aussi égoïstement, de me laisser noyer par ma peine alors qu’à présent, je voyais bien comment Lizlor se battait pour moi. Sa force m’avait toujours impressionnée, et secrètement je crois que si je n’avais pas été aussi proche d’elle, j’aurais admiré Lizlor. Les relations basées sur l’admiration étaient mauvaises, je le savais, Hadrian en avait été la preuve, et je n’avais réellement qu’un amour sans borne pour ma meilleure amie. Mais ce feu qui brulait en elle, qui la faisait toujours avancer et dont les cendres se ravivaient à chaque fois, j’en étais toujours impressionnée. Mais il me réchauffait aussi, me touchait, et j’espérais au fond que sa force se transmette. Ce soir, je m’en sentais animée. Je voulais me rattraper pour le bal de l’année dernière, mais aussi pour toutes les peines que j’avais causées à Lizlor dernièrement.

Et je voyais bien qu’elle aussi faisait l’effort. Dans ses yeux, il y avait encore quelque chose de triste qu’elle camouflait derrière ses sourires. Ça me rend profondément triste de le voir, je voulais simplement qu’elle s’amuse et j’espérais que ma compagnie serait suffisante. Dans sa jolie robe, elle était si majestueuse et à la fois si fragile : la robe était ample, et dès que Lizlor laissait la tristesse passer sur ses traits, c’était comme si le tissu satiné l’avalait et qu’elle était soudain toute petite dans sa tenue. L’innocence brisée de Lizlor était encore sous sa peau, cette enfant un peu sauvage qu’elle avait été n’était jamais partie et je voulais que Lizlor soit en paix avec cette partie-là d’elle, et toutes les autres parties d’ailleurs. J’étais portée par cet instinct maternel que je n’arrivais pas à contenir à chaque fois que je voyais Lizlor triste, comme si soudain tous mes problèmes s’effaçaient et je ne pensais soudain plus qu’à ça, à elle, et à combien je voulais qu’elle soit heureuse. Et par-dessus tout, je refusais d’être la cause de ses chagrins, et elle s’était trop inquiétée pour moi dernièrement : ce soir, c’était simplement nous et je voulais absolument qu’elle s’amuse. Même si au fond, je n’arrivais pas à m’empêcher d’être un peu nostalgique et triste à l’idée que ça soit notre dernier bal. Et la suite, qu’en serait-il ? Je voulais simplement que l’on soit ensemble, moi.


- Alors, il faut en profiter ! Viens, dit alors Lizlor avec soudain un entrain qui me toucha et me fit sourire. Elle aussi, elle se débattait.

Je la laissais me tirer sur la piste après que nous ayons posé nos verres pour être plus libre de nos mouvements. Je fis un sourire à Lizlor qui, de dos, ne le vit pas. J’avais envie de lui dire que je savais qu’elle était triste, et que je ne voulais pas qu’elle fasse semblant, mais surtout que je voulais tout faire pour que ses idées noires disparaissent. Mais les mots se bousculèrent au bord de mes lèvres qui restèrent closes. Je ne voulais pas gâcher la soirée et l’envelopper du voile noir qui était tombée sur moi depuis quelques mois. J’avais l’impression que je voyais finalement le bout du tunnel, et je ne voulais pas que ce soir, le voile me serre un peu plus et m’étouffe comme il le faisait parfois. Heureusement, Sara nous lança un regard et nous lui fîmes toutes les deux un signe de la main, souriant, et sa présence maternelle, bien qu’à distance, me rassura. Elle fit un discours d’ouverture, et de la neige commença à tomber du plafond, sous les rires de Lizlor et moi. Sous les paillettes artificielles, il me semblait que son sourire brillait un peu plus, et lorsque quelques-unes d’entre elles se collèrent à ses cils, je revis nos après-midi à jouer dans la neige dans le Kent, et mon cœur se gonfla instantanément. Nous applaudîmes toutes les deux, et je lançai un petit sourire à Lizlor, la couvant du regard – comme si elle avait entendu mes pensées, elle prit mes mains et se redressa, toute sourire.


- Personne ne doit être triste ce soir. Puisque c'est le dernier, il faut qu'il soit parfait !
- Il est déjà parfait puisqu’on le passe ensemble,
répondis-je tout bas, avec un sourire qui me sembla émaner de tout mon être.

