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On all the battles [R.S]

 
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 On all the battles [R.S]

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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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Localisation : Ben regarde, sur ma licorne magique... Ah, tu la vois ? Okay, arrête le jus de citrouille alors, visiblement ça te fait pas que du bien.
Date d'inscription : 26/02/2010

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Particularités: J'ai dix doigts. C'est fou hein.
Ami(e)s: C'est comme la poussière d'étoiles. Si t'y prends pas gaffe, elle s'effrite entre tes doigts...
Âme soeur: Il a un petit faible pour les cow-girls.

MessageSujet: On all the battles [R.S]   Mar 15 Oct - 13:33

Non, le principe d'une soirée entre filles, c'était bien que justement, dans l'idée, il ne devait y avoir que des filles, et non il ne viendrait pas et oui ce n'était pas juste. Je haussai les épaules en regardant ailleurs mais sans pouvoir m'empêcher de sourire ce qui me valut de devoir rattraper Chuck en quelques foulées dans le couloir en attrapant son bras pour le retenir et en faisant la promesse de ne pas trop m'amuser comme il ne serait pas là – il insista encore un peu de manière détournée parce que pour lui une fête où il ne s'y trouvait pas n'était pas vraiment une fête, surtout si moi j'y allais et qu'il restait sur le banc de touche, mais c'était comme ça et ce soir, c'était chacun de son côté, même si je ne doutais pas qu'il allait vite trouver de quoi s'occuper, parce que c'était ce qu'il savait faire de mieux et lorsque je lui suggérais de mettre cette soirée à profit pour rédiger le devoir d'Arithmancie ce fut lui cette fois qui me poussa de l'autre côté, pendant que j'essayais de lui faire un dernier bisou en évoquant vaguement que se serait tout à son avantage s'il était encore réveillé lorsque je reviendrai au beau milieu de la nuit, ce qui voulait dire plein de choses, et là dessus, je filais  en faisant les derniers mètres en courant, parce que les autres m'attendaient pour sortir discrètement de l'école et rejoindre Pré-au-Lard.

Parce qu'il ne fallait pas s'imaginer que les professeurs nous avaient donné l'autorisation de décompresser un peu avant l'effort des examens de la fin d'année scolaire qui se rapprochaient de plus en plus, surtout qu'avec les recherches que je menais à côté, j'en éprouvais de plus en plus le besoin. C'était au bar des Trois Balais que ça se passait, qui de toute façon ne dirait jamais non à quelques clients en plus, surtout si elles étaient de la gente féminine, et c'était exclusivement des sixièmes et septièmes année qui s'y rendaient, mais comme pour ça il fallait enfreindre le règlement en groupe, tout le monde n'avait pas décidé d'y aller, surtout qu'il fallait la jouer fine et discret parce que beaucoup d'élèves qui disparaissaient tout à coup dans l'espace d'une soirée... Mais comme en général il s'agissait toujours des mêmes personnes qu'on retrouvait quand on s'amusait tous ensemble, ça n'allait pas trop poser de problèmes, parce que certaines étaient trop perchées pour vouloir en entendre parler, même si il s'avéra vite en arrivant après avoir emprunté le passage secret qui menait jusqu'au village et être rentrées dans le bar qu'il fut rempli, en plus de la clientèle qu'il y avait habituellement. L'ambiance festive s'imposa très vite d'elle même, les barmen avaient la main plus légère à cause des grands sourires qu'on leur lançait et même moi j'en profitais un peu, même si ça s'arrêtait là, et que pour me faire pardonner, j'avais même prévu de rapporter une bouteille de bièreaubeurre, parce que je savais qu'il aimait bien celle d'ici... entre d'autres choses quand j'allais revenir ensuite, qui vraiment, n'avait rien à voir avec de la bièreaubeurre. J'enchaînais plusieurs verres avant de passer au whisky feu parce que même si à la base c'était pas trop ma tasse de thé, ça passait toujours un peu mieux lorsqu'on commençait à être un peu éméchée, et ça rendait les rires plus faciles, donc pour faire passer tout ça un peu plus facilement la meilleure solution, c'était de danser sur la musique qui avait été mise en fond, mais qui devint de plus en plus fort, avec toute l'animation qu'on était en train de provoquer à nous toutes seules.

Je dû faire répéter à plusieurs reprise un garçon visiblement plus âgé que nous qui était ici avant qu'on arrive et essayait de parler dans mon oreille mais que je n'entendais pas, mais lorsque je compris où il voulait en venir, je lui fis non de la tête et je n'eus aucune difficultés à le fuir dans la foule, avec dans l'idée d'aller faire un petit tour par l'extérieur, parce que je commençais à être essoufflée d'avoir trop dansé, j'avais trop chaud aussi, et je voulais profiter de l'air de la nuit, comme ça, parce que j'avais envie et que c'était souvent le genre de décision que je prenais sur un coup de tête, sans prévenir personne lorsque j'avais un peu bu et que j'appliquais la moindre chose qui me paraissait être cool. Dehors, je sortis  un paquet de clopes de ma poche ainsi que le briquet que j'avais volé à Chuck avant de partir et je me demandais vaguement s'il s'en était rendu compte à l'heure qu'il était pendant que j'allumais la cigarette... En fait je ne savais pas trop s'il était tard ou pas, et j'avais un peu perdu la notion du temps, mais ça ne m'inquiétait pas trop, parce que ça voulait dire que ce n'était pas l'heure encore, et qu'elle viendrait bien assez tôt. Evidemment, tout était silencieux dans la rue, comparé à la musique qu'il y avait à l'intérieur et malgré la tête qui tournait un peu, j'avais l’ouïe en l'alerte, ce qui me fit rapidement tourner la tête, après quelques taffes, en direction, des éclats de voix qu'il y avait un peu plus loin lorsqu'on remontait du côté du château.

Mais ce qui me sembla être une banale conversation me parût très vite bizarre, sûrement parce que les intonations qui se faisaient de plus en plus fortes n'avaient à mon avis rien d'amicales. Je plissai un peu les yeux pour voir se qui se passait dans la nuit, parce que ce n'était pas très éclairé, sans bouger d'abord, parce que très franchement, la soirée se passait bien pour l'instant, et j'avais absolument pas envie de me mêler de conneries qui viendraient tout gâcher. Pourtant, la donne commença légèrement à changer lorsque je vis qu'apparemment ce groupe était scindé en deux, à... six contre une, parce qu'il y avait un mur qui se trouvait devant la grande blonde, qui elle aussi essayait de se détacher du front qui était en train de se dresser devant elle, et le temps que j'écrase ma clope par terre du bout de ma chaussure, parce que tout à coup, cela avait réveillé mes instincts de défense et avoir fait deux pas parce que je n'étais pas si loin d'elles mais qu'avec l'alcool j'avais mal évalué la distance – et comme j'étais soudain en alerte, ça avait presque un peu redescendu j'avais l'impression parce que mon cœur battait plus vite mais mon cerveau avait les idées plus claires – les personnes qui s'avéraient être des filles elles aussi avaient poussé leur victime par l'épaule et arrachait la lanière du sac qu'elle essayait de garder de son côté. Et déjà, des combats qui n'étaient pas fait à la loyale, ça avait le don de me foutre en rogne, parce que c'était facile de s'en prendre à quelqu'un quand on était plusieurs, mais en plus, je n'allais pas laisser dans la merde quelqu'un qui avait besoin d'aide, et vu leur gabarit à toutes, mêmes si les six dindes avaient carrément l'air plus imposantes, elles avaient dû faire partie de la fête juste avant, et rien à faire si elles étaient en supériorité numérique, c'était bien la dernière chose à laquelle je pensais lorsque je les accostais d'un « Ho », pour les alerter de ma présence, qui j'espérais, allait les couper dans leur élan, le temps que j'arrive à leur hauteur.

Je reconnus immédiatement Ruby Standiford, mais je n'eus pas vraiment le temps de me poser plus de questions, en ce qui concernait notre dernière dispute en l'occurrence, ce qui n'était pas le plus urgent et je me plaçais devant elle en la poussant légèrement pour qu'elle s'écarte et rattrapai son sac par un bout, pendant que celle qui le tenait de l'autre côté, tirait elle aussi. Je savais qui étaient ces meufs, des filles de Serpentard bien connes au passage, et je sus tout de suite au sourire mauvais qu'elles affichèrent toutes que ça n'allait pas bien se passer. Comme je refusais de lâcher, elles nous entourèrent très vite et des rires commencèrent à pleuvoir très vite sous les remarques acerbes, ce qui me donna toutes les armes pour contre attaquer :

- Ouais mais t'as pas besoin de ce sac, avec ou sans, t'auras toujours l'air d'un troll, c'était de bonne guerre, étant donné qu'elle venait de faire remarquer que oh, c'était mignon j'avais enfin compris que j'étais une fille et je voulais les accessoires qui allaient avec !

