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Hide your fires, these are my desires (PV James) terminé

 

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 Hide your fires, these are my desires (PV James) terminé

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Lizlor Wayland
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MessageSujet: Hide your fires, these are my desires (PV James) terminé   Mer 13 Nov - 19:17

Depuis la rentrée, je revivais petit à petit ce manque qui s'était atténué pendant les vacances. Ruby, Maman et Conrad n'y avaient pas été pour rien : je n'avais pas de souvenirs de vacances où l'on s'était autant occupé de moi, même lorsque j'étais encore une enfant. C'était la raison pour laquelle je n'avais pas pu, tout simplement, me laisser abattre, et cette réaction m'était bien familière… Après la mort de papa, j'avais été partagée entre mon propre chagrin et celui de Maman et Conrad, et je n'avais pas voulu le leur empirer. Alors j'avais laissé au fond ce qui autrefois m'empêchait sans doute de quitter le monde de mon enfance, et j'avais été forte – je ne pouvais pas m'imaginer croiser Maman dans les couloirs et de Poudlard et lui montrer mon abattement, même si au fond nous le savions bien toutes les deux, il nous manquerait pour toujours… Et puis il y avait eu Ruby, et il y avait eu Stephen. J'en revenais toujours à lui, par n'importe quel chemin. Et j'avais compris que c'était aussi l'incompréhension qui m'empêchait de me détacher de lui : pourquoi ? Pourquoi maintenant, pourquoi ainsi ? Je n'allais jamais avoir les réponses à mes questions. Et il était bien difficile de tourner une page quand elle restait inachevée…

Pourtant, les vacances avaient été douces. Après l'arrivée de Ruby et tout le réconfort que cela m'avait apporté, une parenthèse s'était ouverte : dans le temps et dans la peine que je ressentais. Qu'il était plus facile de la supporter à deux ! J'avais apprécié nos après-midi à la plage, nos promenades, nos discussions dans le hamac à l'abri des grands peupliers, lorsque le soleil tapait trop fort. La chaleur et la langueur de l'été avaient peut-être ralenti nos activités, mais elles avaient bercé mon cœur d'une sensation maternelle. D'ordinaire, je mangeais moins lorsqu'il faisait si chaud, à part les fruits et les glaces que nous mangions sur la plage, ce qui avait le don d'agacer maman ; mais cette fois-ci, c'était autre chose qui me coupait l'appétit. Je me forçai la plupart du temps, j'étais rassasiée au bout de deux bouchées, comme si mon corps était trop las pour accepter quoi que ce soit. Pourtant je ne voulais pas cesser de m'alimenter – ce serait lui faire trop d'honneur, se rebellait la dernière petite part combative en moi – mais j'avais un peu maigri ; heureusement, le grand air de l'océan et le soleil sur moi et toutes nos activités de plein air me gardaient en forme.

Août s'était égrené plus lentement, quand Ruby était partie. Elle m'avait laissée avec une foule de recommandations, des gâteaux en réserve, l'obligation de lui écrire parce qu'elle allait le faire le plus souvent possible, et j'avais senti toute son inquiétude et son empressement à essayer d'empêcher que je me terre dans ma chambre. Je lui avais promis que non : j'avais Conrad, Maman, la plage, les vagues. J'avais aussi omis que sans elle le courage me quittait aussi, mais je ne voulais certainement pas qu'elle manque ses vacances avec Ewan pour la seule raison que mon copain avait déserté. J'avais essayé de lire, sans grand succès ; finalement j'avais essentiellement passé mes jours à sentir le temps glisser sur ma peau, que je lézarde sur la terrasse, que je me baigne, ou que je fasse de longues promenades. Je n'étais pas triste à mourir, j'étais si triste que je ne sentais plus rien, même pas la peine, jusque le vide et l'amère sensation d'avoir été abandonnée. Le Chat accompagnait toutes mes errances, sauf à la plage, parce qu'il détestait ça, et je le découvrais bien calme et bien affectueux, à présent que nous étions tous les deux livrés à notre sort. « Je ne peux pas l'emmener là où je vais  » et il en avait été de même pour moi, par la même occasion. J'avais toujours eu beaucoup d'affection pour Le Chat mais elle avait redoublé, comme si j'étais devenue sa maman-chat et je prenais grand soin à le caresser, à bien le nourrir – j'avais même l'impression que son poil était plus brillant qu'avant. Cependant il restait Le Chat et disparaissait par moments pour mener sa vie d'animal, sans plus se préoccuper de moi que ça.

A Poudlard, heureusement, j'avais retrouvé Ruby, et son récit détaillé de ses vacances en plus de ce qu'elle m'avait déjà écrit dans ses lettres me changea les idées un temps. Mais j'avais redouté mon retour à l'école et j'avais eu du flair… Tout faisait écho à Stephen, tout me rendait triste, mais une autre sensation avait jailli dès que j'avais remis les pieds dans le château : la colère. Tout m'énervait, le pont, les cours de potions, les endroits que nous fréquentions. Les élèves eux-mêmes m'insupportaient, encore plus ceux qui s'embrassaient dans les couloirs, et j'étais devenue en une semaine la meilleure complice de Peeves et de ses bombabouses en lui facilitant la tâche, en le prévenant des professeurs qui arrivaient, afin qu'il puisse bien bombarder tout le monde et principalement les amoureux en herbe. Très vite, je compris que si ma colère alimentait mon moral, elle pompait toute mon énergie : il m'était de plus en plus difficile de me lever chaque matin, j'étais incroyablement lasse, je n'avais plus aucune envie d'aller en cours, et quand le soir venait je ne voulais pas dormir, repoussant le sommeil, par crainte de rêver de tout ce qui me faisait du mal. Je m'enfermais dans un cercle vicieux que je savais néfaste, mais je ne trouvais aucun remède – et je n'en voulais même pas. Mes seules préoccupations étaient de trouver en moi tout ce qui me restait de bonheur pour le partager quand j'étais avec Ruby ; le reste du temps était consacré à tous les stratagèmes que je pouvais trouver pour ne pas me rendre en cours, pour éviter les devoirs, les professeurs, la Grande salle, bref, tout ce qui était ma vie de collégienne et qui me rattachait à lui – lui qui avait décidé de partir. Au bout d'une semaine, hélas, j'avais épuisé le stock des excuses les plus communes : mal de tête, mauvaise nuit, mal de ventre. L'ennui, quand on était la fille de la directrice, était que dès qu'un professeur avait vent que j'étais malade, la visage inquiet de ma mère ne mettait généralement pas beaucoup de temps à me scruter dans les couloirs. Elle avait de plus en plus de soupçons quant à mes absences répétées ; j'avais de plus en plus de mal à les rendre crédibles. Sans compter Ruby qui avait bien compris mes petits mensonges, et qui sans me contraindre pour autant d'aller en cours, m'apportait consciencieusement les cours et insistait pour que nous fassions nos devoirs ensemble.

Il me fallait passer à la vitesse supérieure et elle avait un nom : l'infirmerie. Le problème était qu'elle était d'un autre niveau de difficulté. Comment duper l'infirmière, alors que je n'étais pas malade, pas physiquement, mon cœur tout abîmé mis à part ? Je n'avais pas sous la main toutes les pastilles que certains élèves utilisaient et puis les pastilles de Gerbe et autres commençaient à être bien connues des professeurs. Mais ce matin-là, il me vint une idée tellement simple qu'elle pouvait tout aussi simplement fonctionner.

Dans la salle commune, les élèves s'activaient déjà pour descendre dans la Grande Salle puis à leur salle de cours. J'étais encore en pyjama, prostrée dans un des grands fauteuils de velours, Le Chat sur les genoux : je nous avais rapproché de la cheminée où le feu crépitait, de manière à ce qu'il nous inonde de toute sa chaleur. J'avais posé tout au bord une tasse vide – après un certain temps (il n'y avait plus personne dans les dortoirs de la salle), je lançai un sortilège sur la tasse pour qu'elle reste brûlante de toute la chaleur emmagasinée, puis je fonçai dans mon dortoir enfiler sommairement mon uniforme. Je partis ensuite en quête, dans les tiroirs des tables de nuit de mes voisines, de trouver un pot de fond de teint qui ferait l'affaire : un très pâle et j'en mis un peu, pas trop, sur tout le visage, pour avoir l'air encore plus maladive. Puis je redescendis et restai avec la tasse appuyée contre le front pendant une dizaine de minutes, avant de déposer un baiser sur la tête de Le Chat, et de partir en direction de l'infirmerie. Je gardai la tasse une bonne partie du chemin contre mon front avant de la déposer derrière une statue et de pousser les portes de l'infirmerie.

