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~ Nothing scares me anymore. [PV]

 

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Ruby Standiford-Wayland
Apprentie à Sainte Mangouste



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Date d'inscription : 03/09/2011

Feuille de personnage
Particularités: « and from the rain comes a river running wild that will create an empire for you. »
Ami(e)s: Lizlor; « Maybe home is nothing but two arms holding you tight when you’re at your worst. »
Âme soeur: « Lover, when you don't lay with me I'm a huntress for a husband lost at sea. »

MessageSujet: ~ Nothing scares me anymore. [PV]   Ven 29 Nov - 22:35



"Kiss me hard before you go
Summertime sadness
I just wanted you to know
That, baby, you're the best

I got my red dress on tonight
Dancing in the dark in the pale moonlight
Done my hair up real big beauty queen style
High heels off, I'm feeling alive

Oh, my God, I feel it in the air
Telephone wires above are sizzling like a snare
Honey, I'm on fire, I feel it everywhere
Nothing scares me anymore
."


La nuit opaque n’était qu’un reflet du voile qui avait entouré mes entrailles et les avait contractées, s’en prenant à mon esprit qui avait été abandonné dans une brume épaisse et glacée – les pensées tournaient en boucle, mais elles n’avaient plus de sens, plus de liens. C’était comme si tout ce qui était sagement rangé avait été éparpillé, les tiroirs que j’avais pris le soin d’ordonner avaient été renversé, saccagé, et tout flottait à l’intérieur sans être retenu ni organisé. J’avais sûrement eu tort de le faire, de toute façon, ce n’était pas parce que les choses étaient enfermées dans des petites boites qu’elles devenaient soudain plus belles, l’ordre n’était qu’une illusion que j’avais installé partout autour de moi en sachant très bien que ce n’était qu’un vernis pour faire briller quelque chose de bien trop terne. C’était exactement ainsi que je me sentais, en cet instant, au milieu de toutes les lumières des rues de Londres qui clignotaient devant mes yeux perdus : moi, je ne brillais plus, ou peut-être n’avais-je jamais brillé. Il y avait à l’intérieur les ombres qui dansaient, bien trop heureuses d’être enfin lâchées, et elles formaient un monstre qui me happait entre ses griffes et ses crocs. J’étais sous leurs emprises, tous les démons que j’avais voulu éloigner. Ça avait été si naïf, au fond, n’est-ce pas ?

J’entendais mes pas sur les pavés, j’entendais les rires autour de moi, j’entendais le whisky qui se cognait contre les parois de la bouteille que je tenais, mais je n’entendais pas mon cœur battre.

Je fixai le plan de la ligne de métro, fronçant les sourcils sous la lumière blanchâtre de la rame : je ne savais pas où j’allais, je ne me rappelai pas pourquoi j’étais monté à la station précédente, ni où j’avais décidé d’aller. Ma main était serrée autour de la barre en fer, j’entendais toujours des rires derrière moi et je me demandai s’ils m’étaient adressés – je n’avais pas vraiment la conscience des choses, mais je sentais bien que je tanguais sur mes jambes. Quelle heure était-il, en plus ? Je n’avais pas ma montre, et alors que je m’apprêtai à demander à quelqu’un, la voix mécanique annonçant la station de métro résonna et me fit sursauter. Je connaissais cette station, nous y avions été une fois avec Lizlor pour trouver une boutique : je sortis comme j’étais entrée, sans réfléchir, sans avoir la moindre idée d’où j’allais vraiment. Une seule idée guidait mes pas : si Ewan pouvait partir, si je ne comptais pas, alors il ne devait pas compter non plus, je devais me le prouver, je devais oublier. Et quelle était la solution ? Attendre sagement, me raisonner, que les sentiments se calment, se taisent ? Je ne pouvais pas attendre. Je ne pouvais pas sentir le poids qui compressait ma poitrine, la douleur physique qui voulait m’empêcher de bouger, de respirer, le goût amer entre mes lèvres : je voulais que tout disparaisse maintenant, je ne voulais pas avoir mal, et je ne connaissais qu’une solution. Boire.

Les lumières fluorescentes du club et la musique assourdissante n’aidaient en rien mon état, mais ça m’était égal car c’était ce que je voulais. Il ne fallait plus que je ressente mon cœur qui s’était tu, mon esprit qui me rongeait, tous les doutes qui me happaient. Tu as vécu avant, tentai-je de me rappeler, alors tu vivras après, il faut simplement faire comme s’il n’avait jamais existé, parce qu’au fond, n’était-ce pas ça ? Aimer, c’était protéger, ce n’était pas blesser. Ewan ne m’aimait pas, ne m’avait jamais aimé, et à la fois, c’était logique, n’est-ce pas ? Qui l’aurait fait ? J’eus un rire que personne ne put entendre dans la musique était forte. Qui aurait pu m’aimer, je ne le méritais pas après tout. Il suffisait de me regarder en cet instant, me balançant au rythme de la musique, complétement ivre, pensant pouvoir oublier ainsi : j’étais si malsaine, si perdue que je ne comprenais pas que j’ai pu croire un seul instant qu’Ewan m’aimait. Je sentis quelqu’un se glisser derrière moi, ses mains se glissant le long de mes cuisses avant de saisir mes hanches qui se mouvaient au son de la musique, et je sentis un souffle dans ma nuque. C’était ça, n’est-ce pas, c’était toujours ça ? Je n’étais que cet objet que l’on avait utilisé, parce que depuis le début, je n’avais plus vraiment été une personne, à quoi bon prétendre le contraire ? Je n’avais pas grandi comme une fille normale, on m’avait arraché quelque chose, et peut-être que c’était mon cœur ? Etait-ce pour ça que je ne l’entendais plus ? Ma poitrine avait-elle toujours été vide depuis mes six ans ?

Peut-être que ça aurait été plus facile si j’avais été un robot. Un être métallique, et quand Ewan aurait touché ma peau, il ne m’aurait pas fait frissonné, il aurait simplement entendu un bruit métallique, un raisonnement qui aurait prouvé que j’étais vide. Si j’avais été un robot, j’aurais simplement pu effacer ma mémoire, j’aurais pu me débrancher, je n’aurais jamais pleuré ni ressenti de douleur. Comment devenait-on un robot ?

Je sentis une pression sur ma hanche, et je me tournai – le jeune homme derrière moi attrapa mes lèvres, et je me laissai faire. Etait-ce le même que tout à l’heure ? Je voyais mal, dans les flashs de lumières et d’alcool. Ses mains partout sur moi étaient désagréables, mais je ne m’écartai pas, au contraire. Moi aussi, je pouvais me jouer de la peine, je pouvais oublier dans les bras de quelqu’un d’autre. C’était comme ça qu’il fallait faire pour cesser de penser à quelqu’un, non ? Alors pourquoi depuis le début de la soirée, je ne ressentais aucun plaisir malgré les nombreux garçons qui m’avaient embrassé ? Aucun n’avait
ses lèvres à lui, son charme, ses bras, sa présence. Aucun n’était Ewan.

Je sentis la main se glisser entre mes cuisses, et j’eus un mouvement brusque, m’écartant, chancelant, me cognant aux autres personnes sur la piste de danse. Le jeune homme eut une protestation, mais je crois que je lui murmurai quelque chose proche du « lâche-moi », et j’allai jusqu’au bar pour reprendre un verre – comme pour oublier ce qui venait de se passer. Un garçon m’offrit un verre, se présenta, et j’entendis son prénom, Peter, au milieu des sons dissonants qui criaient depuis les enceintes. Je lui donnai le mien, acceptai le verre suivant, les deux shooters, et même si je ne parlais pas beaucoup, il resta, me murmurant quelques bribes de conversation à l’oreille et je me contentai d’hocher la tête de rire. Il me fit remarquer que j’étais très jolie, m’invita à danser, et j’acceptai sans réfléchir. L’instant suivant, il m’avait déjà attiré contre lui, m’embrassant sans retenu. Ses mains se crispaient contre mon corps, attrapant ma nuque, caressant ma poitrine, ma chute de reins, et je m’accrochai aussi à lui, enroulant mes bras autour de son cou. J’avais tellement bu que je tenais à peine debout, mais j’étais satisfaite de voir que je ne sentais quasiment plus rien, ni la douleur, ni la tristesse, ni le désir – simplement plus rien. Peut-être étais-je un robot ?