Lizlor se mit alors en tête de nous faire danser. Elle n’était pas adroite, quant à moi, j’essayais de me rappeler ce qu’Ewan m’avait appris, souriant en pensant à lui – malgré tout ce qui nous était arrivé, nous étions encore ensemble et il me semblait que mon amour ne cesserait jamais de grandir et de m’inonder, malgré la difficulté que j’avais à présent à l’exprimer. Lizlor n’était pas une aussi bonne cavalière qu’il l’était, et elle me marcha sur les pieds, me faisant rire. Je me laissai porter petit à petit, rassurée par notre amour, ma main se serrant dans la sienne, et je riais à chaque fois que nous nous emmêlions les pieds. Je remarquai tout de même les petits sourires de Lizlor vers James qui l’observait dans un coin, et j’eus envie d’éclater de rire et à la fois, j’avais presque de la peine pour lui. Il la dévorait du regard, mais avec une politesse étrange, comme s’il n’aspirait réellement qu’à la prendre dans ses bras pour la faire danser, pour sentir sa peau sous ses doigts – je savais qu’il n’avait que des sentiments honorables envers Lizlor, et son refus de l’embrasser seulement en soirée me laisser à penser qu’il l’appréciait bien plus que Liz voulait le voir. Je lançai un petit goût d’œil à Lizlor, pour lui signifier que je voyais très bien ce qu’elle faisait.


- Ne t'inquiète pas, je ne danse avec aucun garçon ce soir. C'est juste nous deux !

J’eus une petite moue amusée. Je savais que Lizlor avait beaucoup de succès en ce moment, et que les invitations pour le bal avaient été nombreuses. J’en avais eu moi-même quelques-unes, toutes très polies et venant parfois de garçon que j’appréciais amicalement parlant, mais je les avais toutes déclinées. Non seulement je voulais passer la soirée avec Liz, même si je lui avais laissé le choix d’y aller avec un garçon ou non, et puis vis-à-vis d’Ewan, je me voyais mal danser avec un autre garçon. Même en toute amitié, un bal restait un bal, et je trouvais ça étrange d’y aller avec quelqu’un d’autre que mon copain, et puis, je n’en avais pas envie.

- Ne dis pas ça, tu lui brises le cœur, me moquai en jetant un regard à James qui nous regardait toujours – il n’eut même pas le temps de détourner les yeux. Je lui fis un signe de la main, avant d’hausser les épaules avec un sourire un peu désolé. Tu vas nous décimer tous les garçons du château si tu continues, plaisantai-je en pinçant la joue de Lizlor. C’est ça, d’être trop jolie !

La valse s’achevant, je lui fis un signe pour retourner un moment près du buffet car je mourrais de faim. Nous nous mîmes à discuter à propos des macarons, tandis que la musique changeait un peu de registre vers quelque chose de plus pop, qui se dansait avec beaucoup moins de sérieux que tout à l’heure. J’achevai mon petit-four et fis un signe de tête à Lizlor pour savoir si elle voulait aller danser. La foule n’était pas encore trop compacte, et nous nous faufilâmes tandis qu’une chanson au rythme plutôt entraînant s’éleva. Nous nous mîmes à danser en riant, mais j’avais encore une certaine retenue car je n’appréciais pas forcément être dans une foule… Puis j’entendis une nouvelle chanson commencer, des notes familières…

- LIZ ! Hurlai-je tout à coup sans même faire attention – mes yeux s’étaient agrandis, et vu ceux de Lizlor, elle avait compris aussi. LIZ C’EST LA CHANSON !

Je m’entendis éclater de rire en même temps qu’elle tandis que Maniac s’élever. Nous avions dansé un milliard de fois dessus, la connaissions par cœur. Tout à coup, c’était comme s’il n’y avait plus personne autour de nous, et d’une seule et même voix, Lizlor et moi nous mîmes à chanter en hurlant, bousculant tout le monde. Je faisais tourner Lizlor, et nous nous tenions les mains en criant, si bien que je n’avais plus de respirations. Avec un peu de recul, j’aurais sûrement remarqué que toute la salle nous observait, mais j’en avais que faire, puisque de toute façon nous n’étions pas seule à nous déhancher ainsi. Je vis d’ailleurs un visage familier arriver vers nous et j’hurlai :

- RITA !

