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~ To be Human. [PV A.]

 
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 ~ To be Human. [PV A.]

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Ruby Standiford-Wayland
Apprentie à Sainte Mangouste



Féminin
Nombre de messages : 2176
Localisation : Cachée.
Date d'inscription : 03/09/2011

Feuille de personnage
Particularités: « and from the rain comes a river running wild that will create an empire for you. »
Ami(e)s: Lizlor; « Maybe home is nothing but two arms holding you tight when you’re at your worst. »
Âme soeur: « Lover, when you don't lay with me I'm a huntress for a husband lost at sea. »

MessageSujet: ~ To be Human. [PV A.]   Lun 8 Juil - 23:05



"Human I’m trying to come clean,
I will be a better me,
I will not drink until I’m dead
I’ll make the most of it.
I don’t know what it’s like to be alive,
to say goodbye,
to cry a thousand tears because my ears won’t listen

Human I’m trying not to lose my faith in you,
I’ve sussed out all that I’ve seen through,
I’ve sailed an ocean
I am so scared of what I’ll look like in the end for I am not prepared,
I hope I will get the chance to be someone
to be human."





Les choses s’étaient brusquement accélérées à la rentrée des vacances, d’une manière totalement inattendue. Les élections des Miss & Mister avaient animé le château dès la rentrée, comme elles l’avaient fait depuis un bon mois. Les listes avaient été publiées avant les vacances, et nous devions voter semaine par semaine, et durant les vacances de Pâques, les décomptes avaient été fait. Pour ma part, je connaissais déjà l’issue des votes pour Serdaigle… Du moins, aurais-je cru la connaître ! La surprise avait été, pour ma part, totale, lorsque les résultats avaient été annoncés. Bien entendu, je n’étais pas étonnée de voir des personnes comme Chuck et Taylord être élues, ou même Rita, mais… Mais moi, moi Miss Serdaigle, c’était comme le monde à l’envers. Je ne comprenais simplement pas, comment après autant de temps où le château avait raisonné au rythme des rumeurs sur mes prétendues frasques, comment pouvais-je désormais en être la représentante ? Oh, bien sûr, depuis le début du mois de mars, les choses allaient mieux, et nous étions à présent fin-mai, signe que les choses s’étaient tassées depuis. Oui, j’étais préfète, mais cela signifiait que j’étais une bonne élève, et non une bonne personne – ça n’allait pas forcément ensemble. Lizlor avait été très contente, et elle ne cessait de me répéter qu’elle le savait, que c’était sûr, mais personnellement, je n’arrivais pas à m’en remettre. C’était touchant d’une certaine manière, parce que c’était la preuve qu’on savait me donner une seconde chance… A la fois, j’avais un peu peur que cela recommence à me mettre dans la lumière, mais pour le moment, il me semblait que le Daily ne trouvait plus rien d’intéressant à publier sur moi, outre ma victoire et ma « jolie revanche sur ma rupture », pour citer l’article. Ma relation avec Ewan était laissée tranquille, et j’avais l’étrange impression de ne tirer que des bénéfices de mon élection pour le moment. J’attendais le contrecoup, inquiète.

Celui du retour des vacances s’était déjà produit. D’un côté, ma victoire me rendait heureuse parce que c’était une preuve que j’étais appréciée malgré tout. Mais cela ne suffisait pas à balayer ma mélancolie qui s’était ancrée depuis que j’étais revenue. J’avais passé deux semaines parfaites, en compagnie de ma meilleure amie puis d’Ewan, et j’avais imprimé précautionneusement chaque instant dans ma mémoire. Comme toujours, lorsque je quittais le château, je me sentais hors de la vague, dans une petite bulle douce où j’étais en sécurité. Et de retour, malgré toute l’affection que je portais à mon école qui avait été comme ma première maison, j’avais l’impression que soudain tous les regards étaient braqués sur moi – et ils l’étaient en parti, puisque je venais d’être élue Miss. C’était à double tranchant. Je n’aspirai qu’à revenir chez Ewan, à me loger dans ses bras et ne pas le quitter, car c’était là que j’étais tranquille… Je n’avais même pas eu envie que l’excitation qui entourait mon élection – j’avais été félicité par la moitié du château, et même des gens que je ne connaissais pas – se transporte jusqu’à Pré-au-Lard. Lorsque j’avais glissé timidement à mon petit ami que je ne pourrais pas être là le lendemain soir, parce que c’était la soirée pour fêter l’élection des Miss & Misters, et que donc je ne pouvais pas louper ce moment puisque j’étais Miss Serdaigle, son visage s’était illuminé. Non pas de surprise, car il eut la même attitude que Lizlor, prétendant que c’était logique, mais plutôt d’étonnement que je ne lui en ai pas parlé. Ça ne servait à rien, répétai-je, mais il avait tenu à me féliciter comme il se doit en s’occupant de moi toute la soirée, du repas aux baisers en passant par les caresses, et j’en étais venue à me dire que ça ne me dérangeait finalement pas d’être élue plus souvent.

Je tentais donc d’ignorer la pression dans ma poitrine, me répétant que j’étais la seule à la créer. Depuis deux semaines que j’étais revenue en cours, les choses se déroulaient certes d’une manière un peu folle avec les élections, mais tout était sous contrôle. Plus impressionnant encore, je n’avais pas bu. Pendant les vacances, j’en avais eu envie comme toujours à présent, mais je n’avais pas craqué, car Lizlor et Ewan étaient présents pour m’aider, me faire penser à autre chose, à m’écouter lorsque j’avais besoin d’expier ce qui me rongeait. Je n’avais donc pas touché à une goutte depuis… Un peu plus d’un mois. Je n’avais pas tenu aussi longtemps, jamais. Peut-être que c’était aussi lorsque j’avais parlé avec Daniel que je m’étais dit que nous devions nous en sortir, lui comme moi ? Petit à petit, j’avais envie de m’en sortir, autant pour moi que pour ceux que j’aimais et qui s’inquiétaient pour moi. Je savais que c’était la bonne attitude, que la volonté devait être ancrée en moi, et j’avais le sentiment que doucement, elle prenait effectivement place. Aussi bien que l’envie de boire avait agrippé ses racines à l’intérieur, celle de se battre s’était installée. Et je voulais qu’elle gagne.

C’est peut-être parce que je me pensais confiante que j’acceptais d’aller à cette soirée où Rita m’avait invité, alors que je savais que Lizlor serait avec Stephen. Habituellement, je fuyais ce genre de fête que je savais alcoolisée, sauf lorsque j’avais ma meilleure amie pour me tenir compagnie et veiller sur moi. Je me sentais honteuse de lui infliger ce rôle de baby-sitter, mais sa présence me forçait à ne pas à toucher à de l’alcool. Mais maintenant que j’avais le désir d’arrêter, non plus pour ne pas la peiner, mais pour moi, pour m’en sortir, je pensais réellement pouvoir me gérer seule durant une soirée. Elle avait lieu dans le hangar à canots, et visiblement c’était Chuck et ses potes qui faisaient un truc du genre « beuverie avec les ASPICs », et les gens s’étaient rajoutés petit à petit. J’avais ainsi appris, à ma grande surprise, que Rita était amie avec Chuck. Enfin, surprise, elle commençait sérieusement à connaître tous le château, fantômes inclus, et finalement, ça ne m’étonnait même plus. La seule question qui subsistait était ; est-ce qu’ils s’étaient chopés ? Non, mais fallait se le dire… Je comptais plutôt les filles que Chuck n’avait pas chopées, plutôt que le contraire. Mais non, visiblement, ils étaient vraiment justes amis. De toute façon, maintenant qu’il était avec Taylord, il n’y avait plus ce genre d’histoires. Même le Daily Poudlard ne savait plus quoi dire à ce sujet – le journal allait vraiment finir par couler si ça continuait !

Il y avait donc Chuck, Rita, et j’étais sûre que je croiserais d’autres têtes connues. J’avais même hâte d’y aller, j’avais mis ma robe bleu claire favorite, mes talons, j’avais rassuré Lizlor avant qu’elle parte voir Stephen et j’avais écrit une lettre à Ewan pour confirmer ma venue demain soir. Tout allait être parfait, et lorsque je trouvais notre nouvelle Miss Poufsouffle dans le couloir, je l’étreignais joyeusement, puis nous nous dirigeâmes vers le parc en discutant. J’aimais sa compagnie qui me mettait toujours de bonne humeur, et lorsque nous arrivâmes dans le hangar déjà bien rempli de monde et de musique, je me sentis légère et prête à tout affronter. Je n’avais pas peur… Je sentis tout de même un poids dans ma poitrine lorsque je vis Ana arriver une bonne demi-heure plus tard, et que Rita alla la rejoindre en riant. Je restai en retrait, nos regards se croisèrent, et je tournai la tête, cherchant quelqu’un d’autre. Chuck me fit un signe de la main, je lui fis un sourire, et je le rejoins en quelques pas. Il était avec des amis à lui, Taylord n’était pas venue visiblement, et je m’installai avec eux en discutant de bonne humeur – je tentais de ne pas penser à Ana. Des garçons me proposèrent à plusieurs reprises un verre, je refusais à chaque fois avec un sourire. Chuck me regardait avec un petit regard entendu, prétendant que ça ne le regardait pas, mais je lisais dans ses pupilles une drôle de compassion qui semblait vouloir dire qu’il était là si j’avais besoin. Je lui souris, tirai sur ma cigarette, et continuai à discuter le cœur léger.

