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Pride and Prejudice [Pv]

 

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 Pride and Prejudice [Pv]

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Ulrich Liechtenstein
Assistante de Potions



Masculin
Nombre de messages : 2628
Date d'inscription : 29/06/2008

Feuille de personnage
Particularités: Masochiste
Ami(e)s: Hazel Woodley dans mes plus grands fantasmes
Âme soeur: Katie Bell, mais ça ne change rien au fait que je vais en épouser une autre.

MessageSujet: Pride and Prejudice [Pv]   Mar 25 Juin - 1:11

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Elle s’en allait. Disparaissant dans la nuit. Est-ce qu’elle avait été un mirage ? Une image créée de toute pièce par son esprit engorgé d’eaux de vie ? Ulrich pencha sa tête sur le côté, la regardant sans ciller jusqu’à ce qu’elle tourne au détour d’une rue avant de transplaner, laissant échapper un « pouf » avant de n’être plus qu’un souvenir particulièrement étrange de cette soirée. Ulrich voyait trouble, avait du mal à tenir droit. Il avait bu encore et encore. D’abord pour oublier, puis pour le plaisir, pour empêcher la serpentard de faire de même, et parce qu’il était trop soul pour s’arrêter. Ulrich et l’alcool, c’était comme un vieux couple auquel on ne fait plus attention. Il n’était pas alcoolique, il pouvait s’arrêter, parce que dans le fond, ce n’était pas de la boisson dont il était accroc, mais des effets. Drogue ou alcool, c’était un peu au choix. Seulement la drogue n’était pas légale. Mais même des effets, il pourrait d’en l’absolu ne pas en avoir besoin, mais c’était tellement agréable ! Ivre, ses priorités étaient changées, ses soucis devenaient secondaires et l’envie qu’il avait de profiter de la vie se décuplait. Tout semblait merveilleux. Alors pourquoi y renoncer ? Certaines personnes trouvaient du plaisir à lire des livres, d’autres, jouer de la musique, lui c’était de goûter aux paradis artificielles. Et voilà une chose, que même Ambre, même Katie, et même sa chère et tendre Cassandre Benson ne pourront jamais lui enlever.

Ambre. Elle était venue ici. Cette fille était et resterait une énigme. Elle dégageait quelque chose, comme une ombre négative parce qu’elle se sentirait incomprise et solitaire, mais en même temps, elle rejetait toute approche. Ambre était bien compliquée à comprendre. Ulrich ne se cassait pas la tête, c’était une des principales choses qu’elle lui reprochait d’ailleurs. Ambre n’aimait pas le fait qu’il ne se préoccupe de rien. Si on lui disait : « Je vais bien ! » alors il considérait que la personne allait bien. Il n’était pas naïf au point d’y croire, s’inquiéterait en silence, mais il ne chercherait pas plus. Dans le fond, il ne connaissait aucune personne qui l’entourait. Tant qu’on ne se confiait pas à lui, ce n’était pas lui qui irait volontairement chercher des informations. Il n’avait pas envie de s’imposer, se prendre la tête et se faire détester, même si par moment, savoir ce qui tracassait Ambre l’intriguait. Elle, il voulait la connaitre. Mais il ne savait pas comment s’y prendre. Pourtant, il était, et surtout en ce moment, proche de tellement de femme que ça en devenait presque malsain, mais Ambre, qui était celle dont il était le plus attiré, il ne parvenait même pas à lui arracher un sourire, à la faire rire ou même à ce qu’elle lui dise le moindre mot gentil, ou juste désintéressé. Ambre n’éprouvait rien pour lui. Pas le moindre sentiment d’amitié, d’amour, ou juste de tolérance. Il n’était rien pour elle, et malgré le fait que ça aurait dû être douloureux, du moins, logiquement, en fait, il n’éprouvait rien. Il espérait toujours qu’un jour, cette situation ne change, mais ne s’attendait pas non plus à la voir évoluer. Entre eux il n’y avait rien et tellement de choses à la fois qu’il lui était impossible de mettre un nom sur ce qu’il ressentait pour elle. Et même si il savait que ce serait à jamais à sens unique, il ne pouvait pas s’empêcher de se dire, seul au beau milieu de cette rue de Londres, qu’il était content de l’avoir vu ce soir. Quand bien même, elle n’avait fait que lui planter un peu plus un pic à glace en plein cœur.

Ulrich fit un demi-tour sur lui, puis revint sur ses pas. Ou c’était chez lui déjà ? Il ne pouvait pas se permettre de rentrer comme ça. Certes, il n’en avait rien à foutre de ce que pouvait penser Cassandre et encore moins du fait qu’elle l’attendait peut-être depuis tout ce temps, même si il en doutait quand même un peu. Ce serait flippant. Qu’elle l’attende. C’est vrai. Ulrich l’imaginait, dans son lit, les couvertures repliées un peu sur elle, regardant la montre de sa chambre, toutes les cinq minutes en se demandant s’il ne lui était rien arrivé. Ce serait tellement pathétique. L’image de la femme de maison, parfaite dans son petit rôle de mère porteuse, bonne qu’à faire des enfants. Des enfants… quel horreur… ce serait son pire cauchemar qu’elle tombe enceinte. De toute manière pour ça, encore fallait-il qu’il couche avec elle et vu le peu de temps qu’il avait passé en sa compagnie, ce n’était pas vraiment au programme. Quel plaie de devoir épouser quelqu’un comme elle ! Elle n’avait rien d’intéressant à ses yeux. Cette fille était un stéréotype vivant. La fille de bonne famille, qui obéissait bien gentiment à son papa, qui mangeait des muffins en buvant sa tisane à la camomille en disant d’une voix haut perché « Ho mon dieu, je ne bois pas plus d’un verre de vin ! Après je serais ivre hihihi » HAAA mais c’était quoi cette femme qu’on lui attribuait ? Le genre de femme qui souffle dès qu’il y a une brise de vent ! Sa mère voulait aller en France, en Espagne, sur une île en plein milieu de l’Océan et lui ? Ils pensaient à lui ? Ulrich aimait les pays nordique, ou il y a de la neige toute l’année et où la nature semble prendre le pouvoir sur l’homme. Voilà ce qu’il voulait ! Pas d’une petite maison de ville avec une femme, deux enfants et un chien…mais avec la chance qui semblait l’accompagner il n’aurait pas non plus le choix de ça ! Ulrich eu un rire mauvais. Ouais… il aurait un chien nommé Sparky et ses enfants porteront le nom de leurs grands-parents, ils iront le week end chez eux, histoire de prendre des pique-niques dans l’herbe… pff… non mais rien que de l’imaginer, il avait envie de se cogner la tête contre un mur. C’était horrible, pathétique, monstrueux, impensable, c’était l’exact opposé de ce qu’il espérait après poudlard. Et c’était à sa porte. Non, pas à sa porte, dans son lit. C’était dans sa chambre, entre ses draps, enfouis sous ses couvertures. Ulrich ne voulait pas rentrer. C’était trop dur. Ambre avait raison, il fuyait la vérité. Mais la vérité, était loin de lui plaire.

Ulrich soupira, comme si quelqu’un allait entendre ses supplications. Il avança, lentement entre les ruelles. Parfois il repérait des regards qui s’égaraient sur lui. C’était quoi cette rue ? C’est vrai que c’était très loin d’être un coin très propre ni très… luxueux. C’était très loin de ce qu’il était, de l’endroit dans lequel il vivait. C’est vrai que dans le fond il n’était pas non plus trop à plaindre… c’est vrai qu’il n’aimait pas Cassandre mais elle n’était pas moche, ni trop repoussante… on pouvait même dire qu’elle était assez jolie, dans son genre. Ils seront riche donc ils pourront se permettre un peu tout ce qui leurs plaisaient. Ce n’était peut-être pas plus mal… ouais mais non. Rien que par principe. C’était peut-être un caprice de gamin élevé avec une cuillère en argent dans la bouche, mais il ne voulait pas qu’on le case avec quelqu’un comme s’il n’était qu’un pion sur un échiquier géant. Il valait mieux que ça ! Du moins, il l’espérait. Quoi que vu la tête qu’il devait avoir… ce n’était pas dit qu’il valait mieux que tous ces clodos qui le reluquait un peu trop à son gout. Ulrich avança un peu plus rapidement. Il ne pouvait pas transplaner. Pas dans cet état. Il déboucha sur une rue un peu plus peuplé, recherchant un taxi du mieux qu’il put. Au bout d’une dizaine de minute il en trouva un qui le déposa devant le Manoir. Il eut droit à plusieurs compliments et questions indiscrète, et même ivre, il sentait qu’il essaya de gonflé le prix en voyant où il vivait, mais Ulrich s’en foutait. Il fila sa carte et paya ce qu’il voulait. L’argent moldus ne valait rien. Et les pauvres vénéraient tellement l’argent qu’ils ne se rendaient même pas compte que c’était justement pour ça, qu’ils n’en avaient pas. Et si c’était pour cette raison qu’il n’arrivait pas à approcher Ambre ? Parce qu’il l’aimait trop. Elle se sentait peut-être compressé par l’amitié qu’il avait pour elle ?... Il y réfléchirait. Un autre jour. Un autre moment. Durant une autre vie. Maintenant il allait juste prendre une douche et s’allonger comme une huître sur son lit et dormir, dormir pendant des années.


-------------------------


Ulrich ouvrit les yeux puis les referma aussi sec. Le volet de la baie vitré n’avait pas été baissé. Pourquoi il ne l’avait pas fermé ? Ha oui… il n’avait pas passé la soirée dans sa chambre. Ulrich prit une grande respiration. Il se souvenait à peine du moment où il était rentré chez lui. Tout était confus. Les escaliers dans lesquels il avait trébuché quinze fois, son elfe qui avait essayé de l’aider, sa chambre plongé dans l’obscurité parce qu’il ne trouvait plus l’interrupteur, la douche… enfin… il lui semblait qu’il avait réussi à y entrer. Il avait dû y passer une heure sans même s’en rendre compte. Ses cheveux étaient encore un peu mouillés visiblement. De ce qu’il pouvait voir une partie de son coussin était trempé ou alors c’était celui de… Ulrich ouvrit les yeux à nouveau. Puis se redressa en moins d’une seconde. Il avait passé la nuit allongé sur elle ! Non ! Ce n’était pas possible ! Ulrich reprit sa place initiale dans le lit. Ok… Ce n’est pas son t-shirt ça ? Elle lui avait pris un de ses T-shirt pour dormir ? Et pourquoi elle ne portait seulement qu’UN T-SHIRT ? Elle connaissait un type depuis un jour et elle se mettait déjà à moitié nu dans son lit ? Merde ! Cette fille était très loin de ce qu’il pensait, mais ce n’était pas un compliment pour le coup… Quoi que lui… il ne portait pas non plus grand-chose… enfin ça c’était normal ! Ulrich ne mettait jamais de pyjama.