L’avantage d’avoir atterri dans un bar de sorcier, c’est que ce fameux Peter habitait à Pré-au-Lard et proposa de me ramener. Si j’avais réussi à transplaner en sortant de chez Ewan, m’enfuyant le plus vite possible, je savais qu’il me serait incapable de le refaire vu mon état d’ivresse. Il nous fit transplaner tous les deux, et je sentis la nausée me prendre dès l’arrivée : était-ce parce que je savais qu’Ewan était tout proche, ou parce que transplaner me retournait toujours l’estomac ? Je n’eus pas le temps de réfléchir, de toute manière : déjà Peter se remit à m’embrasser avec force, et mon cœur s’emballa, pas de plaisir, mais de peur. Je voulais partir, maintenant. Je m’écartai un peu, ne sachant pas quoi dire, et sa main se serra dans mon dos – je me dégageai plus brusquement, lançant un bonne nuit qu’il n’entendit peut-être pas, tant je n’étais pas sûre de ce que je faisais ou racontais. Il m’invita à venir chez lui, je refusais, et je sentis l’énervement monter dans sa voix. Il se mit à argumenter mais j’entendais mal, ne captant que des bouts de phrases. « t’attends que ça depuis tout à l’heure… tu crois vraiment que j’ai… ça va, fais pas l’innocente… » Je clignai plusieurs fois des yeux, cherchant à comprendre. Je ne voulais pas aller chez lui, je ne voulais pas… Je voulais qu’il me lâche, ce n’était pas Ewan, je ne savais même pas ce que je fichai avec lui, je voulais rentrer, je voulais Ewan, je voulais que quelqu’un me protège…

Je le repoussai violemment, ne comprenant même pas d’où me venait cette force, et je m’enfuis, courant jusqu’au passage secret. En arrivant près du petit sentier, je glissai dans l’herbe et poussai un cri de douleur : je sentis le goût du sang dans ma bouche, je m’étais ouverte les deux paumes et le menton. Je mis à sangloter sans pouvoir m’arrêter, essuyant la terre sur mes genoux qui me donnait envie de vomir un peu plus, et je m’enfonçai dans le passage secret en boitant presque. Je voyais flou, je ne cessai de pleurer, de me demander pourquoi, comment, qu’est-ce qui m’arrivait, qu’est-ce que je faisais là, j’avais mal partout, ma tête tournait bien trop…

Je ne sais pas trop comment je réussis à trouver la salle sur demande, mais lorsque j’y pénétrais, elle était vide et sombre, à l’exception d’une bouteille de whisky dans un coin de la pièce. Je me précipitai dessus, malgré la douleur qui s’était incrusté dans tous mes membres et dans mon cœur, et ignorant ma nausée et mes sanglots, j’ouvris la bouteille que je me mis à boire sans réfléchir. Plus je buvais, moins j’étais consciente, et c’était exactement ce que je voulais. Oublier. Oublier qu’à présent j’étais seule, je devais être seule, j’aurais toujours dû être seule. Je me sentais stupide, ridicule, misérable, réduite comme ma mère à boire pour subsister. J’étais comme elle.

Je me laissai tomber dans une léthargie telle que je perdis la notion du temps. Le sol de pierre était froid sous mon corps, et j’avais mal à la tête, au ventre, aux paupières à force d’avoir pleuré. Je me sentais complétement vide, et mon esprit n’arrivait plus du tout à mettre en place les pièces. L’alcool était comme un démon qui avait chamboulé le puzzle et s’était amusé à les réassembler en désordre, jamais la réalité ne m’était apparue aussi brutale, laide, et j’en étais peut-être la cause : je n’arrivais pas à faire que les gens m’aiment assez, n’est-ce pas pour ça qu’Ewan partait ? Ou alors était-ce que tout avait été un mensonge ? Pourtant, j’avais ressenti des choses. Des choses vraies. Je voulais ressentir encore, malgré tout… J’avais si mal, et tout était enfermé en moi, et je n’en pouvais plus – violemment, j’envoyais valser la bouteille de whisky quasi-vide contre le mur, et elle s’explosa dans un bruit qui contracta ma poitrine. Le verre brillait légèrement sous la lumière quasi-inexistante que dégageait la salle sur demande, et je m’en approchai, me traînant sur le sol, et en attrapai un morceau qui semblait particulièrement coupant. Je le portais devant mes yeux, l’observais avec un air absent pendant un moment, puis je relevai les manches de mon gilet, et sans réfléchir plus longtemps, je coupai.

J’enfonçai le verre le long de ma peau, sentant la douleur s’étendre petit à petit, comme pour me réveiller. Je ne savais pas pourquoi maintenant, après toutes ces batailles que j’avais dû mener pour arrêter, comment pouvais-je retomber si facilement ? Parce que je le mérite, me murmurai-je. Je voulais sentir la douleur qui m’habitait, je voulais la contrôler, je voulais me l’infliger, parce que c’était moi, moi qui faisait toujours tout exploser… C’était pour ça qu’Ewan était parti, parce que je n’étais pas assez bien, parce que…

Le temps n’était pas défini et continu, et l’instant d’après, je saignai, de nombreuses entailles alignées le long de mes avant-bras. Je le fixai, pleurant toujours à m’en déchirer les poumons : j’avais horriblement mal, j’arrivai à peine à bouger, et pourtant, ce n’était pas assez. Je ne savais pas jusqu’où je voulais aller, à vrai dire : je ne m’étais jamais senti aussi proche du bout. C’était stupide, pour un chagrin d’amour, n’est-ce pas ? Mais tout remontait, tout, tout ce que j’avais cherché à un jour combattre, et je n’avais plus de forces, plus d’armes… J’attrapai ma baguette, et fixai mon avant-bras gauche. Je n’arrivai pas à formuler correctement de sort, mais je savais où je voulais aller, je savais que tout ce que je voulais, c’était sentir, avoir mal, ou peut-être ne plus jamais rien sentir : une lumière rougeâtre jaillit de ma baguette qui tremblait dans mes mains, comme si elle refusait de m’obéir. La douleur était inouïe, et je ne réussis qu’à couper sur quelques centimètres, mais je finis par pousser un cri violent de douleur – la baguette me tomba des mains, et à hoqueter de douleur, glissant le sol, tenant la coupure de ma main pour qu’elle cesse de saigner. Avais-je eu tort ? Je ne savais pas, je n’y arrivais plus, je ne voulais pas… pas lâcher… pas lâcher…


- De l’aide, murmurai-je tout à coup, d’entre mes lèvres sèches. A l’aide, articulai-je faiblement, le cœur en miettes dans ma poitrine recommençant à s’agiter. Je l’entendais battre. A L’AIDE, hurlai-je alors.

J’avais usé mes dernières forces, et je me remis à pleurer sur le sol, sentant des tremblements horribles me prendre. J’avais mal de partout, et envie de dormir, de me réveiller, d’avoir rêvé… Pourquoi demander à l’aide ? Je n’en méritais pas. J’entendis un bruit lointain, comme une porte qui s’ouvre, et je me recroquevillai en boule, ma main toujours sur mon avant-bras gauche où se trouvait la plus grosse coupure qui saignait toujours.


- Va-t’en, murmurai-je d’une petite voix à la silhouette qui s’approchait. Laisse-moi, je veux pas, je veux… je veux…, bredouillai-je, et les larmes reprirent ma gorge, m’empêchant de parler. Je me sentais faible, et pourtant, il me restait la force de pleurer avec une force étrange, et même si j’avais mal partout, une chose était sûre : je ne me sentais pas vivante.

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I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: ~ Nothing scares me anymore. [PV]   Mer 4 Déc - 0:57

Comme bien souvent, le temps m'avait rattrapé sans que je m'en aperçoive. Il avait avorté mes travaux pourtant entamés avec toute la volonté du monde - j'avais dîné tôt avec Haley, à la table des Serdaigles, puis nous étions allés nous promener pour profiter des derniers rayons de septembre, et ensuite nous étions rentrés dans la salle commune. La journée de demain était tellement chargée, et le travail déjà dense, que nous n'avions rien prévu de spécial ; comme Haley était avec une de ses amies, j'avais résolu de finir mon devoir de Potions, mais il me manquait quelques livres. Sans plus tarder, je m'étais rendu à la bibliothèque. Par habitude, je m'étais installé dans le fond de l'immense endroit silencieux, à la petite table où je me mettais souvent, contre la fenêtre, derrière d'épais rayons de grimoire à l'odeur poussiéreuse. Ici, on ne me voyait pas, et cela me permettait parfois de rester quand nous devions partir - j'appréciais encore plus ce sentiment d'être seul ici, parmi tous ces livres, seul à travailler alors que nous étions si nombreux dans le château. Depuis peu, j'avais retrouvé goût à la solitude. On dit que l'on ne peut pas réellement vivre quand on n'a pas vécu seul, et pour la première fois je n'étais plus seul par obligation mais par choix, et cela faisait toute la différence. Mes retrouvailles avec Haley m'avaient tant apaisé que c'était comme si j'avais découvert un tout nouveau chemin, là, juste caché par les branches de l'immense cerisier en fleurs - pour toujours.

Stephen était parti, Taylord était partie, mais pour la première fois je ne me sentais pas abandonné, pas réellement. Je n'allais pas perdre Taylord pour autant ; c'était de toute façon notre destinée puisque elle avait un an de plus. Nous étions amis, pourquoi douter ? Stephen... C'était différent. Stephen était parti, mais il était temps que je reconnaisse que personne ne retient Stephen, ni moi, ni Lizlor, personne. C'était ainsi. Peut-être que tout simplement il me donnait ce dont j'avais besoin, ce que je voulais, mais à sa propre manière, ce qui m'empêchait d'en voir la valeur ? Je lui en voulais toujours autant, mais j'étais en paix. J'étais en paix parce que malgré tout ma confiance était éternelle, et ma fidélité, aussi. Ce n'était peut-être pas la meilleure attitude à adopter parce qu'elle me mettait dans la position la plus fragile, mais Stephen restait mon frère et mon meilleur ami, et il ne m'aurait rien fallu de plus qu'un seul mot de sa part pour qu'il me retrouve, comme avant. J'en avais assez de ne pas être un choix ; soit, je devenais ce choix de moi-même, je le faisais, je l'assumais.
Fais-les te choisir, m'avait dit Ruby. Et si je les choisissais moi, malgré eux ? Pourquoi ne pas le tenter, après tout ?

