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Games are played [P.V]

 

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MessageSujet: Games are played [P.V]   Mer 26 Juin - 20:26

Je n’étais pas encore tout à fait habituée à ce passage entre les deux mondes. C’était quand même fou de voir à quel point la différence était flagrante; imaginez un peu, dans l’Allée des Embrumes, c’était comme si le soleil ne se levait par peur de porter atteinte à la peau pâle de ses habitants ! Pourtant, un peu de couleurs dans ce pays de brutes, ça ne leur aurait pas fait de mal et peut être bien même que ça leur aurait rendu le sourire. Vous n’aviez pourtant jamais fait attention aux conséquences du temps sur votre humeur ? Un grand ciel bleu et des oiseaux qui chantaient, ça faisait quand même beaucoup plus plaisir au moral, que la tête cadavérique des sorciers borgnes qui pullulaient dans les rues sombres. C’était à se demander si les détraqueurs n’étaient pas passés dans les parages afin de leur enlever toute forme de vie ; mais non, une fois de plus alors que je me rendais à mon lieu de travail, j’en étai certaine et je n’allais pas revenir dessus : même le plus grand des truands enfermé à Azkaban aurait été plus sympathique !

J’avais fini par dégoter une pièce suffisamment spacieuse sur le chemin de Traverse pour pouvoir y dormir – seulement y dormir parce qu’elle n’était pas assez grande et confortable pour y rester des heures – mais je m’en fichais, parce que tout ça, ce n’était que provisoire et qu’une fois la première paye versée, j’allais poursuivre mes recherches afin de trouver mieux, ce qui ne serait guère vraiment difficile, parce que ça ressemblait trait pour trait aux anciennes chambres de bonnes, donc en gros celles où il faisait froid l’hiver et beaucoup trop chaud l’été, sans parler de l’isolation et de l’humidité détestable, mais à choisir entre coucher ici et le Royal Oak… je préférais ici. De loin.

Je poussai la porte du bar en soupirant d’avance, et pestant mentalement contre la poussière du lieu qui devait avoir des facultés magiques surdéveloppées et insoupçonnées, parce que CHAQUE JOUR, c’était la MEME CHOSE, toute celle que j’avais enlevée des tables de la veille était revenue s’y incruster, comme si cela lui revenait de droit je me sentais comme une étrangère dans mon propre bar ! Enfin, propre bar, c’était vite dit… Pour commencer je ne voyais pas avoir mon propre bar dans l’Allée des Embrumes, donc ça tombait bien puisque ce n’était pas le mien, mais faire la liste aurait été trop longue. J’allais devoir lui demander. A Angel. Comment se faisait-il que son successeur ne l’ait pas déjà remplacé, parce qu’avec toute la saleté qui s’accumulait ici, c’était étonnant qu’il n’ait pas encore attrapé la maladie des bars miteux. Ou alors, aller savoir, peut-être qu’il l’avait déjà mais qu’il n’avait pas eu l’occasion de le placer dans la conversation. Oui parfaitement, c’était ironique puisque vue le débit de parlote de ce type  proche du néant le plus total, autant dire que le crachat de lama aurait été d’un divertissement plus attractif ! C’était vraiment à croire qu’il y avait un papi aigri et grincheux à l’intérieur de ce corps et plus les jours passaient plus je croyais de plus en plus à approfondir cette théorie : il fallait le dire aussi ! Même l’ennui était moins ennuyeux que le plus ennuyeux des ennuis !

Pour l’instant mes plaintes restaient silencieuses, même si beaucoup de choses n’allaient pas à mon goût ; c’était le seul poste que j’avais trouvé jusque ici et je comptais bien y rester le plus de temps possible… enfin, le plus de temps possible jusqu’à ne plus avoir besoin d’y passer le plus de temps possible, qu’on s’entende bien ! J’avais ignoré la mine torturée de ma mère lorsque je lui avais appris que j’avais été prise, et également où se trouvait mon lieu de travail. Elle avait bien essayé de me dissuader, mais c’était trop tard à présent et je ne comptais pas céder ma place à personne, même si… même si ça n’aurait pas été de refus d’avoir une autre paire de fesses en plus dans le pub sur laquelle se concentrer plutôt que la mienne – la première fois que c’était arrivé, j’avais poussé un OH de mécontentement en fronçant les sourcils – avant de pousser un OH encore plus scandaleux parce que Môsieur Angel Owns, en personne s’était excusé auprès du client pour le dérangement en me demandant derrière cet air satisfait-mais-je-veux-le-cacher-mais-pas-trop, si je ne pouvais pas lui offrir une autre consommation ! Une autre consommation.

Une autre consommation !

Mais ce n’était pas grave, parce que depuis j’avais découvert comment ma bonne humeur suffisait à réduire la sienne à la poussière – un peu plus, un peu moins ici, nous n’étions plus à ça près… -  à chaque fois que j’arrivais, sans exception, je m’employais à le saluer de façon mélodieuse et chantante avec le plus grand sourire que la création ait permis de voir jusque ici !