Je sentis mon cœur battre de plus en plus vite pas parce que j'avais peur mais à cause de l'adrénaline qui montait. Elles étaient toutes plus grandes que moi, même si certaines avoisinaient la taille de Ruby, ce qui n'était pas avantageux pour nous mais ce qui n'allait pas nous empêcher de nous défendre en tout cas ! Je ne lâchai pas du regard celle qui s'était placée à côté de sa copine et qui me dominait de toute sa hauteur, et je sus ce qu'elle allait dire, c'est pour ça que je ne la laissais pas terminer sa phrase lorsqu'elle lança :

- Les sangs de bourbe ici on en fait de la bouffe à...


Il ne m'en fallut pas plus pour démarrer au quart de tour, et je lui écrasai le pied en l'insultant de plusieurs nom d'oiseaux au passage, en lui enfonçant mon poing dans l'estomac, mais je ne vis pas venir l'autre coup qui vint sur le côté qui me provoqua une douleur vive et soudaine et me fit cligner des yeux, sans que je sache si c'était un coup de poing, un gifle, des griffures ou un mélange de tout ça à la fois, mais qu'en passant ma langue sur ma lèvre inférieure ça avait le goût du sang et j'évitais de justesse un des gros pieds qui tapèrent malgré tout dans ma cheville qui me fit aussitôt répliquer en cognant la fille entre la pommette et le nez avec l'os du bas de la paume et de mon poignet et de balancer de nouveau mon poing quelques part, n'importe où, mais qui eu le mérite de lui faire lâcher le sac que je mis sans tarder en bandoulière, tant de bien que de mal pour qu'elles ne puissent pas me l'arracher. Cela leur donna l'occasion de m'attraper le bras pour le tendre derrière, alors que je tendais l'autre vers Ruby qui elle aussi essayait de se débattre, que j'entendais plus ou moins réclamer son sac, mais que je ne pouvais même pas lui donner parce que les autres m'avaient attrapé les deux mains et m'avait à moitié soulevés et moi j'essayais de leur jeter des coups de pieds partout où je pouvais, si bien qu'à un moment donné, je réussi à faire un croche patte à celle qui me maintenant pour la faire tomber et m'écraser sur elle. Quand je compris ce que Ruby voulait, je fouillais dans ses affaires pour en sortir sa baguette et la fit rouler par terre le plus loin possible en espérant qu'elle l’attrape, parce que je ne donnais pas cher de notre peau si elle ne faisait pas vite quelque chose avec – je me maudis également d'avoir laissé la mienne à l'intérieur du bar là où j'avais laissé mon propre fatras.

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"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: On all the battles [R.S]   Mar 5 Nov - 21:35

Bien sûr que j’étais toujours un peu en colère contre moi, en colère parce que ce n’était pas aussi facile que je l’aurais voulu. Le corps s’habituait bien trop vite à ce qui le faisait tenir, et le mien avait assimilé l’alcool à bien trop de plaisir pour s’en détacher si facilement. Pourtant, je ne comprenais pas, ne se souvenait-il pas de toutes les migraines, les trous de mémoires, les peurs et les brumes qui s’abattaient sur l’esprit ? Il me semblait parfois qu’il avait tout mis de côté pour ne se souvenir que des sourires ivres, et de cette sensation de flotter, loin de tout ce que je pouvais craindre. Mais j’avais compris que l’alcool ne résolvait rien, il ne faisait que tenir éloigné les démons, et les miens étaient trop proches pour se laisser enterrer sous terre. Et en croyant les faire fuir, je n’avais fait que m’en rajouter, et je devais maintenant à me résoudre à en combattre des nouveaux. Et c’était fatiguant de combattre mon propre corps avec qui je ne m’étais jamais entendu, ce corps que je ne maîtrisai pas et m’était étranger. Mais je refusais qu’il m’échappe, j’avais la drôle de sensation d’enfin apprendre à le connaître et à la comprendre, comme si soudain il ne me révulsait plus autant qu’avant – et je savais que je le devais en grande partie à Ewan. Alors je refusais aussi de me priver, de m’enfermer, de fuir les soirées où, je le savais, la tentation serait encore plus grande. Me cacher de tout n’allait pas m’aider à m’habituer à mon nouveau comportement, celui de rester sobre, que j’avais réussi à tenir depuis maintenant plusieurs mois – la dernière fois datant d’avant les vacances de Pâques. Et je savais qu’avec les vacances d’été qui se profilait, je n’avais aucune raison d’en avoir envie par la suite, et j’étais persuadée que chaque jour était un pas de plus. Alors je combattais.

C’était Rita qui m’avait proposé cette soirée entre filles à Pré-au-Lard, en compagnie d’Ana et de « pleins d’autres filles ». Visiblement, elles connaissaient toutes deux bien un ancien barman des Trois-Balais, Ana un peu plus m’avait-elle expliqué et j’en souriais encore, un certain Theo qui s’était révélé être une connaissance d’Ewan. Instinctivement, j’avais demandé à Lizlor, mais elle avait prévu de voir Stephen, et je ne pouvais plus lui ôter. Quant à Ewan, comme Rita me l’avait rappelé comme pour me couper l’arbre sous le pied, c’était une soirée entre filles et il n’était pas question que « face d’ange » se ramène. J’avais ri, mais je n’avais pas protesté. De toute façon, il travaillait ce soir-là, et nous avions prévu de nous voir quand il aurait fini son service, comme nous étions vendredi soir, je comptais bien rester dormir chez lui et profiter un peu plus de lui durant la journée de samedi. Je partais donc à la soirée de bonne humeur, décidée à en profiter. Et puis, il fallait le dire, la bonne humeur de Rita était contagieuse, et je me laissais entraînée de bon cœur, me rassurant en me disant qu’Ana serait là si l’envie devenait trop présente, puisqu’elle était l’une des rares personnes à qui je m’étais confiée. Rita s’en doutait, mais elle était bien trop éparpillée pour se concentrer dessus pour l’instant – de toute façon, je n’avais prévu de gâcher la soirée à personne.

L’ambiance de la soirée était bonne, très bonne : la musique résonnait dans le bar, et nous étions très nombreuses, mais personne n’avait l’air de s’en plaindre, encore moins les garçons. Rita et Ana eurent l’intelligence de ne pas me proposer à boire, les autres autour de nous un peu moins, et je dus refuser plusieurs fois des verres que l’on me proposait, m’interdisant de sentir l’odeur qui whisky qui venait me piquer le nez et éveiller mes sens. Je n’avais pas envie de boire, et il était plus facile de combattre mon corps lorsque mon cerveau était de mon côté. Rita tenta d’entraîner Ana sur la piste de danse, sans succès, et nous la laissâmes en compagnie de Theo – Rita eut un sourire tellement entendu que je me demandais bien comment l’ancien barman ne pouvait pas le voir – et décida de me traîner à la place. Je ne sais pas si elle le faisait exprès, consciente qu’une soirée pouvait mal tournée pour moi, mais elle fit tout pour me mettre de bonne humeur, riant toujours et m’empêchant de penser un instant à autre chose qu’à la situation présente. Je n’avais pas besoin de faire semblant, je m’amusais réellement, et les mauvaises choses étaient comme éloignées par le rire de la Miss Poufsouffle.

Un peu plus tard dans la soirée cependant, je ressentis le besoin de prendre un peu l’air, de fumer une cigarette, comme pour m’échapper momentanément de cette ambiance qui parfois me poussait trop à m’abandonner. L’air tiède des nuits d’été me fit du bien, et j’allumai une cigarette en regardant les étoiles qui me faisaient toujours sourire. Le ciel était dégagé, et je reconstituai silencieusement les constellations que je connaissais de mieux en mieux, mon cœur battant tout seul un peu plus rapidement, pensant à Ewan, et je me sentis sourire un peu plus.

Mais il fallut un simple instant pour que tout se brise. Je le sentis dès que j’entendis les rires et l’interpellation d’un groupe de filles qui arrivèrent à ma hauteur : elles ne venaient pas me demander gentiment une cigarette. J’en reconnus quelques-unes : je les avais collé parce qu’elles avaient foutu le bordel dans une salle d’étude, bavardant à voix haute malgré plusieurs demandes de la part des autres pour qu’elles baissent d’un ton ou partent, et elles avaient fini par brûler le livre d’un des élèves qui les avait visiblement insulté dans sa barbe. Je n’étais généralement pas une préfète qui sévissait souvent, ou durement, j’étais avant tout une élève et moi aussi je faisais certaines bêtises, mais il avait bien fallu marquer le coup pour cette fois. D’autant que les filles avaient été prévenues. Mais je ne m’étais pas trompée sur leurs comptes, elles étaient des pestes, et je savais que j’allais regretter dans quelques secondes de ne pas être restée à l’intérieur.


