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Love is blindness | Ruby

 
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 Love is blindness | Ruby

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Ewan Campbell
Vendeur chez l'Apothicaire



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Particularités: J'ai un énorme bagage à main (et ma copine a des gros boobs).
Ami(e)s: Phil et Rita et les boobs (mais surtout les boobs) :)
Âme soeur: “And she kissed me. It was the kind of kiss that I could never tell my friends about out loud. It was the kind of kiss that made me know that I was never so happy in my whole life.”

MessageSujet: Love is blindness | Ruby   Mer 16 Oct - 1:30




*
Love is blindness,
I don't wanna see
Won't you wrap the night
Around me
Oh, my heart
Love is blindness



J'oubliais presque, parfois, que Joseph et moi avions tant en commun, jusque dans la construction et le mode de vie de nos familles. Il n'était pas comme moi, à Pré-au-Lard, il n'avait pas cette amertume à l'évocation de ses racines et de son éducation, mais il était discret lui aussi, et j'avais appris à le connaître et à être à ses côtés sans faire la comparaison avec tous ces enfants qui avaient grandi à Oxford avec moi et qui, finalement, étaient semblables sur beaucoup de points. Mais en arrivant, et en levant les yeux sur l'immense manoir qui dominait toute une vallée du Yorkshire, et en apercevant les préparations des festivités, je me rappelai sans grand mal que nous partagions tout de même une bonne partie de notre éducation. Heureusement, ses parents étaient adorables, bien que aussi vieille école que les miens, mais beaucoup plus détendus.

J'espérai simplement que Ruby ne se sentait pas gênée : j'avais l'impression parfois que quand je ne prenais pas garde et que j'évoquais ma famille, les maisons où j'allais en vacances, ou les simples traditions que nous respections, elle était un peu en retrait - et je me disais que j'étais un idiot, parce qu'elle n'avait pas tout ça, de famille construite, de coutumes familiales, et la mienne était tellement traditionnelle que cela devait sans doute lui rappeler ce qu'elle n'avait pas eu. Ce que je ne voulais pas, évidemment. Ces vacances... Il n'y avait pas de mots pour les décrire : ces vacances étaient à la fois passées avec la langueur des jours d'étés, chauds et longs et nous restions jusqu'à tard le soir sur la terrasse, ou à nous balader, ou à discuter tous ensemble. Mais elles étaient aussi passées avec une rapidité qui m'effrayait quand j'y pensais, qui faisait battre mon coeur désagréablement, comme si il allait jaillir de ma poitrine ou bien compresser mes autres organes en explosant. J'étais bien, avec Ruby. J'étais bien, et il me semblait que chaque jour je l'étais en plus - alors que chaque jour je me disais que cela était impossible, tant j'étais heureux. En plus de cela, comme nous étions en vacances, je ne pensais plus à rien de tout ce qui concernait mon travail à Pré-au-Lard, de mes rendez-vous à caser hors de mes heures chez l'apothicaire, etc. J'avais un peu travaillé au début des vacances, mais cela m'était complètement sorti de l'esprit, car je voulais tellement être avec Ruby, dans ses bras, à la serrer contre moi, à lui parler, à la faire rire, à la voir sourire et à faire tout ce que nous pouvions faire pendant ces belles journées d'Août, que ces journées de travail n'existaient même plus dans mes souvenirs. Si nos retrouvailles avaient été un peu chaotiques, ça n'avait pas été un problème, au contraire : je préférais cela. Je préférais que Ruby me dise quand elle se sentait mal, quand quelque chose n'allait pas, plutôt que de ravaler ses problèmes en les couvrant d'un sourire et me laisser douter. Car cette petite voix ne me quittait jamais : souviens-toi que tu as promis de la protéger ; et je voulais m'y efforcer du mieux que je pouvais... Même si malgré moi je savais que je m'y prenais mal... Ses rêves avec Jamie, par exemple, prouvaient bien que ce qui émanait de moi n'était pas forcément ce que je voulais laisser entendre.

Mais plus que jamais, j'avais trouvé pendant toutes ces journées ensemble un tel équilibre, une telle joie et une telle sérénité à la fois que... Le retour à la réalité était de plus en plus violent.

Et pourtant, c'était impossible. C'était impossible ! J'aimais Ruby avec une force qui n'avait pas de limites, pas de barrières. J'étais gonflé de cet amour qui me donnait l'impression, plus que jamais, de vivre, d'être celui que je n'avais pas pu être toutes ces dernières années. J'aimais Ruby et j'en étais heureux, tout simplement. Et c'était si beau... Que c'en était
trop beau.  

Je l'avais toujours su, n'est-ce pas ? Dès le premier instant. Dès que j'avais mis un pied dans la rue principale de Pré-au-Lard, dès que j'avais trouvé cet appartement à louer, "pour quelques mois". Dès que j'avais vu Ruby, les yeux brillants d'ivresse, ce premier soir. J'avais essayé de l'embrasser parce qu'elle m'avait plu, tout de suite, que je l'avais désirée, qu'elle m'avait touchée, mais je m'étais dit, en toute connaissance de cause : à quoi bon ? Oui, elle aurait sans doute pu me rendre heureux - mais dans quel but, alors que je ne restais pas ? Et puis j'avais cédé, parce que j'avais pas été capable de lui résister. Et j'avais espéré, oh oui, j'avais espéré... Et j'espérais encore, toutes les fois où elle me regardait, où nos regards se croisaient, toutes les fois où nous discutions, où je la surprenais quand elle lisait ou s'occupait et que je l'admirais, toutes les fois où nous nous embrassions, où nous faisions l'amour et que nous étions reliés par cette tendresse qui n'existait que pour nous. J'espérais tous les jours. Et puis nous nous amusions beaucoup, dans la maison de Joseph qui avait pris ses vacances en même temps que moi, et avec sa soeur, sa copine et des amis. Nous partagions notre temps comme une bande de jeunes en vacances passe le temps, et j'avais même accepté d'aller me baigner, moi qui n'était pas particulièrement à l'aise avec cela... Mais j'avais compris que cela ferait plaisir à Ruby, et puis toute cette bonne humeur me portait en avant, et j'avais eu envie de repousser un peu mes limites. Je ne lui avais pas lâché la main, dès que nous nous étions approchés de l'eau, parce qu'une peur panique m'avait agrippé de l'intérieur, mais Ruby s'était montrée si rassurante et à la fois encourageante que j'avais tout de même réussi.

Nous avions pris un Portoloin jusque dans le Yorkshire, où une grande cérémonie devait avoir lieu en l'honneur des fiançailles de Joseph et Esther. Je ne connaissais pas tout le monde mais c'était l'occasion, et puis, ces grandes fêtes, les préparatifs surtout, les gens affairés à faire voler les tentes pour les installer, la nourriture qui voletait un peu partout dans la cuisine, toute cette vie qui s'agitait avait quelque chose de, déjà, festif. A peine arrivés, nous avions laissés nos affaires et j'avais emmené Ruby faire le tour du parc, pour contempler la propriété, et rire avec elle de cet étalement de richesse que j'aimais bien critiquer - je me sentais toujours plus libre de critiquer ce que je connaissais si bien. Il faisait chaud, et les fleurs étaient magnifiques. Nous étions bien tous les deux - d'autant plus que c'était ces moments où les autres nous laissaient profiter l'un de l'autre, ne venaient pas interférer, et j'en avais besoin, car à tout moment j'avais envie de serrer Ruby contre moi, de l'embrasser, d'embrasser son cou, de porter sa main à mes lèvres, de la sentir contre moi, de la regarder dans les yeux et me sentir basculer dans ses yeux plein d'étoiles. J'avais fini par l'attirer sur un petit banc, dont le bois blanc brillait sous les rayons du soleil, et qui se situait juste à l'entrée d'un chemin encadré de rosiers magiques (ma mère en aurait été verte de jalousie) qui bougeait lentement sans vent, et semblait diffuser des petites paillettes dans l'air. Je l'assis sur mes genoux et l'embrassai doucement puis, comme à chaque fois, au fur et à mesure de nos câlins, avec plus de passion, glissant ma main sous le tissu léger de sa robe, emprisonnant sa nuque, entre mes doigts, réclamant plus de baisers, oubliant de respirer. Ses lèvres emprisonnaient plus que les miennes : elles emprisonnaient mon âme, et condensaient tout mon désir. Mais je finis par glisser ma tête dans le cou de Ruby et la laisser me bercer dans ses bras à mon tour car... J'étais triste, et j'arrivais de moins à moins à ignorer ma tristesse, qui m'attaquait quand je m'y attendais le moins. Dans ces moments-là, j'avais l'impression de replonger dans les flots de mon passé, et de m'y noyer à nouveau.

Mais heureusement, l'ambiance était à la fête : les fiançailles, si traditionnelles qu'elles soient, mettaient tout le monde heureux, car Esther et Joseph était un couple qui mettait généralement de bonne humeur. Joseph était toujours enjoué et avait un côté un peu leader, Esther elle était à la fois plus carrée mais tout aussi amusante et tournée vers les autres, et j'étais particulièrement content pour mon ami qu'il choisisse enfin de se poser avec elle, pour de bon. Jess était surexcitée, encore plus que d'habitude, et il lui fallut une bonne dizaine de minutes pour nous expliquer (car elle parlait de tout à la fois et s'éparpillait à chaque phrase) que Ruby allait se préparer avec elles car elles se préparaient "entre filles" et que j'étais donc prier d'aller m'habiller ailleurs, et d'aider Joseph qui était toujours tête en l'air quand il était stressé, ce que je fis avec un petit sourire aux lèvres, contaminé par toute cette bonne humeur. Nous nous préparâmes et nous descendîmes les premiers, évidemment, avant les filles, et nous en profitâmes pour saluer de la famille et des amis de Joseph, tous réunis dans l'immense sale de réception aménagée pour l'occasion : les décors étaient chaleureux et brillants, et d'immenses fenêtres s'ouvraient sur le jardin illuminé par de petites lanternes. Dans les cadres de ces fenêtres ouvertes flottaient de légers rideaux vaporeux. Tout était parfait.

