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~ A wound unmended. [PV T.]

 
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 ~ A wound unmended. [PV T.]

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Ruby Standiford-Wayland
Apprentie à Sainte Mangouste



Féminin
Nombre de messages : 2172
Localisation : Cachée.
Date d'inscription : 03/09/2011

Feuille de personnage
Particularités: « and from the rain comes a river running wild that will create an empire for you. »
Ami(e)s: Lizlor; « Maybe home is nothing but two arms holding you tight when you’re at your worst. »
Âme soeur: « Lover, when you don't lay with me I'm a huntress for a husband lost at sea. »

MessageSujet: ~ A wound unmended. [PV T.]   Lun 8 Juil - 20:51

Closure

Like time suspended,
a wound unmended -
you and I.

We had no ending,
no said goodbye;

For all my life,
I'll wonder why.

Lang Leav







Comme avant chaque vacance, je préparais ma valise minutieusement. C'était toujours l'occasion de faire un tri dans mes affaires, de ranger un peu plus si c'était possible, de réorganiser. Celles d'avril arrivant à grand pas, j'avais déjà commencé dans l'un de mes carnets la liste de ce que je devais prendre ou faire avant de partir, d'autant que je ne prévoyais pas de revenir à Poudlard, bien que la proximité entre le château et Pré-au-Lard me l'aurait permis. Car si je passais la première semaine avec Lizlor dans le Kant, comme nous le faisions maintenant habituellement, le programme était un peu différent : j'allais passer quelques jours, la deuxième semaine, chez Ewan. Il me l'avait proposé avant-hier, et j'en avais encore le cœur qui tambourinait. J'avais espéré secrètement qu'il ait eu envie de me voir durant les deux semaines, et il avait fait tellement mieux, tellement plus, en m'invitant à passer du temps avec lui, rien qu'avec lui, chez lui. J'imaginais déjà chaque instant que nous pourrions passer ensemble, et j'en avais le sourire aux lèvres instantanément. Que pouvais-je vouloir de plus? J'avais la première semaine chez les Wayland, et cette habitude de les fréquenter me donnait l'impression d'avoir un réel foyer, et j'étais toujours impatiente d'être avec ma meilleure amie et d'avoir à nouveau nos journées sous le soleil clair et sec du Kent qui nous permettaient de se balader en vélo, de goûter sur la terrasse et de nous faufiler tard le soir pour fumer une cigarette dans le jardin. Je sentais déjà le goût de la liberté entre mes lèvres. De plus, j'avais aussi prévu de faire un arrêt à Londres pour voir Daniel qui m'avait écrit - je n'avais pas oublié notre soirée, mais j'avais été surprise d'avoir de ses nouvelles, je l'avoue. Et puis, même si je n'étais pas pressée de quitter les Wayland, mon cœur avait un sursaut lorsqu'il pensait à la suite, à ma semaine avec Ewan.

Bien que, d'une certaine manière, l'appréhension était présente, comme toujours avec Ewan... C'était stupide, mais je craignais tout, surtout moi-même, et ma relation avec le jeune homme n'y échappait pas. Pourtant, dès que j'étais avec lui, tout s'envolait et je n'avais plus de craintes ou de doutes. Mais je ne savais ôter la pression dans ma poitrine qui pesait avant que je toque à sa porte, ou que j'arrive à la tête de sanglier, comme si j'avais peur de découvrir quelque chose, de voir qu'il avait changé d'avis, ou n'importe quoi... C'était stupide, je le savais, d'autant qu'il m'aidait à lutter contre tous mes démons - j'arrivais même à résister toute une soirée dans le bar sans trop de mal - mais j'avais peur qu'un jour il en soit fatigué. Alors une semaine avec lui... Et si ça ne lui allait pas? Être une journée avec quelqu'un était différent que de passer une semaine avec, d'autant que j'étais consciente que je ne pourrais pas être sur mes gardes pendant tout ce temps. J'étais aussi humaine, le matin j'avais une sale tête, j'étais de mauvaise humeur quand je ratais le repas et j'avais une tendance à la maniaquerie qui rendait toute collocation plus difficile. Je ne voulais pas que tout cela gâche mes instants avec Ewan, mais à la fois, je ne pouvais pas entièrement lutter contre moi même. Je devais simplement espérer que ce «moi-même» plaise assez à la personne que j'aimais.

D'ailleurs, ce «moi-même» devait aussi être rangé avant de partir en vacances. J'avais une liste dans l'un de mes carnets bleus, à côté de celle «Affaires pour chez Liz» et celle «Affaires pour chez Ewan», intitulée «A faire». C'était tout un programme, et elle était remplie de choses diverses et variées. Rendre le devoir à Nakamura sur le philtre de paix. Voir Aria pour lui proposer d'aller à la bibliothèque avant de partir et de prendre le thé dans le parc, puisque la météo le permettait. Récupérer mon tee-shirt que Lizlor a emprunté il y a deux mois, parce qu'il lui allait bien mais que je le voulais pour l'arrivée du printemps. Demander à Haley son exemplaire de «Propriétés des plantes aquatiques» - j'avais barré ça, et j'avais noté Scott, puisque depuis leur rupture et ma discussion avec le jeune homme qui nous avait rapproché, Haley me fuyait comme elle fuyait tout le monde de toute façon. S'en suivait pleins de petites notes et rappels, certains barrés lorsque je l'avais fait, d'autres parce que j'avais changé d'avis. Par exemple, j'avais voulu acheter un livre sur les potions qui permettaient de lutter contre les addictions, Liz m'en avait parlé, mais je m'étais ravisée. D'un côté, je voulais m'en sortir seule, de l'autre, j'avais peur d'admettre mon problème aussi ouvertement - même si je doutais que le libraire s'en doute - d'autant qu'Ewan aurait compris à quoi servaient les ingrédients que je lui aurais acheté ou emprunté. Et... Et je ne voulais pas devenir accro à ce genre de potions. J'étais adepte de la méthode dure, le sevrage net, de toute évidence.

Et puis dans la liste, il y avait «Parler à Taylord». J'avais raturé la phrase, je l'avais réécrite, barrée à nouveau, sans jamais réussir à me décider. J'étais partagée... Depuis cette soirée avec Chuck, j'avais senti une horrible culpabilité, mais elle avait ouvert le début de mes soirées et bientôt mes journées les plus noires, et comme je m'enfermais de plus en plus sur moi-même, loin des autres, je n'avais pas cherché à aller vers la Gryffondor. De toute façon, je me disais qu'elle ne devait pas savoir, et que ce n'était pas la peine d'enfoncer la situation déjà complexe avec Chuck. Puis... Puis ils s'étaient remis ensemble, et un jour, j'avais capté le regard inquisiteur de Taylord sur moi. J'avais alors compris qu'elle devait savoir, mais ça ne m'avait pas fait bougée pour autant, comme si la honte me gluait sur place. Que lui dire, de toute manière? Que j'avais eu une sale période? Elle le savait, elle devait l'avoir vu ou n'avait pas pu échapper aux rumeurs, de toute façon. Qu'elle le sache, peu importe, ça ne changeait pas ce que j'avais fais et qui me rongeais. Il n'y avait pas d'excuses, je n'en cherchais pas. Je ne savais pas encore comment demander pardon, si je le méritais en plus. Pourquoi aller vers cette fille que j'avais trahie puis abandonnée lorsque j'avais chuté?

