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Carelessly pretend. (PV)

 
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 Carelessly pretend. (PV)

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Theo Gray
Élève de 1ère année



Masculin
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Localisation : Un peu partout.
Date d'inscription : 30/10/2012

Feuille de personnage
Particularités: Ex-Poufsouffle et Barman au Trois Balais.
Ami(e)s: Cass & James :) Oh, et aussi Ana!
Âme soeur: On m'aura eu une fois, pas deux!

MessageSujet: Carelessly pretend. (PV)   Lun 28 Oct - 1:47

(suite au rp "River always leads to falls")


*

"I don't mind
If all this time
Is all that we had to spend
Everyone carelessly pretend

If I follow you tonight
And leave tomorrow
If its all forgotten love
Forgotten love

If I follow you then
I will need you closer
One more day is not enough."


Londres avait, l'été, un rythme particulier. C'était comme si la vile renaissait entièrement sous les rayons du soleil, tout crépitait et s'agitait, et on nous offrait sur un plateau d'argent un nouveau point de vue. Les rues qui s'endormaient durant l'hiver et restaient grisâtres au printemps semblaient prendre vie, tout comme les boutiques et les passants. Je préférais de loin ses ambiances vivantes, je n'étais pas quelqu'un de casanier, et l'idée d'un monde qui m'attendait dehors, sous ma fenêtre, suffisait à me faire sortir la tête, et partir à l'aventure. Je connaissais ma ville depuis toujours, mais bien que j'en avais connu bien d'autres, en voyage, dans les diverses maisons de mes parents, comme à Paris pour ma chère mère, ou celles de mes cousins tellement nombreux que je ne comptais plus, je restais irrémédiablement attachée à Londres. C'était, à mes yeux, une capitale tellement incroyable, où des surprises se cachaient à chaque angle de rue, sous chaque pavé que l'on foulait, jamais je ne m'y ennuyais : il y avait toujours une nouvelle chose à faire. Et puis, je m'étais constitué petit à petit une famille de substitution, des connaissances un peu partout avec qui je passais le plus clair de mon temps, depuis toujours. J'avais légèrement changé de point de vue cependant, puisque j'avais fini par comprendre que tout le monde ne voulait pas du bien à son prochain – à m'écouter avant, j'étais un parfait bisounours – mais je ne pouvais pas m'enfermer dans un trou sous prétexte que j'avais saisis qu'accorder ma confiance était trop souvent à double tranchant. Je maintenais simplement un peu plus de distance lorsqu'il s'agissait des sujets trop personnels.

Mais il n'y avait pas besoin de parler de tout ça lorsque je sortais boire un verre – ou plusieurs – avec des potes. Malheureusement, je n'étais plus un étudiant insouciant de Poudlard qui avait deux longs mois de vacances pour se reposer, je travaillais toujours, et même si j'avais le droit de poser des congés, elles ne seraient jamais aussi longues que deux mois. Mais j'étais plutôt heureux de tout ça, de toute façon, j'avais réussi à m'arranger pour continuer d'écrire pour le journal, mais cette fois à distance, c'est-à-dire que dès la rentrée prochaine, je pourrais retourner à Pré-au-Lard et allier mon boulot de barman avec celui de journaliste en herbe. Puisque je faisais de la critique musicale, je n'avais pas besoin d'être vraiment sur place, ou je me déplaçai pour les concerts – mais je devais bien avouer que le transplanage n'était pas mon fort. Trop distrait, avait dit Woodley. Peu importe, j'avais autre chose en tête qu'apparaître et disparaître pour l'instant, et j'étais bien enchanté par la perspective de l'année prochaine. Il restait quelques détails à régler cependant, comme mon déménagement : Simon s'installait avec sa petite amie, toujours à Pré-au-Lard, mais il récupérait notre appartement. Il faut dire que je ne l'avais pas trop habité, et sa copine avait fini par y prendre racine. Je n'étais vexé, pas vraiment empressé de vivre seul, mais j'avais fini par m'habituer car à Londres, je jonglais entre mon appartement et le manoir familial. Ma petite fierté restait qu'avec mon salaire, j'avais assez mis de côté pour me payer mon propre loyer et ne plus dépendre de mes parents.

Nos relations restaient les mêmes, tendues, basées sur le paraître, mais je ne m'y attardais plus. Il y avait bien longtemps que j'avais abandonné l'idée d'imposer ma vision des choses, de croire que mes parents, mon frère et même ma sœur, pourraient être autre chose que des petits Serpentards bien élevés et avides de succès et de pouvoir. Il me restait Leïla, ma petite sœur, l'unique alliée au manoir, et peut-être la seule raison pour laquelle j'y mettais encore les pieds, surtout qu'elle était aussi en vacances et que nous appréciions toujours passer du temps ensemble – mais généralement, en dehors de chez nous.

Mais ce soir, ma famille restait loin : je sortais avec Simon et des amis de mon boulot, du sien, c'était un peu une énorme salade où chacun amenait son ingrédient. Nous ramenions chacun des connaissances, et petit à petit, nous formions une bande où nous nous connaissions tous à peine, mais ce n'était pas l'occasion qui manquait pour changer cela. L'alcool déliait les langues, et au bout de quelques soirées, j'avais fini par en apprendre des belles sur chacun, et nous sortions plutôt régulièrement, allant un peu chacun les uns chez les autres, dans des bars. J'essayais de faire attention lorsque je devais me rendre au boulot le lendemain, mais ce soir, nous étions samedi soir et j'étais libre de toutes contraintes, et bien heureux de me vider un peu la tête. Les verres s'enchaînaient, et nous étions dans un de mes bars favoris, un bar moldu avec de la bonne musique qui mettait tout le monde de bonne humeur. Au fur et à mesure de la soirée, des verres, des rires, je me sentais partir de plus en plus, et lorsque nous nous levâmes, j'éclatai de rire en réalisant que je tanguai.

J'aimais bien la sensation d'ivresse, et elle m'avait envahi complètement. La perception des choses étaient différentes, mais ce n'était pas désagréable, je riais de voir Simon trébucher sur les pavés, tandis que nous nous dirigions tous vers le Chaudron Baveur avec l'envie de prolonger la soirée. C'était l'avantage de traîner avec des sorciers, pas la peine de cacher ! Puisque même si le journal se consacrait principalement à de la musique moldue, il n'en restait pas moins sorcier, avec les photos qui bougeaient et tout le tralala, ce qui était vachement plus amusant... Woooh, je commençais à m'égarer. J'avais bien envie d'une petite bierraubeurre... Ou un whisky pur-feu. Ce n'était sûrement pas raisonnable, et alors ? A vrai dire, je n'étais plus à ça près, pensai-je, et je me mis à rire tout seul, poussant la porte du bar avec les autres. Certains se retournèrent pour nous regarder, il fallait dire que nous étions nombreux et bruyant, mais nous étions samedi soir hein, ils n'allaient pas jouer les offusquer sous prétexte que Simon s'appuyait un peu trop contre moi... Et manqua de tomber lorsque je me dégageai un peu brusquement, m'avançant vers une table où j'avais reconnu un visage familier.


- Ehhhhhhhh ben, mes deux Miss favorites, qu'est-ce que vous faites là vous deux? M'exclamai-je à l'attention de deux très charmantes Ana et Rita, les meilleures amies de l'univers, qui visiblement, profitaient de leur samedi soir... Oh... Eh ben, ça rigole pas ici! Me moquai-je en constatant que la table était couverte d'un certains nombres de verres vides. Je n'étais donc pas le seul à fêter les vacances, que je n'avais même pas, comme il se devait ! Bon, je n'allais pas leur en tenir rigueur, nous étions début juillet et elles sortaient juste de Poudlard, autant profiter ! Je m'apprêtai à leur proposer de se joindre à nous lorsque... Ewan ?! J'éclatai de rire. Eh ben, ça alors... Il venait de rentrer, et de se précipiter vers nous. Wow, vous vous êtes fait passé le mot ou quoi ? Comment ça va toi ? Demandai-je à l'attention d'Ewan – nous avions de la famille au même endroit, et j'avais passé plusieurs été avec lui, même si il était plus âgé, c'était le genre d'été que l'on passait en bande de cousins, d'amis, ou nous nous mêlions tous un peu pour échapper à nos parents et leurs petits brunchs et dîners. Mais visiblement, Ewan n'était pas d'humeur très bavarde, tout concentré vers Rita, et je fronçai les sourcils, riant tout à coup. Ah, mais pas de bêtises hein, sinon je le dis à Ruby !

Ewan se tourna vers moi, le visage un peu trop fermé pour quelqu'un qui passait une bonne soirée, et il me dit quelque chose que je n'entendis pas : mes potes venaient d'hurler en ouvrant une bouteille de champagne – ça ne traînait pas non plus. Avant même que je ne comprenne, Ewan avait fait signe à Rita de se lever, ou l'avait porté, je n'étais plus trop sûr de rien, et il l'amena dehors, me faisant un signe vers Ana d'un air de dire « occupe toi d'elle ». Je me tournai vers ma petite Miss préférée qui, toute sourire, semblait... En effet, pas mal ivre. Peut-être un peu trop. Bon, c'était le moment où j'agissais comme un mec responsable, n'est-ce pas ?

- Bon, je crois que la soirée est finie pour toi, viens-là, lui dis-je en l'aidant à se lever, et elle s'accrocha à mon bras en riant. Je te ramène à l'appart, pas question que Papa Falkowsky te voit comme ça...