J'attendais au pied de l'escalier en discutant avec une cousine de Joseph, quand je me rendis compte que Ruby était arrivée : brusquement, ce fut comme si c'était la première fois que je la voyais, ou presque, et je me sentis sourire et être hypnotisé par sa silhouette, son allure, elle marcha jusqu'à moi et mon coeur avait déjà explosé, et je dus me forcer pour trouver la force de parler :


- Oh... Tu es si... Magnifique, murmurai-je, éperdu d'admiration. Mais au fond... Une petite voix triste me chuchotait à l'oreille : oh... Pourquoi es-tu si belle ?...

Elle portait une longue robe noire parsemée de petits diamants, une robe sans manche qui dévoilait ses épaules sur lesquelles je passais le bout de mes doigts, pour les caresser. Ses cheveux étaient nattés et retombaient d'un côté de son visage, et quand elle me regarda, je souris d'avantage, me saisissant de sa taille, galbée par le corset de sa robe. Et mon coeur battait sourdement, douloureusement dans ma poitrine. Comment allais-je pouvoir laisser Ruby derrière moi... Je sentis que son regard se faisait un peu interrogateur, et je l'embrassai, tout doucement, posant mes lèvres sur les siennes, goûtant de ce parfum qui me faisait perdre la tête.

Puis, je l'entrainais vers la fête : la musique avait commencé à jouer, et j'avais promis à Joseph d'être de la partie, car j'étais parmi ses amis qui savaient danser la danse de salon, ce qui d'ailleurs faisait beaucoup rire Phil - heureusement qu'il n'était pas là pour me voir. Je lançai un petit regard complice à Ruby et nous fis passer la grande porte ouverte sur le hall, avant de l'attirer vers moi tandis que nous approchions de la piste de danse.


- Laisse moi te guider, d'accord ? Je suis sûr que tu vas y arriver à la perfection, ajoutai-je, car j'avais déjà un peu dansé avec elle et elle savait se mouvoir en accord avec les mouvements que j'imposais : elle était une bonne cavalière. Il faut que tu te rapproches un peu plus de moi, commentai-je avec un petit sourire en coin, car elle attendait mes ordres ; sur ce je glissai ma main dans le bas de son dos et ramenai son corps tout contre le sien, entourant sa taille, et saisissant de mon autre main sa main à elle.

La musique fit le reste, et au fur et à mesure que nous évoluions sur la piste, loin de me laisser porter, c'était comme si un poids me tirait vers le bas, encore et encore, un peu plus à chaque pas. C'était une affaire de semaines... Moins d'un mois. Une affaire de semaine et pourtant je tenais Ruby dans mes bras et nous étions ensemble, qu'avais-je fait ?! Je m'étais tout simplement donné toutes la capacités de la briser. Ma tristesse était si intense que je me rendis compte que je la regardais dans les yeux de manière trop désespérée pour qu'elle ne se rende pas compte de quelque chose. Je tentai de sourire un peu, mais c'était un si gros mensonge par rapport à l'état dans lequel je me trouvais, que ma main se crispa dans son dos, sur le tissu de sa si jolie robe, comme si j'avais pu me rattraper à elle pour ne pas tomber dans l'abîme de ce choix, qui, au fond, n'était pas vraiment le mien...

Spoiler:
 

_________________




°•. Lonely water, won't you let us wander, let us hold each other
Hold back the river, let me look in your eyes
Hold back the river, so I can stop for a minute and be by your side
Hold back the river, hold back .•°
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Ruby Standiford-Wayland
Apprentie à Sainte Mangouste



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MessageSujet: Re: Love is blindness | Ruby   Jeu 17 Oct - 21:36

Spoiler:
 



"My love is easy
You are everything I need
Now your love is gone
I want it safe & guaranteed
Life is such a fine line
Looking at the bright line
I think about the time we wasted
For someday I'll be coming too
Tonight is dying on its own
& now I got your love for granted

It doesn't matter right or wrong
As long as you are hiding somewhere

Don't tell me 'bout your lies
Don't tell me 'bout your secrets."




Je n’avais pas le droit de dire que j’étais la plus heureuse qui soit, car j’aimais trop Lizlor pour ne pas ressentir le poids de sa peine toujours quelque part dans ma poitrine, mais je pouvais affirmer que peut-être, du côté des amours, jamais je n’avais connu un tel lien qui à présent m’apparaissait comme si solide que je me plaisais à croire qu’il était indestructible.

Je n’aurais pas qualifié ça d’inquiétude, puisque j’étais impatience d’y aller, mais l’idée de passer une dizaine de jours avec tous un groupe de personnes, parfois plus âgées, ne m’avait pas forcément rassurée d’emblée. Ewan et moi n’étions pas ce genre de couples exclusives qui ne vivent qu’à deux et se coupent du monde, j’étais déjà sortie plusieurs fois avec lui, des soirées, ou Liz était venue à l’appartement, ou encore Phil ou Joseph : mais dix jours dans une maison de vacances avec d’autres personnes, c’était différent. Peut-être qu’au fond, j’avais un peu peur de ne pas m’intégrer comme Ewan l’aurait voulu, d’être un poids, je ne sais pas, ce genre de craintes qui ne s’effaçaient jamais totalement. J’étais de nature anxieuse, mais la bonne humeur d’Ewan était contagieuse, et j’avais très envie aussi de vivre pour la première fois ce genre de vacances. Et puis, j’avais eu ma première semaine avec Ewan, rien que nous deux – et son travail, un peu, mais je m’en étais accommodée – où j’avais pu profiter pleinement de sa présence, seulement la sienne, et où mes idées noires n’étaient plus devenues un poids. Je m’inquiétais encore pour Lizlor, bien sûr, constamment, et le fait d’être loin d’elle et de ne pas pouvoir surveiller m’inquiétait encore plus, mais j’avais Ewan pour me rassurer, à qui je pouvais aussi confier mes angoisses et pester un peu contre Stephen aussi ; je me sentais plus sereine avec lui, comme si sa force calme m’envahissait aussi.

Et puis, comme toujours je m’étais inquiétée pour rien (c’était la formule qu’avait employé Lizlor dans l’une des nombreuses lettres que nous échangions) car les autres invités étaient tout aussi adorables que Joseph ou sa sœur. Je m’entendais particulièrement bien avec la fiancée de Joseph d’ailleurs, Esther, une fille au jolie visage rond et aux boucles brunes qui, tout comme Jess, débordait toujours d’énergie et réussissait toujours à me faire sentir à l’aise. Il y avait un troisième couple, puis des amies à Jess et aussi à Joseph, et nous venions tous d’un peu partout. Il y avait même l’un des amis de Joseph qui travaillait à Saint Mangouste, dans un département sur les potions qui m’intéressaient particulièrement, puisque c’était l’élaboration des remèdes et des potions de soins – il m’avait expliqué que dès la fin de ma septième année, si j’avais les notes convenables aux ASPICs (Ewan avait hoché la tête, j’avais froncé les sourcils) et une bonne lettre de motivation, je pouvais faire un stage là-bas. Enfin, évidemment, les conversations n’étaient pas toujours aussi sérieuses, surtout lorsque nous n’étions qu’entre filles : j’avais rapidement découvert que Rita n’était pas la seule à s’interroger sur la taille, les positions et les détails croustillants, et j’avais personnellement appris des choses sur Joseph que j’aurais préféré ignorer – mais je n’avais pas autant hurlé que Jess qui avait fui dans la maison en se plaquant les mains sur les oreilles et en hurlant « pitié stop chut ».

J’avais gravé en moi chaque moment. Les soirées où nous étions tous ensemble à rire, à boire – personne n’avait insisté sur pourquoi je ne buvais pas – et à bavarder, mais aussi tous ces instants où je n’étais qu’avec Ewan et que je profitais de ses bras que je ne voulais rien que pour moi. Plusieurs fois, nous avions raté le déjeuner puisque personne n’était venu nous chercher dans le jardin sous prétexte que nous étions « trop mignons ensemble ». Et ça aussi, c’était quelque chose de nouveau mais d’agréable, voir notre couple approuvé d’une telle façon… Lizlor ou Rita le faisaient déjà, mais elles étaient plutôt subjectives. Alors, quand Ewan disparaissait pour une soirée entre mecs, que je l’embrassais doucement et lui demandait de faire attention à lui mais aussi de bien s’amuser, je ne comprenais pas pourquoi lorsqu’ils partaient tous, et que nous n’étions plus qu’entre filles, elles me tombaient toutes dessus en me répétant que nous étions un couple adorable et que ça en aurait été insupportable si nous n’étions pas aussi mignons. Je ne comprenais pas, encore moins lorsqu’Ewan me disait que les autres lui avaient tenu le même discours, mais j’étais touchée que l’on puisse sentir combien nous nous aimions, et c’était comme une preuve de plus que nous étions bien ensemble. J’étais heureuse d’ailleurs que nous ayons un équilibre entre nos moments ensembles, et ceux en groupe où nous n’étions pas forcément collés à l’autre, et j’avais l’impression de retomber amoureuse à chaque seconde, de mon Ewan, de celui qu’il était avec les autres, le voir évoluer parmi d’autres personnes me rappelaient sans cesse combien il était quelqu’un d’altruiste, d’intéressant, d’amusant, et combien j’étais chanceuse d’être sa petite-amie.

Certains moments étaient encore plus forts que d’autres, dans le bon comme dans le mauvais sens. Il y avait eu ce premier après-midi à la plage, et j’étais impatience puisque j’adorais me baigner, mais je n’avais pas oublié Ewan et ses craintes. Je voulais qu’il les surmonte, mais je ne voulais pas non plus le forcer. Je me souvenais encore de cette sensation dans ma poitrine lorsqu’il avait accepté de faire l’effort, et je n’avais pas lâché ses mains. Une fois dans l’eau, j’étais restée contre lui, sans jamais lâcher sa main, je l’avais rassuré et embrassé, puis lorsque j’avais senti qu’il voulait sortir, j’avais proposé innocemment de sortir prétextant que j’étais fatiguée. Mais il avait déjà franchi un cap, et j’étais tellement fière de lui – le soir, alors que nous étions restées tous les deux regarder le soleil qui se couchait, je l’avais félicité à ma manière à moi, et c’était aussi un souvenir qui resterait en moi pour toujours. Mais parfois, c’était moins joyeux, comme ce repas où la conversation avait dérivé sur le viol et que je n’avais pas tenu, préférant m’exiler dans la cuisine pour préparer le dessert, repoussant la compagnie d’Ewan de peur de craquer. Mais même ce genre d’instant ne me laissait pas triste bien longtemps. Jess avait compris, et m’avait prise à part pour me parler, je m’étais un peu confiée, et ça me faisait bizarre de me sentir aussi bien que l’on pouvait l’être avec ce genre de choses.