Peut-être parce qu'au départ, nous étions amies. Pas celles qui rient dans les couloirs et s'amusent en cours. C'était plus spécial, plus insaisissable. Elle était cette fille à la dérive lorsque je m'étais laissé emporter, au tout début, au commencement de la fin de ma relation avec Hadrian. Derrière sa douleur, j'avais trouvé quelque chose de similaire entre elle et moi. Peut-être parce qu'elle avait perdu sa famille aussi, dans des circonstances bien différentes, et le lien qui l'unissait à elle n'avait rien à voir avec ceux brisés et abîmés que j'entretenais avec la mienne, de famille, si je pouvais la qualifier ainsi. Mais malgré son caractère rugissant, elle avait quelque chose de plus vulnérable qui était beau parce qu'il était humain, et j'appréciais cette part d'elle. Je n'avais pas oublié nos quelques déjeuners ensemble, mes tentatives pour l'atteindre lorsqu'elle se perdait dans ses peines. Et maintenant, les choses étaient encore différentes. J'étais amie avec Chuck, encore une fois notre relation ne pouvait s'appliquer à une définition, mais nous avions en tout cas une certaine affection l'un envers l'autre. C'était une raison de plus pour vouloir rétablir la situation avec Taylord, car je ne voulais pas qu'elle se sente en danger face à moi. Je voulais qu'elle comprenne que je regrettais ce qui c'était passé, non seulement parce que je savais qu'elle l'aimait, mais aussi parce que ça ne me ressemblait pas de faire ça ainsi. Mais je ne voulais pas rattraper mon image, je voulais simplement m'excuser, qu'elle me pardonne ou non. J'avais peur, peur de son regard qui allait me juger, des souvenirs et de la honte qui allaient remonter lorsque j'allais évoquer à nouveau ce que j'avais fait. Je n'avais pas osé demander conseil à Chuck, je ne voulais pas qu'il ait quelque chose à cacher à Tay. C'était mon problème, pas le sien, de toute façon... Je m’étais simplement renseignée, apprenant que le Gryffondor allait à l’infirmerie les mercredis vers 18h, et avait décidé de l’attendre ce soir. Alors que mon cœur battait, je réfléchissais silencieusement à samedi, à mon départ dans le Kent, et pendant un moment, j’en oubliais presque ce que je faisais devant l’infirmerie – jusqu’à que la porte s’ouvre et que je reconnaisse le visage familier de Taylord.


- Taylord… Murmurai-je, et ma voix se perdit dans ma gorge. Je pris une grande inspiration, osant la regarder. Excuse-moi, je voudrais te parler, je sentais qu’elle allait couper court, alors je décidai d’enchaîner rapidement, juste une minute.

Je lui fis signe de se décaler un peu, pour que nous ne restions pas face à l’infirmerie, et je la laissai s’appuyer contre un mur tandis que je tordais nerveusement mes doigts. Je n’avais pas de temps à perdre, je le savais, et je relevai mon visage vers le sien, lui faisant face avec le peu de courage qu’il me restait.

- Je suis désolé pour ce que j’ai fait avec Chuck. Je le regrette, vraiment. Je ne te demande pas de me pardonner, de m’excuser ou de me comprendre, mais je voulais juste que tu saches que vraiment… Vraiment, je regrette, répétai-je maladroitement.

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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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MessageSujet: Re: ~ A wound unmended. [PV T.]   Mer 17 Juil - 21:28

Ces soirs-là, je me rendais à l’infirmerie à reculons. Pourtant, telles étaient les conditions – pour avoir le droit de partir, il fallait revenir, et c’est vrai que début, j’avais dit oui oui, sans réfléchir, qu’on pourrait toujours le remettre à demain et que Pomfresh avait d’autres chats à fouetter que de s’occuper de moi. Manque de pot, elle avait une mémoire d’éléphant, et ce n’était pas la seule – suive mon regard – donc j’avais dû me plier aux règles imposées. J’avais compris que c’était nécessaire – et ça m’avait d’autant plus agacée – parc qu’au fond, je savais très bien, puisque je n’avais pas encore ni tout à fait la force, ni tout à fait l’énergie d’assurer que tout allait bien, parce que si le pic de la maladie était passé, elle restait là, en surface, elle planait, et si tous les autres jours ça allait à peu près et je faisais en sorte de l’oublier, j’étais plus maussade, lorsqu’il fallait exécuter les contrôles régulier de Pomfresh qui assurait que ça allait mieux mais qui était incapable de me dire vraiment quand il y aurait de véritables progrès, parce que ça dépendant de un, des personnes, mais aussi de moi et que ce n’était en faisant mille choses à la fois sans me reposer que j’allais sentir du changement.

Et puis il y avait l’après, le moment où je regagnais la sortie et franchissant le seuil de la porte en me disant que j’étais tranquille jusqu’à la prochaine fois, qui j’espérais viendrait le plus tardivement possible – ce n’était pas la torture, mais je n’avais jamais été vraiment une super adepte de ces endroits aseptisés. Même s’il n’était pas tôt, il n’était pas tard non plus, et ça laissait plein de perspectives pour la soirée à venir, en plus je n’avais jamais trop envie de me mettre au travail après mes petites visites de routines, mais heureusement, il restait d’autres choses à faire et pas des moindres, comme…

Je me figeai une seconde en découvrant qui se trouvait derrière la porte après l’avoir ouverte, à cause de la surprise et d’une légère hésitation peut-être, mais il m’en fallut moins d’une de plus pour réagir – je ne savais pas ce que faisait Ruby ici, mais là où je n’avais pas de doutes, c’était que ça me faisait une belle jambe. De toute façon, ce n’était plus mes affaires, depuis le jour où elle l’avait décidé.


- Taylord…

Bon il fallait quand même bien admettre que c’était pas trop mon truc de snober les gens pour le bon plaisir de les snober, surtout quand quelque chose n’allait pas, et c’était clair que c’était une position que j’aurais largement préféré éviter, parce qu’après je n’étais plus en paix avec moi-même et mes convictions auxquelles ça ne me plaisait pas de déroger. J’aurais préféré qu’elle se taise, qu’elle garde le regard bien droit devant elle sans me dévisager, et ça aurait été plus simple.

- Excuse-moi, je voudrais te parler, ce fut à mon tour de la fixer, les sourcils légèrement froncés de comprendre que visiblement si elle attendait devant l’infirmerie, c’était pour moi. Avant que je ne puisse amorcer quoi que ce soit, c’est-à-dire le départ parce que ma décision était prise, elle rajouta : juste une minute.

J’eus un soupir d’exaspération – et de lassitude aussi – pour bien lui montrer que je ne comptais pas lui faciliter la tâche, parce qu’on savait toutes les deux pourquoi elle était ici, et que toutes les résolutions que j’avais prises à son sujet… maintenant, si elle décidait de les envoyer péter, c’était son problème, parce qu’autant le dire tout de suite, je ne comptais pas m’y tenir. Mon cœur s’accéléra comme à chaque fois qu’il se trouvait dans une position délicate, à la fois parce qu’il ne voulait pas que ce qu’il arrivait arrive, mais en même temps, parce qu’il n’attendait que ça : les choses allaient être claires enfin, et ça n’allait plus être ce vieux truc vicieux qui me déglinguaient les entrailles de pleins d’émotions contradictoires là aussi. Il était temps de passer à autre chose. Il battait plus fort.

