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La Buvette

 
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 La Buvette

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Naoko Nakamura
Professeur de Potions



Féminin
Nombre de messages : 1577
Localisation : Au fin fond du double fond sans fond du trou noir...
Date d'inscription : 20/05/2009

Feuille de personnage
Particularités: Mais enfin... TOUT en moi est une particularité !
Ami(e)s: Soit proche de tes amis, mais encore plus de tes ennemis Darling...
Âme soeur: Pas besoin d'avoir en plus de ca un être encombrant dans les pattes !

MessageSujet: La Buvette   Dim 15 Déc - 20:18

B.O.I.S.S.O.N.S D.I.S.P.O.N.I.B.L.E.S


– Jus de citrouille (fait maison !)
– Jus de pomme
– Jus d'orange
– Jus multivitaminé
– Sirop de cerise soda
– Sang de crapaud
– Bave de crapaud au sucre
– Sirop de menthe
– Bave de crapaud Light
– Cocktail de fruits
– Cocktail de fruits de la passion
- Cocktail magique aux INI (à comprendre ingrédients non identifiés)
– Pipi de chat à la banane
– Bièraubeurre
– Pus de Bubobulb
– Vins chauds
– Thés
– Nespresso (What else ?)
- Whisky Pur feu (réservée aux personnes majeures)
- Champagne
- Crément



N'abusez pas trop du jus de citrouille, le champagne est meilleur pour la santé !!!
Bon bal à toutes et à tous !

_________________
 


"You’ll fall like a guillotine,
Kneel before the queen.
You’ll fall like a guillotine,
And I will rise.

I don’t need blue blood,
Running through my veins,
Because like a queen, like a queen,
I can make you say you love me".

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MessageSujet: Re: La Buvette   Lun 23 Déc - 23:59

Le son de la plume qui griffonnait nerveusement le morceau de parchemin calé sous mon bras emplissait mon esprit agité. Trop occupé par la lettre que j’étais en train d’écrire afin de répondre à des parents inquiets que leur fils ne leur envoie pas plus de nouvelle de leur fille, je n’avais pas remarqué l’agitation qui s’était formé autour de moi, et c’est avec une certaine surprise qu’après plusieurs « hum hum » répétitif que je vis en face de moi le visage d’une jeune fille que je reconnaissais pour m’être assis à côté d’elle lors de mon dernier cours de défense contre les forces du mal.

« Cathy c’est ça ? » Demandais-je de la façon la plus polie qui soit tout en arborant mon plus magnifique sourire. Malgré mes légers penchants pour la perversion, j’attachais énormément d’importance à mon image. Après tout, je n’étais pas assez intime avec qui que ce soit pour révéler ma véritable nature. « Tu as besoin de quelque-chose ? »
« Oui c’est bien ça, tu vas probablement me trouver stupide mais mes amies m’ont poussé à te demander si tu avais trouvé une cavalière pour le bal ? Je sais que c’est peut-être un peu tard, mais je n’ai toujours pas de cavalier pour ce soir. » Le bal… Cavalier. Ces mots m’étaient étrangement familiers et pourtant la connexion ne fut pas instantanée. A croire que mes synapses étaient encore un peu trop dans la lettre pour comprendre ce qu’il se passait autour de moi, mais un rapide coup d’œil par la fenêtre me rappela soudainement que l’hiver était arrivé sur Poudlard. « Alors qu’est-ce que tu réponds ? » La jeune fille se trémoussait de façon curieuse, et même si je n’étais pas assez autiste pour ne pas comprendre la signification de ces gesticulations, je trouvais la situation comique.


« Je dois vraiment terminer cette lettre. » Un magnifique sourire se dessina sur mes lèvres tandis que mon regard émeraude se plongea dans la couleur noisette du siens. Je pouvais voir ses joues rosir tandis que je me penchais à nouveau sur la lettre, jugeant que j’avais déjà assez de chat à fouetter pour ne pas avoir à m’occuper des problèmes de cœur d’une fille dont je n’avais rien à faire.

J’étais passablement énervé. Savoir que mes propres parents s’étaient plus attachés au fait que Pen avait à peu près tout réussi qu’aux promesses de mon propre avenir avait quelque chose qui m’agaçait depuis plusieurs années déjà. J’aimais ma sœur, mais son existence n’était rien d’autre qu’une grosse épine à mon pied, et malgré mes sentiments je passais le plus clair de mon temps à esquiver une rencontre que j’imaginais déjà assez pénible. Rajoutons à cela l’impasse totale que j’avais faite à la question sur le bal, je sentais que cette journée n’allait pas se terminer sous les meilleurs augures pour moi.

Le bal… Parlons-en ! Comment avais-je pu oublier un détail si important de ma nouvelle vie en tant qu’élève de Poudlard ?  C’était à croire que mes ressentiments envers ma propre famille avaient peu à peu réussi à m’aveugler pour que je passe à côté de toute cette agitation fulminante qui présageait la venue de l’évènement tant attendue. Toutes ces guirlandes et autres décorations qui avait envahi chaque couloir du château à un tel point que même les cachots semblaient chanté le vive le vent tant redouté. A croire que j’avais sombré dans un coma ces trois derniers mois, et que je me réveillais enfin de cette torpeur mortuaire.

Bien entendu que je devais aller au bal. Obligations sociales dans un premier temps, et une occasion peut être d’afficher mon charisme naturel au grand jour, mais surtout parce que je ne dénigrais pas une occasion de briser la routine du quotidien qui me massacrait le crâne chaque matin. De retour dans la salle commune, je me dirigeais instantanément vers mon lit afin de m’allonger quelques instants tout en fixant le plafond en prenant un air songeur.

Oui j’irais au bal, mais j’irais seul. Je n’avais aucune envie de me déguiser derrière une demoiselle dont le nom m’échapperait à la fin de la soirée, et puis à onze ans, les filles c’est nul. C’est à cet âge-là que l’on profite pleinement des joies d’être un garçon et pour piller la buvette il était toujours plus simple d’être seul. A moi les rêves au pays du jus de citrouille, du whisky pur feu, et de la bonne bièraubeurre. Au diable les contraintes lié à la politesse et au savoir vire de la vie amoureuse, j’étais un célibataire un vrai et je comptais le rester. Non pas que les filles ne m’attiraient pas, au contraire, ces sirènes ne m’étaient pas indifférentes, mais je ne souhaitais pas non plus faire quoi que ce soit qui puisse m’engager. Me secouant la tête d’un air résolu, je me redressais afin de faire le tri parmi mes vêtements sélectionnant les pièces les plus propices à un bal.

Je finissais par opter pour un costume deux-pièces classique qui m’avait déjà servi pour le mariage d’un oncle qui me donnait l’air d’un jeune espion anglais en devenir. En enfant presque trop bien éduqué, je réajustais mes manches avant de nouer parfaitement une cravate noire autour de mon cou. Les heures défilaient et si j’étais prêt depuis un bon moment, je n’avais pas perdu mon temps en terminant les devoirs que les professeurs nous avaient infligé pour que nous n’ayons pas le loisir de nous ennuyer pendant les vacances.



Je refusais de faire partie des premiers à rentrer dans la salle du bal, afin de ne pas m’infliger le calvaire que représentait la queue qui devait s’être formée avant que la salle ne soit officiellement ouverte. C’était donc dans une salle à moitié pleine que je fis mon irruption. Mon regard scrutateur s’était figé vers le point fixe que représentait la buvette dans cette salle aux dimensions improbables. L’envie de chaparder du whisky pur feu tandis que cette dernière était encore vide étant trop forte, je m’avançais d’un pas assuré vers celle-ci afin de me servir un verre en affichant un air clairement satisfait de mon premier méfait de cette soirée exceptionnelle pour l’école tout entière. Un sentiment familier me tordit l’estomac tandis que je terminais cul-sec le verre que je tenais fermement entre mes doigts fins, et instinctivement je réalisais… Elle était là !


Dernière édition par Johannes Bauer le Mer 15 Jan - 0:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Buvette   Lun 6 Jan - 4:52

Spoiler:
 


Ce n’était pas fait pour moi. J’avais comme l’étrange impression d’être une poupée de chiffon à laquelle on aurait mis une robe de barbie. Je me sentais compressé et ridicule. Je me retournais vers Emilia, la suppliant du regard de l’avouer la tragique vérité que je connaissais déjà : « J’étais laide à mourir ». mais non, au contraire elle me précisa que j’étais magnifique, belle, comme j’avais je l’avais été. Si elle n’avait pas été ma meilleure amie, j’aurais presque pu croire qu’elle me draguait. Je levais les yeux au ciel, amusée mais heureuse et me regardait encore une fois dans le miroir. Non décidément, je préférais encore ne pas y aller. Qu’est-ce que j’avais honte… Je me retournais enfin vers mon amie, le regard presque suppliant, je ne voulais plus aller à ce bal. Mais en tombant face à elle, je fus simplement subjugué. Elle était si… verte !

-Tu pense quoi de ma robe ? Elle n’est pas trop verte ?

Je la regardais d’un air sérieux, comme si je la détaillais vraiment. Presque, je me grattais le menton pour me donner un air plus sérieux encore, puis, après une grande respiration je plongeais mon regard dans celui de mon amie, avide de m’entendre parler, de donner mon avis.

-Et bien… Ca fais très « serpentard » et si ton but était de séduire le serpent de ce cher Thomas Trade c’est clair que tu vas faire mouche ! D’ailleurs, vu la taille du décolleté, ce n’est pas que les yeux du serpent que tu vas attirer… Donc en sommes je dirais Serpent et Tentation.

J’arrivais à peine à me retenir de rire quelques secondes puis partit dans un grand fou rire. Non, je ne pouvais pas être sérieuse en disant ça !

-Non je plaisante bien sûr ! Tu es magnifique. Vraiment. Cette robe te va merveilleusement bien.

Je la regardais de haut en bas, puis de bas en haut. Elle était plus que magnifique, elle était splendide. Vraiment. Je n’arrivais pas à croire qu’on puisse être aussi belle ! Mais Emilia était naturellement belle. Elle avait de longs cheveux blonds et elle était grande et fine. Moi j’étais petite et pas franchement jolie… c’était mon fardeau. Enfin, un de mes fardeaux parmi une longue liste qui me traversait l’esprit d’ailleurs.

-Pourquoi tu n’as pas accepté la demande de Pierre-Mathias ? Je veux dire… je sais qu’il est..hm…que ce n’est pas un cavalier de rêve mais s’en est un quand même.
-Trop snob et de toute manière, je n’aime pas les bals.


Logique.

-Moi non plus. Mais dans ce cas là… tu m’explique pourquoi on y va ?

Em me lança un large sourire.

-Parce que, même si tous les bals se ressemblent, on passera pour deux cruches si on en loupe rien qu’un ! En sachant qu’on est comme deux bouteilles, c’est assez amusant.
-Ha oui... Bonjour nous sommes deux bouteilles à la mer qui tentons tant bien que mal de nous faire passer pour des moutons. Tu sais qu'on va faire cloche? Enfin toi je ne sais pas, mais moi je ne sais même pas danser...


La soirée commençait bien.

- J'ai pris des cours, mais je n'ai jamais compris dans quel sens devaient partir mes pieds.

Je me mis à rire de bon cœur.

- Ha on est bien ! Entre moi qui ai deux pieds gauche et toi qui confond la gauche et la droite... je comprends pourquoi aucun mec bien ne nous a demandé. Et ta raison pour PM. C'est vraiment un con. Si tu y étais allé avec lui je n'aurais pas compris.
- En plus il est à poufsouffle ! Alors qu'il pensait être à serdaigle ! Et de toute façon j'ai crû comprendre qu'il se faisait martyriser par des élèves, je ne voulais pas être une nouvelle cible.
- Haaa ne m’en parle pas ! ça va me mettre de mauvaise humeur en plus de devoir me montrer en publique. D’ailleurs, tu es prête? Il est peut-être temps d'y aller.
- D'habitude c'est mon père qui me forçait à me montrer en publique... Il regrettait à chaque fois. Pour une fois je pourrais peut être trouvé une table avec une bouteille et me marier avec elle. Je suis prête, on peut y aller !
-Et une bouteille de quoi sans indiscrétion? Jus de citrouille?! Je ne suis pas certaine qu'on nous laissera boire autre chose. Mais bref, allons-y


Je la regardais un large sourire aux lèvres. Finalement, cette soirée ne pouvait que bien se passé puisque j’allais la passer avec elle !

Nous descendions donc les marches qui menaient aux dortoirs pour arriver dans la salle commune. Personne ne nous regardait et c’était tant mieux. Je n’osais pas imaginer un regard se porter sur moi. Je ne portais jamais de robe, et dans ma robe saumon voilà, j’avais vraiment l’impression d’être comme une serpière de luxe. Je pris le bras d’Emilia et l’entrainait avec moi vers le portrait de la grosse dame pour descendre dans le hall.

Il y avait beaucoup de monde, beaucoup de couples surtout. Et nous étions là, comme deux idiotes. Du moins c’est le sentiment que j’avais. Mais Emilia était bluffé, émerveillé par la salle, la décoration, son emplacement, comme si tout ça lui était…nouveau. Moi je restais de marbre. Ma mère, Seth, mes sœurs, tout le monde m’avait décrit cette pièce milles fois alors j’avais l’impression de me retrouver dans un lieu aussi commun que la salle commune.


-C’est dingue qu’ils puissent faire apparaitre une pièce comme celle-là juste pour Noël ! c’est vraiment magique !

Je la regardais surprise. De quoi ?

-Elle a toujours été là tu penses ?
-Oui. Ou en tout cas on m’en a toujours parlé.
- Alors ils la font disparaître comment ?


Je n’avais pas rêvé. Je ne comprenais pas. De quoi elle me parlait.

- Elle ne disparait pas ! Tu n'as jamais fait attention qu'elle était toujours là? Ils ferment juste les portes…
- J'ai toujours pensé que c'était un genre de placard à balais.


Je me pris d’un énorme fou rire. Il n’y avait qu’elle pour dire ce genre de chose, et pire ! Pour y croire vraiment. Enfin non, moi aussi j’en étais capable.

- Bah.. maintenant tu as ta réponse !

Et je me pris d’un fou rire. Un fou rire qui fit retourner quelques couples sur notre passage et qui fut bientôt rejoint par celui de mon amie. Je regardais tout autour de nous, écrasant une larme au passage qui coulait à mon œil droit en priant ne pas avoir fait couler de maquillage –Bien que j’en portais très peu- puis mon regard tomba sur une personne au loin, qui se tenait près de la buvette. Une chevelure blonde, des yeux vert perçant, un costume chic qui lui donnait un air de James Bond et un regard qui croisa le miens. Johannes. J’avais envie d’aller lui dire bonsoir. Même si j’étais ridicule, même si je me ferais sans doute bousculer quinze fois avant d’arriver à son niveau et qu’Emilia me détesterait si je l’abandonnais, mais j’avais envie de le voir. Cinq minutes ?

-Tu peux m'attendre 5 min? Faut que je fasse un truc...