Je me tournai vers Simon, mais il était en train d'embrasser à pleine bouche sa copine, et j'eus un rire. Il n'allait pas s'inquiéter, de toute manière. J'aidai Ana à sortir, mais nous ne marchions tous les deux pas trop droit. Cependant, j'étais probablement plus capable de me contrôler, et mon esprit embrumé commença à réfléchir malgré tout, conscient qu'il n'était pas question de ramener Ana dans cet état chez elle, devant ses parents, à peu près aussi stricte que les miens. J'appelai donc un taxi dans la rue, car je n'étais clairement pas plus doué en transplanage ivre que sobre, et invitai Ana à rentrer dans la voiture, entrant à sa suite, m'affalant un peu sur les sièges en apostrophant le conducteur d'un bonsoir joyeux.

- Alors les amoureux, je vous dépose où ? Dit-il avec un sourire entendu, et j'éclatai de rire, me tournant vers Ana, lui lançant un regard amusé.
- Chérie, où désires-tu aller ? Me moquai-je en riant toujours, avant de donner mon adresse au chauffeur.

Le trajet passa en un instant, Ana et moi riions toujours, un peu silencieusement, les regards perdus dans les lumières de la ville qui défilaient sous nos yeux. Je payai à l'arrivée, et aidai à nouveau Ana à descendre, riant lorsqu'elle trébucha, et je lui fis signe de me suivre. Dans les escaliers, nous ne faisions pas trop bonne figure, mais peu importe, nous atteignîmes quand même mon appartement que j'ouvris, cherchant à me remettre les idées au clair : je n'étais pas sûr qu'Ana tienne si bien l'alcool que cela. En rentrant, j'allumai la lumière et me tournai vers la demoiselle que je venais de sauver, faisant un signe de la main un peu théâtrale pour présenter les lieux. Me concentrant un peu plus, je réalisai qu'elle portait une jolie robe un peu évasé sur le bas, d'un vert foncé qui faisait ressortir la couleur pâle de sa peau... Et je ne pus m'empêcher de noter le col bâteau, le tissu un peu plus moulant, et j'eus un sourire malgré moi, songeant que j'étais trop ivre pour me retenir de toute manière, et pour culpabiliser.


- Mais c'est que je n'avais pas vu ta jolie robe, dis-je d'une petite voix amusé, m'approchant d'elle. Elle était vraiment jolie ce soir – non, jolie tout court, mais il me semblait que je m'interdisais un peu de le remarquer. Je crois que je dois te féliciter pour une telle élégance, ajoutai-je. Une idée venait de germer, comme si l'alcool était un fertilisant puissant, mais à vrai dire, j'ignorais si je n'y avais pas pensé plus d'une fois, sobre aussi, et que j'étais simplement trop ivre pour retenir ce qui naissait dans mon esprit. Un bisou, tu dois me faire un bisou !

Elle protesta un peu, parce que c'était moi qui aurait du avoir un geste et non le contraire, puisque je devais la féliciter, mais peu importe. Je riais toujours, et je lui lançai un regard de défi. Elle s'approcha finalement, et posa un baiser sur ma joue.

Et, tout simplement, je tournai la tête et posai mes lèvres sur les siennes.

Ce fût bref, inattendu. Ma main s'était glissé instinctivement dans sa chute de rein, comme pour la retenir un peu, et je m'écartai, un étrange sourire aux lèvres. Je fixai Ana, un air faussement désolé sur mon visage.


- J'avais pas précisé la joue, dis-je simplement d'une voix qui se voulait amusée. Mais à l'intérieur, quelque chose avait changé, explosé.

Sans réfléchir une seconde de plus, parce que nos regards étaient trop brûlants et que la sensation brève de ses lèvres sur les miennes avait laissé un goût trop piquant pour ne pas désirer plus, je l'attirai un peu brusquement contre moi, cherchant à nouveau à voler un baiser. Mais cette fois-ci, il n'était plus illégitime, puisqu'Ana y répondait, et mon esprit acheva de se déconnecter, laissant mes sens se noyer dans le parfum des boucles brunes qui nous entouraient et effleuraient mon visage, tandis que je plongeai ma main dedans, l'autre toujours fermement accroché à sa taille. Je repensai au bal, à ce frisson quand j'avais senti sa peau nue, et peut-être que l'envie n'était pas partie depuis, l'envie de poser à nouveau mes mains dans cet endroit si féminin, si gracieux... Mais l'instant n'était pas aux souvenirs, car Ana savait très bien m'accrocher à la réalité, comme si ses lèvres m'y retenaient prisonnier, et plus ses mains s'agrippaient à moi, à ma nuque, mes cheveux, je perdais pieds, et je ne contrôlai plus rien, l'embrassant avec plus de force si c'était possible encore.

L'enserrant dans mes bras, continuant de l'embrasser, nos corps s'entraînèrent d'une manière un peu désordonnée plus loin dans la pièce, se cognant aux meubles sans jamais se détacher, et je menai Ana dans la chambre, l'attirant sur le lit où elle tomba. Penché au-dessus d'elle, je continuai à l'embrasser, incapable de contenir tout le désir qui m'agitait. Ma main avait glissé le long de sa cuisse, et remontai, caressant, agrippant la peau sous la robe, avide de plus... Et il m'était incapable de me contenir, puisqu'Ana commençait à déboutonner ma chemise, et ma respiration n'avait plus de prise. J'embrassai son cou, la naissance de son décolleté, voulant toujours plus – entre mes lèvres, sa peau avait un goût étrangement doux. Elle se releva, comme si elle avait compris, et mes mains lui ôtèrent sans beaucoup de politesse sa robe. En saisissant son corps entre mes doigts, j'eus un frisson particulier. Mes mains sur ses côtes, sa peau douce au creux de mes paumes, les os que je sentais saillants... Elle était toute fluette, plus que je ne l'aurais cru, et un instant, elle me parut désespérément fragile. Elle était une allumette que j'avais allumé, mais et si je la consumais entièrement ?

Mon esprit semblait refaire surface, sous toutes les sensations, mais bientôt une vague le happa tandis qu'Ana embrassa mon cou. Un peu brusquement, je la repoussai contre le lit, et mes doigts qui déjà étaient en train de dessiner ses courbes furent rejoints par mes lèvres. Descendant le long de son cou, puis de son décolleté, je sentis presque son cœur s'emballer sous mes lèvres, et je me sentis pris d'un nouveau frisson inconnu. Etait-ce le désir, la peur, l'impatience, l'incompréhension ? Peu importe. Moi aussi, à l'image de Londres en été, je crépitais, et c'était Ana qui possédait les rayons les plus ardents qui soit, et qui m'inondaient.


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Ana Falkowsky
Élève de 6ème année



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Ami(e)s: Eh bien pas si peu que ça à la réflexion... Je sais, ça mnque un peu de crédibilité pour une ex-solitaire.
Âme soeur: Et si il ne m'aime pas en retour, ça compte quand même ?

MessageSujet: Re: Carelessly pretend. (PV)   Dim 3 Nov - 21:54

Je crois que l'alcool, qui m'embrouillait déjà les esprits depuis un moment, avait encore dépassé un cap où à présent tout ce que je faisais m'apparaissait flou, et mon corps était étonnamment léger, comme si je bougeais sans m'en rendre compte, comme dans un rêve. D'ailleurs, je faisais certains mouvements sans m'en rendre compte, je parlais même sans le contrôler -voilà une chose bien inhabituelle pour quelqu'un d'aussi taciturne que moi. Tout ce qui était autour de moi avait pris une dimension incertaine en fait ; et je ne savais pas bien si les gens autour de nous parlait ou si le silence régnait au Chaudron Baveur. J'étais seulement sûre de deux choses : la première, c'est qu'il faisait vraiment très chaud, même pour un début juillet ; la deuxième, que c'était bel et bien Theo Gray en personne qui s'avançait vers la table où Rita et moi étions, son éternel et si significatif à mes yeux sourire aux lèvres.

A son arrivée, l'impression de rêver augmenta elle aussi subitement, et je n'étais vraiment plus sûre que tout cela était vraiment en train d'arriver ; il n'y avait que dans mes rêves que Theo arrivait vers moi tout sourire, et venait me parler, non ? Tandis qu'il parlait, -j'avais du mal à comprendre, mais bizarrement je m'en fichais un peu, je le fixais simplement comme si je le voyais pour la première fois. Lorsque je l'avais reconnu, j'avais tout de suite senti mon cœur de serrer, mais pas de la manière agréable -sans arriver à en trouver la raison. Pourtant quelque chose me disait que je la connaissait, cette raison, mais que je ne voulais pas la laisser me monter au cerveau, alors je faisais ce blocage que je faisais déjà depuis quelques jours. Mais je n'avais pas envie de me rappeler pourquoi. C'était quelque chose de désagréable, je le sentais, et ce soir, je voulais être heureuse, Rita était là, et Theo aussi maintenant, ainsi qu'un visage plutôt familier, très grand -ou alors était-ce moi qui suis-je si petite ?- avec des cheveux mi-longs oscillants entre le châtain et le blond et des yeux bleus comme ceux de Theo et les miens.