Hellébore : propriétés et controverses, voilà qui avait de quoi occuper une bonne partie de ma soirée. J'avais récupéré mes livres favoris en matière de Potions avancées et je m'étais attelé à la tâche sans m'attarder, tout à mon travail, l'esprit clair et vidé de toutes préoccupations annexes.

Au cours de mes recherches et de mes notes, j'avais été surpris par quelques phrases du livre, puis de découverte en découverte je m'étais rendu compte du nombre d'histoires liées aux propriétés plus ou moins reconnues de l'hellébore depuis des années et des années, et je m'étais pris au jeu, comme à l'habitude : c'était comme les courses au trésor que nous faisions, avec Ophelia et les jumelles, enfants, quand mes aînés nous organisaient des après-midi de jeu. D'indice en indice, nous avancions et nous nous prenions au jeu, oubliant tout du reste qui nous entourait - c'était pareil alors que je feuilletais les livres, que je gribouillais des notes à la va-vite, je tenais des pistes et j'avais envie d'arriver au bout, d'en savoir plus. Cela m'occupa tant l'esprit que je ne vis pas l'heure défiler et que la soirée avança sans me perturber une seule seconde. De temps en temps, quand je relevai la tête pour me détendre la nuque, je constatai qu'au dehors la nuit tombait, mais cela restait en surface de mon esprit, occupé ailleurs, par bien d'autres choses. J'ignorais qu'il y avait même eu des querelles dans les clans des sorcières de Salem pour une pauvre racine, et plus j'en apprenais, plus je commençais à fatiguer aussi un peu... La journée avait été longue, et surtout, il se faisait tard. Par commodité, et pour me reposer un peu, je posai ma tête dans mes bras, faisant le noir autour de moi, et me mis à trier les idées et informations dans ma tête.

Hélas, j'étais trop agréablement installé : je m'endormis.

Lorsque je me réveillais, il n'y avait que la lumière des étoiles au-dehors, les petites flammes que j'avais installées à côté de ma table s'étaient éteintes d'elles-même, constatant sûrement que puisque je dormais, elles n'avaient aucune raison de briller. Je me frottai le visage et rangeai mes affaires, un peu endormi : il était temps de rentrer me coucher dans le dortoir.

Sans un bruit, je quittai la bibliothèque et me glissai dans les couloirs déserts et sombres du château, un peu d'appréhension au creux du ventre tout de même. J'espérais ne pas me faire repérer par un surveillant ou un professeur, car j'étais dehors après le couvre-feu, et même si je savais qu'ils ne me puniraient pas forcément car ce n'était pas dans mes habitudes, je détestais ce genre de situation, me retrouver hors-la-loi malgré moi. Rapidement, je fis le chemin inverse, grimpai les escaliers endormis - tant mieux pour moi - longeai des salles vides et me dirigeai vers la tour de Serdaigle. Je tournai à droite dans le grand couloir haut de plafond où se trouvait, d'ailleurs, la salle sur demande, et je me demandai en même temps pourquoi au XVIIème siècle les Mages n'avaient pas définitivement tranché sur la question de l'hellébore plutôt que de tourner autour du pot, et de...


- A L’AIDE...

Je m'arrêtai net, le coeur battant. Autour de moi, le silence de la nuit ma parut soudain menaçant, sombre. Mon sac serré contre moi, je tendis l'oreille encore une fois. N'avais-je pas entendu à l'aide ? Mais d'où, dans quelle direction ? Je pouvais soit continuer tout droit, soit revenir sur mes pas... Mais le son avait rebondi sur le mur à ma gauche... Je me tournai lentement vers le mur à ma droite, où se découpait l'entrée magique. Il n'y avait pas d'autres solutions, et j'hésitai une seconde - lui demander, ou pas ? Je veux aider la personne qui a crié, je veux aider la personne qui a crié, je veux aider la personne qui a crié, dis-je très vite dans ma tête, avant de poser la main sur la poignée et d'ouvrir la porte sans plus tarder. J'entrai, prêt à m'emparer de ma baguette magique.

La salle était vide, étrangement vide, et je ne pus m'empêcher de me demander ce qu'avait chercher la personne en question en entrant ici, alors que cette pièce offrait tant de possibilités. Mais mes questions furent vite balayées : je me précipitai dans le coin de la pièce où la personne était allongée.


- Va-t’en. Laisse-moi, je veux pas, je veux… je veux…

Je reconnus instantanément Ruby, surtout grâce à ses cheveux car sa voix était trop faible, et tout son corps était roulé en boule, tandis que je devinai dans la pénombre une bouteille, d'alcool profondément, et des traces plus sombres autour de Ruby, qui m'inquiétèrent bien d'avantage. Prudemment, je me mis à genou à côté d'elle, ne voulant pas l'effrayer :

- Ruby ? C'est Scott, murmurai-je, et je posai une main rassurante sur sa tête pour lui signifier ma présence et mon soutien.

Mais son état m'inquiétait : elle tremblait, elle pleurait, elle était prostrée, réellement effondrée et plus je notai ces petits détails plus je sentais l'inquiétude m'envahir. Quand je réalisai que les tâches sombres étaient bien du sang, qu'elle se tenait le bras, j'agrippai sa main et l'ôtai - elle n'opposa pas de résistance. Je sentis mon propre sang ne faire qu'un tour dans mes veines : son seulement les bras de Ruby étaient recouverts de... coupures, de griffures, mais il y avait une entaille bien plus importante que les autres, profonde, d'où s'échappaient des traînés de sang étrangement régulières, de chaque côté de la plaie béante. Je dirigeai ma baguette au-dessus pour essayer de stopper l'hémorragie, réfléchissant rapidement - les rouages de mon cerveau tournaient à toute allure - et j'essayai un sortilège, puis deux, puis trois. Si je savais qu'ils lui feraient sans doute du bien, non seulement elle avait l'air trop ivre pour s'en rendre compte, mais surtout ils n'avaient pas l'effet escompté : refermer la plaie. J'en déduisis qu'elle se l'était infligée avec sa baguette, et me rappelai de ce que nous avait expliqué Kelsey au sujet des blessures de ce genre. Elles étaient d'autant plus délicates à soigner quand le sorcier se les était infligées avec sa propre baguette, car la baguette avait réagi en légitime-défense, mais avait fini par céder. Je me mordis les lèvres de dépit, et m'adressai à Ruby le plus doucement mais le plus fermement possible :


- Ruby, quel sort tu as utilisé ? Que se passe-t-il ? Je ne peux pas te laisser comme ça...

Mais elle avait l'air si profondément triste que je me sentais stupide et démuni, et surtout, l'incompréhension ne m'aidait pas. J'essayai de faire en sorte qu'elle me regarde, qu'elle me voit lui sourire, mais elle avait le visage tant ravagé par les larmes que je me doutais, hélas, que la cause de ses tourments était sûrement hors de ma portée.

_________________
‖▹
SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Nothing scares me anymore. [PV]   Jeu 5 Déc - 15:25



"I'm wide awake
Yeah, I was in the dark
I was falling hard
With an open heart
I'm wide awake
How did I read the stars so wrong?
I'm wide awake
And now it's clear to me
That everything you see
Ain't always what it seems

I'm wide awake
Yeah, I was dreaming for so long

I wish I knew then
What I know now
Wouldn't dive in
Wouldn't bow down
Gravity hurts
You made it so sweet
'Til I woke up on
On the concrete."


Je… Je ne me rappelais pas avoir autant bu, un jour – et pourtant, j’avais de l’expérience dans ce domaine. Mais à présent, j’étais simplement… Incapable de réfléchir, de comprendre, de me défendre contre tout ce qui montait en vague contre moi et venait me happer. J’avais l’impression d’avoir à nouveau six ans, mais je n’avais plus l’innocence d’un enfant. Non, je savais parfaitement ce que ça signifiait d’être seule, d’avoir mal, je n’avais plus l’espoir auquel me raccrocher : tout allait recommencer, tout revenait, et je n’avais plus aucune défense. J’étais toute seule, je l’avais toujours été ? J’avais combattu dans le vide, je le réalisais maintenant, et les sanglots m’étouffaient, toute cette pression s’appuyait sur ma poitrine et m’empêchait de respirer… L’alcool s’amusait bien à tout mélanger, et je ne savais pas si je lui en étais reconnaissante, j’avais l’impression qu’au final, c’était lui qui me montrait la réalité que j’avais toujours fui. La réalité était là, sous mes yeux : j’étais allongée sur le sol, pitoyable, misérable, seule, et c’était ainsi que j’aurais dû rester, que j’aurais dû être. Je n’étais rien, n’est-ce pas ? Je n’avais jamais été rien pour personne. Mais c’était moi, ma faute, je n’étais pas quelqu’un de bien, et pourquoi… Pourquoi avais-je voulu y croire ? Ewan s’était amusé, et il avait eu raison, je ne valais pas plus que ça, que d’être l’objet, le rôle qu’on m’avait toujours attribué. Et les autres… Je pensais à Lizlor, et un spasme nauséeux me prit, et les sanglots me coupèrent la respiration plusieurs minutes – j’avais l’impression de me noyer. Elle aussi, elle allait partir ? Elle devait être épuisée de me supporter, et ne tenait que par pitié, par habitude ? Combien de temps avant qu’elle parte aussi ? La fin de l’année, qu’elle devait attendre comme une libération ? Et ensuite, je n’aurais plus personne, les autres, les autres ne m’aimaient que pour cette Ruby qu’il voyait, la Ruby joyeuse, personne ne voulait du poids que je représentais… Et pourtant, je ne voulais pas être seule, moi…