- Eh ben alors, on est toute seule la préfète ?

Elles étaient face à moi, et je devinais facilement que je n’allais pas passer un bon moment. Elles commencèrent à me chercher, et je me collai instinctivement un peu plus contre le mur. Bien évidemment, elles cherchaient à se venger de la dernière fois, mais moins je rentrais dans leur petit jeu de provocation, plus elles insistaient. Mon cœur battait déjà trop vite, et il rata un battement lorsque l’une d’elle se saisit de mon sac, prétextant qu’on allait bien voir ce que je cachais. Je voulais protester, mais la peur commençait à m’immobiliser, et je pensai instantanément à l’un de mes carnets dans l’une des petites poches, et si elles tombaient dessus, et si elles lisaient, et si –

Je sursautai, tout comme les filles, soudain coupées dans leur élan. Un « oh » venait de percer la nuit, et nous nous tournâmes toutes, constatant, avec surprise pour ma part, que Taylord venait vers nous. Elle se posta à côté de moi, attrapa mon sac, et je restai presque immobile sous le coup de la surprise, bien que mon cerveau se décida de fonctionner à nouveau lorsque les filles se mirent à rire.


- Ouais mais t'as pas besoin de ce sac, avec ou sans, t'auras toujours l'air d'un troll.

… De toute évidence, Taylord n’était pas partisane de la méthode douce comme je l’étais. Je lui jetai un regard un peu surpris, mais compris très vite que je devais m’aligner, puisque nous étions en infériorité numérique, j’avais plutôt intérêt à ne pas baisser ma garde. Peut-être qu’elles allaient nous laisser en voyant que Taylord n’était pas prête d’abandonner ?

- Les sangs de bourbe ici on en fait de la bouffe à...

Si je détestai cette insulte plus que tout, en ayant été victime parfois, la réaction de Taylord fût bien plus radical que la mienne, et je poussai un cri de surprise lorsqu’elle se rua sur la fille en question et la frappa. Tout passa en un éclair, et je ne compris pas tout. Je sentis les mains des autres filles m’attraper, et je me débattis, mais je n’avais pas la force de Taylord, et il me semblait d’ailleurs qu’elle n’était pas en position de force, bien qu’elle était particulièrement violente. Il me fallait ma baguette, et j’appelais Tay, lui demandant mon sac dans tout cette tornade, mais nous étions toutes les deux bloquées et je ne pouvais pas réclamer ma baguette explicitement de peur de me la faire intercepter. Il eut un nouveau mouvement brusque, Taylord se retrouva sur le sol et je poussai un cri étouffé, mais compris qu’elle cherchait ma baguette – tout fût rapide, mais je réussis à me dégager et j’empoignai la baguette qui avait roulé sur le sol et le reste fût tout de suite plus simple. Prises par surprise, les filles battirent en retraite, et le maléfice de chauve-furie que je lançai fût plus violent que j’en avais l’habitude – elles eurent des cris et se dispersèrent, tandis que je songeai que j’avais un peu vengé la Gryffondor.

Je me précipitai d’ailleurs vers elle, elle commençait à se relever, mais elle avait le visage tordu en une expression de douleur qui éveilla instantanément mes instincts maternels. Je l’aidai à se relever, et à l’aide d’un accio, son sac arriva dans mes mains. Je crois qu’elle protesta un peu, mais je ne lui laissai pas le choix : je savais déjà quoi faire et où aller. Je l’obligeai à s’appuyer contre moi, entourant sa taille de mon bras tandis que le sien s’appuyait à mon épaule, et je la guidai dans les rues, marchant lentement car sa cheville avait été blessé et que visiblement, les coups et l’alcool ne faisait pas un bon mélange – elle semblait un peu sonnée. La montée des escaliers fût un peu périlleuse, mais nous nous retrouvâmes devant chez Ewan, et je sortis la clef de mon sac pour ouvrir la porte et nous pénétrâmes toutes les deux à l’intérieur. Je la fis s’asseoir sur le canapé et déposai nos sacs sur le côté.


- Attends, je vais chercher de quoi soigner ça, décrétai-je, et d’un coup de baguette, j’allumai le feu dans la cheminée. J’étais comme rassurée par le parfum ambiant qui me rappelait Ewan, et puis je constatai avec un certain plaisir qu’il avait rangé le salon probablement pour ma venue et cela me fit sourire. Mais je n’avais pas le temps de penser à ça, déjà j’étais au-dessus du plan de travail où les chaudrons et les ingrédients s’entassaient. J’attrapai quelques fioles, partis dans la salle de bain un moment, et revins les bras chargés. Je posai le tout sur la table basse. Tu peux remonter ton jean et poser ton pieds sur la table, que je regarde ta cheville, s’il te plait ? Demandai-je prudemment. J’avais peur soudain du silence de la nuit et d’être simplement face à elle. Je me levai en attendant et revins avec un verre d’eau que je lui tendis. Tu as mal ailleurs ? Questionnai-je en commençant à préparer de la pommade et des bandages que j’améliorai légèrement avec quelques ingrédients, constatant que sa cheville était gonflée. En tout cas, euh, merci beaucoup… Sans toi, j’aurais été mal, je ne pensais pas que tu… Que tu m’aurais aidé, alors qu’on s’ignore, ajoutai-je mentalement. Enfin, je veux dire… Merci, répétai-je, mal à l’aise.

Et maintenant, où en étions-nous ?

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Even Closer | Forever Young | So Cold | If Stars



« 'I feel things,' I said. 'I'm not a robot!' I stamped my foot and screamed. Then I burst into tears.
I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: On all the battles [R.S]   Mar 3 Déc - 12:28

On était en pleine tourmente mai rien ne m'empêchais de laisser défiler à l'intérieur de mon crâne le flot d'insultes qui passaient à la vitesse de la lumière avant qu'un autre ne vienne aussitôt le remplacer. Après c'était aussi une question d'urgence, je pouvais pas tout faire à la fois, lâcher toute une flopée de gros mots pour montrer un peu plus combien ces meufs étaient des pourritures et – je me baissai au dernier moment, mais ça ne suffit pas à ce que l'une d'entre elles me chopent les cheveux et ne les tirent. Bref, pas possible d'être sous tous les fronts, et même si c'était pas mon genre de m'avouer vaincue, même dans la défaite – ouais ouais, c'est tout un concept – je voyais plus la situation empirer que de s'améliorer du côté de Ruby et moi, même si un bon coup de poing, placé au bon endroit, ça pouvait pas faire de mal à mes attaquants. Enfin oui, j'espérais, que ça faisait du mal.

Je compris pas trop ensuite l'enchaînement des événements parce que tout alla très vite, le sortilège qui fusa, les nouveaux cris, puis l'air qui devenait tout à coup plus respirable. En filant, celle avec qui j'étais encore aux prises me poussa, et comme j'avais déjà la tête qui tournait de toutes ces conneries, je titubais à reculons avant de me retrouver les fesses par terre.

- Pauvres connes ! Criai-je à leur attention dans le silence de la nuit qui s'était fait mais que je venais de briser et d'enfin laisser libre court à toute l'expression des sentiments que j'avais à leur égard. Connasses, répétai-je mentalement, en donnant un petit coup de pied dans le vide.

Je fermais les yeux quelques instants en appuyants mes doigts dessus pour me remettre les idées en place. J'étais pas sûre en fait que tout ce qui venait de se passer était vraiment arrivé, si c'était pas juste seulement un sale rêve ou une autre idiotie du genre, mais non non, je fis descendre ma main plus bas, sur mes lèvres et le liquide chaud et rouge qui commençait déjà à sécher et se coller dessus.

- Y'a de l'ambiance par ici,
commentai-je en me rappelant qu'initialement, c'était pour Ruby que je me retrouvais dans cette galère, même si ça voulait pas dire que je pensais qu'elle qu'était fautive ou quoi que ce soit, parce que même, de toute façon, à la base c'était justement pas de sa faute si on était venue la faire chier. Elles te voulaient quoi ? En même temps j'appuyai ma paume la moins en mauvais état par terre pour commencer à me relever. Ca va, ajoutai-je, parce que c'était à elle de venir à ma rescousse maintenant et ça va, c'est ce que je disais, je pouvais me débrouiller toute seule !

Mais heu oui bon d'accord. Il y avait une sale douleur dégueulasse qui me faisait mal rien que quand il y avait ma jambe qui était debout, et c'était encore pire quand je posais le pied au sol. Par défense, je me raidis d'abord, parce qu'on était en train de se mettre en marche, visiblement Ruby voulait m'emmener quelque part et franchement la seule chose que je voulais c'était sûrement pas m'enfoncer dans Pré au Lard, mais plutôt retourner dans Poudlard, dans notre salle à Chuck et moi et y rester bien au chaud sous la couverture et ne plus jamais y bouger. Ouais hmmm. C'était Chuck aussi qui normalement revenait avec la tête au carré. En plus avec les effluves de l'alcool aidant, je me sentais tout à coup un peu vaseuse, je connaissais cet état, c'était quand on ressentais une forte adrénaline mais que ça retombait subitement après, c'était comme un gros coup de barre, donc puisque Ruby savait ou elle allait – j'espérais hein, donc je me disais que forcément, ça devait être le cas – j'allais lui faire confiance.

