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In the lands of perdition [P.V]

 

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 In the lands of perdition [P.V]

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MessageSujet: In the lands of perdition [P.V]   Sam 6 Juil - 16:37

J’empruntais tous les jours ce même chemin, à la même heure, avec la même démarche, le pas rapide mais pas trop, les bras croisés dans une attitude fermée pour me rendre au travail dans l’Allée des Embrumes, et c’était tous  les jours et à la même heure que le dealer de cette même rue m’accostais en me promettant des philtres et autres sortilèges, apportant amour, bonheur, joie et sérénité ; il avait un petit avenir dans la propagande, à n’en pas douter. Et c’était toujours avec ce même ton un peu désabusé et ironique que je lui rétorquais que j’avais ce que je voulais mais merci. Et rebelote le soir, à croire qu’entre temps, il avait dû se passer quelque chose (ou un nouveau coup sur la tête) pour qu’il s’imagine qu’en l’espace de quelques heures moi aussi peut être en avais-je reçu un et qu’à présent, j’avais une nouvelle vision du monde ! Il s’était cru dans le monde des Bisounours ou quoi ?! Ce n’était pas parce que moi au moins j’avais appris qu’il y avait d’autres couleurs qui existaient mis à part le noir et le blanc, qui n’étaient pas de vraies couleurs qui plus est, que j’en étais un !

Mauvais jour, mauvais heure, mauvais endroit, mauvais moment et mauvaise journée. Je tenais simplement à traverser le couloir sombre pour aspirer à rejoindre mes pénates, pour aller récupérer quelques heures de sommeil dans un lit, qui même n’était pas du grand luxe, au moins ne puais pas la bièreaubeurre séchée à trois kilomètres ! Même dans la clarté naissante, je pouvais reconnaître son dos bossu sous sa cape un peu plus loin, de même que sa voix grelotante ; Ok, si aujourd’hui encore, il venait me parler, ce qui serait le cas donc ce n’était même pas vraiment une hypothèse, je lui répondais sèchement, qu’il n’était pas un vampire et donc qu’il pouvait s’exposer au soleil sans craindre d’être brûlé, et qu’il aille faire un peu autre chose de sa vie ! En plus les vampires ne brûlaient pas vraiment au soleil. C’était ce que racontaient les livres moldus pour enfants que j’avais lu plus petite, parce que depuis, les autres livres sorciers que j’avais eu l’occasion de feuilleter avaient tout démenti. J’étais prête et me répétai mentalement cette phrase dans ma tête, pour ne pas me tromper dans l’alignement des mots et pour me convaincre de tout ce que j’étais en train de me dire, parce que quand même, je ne voulais pas m’attirer d’ennuis, parce que je passais par cette route tous les jours, donc moins j’y passais de temps, et mieux je m’y portais, mais les hommes courbés qui vous font du gringue… D’entre les deux, je ne savais pas quel était le pire !

Arrivée à hauteur, j’étais assez sûre de moi, puisque je savais à quoi m’attendre, lorsqu’il faisait un pas vers l’avant pour attirer mon attention ; donc, ce n’était pas vraiment comme si je m’étais attendue à voir l’un de ses clients, ça ne pouvait être que ça, posté devant lui à visage découvert ! Oui parce qu’ils trouvaient tous très à la mode de sa cacher derrière des capuchons pour ne pas se faire reconnaître, ce qui était absolument stupide puisque TOUTE l’Allée des Embrumes était suspecte !!! Mon regard se fixa sur l’inconnu, en même temps que celui-ci se tourna pour voir quelle était l’origine du bruit inopportun de mes pas que j’étais en train de faire. Son regard profond m’empêcha de détourner le mien ; comme s’il y avait quelque chose à l’intérieur qui m’interdisait le moindre écart, surtout aussi peut être, parce que son physique détonnait tout autant que le mien dans le paysage, parce qu’il n’y avait rien qui puisse laisser penser que s’il se mettait à sourire dans l’instant, c’était pour laisser découvrir une mâchoire avec trois ou quatre dents manquantes ! Le lien fut brusquement rompu par l’autre andouille et je détournai les yeux et filai sans demander mon reste, car la certitude que cet homme était bien plus étrange que tout le Royal Oak réuni.

Je le mis bien vite dans un coin de ma tête ; pensais même l’avoir oublié. Peut être même que ça aurait été le cas, s’il ne s’était pas de nouveau remis sous mon nez dans un lieu, pour le moins… Incongru.

Ma sœur et ma mère avaient proposé ce jour-là une sortie dans un restaurant un peu huppé du chemin de Traverse afin de fêter mon nouveau job ; vu la qualité du poste, c’était un peu contradictoire, mais après tout, manger autre chose que du pudding en boîte allait me faire un bien fou et j’avais accepté la proposition avec plaisir. Ce n’était pas Angel Owns qui allait faire ce genre de courbettes de toute manière. Et il était là, assis à quelques tables voisines et sans doute ne l’aurais-je même pas reconnu si son allure dans l’Allée des Embrumes ne m’avait pas interpellée. Mais… Est-ce que c’était lui ??? Non, ça ne pouvait pas être lui. Mais ça avait quand même tout bien l’air d’être lui, mais je doutais à présent, après tout dans un endroit aussi chic que celui-ci, les gens bien habillés se ressemblaient tous, j’hésitais… Hop, tant pis, je n’allais pas gâcher un repas pour des beaux yeux qui n’étaient peut-être même pas ceux que je pensais, et de la même façon le rangeais dans un petit coin de mon esprit, même s’il demeurait là, quelque part…







Le Royal Oak ne faisait pas salle comble ce soir ; comme tous les autres soirs, mais celui-ci battait tous les records, si bien que je ne prêtais pas vraiment attention à tout ce qui se passait dans le bar, et comme il ne se passait rien, c’était réglé. Je sus juste que c’était à moi d’entrer en scène lorsque j’entendis quelqu’un pénétrer dans le bar et racler une des chaises pour s’y asseoir. De mon côté, j’étais dans la grande contemplation de mes ongles, parce que Owns avait décrété qu’il ne fallait pas qu’ils soient vernis (il était jaloux) mais comme ça, ils ne me plaisaient pas trop, j’allais certainement finir par outre passer cette règle… Je levai la tête pour voir quelle table avait été prise, me parait de mon plus grand sourire car il n’était pas question de laisser à ces gros dégoutants de clients une occasion de me saper le moral, et arrivait d’une voix chatoyante, d’une voix préparée que les murs du bar connaissaient par cœur à présent, à l’homme qui m’avait tourné le dos jusqu’à ce que je vienne me placer devant lui :

- Ce sera du Whisky Pur Feu, pour vous auss…
Je m’arrêtai dans ma tirade. Impossible ! Qu’est-ce qu’il foutait ici. C’était le même !!! J’étais SURE que c’était le même !!! Vous !!! Soufflai-je alors à mi voix, reconnaissant l’homme que j’avais vu par deux fois auparavant.

Qu’il aille se le chercher lui-même, son Whisky !!!
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MessageSujet: Re: In the lands of perdition [P.V]   Sam 14 Sep - 17:24

Des rires d’enfants, des bruits de pas incessant, des raclures de valise sur le sol, puis, au centre, un homme, habillé en costume sur mesure, une valise à la main, des lunettes noir sur les yeux, comme tout droit sortie d’un film. Personne ne le regardait, personne ne faisait attention à lui. Il avançait tout droit, sans hésitation alors qu’autour de lui, chacun recherchait quelqu’un dans la foule. Il n’attendait personne, il n’était pas là pour ça. Londres. Une ville dans laquelle il n’était pas revenu depuis des années. Il n’en avait pas eu le temps. Pas le loisir. Mais d’après la dernière lettre de sa mère, son frère aurait pensé à s’y rendre pour élargir l’entreprise familiale. Il s’arrêta une minute au centre de l’aéroport. Il avait envie de le voir, de le saluer, voir si tout se passait bien pour lui et aussi le décoincé un peu. Ce type était trop sérieux. Enfin bon. De toute manière, cette éventuelle visite ne serait que passagère. Il avait un travail à faire, et repartirait dès demain.

Anton traversa la foule, sa fine valise dans la main et se dirigea vers l’entrée de l’aéroport ou une limousine noire l’attendait devant, avec un chauffeur tout aussi sombre et froid qu’il ne paraissait l’être. Sans un mot, il prit place à l’arrière tandis que son chauffeur retournait à sa place. Sur la banquette se trouvait un coffret et une lettre. Tout avait été prévu, tout avait été calculé. Sans ouvrir l’enveloppe il savait qu’il s’y trouverait un nom, un lieu. Pas de détail, pas besoin de les connaitre. Quand il ouvrit le coffret, il y découvrit une fiole, au liquide rose pailleté : Un philtre d’amour à première vue. Mais pour être du milieu depuis un moment maintenant, il savait qu’il n’en était rien. Anton se laissa tomber dans le fond du siège, profitant quelques instants du confort du véhicule. Il n’avait pas dormis depuis plus de 20h. Il était épuisé.