Il n'y avait personne, à part… Ah, lui ! J'avais oublié qu'il travaillerait effectivement ici. Notre rencontre remontait à juin, et juin, et c'était si loin, et si bien encore… Mes souvenirs furent momentanément douloureusement ravivés et je me sentis trembler, faiblir, pour de bon. Tant mieux, me dis-je. Cela ne rendrait mon mensonge que meilleur.


- J'me sens pas bien, lançai-je après l'avoir salué. Comment s'appelait-il déjà ?... James… James Miller. J'ai mal à la tête, et à la gorge. Je crois que j'ai de la fièvre… Et je m'assis au bord d'un des lits pour qu'il m'examine. En tout cas, ravie de te retrouver ici, rajoutai-je, prise d'une inspiration subite. Je lui lançai un petit sourire en coin – pourquoi ne pas tenter le coup du charme, mon mensonge n'en passerait que mieux, si James s'avérait un peu sensible au mien.

Stephen m'avait appris que je pouvais effectivement plaire aux garçons, et depuis qu'il n'était plus là, c'était comme si je remarquais pour la première fois les regards que les autres que pouvaient avoir sur moi, et l'image que je leur renvoyais n'était pas forcément celle que je pensais. Un nouveau jeu s'offrait à moi et si je sentais qu'il était un peu risqué, ce challenge m'extirpait pour le moment de la langueur qui ne me quittait plus.

_________________

So here's my confession, this time
Don't just want you to love me
I want to be your obsession




Spoiler:
 


Dernière édition par Lizlor Wayland le Mer 5 Fév - 16:59, édité 1 fois
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James Miller
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MessageSujet: Re: Hide your fires, these are my desires (PV James) terminé   Jeu 14 Nov - 12:05

Jamais la fracture entre le passé et le présent ne m'était apparue aussi radicale que durant ces vacances d'été. Je me souvenais pourtant clairement de la magie qui les entourait, quand j'étais à Poudlard : c'était la liberté, la fin des cours, deux longs mois où je n'avais de compte à rendre à personne et où je pouvais librement m'échapper pour aller m'amuser comme bon me semblait. Elles étaient synonymes de soirées à la belle étoile, de nuits d'ivresse, d'après-midis passés avec mes sœurs, mais aussi Margaret, Allison et Leo. Nous avions grandi ensemble, et petit à petit, nous n'avions plus les mêmes préoccupations que lorsque nous étions enfants : nos après-midis passés à jouer à cache-cache dans un bois non loin de chez nous s'étaient transformés en soirées autour d'un feu de camps à se raconter des histoires d'horreurs et boire – sauf Maya et Margaret qui, à l'époque, étaient encore trop petites. Nous ne nous souciions que de nous-mêmes, de notre petite bulle de bonheur, et nous parlions du monde comme si nous le connaissions par cœur, riant du futur, insouciants. C'était ça, pour moi, les vacances. L'insouciance. Et cette insouciance me manquait cruellement.

L'année dernière, il y avait encore Sophie, et même si notre relation commençait déjà à se détériorer, je restais en sa compagnie, un peu par défaut, faute de mieux. J'avais passé tout mon temps à travailler, pour éviter de trop penser. Mais cet été avait été bien pire. La seule bonne nouvelle était arrivée début juillet : j'avais été pris au poste d'assistant à l'infirmerie de Poudlard, et c'était ce que je souhaitais – n'est-ce pas ? J'avais donc démissionné de mon poste à Sainte-Mangouste, terminant simplement le mois de juillet sous une chaleur étouffante qui nous oppressait tous.

Puis le mois d'août avait été... Simplement insupportable. Je ne pouvais partir nulle part : ma mère allait de pire en pire au fur et à mesure que les chances de retrouver Mathilda se faisaient plus faibles. Puis, j'avais eu droit à une bonne surprise : le retour d'Allison, la meilleure amie de ma grande sœur, chez ses parents, donc, chez mes voisins. J'avais la chance de pouvoir la croiser, et de me retenir de lui enfoncer la tête dans un mur. Elle sortait de sa cure désintoxication, la deuxième – quelle volonté ! Elle y avait été une première fois suite à la disparition de Mathilda, puisqu'après tout elles étaient toutes les deux aussi addicts l'une que l'autre, mais à sa sortie, elle avait aménagé seule dans un appartement et avait repris ses anciennes fréquentations – quelle intelligente ! Alors, maintenant qu'elle tentait d'être une clean une deuxième fois, ses parents avaient pris des mesures radicales. Au fond, je ne voulais pas être mauvais avec elle, mais ça m'était impossible. Elle avait plongé Mathilda dans tout ça, ou peut-être qu'en réalité c'était le contraire, mais je n'arrivais pas à clairement blâmer ma sœur, à prendre une position claire. Je ne voulais simplement plus rien à voir à faire avec elle. Et comme sa petite sœur était la meilleure amie de la mienne, ça n'arrangeait rien. D'autant que cette petite sœur m'apparaissait aussi insupportable que la grande, suivant ses traces, et c'était comme si j'étais en constante alerte : que faisait Maya lorsqu'elle sortait ? Où était mon père ? Comment allait ma mère ? Je jonglais entre toutes mes obligations, toujours occupé, du moins à m'inquiéter, mais malgré toutes ces choses que j'avais à faire, jamais je ne m'étais senti aussi seul.

J'avais bien tenté de sortir un peu, pourtant. Mais la compagnie de mes collègues, de mes anciennes connaissances de Poudlard, ne m'apportait aucune satisfaction. Je ne pouvais que rarement sortir de toute manière, veillant sur ma mère, et lorsque je laissai Maya s'en chargeait, elle finissait souvent par m'appeler en panique parce que ma mère faisait une crise. Je n'avais pas à un moment à moi. Maya passait son temps avec Magaret, et je n'avais pas le cœur à me confier à elle : que pouvais-je dire, de toute manière ? Je ne savais même réellement ce que je ressentais. J'attendais simplement la rentrée pour m'échapper, tout en sachant pertinemment que je courrais m'enfermer dans de nouvelles obligations. Même avec Leo, que j'avais toujours énormément apprécié et admiré, notre relation s'effilochait : il était rarement là, cherchant sûrement à s'éloigner de tout ce qui pouvait lui rappeler Mathilda, et il y avait toujours une pression étrange quand nous étions ensemble, comme si l'ombre de ma sœur planait mais que ni lui ni moi n'osions en parler. C'était de même pour tous nos voisins. L'absence de Mathilda se faisait de plus en plus douloureuse : elle n'était plus là pour rire, allongée dans le jardin en faisant sécher son vernis à ongles au soleil et en fumant une cigarette, le tout en maillot de bain pour bronzer. C'était ce genre d'images qui me manquaient. Ces instants, innocents, où sa présence était si évidente que j'avais presque oublié de la remarquer, m'habituant à quelque chose dont je ne pensais jamais être privé.

Il y avait cependant eut un bref éclair durant mes vacances, ou plutôt, un éclair qui revenait souvent, toujours aussi lumineux. Mais l'ironie du sort voulait qu'une nouvelle fois, ça soit une souvenir. Le souvenir d'une rencontre, comme un bref éclairci au milieu de l'éclipse : Lizlor. Je tentais de me raisonner, parce que je ne l'avais vu qu'une seule fois, et que je n'avais eu aucunes nouvelles : comment aurais-je pu en avoir d'ailleurs ? J'avais demandé à Maya si elle la connaissait, et elle avait d'abord eut un rire, se moquant presque. D'après elle, Lizlor n'avait rien d'une fille accessible, sauf si on était son petit-ami – cette information m'avait fait grincé des dents – et elle m'avait raconté que c'était une fille un peu particulière qui avait été longtemps « sauvage » - ce mot m'avait interpellé – avant de finalement devenir meilleure amie avec l'une des filles les plus populaires de l'école, la fameuse Ruby dont Lizlor m'avait parlé. Maya connaissait un peu cette Ruby, mais d'après elle tout le monde la connaissait, et elle m'avait ajouté que Lizlor était une fille qui continuait d'en impressionner plus d'un, et qu'à son avis, il ne valait mieux pas trop l'embêter. Ce n'était que des bribes, mais elles avaient piqué ma curiosité, et je voulais en savoir plus, je voulais... Je voulais simplement la connaître. Et visiblement, mon cerveau l'avait compris : plusieurs fois, trop de fois peut-être, j'avais rêvé de la jeune fille. C'était des rêves parfois banals, je l'apercevais au loin et me moquai d'elle car elle s'occupait de licornes, parfois, nous discutions en fumant, parfois je la regardais simplement et elle ne me voyait pas – c'était impressionnant de voir à quel point mon cerveau avait mémorisé les détails de son visage. Puis, il était des nuits où mes rêves étaient plus intenses, déroutants, et je me réveillais en sursaut, gêné presque de quelque chose que je ne pouvais cependant pas contrôler. C'était avec ces images en pèle-mêle que je m'étais rendu à Poudlard, espérant la recroiser le plus rapidement possible, tentant de ne pas penser à ce fameux petit-ami. Maya me l'avait décrit comme un sorte de génie aux capacités sociales un peu limitées, d'un an plus âgé que Lizlor, et j'étais partagé entre souhaiter de tout mon cœur qu'ils se soient séparés et la peur des conséquences que cela pourrait avoir sur la jeune fille qui devait tenir à lui puisqu'ils avaient été ensemble un certain temps. De toute manière, je ne voulais pas simplement posséder Lizlor, je voulais avant tout la connaître, comme si j'étais attiré par tout le magnétisme qu'elle dégageait.