Nonchalamment, je bloquai mon dos contre le mur, en croisant mes bras contre ma poitrine. Je ne la regardais pas plus que ça, la mâchoire serrée, mais j’étais prête à l’écouter, qu’elle parle, que je lui dise ce que j’en pensais de tout ça, et qu’on en finisse.


- Je suis désolé pour ce que j’ai fait avec Chuck. Je le regrette, vraiment. Je ne te demande pas de me pardonner, de m’excuser ou de me comprendre, mais je voulais juste que tu saches que vraiment… Vraiment, je regrette.

J’avais voulu faire celle qui n’en avait rien à foutre, mais il me suffit seulement d’entendre les faits pour ressentir une piqûre vive dans le bas du dos, comme celle d’une guêpe, pour me redresser, comme si on me tirait vers le haut avec des ficelles, avec une rage et une force insoupçonnées. Comme je tenais toujours mes bras, mes ongles s’enfoncèrent légèrement dans la peau. C’était encore pire que ce que j’avais imaginé, parce qu’évidemment, cette confrontation, j’y avais déjà pensé, et pas qu’une fois, avant de me décider sur quelle attitude adopter vis-à-vis de ça – au lieu de m’expliquer ce qui c’était vraiment passé, elle parlait comme si j’étais déjà au courant et d’accord, c’était le cas, mais ça voulait dire qu’elle était passée par Chuck avant, ça ne pouvait être que ça. Je commençais à bien connaître ce sentiment maintenant, parce que de plus en plus souvent, il venait se coller dans les parois de ma gorge, sans mon autorisation, malgré tous mes efforts pour le faire disparaître : la jalousie. La jalousie de se dire qu’ils s’étaient vus – encore – durant ce laps de temps, qu’ils avaient passé du temps ensemble… Franchement, si j’avais réclamé à Chuck  des explications parce que ça me rendait malade de ne pas savoir, je préférais autant ne pas être au courant de quand et de si ils se fréquentaient toujours et ça faisait comme une sensation de vertiges qui partait de l’estomac pour remonter tout au bout de la gorge. Plus encore quand je me disais qu’elle n’était pas partagée. Que je me sentais seule à me dépatouiller dans mes sentiments que je n’arrivais pas à contrôler parce qu’ils dépassaient tout, et que Chuck ne réagissait pas comme ça en ce qui me concernait.  

- Ouais, super, c’est bon, maint’nant j’sais, lâchai-je tout à coup et ma voix se répercuta dans le couloir qui était redevenu silencieux. Franchement, j’avais qu’une envie, celle de me tirer et de la planter là, parce que je savais très bien que j’étais à deux doigts de lui dire ses quatre vérités et que ça déclencherait pour de bon les hostilités. Est-ce que j’en avais envie ? Je n’avais aucune envie de l’aider à se sentir mieux, de la déculpabiliser pour ce qu’elle avait fait aussi.

D’abord, je n’avais pas compris, ensuite j’avais beaucoup réfléchis pour bien prendre le temps de peser le pour et le contre, ressassant malgré moi cette aigreur, et tout en sachant qu’elle et moi n’avons jamais fait bon ménage parce que plus je la laissais mijoter, plus elle était intense. Non franchement, souvent je me l’étais posée la question, de Ruby, qui du jour en lendemain, vraiment avait cessé de m’adresser la parole – et je savais reconnaître quelqu’un qui ne vous voyait vraiment pas dans les couloirs de quelqu’un qui fait EXPRES de ne pas vous voir dans les couloirs. A ce moment-là, j’avais très vite abandonné et j’avais laissé faire sans trop réagir, parce que de toute façon, c’était l’époque où j’abandonnais à peu près tout. J’avais pensé fait une erreur, j’avais un peu regretté aussi, parce que ce soir-là un peu bizarre où nous nous étions retrouvées dans la cabane hurlante, j’avais senti cette alliée, qui avait des problèmes elle aussi, qui n’allait pas bien et que je ne pouvais pas aider – mais qui me faisait me sentir un peu moins mal. Je n’avais jamais su de quoi retournait ce soudain revirement, mais ensuite les semaines avaient passé, j’étais passé par un autre état d’esprit, en me disant que puisque c’était comme ça, soit, c’était comme, c’était chiant et ça faisait chier mais bon, je m’étais bornée à ma dire que si elle ne disait rien, c’était qu’elle ne voulait rien dire et qu’elle, elle était passée à autre chose ? Ça m’avait un peu vexée bien sûr, mais comme j’avais d’autres histoires à gérer aussi, j’avais relégué celle-là au second plan. Elle ne voulait pas de moi, j’étais pas assez bien, trop dérangée aussi peut être ? Elle m’avait fait arriver à ses conclusions. Très bien qu’elle le pense, parce que je n’avais plus envie d’arranger quoi que ce soit. Et ensuite, bien plus tard, j’avais appris de quoi il retournait vraiment, et la donne avait changé. Je n’en avais pas touché un mot à Chuck, parce que de toute façon tout ce que je ressentais à propos de ça, j’avais capté qu’il s’en fichait pas mal puisqu’il était passé à autre chose. Mais en attendant je m’étais sentie tellement nulle, idiote et ridicule, quand je me souvenais tout ce que j’avais confié à Ruby cette nuit des mois avant, mes paroles, la photo… mais qu’elle qui avait été à mes côtés, qu’est-ce que ça lui avait fait ? Elle avait bien dû trouver ça risible, en tout cas, ça ne l’avait pas gênée pour la suite, que pendant que je broyais du noir dans mon coin, ils s’amusaient bien tranquillement en songeant que justement, je devais bien être dans mon coin à broyer du noir, et je me sentais bête, mais tellement bête et conne et vulnérable…

Maintenant tu fermes ta gueule Taylord et tu te casses.
Mais il y avait tous ces trucs auxquels je pensais et qui criaient de plus en plus fort…

- Mais c’est pas grave, parce que tu devais sûrement avoir une bonne raison, ironisai-je, et je ne la lâchai plus des yeux. Y’en a toujours hein ? Mais tu sais, continuai-je sèchement, parce que j’étais lancée et les mots ne pouvaient plus se retenir parce qu’ils savaient exactement ce qu’ils devaient faire, tu pouvais l’dire dès le début aussi que t’en avais un peu rien à foutre de mes histoires parce que t’avais tes petits projets ! Je pouvais pas encaisser, c’est ça ? Ça va, ça t’as bien faire marrer d’ailleurs ?! Parce que tu peux l’dire, y’a plus d’problèmes. Ta pitié, ta pseudo compassion et compréhension, franchement tu pouvais t’la garder, et là aussi, et dire c’que tu pensais. J’suis pas fragile, okay ?! assenai-je d’un ton qui lui interdisait clairement de penser le contraire.

Je mordis ma lèvre inférieure avec énervement pour retenir toute cette rancœur que j’avais accumulé- j’en voulais pas de cette dispute de merde, mais en même temps elle était en train de me libérer. Je donnai un coup de talon dans le mur derrière moi.
J’aurais aimé que tout se passe autrement.