C'était marrant comme l'instinct de survie pouvait être le plus fort dans des moments pareils, parce que mes pas trouvèrent tout de suite de quoi s'alléger en prenant place sur le canapé, dans l'appartement dans lequel on venait d'entrer – pourquoi Ruby avait les clés d'un appartement, qu'est-ce que j'en savais, c'était pas trop à l'ordre de mes préoccupations les plus importantes, chaque chose à la fois, l'essentiel c'était qu'en attendant il était là et c'était bien pratique.


- Attends, je vais chercher de quoi soigner ça.

Je répondis vaguement et après un temps de battement de quelques secondes où j'essayais de me re-situer dans l'espace temps parce que du coup j'étais un peu perdue, et le temps que Ruby revienne, je regardais un peu partout tout autour de moi, afin de prendre visuellement possession des lieux. C'était un truc que j'aimais bien faire parce que pour moi, chaque maison avait une âme, une âme qu'on transmettait dans tous les objets qui y résidaient qu'elle soit bonne ou mauvaise et à partir de là naissait chez moi une curiosité propre à me laisser m'en imprégner. Ca avait l'air un peu voyeur dit comme ça, mais pas du tout, c'était simplement que mes yeux ne savaient plus trop ou se poser, en quête de toutes les informations qu'ils cherchaient, de voir se qu'ils ne connaissaient pas – et qu'ils n'avaient pas encore vu, comme une soif de découverte dont on a jamais terminé de s'abreuver. Et c'était d'autant plus étrange de se dire que je me retrouvais ici, mais aussi que Ruby, elle savait où nous étions, et que nous nous retrouvions ici.

Comme elle revenait, je levai le regard dans sa direction avant de suivre ensuite des yeux ce qu'elle amenait sur la table, positionnée juste devant moi.


- Tu peux remonter ton jean et poser ton pieds sur la table, que je regarde ta cheville, s’il te plait ?

- Ouais. Je m'exécutais et à ce moment là seulement je percutais que je me retrouvais en compagnie de Ruby – le temps que ça monte au cerveau, l'alcool, ce qui venait de se passer, tout ça – autrement dit qu'on avait pas une histoire très sympathique en ce moment ensemble, et que justement qu'on se retrouve là comme ça, ça devait être un peu chelou, parce que j'étais pas censé l'apprécier et tout le bataclan.

J'en avais conscience et tout, mais pourtant, je sentais quelque chose de changé, parce parce que je lui avais porté secours et qu'elle me rendait la pareille, mais je sais pas, c'était différent. Je fis cependant comme si de rien était parce que bon, c'était elle qui avait été attaquée la première, elle l'avait pas demandé, tandis que moi je savais à quoi je m'engageais et même si on se parlait pas depuis des jours, j'étais quand même pas assez débile au point de pas vouloir accepter son aide. Ca voulait pas dire que je me servais d'elle ou quoi que ce soit, ça avait rien à voir. Déjà, si ça avait été le cas, pour commencé, je me serais pas emmerdée à venir lui prêter main forte.


- Tu as mal ailleurs ?

- A la mâchoire, lui répondis-je après avoir bu quelques gorgées du verre d'eau qu'elle m'avait apporté. C'était pas la peine de mentir, ça devait bien se voir de toute manière. J'ai la lèvre qui a enflé, non ? Je m'étais pas regardé dans un miroir et il valait mieux pas à mon avis, parce que ça devait pas être super sympa à voir, mais je pouvais deviner sans trop de problèmes la gueule que devait me taper d'une, mais aussi que ça devait être tout boursouflé au niveau de la bouche.

Je replaçai derrière mon oreille une mèche qui me venait devant le visage, parmi tant d'autres. Ils étaient tout ébouriffés. C'en suivit un putain de gros blanc, ce genre de gros blanc dont on sait très bien quelle est la signification. A mon avis, on était en ce moment même en train de penser toutes les deux à la même chose et du fait que comme on y pensait toutes les deux et qu'on savait ce que ça signifiait, ouais là, oui, ça devenait franchement bizarre. Je déglutis parce que j'avais la gorge sèche malgré toute l'eau que j'avais bu et qui n'y avait rien fait, et comme je ne trouvais rien à ajouter de plus, je laissais Ruby dans la poursuite de ses soins.


- En tout cas, euh, merci beaucoup… Sans toi, j’aurais été mal, je ne pensais pas que tu… Enfin, je veux dire… Merci.

Comme moi aussi j'étais concentrée sur ses gestes sur ma jambe, je levai le menton et nos regards se rencontrèrent inévitablement. C'était gentil, je savais bien hein, mais presque limite, je me sentais vexée, parce que c'était pas du tout mon genre que de passer mon chemin sans rien faire quand j'en avais les moyens – même quand je les avais pas. Mais non. C'était pas le moment. Ca partait d'une bonne intention, mais il c'était passé tellement de trucs ce soir que je me sentais capable de démarrer au quart de tour.

- Ben j'allais pas te laisser dans la merde, soupirai-je, mais plus par lassitude et sans agressivité. Je m'en foutais du reste, crus-je bon de rajouter également, pour j'en sais rien, la rassurer également peut être ?

Mais à présent ? Est-ce que je m'en foutais encore ? Je me souvenais très bien des raisons de mes reproches, de leur nature ainsi que ce que j'avais éprouvé en les lui évoquant. Cependant comme je l'avais sentis tout à l'heure, il y avait un truc de différent qui avait à la fois rien à voir avec Ruby et tout à voir avec Ruby. Et je savais aussi que Chuck était loin d'être étranger à tout ça. C'était parce qu'il avait fait les choses. Il avait avait fait les choses
bien.

- J'vais pas faire comme si de rien était, c'est pas mon genre, déclarai-je soudain prise d'une impulsion que je préférais laisser s'envoler au lieu de la retenir. Ce que je t'ai dit je le pensais et tout et voilà, y'a des trucs qui m'ont fait de la peine, c'est comme ça. Mais bon heu, ça va mieux aussi, enfin y'a d'autres choses que j'ai compris et que j'accepte. Je pense. Enfin je sais pas trop si c'est ça, mais tu vois ? J'espérais parce que je savais pas trop comment l'expliquer sinon. Enfin, si toi aussi y'a des choses qui te viennent... j'avais posé la première pierre et m'était lancée, donc manquait plus qu'à elle d'enchaîner. Mais tu sais, ça m'a rendue triste tout l'enchaînement de comment ça s'est passé. Lorsque j'avais vu une main tendue, puis le reste, Chuck et mes pauvres sentiments dont j'essayais et avais essayé tant bien que de mal de me dégager... On est où ici ? Demandai-je enfin, histoire de détendre aussi un peu l'atmosphère. Pour faire comprendre à Ruby que voilà, on allait parler, mais que comme la colère était passée, on allait pas s'engueuler.

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Ruby Standiford-Wayland
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Particularités: « and from the rain comes a river running wild that will create an empire for you. »
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MessageSujet: Re: On all the battles [R.S]   Lun 6 Jan - 19:53

Même si j'étais mal à l'aise, je ne pouvais pas empêcher mon instinct maternel de refaire surface. Il était toujours présent, et encore plus lorsqu'il s'agissait de personne à qui je tenais. Et je tenais à Taylord, malgré tout. Même s'il fallait bien dire que notre relation n'avait rien d'une amitié lambda. Nous nous étions trouvé toutes les deux à des moments où nous avions besoin de quelqu'un, où nous nous sentions perdues, et à la fois, nous n'avions pas trouvé en l'autre une épaule, pas dans le sens que les gens voyaient habituellement. Taylord ne se confiait pas, moi non plus, mais pour des raisons différentes. Pour elle, c'était plus une histoire de fierté, cette envie de se battre qui était toujours présente en elle et qui la nourrissait, refusant d'accepter des faiblesses. Et quant à moi, c'était plutôt par crainte de gêner, de déranger. Mais au final, peu importe les raisons, les conclusions étaient similaires, ni elle ni moi ne nous épanchions sur nos sentiments. Mais pourtant, ça n'avait pas empêché de me sentir un peu connectée avec elle, ce soir là dans la Cabane Hurlante, alors que nous n'étions toutes les deux que deux filles perdues en proie à des chagrins différents et à la fois un peu similaires. Mais ce n'était pas simplement à cause de ça que je me sentais proche de Taylord – même si nous n'avions jamais été les meilleures amies du monde. Je l'aimais juste bien, parce que j'appréciais sa compagnie, tout comme j'appréciais celle des gens qui étaient différents de moi – Chuck par exemple. De plus, j'étais peinée de voir que Lizlor et Taylord s'entendaient bien tandis que par ma faute, nous ne pouvions pas être toutes les trois ensembles ne serait-ce que l'espace d'un repas. Taylord me faisait rire, son caractère, sa mauvaise humeur parfois, et à la fois sa loyauté et sa bonté... Dans le fond de son cœur, elle était une battante, et je crois qu'elle me transmettait un peu de ça, parfois. Mais moi, que lui avais-je offert en retour?