Etait-ce pour cela que la salle sur demande s’était ouverte ? Je n’étais pas sûre, l’alcool brouillait mes sens, et je n’arrivais pas à me concentrer sur ce qui se passait. Peut-être était-ce moi qui imaginais ? Qui voulais-je voir, à présent, venir m’aider ? Personne n’aurait dû m’aider, je ne voulais pas, surtout s’il partait après et qu’il me faisait du mal, je n’avais besoin d’eux pour le faire, je ne voulais plus dépendre de quelqu’un pour avoir mal… Repliée en boule sur le sol, tout mon corps était douloureux, et je sentais le sang qui s’échappait de mes plaies que j’essayais d’épancher – pourquoi, d’ailleurs, pourquoi essayer jusqu’à la fin de tenir ? Je m’accrochais, je m’étais toujours accrochée, depuis que j’avais six ans je ne m’étais jamais laissée avoir par la tentation de disparaître, que je m’étais battue, et au final, pourquoi ? Le voulais-je vraiment ? Là, si je fermais les yeux, si je me laissais basculer, qui pourrait me blesser ? Il n’y aurait plus personne, et c’était peut-être mieux, si personne… Si personne ne pouvait m’atteindre, et si je ne pouvais pas non plus, et… Au moins, je n’aurais plus mal…


- Ruby ? C’est Scott.

Hein?... Je poussai un gémissement, voulant me dégager de la main qui s’était posé sur moi. Que se passait-il, étais-je en train de rêver ? Mais je sentais une présence, consistante, ce n’était pas un rêve… Je me mis à pleurer encore plus, je ne voulais pas que l’on me voit ainsi, que l’on me touche, je voulais qu’on me laisse toute seule… Scott… Scott ? Je fermai les yeux, fort, fort, espérant qu’il disparaisse. Je sentis sa main dégager la mienne, et je gémis de douleur tandis qu’il prenait mon avant-bras, celui avec la plus grosse coupure. Que regardait-il ? Ah oui, j’avais l’air bien maintenant, moi, la Ruby qui paraissait toujours si heureuse, si parfaite… Je ne voulais pas qu’il me voit, qu’il me touche, qu’il me juge… Que faisait-il ? Je sentis une drôle de chaleur envahir mon avant-bras, mais pourtant, ça ne changeait rien, j’avais toujours mal partout, dans ma poitrine, mon cœur battait mais m’arrachait des cris de douleur, il n’avait plus la force… Je l’entendais battre, mais pourquoi ? Pourquoi battait-il ?

- Ruby, quel sort tu as utilisé ? Que se passe-t-il ? Je ne peux pas te laisser comme ça...

… Un sort ? Je poussai un nouveau murmure incompréhensible, de douleur, qui voulait sûrement lui dire de partir, mais je n’arrivais pas à réfléchir, à parler… Je ne savais pas quel sort j’avais utilisé, je ne me souvenais plus – et comment étais-je arrivée là ? Je… Oui, le bar, la piste de danse, les garçons – je poussai un faible cri, presque de peur. Oui, je me rappelais, et la bouteille, et le verre… Mais c’était flou, je n’arrivais pas à reconstituer les trous noirs… Scott, comment m’avait-il trouvé ? Je me forçai à ouvrir les yeux, à chercher son visage : il semblait inquiet, mais je voyais mal, les larmes brouillaient ma vue, et je tremblai de partout – j’avais froid, j’avais horriblement froid partout, à l’intérieur. Sa voix me paraissait lointaine, tout autour de Scott, les choses bougeaient, se déformaient, je ne reconnaissais rien, j’avais trop bu… Que se passait-il, m’avait-il demandé ? Que se passait-il… Ewan… Ewan…

- ll s’en va, lâchai-je, et les sanglots revinrent agiter mes épaules, et je plaquai à nouveau ma main sur ma blessure, j’avais du sang partout, sur mes doigts, sur mes cheveux, sur ma robe blanche… Je n’étais plus toute blanche… Pourquoi il s’en va, pourquoi, va-t’en toi aussi, je veux pas… de…

Je ne voulais pas qu’il m’aide et qu’il parte après, je n’avais pas confiance, je n’avais plus confiance… Et puis, pourquoi ? Pourquoi m’aider, réalisait-il seulement combien je… Je faisais mal les choses ? Ne me trouvait-il pas stupide, ainsi allongée, les bras en sang, et ivre… Ne comprenait-il pas que ça ne servait à rien, que je ne méritais pas son attention ? Je ne suis rien, voulus-je murmurer, Scott, ça ne sert à rien, je ne veux pas que tu m’aides parce que rien ne pourra jamais réparer le passé.

- C’est ma faute, tentai-je d’expliquer, pour qu’il s’en aille. C’est moi… qui les… Je les ai tués, c’est moi, mais… Mais je voulais pas, j’ai pas fait exprès, je te jure, murmurai-je, me remettant à pleurer. Mais je suis pas… une bonne personne, eux c’était pas… des bons parents mais… je suis comme eux… c’est pour ça que tu dois… partir, tu vois…

J’arrivais à peine à parler, je ne savais pas si mes murmures étaient compréhensibles, j’avais trop mal, je pleurais trop… Je voulais que quelqu’un me dise que ça allait aller, que j’allais m’en sortir, mais ce n’était pas vrai, alors pourquoi mentir ? Je m’en voulais, d’avoir besoin en cet instant, alors que c’était lui qui causait cette chute, d’Ewan, de ses bras, de ses mots rassurants… Je me sentais si bien avec lui, si forte, comment avais-je pu avoir tort ? Comment avait-il pu mentir si bien ? Je sentis que je me remettais à sangloter avec force, je n’arrivais pas à bouger car chaque mouvement me crispait de douleur… Et je voulais juste disparaitre, je voulais que Lizlor me rassure, je voulais… Que ma mère me dise que ce n’était pas de ma faute… Je voulais quelqu’un…

- Pourquoi ? Demandai-je d’une voix pitoyable, dans un gémissement de douleur. Pourquoi Ewan s’en va, je croyais qu’il… m’aimait… Mes doigts se serrèrent sur ma blessure mais je ne sentais plus grand-chose, je commençais à me sentir glisser dans quelque chose de vaseux, mes muscles étaient tout tendus et à la fois incapables de bouger, et j’avais la tête lourde, trop lourde. Je veux disparaître, je peux plus… ça fait mal… je veux pas avoir mal… Je fermai les yeux, sentant mon corps s’affaisser. J’avais envie de vomir… J’ai toujours mal, pourquoi ? Je voulais juste… être quelqu’un de bien… j’ai pas fait exprès, je le jure… je voulais pas… c’est lui qui m’a fait mal le premier… Scott était-il encore là ? Je ne savais pas, la réalité commençait à m’échapper et j’avais envie de dormir, de disparaître, de ne plus avoir mal… Mais je voulais pas qu’il meurt… je veux tuer personne, pourquoi… Laisse-moi dormir, repris-je d’une voix lointaine. Je ne savais pas si j’étais allongée sur le sol, ou si Scott me tenait, je ne sentais plus rien de tangible, à part mon cœur qui se serrait… Je veux plus qu’on… me mente…

Je voulais simplement que ça arrête de faire mal, je voulais que ça soit moi qui soit morte ce jour-là, dans la grange, parce que c’était du pareil au même, vivre comme ça, ne pas vivre, c’était pareil, et je ne voulais pas… Je ne voulais plus avoir mal.

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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: ~ Nothing scares me anymore. [PV]   Dim 8 Déc - 19:43

Ruby se débattit faiblement, mais je m'y étais attendu. Les personnes, dans ce genre de situation, ont souvent ce genre de réaction - je me souvenais du court de premier secours que mes parents nous avaient fait suivre pendant les vacances. Les jumelles avaient râlé, pour la forme, mais pas moi, parce que je m'étais dit que c'était quelque chose d'utile et que pour une fois mes parents choisissaient de bons investissements dans notre éducation plutôt que tous les séjours à l'étranger et les cours particuliers qu'ils nous payaient. Evidemment, parce que nous étions jeunes, les enseignants nous avaient formé à tout "ce qui pouvait arriver aux jeunes" ce qui incluaient les risques de l'alcool - et la dame avait d'ailleurs fait tout un laïus sur les méfaits du Pur-Feu et le goût trop prononcé des jeunes sorciers pour les boissons alcoolisées et ce qui allait avec. Aussi, je n'avais pas l'impression de découvrir du tout au tout ce qui était en train de se passer - mais le vivre réellement, concrètement, prenait une toute autre dimension. Ruby n'était seulement une victime de ce qu'elle venait de boire, une victime avec quelques plaies et un potentiel danger pour le coma éthylique, elle était mon amie, en larmes, visiblement tellement mal qu'elle en était arrivée là, et subitement je me sentais un peu idiot avec mon savoir encyclopédique. Soigner, d'accord, mais qu'est-ce que cela changerait pour elle ? C'était autre chose qui l'avait poussée à agir ainsi, quelque chose qui m'échappait...