_________________
"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: ~ A wound unmended. [PV T.]   Mer 21 Aoû - 23:50

Je n’avais jamais été douée pour les confrontations. Pour les accepter, il fallait reconnaître ses erreurs, les reconnaître ouvertement… Et moi, je connaissais mes erreurs. J’étais empreinte d’elle, je les sentais dans mes moindres gestes et actions, je vivais avec elles ancrées en moi. La culpabilité était comme une part de moi, inhérente, et si j’avais appris à me défaire de la première, de la plus profonde, celle liée à l’incident, il n’en restait pas moins que de nouvelles s’ajoutaient. Mais je l’acceptais, je préférais reconnaître les faits : je n’étais pas quelqu’un de bien. Je savais que Lizlor se serait insurgée si je lui avais dit une telle chose, mais c’était la vérité, et si elle m’aimait assez pour la masquer, alors… J’étais comme tout le monde cependant, je savais qu’il n’y avait pas que du noir, ni que du blanc, et j’avais un peu de chaque couleur en moi. Mais dès le début, le plus jeune âge, mon blanc à moi, on l’avait tâché. La pureté, l’innocence, c’était des choses que l’on m’avait enlevé et leur absence marquait durablement. Je savais qu’à cause de ça, j’étais différente, et pas dans le bon sens du concept. J’étais névrosée, voilà tout. Et le fait est que je ne voulais pas que les autres le sachent, et c’était pour cela que j’étais si mauvaise pour les explications. Je ne voulais pas révéler ce qu’il y avait caché derrière le masque…

Mais cela faisait un moment que ce masque n’existait plus, et que les autres en étaient conscients. Je n’étais plus la même depuis la rupture, et les gens pensaient sûrement que j’avais changé : en vérité, je m’étais plutôt dévoilée. La Ruby fragile que j’étais réellement n’était plus un secret pour personne, et je riais jaune à l’idée qu’au fond, ils ne devinaient pas la moitié de la réalité. Le Daily avait percé à jour quelques secrets, mais ce n’était que la surface de l’iceberg. Je ne savais pas, d’ailleurs, si j’aurais dû être soulagée de cette nouvelle situation, puisqu’honnêtement, j’étais fatiguée de jouer à la poupée blonde et parfaite. Mais je ne savais plus trop être quelqu’un d’autre… En regardant Taylord, je songeais qu’elle, elle avait vu une partie de moi. Dans la cabane hurlante, au milieu de la fumée de nos joints et de la poussière qui s’incrustait trop sur ma peau, j’avais été moi-même. L’alcool, sûrement, mais aussi ce trop-plein en moi que je ne pouvais plus contenir, m’avaient aidé à déverser tout ce que je ressentais. J’avais eu confiance en Taylord, je n’avais pas eu honte de lui avouer ce qui se cachait sous tous ces sourires que je forçais. Et elle avait de même.


- Ouais, super, c’est bon, maint’nant j’sais.

Mais maintenant, tout était brisé.

Que devais-je dire ? En vrai, je ne voulais pas partir, parce que je ne voulais pas laisser Taylord croire des choses fausses et… Et au fond, je l’avais toujours apprécié, et maintenant que Lizlor et elle s’entendaient bien, c’était encore plus désagréable de me dire que j’avais tout fait raté. Ce n’était pas seulement Chuck, j’avais consciencieusement évitée la jeune fille, comme j’avais évité tout le monde, car je n’allais pas bien et je ne le supportais pas. Mais ce qui me peinait, c’est que Taylord avait connu ce sentiment, ce passage, elle aussi elle s’était repliée sur elle-même, et j’aurais voulu qu’elle comprenne que j’avais eu besoin de temps… Mais ça, et Chuck, c’était deux erreurs, deux de trop. Parfois, quand je réfléchissais un peu trop le soir avant de me coucher, je me demandais si moi je lui manquais, puisque nous avions toujours eu une relation étrange, ou si elle était heureuse d’avoir sortie une telle névrosée de son entourage. Une part de moi me dictait toujours de m’écarter des autres, que c’était mieux pour eux, mais je savais que le cas de la Gryffondor serait différent. Elle souffrait de ce qu’elle croyait vrai, mais ne l’était pas : Chuck et moi, il n’y avait rien, il n’y aurait jamais rien.

Au fond, peut-être que j’avais tort. Peut-être que je voulais que Taylord me pardonne, car moi, j’étais incapable de le faire.


- Mais c’est pas grave, parce que tu devais sûrement avoir une bonne raison. Y’en a toujours hein ? Mais tu sais, tu pouvais l’dire dès le début aussi que t’en avais un peu rien à foutre de mes histoires parce que t’avais tes petits projets ! Je pouvais pas encaisser, c’est ça ? Ça va, ça t’as bien faire marrer d’ailleurs ?! Parce que tu peux l’dire, y’a plus d’problèmes. Ta pitié, ta pseudo compassion et compréhension, franchement tu pouvais t’la garder, et là aussi, et dire c’que tu pensais. J’suis pas fragile, okay ?!

Chaque mot claquait et me brûlait. Je restais debout, immobile, sentant mes jambes se dérober, mais j’étais figée. A l’intérieur, un immense trou commençait à se former et à me dévorer. Plusieurs émotions me traversèrent, la peine, la colère, l’incompréhension, j’eus envie de partir, de pleurer, de boire, mais aucune ne fut plus forte qu’une autre et ne s’exprima. J’étais amorphe. Je clignais plusieurs fois des yeux, fixant toujours la jeune fille, sans trouver quoi dire. Petit à petit, mon cerveau faisait le tri dans ce qu’elle venait de dire, et je compris pourquoi cela m’avait blessé : elle me prenait pour quelqu’un que je n’étais pas. Elle a qui je m’étais ouverte, plus qu’à la plus part de mon entourage, elle qui avait deviné dans mes silences et mes larmes que je cachais beaucoup plus que je voulais l’admettre. Et maintenant, à travers ses yeux, je n’étais qu’une profiteuse qui avait toujours eu des vues sur le garçon qu’elle aimait, qui ne l’avait jamais réellement écouté ni apprécié… « Pseudo compassion ». Taylord me trouvait donc fausse ?... Toute cette armure que j’avais construite, cette protection derrière ce sourire, voilà qu’une nouvelle fois, on venait me le reprocher. Je pouvais le comprendre, c’était une erreur de plus, mais venant d’une des rares personnes en qui j’avais voulu avoir confiance…

Mais c’était ma faute, n’est-ce pas ?

J’aurais voulu être Liz dans cet instant, ou l’avoir à mes côtés, qu’elle me dise quoi faire, comment réagir. J’aurais voulu qu’elle me dise que ce n’était pas totalement ma faute, que je devais me défendre, m’expliquer. Les raisons ? Bien sûr qu’il y avait des raisons, mais elles n’étaient pas des excuses… Je finis par bouger légèrement, comme si je reprenais vie, et je me décidais enfin à répliquer. Je n’avais aucune idée d’où cela allait me mener, mais je ne pouvais pas abandonner. Pourquoi luttais-je ? Pour mon amitié avec la Gryffondor, pour mon image, pour ses peines, pour les miennes ? Peut-être tout à la fois, je l’ignorais, mais quelque chose en moi me demandait, me poussait à continuer. Ne pas abandonner, moi qui l’avais toujours un peu fait, et regretté à chaque fois. Mais pouvais-je me défendre, quand moi-même je me sentais coupable ?