La limousine le déposa dans une rue huppée, à la limite des sombres quartiers. La première chose qui lui vint à l’esprit était que le chauffeur devait être un moldu. Il ne savait pas où était réellement la personne qu’Anton devait rencontrer. Il prit la fiole du coffret, qu’il glissa dans sa poche, puis sortie du véhicule et se glissa dans les rues, jusqu’à atteindre un endroit qu’il pensait ne jamais revoir : Le Chaudron baveur. La dernière fois qu’il avait mis les pieds dans ce bar c’était après son départ de St Petersbourg. Il était jeune, fougueux, il avait envie de voir le monde, alors que de mieux que de débuter par Londres ? Et quand on est sorcier, on termine, inévitablement, par atterrir ici. La première chose qu’il avait apprise, c’était qu’ici, les sorciers préféraient le Whisky à la Vodka, et surveillait de manière bien trop grotesque que les mineurs n’en consomment pas. Dans un sens, il comprenait l’envie de son frère de venir ici : tout étais si… restreint et correct. Des personnes qu’il avait rencontrées, aucune n’avait assez de frivolité, d’insouciance et d’indécence pour lui. Il n’était resté que très peu de temps avant de partir pour Paris. Et le voilà revenu.

Anton poussa la porte et se dirigea, sans regarder autour de lui, vers la « porte » qui menait au chemin de traverse. Il sortit sa baguette d’une des poches intérieures de sa veste puis utilisait le même mot de passe qu’autrefois. Les pierres se déplacèrent jusqu’à permettre le passage. Les rues, la foule, l’ambiance, tout était identique à son souvenir. À l’époque il avait adoré se baladé dans cette rue, bien qu’il ne parlait que vaguement anglais à l’époque. Il n’avait cependant pas le temps de remuer le passé. Il avança d’une marche rapide, sûr de lui, jusqu’à tourner au croisement ou l’allée des embrume rejoignait le chemin de traverse. La rue était sombre, froide, pesante, comme elle devait l’être. Une vingtaine de personne, caché sous leurs capes sombre se faufilait dans les ruelles, tentant de passé inaperçu ne se doutant pas que le meilleur moyen, c’était encore d’être naturel. Plus ils se cachaient, plus ils laissaient croire qu’ils avaient quelque chose à cacher, et plus on les repérait. Anton n’avait que faire de respecter les « usages ». Il n’était pas ici pour s’amuser ou pour jouer avec le feu. Il vivait recouvert d’essence. La peur du feu ne l’obsédait plus depuis longtemps. Il savait que tôt ou tard il finirait par s’enflammer. C’était ainsi. Alors pourquoi retarder l’inévitable ? Il vaut mieux exploser en plein vol que mourir à petit feu. Et de toute manière, il n’en aurait pas pour bien longtemps. Quand il arriva à hauteur de l’individu désigné par sa carte, il s’approcha de lui. Un seul regard suffit à ce bougre pour comprendre à qui il avait affaire. Pendant une seconde, ses yeux se remplirent de crainte. Anton n’éprouvait même plus aucun plaisir à cela, il en avait tellement vu par le passé que c’était presque un automatisme. Les gens qui n’avaient rien à se reprocher n’avaient jamais peur. Et lui, il était sur le point de partir en courant. Anton sortit sa baguette et le stoppa net avant qu’il n’ait pu faire un geste en arrière. Anton sortait de Durmstrang, il connaissait la magie noire, il savait en user sans que cela ne se remarque. Et Anton ne se déplaçait jamais pour rien. La fiole dans sa poche, il n’avait qu’à déplacé sa main pour que le liquide se retrouve dans son gosier. Ils étaient seuls. Mais il entendit des pas et laissa retomber sur le sol l’homme qui devait de l’argent à son patron. Une jeune femme passa. Elle n’aurait pas pu le voir, elle n’aurait pas dû le regarder, n’aurait jamais dû être à découvert. Mais elle avait peur, du moins c’est ce qu’il imaginait. Elle continua sa route sans dire le moindre mot. Et Anton retourna à sa victime. Il lui laissa un délai d’une semaine. Et tout en écoutant les supplications de la vermine qui gisait à ses pieds il se disait qu’en une semaine, il allait pouvoir s’amuser et profiter un peu de Londres, comme au bon vieux temps. Il en profiterait même pour faire un petit salut à son frère. Il lui avait manqué.

Anton ressortis de l’allée des embrumes, laissant derrière lui l’homme à terre. Il n’avait pas eu besoin de la fiole. De toute manière, il n’aimait pas faire ça. Il n’avait jamais voulu le faire. Et il savait qu’avec un peu d’intimidation, il arrivait toujours à ses fins. Une fois de retour parmi des hommes et femmes qui vivaient heureux et sans craintes d’être reconnu parce qu’ils achetaient au marché noir, il lissa d’un geste de la main son costume, pour enlever toute la poussière de la rue sur lui et se dirigea vers le premier restaurant huppé qu’il trouva. Il mourrait de faim. Son vol avait duré plusieurs heures et même la nourriture qu’ils servaient en classe affaire était répugnante. Il n’avait pas mangé un seul morceau. Le restaurant était plein de monde, et, parmi la foule, il reconnut une tête qui lui parlait. Quand la jeune femme se retourna vers lui, il eut soudain le souvenir de l’avoir rencontré à une soirée de charité à Londres il y a deux ans. Il était passé en coup de vent pour une affaire et, après être tombé, par hasard sur une vieille connaissance, qui se trouvait, être une bonne cliente de la banque dont sa famille était à la tête, il avait été convié à cette soirée etc… Bref, cette fille qu’il avait rencontré, qui était la fille d’un aristocrate ou quelque chose du genre, qui étudiant dans l’art, s’il ne se trompait pas et qui était exquise au lit –au passage- lui fit signe de se joindre à sa table, ce qu’il ne refusa pas. C’était ce qu’il aimait le plus à Londres : Les femmes séduisantes qui, d’un regard plein de sous-entendu lui tend un verre.

De retour dans le monde moldu, il retrouva la limousine à l’endroit même où le chauffeur l’avait laissé. Ce dernier fumant une cigarette, adossé contre la carrosserie. À sa vue, il la jeta au sol et se redressa avant de prendre une expression froide et solennelle sur le visage. Un brave type. Anton était observateur. Il portait une alliance, un peu abimé avec les années. Il avait des cernes sous les yeux, ce qui se traduisait par un manque de fatigue mais les yeux vif et clair, inspirant une sérénité intérieure. Un homme qui avait dû travailler toute sa vie pour le bonheur de sa famille et qui se voyait enfin grand père, qui se disait qu’il serait bientôt temps de prendre sa retraite, mais pas avant d’avoir suffisamment mis de côté pour offrir un magnifique cadeau à son enfant et les enfants de son enfant. Un homme bien, qui ne pose pas de question. Qui sait que, moins il en saura, mieux il se portera. Des fois, Anton enviait les gens comme lui. Mais pas quand il savourait du champagne à une soirée mondaine entouré de mannequin dans un jacuzzi. Pas quand il dépensait sans compter dans une voiture sportive qui lui avait tapé dans l’œil ou quand il lisait dans les journaux le nouveau suicide d’une personne parce qu’il avait trop de stress au travail. Anton ne connaissait ni le stress ni la difficulté. Il vivait, officiellement, au crochet de sa famille –qui était blindé, et qui, il faut l’avouer, lui donnait tout ce qu’il voulait pour qu’il ne mette pas les pieds chez lui- mais aussi de temps à autre chez une de ses conquêtes, ou, moins officiellement, dans des hôtels de luxe que lui finançait son patron –lui aussi, blindé-. Quoi qu’il en soit, Anton n’était pas le genre d’homme à se préoccuper de l’argent. Il avait ce qu’il voulait, quand il le voulait. C’était simple, distrayant, et excitant. Il aimait qu’on lui résiste pour le simple plaisir de faire plier, tout comme il aimait voir à quel point l’être humain était capable de se rabaissé contre un peu d’argent. Il voyait chaque jour des personnes qui étaient tombé si bas, qu’elles étaient sur le point de tout perdre, à cause de leurs dettes. Et Anton était celui qui venait leur apprendre qu’un jour ou l’autre, il faut payé.