- ll s’en va... Pourquoi il s’en va, pourquoi, va-t’en toi aussi, je veux pas… de… murmura-t-elle entre ses sanglots, et c'était un tel fouillis de pleurs désordonnés que je me penchais un peu plus au-dessus d'elle pour essayer de comprendre.

Au passage, j'essayai de desserrer ses doigts sur sa blessure. Je n'avais pas encore réussi à atténuer l'épanchement de sang, mais en appuyant comme elle le faisait j'avais l'impression qu'elle ne faisait qu'empirer les choses, ce que je voulais éviter, surtout que je ne trouvais toujours pas le bon sortilège pour la guérir. Il s'en va ? Qui ? J'étais un peu trop préoccupé par sa santé, par les bris de verre autour d'elle, par les coupures et ses bras en sang, pour chercher à comprendre.  


- Ça va aller, la rassurai-je pour toute réponse - évidemment que je n'allais pas m'en aller.

- C’est ma faute. C’est moi… qui les… Je les ai tués, c’est moi, mais… Mais je voulais pas, j’ai pas fait exprès, je te jure. Mais je suis pas… une bonne personne, eux c’était pas… des bons parents mais… je suis comme eux… c’est pour ça que tu dois… partir, tu vois…

Les mots commençaient à m'atteindre, et je détournai mon regard concentré de ses bras ensanglantés pour chercher son regard - mais il était loin, il était trouble, et tout éteint, comme si Ruby n'était pas vraiment là avec moi. Seules les larmes qui coulaient de ses yeux les rendaient vivants, mais sinon, c'était comme si Ruby n'était qu'une pauvre enveloppe charnelle toute coupée et fracassée de partout. J'eus un frisson dans le dos : et si, réellement, elle était en danger ? Si je perdais mon temps, et que je devais appeler des secours plutôt que d'essayer par mes propres moyens ? Quelque part, je m'étais toujours douté que quelque chose clochait dans la belle histoire toute lisse de Ruby, qu'elle était si parfaite pour de bonnes raisons, mais ce n'était pas mes histoires, et je ne m'en mêlais pas si elle ne décidait pas d'elle-même de les partager.

Elle parlait de ses parents, et je ne comprenais pas - pourquoi parlait-elle de tuer, pourquoi avait-elle l'air de croire que tout était de sa faute ? Et quel élément avait tout déclenché, pour qu'elle dégringole ainsi ?


- Le sortilège, Ruby, essayai-je sans me démentir de mon idée, qu'est-ce que tu as utilisé ? Mes doigts s'approchèrent de la plaie sans la toucher vraiment - cela commençait à être urgent. Mais elle ne m'entendait pas.

- Pourquoi ? Pourquoi Ewan s’en va, je croyais qu’il… m’aimait… Ah ! C'était donc cela... Je veux disparaître, je peux plus… ça fait mal… je veux pas avoir mal… J’ai toujours mal, pourquoi ? Je voulais juste… être quelqu’un de bien… j’ai pas fait exprès, je le jure… je voulais pas… c’est lui qui m’a fait mal le premier… Mais je voulais pas qu’il meurt… je veux tuer personne, pourquoi… Laisse-moi dormir. Je veux plus qu’on… me mente…

Comme des pièces de puzzle, tout s'accrochait petit à petit - le cadre, tout du moins, car certaines pièces me laissaient sceptique. Mais je comprenais qu'Ewan était parti - où, comment, je n'en savais rien - et que cela n'avait pas été préparé du tout puisque Ruby était si triste ; pour le reste ça ne m'avançait en rien, je doutais qu'elle l'ait tué malgré les mots qui s'échappaient de sa bouche, et je ne faisais pas le lien avec ses parents, même si ma raison m'indiquait clairement qu'il y avait là une histoire familiale d'une toute autre ampleur. Je me sentis brusquement et décidément très inutile, car non seulement je n'arrivais pas à lancer de sortilèges assez puissant pour réparer les plaies qu'elle s'était causées, mais en plus, plus elle parlait et elle pleurait moins je me sentais apte à trouver les mots pour la rassurer, l’apaiser. Je ne comprenais pas, et j'avais beau faire marcher mon cerveau à pleine puissance, il me manquait trop d'indices pour tisser une quelconque trame.

Je saisis doucement son visage pour qu'elle me regarde - pour qu'elle me répondre peut-être, mais les mots moururent dans ma bouche avant que je les prononce. Cela ne servait à rien : elle tournait de l’œil. Son visage était pâle ses lèvres entrouvertes, elle pleurait toujours mais j'avais l'impression que ses paupières tremblaient comme avant que les yeux se révulsent, et son corps tremblait un peu. J'hésitai - sa robe, ses bras, tout était taché de sang, et j'avais peur de la blesser - et puis je rangeai ma baguette dans ma poche et attrapai le corps de Ruby, un bras sous ses genoux et un bras sous ses épaules, la soulevant le plus doucement possible.


- Tiens-bon, lui murmurai-je, la priant à moitié. Je t'emmène à l'infirmerie ; on va s'occuper de toi.

Je me mis en route sans plus tarder, taraudé par l'inquiétude de n'avoir pas pris cette décisions plus tôt. L'infirmerie n'était pas si loin, mais Ruby pesait un peu dans mes bras et je ne voulais pas la heurter en marchant trop vite ; tout en avançant je continuais à lui parler à mi-voix, pour lui rappeler ma présence, pour lui demander de tenir bon, pour la rassurer. Qu'allait dire Pomfresh en nous voyant arriver ainsi ? Je n'en avais aucune idée, mais j'avais simplement peur, et je voulais arriver. Je poussai tant bien que mal les grandes portes en bois et pénétrai dans l'infirmerie déserte, me sembla-t-il, et silencieuse, mais presque aussitôt une forme surgit du fond de la pièce et je reconnus James Miller, l'assistant infirmier. Il comprit l'urgence de la situation - ou peut-être ne lui laissais-je pas vraiment le choix, car je m'étais précipité vers un lit vide pour y déposer Ruby, et il m'aida, l'installant tant bien que mal. Elle était inconsciente : ce que j'avais craint.

Avec le plus d'exactitude possible, je racontai où et comment et dans quel état j'avais trouvé Ruby, ce que j'avais essayé de faire pour atténuer sa douleur et ses saignements, la façon plutôt incohérente dont elle avait parlé, ses larmes ; entre temps, Miller l'avait installée plus confortablement et s'attelait déjà à ce que font les médicomages, vérifiant son pouls, sa température, et Pomfresh était arrivée, un peu moins tirée à quatre épingles que d'habitude car nous étions au milieu de la nuit. Je récapitulais une nouvelle fois l'histoire juste après qu'elle ait prévenu Sara Wayland et Katie Jones, avec concentration, indifférent à la fatigue et la lassitude qui me gagnaient. J'avais l'impression que toute l'inquiétude qui s'était formée en moi retombait maintenant comme une énorme boule d'énergie et me vidait de toutes mes forces, mais j'étais bien trop préoccupé par le sort de Ruby pour montrer quoi que ce soit.

Finalement, parce que je ne pouvais rien faire de plus pour aider, et que je ne pouvais pas partir sans la savoir hors de danger, je me laissai tomber dans le fauteuil le plus proche, un peu en retrait du lit d'infirmerie de Ruby, mais qui me laissait le loisir de la voir tout de même. Autour de moi, je voyais Miller et Pomfresh s'affairer, et j'entendis les autres arriver ; je savais qu'ils la sauveraient et la remettraient sur pied, je n'en doutais pas vraiment. Mais ce dont je doutais me faisait bien plus peur : il n'y avait rien qui pouvait le soigner. Car, seulement maintenant, je m'étais dit que si Ruby s'était mis dans un tel état parce qu'on venait de lui briser le cœur, alors toutes les potions et tous les antidotes du monde étaient bien inutiles. Elle était quelque part où rien ne pouvait plus l'atteindre - je me souvenais sans difficultés de ce que cela faisait, du vide étouffant, de la solitude que rien ne pouvait briser.

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‖▹
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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Nothing scares me anymore. [PV]   Mer 11 Déc - 21:14



"Home
Reflections of eyes shine bright and my mind remind me
I long
To be cold and feel alive for that’s what inspires me
Home
To be free, just to breathe, only seen in the eyes that know me
Home
Like a dream out of reach I can’t see through the film that clouds it

Memories fade to dust
Slowly losing touch

To belong is the feeling I want
Is it wrong to miss the time that we had?

Now it’s gone
Didn’t plan for this
Home is where my heart is
It’s the feeling I want
Is it wrong to miss the time that we had?
Now it’s gone
Didn’t plan for this
Home is where my heart is."