Alors bien sûr que j’avais été déçu de ne pas pouvoir l’approcher immédiatement. J’étais déjà d’humeur plutôt maussade avec la rentrée, alors lorsque j’avais reconnu au loin une Lizlor changée, toute mince, les cheveux plus courts et des cernes sous les yeux, j’avais senti mon estomac se contracter et j’avais compris que de toute évidence, je ne voulais pas qu’elle se sépare de son petit-ami si c’était pour qu’elle soit ainsi. Et vu ce que je constatais, cela c’était produit – je notais cependant pour moi-même d’en demander plus à ma petite sœur. J’avais la désagréable certitude que les choses étaient loin de se résoudre avec mon arrivée à Poudlard, et je m’en voulais d’avoir espéré un changement radical qui ne pouvait avoir lieu que dans mes rêves. Et pourtant, chaque rêve peut se réaliser, et celui de revoir Lizlor prit forme un matin, tandis que je rangeai les armoires de l’infirmerie sans grande conviction, songeant à mon rêve de la nuit dernière où je courrais après une silhouette aux cheveux bruns qui semblait toute désossée. J’entendis des pas, et je me retournai, prêt à faire face à n’importe quel élève sauf elle. Ma poitrine sentit un choc étrange, et j’eus malgré moi un sourire. Peu importe ses cernes, ses cheveux plus ternes et plus courts, ses poignets fins et fragiles, sa démarche tout à coup moins assurée, plus sur la défensive, Lizlor restait Lizlor, cette fille que je ne connaissais pas et ne pouvait saisir et qui pourtant, me gardait éveillé dans un songe délicieux.



- J'me sens pas bien. J'ai mal à la tête, et à la gorge. Je crois que j'ai de la fièvre... En tout cas, ravie de te retrouver ici, lança-t-elle en s’asseyant sur le bord du lit, visiblement décidée à ne pas en bouger.

A l’intérieur, mon cœur s’agitait dans tous les sens. Cela faisait beaucoup d’information : je sentis une certaine inquiétude me gagner en me demandant ce qu’elle avait, puis un frisson d’impatience et de plaisir à l’entendre dire qu’elle était heureuse de me retrouver, et mon estomac se noua et me déstabilisa un instant.


- Plaisir partagé, dis-je finalement avec un petit sourire. Je m’approchai donc d’elle, sentant mon cœur s’emballer sans que je le contrôle, et je tirai un petit tabouret en fer qui roula jusqu’à moi, et je m’assis face à elle. J’étais largement plus grand qu’elle, et je baissai un peu le tabouret, mon visage se retrouvant au niveau du sien – elle m’adressa un sourire amusé, son regard me brûlant derrière ses longs cils. Je me raclai la gorge discrètement, et mis mes lunettes – elles étaient en écailles, légèrement arrondis, et m’avait toujours donné un air trop sérieux. Voyons voir ça, dis-je tandis que ma main se posait sur son front. Il était tiède, mais rien de bien alarmant. Je regardai avec plus d’attention Lizlor. Elle ne semblait pas malade, en fait, mais fatiguée et… Ennuyée. Hm, peut-être que tu as un peu de fièvre mais… Je déplaçai ma main sur sa joue, et eus malgré moi un léger sursaut – elle était glacée. Je levai un sourcil interrogateur vers Lizlor, ne pouvant retenir un sourire un peu moqueur. Mais je pense que tu vas t’en remettre, concluai-je avec en retenant un rire. Je ne voulais pas que Lizlor le prenne mal, mais j’avais tout de même l’impression qu’elle essayait de me faire croire qu’elle était malade simplement pour ne pas aller en cours, et je connaissais ce genre de combines par cœur. Mais je vais m’en assurer tout de même.

J’avais parlé d’une voix plus sérieuse, et même si je n’y croyais qu’à moitié, j’allais m’assurer que tout allait bien – et puis, je ne pouvais résister à une telle occasion. Tout doucement, je glissai mes deux mains dans le coup de Lizlor, mes doigts cherchant derrière ses oreilles un ganglion qui pourrait éventuellement indiquer une angine. Mais sa peau était lisse, toute douce, et additionné à Lizlor qui me fixait dans les yeux, je sentis une chaleur agréable mais gênante m’envahir, et je détournai le regard, me concentrant sur son cou. Mais ses cheveux, qui d’ailleurs chatouillaient mes mains, répandaient leur parfum autour de nous. J’inspirai, étonné de retrouver une odeur citronnée au milieu de notes bien plus profondes, et une nouvelle fois, mon estomac se contracta. J’avais l’impression d’avoir à nouveau 10 ans et d’être devant une jolie fille de la cour de recrée. Délicatement, j’ôtai mes mains de son cou, et mes doigts saisirent son menton, l’invitant à ouvrir la bouche. Ses dents blanches brillèrent un instant, avant d’être cachées à nouveau : tout était en ordre, sa gorge semblait en parfait état.

- Je crois que tu es juste fatiguée. Soirée hier soir ? Demandai-je avec un air entendu, avant de me lever, et d’aller chercher quelque chose dans un placard. Je revins avec une théière fumante que je posai sur la table de chevet, et deux tasses dans lesquelles je versais du thé. Voilà, c’est un thé magique qui va te soigner, glissai-je avec en lui tendant une tasse et je lui fis un petit clin d’œil. Au fait, les licornes ont mangé tes cheveux ? Je les regrette un peu, mais ça te va très bien aussi comme ça, empressai-je d’ajouter avec un grand sourire.

Elle était toujours magnifique, mais je n’osais pas la complimenter aussi directement. Je bus une gorgée, mon regard se perdant un instant dans celui de Lizlor, et une nouvelle fois, il me semblait que je perdais toute mon assurance. Mes yeux se baissèrent, et malgré moi, je détaillai ses mains autour de la tasse, les longs doigts fins qui la tenaient, ses poignets qui semblaient si fragiles puis les genoux cagneux, le droit qui avait un bleu et une griffure, et la chaussette mal tirée qui descendait sur sa cheville trop fine. Je posai la tasse sur la table, et relevai les yeux vers Lizlor, soudain un peu plus sérieux.


- Par contre, tu as maigri, relevai-je. Tu as des problèmes avec la nourr…

Mais je ne pus finir ma phrase.

- Jaaaaaaaaaay, je sursautai – je ne m’attendais pas à ce que ma petite sœur débarque maintenant, wow t’es où, j’ai besoin de… Ah ! Oh. Elle apparut au détour d’un lit, et regarda alternativement Lizlor et moi, puis eut un immense sourire. Je fronçai les sourcils, puis écarquillai les yeux d’un air de dire : retiens ton sourire entendu Maya, où je vais te tuer. Je me levai avec empressement, m’excusant auprès de Lizlor, arrivant devant Maya dont les yeux verts pétillaient d’amusement. Elle recoiffa sa chevelure brune comme si de rien n’était, lançant un dernier sourire à Liz avant de me regarder. Désolée d’interrompre tes…
- Passons,
coupai-je, de peur de me trahir. Qu’est-ce qu’il y a ? Tu es malade ? Demandai-je d’une voix soudain plus inquiète.
- Non, c’est pour Victoire, t’aurais pas un truc contre la gueule de bois ?

Je plissai les yeux, tout à coup mécontent. Victoire, meilleure amie de Maya, était aussi la petite sœur de la meilleure amie de Mathilda, ma grande sœur, toutes deux traînant dans des trafics louches – et nous connaissions tous la suite. Les petites sorties de Victoire avec ma petite sœur ne me disaient rien de bon.