Finalement je ne savais pas s’il m’avait vu ou non, ou alors il ne se souvenait déjà plus de moi…super. Mais j’avais besoin d’en avoir le cœur net.

- Sérieusement ? Tu m'abandonnes déjà ? Je vais trouver une table en attendant, j'espère juste éviter de me faire assassiner avant que la fête  n'ait réellement commencé.

Je me tenais les mains d’un geste suppliant pour lui demander silencieusement pardon, mais voyant qu’elle n’était pas fâchée un sourire retrouva place sur mes lèvres. Je l’adorais. Elle était géniale.

-Je te promets que je reviens vite ! Après tout, la soirée ne serait pas drôle si tu n'étais pas avec moi !

Je lui fis un clin d’œil amusé.

-File sale gosse !

Je lui tirais la langue et partait vers mon amis, un large sourire aux lèvres. J’étais heureuse. Définitivement.

Soudain, je captais son regard. Enfin. Il venait de boire cul-sec un verre de quelque chose. Je ne voulais trop savoir quoi… les garçons ! Toujours dans le besoin de se faire voir ou de prouver quelque chose. Quand je fus près de lui, je m’arrêtais, fis une révérence absolument grotesque et m’avançais sur lui pour l’embrasser sur la joue.

-Salut Johannes ! Alors, ou est ta cavalière, histoire que je file avant qu’elle ne tombe sur moi et ne m’arrache les bras pour avoir osé t’accaparer !

Je lui fins un clin d’œil tandis que je lui offrais, le plus doux et sincère sourire que j’avais dû avoir de la journée. J’étais au bal avec la meilleure amie et… je mourrais de soif ! Mon regard se posa sur le buffet à boissons et récupéra un verre de jus de pomme que je bu d’une traite. Délicieux. Comme tout ce qu’il y avait ici. Comme tout ce que poudlard avait à offrir. Et ce soir, plus que jamais, j’étais certaine que tout serais merveilleux.
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MessageSujet: Re: La Buvette   Mar 7 Jan - 0:16

En Allemagne nous avons une expression « Der Groschen ist gefallen ». Cette expression qui fait référence à l’action d’un automate une fois qu’une pièce de monnaie se fait avaler par la machine, signifie dans un anglais aproximatif que « ça a fait tilt ». Ce regard que nous nous échangions d’un bout à l’autre de la salle, elle et moi avait fait tilt. Elle, c’était Ellan. C’était amusant de voir à quel point ces deux façons que j’avais pour la dénommer pouvaient avoir une sonorité si proche, et pourtant si distincte. Ellan était l’électron libre de ma vie actuelle, une personne dont la qualification semblait évoluer à chaque instant. Inconnue… Jolie inconnue… La jolie fille de Gryffondor… Bell… Ellan. Qui était-elle véritablement ? Un véritable mystère pour moi… Une fille tellement honnête et ouverte sur ses sentiments que j’avais toujours du mal à me rendre compte si les positions ne s’étaient pas inversées. Le chasseur n’était-il pas chassé ? L’histoire d’un serpent qui se mord la queue.
Elle était surprenante. Cette qualité que je n’accordais pas à beaucoup de monde. La plupart des gens préférant suivre un patron, un guide spirituel supérieur, répétant chaque jour les tâches quotidiennes avec la précision d’un robot sur le déclin. Le cycle éternel de la nature, l’ouroboros était partout.


« Vigilance constante », disait un de mes personnages préférés d’un roman que j’avais lue quand j’étais petit. Je suivais ses conseils à la lettre, et pourtant la jeune fille avait cette épatante faculté à profiter de la moindre faille de mon dispositif, et ce de la façon la plus brutal et maladroite possible que je ne pensais même pas qu’elle s’en rendait compte elle-même. Il y avait les filles, et la fille. Le prototype original, celle qui avait été créé juste après Adam. Ellan devait en être une de ses descendantes directes, la raison même pour laquelle nous trimions sur terre plutôt que de profiter des douceurs exotiques de l’Eden.

En la voyant s’approcher, traversant la foule comme un aileron de requin fendait la mer je m’interrogeais. Je m’interrogeais sur ce qui la rendait spéciale, et pour seule réponse je ne trouvais dans mon esprit torturé qu’une collection de point d’interrogation échoué sur un sable blanc. Aujourd’hui le capitaine avait décidé de faire lever une magnifique voile dont la couleur rappelait vaguement le saumon, sans l’odeur. Elle était parfaite dans un accoutrement qui ne semblait pas appartenir à son monde, parfaitement séduisante. L’illusion était grandiose, et je ne pouvais pas détacher une seule seconde mon regard de la sirène qui en avait captivé l’attention. Comme Ulysse, je me serais volontiers attacher au mât d’un bateau juste pour profiter du spectacle ahurissant qui se déroulait devant moi.

Je réitérais ma pensée de plus tôt dans la soirée : les filles c’est nul, la fille était carrément cool. Un large sourire fendit mon visage. Elle venait pour me voir, c’était sûr.

Ce qu’i l y avait de moins sûr par contre c’était de savoir quels étaient ses intentions. Je n’aimais pas ne pas être tenu au courant, et j’aimais quand les rencontres se déroulaient sous mes conditions. Je n’étais pas contre la surprise dans le sens général, mais j’étais pour la sécurité. Je ne voulais pas répéter le fiasco de la dernière fois où je m’étais mis à débiter des âneries sur ma vie privée à la rouge et or. Cette sincérité presque malsaine était chez elle un mal contagieux, et malgré tous les égards positifs que je pouvais ressentir auprès de la jeune adolescente il y avait ce truc chez elle qui continuait à me rendre mal à l’aise.

Parlons un peu du cas Ellan Bell, alias la fille. La hiérarchie se présentait ainsi : Au moins une mère encore vivante dont les leçons de morales semblaient s’arrêter à ce que les personnes de la gentes masculines soient toujours à tenir pour coupable de chaque virement d’émotion chez une fille. Deux grandes sœurs qui foulaient le même sol que nous à Poudlard dont les réussites à la fois scolaire et sociale avaient réussi à créer un fossé entre elles et leur cadette, et surtout Ellan est une véritable bouteille qui se remplissait de chaque type d’émotion que l’on voulait bien y mettre. Mélangez-bien et ça donnera peut-être du coca cola light, attention aux mentos. Rajoutez-cela une meilleure amie qui l’avait accompagnée jusqu’à l’entrée du bal, et cela vous donne ceci : Une fille qui se rapproche dangereusement de moi, et moi qui souriait bêtement. Pourquoi ce sourire ? J’aurais dû être terrifié par cette arrivée.

Le sourire servait bien évidemment de couverture, un simple masque pour que l’on ne devine pas ce qu’il se passait vraiment à l’intérieur de ma cervelle. Mais il y avait une partie dans ce sourire qui me flanquait la chair de poule. Etait-ce de la sincérité qui venait déformer mes traits ? Si je n’avais pas déjà terminé mon verre, j’aurais peut être tenté de me noyer dans son contenu juste pour ne pas avoir à m’infliger mes abrutissante pensées. Mais c’est vrai qu’avec un physique aussi intelligent il était difficile de blâmer l’être humain plein de défaut que j’étais malgré tout, et n’importe qui dans cette salle aurait probablement fondu pour cette fille.

Arrivé à une distance que j’estimais plus que correcte, elle s’arrêta soudainement avant de me faire une révérence. Gentleman, je la lui rendais avec cette même incompréhension figé dans mon esprit. Y-avait-il une tribu  indienne près de Poudlard ? Quelqu’un avait-il abusé du calumet de la paix ? Ou alors était-ce le début des effets de la liqueur sur mon esprit embrumé ? Cette dernière profita de mon inattention pour déposer un baiser sur ma joue. Surprit ma main se posa là quelques secondes sur son épaule, et ce fut son habituel timbre de voix enjoué qui me tira de cette torpeur naissante.
« Salut Johannes ! Alors où est ta cavalière ? » Cavalière ! J’en avais oublié la tradition qui voulait que les garçons invitent une fille avant de se pointer au bal. Bien sûr, ce détail ne m’avait pas échappé plus tôt, mais avec la soudaine entrée de la jeune fille qui venait à nouveau faire irruption dans mon univers ce détail m’était sorti de la tête. « Histoire que je file avant qu’elle ne tombe sur moi et ne m’arrache les bras pour avoir osé t’accaparer. » Je retirais soudainement ma main de son épaule tandis qu’elle m’offrait un menu de luxe : Clin d’œil et sourire comprit.

Il me fallut quelques secondes pour retrouver l’usage de la parole. Ellan était une fille troublante lorsqu’elle s’y mettait, et je devais y mettre tout mon effort pour que mes actions ne trahissent pas le stress qu’elle m’infligeait. La jeune fille se servit un verre de jus de pomme qu’elle descendit d’une traite.

« Appelle-moi Hans. Jolie descente mais…» Je regrettais déjà l’autorisation que je venais d’administrer à la jeune fille. C’était ce genre de truc amis et proches seulement, et je ne m’étais pas rendu compte à quel moment elle avait pu s’infiltrer dans une de ces deux catégories. Sans laisser transparaître mon regret, arborant le même sourire comme si de rien n’était, je frappais violemment sur la table de la buvette manquant de renverser le contenu de chaque récipient qui était sur cette dernière. Ce soudain fracas qui ne dérangea pas le moins du monde les participants de ce bal, eut pour unique intérêt celui de faire apparaître un elfe de maison affolé.

« Deux Milkshake à la fraise s’il te plait. » Ajoutais-je poliment. Ces créatures étaient tellement prévisibles que c’est avec une certaine satisfaction que j’accompagnais du regard le poc de l’être magique qui se volatilisa en un instant avant de réapparaitre avec les deux boissons que je lui avais commandé. Une légère inclinaison de la tête lui fit comprendre que j’en avais terminé avec lui et je me retournais vers la rouge et or.

« C’est dans l’usage de ne pas boire seule surtout quand on est aussi bien habillée… ainsi »  Je lui tendais un des deux verres tout après l’avoir débarrassé de son verre vide.« Dans les yeux et santé ! » Nos regards se croisèrent une nouvelle fois et ne fus qu’interrompu qu’à partir du moment où nous buvions quelques gorgées du breuvage moldu. C’était l’usage certes, mais plus que ça je n’imaginais pas revoir Ellan ainsi vêtue avant un long moment et ne pas jouer le jeu jusqu’au bout aurait été un gaspillage. « Pour ce qui est de ma cavalière, je l’ai peut-être oubliée sur la piste de danse, mais là encore, j’ai peut-être aussi oublié de lui préciser qu’elle était ma cavalière alors ce n’est pas trop grave. » Un clin d’œil malicieux lancer dans la direction de la rouge et or suffit à passer le message, mais je ne pus m’empêcher de préciser.

« Ce que j’essaie de dire c’est que je suis seul. » Me retournant afin de jeter un œil sur le reste de la salle afin de m’assurer que nous n’étions pas épiés par une certaines personnes, je remarquais que cette dernière était réellement séparée en trois parties. La première était la piste de danse qui était envahi par les couples, et Pierre Mathias qui tentait de danser avec à peu près n’importe quoi qui portait une robe… Sans succès. Un léger sourire carnassier frappa mes traits, mais Bell étant là je dû retenir mon envie soudaine de jouer un sale tour au Poufsouffle.

« Je n’avais pas envie de m’embarrasser face à ma sœur qui ne doit pas être loin. » Ma sœur avait un peu le rôle de ma criptonyte si l’on devait absolument me comparer à un Superman des temps modernes. Remarquant que ma phrase avait une double interprétation, je rajoutais : « Non pas que tu m’encombres, seulement… Les sœurs, enfin tu dois comprendre non ? » La jeune fille ayant non pas une mais deux sœurs dans l’enceinte de l’école, elle était en mesure de me comprendre plus que n’importe qui d’autre.

« Cela devient vite ridicule… Enfin, et toi Ellan ? Je t’ai vu rentré avec ton amie, mais tu dois attendre quelqu’un sinon tu ne l’aurais pas laissé ? » Le ton ne voulait pas être inquisiteur, mais je me demandais quand même si la rouge et or était accompagné ou non. Pour une raison qui m’échappait, j’espérais que non. Peut-être était ce l’instinct de survie ? On ne partage pas un milkshake avec la fille d’un autre.

« Est-ce que je t’ai dit que tu es à tomber avec cette robe ? » La frontière entre galanterie et flatterie étant mince, je préférais me contenter de faire des compliments au compte goutte afin de ne pas passer pour le dernier des blaireaux. Mais la robe lui aillait vraiment à ravir, et ne pas le lui faire remarquer aurait été une insulte.


Dernière édition par Johannes Bauer le Mer 15 Jan - 0:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Buvette   Ven 10 Jan - 8:41

Le soleil était éclatant et lumineux, et laissait flotter au-dessus du château un ciel azur parsemé de nuages blancs dont l’utilité semblait se limiter à perturber l’aspect immaculé de l’atmosphère qui nous surplombait. C’était une journée presque agréable et elle se déroula comme elle avait commençait, sans histoire. On aurait pu croire que cela aurait suffi à me satisfaire, et que j’allais esquisser un sourire, mais il ne se passait rien. Rien qui puisse détourner mes pensées du fait que désormais je n’avais plus de maison, et je passais le reste du jour enfermée entre les quatre murs du cachot qui nous servait de salle commune. Je trouvais cela ironique d’une certaine façon, d’une maison où plus personne ne voulait de moi, je passais à une maison tellement recluse dans l’enceinte du château qu’il n’y avait pas moyen d’ouvrir une seule fenêtre afin de profiter des rayons du soleil. Mon humeur était sombre, pourtant je ne pouvais pas ignorer l’humeur festive qui avait contaminé les esprits de mes pairs excité par la célébration de noël et du bal qui devait l’accompagner.
J’étais l’intruse dans cette foule, et malgré mon excentricité je me sentais poussée à moi aussi faire partie de la fête. Tante Annie, la femme qui m’avait hébergé pendant l’été, avait prévu le coup et m’avait fait parvenir par hibou grand-duc une magnifique robe noire qui selon la lettre qui l’accompagnait « Contrasterait fort joliment avec la pâleur spectrale de ma peau ». Elle était vraiment très  belle, et malgré sa couleur, les coutures semblaient scintillaient faiblement à la faible lumière de ma chambre. Je la déposais avant de la froisser, et la déployait de toute sa longueur sur le matelas de mon lit.