C’était drôle, de tout ressentir et à la fois, de me sentir si vide. Je ne savais plus si c’était à l’intérieur, ou partout sur moi, sur ma peau à vif, ou si les griffures lacéraient mon cœur, si c’était dans ma tête qu’il y avait ce poids immense ou s’il compressait ma poitrine, si c’était mes poumons qui ne voulaient plus attraper l’air ou si c’était simplement moi qui refusait de respirer. Ma tête était lourde, à l’intérieur, les fils de mes pensées se liaient dans tous les sens et tiraient les ficelles, chamboulant tout ce que je tentais d’ordonner – quand je fermais les yeux, j’avais envie de me laisser aller, de me coucher, de dormir, et j’avais mal à la nuque, mal de rester éveiller, de respirer, de vivre… Essaye de te battre, murmura une petite voix à l’intérieur. Je reconnaissais cette intonation, c’était cette enfant que j’avais été, après l’incident, cette enfant qui essayait encore de se battre et de protéger son innocence perdue. Mais à quoi bon, pensai-je alors ? Je m’étais battue, j’avais essayé, j’avais trouvé l’espoir dans les choses les plus simples, les plus petits plaisirs de la vie, en attendant que les morceaux se recollent. Mais Ewan n’était pas quelque chose de simple, une petite lumière, c’était simplement tout mon univers, et je ne pouvais pas y avoir goûté et le laisser disparaître ainsi, et pouvoir continuer. Comment avait-il pu… Parce qu’il savait… Il savait qu’il était aussi important, comment avait-il pu me laisser l’aimer ainsi tout en sachant qu’il allait partir ? Avais-je eu autant tort sur qui il était ? J’avais eu tort, ce n’était pas… Il n’était pas ce Ewan dont j’étais amoureuse, je m’étais laissée avoir, il ne m’aimait pas, il ne m’aimerait jamais et ne m’avait jamais aimé, pourquoi l’aurait-il fait, pourquoi…

Quelqu’un me parlait ? Je n’entendais pas, et j’avais le corps étrange, je crois qu’il bougeait, mais pourtant je n’avais pas de force… J’avais la nausée et mal à la tête, je n’arrivais plus à rester éveiller, j’entendais des bruits dans ma tête, ou peut-être était-ce dehors, je ne savais pas ? Pourquoi… J’avais mal partout, et j’avais juste envie de tout arrêter, de tout…

Je clignai plusieurs fois des yeux : la lumière blanche m’aveuglait. Je ne sentais absolument rien, et je regardai mon corps, sans vraiment le distinguer, tout était entouré d’un halo blanc. Je portai mes mains à mon visage, elles étaient toutes limpides, toutes blanches, et mes doigts bougeaient lentement, tout doucement : je les passai sur mon visage, avec la curieuse sensation de ne rien sentir de physique. Je regardai autour de moi, tout était blanc, et je fis quelque pas. Ils résonnèrent, comme si le plafond au-dessus de moi était haut, la pièce immense, mais je n’en voyais pas les limites : c’était comme un immense vide tout blanc. Mais je continuai de l’explorer, cherchant à trouver une porte, quelqu’un, quelque chose. Mon attention fût interpellée par quelque chose sur un mur, plus loin, un pan de mur dans la pièce, qui était simplement posé là. Je m’approchai, et constatai que sur la surface blanche, pure, des gouttes rouges glissaient, laissant des marques comme les gouttes de pluie le font sur une fenêtre. Etait-ce du sang ? Je ne touchai pas, de peur de me tacher, mais je regardai ses gouttes venues de nulle part qui perlaient et contrastaient avec la blancheur du mur. J’entendis un bruit qui me sortit de mon observation, et je fis le tour du mur : derrière, ma mère était assise sur le sol, toute vêtue de noir, avec une poupée dans les mains. Je connaissais cette poupée, elle était à moi lorsque j’étais petite, avec sa robe doré et ses longs cheveux blonds qui me fascinaient. C’était drôle, car ma mère la berçait et à la fois, elle la serrait étrangement, autour de son cou, et j’avais l’impression que la poupée aurait eut mal si elle avait pu ressentir quoi que ce soit.

Je m’approchai doucement, hésitante, avant de m’asseoir face à ma mère. C’était drôle, après tout ce temps, je n’avais pas oublié ses traits, son visage. Il semblait avoir vieilli, mais il avait toujours quelque chose de profondément triste dans ses pupilles, et la manière dont ses épaules se courbaient. J’étais face à elle, et pourtant, elle ne me regardait pas vraiment, se contentant de serrer la poupée. Puis, elle sortit quelque chose de sa poche, tout en tenant la poupée d’une main – c’était une flasque translucide avec une étiquette d’une marque de whisky que je connaissais. Elle releva son visage, elle pleurait, et les larmes qui roulaient sur sa joue, elle les recueillit dans la flasque : je la regardais faire en silence, essayant de comprendre. C’était étrange, cette manière qu’elle avait de vider sa tristesse dans… L’alcool ? Je fronçai un peu les sourcils, et ma mère, releva ses yeux vers moi. Elle posa la flasque, prit la poupée tout contre elle, caressant ses cheveux, me regardant toujours, avant d’avoir un petit sourire. Son regard semblait me demander ce que je faisais ici, et à la fois, elle semblait si profondément désolée, comme si elle cherchait mon pardon. Je voulus dire quelque chose, mais à ce moment-là, elle se leva, et me fit un signe – elle pointait son doigts derrière le mur à nouveau, comme pour me dire qu’il y avait quelque chose pour moi. Je me levai, lui lançai un dernier regard – elle avait la poupée contre son cœur – et je marchai lentement. J’entendis tout à coup des bruits, et pressai mon pas. Derrière le mur, au loin, je reconnus la silhouette de Lizlor, et elle me semblait extrêmement loin mais je la reconnaissais, je sentais mon cœur battre et je réalisai qu’elle avait la main tendue. J’ouvris la bouche, et finalement, j’arrivai à souffler un mot : son prénom.

Je me mis à marcher plus vite, mais je n’arrivais pas à courir, mais je sentais qu’elle s’effaçait, et mon cœur se mit à paniquer. Elle m’appelait elle aussi, je crois, et j’avais peur de la perdre, qu’elle parte – je pouvais douter de tout, sauf de nous – et je sentis une force m’envahir et je me mis à courir, traversant des mètres et des mètres de ce lieu blanc insaisissable pour atteindre Lizlor. Je me rapprochai, et je tendis ma main, et réussi à attraper la sienne que je serrai avec le peu de force qu’il me restait.

Je sentis une chaleur entre mes doigts, de l’air dans ma poitrine et tout à coup, je ressentis tout brusquement : la douleur horrible qui se prolongeait de mes avant-bras jusqu’à mon cœur, l’horrible mal de crâne, je clignai des yeux plusieurs fois, aveuglée par la lumière. Puis tout se passa très vite : je réalisai à peine que je tenais réellement la main de Lizlor dans la mienne que déjà elle s’était jetée sur moi, m’entourant de ses bras, et je l’entendis pleurer – je voulus caresser son dos, mais j’avais mal partout, et j’entendis une voix dire à ma meilleure amie de s’écarter. Je ne comprenais pas tout, et il me fallut quelques minutes avant de saisir la situation. J’étais à l’infirmerie, et Sara était au bout du lit, Pomfresh et Lizlor de chaque côté du lit – ma Gryffondor me serrait toujours la main, et je la sentais toute fébrile. J’avais du mal à respirer, tout mon corps était endolori, mais je réussis à jeter un œil autour de moi. Katie était là aussi, avec James, un peu en retrait, mais leur attention toute tournée vers moi. Ils discutaient tous, mais je n’entendais pas clairement, et tandis que je cherchai à remettre en place les pièces du puzzle, je vis Scott assis sur chaise, lui aussi me regardait. Oh… La salle sur demande… Ewan…

Les larmes se remirent à couler au fur et à mesure que remontaient les souvenirs.

Mais j’étais trop sonnée, et je crois qu’ils le comprenaient tous, pour parler. Je laissai James m’apporter un tasse d’un thé qui avait un drôle de goût – ah, ça devait être une potion, compris-je trop tard. Elle réchauffa un peu ma poitrine, mais j’avais mal à chaque respiration, et comme je pleurais, ma vue se brouillait. J’avais la tête lourde, le cœur écrasé, et la honte battait dans ma veine – honte d’avoir bu, d’avoir encore une fois perdu contre moi-même, d’être si faible et d’infliger tout ça aux autres. Je bougeai finalement pour essuyer les larmes, mais poussai un gémissement de douleur : mes deux avant-bras étaient entourés de bandages, et je sentis mes larmes redoubler. J’étais épuisée, ce n’était pas des sanglots, juste des larmes infinies qui coulaient. Il partait, me rappelai-je douloureusement, il partait…


- Elle a besoin de repos, entendis-je Pomfresh dire, puis un amas de conversations grésilla dans mes oreilles, Lizlor sembla dire quelque chose et Sara une autre. Je ne voulais pas… J’avais besoin de Lizlor – mes doigts se serrèrent un peu plus autour des siens.
- Je… Réussis-je à dire contre toute attente. Un silence s’abattit sur l’infirmerie. Lizlor, je veux… qu’elle reste…

Je fermai les yeux, exténuée, et j’entendis des mouvements. Je sentis le parfum de Sara, et l’instant d’après, elle avait embrassé mon front. J’ouvris les paupières, voyant James installer un rideau autour de mon lit, nous enfermant Lizlor et moi dans un petit cocon, et il déposa une tasse d’un liquide fumant sur la table de nuit, où se trouvait une autre tasse vide – il eut une petite pression sur l’épaule de Lizlor, me fit un sourire, et disparut. Finalement alors, je me tournai vers Lizlor. C’était la première fois que je la regardai depuis mon réveil : elle avait les yeux rougis, le visage pâle et cerné, signe qu’elle n’avait sûrement pas dormir de la nuit. Quelle heure était-il ?... Je voulus lui faire un sourire, mais j’étais incapable.