Mais pour ce soir, il en avait terminé avec tout ça. La peur, la violence, la mort, la détresse… il avait envie d’un verre. Il avait envie de profiter de la vie comme il avait si bien appris à le faire depuis ces dernières années et quoi de mieux pour ça que le petit bar ou il s’était rendu l’autre fois ? Quel était son nom déjà… ? Le Royal Oak. Certes, il se trouvait très précisément dans l’allée des embrumes, soit, l’endroit qu’il voulait plus ou moins éviter mais… Quitte à se détendre sans avoir à jouer de rôle, autant se rendre quelque part ou il ne croiserait personne de sa connaissance. Or, ses connaissances n’allaient pas dans ce type d’établissement. Après que son chauffeur l’a déposé à son hôtel, il prit congé de lui et se dirigea dans la suite qu’il s’était réservé. Elle était grande, spacieuse, mais la raison qui l’avait poussé à la choisie était surtout dû au fait qu’elle comportait un piano à queue en son centre et que c’était exactement le genre d’extravagance dans laquelle il aimait investir. Il ne savait pas en jouer, mais il trouvait ca particulièrement classe. Après une longue douche, il retourna dans la partie chambre ou son costume avait été nettoyé, repassé et déposer dans une housse parfaite sur son lit. Encore une chose qu’il aimait dans les grands hôtels : Le service savait se montrer compétent et n’attendait pas qu’on leur demande quelque chose pour agir. Mais ce n’était pas son costume qu’il comptait mettre ce soir, plutôt une tenue décontracté. Un t-shirt gris, qui le moulait légèrement, et un jean ivoire, classe, mais pas trop. Il voulait passer inaperçu, une personne comme une autre, qu’on remarquerait à peine. Et de sa chambre d’hôtel, il transplana jusque dans l’allée des embrumes, devant le Royal oak. Un homme sur sa droite ronchonna, comme quoi il pouvait faire attention ou il transplanait, mais Anton ne l’écoutait qu’à peine. Il fit un pas en avant et pénétra dans le bar.

Quelques tables étaient prises mais il n’y avait pas beaucoup de monde. Anton détailla chaque clients une demis secondes, comme pour enregistrer leurs visages, leurs degrés d’alcoolémie et leurs manières de se tenir. Ils paraissaient tous être au bord du suicide ou alors complètement soul pour se souvenir de leur prénom. En même temps, que pouvait-il attendre d’autre d’un établissement de la sortes ? Il ne se plaindrait pas, c’était exactement pour ça qu’il l’avait choisie : son côté sombre, réservé et surtout, discret. Comme tout le monde avaient des choses à cacher ici, personne ne s’interesserait aux siennes. Anton se dirigea vers une des tables, prenant place sur une chaise en face de la fenêtre. Il aimait voir ce qui se passait. Les choses avaient-elles changé depuis qu’il est était partie ? Ou au contraire, la vie dans ces lieux étaient-elles toujours aussi noire, glauque et déprimante ? S’il devait en juger par ce qu’il voyait, à travers les carreaux sales et poussiéreux, c’était que rien n’avait changé. Et cette pensée était à la fois rassurante et déprimante.


- Ce sera du Whisky Pur Feu, pour vous auss…  Vous !!!

Anton posa son regard surpris sur la jeune femme qui venait prendre sa commande quand il reconnut la jeune fille de ce matin, celle qui était passé, sans chercher à comprendre la situation, pendant qu’il réglait ses comptes avec le vendeur ambulant. Et merde, elle travaillait ici. Elle ne savait rien sur lui, et elle ne devait rien savoir. Cette situation l’embêtait, le placait dans une position compliqué, et pour cela, le mieux était encore de feindre. Il faisait sombre, elle ne l’avait vu que rapidement, elle aurait pu se tromper.

-Nous connaissons-nous Mademoiselle…

Anton regarda le badge qu’elle tenait accroché à son haut. Il était neuf. Contrairement à tout ce qui se trouvait ici. Sans doute engagé parce qu’elle était jeune, séduisante et avait des atouts physique bien visible. Mais surtout, engagé depuis peu. Elle ne prendrait pas le risque de perdre son boulot parce qu’elle aurait harceler un client. Il pouvait donc, sans problème, la faire passer pour une idiote, elle ne chercherait pas trop à le contredire.

-Stella ?
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MessageSujet: Re: In the lands of perdition [P.V]   Sam 21 Sep - 20:20

Evidemment puisque au Royal Oak ne régnaient que des gens d'envergure peu recommandable, on comprenait rapidement qu'il ne fallait pas poser de questions, même si intérieurement, elles ne cessaient de fuser. Mes journées n'étaient pas assez éreintantes (à part lorsqu'il s'agissait de prendre son mal en patience devant Owns, et mine de rien, c'était fatiguant, parce que cet homme était la fatigue même, donc dès qu'on se retrouvait en sa compagnie, c'était comme s'il dégageait des vapeurs de quoi enfoncer un peu plus un cadavre dans sa tombe, étrange, n'est-ce pas?) pour avoir l'esprit occupé par mes chopes de bière, alors il fallait bien se rabattre sur le reste, c'est à dire la clientèle, et très souvent je m'imaginais quel était le travail de celui, quel était la double vie de celui là... C'était amusant, si bien que parfois je n'avais qu'une envie, celle d'en avoir le cœur net et d'interroger les intéressés en questions, mais rappelez vous, on parlait d'Owns, il n'y avait pas si longtemps de ça encore, et il avait le don de surgir de nul part et se plaindre que j'étais en train d'agacer la clientèle. N'importe quoi !

Sauf que... bien sûr il y avait un sauf que, et ce sauf que était l'homme assis à la table que j'étais en train de servir. A la différence des autres, il avait l'air trop bien pour ne pas faire tâche dans le paysage du pub et par là, paradoxalement, ça le rendait encore plus suspect, même si personne n'avait l'air de s'en soucier plus que ça (ils étaient avinés H24 ici, il ne fallait pas trop leur en demander non plus) et en tout cas, mon intuition me faisait froncer le nez et m'assurait de m'en méfier. Je ne pouvais pas l'expliquer. C'était comme se retrouver devant trois belles fraises identiques, mais de choisir celle de droite parce que c'était celle qui nous inspirait le plus, et qu'effectivement, elle était très bonne. Mais ici, c'était plutôt de l'autre sens dont il s'agissait...
-Nous connaissons-nous Mademoiselle…  Stella ?
Ma poitrine se releva et l'air se bloqua légèrement à l'intérieur devant la preuve d'insolence à laquelle je devais faire face ; dissimulée et polie quand bien même, mais présente malgré tout, et pourtant... j'eus une seconde d'hésitation et tout se remit à défiler très vite dans ma tête, avant que ça ne paraisse trop bizarre de rester en suspension devant un client, et non, je ne pouvais pas me tromper... mais en même temps, dans le restaurant il y avait eu plein de monde et c'était facile de confondre quelqu'un avec quelqu'un d'autre, quant à l'Allée des Embrumes... j'avais repéré cet homme là aussi parce qu'il ne correspondait pas à l'univers... Mais non, ça aurait été un des plus grands des hasards que deux gentlemen en costard se retrouve dans le même endroit dans un laps de temps si court, et puis rien n'empêchait de se balader vers le Royal Oak, je faisais même partie intégrante même du Royal Oak et peut être même que si sa continuait j'allais muter avec le Royal Oak parce que ce n'était pas le job le plus palpitant de la terre mais... Je ne savais plus trop, je doutais, et en même temps, je refusais de bouger de mes positions.

Cela n'avait pas duré longtemps et je retrouvais tout de suite l'habituel sourire que je servais normalement, le sourire type de la serveuse, et à peu près aussi le même sourire que j'avais donné à Angel lors de l'entretien pour travailler ici. C'était tout récent, et pourtant j'avais l'impression que la routine qui s'était installée et qui s'était acquise rallongeait le temps et que ça faisait des années que j'avais pris mes marques ici... Et c'était là le signal d'alerte, parce que si je pensais comme ça maintenant, il n'était pas impossible qu'un tel schéma se produise par la suite, et il n'était ABSOLUMENT PAS ENVISAGEABLE que je devienne la vieille maîtresse de Angel Owns !!!

Là encore, ce même quelque chose de tout à l'heure (le rapport avec les fraises, là) me conseillait de rentrer dans son jeu ; si c'en était un, mais ce que j'étais bien décidée à découvrir, même si pour ça, je devais m'enchaîner plusieurs tonneaux des boissons qu'il y avaient ici !!!!

- Ne pas se connaître ne veut pas dire ne s'être jamais croisé, après tout, les sorciers évoluent dans un milieu restreint
, repris je en faisant chanter ma voix, en ayant l'air la plus affable possible, tout en faisant en sorte de lui faire croire que je rejoignais son avis, alors qu'en fait pas du tout, j'imposais le mien.

