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I'll send a storm (Phil)

 

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 I'll send a storm (Phil)

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Heather Lass
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MessageSujet: I'll send a storm (Phil)   Ven 16 Aoû - 11:26


Storm song
I'll send a storm
to capture your heart
and bring you home
Oh carry on the breeze
you'll never find me, gone
Oh faster than the post train
burning like a slow flame on
I'll send a storm
to capture your heart
and bring you home

C'était facile, presque trop, songea Heather en se glissant une nouvelle fois hors du passage secret qui menait de Poudlard à Pré-au-Lard. La Cabane Hurlante, qui en temps normal n'avait rien de rassurant, était encore plus effrayante à la nuit tombante, et Heather frissonna, tentant de ne pas penser à ce qui se cachait dans la pénombre des pièces abandonnées. Elle connaissait le chemin, l'endroit ; il n'y avait que le tic-tic de ses petites griffes contre le vieux parquet qui résonnait autour d'elle, et en moins de deux minutes elle fut dehors, après avoir traversé deux grandes salles et s'être glissée hors de la maison par le coin d'un carreau cassé d'une vieille fenêtre. Le soir était tombé sur le village, même si des passants circulaient encore dans les rues. Qui aurait pu songer qu'une élève de Poudlard se baladait à leurs côtés, loin du château, en début de soirée, à une heure où plus aucun élève n'était autorisé à quitter l'école ? Pourtant, la Serpentard avançait prudemment, rasant les murs et s'immisçant dans les petits passages plutôt que de favoriser les chemins plus directs, mais plus visibles. Un renard polaire n'était pas un animal des plus courant, et elle ne souhaitait pas attirer l'attention et les suspicions. C'était la deuxième fois qu'elle se rendait au cimetière dans la journée : la première, plus tôt, en pleine journée, lui avait permis d'effectuer la première partie de la mission, à savoir d'aller déposer un paquet pour Phil, destiné à l'un de ses... clients, collaborateurs ? Elle n'avait pas encore toutes les pièces en main, mais elle avançait prudemment, essayant de ne pas en demander trop non plus. Phil n'était pas spécialement expansif en la matière, et elle savait qu'elle jouait avec le feu, qu'elle risquait à tout moment qu'il la trouve trop curieuse et se désintéresse d'elle de la même manière qu'il s'y était intéressé. Quand elle était arrivée devant la cachette dont ils avaient convenu, elle avait du se métamorphoser et sortir le paquet pour son sac magique, à l'abri derrière une vieille pierre tombale recouverte de mousse, elle l'avait déposé, avant de redevenir un renard et filer sans demander son reste. Ce moment là avait été le plus délicat : c'était en journée qu'elle risquait le plus d'être repérée, surtout si elle se transformait. Ce soir, elle ne risquait pas grand chose, et personne n'allait remarquer qu'elle n'avait rien à faire ici. Elle avait croire à ses amies du dortoir qu'elle allait s'installer quelque part dans une vieille salle du château pour réviser ses potions, ainsi, personne n'allait s'inquiéter de son absence. Il n'y avait que Phil qui connaissait la vérité.

Arrivée au cimetière, elle se glissa entre les barreaux de la grille d'entrée, et s'arrêta pour humer l'air quelques secondes. Le vent était tiède. Au bout de quelques secondes, elle jugea qu'il n'y avait personne aux alentours. Elle traversa quelques allées, alla vers la partie gauche du cimetière - où étaient les plus vieilles tombes - et retrouva celle de ce matin, celle qui s'adossait au petit muret de pierres sèches dont l'une était descellée. La cachette était là. Elle poussa la pierre du museau, et après un regard aux alentours, elle se métamorphosa, s'empara du paquet, le glissa dans son sac magique sous sa cape, et retrouva son apparence animale. Sans demander son reste, elle bondit sur le muret qu'elle suivit en trottinant, ses pattes se posant sur les pierres inégales avec une agilité propre aux animaux, et reprit le chemin de la Cabane Hurlante, coupant cette fois par les champs qui bordaient le cimetière, se glissant entre les hautes herbes. Elle pressa le pas tout le chemin du retour, bondit assez rapidement hors du passage secret pour s'éloigner du Saule Cogneur, s'engagea dans une petite ouverture pour pénétrer dans le château, et quand elle fut dans un recoin assez discret, elle reprit forme humaine. Là, elle risquait encore plus de se faire pincer : jusqu'au 7ème étage, dans le couloir où se trouvait la chambre de Phil, elle sentit son cœur battre de plus en plus fort à cause de l'adrénaline, et elle traversa le couloir en retenant sa respiration, frappa trois petits secs puis s'engouffra dans l'embrasure de la porte qui s'ouvrait, la refermant précipitamment derrière elle.

Alors, seulement, elle eut un petit sourire de fierté et de satisfaction : elle avait réussi. Sur le coup, au cimetière, elle ne se l'était pas dit ; pas plus que quand elle était revenue de Pré-au-Lard. Mais, maintenant qu'elle était dans la chambre de Phil sans s'être laissée apercevoir, et qu'elle avait réussi en tous points la mission, elle sentait enfin ses nerfs et ses muscles se relâcher. Après un regard vers Phil qui se trouvait face à elle, elle baissa les yeux et sortit de sous sa cape le petit sac, dont elle extirpa le paquet, grossièrement emballé dans du vieux papier brun et sale.


- Je l'ai, affirma-t-elle avec un petit sourire, et elle tendit le paquet à Phil.

Parmi tous les sentiments qui l'avaient habitée, pas une seconde elle s'était interrogée, pas une seconde elle avait douté, et c'était à présent qu'elle était hors de danger que les doutes commencèrent à doucement l'assaillir. Et si elle avait fait quelque chose de travers ? Et si elle s'était fait remarquer sans le savoir, et si cela remontait aux oreilles de Phil ? Et si elle avait fait quoi que ce soit qui lui déplaise ? Son regard se fit un peu plus brillant, un peu moins fier et plus craintif. Le paquet dans les mains de Phil lui semblait détenir bien plus de pouvoirs qu'elle ne l'avait imaginé. Et si elle se fichait totalement d'elle et ne se servait d'elle que parce qu'elle était Animagus ? Bien sûr, il y avait ce risque... Il y avait ce risque et elle le savait, elle l'avait su depuis le début. Seulement, n'était-ce pas son seul choix ? Elle voulait qu'il continue à s'intéresser à elle, à lui accorder de l'attention, elle voulait être autre chose qu'une élève jolie et qui lui plaisait, comme il y en avait tant dans le château. Ce rôle là lui donnait du pouvoir, et elle s'y accrochait désespérément. Les risques ne l'inquiétaient pas : Poudlard, sa famille... Non, personne ne pouvait découvrir ce qu'elle faisait, du moment qu'elle faisait attention. A vrai dire, elle préférait ne pas y penser. Elle risquait probablement l'exclusion ; quant à Phil, il risquait probablement une mort lente et douloureuse si jamais son père ou ses frères avaient vent de cette histoire.

Heather sentit une pointe de tristesse prendre le pas sur l'adrénaline et la fierté qui faisait battre fébrilement son cœur : elle avait l'impression qu'elle avait beau faire quoi que ce soit, même des choses totalement inégales et interdites, rien ne l'assurerait jamais de garder Phil rien que pour elle.

Pour masquer son trouble et se donner une contenance, elle tenta de faire un bilan de ce qu'elle avait accompli, parlant de la voix la plus assurée qui soit :


- Tout s'est bien passé, personne ne m'a vue. J'ai bien fait attention. Le cimetière était désert, mais par contre le petit muret commence à s'effondrer, et je pense qu'il faudrait trouver une autre cachette parce que j'imagine qu'ils vont vouloir le réparer bientôt... Ce serait bête qu'ils découvrent... Elle fit un geste de la main pour finir sa phrase, désignant ce que Phil avait récupéré. De toute manière, elle ne savait même pas exactement de quoi il était question.

Hésitant sur quelle attitude à adopter, parce que tout d'un coup elle se trouvait ridicule : comment pouvait-elle espérer avoir ce qu'elle voulait ? Quand elle regardait Phil, son métier, ses aspirations, et la façon dont il souriait à toutes les jolies filles, de la même façon... Pour se donner une contenance, elle lui lança un petit regard par-dessus sous ses cils et lui fit un joli sourire, espérant qu'il ait un geste vers elle. Elle craignait, à présent qu'elle avait fait ses preuves, de redevenir comme les autres.

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Phil Prescott
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MessageSujet: Re: I'll send a storm (Phil)   Sam 31 Aoû - 14:19

L’attente. Je savais bien ce qu’elle représentait, les sensations qu’elle procurait, mais également ce qu’elle représentait. J’étais un homme d’action, préférant avoir les choses entre mes mains et les faire opérer lorsqu’il le fallait, au bon moment. Mais dans l’équation, elle était là et le restait, l’attente, parce que bouger ne voulait pas forcément dire ne pas la jouer fine et la patience faisait partie des éléments qui permettaient de récolter le gros lot.