De toute manière, j’avais rarement le temps de penser à ça. Aujourd’hui encore moins, car même si j’étais un peu triste car nos vacances chez Joseph et Jess touchaient à leur fin, nous avions ce soir la réception organisée dans le manoir familial pour les fiançailles d’Esther et Joseph. Une fois arrivée, nous avions fait le tour de la propriété avec Ewan – j’avais rarement vu une maison aussi belle et imposante, et j’étais presque intimidée. Nous avions exploré le jardin, nous étions embrassés sur un petit banc dans une allée remplie de fleurs, et si cette vision pouvait sembler romantique et clichée au possible, l’instant avait été parfait – j’étais bien, tellement bien dans ses bras. Cependant, mon euphorie ne m’empêchait pas de sentir sa mélancolie à lui, dont je ne connaissais pas l’origine, mais je ne posais pas encore de questions, le berçant un peu dans mes bras en espérant que ce n’était que la fin des vacances qui le rendait ainsi, et non des souvenirs plus désagréables. Je ne connaissais pas la date du décès de Jamie, mais je me doutais que c’était dans ces eaux-là, et j’avais peur qu’Ewan ne m’en parle pas et je n’osais pas non plus aborder le sujet… Mais ce soir, je voulais qu’il s’amuse de toute manière.

Et nous fûmes aspirés par l’énergie qui nous entourait, car dès que nous rentrâmes au manoir, Jess nous sauta dessus pour que j’aille me préparer avec elle. J’abandonnais Ewan un instant, déposant un dernier baiser sur sa joue, et je montai avec les filles. C’était comme dans les films, nous nous agitions toutes, et c’était à qui avait le fard à paupières qui fallait, qui pouvait faire le chignon, ajuster la robe, et j’étais prise dans ce tourbillon d’impatience, de bonne humeur. Esther avait la robe la plus belle que je n’ai jamais vu, qui la mettait parfaitement en valeur. Le tissu était d’un vert foncé qui soulignait son teint et ses cheveux foncés, et le tout épousait parfaitement son corps, soulignant sa taille, s'évasant vers le bas, et elle avait simplement l’air rayonnante dans cette tenue. Nous avions d’ailleurs fait nos achats ensemble, avec Jess, et au début, j’avais été gênée puisque je n’avais absolument pas les moyens d’avoir de si belles robes… Mais c’était sans compter la gentillesse de Jess et Esther, qui m’avaient tiré dans cette boutique où tout était en solde, et nous avions trouvé ma robe pour un prix dérisoire sous prétexte qu’elle était légèrement abîmée – un coût de baguette, et elle était comme neuve. J’avais hâte de la montrer à Ewan, d’ailleurs.

Je descendis les marches, le cœur battant la chamade, et je sentis ma poitrine se contracter de plaisir lorsque j’aperçus Ewan en bas des escaliers, si bien habillé, comme si il dégageait cet aura majestueuse… Et lorsqu’il se tourna et me vit, je ne trouvais rien de mieux à faire que de sourire de tout mon être, descendant plus rapidement les dernières marches.


- Oh... Tu es si... Magnifique, dit-il d’une petite voix, tandis que ses yeux me fixaient intensément.

J’eus un nouveau sourire, mon cœur se compressant, et je sentis mes joues rougirent. Je savais qu’il me trouvait belle, mais la manière dont il le disait, avec ses mots, ses regards, ça provoquait toujours ce frisson le long de ma colonne vertébrale, et j’avais envie de l’embrasser immédiatement, parce que je ne savais pas comment le remercier autrement. Mais ce soir, il me regardait un peu différemment, et je sentis mes sourcils se froncer, mais juste après, il m’avait déjà embrassé, sa main dans ma chute de rein, et je fus rassurée dans l’instant.


- Toi aussi tu es très chic, petit koala, murmurai-je à son oreille avec son rire. C’était le surnom que je lui avais donné durant les vacances, car parfois quand il me câlinait, il ne voulait plus me lâcher, et je m’étais gentiment moquée de lui en l’associant à un koala – même si au fond, le fait qu’il me tienne dans ses bras et ne me lâche plus ne me gênait absolument pas.

Je le laissai ensuite me mener jusque dans la salle d’où la musique s’élevait déjà, et où certains évoluaient sur la piste. Je savais ce qui m’attendait, Joseph n’avait pas arrêté de répéter à Ewan qu’il avait besoin de lui sur ce coup-là parce qu’il savait danser, et j’étais un peu inquiète puisque ce n’était pas mon cas – et qu’il n’était pas question qu’une autre fille danse avec Ewan ! Mais je savais aussi qu’il me montrerait, ce n’était pas la première fois, et j’avais hâte à vrai dire. Il y avait quelque chose de particulièrement sensuel dans la danse, même les plus traditionnelles qui soient, car c’était un langage à deux, comme un échange de question-réponse qui passait par les mouvements, et je voulais que les miennes disent « je t’aime » à Ewan.


- Laisse moi te guider, d'accord ? Je suis sûr que tu vas y arriver à la perfection. Il faut que tu te rapproches un peu plus de moi, ajouta-t-il avec un sourire en coin, ramenant mon corps contre le sien. J’eus un frisson et me penchai à son oreille.
- C’est comme ça que vous séduisez les jeunes filles, Monsieur Campbell ? Me moquai-je avec un petit sourire.

Mais ensuite, je fus concentrée sur les mouvements d’Ewan, les miens, je ne fus plus d’humeur taquine – je me laissai guider, une main sur son épaule et l’autre dans sa main, sentant ma paume contre la sienne. Je souriais timidement, mais étrangement, je sentais Ewan ailleurs, son regard était braqué dans le mien et pourtant… Il avait un petit sourire, mais il était plus désolé qu’autre chose, et au moment où je m’apprêtais à lui demander ce qui se passait, la musique cessa, et je nous écartai de la piste, l’embrassant tendrement en espérant que personne ne nous observait.


- J’espère que je suis une bonne cavalière, parce que tu es à moi pour toute la soirée, plaisantai-je en posant un baiser sur sa joue avant de prendre sa main et l’entraîner près du buffet, lui tendant une coupe de champagne tandis que j’optais pour un jus de fruit.

La soirée nous entraîna vite cependant. Je restai avec lui au départ, mais bientôt, Jess vint me chercher, parce qu’elle avait un problème « d’importance ca-pi-tal » avec sa coiffure, puis ensuite je fus prise dans une discussion avec l’un des cousins de Jess, et au moment où je voulus retrouver Ewan, parce que je ne l’avais pas quitté du regard de la soirée et qu’il avait l’air absent malgré les quelques rires qu’il échangeait avec les autres, ce fût l’heure des discours et des félicitations pour les fiançailles et je ne pouvais pas traverser toute la salle pour aller retrouver Ewan à ce moment. Heureusement, une fois les applaudissements terminés, les larmes de joies d’Esther, et les cris hystériques de Jess sous les regards courroucés de sa mère, je pus me libérer et retrouver Ewan qui discutait avec l’un des garçons avec qui nous étions en vacances depuis une semaine. En fond, l’orchestre se mit à jouer une musique beaucoup plus lente, mélodieuse et douce.


- On va danser ? Proposai-je avec une petite voix. Il semblait abattu, et à mon tour, l’angoisse me gagna. Que se passait-il ?...

Mais je l’attirais tout de même sur la piste – c’était un slow, et ça, ce n’était pas difficile à danser. Je me logeai dans ses bras, entourant sa nuque de mes bras, demandant un baiser au passage avant de poser ma tête dans le creux de son cou. Son parfum m’envahissait, et je fermais les yeux, cherchant à être encore plus contre lui. Il n’y avait pas de mots. J’étais simplement si bien, si sereine, si… Amoureuse, et certaine de nos sentiments, que rien ne pouvait me déstabiliser. Pas même ce qui habitait Ewan. Parce que je l’aimais, et j’allais le rassurer, peu importe la cause de son chagrin. J’embrassai son cou légèrement, mes mains caressant sa nuque, et je restai ainsi durant tout le morceau jusqu’à que finalement, l’orchestre s’arrête progressivement. Je m’écartai, mon regard cherchant celui d’Ewan. Ce que j’y lus ne me plût pas, et je pris sa main, l’entraînant à l’écart, sortant même de la salle. La musique se fit plus lointaine, le calme me surprit presque, comme s’il soulignait le regard désolé d’Ewan.


- Viens, on rentre, ça n’a pas l’air d’aller, dis-je tendrement, sans lui laisser le choix.

Nous montâmes les escaliers en silence, et ma main ne quittait pas la sienne, jusqu’à la chambre d’ami que l’on nous avait attribué. Sur le seuil de la porte, j’attirai Ewan contre moi et l’embrassai amoureusement, mes mains contre son torse, cherchant la chaleur de ses bras. Puis, je m’écartai avec un sourire et rentrai dans notre chambre, ôtai mes chaussures à talons et entraînai Ewan sur le lit avec moi pour m’asseoir, posant un baiser sur sa joue avant de murmurer dans son oreille.


- Qu’est-ce qui ne va pas ? Puis, doucement, j’ôtai sa veste de costard et sa chemise, m’asseyant derrière lui, mes jambes de part et autre de lui, et je passai mes deux paumes le long de son dos, et embrassai son épaule avant de remonter petit à petit jusqu’à son cou, puis son oreille, dans laquelle je soufflai encore quelques mots. Je vais m’occuper de ça.

Avec une attention toute particulière, j’entrepris de le masser, comme j’aimais bien parfois le faire, mes mains glissant le long de son dos, cherchant à apaiser toute la tension qu’il semblait avoir accumulé, en profitant pour embrasser sa nuque de temps à autre, ou de le forcer à tourner son visage vers le mien pour que j’attrape ses lèvres toutes douces.

- Tu es tout tendu, dis-je d’une voix un peu mécontente. Ewan, qu’est-ce qui se passe ? Demandai-je à nouveau.