Lui aussi, je le fixais un moment, sans arriver à mettre de nom sur le visage -il me faisait juste penser à Ruby, ce qui étais stupide parce qu'il ne lui ressemblait pas du tout, elle était blonde avec des longs cheveux et c'était une fille. Lui et Theo échangèrent quelques mots et finalement l'inconnu familier se tourna vers Rita et entreprit de l'aider à se lever avec une douceur qui me surprit. Je les regardais s'éloigner et quitter le bar, l'air perplexe. J'étais presque sûre que ce n'était pas son copain... elle en avait beaucoup trop pour que je les connaisse tous, bien sûr, mais même en essayant de réfléchir avec le peu de lucidité dont je disposais, je n'arrivais pas à les voir ensemble -ça ne collait pas, comme deux pièces de puzzles qui ne s'assemblent pas. Finalement, je haussais les épaules. Je n'avais pas tous mes esprits ce soir, et puis j'aurais bien l'occasion de lui redemander lorsqu'on se verrait. Soudain, je sentis des bras m'aider à me relever moi aussi, et à ma surprise, je vis que c'était Theo. Je ris comme une idiote tandis qu'il m'aidait à tenir debout -je n'avais pas le souvenir que ça tanguait comme ça, ici- en me disant quelque chose que je n'entendis qu'à moitié.


- ...soirée finie pour toi... te ramène à l'appart... pas question que Papa Falkowsky te voit comme ça...

Je sentis vaguement mon coeur accélérer tandis que je m'accrochais à lui sans aucune gêne, ce qui n'était qu'une autre chose bizarre dans la longue liste de ce soir. Maintenant, j'avais l'impression de me voir comme si je flottais à côté de mon corps ; je voyais la négligence avec laquelle j'étais appuyée sur Theo alors que d'habitude je rougissais jusqu'aux oreilles lorsque nos mains s'effleuraient quand il me donnait ma bièraubeurre aux Trois Balais. Je voyais aussi qu'il semblait encore plus joyeux que d'habitude, lui aussi, et devinais qu'il devait sans doute avoir ingurgité quelques verres de Pur-Feu. Alors pourquoi lui semblait gérer aussi bien ce fichu sol qui n'arrêtait pas de tanguer et cette chaleur intenable qui ne diminua qu'à peine lorsque l'on quitta le bar ?! L'habitude sans doute...

Sans que je le réalise, je me trouvais à l'intérieur d'un truc assez étrange, qui me fit penser tout d'abord à un wagon du Poudlard Express, sauf que je n'étais pas dans un train mais un de ces trucs Moldus qui se baladaient à une vitesse vertigineuse sur les routes. Pour autant, je n'étais pas inquiète une minute -j'étais avec Theo. ...Et apparemment, quelqu'un d'autre, car une tête sortit de devant, un sourire goguenard sur le visage qui fit ressembler l'homme -inconnu de ce que j'en voyais- à un crapaud. Je ricanais à cette pensée.


- Alors les amoureux, je vous dépose où ? demanda-t-il.

Perplexe, mais souriant toujours, je me tournais vers mon ami -d'où il le sortait ce gars là ?


- Chérie, où désires-tu aller ? dit-il pour seule réponse, et j'éclatais de rire.

J'entendis l'ancien barman donner une adresse dans Londres à l'homme crapaud, qui, d'un hochement de tête reporta son attention sur la route. Il démarra et je restais ébahie de la vitesse que ce truc Moldu pouvait prendre -tout défilait à une vitesse incroyable à travers la fenêtre, rien à voir avec le Poudlard Express qui nous offrait une vue panoramique de l'ennuyeuse Ecosse pendant des heures. Là, les lumières devenaient de longs traits de toutes les couleurs, des blancs, des jaunes, des rouges, des bleus... Et finalement, quelques minutes plus tard, ou quelques heures, je ne sais pas, l'engin s'arrêta devant un immeuble et Theo donna quelques petits objets que je n'identifiais pas au chauffeur, avant de me faire signe de descendre. Il me réceptionna à la sortie du véhicule et nous commençâmes à monter avec difficulté les escaliers de ce qui devait être son immeuble.

Là encore, comme dans le bar, tout était un peu flou ; je nous revois vaguement monter marche après marche, accrochés l'un à l'autre, rigolant lorsque l'un de nous deux trébuchait. Je revois Theo ouvrir la porte de son appartement, allumer les lumières. Je me revois faire quelques pas dedans, tout regarder sans rien vraiment voir -juste un assemblage de choses que j'étais trop ivre pour analyser. Finalement, je me tournais vers Theo, et mon coeur accéléra de nouveau quand je constatais qu'il était toujours planté dans l'entrée, à me regarder. Ce qui n'étais pas habituel ce fut ce petit sourire qui prit place sur mes lèvres -alors que d'habitude j'étais gênée qu'il me regarde, ce soir, j'en éprouvais un plaisir immense.


- Mais c'est que je n'avais pas vu ta jolie robe, fit-il remarquer au bout d'un moment, s'avancer vers moi, ce qui ne fit qu'élargir mon sourire. Je crois que je dois te féliciter pour une telle élégance. Un bisou, tu dois me faire un bisou !

Je haussais les sourcils avec un air surpris, mais de défi, et un sourire amusé. Je m'entendis un peu marmonner quelque chose comme quoi ça aurait du être le contraire mais il ne bougea pas d'un pouce et finalement je consentis à jouer le jeu -disons plutôt que je fis semblant d'y consentir, en fait j'en mourrais d'envie- et réduis à nouveau la distance qui nous séparait avant de me mettre sur la pointe des pieds, et déposer un bisou sur... ses lèvres. Je me sentis rougir toute entière -j'étais sûre d'avoir visé la joue ! Je n'étais pas ivre à ce point !-, et d'autant plus lorsque je réalisais que la main de Theo était dans le bas de mon dos. Mais déjà, il me lâchait, et on s'écartait, lui l'air amusé et fier de lui, et moi perplexe, perdue, mais au fond, plutôt satisfaite.

- J'avais pas précisé la joue, se justifia-t-il avec l'air de quelqu'un qui avait prévu son coup depuis le début.

Et c'est cette pensée qui acheva de me faire brûler de l’intérieur. Theo aussi, sans doute, parce que l’instant d’après j’étais à nouveau contre lui, et nos lèvres se retrouvaient comme si elles n’avaient attendu que ça –et pour ma part, c’était sans doute vrai. L’une de ses mains se perdit sans mes cheveux que, tandis que l’autre me maintenait contre lui en tenant ma taille fermement. Mon esprit, déjà plus très lucide depuis un moment, s’envola définitivement, et à présent, il n’y avait plus que Theo, moi et nos lèvres qui ne se quittaient plus que le temps d’une fraction de secondes, entre deux baisers pour reprendre notre souffle –mais j’en venais à me demander si c’était vraiment nécessaire, tant l’air me paraissait peu important à côté de ce baiser qui me consumait toute entière. A présent, la chaleur ne me dérangeait plus tellement, à vrai dire, elle était devenue une part de moi, et l’ancien barman était lui aussi tout aussi chaud, mais ça ne me dérangeait pas, plus du tout, au contraire, je touchais sa nuque et ses cheveux, et mon autre main explorait son dos, puis son torse, sous sa chemise, jusqu’à que l’on ne la juge, d’un accord tacite, plus vraiment nécessaire ; je commençais à la déboutonner et il acheva de l’enlever.

Sans que j’ai vraiment remarqué la transition, tant j’étais absorbée dans ce que j’attendais depuis si longtemps sans jamais vraiment oser y penser, on était à présent sur étendu sur le lit, Theo posté au dessus de moi. Mes mains se baladaient à présent librement sur son torse nu, en appréciaient la dureté, puis passaient dans son dos, suivant le contour de ses omoplates. Ses mains à lui étaient perdues sous ma robe et j’avais de plus en plus chaud, encore plus à chaque fois que ses lèvres embrassaient ma peau, quittant mes lèvres pour descendre de plus en plus bas –lorsqu’elles arrivèrent à ma poitrine, celle-ci était sur le point d’exploser tant mon cœur battait fort. Il y eut comme un moment de flottement dans tout cet enchaînement si rapide et intense, et puis je me relevais plus ou moins, et Theo enleva ma robe avant de me reprendre dans ses bras –ses mains sur ma peau maintenant nue, sur mes côtes, mes hanches, et descendaient, descendaient- me rendaient folle, dans le bon sens, et j’éprouvais à présent une sensation d’ivresse qui n’avait rien à voir avec l’alcool. Ses lèvres allèrent de nouveau se perdre sur ma poitrine, déclenchant de nouveaux frissons en moi, non seulement à l’endroit où il déposait ses baisers, mais partout, dans tout mon corps, je le ressentais de partout. Il était partout. Cette idée m’enivrait, et ses baisers qui contribuaient encore plus à brouiller mes idées déjà pas très nettes me donnaient à la fois l’impression d’exploser et de combler enfin un manque qui était là depuis très longtemps.

Ce fut tout naturellement que mes mains, quittant ses épaules et descendant le long de son dos, atterrirent sur la fermeture de son pantalon. A l’instar de ma robe, lui aussi, il gênait. Même si ça n’avait pas beaucoup de sens, je ne pouvais m’empêcher de me dire que Theo n’avait pas besoin d’un pantalon, puisqu’il faisait suffisamment chaud et puis, j’étais là, et ça n’était pas autour du tissu que mes jambes à moi avaient envie de s’enrouler… Finalement, et alors que ses lèvres avaient de nouveau capturées les miennes pour un nouveau baiser qui déclencha des tornades en moi, mes doigts entreprirent de défaire le bouton de son pantalon.