Il y avait trop de tentations autour de moi et si je savais y résister, faire des petits écarts sans conséquences n’étaient pas très dangereux – je connaissais assez les limites pour ne pas avoir à les franchir, mais flirter avec elles. C’était pour ça que je m’en sortais si bien, malgré quelques erreurs de parcours, parce qu’il y en avait toujours. Finalement, à part le contexte et l’adaptation à laquelle je devais faire face, c’était un peu comme si rien n’avait changé, et c’était en confiant sa première mission à Heather, ainsi que le paquet que je lui avais remis en lui donnant mes instructions – le cimetière de Pré-au-Lard et ses nombreux secrets, mais ce n’était pas pour faire une petite balade en amoureux qu’elle devait se rendre là-bas – que j’avais réalisé comme tout ça m’avait manqué. On pouvait bien dire et penser ce qu’on voulait, que c’était mal, pas bien et qu’il allait m’arriver des bricoles en continuant comme ça, bref, le genre de discours qu’on préfère envoyer à la poubelle sans réfléchir parce qu’il faisait bien chier. C’était ça que j’aimais, alors qu’est-ce que ça pouvait bien me foutre, à moi et aux autres, si c’était illégal ? Je n’avais jamais forcé personne à me rejoindre, mais c’était bien connu, les gens préféraient se cacher dans le cocon brillant de la société, parce que ce qu’il y avait en toile de fond était bien moins reluisant – pourtant on s’y amusait bien quand même et en prime on se faisait de l’argent facile. Alors ouais, parfois c’était plus ou moins la bonne ambiance et on dormait pas toujours sur ses deux oreilles, mais bon, ça, c’était le temps de s’acclimater, parce qu’ensuite, ça devenait des automatismes et on faisait même plus gaffe. C’était ma vie, c’était chez moi et rien ni personne ne me forcerait à renier qui j’étais et ce que je faisais.

Je n’avais rien dit à Heather de ce que contenait le paquet – et elle n’avait pas posé de questions. Je devais admettre que j’avais un peu redouté ce moment, dans le sens où je lui demandais de s’impliquer certes, mais par les actes, le reste, on s’en fichait et si elle commençait à accorder trop d’importance à tout ça, et ben on était pas sorti de l’auberge. Ca n’avait pas été évident à emballé cette affaire d’ailleurs, c’était pour un mec qui voulait améliorer les performances de son Nimbus 2000 parce qu’il voulait pas investir dans un nouveau balai, manipulant déjà bien celui-là, et la solution que j’avais proposé c’était de remplacer les brindilles de la brosse par d’autres, plus fines, mais que j’avais rendu plus solides grâce à des enchantements. Après tout n’était plus qu’une question d’aérodynamisme, mais là, même si j’aurais pu faire moi-même, c’était plus mon job et le type devrait alors se rediriger vers un des noms que je lui avais filé. Ça avait été difficile de rentrer en contact, mais c’était un homme avec qui j’avais déjà eu à faire auparavant, quelqu’un de réglo quoi. Pour une première fois, je n’allais pas demander à Heather de faire face à face avec le dernier des truands de l’allée des Embrumes, je n’étais quand même pas frappé à ce point ! Comment ça je me servais d’elle ?! Non seulement, elle n’avait pas dit non, et j’avais su tirer avantage de ce qu’elle m’avait laissé l’occasion de voir, lors de notre petit règlement de comptes sur le terrain de Quidditch et rien de plus. Finalement, elle était la solution à tous mes problèmes du moment parce que son apparence d’animagus la rendait discrète de tout et tout le monde – même se Sara Wayland et de tout le Magenmagot réuni.

Et donc puisqu’on en parlait : c’était son retour que j’attendais et là aussi j’avais été clair, trois coups pas plus et je savais qu’ils n’allaient pas tarder à fuser, autant que je n’avais aucune idée de quand cela allait arriver, mais lorsqu’il résonnèrent, j’ouvris la porte le plus silencieusement et le plus rapidement possible sans me poser plus de questions que ça parce que l’ombre rousse n’avait pas attendu son reste elle non plus et s’était glissée à l’intérieur de la chambre.

J’eus à peine le temps de l’interroger du regard – la réponse se lisait sur son visage et juste ensuite, sa voix mélodieuse se répercuta dans toute la pièce malgré qu’elle n’ait pas parlé si fort, en assurant que tout c’était bien passé. Je pris l’emballage qu’elle avait récupéré en échange de celui que je lui avais donné un peu plus tôt, pendant qu’elle m’expliquait comment s’étaient déroulées les opérations.
- Tout s'est bien passé, personne ne m'a vue. J'ai bien fait attention. Le cimetière était désert, mais par contre le petit muret commence à s'effondrer, et je pense qu'il faudrait trouver une autre cachette parce que j'imagine qu'ils vont vouloir le réparer bientôt... Ce serait bête qu'ils découvrent...
Ah merde, mais ça ne m’étonnait qu’à moitié – ça faisait un bout de temps que j’y avais pas mis les pieds, mais dans mon souvenir déjà, ce n’était pas en très bon état. Je hochai distraitement la tête, avant de poser ce que j’avais encore dans les mains sur la médiocre table qui me servait de bureau. Ou d’endroit à foutoir, au choix.

- T’inquiète pas pour ça, les refuges tranquilles, c’est pas ça qui manque, mais t’auras l’occasion de le voir par toi-même, ben oui, puisque aujourd’hui était une franche réussite, mon cerveau tournait déjà à plein régime. Heather allait se révéler être une alliée de choc, je n’en doutais pas, et ça allait bien m’arranger… Et pas que sur un seul tableau. Enfin, c’est cool déjà pour ça si t’as géré. Tu vas découvrir Pré-Au-Lard et ses environs comme tu l’as jamais vu !

Elle était toujours debout, et même si elle ne laissait rien paraître, il me semblait qu’elle était un peu raide. Il y avait un petit meuble au fond de la chambre où je gardais tout un tas de bricoles, notamment du Whisky Pur Feu que je sortis, avant de faire voler deux vers jusqu’à nous, pousser le fatras qui me gênait qu’il y avait sur la table pour les poser le temps de les servir, avant de prendre le mien et celui d’Heather, pour lui tendre, parce qu’il lui était destiné. C’était pas trop la peine de rappeler que depuis le début, son âge m’importait peu et qu’il n’y avait rien de mal à boire un petit verre.

- Tu veux fêter ta première réussite comment ?
questionnai-je . Lorsqu’elle eut son verre entre ses mains, je tapai le mien dans le sien pour trinquer et se faisant je m’étais rapproché. Comme j’étais le plus grand, je pouvais voir le liquide ambré se refléter dans ses yeux et y ajouter de nouvelles consonances parce qu’il s’ajoutait au vert des vastes prairies qui y régnait déjà. J’eus un sourire avant de boire une gorgée de mon whisky parce qu’en plus de sa réussite, c’était également mon retour dans le marché que l’on célébrait. Et même si je passais ça sous silence, je n’en éprouvais pas moins une certaine fierté.

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Heather Lass
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MessageSujet: Re: I'll send a storm (Phil)   Mar 3 Sep - 23:16

Les questions fusaient de toutes parts, dans l'esprit d'Heather, mais elle s'efforçait de ne pas se laisser emporter par ce tourbillon qui était comme le centre d'un trou noir : plus elle s'interrogeait et plus elle avait de questions irrésolues, qui en entraînaient d'autres, puis d'autres. Elle avait l'impression de faire un pas dans quelque chose de bien plus grand et plus fort qu'elle, et si elle se sentait forte et invincible car elle avait toujours fonctionné comme cela, elle avait toujours gardé la tête haute, il lui semblait parfois qu'elle n'en était pas si certaine, et que tout pouvait s'écrouler d'un instant à l'autre. Elle savait bien que Phil ne voulait pas s'épancher sur le sujet, il l'avait fait clairement comprendre en abordant le sujet de ses petits transactions illégales de la manière la plus superficielle qui soit. Heather aimait à penser qu'il n'en disait pas trop pour la protéger, pour ne pas qu'elle se retrouve trop impliquée si jamais quelqu'un découvrait quoi que ce soit - la partie la plus raisonnable de sa personne lui murmurait désagréablement à l'oreille que c'était aussi sans doute parce que Phil ne lui accordait pas plus d'importance que cela, qu'elle était seulement bien utile et qu'il n'avait aucune raison de livrer ses petits secrets à la première jolie fille venue. Mais elle ne pouvait s'empêcher de retourner la situation dans tous les sens, et petit à petit, certaines choses se mettaient en place. Si, par exemple, Phil avait autant de contacts, autant de rendez-vous, autant de cachettes et surtout autant d'aisance dans ces transactions, c'était qu'il s'y connaissait, et donc qu'il en faisait depuis un petit moment. Depuis avant Poudlard, probablement... Peut-être s'était-il monté un réseau, réseau que la majorité des sorciers ignoraient, c'était comme une fourmilière sous la terre, bien active et grouillante de monde, mais invisible de ceux qui marchaient au-dessus... Sans doute qu'elle n'y avait jamais fait attention jusqu'à lors, mais pour Heather ces histoires de marché illégal concernaient les vieux soulards que l'on croisait parfois dans des ruelles sombres, trop hors du système pour trouver un travail convenable, mais trop malins pour se laisser sombrer complètement. Il y avait eu une histoire, quand elle était petite, près de l'endroit où elle habitait en Irlande ; Heather s'en souvenait, mais avec une certaine imagination fantasmée propre aux enfants - pour elle c'était une histoire de brigands comme celles que l'on lit dans les livres pour enfants, et pas une simple transaction entre deux hommes tous bien sous tous rapports qui déjouent aussi aisément qu'on le prononce les règles imposées par le reste de la société. Était-ce bien ou mal ? C'était mal aux yeux de la loi et Heather le savait, mais la question était plutôt personnelle : trouvait-elle cela bien ou mal, elle ? En soi, le fait que Phil trafique de ses propres mains des choses qu'il revendait... Ce n'était ni des armes, ni du vol en soi... Elle était mitigée, sans arriver à être farouchement contre. Et puis, elle avait accepté. Elle ne pouvait plus revenir en arrière.