Mais je ne pouvais pas m’empêcher de penser à Ana. Elle venait d’être élue Miss – bien entendu j’avais voté pour elle – et la voir mise en avant ainsi m’avait douloureusement rappelé combien elle me manquait. Elle me manquait comme une première amie manque à quelqu’un qui a toujours cru qu’elle n’était pas assez bien pour quiconque. Je la voyais grandir, et je réalisais toujours tristement que je n’y assistais pas comme je l’aurais voulu, et qu’une nouvelle fois, j’étais la seule à blâmer. Peut-être était-ce un élément déclencheur, mais soudain les choses se firent plus pressantes, et j’allumai cigarette sur cigarette pour masquer ma gêne et surtout pour calmer sur ce qui recommençait à rugir à l’intérieur. Je devais bien les masquer, car lorsque Chuck se leva, parce qu’il devait aller rejoindre Tay dans la salle commune ou je ne sais quoi, il me fit un sourire innocent, comme si tout se passait bien. Je lui rendis, un peu crispée, et refusai un nouveau verre que l’on me proposait. Mais le mal était fait, l’envie se répandait petit à petit, comme si on avait ouvert le parage. Mon sang s’infectait peu à peu, veine par veine, et mon cerveau se mit à grésiller. C’était à nouveau comme au début, les bouffées de chaleur me prenaient, me retournaient l’estomac, mes mains tremblaient légèrement…

Je me levais subitement, conduite par ce qui battait en moi et m’étouffait. Il y avait un buffet, et j’aperçus en un instant la bouteille de whisky. C’était celle que l’on vendait à Pré-au-Lard, je les reconnaissais puisque c’étaient souvent elles que j’achetais depuis que Woodley m’avait trouvé en train de voler dans les cuisines. Les autres alcools, n’importe quel alcool, m’attiraient, mais le whisky… Le liquide ambré, son goût boisé, tout cela me faisait encore plus envie. Mais lorsque mes doigts se posèrent sur la bouteille, ils ne bougèrent pas. Je ne pouvais pas faire ça, souffla une voix en moi, tandis que tout mon corps agité de sueurs froides me demandait d’agir. Je pris la bouteille, mais je ne l’ouvrais pas, me contentant de marcher dans le hangar, évitant les fêtards déjà ivres. Comme à chaque fois, c’était le même débat. Une goutte, juste une goutte, ce n’était rien une goutte. Mais je savais qu’une seule gorgée, et tout allait retomber en cascade. Je ne pourrais pas m’arrêter, je le savais, je le savais…


- Ana ! J’avais aperçu son visage tout près du mien, et en quelques pas, j’étais face à elle. Je savais ce que je devais faire, et je mis la bouteille dans ses mains, ne me laissant pas déstabiliser par son regard surpris. Elle me détestait, et elle n’aurait aucune pitié, je le savais. Prends là, s’il te plait, dis-je d’une voix  plus suppliante que je ne l’aurais voulu. Garde-là, empêche moi, murmurai-je, me tournant pour chercher Rita, n’importe qui, quelqu’un pour m’occuper… Mais lorsque je vis la Poufsouffle, elle était en train de faire des shots de tequila, et mon corps se raidit une nouvelle fois. Je me laissai tomber sur un des bancs, sortis maladroitement une cigarette que j’allumais avant d’enfouir mon visage dans mes mains, tirant nerveusement de petites bouffées de tabac. La bouteille était neutralisée, maintenant, ça allait aller. J’allais réussir. Je devais réussir.

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« 'I feel things,' I said. 'I'm not a robot!' I stamped my foot and screamed. Then I burst into tears.
I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »





Dernière édition par Ruby Standiford le Dim 18 Aoû - 11:52, édité 1 fois
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Ana Falkowsky
Élève de 6ème année



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Ami(e)s: Eh bien pas si peu que ça à la réflexion... Je sais, ça mnque un peu de crédibilité pour une ex-solitaire.
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MessageSujet: Re: ~ To be Human. [PV A.]   Lun 29 Juil - 19:18

Il y avait toujours une ambiance particulière, à Poudlard, lorsque l'été et les baux jours -enfin, aussi beaux qu'ils pouvaient être en Ecosse- arrivaient. Les fêtes se multipliaient, les soirées dans la salle commune se déplaçaient dans le parc, on arrêtait de mettre cinq pulls sous la robe de sorcier. Et surtout, l'élection des Miss et Misters avait su rendre tout ça encore plus festif. La direction de Poudlard savait vraiment y faire ; cet événement, pourtant pas des plus utiles, avait animé les conversations du château pendant des semaines. Et lorsque le verdict était tombé, nombreuses avaient été les bouches qui s'étaient ouvertes sous le coup de la surprise. Pas vraiment pour les Gryffondors, ni même Miss Serdaigle et Miss Poufsouffle ; mais il fallait admettre que l'élection de Axel Anderson, par exemple, un Poufsouffle discret et l'air très maladroit de troisième année avait fait du bruit. Celle de Cahyl Steadworthy avait elle aussi été remarquée, parce que lui était au contraire l'exemple même de la discrétion et du sérieux ; mais la plus étrange à mes yeux restait tout de même... la mienne. En voyant mon nom apparaître à côté de celui d'Ulrich -aucune surprise pour lui non plus- j'ai d'abord cru que quelqu'un me faisait une blague, et il m'a fallu un moment avant de comprendre que c'était sans doute Matthews qui s'était arrangé pour ça. Et il devait sans doute bien rigoler à l'heure qu'il était...

Des gens m'avaient félicités, et dans mon incompréhension je les avait d'abord remercié. Avant de perdre patience et de commencer à ignorer les félicitations, puis de les envoyer chier. Si j'avais d'abord eu un espoir qu'être élue Miss m'aiderait peut-être à sympathiser, c'était en fait tout le contraire. Être Miss Serpentard n'attirait pas vraiment la sympathie, et à plus forte raison encore si l'on me considérait comme la relève d'Ambre Serana ou quelque chose du genre. J'avais alors décidé de jouer mon rôle à fond, tant qu'à y être ; de toute façon, avec un titre pareil, plus personne n'allait m'approcher, alors autant faire honneur à ma maison et agir en bon glaçon.

J'enviais presque Rita -presque- pour qui ce titre ne semblait pas changer grand chose, à part lui donner l'occasion de parler à encore plus de monde -je crois maintenant qu'il ne devait plus y avoir grand monde dans le château à qui elle n'avait encore adressé la parole. Alors pour des gens comme Chuck, Taylord, Ulrich ou Ruby, dont la popularité crevait déjà le plafond, ça avait du être à peine si ils l'avaient remarqué. En même temps, dans les faits, ça ne changeait pas grand chose. C'était juste une étiquette, une raison de se distinguer des autres. Les Miss et Misters n'avaient pas d'autre utilité que de représenter leur maison. Parfois, ils ouvraient un bal ou quelque chose du genre, mais le reste du temps, ça ne servait qu'à permettre aux autres de se rappeler de ton nom.

Rita et moi, on s'était lancées quelques vannes là-dessus, et puis on était passées à autre chose, comme tout le reste du château, à quelques exceptions près. L'une d'entre elles avait consisté à m'inviter à une des soirées qu'ils organisaient dans le parc. En théorie, il ne s'agit pas vraiment d'être invité, n'importe qui peut y aller ; mais bien sûr, moi je ne m'y rendais jamais -qu'y aurais-je fait ? Sauf que là c'était une sorte de défi, comme quoi Miss Serpentard devait faire des apparitions publiques parce que rester dans son cachot c'était un peu dépassé et cliché blablabla, du coup quelques minutes et quelques "Mais c'est que t'as peurrrrrrrr en fait" plus tard, j'acceptais finalement d'aller à sa maudite soirée. J'allais y faire un tour, passer exprès devant elle, aller me cacher quelque part, puis repasser devant elle une heure ou deux plus tard, histoire qu'elle croit que j'y étais restée longtemps !

...On était pathétiques.

Sauf qu'en attendant, elle, lorsque j'arrivais, elle riait à gorge déployée avec ses dizaines d'amis et de gens qui s'arrêtaient pour la saluer -dont Chuck Carlton...je ne savais pas trop quoi en penser, faisait-elle ça parce qu'elle savait que ça me mettrait mal à l'aise???!!- et moi, ben j'étais toute seule, pour ne pas changer. Il y avait des tonnes de petits groupes de personnes qui parlaient, buvaient, et faisaient des choses et d'autres, des gens qui se déplaçaient, des groupes qui s'assemblaient, des couples qui s'éloignaient, des gens déjà bourrés. Et je ressentis le même malaise que lorsque j'avais eu la bonne idée de me pointer au bal d'hiver : je ne savais pas où étais ma place, là dedans. Enfin si, elle était sur l'un des canapés de la salle commune, avec un livre. Mais plutôt mourir que de montrer à Rita que j'avais bien peur de me rendre à l'une de ses foutues soirées !