… Non cette idée qui venait tout à coup de me traverser l'esprit n'était vraisemblablement pas la bonne, surtout que si nous n'avions pas été dans ce contexte, soyons clair, JAMAIS, elle ne m'aurait traversé l'esprit, parce que pour ça, il fallait être dans un bar, être une fille et parler à un Monsieur qu'on essayait de jauger, sans savoir qui il était vraiment. Mais pourtant, cette impulsion soudaine était en train de grandir, grandir, surtout qu'elle ne me paraissait pas si idiote que ça, du moins, avant de le faire, ça n'avait jamais l'air idiot...

- Mais comme vous avez la chance de savoir mon prénom, je l'avais vu lorgner et je préférais en jouer au lieu de m'en vexer, même si ce n'était jamais très agréable, j'aimerais bien savoir le vôtre.

Ce faisant, je m'étais penchée en m'appuyant sur la table, toujours dans la continuité de ce que j'avais en tête et cette fois ci, mon sourire s'agrandit pour y laisser découvrir mes dents. Est-ce que ça allait marcher ? Ca marchait, ou ça ne marchait pas, mais nous allions vite être fixés. Je n'avais plus qu'à espérer qu'il ne s'agisse pas là d'un gros pervers répugnant comme il y en avait des tonnes ici, et à ce propos, je prenais énormément sur moi pour  ne pas laisser échapper des exclamations scandalisés, en faisant des gros yeux mécontents vers ceux qui se permettaient... Quelques libertés à mon égard, parce que ça faisait plus longtemps qu'ils étaient dans ce bar (eux aussi avait muté dans le pub, Le Royal Oak, on rentre ici, on y reste à vie !) parce que j'avais rapidement compris que cela les amusaient, et ça aurait été bien trop facile que de leur donner raison en leur mettant quelque chose sous la dent, alors qu'ils en avaient déjà bien assez comme ça ! Non mais ! C'était d'ailleurs ça qui m'avait valut quelques remarques de la part de Owns, oui encore lui, parce que j'avais réprimandé un des habitués, et comme ce dernier avait fait mine de ne pas m'écouter, j'avais insisté ; sur ces entre faits Angel y avait ajouté son grain de sel en m'emmenant plus loin et lorsque je m'étais étonnée que ce n'était pas des manières, qu'est-ce qu'il avait cru bon de rétorquer ? Qu'avec des vêtements plus longs, ça n'arriverait pas ! Mais oui ! Bien sûr ! Ce n'était pas une question de vêtements, de longueurs, de couleurs ou quoi que ce soit mais d'éducation, et le style n'avait rien à voir là dedans, cependant avec tout ce qu'il y avait de douteux dans ces gens, les options ne devaient pas être comprises avec lorsqu'ils nous les livraient...

- Vous ne venez pas souvent ici, remarquai-je toujours de façon très naturel pour rester dans mon personnage de la serveuse, ce que je pensais faire relativement bien puisque haha, j'étais LA serveuse en question. Mais nous serons ravis de vous revoir très prochainement, tu parles, c'était à se demander comment Owns arrivait à se débrouiller pour tenir sa boutique, qui était loin de ressembler à un salon de thé... On avait dit quoi ? Whisky Pur Feu ?

Sur ces bonnes paroles, j'agitais machinalement ma baguette magique pour faire arriver un verre vide et propre jusque dans mes mains le poser sur la table, ayant l'air toute disposée à vouloir servir le beau jeune homme qui se trouvait face à moi. Du reste...
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MessageSujet: Re: In the lands of perdition [P.V]   Mer 25 Sep - 20:42


Le temps ne changeait rien. Depuis maintenant 5 ans qu’il n’avait plus mis les pieds en Angleterre, Anton n’était pas le moins du monde dépaysé. Les mêmes visages, avec quelques rides, éventuellement, les mêmes immeubles, la même ambiance, lourde et stressante et les mêmes habitudes. Comme une chanson coincée dans un lecteur CD. C’était toujours la même, en boucle, mais comme les gens d’ici n’entendait qu’elle depuis toujours, ils ne se rendaient pas compte à quel point leur vie semblait misérable et terne. Venir dans ce bar, s’assoir à cette table, après 5 années, c’était comme re-gouté quelque chose que l’on connaissait déjà. A une nuance près. Elle.

Une nuance très charmante, si elle n’avait été qu’une serveuse comme une autre. À vrai dire, entre toutes les personnes louches et peu recommandable qui existait dans cette partie du monde sorcier, il avait fallu qu’il tombe sur la seule qui l’avait regardé dans les yeux, qui l’avait analysé quelques secondes et surtout, la seule qui semblait être…normale. Etrange. La véritable question était : Que pouvait faire une jeune fille comme elle, dans un endroit comme celui-ci ? Elle aurait pu travailler dans une boutique de cosmétique, elle en avait le parfait profil, ou à l’accueil d’un magasin, hôtel, établissement en tout genre. Mais ici ? Dans ce bar miteux, entre trois alcooliques, cinq drogués et une dizaine qui étaient les deux à la fois ? Étrange. Tout comme elle. Stella. Son prénom aurait pu être le nom d’une étoile, d’une comète, d’une chose fine et délicate, brillante et douce. Stella. Comme un gand de velours perdu dans un marécage, elle n’avait rien à faire dans un endroit comme celui-là. Ce qui la rendait plus mystérieuse encore.

Son air choqué, ses paroles froides, ses yeux pétillant et craintif, comme si le voir entre ces murs étaient un moment d’amusement et pourtant, très anormal. Elle ne s’attendait pas à le voir, et il ne pensait pas un moment retomber sur elle. Amusant qu’ils se côtoient, ici et maintenant, dans ce bar qui n’avait, à première lieu, rien de plus qu’un autre. Et alors qu’il jouait les innocents, il sentait qu’au fond d’elle, elle savait très exactement à quel jeu il jouait, et dans lequel elle comptait se lancer. Ca lui plaisait. Il aimait jouer.


-Ne pas se connaître ne veut pas dire ne s'être jamais croisé, après tout, les sorciers évoluent dans un milieu restreint.

Un sourire s’afficha sur ses lèvres au point qu’on aurait pu apercevoir ses canines. Les sous-entendus. Quelle merveilleuse invention ! Les sous-entendus permettaient d’avancer des propos, souvent déplacé ou gênant sans pour autant les avoir jamais dit. C’était jouer avec la sensibilité des autres tout en passant pour un saint. Merveilleux. Et elle savait jouer les mots comme on joue avec les cœurs. Si jamais il avait eu un moment d’hésitation sur le fait qu’elle l’a reconnu ou non, il était à présent fixé. Soit cette femme était, effectivement rentré dans son jeu du déni, soit, elle était l’innocence incarnée. Et dans son cas, Anton imaginait très mal une personne fréquentant le milieu infâme de l’allée des embrumes n’être un ange, ayant atterris ici par erreur. Et, soit dit en passant, même un ange, évoluant parmi les ombres, finit indéniablement par se brûler les ailes.

-C’est que votre fiancé doit être bien peu entreprenant pour ne vous avoir jamais fait traverser le monde. Il existe des villes entières ou règne la magie en toute liberté.

Anton laissa sa phrase en suspens quelques secondes, puis repris l’air nostalgique.

-Le mois dernier j’étais à Tokyo. Et il se trouve, qu’il existe un bar très huppé ou des sorciers du monde entier viennent. Et quand je parle de bar, je parle d’un espace excessivement grand pour posséder des chambres d’hôtel, deux restaurants et un club privé. Le saviez-vous ?

Surement que non. Ou alors elle n’y avait sans doute jamais mis les pieds. Il ne pouvait pas imaginer que quelqu’un qui avait traverser les 5 continents puisse terminer par vivre ici, travailler dans ce bar, respirer cet air et manger les mêmes plats sans saveurs que servait l’Angleterre. Les plaisirs qu’offraient ce pays, n’étais pas vraiment lié à la gastronomie, ou la boisson. Du moins, ceux qu’ils préféraient.

-Je suis certain que vous aimeriez.

Anton lui décrocha un petit sourire séducteur du bout de ses lèvres, puis passa un léger coup d’œil à l’homme, derrière le comptoir qui dévisageait cette chère Stella. Sans doute le fiancé en question. Ou le patron. Voir les deux. Anton était assez Friant des relations dominant/dominée. Et la façon qu’elle avait de l’appeler Monsieur était très excitante. Encore plus quand elle gardait cette voix si sensuelle alors que son cher et tendre se trouvait juste derrière…

- Mais comme vous avez la chance de savoir mon prénom, j'aimerais bien savoir le vôtre.

Stella se pencha sur la table, son chemisier n’étant pas boutonné jusqu’en haut, il était d’une facilité exemplaire de voir ses atouts. Anton était prêt à parier qu’elle l’avait fait exprès. Ce jeu lui plaisait de plus en plus. Et il ne risquait rien à lui dire ce qu’elle attendait de lui, sauf à ce qu’elle en demande davantage… et si pour son prénom, elle était prête à lui donner une aperçut de ses courbes, que ferait-elle pour son nom ? Hum..mystère.