A présent, en tout cas, j'avais peut-être l'occasion de faire bien les choses, de l'aider alors qu'elle venait de le faire, elle qui ne voulait plus entendre parler de moi. Etait-ce enfin ma chance de faire la paix avec elle ? Elle avait pourtant été catégorique, et ce n'était pas sans me peiner... Mais je connaissais Taylord assez pour savoir que son caractère bien trempé lui faisait prendre des décisions tranchées. Si elle me détestait, et elle en avait le droit, pourquoi changerait-elle d'avis ?

De toute manière, conflit ou non, j'étais là pour m'occuper d'elle, et je n'allais sûrement pas la laisser repartir dehors alors qu'elle était blessée et qu'en plus les filles pouvaient toujours être dans les parages – même si bon, vu les maléfices que je leur avais envoyé, je crois qu'elles n'allaient pas revenir tout de suite.


- A la mâchoire. J'ai la lèvre qui a enflé, non ?

J'étudiai son visage, toujours un peu renfrogné, et j'hochai la tête d'un signe affirmatif. Ce n'était pas trop grave, c'était probablement plus un bleu qu'autre chose, mais comme je préférais être sûre, je fis un signe de la tête à Taylord pour lui demander si je pouvais, puis je posais mes doigts sur sa machoire pour regarder si elle n'était pas déplacée ou quoi que ce soit. Heureusement, c'était plus de peur que de mal, et je fis un sourire à Tay avec un petit signe de tête d'un air de dire “ne t'inquiète pas”. Pour l'instant, je voulais plutôt m'occuper de sa cheville qui à mon avis était tordue, et j'espérais qu'elle n'ait pas besoin d'une atèle et que quelques bandages appropriés suffiraient. Mon cerveau était sur tous les plans, se rappelant des cours de Nakamura, des discussions avec Ewan, tout en réfléchissant aux cours de botanique sur les plantes pour antitodes. Mais tout en même temps, je devais m'assurer que Taylord allait bien, mais aussi avec moi, parce qu'il y avait toujours un peu une distance gênante entre elle et moi, et j'avais beau sourire, au fond je n'en menais pas trop large. J'avais peur qu'elle réexplose à nouveau, et je n'étais moi-même pas trop en état d'affronter de nouvelles reproches. J'essayais d'apprendre à me pardonner, à faire bien les choses avec les autres, et j'avais encore du mal à admettre que je n'étais pas responsable de tout. Mais parfois, dans les yeux de Taylord, j'avais l'impression que je l'étais, et je ne savais plus quoi faire, quoi croire. Mais il me semblait qu'au fond, ni elle ni moi n'étions objective.

- Ben j'allais pas te laisser dans la merde. Je m'en foutais du reste, répondit Tay alors que je la remerciais, gênée.

Je sentis un petit pincement dans mon coeur, et je lui fis un sourire qui se voulait brave. Elle avait raison, je crois, car moi aussi j'aurais mis de côté des différents dans ce genre de situations. Je me souvenais encore de la deuxième rencontre avec Ewan... La première s'était soldée par une claque, et je m'étais jurée de le détester tandis que la fois suivante, je l'avais découvert dans une bien mauvaise situation, encerclé et désarmé, et peu importe tout ce que je m'étais dit sur lui avant, je n'avais pas hésité : je ne pouvais pas le laisser là, pas comme ça, pas alors que c'était dangeureux. Taylord avait-elle ressenti la même adrénaline que j'avais eu, moi, en cet instant?


- J'vais pas faire comme si de rien était, c'est pas mon genre. Ce que je t'ai dit je le pensais et tout et voilà, y'a des trucs qui m'ont fait de la peine, c'est comme ça. Mais bon heu, ça va mieux aussi, enfin y'a d'autres choses que j'ai compris et que j'accepte. Je pense. Enfin je sais pas trop si c'est ça, mais tu vois ? Enfin, si toi aussi y'a des choses qui te viennent... Mais tu sais, ça m'a rendue triste tout l'enchaînement de comment ça s'est passé. On est où ici ?

J'avais écouté en silence ce qu'elle venait de dire, sentant mon coeur se contracter un peu – de plaisir, de peur, je ne savais pas trop. Elle avait décidé de passer au-dessus, alors? Elle avait gardé ses positions tout de même, et je ne lui repprochais pas, mais étrangement, elle me laissait aussi un peu la possibilité de m'expliquer, et ça me touchait. La colère n'était plus de la partie? Je l'espérais, car il serait alors bien plus facile de discuter et de nous expliquer. A la fois, je ne voulais pas tourner en rond, et à la fois, je crois qu'il valait mieux cloire cette histoire une bonne fois pour toute. Je commençai à appliquer de la pommade sur la cheville de Taylord, délicatement, et me mis à parler, les yeux un peu baissés, concentrés sur la jambe que je soignais.

- Chez Ewan, mon petit-ami, dis-je d'une petite voix, sentant que je me mettais un peu à rougir – j'étais tellement fière d'être sa petite amie que le prononcer à haute voix me provoquait toujours des battements dans le coeur désordonnés. Il va rentrer plus tard, il travaille tard à la Tête de Sanglier, ajoutai-je.

J'espérais que Taylord ne pense pas directement à l'alcool alors que je lui faisais comprendre qu'Ewan était barman – personne n'avait vraiment su que j'avais eu de tels problèmes avec l'alcool, à part quelques personnes proches, mais je savais que des rumeurs couraient sur ma bonne descente en soirée. Mais maintenant, il n'y avait plus matière à jaser puisque je ne buvais plus, même si parfois ce n'était pas facile, j'avais tenu bon. Je me demandais si Taylord avait la moindre idée de ce qui se tramait pour moi de ce côté-là, mais nous ne nous étions définitivement pas assez fréquenté dernièrement pour qu'elle puisse s'en douter, pas comme Prudence par exemple.

En tout cas, j'espérais en revanche que Taylord comprenne que je n'allais pas toucher à Chuck, puisque j'avais Ewan, et qu'en aucun cas je ne m'étais intéressé à lui – la salle sur demande avait été une erreur qui ne se reproduirait jamais, mais ça avait été Chuck car il avait été là et qu'il m'avait séduite. Ça aurait pu être un autre garçon.


- Tiens, met toi ça sur la lèvre, et je vais te faire une potion pour faire passer la douleur à ta machoire et ta cheville.

Je pris un pot de pommade que je tendis à Taylord avec un sourire, avant de me reconcentrer sur sa cheville.

- Moi aussi ça m'a rendue triste, confiai-je d'une petite voix. Je sais que j'ai mal agis, mais vraiment, je ne voulais pas te faire de peine. Je n'aimerais pas que tu penses que je suis quelqu'un comme ça, qui s'en fou des autres, alors qu'en plus... Pour moi, on était un peu amies, soufflai-je en évitant son regard, de peur qu'elle me conteste. J'aimerais bien qu'on mette ça de côté, mais... Tu comprends que je ne suis pas une menace ou pas? Je ne veux pas intervenir entre toi et Chuck, et je vous apprécie tous les deux, je trouve ça pesant... Je comprends ce que tu ressens, j'aimerais juste... J'haussai les épaules, ne terminant pas ma phrase. Au fond, je voulais juste que cela cesse de lui peser, de me peser, et que nous puissions recommencer à nous parler sans être toute gênée de la sorte.