D'ailleurs cette maudite Poufsouffle arriva dès qu'elle m'aperçut, deux verres à la main, et m'en tendit un, son éternel sourire aux lèvres. Elle fit mine de me féliciter de mon courage, ce à quoi je répondis par un sourire ironique. On bavarda quelques minutes, puis elle m'invita à rejoindre les gens avec qui elle parlait avant de me voir. Je déclinais, prétextant aller voir d'autres personnes plus loin, et on se sépara. La vérité, c'était que j'avais bien vu dès le début que parmi les gens avec qui elle discutait, se trouvait une Ruby plutôt mal à l'aise. Nos regards s'étaient croisés, puis on les avait détournés d'un même mouvement, il me semble. J'étais donc partie à grandes enjambées, mon verre que je n'avais pas touché à la main, à la recherche de quelqu'un que je connaitrais.

J'aperçus Caleb qui devait sans doute préparer quelques chose avec des garçons de troisième année, et lorsqu'il me vit, une drôle de lueur passa dans ses yeux, après quoi il s'excusa auprès de ses potes et me rejoignis en quelques enjambées. J'eus bien sûr doit à une vanne en guise de bonjour ("Ça doit te faire tout drôle, non, de respirer un autre air que celui des cachots ? Tu es sûre que tes poumons vont pouvoir supporter l'air frais ??") puis lorsque je lui répondis par un soupir exaspéré -ma réponse la plus fréquente à ses vannes- il changea d'expression et me demanda le plus sérieusement du monde si Rita m'avait vue. Ce à quoi, perplexe, je répondis par l'affirmative. Il laissa échapper un "Eh merde", avant de m'expliquer qu'ils avaient en fait parié sur le fait que je vienne ou pas, lui étant sûr que non. "Si elle ne t'avait pas vue j'aurais pu te cacher... tu viens de me faire perdre un Gallion et deux pétards mouillés ! Merci hein !"
... Ces deux Poufsouffles auraient ma peau, un jour.

J'avais finalement réussi à m'échapper, non pas sans avoir du lui confirmer encore cinq ou six fois que OUI j'étais sûre que Rita m'avait vue. Et tandis que je marchais, m'éloignant un peu du gros de la foule, j'aperçus de nouveau la chevelure blonde caractéristique de Miss Serdaigle. Celle-ci tenait dans les mains une bouteille de Whisky pas encore ouverte, mais si j'en croyais ce que le Daily Poudlard racontait sur elle, ça n'allait sans doute pas tarder. Par contre, rien n'expliquait l'air de panique intense sur son visage. Mais moi j'étais bien décidée à ne pas le savoir, et à passer mon chemin, des fois qu'elle ai envie de péter un câble sur quelqu'un. Malheureusement, elle me vit, et, pour une raison que j'ignorais, son regard s'illumina, en quelque sorte. Je me raidis, et hésitais à partir à reculons lorsqu'elle s'approcha de moi rapidement, avec ses grandes jambes.


- Ana !

Non, non, il n'y avait pas d'autre Ana ici, c'était bien à toi qu'elle parlait. Non, non, ne surtout pas partir en courant. Je priais surtout pour qu'elle ne soit pas déjà bourrée -sinon, là, j'allais vraiment prendre peur. Mais contre toute attente, elle me refila avec empressement la bouteille de whisky qu'elle avait dans les mains.

- Prends là, s’il te plait.
-Euh...
- Garde-là, empêche moi, lâcha-t-elle finalement, sa voix se brisant.

Plus perplexe que jamais, je la regardais chercher autour d'elle quelque chose qui m'échappait, et finalement, elle ne dut pas le trouver car elle se laisser tomber sur le banc le plus proche, et alluma une cigarette. Moi qui trouvais toujours que ma vie était trop lente et ennuyeuse, j'aurais volontiers voulu pouvoir faire pause et remettre les deux dernières minutes au ralenti. C'était quoi, son problème ? Elle allait exploser, ou quelque chose du genre, sa bouteille ? Pourquoi elle n'en voulait pas ? Mais elle avait dit "empêche moi" alors... est-ce qu'au contraire, elle la voulait trop ?

Je tournais de nouveau la tête vers la Serdaigle qui avait l'air plus perdue que jamais. Elle qui semblait toujours si forte, même inébranlable, toujours le sourire aux lèvres et l'envie d'aider les autres, je découvrais une face d'elle que je n'aurais jamais soupçonné. Elle aurait vraiment un... problème avec l'alcool ? Je ne savais pas grand chose à ce propos, pour moi, les alcooliques ça se limitait aux vieux bœufs des bars, pas les filles jeunes et populaires comme Ruby qui ont tout pour être heureuse... du moins, de ce que l'on en voit. Et pourquoi est-ce que c'est à moi qu'elle l'avait refilé, son Whisky ? Il devait bien y avoir des tonnes de gens qu'elle connaissait ici et qui aurait sans doute étés plus à même de l'aider que moi... Mais savaient-ils seulement ?

Il fallait que je bouge de là, j'avais l'air vraiment stupide et dérangée, plantée là avec dans la main un verre plein et dans l'autre, une bouteille. Ne sachant pas trop ce que je faisais, je me laissais tomber sur le banc à côté d'elle -mais pas trop près quand même, on se sait jamais.


-Est-ce que... ça va ?

Question pas très pertinente, certes. Mais c'était la première fois que l'on se reparlait depuis cette dispute qui m'avait littéralement changée, et les circonstances n'étaient pas des plus normales non plus donc ma question allait très bien. Mais je ne pouvais pas empêcher une part de moi d'être curieuse à ce propos, à son propos. Je me risquais donc à poser une nouvelle question.

-Ça fait longtemps que tu as un... problème, avec l'alcool ?

Je n'osais pas trop la regarder, car une autre part de moi avait sans doute encore peur qu'elle explose comme elle l'avait fait des mois plus tôt, mais si ça devait venir, cette fois, j'étais bien décidée à me barrer le plus vite possible pour ne pas entendre tout ce qu'elle pourrait me dire.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: ~ To be Human. [PV A.]   Dim 18 Aoû - 20:03

Je ne savais pas où c’était le plus douloureux : physiquement, ou mentalement ? D’un côté, mes mains mais aussi tout mon corps tremblaient, j’avais la nausée et la tête qui tournait, un horrible mal de tête qui tambourinait à l’intérieur et ça faisait mal, j’avais mal, de l’intérieur jusqu’au bout de mes doigts tremblants. Mais ce n’était pas une surprise, je connaissais ses symptômes, j’avais même lu dessus : les vomissements, les spasmes, les bouffées de chaleur, jusqu’aux hallucinations qui pouvaient prendre celui victime du manque. J’avais déjà senti des petits étoiles danser devant mes yeux, entendus des bruits et des voix étranges qui n’avaient aucune origine si ce n’était mon esprit névrosé. De l’autre côté justement, il y avait cet esprit complétement perdu qui lui aussi me faisait mal lorsqu’il se torturait. Mais ce n’était pas la pression dans ma poitrine, les maux d’estomac ou les sens troublés jusqu’à la douleur, c’était purement mental. C’était le débat éternel entre ce que je voulais, boire, ce que je voulais aussi, ne pas boire, et les raisons pour choisir une des deux options. La première me faisait du mal, je tentais de l’ancrer en moi, et n’était pas une réelle solution. Elle me rendait trop amorphe, dépendante, je n’étais plus consciente de la réalité… Et ça, c’était mal, pas vrai ?

Alors pourquoi est-ce qu’autour de moi, tout le monde avait l’air d’autant s’amuser ? Je m’en voulais, car j’avais perdu à jamais cette possibilité de passer une soirée comme tous les gens de mon âge, de sentir simplement une douce euphorie, de me plaindre du mal de tête le lendemain mais de se rappeler en riant de la veille. J’étais incapable de simplement boire occasionnellement, je devais me rendre à l’évidence. Les lumières de toutes les couleurs clignotaient, éclairant des visages que je ne reconnaissais pas toujours mais qui avaient tous le même sourire, et ces rayons qui brillaient dans la pièce étaient aussi désordonnés que ce qui résonnaient en moi. J’avais beau fermé les yeux pour reprendre contenance, dès que je les ouvrais à nouveau, je voyais les lumières, les verres, les rires euphoriques et alcoolisés, comme un horrible tout qui me brulait. La cigarette ne m’aidait en rien à reprendre ma respiration, mais je voulais croire qu’elle me calmerait, troquant une addiction contre une autre. Mais le tabac n’agissait pas de la même manière, à mes yeux, c’était un passe-temps, une distraction agréable que j’aimais partager avec Lizlor. Lizlor… Je voulais Lizlor, maintenant, songeai-je, mais j’étais toute seule et je me rappelais de mes paroles creuses qui l’avaient rassuré quelques heures plus tôt. Pourtant, j’y avais vraiment cru lorsque je les avais prononcées. Alors pourquoi désormais me sentais-je aussi vulnérable ?