En trottinant dans le petit chemin qui menait à la Cabane Hurlante, la première fois, elle s'était subitement demandé : et si je me fais prendre, qu'arrive-t-il ? Phil n'avait évoqué en rien les risques - il lui avait juste donné certaines instructions si quelque chose tournait mal, et Heather avait d'ailleurs gardé l'adresse de l'ami de Phil dans le fond de sa poche. Mais la concernant elle, si elle se trouvait prise sur le fait, que risquait-elle ? On n'envoie pas à Azkaban des gens pour cela, s'était-elle dit d'un ton certain avant de continuer son chemin. Mais elle avait eu le coeur battant, trop fort, jusqu'à la fin de sa mission. Elle n'était sûre de rien. Et puis, elle n'était même pas une Animagus déclarée... Cela faisait plusieurs paramètres qui, mis les uns avec les autres...

Mais non, elle ne risquait rien. Phil savait ce qu'il faisait. Il ne lui ferait pas de mal.


- T’inquiète pas pour ça, les refuges tranquilles, c’est pas ça qui manque, mais t’auras l’occasion de le voir par toi-même. Enfin, c’est cool déjà pour ça si t’as géré. Tu vas découvrir Pré-Au-Lard et ses environs comme tu l’as jamais vu !

Elle répondit par un sourire - elle se sentait acquittée de sa dette, et la pression quittait peu à peu ses épaules. Le « c'est cool » sonnait un peu maigre à ses oreilles, mais elle n'en tint pas rigueur à Phil, qui n'était pas spécialement expansif sur ce genre de choses. Elle s'efforça de se dire de se détendre, mais si les craintes de tout à l'heure quant au danger ne l'embêtaient plus, c'était autre chose qui planait dans l'air et dont elle n'arrivait pas spécialement à se défaire. Pourtant elle tentait de montrer tout le contraire, et lançait des sourires amusés à Phil, le regardait avec des yeux pétillants et un peu séducteurs ; bref comme si rien ne s'était passé aujourd'hui de plus spécial que les autres jours. Elle avait bien envie de lui répondre qu'elle préférait découvrir Pré-au-Lard de jour, pas spécialement le coin du cimetière, pas spécialement métamorphosée en renard et plutôt au bras de Phil comme des gens normaux, mais elle se retint : le moment n'était pas franchement le meilleur pour cela.

Pour récompense, Phil agita sa baguette et deux verres et une bouteille volèrent jusqu'à eux - Heather reconnut la couleur du Pur-Feu - puis il poussa ses affaires et servit les verres. Heather attrapa celui qu'il lui tendait et ses doigts se crispèrent autour du verre plus qu'il ne l'aurait fallu, mais elle fit bien attention de remettre ses cheveux d'un petit geste de la main pour détourner l'attention de Phil, et sourit de nouveau. Tout d'un coup elle se sentait une enfant, face à lui ; heureusement elle portait un jean et un débardeur tout simple, sur lequel elle avait son sweat de l'équipe de Quidditch d'Irlande. Elle se sentait plus à l'aise sous ses vêtements plus couvrants - il avait bien fallu qu'elle s'habille simplement, pour la mission qu'elle avait accompli aujourd'hui - que dans une petite robe qu'elle aurait habituellement porté pour retrouver Phil. Sous son sweat, derrière ses cheveux qui étaient lâches sur ses épaules, c'était comme si elle avait une petite couverture qui la protégeait de tous ses doutes. Elle but une gorgée pour se donner une contenance. Pourquoi n'arrivait-elle pas à se laisser aller comme d'habitude ?! Agacée contre elle-même, elle but une seconde gorgée dans la foulée.


- Tu veux fêter ta première réussite comment ?

Il souriait lui aussi, et il avait l'air particulièrement content de lui, et sans doute d'elle. La Serpentard sentait son coeur battre de satisfaction parce qu'elle avait forcément marqué des points en ne faisant aucune faute aujourd'hui, mais toujours était-il que... Cela ne changeait rien au problème.

- Je ne sais pas, c'est ma première expérience de ce genre... Comment on fête ça, dans le milieu ? demanda-t-elle avec un petit sourire très légèrement provocant, parce qu'elle essayait de jouer à la plus maline, mais Phil avait de la bouteille, lui aussi.

Le whisky lui procura une drôle de sensation, trop rapide par rapport à l'habitude, mais sans doute était-ce dû au fait de tout ce stress qui s'était accumulé dans la journée - elle eut chaud tout d'un coup et dé-zippa son pull, sans pour autant se résigner à l'enlever et à se retrouver en débardeur, ce qui pouvait être interprété par Phil d'une toute autre manière que la simple élévation de la température corporelle. Elle ne changea pas d'attitude pour autant, continuant à regarder Phil comme tout à l'heure ; elle finit par s'assoir sur la chaise à côté de la table, se demandant si il allait le faire lui aussi.

Et si il attendait qu'elle parte ? Ou bien, et si il avait une certaine récompense en tête et que le reste lui importait peu ?

Tout d'un coup un peu affolée, car toujours cette peur qu'il lui file entre les doigts lui donnait comme un petit coup de fouet quand elle en avait besoin, Heather se releva presque aussitôt qu'elle s'était assise, attrapa Phil par son col et se hissa sur la pointe des pieds pour l'embrasser, juste assez peu pour qu'il ait envie de plus et juste assez longtemps pour en profiter, puis, sans le lâcher, elle le tira vers elle et le força à s'assoir à côté d'elle.


- Dis, qu'est-ce que tu voulais faire quand tu as fini Poudlard ? Tu avais une idée précise ? Sa voix était redevenue aussi chantante et enjouée que d'habitude. Elle avait croisé ses jambes et s'était tournée vers Phil de manière à ce qu'ils soient tout près l'un de l'autre. Tu sais, je te demande juste ça parce que je vais bientôt finir Poudlard et que je ne sais pas trop ce que je vais faire après, ajouta-t-elle avec un regard entendu, mais c'était à moitié la vérité. Enfin, ne te sens surtout pas obligé de me dire ce qui doit rester secret, je sais que tu aimes bien trop ça, conclut-elle avec un petit sourire. Elle se redressa et s'appuya sur le dossier, lançant un petit regard de défi à Phil qui voulait dire - tu vois, tu ne me fais pas si peur que ça. Il ne fallait juste pas qu'il s'approche trop près, car il aurait entendu son coeur battre bien trop fort pour quelqu'un qui voulait paraître si assuré.

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Phil Prescott
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MessageSujet: Re: I'll send a storm (Phil)   Mer 11 Sep - 23:11

Je m’étais demandé si elle allait poser des questions. Jusqu’où allait sa curiosité. Si c’était par unique plaisir de rendre service ou bien si c’était… plus. D’accord, j’en profitais un peu, mais Heather avait laissé faire, n’avait rien freiné… C’est qu’elle n’était pas contre non plus. Complètement ? Sans doute pas. Je n’avais jamais rien caché de tout ça à Beth, c’était un peu grâce au coin, aux magouilles qu’on était rentrés en contact l’un avec l’autre donc ça n’avait jamais eu de secrets pour elle et très vite elle avait commencé à participer elle aussi, a la petite organisation que j’étais en train de monter et qui était déjà en plein essor. D’abord, j’avais vu ça comme un besoin de faire ses preuves, parce qu’elle n’en menait pas toujours très large,  mais elle n’avait pas envie de se faire dégager maintenant qu’elle avait un pied dedans, c’était pour montrer qu’elle n’allait pas en sortir. Jusque-là, ça avait bien marché, mais je me souvenais qu’à un moment, ça avait fini par coincer, parce qu’elle avait voulu de plus en plus savoir d’où provenait certaines marchandises, par qui, qui gérait tout ça, et au-delà de ce qu’elle pouvait voir, comment les ficelles étaient tirées et pendant longtemps, j’avais résisté à expliquer quoi que ce soit de plus qu’elle devait savoir – j’aimais bien naviguer tout seul sur ma barque et puis c’était un moyen aussi à l’époque de la protéger un peu, déjà qu’elle ne l’était pas avec ce genre de fréquentations et que quand on était une meuf, on pouvait penser ce qu’on voulait, c’était encore plus compliqué. Ca nous avait valu plusieurs prises de tête, et au final, je l’avais laissé se faufiler à l’intérieur du circuit, comme une fourmi qui peut se glisser partout discrètement sans être vue, parce que de toute façon, je lui faisais confiance et il avait fallu choisir, soit on allait plus loin ensemble, soit on devait trouver une autre solution, mais aucune ne me satisfaisait. Aujourd’hui, j’arrivais juste à me dire que c’était des grosses conneries, parce que j’avais vu la suite, et tout était devenu très clair à propos des nombreuses interrogations qu’elle avait eues et qu’elle avait fait passer pour un manque de confiance de ma part, alors qu’il n’y avait que du strict intérêt du sien. Je me l’étais dit au moment de faire la proposition à Heather – soit elle s’en tenait à ce qu’elle avait accepté, mais dès l’instant où elle devenait un peu trop curieuse… Stop.
- Je ne sais pas, c'est ma première expérience de ce genre... Comment on fête ça, dans le milieu ?
C’était ça les meilleurs moments, quand c’était le début, qu’il y avait un peu que l’euphorie qui comptait, qu’on s’en amusait, parce que le danger était bien présent, mais qu’au fond, on s’en tapait parce que ça se terminait bien et que l’adrénaline de l’instant se transformait en quelque chose de… beaucoup plus agréable, et je comptais bien en profiter ! Je sifflai mon verre rapidement avant de le reposer sur la table, parce qu’il ne me laissait pas l’opportunité d’avoir les deux mains libres et toutes les deux, je voulais pas dire, mais elles pouvaient être bien utiles. Je continuais de sourire pour faire comme si je n’avais rien remarqué, mais j’avais tiqué. Dans le milieu ? Elle pouvait avoir des doutes certes, mais je n’avais jamais rien laissé transpercer à ce sujet, et j’avais pas trop envie qu’Heather se rende compte de l’ouverture et fonce tête la première dedans.