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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: On all the battles [R.S]   Jeu 23 Jan - 20:18

Les souvenirs que j'avais avec Ruby étaient tout aussi agréables, mais pas assez nombreux, que cuisants et c'était eux qui avaient en grande partie pris toute la place dans mon esprit, lorsqu'elle s'imposait, comme ça, et que je songeais à elle et à nos altercations. Je pinçais entre mon pouce et mon index la mèche de cheveux qui me revenait devant les yeux, toute douce, pour jouer avec et l'emmêler dans mes doigts et en lisser la pointe. C'était toujours ce que j'avais préféré, ma chevelure, même quand j'étais plus petite et par forcément très féminine et délicate, parce qu'ils brillaient au soleil et ressemblait à du chocolat chaud qu'on aurait fait fondre dans une casserole pour ensuite s'en coller plein les doigts de gourmandise et même quand ils formaient un boule de nœuds parce qu'ils étaient cachés sous ma bombe d'équitation, ils étaient faciles à démêler et s'organisaient comme je voulais sur ma tête. C'était pourquoi ça n'avait pas été très logique le jour où j'avais décréter mettre un coup de ciseaux dedans et d'en faire disparaître leur teinte pour leur en donner une autre plus fade. Comme une protestation au monde qui m'entourait et qui avançait à contre courant de ma propre marche, comme si ce qui était beau ne méritait pas de l'être, pas si je n'étais pas en accord avec moi même, et pas non plus s'il n'y avait pas cette autre personnes pour y glisser ses doigts dedans, et non, je n'en avais plus voulu, comme si la peine devait être totale et toute entière. Tout ce qui aurait pu laissé croire qu'ils avaient été blonds pendant quelques mois s'était évaporé et ils avaient rattrapé leur longueur d'antan. Tout ça n'était plus que des souvenirs, mais faisaient partie de ceux qu'on oublie pas facilement et qu'il ne vaut mieux pas oublier de toute façon, car ça n'avait ni plus ni moins qu'été le constat d'une époque triste dans laquelle je me devais de me souvenir que je ne tenais vraiment pas à y replonger et que si aujourd'hui, ce n'était plus à l'ordre du jour, Ruby et moi prouvions bien que tout pouvait basculer dans un sens ou un autre, en un instant.
Et ce soir, de quel côté était-ce ?

Je frissonnais à chacun de ses contacts, car à chaque fois j'étais étonnée de la douceur de son approche, comme si c'était une incitation à me laisser penser qu'il ne fallait pas s'inquiéter, tout allait bien, il n'y avait plus aucune menace. J'étais bien tentée de la croire, et laisser la méfiance plus loin, car l'altercation m'avait fatigué et me rendait moins sur mes gardes, parce qu'entre les excités de Serpentard et Ruby, ce n'était d'une déjà pas le même niveau et puis si elle m'avait aidé jusque ici, ce n'était pas pour retourner sa veste tout à coup, à mon avis.


- Chez Ewan, mon petit-ami. Il va rentrer plus tard, il travaille tard à la Tête de Sanglier.

Hé ben, on pouvait dire qu'elle était pas allée au plus simple ! Je voyais un garçon d'au moins trois têtes de plus que moi – en même temps c'était pas bien compliqué, même s'il faudrait me passer sur le corps pour que je puisse consentir à l'admettre à haute voix – du type armoire à glace, et avec un voix grave et solide. J'avais cependant silencieusement noté l'information que Ruby n'était pas seule, ce que j'ignorais puisque nous n'avions pas eu de conversation calme et posée depuis... Tout remontait à si loin...

- Ah, d'accord, commentai-je platement, parce que le problème était toujours là, je marchais sur des œufs et j'étais sans cesse en train de me demander quelle était la marche à suivre même si je venais de lui balancer tout ce que j'avais sur le cœur.


- Tiens, met toi ça sur la lèvre, et je vais te faire une potion pour faire passer la douleur à ta machoire et ta cheville.

Même si à sa demande, je m'exécutais, j'aurais préféré, qu'elle aussi dise quelque chose. Quelque chose qui n'était pas en rapport avec mes blessures de guerre, et même si sur le coup c'était douloureux, je ne m'inquiétais pas tant que ça à ce sujet, parce que des bagarres, j'en avais eu. Mais ouais, qu'est-ce que ça pouvait être désagréable !

- Moi aussi ça m'a rendue triste. Je sais que j'ai mal agis, mais vraiment, je ne voulais pas te faire de peine. Je n'aimerais pas que tu penses que je suis quelqu'un comme ça, qui s'en fou des autres, alors qu'en plus... Pour moi, on était un peu amies. J'aimerais bien qu'on mette ça de côté, mais... Tu comprends que je ne suis pas une menace ou pas? Je ne veux pas intervenir entre toi et Chuck, et je vous apprécie tous les deux, je trouve ça pesant... Je comprends ce que tu ressens, j'aimerais juste...

Je figeai les muscles de mon corps parce que je ne me sentais pas prête à montrer mon insécurité à Ruby, face à ses paroles. Tout allait mieux ces derniers temps, c'est vrai, car l'énorme plomb que je me traînais et qui m'handicapait, j'avais trouvé comment m'en détacher, mais parfois... Parfois, il y avait ce sentiment plus fort que tout qui voulait faire s'envoler les mots, ne plus en dire, ni en entendre, sentir simplement une étreinte chaude et chaleureuse, que tout soit compris et pardonné que tout ça, toute cette merde s'en aille pour ne laisser que ce qui allait bien et que ce qui irait bien. J'avais traversé tant d'épreuves et je m'en étais toujours sortie avec brio, parce qu'il n'y avait que ça que je ne savais faire vraiment, avancer, mais il y avait des moments, même avant la réussite où il y avait cette peur trop grande de l'échec, cette montagne insurmontable, ces émotions qui vous collent dont on ne se débarrasse pas, sous lesquelles on se retrouve trop vite ensevelit et qui vous annoncent que plus rien ne sera jamais plus comme avant et qu'on se sent mal parce qu'on refuse d'accepter ça. Ces angoisses et tout ça, tout le reste, j'avais envie de leur dire d'aller se faire foutre, parce que j'en avais assez, j'en avais pas besoin, ce que je voulais, c'était les bras de Chuck qui m'entouraient ou bien ceux de Ruby pourquoi pas, parce que tout serait terminé, enfin, et c'était tout ce dont à quoi nous aspirions, et toutefois il y avait un truc qui me bloquait pour accéder à ces désirs, cette impulsion qui m'habitait, mais qui pourtant se retenait dans des instants intimes de pudeur comme ceux là, car c'était se mettre à nu et se mettre à nu était difficile, parce que la chair, elle était à portée de mains et ça devenait aisé de la griffer et de l'entailler lorsqu'il n'y a plus rien pour la protéger...

Ses remarques me firent me sentir dans une drôle de position, comme si je prenais pleinement conscience qu'il y avait un Chuck et Taylord comme une entité et non pas deux bien distincte, enfin je le savais, mais pour le coup, ça devenait encore plus flagrant. Chuck, c'était à la fois ma force et ma faiblesse, et lorsque c'était la faiblesse qui dominait, c'était là que ça devenait un problème. Ce qu'il y avait d'ironique, c'était que finalement, c'était comme ça depuis le départ, depuis le commencement.

- Quoi heu...
parler de ça ne me mettait en conditions pour discuter sans tabou. Ouais, bah ouais. Tu as ton copain, non ? Je te le laisse et puis voilà, tout le monde sera content, je m'autorisais un sourire, enfin, dans sa direction, en massant mes lèvres de pommade. J'aimerais bien que, et je me raclais un peu la gorge, que ça recommence bien, je veux dire, tu voudras qu'on mange ensemble la prochaine fois, ou qu'on fasse un tour dans le parc ? C'était une proposition dite sur le bout des lèvres parce que je ne voulais pas non plus insister sur ce qui la mettait dans une position tout aussi inconfortable que la mienne, mais je me dis tout à coup que si on voulait que ça se passe mieux, c'était qu'il fallait aussi qu'on passe plus de temps en ensemble et ça je m'en sentais parfaitement le courage et la volonté aussi. J'aime bien courir, si tu veux m'accompagner, de temps en temps, proposai-je, mais sans lui imposer, comme ça, elle faisait ce qu'elle voulait.

Je bougeais l'os de ma mâchoire pour évaluer la douleur ce qui me fit arracher la grimace pendant que Ruby s'affairait toujours avec la potion, posant mes yeux sur l'étagère en face de moi où se mélangeaient bibelots, livres et autres objets magiques.

- Comment est-ce que tu l'as rencontré Ewan, si il travaille à la Tête de Sanglier ? Okay, c'était une question con parce que j'étais la première à y fourrer les pieds alors que c'était pas un établissement méga fréquentable pour les élèves. Au moins j'essayais d'entretenir la discussion. C'était là bas ? C'était pas mon genre d'être intrusive dans la vie des gens je préférais quand ils s'expliquaient de leur plein gré, mais après tout, si elle avait pas envie d'y répondre, c'était aussi libre à elle et surtout, j'en avais assez de m'interroger sur tout et pourquoi et peut être que la seule solution, c'était celle de se laisser aller.