- Elle a trop bu, ou trop fumé ? Soulevai-je d’une voix tout à coup bien plus moralisatrice que je ne l’aurais pas voulu. Maya poussa un soupir presque exaspéré.
- Commence pas, c’est bon, c’est pas toi qui va parler, dit-elle en levant les yeux au ciel. Je sentis la colère me prendre.
- Tu demanderas à Allison et Mathilda ce qu’elles en pensent, d’accord ? Lançai-je d’un ton d’accusation, et Maya se raidit instantanément. Elle baissa les yeux, et je devinais qu’elle avait envie de pleurer. L’instant d’après je me maudissais déjà. Bon écoute, j’ai de quoi calmer le mal de tête, avouai-je, presque de mauvaise foi, et je fis voler un sachet d’herbe jusqu’à moi. Mettez ça dans un thé, et ça devrait le faire. Tu… Hm, ça va aller ? Demandai-je tout de même – je voulais m’excuser d’avoir parlé de Mathilda ainsi, mais je n’osai pas reprononcer son prénom. Maya releva les yeux vers moi, et eut un sourire, serrant le petit sachet dans ses mains.
- Ouais t’inquiète. Au fait, tu me diras si on va voir Maman le week-end prochain hein. J’hochai la tête, pas réellement convaincu – mais il fallait bien. Mortelle ta nouvelle coupe de cheveux, Lizlor, conclua-t-elle contre toute attente, en lui faisant un signe de la main, et disparut en me lançant un dernier sourire aussi.

Je revins vers Lizlor, poussant un soupir, me laissant tomber sur le tabouret, et je repris mon thé, les yeux dans le vague.


- Désolé, c’était ma petite sœur, expliquai-je. Mais déjà mon cerveau était ailleurs, pensant à Victoire, à Mathilda, à ma mère, et je secouai la tête un peu brusquement, reportant mon attention sur Lizlor. Excuse-moi, on parlait de quoi déjà ?

Et je plongeai mes yeux dans ses océans, cherchant malgré moi une bouée à laquelle me raccrocher.

_________________
« So what became of loving man
And what became of you
Familiar as you shook my hand
What was it you meant to do?
Because all could change for one
And all, could change in this new today. »




« She said the devil will want you back
And you'll never find love in an open hand
Shut your eyes, so you see I'm there
And know you'll always have this if you see this man
I lied, this was not for my pride
I know this was my time. »
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Lizlor Wayland
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MessageSujet: Re: Hide your fires, these are my desires (PV James) terminé   Mar 19 Nov - 14:15

Quand James s'approcha de moi et s'installa sur son petit tabouret, le temps qu'il règle la hauteur et soit face à moi, je remarquais et pour la première fois qu'il n'était réellement pas dénué d'un certain charme, qu'il était plus qu'un garçon simplement charmant, et qu'il devait plutôt plaire aux filles. J'eus un petit sourire en coin - ces derniers temps je n'étais pas vraiment portée sur les histoires de couples, mais je me demandais si James profitait de son poste à l'infirmerie pour rencontrer les élèves de Poudlard qui lui plaisaient le plus, et qui devaient défiler ici rien que pour ses beaux yeux - en comparaison, jamais les cours de Métamorphose n'avaient été suivis avec plus d'attention depuis que Phil Prescott était l'attention de notre directrice de maison. Pour me distraire, je m'amusais à imaginer la façon que James utilisait pour séduire les filles qui venaient ici, et je doutais que ça ne devait pas être bien difficile car il était attirant : plutôt grand et surtout particulièrement bien musclé, il avait une présence qu'on ne pouvait pas ignorer et, je trouvais, rassurante, ce qui devait avoir joué en sa faveur pour un travail à l'infirmerie. Il avait des yeux marrons chaleureux et assez captivants, un joli sourire, de beaux cheveux bruns un peu bouclés (très importants, les cheveux, et je pensais un instant à d'autres... Avant de me l'interdire), et je ne savais pas vraiment comment l'expliquer mais il dégageait quelque chose de si viril que je sentais malgré moi mes hormones pas vraiment insensibles au charme qu'il dégageait.

- Plaisir partagé. Voyons voir ça, dit-il en chaussant ses lunettes - des lunettes cerclées d'écaille, qui m'auraient fait hurler de rire sur n'importe qui d'autre, mais je devais reconnaître qu'elles lui allaient bien, même si tout d'un coup il paraissait extraordinairement sérieux. J'eus un petit rire étouffé pour le coup, et mon sourire s'agrandit. Hm, peut-être que tu as un peu de fièvre mais… Mais je pense que tu vas t’en remettre. Mais je vais m’en assurer tout de même.

... Zut. Non pas que j'avais beaucoup d'espoirs, mais je pensais tout de même que mon petit stratagème fonctionnerait un minimum, qu'il me vaudrait une journée ou deux de repos, parce que dans le doute, il n'allait tout de même pas me renvoyer en cours alors que j'étais peut-être vraiment malade ! Je pris un air un peu plus affligé et souffrant, consciente que mes sourires et mon petit éclat de rire ne devaient pas me donner vraiment de crédibilité.

James continua de m'examiner, et comme je ne le quittais pas des yeux, continuant ma petite inspection, je crus noter quelques signes étranges chez lui, sans trop les comprendre : j'avais presque l'impression que mes regards appuyés le mettaient un peu mal à l'aise, mais dans le bon sens, je veux dire, il s'imaginait quelque chose ? Tout d'un coup il me vint à l'esprit que peut-être avais-je réussi, peut-être lui plaisais-je, et tout d'un coup cette conclusion me donna d'avantage d'assurance, que je cachais tout de même étant donné que j'étais censée être affreusement malade et fiévreuse. Mais si j'avais une chance de lui plaire... Si il se souvenait assez de celle que j'avais été la première fois, bien plus joyeuse et étincelante justement, j'avais une chance de l'avoir à la bonne, ce qui n'était pas négligeable. Je ne baissai pas les yeux, alors, le regardant sans ciller, derrière mes paupières, pour ne rien manquer des signaux qu'il renvoyait - mais aussi parce que j'avais décidé de profiter moi aussi, étant donné qu'il était agréable à l'oeil. Il poursuivit son inspection, passa ses mains dans ma gorge, ma nuque, et je me sentis étrangement toute petite entre ses mains, grandes et qui avaient l'air si puissantes, qu'elles déclenchèrent tout de même quelques petits frissons quand elles frôlèrent délicatement ma peau. Elles le représentaient bien, d'ailleurs : elles avaient l'air fortes et sanguines, mais contre moi, elles étaient toutes délicates, et je trouvais que James était lui aussi un peu entre les deux.


- Je crois que tu es juste fatiguée. Soirée hier soir ? ... Mon échec était de plus en plus avéré, et je fronçai les sourcils de dépit.

- Nan, mais si je suis tant en pleine forme que ça, tant mieux alors, je vais pouvoir aller faire la fête, bougonnai-je en espérant qu'il comprenne que j'allais réellement tomber malade si il ne mettait pas un peu plus de bonne volonté. Non mais, il me devait quand même une séance de coaching pour son entretien avec Maman !

- Voilà, c’est un thé magique qui va te soigner, dit-il en revenant avec une théière, et deux tasses. Deux tasses. Il me prenait pour une bille, ou quoi ? Si il en buvait aussi, ce thé était tout aussi un médicament qu'une baguette de réglisse. Je pris la tasse de mauvaise grâce, pas vraiment convaincue. Au fait, les licornes ont mangé tes cheveux ? Je les regrette un peu, mais ça te va très bien aussi comme ça.

- On va dire ça comme ça, merci, répondis-je en faisant la moue, et en goûtant du bout des lèvres ma tasse de thé. Il était bon, et me réchauffa de l'intérieur, mais j'étais vexée de pas avoir réussi, alors je le reposai sur le lit. Loin de moi l'idée de faire ma harpie devant James, mais j'avais simplement envie de lui répondre : pas vraiment, non, JE LES AI JUSTE COUPES PARCE QUE MON COPAIN LES ADORAIT ET QU'IL S'EST CASSE COMME UN CONNARD ET QUE VOUS ETES TOUS DES CONNARDS, mais j'étais fatiguée de m'énerver.

Je le regardai sans rien dire, lui qui me regardait aussi, et qui jeta un coup d'oeil sur mon accoutrement - je vis que son regard accrocha mes jambes et mes chaussettes mal mises, et d'ailleurs j'étais habillée de manière assez peu soignée, mais c'était bien le dernier de mes soucis (et Ruby était en cours, donc je ne risquais pas de la croiser, pour le moment).


- Par contre, tu as maigri. Tu as des problèmes avec la nourr…

- Ah mais !! Non mais pourquoi tout le monde pense ça, je...
m'insurgeai-je, piquée encore une fois au vif - décidément, mon honneur prenait quelques petits coups, ce matin.