J’éclatai de rire en la voyant débarquer, et j’attrapai l’une de ses mains pour la joindre à notre danse endiablée. Je riais tellement que j’en avais mal au ventre, et quand Lizlor se mit à jouer de la guitare dans l’air, je manquai de trébucher tellement j’étais agitée de tremblement de rire.

Voilà, c’était exactement comme ça que je voulais notre soirée.

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I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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Rita Minithya
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MessageSujet: Re: ~ Light me up. [PV L.]   Dim 9 Fév - 16:49

La fête, le bal, la teuf, la soirée… AHHHHHHH ! Je sais pas vous, mais moi, ça me mets dans tous mes états ! Et pourtant, franchement, à la base j’étais pas super fan du concept ! La preuve, l’année dernière, on s’emmerdait comme pas possible, avec Caleb au final, et on a fait la misère aux profs. Coool, hein ? Bon, ok, je vous sens encre venir : « Mais vous vous êtes fait prendre »,  et gnagnagna. Ouais, mais le principal, c’est pas vraimmment qu’on se soit fait pété, ok, c’est surtout qu’on ait transformé Nakamura en POUSSIN ! Qui, mais QUI pour se vanter d’avoir fait la même chose ? Personne ! On était passé maitre dans l’art de la bétise, fallait juste se faire une raison. Et ensuite, qu’on se fasse prendre ou pas, c’était un complément. Le mieux c’était d’éviter, quand même. Mais bref, j’étais tout excitée, parce que aujourd’hui, j’étais au milieu de tout. Je n’étais pas seule. Vraiment, je veux dire, j’avais l’impression de revivre comme jamais ! Je commençais vraiment à oublier James, parce que je faisais de moins en moins de cauchemars sur lui, et je n’étais pas seule. Le seul truc chiant avec lequel je luttais, maintenant, c’était ma popularité qui m’avait un peu trop bouffée. Et grâce à la gentillesse surnaturelle de Ruby –je vous jure, quelqu’un comme ça, c’est l’esprit de Gandhi qui l’habite-, j’avais simplement réalisé à quel point j’étais en train de me perdre. L’ultime victime de ce désastre avait été Seth, l’assistant de Sortilèges que j’avais maltraité, disons. Et justement, j’avais dansé avec lui y a pas plus tard que cinq minutes, parce qu’en tant que chaperon, il devait surveillé la salle, et bref, il s’était retrouvé comme un lièvre au milieu d’une meute de loup, et j’étais venu à sa rescousse ! Super Rita est dans la plllaaaccccce !

Bon, tout de suite, c’était pas super crédible pour tout le monde que je danse avec lui –ouais, parce que c’était mon pote, maintenant ! Faut suivre les enfants…- et forcément, les élèves étaient restés regroupés, en attendant que je lui fasse une misère – et je pense que je regard inquiet de Seth signifiait qu’il y pensait aussi-. Au final, j’avais rien fait à part le taquiner et un peu le harceler pour tester sa tolérance et puis on s’était séparé comme si de rien n’était. Normal, entre potes, les mots sont superficiels, j’étais certaine qu’il avait tout à fait compris le regard que je lui avais lancé. Mais bref. Je venais juste de sortir d’une danse d’avec un des gars qui m’avait maté un bon moment, et il était parti me chercher à boire –il était un peu trop… collant, si vous voyez ce que je veux dire- et j’étais en train de songer très sérieusement à mettre un panneau « propriété privée » sur mes fesses quand j’entendis une musique. Je veux dire, pas « une » musique. UNE  musique. Vous voyez toujjjours pas de quoi je parle ? C’est cette super vieille musique qui, quand elle commence vous donne des fourmis dans les jambes ! Je tapais du pieds par reflexe, et je pouvais parier que je n’étais pas la seule, quand j’entendis un cri, suivie d’un autre, et mes jambes ne purent résister de nouveau.