Mais en cet instant, je n’étais pas seule. Je me tournai, étonnée, et constatai qu’Ana s’était assise à côté de moi, et me regardait sous ses longs cils épais. Elle ne me regardait pas méchamment, quand les lumières glissèrent sur son visage, je lus de la réelle incompréhension dans son regard, mais aussi de l’hésitation. Je ne savais pas vraiment pourquoi je lui avais donné la bouteille… D’un côté, je voulais me convaincre que c’était parce que je savais qu’elle ne m’aimait pas, ou plutôt plus, et que par conséquent elle ne s’en mêlerait pas. Mieux, je m’attendais à ce qu’elle se moque de moi, qu’elle me juge comme elle aurait dû le faire. J’étais pathétique, j’en étais consciente, et plus on me le prouverait et plus je voudrais m’en sortir, du moins j’espérais résonner ainsi. De plus, elle n’était pas le genre de fille qui aime les ragots, et je savais que je ne lirais pas demain dans le Daily ma mésaventure de la soirée. Peu importe combien Ana me haïssait, elle n’était pas comme ça… Oui, une part de moi avait une autre explication à ce geste vers elle, cette supplication… Au fond, j’avais confiance en Ana. De toute les personnes dans ce maudit hangar, je savais qu’elle m’aiderait, d’une manière ou d’une autre.


-Est-ce que... ça va ?

Je la regardais longuement, complétement perdue. Elle venait réellement de me poser cette question ? Je fronçais un peu les sourcils en tirant sur ma cigarette, cherchant à détecter une pointe d’ironie ou de méchanceté dans sa voix. Mais je n’en avais pas entendu, je blâmais la musique de peut-être noyer le ton d’Ana, mais je savais que ça aurait été me mentir. Il suffisait de voir le visage de la Serpentard, il était plus craintif que cruel, comme si elle attendait vraiment une réponse sans vraiment savoir pourquoi elle avait posé la question. Pendant un instant, une pensée un peu stupide me traversa l’esprit : peut-être qu’elle aussi, elle regrettait notre dispute ? Mais je pensais à cette retenue à la bibliothèque, et je baissai instantanément les yeux vers mes mains noués, et la cendre incandescente de ma cigarette. J’étais stupide. Elle ne regrettait pas, elle me détestait.

Mais alors pourquoi me parlait-elle ?


-Ça fait longtemps que tu as un... problème, avec l'alcool ?

Je ne répondis pas tout de suite, mais mon corps se crispa et je tournai brusquement mon visage vers le sien, scrutant ses yeux d’un bleu glacé qui m’avait toujours un peu intimidé. Pourquoi faisait-elle ça ? Avait-elle pitié ? Mais surtout, que devais-je répondre ? J’avais nié ce problème si longtemps, et à des gens que j’aimais tant. A ma meilleure amie, à Prudence, et même à moi-même. Devais-je maintenant l’avouer sincèrement à une fille avec qui je ne parlais plus depuis de long mois, une fille qui devait me détester ? Je me rappelais encore de ses reproches que je n’avais pas su accepter parce qu’ils étaient vrais, et qu’ils mettaient en danger mon équilibre. Je m’étais défendue en l’attaquant à mon tour, et malgré le fond de vérité dans mes propos, j’avais été si tranchante et désagréable que j’avais du mal à croire qu’Ana tournerait un jour la page, ou même qu’elle ait médité ce que j’avais dit. Je ne voulais pas la blesser, qui plus est, je n’avais jamais voulu… Ou du moins, j’avais cru le vouloir, dans un réflexe de protection stupide : si elle me haït, elle ne m’approchera plus et ne me remettra pas en question. Voilà où avait été ma réelle peur au fond. Devoir admettre que j’avais tort de me comporter en Miss Parfaite.

Petite, je me rappelais déjà que je mentais à Ana. Lorsque j’étais chez sa tante, je ne lui avais pas parlé de l’incident. Elle connaissait mon enfance un peu chaotique sans vraiment la connaitre, nous n’étions que des enfants qui jouaient ensemble – elle-même, elle m’avait caché être une sorcière. Mais pourtant, nous avions toujours des petites confidences, des moments où nous barbotions dans la piscine en rigolant, s’avouant quelques détails qui, lorsque j’y pensais avec du recul, étaient bien plus importants que nous le prétendions. La vérité était simple, Ana avait été ma première véritable amie, particulièrement après l’incident où j’avais cru ne jamais plus être apprécié, ou avoir une relation normale avec quelqu’un. C’était peut-être la raison pour laquelle, même après tout ce temps, elle était spéciale.


- Pitoyable hein ? Dis-je d’une voix dure qui n’était pas adressée à Ana, mais bien à moi. Vas y, moque toi. Elle est pas belle la Miss Parfaite ? Je relevai les yeux vers Ana, et son regard m’immobilisa. L’instant suivant, j’avais déjà envie d’éclater en sanglots. Excuse-moi, murmurai-je rapidement, en secouant la tête. Je ne voulais pas l’agresser, ni lui demander de se disputer avec moi. J’étais stupide, et je refusais de comprendre que, visiblement, Ana cherchait réellement à savoir si j’allais bien. Je poussai un long soupir, me mordant les lèvres pour retenir les tremblements de mon menton. Je ne veux pas que tu crois que je m’énerve contre toi je… Je suis énervée contre moi, achevai-je avec un petit rire, mal à l’aise.

Je réalisais que je n’avais pas encore répondu à ses questions. J’hésitais un instant, parce que je ne voulais pas apparaître vulnérable, je ne le voulais jamais, mais je l’étais tant en cet instant qu’il m’était impossible de prétendre que je n’avais pas un problème. Je demandais de l’aide à Ana, sans lui rendre la pareille en étant sincère ? J’achevai ma cigarette, l’écrasai sous mon pieds, et me redressai un peu – j’avais la nausée, et j’inspirai un grand coup.


- Depuis que je ne suis plus avec Hadrian, je suppose qu’on peut dire que c’est le déclencheur… Ce qui est bête, c’est même une fois que je me suis remise de la rupture, j’avais toujours envie et besoin de boire. J’haussai les épaules, un peu dépitée. J’étais gênée de cette conversation, finalement. Je crois que je n’ai pas complétement réglé mes problèmes avec moi-même, tu as raison, agir comme Miss Parfaite, c’était vraiment ridicule et ça ne m’a mené qu’à des emmerdes… Je poussai de nouveau un soupir, et tentai un sourire – mais mon estomac se contractait douloureusement. Mais, hum, j’ai arrêté de boire. Ça fait plus d’un mois, confiai-je. Je ne savais pas si je devais être heureuse, car vu mon état actuel, on pouvait bien voir que j’étais loin de m’en être sortie.

Comme pour le prouver une nouvelle fois, mon estomac se tordit, et je sentis vraiment que j’allais vomir. Je me levai un peu brusquement et me rattrapai un peu à l’une des tables qui étaient installées sur le côté. J’avais la tête qui tournait, et je jetai un regard un peu perdu à Ana.


- Je… Excuse-moi, je dois… Je ne terminai pas ma phrase. Des étoiles dansaient devant mes yeux, et je tenais à peine debout. Contre toute attente, Ana eut un mouvement vers moi, et sans vraiment réfléchir, j’attrapai son bras pour m’appuyer.Merci...

Je sortis avec elle du hangar, et j’inspirai un grand bol d’air frais. J’avais vraiment envie de vomir, et je me laissai tomber un peu plus loin dans l’herbe. Ana était toujours à côté de moi, et je levai les yeux vers elle, réellement touchée et un peu perdue.


- Excuse-moi, dis-je timidement. Je repliai mes genoux contre moi et les entourai de mes bras. Tu… Hum, je te félicite pour ton titre de Miss ! Tentai-je d’une voix joyeuse. Tu devrais aller le fêter…

J’avais murmuré d’une petite voix, mais au fond… Au fond, j’aurais bien voulu qu’Ana reste là.

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I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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Ana Falkowsky
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MessageSujet: Re: ~ To be Human. [PV A.]   Jeu 5 Sep - 21:54

Je ne détestais plus Ruby. Ça avait été le cas, pendant de longs mois, impossible de le nier. Durant des semaines, rien que de la voir réussissait à me crisper toute entière et à me mettre de mauvaise humeur pour le reste de la journée. Je l'avais haï, haï, encore et encore, me remémorant notre dernière dispute à chaque fois que je sentais cette haine se calmer, comme pour la raviver. Durant ce qui me semble, avec le recul, être une éternité, j'avais voulu la détester. J'avais entretenu ma colère, jour après jour, recherchant des raisons qui auraient pu m'échapper jusque là, et tout en elle était devenu prétexte à lu ien vouloir ; son sourire gentil en toute circonstances, ses longs cheveux blonds trop brillants, sa manière d'arranger toujours sa tenue pour qu'il n'y ai pas un faux pli, jusqu'aux couleurs discrètes de ses vernis et les motifs de ses robes. Et puis, un jour, ça avait commencé à partir. Je pense que j'avais surtout finit par fatiguer. C'est fatiguant, de haïr quelqu'un.

Petit à petit, et je ne sais pas trop comment, mais mes sentiments avaient dérivés à une sorte de honte, et je l'évitais encore plus qu'avant, déviant le regard à chaque fois que les nôtres étaient susceptibles de se croiser. J'avais même mémorisé grosso modo comment la voir le moins possible -ça n'était pas très difficile : elle était soit en cours, soit à la bibliothèque, soit avec Lizlor Wayland qui était encore moins difficile à repérer avec ses interminables boucles blondes. Alors je fuyais, fuyais, je rasais les murs, je me cachais presque. Ça aussi, ça avait duré des mois. Et en plus, pire qu'un sentiment assez immonde de honte, j'avais commencé à tout remettre en question, et à partir de là, plus rien n'était allée correctement.