- Le prochain client qui boira dans ce verre sera certainement ravie d’avoir ce privilège, ça doit bien être la seule chose qui brille ici ! Je posai le verre sur le bar ; tous avaient été servi et en attendant, j’avais pris sans lui demander son avis la décision de rendre une seconde jeunesse à la chope qui se trouvait devant moi en enchaînant les coups de torchon ainsi que les formules magiques pour lui redonner un air à peu près décent. Et lorsque je me serais occupée des autres, nous n’aurons même plus besoin d’allumer la lumière !

Je clignai plusieurs fois des paupières vers Angel pour attendre une quelconque réaction de sa part – s’il allait en avoir une, parce qu’avec lui, je ne savais jamais. Il était imprévisible. Imprévisible mais dans le genre… mou. Oui, c’était vrai que ce n’était pas la formulation la plus logique à laquelle on s’attend, mais en attendant, c’était comme ça que je le définissais le mieux. Ce n’était pas comme il me laissait beaucoup l’occasion de le connaître de toute manière.

Je poussai le verre au bout du bar dans un endroit bien méthodique pour prendre le suivant et lui faire subir le même traitement. Le décapage forcé, ça n’allait pas lui faire du mal !

- J’espère au moins qu’ils ne prendront pas peur, repris-je en parlant des habitués, quand maintenant ils pourront se voir dedans, je haussai les sourcils en pinçant un petit peu les lèvres pour signifier mon désarroi face au spectacle pitoyable des gens qui venaient ici, l’aspect miteux, l’odeur nauséabonde et le nez à la place des yeux. Nous n’étions pas tous gâtés par la nature, mais ce n’était pas une raison pour se laisser aller comme ça à l’abandon ! Ca au moins, cela devait bien être la seule chose sur laquelle j’étais d’accord avec Owns…
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MessageSujet: Re: Games are played [P.V]   Sam 27 Juil - 18:19

Il fallait bien le reconnaître, Stella Lencer n'était pas du genre à faire les choses à moitié. Chaque jour, elle ouvrait la porte de mon bar à la volée et insufflait brutalement un souffle de vie au Royal Oak, avec ses "bonjour !" plein d'entrain, ses vêtements criards et son énergie débordante. Rien, ici, ne semblait avoir d'impact sur elle. La noirceur des gens qui fréquentaient le bar, la froideur du lieu, la saleté, l'ambiance lourde et le manque de luminosité ne paraissaient pas l'atteindre car jour après jour, c'était la même rengaine et sa bonne humeur semblait même parfois être renforcée ! Et ce n'était pas pour mon plus grand plaisir…

Je ne savais pas comment l'expliquer. Ça aurait dû me réjouir, pourtant, de travailler avec quelqu'un socialement considéré comme étant aussi agréable, mais ce n'était pas le cas. La bonne humeur de ma nouvelle serveuse m'exaspérait, tout comme son sourire qui ne se décrochait jamais de ses lèvres.
Derrière mon comptoir, un torchon sur l'épaule, occupé à ranger les bouteilles, j'avais tout loisir d'observer la jeune femme astiquer les tables méticuleusement ou chasser les cafards à grands coups de balais ! Et j'avais beau lui répéter que ça ne servait à rien, que si ces sales bêtes pouvaient survivre à une bombe atomique, ce n'était pas elle et son balais qui allaient réussir à les chasser, elle ne voulait rien entendre ! Quant à la poussière, c'était comme si elle se ré-infiltrait dans le bar par les fenêtres dès que Stella avait le dos tourné.

Toute cette énergie gaspillée me rendait nerveux. La vérité, c'était que je les aimais bien, moi, mes cafards. En fait, TOUT LE MONDE, dans ce bar, aimait ces cafards ! Tout comme la poussière, les rats, les vitres crasseuses qui ne laissaient pas passer le soleil et les choppes de bières devenues opaques avec le temps. Choppes sur lesquelles Stella avait d'ailleurs jeté son dévolu aujourd'hui.
Ce que la jeune femme n'arrivait pas à comprendre, c'était que nous n'aimions pas le changement. Moi, tout comme les habitués de mon bar, tenions à notre petit train-train quotidien. Ce n'était pas pour rien qu'on les appelé des "habitués"! Et le Royal Oak sans sa poussière et son air vieillot, ce n'était plus le Royal Oak.


- Le prochain client qui boira dans ce verre sera certainement ravie d’avoir ce privilège, ça doit bien être la seule chose qui brille ici ! Déclara soudain Stella, me tirant de mes réflexions.

Je poussai un grognement en guise de réponse. Chaque coup de torchon qu'elle assenait à ce récipient était comme un coup de ceinturon dans mon dos ! J'étais sûr que la jeune femme cherchait à me punir parce qu'elle n'avait pas digéré le fait que je n'ai pas pris sa défense alors qu'un client lui avait pincé les fesses. PINCÉ LES FESSES, s'il-vous-plait !!! Il ne lui avait pas lancé un Imperium pour pouvoir la violer sur une table que je sache !!!
Et voilà que je grinçais des dents. Je n'avais jamais grincé des dents de ma vie, mais c'était comme si tout mon corps cherchait à se débarrasser de la frustration que me procurait Stella en astiquant si consciencieusement le verre et en déposant les chopes au bout du comptoir. Ce qui n'était absolument pas leur place.