- Ce qui est sûr, c’est que ce ne sont pas les profs d’ici qui aimeraient te voir célébrer ça, remarquai-je et en parlant de ça, je me retournai légèrement vers là où j’avais posé le paquet, sur un coin de la table. J’étais embêté, parce que je voulais le mettre en lieu sûr, parce qu’on ne savait jamais. Pour Heather, je pouvais toujours trouver une excuse à cause de sa présence ici, mais tout paquet suspect, doublé de mon passé, ça allait pas passer comme un lettre par hibou express, sauf que je ne tenais pas non plus à le faire devant Heather, parce que je prenais mes précautions malgré tout, alors la congédier alors que je venais tout juste de lui proposer indirectement de s’attarder plus longtemps ici…

Mes yeux firent le même chemin de haut en bas que la fermeture éclair de ce qu’Heather portait, afin de faire découvrir ce qui se cachait en dessous, et je voulais pas faire la victime, mais elle savait que j’avais les idées bien arrêtées là-dessus, dans le sens où moi une fille je ne lui demandais pas grand-chose à part l’essentiel, donc si elle me l’offrait aussi généreusement… Je n’eus pas le temps d’avoir le geste vers elle, parce que ce fut Heather qui l’eut la première, mais aussitôt, que mes mains se refermèrent sur sa taille pour la serrer un peu fort contre moi, je ne pus la retenir davantage, à cause de la surprise, et son visage se détacha un peu du mien. Je clignai plusieurs fois des paupières pour que ma vision se fasse nette de nouveau.
- Dis, qu'est-ce que tu voulais faire quand tu as fini Poudlard ? Tu avais une idée précise ? Tu sais, je te demande juste ça parce que je vais bientôt finir Poudlard et que je ne sais pas trop ce que je vais faire après. Enfin, ne te sens surtout pas obligé de me dire ce qui doit rester secret, je sais que tu aimes bien trop ça.
Voilà qu’on en revenait aux habituelles questions et… Ben je la trouvais un peu lourdingue avec ça, parce que ça crevait les yeux qu’elle cherchait à percer l’abcès, j’étais pas stupide, elle utilisait les mêmes combines dont je me servais, fallait pas déconner… Après, le savoir ne voulait pas dire que j’y étais insensible parce qu’en la suivant dans l’impulsion qu’elle avait eu, je l’avais assise sur moi, et j’étais pas con non plus et laisser s’échapper ce que je voulais en lui rétorquant un truc du genre ‘’ça me fait chier tes questions, on passe directement à la suite, c’est mieux, non ?’’.

- Je ne vois pas en quoi ce serait un secret, la coupai-je en me moquant un peu pour lui montrer qu’elle voyait le mystère que parce qu’elle voulait bien le voir et que j’avais pas tant de choses que ça à cacher. Pas tant. Déjà, c’était pas pour faire assistant de quoi que ce soit, ça c’est clair. Ce qui me semblait simple l’était pas vraiment finalement, parce que vu comme c’était déjà la merde avec mes parents à la fin de Poudlard, c’était même pas la peine de compter sur eux pour subvenir à quoi que ce soit pour mes études, et si j’avais vaguement pensé à un moment… Me mettre ‘’à plein temps’’ dans le trafic des balais et tout ce qui s’y approchait de près ou de loin s’était imposé de lui-même, et je ne m’en étais jamais plain. Le Quidditch ça me branchait bien, mais ça s’est pas fait finalement ? A quoi bon mentir, alors que j’avais rafistolé son balai elle devait bien se douter de quelques trucs, et puis dire ça ne m’engageait rien de grave. Mais moi, je déviais aussitôt le sujet avant qu’elle n’insiste, je la sentais au taquet là-dessus, et là, je n’avais pas trop la patience, je sais exactement ce qui te conviendrait. Ben je me suis laissé porté par le fil des événements, c'est pour ça que je suis ici, et un jour, ça changera encore.

Ce fut à moi de ne pas la prévenir quand je la fis basculer en arrière et qu’elle entraîna toutes ses belles boucles rousses avec elle, mais je la tenais fermement en la retenant avec une de mes mains dans le bas de son dos, avant de la relever tout aussi vite, en même temps que je me levais de la chaise pour la faire tomber dans le lit, juste à côté. Tout à coup, poursuivre la conversation me paraissait être légèrement obsolète… Je passai mes doigts de nouveau dans la chute de ses reins pour la faire se cambrer, sous son sweat, et de l’autre, j’attrapai son menton, avant d’embrasser ses lèvres, plus longtemps cette fois, qu’elle ne l’avait fait tout à l’heure. Quand c’était comme ça, que le désir montait et que plus rien d’autre n’était très important en comparaison à côté j’avais tendance à me faire plus autoritaire, surtout avec elle, parce qu’on avait dépassé le stade où on se cherchait en s’amusant. J’avais des envies, et j’aimais bien qu’elles soient satisfaites rapidement.

- Le plus important, c’est pas d’avoir une idée, mais de faire ce qui te plaît, lui chuchotai-je dans son oreille, après avoir dégagé quelques mèches de cheveux. Après tout c’était ça qui comptait, et peu importait les règles qu’il fallait contourner pour ça. Ce qu’on devait garder à l’esprit, c’était d’y trouver son compte.

La preuve : sans plus attendre je fis tomber le sweat de ses épaules, qui devait lui tenir beaucoup trop chaud. A mon avis. Je laissais mes mains agir ensuite, elles savaient ce qu’elles faisaient.

- Ca par exemple, c’est le type de fête pas mal dans l’genre, puisque tu posais la question. Sans plus attendre je l’attirais vers moi, avec la conviction d’en arriver rapidement au fait. Le feu d’artifices.

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Heather Lass
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MessageSujet: Re: I'll send a storm (Phil)   Lun 16 Sep - 16:31

Combien de temps allait-elle tenir ? Si Phil ne répondait pas, si Phil ne répondait jamais, combien de temps lui accorderait-elle ?

Hélas pour elle et tant mieux pour lui, il y avait trop d'agitation en elle pour que Heather garde un jugement objectif sur cette histoire dans laquelle elle était en train de tomber la tête la première. Ce n'était ni le caractère ni l'assurance qui lui manquaient, pourtant, sa famille et son éducation avaient fait d'elle une jeune fille plutôt forte et les évènements qu'elle avait traversés l'avaient endurcies encore plus. Mais la force se composait de petites failles, de petites faiblesses avec lesquelles il fallait savoir jongler, c'était ainsi que l'on devenait encore plus forte. Et celles d'Heather était là, bien cachées pour certaines, plus évidentes pour d'autres. Elle ne pouvait notamment pas résister bien longtemps à un garçon qui lui plaisait, encore plus quand il avait comme Phil toutes les qualités qui la touchaient particulièrement, et une position de supériorité avec son poste d'assistant tandis qu'elle n'était qu'élève... Comment aurait-elle pu : elle n'avait pas la moindre envie d'être adulte sur ce coup-là et de décider que, non, il ne le fallait pas. Elle en était tout simplement incapable, et si au fond tout lui disait qu'il aurait été bien plus intelligent d'arrêter là les frais, plus elle s'en rendait compte, moins elle en prenait la décision. Ce n'était pas parce que Phil faisait des choses interdites et se fermait à chacune de ses avances et de ses questions qu'il fallait l'écarter du chemin - si on écartait toutes les personnes ainsi, que devenaient-elles, qui prenait soin d'elles ?!

Elle voulait être de ces personnes qui ne lâchaient pas, n'en déplaise aux autres, à Katie par exemple, qui n'avait pas vraiment confiance en Phil. Mais elle ne le connaissait pas, pas comme je le connais, se disait Heather, pour s'empêcher de voir ce qui était sous-jacent. Car si elle s'occupait de lui, qui pouvait l'assurer qu'il s'occuperait d'elle en retour ? Mais elle ne le faisait pas pour ça, et cela, elle le savait depuis le début. Elle le faisait seulement parce qu'elle voulait être avec lui, et qu'elle avait besoin de toucher son coeur, d'une manière ou d'une autre.


- Ce qui est sûr, c’est que ce ne sont pas les profs d’ici qui aimeraient te voir célébrer ça, dit-il avec un sourire entendu.

Heather répondit avec le même genre de sourire, s'efforçant bien de paraître aussi détendue et enjouée qu'elle le devait. Après tout, elle avait bien réussi la mission qu'il lui avait confiée, et elle ne pouvait pas oublier cette petite gloire personnelle. Le côté interdit mis à part, elle ne pouvait pas nier que tout cela avait quelque chose de formidablement excitant, et elle avait bien envie de recommencer.

Elle remarqua la façon dont il la regardait et pour une fois quelque chose la dérangeait - oui elle était contente de lui plaire, n'en jouait-elle pas depuis le début ? Les souvenirs du bal lui paraissaient lointain désormais, parce qu'elle ne se posait plus les mêmes questions, parce qu'il n'y avait plus les mêmes enjeux. Et elle s'énervait elle-même de se mettre autant de bâtons dans les roues, d'autant plus qu'elle savait bien que Phil ne fonctionnait pas ainsi, mais elle avait bien du mal à choisir une unique direction dans tout le méli-mélo de ses pensées et de ses sentiments. Mais elle ne pouvait se résoudre à perdre la face, comme toujours - elle avait été trop habituée à cela. La chaleur était plus supportable maintenant qu'elle avait ouvert son pull, mais le regard de Phil se faisait plus pressant, et elle l'embrassa surtout pour se donner une contenance et ne pas commencer à franchement faillir devant lui.