D'accord, je n'avais pas été un mode de régularité dans mes repas cet été, mais je mangeais, je ne me faisais pas vomir, comme Ana avait eu l'air de le penser la fois où... Bref, ça ne m'amusait pas de me faire du mal, et même si je n'étais pas bien, je refusais de m'infliger cela parce que je savais qu'en le faisant je heurtais indirectement les gens qui m'aimaient et s'inquiétaient pour moi, et j'étais loyale, je ne pouvais pas supporter de leur infliger cela. C'était un peu handicapant parfois, parce qu'un d'autre côté j'aurais aimé partir en vrille pour de bon et vivre à cent pour cent cet abandon brusque et douloureux, mais quelque chose m'en empêchait et si j'avais sauté dans le vide, je me raccrochais encore à quelques branches - je n'étais pas tombée, pas définitivement. En tout cas, j'avais peut-être maigri mais ce n'était pas volontaire, j'avais le droit d'être triste, tout le monde était triste parfois, de quoi se mêlait-il ?!, il m'énervait, cette infirmerie stupide qui ne servait à rien m'énervait, et je fronçai encore plus les sourcils, mais tout d'un coup la venue d'une autre fille interrompit mes protestations et mes regards noirs en direction de Miller.


- Jaaaaaaaaaay, wow t’es où, j’ai besoin de… Ah ! Oh.

Quoi "ah, oh", elle voulait ma photo ?! Je me renfrognai d'avantage, même si je lui lança un petit signe de tête parce que j'aimais bien Maya, elle était sympa, je ne la connaissais pas plus que ça, mais elle était cool, et les gens cools m'étaient les plus agréables. Le frère et la soeur se mirent à discuter et si j'avais senti que "Jay" (non mais c'était mignon ça, Jay) avait tenu à s'écarter un peu pour parler tranquillement avec sa soeur, j'entendais distinctement ce qu'ils se disaient, et je n'osais pas trop bouger, curieuse évidemment, mais un peu gênée de les déranger dans leurs affaires. Surtout que tout d'un coup James parlait avec une certaine froideur, comme si il voulait faire la morale, et que cette attitude détonait avec le peu que je connaissais de lui - ça va, il n'avait jamais fait la fête, ou quoi ? Mister Gryffondor pendant ses jeunes années, on savait tous ce que ça voulait dire... J'étais du côté de Maya pour le coup, même si vers la fin de la conversation, James se radoucit sans que je comprenne pourquoi.

- ... t’inquiète. Au fait, tu me diras si on va voir Maman le week-end prochain hein. Mortelle ta nouvelle coupe de cheveux, Lizlor, lança Maya avant de partir, et je lui adressai un signe de la main, avec un sourire, plus chaleureux que quand elle était arrivée.

- Désolé, c’était ma petite sœur.

- Je sais, Jay,
le taquinai-je, le regard pétillant.

- Excuse-moi, on parlait de quoi déjà ?

- C'est mignon ça, Jay, ça te va bien,
continuai-je en riant à moitié - je n'avais pas spécialement envie de revenir "là où nous en étions", mais bon, et je te disais que non je n'ai pas de problèmes avec la nourriture, ça va, JE VAIS BIEN.

... Peut-être que ma volonté de lui faire croire rendait mon affirmation un peu louche, mais je ne voyais pas comment faire autrement pour qu'il ne me prenne pas en pitié, parce que si il le faisait, je lui mettais ma main dans la figure, ma tasse de thé, et la théière en prime.

- Elle habite loin, ta maman ? continuai-je, décidant de choisir la méthode offensive - assez parlé de moi et de toute façon il croyait autant à ma maladie que j'étais un veracrasse, donc à quoi bon. T'as d'autres frères et soeurs ?

Il me semblait qu'il n'y avait qu'une seule Miller à Poudlard... Pour preuve de ma bonne volonté, je repris ma tasse et en bus encore un peu - bon, d'accord, ça faisait du bien. Je lui souris encore du coin des lèvres, avec un petit regard parfaitement calculé parce que je voulais le charmer et qu'il me parle, et que je voulais aussi passer le plus de temps possible ici, puisque ça voulait dire ne pas aller en cours. Mais d'un autre côté, James m'était sympathique et j'avais envie de le connaître un peu plus, et je me rendis compte que c'était ainsi que j'allais me sortir de ma torpeur : rencontrer d'autres personnes, et oublier momentanément celle qui me manquait le plus.

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James Miller
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MessageSujet: Re: Hide your fires, these are my desires (PV James) terminé   Lun 25 Nov - 18:44

« Roll away your stone, I'll roll away mine
Together we can see what we will find
Don't leave me alone at this time
For I am afraid of what I will discover inside

'Cause you told me that I would find a hole
Within the fragile substance of my soul
And I have filled this void with things unreal
And all the while my character it steals

Darkness is a harsh term don't you think?
And yet it dominates the things I see. »




Je n’aimais pas ce pouvoir que les choses avaient sur moi, combien, en un instant, je pouvais basculer et retomber dans toute cette pression qui aurait pu m’étouffer si je n’avais pas cherché à lutter. Maya avait surgi innocemment, mais il me suffisait d’elle, d’une allusion à Mathilda, à ma mère, pour que je sente mon estomac se contracter et que mon cerveau réagisse violemment, comme si tout ce qu’il tentait de contenir et d’ordonner explosait en une seconde. Je me rappelai brusquement que je n’avais pas encore répondu à la lettre de ma mère, encore sur mon bureau, parce que je repoussais le moment où il me faudrait la rassurer une énième fois, remplir une page blanche de mots auxquels je ne croyais pas plus qu’elle. Puis il me faudrait renvoyer une lettre à mon père qui n’avait pas répondu à la dernière, et ce n’était pas que je m’inquiétais de sa vie à lui, mais s’il ne pensait à amener Maman à son rendez-vous dans une semaine à l’hôpital, elle n’allait pas y penser elle, et ça allait faire des histoires. Je détestais d’avoir eu à choisir, de veiller sur ma mère ou sur Maya, et en subir constamment les conséquences. Je me disais que j’avais fait au mieux, et qu’au fond ma place était auprès de celle qui vivait encore : ma mère ne voulait pas aller mieux, pourquoi me serais-je battu ? Je n’avais pas fait attention à Mathilda, et il était hors de question que je refasse la même erreur avec Maya.

Alors en la regardant quitter l’infirmerie, je m’interdis d’avoir un pincement au cœur. Je veillais sur elle, et je savais qu’elle était intelligente : sa meilleure amie ne me faisait pas peur, et j’étais bien décidé à me renseigner sur leurs petites sorties, et à m’assurer qu’elles restaient raisonnables. Je n’avais pas le temps d’avoir peur, de me mettre en colère. Je me connaissais trop bien : lorsque je paniquais, je ne réfléchissais plus clairement et je m’emballais… Or je n’avais pas le droit de perdre mon sang froid dans ces moments, il me fallait toute ma tête pour veiller sur Maya. Je me rassis face à Lizlor, qui semblait un peu moins bougonne que tout à l’heure, et je lui fis un pâle sourire. En un instant, tout ce dont nous étions en train de parler s’était évaporé, et j’étais trop préoccupé pour m’en vouloir – malgré moi, mon cerveau s’activait, me rappelant tout ce que je devais faire ou aurait dû faire.


- Je sais, Jay, répondit-elle alors que je présentais Maya, et j’haussai un sourcil.

Elle avait noté le surnom et je pinçai un peu les lèvres malgré moi. Je me demandais ce que Lizlor avait écouté de la conversation, ce qu’elle avait entendu et compris et ce qu’elle en pensait. Peu importe, j’étais conscient que je devais passer pour un rabat-joie, mais je n’avais pas envie de me justifier – je sentis une boule se former dans mon estomac, alimentée sûrement par une colère indéfinissable, et je me renfrognai l’espace de quelques secondes. J’avais tant passé l’été sous pression que je me sentais sous le point d’exploser à chaque fois mais je jetais un coup d’œil à Lizlor : elle avait un petit sourire amusé, et je ne sais pas trop comment, mais il suffit à résorber ce qui naissait dans ma poitrine, et je lui répondis avec un sourire aussi. Je n’avais pas envie que tout cela vient gâcher ce moment qui m’avait hanté tout l’été. J’avais eu envie de la revoir, de m’approcher plus près, et d’apprendre à la connaître. Je me rappelai ce qu’elle m’avait dit pour les licornes, c’était à moi de me faire accepter, et je tendais timidement ma main vers elle, en espérant ne rien faire pour la faire fuir.


- C'est mignon ça, Jay, ça te va bien. Et je te disais que non je n'ai pas de problèmes avec la nourriture, ça va, JE VAIS BIEN.

Je ne pus me retenir d’éclater de rire. Je ne me moquais pas d’elle, mais elle avait mis tellement de force dans ses paroles que ça m’amusait, elle avait été comme une petite fille qui voulait prouver quelque chose mais n’avait justement aucune preuve, et je vis son visage se renfrogner un peu, sûrement parce qu’elle avait compris qu’elle avait été trop enthousiaste pour être crédible.