Troublée par mon propre reflet, je me rendais compte que cela faisait longtemps que je n’avais pas pris le temps de me regarder plus d’une vingtaine de seconde dans le miroir. Brisée en mille morceaux, j’avais l’impression d’observer mon âme se détacher morceaux par morceaux de mon corps tandis qu’une jalousie que je savais que trop présente dans mon esprit, faisait naître une certaine frénésie dans mon for intérieur. Observer toutes ces petites têtes blondes autour de moi, tous plus excités les uns que les autres par la perspective du bal dont l’heure approchait un peu plus à chaque seconde. J’avais cette impression d’attendre le compte à rebours d’une bombe, et tandis que j’évoluais dans la salle de bain telle une sirène dans l’océan, je tentais d’améliorer au possible mes caractéristiques physiques  à force de crayon, eye liner, et d’un rouge à lèvre rosé qui se mariait parfaitement avec le reste de mon visage.
Sentant une impulsion qui commençait à crisper dangereusement mes muscles alors que je me faisais bousculé par les allées et venues des jeunes filles qui venaient pour se préparer ou bien pour complimenter faussement leurs voisines, je me décidais à la quitter bousculant à mon tour les jeunes dindes qui s’interposaient entre moi et la sortie. Je pris une longue inspiration, tandis que je me rendais compte à quel point j’étais petite par rapport aux personnes qui m’entouraient.
Puis, me remémorant le renvoi de ma propre image à travers le miroir, je ne pouvais m’empêcher de trouver ma propre attitude étrange et même étrangère. Est-ce que j’étais vraiment cette figure livide que la vie elle-même semblait avoir quittée ? Je ne pouvais pas douter de la réalité, et lorsque mon regard remarqua à nouveaux les mines enjouées des autres élèves, je sentis à nouveau mon cœur se serrait d’avantage. À une époque pas si lointaine j’aurais pu être n’importe laquelle de ces adolescente, souriante et juste heureuse de pouvoir embrasser chaque nouvelle journée avec cette même volonté commune qui semblait animé tout un chacun. Néanmoins comme chaque ère devait prendre fin, la mienne semblait être morte avant même d’être sortie de l’œuf. Légèrement dégoûtée par mes propres pensées, je finissais par enfiler ma robe. Alors que je fermais la fermeture éclair avec l’aide de ma baguette magique, je ne pouvais pas m’empêcher de comparer mon apparence à celle d’un corbeau.

Un magnifique corbeau noir prêt à prendre son envol crépusculaire et à dominer la nuit par sa gracieuse élégance déroutante. Un premier sourire satisfait vint adoucir la dureté de mon visage tandis que je tournais sur moi-même afin d’observer l’habit sous le moindre de ses angles. Emportée par la vigueur de la jeunesse, je sortais des cachots pour rejoindre les lieux des festivités. Mon regard noisette se planta invariablement sur chaque groupuscule qui semblait s’être formé à l’intérieur de la salle ovale. Obligatoirement avec la précision d’un chasseur alpin mon attention s’arrêta sur la table quasiment abandonnée par la buvette. Par quasiment j’entendais la présence de deux personnes particulières puisque l’un d’entre eux appartenait à ma maison, et l’autre à la maison rivale des Gryffondors. Ma gorge était assez sèche pour que je ne souhaite pas faire plus d’histoire de l’étrange réunion qui se déroulait autour de la tablée, et après quelques longues enjambées je me retrouvais derrière l’étrange couple face à un menu que je ne comprenais qu’à moitié.

- Sang de crapaud, murmurais-je sans prendre la peine de masquer la grimace qui venait se figer sur mon visage.
Mon bras se dirigea instinctivement vers ce qui ressemblait le plus à une bouteille de champagne avec laquelle je remplissais aux trois quart une coupe du liquide doré. Rapportant mon attention à la paire derrière moi, j’hésitais encore à engager une conversation.

- Où est-ce que vous avez trouvé vos boissons ? Me risquais-je de lancer, reconnaissant l’odeur particulière du milkshake à la fraise que les deux élèves avaient dans leurs récipients. Je ne l’ai pas trouvé dans le menu.
Je concluais ma tirade par une longue gorgée du précieux fluide qui prenait désormais le chemin le plus court pour envahir mes veines. Fichant mon regard sur le couple, je tentais le miracle de noël en engageant un sourire qui se voulait sympathique, puis me rendant compte à quel point l'étirement de mes lèvres était faux je me ravisais aussitôt. A la place j'esquissais un petit mouvement de la main façon miss pour saluer le blondinet et la petite brunette.


Dernière édition par Aya C. Keiko le Ven 17 Jan - 21:01, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: La Buvette   Jeu 16 Jan - 15:01

Spoiler:
 

Nombreuses avaient été les fois durant ma scolarité où l'on m'avait affirmé que malheureusement les couleurs rouge de Gryffondor qui m'était si cher n'allaient pas à mon teint ou plutôt ce qui encadrait chaque partie de mon visage, autrement dit ma chevelure rousse, repérable facilement et dont en effet les nuances rouilles ne s'adaptaient normalement pas à celle des lions. Ces préjugés, je soufflais dessus avec une exclamation de dédain bien mérité, parce qu'être une Bauer signifiait avoir l'élégance jusqu'au bout des ongles et dans la peinture de ces derniers et pour moi il n'y avait aucune entrave aux objections soulevées quant aux somptueuses robes de bal que je devais m'interdire, simplement parce que Mère Nature et la génétique en avait décidé autrement.

C'était mon premier bal, non pas en tant qu'élève, mais assistante et mes préoccupations n'étaient plus les mêmes, comme de devoir trouver un cavalier. L'un des enseignants allaient certainement m'accorder une danse, j'allais en proposer une à James, en souvenir du bon vieux temps également, mais cependant, être bien endimanchée restait l'une de mes exigences et c'était ma façon à moi et de rendre honneur à l'école de sorcellerie Poudlard mais également à mon ancienne maison, comme l'attestait la robe que j'avais choisi pour cette occasion si particulière dans l'année. Je souris à mon reflet en la revêtant, car je ne doutais pas que j'étais plus élégante que certaines des élèves qui confondaient la féminité avec la vulgarité, et je ne doutais pas voler la vedette à plusieurs d'entres elles. Je ne tardais pas à relever mes cheveux qui retombaient sur mes épaules en une coiffure élaborée par mes soins d'où s'échappèrent à la fin plusieurs mèches rousses et bouclées, dont deux, plus longues, de chaque côté de mon visage.

Je connaissais l'importance de ma mission de ce soir, jouer les chaperons et je m'en sentais très honorée, aussi avais-je décidée de la prendre à cœur car l'âge m'avait donné de nouvelles responsabilités, soit, je voulais me montrer capable de les tenir. En plus, cela me laissait tout à loisir de surveiller Johannes tout en ayant l'excuse rêvée d'être dans son dos sans qu'il ne trouve cela suspect, parce que je ne doutais de sa roublardise derrière ses yeux innocents. Après tout même si nos deux maisons étaient radicalement opposées, nous faisions partie de la même famille, bien que nos méthodes... Divergeaient. Seulement à mes yeux, il ne restait encore qu'un enfant sur lequel je devais avoir un œil protecteur. Qui allait s'en charger, sinon ?

Professeurs et assistants se trouvèrent être les premiers en place, et je me sentais trépigner... d'impatience, d'anxiété ? Ce cœur qui battait un peu plus vite que d'habitude laissait présager ce qui allait suivre et l'effervescence qui allait peut à peu immerger l'immense salle et toute l'organisation et l'énergie qui avait été dépensées derrière les buffets plein à craquer n'allaient pas tarder à être mis à néant, sitôt les premiers élèves présents. Il n'y eut toutefois pas vraiment d'inquiétude à avoir au tout début car les premiers arrivés étaient généralement les plus calmes et j'entamais la discussion avec Phil Prescott qui comme toujours était habité par son charisme et agissait avec cette désinvolture, mêlée à de la décontraction qui lui était propre, riant sous cape de Naoko Nakamura à qui ont avait l'air d'avoir forcé à boire la bave de crapaud qu'elle réservait normalement aux élèves qui n'avaient pas su réussir correctement leur potion en cours.

Je finis par abandonner sa charmante compagnie au bout d'un moment ; à présent la salle de bal était pleine à craquer, la musique en fond au début s'était faite plus forte et imposait son style qui différait selon chaque chanson pour m'approcher de la Buvette, en premier lieu pour chercher de quoi boire, mais aussi parce que c'était un coin stratégique des enfants facétieux qui ne perdaient jamais une occasion de boire en cachette une boisson qui leur était strictement interdite au vu de leur âge... Il y avait même un groupe de plusieurs jeunes qui s'étaient regroupés autour de la table principale des boissons très vraisemblablement pour comploter un plan tout ce qu'il y a de machiavélique et vider les bidons des whisky Pur Feu... En m'approchant, je vis aussitôt une silhouette que je reconnaissais bien sans avoir particulièrement cherché à retrouver. Lorsqu'on parle du loup, c'est le moment qu'il choisit pour sortir hors du bois !

- Qu'est-ce qu'il y a, là dedans ? Questionnai-je sans prendre la peine de saluer la petite bande, mais en pointant du menton l'inoffensif Milkshake à la fraise que tenait Johannes dans sa main et dont le parfum était reconnaissable à trois kilomètres à la ronde, ce qui me rendait encore plus suspecte.

Je fronçais le nez pour lui indiquer que je n'étais pas dupe. J'avais eu son âge avant lui et je savais bien quelles étaient ces plaisanteries par lesquelles j'étais également passées. Sans avoir l'air d'être celle qui n'était présente ici qu'uniquement en termes de réprimandes je laissais se développer un sourire sur mes lèvres, pour l'observer bien en détail.

- Je suis ravie du choix de ton costume, commentai-je, rassurée de voir qu'au moins, il ne me faisait pas honte auprès de mes collègues. Comme ta cavalière, poursuivis-je en adressant un regard à cette jeune fille brune qui se trouvait être à ses côtés.

Je me tournais vers la troisième personne qui composait la petite brochette ; mes yeux tombèrent inévitablement sur la coupe qu'elle tenait en main que je n'avais pas su remarquer immédiatement parce que mon attention était occupée ailleurs. Sans attendre, je pointai du doigt son verre déjà entamé.

- Je ne pense pas que cela corresponde à une enfant de votre âge ma chère, déclarai-je d'un ton maternel, car je ne voulais pas me montrer cinglante, mais je ne pouvais pas laisser cette fille avec une coupe de champagne à la main et à la place j'entrepris de lui servir un verre de jus de citrouilles pour le remplacer avec ce qu'elle avait à la main en inter-vasant les liquides à l'aide de ma baguette magique. Ce qui, je vous l'assure, arrivera bien assez tôt.

Pour illustrer mon propos, je pris moi même un peu de champagne pour en boire une gorgée. J'ajoutais à l'attention de tous, juste ensuite :

- Vous ne devriez pas être en train de danser, comme tous les autres ? Mon impression de départ n'avait toujours pas disparu, et j'étais bien décidée de lever cette histoire au clair.
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MessageSujet: Re: La Buvette   Ven 17 Jan - 3:28

Ok ce n’était pas fait pour moi. Ok j’avais comme l’étrange impression d’être une poupée de chiffon à laquelle on aurait mis une robe de barbie et ok je me sentais compressé et ridicule dans cette robe qui serait tout aussi bien allé à une poupée de porcelaine plutôt qu’à moi qui avait pour coutume de me cacher dans les branche du saule chez nous pour éviter les photos avec Tante céline quand elle nous offraient à toutes des robes qu’elle ramenait de ses voyages. Kimono violet ou robe de danseuse espagnole, j’étais toujours boudiné, ou du moins j’en avais l’impression, et puis les robes ne m’allaient pas. J’avais surtout l’air idiote. Comme aujourd’hui, comme maintenant, comme à l’instant, mais j’oubliais tout ca, je ne pensais même plus à mon allure, qui devait être maladroite sur des talons, et aussi les grands pas que je faisais malgré moi alors qu’il était plus charmant d’en faire de petits. Je ne pensais plus au fait que je venais lâchement d’abandonner ma meilleur ami pour un type qu’elle n’aimait pas beaucoup –raison pour laquelle je n’avais rien dit quant à ce que je comptais faire- et aussi, je ne pensais pas au fait qu’il me regardait, qu’il me détaillait d’aussi loin qu’il était. Bon sang, ce genre de chose n’était vraiment pas faite pour moi.

Puis j’arrivais devant lui. Lui. Ou Johannes Bauer pour les moins intimes et ceux qui connaissaient son nom. Il était de sang mêlé mais ne voulait pas le dire, et il jouait assez bien aux échecs pour m’avoir proposé de m’apprendre. Et aussi il était poisson ! On était né le même jour et il était à serpentard. En bref, mise à part la date de naissance, on n’avait pas vraiment de points communs, mais ça ne m’empêchait pas de l’apprécier. Certes, j’avais toujours intérieurement cette crainte, celle qui me brulait la gorge quand j’essayais de dire « Les serpentard sont des gens bien », celle qui apparait qu’on n’est pas certaine de réellement la vérité. Le genre de chose qu’on dit quand on veut le croire. Et je le voulais. Je voulais croire à ça. Et à tant d’autres choses.

Comme par exemple, je voulais croire que s’il me dévisageait de la sortes, c’était parce qu’il était surpris du fait que je sois jolie, et pas parce que j’avais l’air d’un chamallow. J’avais envie de croire que s’il posait sa main sur mon épaule ce n’était pas pour me repousser à des kilomètres de lui parce que je m’approchais au même moment pour l’embrasser sur la joue. J’avais envie de croire, aussi, que c’était mon sourire et mon clin d’œil qui lui avait cloué le bec et pas le fait que je venais de le déranger en plein rancard parce que concrètement, c’était très exactement ce dont j’avais l’impression, là, maintenant, tout de suite, face à lui, alors qu’il ne disait pas un mot et que moi j’étais là, comme une idiote, une fois de plus, mais cette fois-ci avec un verre de jus de pomme alors que je n’aimais même pas spécialement ça !


Je le bus d’une traite. Je n’avais que ça à faire, et le reposer maintenant aurait été stupide. Et ça aurait aussi et surtout été du gaspillage. Je n’aimais pas le gaspillage. En fait, je me disais que plus tard, j’aurais mon jardin avec mes fruits et légume. Je ferais pousser de belles tomates mais surtout et aussi des fraises. J’aimais tellement les fraises ! Mais Johannes, lui avait une odeur de…noix de coco. Doux, frais, exotique, intriguant, un peu excitant…enfin non ! enfin si ! enfin peut-être… mais surtout, il me donnait chaud…enfin non ! froid ! enfin… il était une noix de coco quoi.

« Appelle-moi Hans. Jolie descente mais…»

Descente de quoi ? Hans ? Je regardais ma robe intrigué. Elle était un peu transparente mais…

-On voit mes seins ? J’avais beau regarder ma robe, je me disais que justement, je devais être une des rare à ne pas avoir mis de décolleté alors pourquoi il parlait de descente ? Et c’était quoi une descente ? genre un col v dans une robe ? Une descente vers mes attribue féminin ? Hooo ce type disait toujours des trucs bizarres ! Qui n’avait rien à voir avec la conversation d’ailleurs ! Mais voyant que la conversation tournait une fois de plus à la gêne, je changeais vite de sujet.

-Hans. Hans. Hans. Ok, c’est imprimé.