Cette fois si, je le tirai vers moi, l’obligeant à se tourner, et nous nous assîmes tous les deux sur le lit. Je pris ses mains entre les miennes et cherchai son regard, tandis que le mien était inquiet. Qu’importe ce qui le tracassait, je voulais simplement qu’il m’en parler. Après tout, n’est-ce pas pour ça que nous étions si bien ensemble ? Ce pouvoir de repousser toutes les craintes et les douleurs ? C’était ce que je ressentais, moi.

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Ewan Campbell
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MessageSujet: Re: Love is blindness | Ruby   Mar 22 Oct - 16:49

N'était-ce pas le propre de toutes les belles choses... Qu'elles avaient une fin ? Et pourtant, je refusais de l'admettre. Je me haïssais même de penser cela, car c'était si ridicule, cette fatalité, et si détestable aussi... Ruby ne méritait pas un tel traitement, et puis, notre histoire ne se résumait pas simplement à "une belle chose", notre histoire n'était ni plus ni moins que la vie, cette vie que j'avais redécouvert à ses côtés, grâce à elle, et uniquement grâce à elle. J'étais un ingrat, en plus de tout, et toutes ces constatations alourdissaient mes pensées et m'engluaient dans cette mélancolie morne et qui m'ôtait toute énergie. J'étais triste, malgré tout ce que je m'interdisais : même au milieu de cette fête, alors que j'étais tellement heureux pour Esther et Joseph, alors que l'ambiance était chaleureuse et entraînante, je n'arrivais pas à m'arracher de l'esprit que ces moments-là étaient parmi les derniers, que j'allais quitter ce pays, mon pays, tout ce monde, tous ces gens que je m'étais habitué à côtoyer, et plus que tout j'allais quitter Ruby, mais avais-je une autre possibilité ? Aucune. Bien sûr, je m'étais dit : et pourquoi ne pas lui proposer de venir avec moi ? Mais c'était trop tôt, nous n'étions pas ensemble depuis si longtemps, bien que j'avais l'impression que ma vie n'avait plus de sens qu'avec elle, et surtout, il lui restait un an à Poudlard, il lui restait sa vie, ici, ses amis, sa famille d'adoption. Et je n'avais pas le droit de lui ôter cela. Alors il me fallait profiter et je le savais pertinemment, n'était-ce pas exactement ce à quoi je m'employais depuis le début de ces vacances ? Je me laissais aller et j'étais heureux, parce que nous avions partagé des moments parfaits, parce que le simple de fait de m'endormir et de me réveiller jour après jour aux côtés de Ruby me rendait le plus heureux du monde, et que cela changeait de notre rythme de l'année où nous ne partagions une nuit ensemble que ponctuellement dans la semaine. Plus j'apprenais à vivre avec elle et plus je trouvais cette vie plaisante, plus je me demandais s'il existait une seule personne sur cette terre avec qui la vie pouvait être plus douce qu'avec Ruby. Ce n'était rien et pourtant c'était tout : des petits détails, des petites habitudes, des petits gestes que nous avions l'un pour l'autre. Jamais je n'avais goûté à autant d'osmose.

- Toi aussi tu es très chic, petit koala, murmura-t-elle à mon oreille, son corps se pressant contre le mien et son parfum floral me chatouillant les narines. Je souris, amusé comme toujours de ce surnom - il fallait dire, et je m'en étais presque excusé la première fois qu'elle m'avait appelé de la sorte, que j'étais particulièrement tactile avec elle et que je réclamais sans cesse sa présence contre moi, sa main dans la mienne, son bras, son corps entre mes bras, parce que je me sentais vide quand elle n'était pas là - comme si j'avais peur qu'elle disparaisse...

La musique ne suffit pas à stopper le fil de mes pensées, mais j'étais entièrement concentré sur mes gestes ; je les connaissais par coeur mais je me plaisais à voir Ruby y répondre avec autant de fluidité et de facilité, comme si elle savait en réalité y faire. Et en dansant je ne la quittais pas des yeux, et le léger froncement de ses sourcils que je me connaissais bien m'indiquait combien elle était concentrée pour suivre mes pas, et comment elle cherchait à faire en sorte de ne pas me ralentir ou me gêner - elle avait toujours besoin de savoir qu'elle ne dérangeait pas, mais j'avais envie de la serrer contre moi et de lui dire, pourquoi me dérangerais-tu ? Ca n'arrivera jamais. Malgré sa tenue chic, son maquillage, sa coiffure, malgré son attitude de jeune femme, il m'apparut encore plus nettement que d'habitude la lueur au fond de ses yeux, celle de la petite fille cachée à l'intérieur et qui se trouvait probablement bien petite au milieu de cette fête pleine de gens, tous issus de famille comme la mienne, forcément un peu impressionnants.


- C’est comme ça que vous séduisez les jeunes filles, Monsieur Campbell ?

- Apparemment, ça finit par faire effet, répondis-je sur le même ton doux et avec un petit sourire, lui lançant un regard complice. Maintenant, cela m'amusait de me rappeler notre rencontre et la gifle qu'elle m'avait administré à la fin de la soirée, quand je songeais à la tournure qu'avaient ensuite pris les évènements.

Nous dansâmes encore, et tout près de nous il y avait Esther et Joseph qui tournoyaient eux aussi sur la piste de danse et ils se regardaient d'un air resplendissant - je mettais ma main à couper qu'ils versaient tous les deux une larme avant la fin de la soirée, tel que je connaissais Joseph, il aimait beaucoup à faire croire qu'il était un gros dur, mais il ne fallait pas grand chose pour toucher sa sensibilité. Mais j'essayais de penser à autre chose et cela ne fonctionnait pas ; je me rendis compte tandis que la musique s'approchait de la fin du morceau que ma main s'était refermée plus fort sur la taille de Ruby comme si je redoutais absolument la fin de la danse, comme si je savais pertinemment que ce serait la dernière. Je baissai un peu les yeux quand nous nous arrêtâmes, mais je vis clairement qu'elle se doutait que quelque chose n'allait pas, et je me laissais embrasser en fermant un instant les paupières, attirant sa taille menue tout contre moi.


- J’espère que je suis une bonne cavalière, parce que tu es à moi pour toute la soirée, fit-elle, enjouée, avant de m'entraîner vers le buffet.

Je devais décidément être bien mauvais comédien...


- Je ne peux pas espérer mieux, tu le sais bien, murmurai-je, autant pour elle que pour moi.

Je faillis refuser la coupe de Champagne qu'elle me tendit, par soutien, comme je le faisais souvent en soirée, ou bien j'attendais un peu, parce qu'il y avait toujours une part de moi qui non seulement s'inquiétait qu'elle soit tentée, mais qui aussi ne voulait pas lui donner l'impression qu'elle était toute seule de son côté. Mais je cédai, parce qu'un peu d'alcool ne serait pas de trop pour me remettre un peu de baume au coeur, et j'acceptai la coupe avec un petit sourire et en caressant sa main au passage.

Nous nous mîmes à discuter et comme je lui racontais les problèmes que Joseph avait eu pour réunir toute sa famille car elle était plutôt compliquée du côté de sa mère, Jess débarqua comme une furie pour réquisitionner Ruby, et je les laissais avec un sourire amusé régleur leurs problèmes de "filles" avant de retrouver notre bande d'amis avec qui nous étions partis en vacances, à laquelle les cousins de Joseph vinrent s'ajouter, et tandis que nous parlions, et que j'essayais de me noyer dans la conversation pour ne penser à rien d'autre, une force étrange me tirait, encore et encore, vers le fond. il faisait bon en cette fin de moi d'Août, il faisait chaud même, heureusement qu'un petit courait d'air filtrait par les grandes fenêtres - l'avantage du climat du Yorkshire était qu'il était toujours aéré par un petite brise qui tombait des collines. Mais je me sentais étrangement glacé de l'intérieur, et je détestais cette sensation, j'avais l'impression de me retrouver des années en arrière, sous l'orage qui battait son plein, les jambes dans l'eau fraîche, et si près de la catastrophe... Sans compte que la fin Août approchait et nous étions de plus en plus près du 4 septembre - comme chaque année, je faisais semblant de ne pas m'en apercevoir, mais le tic-tac sournois du temps qui passait ne manquait pas de résonner autour de moi.


- On va danser ?

La voix de Ruby me tira de mes pensées et j'acceptai sur-le-champ, mécontent de m'être laissé abattre encore une fois.

La musique était plus douce, et nous nous prîmes dans les bras. Je posai ma tête contre la sienne et laissai le tempo lent nous porter, tout en étant encore une fois victime de mes pensées. La peau dénudée de Ruby brillait sous la lumière des grands lustres au-dessus de la piste de dense, et je laissai mon regard se perdre dans les diamants de sa jolie robe, puis il remonta à la limite du tissu avec sa peau, et encore une fois je notai combien la forme de la robe sculptait si bien sa silhouette, laissant entrevoir son dos et ses belles épaules que ses cheveux cachaient moins qu'à l'habitude, sans parler de devant, où le corset de la robe épousait ses formes, ce qui n'était pas pour me laisser indifférent.

Mais je m'étais un peu crispé sur ses caresses, dans ma nuque, mon cou, tout comme je me laissais aller tout contre elle, partagé entre l'envie qu'elle me berce et celle de m'éloigner le plus possible car... Je ne pouvais pas. J'avais honte.


- Viens, on rentre, ça n’a pas l’air d’aller, dit-elle à la fin de la musique, m'entraînant déjà vers la sortie.

Je voulus protester, mais elle ne m'en laissa pas le temps et je devinai sa volonté toute tracée. Je laissai la fête derrière nous et la suivis, sans lâcher sa main, concentrant mon esprit sur le bruit feutré de nos pas sur les tapis, sur l'ambiance à la fois chaleureuse et un peu trop bourgeoise du grand manoir. Ruby allait me questionner, j'en étais certain. Et moi, qu'allais-je répondre ? Qu'étais-je capable de dire, jusqu'à quel point étais-je capable de mentir et de le supporter ? J'avais l'impression de marcher vers ma condamnation, ni plus ni moins. Je me laissai faire une nouvelle fois lorsqu'elle m'embrassa, ne relançant pas le baiser, mais ne la repoussant pas pour autant.


- Qu’est-ce qui ne va pas ? Je vais m’occuper de ça.