-Anton.

Sans doute en attendait-elle plus mais pour le moment, il n’était pas disposé à être aussi généreux. Elle lui avait trop montré qu’elle était prête à jouer pour qu’il accepte de perdre. Et le défaut d’Anton au jeu, c’était qu’il était trop gourmand.

- Vous ne venez pas souvent ici

C’était évident. Il n’aurait jamais pu supporter de venir ici tous les jours. Quoi que maintenant que la serveuse avait changé… et qu’elle était tout à fait exquise, peut-être qu’il repasserait d’ici peu. D’ailleurs, il comprenait également pourquoi cet établissement fonctionnait dans une rue ou les gens étaient si pauvres et débauché. Le patron était un génie d’avoir su trouver une personne aussi… qualifié.

-Mais nous serons ravis de vous revoir très prochainement.

Lui de même…

- On avait dit quoi ? Whisky Pur Feu ?

Anton se racla la gorge tandis qu’elle agitait sa baguette pour faire venir un verre propre à lui. Geste qu’il prit avec honneur étant donné que tous les verres étaient sales. Était-il un hôte de marque ? Évidemment, mais elle n’était pas censé s’en rendre compte. Ou peut-être que si. C’était un plaisir que d’être le centre de son attention tandis que derrière le comptoir, même s’il ne s’en donnait pas le genre, son patron ne cessait de la regarder.

-Vodka sur glace. Merci Stella.

D’un air parfaitement innocent, il fit glisser sa main vers la poche intérieure de sa veste tout en frôlant la jeune femme au passage avec délicatesse. De sa poche, il sortit un portefeuille en cuir, fait main, qui lui avait couté une petite fortune mais qu’il avait trouvé particulièrement classe et puis, il savait qu’en le sortant, il attirait toujours les regards. Même quelqu’un de complètement paumé ne pouvait affirmer que ce portefeuille était peut-être un faux, ou qu’il était de mauvaise qualité. Quoi qu’il en soit, ce n’était pas tant le portefeuille qui allait être intéressant dans leur petit jeu mais le gros billet qu’il sortit. Il savait qu’avec il aurait pu se payer une 20ène de vodka mais qu’importe ! Si c’était pour attiser la curiosité de la demoiselle et l’attirer à lui, il en aurait donné dix.

-Et quand vous aurez une minute à vous… faite moi l’immense plaisir de votre compagnie. S’il vous plaît. Je vous offre ce que vous souhaitez mademoiselle Stella.
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MessageSujet: Re: In the lands of perdition [P.V]   Ven 27 Sep - 19:12

Est-ce que je savais ce que je faisais en agissant comme j'étais exactement en train de le faire ?

Non, en vérité, je n'en avais pas la moindre idée. Le rôle de l'aguicheuse de service n'était pas dans mes habitudes, mais en même temps, c'était difficile d'aguicher qui que ce soit au Royal Oak, parce ce n'était pas que la clientèle ne faisait pas très envie... mais si, un peu quand même. De toute façon, je n'étais pas intéressée, pas même non plus par l'homme en costard, qui se détachait nettement du lot, on l'avait déjà dit ; mes pensées se dirigèrent automatiquement vers quelqu'un, ce quelqu'un auquel je ne m'étais pas autorisée de penser à lui comme ça... Et encore moins au début, mais maintenant, que je n'étais plus élève à Poudlard, ce n'était plus pareil ! En tout cas, son irruption surprise dans ma tête fit se figer mon mouvement, comme si tout à coup, j'avais été téléportée dans un autre endroit que le bar et que j'en étais étrangère. Ca ne dura pas longtemps cependant, parce que de nouveau, mon attention se retourna vers la table, ainsi que la personne qui y était assise. Il y avait ce tissage invisible qui était en train de se tendre sur lequel je marchais et qui me poussait à aller plus loin, parce que j'avais là le brûlant désir d'avoir le dernier mot, parce que tout au fond de moi, je savais... Je savais que je ne pouvais pas m'être trompée et que même si ce n'était pas mes affaires, il m'avait interpellé et à présent, il m'interpelait bien plus encore parce qu'il avait nier en bloc. Il avait nier, non ?? Enfin, c'était tout ces éléments, qui mit bout à bout, par intuition me guidait, même si je ne savais pas à l'avance quand est-ce que j'allais agir, si j'allais agir, et comment ? Il y avait mon cœur qui battait un peu plus fort qu'il devait battre normalement, mais je sentais que ce n'était ni par peur ni angoisse, mais comme si s'agissait plutôt d'une espèce d'excitation qui allait en grandissant, parce que la curiosité chez moi, avait toujours été quelque chose de fort, qui me poussait parfois à la témérité, sans toutefois sombrer dans le courage inconscient. Il fallait juste savoir quand s'arrêter et qu'elles étaient les limites, mais là, elles m'apparaissaient, donc, pas de quoi s'affoler !!!
-C’est que votre fiancé doit être bien peu entreprenant pour ne vous avoir jamais fait traverser le monde. Il existe des villes entières ou règne la magie en toute liberté.
La vieille tirade à quelques pièce de monnaie, sauf qu'elle était au stade un peu plus élevé du « Hé Mademoiselle t'es charmante, ça te dirait une glace à la menthe ? » des moldus qu'on croisait dans les rues peu recommandées avec la casquette à l'envers posée sur le crâne et qu'on aurait pu déloger un moindre coup de vent ! Le genre de tirade aussi qu'on entend de la bouche des autres et qui est tellement ridicule qu'on ne s'attend jamais à ce qu'elle soit prononcée dans des faits réels, et pourtant... Oui oui, ça arrive. Je ne serais pas là pour en parler sinon.

Sauf que je l'avais bien compris, cet homme n'avait rien de cette trempe là.

- Surtout lorsqu'il est inexistant, raillai-je, sans m'émouvoir le moins du monde de la flatterie de ce dernier. Je ne faisais pas trop dans la midinette. D'accord, ça en avait tout l'air, mais ça n'avait rien à voir !!! J'utiliserai mes propres moyens, je suis sûre que je verrai ce que j'ai envie, au moins.

J'avais toujours ce mordant, parce que j'étais incapable de taire mes idées ou mon opinion lorsque je jugeais nécessaire de les présenter. De façon détournée, mais on ne peut plus claires.
-Le mois dernier j’étais à Tokyo. Et il se trouve, qu’il existe un bar très huppé ou des sorciers du monde entier viennent. Et quand je parle de bar, je parle d’un espace excessivement grand pour posséder des chambres d’hôtel, deux restaurants et un club privé. Le saviez-vous ?
J'eus un vague hochement de tête en signe de négation. J'avais sentis qu'il allait poursuivre, parce que sa bouche s'ouvrait à demi.
-Je suis certain que vous aimeriez.
Quand même. Il était un tantinet agaçant avec ses affirmations qui voulaient bien dire ce qu'elles voulaient dire : qu'elles n'avaient pas à être contestées. Il avait un petit air à la Owns quand il faisait ça. Le gros avantage pour moi, c'était qu'il ne l'était pas.

- Vraiment ? Je m'appuyais un peu plus. Vous ne trouvez pas que vous vous avancer bien vite à propos de quelqu'un que vous ne connaissez pas j'avais inconsciemment accentué les dernier mots, tel un lapsus. Mais pourquoi pas, c'est intéressant ! Et alors, à votre avis, quelle genre de fille je suis ? Celle qui rêve d'aventure et de libertés, ou celle qui s'enivre de palaces et de bijoux couteux et brillants ? Ou vous avez une autre idée ?

En tout cas, tout ça méritait bien d'avoir quelques informations supplémentaires ?
-Anton. Vodka sur glace. Merci Stella.
Aussitôt dit, aussitôt fait, je ramenais vers nous avec ma baguette ce dont j'avais besoin pour le servir, sans me démonter, et le tout très professionnellement. Bon en même temps, hein, ce n'était pas ce qu'il y avait de plus difficile de verser de la Vodka dans un verre... Je le fis glisser doucement pour que ce dernier se retrouve devant le fameux Anton, maintenant que je pouvais lui donner un nom et attardait ma main sur le bois de la table, en réponse à son mouvement précédent.

- Attention d'avoir la bonne réponse, sinon, je me réserve le droit d'augmenter au double, le prix de votre consommation
, au diable Owns et sa bonne conscience ! Déjà il tenait un bar dans l'Allée des Embrumes et ne pouvait en avoir une, et il n'allait pas se plaindre si en plus, je renflouais les caisses !!!

Cependant, je ne m'étais pas attendue à une réaction aussi... rapide de sa part lorsqu'il dégaina prestement de quoi, même que j'avais la certitude qu'il devait en avoir tout un tas d'autres dans le genre dans son portefeuille et que tout ça m'aurait très vraisemblablement évité de travailler au Royal Oak ou n'importe où ailleurs pour les dix prochaines années à venir... Est-ce que tout ça n'avait pas un grain (un gros) d'ironie ?