- Je pensais ce que je disais, je ne suis pas une menteuse, pas avec toi, en tout cas, souffla une voix en moi. Je me raclais la gorge, comme pour me donner du temps et de la force. Je n’ai jamais voulu coucher avec Chuck, et que tu sois mon amie ou non, je l’aurais regretté. J’aurais regretté de coucher avec n’importe qui, j’ai fait une connerie, je le sais. Alors non, ça ne me fait pas et ne m’a jamais fait marrer… Ajoutai-je à voix plus basse, plus pour moi que pour elle.

Pouvait-elle le comprendre ? Elle était rancunière, je le savais, mais cette connexion que j’avais senti avec elle, cette impression que nous pouvions sentir la peine de l’autre parce que nous étions toutes les deux un peu cabossées par la vie… Cette connexion, avait-elle disparu ? L’avais-je fais disparaitre ?

Je ne voulais pas, moi, qu’elle disparaisse.


- Ecoute, je ne suis pas là pour apaiser ma conscience, mais la tienne. Si ce n’est pas pour nous deux… Je marquai une pause malgré moi – moi, je ne voulais pas que notre amitié s’achève, mais il fallait croire que je n’avais pas le choix. C’est au moins pour ta relation avec Chuck, parce que je ne veux pas que tu crois quelque chose de faux. Je n’ai aucune attirance pour lui, ni lui pour moi. J’inspirai un grand coup, hésitant sur la suite de ma phrase. Ce que j’ai fait… Oui, bien sûr que j’ai mes raisons, mais ce ne sont pas des excuses, j’en ai conscience, et je sais que je t’ai blessée. Je… Je suppose que je ne peux pas me rattraper, mais je ne veux pas que tu penses que je m’en fiche de ça, de toi…

De nous, pensai-je, avant de réaliser amèrement que ce « nous » avait probablement disparu depuis longtemps.

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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: ~ A wound unmended. [PV T.]   Ven 6 Sep - 18:24

Est-ce que mes raisons de détester Ruby étaient valables ? Déjà, est-ce que c’était vraiment de la haine. Oui, la réponse était oui, parce que dans l’histoire, c’était moi qui n’avait rien à me reprocher et elle oui. Toutefois le constat restait ce qu’il était, parce que ce qui me faisait le plus de mal, c’était de me dire que… que non Ruby n’avait aucun comptes à me rendre, parce que ses choix étaient ce qu’ils étaient même si je ne les cautionnais pas, d’autant que ce qui s’était passé c’était produit alors que je n’avais même plus d’emprise sur Chuck, puisque nous n’étions plus ensemble – je pensais à Lilian, au même schéma qui était en train de se reproduire et de la rancœur que j’avais eu à son égard parce qu’elle m’avait jugé coupable de quelque chose que je n’avais pas fait. Est-ce que c’était pareil ici, sauf qu’à présent les places étaient échangées, comme un nouveau pied de nez finalement, pour prouver que quelque soit ma position, les emmerdes me suivraient toujours ? Je n’avais jamais trahie Lilian comme elle l’avait proclamé, je n’avais jamais non plus essayé de lui voler son mec ou quoi que ce soit, et pourtant c’était le même sentiment de trahison, en cet instant, qui m’habitait toute entière. J’avais révélé mes faiblesses à Ruby, choisissant de lui faire confiance pour je ne sais quelles raisons que je ne savais pas expliquer d’admettre ce que je n’avais admis à personne à part à Scarlett, comme si partager la douleur la rendait moins lourde à porter. Au lieu de ça, elle s’en était servie pour enfoncer un peu plus loin le couteau dans la plaie. Elle n’avait pas dit non, elle n’avait pas refusé, c’était ses responsabilités puisqu’on ne l’avait pas forcé.
Pourquoi est-ce que je me sentais aussi triste et en colère, alors que Ruby, cette nuit-là, ne m’avait jamais rien promis ?

Elle pouvait se rassurer si elle voulait – il n’y avait pas uniquement que vers elle que mon amertume était tournée, même si notre confrontation, pour le moment, était inévitable. C’était simple à chaque fois que je les imaginais tous les deux, c’était contre Ruby et Chuck que j’en voulais parce que tout ce qu’ils avaient fait, c’était de me mettre devant le fait accompli et de l’accepter. Sauf que je n’en avais aucune envie, même si je n’avais pas le choix, ça n’enlevait rien à la boule que j’avais au ventre, et aussi lorsque également, je me souvenais de la conversation que j’avais eu avec Chuck à ce sujet et comme ça avait mal tourné.

Mais le pire, c’était qu’il l’avait cru
elle, lorsque, en plus de tout, de tout, elle était allée lui apprendre le fond de ma pensée qu’elle avait complètement faussé avec ses spéculations et qu’elle s’était permise de dire ce que je pensais – et qui n’était pas vrai – à ma place. Il l’avait préféré elle, et les mensonges qu’elle avait raconté. Je campais sur mes positions, attendant sa contre attaque, avec la certitude, que quoi qu’elle dise ou qu’elle fasse, c’était inutile de toute façon, parce que je l’avais condamné d’avance.

- Je pensais ce que je disais, je ne suis pas une menteuse. Je n’ai jamais voulu coucher avec Chuck, et que tu sois mon amie ou non, je l’aurais regretté. J’aurais regretté de coucher avec n’importe qui, j’ai fait une connerie, je le sais. Alors non, ça ne me fait pas et ne m’a jamais fait marrer…

Cette manière qu’elle avait de passer pour une victime m’agaça un peu plus et j’avais juste envie de lui crier au visage d’assumer un peu, maintenant que c’était, que ce n’était pas non plus comme si elle ne s’était pas doutée des conséquences que ça aurait pu engendrer par la suite. D’accord, c’était parce qu’elle n’allait pas bien elle non plus. Et moi, est-ce que j’étais allée me jeter dans les bras de son ex dès que j’en avais eu l’opportunité, parce que j'étais triste ? Etre malheureuse était une chose okay, et je n’allais jamais la blâmer pour ça. Mais c’était pas une excuse. Moi dans ce cas, j’en avais juste marre de trouver des excuses à tout le monde, de pardonner tout le monde, d’essayer de me mettre à la place de tout le monde et de comprendre tout le monde. Qui l’avait fait pour moi ? C’était égoïste, mélago, tout ce qu’on voulait, et alors ? Est-ce que j’avais pas le droit de réclamer tout ce qu’on offrait aux autres moi aussi ? C’était peut-être pour ça que lorsque je regardais Ruby et son visage d’ange, j’étais incapable de lui trouver des circonstances atténuantes. Une fois que le geste était fait, on ne pouvait pas revenir en arrière. Chuck, c’était pareil. Et moi, en attendant, je restais là.
Et si un jour, je décidais de ne plus rester ?

- Super, t’es pas une menteuse, ironisai-je sans même me soucier de si j’allais la blesser ou  non, parce que puisqu’on parlait de regrets, je savais très bien que si je commençais à y penser, ça allait être à mon tour de regretter d’avoir cherché sciemment à la toucher.