- Je ne vois pas en quoi ce serait un secret. Ben je me suis laissé porté par le fil des événements, c'est pour ça que je suis ici, et un jour, ça changera encore.

A son tour il avait pris les choses en main et elle se sentit basculer en arrière, sans retenir un petit sourire parce que la proximité de Phil et soudain les gestes qu'il avait vers elle lui faisaient plaisir parce qu'ils n'étaient que pour elle, parce qu'elle sentait bien qu'il ne pensait qu'à elle. Mais quelque part, c'était trop facile, et elle répondit à ses caresses avec une retenue dont elle n'avait pas coutume. Pourtant quelque chose lui murmurait à l'oreille de ne pas agir comme cela, parce que ce n'était pas du goût de Phil, parce qu'elle jouait avec le feu, mais combien de temps pouvait-elle lutter contre elle-même ? Oui, elle voulait Phil, rien que pour elle, mais à quel prix ?

De mauvaise grâce, elle le repoussa très légèrement du plat de la main, appuyant sa paume contre son torse pour qu'il s'écarte un peu et lui permette de le regarder.


- Mais justement, se laisser porter c'est pas si facile... Il faut bien trouver par quoi, avoua-t-elle pour qu'il comprenne que ses questions avaient un but, qu'elle ne les posait pas simplement pour en savoir plus sur lui mais pour échanger, parce qu'aussi elle ne savait pas comment se diriger par la suite, et peut-être que son expérience pourrait l'aider ? Même ça, il ne voulait pas ?

- Le plus important, c’est pas d’avoir une idée, mais de faire ce qui te plaît. D'accord, mais beaucoup de choses lui plaisaient, en vertu de quoi devait-elle choisir, et surtout, que devait-elle choisir ?... Ca par exemple, c’est le type de fête pas mal dans l’genre, puisque tu posais la question.

A n'en pas douter, Phil avait une idée derrière la tête, et Heather sentit la chaleur monter d'un cran, comme à chaque fois qu'il se serrait contre elle ou qu'il posait ses mains sur elle. Elles étaient bien présentes, dans son dos, sa nuque, ses cheveux, et Heather ne pouvait pas les ignorer : elle avait mis les siennes autour de lui et tandis qu'il m'embrassait avec un appétit non dissimulé, elle répondait à ses baisers, mais son esprit refusait de s'abandonner complètement. Elle continuait à se poser tout un tas de questions, et plus ça allait plus elles se précisaient : et les autres filles, est-ce qu'il leur servait la même histoire ? Combien étaient-elles à venir ici, à s'allonger dans son lit ? Pourtant, elle ne voulait pas y penser, pas se comparer. Elle savait qu'elle avait une relation particulière avec Phil - que c'était avec elle qu'il était allé au bal, que c'était elle qu'il avait choisie pour ses petites missions. Oui mais, est-ce que pour autant il arrêtait de tourner autour des autres ? Non. Elle savait reconnaître les jeux de regards, les bruits de pas dans le couloir, ceux que l'on veut discrets. Et puis, elle ne pouvait pas ignorer le nombre de filles qui lorgnaient sur le si sexy assistant de Métamorphose. Quand il fit tomber son pull de ses épaules, elle se redressa un peu pour se presser contre lui pour l'embrasser un peu plus fort, glissant ses bras dans son dos puis sous sa chemise, comme si elle y cherchait un appui, une aide. Mais rien ne venait : et ce n'était pas parce qu'elle se forçait un peu plus qu'elle y arrivait mieux, quelque chose restait toujours ancré, dans son esprit, et elle ne pouvait pas se résoudre à l'ignorer. Son cœur battait trop fort mais parce qu'il l'embrassait et qu'elle appréciait : parce qu'elle était mal à l'aise de cette situation.

N'y tenant plus, elle finit par se dégager doucement, le souffle un peu court, repoussant ses cheveux qui lui tombaient devant les yeux, et se dégagea un peu de Phil, tout en laissant ses doigts accrochés à sa chemise. Elle se sentait désolée, misérable - elle avait peur aussi, elle risquait, et elle le savait - mais tout d'un coup elle n'était qu'une petite fille, une petite élève, et elle n'était plus cette jeune fille assurée qu'elle savait si bien être, pourtant.


- Les autres filles aussi, tu leur fais ce genre de fête ? Cet aveu murmuré, une nouvelle sensation l'envahit : elle savait ce qu'elle faisait. Elle déposa un baiser sur ses lèvres, imperturbable, et le regarda de sous ses cils. Parce que moi je vais dans des cimetières pour toi la nuit, je te rappelle, le taquina-t-elle avec un sourire bien calculé. J'ai droit à des avantages.

Et si elle se redressa mais cette fois pour pousser Phil à son tour et s'installer au-dessus de lui avant de l'embrasser en prenant elle-même les rênes, bien décidée à lui montrer qu'elle savait aussi avoir ce qu'elle désirait... Mais qu'il n'avait pas le droit de l'en empêcher.

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Phil Prescott
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MessageSujet: Re: I'll send a storm (Phil)   Lun 23 Sep - 23:40

Je le sentis arriver gros comme une maison que ça n'allait pas se passer comme je l'avais si gentiment bien imaginé dans ma tête, et que rien que ça, ça me soulait. Heather ne faisait jamais ça d'habitude, on se fréquentait assez souvent maintenant pour savoir que quand elle avait son petit sourire mutin ça voulait dire, j'en veux encore, mais je ne le demande toi, à toi de venir, et c'était ça qui me plaisait d'ailleurs chez elle, parce qu'elle ne se prenait pas au sérieux elle non plus, elle ne nous prenait pas au sérieux, et moi, c'était ça tout ce que je lui demandais. Enfin, avec quelques petits suppléments, mais je rappelais que quand même, elle avait pas dit non ! Depuis quand ça la branchait de m'éloigner, en faisant la prude et en battant des cils ?
- Mais justement, se laisser porter c'est pas si facile... Il faut bien trouver par quoi.
Ouais bah... ouais. Qu'est-ce qu'elle voulait de plus ? Et surtout, qu'est-ce qu'elle voulait que je réponde à ça ? Les questions existentielles ça avait jamais été mon délire, et ça l'était encore moins aujourd'hui, et franchement, j'étais intimement convaincu que c'était aussi grâce à ça que je m'en étais sorti aussi bien jusqu'à présent, parce qu'à réfléchir et à ne jamais prendre de décisions parce qu'il y en avait plusieurs et qu'on ne savait pas quelle était la bonne, on restait figé au même endroit et on s'enracinait comme de la merde tandis qu'à côté, on était en train de rater quelque chose. J'avais pas toujours eu des super moments à l'adolescence, comme tout le monde, surtout à cause du contexte familial, mais je n'étais pas quelqu'un de malheureux pour autant, et si je m'étais retrouvé dans l'allée des Embrumes à faire du trafic au noir, c'était pas parce que j'avais pas eu le choix, mais parce que justement, je l'avais choisi, pas parce que ma mère était conne et qu'elle était allée voir ailleurs.

- Ca Heather, y'a que toi pour pouvoir le faire et pour choisir, c'est pas les autres qui vont le faire à ta place... je haussai les épaules en tentant de l'attirer de nouveau vers moi en espérant qu'elle allait me lâcher la grappe avec ça. Elle avait pas des copines pour parler de tous les débats philosophiques du genre ?! Et d'ailleurs ce serait pas malin de les laisser faire à ta place. J'en sais rien moi, avant de te demander ce que tu vas faire, demande toi plutôt ce que t'aime faire. Parce que quitte à bosser dedans et t'emmerder avec ça toute ta vie, autant que ça te plaise. C'est pas aux autres de trouver la solution à ta place, et en plus c'est beaucoup trop facile.

Voilà, c'est bon, j'avais réussi l'exam, la réponse était satisfaisante ? En tout cas, j'avais à l'esprit une méthode plus que radicale pour en avoir le cœur net et je l'attrapai de nouveau pour lui faire d'autres baisers – elle pourrait bien penser à toutes ces conneries ensuite si elle voulait, quand on aurait rien de mieux à faire, et encore, si c'était avec quelqu'un d'autre aussi, je disais pas non, parce que là en gros, plus ça allait plus je me focalisais plus que sur un seul truc, normal quoi, une fille, un garçon, une chambre avec un lit à disposition, avec tout ça on pouvait faire tout un tas de choses assez cools...
- Les autres filles aussi, tu leur fais ce genre de fête ?
… non, non tout un tas de choses assez cools d'accord, mais au cas où elle l'avait pas compris, c'était pas ça que je sous entendais, et cette fois je ne me gênais pas pour pousser un soupir en me raidissant un peu, c'était la seconde fois qu'elle tentait de s'éloigner, et il allait falloir savoir vite, parce qu'à ce petit jeu là, et elle le savait, j'avais pas trop la patience, et ma première réaction fut de hausser légèrement les sourcils en la dévisageant, comme pour lui dire, bon ça va bien, qu'est-ce que tu veux parce qu'elle n'avait pas l'air totalement prête à me lâcher comme si elle s'attendait à ce que je me barre à l'autre bout de la pièce mais en même temps ce que j'avais prévu pour elle semblait pas à l'ordre du jour pour autant, et voilà, ça commençait lentement mais sûrement à me titiller si bien que je ne répondis même pas au sourire qu'elle m'adressait lorsqu'elle poursuivit :
- Parce que moi je vais dans des cimetières pour toi la nuit, je te rappelle. J'ai droit à des avantages.
Ah oui et ça, elle pouvait me rappeler la dernière fois qu'on en avait parlé ? Peut être que je spéculais, mais elle repris soudainement là où on s'était stoppé juste avant et j'analysais ça comme si au fond elle avait peur de ma réaction et de ma réponse, si bien qu'elle ne me laissait pas le temps d'en avoir, et que comme ça elle pouvait affirmer sa position, mais alors non, non ça ne se passait pas comme ça, et si il y avait des fois quand on avait été ensemble, l'alerte avait retentit, cette fois elle ne cessait pas de sonner, parce que je savais très bien que ça voulait signifier tout ça, mais aussi que je devais l'arrêter tout de suite avant que ça me retombe dessus et que ça devienne de ma faute, parce que j'avais rien demander, et voilà que merde, c'était exactement ce que j'avais voulu éviter, j'avais été clair pourtant, et je m'étais imaginé que Heather l'avait compris, où alors c'était elle qui m'avait menti en me faisant croire que ça lui posait aucun problèmes, mais qu'en même temps, elle venait d'en soulever un et costaud en plus de ça... Je la laissais faire encore deux secondes, parce que je pouvais pas nier que ce n'était pas agréable, mais me dégageai de ses lèvres avant qu'elle ne m'embrouille un peu trop l'esprit, et je nous fis tomber tous les deux sur chaque côté du lit, parce que je ne voulais pas qu'elle réussisse à me distraire encore, parce que pour ça, pas de soucis, elle était très douée. Je fermais les yeux plusieurs instants, mais qu'est-ce que ça pouvait me faire chier tout ça, et elle le savait pourtant, alors c'était quoi qui avait changé entre temps ? Lorsque je les rouvris, je les focalisais sur le plafond.