Et puis d'abord, d'où est-ce qu'il le sortait ?? Non, ne pas s'en mêler... Mais en même temps, c'était lui qui m'y avait contrainte en commençant le jeu en premier et je n'avais fait que le suivre et je n'avais aucune envie de me faire distancer, c'était bien que lui aussi le voulait bien s'il se laissait faire... Mes yeux suivirent du regard sa main, pendant qu'il relançait :
-Et quand vous aurez une minute à vous… faite moi l’immense plaisir de votre compagnie. S’il vous plaît. Je vous offre ce que vous souhaitez mademoiselle Stella.
Tiens tiens. Voilà qui était amusant. En tout cas ce n'était pas avec l'équipe qu'il y avait dans le bar actuellement que j'étais très très occupée, et dans un autre sens, je faisais d'une pierre deux coups, parce qu'en ne resservant pas tout ces mecs ivres morts, je leur rendais service, ils pouvaient me croire. C'était toutefois le moment de saisir la balle au bond... Sans plonger dans le plan vicieux que ce type était en train d'élégamment composer, alors pourquoi avec moi, je n'en avais aucune idée, mais je n'allais pas me gêner pour le déjouer !

- Et c'est donc comme ça que vous avez eu toutes vos dernière petites amies ? En les achetant ? Pas très romantique, soulevai-je l'air de rien. Quoi que c'est le bon plan d'offrir à boire à la barmaid qui peut déjà se servir de tout ce qu'elle veut, on ne me l'avait pas encore faite celle là ! Je haussai les sourcils d'un air tout à fait taquin et après un temps de pause, je rajoutais : je vais faire la monnaie.

Je fis l'aller retour entre sa table et le comptoir puis déposais des mornilles sur la table, de tirer la chaise... et de m'asseoir à mon tour pour me servir de la bièreaubeurre que j'avais récupéré en même temps.

- Les affaires ne se portent pas bien, pour que nous ayons le privilège de vous voir ici ?
Puisque Monsieur connaissait tous les lieux huppés du monde... à moins que par huppé il entendait miteux, à voir. Il serait inconvenant de mentir, insistai-je en pointant du menton le portefeuille qu'il avait soigneusement rangé dans sa veste.

Entre autres, c'était une façon diplomate de lui demander ce qu'il pouvait bien foutre là alors qu'il avait les moyens sans aucun doute d'acheter tout le Chemin de Traverse si l'envie lui en prenait. On joue ou on joue pas ?
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MessageSujet: Re: In the lands of perdition [P.V]   Lun 30 Sep - 20:49

Anton aurait dû être comédien. Il avait passé sa vie à jouer toutes sortes de rôles : d’abord avec son père, en étant le bon fils à son papa, en travaillant d’arrachepied pour une société dont il n’avait rien à faire, puis en grand frère admirable, qui prenait le partis de son jeune frère alors que dans le fond, il était persuadé que toute expérience, quel qu’elle soit était bonne à prendre, enfin, il jouait les vagabond, les sauvages, le genre de type bourré de fric qui dépense sans compter –il adorait ce rôle- ou alors, le type mystérieux, qui balance des accroches de séduction tellement bancale et cliché que n’importe qu’elle femme, même la plus stupide, verrait venir à des kilomètres à la ronde –même si des fois, ça marchait, et dans ces moments-là, c’était à la fois un plaisir infini et une humiliation, parce qu’il se disait qu’il ne valait pas qu’on se batte contre lui- De plus en plus souvent, il jouait maintenant le rôle de l’homme froid, dur, et cruel , sans scrupule et sans âme –un rôle qu’il n’aimait pas trop d’ailleurs, mais qui rapportait gros-. Quoi qu’il en soit, Anton jouait tellement de rôle qu’il n’était pas certain de se souvenir du sien. Qui était vraiment Anton Vasiliev ? Lui-même n’était plus certain d’avoir la réponse, bien que, si on lui avait un jour posé la question, il aurait répondu qu’il était tous ces rôles à la fois.

Mais Anton n’était pas comédien. Anton n’était rien de plus que lui-même. Piégé entre un secret trop lourd, et une attirance personnelle pour tout ce qui ne lui appartenait pas. Mais, même un oiseau en cage peut trouver à s’amuser, quand on lui donne l’occasion. Or cette fois-ci, on venait de faire entrer dans sa cage une ravissante colombe. Distante, et pourtant si proche. Le regard loin mais le décolleté bien en vue. Délicieusement proche et pourtant hors de portée. Pour l’instant. Il aurait dû partir. C’est ce que lui aurait conseillé sa conscience s’il en avait eu une de qui fonctionnait correctement. Parce que c’était dangereux, parce que ce n’était pas prudent. Mais que serais la vie sans cette adrénaline, sans ce grain de poivre qui venait pimenter l’existence ?

Jouer avec elle, jouer avec les mots, c’était drôle. Pas seulement parce qu’elle entrait dans son jeu, mais surtout parce qu’elle ne sortirait pas, et qu’il était et resterait à jamais, le maitre du jeu. Quand on entrait dans la cage, on pouvait regarder dehors, rêver à l’extérieur, mais la porte était refermée, et tout était trop tard. Du moins, jusqu’à ce qu’il se lasse. Si Stella était entré dans son jeu, c’était pour une raison bien précise : la curiosité. Un vilain défaut qui coutait a beaucoup de monde. Elle allait vouloir savoir, il lui donnerait des informations, des miettes, petit à petit, puis, quand elle aura franchis toutes les portes jusqu’à l’élément qui reliera tout le reste, il s’en ira. Et elle lui courra après. Parce que c’était dans la nature humaine. Et à ce moment-là, elle sera à lui. Belle et douce colombe, dans les griffes de l’aigle, ne parviendra plus à s’échapper.


- Surtout lorsqu'il est inexistant, J'utiliserai mes propres moyens, je suis sûre que je verrai ce que j'ai envie, au moins.

Voilà qui manquait cruellement de charme ! Mais que pouvait-il attendre d’autre d’une fille comme elle ? Elle travaillait au quotidien dans un endroit sordide ou passait la pire espèce de sorcier que l’on trouvait à des kilomètres alentour. Tout autour d’elle manquait de charme. Elle était bien la seule chose qui redonnait de l’éclat au Royal Oak.

- Vraiment ? Vous ne trouvez pas que vous vous avancer bien vite à propos de quelqu'un que vous ne connaissez pas.  Et alors, à votre avis, quelle genre de fille je suis ? Celle qui rêve d'aventure et de libertés, ou celle qui s'enivre de palaces et de bijoux couteux et brillants ? Ou vous avez une autre idée ?

Ce qui est sûr, c’est que la colombe avait des crocs et qu’elle savait s’en servir. Anton était surpris. Mais agréablement. Ce n’était jamais bien marrant quand la personne face à vous disait « oui oui » en y croyant vraiment. Si c’était pour lui dire qu’il était un génie, un beau gosse et le type le plus intéressant du monde, il le savait déjà !

- Attention d'avoir la bonne réponse, sinon, je me réserve le droit d'augmenter au double, le prix de votre consommation…

Anton lui adressa un sourire amusé. Elle-même, en le voyant, devait bien se douter que ca ne lui ferait ni chaud, ni froid qu’elle augmente les prix. Mais le jeu était amusant alors… Comment l’imaginait-elle ? Anton s’accouda sur la table pour la contempler. Grande, fine, des ongles entretenus, des cheveux coupés régulièrement visiblement… elle avait plus la tête d’une jeune femme bourgeoise qu’une gamine de basse naissance qui faisait le tapin comme heure supplémentaire. Comment avait-elle atterris ici, mais s’il avait du émettre une hypothèse, il aurait dit qu’elle avait choisi ce travail pour contrecarré les projets de ses parents ou alors pour montrer son côté indépendant, libre. Mais il n’en dirait pas un mot. On n’était jamais bien sûr que les messages passaient correctement.

-Ma chère Stella, je pense que vous êtes unique. Il serait impossible de vous décrire en quelques mots ! Ne vous jugez pas si froidement…

Anton sortit de son portefeuille de quoi la payer. Elle regarda, avec ce qu’il avait envie de croire de l’admiration –ou de la surprise- le billet qu’il venait de lui tendre. En même temps, les clients qu’elle devait fréquenter en temps normal devait pauvre et ivre. Il imaginait bien le type, accoudé au bar, sortir de sa poche troué pleins de petites pièces pour payer son whisky bas de gamme parce que c’était tout ce qui lui restait et que pour le moment, sa vie ne valait pas mieux que ça. Il comprenait en un sens l’intéressement naturel de Stella pour lui et en même temps, il adorait cet effet qu’il créait et aimait se dire, qu’il pourrait le décuplé.