Le serpentard se laissa retomber sur le lit, la tête sur son propre coussin cette fois. Il posa son bras sur ses yeux, se cachant un peu du soleil. Pourquoi n’avait-elle pas fermé les volets ? Il devait être quoi…8h ? Le soleil se levait tôt durant cette période de l’année. Et dire qu’il avait prévu de dormir jusqu’à midi… maintenant c’était un peu foiré. Du coup il n’avait toujours pas décuvé non plus. Ulrich constatait encore les effets de l’alcool sur lui : des gestes lents, un esprit lent, une vue moins nette. Il referma les yeux, respirant calmement. Cassandre n’était pas encore réveillée apparemment. Il pouvait peut-être encore prendre la télécommande du volet qui était… sur la table de chevet de son côté à elle… évidement. Ulrich se frotta le crane. S’il transplanait, il ferait trop de bruit. Si il sortait du lit, il la réveillerait, et le but étant qu’elle reste bien gentiment endormis histoire de pas faire de cirque pour se lever, parce qu’une fois qu’elle sera debout, on viendra le chercher pour qu’il fasse de même. Donc qu’elle reste là. Qu’elle ne bouge pas d’un centimètre. Ulrich se tourna vers elle. Ok. S’il se penchait légèrement au-dessus d’elle, il pourrait attraper la télécommande sans qu’elle ne remarque rien. Jusque-là, le plan semblait parfait. Dans la pratique ca l’était moins. Ulrich avait du mal à rester en équilibre sans beaucoup d’appui. Une fois saisi de la télécommande il bascula, retombant violemment sur elle. Oups.  Et bien… Bonjour !


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MessageSujet: Re: Pride and Prejudice [Pv]   Mer 26 Juin - 16:50

Autrefois, j’avais toujours eu le sommeil léger, et surtout je n’avais pas besoin d’innombrable heures de sommeil pour être en forme. Cependant, depuis que les crises s’étaient déclarées, depuis que je devais rester à l’hôpital pour passer toute une batterie de tests inutiles, je dormais beaucoup plus facilement, et surtout, beaucoup plus profondément. La preuve, à peine avais-je touché l’oreiller du lit de mon cher fiancé, que déjà, je partais dans les bras de Morphée. Par la suite, je ne m’étais pas réveillée une seule fois. Il faut dire que ce lit était particulièrement confortable, et que j’étais très fatiguée. Je ne me souvenais plus exactement de mes rêves. Toujours en est-il que je me réveillai à moitié, alors que les rayons du soleil pénétraient à grand flot dans la chambre où je me trouvais. Je restai les yeux fermés, profitant de la douce sensation cotonneuse qui s’était emparée de mon corps, alors que je sortais à peine des bras de Morphée. Encore engluée dans le sommeil réparateur que j’avais eu, je me permis de ne pas réfléchir, ni même de penser à l’endroit où j’étais, et ce que je faisais dans ce lit, trop grand pour être le miens. Je me forçai à garder une respiration lente et mesurée, et à ne pas bouger, certaine que si je dérogeai à l’une de ses règles, j’allais me réveiller et retomber dans l’horreur de la réalité. Horreur, oui, c’était probablement le meilleur mot pour décrire ma vie, en ce moment. Je tournai doucement le visage vers la gauche, tentant de ne plus penser à toutes ces choses, et profiter des dernières minutes de félicité qui s’offraient à moi.

Mais, alors que je sentais mes pensées s’envoler à nouveau vers les méandres doucereux des rêves, quelque chose me tomba dessus, et me coupa le souffle. Je sursautai violemment et ouvris grands les yeux, ne comprenant pas ce qui m’arrivais. Et alors que je secouai la tête pour tenter de me remettre les idées en places, j’aperçus quelqu’un sur moi. Non, pas quelqu’un, Ulrich. Je restai complètement interdite pendant quelques secondes, puis, réalisant qu’il était allongé sur moi, et qu’il me regardait d’une drôle de façon, j’eus un mouvement de recul –tout de moins, ce qui ressembla à un mouvement de recul, puisqu’étant couchée dans un lit, il m’était impossible de réellement reculer-. Je ne comprenais pas. Où étais-je ? Pas dans ma chambre ! Et qu’est-ce qu’il faisait sur moi ? Et puis il était à moitié nu ! Mais qu’est-ce qui lui prenait ! Je fronçai subitement le nez sous l’odeur que son haleine me renvoyait : il avait bu ! Voilà où il avait dû passer sa soirée, dans un bar, à boire pour fêter notre cher et stupide mariage arrangé ! Dégoutée, je tournai le visage tout en essayant de dégager mes bras de sous son poids pour l’envoyer valser à l’autre bout de la pièce. Le contact de sa peau sur la mienne me révulsait à un tel point que cela me donnait envie de vomir, d’autant plus que l’odeur de l’alcool semblait s’infiltrer dans tous les pores de mon visage, et je détestais ça. Je sentais ses jambes, qui touchaient les miennes, et dégoûtée, tentais de me dégager. Je faillis crier de désarrois pour le faire partir de lui-même, car je savais que je n’avais pas assez de force pour le soulever totalement, quand la porte s’ouvrit brusquement. Dans un même mouvement, Ulrich et moi tournâmes nos visages vers le bruit, et je vis avec horreur ma belle-mère s’avancer dans la chambre. Elle posa son regard sur nous, et surprise mais visiblement ravie, elle dit :


-Oh, je vois que vous vous entendez déjà à merveille, je vais vous laissez continuer vos affaires, je reviendrais plus tard !

Puis, elle tourna les talons, et sortit de la chambre en fermant la porte avec douceur, un grand sourire accroché au visage. Horrifiée et paniquée d’avoir un tel réveil, mais surtout d’avoir été vue par ma chère belle-mère dans une telle position, je le poussai de toute mes forces, et tirai la couette sur moi, tout en sortant du lit. J’entendis un grand bruit qui m’indiqué qu’Ulrich était très certainement tombé du lit, mais ne m’en préoccupait pas plus que cela. En vérité, j’étais plus occupée à me cacher derrière la couette, pour que ce gamin voyeur ne se rince pas les yeux. J’avais en effet oublié que je n’avais revêtu que l’un de ses Tee-shirt pour dormir, et que je n’avais rien dessous. Oui, vraiment rien ! Mais qu’avais-je dans la tête hier soir ? Je titubai légèrement, et me retins au mur. J’étais trop faible, ce réveil brutal m’avait empêchée de remettre toutes mes idées en place, et mon sens de l’équilibre ne semblait pas correct. Et puis, je sentais que toute la fatigue que j’avais accumulée ces derniers mois à cause des crises, se concentrait en moi de façon importante. La tête me tournait légèrement, et je plaquai l’une de mes mains contre le mur derrière moi, pour me maintenant debout, tandis que l’autre tenait toujours fermement les couvertures contre mon corps.

Quand enfin, j’eus les idées un peu plus clair et que ma tête s’arrêta de tourner de façon désagréable, je passai ma main sur mon visage puis dans mes cheveux. Après quoi, mon regard tomba sur mon fiancé, qui était toujours allongé par terre, l’air totalement atone. Il ne portait qu’un caleçon. Excédée, je levai les yeux au ciel, sentant que la rage et la colère qui m’avaient habitées hier durant toute la soirée se mettait à grandir dangereusement en moi. Mais qu’est-ce qui lui avait pris de me monter dessus comme ça ? Et pourquoi est-ce qu’il était revenu ! J’avais cru qu’il allait passer la nuit chez un de ces amis, ou alors au moins qu’il se serait installé sur l’un des canapés de sa chambre ! Mais non ! Monsieur revenait complètement ivre, dans son lit et se couchait même sur moi sans demander la moindre permission ! Je me sentais salie et trahie. Furieuse d’avoir été réveillée de la sorte, et de devoir supporter pour le reste de la journée les regards amusé de mes parents et des siens, je lâchai la couette, et allai me planter devant lui, les poings sur les hanches. Ce n’était pas ce gamin ivre qui allait me faire peur, et d’ailleurs, il allait m’entendre ! Certes nous allions être marié, mais je tenais au peu de liberté qu’il me restait, et jamais il ne pourrait me l’arracher, j’allais me battre pour cela
!

-Mais tu es complètement malade ? Qu’est-ce que tu faisais sur moi ? Et pourquoi est-ce que tu pues l’alcool… non en fait ça je m’en fiche, tu fais ce que tu veux de ta vie ! Mais tu n’as pas le droit de te mêler de la mienne comme ça, et de me toucher sans que je te donne la permission ! Criai-je, tout en maintenant ma voix à une intensité sonore respectable, pour que les murs ne tremblent pas sous les coups de ma fureur.

Et le plus énervant, c’est qu’il ne semblait pas du tout s’en vouloir. Je levai à nouveau les yeux au ciel, et énervée, commençai à me diriger vers les canapés. Si j’avais pu, et s’il n’avait pas été dans la pièce, j’aurais frappé tous les coussins que je trouvais. Je devais cependant tenter de me calmer, et je m’approchai du minibar pour en sortir une bière. Je n’aimais pas vraiment l’alcool, le goût me donnait la nausée, et pourtant, furieuse comme tout, je ne m’en préoccupais guère et bu trois longues gorgées. Je posais avec brusquerie la bouteille, puis me dirigeai dans le dressing où je m’enfermai à double tour. Ce n’était pas possible ! Comment une journée pouvait-elle aussi mal commencer ? Je fis les cent pas dans le dressing, furieuse contre le monde, contre mes parents, et contre ce fiancé détestable et profiteur ! Je pris ensuite une longue inspiration, et ébauchait quelques pas de danse, ce qui eut pour effet de me calmer. En tous cas, de me calmer suffisamment pour fouiller à nouveau dans les habits de mon cher et tendre. En cherchant bien, je dénichai un jogging pas trop grand, et même une petite culotte qui devait appartenir à… je ne préférais pas savoir, en fait. Levant les yeux au ciel pour la troisième fois en quelques minutes seulement, j’enfilai tout cela, puis sortis du dressing. La vue même de mon fiancé fit augmenter la colère qui bouillonnait en moi. Comment pouvais-je me marier avec un gamin pareil ? Mon père l’avait-il bien vu ? N’y avait-il pas eu un problème quelque part ? Je ne comprenais pas, vraiment. Je ne comprenais pas comment on pouvait lier sa fille à un gars pareil. Je soupirai fortement, ne sachant pas ce que je devais faire.

-Et en plus ta mère nous a vus dans cette position… Je suis sûre qu’elle va le répéter à toute la communauté sorcière. Genial ! Ajoutai-je cyniquement.

Je soufflai à nouveau, incapable de rester calme et de ne pas m’énerver. Cherchant quelque chose à regarder, je me dirigeai alors vers les quelques photos éparpillées sur l’un des murs de la chambre. Lorsque je vis que la plupart contenaient des filles –probablement des filles de Poudlard- je faillis lancer un nouveau commentaire sarcastique à Ulrich, puis me retins, mon attention captée par l’une d’entre elles. Je m’approchai un peu plus en fronçant les sourcils, et dû me rendre à l’évidence. Je connaissais cette fille. Puis, tout me revins en mémoire. Les Miss et Mister ! Mais bien sûr ! Cette fille était Ambre Serana ! Comment je la connaissais ? Simplement parce qu’elle avait été élue lors de ma septième année, miss Serpentard. Et à côté, le mister… Ulrich. Tout s’emboita parfaitement dans ma tête, tandis que quelques souvenirs se précipitaient avec fracas dans mon esprit. J’avais été à Poudlard en même temps qu’Ulrich. Cette découverte me choquait plus que tout, et je ne savais même pas pourquoi. Je tentais de me rappeler si je lui avais déjà parlé avant, et pire… si j’avais déjà parlé de lui avec mes compagnes de dortoirs. Mais non, heureusement. Il me semblait même ne jamais l’avoir vu. Pourtant, il ne devait avoir qu’un an de moins que moi, j’aurais dû le croiser souvent dans les couloirs, non ? Visiblement, j’étais trop préoccupée par mes études, les Aspics et James pour m’intéresser réellement aux élections de Miss et Mister et surtout, au mister de cette année-là. Je jetai un nouveau coup d’œil sur la photo, puis m’en détournai et dirigeai mes prunelles sur Ulrich.