- Mais si tu vas bien, tu peux aller en cours non ? Répondis-je tout innocemment en lui faisant un sourire amusé. Touché, pensai-je, mais je lui fis un clin d’œil d’un air de dire : t’inquiète, j’ai rien vu. Personne ne m’appelle plus Jay, c’était mon surnom quand j’étais à Poudlard, expliquai-je, m’apprêtant à demander à Lizlor qu’elle ne m’appelle pas comme ça, mais elle semblait trop contente de sa trouvaille, et je me stoppai, soudain comme pris au piège. Si tu m’appelles comme ça, je vais devoir te trouver un surnom moi aussi… Petit poney ? Princesse Wayland ? Me moquai-je avec un petit sourire charmeur.

Mais en vérité, la flamme majestueuse en Lizlor qui m’avait attiré la première fois semblait s’être légèrement éteinte depuis la dernière fois. J’avais l’impression qu’elle avait grandie durant l’été, mais d’une manière un peu brusque, comme si on l’avait poussé dans le monde adulte – elle n’avait plus ses joues rebondies, elles étaient creusées, rehaussées de cernes, comme si tout ça la fatiguait. Je lui fis un autre sourire, comme si malgré moi je voulais l’encourager. Qu’est-ce qui lui pesait ? Etait-ce sa rupture qui l’avait mis dans cet état ? Au fond, je me demandais… Aimait-elle ce Stephen aussi fort, au point d’être détruite à ce point ? Je sentis une pointe de jalousie monter, et je me raclai malgré moi la gorge. Contre lui aussi, que je ne connaissais même pas, j’étais en colère.


- Elle habite loin, ta maman ? T'as d'autres frères et soeurs ?

Je me raidis instantanément, et mes doigts se crispèrent sur autour de ma tasse. Evidemment, on arrivait toujours à ce genre de questions… J’avais simplement espéré que Lizlor ne pose pas directement celle-ci. Pendant un instant, j’hésitais. Je pouvais peut-être mentir, pensai-je, puis je sentis une extrême lassitude m’envahir et je poussai malgré moi un soupir que j’espérais discret. J’avais baissé les yeux, et je les relevai, essayant de regarder ceux de Lizlor qui me fixaient et me mettaient presque mal à l’aise. Je lui fis un vague sourire, tentant de trouver une solution : comment pouvais-je faire pour ne pas mettre un poids dans la discussion ?

- Ma mère vit à Londres, c’est plus loin que la tienne c’est sûr, tentai-je de plaisanter, et je lui fis un petit sourire. Et euh, oui et non, répondis-je simplement, en détournant le regard un instant. Ce n’était pas une réponse, je savais. Je me mordais la lèvre, et j’haussai les épaules. Ça faisait longtemps que je ne pleurais plus – je ne me rappelai pas avoir souvent pleuré, de toute façon. J’avais… J’ai une grande sœur, Mathilda, elle a deux ans de plus que moi, mais elle a disparu. Je veux dire, ce n’est pas un euphémisme pour te dire qu’elle est morte, elle a littéralement disparu, expliquai-je calmement. Ça fait environ un an qu’on ne sait pas où elle est et qu’on a pas vraiment de pistes, mais bon, j’haussai les épaules, soudain las. Je suis désolé, je veux pas plomber l’ambiance, et puis tu ne peux pas me souhaiter toutes tes condoléances parce qu’elle est pas morte, et à la fois, c’est comme si… Donc bon, mieux vaut ne rien dire, conclu-je platement. Comme pour m’occuper, je rangeai deux trois trucs dans les tiroirs de la table basse et je me resservis du thé et fis un signe de la thé à Lizlor pour savoir si elle en voulait encore. Et toi, tu as des frères et sœurs ? Enfin, si j’ai bien compris, Ruby, c’est comme si, n’est-ce pas ? Dis-je avec un sourire.

A vrai dire, ça me fait plaisir de lui montrer que j’avais noté ce qu’elle avait dit la dernière fois, et que je n’avais pas complétement oublié notre rencontre – à vrai dire, pas du tout.


- C’est quoi tes deux premières heures de cours ? Je peux t’excuser, mais en retour je veux que tu dormes, dis-je avec un petit sourire. Ne le prends pas mal, la dernière fois que j’avais autant de cernes, c’est quand j’ai révisé mes ASPICS… Une semaine avant mes ASPICS, dis-je avec un petit rire, pour détendre l’atmosphère.

Je ne voulais pas qu’il soit ternit par mes problèmes que je contenais toujours à l’intérieur, bien au chaud, bien décidé à les oublier ou les résoudre, mais surtout ne pas les laisser prendre le pas.

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And you'll never find love in an open hand
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MessageSujet: Re: Hide your fires, these are my desires (PV James) terminé   Lun 2 Déc - 0:49

Il y avait quelque chose que je n'avais pas perdu de mon âme d'enfant, c'était cette espèce de satisfaction teintée de joie que je ressentais quand je taquinais les gens, que j'avais beaucoup exercée sur Conrad (enfin... il l'avait sans doute exercée plus que moi d'ailleurs) et qui m'amusait toujours autant, même maintenant. Sans doute que Stephen m'avait rebutée dès la première fois en particulier pour cette raison : parce qu'il se prenait trop au sérieux, parce qu'il ne se remettait pas en question, et parce que les gens qui ne rient pas d'eux-mêmes sont les pires, tout simplement parce que par association ils ne peuvent rire de rien. Quand James se renfrogna quand j'utilisai le surnom de sa soeur puis croisa mon regard et sourit comme si il se rappelait une bêtise de son enfance, non seulement je fus amusée de l'avoir embêté, mais en plus contente de voir qu'il acceptait la taquinerie. Cela le rangeait d'emblée dans les personnes agréables - il n'avait pas été désagréable jusque là, bien au contraire, même si il avait décidé de ne pas reconnaître que j'étais malade et qu'il cherchait la petite bête, mais c'était de bonne guerre. Il faisait son travail, après tout, et même moi j'étais forcé de le reconnaître : je n'étais pas malade physiquement, j'avais juste mal au coeur, et malheureusement le corps peut très bien survivre quand à l'intérieur il n'y a plus grand chose pour le faire battre. Je souris à mon tour, toujours en le regardant un peu sous mes cils, et en étirant mes lèvres de manière à ce que je ne sourie pas trop mais un peu quand même (étrangement, c'était une technique qui marchait très bien, je ne savais pas pourquoi, mais j'avais renoncé à comprendre comment fonctionnait les garçons et la séduction : j'agissais, point.). Il s'était mis à rire et je me sentis vexée parce que je n'étais pas assez bonne comédienne, mais d'un autre côté, j'étais aussi trop absorbée par le fait de ne cesser de lui lancer des petits regards afin de tester jusqu'où irait sa capacité à se rappeler que je n'étais qu'une pauvre élève qu'il devait soigner dans le cadre de son travail, dont ma propre mère était d'ailleurs directrice. Cela commençait à beaucoup d'amuser, à vrai dire...

- Mais si tu vas bien, tu peux aller en cours non ? Personne ne m’appelle plus Jay, c’était mon surnom quand j’étais à Poudlard. Si tu m’appelles comme ça, je vais devoir te trouver un surnom moi aussi… Petit poney ? Princesse Wayland ?

- Princesse Wayland, j'aime bien, dis-je en me redressant avec un petit air de princesse justement, avant de lui lancer un sourire plus ravissant cette fois. Il voulait jouer ! Si c'était une menace pour que je ne l'appelle pas Jay, au contraire, ça n'allait pas me faire reculer, j'avais un grand frère, si il croyait que je me laissais faire... Mais Jay, tu vois bien que je ne suis pas en forme pour aller en cours, bougonnai-je encore, tentant tout de même de pousser la chose le plus loin possible.

Surtout qu'il m'inspectait vraiment, derrière ses petites lunettes de jeune homme sérieux, et si j'avais été la Lizlor d'avant ce regard m'aurait donné envie de m'enfuir en courant ou de me rouler en boule sur moi-même. Que cherchait-il exactement ? Je n'étais même pas spécialement séduisante, j'étais pâle, j'étais fatiguée, et j'étais de mauvaise humeur. Heureusement, la Lizlor d'aujourd'hui s'en fichait un peu, et elle se disait : regarde moi, vas-y, ce n'est pas moi qui vais baisser le regard la première. Depuis que Stephen était parti et que j'avais cessé de me dire que peut-être il serait là de nouveau à la rentrée - puisque clairement il n'était pas là - c'était comme si tout me passait au dessus. Il n'y avait que Ruby et Maman qui me préoccupaient vraiment, et sur qui je focalisais ma vie et mes journées. Le reste, je n'en voulais pas, j'étais fatiguée, j'étais en colère la plupart du temps, et je ne voulais plus penser à tout ça. J'étais amère, j'avais l'impression d'avoir su sable dans la bouche et mes dents crissaient à chaque souvenir, alors que j'aurais simplement aimé pouvoir les laisser partir avec la marée, pour que la pression sur mon coeur soit un peu moins lourde... Mais non, ils étaient là, et je leur faisais face. Comme je le pouvais.