- Et c'est donc comme ça que vous avez eu toutes vos dernière petites amies ? En les achetant ? Pas très romantique

Encore une froide parole sortant de ses lèvres qui semblaient si douce. Comment une colombe pouvait-elle craché autant de venin ? Il ne lui avait encore rien proposé…

-Quoi que c'est le bon plan d'offrir à boire à la barmaid qui peut déjà se servir de tout ce qu'elle veut, on ne me l'avait pas encore faite celle là !  je vais faire la monnaie.

Anton se prit d’un léger fou rire tandis qu’elle faisait demi-tour vers le bar pour se servir un verre et, en même temps, lui faire la monnaie. Intérieurement il espérait avoir donné un billet bien trop gros pour qu’elle puisse correctement lui rendre son argent. Elle n’accepterait pas de garder l’argent, parce qu’elle se sentirait redevable et chercherait à le revoir, ne serais-ce que pour payer sa dette. Ce serais très excitant de la voir lui courir après…

Mais c’est en marchant qu’elle revint vers la table. Elle déposa la monnaie devant lui. Il récupéra l’argent sans compter combien elle lui avait rendu et la vit s’installer en face de lui, une bierobeurre à la main. Encore une boisson étrange qu’il n’appréciait que peu ici.


- Les affaires ne se portent pas bien, pour que nous ayons le privilège de vous voir ici ?  Il serait inconvenant de mentir.

Encore toutes ces questions sur lui ! Anton lui souria, fit tourner les glaçons dans son verre et bu une gorgé de sa vodka. Pas très bonne, mais elle réchauffait la gorge malgré le liquide gelé. Il aimait cette sensation de froid qui brulait. Tout comme il aimait la faire attendre lorsqu’elle lui posait une question. Anton fixa son verre sans la regarder. Une minutes, presque deux, puis se racla la gorge. Il releva les yeux vers elle. Fixa les siens, toujours sans un mot. Lui fit un sourire taquin. Ouvrit la bouche, puis la referma. Il jouait avec elle et il adorait ça.

-Vous avez raison… je ne peux vous mentir… vous m’ensorcelez Stella !

Anton fit un grand sourire.

-Je ne suis pas dans les affaires. À vrai dire je ne suis dans rien. Je me contente de voyager et découvrir le monde. Je fais ce que je veux, quand je veux et ou je veux. Ma famille possède des banques partout dans le monde, et, d’après ce que j’en juge, les affaires marchent très bien. La vie est trop courte pour ne pas en profiter. Vous n’êtes pas d’accord ?

Anton prit délicatement la main de la serveuse avant d’y déposé un bref baise main tout en lui faisant un clin d’œil.

-En tout cas, je crois que je n’ai jamais autant apprécié ma halte dans un bar que dans le vôtre… Votre compagnie est un délice Stella.
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MessageSujet: Re: In the lands of perdition [P.V]   Lun 14 Oct - 18:19

-Ma chère Stella, je pense que vous êtes unique. Il serait impossible de vous décrire en quelques mots ! Ne vous jugez pas si froidement…
C'était bien trop facile, me dis-je, de s'en sortir avec ce genre de pirouette ; une réponse qui,de toute évidence, n'en était pas une, et j'étais persuadée qu'il n'en était pas à son coup d'essai, aussi, fis-je en sorte de ne pas insister car cela aurait été trop montrer que je recherchais quelque chose, et je ne tenais pas plus que cela à attiser sa curiosité. Pour l'un comme pour l'autre, j'avais sentis qu'elle était présente, et être ouverte ne voulait pas dire se jeter dans la gueule du loup ou encore fallait-il le faire sciemment et après une bonne dose de réflexion. Je n'étais pas peureuse, loin de là, Poufsouffle m'avait enseigné ses valeurs et je me retrouvais dans cette maison, même à présent que j'étais sortie de Poudlard. Et puis lorsqu'on y pensait, ce n'était pas si loin que ça. Mais cela n'avait rien à voir avec le courage un peu affolant qui vous poussait à faire des erreurs impardonnables.

Effectivement, cela allait sans dire que ça me rappelait mes dernières années d'école, lorsque l'on devient assez grand pour laisser les hormones s'épancher un peu partout pour peu qu'on leur en laisse l'opportunité. Il y avait eu quelques béguins, mais le plus souvent, ne venaient pas de moi, et la technique la plus diplomate que j'avais trouvé était de rester distante tout en étant sympathique, ce qui n'était pas toujours simple lorsqu'on considérait des gens comme des amis et qu'on voulait se conduire comme tel mais qu'il fallait faire attention parce que le moindre signe pourrait être mal interprété...

Rien n'avait vraiment changé pour moi, et je voulais que rien ne change aussi entretenais-je ses pensées de peur de les ranger dans un petit coin de mon cerveau et de les oublier, ainsi que mes sentiments je ne voulais pas les voir disparaître. Ni eux, ni mes rêves, alors il fallait que je fasse attention à les entretenir correctement pour ne pas les perdre. Il n'y avait jamais personne qui avait réussi à avoir cette place, et puis, je ne voulais pas qu'elle soit occupée par quelqu'un d'autre de toute manière... Je m'étais déjà posée cette question, si je le croisais un jour par hasard, sur le chemin de Traverse, à Pré-au-Lard, après tout, ce n'était pas impossible, est-ce qu'il allait me reconnaître ? Souvent je l'avais imaginé, et souvent, je l'avais espéré...

Donc, je ne pouvais pas dire être véritablement intéressée par ce Dom Juan bien habillé. Mais comme de toute façon, je devais remettre mes projets initiaux à plus tard puisque ouvrir ma boutique à Pré-Au-Lard n'avait rien à voir avec l'idée de payer sa croûte au Royal Oak, en attendant, ça ne m'empêchait pas d'avoir mes propres activités, avec qui bon me semblaient. Il n'en saurait rien, puisqu'il n'avait jamais su... Est-ce qu'il l'avait su ? Non, j'avais toujours souhaité cela évidemment, mais toujours en faisait en sorte que ce genre de malaise n'arrive pas.
-Vous avez raison… je ne peux vous mentir… vous m’ensorcelez Stella !
Je levai les yeux au ciel pour lui faire comprendre que ses airs de beau parleur ne m'impressionnait pas, et qu'il fallait vraiment qu'il se rende à l'évidence qu'il n'était pas tombé sur le meilleur cobaye à ensorceler, même si je me prêtais plus ou moins au jeu parce que chacun y trouvait son intérêt... En ce qui me concernait, je ne savais pas encore trop ce que c'était, mais ça n'allait pas tarder à venir, je le sentais !

- C'est parfait alors, je vais pouvoir faire de vous, ce que je veux, ce qui me plaisait ici, c'était que non seulement je jouais le même jeu que lui, mais faisais en sorte de le retourner à mon avantage.

Parce que je restais sur mes gardes ; je voyais que si une seule fois je le laissais trop garder la main, il n'allait plus jamais me la rendre, et c'était là que tout commençait à devenir dangereux. Je ne voulais pas en arriver jusque là, à de tels débordements. Mais rien ne disait que ce n'était pas le cas de l'adversaire qui se trouvait en face... Et l'immense sourire qui inondait son visage n'y changerait rien.
-Je ne suis pas dans les affaires. À vrai dire je ne suis dans rien. Je me contente de voyager et découvrir le monde. Je fais ce que je veux, quand je veux et ou je veux. Ma famille possède des banques partout dans le monde, et, d’après ce que j’en juge, les affaires marchent très bien. La vie est trop courte pour ne pas en profiter. Vous n’êtes pas d’accord ?
On ne pouvait pas dire qu'il ne manquait pas d'arrogance. Déguisée, mais bien présente quand même. Je le laissais prendre ma main, sans véritablement si je lui accordais de mauvaise grâce ou pas et je ne quittais pas du regard durant tout ce laps de temps, me posant tout un tas de diverses questions sans parvenir à trouver réponse pour aucune d'entre elles. Ces révélations avaient de quoi rester pensif, car tout le monde n'avait pas l'opportunité d'être dans le même cas de figure, et il y avait de quoi faire des jaloux. Je n'avais pas toujours été dans le besoin et à dire vrai, pendant longtemps, nous n'avions manqué de rien. Le travail de mon père au département des Mystères était bien assez pour subvenir à sa femme et ses deux enfants et il arrivait même que ma sœur et moi avions des cadeaux alors que ce n'était ni Noël ni l'un de nos anniversaires. Etant une langue de plomb, il lui était interdit de révéler quoi que ce soit de ses activités, et si cela faisait bien longtemps que ma mère s'en était accommodée, quant à nous, on avait toujours voulu savoir en quoi consistait exactement son travail, et là aussi, un peu à la façon d'Anton, il répondait à côté, et maintenant que j'y pensais, déviait notre attention sur autre chose très souvent. Et sa disparition soudaine, quelques années plus tard, ça aussi, demeurait un véritable mystère...