…Ce qui eu pour effet de casser l’ambiance de la manière la plus totale, et littéralement. Ce fut comme si tout la magie du moment, l’ivresse de ce contact si longtemps attendu –et dans la naïveté du moment, j’en venais à espérer que lui aussi, peut-être, attendait ça depuis longtemps-, tout ça, s’arrêta net. Je le sentis s’immobiliser tout net et mon cœur commença à s’emballer, plus d’excitation mais de peur cette fois. J’eus l’espoir que le problème venait d’ailleurs, qu’il avait fait tomber quelque chose ou je ne sais pas, et que ça ne serait pas grave, que l’on pourrait recommencer à s’embrasser, car ses lèvres mes manquaient déjà, mais je n’osais pas réduire de nouveau la distance pourtant minimes qui les séparaient des miennes. Car pourtant, bien que ça ne soit que quelques centimètres, c’était comme si à présent il y avait des années lumières entre nous.

Et puis, il se redressa un peu, et toute trace d’ivresse avait quitté son visage, son regard ne brillait plus comme tout à l’heure lorsqu’il m’avait embrassée par surprise. Le charme s’était rompu, et de la pire manière qui soit. Rien que son expression était distante, mais comme si ça ne suffisait pas, il hocha lentement la tête de droite à gauche, et écarta mes mains. Je sentis la panique commencer à m’envahir au fur et à mesure que je le voyais se refermer, et je fermais les yeux, priant pour retourner quelques secondes plus tôt pour laisser mes mains errer sur sa peau pour que l’on puisse continuer à s’embrasser, mais rien ne se produisit, et quand je les rouvris, Theo était toujours là, mais il s’était considérablement éloigné, et je sentais les larmes qui commençaient à monter, ce qui était ridicule, je ne pleurais presque jamais, c’était sans doute cette saleté d’alcool, doublée d’un soudain éloignement de Theo. Ma respiration, qui avait tout d’abord était considérablement négligée au cours de nos échanges de baisers passionnés, puis s’était arrêtée quand il s’était éloigné, avait de plus en plus de mal à s’effectuer. L’air que j’aspirais butait dans ma gorge et en ressortais à moitié, ce qui eut pour effet de faire couler ces larmes sans sens que j’essayais de retenir, mais à présent c’était peine perdue, elles dévalaient mes joues, sous les yeux éberlués et distants, si distants, de Theo qui était loin, trop loin. Sans ses mains sur moi, je me sentais ridicule, assise ainsi sur le lit, en sous-vêtements, en train de pleurer comme une gamine de trois ans. Je me haïssais, je haïssais cette idée que j’avais eue et à cause de laquelle ce que Theo et moi partagions, et qui était tout ce que j’avais toujours voulu, s’était envolé. J’avais envie de disparaître sous terre, mais à point qui dépassait tout ce que j’avais encore connu jusque là.


-Pardon, pardon, balbutiais-je entre deux sanglots, bien que je ne sache pas vraiment pourquoi je m’excusais ; pardon d’être une idiote ? Pardon d’avoir espéré quelque chose qui, apparemment, n’était pas prêt d’arriver ? Pardon d’avoir brisé cet instant ? Pardon de m’être attachée à toi beaucoup plus que de raison ? Un peu de tout ça, j’imagine.

L’alcool qui circulait dans mon sang m’empêchait de réfléchir correctement et de trouver une attitude qui correspondait dans ces moments là, alors je ramenais mes jambes contre moi et les enlaçais de mes bras pour me cacher derrière elles –je ne voulais plus que Theo me voit, j’étais ridicule, si ridicule- et me mit à prier à un quelconque Dieu auquel je n’ai jamais cru de me faire disparaître là, maintenant. Puis, je songeais avec la naïveté du désespoir que tout ça n’était peut-être pas en train d’arriver, que ça n’était qu’un rêve, d’ailleurs ça ne pouvait être que ça, parce que jamais Theo ne m’embrasserait, et jamais je n’aurais le cran de lui rendre son baiser, alors quant à songer à enlever son pantalon… Mais le froid glacial qui m’enveloppait, contrastant horriblement avec la chaleur si agréable de tout à l’heure, avait comme un amer goût de réalité qui m’empêchait de réellement me convaincre que tout ça n’était que le fruit de mon imagination. Alors, me laissant tomber sur le lit, je m’abandonnais à mes sanglots et mes hoquets, et m’entendis murmurer d’une voix pleine de larmes incontrôlables :
« Pardon, pardon, pardon, pardon, pardon, pardon… Je t’aime… Pardon, pardon, pardon, pardon… ».

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Theo Gray
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MessageSujet: Re: Carelessly pretend. (PV)   Mar 19 Nov - 23:39

Ce n'était pas comme je l'avais imaginé – puisque j'osais l'admettre, bien sûr que j'y avais déjà songé. Ana qui était si réservée m'aspirait à des baisers doux, des caresses timides, et pourtant ce soir, ce n'était pas une faible bise qui soufflait sur nous deux, c'était une véritable tornade qui nous emportait tout les deux. J'essayais de me retenir, de me contenir, mais c'était comme si toutes la pression accumulée explosait l'espace d'une seconde. Je ne savais pas ce qui avait déclenché tout ça, il avait fallu d'une demi-seconde pour que je fasse mon choix. Etait-il bon ? Je n'y songeais même pas, bien trop occupé à saisir les lèvres d'Ana entre les miennes pour les embrasser encore et encore. Ça aussi, c'était étrange et différent de ce que j'avais pu croire : derrière le parfum féminin d'Ana, le goût de ses lèvres et de sa peau, il y avait un paradoxe, quelque chose d'enfantin et de bien plus fort, plus intense et plus adulte. Comme si Ana était entre deux eaux, et qu'elle pouvait basculer d'un côté ou d'un autre. Et plus je l'embrassais, plus mes mains se pressaient sur sa peau, plus je sentais qu'elle m'enivrait bien plus qu'une fille de son âge devrait le faire. Mais je ne réfléchissais pas, j'agissais, comme j'avais toujours fait, et l'alcool dans mes veines ne m'aidait pas à y voir clair. Mon corps faisait presque ses propres choix, réagissant aux frissons qu'Ana déclenchait et diffusait partout. Ses mains sur moi me grisaient, m'étourdissaient, et je sentais que je perdais pieds tout contre elle. Ça avait quelque chose d'irréel, au fond. J'étais en train d'embrasser Ana.

Je sentis sa main descendre jusqu'à mon entrejambe, et mon corps se tendre, complètement déboussolé.

Essaye d'avoir les idées claires, m'ordonnai-je. Ana, la fille à qui tu payes des bierraubeurres et avec qui tu discutes de Poudlard en riant. Celle qui est tellement mature que tu te sens con à côté. Celle que tu considères comme une amie et que tu respectes. Que tu respectes en l'embrassant complètement ivre, alors qu'elle n'a que 15 ans, et qu'elle est en sous-vêtements contre toi, et que tu as envie d'elle alors que vous n'êtes pas et ne serez jamais ensemble. Tu es en train de faire d'Ana un coup d'un soir. Alors qu'elle est ivre et à peine consciente de ce qu'elle fait. Ça va trop loin.

En cet instant, j'avais un choix simple : ce que je voulais, et ce qui était bien.

Et je fis le choix de m'écarter.

Je ne sais pas trop ce qui m'avait à nouveau fait basculer. En un instant, c'était comme si tout l'alcool avait quitté mon corps, ou était remonté jusqu'à mon cerveau pour exploser et tout remettre en place. Il y avait une raison à pourquoi je ne m'étais jamais autorisé à embrasser Ana, tout aussi attirante qu'elle était. Parce que je ne l'aimais pas, et je la respectais trop pour la prendre pour ce genre de filles. Surtout qu'elle était si jeune ! Ce n'était pas comme Heather, avec qui j'avais flirté ouvertement car je savais que c'était ce qu'elle voulait, et qu'elle était rentrée dans mon jeu et m'avait attiré dans le sien. Mais Ana, c'était si différent. Nous étions amis, et à vrai dire, de tous les amis que j'avais, elle était l'une des plus proches, même si je ne lui avais jamais dit, même si je n'y avais jamais vraiment pensé. Elle n'avait jamais eu de petit-ami, elle devait probablement ne jamais avoir couché avec un garçon, et j'arrivais, faisais passer mes désirs sans réfléchir aux conséquences ? Les choses me pesaient, et je voulais les évacuer, mais ce n'était pas comme ça que j'avais le droit de le faire. J'étreignais Ana parce que j'avais besoin d'une présence, j'avais besoin d'oublier le reste et simplement pendant un moment être libéré de tout ce qui m'oppressait. Mais nous avions tous nos problèmes, comment pouvais-je imposer à Ana qu'elle soit celle qui m'en libère ? Je n'avais pas le droit.

J'avais du mal à reprendre mon souffle, et j'évitai consciemment le regard d'Ana. Je savais que je venais de briser quelque chose aussi, mais je n'osai pas dire quoi que ce soit. Elle s'était figée, et je me demandais... Que pensait-elle, à présent ? Me détestait-elle ? Que voulait-elle, elle ? Non, ça, je ne pouvais pas y penser. Elle avait bu, elle ne savait pas ce qu'elle voulait. Une pensée me frappa d'horreur : étais-je le premier garçon qu'elle embrassait ? Elle était d'habitude si réservée sur le sujet que je ne connaissais pas grand chose de ce côté-là d'elle, et déjà qu'elle était bien mystérieuse...


- Pardon, pardon, murmura-t-elle, et je remarquai alors qu'elle sanglotait.