- Et lorsque je me serais occupée des autres, nous n’aurons même plus besoin d’allumer la lumière !

La jeune femme se tourna vers moi et papillonna des cils de façon un peu surjouée. Je ne savais pas à quoi elle s'attendait, puisqu'après un haussement de sourcil, je reportai mon attention sur les bouteilles de Whisky que j'étais en train de ranger.
Peu importe que je fasse l'effort de me montrer aimable ou pas de toute façon car Stella continua a nettoyer avec encore plus d'énergie que la seconde précédente. Et, tandis que j'essayais d'ignorer ces choppes au bout du comptoir, je ne pus m'empêcher de me dire que je ne comprendrais jamais les femmes.

Quelques jours auparavant, j'avais rompu avec Clarisse, ma petite amie du moment, pour peu qu'on puisse la qualifier d'une appellation aussi douce parce que la jeune femme n'avait rien de petit ni d'amical. Au contraire, réflexion faite, elle me faisait plutôt penser à une harpie déchainée. Une fois de plus, elle avait trouvé le moyen de ramener sur le tapis le sujet très sensible que constituait le choix de ma nouvelle serveuse. Depuis que j'avais engagé Stella, pas un jour ne s'était écoulé sans que Clarisse ne me fasse regretter ce choix. Et, quand l'autre soir, cette dernière avait crié haut et fort, pour que les voisins ne ratent rien du spectacle, que je n'avais engagé cette garce que pour son cul, j'avais eu la faiblesse de répondre avec ironie, après des heures de dispute, un "mais oui, c'est ça…", las et désabusé. J'avais tout de suite compris mon erreur, mais bien sûr, il était trop tard pour la rattraper et trente minutes plus tard, Clarisse quittait l'appartement en trainant sa valise derrière elle, rouge de colère, et, selon ses dires, "humiliée comme jamais elle ne l'avait été ! "
Ah, les femmes…


- J’espère au moins qu’ils ne prendront pas peur quand maintenant ils pourront se voir dedans, ajouta Stella en parlant des habitués du bar.

Ces choppes… Cenétaitpasleurplace, cenetaitpasleurplace, cenetaitpasleurplace... Et plus je le pensais fort, plus mes dents grinçaient à la manière d'un crissement d'ongle sur un tableau noir… Argh ! Assez ! Je craquais ! Je lâchai mes bouteilles et desserrai enfin les dents.


-Ce n'est pas leur place, déclarai-je en fondant sur le monticule de choppes que la jeune femme avait fini par accumuler au bout du comptoir à force de frotter, frotter et frotter encore, comme une maniaque, maniaque, maniaque.

D'ailleurs, je ne savais pas qui de nous deux était le plus maniaque, mais ça m'était bien égal. Saisissant les choppes trois par trois, je les reposai sur leur étagère en vitesse. Je me tournai ensuite pour faire face à la serveuse et d'un même geste, nous baissâmes les yeux sur la dernière choppe qu'elle tenait encore entre ses petits doigts serrés, ce qui, de façon certaine, n'était pas sa place.

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MessageSujet: Re: Games are played [P.V]   Mer 31 Juil - 12:38

C’était un fait avéré, Angel Owns était un marginal. Un marginal que rien ne semblait atteindre, la grotte qui demeure cachée derrière la cascade qui allait se fracasser contre les rochers quelques mètres plus bas. C’était dans cette même grotte bien protégée qu’étaient entassées ses émotions, les unes après les autres j’en étais certaine ; et lui aussi également en avait pleinement conscience puisqu’il ne se gênait pas d’en jouer avec une facilité déconcertante comme pour faire croire sans doute que lui-même ne s’en rendait pas compte. Mais je savais que c’était faux. On pouvait bien vivre dans l’Allée des Embrumes, être patron du Royal Oak et tout ce qu’on voulait, je ne rentrais pas dans sa combine. Mais disons que la tâche était rendue difficile, puisque toute la clientèle participait à son petit jeu, et comme ça, j’en devenais la principale attraction, la mascarade même du pub. Et c’était très agaçant.