-Tu es encore mister, cette année ? Demandai-je, avec plus de douceur que précédemment.

Je le détestais toujours autant, et je ne croyais pas que cela changerait, mais je devais trouver la force de faire un tout petit effort de conversation, sinon j’étais sûre de devenir folle.
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Ulrich Liechtenstein
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MessageSujet: Re: Pride and Prejudice [Pv]   Mer 3 Juil - 22:01

Il n’y avait rien à dire. Rien à faire. Juste rester là, allongé sur ce grand lit, qu’il n’avait jamais bien aimé d’ailleurs. Ce lit était bien trop grand. Bien trop volumineux. Bien trop rustique et travaillé. Ce lit était bien trop voyant pour un simple lit dans lequel il ne dormait qu’une partie infime de l’année. Ce lit était bien au-dessus de ce qu’il souhaitait pour juste dormir. Bien trop imposant pour être son lit. Il se demandait bien parfois ce qui le rattachait à ces gens, mise à part son nom de famille. Sa chambre, si tant est qu’elle était bien sienne était pleine de choses dont il se fichait : Un salon qui, rien qu’en le regardant, on ne pouvait que si dire qu’il avait couté une fortune  -encore si il avait été d’une quelconque particularité pratique ou visuel- alors que ce n’était qu’un salon banale et juste hors de prix. Il y avait aussi cette immense baie vitré qui donnait sur le parc. Non mais c’était d’un inconfort ! Si les fenêtres n’étaient pas fermées la lumière entrait et baignait toute la pièce. Insupportable. La tapisserie aussi, qu’il n’avait pas choisie. Les meubles. Les tableaux aux murs. On reconnaissait que c’était la chambre d’un étudiant pour une chose, les photos qu’il avait accroché. Et encore, la moitié avait été retirée parce que Katie avait été dessus. Voilà une chose qu’il allait récupérer et remettre. Il se fichait bien que ça puisse mettre Cassandre mal à l’aise. Elle n’avait qu’à pas vouloir l’épouser. En tout cas, il n’allait pas jouer les hypocrites. Pas avec elle. Pas en privé. D’ailleurs, en parlant d’elle. Sa présence dans sa chambre, dans son lit, voilà une autre chose qu’il n’aimait pas dans sa chambre. Voilà une autre chose dont il se débarrasserait bien. Une fois qu’il aurait dormit.

Ulrich tourna son visage vers la femme qui partageait son lit. Dans cette position, cette tenue, les yeux clos et la bouche fermée, elle n’était pas si horrible. Mais elle avait les cheveux courts. Ulrich avait une image assez dépassé, c’est vrai, mais à ses yeux, les femmes avaient les cheveux longs. C’était presque quelque chose d’indissociable. Sans doute avait-il trop longtemps vécu avec sa mère et sa sœur, qui, dès qu’elle passait devant une glace, ne pouvait s’empêcher d’arranger leurs cheveux dans le miroir. Mais c’était comme ça : il aimait les femmes aux cheveux longs. Et Cassandre avait les cheveux courts. C’était simplet et sans importance, mais c’était un point négatif. Et il lui en fallait peu à Ulrich pour trouver de quoi la détester. Sans compter qu’elle avait l’air en paix. Qu’elle avait l’air d’apprécier ce lit, cette chambre, ces couvertures, ces draps et cette maison. Tandis que lui, détestait tout ce qui s’y rattachait. Rien n’irait jamais entre eux. Ils n’étaient pas compatibles et c’était le plus horrible. Il lui en voulait, c’était certain. Même il la détestait en ce moment pour tout le désordre qu’elle mettait dans sa vie mais il savait qu’un jour ou l’autre, il allait devoir l’accepter. Mais pas avec cette tête-là.

Ulrich soupira. Il était crevé. Il le savait. Quand, comme lui on se ressentait « rien », du moins rien de physique, il fallait se fier aux signes évident. Ses yeux avaient du mal à rester ouvert, ses mouvements étaient lents, fragile, indélicat, il était lourd et sans énergie. Ulrich était fatigué. Et sans doute encore ivre. Le temps passé entre son dernier verre et l’heure actuel n’était pas suffisant pour qu’il ait entièrement décuvé. Il voulait dormir. Encore. Il voulait juste, s’allonger là, à côté d’elle et dormir. Mais comment dormir avec des volets ouverts ? De quoi avait-elle peur ? Qu’il ne la viol pendant son sommeil ? Avec ce qu’il avait consommé, elle pouvait se détendre ! Ulrich n’était ni d’humeur, ni n’avait l’énergie ou la motivation pour entreprendre une quelconque relation de type physique avec cette femme.

Le serpentard releva son buste, cherchant, les yeux à moitié ouvert la télécommande des volets dans la pièce. La table de chevet. Évidement. Celle de son côté. Forcément. Et puisqu’il venait de se réveiller à moitié sur elle, s’il bougeait trop il allait la réveiller. Logique. Ulrich n’avait aucune envie qu’elle se réveille, qu’elle entame une discussion ou qu’elle ne lui parle de ce qu’ils allaient devoir faire aujourd’hui. Pourquoi avait-elle dormis là déjà ? Ulrich se pencha légèrement au-dessus d’elle, essayant de trouver le bon positionnement pour ne pas la réveiller tout en se saisissant de la télécommande mais entre la fatigue et l’alcool, il fit un mouvement de trop et il s’étala sur elle, tombant de tout son poids sur Cassandre.

Ulrich évita de respirer, de bouger pendant quelques secondes qui semblèrent se transformer en minutes. Cassandre ouvrit les yeux. Et merde. Leurs visages étaient presque l’un contre l’autre. Elle ouvrit grand ses yeux, comme choqué, paralysé et effrayé par la situation. Ça va… ce n’était que lui… elle était dans son lit quand même à la base… normal qu’elle le voit au réveil. Leurs regards se croisèrent, presque aussi surpris de se voir que la première fois. Une seconde. Une autre. C’était l’enfer. Elle allait dire quelque chose. Dans ses yeux il voyait le dégout, la rage, la colère, l’incertitude, elle ne comprenait pas, ne voulait pas que ça n’arrive. Mais il était là. Et lui aussi la regardait sans dire un mot. C’était étrange et terrifiant. Comme si ce réveil n’était que le premier d’une longue liste qui serait de plus en plus inconfortable. Mais non. Dans le fond il savait qu’il allait retourner à poudlard bientôt. Bientôt il aurait son lit vert et argenté, il aurait son intimité, il aurait le temps de penser à tout ça, d’oublier. Et avec un peu de chance, il y aurait Ambre, qui, derrière ses mots froid et dur, le calmerait et canaliserait son énergie lui évitant de faire n’importe quoi. Ou du moins, lui évitant de dépasser les limites. Parce que l’empêcher de faire ce qu’elle jugeait être n’importe quoi c’était impossible. En 7 ans, la seule fête ou il l’avait vu mettre les pieds, c’était son anniversaire. Et encore, il ne lui avait pas dit qu’ils allaient à une soirée. Quoi qu’il en soit, il serait loin d’elle, loin de cette chambre, ce lit, cette espace infime qu’il partageait à présent. Et que bientôt, il partagerait tout le temps.

Cassandre se recula du mieux qu’elle put de lui et Ulrich eu un mouvement de recul. Ce n’était pas comme s’il voulait la garder près d’elle non plus. Cassandre se retrouva assise en face de lui, et lui, à cheval sur elle. Enfin sur ses jambes. Maintenant qu’il le regardait à nouveau, il était certain que ce t-shirt était à lui. Puis il entendit que la porte de chambre s’ouvrit et instinctivement il tourna son visage vers l’entrée, et les pas qui s’avançaient. Une seconde plus tard, sa mère passa la tête de l’autre côté du mur pour leur faire face. Elle semblait surprise, un peu choqué peut-être, mais ravis. Et là. Il s’imaginait ce qu’elle devait voir, ce qu’elle devait croire et ce qu’elle voulait comprendre. Et c’était catastrophique.


-Oh, je vois que vous vous entendez déjà à merveille, je vais vous laissez continuer vos affaires, je reviendrais plus tard !

Ulrich relâcha toute la respiration qui s’était coincé dans sa gorge alors que sa mère le dévisageait, presque nu, allongé au-dessus de sa future épouse et… Elle le repoussa avec hargne sur le lit. Ulrich se laissa éjecter, tombant même au sol. Il pouvait dire adieu à sa nuit. Ulrich suivit Cassandre des yeux pendant quelques secondes, histoire de voir si elle allait sortir de la chambre en trombe pour se justifier, mais non. Elle prit juste la couverture pour cacher sa nudité –ce qui était un peu tard, mais soit- et s’éloigna le plus possible de lui. Mettre de la distance… comme si ça allait changer quoi que ce soit maintenant… Le plus à plaindre c’était lu au cas où elle ne l’avait toujours pas comprit ! Ulrich devait faire sa vie avec une femme dont il ne savait rien, tandis qu’il avait des sentiments pour une autre. Il devait partager sa chambre avec elle, alors qu’il n’avait encore jamais eu l’occasion d’y emmener Katie et pire, il devait tout supporter sans jamais se plaindre, parce que c’était au mec de tout supporter. Elle se plaignait, elle jouait les filles choquée, mais elle n’avait rien, vraiment rien à redire à sa situation ! Elle allait devenir riche, elle allait pouvoir faire tout ce qui lui plaisait, elle avait même déjà commencé à investir les lieux en lui prenant ses affaires et avec tout ça, elle allait avoir l’infime plaisir de lui pourrir la vie… Si quelqu’un devait se lever, taper des pieds et râler c’était bien lui. Si seulement elle avait fermé ces putains de volets hier soir !

-Mais tu es complètement malade ? Qu’est-ce que tu faisais sur moi ? Et pourquoi est-ce que tu pues l’alcool… non en fait ça je m’en fiche, tu fais ce que tu veux de ta vie ! Mais tu n’as pas le droit de te mêler de la mienne comme ça, et de me toucher sans que je te donne la permission !

Ulrich lâcha un lourd soupir plein de sous-entendu. Elle l’agaçait à sa plaindre, à bouger, à parler, exister. Ulrich la fixait dans le vide. Était-elle seulement sérieuse ? Il n’avait pas le droit de la toucher ? S’il n’était pas dans un état aussi lamentable, il se serait bien levé pour lui montrer s’il n’avait pas le droit de la toucher. Il faisait bien ce qu’il voulait ! Elle était dans sa chambre, et ici, tout ce qui s’y trouvait était à lui, elle comprit. Elle ne l’avait donc pas encore comprit ? Elle n’était qu’une babiole de plus dans sa chambre. Elle encombrait l’espace, elle était gênante, mais elle était à lui. S’il voulait la toucher, il pouvait le faire sans demander la moindre permission. Si elle ne l’avait toujours pas comprit, ou accepter, il était temps qu’elle le fasse. Parce que le ton qu’elle commençait à employer avec lui ne lui plaisait pas, mais alors pas du tout !

Cassandre se dirigea vers le minibar de la chambre, alors qu’il se relevait du sol. Elle prenait une bière ? Ne venait-elle pas de lui faire une remarque le fait qu’il sentait l’alcool ? Visiblement, elle buvait dès le matin elle, ce n’était pas mieux !