Un intense frisson me parcourut toute la colonne vertébrale, si intense qu'il me fit presque mal : Ruby avait ôté ma veste et ma chemise et m'avait poussé à m'installer sur le lit, et déjà ses mains glissaient sur mon dos alors qu'elle s'était installée tout contre moi, me murmurant des petits mots de réconfort à l'oreille. Et de plus en plus, j'avais envie de pleurer : je me sentais misérable, alors qu'elle était si parfaite ! L'ombre dans ses yeux n'était que celle de toute l'inquiétude qu'elle avait pour moi, et rien d'autre, ce n'était que mon état qui lui causait tout ce mal, et je m'en voulais encore plus, pris au piège de ce cercle bien vicieux. Je tentai un sourire, mais il sonnait faux, et je fermai les paupières, laissant ses mains masser mon dos - je devais bien avouer qu'elle avait un certain talent pour cela, c'était à la fois doux et décontractant, même si je ne me rappelais pas d'une fois où ça n'avait pas fini en autre choses que de simples messages. Pourtant, j'avais un noeud à l'estomac, et je n'arrivais pas à me détendre complètement : je refusai de me laisser aller.

- Tu es tout tendu, me gronda-t-elle. Ewan, qu’est-ce qui se passe ?

Je me redressai, abandonnant toute mes tentatives de me sentir un peu mieux, et m'assis à côté d'elle. Cette fois, ses sourcils étaient vraiment froncés, et elle me regardait droit dans les yeux, scrutant ce que je ne voulais pas dire. Je me sentis étrangement mis à nu, mais je ne baissai pas le regard - cette fois, elle comprendrait. Alors, doucement, je passai un bras autour de sa taille et me rapprochai, tout contre elle, glissant mon visage dans son cou, respirant son odeur, embrassant la peau de ses épaules, de son cou, avant de saisir son menton entre mes doigts et de déposer un baiser tendre sur ses lèvres, puis de lui sourire un peu. Mon coeur battait un peu plus, parce qu'elle était belle, parce que rien ne me faisait plus plaisir que ses baisers, et qu'avec un peu de volonté, lorsque j'étais ainsi avec elle, plus rien ne comptait, n'est-ce pas ? Ma main glissa le long de sa joue et de son cou, et caressa ensuite la tresse dorée de ses cheveux qui lui tombaient sur le côté.

- Je suis un simplement un peu triste, ne t'inquiète pas comme ça, mon amour, murmurai-je alors, la voix un peu suppliante.

« Mon amour », était-ce si douloureux que cela, avant ?! Je n'arrivais pas à m'en rappeler, mais en tout cas prononcer ces mots aujourd'hui me déchirait le coeur, comme s'ils étaient à la fois le poison et l'antidote.

Mais cela ne suffisait pas, et je le savais ; Ruby me connaissait trop bien pour cela.


- Je ne sais pas, tous ces gens qui me font penser à ma famille... Je secouai la tête - c'était vrai et faux aussi, je me fichais bien de ma famille et des ses traditions vieux-jeu, mais finalement n'était-ce pas ce qui me restait de famille qui était aussi la cause de mes tourments, aujourd'hui ? Et puis, les vacances se terminent bientôt, murmurai-je en haussant les épaules. C'était la fin, n'est-ce pas ? Elles sont passées trop vite... Je suis un peu nostalgique. Mais je sais qu'elles ne sont pas totalement terminées, repris-je en me forçant à sourire. Les jours qui restaient n'étaient pas encore derrière nous, heureusement.

Quémandant un baiser, je glissai ma main dans sa nuque et à la base de ses cheveux, attrapant ses lèvres pour qu'elle m'embrasse comme tout à l'heure, parce que je n'avais pas assez répondu, je n'en avais pas profité. Je me sentis frissonner une nouvelle fois, comme si j'avais froid, mais comment se pouvait-il ? Tout était tiède autour de nous - l'air, la chaleur de nos corps dirigés l'un vers l'autre, le parfum des roses qui remontaient de la roseraie juste en dessous de la fenêtre de notre chambre.


- Embrasse-moi, dis-je tout bas, en collant mon front contre le sien. J'espérais encore que ses baisers auraient le pouvoir de tout effacer, et de ne me faire sentir que cet amour qui nous unissait.

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°•. Lonely water, won't you let us wander, let us hold each other
Hold back the river, let me look in your eyes
Hold back the river, so I can stop for a minute and be by your side
Hold back the river, hold back .•°
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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: Love is blindness | Ruby   Dim 3 Nov - 0:24

Ce n’était pas de l’inquiétude habituelle. Elle ne s’appliquait plus à moi, à ce que je pouvais avoir fait ou dis. J’étais toujours sous pression, chaque petit élément pouvait bouleverser l’équilibre que j’essayais de bâtir. Mais voir Ewan dans cet état, non, ce n’était pas la même inquiétude qui me travaillait habituellement. J’avais peur de ce qu’il ressentait, de ce qui le peinait, mais je savais que j’avais la chance d’être là pour lui. C’était une certitude étrange qui me donnait assez de force pour me battre, à sa place s’il le fallait. En vérité, jamais je n’avais autant eu confiance en mon amour, en le sien, que ce soir. Nos vacances ensemble avaient été comme un test malgré elles, parce que je savais qu’elles allaient être parfaites, mais elles avaient été simplement au-delà de toutes mes espérances. J’en voulais encore, j’en voulais toujours. Ça m’était égal d’être excessive, je ne pouvais pas empêcher mon cœur de le ressentir de toute manière, j’étais dévouée corps et âme à Ewan, et j’avais fini par l’accepter. Je ne voulais pas lutter, hésiter, me questionner, pourquoi l’aurais-je fais ? Il me rendait heureuse. J’avais la sensation d’être complète. Peut-être que c’était ce que j’essayais de faire passer tandis que mes mains glissaient le long de son dos ? C’était comme si mes doigts, entre ses omoplates, voulaient combler les trous à l’intérieur, remettre en place les pièces manquantes. S’il y avait bien quelque chose que je savais, maintenant, c’était que l’amour était l’unique remède. J’avais été assez seule longtemps pour en être consciente, et pour réaliser que peu importe tout ce que j’avais fait pour m’en sortir, rien n’avait fonctionné si ce n’était accepter d’être moi-même et me laisser être aimée et aimer à mon tour.

Et je voulais croire que peu importe la peine d’Ewan, je pouvais trouver un remède, ou simplement alléger sa tristesse. Je plongeai mes yeux dans les siens, cherchant un indice, quelque chose, mais je le sentais se refermer petit à petit, tandis que j’essayais en vain de le sonder. Je faillis lui dire quelque chose, mais il me prit de court lorsqu’il glissa son bras autour de ma taille avant de se loger contre moi. Son visage vint épouser le creux de mon cou, et je fermai les yeux un instant, frissonnant. Une nouvelle fois, tout était balayé par son simple amour. Ses lèvres se posèrent sur ma peau, petit à petit, puis Ewan saisit délicatement entre ses doigts mon menton, tout doucement, pour déposer un baiser sur mes lèvres entrouvertes. Je n’opposai pas de résistance, au contraire, lui répondant avec toute la tendresse dont j’étais capable. Il s’écarta et eut un petit sourire qui suffit à me rassurer, et ma main chercha la sienne pour y entremêler nos doigts.


- Je suis un simplement un peu triste, ne t'inquiète pas comme ça, mon amour, dit-il d’une petite voix qui ne fit que contracter mon cœur un peu plus.

Bien sûr que je m’inquiétais comme ça, n’était-ce pas le propre de l’amour ? De sentir ses émotions me traverser, décuplées, bien plus fortes et douloureuses ? Et je n’en comprenais pas l’origine, et ça me paniquait un peu plus, de ressentir une peine dont j’étais incapable de définir la cause, si ce n’était qu’elle était liée à celui que j’aimais – que j’aimais bien plus que ma propre personne. Je ne voulais pas qu’il balaye tout d’une simple excuse, je voulais comprendre mais à la fois, il m’était impossible de le brusquer. Je lui souris tout doucement, essayant de le mettre en confiance du mieux que je pouvais malgré la tristesse qui commençait à m’envahir malgré moi. Mais à l’intérieur, je savais encore que je l’aimais assez pour être forte. Et ça avait toujours été étrange, combien j’étais forte pour lui, et lui pour moi, comme si nous étions incapables de nous aimer nous-même pour nous aider, mais combien l’amour que nous portions à l’autre nous obligeait à nous dépasser. C’était une sensation nouvelle, mais je savais qu’elle était quasi-permanente : mon besoin de savoir Ewan heureux me dépassait complétement, c’était plus qu’une envie mais une nécessité, comme si mon cœur ne pouvait pas battre clairement à l’idée qu’il n’ait pas le bonheur qu’il méritait.


- Je ne sais pas, tous ces gens qui me font penser à ma famille... J’hochai silencieusement la tête. Le prénom de Jamie vint se poser sur mes lèvres, mais je le chassai. Si Ewan n’en parlait pas, je n’étais pas sûre qu’il le veuille, et je ne voulais pas plonger dans des sujets trop sensibles sans qu’il m’en donne la permission. Je savais que je courrais le risque qu’il se referme un peu plus. Et puis, les vacances se terminent bientôt. Elles sont passées trop vite... Je suis un peu nostalgique. Mais je sais qu'elles ne sont pas totalement terminées, ajouta-t-il.

J’étais surprise, mais il ne me laissa pas le temps de répondre car déjà, il chercha mes lèvres, et comme pour lui prouver que oui, les vacances n’étaient pas totalement terminées, que ce sentiment de sérénité qui nous habitait ne s’envolerait jamais vraiment, je l’embrassai avec autorité. Je sentis son corps se détendre du bout de mes lèvres, et j’eus un mince sourire. Je voulais qu’il aille mieux. Mes doigts caressaient son avant-bras, et mon cœur enflait dans ma poitrine. Pourtant, lorsque notre baiser s’acheva, le visage d’Ewan semblait tout aussi triste, une ombre peignant ses traits et obscurcissant ses doux yeux bleus.


- Embrasse-moi.