Moi… je voulais juste que les gens que j’aimais prennent soin de moi comme j’essayais de prendre soin d’eux… Je voulais pas être mise à l’écart comme ils l’avaient fait… Alors s’ils ne le faisaient pas, pourquoi est-ce que je cherchais encore des raisons de le faire ?

- On va vérifier tout de suite si c’est vrai alors, poursuivis-je de la même façon, parce qu’elle ne pourrait pas reculer, puisqu’elle venait elle-même de se mettre au pied du mur. Et donc quand tu t’es amusée à raconter que j’insultais Chuck dans son dos, ça c’était pas un mensonge non plus ?! Non mais attends, non seulement je t’ai fait confiance, mais toi tu t’es permise de réinventer comme tu voulais, je sais même pas pourquoi d’ailleurs, pour avoir plus vite c’que tu cherchais ?!

Ça virait au discours d’épicière et je ne faisais rien pour l’arrêter, et ne cherchais même plus à tirer le vrai du faux dans ce qu’elle disait parce que j’avais peur de ses mots qui ressemblaient à des cadeaux empoisonnés tout juste bons à réparer les choses, mais en surface, une fois de plus et j’en pouvais plus de tous ces non-dits qui m’enfermait dans ce cercle de paranoïa dont j’essayais de m’échapper. D’accord avec Chuck on s’était détesté autant que l’inverse, mais comment est-ce qu’elle avait pu assurer que je le voyais comme le connard de service, quand ils étaient tous les deux bien au chaud l’un contre l’autre et que de mon côté, j’espérais… l’inespéré parce que Chuck donnait à une autre fille ce que j’aurais aimé qu’il donne à moi ?


- Ecoute, je ne suis pas là pour apaiser ma conscience, mais la tienne. Si ce n’est pas pour nous deux… C’est au moins pour ta relation avec Chuck, parce que je ne veux pas que tu crois quelque chose de faux. Je n’ai aucune attirance pour lui, ni lui pour moi. Ce que j’ai fait… Oui, bien sûr que j’ai mes raisons, mais ce ne sont pas des excuses, j’en ai conscience, et je sais que je t’ai blessée. Je… Je suppose que je ne peux pas me rattraper, mais je ne veux pas que tu penses que je m’en fiche de ça, de toi…

C’était quoi à la fin leur problème à tous ?! J’en avais franchement ras le bol qu’on me dise ce que je devais faire avec Chuck, ils voulaient le faire à ma place peut être ? On faisait comme on pouvait, voilà, et okay, c’était bien loin d’être parfait, mais en attendant même en ayant déjà vu mieux, il y avait aussi eu pire, alors merde à la fin, ça nous concernait tous les deux et le reste, ils avaient plus qu’à se démerder. Ce que je faisais et demandais avec Chuck ça me concernait moi toute seule, et c’était pareil, alors tant pis si ça plaisait pas !

- Wow, wow, non mais tu penses pas que t’en as assez fait jusque-là ?! C’est bon, merci, je passe mon tour, surtout que ça te préoccupait pas tant que ça avant, donc je préfère autant que tu me fasses croire que tu t’en soucis maintenant.

Je bondis sur mes talons avec souplesse, parce que j’étais restée contre le mur jusqu’à présent et fis quelques pas en avant pour me retrouver face à Ruby. Elle était plus grande que moi, mais je ne me sentais aucunement ridicule de devoir lever un peu la tête pour garder la connexion entre nos regards.

- Tu sais là où ça va vraiment pas Ruby ?! Okay, tu vas mal, ben je vais t’apprendre un truc, on va tous mal, peut-être pas au même moment, mais on l’est tous à un moment ou à un autre. La raison de mon mal à moi je te l’ai dit et le seul truc que t’as fait c’est te ruer sur la seule personne concernée, alors tu veux que je le prenne comment ?! Et moi je peux jamais rien faire, je suis toujours en train de subir, parce que de toute façon, ça se passe devant moi et je peux jamais, jamais, rien faire, alors je dois juste attendre que ça passe ou qu’on revienne vers moi ! Et dans tout ça, quand est-ce que j’ai le droit de décider ? J’t’aurais pas laissé tomber tu vois. Mais ça t’as pas voulu le savoir, tu m’as pas laissé le temps de le montrer. Je haussai les épaules. Alors, tant pis, qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Ça changera rien maintenant. Mais bon qu’est-ce que ça peut foutre, j’ai rien à dire de toute façon, ça me regarde pas c’était pas mon copain avant. Alors je ferme ma gueule, mais vient pas me parler pour que ça fasse de la merde encore plus, parce que y’a rien à faire ! Rien.

Taylord est si gentille, elle a vu les pires choses, et elle a toutes les raisons d’être triste ou en colère mais elle est clémente avec tout le monde parce qu’elle veut pas perdre l’opportunité d’aimer quelqu’un qui mérite d’être aimé. Ben j’en avais marre d’être cette fille-là. Je voulais plus l’être si j’étais pas autant aimée en retour.

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MessageSujet: Re: ~ A wound unmended. [PV T.]   Dim 22 Sep - 21:04

- Super, t’es pas une menteuse.

Je me figeai. Bien sûr que tu es une menteuse, souffla une voix dans ma tête, tu l’as toujours été. J’étais même une experte en la manière. A la question toute vérité est-elle bonne à dire, j’avais mon avis très précis sur la question. Ce n’était pas qu’il fallait toujours se cacher, mais tout le monde n’était pas forcément prêt à entendre la réalité souvent trop brutale. Parfois, je songeais même qu’après l’incident, j’aurais bien voulu que l’on me mente un peu, que l’on atténue la douleur à travers des phrases plus belles, mais au fond, est-ce que ça n’aurait pas rendu la chute plus douloureuse ? Je voyais combien Ewan avait enfoui son passé, et les conséquences du mensonge qu’il s’était tissé : une fois que qu’il avait admis la réalité, elle avait été bien pire. Parce qu’on sait toujours ce qui s’est passé, mais on se dit qu’en évitant de mettre des mots trop crus dessus, alors ça serait moins douloureux. Alors au final, valait-il mieux briser mes songes d’enfant aussi brusquement, plutôt que de tempérer les faits par des mots ? Valait-il mieux mentir ?

- On va vérifier tout de suite si c’est vrai alors. Et donc quand tu t’es amusée à raconter que j’insultais Chuck dans son dos, ça c’était pas un mensonge non plus ?! Non mais attends, non seulement je t’ai fait confiance, mais toi tu t’es permise de réinventer comme tu voulais, je sais même pas pourquoi d’ailleurs, pour avoir plus vite c’que tu cherchais ?!