- Tant qu'elles disent pas non, dans l'idée, ouais, c'est ça, si elle s'attendait à ce que je prenne des pincettes alors que je me sentais cuisiné comme si j'avais des comptes à lui rendre alors que j'avais jamais rien promis de la sorte, elle pouvait partir tout de suite sans écouter la suite. Déjà que je me sentais un peu menacé comme si elle essayait de m'enfermer dans une pièce vide sans baguette, ni clé pour pouvoir ouvrir la porte et m'échapper, question subtilité, elle pouvait toujours attendre. Mais tu sais, si ça te dérange de faire des allers retours, je m'arrangerai autrement. Non mais en vrai ça me soulait sévère parce que quand je lui avais demandé la première fois, elle avait pas émit d'objections et là j'avais limite le sentiment qu'elle se sentait pas assez respectée pour ce qu'elle faisait et tout le bordel, ouais bah hein, c'était pas non plus comme si elle savait pas que j'étais le dernier des gentlemen sur lequel elle  avait aussi eu des prises et même que j'avais été bien conciliant de la laisser faire, preuve qu'elle était pas si inintéressante que ça par rapport aux autres, alors quoi, ça suffisait pas ? Ah putain, elle me donnait l'impression d'avoir capoté quelque part, mais en même temps j'estimais n'avoir fait aucune erreur de mon côté, alors, qu'est-ce que c'était ? Au pire, je pourrais toujours demandé à quelqu'un d'autre.

J'avais fait l'air de rien, parce que je niais pas que j’appréciais de passer du temps avec elle et c'était bien parce que c'était réciproque, mais pour ce qui était du reste, j'avais pas signé pour ça, et d'ailleurs, si on allait par là, j'avais jamais signé pour rien du tout, donc ça allait bien à la fin. Mais voilà, après je refusais en bloc qu'elle me soit indispensable et c'était pour ça que je faisais tout pour que ça arrive. Est-ce que j'avais bien fait de lui demander d'être ma messagère en fin de compte ?

- Ce que t'attends est pas ici, je croyais que tu le savais, lui dis-je de but en blanc, parce que j'avais jamais voulu lui faire miroiter quoi que ce soit, et j'avais beau essayer de me souvenir, je voyais pas ce qui aurait pu lui faire penser le contraire, donc autant remettre les choses en ordre dès à présent. Y'a d'autres trucs qui sont là en revanche, donc si c'est pas assez, je peux rien faire de plus. Je ne pouvais rien lui donner d'autre.

Et voilà, en plus je lui laissais l'opportunité de faire son choix, mais une chose était certaine, c'était que selon ce qu'elle choisissait, il y avait une option où j'étais de la partie... l'autre pas.

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Heather Lass
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MessageSujet: Re: I'll send a storm (Phil)   Dim 29 Sep - 18:33

- Ca Heather, y'a que toi pour pouvoir le faire et pour choisir, c'est pas les autres qui vont le faire à ta place...

Pourquoi le ton de Phil lui parut désagréablement hautain, tout d'un coup ? Elle se sentait comme une petite enfant prise sur le fait et qu'on grondait un peu, à qui on faisait comprendre qu'elle venait vraiment de dire quelque chose de vraiment très bête. Toujours tenue par son honneur, elle serra les dents et s'efforça de ne rien montrer du trouble qui l'agitait, mais au fond, elle n'en menait pas large.

- Et d'ailleurs ce serait pas malin de les laisser faire à ta place. J'en sais rien moi, avant de te demander ce que tu vas faire, demande toi plutôt ce que t'aime faire. Parce que quitte à bosser dedans et t'emmerder avec ça toute ta vie, autant que ça te plaise. C'est pas aux autres de trouver la solution à ta place, et en plus c'est beaucoup trop facile.

Ce n'était pas de mauvais conseils en soi, mais ils étaient dits d'une telle façon, à toute vitesse comme pour s'en débarrasser, qu'Heather avait du mal à les entendre de la meilleure des oreilles. Phil n'avait clairement aucun plaisir à l'aider ou à lui donner des conseils de la sorte, et elle se sentait soudain tout sauf la bienvenue, comme si elle avait été bien prise à son petit jeu. D'accord elle lui avait rendu service, mais de toute façon, qui dit qu'il n'aurait pas pu le faire lui-même, qui disait qu'elle était indispensable ?... Personne. Elle ne l'était pas, et elle avait beau se débattre dans tous les sens, il n'y avait rien qui lui donnait assez de pouvoir. Si Phil lui-même ne lui laissait pas un peu de place dans sa vie, il n'y avait rien qui faisait d'elle quelqu'un de si particulier. Elle s'obligea à réfléchir, en l'embrassant une dernière fois, en passant ses doigts sur sa joue un peu rugueuse. En valait-il la peine ? Bien sûr que oui : malgré tout, elle sentait son coeur tout heureux, battre comme un papillon, dès qu'il la regardait ou la touchait. C'était physique et elle ne pouvait pas lutter - en plus de ce qu'elle ressentait, de plus fort, de plus tangible. Elle aimait presque tout chez Phil : sa façon de parler, sa manière d'être un peu je-m'en-foutiste pour cacher combien il réfléchissait, en réalité, son côté toujours enjoué, ses regards, son visage, ses mains, sa silhouette, son dos, ses cheveux, son charme, son rire. Quand il souriait, il avait tout d'un coup l'air d'un adolescent, comme si le bonheur le ramenait quelques années auparavant, et lui redonnait un peu d'innocence. Et puis, avec ses cheveux bruns, sa barbe de trois jours, ses yeux envoûtants, ses mauvaises actions, ses petits trafics, et ses sourires en coin, il avait ce petit côté voyou qui ne laissait jamais Heather indifférente. Elle ne voulait personne d'autre, et elle le savait très bien.

Elle n'ajouta rien - clairement, la froideur de Phil ne l'engageait pas à poursuivre la conversation. Justement le problème était là : elle aimait beaucoup de choses, mais pas assez pour se voir y consacrer sa vie, finalement, il n'y avait rien qui la motivait assez, le Quidditch peut-être, ou les Potions, mais le premier était une voie assez difficile, et les deuxièmes... Oui, elle aimait beaucoup les Potions et elle était forte dans cette matière sans avoir à travailler des masses, mais de là à y passer ses journées ?...


- Tant qu'elles disent pas non, dans l'idée, ouais, c'est ça. Mais tu sais, si ça te dérange de faire des allers retours, je m'arrangerai autrement. Au pire, je pourrais toujours demandé à quelqu'un d'autre.

Ils s'étaient écartés l'un de l'autre et étaient à présent côte à côte sur le lit, les yeux rivés vers le plafond. Heather avait senti la tension retomber d'un coup et l'air se refroidir, comme si physiquement elle sentait le rejet de Phil. Elle ramena ses bras contre elle, sur sa poitrine, figée dans une attitude de défense et d'inquiétude à la fois, incapable de savoir ce qu'elle devait faire. Les mots de Phil venaient non seulement de la prendre de court, mais en plus de lui faire tant de mal qu'elle sentit son coeur se ratatiner sur lui-même, et les larmes lui monter directement aux yeux.

Ne pleure pas, ne pleure pas, ne pleure pas, s'efforça-t-elle de s'ordonner, alors qu'elle remerciait le fait qu'ils ne se regardent pas et qu'il ne puisse pas voir ses yeux humides. Mais, loin de lui laisser le loisir de se reprendre, il l'acheva plutôt :

- Ce que t'attends est pas ici, je croyais que tu le savais. Y'a d'autres trucs qui sont là en revanche, donc si c'est pas assez, je peux rien faire de plus.

Cette fois, elle sentit clairement son estomac se contracter et un gros sanglot menacer de sortir de sa gorge, mais elle serra les lèvres, tellement fort qu'elle en oublia de respirer, et parvint au prix d'un immense effort à ne pas éclater en sanglots. Voilà qui avait le mérite d'être clair. Phil jouait à celui qui était insaisissable, qui ne voulait pas d'attaches : soit. Heather avait cru qu'il faisait partie de ces gens - et au fond, elle en était certaine - qui manquaient de quelque chose et avaient bien trop peur de se dévoiler, parce que ça les rendait fragile. Mais elle avait beau l'avoir approché en douceur... L'avoir rassuré, avoir tout fait pour lui plaire... Il ne voulait pas d'elle, même après avoir eu toutes les cartes en main. Car il ne pouvait pas l'ignorer, cette emprise qu'il avait sur elle. Il en jouait, et il le savait.