Je me tournais vers la piste, ignorais royalement Steve –à moins que ce ne soit Gary- et me dépêchais de rejoindre la piste. Sur le chemin, j’aperçu Ana, qui quand à elle, regardais la piste de danse d’un air qui se voulait décontracté et je m’en foutiste mais qui, et je le savais parfaitement, tapais mentalement des pieds (sisi, c’est possible). Et puis si elle venait pas pour danser, pourquoi elle était venu, hein ? Moi je vous dis que c’était sur qu’elle avait rembarré le peu de cavalier qui avaient osés l’approcher, parce qu’Ana, c’était pas la princesse en détresse, c’était le dragon ! (et du coup, c’était qui… la princesse ?...). Ou un Cobra, comme dirait Caleb. Et voilà, elle était quand même là toute seule dans sa belle rose satinée grise. Canon, comme d’hab, mais aussi amusante qu’une encyclopédie. Je soupirais mentalement, parce que je lui avais envoyé un papier pour lui demander si elle y allait, et bien sur, elle n’y avait pas répondu. Elle se foutait un peu trop de moi la petite là. Je l’observait rapidement, tout en m’approchant, puis lui saisis la main tout à coup.

-Mais qu’est-ce que tu fous ?
[i]Je la sermonne avec un regard ahuri. Mais ramènes toi ! Et je la tirais vers moi, si bien que contre son gré, elle se retrouva amenée sur la piste de danse alors que…

-RITA !

-RUBY, LIZY !

Et je vis alors Ruby et Lizlor au milieu de la piste –je dis au milieu parce que tout le monde s’était écarté- et étaient toutes excitées, et c’était la première fois que je voyais Ruby comme ça alors… Alors je trainais Ana, et poussée par l’adrénaline, je commençais à sauter tout en secouant la tête sur le rythme ! Ruby me pris par le bras et j’avais toujours la main d’Ana dans la mienne, et nous formions alors nous-mêmes une ronde, entre les rires et notre danse. C’était fou. C’était géant. Pour une fois j’avais vraimment l’impression qu’il n’y avait que nous quatre sur la piste. Et pour une fois, je le souhaitais du plus profond de mon cœur.

Lizlor commença à jouer de la guitare, et je riais, la rejoins et imitais à mon tour un tambour tout en sautant sur le rythme. Je voyais d’ici Ruby prendre Ana par le bras pour la faire danser, et je riais, parce qu’on était toutes en train de chanter à tue tête. Je rencontrais le regard complice de Lizlor et ça devint encore plus fous, parce qu’elle et moi on avait déjà  dansé ensembles, et pas n’importe comment, et justement, ça faisait qu’on s’éclatait encore plus ! Et on était à peu près de la même trempe alors, quand elle finit de jouer de sa guitare, je lui fis un clin d’œil. Et on commença à danser en rythme, toutes les deux, comme si on se comprenait parfaitement, et Ruby et Ana finirent par faire de même et on se regardait toutes les quatre comme si le monde nous appartenait, comme s’il n’y avait que nous, comme si nos blasons et nos réputations n’avaient aucunes importances. Pour une fois, je sentais que nous étions infinies. Que rien ne pouvait nous atteindre. Que nos souffles, nos rires qui nous tordaient le ventre étaient le signe le plus évident de notre épanouissement. J’avais envie que le temps s’arrête. Que le monde s’arrête pour nous regarder rire, indifférente, dans le bonheur total. Nous étions jeunes, nous étions jolies et rien ne pouvais nous atteindre. Pendant quatre minutes qui me semblèrent des heures, j’eus les rires les plus sincères qui puissent être. Sans alcool. Sans ironie. Sans tristesse. Sans masque. Et je devinais que rien ne pouvait être faux entre nous. Et que même si c’était la dernière année de Ruby et Lizlor, on allait rester amies encore longtemps. Pas comme avec les autres filles de Poudlard avec qui je trainais à longueur de journée. Et je gravais ces visages dans ma mémoire comme de merveilleux souvenirs.

Ana, La Serpentard, qui avait laissé tomber son masque de dragon des glaces et riait avec nous, se laissant entrainer, petit à petit, dans l’insouciance de l’adolescence, et que je connaissais depuis des années, qui avait grandi avec moi et qui ne sortirait jamais de ma vie. Ruby, Miss Serdaigle et élève modèle, en plus d’être hyper canon qui était devenue une grande sœur et un soutien indispensable pour m’épanouir, mais qui avait tout de même besoin de moi, Rita Minithya, la Poufsouffle, son parfait opposé. Et puis Lizlor, la Gryffondor pure et dure qui était une vraie tête brûlée mais qui, au fond, était une amie parfaitement loyale et qui savait vraiment, mais vraiment comment s’amuser et aller envoyer se faire voir les autres.