Il m’adressa un doux sourire. Et tout étais oublié. Avec lui, c’était appréciable, vraiment. En une seconde, c’était comme si on reprenait tout à zéro mais en gardant le positif, et en balayant tout ce qui nous mettait mal à l’aise ou nous gênait. J’aimais son sourire. Franc et plein de retenu, comme s’il avait peur de mettre ses sentiments à nu. Un peu comme s’il voulait me cacher quelque chose… mais je ne dramatisais pas ! Un jour ou l’autre, il me raconterait les moindres détails de son esprit compliqué entre deux phrases qui n’auraient rien à voir, ou en plein repas, quand je lui demanderais s’il aimait la noix de coco et les fraises, s’il trouvait que c’était un bon mélange et si, pour lui aussi, une pointe de cannelle dans la salade de fruit c’était LA cerise sur le gâteau.

« Deux Milkshake à la fraise s’il te plait. »

Milkshake à la fraise ? Je me retournais violement vers Hans, des étoiles dans les yeux. Il s’en était souvenu ! C’était tellement adorable et délicat de sa part aussi, il fallait l’avouer. Je mourrais d’envie d’un mikshake à la fraise depuis… des jours, des semaines, je ne savais plus, mais j’en avais envie. Et je ne savais pas qu’on pouvait demander des choses qui n’étaient pas sur la carte…

« C’est dans l’usage de ne pas boire seule surtout quand on est aussi bien habillée… ainsi » Je me sentais rougir tendis que je lui prenais le verre des mains… s’il manquait juste quelque chose à ce tableau plus que parfait c’était une paille…à bout pivotant…vert…ou…non vert c’était bien. Vert et rouge, comme nous. Oui il nous fallait des pailles….« Dans les yeux et santé ! »

Pas besoin de préciser. Je n’arrivais pas à détacher mes yeux bruns de ses yeux verts tout en affichant encore mon sourire béat. Katie et Camille auraient bien rigolées si elles m’avaient vu ici, avec lui, avec ce milkshake dans les mains… Et ! et nos pailles ?

J’étais mauvaise en cours. Il fallait l’avouer. Je n’avais pas la patience de Camille pour l’histoire de la magie, ni les dons de Katie pour les sortilèges mais j’adorais la métamorphose et je connaissais les sorts qui me servait. Et savoir transformer un gobelet en plastique en paille, c’était carrément un sortilège que je maîtrisais ! Attendez, c’était trop utile ! Si jamais je me retrouvais sur une ile déserte avec seulement un gobelet et ma baguette ! bah je préfèrerais autant avoir une paille ! Je peux boire l’eau avec et aussi me cacher sous l’eau et m’en servir pour respirer pour éviter les bêtes sauvage comme…les loups par exemple ! C’était flippant les loups ! ils hurlent, se cachent dans les buissons…mais ne vont pas dans l’eau !

Je sortais donc ma baguette que j’avais habillement caché en dessous de ma robe –J’avais vu un truc du genre dans Tom Rider. Mais elle c’était ses pistolets qu’elle accrochait à sa cuisse- et la pointa sur un des gobelets « Abracadabra ! » Non, ce n’était pas la formule. En fait il fallait juste penser très fort à ce qu’on voulait et ça marchait, mais c’était plus amusant de dire ça. Quoi qu’il en soit, deux pailles vertes apparurent sur la table et j’en mis une dans le verre de Hans avec un grand sourire.

-Et voilà ! Comme ça, c’est parfait !

Je pris la paille dans ma bouche et commençait à aspirer. Certes, dans deux minutes nous aurions mal à la tête mais on s’en fou ! C’est la fête et puis, un milkshake sans paille c’était comme un livre sans…non, comme un campement sans feu de camp, comme un feu sans chamalow et un bal sans milkshake, bref, c’était pas crédible.

« Pour ce qui est de ma cavalière, je l’ai peut-être oubliée sur la piste de danse, mais là encore, j’ai peut-être aussi oublié de lui préciser qu’elle était ma cavalière alors ce n’est pas trop grave. »

Hein ? Je regardais naïvement vers la piste de danse comme si j’allais y trouver mon paradis.

« Ce que j’essaie de dire c’est que je suis seul. »

Un large sourire apparut sur mes lèvres. Je n’étais pas seule à n’avoir trouvé personne ! Cool ! Enfin non, pas pour lui. Les garçons trouvaient honteux d’être seul… Non ?

-Moi aussi ! Enfin, je suis venue avec Emilia quoi ! Et ça vaut carrément mieux crois-moi…

« Je n’avais pas envie de m’embarrasser face à ma sœur qui ne doit pas être loin. » Je lui fis de gros yeux. « Non pas que tu m’encombres, seulement… Les sœurs, enfin tu dois comprendre non ? » Ouf ! je lui fis oui d’un geste du visage. Moi aussi j’avais pas vraiment envie de croiser mes sœurs…c’était toujours hyper gênant du genre « Vous êtes mignon ensemble ! vous sortez ensemble ? Vous vous êtes déjà embrassé ? et si vous alliez danser ? » euh… comment ruiner en deux minutes le début d’une vie sociale ? Envoyez un hibou à « grande sœur sans frontière ».

« Cela devient vite ridicule… » Je ne pouvais qu’approuver. «Enfin, et toi Ellan ? Je t’ai vu rentré avec ton amie, mais tu dois attendre quelqu’un sinon tu ne l’aurais pas laissé ? »

Je le regardais surprise.

-Bin c’est pour venir te voir que je l’ai laissé…je t’ai vu et j’ai dit « je reviens » et je suis venue te voir. Pour qui d'autre j’aurais pu quitter ma meilleure amie si ce n’était pour toi voyons ?

Une fois encore je n’avais qu’une envie, c’était de lui sourire. C’était évident non ? et puis ma boisson était tellement bonne !
 
« Est-ce que je t’ai dit que tu es à tomber avec cette robe ? »

Ce milkshake…on sentait tellement la fraise, et on voyait même quelques morceaux. Il y avait ce léger gout de glace vanille qui pétrifiait la langue quelques seconde et ce froid dans mes mains me donnait juste envie d’un gros câlin pour me réchauffer. C’était parfait. Juste parfait. En fait, c’était le deuxième meilleure que j’avais gouté de toute ma vie. Le premier étant celui préparé par maman en été bien sûr. Je réalisais alors qu’Hans me parlait et tentant de me remémoré la phrase mais seul les mots « dit » et « tomber » me revenait vraiment.
 
-Oui ! Tu as raison, ce milkshake est à tomber ! Mais un jour tu devrais venir chez moi, ma maman en fait de meilleur. Et oui, et oui c’est possible !
 
Je n’arrivais pas à effacer ce côté fière que j’avais. Ma mère était comme une fraise bien mûre qu’on a envie de croquer, même sans la trempé dans du sucre.
 
-En tout cas merci beaucoup. Ce milkshake est délicieux, et tu es très beau ! Les filles n’ont sans doute pas osé te demander parce qu’il faudrait être folle pour refuser de t’accompagner au bal.
 
Nouveau grand sourire. Les compliments me mettaient toujours mal à l’aise, mais c’était impossible de ne pas lui en faire en cet instant. Si seulement Em pouvait le voir avec mes yeux ! c’était difficile de me dire que ma meilleure amie et mon..heu..Hans ne pouvaient pas se voir. Mais je ne disais rien. Je ne voulais blesser aucun des deux. Alors je jonglais comme je pouvais.
 
- Où est-ce que vous avez trouvé vos boissons ? Je me retournais vers la jeune fille qui venait de nous parler à Hans et moi. Une jeune fille aux longs cheveux brun, une robe ravissante –Je n’étais que plus déçus par la mienne- et une allure sure d’elle, comme dominante. Je ne l’ai pas trouvé dans le menu.

Je me retournais vers elle avec un sourire.
 
-Ho ! C’est Hans qui a demandé spécialement aux elfes de nous en faire ! Je suis certaine qu’ils seraient ravis de t’en faire aussi ! Je m’approchais un peu plus d’elle et lui tendis doucement la main. « Ellan ! » mais elle me fit –nous fit ?- un signe de la main. Ok. Je rabaissais ma main en rougissant.
 
- Qu'est-ce qu'il y a, là dedans ? Je me retournais vivement à nouveau, surprise de cette nouvelle voix. J’eue même un sursaut de surprise. C’était le professeur Bauer, la sœur de Hans. Enfin, elle n’était pas vraiment professeur, mais je ne voyais pas comment l’appeler autrement. Ce dont j’étais certaine cependant, c’était que j’aurais aimé être à la place de mon ami…
 
Elle inspecta nos verres, ce qui rendait l’atmosphère disons.. Tendu, même si nous n’avions rien à nous reprocher, puis elle posa ses yeux sur son frère. Son regard était à présent celui d’une sœur, pas d’un professeur. Je n’imaginais pas ce que ca devait faire de voir son frère ou sa sœur professeur, voir sa mère ou son père. Comment il l’appelait ? C’était bizarre non ? Il devait avoir l’habitude de l’appeler…hm…je ne savais plus son prénom, mais bref ! En tout cas, j’aurais bientôt ma réponse.

 
- Je suis ravie du choix de ton costume, Comme ta cavalière.

Me revoilà qui rougissais. Ils avaient décidément un don pour ça dans cette famille. « Je… »
 
- Je ne pense pas que cela corresponde à une enfant de votre âge ma chère. Ce qui, je vous l'assure, arrivera bien assez tôt.

Retour du professeur en flèche. Je crois que je préférais encore la place que le professeur Bauer m’avait attribuée plutôt que celle de la nouvelle venue. Elle prit la coupe de champagne qu’avait pris son élève et l’utilisa pour elle-même. Je pris une gorgé de mon milkshake. Dans ces moments-là, autant ne rien dire…
 
- Vous ne devriez pas être en train de danser, comme tous les autres ?

Je faillis m’étouffer avec de la glace à la vanille et des fraises ! Il fallait le faire, mais j’y étais presque arrivé. Mais je me repris très vite. Comment dire à la sœur d’un type que j’aimais beaucoup que j’étais une affreuse danseuse, que j’avais deux pieds gauche, que je ne savais même pas comment faire et tout ça, sans qu’elle se dise que je n’étais pas digne d’accompagner son petit frère au bal alors que nous n’étions même pas ensemble alors que, pourquoi on n’aurais pas pu y aller ensemble hein ? Parce que j’étais mauvaise ? Ouais et alors ! Oui enfin… je n’allais quand même pas dire clairement ce que je pensais au professeur Bauer pour la simple et bonne raison que je préférais encore me ridiculiser plutôt que de devoir passer plusieurs heures avec elle en colle à devoir répondre à des questions très privé nous concernant moi et le serpentard. Je jetais un coup d’œil à Hans, comme pour le supplier de dire quelque chose, puis finalement me lançais. J’étais à gryffondor non ?... oui… pourquoi je ne me lançais pas ?! Il fallait que j’arrête de me poser des questions.
 
-Pas tout de suite. Trop de monde. Pas la bonne danse et puis… Hans préfèrera sans doute danser avec quelqu’un d’autre que moi… mais peut-être vouliez-vous danser avec lui professeur ?
 

Moi j’essayais de contourner le problème « grande sœur  indiscrète » en le refilant au petit frère qui essayait de le fuir depuis le début de la soirée ? Oui.. Très bien, c’était un cruel manque de courage, mais j’étais trop intimidé pour agir autrement et à vrai dire, j’espérais qu’une chose : Qu’il me prenne le bras et prétexte…n’importe quoi mais pitié, que quelqu’un dise quelque chose pour détendre l’atmosphère ! 
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MessageSujet: Re: La Buvette   Mar 21 Jan - 1:49

En général j’étais assez à l’aise lorsque je devais interagir avec d’autres personnes. Fin anthropologue, j’aimais observer, étudier, apprendre et répéter leurs expressions, langage corporel et me fondre dans la masse. En quelques minutes, je pouvais passer de la place de simple connaissance, à ami proche avec la plupart des gens avec qui je prenais le temps de m’arrêter. Toujours un pas en avant sur mes interlocuteurs, je comprenais leurs émotions et je savais les manipuler. Que cela soit pour les énerver ou les séduire je savais exactement ce qu’il me fallait faire, ou ce qu’il fallait dire pour les faire réagir dans la direction que je souhaitais, et j’estimais ma science comme étant assez précise pour que cela fonctionne la plupart du temps à part avec quelques excentriques qui ne fonctionnait juste pas comme la plupart des gens. Mais même dans ce cas-là je savais qu’il s’agissait pour moi que d’une simple question de temps pour que je finisse par découvrir ce qui les faisait tiquer, ce qu’ils aimaient et ce qui les rendaient fou.
Parmi ses excentriques, je situais Ellan au sommet de la liste. Nous parlions souvent, nous nous rencontrions assez souvent, et je passais chaque instant possible à l’observer. Je pensais la connaître, et je ne pouvais même pas prétendre qu’elle cherchait particulièrement à être aussi illisible qu’elle apparaissait sous mes yeux. Elle était surprenante, et si je savais que j’étais en général toujours en avance sur la plupart des gens, à chaque fois que je m’adressais avec la maladroite rouge et or, j’avais l’impression de rentrer dans un labyrinthe sans fin.
Aussi lorsque je voyais la fille qui aimait passer son temps dehors apparaître aussi élégante dans une robe je n’avais pas vraiment l’impression d’en mener large. Mais j’acceptais le défi qu'elle représentait, et lorsque j’étais sur cette lancée il n’y avait plus grand-chose qui pouvait me défaire de mon idée, ainsi j’observais chacun de ses mouvements avec un intérêt tout particulier, et je ne pouvais m’empêcher de trouver le doux parfum de fraise particulièrement enivrant, mais là c’était peut-être une réaction typique qui suivait le whiskey pur-feu bu cul sec.
Je pouvais lire dans son air intrigué qui fixait sa robe, une certaine forme d’inquiétude chez la jeune fille, mais je n’arrivais pas à voir ce qui pouvait tellement déranger la jeune fille. Elle était juste parfaite dans sa robe saumon, et il n’y avait rien que je n’aurais changé qui aurait pu améliorer son apparence physique pour la soirée. Je ne l’aurais pas non plus deviné.

« On voit mes seins ? » Mes yeux émeraude s’écartèrent, et tentèrent de chercher quelque chose au niveau de la poitrine de la jeune fille. Lorsque je finissais par remarquer ma réaction qui trahissait ma condition d’homme esclave à ses fantasmes je préférais dériver la conversation vers autre chose, croisant les doigts pour que cela soit la dernière fois de la soirée que la jeune fille ferait mention de ses seins, qui d’après ce que j’avais pu deviner, semblait s’accorder parfaite à la silhouette de la jeune fille.
Je comprenais qu’elle ne comprenait rien. Ou peut-être voulait-elle me faire croire qu’elle ne croyait rien, dans un jeu taré du chat et de la souris. Qui était le chat ? Qui était la souris ? Je n’en avais plus aucune idée, tout ce que je pouvais dire c’était que j’étais assez satisfait du pas que prenait notre relation.