Je n’avais pas non plus mis longtemps à remarquer les tics et les manies qui l’animaient ; il avait beau être aussi ennuyeux qu’un rat crevé sur lequel les mouches venaient se venger, il ne pouvait pas non plus
tout cacher : comme par exemple, le coin de ses sourcils qui prenaient un angle bizarre lorsque je faisais une remarque, laquelle il ne partageait pas ; mais d’un autre côté, nous ne partagions pas grand-chose, et c’était tant mieux, parce qu’il était hors de question que je fasse partie intégrante du bar en devenant aussi raide que l’une des chaise qui menaçaient de craquer dans un horrible grincement à chaque fois qu’un homme un peu trop lourd venait à poser ses fesses visqueuses dessus ! Il y avait ce quelque chose d’étonnant, autant qu’il me donnait, par pur esprit de contradiction, envie de sortir Owns hors de ses limites, parce que ce calme à toute épreuve qui était sa marque de fabrique visiblement, au lieu de m’apaiser avait pour attiser ma curiosité autant que mon exaspération. Ce n’était pas possible de ne rien ressentir, et s’il voulait juste au moins admettre ça, j’étais certaine que cette relation, que je ne savais définir puisqu’elle n’était ni amicale, ni antagoniste, ni quoi que ce soit d’autre s’en serait retrouvée améliorée, mais non. Owns préférait finir en vieux croûton, et il n’y avait rien d’autre à dire. Parce qu’il avait cette faculté à ne jamais s’énerver ; du moins, lorsque c’était le cas il gardait ce ton plat, ainsi que cette façade lisse et sans tâche (oui, rien à voir avec les verres sur lesquels je m’acharnais comme un beau Diable !), comme si tous ses nerfs étaient condamnés à demeurer coincés entre ses muscles et qu’ils n’avaient pas la droit de s’exprimer par le geste. Du coup, on ne savait jamais vraiment s’il était énervé ou non, s’il était contrarié ou non, et moi, tout ça, ça m’énervait autant que cela me contrariait !

Difficile d’accorder ses violons avec une personne diamétralement opposé, si ce n’est que cela ne lui aurait fait que bien trop plaisir que je cède, alors qu’en plus de tout, et même s’il ne me convenait pas tant que ça, j’avais besoin de ce job. Et comme il n’était pas le plus agréable du monde vu les conditions de travail, je m’efforçais à la rendre agréable. Justement en donnant un coup de neuf à cet endroit miteux !

Angel rôdait dans les alentours car tel était le travail en revanche d’un patron de bar : rôder pour le simple plaisir de rôder, puisqu’il ne lui était pas donné de faire autre chose d’autre ; et c’était aussi parce qu’il le voulait bien. Mais rôder aussi pour avoir un je ne sais quoi, n’importe quoi à me reprocher. Sauf que voilà l’exercice était rendu périlleux, parce que tout ce que je faisais n’était que pour le bien de son précieux lieu et rien d’autre ! Etait-ce une raison valable pour en vouloir assez à sa serveuse et la remercier ? Je ne crois pas. Alors en attendant il se contentait de me laisser croire qu’il était assez occupé avec les bouteilles qu’il avait dans les mains pour faire autre chose. Des deux, le plus naïf n’était sûrement pas moi !!!

C’était une habitude à présent pour mes paroles, et ce à chaque fois qu’elles franchissaient mes lèvres, devenir vides de sens, ou du moins était-ce clairement la sensation qu’Angel me laissait éprouver, et pas de doute qu’il devait prendre un malin plaisir à agir de cette façon. Evidemment, je faisais exprès de ne pas m’en formaliser et en faisais de plus belle, parce qu’à force de parler, il allait bien finir par répliquer, c’était obligé, même si c’était seulement pour dire de me taire. Peut être que ce n’était pas le genre de conversation le plus loquace qui soit, mais au moins, c’était le meilleur moyen pour obtenir une quelconque réaction de sa part. Et comme ça, d’une certaine manière, je gagnais.

Cette fois ci, il craquait plus vite que je ne le pensais. Sa réactivité (lorsqu’il en avait) était toujours étonnante puisqu’elle était aussi inexistante qu’un embryon qui se bat dans le ventre de sa mère pour sa survie.
-Ce n'est pas leur place.
Malgré moi, je levai les yeux au ciel. Loin de moins l’envie de défier qui était la sienne après tout, puisqu’il était mon supérieur hiérarchique… Mais quand même. S’il avait eu raison, sûrement me serais-je fondue dans son ombre afin de m’attirer ses bonnes grâces. Mais ça faisait déjà quelques jours et à l’entendre il se portait bien mieux lorsque je n’étais pas là alors que nous savions tous les deux que ce n’était pas le cas !

- C’est une question de point de vue
, dis-je avec une très légère mauvaise fois parce que je ne voulais pas lui donner raison pour une autre qui était évidente : je savais tout ça,  mais le fait qu’il l’ait soulevé le premier m’empêchait de rejoindre son avis : parce que comme ça, c’était lui qui gagnait, nous revenions à cette égalité parfaite dont je ne voulais pas. Je sais, précisai-je parce que c’était plus fort que tout, c’est temporaire, je les rangerais quand j’aurais terminé, puisque vous ne m’aidez pas, comme vous avez pu le remarquer monsieur Owns. Mais j’avais la politesse suffisante pour ne pas aller jusqu’au bout de cette pensée à haute voix. Un coup de baguette, et hop ! On en parle plus !  J’agitai ma baguette de mon autre main pour joindre le geste à la parole, en me disant avec humeur que même les Récurvite n’arrivaient pas à bout de cette sordide saleté.

Angel n’était pas décidé à me laisser remporter cette deuxième manche, et je présume qu’il devait songer que ses mains allaient plus vite que la magie puisqu’il entreprit lui-même d’entreposer les chopes sur l’étagère…

- Mais ne fais pas ça, tu vas remettre des doigts de partout, il faut tout recommencer !
M’exclamai-je parce que le barman me faisait perdre du temps plus qu’il m’en faisait gagner, et j’oubliais qu’il y avait des clients pour assister à cette scène de ménage. Tantôt je le vouvoyais, tantôt le tutoyais parce que je n’avais pas encore réussi à choisir. Donc en attendant, je faisais les deux.