Ça avait commencé avec un "Il n'y avait peut-être pas que du faux dans ce quel a dit" pour finir avec quelque chose comme "Elle avait raison, j'ai personne je mourrais seule j'aimerai jamais personne personne m'aimera jamais". Puis ce genre de pensées étaient petit à petit devenus une part entière de mon quotidien : ils étaient là quand je me réveillais et voyais toutes mes camarades de dortoir dans une conversation à laquelle je ne prendrai jamais part, jusqu'au moment de me coucher, où je m'interdisais de compter mentalement le nombre de personne auxquelles j'avais parlé dans la journée -j'approchais bien trop souvent le nombre zéro. Mais le pire, c'était dans les moments où j'étais seule,
vraiment seule ; pas la solitude physique que tout le monde connait à un moment ou un autre, mais bien celle morale, celle que l'on ressent en plein milieu de dizaines d'autres personnes. Car c'était dans ses moments là que j'entendais le mieux sa voix, ses mots qui étaient toujours aussi clairs dans ma mémoire, comme si tout ça datait d'hier, alors que ça faisait presque un an.


« Personne ne bougerait un doigt pour toi »

Ça aussi, ça m'avait pris du temps. Déjà, m'admettre que j'avais besoin des autres n'avait pas été facile, moi qui avait toujours eu la peur panique de dépendre de qui que ça soit. Et puis, réaliser à quel point elle avait raison ; si il m'était arrivé quelque chose, qui, qui aurait fait quelque chose pour moi ? Personne n'aurait donné de rançon si j'avais été kidnappée, personne ne se serait jeté devant moi si on m'avait lancé un sortilège, personne ne m'aurait passé son devoir si j'avais oublié de faire le mien. Et cette idée était rentrée dans ma tête et je n'avais jamais pu l'en enlever tant à présent je réalisais ce qu'elle impliquait.

« C’est toi qui me dégoute Ana, toi et ton putain d’égo à vomir ! »

Voilà autre chose qui était passé à la trappe au cours de l'année passée ; mon orgueil, ainsi que tout ma confiance en moi semblaient m'avoir désertée. J'étais devenu cette fille qui se cache, qui baisse tout le temps les yeux lorsqu'on la regarde, et qui n'avait plus la moindre idée de comment il fallait se comporter avec les autres. Et c'est seulement une fois ce stade arrivé que bien sûr, j'ai pu réaliser pleinement à quel point j'avais eu tort de tout prendre pour acquis pendant tant de temps, de croire que les gens seraient toujours incapables de me faire du mal parce que j'étais jolie et effrayante. Jolie, j'avais bien réalisé qu'on final, je ne l'étais pas tant que ça, et effrayante, je crois que je ne faisais plus peur à grand monde depuis quelques temps. J'avais eu tout faux, comme toujours.


« Il me semble que quand Kathleen te délaissait, comme tout le monde d’ailleurs, tu t’en sortais pas si bien que ça. »

Bien sûr que je ne m'en sortais pas bien, c'était si évident maintenant que je me demandais comment j'avais pu croire que j'allais parfaitement bien. Alors qu'en fait, durant toutes ces années j'avais nagé dans ma détresse et ma rancœur, ce qui n'avait contribué qu'à me noyer encore un peu plus. Ruby avait vu si clair dans mon jeu, et sans doute bien avant cette fameuse dispute que c'en était presque humiliant. Se faire cerner sans que l'on se soit cerné soi-même. Que l'on capte les traits de caractère que l'on ose même pas s'avouer à nous-même... je lui en avait tellement voulu pour ça aussi. Me l'avoir démontré aussi explicitement, sans aucune précaution.


« Ça ne m’étonne pas que ma ta sœur ne voulait pas de toi ! »

Combien de fois j'avais agité frénétiquement le tête de gauche à droite, comme pour me chasser ces paroles de l'esprit -mais en vain, bien sûr. Elles y avait beaucoup trop de vérité là-dedans pour que je les mette sur le dos de la colère.

« T’es toute seule, TOUTE SEULE ! »

Et voilà les pires, ceux qui me hantaient et me traquaient sans relâche ; ceux qui étaient le plus vrais et représentatifs de ma vie, sans aucun doute. Il n'étaient pas une demie-vérité, ils n'étaient pas venus sur le coup de l'impulsivité, ils étaient juste des faits, des faits qui me contractait le coeur sans exception à chaque fois qu'ils résonnaient dans ma tête, la voix de Ruby me martelant l'esprit tout le temps. Comme pour toujours me rappeler que oui, j'étais seule, complètement et entièrement seule, et qu'en plus, je l'avais cherché.

Ça s'était atténué un peu, avec le temps -et puis les efforts que je faisais, avec Daphne, avec Aria, et surtout avec Theo parvenaient à m'enlever un peu de ma culpabilité- mais aujourd'hui encore, ils m'arrivaient de les entendre, d'une toute petite voix dans mon cerveau. Heureusement, à présent, je savais comment les faire taire. Un sourire de Theo, et ces horribles mots étaient remplacés par les siens, ses compliments lors du bal, tout ce qu'on s'était dit ce soir là. Au final, aussi bizarre et tordu que ça pouvait paraître, j'en étais presque reconnaissante à Ruby, pour tout ce qu'elle m'avait dit ce jour là. C'était dur, et sans intention d'aider, au contraire, mais pourtant ça l'avait fait, et la preuve était là ; aujourd'hui, je n'étais plus seule. Et sans doute que si elle ne m'avait pas ouvert les yeux à la manière brutale, parce que je n'aurais jamais entendu sinon, je serais encore toute seule en train de haïr l'univers entier, seule dans une tour.

Finalement, elle m'avait plutôt rendu service.

Et à présent c'était elle qui était dans un état désastreux, assise sur ce banc, l'air dévastée, et moi qui tenait cette bouteille de Whisky qui devait représenter la tentation extrême pour elle -sans que je comprenne vraiment pourquoi, pour moi cette boisson était surtout relativement immonde...mais passons. Le truc, c'est que comme toujours, je ne savais pas quoi faire. J'avais peur qu'elle morde et qu'elle se dérobe à la fois, j'avais peur de faire les choses mal, qu'il soit trop tôt, qu'elle n'ait pas envie de me parler. Après tout, elle avait de solides raisons de m'en vouloir elle aussi. Alors je tentais, doucement, de l'approcher.


- Pitoyable hein ? répondit-elle contre toute attente.

Je relevais la tête vers elle, alors que je n'avais pas trop osé la regarder jusque là. Pas depuis des mois. Et je voyais dans ses yeux bleus sombres tout le mépris qu'elle semblait avoir pour elle. Qu'elle ne faisait pas semblant, qu'elle se trouvait réellement pitoyable. Qu'est ce qui avait bien pu se passer ?


- Vas y, moque toi. Elle est pas belle la Miss Parfaite ? continua-t-elle.

Visiblement, elle avait choisi de mordre. Une petite morsure, pas grand chose, mais une allusion claire et net à notre dispute, et à mes mots ce jour là. Ils résonnèrent quelques instants dans ma tête, alors que je continuais à la fixer. Le mieux était sans doute de la laisser, elle avait besoin d'un ami, de quelqu'un... qui comptait. Quelqu'un qui pourrait l'empêcher de boire. Et clairement, je ne rentrais pas dans ces critères, avec mon air gauche et ma bouteille à la main, j'avais l'air d'une demeurée.

- Excuse-moi.

Je m'arrêtais en plein élan, alors que j'avais commencé à me lever, et la regardais, interloquée. Elle semblait sincère, elle semblait perdue, désespérée. Je reposais mes fesses sur le banc, d'où d'où elles avaient seulement décollé d'un centimètre. J'ouvris la bouche pour dire quelque chose, la refermait. Je ne savais pas quoi dire, je ne le savais jamais.

- Je ne veux pas que tu crois que je m’énerve contre toi je… Je suis énervée contre moi.

Je la dévisageai, je ne m'arrêtais plus, c'était comme si après tout ce temps sans oser ne serait-ce que l'apercevoir, je la redécouvrais ; et la Ruby que je voyais était si différente de celle de me souvenirs que j'en venais à me demander si c'était la même. Avait-elle toujours eu ce regard éteint, cet air abattu? Bizarrement, il ne m'était jamais venu à l'idée que la Serdaigle puisse aller mal. J'imagine que je la voyais intouchable. Comme un personnage, et pas une personne. Une idée au lieu d'un caractère. Mais elle était humaine, et elle allait mal.

Je n'eus pas à formuler le « Pourquoi » qui me brûlait les lèvres, qu'elle répondait à ma question silencieuse.


- Depuis que je ne suis plus avec Hadrian, je suppose qu’on peut dire que c’est le déclencheur… Ce qui est bête, c’est même une fois que je me suis remise de la rupture, j’avais toujours envie et besoin de boire.