« Hans. Hans. Hans. » Trois est un chiffre magique. « Ok, c’est imprimé. » L’image d’un photocopieur logé à l’intérieur de la cervelle de la jeune fille se grava un moment dans mon esprit. J’échangeais un sourire pour saluer l’effort… Je ne voulais juste pas en revenir sur ses seins.
Je prenais commande pour la Gryffondor et moi. Elle rougissait. Bingo. Je savais qu’en cet instant j’avais gagné quelque chose qui s’approchait du gros lot. Les mecs en général ne s’attardent pas sur les longues conversations qu’ils pouvaient entretenir avec le genre opposé. Il y avait comme une allergie à tout ce qui nous dépassait naturellement, comme leur envie soudaine pour certaine chose qui n’avait strictement rien avoir avec leurs situations actuelle. Ou leurs craintes maladives sur des maux dont elle ne souffrait aucunement, créant ainsi dans leurs psyché une certaine forme de maladie imaginaire sur les diverses transformations que pouvait subir leurs corps au moment de la puberté. Personellement j’adorais ça, c’était même la seule chose qui expliquait pourquoi je parlais encore avec la gente féminine. Tous ces problèmes qui n’en était pas, représentait un véritable vivier pour un collectionneur comme moi. Heureuse, malheureuse, cela n’avait pas d’importance. Chaque fille criait pour la même chose : Un besoin intarissable d’attention. Que cela soit ma mère, ma sœur, ou même cette fichue vipère de Vesper Hyde : Tout ce qu’elle demandait c’était de l’attention. Que l’on remarque qu’elles sont en vie, et qu’il y avait quelque part une certaine importance à ce qu’elles le soient. Heureux sont les simples d’esprit.
Seulement on avait beau faire tous les efforts du monde, l’interprétation parfaite était impossible. On ne pouvait pas aligner des hypothèses à la suite en estimant que ces dernières n’aurait pas besoin de retouche pour concorder parfaitement à la réalité. Ce milkshake ne faisait pas exception à la règle. Ellan piqua deux gobelets de la table, et sortit sa baguette du dernier endroit où j’aurais sorti la mienne. Surprit je la vis agiter cette dernière pour transformer les deux gobelets en paille vertes, et elle en jeta une à l’intérieur de mon verre.

*Pratique.* Et je notais intérieurement que les résultats scolaire de la jeune fille ne reflétait pas forcément son talent naturel à créer de la matière à partir du vide.

« Et voilà ! Comme ça, c’est parfait ! » S’exclama la jeune fille qui commençait à aspirer le contenu du récipient grâce à l’ustensile qu’elle tenait entre ses doigts. Cette fille était un véritable chamalow. J’acquiessais en souriant, et j’aspirais à mon tour.
J’avais toujours estimé qu’aspirer quoi que ce soit à travers une paille avait tendance à vulgariser le contenu de la boisson. Mais pour ne pas déranger la fille, j’aurais été capable d’engager un slow en caleçon si elle avait vraiment insistée. Au moins elle ne l’avait pas fait et je pouvais m’estimer assez heureux pour ça.

« Moi aussi ! Enfin, je suis venue avec Emilia quoi ! Et ça vaut carrément mieux crois-moi… » Entendre le nom de Brown ne me faisait ni chaud-ni froid. Je savais qu’elle ne me tenait pas particulièrement dans son cœur, mais je m’en fichais. Des filles comme elle il y en avait tellement que je ne pouvais pas me permettre de perdre mon temps à me faire accepter par chacune d’entre elles. Ainsi je préférais dévier la conversation sur la famille, cela valait beaucoup mieux que de toucher la corde sensible qu’avait créée Ellan avec sa meilleure amie. Mais je ne pus m’empêcher d’imaginer à quoi aurait ressemblait la scène si moi-même je m’étais fait accompagner par Connor et Marcus… Et puis, je préférais laisser la laborieuse tâche aux quelques dessinateurs de Yaoi qui aurait eu cette même idée.
« Bin c’est pour venir te voir que je l’ai laissé… Je t’ai vu et j’ai dis « je reviens » et je suis venue te voir. Pour qui d’autre j’aurais pu quitter ma meilleure amie si ce n’était pour toi voyons ? » A ce moment là j’ai dû avalé un morceau de fraise de travers parce que j’avais du mal à ne réagir face à la déclaration d’Ellan. Mais je préférais reste d’aplomb, et de maintenir cette même apparence lisse à mon visage, tout en l’accompagnant d’un tendre sourire. Il n’était pas pour moi le moment de succomber à mes propres armes.
« Oui ! Tu as raison, ce milkshake est à tomber ! Mais un jour tu devrais venir chez moi, ma maman en fait de meilleur. Et oui c’est possible ! » Des fois, pour ne pas avoir à dire tout le temps, je me demandais si Ellan comprenait les mots qui me sortaient de la bouche. Puis je me rendais compte que c’était sans importance tant qu’elle semblait y trouver son bonheur.
« C’est une invitation alors ? » Rajoutais-je en enchaînant un clin d’œil discret à la jeune fille. « J’ai hâte que ce jour arrive alors. », et puis j’aspirais. Le milkshake était vraiment bon, et je me demandais si elle mentait ou pas en disant que sa mère était capable d’en faire des meilleurs. A moins que cela ne soit cet « amour maternel » qui ne rende la boisson de la matriarche de la famille Bell si spéciale.

« En tout cas merci beaucoup. Ce milkshake est délicieux et tu es très beau ! Les filles n’ont sans doute pas osé te demander parce qu’il faudrait être folle pour refuser de t’accompagner au bal. » Cette fois-ci je rougissais. Clairement, pas d’excuse, j’étais rouge comme une tomate. Je portais ma main à mon front pour masquer une partie de mon visage mais sachant que c’était quasiment aussi utile que de brosser les dents à un dragon enragé je ne m’arrêtais pas là.
« Mon cerveau a gelé… » Mentis-je en essayant de faire passer ma rougeur pour une simple réaction après avoir avalé le liquide gelé. Je clignais plusieurs fois des yeux pour maintenir cette simple illusion avant de soupirer un : « Ça ira mieux dans quelques instants. »
Une jeune fille fit irruption à la buvette. Je pensais reconnaître la voix, mais j’étais assez occuper par mon visage qui reprenait peu à peu ses couleurs normales.

« Où est ce que vous avez trouvé vos boissons ? Je ne l’ai pas trouvé dans le menu. »
Ellan était d’un naturel sympathique, et je pouvais voir que dans son comportement qu’elle tentait d’identifier la meilleure attitude à prendre pour acceuillir l’étrangère. Seulement voilà, je leur montrais mon dos en attendant que mon teint soit plus présentable, et c’est Ellan qui répondit en première à la jeune fille.
« Ho ! C’est Hans qui a demandé spécialement aux elfes de nous en faire ! Je suis certaine qu’ils seraient ravis de t’en faire aussi ! Ellan ! » Je ne savais pas en quoi consistait l’échange de prénom, mais je n’aimais généralement pas que l’on signe de mon nom un acte théoriquement répressible par les autorités. Ainsi je finissais par me retourner pour faire face à la situtation, et ce que je vis eut de quoi me surprendre.
Keiko. Connaissance amicale de Connor. Je ne savais que très peu sur elle si ce n’était qu’elle avait du mal à me supporter depuis le début de l’année. Ne me laissant pas déglinguer pour autant, je lui souriais comme chaque matin espérant peut être un jour trouver la faille qui débloquerait notre relation de ce stade primaire.

« Aya… Jolie robe. Elle vient de votre île ? »Le signe de main qu’elle nous avait lancer en disait long sur sa volonté de ne pas réellement se saisir de l’opportunité de la soirée pour socialiser avec le reste de l’école. La fille était juste à part, et je ne trouvais rien de plus pour décrire la serpentarde aux cheveux bruns. « Cela pourrait s’arranger si on évitait d’en parler à haute voix. » Cette fois-ci c’était à Ellan que je m’adressais en la regardant en coin avec le sourire, mais une voix que je connaissais trop bien me fit tressaillir tandis que j’observais que je n’étais pas le seul à avoir rougit pendant la soirée.

« Qu’est-ce qu’il y a là-dedans ? » Hugh. Entendre cette voix dans mon dos c’était un peu comme me rendre compte qu’un groupe de Velociraptor me traquait sans relâche. Une sueur froide coula de mon front que j’effaçais du revers de la manche avant de me retourner.
Penelope Bauer en personne. Ma sœur. Ma grande sœur. Celle qui avait pour mission d’observer mes moindres faits et gestes pour la soirée. Un sourire franc traversa mon visage tandis que je détaillais ce visage familier de mes pupilles qui pétillait d’excitation.
Entre elle et moi les règles du jeu n’avaient pas changé. Elle était cette sorte de petite fille modèle, et moi j’étais cette bouille d’ange au sourire si captivant, et pourtant si turbulent qu’elle s’était faite un devoir celui d’épier mes moindres faits et gestes. Je la savais intelligente, et absolument pas dupe vis-à-vis de mes activités qui avaient une certaine tendance à friser les limites de la légalité pour généraliser la chose. Et la voir pointant du menton ce milkshake à la fraise avait un effet assez jubilatoire sur mon esprit torturé entre l’amour que je portais pour elle, et la volonté de me montrer plus intelligent que la dernière grande réussite familiale.
Entre nous, c’était le Yin et le Yang. Elle fronça le nez, et si je pensais que mon sourire ne pouvait pas s’étirer plus que cela, j’avais tort.

« Simple Milkshake à la fraise… C’est très bon, et pas sur la carte. Quelqu’un se devait de réparer cette erreur. » J’aspirais une nouvelle gorgée du liquide dont le goût à la fois frais et fruité plongea quelques instants mes papilles dans un état proche de l’extase tandis que je fixais le plafond en prenant un air innocent. « Je devrais même en tirer un profit si jamais cela fonctionne bien pendant la soirée. »
Elle arrivait un peu tard, et malgré tous les ressentiments que j’éprouvais à son égard j’étais content de la voir dans cette magnifique robe aux couleurs de son ancienne maison. Elle était jolie, et je ne pouvais que comprendre l’engouement et la fascination qu’elle faisait naître chez les garçons de septième année.

« Je suis ravie du choix de ton costume. » Je saluais le compliment en inclinant légèrement la tête. Après tout il était normal de saluer mon élégance à l’intérieur de ce deux pièce qui m’allait à la perfection. Chic, classe et élégant étaient mes maîtres mots, et même si je n’en donnais pas l’impression grâce à ma désinvolture apparente, j’attachais une importance capitale à me montrer présentable face à n’importe quel situation. Et je devais admettre qu’elle ne me faisait pas honte non plus avec sa splendide chevelure flamboyante mis en valeur par sa splendide robe. « Comme ta cavalière. » Ainsi nous apparaissions comme un couple aux yeux de simple spectateur. Je regardais Ellan avec une certaine malice qui scintillait dans mes yeux comme deux étoiles solitaires dans le ciel.
« Ellan n’est.. » Mais ma sœur avait déjà détourné son attention sur Aya. Croisant les bras en observant cette dernière à l’œuvre, j’étais impatient de voir quels étaient les méthodes d’éducations que mon aînée avait pu mettre en place pour inculquer un peu de bon sens à l’intérieur de nos petites têtes blondes.
« Je ne pense pas que cela corresponde à une enfant de votre âge ma chère. » Maman… Elle utilisait la même technique que maman ? Toutes ces années d’études pourquoi ? Recopier notre mère. J’étais un peu déçu, mais aussi amuser de voir que les traits familiaux ne disparaissaient pas d’une génération à une autre, et j’observais silencieusement ma sœur transvaser du jus de citrouille contre le champagne à l’intérieur de la coupe de la vert et argent. Aya c’était complètement faite avoir à l’échange. « Ce qui, je vous l’assure, arrivera bien assez tôt. » Et elle se servit elle-même une coupe de champagne.
« Cette fille pourrait mourir d’ici quelques heures que son dernier souvenir serait toi entrain de lui confisquer une coupe de champagne le jour de Noël. » Ne pouvais-je m’empêcher de faire remarquer à Pen. « La prohibition a rendu la mafia particulièrement riche, peut être que je devrais réinvestir mes économies vers quelque chose de plus profitable. Aya serais-tu une cliente potentielle ? » Je m’adressais à la serpentarde qui s’était fait avoir à l’échange, lui proposant un deal que seul la présence de ma grande sœur faisait qu’il était encore possible qu’elle refuse.

« Vous ne devriez pas être en train de danser, comme tous les autres ? » A nouveau dans ce monde rempli de filles, c’était une femme qui me surprenait. Ma sœur pour rajouter cela. Elle ne m’avait pas laisser le temps de démentir l’identité d’Ellan qui n’était pas ma cavalière, et maintenant elle souhaitait me faire danser pour elle. Je n’avais aucune envie de m’exhibitioner pour faire l’objet d’une lettre envoyer aux parents accompagner par une photo pour immortaliser l’instant. Une nouvelle fois, la spontanéité d’Ellan me prit de court, et je pouvais voir qu’elle était sur le point de s’étouffer à l’intérieur de son milkshake. Est-ce que la boisson était plus dangereuse que les études de marché tendaient à démontrer ?
« Pas tout de suite. Trop de monde. Pas la bonne danse et puis… Hans préfèrera sans doute danser avec quelqu’un d’autre que moi… Mais peut-être que vouliez-vous danser avec lui professeur ? »
Un sourire malicieux illumina mon visage tandis que je présentais mon bras à Penelope. L’idée ne me déplaisait pas et j’appréciais l’idée de pousser ma sœur sur la piste de danse. Elle ne m’avait jamais présenté la moindre de ses conquêtes, et l’idée même qu’elle en ait jamais eu effleura mon esprit. Bien sûr la solution peu courageuse de la Gryffondor était très peu représentative des valeurs mis en avant par la maison rouge et or. Mais si en plus de pouvoir garder pour moi une image de ma sœur entrain de danser, je pouvais en plus lui rendre ce petit service j’étais prêt à faire ce sacrifice. En plus, cela retournait la situation où je savais pertinemment que ma sœur n’abandonnerait jamais jusqu’à ce qu’elle me voit danser avec une fille. Sans se rendre compte Ellan en contrant l’offre de ma sœur n’avait fait que rajouter de la valeur à ce que je considérais comme une opportunité à ne pas manquer.
« A quel point aimes-tu ton petit-frère ? » Interrogeais-je en m’approchant de ma sœur. « Tu ne refuserais pas une petite danse ? » L’innocence pouvait se lire sur  mon visage angélique tandis que je plongeais mes prunelles dans les siennes.
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MessageSujet: Re: La Buvette   Sam 25 Jan - 14:33

La prestance requise dans les soirées habillées ne m'effrayait guère, même s'il ne s'agissait finalement rien de plus qu'un bal d'étudiants organisé par l'école pour Noël. Une grande partie restait en effet innée, car le milieu familial dans lequel nous avions évolué, nous n'avions connu que cela et inconsciemment il l'avait favorisé. Mes parents n'étaient pas des gens très importants mais nous savions bien nous conduire en société bien que les mondanités ne soient pas de la partie. Ce soir, comme durant tous les soirs de festivités de que j'avais passé ici et dans lesquelles une tenue correcte était exigée j'appréciais d'avoir l'occasion de me mettre en valeur de par la robe, mais aussi par mes qualités qu'ainsi je pouvais sans problème mettre en avant. J'étais intégrée à la fête tout autant que j'en avais un regard différent, je revivais les mêmes scènes et toutefois, elles avaient toutes un goût chaleureux de nouveauté.