Mon cœur se contracta tout entier, ainsi que mon corps, et je m’écartai un instant, dévisageant Ewan un moment. Mes mains remontèrent, cherchant son visage que j’encadrai de mes doigts, et pendant un moment, je ne dis rien, caressant simplement ses joues. Mes yeux braqués dans les siens voulaient tout dire. Ils le suppliaient de me parler, de se confier, ils voulaient lui faire comprendre combien je l’aimais, et finalement, je me penchai vers ses lèvres pour lui livrer ce baiser qu’il venait de demander. Il fût d’abord tendre, puis mes bras s’enroulèrent autour de sa nuque et je me pressai un peu plus contre lui, l’embrassant avec plus de force, ne lui laissant pas vraiment le choix de s’écarter ou de répondre : j’étais celle qui donnait le baiser. Je m’appuyai tant contre lui que je le sentis basculer, et je me retrouvai au-dessus de son corps appuyé contre le matelas, mais je ne cessai pas de l’embrasser. Je le fis jusqu’à que, littéralement, je n’ai plus de souffle, qu’il n’en ait plus non plus, et que je me sente presque vidée de toute l’énergie que m’avait demandé ce baiser. Ce n’était pas un baiser, d’ailleurs. C’était une déclaration.

M’appuyant, sur mes avant-bras, je me redressai, et plongeai mes yeux dans ceux d’Ewan, lui adressant un sourire timide. L’une de mes mains vint se poser sur son cœur.


- Je veille dessus, dis-je tout doucement, et je me penchai, déposant un baiser là où mes doigts caressaient déjà, sentant son cœur crépiter sous mes lèvres. Je fermai les yeux, et callai ma tête contre son torse, et j’écoutai les battements de son cœur en souriant – il était légèrement agité. Je laissai Ewan m’entourer de ces bras, tout entier, et je me recroquevillai contre lui, souriant en silence pendant un long moment. J’aurais voulu que cela suffise pour chasser toutes ses peines, mais je savais aussi d’expérience que parfois, on ne pouvait pas lutter contre les poids qui, accrochés à nous, nous tiraient lentement vers le bas. Je finis par me redresser un peu, et fis basculer Ewan pour qu’il s’allonge sur le côté, tout comme moi, et nous nous faisions face. Ma main chercha son visage que je caressai un instant, cherchant son regard, frissonnant tandis qu’il embrassait ma paume. Tu sais, moi aussi ça me rend un peu triste que les vacances se terminent, elles étaient… Je marquai une pause, cherchant mes mots, baissant un instant les yeux, envahie de toutes ces émotions qui m’intimidaient. Je n’aurais pas pu rêver mieux. Je laissai échapper ma confidence dans un murmure, et me penchai vers les lèvres d’Ewan pour y déposer un unique baiser. Mais on en aura d’autres, dis-je d’une petite voix confiante. Je fermai les yeux et me glissai un peu contre Ewan, laissant ses bras m’étreindre. J’eus un sourire qu’il ne put voir, puisque j’avais glissé mon visage dans sa nuque, et je restai là, toute contre lui, respirant régulièrement comme s’il était mon oxygène. J’ai l’impression d’être une personne meilleure avec toi. Merci, conclus-je simplement.

Je ne sais pas trop combien de temps je restais dans ses bras, mais il me semblait que de toute manière, ce n’était jamais assez longtemps. Mais j’étais consciente que c’était à moi de m’occuper de lui, et je finis par m’écarter, et je lui fis signe de se redresser un peu. Puis, je m’appuyai un peu contre les coussins, et j’invitai Ewan à venir se nicher dans mes bras, mes doigts caressant la peau nue de son torse tout doucement. Je callai son visage contre ma poitrine, appuyant ma joue contre le sommet de son crâne, embrassant de temps à autre son visage. N’étais-je pas ce qui suffisait ?... Qu’il sache qu’il était tout pour moi ? Moi, c’était la seule chose qui pouvait me rassurer. Savoir qu’il était là. Alors, savoir ma présence à ses côtés, est-ce que ça pouvait le rendre un peu plus heureux aussi ? C’était étrange. Plus je le câlinais, plus je sentais qu’il s’abandonnait, mais qu’il s’abandonnait en se refermant un peu plus. Peut-être que ce n’était simplement pas le bon moment pour parler ? J’étais inquiète, mais m’obligeai à me rassurer. Nous parlerions plus tard, n’est-ce pas ?

Je finis par me redresser un peu, l’obligeant à sortir de mon étreinte.


- J’ai une idée, dis-je d’une petite voix tendre et malicieuse. Je déposai un baiser sur ma joue et me levai du lit, cherchant dans ma valise. J’avais prévu de t’offrir ça à la fin des vacances, mais bon, je crois que tu en as plus besoin ce soir, décrétai-je en haussant les épaules.

Je cherchai dans mes affaires quelques secondes – tout était si ordonné que je connais la place de chaque chose. J’en sortis un petit cadeau, de la taille et la forme d’un poing, enveloppé dans du paquet cadeau argenté sur lequel se reflétait des plumes. Je m’approchai d’Ewan, qui s’était assis au bord du lit, et j’appuyai ma tête sur ses genoux, le regardant, amusée, avant de me redresser et, toujours assise sur le sol, mes genoux pliés, je tendis le cadeau à son futur propriétaire. J’appuyai mes coudes sur ses genoux, le visage dans le creux de mes paumes, tourné vers Ewan dont le visage affichait une mine curieuse.


- Ce n’est pas grand-chose, prévenais-je immédiatement, mais c’est un peu spécial, ajoutai-je tout de même avec un sourire. Je sentis mon cœur battre un peu plus vite malgré moi, tandis qu’Ewan déchirait avec précaution le paquet cadeau. En fait, il y a un message secret qui n’apparaît que lorsque tu te sens seu…

Mais je me tus, et je sentis mon corps s’affaisser. Je m’écartai, reposant mes mains sur mes genoux repliés, mes doigts se cherchant pour se tordre nerveusement. Instantanément, les larmes m’étaient montées, mais je les retins derrière mes longs cils.

Le cadeau était une boule à neige, toute simple, où l’on voyait deux petites figurines, un cygne et une biche dans les rues d’un petit village – Pré-au-Lard, dans mes idées – l’un face à l’autre, et quand on agitait la boule, la neige tombait comme dans une tempête, recouvrant les deux petits animaux de flocons blancs. Mais il existait un effet un petit plus secret, mais que je n’aurais jamais cru voir. Je n’étais même pas sûr qu’il existait à vrai dire. Mais j’en avais, tristement, la preuve, ce soir.

Lorsque le possesseur de la boule à neige se sentait seul, les flocons qui tombaient sur l’un des toits de la maison formaient les mots « je t’aime ».


- Seul, achevai-je, bien trop tard. Je levai mes yeux vers Ewan, déboussolée. C’était comme si soudain, toutes mes certitudes s’étaient écroulées. Mais pourquoi, laissai-je échapper, tout à coup désespérée. Je suis là, murmurai-je d’une toute petite voix triste, et mes yeux se baissèrent. J’ai fait quelque chose de mal ?

J’avais posé ma dernière question d’une voix tremblante, le cœur au bord des lèvres, prêt à exploser à tout instant.

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MessageSujet: Re: Love is blindness | Ruby   Mer 6 Nov - 20:33




***
You're not as brave as you were at the start
Rate yourself and rake yourself,
Take all the courage you have left
Wasted on fixing all the problems
That you made in your own head

But it was not your fault but mine
And it was your heart on the line
I really fucked it up this time
Didn't I, my dear?



La façon dont elle me regardait n'arrangeait rien. Comment aurait-elle pu ? C'était toute ma culpabilité qui s'agitait douloureusement, brûlée à vif par le regard si inquiet et protecteur de Ruby. Elle m'avait sorti de la tourmente de mes souvenirs, et depuis que j'avais compris les sentiments qui nous liaient, il n'y avait pas eu une seconde durant laquelle j'avais senti cette sensation d'étouffement, de courant à la force implacable qui me ramenait inlassablement sous la surface de l'eau. J'avais envie de disparaître, de me prendre le visage entre les mains et de m'aveugler, de ne plus être là, de ne plus subir cette intense pression qui revenait vers moi, plus forte encore. Quitter Ruby me ferait replonger et je le savais ; quitter Ruby briserait tout ce que nous avions construit de nos propres mains, de nos propres forces réunies, quitter Ruby briserait son cœur malgré tout l'amour que je lui portais, et je me détestais de m'être donné ce pouvoir et de ne pas en être digne. J'avais horreur du choix que j'avais fait, horreur de ce que j'étais en train de faire, mais ma lâcheté me retenait prisonnier. J'avais horreur de moi, et tout mon être se retournait contre lui-même. Je ne supportais pas les gestes tendres de Ruby, son affection, son inquiétude – comment aurais-je pu, alors que j'étais un menteur, et un bien pauvre menteur même pas capable de tenir le mensonge jusqu'au bout ! Comme des petites serrures, les unes après les autres, tout se verrouillait à l'intérieur de moi. J'étouffais déjà : j'allais replonger. Une part de moi se raccrochait aux raisons que j'espérais valables. Depuis la mort de Jamie, ma famille n'existait plus, elle avait implosé, elle avait vrillé sur elle-même et tous les éléments avaient été expulsés, loin. Ma mère s'était enfermée dans ce paraître encore plus fort qu'auparavant, mon père était parti à l'autre bout du monde et était loin de nous dans tous les sens du terme. Il me semblait que j'étais le seul debout malgré tout, ou qui tentait de l'être. Et je ne pouvais pas abandonner. Je ne pouvais pas faire ce que je leur reprochais – s'il restait un infime espoir que mon père lance se société et la remette sur les rails, un infime espoir qu'il accepte de voir que sa vie n'était pas là-bas mais avec nous, et qu'il revienne… Je devais m'y accrocher, n'est-ce pas ?... Mais je doutais, et ma solitude était dévastatrice ; Jamie me manquait plus que tout et d'une telle force qu'elle me brisait en deux. Je m'accrochais désespérément à Ruby mais elle n'était déjà plus d'une silhouette qui s'éloignait… Elle m'échappait, et même si cela était de ma faute, mon cœur se brisait d'avantage parce qu'il savait que sans elle, il n'y arriverait pas.

Comment lui expliquer tout cela, comment espérer qu'elle me pardonne ? Les causes et les conséquences de mes actes étaient si intimement liées que je ne pouvais m'en prendre qu'à moi – mais j'acceptais cette punition, maigre consolation que j'allais souffrir moi aussi, alors que je laissais derrière moi une fissure béante.