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MessageSujet: Re: On all the battles [R.S]   Ven 14 Mar - 20:26

Sans vraiment savoir comment l’expliquer, la présence de Taylord chez Ewan était étrange pour moi. Sûrement parce qu’il était étranger à Poudlard, et que Poudlard était étranger à lui, et que j’avais toujours voulu séparer bien distinctement ces deux choses. Bien sûr, il ne s’agissait pas d’être une personne différente avec lui et les autres, au contraire. Ewan m’aidait à trouver le juste milieu, à réussir à être qui je voulais être sans jamais trop me développer ni mentir. Je lui racontais tout de Poudlard, il n’y avait aucun mensonge entre nous, là n’était pas le problème… Mais Ewan, et tout ce qui l’englobait, c’était mon refuge à moi, ma sécurité, et dernièrement, Poudlard avait été un environnement légèrement… Enfin, pas toujours très sécurisant. Et Taylord faisait partie des problèmes que j’avais eu, et la faire pénétrer dans mon petit monde signifiait beaucoup pour moi. Ce n’était pas simplement l’appartement d’Ewan, car pour moi, chaque détail avait une signification particulière. Ce canapé, c’était là où je lui avais parlé de mon père, où il m’avait serré dans ces bras. La table, là où nous avions pris notre petit-déjeuner après la première soirée où nous nous étions embrassés. Le bureau avec les chaudrons, là où nous avions fait le felix felicis ensemble le soir de mon anniversaire, et que j’avais réellement fait sa connaissance. Ce n’était peut-être que des petites choses, des souvenirs, mais pour moi, ça représentait beaucoup plus ; dans ce petit appartement, je me sentais en sécurité. C’était mon univers. Et la présence de Taylord, c’était apporter un peu de l’extérieur trouble à l’intérieur de ma petite bulle.

Mais j’étais fatiguée de tourner en rond. Il fallait bien passer à autre chose, à un moment, et si nous nous étions expliquées, ça n’avait pas très bien fini. Est-ce que Taylord se retenait parce qu’elle était chez Ewan, avec moi, blessée, et qu’elle n’avait pas trop la possibilité de s’échapper ? A la fois, je la connaissais : si elle n’avait pas voulu me parler, elle serait partie depuis un moment, blessée ou non. Puis, au fur et à mesure qu’elle parlait, je voyais bien qu’elle comme moi voulions agiter le drapeau blanc. J’étais fatiguée de combattre, à vrai dire je ne l’avais jamais voulu et je m’étais déjà excusée. J’attendais jusque que Taylord me fasse un signe… C’était drôle, notre relation n’avait jamais vraiment été exposée, mais nous nous étions connues au plus bas, et les murs dont nous nous entourions habituellement n’avait pas eu lieu d’être, visiblement. Nous nous étions fait confiance, d’un accord silencieux, alors que nous nous connaissions à peine, et maintenant, il semblait qu’il était impossible de simplement nous parler normalement. Mais j’appréciais Taylord, réellement, et je savais qu’elle n’était pas mauvaise avec les gens par plaisir. Et puis, je voyais bien comment elle était avec Chuck, il était mon ami et elle le rendait heureux… Elle s’entendait même bien avec Lizlor, avec Rita, je savais très bien qu’elle était une bonne amie. Seulement, je ne savais pas comment regagner ses faveurs, et pour être honnête, je commençais à être fatiguée : je ne voulais pas courir après elle si elle ne me tendait pas un minimum la main.


- Quoi heu... Ouais, bah ouais. Tu as ton copain, non ? Je te le laisse et puis voilà, tout le monde sera content. J’eus un sourire – mais une voix à l’intérieur rappela silencieusement qu’il n’était pas question de laisser ou non, Ewan était mon petit-ami et tant qu’il voulait de moi, personne ne le touchait, tout simplement. J'aimerais bien que, que ça recommence bien, je veux dire, tu voudras qu'on mange ensemble la prochaine fois, ou qu'on fasse un tour dans le parc ? J'aime bien courir, si tu veux m'accompagner, de temps en temps.

J’imprimais ce qu’elle venait de dire, et, un peu en retard, senti la surprise peindre mes traits, avant d’avoir un réel sourire. Elle voulait donc essayer elle aussi ?! Je sentis une douce chaleur envahir mon cœur. Bien sûr rien n’était facile, et nous n’allions pas soudain devenir les meilleures amies du monde, mais j’étais soulagée. Je n’aimais pas les conflits, encore moins lorsqu’ils avaient à mes yeux comme source un malentendu.

- J’adore courir ! M’exclamai, avant de me reprendre, réalisant que j’avais laissé échapper ma joie avec un peu trop d’enthousiasme. Je n’ai jamais couru avec quelqu’un, c’est pas trop la tasse de thé de Liz ou Ana, donc ça serait avec plaisir, si tu veux le week-end prochain on peut courir samedi matin et déjeuner ensuite ensemble, dans le parc s’il fait beau ? Proposai-je, toute contente de la perspective.

Je me demandais quel était le rythme de Taylord, car j’étais habituée à pousser et aller vite, mais s’il fallait m’adapter, je le ferais avec plaisir. L’idée de partager ça avec Taylord m’enchantait, et c’était une bonne manière de repartir doucement sur des bonnes bases, ce qui me mettait de bonne humeur. Je terminais de bander sa cheville, et me mis à fouiller dans la boite à pharmacie d’Ewan. Je crois qu’il me restait de la potion de la dernière fois pour calmer la douleur… Hm…


- Comment est-ce que tu l'as rencontré Ewan, si il travaille à la Tête de Sanglier ? C'était là bas ?

Je relevai la tête, un peu surprise. La question de Taylord me fit plaisir cependant, car c’était une preuve qu’elle s’intéressait un minimum à ma vie, et qu’elle était prête à petit à petit rouvrir la discussion. Bien sûr, sa question me crispa un peu – elle ne se doutait probablement pas de mon problème avec l’alcool, mais elle avait peut-être remarqué ou entendu que j’avais eu une passe où je finissais très ivre morte à la plupart des soirées. Et le fait que mon petit-ami soit barman ne me donnait peut-être pas une très bonne image… Mais surtout, je n’avais pas envie que Taylord imagine Ewan d’une mauvaise manière non plus, il avait été le premier à m’aider lorsque j’avais décidé qu’il fallait que j’arrête de boire !

- Oui, c’est bizarre mais j’y allais souvent pour être tranquille, expliquai-je d’une voix un peu timide. Il travaille aussi chez l’apothicaire, crus-je bon de préciser. On est ensemble depuis mars, et… Je suis vraiment bien avec lui, donc j’espère que ça va durer longtemps. Je sentis que je rougissais un peu. Attends, j’ai ce qu’il te faut ! Je me levais et allai chercher un verre dans la cuisine. En revenant, je versai dedans une petite fiole que j’avais trouvé dans la boite avec les remèdes. Bois, ça va calmer toutes les douleurs normalement ! Mais je crois que ce n’est pas très bon, je te préviens… Ew, en effet, ça n’avait pas l’air ! Je repartis rapidement dans la cuisine, et ramenai un verre d’eau. Tiens, pour faire passer le mauvais goût. Maintenant que j’en avais terminé avec sa cheville, je n’avais plus besoin de m’asseoir par terre, et je me sentis tout à coup un peu maladroite, debout, à regarder Tay. J’hésitai, et m’assis sur le fauteuil en face, me tenant un peu trop raide. Et toi, ça va avec Chuck ? Vous… Je marquai une pause, hésitante. Vous avez pensé à l’année prochaine, tout ça ?

Parce qu’elle allait quitter Poudlard, lui aussi… Quels étaient leurs plans ? Le futur était toujours un peu terrifiant quand on y réfléchissait, et je savais de quoi je parlais : la différence d’âge avec Ewan me faisait un peu peur parfois, car je me demandais si nos vies seraient se mêler harmonieusement… Quant à Chuck et Taylord, je n’avais aucune idée de leurs projets, et j’espérai ne pas avoir soulevé une question trop épineuse.

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I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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Localisation : Ben regarde, sur ma licorne magique... Ah, tu la vois ? Okay, arrête le jus de citrouille alors, visiblement ça te fait pas que du bien.
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Particularités: J'ai dix doigts. C'est fou hein.
Ami(e)s: C'est comme la poussière d'étoiles. Si t'y prends pas gaffe, elle s'effrite entre tes doigts...
Âme soeur: Il a un petit faible pour les cow-girls.

MessageSujet: Re: On all the battles [R.S]   Lun 24 Mar - 20:24

Ce n'était pas si facile que ça de se libérer. Je voulais laisser couler, que les choses se passent et surtout se tassent parce que non seulement la bataille de ce soir était terminée, mais celle entre Ruby et moi aussi – nous avions déposé les armes au sol, dans une sorte de lassitude. A quoi cela rimait ? C'était difficile à expliquer, et je voyais mal poser des mots oraux pour l'exprimer à Ruby, mais j'avais ce désir de dissiper mes angoisses qui se plaquaient contre les parois de mon estomac, à cause d'un geste, d'un terme que j'analysais comme potentiellement menaçant et qui me paralysait, m'empêchait d'aller plus loin, et pourtant j'en avais envie, plus qu'envie, parce que pendant des semaines la situation avait été trop invivable pour que je souhaite replonger dans les tourments qui planaient comme des parasites noir au dessus de ma tête. Et cependant, il restait cette résistance inconsciente qui surgissait lorsque je m'y attendais le moins, qui voulait dire : ça va mieux mais ce n'est pas encore complètement fini, il faut à présent laisser du temps au temps.