Ulrich se dirigea vers elle, s’arrêta seulement une fois qu’ils étaient presque collés l’un contre l’autre. Ulrich posa son bras derrière son dos pour l’éviter de reculer et plongea son regard dans le sien, tandis qu’il caressait son bras de sa main. Rien que de la toucher ça le dégoutait, et il était bien content de ne pas sentir son corps sous ses doigts. Mais il détestait qu’on lui donne des ordres. Ça lui donnait uniquement envie de les contredire.


-Je n’ai pas de permission à avoir de toi. Tu m’appartiens.

Elle posa la bouteille avec hargne sur le minibar et partit presque en s’enfuyant vers le dressing. Ulrich ne la retint pas ni ne chercha à la rattraper. Elle était en colère ? Et bien lui aussi ! Ça tombait bien. Il n’aimait pas du tout la fausse joie qui régnait sur cette maison depuis hier soir. Ce mariage était stupide, et parfaitement hypocrite. Et elle était tellement cynique et imbu de sa personne ! Elle se croyait tout permis maintenant que leurs fiançailles étaient officielles ? Ulrich pouffa puis se dirigea vers le salon ou une partie de ses vêtements étaient jeter vulgairement sur le sol. Sa cravate trainait sur la table basse, son pantalon sur le fauteuil… par contre il ne voyait pas sa chemise. Ulrich soupira et se dirigea vers la salle de bain alors que Cassandre ressortait du dressing.

-Et en plus ta mère nous a vus dans cette position… Je suis sûre qu’elle va le répéter à toute la communauté sorcière. Génial !

L’image que pouvait avoir sa mère de lui, ainsi que toute la communauté magique l’intéressait autant que de connaitre les résultats du concours de couture au crochet qui passait sur les chaines télé pour les plus de 60 ans…


-Qu’est-ce que ça peut bien te foutre…

Cassandre soupira. Bah quoi ? Elle n’avait jamais couché avec un mec ? Cette fille avait été élevé dans un pensionnat à l’autre bout du monde, entouré de bonne sœurs ou quoi ? De toute manière, vu l’engouement qu’avaient leurs familles sur la relation qu’ils allaient devoir entretenir, un moment ou un autre, ils parleraient ou sous entendrait que passer à l’acte était primordiale… Au moins, si tout le monde pensait que c’était déjà le cas, ils ne poseraient pas de question. Problème réglé.

-Tu es encore mister, cette année ?

Ulrich dirigea son regard vers la photo qu’elle observait. Il s’approcha d’elle, se positionnant derrière pour la regarder lui aussi. Il était avec Ambre. C’était après l’élection de Miss et Mister de l’an dernier. Ambre et lui avaient été élus. Ulrich avait été vraiment heureux ce jour-là, pas tant parce qu’il avait été élu mais surtout, parce qu’il l’avait été avec elle. Ils ne l’étaient sans doute pas vraiment, enfin, c’était plus de con côté que du sien, mais Ulrich voyait en Ambre son amie. Et elle qui était toujours si froide et distante, il avait pu se faire prendre en photos avec elle. À vrai dire, il avait même dû payer  un des photographes du Daily pour qu’il vienne les voir à ce moment précis, histoire qu’il ne loupe pas un moment ou Ambre et lui était ensemble, et devant tout le monde. Elle n’avait pas aimé être élue, et elle savait qu’elle allait devoir répondre à des questions. Alors poser pour des photos ? Pour elle s’en était déjà trop. Ulrich avait récupéré la photo après ça.

-Oui. Mais c’est Ana Falkowsky  la miss cette année. Elle est en 4ème année. Tu ne dois pas la connaitre. D’ailleurs je ne me souviens pas de toi. Tu faisais sans doute partie des gens… disons… insignifiant. Enfin bref… Aucune importance.

Ulrich se recula. Pas envie de contempler ces photos qui lui rappelait bien trop de souvenir. Il fallait bien grandir un jour. « Grandit un peu ». C’est ce qu’Ambre lui avait dit. Le seul souci, c’était qu’il n’en avait pas envie. C’était tellement plus simple d’être inconscient et invulnérable. De jouer avec le feu sans craindre qu’il puisse nous brûler. Ses parents venaient de couper le gaz et Ambre venait de le lui faire remarquer. Et ce n’était pas, mais alors pas drôle du tout pour le pyromane qu’il était. Mais puisqu’on ne lui laissait pas le choix, et bien, il préférait encore aller prendre sa douche.

Le serpentard se dirigea vers la salle de bain, sans jeter un regard derrière lui. Il se déshabilla entièrement, laissant ses fringues sur le sol le temps de prendre sa douche. Il aurait voulu s’y éterniser. Rester sous l’eau bouillante pendant des heures, juste laisser ses muscles se détendre, c’était divin. Il ne pouvait pas sentir l’eau sur lui, mais il savait que ça lui faisait un bien fou. Ulrich sortit de la douche quelques minutes plus tard, mettant une serviette autour de sa taille avant de rentrer dans la chambre.


-Au fait, tu étais dans quelle mai…

Un « pouf » raisonna dans la pièce laissant apparaitre l’elfe de maison d’Ulrich. Il se tourna tout d’abord vers Cassandre, faisant une révérence tout en lui souhaitant un bonjour. À vomir. L’entendre lui dire maitresse comme si c’était déjà le cas, c’était… non, ça ne le mettait pas en colère. Juste, ça l’épuisait.

-Monsieur, je suis désolé de vous déranger mais je dois vous prévenir que le petit déjeuner est servi dans la salle à manger.

Ulrich soupira et lui fit signe de s’en aller. Il fallait qu’il s’habille. Ulrich se dirigea vers le dressing qu’il trouva en désordre. Elle avait fouillé visiblement… Il ne fit aucun commentaire et prit des sous-vêtements ainsi qu’un pantalon et une chemise de costume. Ulrich ne portait jamais, ou presque jamais, de vêtement « civile » quand il était chez lui. Sa mère détestait ça. Le voir habillé de manière quelconque, comme si il était quelqu’un de quelconque. Chemise, pantalon, chaussure en cuir, veste et cravate. Mais ce matin, la flemme. Pas envie. Il ne mettrait que la moitié de son « uniforme » pour aller déjeuner. Le serpentard se dirigea vers le lit ou il déposa toute ses affaires et commença à s’habiller.

-Prend tout ce dont tu as besoin. Même si visiblement tu as déjà commencé.

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MessageSujet: Re: Pride and Prejudice [Pv]   Sam 6 Juil - 22:16

La journée commençait très mal. Vraiment très mal, et j’étais dans un tel état d’énervement que j’étais certaine d’exploser d’ici ce soir. Pour commencer en beauté, je m’étais réveillée, après une horrible nuit dans le lit de mon futur fiancé, couchée sous celui-ci. En plus, vu les yeux rouges du gamin et son haleine insupportable, il devait avoir ingurgité une sacrée dose d’alcool. Ensuite, comme si ce terrible réveil n’avait pas été suffisant, au lieu de se dégager rapidement comme tout gentleman l’aurait fait en réalisant combien cette position était embarrassante, il était resté pitoyablement allongé sur moi, et cerise sur le gâteau, ma chère belle-mère avait choisis ce moment pour débarquer sans prévenir dans la chambre ; elle avait donc eu tout le loisir d’observer notre pose et d’en conclure brillamment que nous avions… Bref, je ne préférais même pas évoquer cette hypothèse car elle me donnait de tels frissons de dégoût que j’en aurais fait trembler la maison. Après quoi, toute guillerette de cette découverte et de cette scène très peu appréciée par moi-même, elle était partie en nous lançant joyeusement qu’elle nous laissait à nos petites affaires. La vague de dégoût qui m’avait traversée avait été si intense que j’avais cru vomir sur mon fiancé –ce qui en soit, ne m’aurait pas déplut-, puis, je l’avais poussé de toutes mes forces, voulant absolument me défaire du contact répugnant de sa peau contre la mienne. Heureusement, j’avais eu assez d’énergie pour me dégager, prendre la couverture, et me réfugier contre le mur le plus proche, me couvrant du drap pour soustraire de ses yeux pervers mes jambes nues. Autant dire que c’était le pire réveil de toute ma vie. Aucun ne lui arrivait à la cheville. Il faut dire aussi qu’auparavant je n’avais jamais passé la soirée et la nuit chez mon futur et répugnant époux. On ne m’avait jamais forcé à ma marier non plus, et à dormir à demie vêtue dans le lit de ce cher même fiancé. J’étais dégoûtée : dégoûtée de la vie, dégoûtée de la façon dont il m’avait touchée alors que je ne lui avais pas donné l’autorisation, dégoûtée par son haleine fétide et nauséabonde, dégoutée par son visage blanc et ses yeux injectés de rouges qui indiquaient ses beuveries de la veille. En fait, j’étais dégoutée de tout, le concernant.

Je respirais doucement, ressentant les effets des séquelles de ma foutue maladie. J’étais complètement épuisée, malgré la nuit reposante que j’avais passée. Ma tête tournait, mes jambes flageolaient, mais je ne voulais pas montrer ma faiblesse à ce monstre alcoolisé qui gisait toujours pitoyablement sur le sol. Je pris une nouvelle respiration, tentant de ramener le calme en moi, et de faire cesser ce tourbillon qui s’emparait de ma tête. Tout tournoyait, et je me sentais sur le point de m’évanouir. La fatigue, conjuguée à ce réveil trop brutal attaquaient mon corps de façon trop brusque, d’autant plus que je ressentais encore la fatigue des précédentes journées passées à l’hôpital, et à ma crise récente. D’une main, je me tenais courageusement au mur, luttant pour rester debout, et de l’autre, je tentais de garder la couverture sur mon corps, pour éviter que ce gamin ne se rince l’œil. A nouveau, je pris une grande goulée d’air, et sentis que mon être se détendait légèrement. Déjà, ma vision retrouvait de sa clarté, et les tourbillons qui s’étaient engouffrés dans mon crâne semblèrent se calmer. Une fois que mon tumulte intérieur fut plus ou moins achevé, ce fut à une autre sorte de tourbillon de s’emparer de moi : celui de la colère. Je relevai le visage, et mes yeux se posèrent sur le corps à moitié nu de mon futur époux. Tout en moi brûlait de haine contre cet abruti, qui avait cru pouvoir s’allonger librement sur moi sans en subir les conséquences. Bouillonnante, je lui crachai ma colère, et m’indignai sur le fait qu’il se croit permis de me toucher alors que je n’étais pas consciente de ce qu’il faisait. C’était tout de même incroyable, et même si j’avais imaginé ce cas de figure, vu sa tête de gamin, je n’aurais jamais cru que cela puisse se réaliser : il avait posé ses sales mains perverses sur moi, et j’en tremblais encore de dégoût. Certes, il n’avait été qu’allongé sur moi et rien n’indiquait qu’il avait fait plus, cependant l’idée même qu’il soit SUR moi, me donnais envie de vomir. Après lui avoir fait clairement part de mon point de vue, n’attendant aucune réponse de sa part, je me dirigeai vers le minibar, en quête de quelque chose pour calmer ce feu dévorant qui me rongeait subitement l’intérieur. Je trouvais une bière, dont je pris une gorgée. Mais alors que j’allais me retourner pour lui lancer une autre réflexion, je sentis son souffle répugnant sur moi. Sa main se posa dans le bas de mon dos, et je frémis de dégoût. Il plongea ses yeux légèrement rouges dans les miens, tandis que je tentais de rester calmer, et de ne pas lui retourner une claque, si forte, qu’on l’aurait entendue de l’autre bout de la propriété. Son main remonta doucement le long de mon bras, et j’eus toutes les peines du monde à ne pas mettre mes pensées à exécution. Puis, il prononça les pires mots du monde, qui faillirent me faire sortir de mes gonds pour de bon.