Quand elle comprit qu'elle devait réagir, elle eut une deuxième réaction, qui lui ressemblait bien plus et qui lui jaillit du fond des entrailles : elle eut une violente envie de le frapper, de se retourner vers lui et de lui mettre une gifle, et de lui balancer sèchement ses quatre vérités à la figure.

Mais l'enjeu était clair : s'opposer à lui et elle le perdait. Pleurer et il lui rirait au nez. Pas de deuxième chance, elle le sentait.


- Qu'est-ce qui te fait croire que tu sais ce que je veux ?

Heather s'était soudain redressée, avec un grand sourire, et plus rien n'apparaissait sur son visage, autre que cet air un peu hautain et un peu charmeur dont elle savait jouer. Elle repoussa ses cheveux vers l'arrière, ils étaient un peu en bataille et s'éparpillaient partout sur ses épaules et dans son dos. Elle remi un peu en place son débardeur qui avait bougé, et s'approcha de Phil, avant de passer sa jambe par-dessus lui et de s'installer à califourchon, sans le quitter des yeux, sans cesser de lui sourire malicieusement. Elle était redevenue la Heather que la plupart des gens connaissaient, celle toujours enjouée et toujours sûre d'elle, qu'on ne ratait pas quand on croisait parce qu'elle dégageait quelque chose, qu'on avait envie de connaître parce qu'elle avait l'air très sociable, et qu'elle avait du charme. Elle se pencha vers lui comme pour l'embrasser, mais n'en fit rien, au lieu de ça elle passa les mains dans ses cheveux puis dans sa nuque, avant de les glisser sous sa chemise, puis elle se redressa.

- Non, c'est bon, il fallait juste clarifier l'arrangement. Lentement, en laissant traîner un peu ses ongles, elle glissa ses mains sur le torse de Phil et les ôta de sous sa chemise, puis se redressa un peu et passa la main dans ses propres cheveux, qui avaient rebasculé vers l'avant. Fais ce que tu veux, et moi aussi, de toute façon, il n'y a rien d'officiel !

C'était un mensonge : elle n'avait jamais embrassé ou séduit un autre garçon depuis qu'elle fricotait avec Phil. Il n'y avait personne d'autre. Mais et alors ? Il y en aurait, se promit-elle. Puisque c'était le prix à payer.

Elle eut une idée, et pour sceller ce pacte, elle attrapa le col de la chemise de Phil et le força à se redresser pour l'avoir tout contre elle, et elle enroula ses jambes dans son dos. Elle passa son bras autour de ses épaules et se coula contre lui, avec un petit sourire charmeur, frôlant son visage de ses lèvres, son cou aussi, sans l'embrasser une fois. Puis elle plongea ses yeux dans les siens et murmura :


- Je pense qu'il faut qu'on scelle notre accord d'un baiser...

Et elle la laissa prendre la décision finale, espérant qu'il accepterait. Cette relation libre était la dernière chose dont elle avait envie, mais entre ça ou le perdre pour de bon ? ... Son choix était vite fait, et sans hésitation.

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Phil Prescott
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MessageSujet: Re: I'll send a storm (Phil)   Jeu 10 Oct - 16:35

Franchement, je me demandais comment est-ce que Heather allait réagir. Pour ce qui me concernait, ben voilà, il y avait pas grand chose à dire, mais... Mais si en fait, elle avait vraiment cru qu'il y avait une ouverture, vers une chemin plus long que celui qui était initialement prévu ? Non, mais c'était mort de toute façon, je l'aimais bien, et elle m'ôtait une sacré épine du pied, je pouvais pas le nier, mais du reste, c'était chacun pour soi. Quoi qu'il en soit, je ne culpabilisais pas d'avoir éventuellement brisé ses espoirs : il valait mieux maintenant que plus tard, ça voulait pas dire pour autant que j'en avais rien à foutre d'elle, c'était juste que... sur l'instant, c'était super et tout ce qu'on veut, mais ensuite, voilà, hein, je ne l'avais jamais envisagé comme autrement que sur le présent, et puis en plus ensuite, j'allais me casser de Poudlard, enfin un jour, et je m'en rapprochais un peu plus à chaque fois et on allait plus jamais se revoir, parce que nos milieux étaient bien trop opposés pour qu'ils coïncident un jour et nos chemins ne se croiseraient pas. Là c'était cool. Et je savais aussi qu'il y avait d'autres choses cools qui m'attendaient. Et qui n'étaient pas à Poudlard.

En fait, je voyais un peu le moment où elle allait se lever et se tirer de la chambre en claquant la porte, et en m'insultant un peu au passage – ouais il y en avait qui réagissaient comme ça parfois, parce qu'elles étaient connes et elles avaient rien compris, mais bon, tant pis pour elles hein. Quand elles faisaient ça, c'était bien chiant, parce que du coup, j'étais comme un con alors qu'on aurait pu mettre se temps perdu à profit afin d'en profiter à deux, mais non, elles étaient tristes, blessées dans leur estime, enfin toutes ces choses palpitantes auxquelles je n'avais strictement rien à foutre, parce que leurs problèmes liés à l'amour n'étaient pas les miens. Heather se redressa, mais ce ne fut pas pour prendre ses cliques et ses claques. Bien au contraire... C'était un retournement sympa qui allait jouer dans ma faveur, et j'hésitais une seconde, avant de décider de ne pas le laisser filer : quand on me tendait ce genre de perche, je savais la prendre et comme Heather était de nouveau comme avant, ce qui s'était passé précédemment n'alla pas plus loin et c'était bien – j'aimais pas les complications, c'était pour ça que je faisais en sorte de pas être dedans, mais parfois on y pouvait rien quand même quand c'était les autres qui vous plaçait au centre, alors que vous n'aviez rien demandé.

- Qu'est-ce qui te fait croire que tu sais ce que je veux ?

J'étais pas tout à fait convaincu, mais je préférais faire le con et faire comme si de rien était, parce que sinon, on allait pas s'en sortir, et moi j'allais attendre longtemps avant d'avoir ce que je voulais. Je préférais de loin, lorsqu'elle se comportait comme ça, et moi aussi : en se lançant des remarques moqueuses et un peu déguisées, comme la première fois que je l'avais vue dans ce bar moldu, mais qu'elle s'était montrée beaucoup plus farouche et réticente. Elle m'avait même un peu agacé ce jour là, je me souvenais. Aujourd'hui, c'était plus de la taquinerie, donc, ce n'était pas pareil.

- Là, j'ai ma petite idée quand même... et je la laissais faire le reste, puisque à présent qu'elle allait dans mon sens, je n'allais pas la retenir.

Ses mains me firent frémir et à un moment donné, je failli l'attraper par les coudes, comme elle était juste au dessus de moi, pour l'attirer définitivement, parce que même si j'aimais bien les préliminaires, il ne fallait pas non plus que ça dure trop longtemps, mais elle parla de nouveau, après s'être éloignée suffisamment  pour que je me force à me retenir.

- Non, c'est bon, il fallait juste clarifier l'arrangement. Fais ce que tu veux, et moi aussi, de toute façon, il n'y a rien d'officiel !

Pendant une seconde, je me demandais... Qui est-ce qu'elle essayait de convaincre là ? Elle ou moi ? Je ne poussais pas la réflexion très loin cependant, parce que mon esprit fut ensuite aussitôt occupé par ses lèvres qui se rapprochaient dangereusement, maintenant que nous étions face à face. Cette fois, j'attendis, parce que je sentais qu'elle n'avait pas terminé et que si je la coupais dans ces petites manigances, ça allait prendre encore plus de temps, sauf que je n'en avais pas envie et préférais prendre mon mal en patience là, et que ça aille un tantinet plus vite que presser les choses et que finalement, ça n'avance pas. Même si bon. Fallait pas trop abuser quand même. Du coup, je ne répondis pas, parce que de toute façon, il n'y avait rien à répondre, on était d'accord là dessus, mais ça ne voulait pas dire que moi non plus, je n'avais pas le droit de ne pas faire monter un peu la pression si j'avais envie et je commençais doucement mais sûrement à placer mes mains à des endroits stratégiques pour retirer ses fringues, parce que bientôt, je pouvais assurer qu'elle n'en aurait plus besoin.

- Je pense qu'il faut qu'on scelle notre accord d'un baiser...


Voilà, elle m'ôtait les mots de la bouche, et je ne me posais pas plus de questions, la resserrant contre moi tout en appuyant mes mains à plat contre la peau de son dos afin de répondre à sa demande. Déjà, je sentais ses cheveux s'éparpiller dans mon cou, et je m'éloignais un instant ou deux pour lui murmurer dans l'oreille :

- Je pense à d'autres choses, aussi
, sans attendre et pour lui montrer où est-ce que je voulais en venir, mais je ne m'inquiétais pas qu'elle avait déjà dû comprendre, je la fis glisser contre moi pour être plus à l'aise et aussi récupérer le contrôle de ce que j'avais envie de faire, et de lui faire faire, et ensuite, plutôt que des mots, il n'y eut que des souffles pour se répondre.