Mais c'était comme si on m'avait immobilisé, j'étais incapable de parler, d'avoir un geste. Quoi dire ? C'était une mauvaise idée, oublions tout ça ? C'est ma faute, excuse-moi ? Plus Ana pleurait, plus j'étais mal et plus j'étais incapable de faire quoi que ce soit. Elle m'apparaissait si fragile, à demi-nue, et le charme qui l'entourait il y a encore un instant s'était rompu. Je la voyais à nouveau comme je devais la voir, comme une fille de 15 ans qui était à peine une adolescente. Malgré toute sa maturité, elle restait Ana, et je savais qu'elle manquait de confiance en elle au fond, je savais que j'avais une relation spéciale avec elle parce qu'elle me l'avait expliqué, j'étais l'une des rares personnes avec qui elle osait autant parler... Je savais des choses sur elle, plus que les autres visiblement, et je ne pouvais pas nier qu'elle était quelqu'un qu'il fallait protéger plus que séduire. J'aurais voulu lui dire que ce n'était pas à elle de s'excuser, mais elle se repliait contre elle, se laissant tomber sur le lit en pleurant toujours, et j'étais tenu à distance, stupide que j'étais, et je n'arrivais pas à réfléchir sur ce que je devais faire.

Puis... Puis Ana se mit à parler au milieu de ses larmes. J'écoutai, le cœur serré, et lorsqu'elle prononça « je t'aime », j'eus l'impression qu'on avait appuyé si fort sur ma poitrine qu'elle allait exploser. L'espace de quelques secondes, je fus incapable de penser, et l'information arriva finalement violemment à mon cerveau, et je sentis tous mes muscles se tendre. Ana venait de me dire qu'elle m'aimait. Et je savais, peu importe combien j'essayerais de le nier, je savais qu'Ana ne disait pas ses sentiments à la légère. Elle avait bu... Mais et alors ? N'était-ce pas justement un gage de sa sincérité ? Mais c'était impossible. Ana n'était pas amoureuse de moi, elle... Mon esprit se ferma, m'interdisant d'envisager cette éventualité. Je l'avais embrassé, j'avais été prêt à franchir une ligne en la déshabillant et la caressant, alors qu'elle m'aimait et s'imaginait plus ?! Je n'avais rien à offrir à Ana, je ne voulais pas lui faire de faux espoirs, je... Nous n'étions pas un couple, pour beaucoup de raisons qui visiblement n'empêchaient pas Ana d'y songer... Que pouvais-je dire, maintenant ? Il me semblait que le temps défilait lentement, nous enveloppant un peu plus à chaque seconde du malaise que j'avais répondu. Je me sentais affreusement coupable, et ce n'était pas une sensation dont j'avais l'habitude, pourtant. Fais quelque chose, m'ordonnai-je. Bouge.

Je finis par me tourner vers Ana qui était roulée en boule dans le lit, et hésitai un instant avant de poser ma main sur son épaule.


- Ana, je... Je restai muet encore un instant, cherchant à trouver mes mots. Tu as trop bu, tu dis des bêtises, murmurai-je, comme pour me rassurer. Comme elle tremblait, je l'obligeai à se relever, et je lui enfilai ma chemise, frottant un peu maladroitement ses bras. Calme-toi, s'il-te-plaît, je... Je suis désolé, je n'aurais pas dû... Je ne sais pas ce qui m'a pris, ça n'arrivera plus, c'était une bêtise...

J'essayais de me raisonner, de la raisonner, mais au fond je le savais : le mal était fait, et j'étais le premier fautif.

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Ana Falkowsky
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MessageSujet: Re: Carelessly pretend. (PV)   Dim 29 Déc - 19:21

Plus rien n'était clair autour de moi, d'ailleurs je n'étais plus sûre de rien et me réfugiais dans le "tic-tac" régulier et confortant que faisant la pendule, pour garder mon esprit focalisé sur quelque chose. Tout ce qu'il fallait pour éviter de penser à la situation actuelle, qui n'était pas seulement gênante -moi en train de sangloter roulée en boule en sous vêtements sur le lit de Theo- mais réellement désastreuse. J'avais l'impression de tout ressentir avec trop de force, que ce qui d'habitude m'aurait à peine arraché un sourire me faisait éclater de rire, et inversement, ce qui n'aurait fait que me serrer le coeur me faisait pleurer comme une madeleine. Je réagissais de manière totalement excessive et incontrôlée et c'était parfaitement désagréable pour une personne aussi peu expansive et démonstrative que je l’étais d’ordinaire.

En plus de ça, mon cerveau surchauffait, rendant le contraste avec la fraicheur qui régnait à présent assez impressionnant. Je ne souhaitais plus seulement rentrer sous Terre, je souhaitais mourir, mourir de honte d'abord, et aussi de tristesse, parce que si en premier lieu c'était embarrassant, quand on y réfléchissait un peu, le rejet de Theo était tellement plein de sens et refoulait tant d'espoirs que je me demandais comment est-ce que j'avais pu être assez stupide pour imaginer que tout ça allait marcher comme par magie et qu'on finirait par former un "nous". Mais Theo ne m'aimait pas. Ou plutôt, il ne me voyait pas comme ça. Pour lui, j'étais sa gentille amie de quinze ans avec qui il aimait bien discuter de temps à autre. Il m'avait invité au bal parce que mes parents l'étaient aussi. Il m'avait embrassé par impulsion, sous l'effet de l'alcool. Il n'y avait jamais rien eu entre nous, ailleurs que dans ma tête. Tout en réalisant combien, sans m'en rendre compte, j'avais espéré, je découvrais surtout à quel point on peut ne voir que ce que l'on a envie de voir.

Ma tête me faisait tellement mal, j'avais l'impression qu'elle allait exploser - et moi aussi par la même occasion. Non pas que ça m'aurait dérangé, dans l'état dans lequel j'étais, j'aurais pris n'importe quel moyen de disparaître rapidement. Parce que là, franchement, je ne voyais aucune sortie possible. Déjà, je ne voulais même pas imaginer Theo, ne sachant sans doute pas quoi faire et se demandant ce qu'il avait fait pour en arriver là. J'avais envie de lui dire à quel point j'étais désolée, j'avais envie d'effacer tout ce qu'il venait de se passer parce que je savais qu'à partir de maintenant tout allait changer, il ne pouvait pas en être autrement, n'est-ce pas ? Le souvenir lointain d'une phrase dans une de mes lectures émergea, une phrase qui disait quelque chose comme quoi bien souvent, l'amour détruisait plus qu'autre chose. Est-ce que cet amour ridicule et évidemment pas réciproque que j'éprouvais pour Theo venait juste de détruire la relation à laquelle je tenais le plus ? Non, même moi, je n'avais pas pu être stupide à ce point là.

Je sursautais lorsqu'une main chaude se posa sur mon épaule, réalisant seulement à ce moment là à quel point j'étais glacée -et pourtant, j'avais toujours l'impression que ma tête allait exploser tant je me sentais brûlante.


- Ana, je...

Ma gorge se serra en même temps que tout mon corps se tendit -je t'en prie, ne dis rien, ne le dis pas, je le sais déjà, j'ai tout gâché, tu ne ressens pas pareil, s'il te plait, ne le dis pas...

- Tu as trop bu, tu dis des bêtises, souffla-t-il finalement.

Et puis je sentis ses mains me forcer à me relever -mais je ne voulais pas, je ne voulais pas qu'il me voit, je voulais rester cachée et disparaître- et finalement, il m'enfila quelque chose de fluide et grand. Gardant toujours la tête baissée pour ne pas croiser son regard, j'identifiais le vêtement comme étant sa chemise et mon corps se raidit encore plus. Il se mit à frotter énergiquement mais maladroitement mes bras dans ce qui était sans doute une tentative de me réchauffer ; il était loin d'imaginer que j'étais glacée à un point qu'aucun vêtement ne pourrait y remédier. J'étais glacée de l'intérieur.


- Calme-toi, s'il-te-plaît, je... Je suis désolé, je n'aurais pas dû... Je ne sais pas ce qui m'a pris, ça n'arrivera plus, c'était une bêtise...

Une bêtise ?

Une bêtise...


Une bêtise.

C’était bien ce qui m’avait semblé, pourtant. Ça n’était pas une surprise. Mais quand même. Au fond de moi j’avais du espérer malgré moi que Theo me détromperait, comme il le faisait toujours. Mais pas cette fois. C’était une bêtise. Theo lui-même le disait. Mes yeux, qui s’étaient peu à peu asséchés, se remplirent à nouveau de larmes qui, par je ne sais quel moyen, ne coulèrent pas mes restèrent là où elles étaient, dans mes yeux mi-clos et délibérément fixés sur la couverture pour ne pas croiser ceux, grands et probablement terriblement embarrassés du barman. J’avais déjà vu des situations très embarrassantes, que ce soit dans des films quand Ethan et Daniel m’embarquaient –plus ou moins de force- au cinéma, ou même dans mes lectures ; mais je réalisais à présent à quel point elles étaient mal dépeintes. Car dans la réalité, il n’y avait rien de mignon, rien qui ne soit réparable avec des mots maladroits et susceptible de se changer en rires gênés.  Il n’y avait plus que de la honte et du regret.

Finalement, je ne sais pas trop à quel moment, mais l’alcool dû reprendre le dessus sur les pensées existentielles et toute clarté d’esprit que je pus avoir un jour, parce que je me remis à pleurer comme un bébé et mes pensées s’embrouillèrent à nouveau à tel point que je n’en distinguais plus aucune, il y avait juste un brouillard de tristesse et un torrent de larme dans le silence de mort dans lequel était l’appartement de Theo.