Je claquais ma langue contre mon palet parce que peut être que je n’étais que la serveuse, mais j’avais tout de même mon mot à dire : nous étions une équipe, quoi qu’il en dise !!! Il savait que j’avais raison, mais ça aurait été trop beau qu’il se range de mon côté tsss ! Il ne restait déjà plus qu’un récipient sur la table, et par réflexe, je voulus m’en emparer le plus rapidement possible, parce qu’en plus de tout, je n’en avais pas fini avec elle.

Sauf qu’au lieu d’empoigner le verre, ma main cogna contre celle d’Angel qui avait eu la même réaction au même moment ; nos phalanges percutèrent la chope, restée trop près du rebord du comptoir et qui termina sa cavalcade sur le sol en plusieurs morceaux coupants de tailles différentes desquelles je m’étais un temps éloignée par réflexe d’un mouvement sur le côté.

- Et voilà ! M’emportai-je en pointant de mes deux paumes ouvertes le désastre qui venait de se causer, c’est ce que je disais, tout est à refaire maintenant, je poussai un petit soupir en lui tournant le dos quelques instants pour récupérer ma baguette que j’avais entre temps abandonné entre deux bouteilles. Je sais, je sais, je m’en occupe, soupirai-je, même si c’était très frustrant de ne pas obtenir gain de cause alors que tout était de sa faute et que je l’entendais déjà me dire de l’une de ses phrases toutes faites dont il avait le secret que c’était à trop bien faire qu’il arrivait des choses pareilles, alors que ce n’était pas vrai du tout, c’était ce qui arrivait lorsqu’on mettait son grain de sel lorsqu’il ne le fallait pas !

Je fis volte face prête à lancer un Réparo sous les yeux des hommes derrière nous qui ne perdaient pas une miette de tout ce qui se passait, je pouvais sentir leurs yeux se coller sur nos personnes, mais Angel avait déjà fondu en avant pour récupérer les tranches de verre les plus imposantes. Voulant bien faire, je murmurai machinalement un Accio afin que tous les autres morceaux éparpillés plus loin se regroupe en petit tas pour que bientôt, ils ne fassent bientôt plus qu’une. Ce qui ne risquait pas d’être le cas de Owns et moi.
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MessageSujet: Re: Games are played [P.V]   Lun 26 Aoû - 21:16

- Mais ne fais pas ça, tu vas remettre des doigts de partout, il faut tout recommencer !

La voix de Stella m'agaçait autant que s'il s'était agi d'un bourdonnement de moustique qui m'aurait tiré d'un sommeil profond. Sauf que, à la différence d'un moustique, je ne pouvais pas brusquement faire volte-face et vaporiser de l'insecticide sur ma serveuse jusqu'à ce que mort s'en suive… Bien que ce ne soit pas l'envie qui m'en manque.
Je faillis répliquer parce que pour le coup, elle avait réussi à me faire sortir de mes gonds mais une hésitation sur la tournure de la phrase me coupa dans mon élan. Comme je ne savais pas si je devais la vouvoyer ou la tutoyer, j'éviter de l'appeler, de l'interpeler ou tout simplement de communiquer. C'était plus simple comme ça pour tout le monde.

Je concentrai donc toute mon attention sur ces choppes. Quand elles seraient rangées, j'en étais sûr, tout rentrerait dans l'ordre. Le comptoir du bar serait de nouveau dégagé, je pourrais y faire mes cocktails tranquillement, les clients seraient heureux, la Terre se remettrait à tourner et la vie pourrait enfin reprendre son cours.
J'étais si absorbé par mes pensées, ou plutôt si occupé à ignorer Stella et ses piaillements, que je ne remarquai pas sa main qui, à l'instar de la mienne, fondait sur la dernière choppe que je convoitais tant. Nos doigts se heurtèrent et le verre se brisa en mille morceaux sur le sol.
Dans un soupir, je me pinçai l'arrête du nez pour tenter de contenir ma colère. Pour l'instant, tout était calme mais dans trois, deux, un…


- Et voilà !

Je fermai les yeux pour essayer tant bien que mal de me concentrer sur autre chose que les jacassements de ma serveuse mais il n'y avait rien à faire contre sa voix criarde qui devait raisonner dans toute la ruelle.

- C’est ce que je disais, tout est à refaire maintenant…

Les yeux toujours clos, j'entendais les ricanements des hommes accoudés au comptoir. Je ne savais que trop bien de quoi tout ça devait avoir l'air pour des personnes extérieur à la scène : nos doigts qui s'effleuraient, la choppe qui glissait au sol et Stella et moi qui, tels deux ados en plein émoi, retirions précipitamment nos mains avant qu'un malaise gêné ne s'installe entre nous… Pouah. Rien que de penser à l'image que nous renvoyions, j'en avais des haut-le-cœur.
Comme je ne réagissais toujours pas, Stella poussa un petit soupir avant de déclarer d'un air résigné :


- Je sais, je sais, je m’en occupe.