Je fis glisser ma main vers moi pour la retirer de la sienne, tout en ayant l'air le moins du monde alarmée parce qui venait de se passer, me considérant de toute façon sur le même pied d'égalité qu'Anton.

- La vie est trop courte pour en profiter
, repris-je, encore faut-il, mais les barrières et les différents accès ne sont pas les mêmes pour tout le monde ! Envoyai-je, car aussi poétique ses belles paroles pouvaient-elles être, et pourtant je laissais une grande part à l'imagination dans mon esprit, ça n'empêchait pas d'être lucide : sans quelques gallions en poche, malheureusement, on allait pas très loin. J'imagine que vous ne voyez pas où je veux en venir, le taquinai-je, en haussant un peu les sourcils.

Cela ne nous mènerait à rien, je le savais. Parce que Anton ne comptait pas lâcher du lest, et moi non plus. Pas aujourd'hui en tout cas, parce que chacun de ses mots voulaient en dire d'autres, et il en allait de même pour moi. Mais ce n'était pas si grave. Tout portait à croire qu'il allait revenir...
-En tout cas, je crois que je n’ai jamais autant apprécié ma halte dans un bar que dans le vôtre… Votre compagnie est un délice Stella.
Alors, je pensais à plus me laisser aller dans le rôle de la princesse, même si j'avais bien conscience ne pas en être une, ou alors des temps modernes, parce que je préférais encore me débrouiller par moi même que de laisser les autres le faire à ma place !

- C'est ce qu'ils disent tous, renchéris-je, en faisant celle qui n'était plus atteinte de ce genre de compliments, et je me demandais... Quand est-ce qu'il allait arrêter ? Je poussais un soupir, malheureusement on ne peut pas dire oui à tout le monde, et tout le monde ne sait pas se démarquer...

Il montrait qu'il avait beaucoup de culot jusqu'à présent. Et donc, est-ce qu'il allait avoir autant d'audace que j'en avais maintenant ?
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MessageSujet: Re: In the lands of perdition [P.V]   Sam 9 Nov - 0:24

Anton adorait ces instants : Sensible, comme sur une corde raide, à la limite de révélé ce qu’elle voulait entendre, comme s’il ne lui restait qu’un pas à faire pour décortiquer tout l’homme qu’il était, et il jouait sur ça. Il jouait sur cette pente raide, mais en vérité, elle était tellement loin de savoir qui il était. Anton savait ce qu’il était, qui il était, et savait comment être avec qui. C’était comme une scène de théâtre. Un vieux bar miteux, des figurants jouant des alcooliques accoudés au bar, et les deux personnages centraux. Elle le reconnaissait. Et elle voulait savoir qui il était. Anton avait pris un malin plaisir à lui donner toutes les informations le concernant, sauf, celle qui l’intéressait. Parce que c’était ça le jeu. Et s’il lui révélait tout maintenant, pourquoi reviendrait-elle vers lui ?

Anton n’avait jamais eu à beaucoup travaillé pour avoir ce qu’il voulait. Il était riche et avait une belle gueule. Toutes les portes lui étaient ouvertes. Il en avait conscience, même s’il était bien plus que ça. Beaucoup de gens l’avaient oublié –et son père en premier- mais avant de tout plaquer pour faire ce qui lui plaisait, Anton avait beaucoup étudié, et était sortie premier de sa promotion à tous les examens. Sans compter qu’à l’époque il avait comme optique de reprendre l’entreprise familiale, et donc, il avait étudié en plus toutes les bases de la gestion et de la finance. Il s’en était bien sortis. Jusqu’à ce qu’il décide de tout plaquer. Et de la même façon, de se faire détester par son père. Mais Anton se fichait un peu de lui aujourd’hui, il n’existait même plus à ses yeux. La seule chose qui l’importait, était que son frère avait pris sa place, et devait à présent supporter toute la pression qu’il avait rejetée à l’époque.

Anton était toujours de passage dans les villes qu’il fréquentait. Il s’amusait un peu, puis reprenait la route. Mais cette fois-ci il avait décidé de rester sur Londres. Peut-être même trouver un travail. Ce serait amusant. Etre un Londonien comme les autres. Mais pas un boulot chiant ou stressant. Hey ! Il pourrait racheter ce bar ! Comme ça Stella deviendrait son employée et il pourrait lui faire faire des heures supplémentaires… Mais non. Ce n’était pas pratique, et ce ne serais pas professionnelle. Et elle serait capable de démissionner. Sans compter que passer ses journées dans un endroit pareil… non.  Anton voulait un grand bureau, une vue bien dégager sur le ciel et une secrétaire qui lui apporterait du café. Et si cette secrétaire pouvait être Stella, ce serait parfait.

Anton lui adressa un sourire charmeur tandis qu’elle levait les yeux au ciel. Ce qui était triste avec elle, était qu’elle passait tellement de temps dans les coins sombres d cette ville qu’elle ne laissait plus la lumière parvenir jusqu’à elle. Si seulement elle se laissait aller, si seulement elle se laissait dominer par de belles paroles, elle verrait la vie autrement.


-C'est parfait alors, je vais pouvoir faire de vous, ce que je veux.

C’était cassant, mais en même temps, tellement excitant. Qu’aimerait-elle faire de lui ? Voilà qui était très osé, et qui lui donnait très envie de se laisser faire. Mais Anton n’était pas le genre d’homme à se laisser dominer. Bien au contraire. Même quand il donnait l’illusion qu’il était piégé, en réalité, il gardait toujours le contrôle. C’est pour cela qu’il lui offrit un bref aperçut de sa vie. Parce qu’elle voulait en savoir plus sur lui, mais il disait chacun de ses mots avec précision, les choisissant un par un.

- La vie est trop courte pour en profiter. Encore faut-il, mais les barrières et les différents accès ne sont pas les mêmes pour tout le monde. J'imagine que vous ne voyez pas où je veux en venir.

Anton baissa les yeux sur son verre. A vrai dire il ne savait pas trop quoi dire. C’est vrai qu’il ne s’imaginait pas pauvre, ou en manque d’argent. L’argent n’était rien. Que des bout de papier et des pièces qui n’avait de valeur que parce que les gens pensaient qu’ils en avaient. Anton s’en fichait dans le fond. Et c’est vrai que certaine personne rêveraient d’avoir sa vie mais que pouvait-il y faire ? Donner ? Il y aurait toujours des pauvre et des riche, des chanceux et des malheureux, et lui, au milieu de tout ça ne faisait que profiter de la vie qu’il avait pu avoir. Si une personne pauvre se retrouvait à sa place, il en ferait de même. Il profiterait parce qu’il saurait qu’il avait plus de chance que les autres, et il profiterait, au cas où un jour, ce ne serait plus le cas. Eh bien voilà. Il profitait. Pour tous ceux qui ne pouvait pas en faire de même. Puis il releva ses yeux vers Stella. Quel message avait-elle voulu lui faire passer ?

-Voudriez-vous passez une soirée à mes côtés Stella ? Profiter de ma vie ? Ce serait avec grand plaisir…

Surtout que des soirées, il n’en manquait pas à Londres. Et maintenant qu’il allait retrouver son cher petit frère, ils allaient bien faire une petite fête pour lui souhaiter la bienvenue ! Et puisqu’ils personne n’avait sans doute eu cette idée parmi les siens, et surtout pas son frère, il avait, heureusement, toute une liste de personne qu’il serait ravis de revoir, et qui, évidemment, ne raterait pour rien au monde le retour d’Anton.

- C'est ce qu'ils disent tous.

Anton laissa échapper un petit rire après avoir vider son verre.

-Tous ?

Il se pencha légèrement vers la serveuse, un sourire plein de sous-entendu sur les lèvres.

-Je ne pensais pas que vous manquiez d’autant de compagnie… je vais être jaloux si vous préféreriez celle d’autres hommes à la mienne.

Anton se recula doucement, toujours son sourire un peu arrogant sur les lèvres, puis se leva, après avoir déposé quelques pièces en plus sur la table comme pourboire.

-Ce sera donc un honneur de vous avoir à mon bras samedi prochain.

Anton se dirigea vers Stella, et lui déposa un baisé sur la joue.

-Je passerais vous prendre à 20h ? Devant le chaudron baveur ? Ou alors envoyez-moi par hibou votre adresse… dit-il sur un ton de défis avant de lui faire un clin d’œil et de quitter le bar.

Bienvenue à Londres. Anton s’enfonça dans la foule, un sourire lumineux sur les lèvres et une soudaine impatiente envie d’ être à samedi prochain…
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In the lands of perdition [P.V]
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