-Je suis tellement désolée, m’entendis-je balbutier à travers mes larmes. N…Non, ne me contredis pas, dis-je en relevant la tête comme je le sentais prêt à me défendre. Je savais bien que tu pouvais pas… m’aimer en retour, je suis trop jeune pour toi et… pas assez bien. C’est la vérité, rajoutais-je d’une petite voix.

Je ne savais pas moi-même où je voulais en venir, ni même si il y avait un but à ce que je racontais, mais en tout cas j’étais lancée et ne semblait pas prête à m’arrêter. Je débitais des phrases maladroites et ponctuées de sanglots sans vraiment m’en rendre compte, avec juste le vague sentiment que je ne les aurais pas dites en temps normal et que par conséquent, je les regretterai sans doute le lendemain. Mais quelle importance ? J’avais plus ou moins trouvé une contenance, et si c’était en expliquant à Theo ce que j’osais à peine m’avouer à moi-même, soit. J’étais bien trop perchée pour m’en inquiéter.


-C’est juste que… je voulais tellement que tu m’aimes aussi, même si c’était que pour ce soir, parce que… je sais pas si quelqu’un le fera jamais… Je sais même pas si j’aurais le temps… A cause d… de cette stupide maladie e…et puis de toute façon, j…je veux pas que ça soit quelqu’un d’autre…

Est-ce que ça avait du sens, ce que je racontais ? Probablement pas, vu le visage de Theo qui oscillait entre l’incompréhension et la pitié –du moins, c’est ce qu’il me semblait. Au cas où ça ne serait pas évident, je n’étais pas au top de ma perspicacité ce soir. Mais il me semblait définitivement voir de la pitié dans ses yeux bleus qui me captivaient tant ; et j’en aurais probablement eu si j’avais eu face à moi une fille en culotte et chemise d’homme et train de pleurer à chaudes larmes et raconter quelque chose qui n’avait peut-être ni queue ni tête. Mais au point où j’en étais…

-Au final, tout ça c’est de sa faute, c’est sa faute, c’est toujours sa faute…  elle m’a pourrit la vie et maintenant elle va me tuer… Theo, j…j...je veux pas mourir, balbutiais-je à travers mes larmes, d’une voix presque suppliante.

Mes yeux cherchaient les siens, comme pour être rassurés, parce que c’est ce que Theo faisait mieux que personne d’autre, me rassurer, il était la seule personne en laquelle j’avais pu véritablement trouver un allié et ce, dès les premières minutes passée avec lui. Le souvenir lointain des couloirs de Poudlard en ce début de 4ème année, de son long manteau et quelques bribes de conversations remontèrent brièvement, avant de disparaître dans le brouillard qu’était mon esprit.

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MessageSujet: Re: Carelessly pretend. (PV)   Mer 22 Jan - 20:13

Je n’avais jamais été dans ce genre de situations, et je n’avais aucune idée de ce qu’il fallait faire. Je ne pouvais pas renvoyer Ana chez elle, pas dans cet état et pas après ce qui s’était passé. Mais je ne pouvais pas vraiment la consoler non plus, la prendre dans mes bras comme je l’aurais voulu : je venais de la blesser, je le comprenais trop tard. Mais je ne comprenais pas ce qu’elle disait – ou plutôt, je refusais. Je ne m’étais jamais posé la question, en fait, tant cela me semblait improbable. Mais il se trouvait qu’Ana avait des sentiments, et comme un idiot, j’avais été le premier à la rassurer et à lui dire de les assumer. J’étais malin, maintenant. Je ne cessais de lui dire que les garçons n’étaient pas tous immatures et stupides, et qu’elle en trouverait un à son goût, sans jamais imaginer une seule seconde que je serais le garçon en question. Ce n’était pas logique, j’étais tant… Opposé à elle ! J’étais aussi mature qu’un adolescent de 15 ans, alors qu’elle était à peu près plus intelligente que la plupart des gens que je connaissais. Je riais des plaisanteries stupides de son ami Caleb, de celles de Rita. Je buvais encore trop, ce soir était la preuve, je touchais un peu à tout, je repoussais l’autorité, bref, je faisais une crise d’adolescence en retard : en quoi Ana pouvait être attiré par moi ? C’était si… Non, c’était tout bonnement improbable.

-Je suis tellement désolée. N…Non, ne me contredis pas. Je savais bien que tu pouvais pas… m’aimer en retour, je suis trop jeune pour toi et… pas assez bien. C’est la vérité.

J’avais les entrailles qui se contractait tellement douloureusement que j’en avais la nausée. A chaque minute qui passait, je me demandais si je pouvais me sentir encore pire que la précédente. Je n’avais jamais vraiment éprouvé de remords, je considérais que nous faisions tous des erreurs de temps à autre. Pour la première fois, je crois, j’éprouvais une culpabilité énorme qui m’étouffait, m’enveloppait de toute part. Je ne voulais pas blesser Ana, surtout pas elle, et j’avais agi stupidement sans réfléchir à ses sentiments à elle – je me sentais si honteux ! J’avais laissé parler mes désirs, parce qu’elle était jolie, qu’elle me plaisait, mais je n’avais pas réfléchi une seule seconde que peut-être elle était trop jeune pour un simple soir, qu’elle ressentait peut-être quelque chose de trop pour ce genre de situation. Je n’avais même pas pensé que peut-être, ce que je venais de faire allait briser notre amitié. Que j’ai fait demi-tour ou que j’ai passé la nuit entière avec elle, dans tous les cas, c’était casser quelque chose. J’aurais dû y penser, et maintenant, il était bien trop tard.

- Non, mais non Ana ce n’est pas ça du tout, je… C’est juste…

Comment pouvais-je décemment lui dire : nous ne sommes pas faits pour être ensemble ?

Je ne pouvais pas, et les mots se bloquèrent entre mes lèvres. J’empirais la situation à chaque minute, et je ne voyais aucune issue possible.


- C’est juste que… je voulais tellement que tu m’aimes aussi, même si c’était que pour ce soir, parce que… je sais pas si quelqu’un le fera jamais… Je sais même pas si j’aurais le temps… A cause d… de cette stupide maladie e…et puis de toute façon, j…je veux pas que ça soit quelqu’un d’autre…

Je me figeai un peu plus, si c’était possible. Elle me paraissait si fragile, si touchante, empêtrée dans ses mots et dans ses larmes. Tout ce que je souhaitais, c’était qu’elle soit bien avec moi, comme je l’étais, mais nous n’attendions pas les mêmes choses. Elle semblait m’aimer réellement, d’un amour si pur que je ne méritais absolument pas. Mais elle était encore jeune, et elle croyait sûrement que ce que nous aurions serait infini, mais le premier amour n’était qu’une illusion – Erika m’avait bien fait retenir la leçon. Je ne voulais pas être avec Ana, mais je voulais que nous soyons amis, et je comprenais douloureusement que le futur n’allait pas être aussi agréable que le passé. En quelques minutes, j’avais tout écrasé, et au vu des sentiments d’Ana, je ne trouvais aucun moyen de sauver les morceaux cassés ou de les recoller. Ils avaient volé dans toute la pièce, explosés, implosés : c’était comme si tout avait disparu, en un instant.

Et pourquoi parlait-elle de temps, de maladie ? Une fois encore, j’avais peur de comprendre, et je n’arrivais pas à parler. Ma gorge était toute contractée, à l’image de mes organes qui se retrouvaient compressés. Mes poumons ne semblaient même plus fonctionner. Je n’osais même pas la questionner, je ne voulais pas savoir – c’était tout moi, ça, m’enfouir pour éviter de regarder la vérité en face. Peut-être que si je l’avais fait, j’aurais vu qu’Ana m’aimait ? J’aurais compris qu’il était de mon devoir de stopper tout ça, et rapidement ? Pourquoi n’avais-je rien fait ?

Pourquoi n’arrivais-je à rien faire ?


-Au final, tout ça c’est de sa faute, c’est sa faute, c’est toujours sa faute… elle m’a pourrit la vie et maintenant elle va me tuer… Theo, j…j...je veux pas mourir.

Je crois que cette fois-ci, se fût trop. Son regard, tellement triste et tellement aimant, acheva de me glacer et à la fois, de me briser – je ne pouvais pas rester ainsi, pourtant. Je savais que j’avais tort, mais je ne pouvais pas m’en empêcher : tout doucement, j’attirais Ana contre moi pour la couvert un peu, la berçant, essuyant ses larmes. Elle pleurait tant que ça me déchirait la poitrine, et je fermais les yeux, me maudissant. Je ne voulais pas lui faire de la peine. Je ne voulais pas non plus qu’elle meurt, et j’avais peur de comprendre ce qu’elle essayait de dire. Souffrait-elle d’une maladie ? Depuis combien de temps ? Ses jours étaient-ils comptés ? L’image de ma propre sœur dans un lit d’hôpital surgit dans mon esprit, et je pinçai les lèvres, tremblant presque. Il fallait que je me reprenne, il fallait que je parle.

- De quoi tu parles, Ana ? Murmurai-je, apeuré. Tu… Tu es malade ? Demandai-je, le souffle un peu court. De mes mains hésitantes, je caressais son dos pour qu’elle cesse d’hoqueter, et j’écartai de son visage les cheveux qui se collaient à ses joues humides. Ne pleure plus, c’est… Tu ne vas pas mourir, voyons, ajoutai-je.