- Ma mère vit à Londres, c’est plus loin que la tienne c’est sûr. J'eus un petit sourire, tirée de mes pensées, même si j'avais l'impression que le visage de Jay s'était fermé, tout d'un coup. Depuis que Maya était passée et que j'avais entendu la majorité de leur conversation, il avait l'air préoccupé par quelque chose qui m'échappait complètement. Et euh, oui et non. J’avais… J’ai une grande sœur, Mathilda, elle a deux ans de plus que moi, mais elle a disparu. Je veux dire, ce n’est pas un euphémisme pour te dire qu’elle est morte, elle a littéralement disparu. Ça fait environ un an qu’on ne sait pas où elle est et qu’on a pas vraiment de pistes, mais bon. Je suis désolé, je veux pas plomber l’ambiance, et puis tu ne peux pas me souhaiter toutes tes condoléances parce qu’elle est pas morte, et à la fois, c’est comme si… Donc bon, mieux vaut ne rien dire.

Je ne m'étais pas attendue à cela, pas du tout, j'ignorais d'ailleurs que Maya avait une grande soeur ; je la connaissais peu d'accord mais parfois... Non, tout d'un coup je me sentis un peu bête d'en avoir parlé avec autant de légèreté, avant de me reprendre en un quart de seconde. C'était stupide ! Et je détestais que l'on fasse cela avec moi - comme si j'avais besoin de voir les gens en deuil dès que je leur répondais que mon père était mort.

- Oh, c'est triste, répondis-je simplement, sincèrement touchée. Mon coeur s'était serré dès l'instant où il avait parlé de Mathilda, parce que j'aimais tant Conrad et j'étais tant reliée à lui, et à Ruby, que je vivais presque viscéralement pour les autres la perte de ce lien fraternel si cher à mon coeur. J'espère que vous allez la retrouver, conclus-je en cherchant son regard et en lui offrant un petit sourire - probablement le plus sincère depuis le début.

- Et toi, tu as des frères et sœurs ? Enfin, si j’ai bien compris, Ruby, c’est comme si, n’est-ce pas ?

Je changeai un peu de position, ramenant mes jambes contre moi et mes genoux contre ma poitrine, les entourant de mes bras en faisant attention de ne pas renverser la tasse posée à côté de moi. Cela me faisait bizarre de ne plus sentir mes cheveux autour de mes épaules, un peu partout, en bataille, maintenant qu'ils étaient mes courts, et dans ces moments-là j'avais la désagréable impression d'être plus vulnérable. Mais le prénom de Ruby suffit à me remettre un peu de baume au coeur.

- Oui ! Elle est de la famille maintenant puisqu'elle n'en - enfin je veux dire, elle, euh - Jay n'était pas censé savoir toute la vie de Ruby et tout d'un coup je me sentais stupide et je ne savais plus comment me rattraper, et je haussai les épaules, le défiant de poser des questions déplacées - elle est comme ma soeur. Et puis il y a Conrad, mon grand frère, mais lui il est aux Etats-Unis, il a été à Salem et il est resté là-bas pour ses études quand on a déménagé en Angleterre, quand Maman a été nommée directrice.

Et comme je ne voulais surtout pas engager la discussion sur ce terrain-là, j'attrapai ma tasse pour boire un peu, même si le thé ne me disait plus trop rien. C'était facile, finalement, et j'avais mis du temps à le voir, mais socialiser et surtout socialiser comme on en avait envie ne demandait que quelques petits tours de passe-passe qui s'apprenaient bien vite.

- C’est quoi tes deux premières heures de cours ? Je peux t’excuser, mais en retour je veux que tu dormes. Ne le prends pas mal, la dernière fois que j’avais autant de cernes, c’est quand j’ai révisé mes ASPICS… Une semaine avant mes ASPICS.

... Bon, tout se jouait en cet instant, et je sentis mon âme d'aventurière s'ébrouer un peu. Je fis la moue et reposai ma tasse, essayant d'être la plus éplorée possible :

- Oh s'teuplait Jay, en plus j'ai Sortilèges et j'ai pas fait mes devoirs - j'ai oublié, me justifiai-je parce que ce n'était pas de ma faute, ça va être horrible, je veux pas y aller, et je me sens vraiment pas bien, allez sois sympa... Promis je dormirai bien ce soir, et tôt !

Voilà qui n'avait rien de certain, mais de un il ne serait pas là pour le vérifier, et de deux j'avais tout le temps d'y penser d'ici là, ce qui faisait que j'avais l'air convaincue de moi, tout en sachant pertinemment que je ne dormirai probablement pas tôt, et probablement pas bien. Je me redressai comme une petite fille qui veut plaire à sa maman et lui sourit en espérant qu'il abandonnerait la bataille ici, parce qu'après tout ce n'était rien deux pauvres heures !

- Je m'en souviendrais en tout cas… Qu'on peut avoir ses ASPICs en révisant seulement une semaine avant, merci du conseil, dis-je sur un ton plus enjoué. Je vérifiai qu'il restait encore du thé dans ma tasse - du moment que je ne finissais pas, il n'allait pas me demander de partir, en tout logique, il n'allait pas oser... Surtout que si je suis malade, je ne pourrais pas réviser... Remettant en arrière et réajustant mon uniforme autour de moi - ce n'était même pas de la comédie mais j'avais un peu froid, je tentai de relancer la conversation pour qu'il se laisse faire et ne m'envoie pas en cours : Tu as tout de suite su ce que tu voulais faire à la fin de ta 7ème année, toi ?

Un peu pensive, j'entrepris de remonter mes chaussettes le long de mes mollets pour cacher les petites cicatrices qu'ils avaient de mes escapades dans les arbres, avant de soupirer un peut tristement : je ne savais même pas si j'avais envie que cette année se termine, tout aussi mal qu'elle commençait. Quitter Poudlard me ferait oublier définitivement Stephen, oui, sans doute, mais y arriverais-je vraiment ? Rien n'était moins sûr.

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Âme soeur: «When I think of [her], I always think of the back of her head. I picture cracking her lovely skull, unspooling her brain, trying to get answers. (...) What are you thinking? How are you feeling? What have we done to each other? What will we do? »

MessageSujet: Re: Hide your fires, these are my desires (PV James) terminé   Lun 9 Déc - 14:24

Princesse Wayland. Ça lui allait bien, et pourtant, je me doutais qu’elle n’avait rien de ses filles qui en avaient les manières. Il suffisait de voir comment elle se tenait, un peu repliée sur elle-même, et tous les petits détails que j’avais noté malgré moi : la mèche de l’autre côté de la raie, le nœud dans ses cheveux derrière son oreille, son ongle du pouce cassé, les faux plis de son uniforme… Elle n’avait rien d’une princesse comme on l’entendrait en apparence. Lorsque je l’avais observé, à la rentrée, elle était avec une autre grande blonde que j’avais directement identifié comme la fameuse Ruby. Elle, au contraire de Lizlor, avait une prestance assez majestueuse, confirmé par le fait qu’elle était préfète et Miss, elle avait quelque chose qui inspirait le respect, comme si elle était un peu au-dessus. Alors que Lizlor me semblait plus perdue, dans la foule elle se recroquevillait plus qu’elle ne se mettait en avant, et je le voyais, quand je la cherchais, la taquinait, elle réagissait mais son corps avait un langage différent : ses doigts se serraient, son visage se crispait un peu, elle était tout à coup sur la défensive. C’était ça, qui la différence entre une princesse et elle, elle ne savait pas se tenir parfaitement, enfouir le tout, et c’était ce que je trouvais fascinant, cette façon qu’avaient les émotions de se peindre sur ses traits, elle était profondément humaine. C’était ça qui m’attirait irrésistiblement.