Les fragilités étaient encore là, il fallait les renforcer, les enduire, en prendre soin, les rendre élastiques pour qu'elles ne se brisent pas de nouveau au moindre choc un peu sourd. Si je me sentais prête à aller de l'avant au gré de mes impulsions, parce qu'elles m'avaient toujours guidés et que je m'en remettais souvent à elles. Seulement il restait des étapes que je ne pouvais pas franchir seule et pour cela, j'avais besoin de que Ruby me tende la main et surtout ne la lâche pas.
Et moi non plus. C'était à moi de choisir si je voulais serrer, ou délier les doigts.


- J’adore courir ! Je n’ai jamais couru avec quelqu’un, c’est pas trop la tasse de thé de Liz ou Ana, donc ça serait avec plaisir, si tu veux le week-end prochain on peut courir samedi matin et déjeuner ensuite ensemble, dans le parc s’il fait beau ?

Son engouement, son investissement, allégea ma poitrine, parce que ça signifiait que dans cette histoire je n'étais pas seule : nos deux partis avaient beau être ce qu'ils étaient, ils avaient besoin de faire un pas l'un vers l'autre de façon constante et progressive si on désirait aller de l'avant de manière positive et surtout définitive. Je ne voulais plus m'étendre sur la passé – du moins pas celui là, ce qui concernait certaines cicatrices, c'était autre chose. Celles ci néanmoins s'exprimaient avec angoisse à chaque fois que je m'étendais un peu trop sur elle, comme le chercheur qui veut trouver des réponses entre les lignes, qui n’apparaissent pas. Elles n'avaient cependant plus lieu d'être à présent, alors pourquoi les garder ?

- Moi non plus, souris-je en retour, parce que lorsqu'il n'y avait plus aucun sous entendu, c'était beaucoup plus facile.

Lorsque je courrais, je « ressentais » tout mon corps et vraiment mon esprit ne faisait qu'un avec lui comme si c'était mon cœur qui était devenu cette machine géante et qui pulsait au son du rythme mélodique et rapide de l'effort. Le seul but ce n'était pas les amis, les amours, les mangemorts, c'était uniquement de courir peu importe ou ça menait. C'était un sentiment cathartique, qui me lavait – même si ce n'était que temporaire – des énergies négatives pour pouvoir repousser plus loin encore les capacités d'adaptation du corps humain.

- J'aime bien y aller quand il fait tôt, qu'il n'y a personne encore, ça te va ? Il y avait une dimension mystérieuse dans le parc que j'appréciais, surtout le samedi matin justement, alors que le château était encore endormi parce qu'il récupérait de sa lourde semaine pour pouvoir faire la grasse mâtiné. C'était ce sentiment de posséder le parc et de ne faire qu'un avec lui qui était agréable, et c'était comme de se balader dans une bulle immense dans laquelle personne ne pouvait pénétrer. Mais ça nous empêchera pas de traîner ensuite !

Parce qu'après venait la bonne fatigue, celle laissé par la sensation du devoir accompli. J'avais ce sentiment particulier de me dire que j'allais de nouveau faire quelque chose en compagnie de Ruby et qu'on allait plus faire semblant de s'ignorer et de faire comme si on se connaissait pas lorsqu'on se croisait dans les couloirs, et quelque part, ça me soulageait enfin – je n'avais enfin plus l'impression de jouer à la comédie, et d'avoir la liberté d'être moi même de nouveau... tout en faisant des concessions pour ne pas étouffer son soi même à elle.

Sans doute cela me poussa également à prendre l’initiative de poser des questions plus personnelles à Ruby – il y avait des éléments que j'avais certes, mais d'autres étaient bien plus vagues et combler ces trous c'était également une façon de colmater notre amitié et c'était du moins comme ça que je le voyais.


- Oui, c’est bizarre mais j’y allais souvent pour être tranquille. Il travaille aussi chez l’apothicaire. On est ensemble depuis mars, et… Je suis vraiment bien avec lui, donc j’espère que ça va durer longtemps. Attends, j’ai ce qu’il te faut !

La voir se lever vivement me laissa avec l'impression qu'elle ne voulait peut être pas être spectatrice de mes réactions face à ses explications. J'attendis patiemment qu'elle s'installe de nouveau, parce que de toute manière, ce n'était pas maintenant que j'avais vraiment envie de courir le marathon !

- Bois, ça va calmer toutes les douleurs normalement ! Mais je crois que ce n’est pas très bon, je te préviens… Je tirais la grimace pour appuyer ses propos, sans même masquer mon dégoût. Tiens, pour faire passer le mauvais goût.

Sans répondre, j'attrapai le verre pour l'avaler d'une traite, avant de le reposer sur la table dans un petit choc, et de confirmer :

- C'est dégueulasse. J'espérais au moins avec cet arsenal que j'allais péter la forme demain matin ! Ah ouais il fait les deux en même temps, ça doit pas être facile, repris-je. J'eus une inspiration. T'as raison, pour la potion. Ca fait vite effet.

Mais j'oubliais pas ces sales connes qui perdaient rien pour attendre avec leurs conneries, même si ça me semblait être à mille lieux d'ici le moment où on s'était fritées avec elles toute à l'heure, comme si entre temps, il s'était passé tout un tas de trucs, à l'instar des rêves ou on peut aller au bout du monde, alors qu'on est juste bien au chaud sous sa couette pour la nuit et que la sonnerie du réveil, quelques minutes plus tard, va être difficile à encaisser.


- Et toi, ça va avec Chuck ? Vous… Vous avez pensé à l’année prochaine, tout ça ?

Je fis exprès de me caler un peu mieux entre les coussins et avoir une position plus confortable pour ne pas avoir à répondre tout de suite – dans ma tête je cherchais une porte de sortie à toute vitesse, mais j'avais été surprise de la rapidité d'action de Ruby sur le coup, alors à part me braquer, je ne voyais pas trop ce que je voulais faire d'autre.

Pourquoi est-ce que cette foutue question à la con arrêtait pas de planer et de revenir au dessus de nos têtes en ce moment ? Bon c'était vrai que c'était ni anodin ni innocent et puis ça voulait bien dire ce que ça voulait dire, que c'était devenu assez sérieux avec Chuck, malgré tout ce qu'on avait traversé pour que le problème se pose. Et si d'un autre côté, ça m'énervait tant que ça à chaque fois que c'était évoqué, c'était tout aussi bête hein – j'avais aucune réponse, je savais pas et j'étais persuadée que de son côté Chuck savait pas non plus, ou du moins il y avait des choses qu'il savait très bien, c'était même plutôt ça, alors tant qu'on en parlait pas c'était gérable mais... On me demandait de prendre une grande décision mine de rien, et j'avais juste envie de dire merde pour une fois. Pas parce que je m'en foutais, parce que ça m'intéressait pas... Mais à chaque fois je nous sentais sous pression pour le moindre truc, comme si le temps nous était compté, et puis en plus j'avais des projets aussi, celui des aurors, et je fonçais un peu dans le tas sans réfléchir, parce que dans l'ensemble je trouvais que c'était une solution qui marchait assez bien, mais pour contre balancer, ma vie elle était ici d'accord, mais elle était également de l'autre côté de l'océan, alors y'avait un moment où c'était quand même un peu compliqué de se dédoubler.

- Heu... pfff nan j'en sais rien, lâchai-je contre toute attente, parce que ce soir aussi, j'avais été trop sous pression, et j'avais besoin de vider mon sac. Enfin ouais ça se passe bien, c'est juste que ça commence à arriver trop vite et qu'il y a tout ces trucs que j'ai pas envie de gérer parce qu'il faut avoir la tête partout à la fois et j'ai juste envie qu'on me lâche la grappe parfois et que ça se passe simplement et dans l'bon sens, sauf que hein, bien sûr, on sait que c'est pas comme ça que ça marche. On en a pas encore parlé. On verra bien de toute façon, on en est pas encore là.

On en est pas encore là. Si j'ignorais tout ça, peut être qu'avec un peu de chance j'allais pas me retrouver dedans et que ça allait disparaître tout seul ?

- T'as envie de quitter Poudlard toi ? Demandai-je comme si Ruby allait pouvoir trouver les réponses à ma place, même si je savais très bien que c'était impossible.

Car au final, j'étais entre deux états – celui où je savais ce que je voulais vraiment sous certains plans, et l'autre où prendre la moindre décision m'apeurait. A trop vouloir bien faire les choses, n'est-ce pas comme ça qu'elles se déroulent mal ?

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"Elle lui a appris à vivre.


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Il lui a appris à aimer."

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