Nous étions tellement différentes, mais tellement unies, à représenter sur une même chanson l’unité des quatre maisons dans toute sa splendeur.

Et quand la musique se termina, on était toutes essoufflées, mais on riait, encore, et j’essuyais une larme de joie d’un air dégagé.

-Ma parole, cette musique donne des crampes,je ne pus m’empêcher de faire remarquer en me tenant les côtes d’un air douloureux. Heureusement que j’ai mis des ballerines, et je désignais les talons des filles et haussant les épaules l’air de dire « ben tant pis pour vous, les meufs, les ampoules, fallait y penser ». Et comme si de rien n’était, alors que nous quittions la piste parce qu’une nouvelle danse venait de commencer, je jetais un œil à Ana. C’était la dernière année de Lizlor et Ruby, et franchement, elles étaient plus proches que des siamoises alors le truc c’était de les laisser gentiment profiter de leur dernier bal. Hey, Annnaaa, regarde y a qui là bas ! Je dis à Ana en désignant la buvette, et elle eut l’intelligence de faire mine de comprendre. Hey, les blondes, nous on vous laisse, et je m’approchais de Ruby pour l’enlacer puis de Lizlor avant qu’Ana ne fasse de même. Dansezzz jusqu’à l’infiniiiii ! Je commençais à chanter, en me remémorant de « les démons de minuit », et dans d’autres circonstances, j’aurais pensé : Ohhh noooon pas cette musiquuuue. Mais franchement, j’étais dans l’ambiance, alors pendant qu’Ana et moi nous dirigions vers la buvette claquais des doigts en dansant doucement et en chantant et en la regardant.

Et elle me lança son énième regard désespéré et amusé, et en retour, je continuais à danser et chanter pour la taquiner.


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Lizlor Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Light me up. [PV L.]   Sam 1 Mar - 14:43

Lui briser le coeur... J'étais bien loin de cette idée, soit dit en passant, et si j'avais répondu par une grimace aux paroles de Ruby, je m'y étais quand même arrêtée une seconde. Je savais qu'elle disait cela pour rire, mais tout de même, je ne voulais pas qu'elle me croit capable de cela, ou pas qu'elle s'imagine que c'était ce que je recherchais. Pas du tout ! Mon propre coeur avait été réduit en cendres, et rien ne me semblait exister comme antidote digne de ce nom. Ajouté à cela que tous les garçons voulaient visiblement la même chose, et rien de plus, et qu'ils étaient tous les mêmes... Je ne voyais pas bien ce qui pouvait leur briser le coeur. Peut-être qu'ils changeaient en vieillissant, et encore, pas tous probablement. Mais pour l'instant, une chose était certaine : ils se fichaient bien de nous faire du mal et de nous abandonner après s'être amusés avec nous, alors pourquoi n'avais-je pas le droit de m'amuser à mon tour ? Je ne brisais le coeur de personne, j'entrais juste dans la danse, et je jouais les pas du camp adverse, rien de plus.

En tout cas, si je savais ce que James voulait, je me demandais bien ce qu'il attendait pour venir le chercher. Mais qu'importe : je n'avais pas envie de penser à cela, pas ce soir, je voulais juste m'amuser et oublier cette langueur dans laquelle me replongeaient mes souvenirs, et réussir à séparer ce bal de Stephen dans mon esprit, pour vivre pleinement avec Ruby cette dernière fête de Noël à Poudlard. Au buffet, je ne mangeai pas grand chose - je n'avais pas très faim, et si j'étais de plus en plus heureuse de faire la fête ici avec ma meilleure amie, mon estomac restait un peu contracté, et je ne voulais pas me forcer à manger. Nous retournâmes ensuite danser, et plus librement cette fois (heureusement d'ailleurs car la valse n'était franchement pas ma danse préférée) et je me laissai aller : ces derniers temps, la fête était ce que je savais faire le mieux.


- LIZ ! Mais quand les notes de musique avaient retenti, j'avais eu la même expression hystérique qu'elle : c'était notre chanson ! LIZ C’EST LA CHANSON !