Je ne bougeai pas, mais à l’intérieur, j’avais l’impression qu’on venait de couper tous les fils comme si j’avais pu m’écrouler dans l’instant. L’air s’était bloquée dans ma gorge, et les yeux de Taylord braquaient dans les miens ne m’aidaient en rien. Je n’avais pas… Qu’est-ce que Chuck avait dit ? Je me rappelais simplement de cette unique phrase sur Hadrian et Taylord qui n’aimaient pas Chuck, mais à la fois à l’époque, j’avais tiré hâtivement mes propres conclusions. En réalité, Taylord n’avait jamais clairement dit que Chuck était un connard, et je n’avais pas menti en racontant des histoires au Gryffondor… Qu’avait-il raconté à Taylord, pour sauver sa peau ? Je me sentis amère tout à coup, terriblement déçue. Il avait lui avait dit que j’avais cherché à le séduire ? Que j’avais parlé sur lui et Taylord, que j’avais révélé ses secrets ? Je voulais avoir confiance en Chuck, croire qu’il n’était pas simplement ce mec qui prétendait en avoir rien à foutre d’à peu près tout, mais tout à coup, il semblait que le doute se formait en moi et se gonflait comme un ballon. Je le revoyais m’éviter constamment depuis qu’il avait vu l’épouvantard et qu’il avait compris l’incident, et je me demandais tout à coup si au fond, ce n’était pas simplement qu’il s’en foutait de tout ça, de moi… S’il ne voulait pas juste vivre sa petite vie en paix avec Taylord, et qu’il ferait tout pour la protéger, justement. Au point de me faire passer pour la méchante ? Ou était-ce la Gryffondor qui empirait les choses ?

- Je n’ai pas dit ça, me défendais-je pitoyablement, pas comme ça en tout cas, tu sors tout du conte… Mais ça, elle s’en fichait, songeai-je, et je ne terminais pas ma phrase. Je suis désolée Taylord, mais même si je n’avais pas à répondre, c’est Chuck qui m’a embrassé, donc ne dis pas que c’était ce que je cherchais quand c’est lui qui a fait le premier pas… Je prends ma part de responsabilité mais…

Mais quoi, hein ? Et si j’étais simplement coupable, au fond ? J’étais fatiguée de me sentir coupable, mais c’était un sentiment que je ne pouvais pas repousser, il était partout tout autour de moi, en moi, et maintenant c’était encore pire parce qu’on me le renvoyait. Et c’était probablement la pire des sensations, parce que je le savais, je vivais trop au travers des autres, je les laissais m’influencer facilement et maintenant… Taylord ne faisait que rajouter un peu plus à la honte qui s’était emparée de moi. Je me demandais pourquoi je restais ici, qu’est-ce que je cherchais, alors que tout semblait perdu… Le peu de courage que j’avais eu, qui m’avait poussé à venir parler à la jeune fille, il s’était envolé dès qu’elle m’avait regardé, dès qu’elle avait répondu. J’étais ridicule, à essayer de combattre, de sauver ce bateau qui ne prenait plus l’eau mais coulait de toute part. Je retins mes larmes, un peu plus longtemps, tout en sachant au fond que je ne pourrais tenir longtemps face à ses mots que Taylord me lançait comme des pics aiguisées.

- Wow, wow, non mais tu penses pas que t’en as assez fait jusque-là ?! C’est bon, merci, je passe mon tour, surtout que ça te préoccupait pas tant que ça avant, donc je préfère autant que tu me fasses croire que tu t’en soucis maintenant.

Taylord s’avança vers moi, et je n’eus même pas la force de reculer. J’avais l’impression que si elle me touchait, j’allais exploser, et même si je la dépassais en taille, jamais je ne m’étais sentie plus minuscule et vulnérable qu’en cet instant. Mon cœur tremblait, s’agitait, et mon corps reflétait cette lutte permanente entre les deux options que me dictait mon cerveau : fuir ou me battre.

- Mais je m’en préoccu… Commençai-je.
- Tu sais là où ça va vraiment pas Ruby ?! Okay, tu vas mal, ben je vais t’apprendre un truc, on va tous mal, peut-être pas au même moment, mais on l’est tous à un moment ou à un autre. La raison de mon mal à moi je te l’ai dit et le seul truc que t’as fait c’est te ruer sur la seule personne concernée, alors tu veux que je le prenne comment ?! Et moi je peux jamais rien faire, je suis toujours en train de subir, parce que de toute façon, ça se passe devant moi et je peux jamais, jamais, rien faire, alors je dois juste attendre que ça passe ou qu’on revienne vers moi ! Et dans tout ça, quand est-ce que j’ai le droit de décider ? J’t’aurais pas laissé tomber tu vois. Mais ça t’as pas voulu le savoir, tu m’as pas laissé le temps de le montrer. Alors, tant pis, qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Ça changera rien maintenant. Mais bon qu’est-ce que ça peut foutre, j’ai rien à dire de toute façon, ça me regarde pas c’était pas mon copain avant. Alors je ferme ma gueule, mais vient pas me parler pour que ça fasse de la merde encore plus, parce que y’a rien à faire ! Rien.

Les mots tombaient en pluie sur moi, s’infiltrant partout et m’empêchant de respirer, de me concentrer. J’essayais de reconstituer la tirade de Taylord, mais ça n’avait pas de sens, c’était comme si tout mon corps s’était bloqué et n’arrivait plus à fonctionner. Parle Ruby, parle, réponds, m’ordonnai-je, mais j’étais muette. Je ne pleurais même pas non, j’étais amorphe. Je sentais le vide partout en moi.

- Je… Je ne savais pas quoi répondre. Je me sentais ignoble. Je ne voulais pas… Tout gâcher ? Te faire de la peine ?

Je fis un pas en arrière. J’avais l’impression de suffoquer. Je fixai une dernière fois Taylord, mais son visage était plus flou, et je compris alors que les larmes m’étaient montées aux yeux. Je battis des paupières pour les chasser, mais l’une d’elle glissa le long de ma joue, et je savais que si je les laissais couler, je ne pourrais pas m’arrêter. Alors, lâchement, je fis dos à Taylord et je marchai comme un automate, faisant trois pas, prête à partir…

Mais je ne pouvais pas.


- Tu sais, dis-je alors que j’avais fait volte-face et que mon menton tremblait, peut-être que je ne t’ai pas tout dit sur mes problèmes à moi, mais je me suis confiée à ma manière, et si tu me connaissais Taylord, si tu… Si tu me connaissais comme je pensais que tu me connaissais, tu saurais que je n’ai jamais voulu te faire du mal. Tu saurais que je le regrette et que je voudrais juste arranger les choses… Ou juste te faire comprendre…

J’haussai les épaules. Je ne luttais plus contre les larmes qui s’étaient mises à couler dans un flot régulier, agitant mes épaules. Je me tournai à nouveau, prête à partir… Avant de me retourner une dernière fois, cherchant le regard de Taylord.

- Moi non plus, je ne t’aurais pas laissé tomber. C’est pour ça que je suis venue te parler, ajoutai-je, comme pour m’expliquer. Je suis désolée si ce n’est pas assez pour recoller les morceaux que j’ai cassés.

Ma voix s’était brisée, et alors que les larmes s’étaient transformées en sanglot honteux, je fuis finalement le couloir, lâchement, en espérant que les mots de Taylord allaient sortir de mon esprit bien vite.