Alors peut-être que Lizlor n’avait pas la prestance d’une princesse, mais elle en avait le cœur, j’en étais persuadée. Je l’avais vu quand elle s’était occupée des licornes, la manière qu’elle avait de sourire aussi, sourire alors qu’elle ne me connaissait pas encore et que je la dérangeais, et qu’il suffisait de quelques mots pour qu’elle se radoucisse, et la manière dont elle parlait des gens qu’elle aimait : Lizlor avait une bonté enfantine qui enveloppait son cœur. Je ne la connaissais pas tant que ça pourtant – pas encore, me rassurai-je – mais je ne pouvais pas m’empêcher de suivre mon instinct. J’avais toujours pris les choses ainsi, comme elle venait, aimant profondément ou détestant viscéralement, et parfois, je m’en fichais complétement. La seule chose qui me faisait avancer, c’était ce qui me fascinait et m’intéressait. Ça avait été tout, l’envie de liberté durant mes premières années à Poudlard, puis l’envie de tout découvrir, de faire la fête, puis ma soudaine passion pour la botanique, puis pourquoi pas la médecine, puis protéger ma famille – les choses changeaient parfois brusquement, mais j’espérais que c’était vers un mieux. Alors si Lizlor me faisait cet effet, je ne cherchais pas à comprendre, je suivais ce que les sentiments dictaient.

Et comme l’émotion transperçait sur son visage, lorsque j’évoquais Mathilda, je vis Lizlor se renfermer un peu, sincèrement désolée. Elle ne jouait plus tout à coup la comédie de la petite fille malade qui ne pouvait pas aller en cours, je savais que je lui avais coupé l’herbe sous le pied et qu’elle n’y attendait pas. Tout à coup, elle était cette fille qui jouait avec la licorne avant que je la dérange, elle n’avait plus d’armure. Je voulus la rassurer, et puis, je savais qu’elle comprenait d’une certaine manière… Mais je ne pouvais pas lui dire que je savais pour son père, non seulement ça aurait été impoli de montrer que je m’étais un peu renseigné sur elle, et puis, je ne voulais pas alourdir un peu plus l’atmosphère. Silencieusement, je murmurais : je sais que tu me comprends un peu, au fond – mais je ne dis rien.


- Oh, c'est triste. J'espère que vous allez la retrouver.

Je répondis à son sourire. Ce qu’elle disait me laissait cependant presque indifférent, comme si je refusais d’entendre ce qu’elle espérait, car au fond, nous espérions tous, et je savais ce qui allait se passer : nous serions déçus. Il n’y avait pas beaucoup d’options, soit Mathilda s’était enfuit parce qu’elle avait des problèmes d’argents ou avec des dealers, et c’était elle qui avait décidé de nous quitter sans un mot : ça, je lui pardonnerais pas, je le savais. Et si ce n’était pas ça, si elle ne donnait pas de signe de vie depuis tout ce temps… La réponse était évidente. Nous la retrouverions peut-être, mais…

Je sentis ma gorge se serrer, et je refusais d’y penser.


- Oui ! Elle est de la famille maintenant puisqu'elle n'en - enfin je veux dire, elle, euh - elle est comme ma soeur. J’haussai un sourcil. Je sentais qu’elle n’avait pas tout dit, mais je ne posais pas de questions, ça ne me regardait pas… Même si je sentais ma curiosité piquée au vif. Et puis il y a Conrad, mon grand frère, mais lui il est aux Etats-Unis, il a été à Salem et il est resté là-bas pour ses études quand on a déménagé en Angleterre, quand Maman a été nommée directrice.

Ah, j’ignorais qu’elle avait vécu en Amérique ! Ce n’était qu’un détail, mais tout à coup, les questions fusaient de partout dans ma tête. Je n’avais pas beaucoup voyagé en plus, mes parents n’avaient pas les moyens, j’avais mis les pieds en Allemagne, en Irlande et une fois en Espagne. Pourtant ce n’était pas l’envie qui me manquait, et j’étais attiré par tout ce qui était nouveau, voyager m’aurait plu, mais dans les circonstances actuelles, ce n’était vraiment pas dans mes priorités.

- Tu as vécu aux Etats-Unis ? C’est trop cool ça, où ? Tu y retournes souvent du coup ?

Je n’avais pas pu m’en empêcher, et je me raclai un peu la gorge, gêné. Je voulais juste la connaître, mais je ne voulais pas la faire fuir, et je me sentis tout à coup pris au piège. Est-ce qu’elle voulait bien, au moins, que nous soyons amis ? C’était étrange, je savais simplement que je voulais être lié à elle, peu importe la manière. Et j’avais la sensation qu’il fallait que j’ose pour réussir.

- Oh s'teuplait Jay, en plus j'ai Sortilèges et j'ai pas fait mes devoirs - j'ai oublié, je veux pas y aller, et je me sens vraiment pas bien, allez sois sympa... Promis je dormirai bien ce soir, et tôt !

Je n’allais pas lui faire la morale : ne pas faire ses devoirs, elle n’était pas la première à l’avoir fait, j’étais passé là avant elle et il fallait bien l’avouer, je n’étais pas un élève des plus studieux. Et même si j’avais quitté Poudlard depuis trois ans, je n’avais pas oublié Woodley, et je ressentis un peu d’horreur à l’idée d’envoyer Lizlor à son cours – je n’étais pas sans-cœur, et surtout pas avec elle… Et Woodley n’était vraiment pas une partie de plaisir, je me demandais d’ailleurs comme son nouvel assistant survivait avec une harpie pareille. Pomfresh n’était pas forcément la personne la plus amusante de Poudlard, mais elle aidait réellement les élèves et prenait son travail à cœur, sans torturer des pauvres enfants terrifiés – s’il y avait bien un professeur devant lequel je n’avais jamais fait le malin, c’était elle.

- Bon, j’avoue que Woodley de bon matin, on a connu mieux…

Je ne m’avouais pas tout à fait vaincu non plus, parce que je n’aimais pas ce qu’elle venait de dire : je voulais qu’elle se repose maintenant, elle croyait vraiment que j’allais la laisser vagabonder dans Poudlard ? En plus, j’avais des responsabilités, enfin, elle était sous ma responsabilité en tant qu’élève… Je pinçai les lèvres. J’avais plus d’un tour dans mon sac.

- Je m'en souviendrais en tout cas… Qu'on peut avoir ses ASPICs en révisant seulement une semaine avant, merci du conseil. Surtout que si je suis malade, je ne pourrais pas réviser... Tu as tout de suite su ce que tu voulais faire à la fin de ta 7ème année, toi ?

J’éclatai de rire ; à vrai dire, elle m’amusait, ses petites piques étaient finalement toutes aussi charmantes qu’elle. J’haussai un sourcil d’un air de dire « arrête ta comédie, j’ai compris » mais j’avais malgré moi un sourire aux lèvres.

- Je t’aurais soigné d’ici là, lui rappelai-je avec un petit air entendu. Et non, pas vraiment… J’ai un peu pris ce qui me passait sous la main, ma mère était infirmière à Sainte Mangouste donc bon, je me suis dit pourquoi pas ! Et j’ai toujours aimé les plantes, les remèdes, tout ça… Et finalement la médecine ça me plait trop, faut croire que James était dans l’inconscient de Jay, résumai-je avec un petit sourire.

J’avais fini mon thé, et Lizlor avait presque terminé le sien aussi, je la soupçonnais d’ailleurs de le boire si lentement pour rester et ne pas aller en cours : qu’elle se rassurer, je n’allais pas l’envoyer. Mais j’avais une idée derrière la tête cependant. Je me levais, et commençai à chercher dans l’une des étagères, tout en parlant à Lizlor.


- Je pense qu’il veut mieux que tu te reposes maintenant, je l’entendais déjà protester, mais je continuais, Et puis si tu es en forme, samedi soir, y a un concert aux Trois Balais tu pourras y aller, glissai-je l’air de rien. Globalement, je lui proposai un peu de venir, et de venir pour moi, mais plus ou moins innocemment. Je revins vers elle et lui tendis une petite gélule. Tiens, c’est pour te remettre d’aplomb, dis-je en essayant de garder mon sérieux. Elle l’avala en buvant son thé, et je fis un grand sourire. Tu devrais t’allonger, ça fait vite effet. Voyant ses yeux s’agrandirent, j’éclatai de rire, lui prenant au passage la tasse de ses mains car elle commençait à se détendre à vue d’œil. Je t’avais dit, le deal c’est que tu te reposes maintenant. Bonne nuit princesse !

J’eus un petit rire, tandis qu’elle s’affalait un peu dans le lit, et je la bordai sous la couette, l’entendant ronchonner, m’insultant probablement, mais j’étais fière de moi : je lui fis un dernier sourire avant de récupérer nos tasses à thé pour les ranger – je jetai un dernier regard à son visage endormi et serein, souriant malgré moi, une très légère pression dans ma poitrine.

_________________
« So what became of loving man
And what became of you
Familiar as you shook my hand
What was it you meant to do?
Because all could change for one
And all, could change in this new today. »




« She said the devil will want you back
And you'll never find love in an open hand
Shut your eyes, so you see I'm there
And know you'll always have this if you see this man
I lied, this was not for my pride
I know this was my time. »
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