Je devinais déjà qu'elle s'emparait de sa baguette pour ramasser les morceaux qui jonchaient le sol. Alors, sans attendre, je rouvris les yeux et m'agenouillai sur le sol pour me mettre au travail. Je détestais cette habitude qu'avait la jeune femme de faire appel à la magie pour un oui ou pour un non. Nous n'étions pas des estropiés, tout de même. Nous étions encore à même d'utiliser nos dix doigts pour faire certaines choses !

J'étais toujours en train de pester mentalement contre Stella quand j'entrepris de ramasser les morceaux les plus gros. Dans mon dos, je l'entendis murmurer un sortilège, comme je m'y attendais. Ce à quoi je m'étais moins préparé, en revanche, fut la vitesse à laquelle les bouts de verre filèrent sur le sol pour se regrouper en tas, y compris les plus gros que je tenais dans la main. Je n'eus pas le temps d'esquisser le moindre geste tandis qu'un premier bout de verre m'entaillait la paume et un autre l'avant bras, déchirant au passage une partie de mon t-shirt.

Je sifflai en réaction à la douleur et à mon agacement. Par réflexe, je plaquai la main qui n'était pas blessée sur mon avant bras. Ma blessure à la paume saignait abondement mais elle ne devait pas être bien profonde. En effet, je pouvais bouger chacun de mes doigts sans difficulté, signe qu'aucun nerf n'avait été touché. Quant à mon autre coupure, je préférais ne pas y regarder de trop près pour le moment mais je sentais le tissu sous mes doigts s'humidifier rapidement.
Il fallait que je réagisse car dans quelques secondes, Stella s'apercevrait que quelque chose clochait et comme d'habitude, elle voudrait se mêler de ce qui ne la regardait pas et s'occuper de moi. Or, la dernière chose dont j'avais besoin était bien d'une nouvelle scène faussement romantique devant mes clients !

La main toujours plaquée sur mon avant-bras, je me levai et filai en direction de l'évier sans même un regard pour ma serveuse. Au petit cri nerveux qu'elle étouffa, je compris qu'elle avait déjà dû remarquer le sang sur le sol et je me félicitai mentalement d'avoir choisi un t-shirt noir ce matin.


-C'est rien, grognai-je, agacé par tant d'émotivité. Je vais m'en occuper.

Sans plus prêter attention à la jeune femme qui, ne sachant sûrement plus où se mettre, était restée en retrait, j'ouvris le robinet d'eau froide et consentis enfin à relâcher la pression que j'exerçai sur mon bras. Pour le coup, ce n'était pas très beau à voir. La chair était bien entaillée et le tissu de ma manche partiellement découpée se plaquait à la plaie et aux endroits les plus humides. Quant à la douleur, elle me lançait mais l'eau fraîche me fit du bien.
Dans un mouvement réflexe, je glissai ma main valide contre la poche de mon jean mais ma baguette n'y était pas. Je relevai les yeux un instant vers le comptoir et l'aperçus un peu plus loin, hors de ma portée. Seulement voilà, la vérité était que je préférais rester planté ici et me vider intégralement de mon sang plutôt que de laisser Stella Lencer s'approcher à nouveau de moi.

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MessageSujet: Re: Games are played [P.V]   Jeu 29 Aoû - 19:10

Sous bien des aspects, Angel Owns me faisais songer à ce tableau tout au bout du quatrième étage de l’aile Ouest de Poudlard, que j’empruntais souvent durant mes études à l’école parce qu’il permettait d’accéder directement au premier étage, ce qui faisait toujours ça de moins à parcourir lorsqu’il fallait rejoindre la salle commune des Poufsouffle. Bref, celui qui avait voulu dresser le portrait de ce type là, aurait eu mieux fait de s’abstenir ce jour là : à chaque fois qu’on passait devant lui, il se contentait de jauger les élèves avec défi et on lisait dans son regard que s’adresser à l’un d’entre eux aurait été envers ses principes et pourtant, ce n’était pas faute d’avoir essayé de le dérider et j’avais essayé tous les stratagèmes possibles, la bonne humeur qui le mettait dans un état encore plus exécrable (c’est étrange ça me rappelait quelqu’un), la mauvaise humeur qui ne déclenchait rien de plus que… Que rien en fait. Les paroles polies, les gentilles attentions… Rien n’y avait fait et la seule fois que je l’avais vu perdre son sang froid ça avait été lorsque le gros poney gris du chevalier du catogan avait surgit sans prévenir dans sa toile et qu’il s’était enfui en courant dans un hurlement sinistre parce que son point faible n’était autre que la phobie des équidés. Fin de l’histoire.