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MessageSujet: Re: ~ A wound unmended. [PV T.]   Jeu 3 Oct - 22:17

Okay, alors clairement, on allait ressortir toutes les deux de cette altercation sans avoir mis les choses à plat, mais plutôt en créant d'encore plus de montagnes entre Ruby et moi pour nous séparer. En fait, je voulais juste l'entendre dire que non, ce n'était pas vrai, c'était un mensonge, je m'étais trompée, et elle n'avait jamais fait ça. Sauf que si, non seulement c'était la vérité, et comme c'était la vérité, je ne voulais plus l'entendre dire. Je ne voulais pas me l'entendre dire, parce que j'étais triste que ce soit Ruby qui soit tombée sur Chuck, Chuck qui soit tombée sur Ruby, deux personnes qui comptaient pour moi et que pourquoi, il avait fallut que ces deux personnes là tombent l'une sur l'autre justement, sur tout le château, pourquoi, est-ce que ça avait dû être la combinaison qui à présent qu'elle me l'expliquait me faisait le plus de peine. Je voulais que ce ne soit pas cette configuration là. Pas Chuck, pas Ruby. Pas encore du mal, que de toute façon, plus ça allait, plus j'étais en train de me convaincre que je ne pourrais jamais le chasser...

- Je n’ai pas dit ça. Pas comme ça en tout cas, tu sors tout du conte… Je suis désolée Taylord, mais même si je n’avais pas à répondre, c’est Chuck qui m’a embrassé, donc ne dis pas que c’était ce que je cherchais quand c’est lui qui a fait le premier pas… Je prends ma part de responsabilité mais…

En réalité, je n'arrivais même plus à écouté ses explications. Oui d'accord, c'est vrai, mais... Comme si par là elle voulait me dire qu'elle avait des circonstances atténuantes que je n'étais pas prête à écouter. Pour moi, entre ce que Chuck avait dit, et ce que disait Ruby tout de suite, aucun des deux n'avait refusé, alors je ne voulais plus l'entendre minimiser les faits, ne plus l'entendre tout court... De toute façon, c'était comme ça, et rien ne changerait. Je devais toujours m'adapter. Je devais toujours me plier aux autres et aux obstacles que ce connard de destin, un bien grand mot, s'amusait à dresser devant moi.
Mais est-ce qu'un jour on allait se plier à moi ? A ce que je voulais ? Est-ce que je le méritais ? Où est-ce que non, tout ce que je semblais avoir le droit d'avoir, c'était d'avoir l'impression que les choses allaient enfin évoluer vers le mieux... Pour mieux me revenir dessus en pleine gueule comme un boomerang. Et en pire.

Je me sentis jeter l'éponge en me disant « Ruby ne serait plus mon amie, je suis en colère et triste à la fois contre Chuck » et rien ne se passe comme tu l'aurais aimé, comme tu l'avais imaginé et inventé, en même temps que Ruby commençait à se détourner.


- Tu sais. Peut-être que je ne t’ai pas tout dit sur mes problèmes à moi, mais je me suis confiée à ma manière, et si tu me connaissais Taylord, si tu… Si tu me connaissais comme je pensais que tu me connaissais, tu saurais que je n’ai jamais voulu te faire du mal. Tu saurais que je le regrette et que je voudrais juste arranger les choses… Ou juste te faire comprendre… Moi non plus, je ne t’aurais pas laissé tomber. C’est pour ça que je suis venue te parler. Je suis désolée si ce n’est pas assez pour recoller les morceaux que j’ai cassés.

Tandis que ses yeux parcourus de larmes s'effaçaient parce que c'était une Ruby de dos à présent que je voyais se volatiliser au bout du couloir, l'espace de quelques secondes, je me mis à douter de ma propre vérité. Est-ce que j'étais l'unique méchante de toute ceci ? Est-ce que je 'avais pas su voir a Ruby qu'elle m'avait montré lorsqu'elle l'avait montré ? Est-ce que je n'étais pas comme toutes ces écervelées sans scrupule, qui ne cherchaient ni à savoir ni à comprendre parce que c'est trop grave pour essayer de temporiser quoi que ce soit. J'hésitais, puis... L’oppression que j'avais tout autour de moi alors qu'il n'y avait personne dans le couloir n'existait pas pour rien, exactement comme la tristesse, que je ne l'avais pas inventé, et que Ruby qui disait s'en soucier... la retournait contre moi, et détournait le sujet du véritable sujet de la rancoeur en se plaçant en avant sur ce que j'avais été incapable de déceler. Non, elle ne pouvait pas me le reprocher. Elle ne pouvait pas me reprocher de souffrir de tout ça et de revenir ensuite en se souciant de moi de moi et de ce que je ressentais. Pourquoi est-ce que c'était toujours comme ça ? Pourquoi est-ce que s'inquiétait de la peine que ça m'allait me procurer après avoir agit dans ce sens là, et non pas avant, avant de faire les erreurs et de réparer ce qui n'avait pas encore était commis ? Pourquoi est-ce que je ne pouvais pas être assez importante pour passer avant, et non pas après, quand on se souvenait que coucou, oui, j'étais bien là, que oui, j'avais des sentiments et qu'ils pouvaient être vites blessés, parce qu'ils avaient peur ? Peur de souffrir, peur d'être blessés, peur d'être déçus des gens dont on s'est approché d'assez près pour leur en laisser l'opportunité, mais d'avoir l'espoir qu'ils fassent assez attention et qu'ils... Mais non, ce n'était pas comme ça que ça se passait et si être déçut de ses ennemis, finalement n'engageait en rien, être déçu de ses amis et de ceux qui le sont un peu plus, tout prenait une perspective bien différente.

Je baissai les yeux vers la pointe de mes cheveux et en effilochais les bouts pour les démêler – est-ce que justice avait été rendue ? Non, la justice faisait même les choses bien connement, et je me demandais... Est-ce qu'un jour ça allait arriver ? Je savais pourtant ma réaction légitime, parce que je ne voulais plus être le dernier éléments, celui dont on s'inquiète le moins parce qu'il ne change pas grand chose à la recette finalement à peser dans la balance, et je voulais savoir... Est-ce que j'avais raison de croire qu'un jour, j'allais mériter ce que je méritais ?
Ou bien est-ce que c'était juste bon pour les utopistes qui veulent se convaincre qu'un jour, ils pourront changer le monde, ne serait-ce que pour quelqu'un, alors que pour toujours, ils resteraient insignifiants ? Parce que s'ils y en avaient pour être dans la lumière, il y en avait pour rester dans l'ombre, forcément... Mais parfois, parfois, j'avais envie de briller. Juste pour me souvenir et être sûre que je comptais. Alors qu'à présent, ne subsistait que le doute.

- Ce que je voudrais, c'est qu'on me rende heureuse
, dis-je doucement pour moi même. Je n'avais plus envie de rejoindre ni Chuck, ni personne.

Comme toujours dans ces moments là, je voulais juste courir, courir, loin, si loin là où il n'y avait personne, là où il n'y aurait personne pour m'atteindre, là où je savais que je pouvais être protégée, parce que j'étais la seule à me protéger moi même. Là où les étendues étaient infinies. Là où on ne pourrait pas me trouver, là où ma conscience ne pouvait être atteinte, comme les grands champs du Texas, si grands qu'ils en devenaient un refuge. Je pris la direction du parc, là où je pouvais avancer sans craindre qu'il y ait une porte verrouillée devant moi que je ne pourrais ouvrir.
Là où il n'y avait pas le mal juste derrière mon dos, et que je ne pouvais même pas lui échapper.




{Terminé}

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