-Je n’ai pas de permission à avoir de toi. Tu m’appartiens.

J’en aurais vomi, si je n’avais pas le ventre vide. Tu m’appartiens. J’étais libre et je n’appartenais à personne, ce mot même était une insulte à ma personne toute entière. Une vague de haine incomparable déferla dans mon être, et je posais de toutes mes forces la bière sur le minibar, puis, pour ne pas lui arracher les yeux, la langue, tout ce qui se trouverait entre mes doigts, je m’enfuis dans le dressing. Je pris une longue respiration, incapable de calmer les tremblements de rage qui me bousculaient. Jamais je n’avais haï une personne à ce point. Il était odieux, imbu de sa personne, égoïste, pervers, voyeur, pitoyable… Je le détestais ! Je le détestais de tout mon être. Comment mon père avait-il eu le culot de me lier à vie avec un être aussi pitoyable et haïssable ? Et comment ma mère pouvait-elle se réjouir de cette union répugnante ? Je me mordis la lèvre inferieur, me retenant d’hurler de toutes mes forces, pour faire sortir ces tourbillons haineux qui gonflaient en moi. En vérité, et c’était la première fois de ma vie que je souhaitais cela, j’avais envie qu’une crise se déclenche, là, maintenant. Que je m’évanouisse, et que cette magie qui me prenait déferle sur cette maison, et qu’elle détruise tout. Qu’elle détruise cette maison suintant l’hypocrisie, qu’elle détruise ce futur époux méprisable, qu’elle détruise tout ce qui clouait mes ailes au sol. Sauf qu’aucune crise ne semblait vouloir se déclencher à cet instant, et je fus contrainte de puiser dans mes propres forces pour ne pas craquer, et réduire en pièce le dressing entier. Je pris plusieurs longues inspirations, calmant mon cœur affolé par la rage, et mes muscles tremblants de dégoût. Pour m’aider dans cette démarche, je me mis à marcher doucement de long en large, puis, j’imaginai un tableau vierge, devant moi. Et alors que, par un pinceau imaginaire, j’éclaboussais la toile de mes sentiments, j’esquissai quelques petits pas de danse classique. J’aimais danser, depuis toujours. Ma mère, quand j’étais petite, m’avait inscrite très tôt à toute sorte de danse. C’était la danse classique qui m’avait le plus plu. Il y avait beaucoup de contrainte, et cela semblait contraire à mon envie pressante de liberté, pourtant, ces contraintes et cette rigidité me permettaient de canaliser mon énergie et mes sentiments enflammés, et finalement, à me concentrer et me calmer. J’arrêtai lorsque mon tableau mental fut complètement barbouillé de couleur éclatante, et me retournai doucement vers la porte du dressing. Je pris tout de même le temps de me vêtir lus correctement, après avoir fouillé quelques tiroirs, puis me dirigeai vers la porte qui menait à la chambre. La scène que j’avais vécue plus tôt me revint en mémoire, et je me mordis doucement la lèvre inferieur en refoulant la colère qui se frayait habilement un chemin dans tout mon être. Je sortis du dressing alors que mon cher fiancé s’apprêtait à entrer dans la salle de bain. Toujours acide, je continuai à le reprocher l’entrée de sa mère dans la chambre alors que nous étions dans une position plus qu’embarrassante par sa faute. Je ne voulais pas que le monde sorcier croit que moi, m’abaisse à coucher avec ce gamin méprisable, c’était une atteinte à ma personne, et je détestais cette idée.

-Qu’est-ce que ça peut bien te foutre… Dit-il alors.

Je soupirai fortement en levant les yeux au ciel. J’avais envie de lui dire que j’avais tout de même des amis, qui, comme moi, venaient de famille plus ou moins noble, et que je n’avais pas envie qu’ils apprennent de telles choses. J’avais envie de lui dire que je n’avais pas envie qu’on croit que je couche avec lui, surtout pas avec lui. J’avais envie de lui dire que je n’avais pas envie de subir les rires moqueurs et les regards persistants de tous ces hypocrites lorsque nous participerions aux soirées mondaines. J’avais envie de lui dire que tout cela était de sa faute, et qu’à présent, il y avait trop peu de chance que l’un de nous ne renonce à ce mariage à cause de cette foutue position, et que cela m’énervait énormément. Je détournai mon regard brûlant de colère, et me dirigeai d’un pas furieux dans la direction opposé de celui-ci, tentant de mettre le plus de distance entre lui et moi. Puis, mes prunelles s’accrochèrent aux rares photos parsemées sur le mur. Je m’en rapprochai, et reconnu l’un des visages. Celui d’Ambre Serana. Je fronçai doucement les sourcils en apercevant Ulrich à ses côtés. Quelques flashs me revinrent subitement en tête. Cela ne faisait qu’un an que j’avais quitté Poudlard, et bien que je n’aie pas beaucoup prêté attention aux élections des miss et mister, je me souvenais tout de même des visages de quelques-uns. Visiblement pas de celui d’Ulrich. Pourtant, de voir son visage à côté de celui de Serana me rappelait quelques souvenirs. Oui, ma dernière année, il avait bien été élu mister. Il n’était donc pas beaucoup plus jeune que moi, assez cependant pour que je continue de l’appeler gamin. De toute façon, je l’appelais comme je le voulais. Je pris une courte respiration, et tentai de mettre de côté toute cette colère. Me raccrochant aux choses que je connaissais et qui me ramenaient aux jours heureux qu’avaient été ceux à Poudlard, je me tournai doucement vers lui afin de lui demander s’il avait été réélu cette année en tant que Mister. A vrai dire, je me surpris moi-même avec cette question, car je ne pensais pas pouvoir lui dire un seul mot sans lui cracher une quelconque injure au visage. Mon aimable fiancé se rapprocha de moi, et posa ses yeux sur la photo. Il resta quelques instants sans rien dire, visiblement plongé dans un souvenir. Je parvins à ne pas frémir de dégoût à cause de sa soudaine proximité.

-Oui. Mais c’est Ana Falkowsky  la miss cette année. Elle est en 4ème année. Tu ne dois pas la connaitre. D’ailleurs je ne me souviens pas de toi. Tu faisais sans doute partie des gens… disons… insignifiant. Enfin bref… Aucune importance.

J’hochai doucement la tête à l’entente de la première partie de sa phrase, puis serrait les dents de toutes mes forces en entendant la fin. Il cherchait la bagarre. J’en étais sûre, je le sentais. Et jusqu’à présent, j’avais été étrangement calme et clémente envers lui. Mais je savais que s’il poussait le bouchon un peu trop loin, ce n’était pas qu’un sortilège qu’il allait se prendre en pleine figure, mais mes poings. Prendre des cours de self-défense, ce n’était pas inutile, et j’avais appris quelques coups douloureux. J’avais toujours rechigné à m’en servir, et pourtant, l’idée d’utiliser mon futur époux comme cobaye devenant de plus en plus séduisante. Heureusement, alors que je pensais sérieusement à porter mes mains sur son visage répugnant, il se recula et se dirigea vers la salle de bain. A peine ferma-t-il la porte, que je laissai tomber ma tête en arrière, tout en lâchant un gros soupir de soulagement. S’il pouvait rester quelques heures dans cette douche, cela serait véritablement apprécier. Je n’aimais pas cet endroit. Comment aurais-je pu l’aimer de toute façon ? Cette chambre me dérangeait, l’odeur qui y régnait me dérangeait, ces habits qui n’étaient pas les miens me dérangeaient, ce fiancé méprisable me dérangeait grandement… Je voulais retourner dans mon petit appartement. Je me dirigeai vers le mini-bar et récupérai la bière que j’avais entamée précédemment. Ce n’était pas bien que je boive à cette heure-ci, d’autant plus que je n’avais rien mangé depuis un bon bout de temps. Mais je voulais dégoûter mon cher futur époux, dégoûter ma futur famille. Après tout, Ulrich ne se gênait pas pour m’insulter, alors je ne me gênerais plus pour rien, en sa présence. Lui envoyer des remarques méprisantes : ok. Le dégoûter par tous les moyens possibles : ok. La guerre devait probablement être déclarée, maintenant. Je pris une longue rasade, puis posai la bouteille, sentant ma tête tourner légèrement. Je me mis à sourire bêtement. Puis, je me mis à parcourir doucement la pièce, jusqu’à m’immobiliser en face des grandes fenêtres, depuis laquelle la vue était tout simplement sublime. En fait, c’était la seule chose que j’aimais dans cette pièce, et dans cette maison entière. Regarder ainsi le paysage, me donnait l’impression d’être libre, de ne plus être enfermée et enchaînée à un gamin haïssable. Je ne sais combien de temps je restai à observer silencieusement la beauté de la nature, me gorgeant de la magnificence de la vue, mais je sortis de ma contemplation lorsque j’entendis la porte de la salle de bain s’ouvrir. Je ne me retournai même pas, n’ayant aucune envie de poser mes yeux sur cette immonde personne.

-Au fait, tu étais dans quelle mai…

Il n’eut le temps de finir sa phrase, car un bruit caractéristique de l’apparition d’un elfe de maison se propagea dans la pièce. Je me retournai, curieuse de savoir ce qu’il venait faire dans cette pièce, et heureuse d’avoir une distraction, car malgré ma fierté certaine d’avoir appartenue à la maison de Poufsouffle, j’étais certaine que cela aurait été une autre sujet de discorde entre nous deux. Mon cher fiancé étant de Serpentard, il devait probablement mépriser toutes les autres maisons, et plus encore Poufsouffle qui était d’après eux, la pire de toutes les maisons de Poudlard. Je faillis me mettre à injurier les verts et argent à voix haute, rouspétant contre leur manque de tolérance et les œillères hypocrite qu’ils maintenaient sans cesse contre leurs yeux gonflés d’orgueil, mais le petite elfe se tourna vers moi, et s’inclina très bas tout en murmurant un petit « maîtresse » qui me fit froid dans le dos. Je n’étais pas encore la maîtresse ici, d’autant plus que nous n’étions pas mariés, et qu’une fois que cela serait fait, je ne remettrais plus les pieds dans cette demeure.

-Monsieur, je suis désolé de vous déranger mais je dois vous prévenir que le petit déjeuner est servi dans la salle à manger.

Puis, il déposa une petite valise à terre, contenant très probablement quelques-unes de mes affaires. Après quoi, mon futur époux lui fit signe de partir, et il quitta la pièce de la même manière qu’il y était entré. Ulrich se dirigea alors vers le dressing, et pendant ce temps, je me précipitai vers ma valise, soudainement plus joyeuse. Je l’ouvris et déchantai rapidement. Evidemment, ils devaient avoir choisis avec soin les affaires qu’ils avaient fait porter. Je soupirai et fouillai quelques secondes dans la valise qui contenant tout de même un nombre impressionnant de mes vêtements. Avec un petit sourire, je dénichai tout de même un de mes jeans slim noir, et un chemisier blanc, tout simple. J’attrapai des sous-vêtements, et sans prêter attention aux paroles de mon cher fiancé, qui se dirigeait vers son lit, des habits à la main, je m’enfermai dans la salle de bain. Je passai tout d’abord un coup d’eau sur mon visage, et choisis de ne pas me coiffer, ni même de me maquiller. A qui devais-je plaire, de toute façon ? Et puis si on me faisait une remarque, je pourrais toujours m’excuser en évoquant une longue nuit. Je frissonnais, tout en riant nerveusement. Au moins, cela avait le mérite d’être une bonne excuse, même si un dégoût certain s’emparait toujours de moi en y repensant. Je m’habillai rapidement, chaussai des ballerines noires, puis, remarquant que mon ventre grondait, et que ma tête tournait un peu trop à cause de la simple bière que j’avais bue un peu plus tôt, je décidai de descendre manger quelque chose. Je sortis donc de la salle de bain, et m’apercevant qu’Ulrich était toujours dans la chambre, je me dirigeai vers la porte qui donnait dans le couloir que nous avions emprunté la veille. J’eus envie de partir en courant, cependant, j’affichai un joli sourire et criai en direction de mon merveilleux futur époux :

-J’y vais déjà, je crève de faim !