Mais quand savais-je ? Mon estomac se contracta, et malgré moi, ma prise se resserra autour d’Ana qui, toute frêle, pleurait encore dans mes bras. Je ne savais pas quoi dire, il n’y avait pas de mots, je n’avais aucune idée de ce qui se passait réellement. Pour la première fois, j’en étais réduit au silence. Aucun mot, aucune blague, rien ne me venait. J’avais l’impression qu’un horrible voile de tristesse m’étranglait.


- Calme toi Ana, ça va aller, respire, dis-je tout doucement. J’attendis patiemment, la laissant pleurer tout son soul – j’avais fermé les yeux, comme pour m’empêcher de voir ce que j’avais causé. Au bout d’un moment cependant, je sentis qu’elle se calmait un peu, et qu’elle semblait simplement exténuée. Tu dois te reposer… Tu… euh, tu veux que je dorme sur le canapé ? Demandai-je, tout à coup gêné. Je ne voulais pas la laisser seule, mais quelle était la limite entre nous, à présent ?

Une chose était sûre, j’avais dépassé la précédente, et c’était irrémédiable.

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MessageSujet: Re: Carelessly pretend. (PV)   Mar 4 Mar - 23:53



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You're never gonna love me, so what's the use ?
What's the point in playing a game you're gonna lose ?
What's the point in saying you love me like a friend ?
What's the point in saying it's never gonna end ?


Je ne voulais pas, je ne voulais plus, sans savoir quoi exactement, mais je ressentais une extrême lassitude mêlée à la fatigue et à une tristesse immense dont je ne parvenais pas vraiment à trouver la source. Enfin, spontanément, j’aurais répondu : Theo. Mais Theo n’était pas la cause de ma tristesse. Theo me rendait heureuse. Je ne pouvais quand même pas lui en vouloir de ne pas m’aimer de la même manière que moi, si ? Et pourtant… Je n’avais pas l’impression d’être complètement honnête en pensant ça. Une part de moi, aussi infime soit-elle, se sentait délaissée et presque trahie. Et en même temps, le reste de mon esprit -du moins, ce qu’il en restait- savait que c’était ridicule et que Theo n’y pouvait rien. Bref, je tournais en rond. Et le pire là dedans, c’était que mon ami était au moins aussi embarrassé que moi, et il devait probablement s’en vouloir, et il ne devrait pas, c’était ma faute, tout était ma faute, c’était tellement plus simple comme ça…

J’avais de plus en plus de mal à suivre la conversation, et j’avais l’impression de seulement balancer des phrases de temps à autres qui ne devait pas avoir de sens, et auxquelles Theo tentait de répondre avec sa gentillesse et sa douceur habituelles. Je le mettais mal à l’aise, à pleurer devant lui comme une idiote en racontant n’importe quoi, je le voyais bien. Mais en ce moment, je me détestais tellement qu’il aurait probablement été impossible de faire pire. Je détestais chaque chose en moi, des choses stupides comme mes cheveux épais qui revenaient dans ma figure et se collaient à mes joues humides, ou encore ma peau pâle comme celle d’un vampire, mais aussi d’autres choses plus embêtantes, comme à quel point j’étais seule pour m’attacher déraisonnablement au premier venu, ou encore passablement instable pour me mettre à pleurer hystériquement pour si peu. Qu’est ce que Theo devait penser de moi à présent ? Je n’osais même pas l’imaginer. J’avais tant travaillé à créer cette image d’une fille douce et banale devant lui, qu’à présent, après avoir vu comment j’étais quand je m’ouvrais, et m’ouvrais vraiment, il devait être sacrément désillusionné. J’avais cru m’être ouverte le soir du bal chez lui ; je me rendais compte à présent qu’il n’en était rien et que ça n’était que maintenant que je montrais la vraie moi : excessive, instable, imprévisible, désespérée. Finalement, il n’y avait qu’en cachant ma véritable personnalité que je pouvais être aimé ; n’importe quoi valait mieux que la vérité -même un glaçon était toujours préférable à une hystérique. Je me sentais désillusionnée et sans espoir en pensant ça ; ça signifiait que je ne pourrais jamais être aimée à moins de me créer un personnage, n’est-ce pas ? Et la fatigue et la lassitude revenaient à cette pensée, je n’avais pas envie de jouer toute ma vie à être quelqu’un d’autre, mais en même temps, je ne voulais pas finir seule…



You're too proud to say that you've made a mistake
You're a coward to the end
I don't wanna admit that we're not gonna fit
No, I'm not the type that you like
Why don't we just pretend ?


Mon esprit lui-même était un cercle vicieux d’affreux sentiments entraînés par d’affreuses pensées qui tournaient en rond et en entraînaient d’autre, et c’était comme si de cette affreuse soirée, je pouvais voir se dessiner une affreuse vie. Je tentais de me convaincre mollement que c’était l’alcool qui me faisait penser des choses comme ça, que ça n’était pas vrai, mais une voix, étrangement claire et froide, tendait à me faire penser qu’au contraire, l’alcool m’aidait à être plus réaliste et à voir plus clair sur ce que j’essayais de nier. Je me sentais maintenant si loin de Theo, qui devait, lui, être à des années lumières de s’imaginer ce qu’il se passait dans mon esprit. Je le fixais, les yeux toujours pleins de larmes et la gorge serrée, essayant de faire passer par mon regard mon sentiment d’être un cas sans espoir, espérant qu’il comprendrait et abandonnerait. C’était tout ce qu’il y avait à faire, abandonner, et s’éloigner de moi le plus possible –il n’y avait pas besoin qu’il me voit tomber au fond du trou comme ça allait sans doute arriver.


- De quoi tu parles, Ana ?

Oh, Theo, si seulement je le savais…

-Tu… Tu es malade ?

Je gardais mes yeux plongés dans les siens à défaut de pouvoir répondre quoi que ce soit, car bien qu’il me semblait que la réponse était oui, je n’avais étrangement plus envie de parler, je me sentais triste, trop triste, et perdue, alors je me raccrochais à ce qui m’avait toujours permis de ne pas perdre pied ; le bleu océan des yeux de Theo. J’avais toujours eu un truc avec les yeux, et même une théorie comme quoi ils reflétaient parfaitement leur détenteur. Ceux de Rita étaient bruns, rieurs, mais très sombres malgré tout ; ceux de Ruby étaient d’un bleu foncé complexe, et ceux de Theo d’un beau bleu, calme et paisible comme l’océan, dans lesquels j’aimais me noyer. Et enfin, il y avait les miens, bleu clair, glaciaux, imperturbables. Creux et vides. Je détestais mes yeux. Je détestais mes yeux et je détestais mon visage, ma prévisibilité, chacun de mes défauts et chaque trait de mon caractère.

- Ne pleure plus, c’est… Tu ne vas pas mourir, voyons, continua la voix rassurante mais hésitante de mon ami.

Je continuais à explorer le bleu infini de ses iris, à présent certaine que c’était tout ce que je voulais voir. Je ne savais pas trop de quoi Theo parlait, ou plutôt, je me forçais à ne pas comprendre, pour ne pas réfléchir, et les mots, à peine prononcés, disparaissaient dans le brouillard de mon esprit. Ce brouillard se faisait de plus en plus épais, et bientôt, il engloutit tout. La chambre, déjà floue depuis un moment, disparut progressivement pour ne plus rester que le bleu des yeux de Theo, qui furent la dernière chose que je vis tandis que, complètement exténuée, je sombrais, marmonnant quelque chose comme « Reste avec moi ».



Lies, don't wanna know, don't wanna know oh
I can't let you go, can't let you go oh
I just want it to be perfect
To believe it's all been worth the fight
Lies, don't wanna know, don't wanna know oh



***



You only ever touch me in the dark
Only if we're drinking can you see my spark
And only in the evening could you give yourself to me
Cause the night is your woman, and she'll set you free


Ce furent les rayons du soleil, perlant à travers les minces rideaux, qui me tirèrent de mon sommeil. Je mis un certain temps déjà à trouver la source d’une telle lumière, car ma chambre avait des rideaux très épais et mon dortoir à Poudlard se trouvait… sous un lac. Lieu inconnu ou inhabituel, donc. J’étais à moitié roulée en boule sur le côté, tournais vers une grande fenêtre qui, décidément, ne me disait rien. Vaguement paniquée, je relevais prudemment la tête, me raidissant quand j’aperçus une silhouette… que je reconnus instantanément.

Et tout me revint d’un coup.

Les boutiques avec ma mère, la maladie, Kathleen et ma vraie mère, l’errance dans Londres, le Chaudron Baveur, Rita, son oncle échappé de prison, nos (très) nombreux verres, Theo débarquant, Theo m’embrassant, Theo m’enlevant ma robe… Theo me repoussant. Moi pleurant dans les bras de Theo. Moi m’endormant avec lui. Malgré le soleil et la température douce en ce début d’été, je me sentis tout à coup gelée et la panique se fit beaucoup plus vive tandis que j’entendais Theo siffloter en s’affairant dans son appartement. C’est aussi à ce moment là que je réalisais que j’avais vraiment mal à la tête, que mes cheveux étaient tout emmêlés et que j’étais en chemise et culotte.