Il m'était difficile de soutenir son regard, 'y lire tout ce qu'elle m'offrait, et je fermai les paupières quand elle m'embrassa enfin, m'abandonnant complètement à ses caresses. Seule ma main attrapa sa taille et s'y accrocha, mais pour le reste je lui laissai le monopole de mener notre baiser, incapable de reprendre le dessus, alors que j'aurais dû. J'étais perdu : la honte, la peur, le chagrin, tout se mélangeait en moi, et m'anéantissait. Pourtant, Ruby était là, tout contre moi… Et quand son baiser se fit plus passionné, que ses bras m'agrippèrent et qu'elle nous fit basculer sur le lit, comme un faible petit battement d'aile, quelque chose se raviva au creux de mon cœur… Son pouvoir à elle, qui ne faiblissait pas. Je parvins même à lui sourire un peu quand elle se redressa au-dessus de moi : je savais que jamais je n'oublierai ces moments-là. Ils avaient été les plus beaux de ma vie.


- Je veille dessus, murmura-t-elle, la main sur mon cœur, avant de l'embrasser. Il s'ébroua un peu plus et je fermai les yeux, de bonheur cette fois, même s'il n'était qu'une petite parenthèse.

Doucement, je posai ma main en coupe sur ses cheveux, alors qu'elle s'était blottie tout contre mon cœur. Et toi, qui veillera sur toi ? me demandai-je tristement. J'essayai de trouver du réconfort : elle avait Lizlor, Sara, ses amis à Poudlard. Ruby n'était pas quelqu'un que l'on pouvait laisser ou ignorer et j'avais suffisamment conscience qu'elle était appréciée pour ne pas craindre qu'elle se retrouve seule. Mais c'était autre chose : c'était elle qui ne veillerait pas sur elle et je le savais bien… Après tout ce qui était arrivé, ce que j'allais lui infliger la blesserait d'avantage, et j'avais l'impression de mettre moi-même le feu aux ailes du petit oiseau que j'avais recueilli. Mais je ne pouvais pas choisir : elle, et ma famille s'écartelait à tout jamais, comment aurais-je pu vivre avec cette culpabilité ? Alors, j'avais l'espoir que ceux qui aimaient Ruby mieux que moi réussiraient à l'empêcher de sombrer.


- Tu sais, moi aussi ça me rend un peu triste que les vacances se terminent, elles étaient… Je n’aurais pas pu rêver mieux, avoua-t-elle sous ses paupières baissées, alors que nous étions face à face, l'un tout contre l'autre. Je me forçai à sourire, tandis que ma main caressait doucement son dos. Mais toujours, les mêmes petits picotements naissaient au bout de mes doigts au contact de sa peau, et se propageaient jusqu'à mon cœur pour ensuite exploser en moi comme un petit feu d'artifice doré. Je répondis à son baiser en déposant ma main sur sa joue et en lui souriant une nouvelle fois, simplement parce que cette proximité, cette senation de n'exister que dans ses bras réussissaient à me faire oublier le reste du monde, comme un abri sous l'orage. Mais on en aura d’autres, acheva-t-elle.

Cette fois, elle brisa elle-même la bulle qui me prptégeait, et cette sensation de fin fut si abrupte, plus que toutes les autres fois, que je la serrai instinctivement contre moi, enfouissant mon visage dans ses cheveux. Qu'avais-je fait ! Et surtout, quand allais-je réussir à le dire?... Plus j'attendais, plus l'attente était néfaste, mais plus je repoussais le terme, plus j'avais l'impression qu'il ne viendrait jamais. J'aimais Ruby, par dessus tout, et j'aurais aimé trouver comment lui montrer que mon départ ne changerait jamais cette vérité là. Mais plus le temps passait… Plus je savais que la tâche serait impossible. Après tout, elle était jeune, n'est-ce pas ? Elle s'en remettrait… Oui, les histoires d'amour qui se terminent top tôt n'arrivaient pas qu'à nous, et je misais tout mon espoir sur le fait qu'elle s'en relève, qu'elle devienne par la suite la jeune femme puis la femme que j'admirais déjà. Je ne pouvais pas me permettre de lui demander de m'attendre : pour combien de temps ? Je ne le savais même pas. Et puis, même après ses études, je ne pouvais pas lui demander de venir me rejoindre : elle avait sa vie, ici.


- Oui, dis-je seulement, presque comme un réflexe de défense. Il m'était impossible de prononcer la vérité : il m'était, en cet instant, impossible de l'envisager.

Ce que je ressentais pour Ruby n'évait pas d'égal, pas de précédent. Je l'aimais de toute mon âme, sans pouvoir me raisonner sur l'étendue de mes sentiments. C'était plus fort que moi – que nous. Je l'aimais pour la personne qu'elle était, cette façon de paraître s'excuser de vivre par moments alors qu'elle était sans doute la plus valeureuse et la plus attentionnée que je connaisse, pour tout ce qu'elle faisait naître en moi, pour le fait qu'elle me faisait me sentir important, unique, parce qu'elle me comprenait, que petit à petit elle m'avait laissé la comprendre elle aussi et que j'avais eu l'impression de découvrir un trésor…


- J’ai l’impression d’être une personne meilleure avec toi. Merci.

Je ne dis rien, déposant un baiser sur son front. Une meilleure personne : voilà ce que j'aurais aimé être pour elle. Et puis, combien de temps allait-elle ressentir cela ?...

Encore une fois, je la laissai me prendre en charge, m'installer au creux de ses bras, le visage contre sa poitrine. Je me blottis tout contre elle, constatant les yeux fermés que je pouvais dessiner chaque détail de son corps dans mon esprit, jusqu'au petit grain de beauté au creux de son décolleté, à la courbe de ses sourcils, au galbe de sa taille, tandis que son cœur battait tout contre mon oreille. Mais plus je me rendais compte combien je m'abandonnais dans ses bras, plus je sentais les serrures se verrouiller un peu plus, et plus cette colère à mon égard grandissait parce que non seulement je causais les troubles, mais je ne les assumais pas, et j'étais incapable de me ressaisir. Cela avait un douloureux écho avec comment j'avais toujours agi dans de telles situations, même s'il m'avait peu été donné d'en connaître. Les rares moments où j'avais été volontairement méchant avec Jamie parce que nous nous étions disputés ressemblaient à ça. Incapable de reconnaître mes torts ou de faire un geste, je préférais me dire que la solution viendrait d'elle-même. Mais ce n'était pas le cas, et ça ne le serait jamais, n'est-ce pas ?


- J’ai une idée, me devança Ruby alors que j'essayais de me reprendre. J’avais prévu de t’offrir ça à la fin des vacances, mais bon, je crois que tu en as plus besoin ce soir, et elle se leva.

Malgré tout, j'eus un petit sourire surpris et je la suivis des yeux, curieux de voir ce qu'elle avait en tête, tandis que la tiédeur de l'air me paraissait un peu plus fraîche maintenant qu'elle n'était plus contre moi. Quand elle revint, je m'étais redressé au bord du lit, et elle s'accouda sur mes genoux, un paquet argenté entre les mains.


- Ce n'est pas juste, protestai-je en croisant son regard pétillant – il me fit bondir le cœur et je secouai la tête d'un air mi-désapprobateur, mi-amusé. Je ne lui avais rien offert, moi.

- Ce n’est pas grand-chose, mais c’est un peu spécial. En fait, il y a un message secret qui n’apparaît que lorsque tu te sens seu…

Je compris en ouvrant le paquet, et trop tard, que ces quelques instants plus légers allaient vite être rattrapés par ce qui se tapissait dans l'ombre. A quoi bon lutter ? A quoi bon faire des barrages, des ponts, des digues ? La force des vagues est toujours la plus forte – toujours.

- Seul, dit-elle en s'écartant, brusquement plus fragile dans son attitude. Ses mains se crispèrent et les miennes en firent de même autour du cadeau : les flocons qui tourbillonnaient autour du petit paysage d'hiver, du cygne et de la biche, venaient de former quelques lettres, par magie. Je sentis mon cœur rater un battement. Mais pourquoi ? Je suis là. J’ai fait quelque chose de mal ?

Délicatement, et le cœur battant brusquement à nouveau, sentant un nouveau désespoir m'envahir, différent, je posai la petite boule à neige sur la table de nuit, avant de me pencher vers Ruby et de prendre ses mains entre les miennes. C'était impossible : je ne pouvais pas supporter qu'elle s'en prenne à elle alors que parmi toutes les causes, pas une seule fois, elle n'y avait sa place. Sans doute que son regard tout d'un coup plus humide et appeuré fut le déclic, mais je sentis que je me redressai enfin, que je me détachai de cette carapace qui se formait en moi. En serrant ses mains, le courage me revint, et j'attirai Ruby vers moi à nouveay, incapable de supporter – belle ironie du sort – les quelques et soudains centimètres qui nous séparaient. Je secouai la tête pour nier ses paroles, caressai sa joue, puis lui indiquai de se mettre sur mes genoux. Quand elle se fut assise, j'entourai sa taille de mon bras, et la regardai tout entière, ses jambes, son corps, et enfin son visage tourné vers moi, ses yeux. Je lui souris et l'embrassai sur le nez, puis sur les lèvres.

- Non, protestai-je avec assurance. Ce n'est pas toi. Toi… Elle n'aimait pas qu'on la qualifie ainsi, mais… Toi, tu es parfaite, pour moi. Tu es tout ce dont j'ai besoin.

Je l'embrassai doucement, attirant ensuite sa tête sur mon épaule – sa peau nue et le tissu de sa robe me faisaient frissonner dès qu'ils touchaient ma peau.