Je me dis à danser comme une furie, suivie instantanément par Ruby, et tout d'un coup c'était comme si on avait fait une place autour de nous, nous pouvions faire n'importe quel mouvement, et je me mis à rire de plus en plus tout en dansant et j'eus l'impression que mon coeur déployait enfin ses ailes pour s'envoler jusque vers le plafond magique. Que me fallait-il de plus, finalement ? Je riais à gorge déployée avec Ruby, nous dansions comme si rien ne pouvait nous atteindre, rien que toutes les deux, Maman était la plus jolie dans sa robe de reine et l'ambiance de Noël avait envahi tout le château. La vie n'était peut-être pas parfaite mais elle avait ses moments de perfection, et celui là en était un.

- RITA !

- RUBY, LIZY !

- RITAAAAA ! ANAAAA !


Nos cris se mélangèrent et se répondirent : Rita (complètement excitée comme à son habitude) et Ana (bien plus calme comme à son habitude) nous avaient rejoint sur la piste de danse, et se mirent à se déhancher comme nous sur les notes de musique. Je me mis à faire n'importe quoi, suivie par Rita : tous les instruments du monde y passèrent et je riais à ne presque plus pouvoir respirer et je me sentais bien, avec Ruby, avec mes amies, qui elles aussi avaient l'air de profiter de l'instant présent sans se soucier du reste. Les coups d'oeil échangés avec Rita m'amusaient car je savais à quoi elle pensait, et depuis cette soirée où nous nous étions rapprochées, c'était devenu un jeu d'être si complices et de s'afficher ouvertement à se tenir par le bras ou la main quand nous passions du temps ensemble, histoire d'entretenir les ragots et de faire parler les gens tout en nous fichant complètement de leurs têtes. J'espérais d'ailleurs que James me voit en si bonne compagnie et à danser ainsi - je voulais qu'il voit combien je m'amusais, et je voulais qu'il note la présence de Rita à mes côtés. J'étais heureuse aussi de partager un tel moment avec Ana : si notre première véritable rencontre n'était pas vraiment... De celle que j'aimais à me remémorer, je lui faisais confiance à présent, malgré le blason de son uniforme, et j'étais contente d'avoir un peu appris à la connaître, de pouvoir compter sur elle, et de savoir que Ruby avait une aussi bonne amie.

-Ma parole, cette musique donne des crampes. Heureusement que j’ai mis des ballerines, cria Rita alors que la musique se terminait, pile au moment où j'étais en train de me dire que ces imbéciles de talons commençaient à me faire mal aux pieds. Comme Rita frimait avec ses ballerines, j'eus un petit sourire et relevai un peu le bas de ma robe :

- Bah, moi je peux faire ça ! Et j'enlevai mes chaussures, avant de les envoyer discrètement glisser sous la table (enfin, avant de les envoyer valdinguer en essayant d'être discrète pour être plus juste) pour qu'elles restent dessous, cachées. Aaaaah, ça va mieux ! conclus-je en sautant de plus belle sur mes pieds nus.

- Hey, Annnaaa, regarde y a qui là bas ! Hey, les blondes, nous on vous laisse. Dansezzz jusqu’à l’infiniiiii !  

- Wouhouuuuuuu !!! Amusez-vous bien les meuuufs !!
répondis-je après les câlins et le départ de Rita et Ana, et je levai les bras en leur direction en criant avec autant d'entrain qu'elle.

Je me retournai alors vers Ruby avec un immense sourire : quelque chose au fond de mon coeur débordait définitivement de bonheur et de sentiments et je me hissai un peu sur mes pieds pour enrouler mes bras autour de ses épaules et glisser ma tête sur son épaule, dans le creux de son cou. Je fermai les paupières quelques secondes, souriant toujours autant, avant de la serrer un peu plus fort puis de déposer un baiser sur sa joue. Quand je me redressai un peu pour la regarder, je lus dans ses yeux qu'elle pensait la même chose que moi : ça durerait pour toute la vie, pas vrai ? Je me sentais bien plus légère qu'au début de la soirée, et je sautillai un peu sur place, puis attrapai la main de Ruby pour l'entraîner à nouveau sur le rythme de la musique. Nous avions toute la soirée, rien que pour nous. Et qu'importait ce qui n'allait pas, j'avais toujours Ruby, j'avais toujours ce qui nous liait à quoi me raccrocher : grâce à cela, je ne pouvais pas tomber, et je ne le pourrais plus jamais.


Terminé ♥

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So here's my confession, this time
Don't just want you to love me
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