Par exemple, le pouvoir de dire non à une élève faisait parti des petits extras que je pouvais m'accorder.
- Cette fille pourrait mourir d’ici quelques heures que son dernier souvenir serait toi entrain de lui confisquer une coupe de champagne le jour de Noël. La prohibition a rendu la mafia particulièrement riche, peut être que je devrais réinvestir mes économies vers quelque chose de plus profitable. Aya serais-tu une cliente potentielle ?
J'avais toujours su Johannes futé et malin, et sa ruse, il savait également la placer dans des phrases longues avec des mots trié sur le volet ; à son âge, par moments, je me demandais où est-ce qu'il avait bien pu les apprendre, et surtout les employer à si bon escient, mais rien en fin de compte qui ne puisse réellement m'impressionner parce que je ne voyais dans ce genre d'action qu'une manière de tenter de m'embrouiller. Ca pouvait marcher avec nos parents, avec les autres nul doute également car sa compagnie n'était pas détestable, c'était un art que les Bauer savait très bien manier, mais cela restait néanmoins un petit agacement que je lui connaissais bien.

- Arrête tes bêtises, lui demandai-je fermement, mais sans monter le ton car je ne voulais pas d'une dispute. Je doute que ton amie se fasse attaquer par un troll tout à l'heure, en fin de soirée, pendant qu'elle regagnera sa salle commune. Je me tournais vers la concernée pour lui assurer, comme si cette dernière venait de dire qu'elle avait très peur tout à coup, il n'y a absolument rien à craindre, et encore moins si tu te contentes de ton jus de citrouilles.

Je m'étais sentie d'avoir le dernier mot évidemment : c'était moi l'adulte, la grande sœur et l'autorité et en rien je ne pouvais me laisser permettre de la remettre en cause par Johannes qui se sentait pousser des ailes très certainement puisque nous étions du même sang ; il devait en conclure qu'il pouvais s'autoriser des choses auxquelles personne n'aurait osé s'aventurer en ma compagnie, et pourtant j'étais à deux doigts de lui rappeler qu'ici il mon frère et moi sa sœur peut être mais qu'il était aussi l'élève et moi le professeur !

J'eus un coup d'oeil vers lui pour lui signifier que ce n'était pas la peine d'insister, que pour moi, ce débat était clos. J'en profitais pour lui rappeler aussi de manière subtile que ce n'était pas vraiment le moment de faire l'enfant, alors qu'il était avec son amie.
- Pas tout de suite. Trop de monde. Pas la bonne danse et puis… Hans préfèrera sans doute danser avec quelqu’un d’autre que moi… Mais peut-être que vouliez-vous danser avec lui professeur ?
L'adolescence et son mal être ! J'eus un sourire condescendant vers la jeune fille à l'écoute de son explication. Et dire qu'un jour, je m'étais trouvée être à sa place ! Mais en vérité, je ne m'en rappelais pas vraiment ; je connaissais le sentiment de la gêne, mais pourtant je n'avais pas de mauvais souvenirs de l'école pendant lesquels elle m'avait habité.

- Tu devrais lui poser la question, puisqu'il est juste à côté ! Je te laisse le temps d'y réfléchir pendant la chanson.

Là dessus j'acceptais avec grâce le bras de Hans, qui, du haut de ses onze ans, restait plus petit que moi, c'était évident.
-A quel point aimes-tu ton petit-frère ? Tu ne refuserais pas une petite danse ?
- Peut être que ce soir, tu nous montreras l'un de tes talents cachés ? Le taquinai-je tandis que nous nous retrouvions sur la piste de danse et commencer à tourner avec les autres élèves danseurs. Je pense que tu devrais quand même proposer une valse à ton amie ensuite, insistai-je. Elle n'attend sûrement que ça, plus que de boire du milkshake à la fraise, plantée à côté de la buvette !

C'était le rêve de chaque fille après tout, et si je pouvais être la marraine bonne fée de cette dernière et ne pas gâcher sa soirée parce que Hans préférait l'activité du babillage, je pouvais bien lui rendre ce service !

- Ca te permettra de t'échauffer, remarquai-je pendant que nous enchaînions les pas au rythme de la musique, mettant par la même occasion l'élégance des Bauer dans toute leur splendeur.

Lorsque les quelques minutes furent écoulées je hochai la tête pour remercier Hans et l'enjoindre à retrouver les autres personnes toujours coincées à la Buvette, et durant notre absence, vu la position des deux filles presque similaires, je me demandais si elles avaient échangés quelques mots ensemble ou bien si elles s'étaient uniquement contentées de patienter chacune de leur côté. Je laissais échapper un léger soupir.

- Hé bien, tu es décidée ? M'adressai-je, à celle que j'identifiais comme étant la cavalière de Hans. Allez, allez, si on ne se lance pas, on ne se lance jamais ! Insistai-je, gentiment, mais j'insistais quand même, en leur donnant des petites injections à la fois dans le dos et aussi sur les épaules. Ca vous donnera une bonne raison de venir vous rafraîchir ensuite !

Bien heureusement que j'étais là quand même !
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MessageSujet: Re: La Buvette   Lun 27 Jan - 11:23

- Ho ! C’est Hans qui a demandé spécialement aux elfes de nous en faire ! Je suis certaine qu’ils seraient ravis de t’en faire aussi ! Hans... Le petit surnom de Bauer. Mon sourcil se releva instantanément tandis que je dévisager les deux individus : le bouffon et…
-Ellan. Voilà, Johannes était accompagné par sa groupie, et Connor était occupé avec Cara. Comment connaissait-il seulement la rouquine qui partageait ma chambre ? Je n’en avais aucune idée, mais cette soirée s’annonçait plus longue et tortueuse que prévu. J’avais beau essayé de me concentrer sur l’avenir du Serdaigle, je ne voyais rien. Ma troisième vue était bloqué à chaque fois que j’essayais de prédire quoi que ce soit sur l’adolescent, je le savais depuis des années mais je tentais malgré moi de voir ce que je ne pouvais pas voir.
Ellan avait une bouille sympathique, mais mon  asociabilité naturelle m’empêchait de divulguer un quelconque engouement envers l’adolescente : encore moins lorsque cette dernière semblait éprouver un plaisir malsain à tourner autour du jeune Allemand. Cette ressemblance me rappelait trop Connor pour que je ne souhaite m’aventurer d’avantage sur le sujet, et distraitement je préférais encore avaler une nouvelle gorgée comme si de rien n’était.
- Aya… Jolie robe. Elle vient de votre île ? Cela pourrait s’arranger si on évitait d’en parler à haute voix.
Le compliment ne me fit ni chaud ni froid, je me délectais simplement du fait que comme d’habitude Johannes n’appréciait pas que l’on parle de ses combines à haute voix. Simplement à force de focaliser mon attention sur Bauer et sur des problèmes qui ne me concernait pas immédiatement. Peut-être aurais-je dû me montrer plus prudente, et m’occuper de mon propre avenir pour une fois. Avec de la chance j’aurais peut-être pu entrapercevoir la silhouette qui se glissa au milieu de notre trio improvisé.
- Qu’est-ce qu’il y a là-dedans ? Là-dessus je préférais marquer un mouvement de recul. Je reconnaissais dans la personne qui venait de s’inviter l’actuelle assistante d’étude des runes, et pour ne rien arranger à la sauce la rumeur disait qu’elle était aussi la sœur aînée du cher blondinet. Quoi qu’il en soit je m’imaginais assez mal m’immiscer dans la vie de famille du Serpentard. Nous ne partagions pas cette intimité, et quelque chose me disait aussi que mon verre de Champagne risquait de souffrir de cette rencontre peu fortuite. Une voix intérieure, complètement étrangère à mon don de voyance.
Mon mouvement de recul arrivant trop tard dans un monde trop vieux, même les babillages de Bauer Junior ne suffirent pas à attirer l’attention de l’assistante plus longtemps que ça. La jeune femme c’était à présent retourner vers moi et je pouvais lire dans son regard qui s’était étrangement attacher au contenue de la coupe que je tenais entre mes doigts.
- Je ne pense pas que cela corresponde à une enfant de votre âge ma chère. Son timbre de voix m’était complètement étranger, et sonnait à mes oreilles comme une espèce de pommade que l’on essayait de passer sur la plaie des enfants pour éviter leurs cris et pleurs lorsqu’ils se sentaient contrarier.
Un mouvement de baguette magique plus tard, je pus dire adieu à mon précieux liquide ambré pour faire face à la triste couleur carcéral du jus de citrouille qui le remplaçait. J’aurais peut-être même accueilli le sang de crapaud avec plus d'enthousiasme juste pour ne pas avoir à encombrer mon palais avec cette immonde liquide qui envahissait déjà bien assez notre quotidien.
- Vraiment ? Je tenais ma coupe à la hauteur de mes yeux qui était à présent grand écarquillés face à la boisson dont le manque d’originalité ne finirait jamais d’exaspérer.
- Ce qui, je vous l’assure, arrivera bien assez tôt. C’est ce qu’elle disait en se servant elle-même une coupe de champagne et je préférais ne rien relever. Le regard dans le vague, je réajustais la hauteur de mon verre dans une position plus confortable. La consolation que j’aurais pu avoir en consommant du champagne venait de me glisser entre les doigts, je me sentais frustrée.
- Cette fille pourrait mourir d’ici quelques heures que son dernier souvenir serait toi entrain de lui confisquer une coupe de champagne le jour de Noël. La prohibition a rendu la mafia particulièrement riche, peut être que je devrais réinvestir mes économies vers quelque chose de plus profitable. Aya serais-tu une cliente potentielle ? Blah Blah Blah et Blah.
Je me fichais complètement de ce que pouvait dire Bauer à présent, et même s’il me parlait directement je l’ignorais complètement. Malheureusement ce n’était pas le cas de sa relative puisqu’elle s’empressa de répondre à ce qui lui servait de cadet.
- Arrête tes bêtises. Je doute que ton amie se fasse attaquer par un troll tout à l'heure, en fin de soirée, pendant qu'elle regagnera sa salle commune. Il n'y a absolument rien à craindre, et encore moins si tu te contentes de ton jus de citrouilles.
- Est-ce que l’on est vraiment en train de parler de ma mort probable alors que je suis juste en face ? M’exclamais-je en m’emportant un peu plus que prévu face au manque de tact des Bauer. Parce que c’est franchement glauque, joyeux noël. Et de mauvaise grâce j’avalais d’un trait le jus de citrouille en grimaçant. J’avais déjà oubliée le transvasement de liquide.
Ma coupe vide je la reposais immédiatement sur la table de la buvette et en profitait pour m’isoler quelques peu du groupe que nous formions. Lorsque je revenais, la fratrie était en train de danser. Je rejoignais la rouge et or sans détacher mon regard du curieux spectacle qui se déroulait devant moi : Ils étaient bons, et par ça je voulais dire très bon.
- Ils sont doués. Je peux comprendre l’esthétique de l’exercice. Lançais-je en direction de la rouge et or pour faire la conversation. Je ne pense pas que l’assistante va te lâcher. Sourire satisfait, je me balançais fixant tour à tour la Gryffondor et les deux danseurs en maintenant les bras croisés.
- Pourquoi tu ne sors pas avec lui ? Tu as l’air de lui plaire et tu n’as pas non plus l’air indifférente. Je rajoutais cela en haussant les épaules nourrissant l’espoir secret que cette Ellan serait en mesure d’occuper assez longtemps le jeune allemand pour qu’il passe un peu moins de temps avec mon ami d’enfance.
La musique venait de changer, et je devinais que les Bauer allaient revenir. Je reprenais ma position initiale lorsqu’ils arrivèrent, et je pouvais voir l’assistante s’intéresser à nouveau auprès de la rouge et or.
- Hé bien, tu es décidée ? Allez, allez, si on ne se lance pas, on ne se lance jamais. Véritable parole de sagesse là, on sentait l’expérience. Ça vous donnera une bonne raison de venir vous rafraîchir ensuite !
Je croisais les doigts pour qu’elle accepte. Après tout, qui ne voudrait pas d’un blondinet suspendu à son bras pour le bal de Noël ? Moi, mais qui se préoccupait de l’avis d’une excentrique de toute façon ?
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MessageSujet: Re: La Buvette   Sam 1 Fév - 22:28

Ca commence toujours par un milkshake. Ça continue en générale par des sourires gênés et de la crème rose au bout des lèvres, puis survint un baisé volé et une valse. Soit pour fêter l’évènement qu’il y avait eu lieu avant, ou juste pour faire quelques choses étant donné que la gêne avait doublé de volume dans l’esprit des amants. Quoi qu’il en soit, c’était toujours à cause d’un garçon,  et par l’intermédiaire d’un milkshake. Heureusement pour moi, j’avais un milkshake mais aussi un garçon qui ne voulait pas danser ni s’exposer à un quelconque risque qui pourrait faire venir à nous sa sœur, et sur ce point-là, j’étais entièrement d’accord. J’avais donc un espoir, aussi infime soit-il, de ne pas me ridiculiser sur la piste de danse.

La dernière fois que j’avais dansée, ça avait été une catastrophe si bien que je m’étais juré de ne plus recommencer.  La dernière fois que j’avais dansé, j’avais cassé deux vases, renverser un gâteau sur le sol et je m’étais tordu la cheville, tordu celle de mon cousin, et casser le poignet de Camille. La dernière fois que j’avais dansé, j’avais eu suffisamment de regard se braquer sur moi que j’étais devenu la fille que j’étais aujourd’hui : seule, et plus à l’aise dans un arbre que dans un endroit bien propre et bien rangé. Je provoquais des catastrophes. J’étais maladroite et je n’avais aucune expérience en ce qui concernait le sexe fort. J’étais maladroite, timide et sans expérience, mais un des plus beaux garçon de notre année venait de m’offrir un milkshake à la fraise, et ça, c’était trop la classe.


« C’est une invitation alors ? J’ai hâte que ce jour arrive alors. »

Je passais ma main dans mes cheveux, me mordant la lèvre inférieure  tout en le regardant dans les yeux. J’étais mal à l’aise, et totalement dans mon élément. C’était l’enfer et le paradis à la fois. Comme si j’avais envie de quelque chose que je craignais. C’était intense, et j’avais vraiment l’impression d’avoir quelque chose avec lui. Le genre de chose indéfinissable qui vous prend aux tripes et qui vous remue en vous criant « Saisis ta chance petite fraise ! » Alors mine de rien, je lui fis un compliment. Je le pensais. Johannes était très beau, même moi qui n’étais pas du genre à regarder les gens en leur donnant des notes, je ne pouvais pas le nier. Et puis, j’avais pu voir qu’il était souvent entouré de filles alors… voilà. Tout comme Marcus d’ailleurs.