Mais Owns, rien ne l’ébranlait. Owns était un grand gaillard avec son enseigne de bar toute miteuse, tellement miteuse qu’il avait eu envie d’être miteux avec elle pour former un joli petit couple. En même temps il avait bien choisi sa partenaire : ce n’était pas la devanture de magasin qui allait se mettre à jacasser toute seule. Immédiatement, son air de chien battu mêlé à l’exaspération tournée contre moi (il ne manquait pas d’air, c’était lui aussi et ses grosses pattes qui avait tout renversé !) m’agaça et me donna contre toute attente, l’envie de faire mieux et plus rapidement que lui ; qu’il se rappelle au moins qu’il ne m’avait pas engagé pour rien.

J’avais le dos à moitié tourné lorsque cela se produit : le bruit significatif de l’exclamation Ownsesque, qui se résumait à l’ordre d’un marmonnement, mais je n’étais pas dupe pour comprendre aussitôt le lien de cause à effet lorsque je constatais moi-même les dégats s’accentuer à ceux que nous avions déjà derrière les fesses : Angel, la mâchoire serrée, en train de presser son bras parce qu’un des morceaux de verre l’avait entaillé. Dans d’autres circonstances je me serais sans doute emportée de nouveau contre lui et lui proclamant que s’il ne voulait pas me laisser faire, c’était idiot de m’avoir embauché.

Dans d’autres.

Là, ma bouche s’était plutôt transformée en un grand O à cause de la bêtise commise tandis que mon cerveau ne cessait de répéter à vive allure Non Non Non !!!!!!! et que j’avais déjà abandonné tout ce que j’étais en train de faire pour me précipiter aux côtés du barman, agitant mes bras dans tous les sens parce qu’ils ne me servaient à rien et que j’aurais bien aimé, justement, qu’ils me servent à autre chose. Le point positif, si on pouvait appeler ça du positif, ce fut que toute ma frustration tournée vers Angel avait disparu ; j’étais tout à mon affolement, je ne pouvais pas tout faire à la fois !!!

- Il ne faut pas passer la blessure sous l’eau, ça ne va pas s’arrêter sinon !
Ravie de ma remarque censée, la pression redescendit un peu, et déjà, je me rapprochai pour voir l’étendue des dégâts et aviser la suite des opérations.

Et bien oui, il y avait du sang partout, ça allait salir tout le comptoir et le sol !!! Et enlever du sang sécher, déjà que même avec de la magie, c’était difficile, nous n’avions pas besoin d’une fausse scène de crime incrustée dans le marbre du comptoir !!!
-C'est rien. Je vais m'en occuper.
Je fus doublement désabusée ; déjà parce qu’à voir sa tête, il y avait autant d’émotions dessus que si j’avais tenté de lui faire caresser un chien alors qu’il n’en avait pas envie et qu’il aurait finit par lâcher « Ouais. Mais je le trouve pas mignon quand même » qui même si ça restait incompréhensible l’était quand même déjà plus que là alors qu’il avait le bras ensanglanté devant tous les clients !!!!!!!! Mais surtout. Surtout. Je restais interdite en secouant la tête comme si j’avais affaire à un légume qui comprenait  tout le contraire de ce que je lui disais. Parce que oui, que venait-il de faire très exactement ? Monsieur avait mis en contact sa plaie toute chaude, avec l’eau toute froide qui s’écoulait du robinet, et là, non, vraiment, ce n’était plus possible on courait droit à la catastrophe et rah Tssss comment faisait-il pour être à ce point… Angel Owns ?!

- Non, non, non, pestai-je en me remettant en mouvement soudainement, on dirait une petite fille qui vient de s’écorcher le genou par terre pour la première fois, je sais ce qu’il faut faire, décrétai-je. J’avais repris ma baguette magique, mais pour arranger les choses cette fois sans laisser à Angel le temps de faire sa mauvaise tête ; ce qui ne lui allait pas du tout au teint au passage mais oui, j’avais compris ce genre de choses ne le préoccupait pas plus que ça…

Il n’allait pas m’empêcher de l’aider quand même ! Sans lui demander la permission, parce qu’avec lui, c’était le mieux, je vous assure, j’arrivais à ses côtés pile au moment où il enleva de nouveau sa main valide pour nettoyer un peu le sang de son bras, mais veines avaient l’air plus grosses ici, et il y avait autre chose également sous le sang, mais difficile à voir parce que comme je l’avais dit il coulait encore plus abondamment, mais du coup, mon visage s’était figé sur la peau… La peau…

Il se passa une seconde pendant laquelle je ne fis aucun geste. Mon cœur néanmoins, qui avait compris plus vite que moi ce qui se passait avait réagi au quart de tour et s’était emballé dans ma cage thoracique. Je relevai les yeux vers Owns aussitôt pour trahir quoi que ce soit dans son visage, la bouche légèrement entrouverte ; je ne vis qu’après que durant ce court laps de temps qui m’avait pourtant semblé durer l’éternité, j’avais cessé de respirer. Tous mes sens étaient en alerte.