- Je suis désolée, murmurai-je finalement. Un sanglot me prit, et l’instant d’après, Lizlor m’embrassait la joue, glissait ses doigts dessus, me serrant comme elle le pouvait dans ses bras malgré la couverture et mon incapacité à bouger. Son parfum me parvint, et j’eus un faible sourire. Combien de temps j’ai… Je suis restée là ? J’ai dormi ? Demandai-je d’une petite voix. Je… Je voulais pas… Tu m’en veux ?

J’avais posé ma question d’une toute petite voix. Parce que moi, je m’en voulais, et terriblement. Tout recommençait, et je n’avais rien appris de mes erreurs. Jamais je ne grandirais, jamais je ne changerais. Ce que j’avais imaginé ivre me revint en mémoire, et j’eus mal au cœur d’avoir douté de tant de choses, et à la fois, je me sentais si incertaine que je n’avais plus le cœur à croire en quoi que ce soit.

- Il s’en va, Lizlor… Il part en Australie, pour aider son père, il… Il me laisse, articulai-je faiblement. Je sentais que je pleurais toujours, et pourtant, la constatation du départ d’Ewan me laissait vide de tout. Je… Pourtant, il m’aime, je le sais, avouai-je. Maintenant que j’étais sobre, l’image du dernier regard d’Ewan me revint, et ses mots, et malgré tout, je n’arrivais pas à douter de sa sincérité. Je l’avais senti. Il était… C’était lui, Liz, c’est lui et ça sera toujours lui, je peux pas, dis-je tout bas.

C’est lui, la personne avait qui je voulais être. Je sentis que les sanglots m’empêchaient à nouveau de parler. J’avais envie de dormir, et ma tête me pesait, comme tout mon corps d’ailleurs : pourquoi étais-je là ? Je me sentais simplement vide, et seule. Pourtant, Lizlor était à mes côtés, mais la douleur dans mon cœur semblait impossible à calmer. J’avais toujours ma main dans la sienne, et je la serrai comme je le pouvais, mes yeux cherchant les siens quand ils avaient la force de rester ouvert.


- Je suis épuisée, admis-je d’une petite voix. Pardon, répétai-je tout bas. Puis, le cœur au bord des lèvres, j’osai demander : tu peux faire venir Lizloup et… Son écharpe, s’il-te-plaît, j’ai besoin de…

De son parfum, de lui.

Lizlor sembla comprendre, car l’instant d’après, elle avait installé dans mon lit l’écharpe et la peluche de loup qu’elle m’avait offert. Le parfum de Lizlor et celui d’Ewan se mélangèrent, et j’eus un pâle sourire, fermant les yeux. J’étais exténuée, et je n’avais pas la force de lutter. Mon corps était tout tremblant, et j’eus soudain un peu froid. Je me laissai m’enfoncer un peu plus dans les oreillers qu’on m’avait mis – j’étais dans une position où j’étais légèrement relevée, mais j’étais si fatiguée que je n’en tins pas rigueur.


- Tu… Pardon Lizlor, je voulais pas, répétai-je. Je te laisserai pas, je t’aime, je veux juste… Pourquoi j’ai fait des bêtises, je pensais pas… J’avais le souffle court, et n’arrivai plus à parler. Je me laissai envahir par la fatigue. Tu seras là, à mon réveil ? Demandai-je dans un dernier souffle, la voix tremblante.

Parce que je savais bien une chose : j’avais besoin de sa présence maintenant plus que jamais, et sans elle, je n’aurais pas pu tenir, pas une seconde, pas une seule.


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I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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Lizlor Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Nothing scares me anymore. [PV]   Mar 17 Déc - 15:46

Quand Ruby avait reçu cette lettre et m'avait indiqué qu'elle rejoignait Ewan un peu plus tôt que d'habitude, je m'étais dit, rien ne m'avait semblé anormal. Avec le recul, peut-être aurais-je du m'inquiéter ? Peut-être aurais-je du me dire que ce n'était pas un fait habituel, qu'il était temps que je me sorte de ma torpeur, de mes pauvres malheurs qui finalement n'étouffaient que moi ? J'avais manqué un détail si primordial que je n'en revenais pas – de tout, de ce qui s'était passé, de n'avoir pas compris, de n'avoir pas été là. Mais il était trop tard, et je le savais pertinemment, sans compter que ni rien ni personne n'aurait pu changer quoi que ce soir (bien que j'avais très envie d'expliquer à ma façon à Ewan ce que je pensais de tout cela, mais chaque chose en son temps). Après le repas dans la Grande Salle, j'étais passée voir Maman, puis j'étais rentrée sous prétexte de devoir travailler, mais en réalité je n'avais envie de rien, et le courage de rien, et je m'étais installée dans mon lit, désoeuvrée, repoussant mes devoirs à plus tard tout en sachant très bien que j'accumulais un retard de plus en plus inquiétant. Mais je n'y arrivais pas : en cours, mes pensées décrochaient à l'instant même où un mot, un geste, un seul détail, me rappelait Stephen, et toute ma motivation s'effondrait dans la même seconde. Je n'avais jamais eu le goût acharné des études mais plus les jours passaient moins je me reconnaissais dans tout cela, et j'avais hâte de terminer cette année, tout en me demandant avec une anxiété inavouée si j'allais m'en sortir – les talents scolaires de Ruby m'aidaient, mais ne suffiraient pas pour nous deux, je le savais très bien. Et puis j'avais envie d'autre chose : c'était comme si je pétillais de l'intérieur, j'explosais petit à petit, j'avais besoin d'exorciser tout ce qui me rendait triste, et plus je me faisais à cette idée, plus j'avais envie de sortir le soir, de faire n'importe quoi pendant les cours et de chercher ce que je n'avais jamais envisagé. Puisque je ne trouvais pas en moi la force de vaincre ce que je ressentais, il fallait que je la cherche ailleurs. J'avais mis des heures à m'endormir, comme souvent en ce moment, somnolant à moitié, à cheval entre mes rêves et la réalité, mes devoirs et le visage de Stephen qui m'apparaissait mais qui reculait dès que j'approchais un peu trop.

Quand la préfète m'avait réveillée au milieu de la nuit alors qu'il me semblait que je venais juste de tomber dans un sommeil profond, enfin, je ne compris pas sur le coup de quoi il était question, je mis quelques secondes à émerger et à m'arracher de la chaleur de mes draps, sentant un mal de tête poindre à l'arrière de ma nuque, signe que je manquais de sommeil.
Ta mère te demande de la rejoindre à l'infirmerie, tout de suite, m'avait dit Tirya d'un air plutôt inquiet, et je m'étais levée, je m'étais habillée à la va-vite (un vieux jean troué, mes tennis en toile, un vieux sweat de Conrad) et j'avais filé sans plus attendre en direction de l'infirmerie.

En chemin, évidemment, je m'étais imaginé le pire, toute seule dans la nuit : est-ce que Maman allait bien ?? Pourquoi l'infirmerie ?? Est-ce que… Ruby allait bien ?

J'avais vite compris que non. En arrivant dans l'infirmerie, j'eus l'impression que tout d'un coup la nuit calme et silencieuse n'était qu'un mensonge, car tout d'un coup tout s'agitait devant moi : Pomfresh et Jay s'affairaient autour d'un lit, Katie et Maman, de dos au moment où je pénétrai dans la salle, discutaient avec cet air préoccupé des mamans très inquiètes, Scott était assis un peu plus loin, les écoutant avec attention, aussi pâle que si il avait déterré un mort. Je portai la main à mon cœur instinctivement, le sentant exploser de peur, et Maman se retourna enfin et marcha précipitamment vers moi afin de me serrer dans mes bras. J'avais reconnu les cheveux blonds sur l'oreiller du lit que tout le monde couvait du regard ; j'éclatai en sanglots dans les bras de Maman qui me berça en me murmurant des paroles réconfortantes, mais je
savais qu'elle était très inquiète elle aussi, et que j'avais toutes les raisons du monde de paniquer. Je finis par m'échapper de ses bras, indifférente aux rappels à l'ordre des adultes (attention, ne la brusque pas, reste calme, elle a besoin de tranquillité) pour me jeter au chevet du lit de ma meilleure amie. Elle était toute pâle elle aussi, ses lèvres dessinaient un arc de cercle tout triste, et ses bras fraîchement pansés avec de l'onguent et des bandelettes un peu tachées de sang me laissaient clairement entrevoir ce qui avait bien pu se passer. Je pleurais d'avantage dans mes mains, tout en demandant ce qu'il s'était passé, pourquoi elle avait fait ça – Maman et Katie m'entourèrent en m'expliquant calmement que Scott avait trouvé Ruby dans la salle sur demande, qu'elle avait trop bu, bien trop bu, qu'elle s'était fait du mal, et qu'elle était dans le coma pour le moment, mais que Madame Pomfresh contrôlait les choses et que ce coma ne devrait pas durer trop longtemps. Dans quelle mesure y croyaient-elles ? Je n'étais pas certaine de la réponse et je sentis mon corps trembler depuis l'intérieur, et Maman me serra un peu plus dans ses bras. Dans le coma ?! Mais… Les larmes redoublèrent, et j'eus l'impression que tout ce à quoi je m'accrochais depuis cet été s'évanouissait un peu plus dans la brume, comme le visage de Stephen dans mon rêve. Que je tendais le bras et qu'il n'y avait plus rien, que même Ruby n'était plus là, que je l'avais laissée se perdre et que c'était bien fait pour moi. Quand je demandai pourquoi, je sentis Maman hésiter un peu puis me dire ce qu'elle avait compris – j'eus un regard vers Scott qui confirma d'un léger signe de tête.