« Mon cerveau a gelé… Ça ira mieux dans quelques instants. »

Je m’approchais de lui, posant ma main sur la sienne, collé à son front. Ca arrivait souvent. Quand on buvait trop vite du milkshake ca donnait cette impression de geler sur place. J’en avais fait plusieurs fois les frais, et je savais que c’était douloureux. J’essayais de lui prendre doucement son verre pour le soulager du poids quand une fille nous interrompit. Une petite brune que je ne connaissais pas mais qui posait un regard assez froid sur Hans. Ils devaient se connaitre. Serpentard j’en déduisais.

Je me retournais vers elle et lui indiquait avec quel maitrise mon serpentard avait fait faire nos boissons. Après tout, s’ils ne s’entendaient pas très bien, le bal ne pouvait que les rapprocher ! la salle était magnifique, et nous étions tous de bonne humeur ! Pourquoi ça n’irait pas ? Et puis… si elle connaissait Hans, j’étais curieuse de savoir ce qu’elle pourrait me dire sur lui.


« Aya… Jolie robe. Elle vient de votre île ? »

Aya donc. Et elle venait d’une île. Son prénom sonnait un peu…asiatique non ? Peut-être venait-elle du Japon ! ce serais fantastique ! Je n’étais jamais allée au Japon…ce devait-être magnifique… je la regardais, un large sourire sur les lèvres. Je l’imaginais en kimono et ça lui allait 100 000 fois mieux que celui que ma tante m’avait ramené de son voyage.

« Cela pourrait s’arranger si on évitait d’en parler à haute voix. »

Gloups. Je me pinçais les lèvres soudain mal à l’aise, comme une enfant qui se fait gronder après une bêtise. Je rougissais. Je m’en voulais. Je jetais un regard à Aya, presque en la suppliant de ne rien dire pour pas qu’il se fasse gronder, tant est si bien que je n’avais pas remarqué qu’elle se rapprochait de nous.

Sa sœur. Penelope Bauer. Elle. Grande, belle, une chevelure rousse dont toutes les filles pouvaient être jalouse et une classe légendaire. La fille qu’Hans ne voulait pas voir. Et quand je perçus le regard qu’ils partagèrent, je compris immédiatement que leur relation n’était pas des plus…joyeuse. C’était triste. Ca me rendait triste. Vraiment. Moi je m’entendais avec toutes mes sœurs. Même si j’avais un peu de mal, c’est vrai. Je ne me sentais proche qu’aucune, mais je les aimais. Certes, entendre les professeurs me comparer à elles me rendaient folle, mais ce n’était pas leurs fautes. Et lui ? sa sœur était assistante en étude des runes. C’était une des matières les plus compliqués qu’on pouvait étudier à l’école et qui plus est, était réputé pour réussir tout ce qu’elle faisait. Comment être à la hauteur après ca ? Je savais qu’Hans l’était, à la hauteur, mais lui, le savait-il ?


« Simple Milkshake à la fraise… C’est très bon, et pas sur la carte. Quelqu’un se devait de réparer cette erreur. Je devrais même en tirer un profit si jamais cela fonctionne bien pendant la soirée. »

Je restais bouche-bée. Et parfaitement silencieuse. Comment pouvait-il être aussi impertinent ? c’était sa sœur mais..mais…ici ce n’était pas sa sœur ! Enfin si, mais pas que ca ! Elle était quand même prof…elle pouvait le mettre en retenue, ou le faire virer…enfin non, pas virer, mais en retenue et…non c’est vrai que les retenue on s’en foutait un peu. Moi aussi j’étais déjà fait des retenu, j’étais même devenu prioritaire sur celle du mardi soir, 20h, troisième salle à gauche, aile est, 4ème étage. Bref, ma salle préférée. La salle ou je passais tous mes mardi soir parce que j’étais trop nulle en cours au point que le prof était persuadé que je faisais exprès et donc, me collais. Non mais sérieusement, l’aritmanthie…qui est-ce qui aimait cette matière ? Je ne pouvais simplement pas m’empêcher de dormir. En plus le prof avait une voix si…régulière, comme une berceuse. Il me semblait que le seul moment où les notes de sa voix devenait plus aigu, c’était quand il criait mon nom.

« Ellan n’est.. »

Non je n’étais…rien. Je n’étais rien. Cette phrase parfaitement véridique et incontestable me restait malgré tout en travers de la gorge. Mais c’était vrai. Et…je ne disais rien. Je regardais dans le vide et me disait que c’était peut-être le bon moment pour partir, pour rejoindre Amy et me cacher dans ses bras, lui dire que je l’adore et que j’en avais marre de cette fête. On irait dans le potager aux citrouilles et je m’allongerais sur le sol, les bras écarté en chantant « Lonely day » de Systeme of the down en mangeaient une barre de chocolat et Amy me dira que jamais, plus jamais, on n’irait au bal. Que ce serait la première, et la dernière fois.

« Rien. Nous ne… »

Mais j’avais beau parler, elle ne m’écoutait pas, s’attardant d’un coup sur Aya et son verre de champagne. Alors je ravalais mes mots. De toute manière, je devais être la seule à les avoir entendus. Tant mieux. Je redessinais un sourire sur mes lèvres. Après tout…c’était la fête ! Youhou…

« Cette fille pourrait mourir d’ici quelques heures que son dernier souvenir serait toi entrain de lui confisquer une coupe de champagne le jour de Noël. La prohibition a rendu la mafia particulièrement riche, peut être que je devrais réinvestir mes économies vers quelque chose de plus profitable. Aya serais-tu une cliente potentielle ? »

Encore cet élan de provocation. Je n’imaginais pas ce que je ferais si Katie était assistante en cours de…disons de métamorphose. Est-ce que je la tutoierais ? la vouvoierait ? Mais lui, il abusait un peu, et je compatissais pour le professeur Bauer. Elle ne faisait que son travail.

- Arrête tes bêtises. Je doute que ton amie se fasse attaquer par un troll tout à l'heure, en fin de soirée, pendant qu'elle regagnera sa salle commune. Il n'y a absolument rien à craindre, et encore moins si tu te contentes de ton jus de citrouilles.

Je suivais la discussion entre les deux frères et sœurs tout en jetant des regards à la principale intéressée. Je ne savais pas s’il se disputait ou s’il rirait en fait…c’était assez étrange.

- Est-ce que l’on est vraiment en train de parler de ma mort probable alors que je suis juste en face ? Parce que c’est franchement glauque, joyeux noël.

Je laissais échapper un léger rire. Elle avait raison, c’était glauque. Je la vue boire d’un trait son jus de citrouille et tendit mon verre vers elle.

-Santé ! Et que ta mort soit très lointaine !  Joyeux Noël !

Je la regardais avec un large sourire avant de boire à mon tour. Puis, naturellement, Miss Bauer se mit à nous encourager à danser. Ca commence toujours par un milkshake. Ça continue en générale par des sourires gênés et de la crème rose au bout des lèvres, puis survint un baisé volé et une valse. Il n’y avait pas eu de baisé volé, mais voilà que la perspective de la danse arrivait au grand galot. Hors de question. Non. Jamais.

- Tu devrais lui poser la question, puisqu'il est juste à côté ! Je te laisse le temps d'y réfléchir pendant la chanson.

Je jetais un regard d’inquiétude au serpentard. Je devais répondre vite. Et les mots sortirent de ma bouche sans que je puisse bien les contrôler. Comment se sortir d’une embuche ? mais en détournant le sujet pour ne plus être l’héroïne ! Et Hans lui tendit naturellement son bras. Ouf.

« A quel point aimes-tu ton petit-frère ? Tu ne refuserais pas une petite danse ? »

Miss Bauer lui prit le bras et je sentais ma tension redescendre tandis qu’ils partaient ensemble sur la piste de danse. Je bu une autre gorgé de mon milkshake. Et la musique retentit. Je regardais admiration Johannes et sa sœur danser ensemble. C’était un spectacle simplement magnifique. Comme s’ils avaient répété avant…c’était possible ? En tout cas, ils effectuaient des mouvements gracieux et si précis que je n’imaginais même pas que quelqu’un que je connaisse puisse danser aussi bien. L’un comme l’autre excellait dans tout ce qu’ils faisaient... C’était déprimant.

- Ils sont doués. Je peux comprendre l’esthétique de l’exercice.

Je me contentais de hocher la tête pour signifier que j’étais d’accord avec elle sans pour autant les quitter des yeux. La classe. C’était tout ce qui me venait à l’esprit. J’en étais presque jalouse. Mais ce qui était certain, c’était que j’avais encore moins envie d’aller me ridiculiser sur la piste de danse.

-Je ne pense pas que l’assistante va te lâcher.

Nouveaux gloups. Je me tournais vers elle.

-Tu crois ?

J’étais accroché à ses lèvres comme si ses paroles étaient saintes, comme si elle était le prophète que j’attendais, qu’elle pouvait voir l’avenir et me dire tout ce que je devais faire pour éviter ce genre de choses.

- Pourquoi tu ne sors pas avec lui ? Tu as l’air de lui plaire et tu n’as pas non plus l’air indifférente.

Moi ? Sortir avec Johannes ? Non mais…elle ne l’avait pas vu ou quoi ? Ce mec dansait avec sa sœur un truc méga compliqué, jouait aux échecs et avait toutes les filles à ses pieds ! et moi ? je n’étais que la fille qui l’avait rencontré par hasard dans une salle vide, qui vivait dans l’ombre de ses deux grandes sœurs, qui était si nulle en cours qu’elle se faisait littéralement jeter dehors et surtout j’étais si…banale ! Non mais elle était bigleuse ou quoi ? un coyote ne s’entiche pas d’un panda !

« Je ne peux pas et puis il y a Ma… »
- Hé bien, tu es décidée ? Allez, allez, si on ne se lance pas, on ne se lance jamais. Ça vous donnera une bonne raison de venir vous rafraîchir ensuite !

Je me retournais d’un coup vers le couple qui revenait vers nous. Aya avait raison, elle ne lâcherait pas prise et moi…je n’étais pas prête pour ca. Je bu la dernière gorgé de mon milkshake pour me redonner confiance –trop bon- puis reposer le verre sur la buvette.

« Vous étiez très beau. Mais je suis désolé, je vais devoir y aller. Emilia m’attends… c’est avec elle que j’étais venue. » Je me retournais vers le professeur Bauer, puis vers Hans. « On se voit demain ? » Je lui déposais un baisé sur la joue puis regardait Aya, un grand sourire sur les lèvres. On ne pouvait pas partir comme ça et laisser ce petit monde en plan ! Ça aurait été…particulièrement sadique. « Aya, et si tu dansais avec Hans ? Moi je dois y aller mais toi tu es disponible non ? En tout cas je vous laisse. Amusez-vous bien ! » . Je me détachais du groupe doucement, en marche arrière et fit à nouveau une révérence stupide en me tournais vers eux. « Aya, Johannes, Professeur… On se voit bientôt ! » Et sur ces mots, et sans laisser le temps à quiconque de décliné mes propositions ou de m’arrêter je filais en direction de l’entrée, en recherchant du regard ma meilleurs amie. La fête pouvait commencer. Et si possible, très loin d’ici…
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MessageSujet: Re: La Buvette   Lun 3 Fév - 19:08

C’était peut-être assez facile à croire quand on connaissait mon tempérament, mais autant j’adorais garder mes secrets pour moi-même, autant j’adorais me retrouver au milieu des êtres de mon espèce. Ce sentiment d’existence aux yeux d’autrui, ne faisait qu’amplifier mon côté vaniteux, et au milieu de la petite troupe que nous formions avec l’arrivée de ma sœur, je ne pouvais m’empêcher de me sentir comme la fève de la galette des rois. Qui tomberait sur la bonne part du gâteau ?
En parlant de ma sœur, cette dernière n’avait pas changé d’un pouce. En fait, si quelqu’un avait probablement changé de nous deux c’était probablement moi. Elle, elle était toujours cette grande sœur intrusive qu’elle avait toujours été. Pourquoi ne pouvait-elle pas m’accorder autant d’espace qu’elle pouvait le faire avec les parents ?
Elle faisait toujours preuve de cette petite forme d’autorité lorsqu’il s’agissait de moi, et je ne pouvais m’empêcher que c’était pour compenser le manque d’autorité que les parents semblaient avoir à mon égard. Ne se rendait-elle pas compte que leurs yeux et leur attention n’était rivés que sur leur petite fille chérie ? Ne savait-elle donc pas que lorsque je recevais une lettre de leur part c’était pour demander comment elle allait ? Je ravalais ma rancœur pour laisser place à l’être agréable que je me plaisais d’être en public, même si entre Aya et ma sœur je savais mon public aux deux tiers biaisé. Cela faisait tout simplement partie du jeu, et je devais faire avec malgré tout.

« Arrête tes bêtises. » L’autorité divine fit presque trembler son auditoire. Les mains dans les poches, je ne voulais pas vraiment faire de scène auprès de ma sœur, mais je voulais tout de même lui montrer que je n’étais pas forcément en accord avec sa mauvaise manie à envahir mon territoire lorsque ça lui chantait. « Je doute que ton amie se fasse attaquer par un troll tout à l’heure, en fin de soirée, pendant qu’elle regagnera sa salle commune. » Qui était aussi la mienne au passage, mais peut être que l’ancienne Gryffondor avait du mal acceptée que son cadet soit allé dans la méchante maison des Serpentards. Je ne pouvais m’empêcher de me dire qu’il y avait quand même une sacré quantité de détails dans son histoire, comme si le débarquement de troll dans l’enceinte de Poudlard était quelque chose de commun au final et qu’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter.
« Un troll ? C’est quelque chose de fréquent où c’est simplement l’inspiration du moment. Parce que si un troll vit dans les cachots j’aimerais très franchement que l’on me tienne au courant. » Elle m’ignora mais je ne m’attendais pas non plus à une quelconque réaction de sa part.
Non, ce qu’il y avait de plus intéressant en comparaison, c’était mon comportement particulièrement curieux quand j’étais avec Ellan. Elle s’occupait de moi avait tous ces tics adorable, passait son temps à me rendre à moitié fou avec ces réactions à retardements complètement hors contexte, et surtout tentait tant bien que mal d’éclipser sa présence face à ma sœur. Elle avait probablement raison, à sa place j’aurais probablement fait de même. Cela me chagrinait quand même un peu de ne pas avoir l’occasion de dire qu’elle était effectivement ma cavalière, mais ce serait mentir. Même s’il s’agissait d’un art dont j’étais l’humble pratiquant, je ne le faisais jamais sans raison. Des raisons, je n’arrivais tout simplement pas à en trouver.