Puis, sans attendre la moindre réponse, je claquai la porte. Satisfaite d’avoir agis de la sorte, je tournai ma tête à droite puis à gauche, tentant de me rappeler par quel côté nous étions arrivés hier. Il faut dire que je n’avais pas les idées très claires. Je tournai finalement à gauche, et fut rassurée en voyant les escaliers de marbre blanc que nous avions montés la veille. Je les descendis vivement, puis débouchai rapidement dans la salle à manger. Avec les rayons du soleil, qui entraient à flot par les grandes fenêtres, elle prenait des allures beaucoup plus chaleureuse qu’hier. En vérité, j’avais du mal à croire que c’était la même pièce. La table, majestueuse, trônait toujours au centre de la pièce, et les autre individus qui jusqu’à présents avaient occupés la pièce tournèrent leurs yeux vers moi. Je me forçai à sourire, captant le regard froid de mon père, et me dirigeai vers la place aux côtés de ma belle-mère, bien que cela me répugne plus que tout. Elle me lança un regard qui me fit frissonner de toute part : elle semblait heureuse que son fils et moi-même ayons dès le premier soir inauguré le lit de celui-ci, et le fait qu’elle pense une telle chose me donnait envie de vomir. Lorsque mon regard tomba sur la nourriture abondante et délicieuse qui jonchait esthétiquement la table, mes faibles nausées s’évanouirent aussitôt, et mon ventre gargouilla faiblement, m’indiquant combien tous ces succulents aliments lui donnaient envie. Fixant mes pensées sur ces plats et non sur les regards désapprobateurs que chacun devait lancer sur ma tenue négligée, je m’assis avec entrain sur la chaise à côté de la mère de mon cher fiancé. Je lui souriais largement, et tendit ma tasse à l’elfe de maison qui me servit du thé. Puis, sans attendre je me servis de tout ce que je pouvais attraper, et mordis dans une tranche de pain couverte de beurre. Je faillis lâcher un long soupir de satisfaction, mais me retins, consciente que j’allais probablement dépasser les bornes, et que mon père pourrait me le faire regretter à la première occasion. Visiblement, j’avais coupé les adultes dans une discussion importante car à présent, ils n’osaient plus dire un mot. Ce fut cependant sans compter sur les talents de ma belle-mère à recevoir des invités et à se sortir de toutes situations gênante, car elle se tourna bientôt vers moi, un sourire mielleux sur les lèvres, et je me préparai au pire.

-Alors, ma chère, vous avez passé une bonne nuit ?

Elle me lança un regard entendu, et élargis son sourire hypocrite de quelques centimètres. Je reposai immédiatement la fourchette de bacon que j’allais porter à ma bouche, et canalisai toute mon énergie à garder un sourire faux sur mes lèvres. Je serrai les dents, pour m’empêcher de sortir un flot de paroles mal placées, ou de vomir, au choix. Je me tournai cependant lentement vers ma chère belle-mère, et lui rendis son regard. Comment lui dire que jamais je ne coucherais avec son fils méprisable ? Et que ce qu’elle avait entraperçu tout à l’heure n’était qu’une terrible erreur, un malentendu insupportable ? Jamais je ne dormirais plus dans le même lit que ce pervers que je haïssais de tout mon être. Cependant, cela, elle ne le savait pas. Non, pour elle, nous avions passé une nuit très agréable à nous découvrir mutuellement et arg !! Je ne préférais pas y penser, si je ne voulais pas rejeter mon petit déjeuner. Comment pouvait-elle croire une chose pareille ? Sérieusement ? Comment pouvait-elle croire que nous avions fait la moindre chose ? C’était tout bonnement impossible ! Je me forçai cependant à sourire largement –pas autant que ma belle-mère, cependant- et entrouvris doucement les lèvres pour répondre, bien que ma gorge refusait d’émettre le moindre son, probablement trop nouée par le dégoût de mes précédentes pensées.

-C’était une nuit très agréable, merci, mais je suis encore un peu fatiguée. Dis-je avec un petit rire hypocrite qui parut ravir l’assemblée. Alors, j’entendis les pas de mon cher fiancé, qui approchai, et alors qu’il débouchait dans le salon, je lançai avec un regard brûlant de haine dans sa direction: N’est-ce pas que cette nuit a été très agréable… chéri ?

J’en aurais vomis.
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Âme soeur: Katie Bell, mais ça ne change rien au fait que je vais en épouser une autre.

MessageSujet: Re: Pride and Prejudice [Pv]   Jeu 26 Sep - 21:58

C’était plus qu’un mélange de colère, de haine, et d’orgueil qui le poussait à se faire détester d’elle, plus encore que l’envie sincère d’être un parfait petit con insupportable à ses yeux. C’était plus une manière de se défouler, d’éjecter toute la tension et le surplus de connerie qu’il encaissait depuis des années sans rien dire. Et elle était là, elle était devant elle et il avait toute les raisons du monde de s’en prendre à elle. Elle lui gâchait la vie, elle était une plaie de plus qu’il allait devoir gérer et il en avait marre. Il n’en pouvait plus de tout ce qui le touchait. De toutes ces personnes qui avait des choses à lui demander, à lui reprocher, à attendre de lui. Ce n’était pas une machine putain ! Il en avait marre de toujours devoir contenter tout le monde ? Ulrich jouait les gamin pourris gâté en pleine crise d’adolescence mais dans le fond, il se demandait s’il n’aurait pas du la faire, sa crise d’adolescence.

Il faut avouer qu’Ulrich était loin d’être un modèle. Même très loin. Il était encore gamin intérieurement. Il agissait sans penser aux conséquences ou alors, il les analysait mal. Il pensait à une chose, mais oubliait la moitié, il était dévoré entre devoir et plaisir, et se laissait guidé par le plaisir en pensant que c’était un devoir. Ulrich était embrouillé. Ses actions, ses paroles, ses gestes, tout étaient en brouillon pour les autres et parfaitement lisible pour lui. Comme un gamin qui ne comprend pas pourquoi ses parents –bien plus sage et expérimenté que lui- ne pouvaient pas comprendre l’importance capitale qu’était de sauter du haut d’un pont alors que son super héros à la télé le faisait sans problème. C’était aller un peu loin, mais Ulrich avait ce genre d’esprit : complètement inconscient et sans aucune notion du danger. Pourquoi se priver de choses qui sont agréable ? Parce qu’on pourrait en mourir ? Mais il faut bien mourir de quelque chose non ? Alors pourquoi se priver toute sa vie de quelque chose que l’on désire et au final, passé sa vieillesse à regretter ? Ulrich agissait. Vivait. Convoitait. Prenait. Cédait. Voulait. Détestait. Mais surtout, Ulrich se sentait heureux. Sauf bien sûr, quand on venait l’empêcher de faire sa vie comme il l’entendait.

Le mariage. Sérieusement ? On dit que la nuit porte conseil, mais depuis hier soir, Ulrich n’avait pas changé d’idée : Épouser Cassandre ? NON. Jamais. Quelle idée ! Lui ? Se marier ? C’était la meilleure blague de l’année. Ulrich n’était pas fait pour le mariage. Tout comme il était inconcevable de voir Ambre faire un steap tease pour Keith Taylor, il était inconcevable de penser qu’il avait la maturité pour se marier. Encore si il avait été question d’épouser Katie –et même là, ça n’aurait pas été envisageable vu l’ambiance du moment, qui d’ailleurs, n’allait pas s’améliorer du coup- l’idée aurait pu se négocier. Déjà parce qu’il l’aimait, et aussi parce que, pour elle, il aurait pu faire des efforts, il aurait pu changer, s’intéresser, se réjouir. Pour elle, il aurait pu tenir le rôle. Mais pour cette… poule ? Non.

Cassandre n’était tellement pas son genre. En mode fifille à son papa, des cheveux courts –alors qu’il adorait les cheveux longs-, des yeux vident, et surtout elle le lassait. Il avait passé qu’une nuit ensemble que déjà, il attendait son retour pour poudlard, qu’il avancerait à ce soir, avec impatience. Retrouver son lit. Seul –ou pas. Mais Katie lui poserait trop de question sur hier donc… seul- mais surtout loin d’elle. Loin de ses parents, des siens, de cette ambiance rose et dégoulinante de joie hypocrite, de ces responsabilités qu’il ne voulait pas et surtout, bien loin de toutes les préoccupations du mariage, dont, il espérait que tout le monde l’aurait compris, il n’en avait rien à faire. Que sa mère ne vienne même pas le voir pour avoir son avis sur quoi que ce soit ! Et puis merde en fait. Il ferait bien ce qu’il voudrait.


-J’y vais déjà, je crève de faim !

Ha oui, c’est vrai qu’elle était encore là elle. Ulrich lança un petit « hum » sans vraiment écouter ce qu’elle comptait lui dire. Son costume sur le lit, il soupira. La soirée d’hier avec Ambre lui avait tout de même ouvert les yeux sur quelque chose : Qu’il le veuille ou non, il allait se marier. Alors autant faire les choses comme cela lui plaisait. La seule chose qu’il pourrait se passer, ce serait l’annulation. Et c’était très exactement ce qui lui plairait le plus dans ces noces. Le serpentard envoya baladé son costume gris sur le sol et se dirigea à nouveau vers le dressing. Ulrich s’engouffra dans la grande pièce pleine de vêtements sur mesure pour se diriger dans le fond, ou quelques t-shirt et jean étaient rangés. La seule folie que lui permettaient ses parents. Folie qu’il ne devait jamais affiché en public évidement. Mais là, maintenant, il se disait qu’il allait faire comme il lui plaira. Il savait ses parents trop snob pour faire une scène devant des personnes qu’ils voulaient impressionner. Et dans le fond, il n’en avait rien à foutre de faire bonne impression. Le serpentard prit un sweet à capuche et un jean, puis mis une paire de large basket aux pieds. Quand il se regarda dans le miroir il eut un sourire amusé. C’était la première fois qu’il portait ce genre de tenu chez lui. Ou du moins, quand ses parents étaient à la maison. C’était immature et stupide, mais savoir qu’il allait les contrarier lui donnait une raison enthousiaste de rejoindre le petit groupe dans la salle à manger.  