Trop tard.
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MessageSujet: Re: Games are played [P.V]   Dim 6 Oct - 20:35

Je trouvais ça tout bonnement incroyable. Incroyable que depuis que nous travaillions ensemble, Stella Lencer n'ait toujours pas compris que ce qui m'exaspérait par dessus-tout, c'était les gens qui se mêlaient de ce qui ne les regardaient pas, et particulièrement quand l'objet de leurs recherches était ma petite personne. Parce que oui, effectivement le truc du barman ténébreux et mystérieux n'était pas juste une façade pour faire tomber les filles, au cas où ma serveuse ne l'aurait pas encore deviné ! J'étais ce mec discret qui n'aimait pas en dire trop long sur son passé ou ses projets ! Je n'étais pas quelqu'un de démonstratif, cela en avait toujours été ainsi. Pourtant, malgré ce fait avéré, la jeune femme s'obstinait encore et toujours à me poser des questions, à tenter de faire la conversation et à ne pas vouloir faire l'effort de concevoir que je n'avais pas envie de répondre.

Et ce petit incident qui venait de nous arriver, c'était exactement le même cinéma ! Je lui demandais de me laisser tranquille, on ne pouvait pas dire que je n'étais pas explicite comme garçon ! Mais non, ça ne pouvait pas se passer comme ça, il fallait qu'elle vienne se coller à moi, prendre des décisions à ma place et me mettre du mercurochrome et un pansement comme si j'avais cinq ans. Et d'ailleurs, les mots qui passèrent le seuil de ses lèvres me confirmèrent que j'avais raison sur toute la ligne.


- Non, non, non, on dirait une petite fille qui vient de s’écorcher le genou par terre pour la première fois, je sais ce qu’il faut faire !

Une… petite fille ?! Non mais qu'est-ce qui allait pas chez cette gonzesse ? J'avais demandé une serveuse moi, pas une maman poule !!!
Je fis claquer ma langue contre mon palais en signe d'agacement absolu. Je détestais qu'elle fasse toujours mine de tout savoir en me faisant passer pour un parfait crétin. J'étais majeur et vacciné et tout à fait capable de prendre soin de moi tout seul. Je me retournai pour le lui dire quand je me trouvai soudainement nez à nez avec elle.

Un instant, je ne dis rien, pris au dépourvu par cette subite apparition. En effet, je pensais la jeune femme beaucoup plus loin de moi ! Elle avait dû se rapprocher sans que je ne m'en rende compte, trop occupé à pester contre elle. Instantanément, je plaquai à nouveau ma main contre mon avant bras et esquissai une grimace de douleur en réponse à ma brutalité. Stella, quant à elle, ne disait toujours rien, ce qui aurait dû combler toutes mes attentes… Mais pas cette fois.

Nous restâmes un instant à nous toiser. Autour de nous, il n'y avait plus aucun bruit. Pas une parole, pas un murmure, pas même l'habituel cliquetis des couverts contre les assiettes. Rien. Tous les regards étaient braqués sur nous parce que nous nous donnions en spectacle et j'avais horreur de ça. Le feu des projecteurs braqué sur moi, je n'avais qu'une envie : sortir de scène.
Et, coup de chance pour moi, nous n'étions pas du tout dans l'un de ces affreux rêves de collégiens où l'on se retrouve sur les planches en pyjama, sans connaître son texte et sans pouvoir fuir. Ici, c'était la réalité et plus précisément, c'était mon bar. J'en étais le patron et je n'allais pas subir ces scènes de ménage encore bien longtemps. Au nom de quoi, d'abord ? Stella Lencer n'était, à mes yeux, qu'une vague connaissance.


-Qu'est ce qu'il y a ? Demandai-je froidement.

Seul le bruit de l'eau qui coulait venait troubler le silence. Stella me fixait sans que je sache si elle était choquée par ce qu'elle avait vu ou si elle était juste impressionnée par la vue du sang. Mais en réalité, je me fichais pas mal de connaître la vérité. J'allais lui faire regretter tant de familiarité.


-Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, Miss Lencer, je ne suis pas une petite fille.

Cette remarque provoqua quelques réactions dans notre public improvisé. J'employais le vouvoiement bien que ce ne soit pas mon habitude pour mettre la jeune femme mal à l'aise, comme elle m'avait mis mal à l'aise. Elle avait dépassé les bornes. Je n'étais pas quelqu'un d'excessif mais elle m'avait piqué à vif sur un sujet sensible.

-Vous êtes virée, déclarai-je de but en blanc. À la fin de votre service, vous prendrez vos affaires et vous quitterez les lieux. Et inutile de dire quoi que ce soit, ajoutai-je en prévision du flot de paroles intarissables qui risquait de passer sous peu le seuil de ses lèvres.

Sans le moindre regret, je m'éloignai du comptoir et contournai Stella sans même un regard pour elle. Je saisis ma baguette au passage et traversai le bar pour emprunter les escaliers du fond qui menaient directement à mon appartement. Là seulement je recommençai à souffler.
Je ne m'étais pas trompé en engageant cette fille. J'avais voulu lui donner sa chance mais j'avais toujours su qu'elle représenterait une véritable source de problème. Ce qu'elle avait vu ou pas ce soir ne me regardait plus désormais. Stella Lencer n'était plus mon problème et nous ferions nos routes chacun de notre côté à présent.
Quant à savoir si elle pourrait tenir sa langue… Il me semblait que malheureusement, je connaissais déjà la réponse.





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