Je digérais l'information, faisant un simple hochement de tête. J'avais vu de très loin qu'elle était en effet sorti avec Hadrian Easter et qu'ils allaient plutôt bien ensemble, et puis j'avais aussi su qu'ils s'étaient séparés. Tout ça n'avait été que des mots, lus dans le Daily Poudlard ou entendu dans un couloir, mais maintenant ils devenaient des faits, des réalités, et ça impliquait beaucoup plus de choses. Des sentiments, pour commencer. Je réalisais qu'elle avait du en souffrir, alors qu'en l'apprenant je n'avais vu que le côté pratique des choses - et encore une fois, ça me montrait combien j'avais à apprendre encore.

- Je crois que je n’ai pas complétement réglé mes problèmes avec moi-même, tu as raison, agir comme Miss Parfaite, c’était vraiment ridicule et ça ne m’a mené qu’à des emmerdes…

Je hochais une nouvelle fois la tête, mais cette fois, ça me fit réfléchir beaucoup plus. Elle aussi, elle semblait en avoir fait, du chemin, depuis la dernière fois. Elle avait le même recul que moi, j'avais l'impression, sur tout ce qu'on s'était dit la dernière fois : ça ne faisait plus mal, plus comme au tout début, mais on savait qu'il y avait du vrai là dedans - et on l'avait corrigé. Elle aussi, j'en étais convaincue.

-Mais, hum, j’ai arrêté de boire. Ça fait plus d’un mois, ajouta-t-elle, et je ne pus m'empêcher de lui sourire en entendant ça : c'était difficile, mais elle y arrivait. C'était bien Ruby, ça.

J'allais lui répondre, même si je n'avais aucune idée de quoi dire, mais à elle me coupa à nouveau l'herbe sous le pied en se levant brusquement du banc, ce qui visiblement lui fit perdre l'équilibre. Sans trop réfléchir, je me levais à mon tour pour tenter de faire quelque chose et elle saisit mon bras pour se rééquilibrer.


- Je… Excuse-moi, je dois… Merci... dit-elle faiblement.

-Pas de quoi, répondis-je, un peu gênée.

On sortit d'un même mouvement du hangar, et retrouvant le parc et l'air frais visiblement avec plaisir, Ruby se laissa tomber dans l'herbe. Je la regardais, ne sachant toujours pas trop quoi faire. Etait-ce le signal qu'il était tant pour moi de la laisser? Je fus tenter de m'éclipser et de prévenir l'un de ses amis. Puis je réalisais à quel point cette situation serait encore plus bizarre que la présente - si c'était possible.


- Excuse-moi, répéta-t-elle, pour la troisième fois ce soir. Tu… Hum, je te félicite pour ton titre de Miss ! Je ne bougeais pas, continuant de la fixer. Tu devrais aller le fêter…

Elle avait entouré ses jambes avec ses bras, et ses longs cheveux retombaient en cascade sur ses épaules et ses genoux, et pour la première fois, je la vis fragile, je la vis timide, gênée, je la vis humaine. Ce soir, il y avait quelqu'un d'autre que la Ruby serviable et gentille qu'elle était tous les jours à Poudlard, ce soir, elle était elle-même, mal, triste, en colère contre elle-même. Ses cheveux ne brillaient pas comme d'ordinaire, mais lui donnait une allure presque fantomatique, éclairés seulement par la lune. Son sourire, bien que faible tentative pour réchauffer l'ambiance, n'était plus ce geste agaçant, mais reflétait au contraire à quel point elle essayait, sans cesse. Même sans y croire, elle essayait.

Je fis quelques pas à ma gauche, et aperçus le lac à quelques mètres. Alors, je lançais de toute mes forces la bouteille de Whisky dans l'eau, et fit demi-tout, pour aller m'asseoir à côté de Ruby. Elle semblait si fragile en cet instant que j'avais l'impression qu'elle aller se casser à tout instant.


-Je ne suis pas trop du genre fête, répondis-je bêtement.

Je laissais le silence planer quelques instants, pas pour l'effet dramatique mais bien parce que je n'avais toujours pas la moindre idée de ce qu'il convenait de dire dans ces moments-là. J'avais des questions, bien sûr, mais j'avais en même temps peur de la faire fuir - voilà qui était ironique, moi qui était d'habitude toujours celle qui fuyait.

-Hadrian ne valait sans doute pas la peine que tu fasses ça à cause de lui, commençais-je, incertaine, non pas de ce que j'avançais, mais de si c'était la chose à dire. Tu as... tu as des gens qui t'aident ? Pour... tu sais, arrêter de boire ? Je m'arrêtais, un instant, interdite. ...Est-ce que tu l'as dit à quelqu'un, au moins ?

Je cherchais son regard, toujours avec la peur d'avoir dit quelque chose de trop. Mais elle ne semblait pas se braquer ou quoi, donc j'en déduisis que pour le moment, ça allait. Il y avait encore quelque chose que je voulais dire, sans que je sache vraiment comment le formuler, sans que ça ne soit trop bizarre.

- Parce que sinon, je peux... enfin... on... tu peux compter sur moi...

La perspective de servir à quelqu'un, d'aider Ruby à se débarrasser de ses démons comme elle m'avait débarrassé des miens me saisit comme je ne m'y attendais pas. Et je me mis à espérer - oubliant cette année de torture et de solitude, pensant seulement à ce que l'on avait été l'une pour l'autre il y a des années, et ce que l'on pouvait être de nouveau, je me mis à espérer.

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Winter & Spring

 

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: ~ To be Human. [PV A.]   Dim 15 Sep - 20:44



"Waking up like an animal
I'm all ready for healing
My mind's lost with nightmares streaming
Waking up (kicking screaming)

Take me out of this place I'm in
Break me out of this shale case I'm in

Underneath the skin there's a human
Buried deep within there's a human
And despite everything I'm still human."


L’air frais avait toujours ce même effet, lorsque j’avais envie de boire et que je me sentais à deux doigts de craquer, c’était comme un élastique qui revenait claquer contre mon visage et me réveiller brusquement. Mon cerveau était capable de croire beaucoup de choses lorsque que mon corps en manque lui dictait d’agir, et je n’avais pas oublié ce soir chez Ewan où j’avais pensé des choses si fausses et si immondes, que mon esprit embrumé avait été si persuadé de leur véracité ! C’était effrayant, réellement, de ne pas savoir si on pouvait se contrôler pleinement, de comprendre que l’on n’avait pas la pleine possession de ses moyens. Quand je sombrais dans cet état, c’était toujours pareil, il me fallait une étincelle, quelque chose pour me faire basculer et prendre conscience de la situation. Il me fallait le regard de Lizlor, les lèvres d’Ewan, il me fallait une présence parce qu’à mon grand regret, oui j’étais incapable de me gérer toute seule dans ces situations. Mais je n’étais pas seule en cet instant… Je regardais du coin de l’œil Ana, détaillant son visage quelque peu perplexe. Elle avait grandi, malgré tout, elle faisait plus femme, comme si elle avait pris une certaine assurance qui se peignait sur ses traits. Ses yeux étaient plus vifs, mais plus humains aussi, comme si elle n’avait pas grandi que physiquement, mais aussi mentalement. Et elle l’avait fait seule, ou du moins sans moi, et peut-être était-ce par ce que j’avais toujours eu cet instinct de protection, cet instinct maternel au fond de moi, j’étais triste de ne pas avoir été là, de ne pas savoir de quoi la vie d’Ana était faite.

M’avait-elle détesté ? Parce que c’était ce que j’avais voulu, au fond. La faire fuir pour ne pas qu’elle me remette en question – bien que c’était trop tard, elle avait réussi à merveille son coup. Et de son côté, qu’avait-elle ressenti ? Nous nous connaissions toutes les deux bien, trop bien, et c’était bien là que les dégâts avaient pu se faire aussi facilement : elle savait comment me faire mal, et vice-versa. Si elle m’avait touché, j’avais dû la toucher aussi, et pas dans le bon sens. Ce que j’avais dit était vrai, de toute manière, et bien destiné à lui faire du mal en touchant les points sensibles. Quand j’y repensais, j’éprouvais toujours cette vague intense de dégoût envers moi, parce que j’avais agis comme la petite fille apeurée que j’étais toujours au fond, cherchant à blesser les autres pour se sauver. J’avais toujours agis ainsi avec ceux qui avait essayé de m’aider, après l’incident, je me revoyais crier contre les docteurs, les infirmières, dès que tout à coup ils touchaient quelque chose de trop sensible : je me crispais, me fermais, ou alors j’explosais. Mais ce soir, devant Ana, malgré toute la fébrilité qui m’envahissait, décuplée par le manque, je ne voulais pas choisir l’une de ces options. Je voulais simplement être sincère.