Ulrich claqua la porte derrière lui, marchant tranquillement vers l’entré. Il y avait ce mélange de bonne humeur et de lassitude croissante. Il était impatient d’arriver dans la grande salle pour faire chier tout le monde, mais il savait qu’une fois à table, ce serait lui qui serait le plus à plaindre. D’ailleurs, dès qu’il eut descendu les escaliers, il entendait déjà la voix haut perché de sa chère et tendre. Ulrich soupira avant de s’arrêter quelques secondes dans le hall. Le flash de son réveil revint à lui et le scandale qui s’en était suivit. Tout ça le fatiguait. Cassandre, Cassandre, Cassandre… il avait beau se répété son prénom dans sa tête, il n’arrivait pas à s’intéresser à elle d’une quelconque manière. Elle se basait tellement sur les apparences ! « Elle va le répéter à toute la communauté sorcière » Pff… Non mais vraiment, qui s’intéressait aux ragots de vieilles sorcières bourges qui passaient leur vie pendu au téléphone à parler entre vieille bourge de ce que faisait leurs voisins respectifs… Elle avait quel âge sérieux ? Il l’imaginait bien, assise près de sa mère –pendu au téléphone- à essayer d’entendre les conversations de sa mère avec une autre bonne femme tout aussi peu intéressante pour connaitre les potins sur tel ou tel personne. Rougir en entendant que machin-chose a eu une liaison avec le jardinier et s’offusquer en apprenant que le fils ou la fille de bidule avait confondu les clés de la Ferrari avec celle de la Longbordini…. Et dire que c’était avec ce genre de femme qu’il allait devoir faire sa vie… Fallait qu’il se trouve un boulot très très très prenant. Après réflexion, il comprenait pourquoi son père passait plus de temps à l’hôpital qu’entre ces murs…

Le serpentard prit une grande respiration. C’était reparti.


-N’est-ce pas que cette nuit a été très agréable… chéri ?

Ulrich s’arrêta dans l’entré pour la dévisager. Qu’elle hypocrite. Hypocrite et sans intérêt. Il détestait l’entendre utiliser ce ton, si sure d’elle, si fière, si… orgueilleuse presque. Comme si elle avait les moyens de lui offrir une nuit agréable. Rien qu’en la regardant, il avait envie de vomir. Ulrich continua sa route sans dire le moindre mot, en sachant que tout le monde avait les yeux rivé sur lui. Puis il tourna son regard vers sa mère, qui semblait plus choqué par sa tenue que parce qu’il venait de mettre un vent royal à sa douce et radieuse fiancée. Au moins avait-il réussi quelque chose. Il prit la place assise à côté de Cassandre puis lui adressa un sourire radieux.

-Tu manque encore d’expérience mais ne t’en fais pas, je t’apprendrais.

Ulrich lui fit un petit clin d’œil plein de sous-entendu tandis que la mère de Cassandre se racla la gorge. Finalement ce petit déjeuné allait être amusant. Humilier sa chère et tendre était un véritable plaisir. Il tourna son visage tout sourire vers elle et lui tapota la main comme pour l’encourager.

-Ne t’inquiète pas. Tu vas t’améliorer.

Ulrich détourna son regard d’elle pour s’attarder sur le café que venait de lui déposer l’elfe de maison devant lui. Il en prit une gorgé avant de revenir sur Cassandre.

-Tu ne bois rien chaton ?

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MessageSujet: Re: Pride and Prejudice [Pv]   Dim 29 Sep - 23:23

Je claquai la porte avec une grande satisfaction. Enfin, j’étais seule ! Tout du moins, ce qui s’apparentait le plus à de la solitude ; mon fiancé n’était plus dans la même pièce que moi. J’en soupirai presque d’aise. Sauf que je n’avais aucune raison d’être heureuse, ni même remplie d’un certain contentement, car j’étais prisonnière. Clouée. En cage. J’étais enchaînée à ce gamin ivrogne qui avait osé me toucher sans que je ne lui donne mon consentement. Je me sentais salie, trahie. Mes rêves m’avaient été arrachés avec une telle brusquerie, que j’en restai chancelante, perdue. Hier, encore, je me sentais libre, j’avais mon appartement, une place dans mon école d’art sorcière, des projets plein la tête, et du jour au lendemain, tout avait bousculé. Comment cela avait-il pu arriver ? Qu’avais-je fais pour mériter une telle punition ? Tout s’enchaînait, ma maladie, ce mariage forcé. Je ne comprenais pas encore ce qu’il m’arrivait, et mon être ne parvenait pas encore à assimiler le tournant tout à fait majeur que ma vie venait de prendre, un tournant que je n’aurais jamais voulu emprunter. Je m’appuyai douloureusement contre l’un des murs richement tapissé de la demeure, et pris une longue respiration. Comment avais-je pu en arriver là ? Je me sentais si mal, dépossédée de ma volonté propre, faible. Je détestais me sentir faible et impuissante, mais depuis hier, cela me semblait être les seuls sentiments que je parvenais à éprouver, à égalité avec un dégoût sans commune mesure pour les êtres de mon propre sang, qui m’avaient arrachés ma liberté, tant chérie, que j’avais acquise à force de patience et de travail. Et tout cela, tout ce que j’avais réussis à faire, tout ce que j’avais lentement construit, ma nouvelle vie, mes études, mon travail d’étudiante, mon petit appartement, tout m’était retiré. J’avais tout perdu. Toutes mes libertés s’étaient envolées, et j’étais à présent vicieusement placée sous les ordres d’un mari, plus jeune que moi, et qui buvait visiblement beaucoup. Peu à peu, mon esprit s’échauffait et la colère croissait en moi, dévastatrice, m’étourdissant. Comment moi, Cassandre, pouvait-je m’abaisser à de tels ordres ? Comment pouvais-je accepter ce traitement ? Comment pouvais-je ne serais-ce que me marier, et rester sous les ordres de ce mari détestable ? Ce n’était pas possible ! Et pourtant… dans un certain sens, j’étais faible, car mon père avait réussis à me faire plier. Du chantage, voilà la technique qu’il avait utilisée. Et pour cela, il avait exploité mes faiblesses. James et Theo, ainsi que mes amies de Poudlard. J’étais si faible et je m’étais fait avoir si facilement ! Mais je ne pouvais plus faire demi-tour, cela m’était interdit.

Car je connaissais mon père, pour l’avoir côtoyé durant toute mon enfance et toute mon adolescence, et d’une certaine façon, je le craignais. Je le craignais car il se montrait impitoyable pour tout. Que ce soit mo comportement, celui de ma mère, notre jardin, nos plats. Si quelque chose ne se faisait pas selon ses ordres et ses directions, le responsable en assumant rapidement les conséquences… et elles étaient rarement sans effets. C’est ainsi que j’appris rapidement à me comporter de la bonne façon, effrayée par les corrections que mon géniteur me faisait subir, ainsi que ma mère. Rien n’était jamais hasardeux, rien n’était pardonné, tout était punis. Et je savais que la moindre incartade de ma part vis-à-vis de ce mariage me vaudrait la pire punition de toute mon existence : la vie de mes amis. Et cela, je ne pouvais pas le supporter. C’était eux qui m’avaient sortis de ma prison dorée, qui m’avaient donnés envie de goûter à la vie, de la croquer à pleine dent, de me libérer de la tutelle toute puissante de mon père, et d’oublier cette peur qui me paralysait. Par la suite, je n’avais plus eu autant peur, mais désormais, je me rendais compte que ce mariage, tout en redorant le blason familiale, était une punition. Une terrible punition pour ma fuite loin du foyer, et pour la vie libérée que j’avais menée pendant un an. Mon père n’avait que très peu apprécié mon départ subit et plein de cris, et voilà comment, il me liait, comment il avait réussis à me briser les ailes tout en m’utilisant comme un pion précieux dans son échiquier géant. Maintenant, ce que je craignais, c’était qu’il me punisse pour mes cheveux, coupés trop courtement pour être décents. Mais, il m’avait déjà tellement brisée en une soirée, qu’un nouveau châtiment de sa part ne me ferait certainement plus grand-chose.

J’étais détruite, brisée, et tout cela, c’était de ma faute. C’était de ma faute si j’étais obligée de me marier à un gamin alcoolique, car j’avais désobéi délibérément à mon père. C’était de ma faute, car je m’étais attachée à des gens, ce que m’avait également déconseillé mon père. C’était de ma faute car je m’étais enfuie. C’était de ma faute car j’étais faible. Et à cause de mon comportement, j’étais liée à vie à Ulrich. Mais non… je n’avais pas à penser cela ! C’était la société qui était la responsable. La société aristocratique sorcière, qui pendant des millénaires, avait conditionné les esprits de milliers de personnes, et qui conditionnait également ceux d’aujourd’hui, comme mon père ! Je n’étais qu’une victime de ces traditions, victime de cet homme qui me privait de ma liberté ! J’avais droit à la liberté, droit de choisir ce que je voulais être, droit de choisir dans quel sens diriger ma vie. Mais la société et les traditions me volaient ces droits, et me brisaient les ailes. De nouveau, une vague de fureur monta en moi. Je n’étais qu’un jouet, dans tout cela, une victime, une poupée que l’on montrait et qu’on utilisait pour assouvir des désirs de grandeur. Tremblante de rage, je faillis balancer mon poing dans le nez de l’un des tableaux animé qui parsemait les murs du couloir. Toutefois, je me maîtrisai, incapable de blesser un innocent dans ma colère –même si ce n’était qu’un tableau-, et prit une longue respiration. Je fis quelques pas, et me dirigeai d’un pas décidé vers la salle à manger, là où m’attendaient les responsables, et désormais, les spectateurs de mon malheur.

Je descendis vivement les marches, tentant de reprendre contenance, et surtout, d’afficher un sourire tout à fait convaincant. Après tout, je venais de passer la nuit dans les bras de mon tendre et magnifique fiancé, pourquoi serais-je malheureuse ? Oui… on se demande bien pourquoi. Je parvins à étirer suffisamment mes lèvres pour qu’elles forment une moue qui ressemblait de loin à un sourie ravi, et me dirigeai vers la chaise près de ma belle-mère, tout en saluant d’un simple signe de tête les personnes qui étaient présentes dans la pièce. Puis, une fois assise, je fus incapable de résister aux appels malheureux de mon ventre, qui gargouillait doucement. Ma tête tournait légèrement, à cause des quelques longues gorgées de bières que j’avais avalé un peu plus tôt, sous le coup de la colère, et je me forçai à manger quelques tranches de pain généreusement garnies de beurre, et à boire du thé vert, bien sucré. J’avais besoin de manger, d’une part, parce que la veille, le ventre et la gorge nouée, je n’avais rien pu avaler, et d’une autre part parce que cela me faisait oublier quelques instant où je me trouvais, et pourquoi. Je me concentrai donc sur la nourriture, et sur le plaisir que j’avais à boire un thé chaud et réconfortant. Toutefois, mon plaisir fut de très courte durée, car ma chère belle-mère, assise trop près de moi, me lança un petit regard entendu, et se fit une joie de me poser une question sur ma nuit. J’avalais difficilement, et reposai la fourchette de bacon que j’allais porter à ma bouche… avant qu’elle ne pose cette question si peu attendue. Si peu. Je pris une courte respiration, et avec un sourire si faux qu’il aurait brisé un miroir, je répondis que tout c’était très bien passé, et que j’avais à peu près bien dormis. Après tout, cela ne servait à rien de nier, elle était déjà persuadée que nous avions passé la nuit dans les bras l’un de l’autre, et je n’allais pas passer ma matinée à m’expliquer et à argumenter… bien que cette situation soit tout à fait insupportable et me dégoûte en tout point ! Après quoi, j’entendis les pas de mon cher fiancé, et alors qu’il finissait de descendre les escaliers, je rajoutai avec un ton qui me fit horreur, et un regard remplis de fureur à son égard, une question, doublée d’un surnom amoureux ignoble, afin qu’il réponde une fois pour toute, et que ma chère belle-mère ne me repose plus jamais cette question.