Plus tard, je lui tendis son sweat de mauvaise grâce, parce qu'elle ne pouvait pas passer la nuit ici cette fois – je n'avais aucune idée de l'heure qu'il était exactement, si nous étions proche du matin ou non et comme elle terminait de se rhabiller comme je l'avais fait, je l'attrapais dans le dos pour la soulever légèrement, et la faire asseoir sur le lit, en posant ma main sur son ventre, avait qu'elle ne rezipe complètement sa veste, parce que j'avais fait exprès de faire tomber sous le lit ce qu'elle avait en dessous à la base, pour en profiter encore un peu. Je me penchai pour l'embrasser dans le bas du coup, puis encore un peu plus bas, en respirant son parfum un peu plus longuement au passage, beaucoup plus léger que l'ambiance fermée de la chambre.

- Je te dirais de toute façon, j'ai quelques affaires à faire encore
, je n'avais pas trop envie qu'elle comprenne que c'était seulement et uniquement mon gagne pain et que je faisais aussi ça pour rendre service, même si c'était pas forcément bien vu. De toute façon, là dessus, j'avais jamais été très clair, donc je me sentais à peu près tranquille. Si ça peut te faire plaisir, je peux t'assurer que j'ai fait la bon choix, parce que je suis certain que tu es celles qui fait ça le mieux, dis-je en parlant de voyages qu'elle effectuait en dehors de l'école. Heather ne serait pas insensible à la flatterie, et je savais en user lorsqu'il le fallait.

Je piquais à présent un baiser sur ses lèvres.

- C'est pas comme si t'en avais besoin, mais je rajouterais un ou deux points à ton prochain devoir de métamorphose,
j'étais de nouveau reparti sur le sujet de la plaisanterie, et cette fois je me redressais pour l'inciter à faire de même.

Comme la nuit laisse place au soleil avec la tragédie de toujours se manquer, notre union allait se faner en même temps que le matin allait réveiller peu à peu la réalité.

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Heather Lass
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MessageSujet: Re: I'll send a storm (Phil)   Mar 22 Oct - 12:40

Heureusement qu'il n'était pas insensible aux caresses qu'elle commençait à lui prodiguer, et aux regards qu'elle lui lançait. Car si Heather reprenait peu à peu le pas sur les émotions partagées qui l'avaient gagnée, elle n'en restait pas moins un peu triste au fond d'elle, car elle avait beau se battre et refuser d'abandonner ce dont elle rêvait... Il n'en restait pas moins que Phil ne montrait aucun signe qui allait en son sens, et qu'elle jouait gros. Elle misait tout, aveuglément, en espérant qu'avec une toute petite chance l'affaire se conclue, mais en réalité, n'avait-elle pas toutes les preuves devant les yeux ? Phil ne voulait pas d'une petite amie comme elle, il en avait tellement sous la main, à Poudlard, pourquoi voudrait-il s'engager ? Il aurait fallu qu'elle soit absolument unique et supérieure aux autres, mais elle avait beau faire en sorte que ce soit le cas, elle n'avait pas non plus des pouvoirs assez puissants. Elle n'était qu'elle, et jamais une constatation ne l'avait laissée plus amère. Elle pouvait bien se battre de toutes ses forces : si l'adversaire avait l'avantage physique, à quoi bon ?

Mais elle ne voulait pas abandonner, elle ne voulait pas se laisser aller. Des désillusions, elle en avait trop connues : les unes après les autres, elles lui avaient appris à ne plus être une petite fille, à réclamer et à aller chercher ce qu'elle voulait elle-même, et quoi qu'il arrive. Pourquoi ne pourrait-il pas en être de même avec Phil ? Heather avait grandi en étant chouchoutée par ses frères et son père, ce qui lui donnait au moins cet avantage : elle avait toujours été le centre de l'attention, la préférée de tous. N'était-ce pas la preuve qu'elle pouvait l'être, là encore ? Qu'elle en valait le coup, qu'elle n'avait qu'à claquer des doigts et sourire du coin des lèvres en papillonnant des cils pour qu'on lui apporte sur un plateau d'argent ce qu'elle désirait ardemment ?


- Je pense à d'autres choses, aussi, murmura Phil et elle savait parfaitement qu'elle avait gagné, en cet instant, que ses caresses et ses baisers donnés de manière à ce qu'il cède parce qu'il n'en pouvait plus, avaient fonctionné.

Docilement, elle se laissa attirer contre lui, et la suite ne fut pas inattendue : elle sentait les mains de Phil réclamer avidement ce qu'il avait en tête depuis qu'elle était revenue de sa mission, tandis qu'Heather sentait cette satisfaction un peu paradoxale d'être au centre de l'attention, pour le coup, d'occuper entièrement et pleinement les pensées de Phil alors que leurs baisers se faisaient plus pressants. Mais cela ne durait jamais bien longtemps, n'est-ce pas ? Elle était dans ses pensées parce qu'il la désirait, et elle le désirait aussi, mais si elle avait posé leurs désirs respectifs sur une balance, n'aurait-elle clairement pas penché de son côté ? Elle désirait bien plus de Phil qu'il ne désirait d'elle - elle désirait son âme et son coeur, et cela faisait toute la différence... Alors elle se laissa tristement aller, répondant avec passion à ses baisers, à ses étreintes, essayant de comme d'habitude rendre ce moment inoubliable, et quand elle sentit qu'elle perdait pied et qu'elle se raccrochait totalement à lui, crispant ses doigts dans son dos, tout son esprit se concentra sur Phil et lui adressa une prière silencieuse : écoute mon coeur, ne sens-tu pas qu'il ne bat que pour toi ?

Après, comme la plupart du temps, elle ne pouvait pas rester : il était trop dangereux pour tous les deux, et surtout pour Phil, qu'elle passe la nuit avec lui, car tôt ou tard on se rendrait compte de son absence dans le dortoir, et le lendemain matin il serait trop risqué de partir de la chambre en catimini alors qu'elle donnait justement dans le couloir où les professeurs étaient logés. Cela faisait partie des risques de leur petite entreprise et ils le savaient très bien. Heather resta tout de même longtemps couchée tout contre Phil, sa tête dans le creux de son épaule, à laisser ses pensées dériver. Elle s'amusait à songer si un jour Phil venait chez elle, si il apprécierait son village - elle savait qu'il aimerait particulièrement le pub du coin de la rue car il était particulièrement vivant et accueillant -, elle se demandait si il serait sensible à la beauté du paysage et de la péninsule sur laquelle se trouvait leur petite maison, à la liberté que l'on ressentait lorsqu'on montait tout en haut de la colline à travers la lande et qu'il y avait à perte de vue, et sur 360 degrés, un paysage à couper le souffle, traversé de petits bouts d'océan, découpés de falaises. Il lui était toujours un peu étrange de se dire qu'ils étaient du même pays dans l'être vraiment, que l'Irlande comme elle la voyait n'était pas la même que celle de Phil, mais qu'au fond, ils n'étaient que deux enfants que l'on avait séparés par la force. Elle déposa un dernier baiser sur sa joue avant de se redresser et de sortir du lit, car il était l'heure pour elle de rentrer ; à regrets elle s'extirpa des draps tiédis par leur coeur et enfila ses vêtements, comme Phil le faisait de son côté.

Finalement, ils n'avaient pas avancé. Et Heather se sentait un peu triste d'avoir remué les bras pour rien, car d'accord ils avaient évoqué le sujet, mais à quoi cela avait aboutit ? A rien. Phil avait exactement ce qu'il voulait, songea-t-elle non sans une pointe d'agacement. Elle, elle prenait des risques pour lui, et finalement, elle ne récoltait pas grand chose.

Il eut un geste vers elle, cependant, et elle se laissa faire, un peu surprise. Tendrement, il l'embrassa encore, et sa main sur son ventre fit naître une petite vague agréable de frissons.


- Je te dirais de toute façon, j'ai quelques affaires à faire encore. Si ça peut te faire plaisir, je peux t'assurer que j'ai fait la bon choix, parce que je suis certain que tu es celles qui fait ça le mieux.

Heather répondit avec retenue à son baiser, lui souriant gentiment, sans s'appesantir d'avantage sur le sujet. Elle devait partir, et si elle ne s'y forçait pas, elle aller rester pour de bon dans les bras de Phil, mettant à la fois en péril leurs réputations et tout ce à quoi elle avait essayé de se tenir pendant la soirée.

- C'est pas comme si t'en avais besoin, mais je rajouterais un ou deux points à ton prochain devoir de métamorphose.

Elle s'était levée et eut un petit rire à cette plaisanterie, même si au fond, elle était reconnaissante que Phil joue la carte de l'amusement pour détendre l'atmosphère.

- Arrête, après on va croire que je suis vraiment trop douée, plaisanta-t-elle à son tour, en récupérant ses affaires, son sac. Il y avait quelque chose d'un peu triste à partir ainsi, tout simplement, après ce qu'ils venaient de partager, mais quelles autres options avait-elle de toute façon ?...

Revenant tout de même vers Phil, elle se dressa vers lui et entoura quelque secondes ses épaules de son bras avant de lui déposer un baiser sur la joue, puis de croiser son regard et de lui sourire, avec un sourire qui lui venait du fond du coeur.


- A tout à l'heure, dit-elle simplement, de sa voix à l'accent chantant. Puis elle ouvrit la porte et s'engouffra dans le couloir, se retournant seulement pour agiter ses doigts en direction de Phil, avant de détourner le regard pour de bon, et de prendre la direction de son dortoir. Le château était silencieux, encore tout endormi. Pourtant, Heather ne se sentait pas fatigué, bien qu'elle n'ait pas encore fermé l'oeil de la nuit : elle sentait dans sa poitrine son coeur battre avec une vigueur bien étrange, comme s'il essayait de lui envoyer des signaux de détresse qu'elle refusait de recevoir.


Fin

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