- J'aimerais juste pouvoir tout oublier, de temps en temps, par exemple que mon père est à l'autre bout du monde et que mes parents s'ignorent tout autant qu'ils m'ignorent, soupirai-je avec amertume. Mais bon, tant pis, conclus-je en haussant les épaules, un peu gêné de m'être laissé aller dans ce genre de confidences alors que je me plaignais de choses bien futiles si je les comparais à ce qu'avait vécu Ruby. Tu es là, il n'y a que ça qui compte. Merci pour le cadeau…

Cette fois, j'initiai le baiser, plongeant avidement ma main dans sa nuque et la caressant, le cœur battant, puis mes lèvres attrapèrent les siennes et je me laissai glisser dans les sensations que me provoquaient ses baisers… Ma main se raffermit autour de sa taille pour la serrer plus contre moi, et petit à petit, mon autre main caressa ses épaules, la base de son cou et s'aventura jusqu'à la limite du décolleté de la robe. J'avais sans doute envie de l'étreindre pour de mauvaises raisons : parce que j'avais peur, parce que je savais que bientôt je ne pourrais plus ? Mais en tout cas je cherchais un refuge dans ses bras, dans ses caresses, m'éloignant de tout ce que j'avais en tête, et de la jolie petit boule à neige qui m'avait rappelé innocemment ce que j'étais et que je ne pouvais pas changer : seul.

_________________




°•. Lonely water, won't you let us wander, let us hold each other
Hold back the river, let me look in your eyes
Hold back the river, so I can stop for a minute and be by your side
Hold back the river, hold back .•°
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Ruby Standiford-Wayland
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Particularités: « and from the rain comes a river running wild that will create an empire for you. »
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Âme soeur: « Lover, when you don't lay with me I'm a huntress for a husband lost at sea. »

MessageSujet: Re: Love is blindness | Ruby   Mer 13 Nov - 22:19




"Opened up his little heart
Unlocked the lock that kept it dark
And read a written warning
Saying 'I'm still mourning
Over ghosts
Over ghosts
Over ghosts
Over ghosts that broke my heart before I met you'

Lover, please do not
Fall to your knees
It's not
Like I believe in
Everlasting love."



C’était horrible de constater à quel point mes certitudes n’étaient qu’un château de carte prêt à s’écrouler. Pourtant, au fond, j’étais sûre de tant de choses concernant Ewan. J’étais amoureuse de lui, et je savais qu’il m’aimait aussi, je refusais un instant de douter de ça. Mais ce n’était pas parce que deux personnes s’aimaient qu’elles étaient forcément bien ensemble, et si pour ma part c’était vrai, j’étais heureuse, mes émotions n’étaient pas forcément les siennes. Je revoyais nos vacances, et je n’arrivais pas à y croire : Ewan n’était pas un aussi bon comédien, et j’étais bien trop prudente pour m’être laissée aveugler à ce point. Nous nous étions amusés ensemble, tous mes souvenirs étaient encore palpitant dans ma poitrine, et je savais qu’ils étaient aussi intenses parce que je les avais partagé avec la personne que j’aimais. Comment Ewan pouvait-il alors se sentir seul, encore plus ce soir ? Je savais qu’il était triste, mais nous étions ensemble, tous les deux, et si ce n’était pas que moi, il y avait Joseph et tous les autres… Comment pouvait-il avoir le sentiment de n’avoir personne ? N’étais-je pas assez pour qu’il se sente bien ? J’essayais tellement fort… Et soudain, j’avais l’impression d’être vide, inutile, de ne pouvoir rien faire, de n’avoir jamais rien pu faire. Je ne voulais pas pleurer, je ne voulais pas pleurer, mais c’était comme si on m’avait ôté toutes mes forces en quelques secondes.

Alors quand Ewan prit mes mains dans les siennes, je ne les serrai pas, n’osant pas non plus réellement le regarder. J’étais partagée entre la peur qui rongeait mes entrailles, car je ne savais pas ce qui m’attendait, et cette soudain tristesse qui s’était abattue alors que je ne cessai de me répéter que je devais avoir confiance – et pourtant, ne venait-il pas de me prouver le contraire ? Il me releva, et je m’installai sur ses genoux, le visage fermé, baissé. Mais une nouvelle fois, ses gestes étaient si tendres que je me sentais à nouveau bercée par son amour, et je voulais y croire, je voulais me dire que je n’étais pas la cause de tout ça… Mais en train croire et savoir, où était la limite ?


- Non. Ce n'est pas toi. Toi… Toi, tu es parfaite, pour moi. Tu es tout ce dont j'ai besoin.

Je le laissai m’embrasser, ne pouvant pas réellement réagir. J’étais parfaite pour lui ? Je ne savais plus si je devais avoir confiance. J’avais le sentiment d’être fasse à un choix, celui d’avoir confiance et celui de douter, et c’était ce dernier que j’avais toujours pris. Je ne prenais rien pour acquis, et je savais que les choses pouvaient imploser d’un instant à l’autre, que rien n’était gagné d’avance et qu’il fallait perpétuellement combattre. Les exemples étaient si nombreux : mes parents, mon enfance, Hadrian, Lizlor et Stephen, tout pouvait basculer en une minute, et que pouvais-je bien faire ? Je voulais tout porter à bout de bras, aider, sauver, mais ça ne fonctionnait pas toujours parce que je n’étais pas la seule impliquée, mais aussi que malgré tout ce que pouvait dire Ewan, je n’étais pas parfaite. Moi aussi, je faisais des erreurs, et mêlées à celle des autres, cela pouvait rapidement dégénérer. Mais… Mais avec Ewan, n’était-ce pas unique ? Oui, c’était facile de dire cela à chaque fois, mais c’était ce que je ressentais, et si je devais choisir… Je voulais choisir d’y croire, parce que je l’aimais.

- J'aimerais juste pouvoir tout oublier, de temps en temps, par exemple que mon père est à l'autre bout du monde et que mes parents s'ignorent tout autant qu'ils m'ignorent. Mais bon, tant pis. Tu es là, il n'y a que ça qui compte. Merci pour le cadeau…

Je n’eus pas le temps de répondre que déjà Ewan m’embrassait, et je ne savais pas si c’était ce qu’il venait de dire, cette tristesse que j’avais senti dans sa voix, ou la passion qu’il mettait dans notre étreinte tout à coup, mais je n’eus pas la force de lutter. Je répondis à son baiser avec amour, mes mains caressant sa peau toujours nue, cherchant à refermer les plaies invisibles. J’étais un peu énervée de son attitude, une nouvelle fois, de cette manière qu’il avait de ne pas prendre soin de lui et de prétendre que ce n’était pas grave. C’était comme si on rallumait un peu le feu qui avait failli s’éteindre, et la force qui m’avait quitté quelque instant auparavant revint plus violemment. Je m’écartai, fronçai les sourcils malgré moi, et plongeai mon regard dans le sien, plus autoritairement que je ne l’aurais voulu. J’avais fait mon choix : croire, et me battre.

- Je te jure que si tu dis encore que c’est tant pis… Commençai-je, et n’y tenant plus, je l’embrassai avec autorité, pressant mes mains dans sa nuque, sentant mon souffle s’emballer malgré moi. Je suis là, et moi je ne t’ignorerais pas et… Et je voudrais que les choses s’arrangent, murmurai-je, me remettant à l’embrasser. Nos corps, impatients, se pressaient un peu plus, mais je sentais encore que quelque chose retenait Ewan. Et il n’était pas question qu’il soit encore triste. Je voulais que mes caresses puissent être aussi puissante que les siennes, venir recueillir sa peine et empêcher qu’elle l’étouffe. Mais je ne vais pas te laisser, moi, tu n’as pas à te sentir seul, achevai-je d’une petite voix.

Puis je me remis à l’embrasser avec plus de force et de tendresse, sentant qu’il abaissait ses défenses et me répondait avec de plus de passion. Je l’aimais, songeai-je, je l’aimais et c’était la seule chose qui devait compter. Timidement je me levai et fis glisser la robe le long de mon corps, empêchant du regard Ewan de le faire. Il me regardait avec une telle intensité que je me sentais frémir, et je l’invitai à s’allonger sur le lit où je me mis à l’embrasser avec plus de passion, mais toujours calmement, mes mains glissant sur son corps pour ôter ses habits en souriant malicieusement. Mais toujours, j’avais cette impression qu’Ewan était un peu loin, et pourtant, plus mes lèvres s’attardaient sur sa peau, plus ses mains cherchaient ma peau. Alors, finalement, je me penchai à son oreille.


- Fais-moi l’amour, murmurai-je, dans un écho à ce qu’il m’avait demandé quelques instants plus tôt.

Ce fût comme si tout à coup il reprenait possession de lui et se souvenait que j’étais là – ses lèvres attrapèrent les miennes avec plus de rage, et descendirent embrasser mon cou et bientôt mon décolleté tandis que mon corps se tendait sous le désir qui m’envahissait. Je voulais lui montrer que j’étais là, toujours, mais je compris bien vite que je me coulais dans son amour, et le laissais prendre le dessus, comme il le faisait la plupart du temps. Nos corps se répondaient, nos soupirs se murmuraient des mots d’amour, et nos mains cherchaient à se rattraper à quelque chose de tangible, à nos peaux brûlantes qui se rencontraient et provoquaient des étincelles. Plus que jamais, nous nous étreignons, et j’eus cette sensation qu’Ewan me serrait dans ses bras plus que d’habitude, et j’avais encore plus de mal à respirer dans le moment était intense. Mes lèvres cherchaient les siennes comme pour le rassurer, mes yeux tentant de rester ouvert pour trouver les siens, pour lui rappeler que j’étais là. Tout mon corps se mouvait, se contractait, et bientôt, je compris qu’il me serait impossible de répondre de quoi que ce soit dans un instant – j’appuyai mon front contre celui d’Ewan, cherchant son regard une dernière fois, avant de sentir ma respiration me trahir et se perdre dans un ultime soupir.

Il me fallut un moment plus long que d’habitude pour reprendre mon souffle, et j’étais dans les bras d’Ewan qui ne semblait pas vouloir me lâcher. Je finis par nous glisser sous la couette, et j’invitai Ewan à poser s’appuyer tout contre moi tandis que mes mains caressaient déjà son corps, ses cheveux, son visage, et j’accompagnai mes gestes de baisers jusqu’à que bientôt, je sentis qu’Ewan s’endormait. Alors, avant qu’il ne le fasse complétement, je me penchai et soufflai dans son oreille :


- Je serais toujours là, Ewan.

Je sentis qu’il me serra dans ses bras plus fort, et j’eus un sourire paisible, me laissant aussi entraîner dans un sommeil, avec une unique pensée : j’avais choisi de lui faire confiance, et je ne voulais jamais regretter mon choix.

_________________
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I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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