Mais j’avais l’impression que le contexte ne m’aidait en rien. Déjà, mon état lié à l’alcool, mais aussi… La date. Nous étions en mai, et le mois de mai n’était plus mon favori depuis longtemps puisqu’il était empli de cet embrun du passé qui prenait son point culminant le 17, jour de l’incident, date que j’aurais préféré oublier. Mais son approche me rendait plus vulnérable encore, et Ana qui était au courant, et plus rattachée à mon passé que quiconque à Poudlard, ravivait bien malgré elle quelques souvenirs. Mais ils étaient doux, pourtant. J’aurais voulu me souvenir de ceux-là, en cet instant, de revoir Ana plus petite, toute fine, qui jouait dans la piscine avec moi et m’éclaboussait. Mais nous n’étions plus ces deux petites filles, elle n’était plus ma « jolie cœur », et nous devions apprendre à admettre que nous avions changé, que nous changions constamment. Mais je voulais connaître cette nouvelle Ana, et je voulais aussi lui montrer cette nouvelle Ruby que j’essayais de comprendre au fur et à mesure que je la laissais exprimer, cette Ruby fragile qui n’avait plus rien à voir avec la souriante et la parfaite petite Ruby que les autres connaissaient. Si j’avais encore du mal à la laisser me posséder entière, j’aimais la dévoiler devant ceux qui comptaient. Et Ana faisaient encore partie de ces gens-là, malgré tout.

Je la regardais se lever, faire quelques pas, et j’eus un sursaut. Elle venait de lancer la bouteille dans le lac, et malgré moi, je me sentis sourire. Elle était fûtée. Lorsqu’elle revint s’asseoir à côté de moi, une nouvelle fois, je sentis mon cœur s’agiter un peu. J’étais partagée entre l’incompréhension et la joie, parce que j’avais envie que nous parlions à nouveau, même si à la fois, je le craignais.


-Je ne suis pas trop du genre fête.

J’eus de nouveau un petit sourire. C’était toujours l’Ana un peu solitaire que je connaissais, n’est-ce pas ? Je reposai mon front contre mes genoux, reprenant ma respiration. J’avais encore la tête qui tournait, l’envie de vomir, et tout mon corps qui me suppliait d’arrêter ça – mais je ne pouvais pas. J’avais fait un choix, celui de lutter, et je ne pouvais pas changer d’avis ainsi, simplement par faiblesse. Ça aurait pourtant si facile, si agréable, mais c’était bien ça : je ne voulais plus être faible. Je devais être forte, pour moi, et pour les autres, parce qu’ils comptaient sur moi. Ils avaient confiance en moi, Lizlor, Ewan, Rita, Chuck, et même Ana en cet instant me prouvait que je valais encore quelque chose. J’inspirai un coup, m’accrochant à cette idée. Oui, j’allais être forte. Je voulais l’être.

-Hadrian ne valait sans doute pas la peine que tu fasses ça à cause de lui. Tu as... tu as des gens qui t'aident ? Pour... tu sais, arrêter de boire ? ...Est-ce que tu l'as dit à quelqu'un, au moins ?

Sa dernière question montrait bien l’ironie de la situation, et combien Ana me connaissait bien. Elle savait que j’étais secrète, et que je n’aimais pas montrer mes faiblesses, pas par fierté mais plutôt par peur, peur d’être ainsi laissée, peur d’être jugée. Je me souvenais encore de ces moments où je mentais à Liz, à tout le monde, même à moi, et où je sombrais toute seule. Mais s’il y avait bien quelque chose que Poudlard m’avait appris, c’est que l’amitié avait des vertus incroyables pour guérir les peines, vertus que j’avais déjà aperçu avec Ana lorsque j’étais plus jeune. Je savais aussi donc à quel point elle pouvait faire mal, cette amitié, puisque j’avais vécu le silence radio de la Serpentarde avec horreur, mais l’eau avait coulé sous les ponts, et je comprenais que moi aussi j’avais fait des erreurs. Au final, une amitié pouvait apporter de la peine si on n’en prenait pas soin, et en ce qui concernait Ana et moi, une chose était sûre : nous n’avions pas su comprendre et apprendre de nos erreurs.

- Parce que sinon, je peux... enfin... on... tu peux compter sur moi...

J’eus un mouvement vers elle, cherchant son regard, le cœur battant, avant de sentir un immense sourire naître sur mes lèvres malgré moi. J’hésitai un instant, avant de laisser ma main prendre la sienne et la presser, souriant toujours, avant de la lâcher.

- Merci, murmurai-je. Merci beaucoup, répétai-je en souriant, avant de tourner le visage vers le lac, et de prendre une grande inspiration, une nouvelle fois. Je sentais que mon cerveau se remettait petit à petit à fonctionner, écartant le manque qui s’agitait, comme pour le faire taire. Voilà, il fallait que ça passe. Je devais apprendre à supporter cet état jusqu’à qu’il s’efface… Et petit à petit, je pourrais aussi supporter la tentation, n’est-ce pas ? Oui, j’en ai parlé. Tu te doutes bien qu’il m’a fallu un temps fou pour admettre que j’avais un problème, et pour en parler, encore plus… J’eus un sourire triste. Tu sais, je crois que la rupture est un déclencheur, mais je n’ai pas bu que pour l’oublier lui, j’ai bu pour oublier tous les problèmes que j’accumulais depuis mes six ans et que je n’ai jamais voulu affronter. J’avais parlé d’une voix claire, un peu mécanique, surement pour ne laisser aucune émotion s’infiltrer, ou les larmes rouler. Lizlor le sait, et… Ewan. Je marquai une pause, sentant mes rouges rougirent. Est-ce qu’un jour j’arriverais à parler de lui sans réagir ainsi ?! Mon petit-ami, ajoutai-je avec un petit sourire, non sans sentir une once de fierté. Et j’aimerais bien qu’ils soient fiers de moi, confiai-je d’une petite voix.

C’était étrange, soudain, d’autant se confier à Ana, mais ce n’était pas désagréable de tout mettre à plat, malgré les souvenirs douloureux qui pouvaient remonter. Je n’avais pas oublié les larmes de Lizlor, les miennes, lorsque j’étais allée chez Ewan et que j’avais tout raconté, la peur, le dégoût, l’envie d’être sincère et toutes ses émotions qui se mélangeaient… Je regardai la Serpentarde, réalisant qu’elle était donc l’une des rares personnes au courant de mon problème avec l’alcool, problème que j’avais pensé ne confier à personne d’autre.


- Je sais que je l’ai déjà dit, mais je suis désolée, je suis vraiment désolée pour… Tout ce que j’ai dit, et tu avais raison sur mon compte, je l’ai toujours su mais j’avais du mal à l’admettre, dis-je d’une petite voix. Je m’étais déjà excusée, mais je sentais le besoin de le faire encore et encore, comme pour prouver mon honnêteté qui, au vu des accusations d’Ana sur mon masque et mes dissimulations, je voulais qu’elle voit que j’avais changé. Que j’essayais, en tout cas. Je t’ai aperçu plusieurs à Pré-au-Lard, dis-je soudainement, comme pour dévier le sujet. Je ne voulais pas parler seulement de moi. Tu… Tu vois quelqu’un ? Demandai-je tout à coup. C’était plus fort, parce qu’au fond, tout ce que j’espérais, c’est qu’Ana me dise qu’elle aussi elle allait bien, parce que malgré le manque, la peur et la honte, moi, j’allais mieux, et encore mieux si Ana décidait de rester là.

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I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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Ana Falkowsky
Élève de 6ème année



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Ami(e)s: Eh bien pas si peu que ça à la réflexion... Je sais, ça mnque un peu de crédibilité pour une ex-solitaire.
Âme soeur: Et si il ne m'aime pas en retour, ça compte quand même ?

MessageSujet: Re: ~ To be Human. [PV A.]   Dim 19 Jan - 23:01

Ruby avait tellement changé. Même de loin, même quand on ne se parlait plus, même en s’évitant pendant des mois, il m’avait été impossible de ne pas m’en rendre compte. Car la carapace lisse qu’elle s’était crée au fil des années avait commencé à se fissurer, mais pas dans le mauvais sens comme j’avais cru que ça serait le cas le jour de notre dispute. Cette carapace ne s’était pas fissurée pour qu’elle explose et montre à quel point elle était une mauvaise personne, car elle ne l’était pas ; elle s’était fissurée pour laisser au contraire apparaître le vrai en elle, le bon comme le moins bon car c’est comme ça que sont les gens, mais surtout le spontané, tout ce qu’elle avait enfoui en elle et caché sous un masque lisse de perfection durant toute ces années.

Et à présent que je le voyais, bien qu’en connaissant les raisons et les sachant parfaitement légitimes, je ne pouvais m’empêcher de regretter qu’elle n’ait laissé apparaître plus tôt cette Ruby si humaine que j’avais sous les yeux. Peut-être, si elle avait déjà été comme ça à l’époque, ne nous serions pas disputées et aujourd’hui, il n’y aurait pas un trou d’un an dans notre amitié ? C’était une question à laquelle je n’aurais jamais de réponse. Mais j’aimais à penser que non, les choses auraient fini par éclater à un moment ou un autre, car c’est comme ça que ça devait être ; peut être devions nous nous séparer pour grandir chacune de notre côté et se retrouver, plus matures et bien dans nos peaux, à être de meilleures amies.

Car si Ruby avait changé, elle n’était pas la seule, et rien que le fait que je réalise la perte qu’avait été de passer cette année entière sans parler à mon amie d’enfance en était la preuve. Sans doute que même si la Serdaigle avait été celle qu’elle est aujourd’hui à l’époque, je n’aurais pas su l’apprécier non plus, car j’étais alors tout aussi immature et bloquée dans une carapace qu’elle, certes à l’opposé de la sienne, mais au final, ça revenait au même. Prétendre qu’on est parfait, ou qu’on est la pire personne au monde, ça ne faisait plus tellement de différences quand l’un comme l’autre sont faux.