« Il n’y a absolument rien à craindre, et encore moins si tu te contentes de ton jus de citrouille. » Oui oui… Citrouille. Aya n’était pas une Cendrillon du vingt et unième siècle, elle était cette boule néfaste de couleur bordeaux qui contenait ce fruit particulièrement juteux que l’on appelait Litchee. Noyez-là dans du Soho ou quelque chose histoire que ce soir elle puisse se rouler dans ses draps, en me détestant peut être un peu moins que la veille. Ce regard sombre qu’elle me jetait sans raison, enfin si je connaissais la moitié de la raison,  tous les matins avait presque de quoi ébranler ma superbe.
« Est-ce que l’on est vraiment en train de parler de ma mort probable alors que je suis juste en face ? Parce que c’est franchement glauque, joyeux noël. »
A quoi est-ce que je pensais ? Et bien que si elle pensait que c’était sa mort qui était glauque elle ferait mieux de revoir son ordre de priorité.
«  Santé ! Et que ta mort soit très lointaine ! Joyeux Noël ! » Joyeux Noël renchéris-je intérieurement. Après tout n’étions-nous pas sensé nous amuser.
« Ce jus de citrouille est glauque, mais vous avez raison sur le fond : Joyeux Noël. » Et puis je retournais mon attention sur mon milkshake à la fraise. C’était quand même contre-nature que cela soit Aya parmi tous ces gens qui nous rappelle que l’esprit de noël n’était pas encore mort. Incroyable lorsque l’on savait qu’elle passait le plus clair de son temps à ruminer, et à gronder sur quiconque qui ne porterait pas le nom de famille de Grigoriev. Un truc d’insulaire un peu reculé je suppose.

« Tu devrais lui poser la question, puisqu’il est juste à côté ! Je te laisse le temps d’y réfléchir pendant la chanson. » Sérieusement ? Elle n’allait pas abandonner de sitôt. Comme un crocodile maintenant fermement sa proie dans sa mâchoire massive, je voyais la jeune rouge et or se débattre impuissante. Après on va dire que je suis le méchant dans l’histoire, j’aimais juste penser que je n’utilisais pas les méthodes traditionnelles des gentils. Je tendais mon verre de Milk Shake à Ellan avant de lui venir en aide. L’attention du terrible monstre dirigé sur moi, nous nous dirigions vers la piste de dance.
« Peut-être que ce soir, tu nous montreras un de tes talents cachés. » Toujours ce même jeu innocent entre elle et moi, ce même fil sur lequel nous nous tenions comme deux funambules se donnant parfois des coups de coudes pour pousser l’autre à tomber dans le vide. Nous nous n’étions jamais posé la question s’il y avait oui ou non un filet de sécurité, c’était plus marrant comme ça.
« Peut-être, peut-être pas. » Renchéris-je en engageant la danse auprès de ma grande sœur, qui malgré ma croissance qui était exponentielle à mon âge, continuait de me dépasser. Côté allemand sans aucun doute, nos filles étaient à la fois grandes et élégantes.

« Je pense que tu devrais quand même proposer une valse à ton amie ensuite. » Elle ne voulait vraiment pas lâcher l’affaire. Elle n’abandonnait jamais lorsqu’il s’agissait de m’exhiber auprès des filles. Choses que je faisais naturellement quand elle n’était pas là, mais que je préférais éviter quand elle était dans les parages, juste par soucis de contradiction c’est ce que les fratries font. « Elle n’attend sûrement que ça, plus que de boire du milkshake à la fraise, plantée à côté de la buvette ! »
« Tu ne connais vraiment pas Ellan alors. » Me risquais-je à prononcer, sans non plus chercher à quitter le sourire  qui habitait mon visage.

« Ça te permettra de t’échauffer. » Je haussais un sourcil tandis que nous dansions avec l’élégance qui était de mise lorsque l’on faisait partie de la famille. Sa chevelure flamboyante contrastant avec la brillance de mes cheveux blonds.
« Je ne m’échauffe pas, je fais ou je ne fais pas. » Répondis-je en haussant un sourcil étonné. « Je me posais la question, il n’y a pas de cavalier dans ta vie ? Je connais le nom de certains élèves qui rêverait d’échanger avec toi le plaisir d’une simple danse. » Cela n’était pas vraiment de la provocation quand c’était vrai non ? Après tout, il était évident que la beauté, l’élégance, la prestance, l’intelligence même faisait partie des gènes qui étaient attribuées arbitrairement aux Bauer. Aussi difficile que cela soit pour moi de l’admettre, ma sœur répondait aussi bien que moi à tous ces critères. Il était facile de deviner qu’elle ne laissait pas que des indifférents dans les salles de classe.
À la fin de la main, puisque cela faisait partie de la tradition, je déposais un baiser bien éduqué sur le dos de la main de Pen. Avançant d’un pas assuré vers la buvette, je remarquais le léger soupir qu’expulsa mon aînée en s’approchant de la table où se trouvaient nos deux consœurs.
Je voyais aussi la mine qu’affichait Ellan, et Aya pour je ne sais quel raison semblait s’être intéréssé à la vie de cette dernière. Qu’était-elle en train de mijoter dans mon dos ? Là était toute la question.

« Hé bien tu es décidée ? Allez, allez, si on ne se lance pas, on ne se lance jamais. Ça vous donnera une bonne raison de venir vous rafraîchir ensuite ! » Si mes yeux pouvaient projetés des éclairs, ma sœur se serait retrouver foudroyer sur place. La suite des évènements n’était qu’un enchaînement logique d’une antilope qui prenait la fuite en voyant la crinière du lion dépasser de derrière l’arbuste où il s’était tapi. Maladroit et précipité.
« Vous étiez très beau. Mais je suis désolé, je vais devoir y aller. Emilia m’attends… C’est avec elle que j’étais venue. » Venait elle de s’afficher en tant que lesbienne devant ma sœur ? J’avais du mal à le croire tandis que sa vision passer sur chacun d’entre nous. « On se voit demain ? » Elle me déposa un baisé sur le creux de la joue, avant de se mettre à fixer Aya avec un grand sourire percher sur ses lèvres. Déçue, j’acquiesçai sans montrer la déception que je pouvais ressentir. Pen avait encore frappé, et comme à son habitude elle avait frappé fort. « Aya, et si tu dansais avec Hans ?Moi je dois y aller, mais toi tu es disponible non ? En tout cas je vous laisse. Amusez-vous bien ! » Elle se démarquait du groupe en marche arrière, je priais pour qu’elle ne fasse pas une chute terrible en accomplissant un tel exercice aussi périlleux. Jamais je n’aurais pu lui faire assez remarqué que c’est en marchant devant soi que l’on évitait les situations les plus embarrassantes. « Aya, Johannes, Professeur… On se voit bientôt. » Et elle fila.
Je ne pouvais m’empêcher de comparer Penelope au chat du cheshire dans Alice aux Pays des merveilles. Un être à part qui vivait avec ses propres normes qui ne correspondaient qu’en de très rares occasions aux normes des personnes normales. Après tout un chat qui disparaissait comme ça, cela n’était pas vraiment normale. Penelope Bauer n’était pas une femme normale, c’était ma sœur et elle était pour ainsi dire condamnée à être différente du reste du monde.

 « Il faut vraiment que tu apprennes à ne pas les faire fuir Pen. Certaines personnes aspirent peut être à une vie sociale » Puis, rapprochant mon attention d’Aya qui n’avait toujours pas bougé d’un pouce depuis tout à l’heure je rajoutais à l’intention de ma sœur : « Tu ne peux pas être sérieusement entrain de considérer cette option après ce que tu viens de faire ? » Et le pire dans tout ça, c’est que je savais qu’elle était entrain de le faire.
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MessageSujet: Re: La Buvette   Mer 19 Fév - 19:56

Je n'avais pas écouté les grommellement ronchons de l'enfant à qui j'avais récupéré sa coupe de champagne, car lorsqu'on était professeur, c'était quelque chose qu'on apprenait très vite : ne pas écouter les jérémiades des élèves, les plaintes, et autres pleurnicheries car il y en avait, à ça, qu'est-ce qu'il pouvait y en avoir ! Une note non méritée, un sujet non compris, tout n'était que prétexte à trouver de quoi redire sur les méthodes d'enseignement car elles n'étaient à leur sens jamais les bonnes, alors que nous, qui étions adultes, et qui étaient par conséquent passés par là avant eux savions mieux que quiconque ce qui était bon pour eux et ce qui ne l'était pas, mais ça, c'était un concept qu'ils jugeaient bien trop flous pour vouloir s'attarder dessus. Là était l'essence même du monde des adolescents : la seule et unique vérité à laquelle ils s'accrochaient, refusant de comprendre tout autre point de vue, justement, parce qu'ils ne le comprenaient pas. Un jour toutefois, ils comprenaient. Lorsqu'ils étaient adultes.

Hans aussi allait passer cette étape un jour où l'autre, mêmes si avec ses remarques il en était encore bien loin. A présent, nous étions en train d'évoluer sur la piste de danse comme deux oiseaux qui déploient leurs plumes pour prendre leur envol sans la moindre hésitation. C'était ça qu'il y avait d'ailleurs d'étonnant avec Johannes, cette façon qu'il avait de parler et parfois même d'avoir les mêmes mimiques que les grandes personnes car il n'avait jamais rien été entouré que par des gens plus âgés que lui, c'était donc sur ces exemples qu'il s'était calqué, mais malgré ça il ne restait pas moins avec un raisonnement propre à son âge, même si avancé sur certains points, il y avait trop de facettes de la vie qu'il ignorait à l'aube de ses onze ans pour pouvoir l'évoquer avec expérience sans craindre le faux pas, bien que cela ne soit pas le cas de sa danse.

- Tu ne connais vraiment pas Ellan alors. 

J'eus un bref geste du menton, avant de lui répliquer :

- Toi tu ne connaîtras jamais véritablement une fille
, une fille était la seule à même capable de comprendre une autre de ses congénères, c'était un autre fait avéré, et sur ce point, il n'y avait rien que Johannes ne puisse faire. Il pouvait imaginer certaines choses et s'approcher de la réalité. En ce qui concernait le reste...

A chacun de nos pas le bruit de ma traîne se faisait entendre avec élégance sur le sol. J'appréciais se contact souple mais néanmoins terre à terre qui résumait assez bien mon caractère également : ce désir d'avoir de l'ambition et de réaliser de grandes choses, mais sans toutefois s'évader la tête dans les nuages. Mon but était précis, et avec le minimum d'organisation que j'avais acquis je ne doutais pas de mes succès futurs.

-Je ne m’échauffe pas, je fais ou je ne fais pas.


C'était exactement de cela dont je parlais : cette manière désinvolte d'avoir un avis tranché, pour autant, je pouvais déceler la maladresse qui se trouvait tout autour. Elle n'était pas visible à l'oeil nu, inutile de s'attarder là dessus, c'était un truc de grande sœur. C'était cette certitude qu'il affichait, mais qui derrière révélait une volonté de désirer faire ses preuves.

- Merveilleux, elle en sera ravie !
M'exclamai-je tout à mon extase, ne reprenant que les éléments clés de ce qui m'importait vraiment dans cette histoire.

- Je me posais la question, il n’y a pas de cavalier dans ta vie ? Je connais le nom de certains élèves qui rêverait d’échanger avec toi le plaisir d’une simple danse.

Quelque part, on pouvait affirmer que pourquoi pas, oui, c'était attendrissant. C'était un compliment il ne fallait pas l'oublier, être envisagé comme l'idéal des jeunes filles qui rêvaient de devenir telle que la personne que je leur présentais durant les cours, et les garçons qui souhaitaient avoir autant de chance avant de rencontrer une personne de mon acabit mais de leur âge, leur laissant l'envie de grandir trop vite. Rien ne pouvait être plus plaisant même si j'envisageais cela d'un œil strictement maternel.

- Tu sais ce qu'on dit Hans, je fais ou je ne fais pas, dis-je en reprenant ses propres termes, et je ne m’accommoder que du meilleur. Tout le monde n'a pas le droit de s'exhiber à mon bras, me venait à l'esprit à l'instant, Merridew et ses manières détestables.

Le temps était à présent de passer aux choses sérieuses et j'accostais, sitôt notre présentation théâtrale terminée, sa camarade afin de prendre les choses en main, toujours dans ce désir de vouloir contrôler pour le bien de tous des décisions qu'eux mêmes étaient incapables de prendre, car ils croyaient dur comme faire que ce n'était pas la bonne. Or, ne jamais prendre de décisions, c'était demeurer au milieu de sa carrefour te rater l'occasion qu'on attendait, mais qui avait fini par passer, car elle cependant, ne se faisait pas prier deux fois.

- Vous étiez très beau. Mais je suis désolé, je vais devoir y aller. Emilia m’attends… c’est avec elle que j’étais venue. On se voit demain ?  Aya, et si tu dansais avec Hans ? Moi je dois y aller mais toi tu es disponible non ? En tout cas je vous laisse. Amusez-vous bien ! Aya, Johannes, Professeur… On se voit bientôt !

Tout s'était déroulé à une vitesse fulgurante, sa longue tirade à laquelle elle n'avait pas repris son souffle, conjoint à son départ, mais au lieu d'être vexée de ce qui s'apparentait à un échec, je jubilais intérieurement, même si je n'en fis pas par à mes deux acolytes de fortune, car en un seul coup, j'étais parvenue à pointer du doigt le nœud du problème à dénouer : j'avais vu juste et en détenais la clé. Ce que craignait Ellan, c'était que je ne la remette à Hans pour qu'il puisse ouvrir la porte de son cœur.

Ceci dit, naturellement mon regard se tourna vers ceux qui était toujours à mes côtés, ce que Johannes analysa immédiatement comme un danger imminent, car il enchaîna :

- Il faut vraiment que tu apprennes à ne pas les faire fuir Pen. Certaines personnes aspirent peut être à une vie sociale. Tu ne peux pas être sérieusement entrain de considérer cette option après ce que tu viens de faire ?

Encore et toujours cette manière de croire qu'il détenait les cartes de l'existence entre ses mains, et que comme c'était le cas, il n'y avait plus aucun secret pour lui. Pourtant, je l'avais mis en garde juste avant : la femme et les nombreuses ombres qui l'entouraient, là était le véritable mystère.

- Assez, ordonnai-je le ton beaucoup plus fermé que précédemment, car ma patience n'était toujours que très limitée face au babillage de mon frère. Lorsque c'était ainsi, je ne prenais même pas la peine de répondre à ses remarques que je jugeais comme une façon de meubler une situation derrière des mots et finalement nous ne faisions que tourner en rond. Je pense que toi non plus, malheureusement, tu n'auras pas le droit à une danse, fis-je savoir à son amie, toujours perchée sur ses deux jambes aussi raides que des aiguilles. Je posais mes yeux juste en face de moi au moment même ou Arthur Doherty me salua de la main pour m'inviter à le rejoindre, ce que je pris instantanément comme une chance à saisir ; c'était un professeur à Poudlard depuis quelques années maintenant, de charmante compagnie et à la culture très développée, je ne pouvais pas laisser cette opportunité de me faire bien voir auprès de lui passer aussi facilement. Tu devrais manger quelque chose, dis-je à l'attention d'Aya face à ses joues que même les couleurs de la salle n'arrivaient pas à rendre plus chaleureuses, car je doute que Hans soit apte à te retenir dans ses bras si tu t’évanouis, et d'un sourire je les saluais sur cette petite pique de fin. Peut être à plus tard sans la soirée, conclus-je en sachant pertinemment que l'un comme l'autre, nous ferions tout pour ne pas nous recroiser.
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