Ma respiration commença à s’accélérer et je fis mon possible pour la rendre discrète –surtout, que Theo ne remarque pas que j’étais éveillée, qu’il ne me voie pas, qu’il ne vienne pas me parler de hier soir, jamais, jamais, tout mais pas ça… Je sentais que mon cœur, lui aussi, avait pris une accélération mais malgré tout, je restais pétrifiée. Je n’avais littéralement aucune idée de la conduite à adopter, si ce n’est que je ne voulais absolument pas parler de hier soir –plus jamais. J’avais déjà une honte inimaginable à l’idée que je m’étais montrée si vulnérable, si pathétique devant quelqu’un –et pas n’importe qui, évidemment, il avait fallu que ça soit Theo !- et cela me donna presque envie de vomir. N’étais-ce pas pour ça, ce sentiment de ridicule et d’être pitoyable, que j’avais arrêté de m’ouvrir aux autres à la mort de Kathleen ? Voilà où ça me menait, d’essayer d’être moi-même, de me laisser aller à aimer des gens qui ne ressentaient pas la même chose. Être repoussée et se sentir plus seule que jamais. Ça ne pouvait plus arriver.

Et puis, tandis que je me remuais les méninges pour échapper à la conversation fatidique avec Theo, quelque chose me revint. Une idée qui prit place dans mon esprit, et après avoir pesé le pour et le contre pour quelques instants, ma décision fut prise. J’inspirais un bon coup –discrètement, évidemment- et, la gorge serrée, priais mentalement pour que ça soit la bonne solution, et surtout, qu’elle soit crédible. Tout en regardant mon ami s'affairer dans sa cuisine, je pensais "Je suis désolée, je suis tellement désolée de tout gâcher". Mais c'était trop tard maintenant, et ces excuses, maintes fois répétées hier soir, avaient maintenant un goût amer. Il n'y avait plus rien d'autre à faire -c'est ce qui acheva de me persuader que c'était la bonne solution.


-Theo… ? demandais-je d’une voix pâteuse tandis que je relevais la tête, les yeux plissés. C’est quoi cet endroit ? Et qu’est ce que tu fais là ?

***

Lies, don't wanna know, don't wanna know oh
I can't let you go, can't let you go oh
I just want it to be perfect
To believe it's all been worth the fight
Lies, don't wanna know, don't wanna know oh

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Winter & Spring

 

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Theo Gray
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Ami(e)s: Cass & James :) Oh, et aussi Ana!
Âme soeur: On m'aura eu une fois, pas deux!

MessageSujet: Re: Carelessly pretend. (PV)   Sam 5 Avr - 23:46

*

"Don't know what you think you saw
You didn't know at all
Lost sight of who you are
Came to make a connection
Force myself in a dimension
Lost sight of myself

If I could force my heart, my ears, my mind
And eyes to get in line
Maybe I'll find something real
Not a fantasy so divine
Let myself down each time
Let myself down each time."


Ana sombra dans un demi-sommeil sans que je puisse la tenir éveillée ou la rassurer : elle semblait de toute manière exténuée, encore trop ivre, et je l’installai un peu mieux dans le lit tandis qu’elle murmurait ce que je refusais d’entendre. Elle avait l’air fragile – et moi, si stupide ! Elle n’était encore qu’une adolescente, elle n’avait que 15 ans, qu’est-ce qui m’avait pris ?! Son corps, tout fin, recroquevillé sur lui-même, m’apparaissait tout à coup trop fragile pour avoir supporté que je le touche, et je me sentais misérable d’avoir osé. Mais à quoi m’attendais-je ?! En vérité, j’avais été avec Erika trop longtemps pour connaître les coups d’un soir que mes amis me vantaient, et je n’avais aucune idée de comment m’y prendre. Même avec Heather, ça avait été une erreur. Qu’est-ce que j’avais cru ? Qu’Ana était le genre de filles que je pouvais embrasser à loisir avant de m’endormir comme si de rien n’était ? Je ne voulais pas être avec elle, n’est-ce pas ? A force de me tourner la tête, assis sur le bord du lit, je n’arrivais qu’à une seule conclusion : j’avais bu et je m’étais laissée à mes envies les plus primaires. Pourtant, si je réfléchissais… Je respectais tant Ana. Comment avais-je pu lui faire ça ? La culpabilité m’écrasait les entrailles, et je n’avais aucune idée de comment gérer un tel sentiment. Nous faisions tous des erreurs… Mais cette phrase, ce dicton magique qui devait tout effacer ; jamais il ne m’était apparu plus faux, plus ridicule. Oui, nous en faisions, mais je n’avais pas le droit de faire celle-là. Pas comme ça. Pas avec Ana.

Ma tête tournait encore de l’alcool, et je me levai pour ranger les habits qui trainaient sur le sol, comme si je voulais nettoyer la scène du crime. Et maintenant ? Ana m’avait demandé de rester, mais je me sentais si stupide que je n’osais pas me coucher à côté d’elle, comme si je ne le méritais pas. Finalement, je me glissai dans le lit, silencieux, tandis qu’Ana marmonnait encore, comme si elle était quasi-inconsciente. J’inspirai, fixant le plafond, n’osant pas bouger. Tout tournait autour de moi, était flou, et j’avais la nausée, comme si j’avais trop bu. Mais je savais que le dégoût que je m’inspirai était plus fort. J’avais peur de fermer les yeux, de me coucher, de me réveiller. Et ensuite, qu’allions-nous faire ? Je ne voyais pas d’issues, simplement… Nous ne pouvions pas être amis comme ça, n’est-ce pas ? Mais j’appréciais Ana, et je ne voulais pas la perdre. Je m’étais habitué à sa présence, elle me rassurait, me rendait heureux, plus léger. Je m’amusais avec elle, d’une manière spéciale car je n’avais jamais vraiment eu d’amie comme elle – probablement parce que je ne connaissais personne comme elle. Mais je n’avais pas le droit de me faire passer avant elle, plus maintenant. Rester ami avec elle, c’était continuer à la faire souffrir, et je n’aimais pas cette idée – j’en avais déjà trop fais. Je me tournai dans le lit, face à Ana, et je regardai son visage endormi. Tout doucement, je passai mon doigt le long du bras d’Ana, sentant sa peau fraîche. Je répétai son geste comme si j’essayais de m’excuser, comme si la douceur que j’essayais de faire s’en dégager devait effacer ma bêtise des minutes précédentes.

Je dormis mal, mais ne me plaignais pas : c’était ma punition, pas vrai ? Je me réveillai incroyablement tôt pour un lendemain de soirée, et j’ignorai ma gueule de bois. Il était hors de question que je reste au lit à côté d’Ana, qui plus est. Après une rapide douche, je commençai à faire les cents pas dans mon salon, réfléchissant. Bon… Il fallait prendre nos distances. Et parler de tout ça. Plus de mensonges ! Oui, ça, c’était une bonne idée. Nous allions être honnêtes. En attendant qu’elle se réveille, je rangeais donc un peu mon appartement, avalais un petit-déjeuner rapidement et me préparais car je devais retrouver Simon dans l’après-midi. Ça me laisserait largement assez de temps pour régler tout ça avec Ana… Il fallait que je me détendre, que j’ignore les battements nerveux de mon cœur. J’avais toujours autant honte…


-Theo… ? Je sursautai, et me crispai, mon cœur se contractant. Je me tournai pour faire face à une Ana encore endormie qui se tenait dans l’encadrement de la porte, et qui semblait aveuglée par le soleil. C’est quoi cet endroit ? Et qu’est-ce que tu fais là ?

… Elle ne se souvenait pas. Ana ne se souvenait pas de hier soir. Elle avait trop bu et ne se rappelait pas.

Et, comme le pauvre type que j’étais, je sentis un soulagement tellement intense me prendre que je lâchai un soupir malgré moi.

Tous mes plans retombèrent. Je m’étais promis d’être honnête, mais je pouvais être lâche et choisir de ne pas nous mettre dans une position inconfortable tous les deux, pas vrai ? Elle avait oublié. J’allais lui dire que je l’avais ramené et couché, rien de plus. C’était mieux ainsi, pas vrai ? Quant à la suite… Ce n’était pas encore très clair, mais je ne faisais pas trop d’illusions. Il fallait que je m’éloigne, que je la laisse changer d’avis sur moi. De toute manière, elle se faisait probablement des idées, pas vrai ? Elle ne devait pas être vraiment amoureuse de moi… Du moins je l’espérais. Ça allait passer et puis, nous pourrions être amis comme avant ! C’était pas trop mal comme plan. Mon esprit dériva sur ses confessions de hier soir, et je me sentis agiter la tête comme pour chasser l’idée. Ana n’était pas… Malade. Ce n’était pas grave.

A l’intérieur de moi, une petite voix me murmura que ce n’était pas parce que j’espérais que les choses soient faciles qu’elles le seraient. Mais je n’avais pas le droit de l’écouter, sinon, j’allais foncer dans le mur.


- Chez moi. C’est chez moi ! Dis-je d’une voix qui se voulait enjouée. Tu avais trop bu hier soir, et je t’ai croisé au bar et je me suis dit qu’il valait mieux pas que tes parents te trouvent comme ça. Du coup, on est rentrés et euh, on s’est couchés, et voilà, rien de spécial, ajoutai-je un peu rapidement. Est-ce que j’étais en train de me griller tout seul ? Je me sentis un peu gauche tout à coup, debout devant elle, et je jetai des regards circulaires dans toute la pièce comme pour chercher une bouée de sauvetage. Tu, euh, tu veux prendre un douche peut-être ? Tu peux manger un bout si tu veux ! Je… Je dois y aller dans pas longtemps par contre, m’entendis-je mentir avec une telle aisance. C’était faux. Mais je me sentais tellement merdeux que j’étais incapable de soutenir son regard. Tu veux que je te fasse des toasts ? Proposai-je en montrant la cuisine avec un pâle sourire.

C’était donc ça, à présent ? Nous allions en être réduit à
ça ?

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