Mais si j’avais regardé Ruby grandir et changer tout au long de l’année passée, je découvrais seulement maintenant l’un de ses côtés les plus sombres, puisque c’était un sur lequel elle n’avait aucune emprise. Je ne l’avais pas vue venir, cette dépendance à l’alcool qu’elle semblait avoir, mais alors vraiment pas. J’imaginais la petite fille blonde avec ses grands yeux bleus trop sombres pour une fille de son âge, mais souriante et attentionnée avec moi, et je la comparais avec l’adolescente, ou plutôt la jeune adulte qu’elle était en train de devenir, avec plein d’amis, des histoires et une dépendance à l’alcool, et je me demandais ce qui avait bien pu se passer. Pour autant, je n’étais pas sûre que la Ruby de cette époque était plus heureuse que la Ruby de maintenant ; devais-je pour autant en conclure qu’il n’y avait eu que du bon dans son évolution ?

Mais à la voir là, se montrant telle qu’elle est vraiment, fragile avec tous ses défauts et ses qualités d’être humain, sans chercher à dissimuler ni l’un ni l’autre, je n’arrivais pas à regretter la petite fille. Juste l’amitié que j’avais avec elle, cette amitié qui, s’en que je ne m’en rende vraiment compte, et sans que je n’arrive à me l’admettre surtout, avait été un manque cette année. Car c’était là la particularité de la relation que j’avais avec Ruby : elle me connaissait depuis si longtemps, et savait si bien comment je fonctionnais et ce qui le causait pour en avoir été témoin qu’il aurait été ridicule de jouer à être quelqu’un d’autre avec elle. Ce n’était pas comme avec Rita ou Caleb à qui je ne me verrais jamais faire la moindre preuve d’amitié car ça aurait paru déplacé ; avec la Serdaigle, je n’avais pas ce problème. C’était d’ailleurs  ce soir plus marqué que jamais, car je crois que peu de gens m’avaient vu m’ouvrir comme je le faisais avec Ruby, comme en cet instant même ; je ne me laissais aller à montrer ce qu’il y avait de fragile en moi à si peu de gens, deux en fait ; et elle en faisait partie. C’était quelque chose dont je ne savais pas si je serais un jour capable de faire avec d’autres personnes, tant la peur que ça se retourne ensuite contre moi était présente –mais pas avec Ruby.


- Merci, merci beaucoup, murmura-t-elle et un sourire se dessina sur ses lèvres.

Je lui rendis un petit sourire timide, pas tant pour ces derniers mots qu’en référence à la pression amicale de sa main sur la mienne un instant plus tôt. J’imaginais un instant quelque chose pareil avec Rita par exemple, et ça me semblait risible ; mais avec Ruby, tout ça tombait sous le sens et me réchauffait le cœur. C’était inexplicable et totalement bizarre, mais indéniable.


- Oui, j’en ai parlé. Tu te doutes bien qu’il m’a fallu un temps fou pour admettre que j’avais un problème, -j’eus un demi sourire à ces mots, car ça ne m’étonnait en effet pas du tout d’elle- et pour en parler, encore plus…  Tu sais, je crois que la rupture est un déclencheur, mais je n’ai pas bu que pour l’oublier lui, j’ai bu pour oublier tous les problèmes que j’accumulais depuis mes six ans et que je n’ai jamais voulu affronter.

Je hochais la tête, sachant parfaitement à quoi elle faisait allusion mais je n’avais pas la force d’en parler –et je crois que ça n’était pas ce qu’elle voulait non plus. A vrai dire, je n’avais pas l’impression que ça attendait une réponse, juste une présence, et c’était tant mieux car je n’étais pas très douée avec les mots, mais si je pouvais bien faire quelque chose, c’était lui montrer que je l’écoutais –et que j’étais là pour elle, moi aussi, à présent. Alors je ne baissais pas les yeux comme je l’avais toujours fait, je les gardais au contraire fixés dans les siens dans lesquels les étoiles qui recouvraient le ciel ce soir se reflétaient, et décidais de ne plus les baisser –Ruby avait fait face à son passé, suffisamment apparemment pour l’évoquer à présent, alors à moi d’être à la hauteur et de soutenir son regard, même si j’étais mal à l’aise, même si ça me rendait triste pour elle.

- Lizlor le sait, et… Ewan.

Ewan ? Nom inconnu jusque là. Je lui adressais un regard interrogateur, sentant un petit sourire se dessiner sur mes lèvres, et s’agrandir en voyant ses joues s’empourprer.

- Mon petit-ami, ajouta-t-elle, confirmant ce que ses joues rouges avaient déjà avoué pour elle. Et j’aimerais bien qu’ils soient fiers de moi.

Je la fixais quelques instants, sans retenir le sourire qui s’était emparé de mon visage –qu’est ce que c’était étrange de découvrir cet autre côté de la Serdaigle, ce côté incertain qui ne veut pas décevoir les autres. Et, même si ça n’était pas un gros choc, d’apprendre qu’elle avait de nouveau un petit ami, et qu’elle s’était donc remis d’Hadrian aussi. Ça faisait beaucoup d’information en une soirée, et je savais que ce soir encore en rentrant j’allais y repenser et tout ressasser dans ma tête encore et encore. Une chose était sûre, ça me faisait plaisir de la voir comme ça, et c’était quelque chose d’assez étrange pour moi qui n’étais pas quelqu’un de spécialement empathique. Mais encore une fois, Ruby et moi étions connectées depuis si longtemps que quelque part, ça ne devait pas être aussi étrange que la voir heureuse me fasse plaisir.

-Mais tu n’as pas bu ce soir, n’est-ce pas ? Tu aurais pu, tu avais la bouteille et personne ne t’aurais rien demandé, en pleine fête, et pourtant tu n’as pas bu. Ils ont toutes les raisons d’être fiers de toi, répondis-je avec une sorte d’assurance qui m’étonna moi-même.

C’était vrai ; je ne savais pas du tout si, dans la même situation, j’aurais pu résister à la tentation, moi qui cédais si facilement et qui avait tant de mal à m’obliger à faire ce que je ne voulais pas. Peut être que c’était pour ça que les dépendances, de quelques natures qu’elles soient, m’avaient toujours fait peur ; pourtant, j’avais cédé à l’une d’entre elle, la pire peut-être, puisqu’elle était aussi imprévisible qu’agréable : la dépendance d’une autre personne.


- Je sais que je l’ai déjà dit, mais je suis désolée, je suis vraiment désolée pour… Tout ce que j’ai dit, et tu avais raison sur mon compte, je l’ai toujours su mais j’avais du mal à l’admettre.

Je relevais les yeux que j’avais inconsciemment baissés en pensant à Theo.

-Arrête, la coupais-je tout net. Tu avais tout autant raison pour moi, et puis c’est moi qui ai commencé la dispute et… on devrait laisser tout ça derrière nous. Une bonne fois pour toutes.

Je ne sais pas si c’est la perspective de laisser le passé s’en aller, ou simplement l’impression que cette fois ça n’était pas que des mots, mais un nouveau sourire, un sourire rêveur se dessina sur mes lèvres en même temps qu’un poids s’envolait de mes épaules ; un poids qui était là depuis si longtemps qu’il avait même commencé à faire partie de moi, mais à présent, je me sentais légère, si légère.


- Je t’ai aperçu plusieurs à Pré-au-Lard, demanda-t-elle tout d’un coup. Tu… Tu vois quelqu’un ?

Je rougis à mon tour tout en me maudissant –c’était débile, complètement débile, car moi je ne sortais avec lui, mais sa question m’avait déstabilisée, et l’idée qu’elle puisse m’imaginer avec quelqu’un, l’idée qu’elle sous-entende, bien que involontairement que j’étais avec Theo me mettait si mal à l’aise et à la fois, je sentis l’habituelle chaleur se répandre en moi, comme à chaque fois que le barman intervenait dans mon esprit. J’eus d’abord eu le réflexe de mentir, de prétexter y aller avec Rita ou Daphne ; et puis, la simple question « Pour quoi faire ? » s’imposa dans mon esprit, et pris le dessus. Ça ne servait à rien de mentir à Ruby, et en plus, elle, venait de s’ouvrir à moi ; je me devais bien de faire la même chose.

- Oh, non, c’est juste que… Il y a le barman des Trois Balais qui… Enfin… Il est… Tu sais… On… Je l’aime bien, réussis-je finalement à dire. Plus que bien, en fait… Sinon hum, ça fait longtemps Ewan et toi ?

J’avais décidément du perdre toute crédibilité et virer au rouge tomate, mais surtout, je venais de réaliser le changement de sujet le plus pathétique et indiscret de toute l’histoire des changements de sujets ; mais ça n’était pas grave, pourtant, je ne me sentais pas stupide, ni lourde, et n’avait pas peur : c’était Ruby, après tout.

Je relevais les yeux vers le ciel d'été étoilé et pensais que décidément, c’était une belle soirée.

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