Dès cet instant, plus rien ne m'importa. Ruby dans son lit d'infirmerie avait toute mon attention, et je luttai contre le sommeil et contre les larmes avec la hargne que j'espérais qu'elle avait pour vaincre son coma, et tout l'alcool qui avait pris possession de son corps. Les heures passèrent sans que je les compte, je ne bougeai pas de ma place, prostrée à son chevet, réussissant à reprendre le dessus quelques fois pour parler avec Maman et Katie qui essayaient de me rassurer, pour remercier Scott, pour discuter avec Jay dont la force tranquille était particulièrement réconfortante en un tel moment.  Il m'apporta même du chocolat chaud pour me permettre de tenir, mais j'avais le ventre et le cœur trop crispés pour me rendre vraiment compte de tout ce qui se tramait autour de moi. J'avais peur. Peur qu'elle ne se réveille pas, peur que tout d'un coup elle ne soit plus dans ma vie (et c'était inenvisageable), peur qu'elle souffre, peur qu'elle ait mal et qu'on ne le sache pas, peur qu'elle se réveille et qu'elle se sente encore plus mal, peur de la suite, peur des bandelettes qui cachaient des blessures sur ses bras, peur de l'état dans lequel j'allais la récupérer si Ewan partait pour de bon. Peur de savoir son cœur brisé, parce que je craignais de ne pas réussir à le recoller.

Je ne dormis pas une seule seconde et ne baissai pas ma garde, et le matin arriva, amenant une luminosité trop claire et trop belle, dérangeante, car le soleil ne pouvait pas décemment se lever come si de rien n'était alors que Ruby était si mal.

Quand enfin elle se réveilla – je sursautai car je sentis des pressions sur ma main tout d'un coup, et puis ses paupières s'animèrent, et Pomfresh eut un soupir satisfait, avant de s'activer un peu plus avec ses potions et ses antidotes – je sentis mon cœur grossir d'un coup et retrouver sa taille normale, tandis que des larmes de soulagement brouillèrent ma vue et que je me penchai vers Ruby pour la serrer dans mes bras. Elle avait murmuré mon prénom et je lui caressai doucement les cheveux et le visage, indifférente aux autres qui me disaient de ne pas trop l'étouffer – je mettais dans mon câlin toute la douceur et toute la tendresse dont j'étais capable. Elle pleurait aussi, mais pas de la même manière que moi : ses larmes avaient l'air tristes et lasses, résignées, douloureuses, et je les essuyai d'une main tremblante en lui murmurant des
je suis là, chut, ça va, sans me défaire de cette horrible sensation d'impuissance pour autant. Il y eut des discussions, et on décida de la laisser dormir à présent, d'un sommeil réparateur après ces quelques heures de coma, et quand Pomfresh indiqua qu'elle devait être toute seule maintenant, j'émis une protestation – c'était hors de question – et la voix de Ruby, toute faible et toute voilée de larmes, protesta :

- Je…  Lizlor, je veux… qu’elle reste…

Je serrai sa main un peu plus. Bien sûr que j'allais rester. Pour la forme, je lançai un regard menaçant aux autres pour les dissuader de nous séparer, même si après la nuit que je venais de passer je doutais d'être plus effrayante qu'un chaton.

Mais ils ne se battirent pas d'avantage et Katie et Maman vinrent embrasser Ruby, remettant leur confiance en Pomfresh avant de se retirer, tandis que Jay déplia un grand rideau blanc autour du lit de Ruby qui me parut nous couper instantanément du reste de l'infirmerie, comme si nous étions ailleurs, juste toutes les deux. Je sentis l'odeur caractéristique du chocolat chaud quand Jay posa la tasse devant moi mais j'oubliai de le remercier, totalement obnubilée par Ruby à moitié réveillée qui pleurait encore, que je voulais cajoler et bercer pour que son retour à la réalité soit le plus doux et le plus rassurant possible.


- Je suis désolée. Combien de temps j’ai… Je suis restée là ? J’ai dormi ? Je… Je voulais pas… Tu m’en veux ?

Je secouai la tête et renouvelai mes caresses, tenant absolument à ce qu'elle ne se sente pas coupable, qu'elle ne s'inquiète pas de cela. J'étais là pour elle, nous étions là pour elle, et c'était tout ce qui comptait ; je lui souriais et lui embrassais les joues et le front, je caressai ses cheveux. Mais son visage n'était pas le même, il était tout triste et ne reflétait rien de la Ruby que je connaissais.

- Pas du tout, ne t'inquiète pas, tu dois te reposer. Oui tu as… Dormi assez longtemps, c'est le matin, mais tout va bien, continuai-je après une hésitation. Savait-elle ? Ou devais-je lui dire ? Je ne t'en veux pas, et personne ne t'en veux, affirmai-je en embrassant son front de nouveau. Je me demandais ce qu'elle avait en tête, de quoi elle se souvenait – mais je ne voulais pas lui demander, de peur de l'épuiser.

- Il s’en va, Lizlor… Il part en Australie, pour aider son père, il… Il me laisse. Je… Pourtant, il m’aime, je le sais. Il était… C’était lui, Liz, c’est lui et ça sera toujours lui, je peux pas.

C'était lui et je ne peux pas, comment n'aurais-je pas pu comprendre ? Je sentis les larmes se précipiter derrière mes paupières – ça faisait trop mal, et je ne voulais pas, en plus de tout, je ne voulais pas que Ruby connaisse ça, se sente aussi triste et vide que je l'étais, aussi abandonnée. Pour la deuxième fois, je sentis une vague de haine contre Ewan qui était le seul fautif dans cette histoire. A qui avait-il joué ?! Il avait trouvé drôle de s'occuper d'une fille un peu fragile et il avait apprécié sa compagnie, sa gentillesse, tout ce qu'elle donnait aux autres et qui faisait d'elle une personne si admirable ? Il l'avait trouvée jolie et rien de plus ? Je n'arrivais pas à y croire – il la dévorait des yeux, il lui avait dit qu'il l'aimait, et de ce que Ruby m'avait raconté, j'étais persuadée qu'il avait des sentiments pour elle. Mais depuis quand abandonnait-on les gens que l'on aime ? Pour son père ? Je ne pouvais pas y croire – et puis, quel père demandait cela ? Non. Il était un menteur, et il allait payer.

- Je sais, dis-je seulement d'une toute petite voix, sentant mon cœur prêt à chavirer à nouveau. Je lui serrai la main un peu plus fort.

- Je suis épuisée, murmura-t-elle et j'en fus secrètement contente parce que je voulais qu'elle dorme, comme Pomfresh l'avait dit. Pardon. Tu peux faire venir Lizloup et… Son écharpe, s’il-te-plaît, j’ai besoin de…

Je ne retins pas une petite moue – son écharpe, mais j'étais capable de la brûler si je la voyais, et d'aller d'ailleurs le chercher chez lui pour lui réserver le même sort, car une partie de moi voulait réellement le faire souffrir et lui balancer ses horribles vérités dans la figure, mais en même temps… Les petites ailes prisonnières du collier de Stephen palpitaient toujours contre mon cœur, et pour rien au monde je n'aurais voulu m'en séparer. J'acquiesçai et attrapai ma baguette pour faire venir l'écharpe et la peluche, que je tendis à Ruby et qu'elle attrapa comme une petite enfant s'abrite derrière des objets rassurants pour se protéger des cauchemars.


- Tu… Pardon Lizlor, je voulais pas. Je te laisserai pas, je t’aime, je veux juste… Pourquoi j’ai fait des bêtises, je pensais pas…  Tu seras là, à mon réveil ?

Comme j'étais occupée à mieux l'installer dans ses oreillers, j'avais mon visage tout près du sien et je lui souris :

- Bien sûr, je serai toujours là. Je t'aime, mais je veux que tu te reposes, ajoutai-je avec un petit sourire, et je l'obligeai à dormir, lui montrant que je ne lui parlerais plus – mais déjà la potion qu'elle avait bue faisait effet et elle ferma les yeux, se laissant glisser dans un sommeil que j'espérais réparateur. Je restai là, assise, les yeux rivés sur elle, incapable à calmer le flot de mes pensées qui me brûlaient la tête, elle me faisait mal d'ailleurs, avec le manque de sommeil et ces heures insupportables. Jay arriva un peu après, sûrement mis au fait que Ruby dormait car nous ne parlions plus, et il me proposa de rajouter un lit à côté pour que je puisse m'endormir moi aussi. Je manquais de lui répliquer que je n'allais certainement pas m'endormir dans un moment pareil mais je me sentis vaciller – il fallait que je reprenne des forces, surtout si Ruby restait encore quelques jours ici, car je n'allais sûrement pas lever ma garde. Je me laissai sombrer dans le sommeil qui me gagne tout de suite, qui me tomba dessus plutôt, comme une chape de plomb, et en perdant conscience de ce qui m'entourait je ne pensais qu'à une chose : la seule idée de Ruby triste et brisée m'était tellement insupportable que j'allais tout faire pour essayer de lui redonner envie de sourire.



FIN

_________________

So here's my confession, this time
Don't just want you to love me
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