Mais, au lieu de répondre, comme je l’avais espéré, mon détestable fiancé s’avança, tous regards sur lui –et j’étais certaine qu’il adorait cela-, s’assit à côté de moi, et me lança un grand sourire. Ce ne fut qu’à cet instant que je remarquai qu’il était habillé de façon… et bien, normale… pour des personnes n’ayant pas un sang pur, et pour les élèves de Poudlard les jours où ils n’avaient pas cours. Je retins un léger sourire, devant le regard clairement désapprobateur de ma chère belle-mère, puis détournai mes yeux du visage de mon cher fiancé, incapable de le regarder plus longtemps sans avoir l’irrépressible envie de lui donner une claque, ou de lui labourer le visage de mes ongles. Je le détestais, de tout mon être. Pour tout ce qu’il était, pour sa démarche, sa façon de me regarder, sa façon de me toucher, ce matin, sa façon de se comporter. Tout était proprement insupportable, chez lui, et je redoutais déjà mon mariage, et notre vie commune… bien que j’espère profondément qu’il renonce très vite à cette option, et que nous faisions chambre à part… et même maison à part, si cela était possible. Puis, alors que j’allais reprendre ma fourchette de bacon, heureuse que son arrivée ait pu changer les esprits des autres personnes qui étaient présentes, il répondit enfin à ma question précédente, et je me crispai, me retenant de lui lancer un regard excédé : pourquoi avait-il éprouvé le besoin de répondre
?!

-Tu manque encore d’expérience mais ne t’en fais pas, je t’apprendrais. Dit-il en me faisant un clin d’œil, remplis de sous-entendus ignobles.

J’entendis à peine ma mère se racler la gorge de façon tout à fait charmante, tant ma colère avait atteint des degrés inquiétant. Je n’eus tout d’abord aucune réaction, n’arrivant pas à croire qu’il venait de dire une telle chose, puis quand les mots se frayèrent un chemin jusqu’à la partie encore pensante de mon cerveau, j’en fus si choquée, que je restai quelques secondes immobiles. Comment ?! Qu’est-ce qu’il avait dit ?! Je ramenai doucement mes mains sous la table, et serrai mes poings avec tant de forces que mes phalanges craquèrent. Puis, très lentement, je tournai mon visage vers mon fiancé, un sourire extrêmement forcé, plaqué sur mes lèvres, une haine brûlante ravageant mes paupières. Je le DETESTAIS !! Comment osait-il dire des choses pareilles ! La scène de ce matin m’avait déjà assez embarrassée comme cela, mais le pire, c’est qu’il en rajoutait, sans aucune honte, avec un regard horrible qui me donnait envie de lui arracher les yeux ! Il était ignoble, détestables, méprisable, et j’avais une telle envie de lui sauter à la gorge, et de l’étrangler, que je fus presque étonnée de ne pas me retrouver sur lui à l’instant même. Le monde était rouge, tout était rouge, je voyais rouge. Mes prunelles flamboyantes de fureur fixées sur son visage, je ne pouvais que me concentrer sur les plis détestables que sa bouche formait quand il parlait et souriait, sur ses yeux légèrement baissés, détestablement pervers. Et plus je le regardais, plus j’avais envie de me jeter sur lui. Plus le dégoût qui me prenait toute entière, semblait vouloir sortir et se manifester de façon tout à fait concrète. Puis, il tourna à son tour son visage vers moi, et ses yeux rencontrèrent les miens.
Choc, étincelles, haine. Sourires faux.
Il tapota doucement le dos de ma main, tout en souriant de façon trop large pour que cela soit bon
.

-Ne t’inquiète pas. Tu vas t’améliorer.

Alors, il détourna son regard. Une vague de haine pure me traversa de toute part et j’eus un léger mouvement vers lui, comme si mes mains se tournaient d’elles-mêmes vers son visage pour l’attraper, lui faire mal, l’éloigner de moi, lui faire subir ce qu’il me faisait subir. Je le détestais de tout mon être, comme je n’avais jamais détesté quelqu’un auparavant. Tout mon corps brûlait, brûlait d’une flamme dangereuse, de haine. La haine, comme un serpent brûlant dans mes veines, ravageant ma raison, ravageant toute retenue. Je serai les dents de toutes mes forces, et étirai douloureusement mes lèvres en un sourire crispé. Ce repas était une torture. J’étais si humiliée par son comportement, par ses paroles vénéneuses, et ma haine était si forte, décuplée par ses regards et ses gestes insupportables. Je n’avais qu’une envie : le faire souffrir à mon tour, l’humilier comme il m’humiliait, lui rendre la haine bouillante qu’il me faisait ressentir. Je le regardai sans rien dire, boire une gorgée de son café, en espérant qu’il s’étouffe avec, puis, il tourna de nouveau son regard vers moi. Si je croisais à nouveau ses yeux, je lui sautais dessus. Je ne pouvais plus me retenir, toute était trop fort en moi, trop de choses bouillonnaient et j’étais si aveuglée par la colère, que je ne pourrais plus m’arrêter, une fois partie.

-Tu ne bois rien chaton ?

Je lui souris doucement, tout en portant à mes lèvres le thé vert qu’un elfe m’avait servi un peu plus tôt, et avalait de grandes gorgées brûlantes sans même sourciller. J’étais trop furieuse pour m’en préoccuper. Puis, je reposais avec lenteur la tasse devant moi, le regard fixé sur le visage de mon fiancé. Je n’avais qu’une hâte : que ce déjeuner se termine, et que je puisse m’enfuir loin d’ici, loin de tous ces regards, loin de lui. Loin de cet ignoble être, pour qui je vouais une haine désormais sans limite.

-Mais si, mon chou, tu devrais prendre un peu de thé, d’ailleurs, il est excellent ! Minaudais-je en passant mes doigts sur sa main. Peut-être que cela t’adoucira un petit peu… je trouve que tu as été un peu brusque avec moi, cette nuit… Je me tournai légèrement vers ma belle-mère, avec un adorable sourire, il ne sait pas vraiment s’y prendre avec les femmes délicates… peut-être pourriez-vous lui donner quelques conseils, vous ne croyiez pas ? Je me tournai à nouveau vers mon cher et tendre. Cela t’aiderai surement à me contenter plus que ce que tu as fait cette nuit… et puis, oh non, je ne veux pas parler du moment où tu as été, incapable de… enfin… ce n’est pas grave, mon chou d’amour, tu feras mieux la prochaine fois, j’en suis persuadée. Souris-je avec douceur, tout en agressant ses prunelles de mes yeux, remplis de fureur.

Je n’allais pas me laisser faire par ce gamin ! Ah… ça non ! S’il me cherchait, il allait me trouver !
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Ulrich Liechtenstein
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MessageSujet: Re: Pride and Prejudice [Pv]   Jeu 3 Oct - 18:58

Pour la majorité des personnes, leur maison était un peu comme leur cocon, leur refuge, l’endroit qu’ils affectionnaient parce qu’il leur garantissait la sécurité mais pour Ulrich, sa maison avait toujours été un endroit horrible et effrayant. Déjà gamin, le futur serpentard était seul, triste et discret. Il ne parlait pas, ne bronchait pas, ne pleurait pas, ne riait pas, ne jouait pas. Il était vide, seul et triste. Il restait dans son coin et attendait que le temps passe tout en essayant d’être l’enfant le plus parfait aux yeux de ses parents. C’est d’ailleurs dans cette période que sa maladie, si c’en était une, c’est révélé. Un ami de son père, psychiatre à l’époque avait rencontré Ulrich et avait comme flashé sur le comportement si décalé de l’enfant. Après plusieurs tests, il avait découvert qu’il ne ressentait pas la moindre chose, ce qui le rendait comme prisonnier d’une bulle. Et enfant, ce problème lui avait couté de ne plus pouvoir sortir, ne plus pouvoir manger ce qu’il voulait, ne plus pouvoir se lancer dans une quelconque activité sans la surveillance constante de quelqu’un de responsable. Et, chez les Liechtenstein, quelqu’un de responsable signifiait un professeur particulier aussi scrupuleux et drôle que ses propres parents. Ses activités s’étaient longtemps cantonner à la pratique de la musique, à la lecture, l’instruction, un peu de sport, mais très peu et de manière très contrôlé. Ulrich ne choisissait rien. N’avait qu’une espérance à cette époque, celle de plus tard, entrer à poudlard et sortir de cet enfer qu’était le sien.

Mais 10 ans plus tard, Ulrich Liechtenstein était toujours là, dans cette maison, dans ce hall, entouré de gens méprisant qui ne cherchait pas à comprendre ce qu’il pouvait ressentir. Qui se disait que dans le fond, puisqu’il ne ressentait rien, ça n’avait pas d’importance. Sauf que tous ces médecins, même après l’avoir tant étudier n’avait jamais compris qu’en réalité, tout ce qu’il pouvait ressentir c’était la douleur, la haine, la trahison, le mépris et la colère. Ulrich s’était longtemps privé de tout, et maintenant il en abusait. Ulrich avait longtemps suivi un chemin qu’il croyait être le bon parce que ses parents l’encourageait sur cette voie, et maintenant il marchait à l’aveuglette. Ulrich avait, toute son enfance privilégier le savoir au plaisir et maintenant, il fallait être courageux ou s’appeler Ambre Serana pour lui retirer un verre des mains ! il prenait tout ce qu’on lui avait arraché. Ulrich faisait ce qui lui plaisait, et jouer les bon petit fils à papa ne lui plaisait pas, mais alors pas du tout !

Quand Ulrich se regardait dans un miroir, que voyait-il ? Ulrich recherchait la simplicité. Ulrich ne voulait blesser personne ni vexer qui que ce soit. C’était le genre de personne qu’on invitait en soirée parce qu’il rigolait, plaisantait, entrait facilement dans toutes sortes de jeux, mais surtout, il pensait d’abord aux autres avant lui-même. C’était un bon pote, un type sympa, populaire pour une raison qu’il ignorait, mais surtout, ce n’était pas un connard finit. Du moins, il espérait ne pas l’être et agissait de manière à ne pas le devenir. Dans le fond, il n’en avait rien à faire de cette fille. Elle n’était rien à ses yeux et s’il l’avait croisé dans un autre endroit, pour une autre raison et dans un autre contexte, peut-être l’aurait-il adoré. Peut-être même que s’il avait été célibataire il se serait dit qu’elle était sympa et jolie et qu’il aurait envisagé quelque chose, il n’en savait rien ! –même si c’était peu probable étant donné qu’à côté de Katie elle était plate, mais soit !- Le fait est qu’Ulrich ne ressentait rien de plus que de l’indifférence à son égard. Mais conjugué avec la colère et la dégout que lui provoquait ses parents, elle devait en assumer les impacts. Après tout, le mariage, n’était-ce pas pour le meilleur comme pour le pire ?

Quand Ulrich pénétra dans la salle a mangé, il avait déjà abandonné toutes ses convictions. Dans le fond, Ulrich avait ce côté lâche, parce que tellement prudent. Il s’était battu pour changer son destin mais dès que l’on s’approchait un peu trop près de ce qui le rendait fort, il se recroquevillait, devenait obéissant pour que sa tour de carte ne s’effondre pas. Katie. Il avait tellement peur de la perdre, et tout en y pensant, il savait que ça avait déjà été le cas. Il l’avait perdu lors de l’attaque des mangemort. Il l’avait perdu quand il avait choisi les purgateur à elle. Si seulement elle avait pu changer. Si seulement elle avait pu être en mesure de comprendre et d’accepter, alors il aurait pu tout lui dire, tout lui expliquer. Mais Ulrich n’était pas stupide au point de croire que Katie aurait pu lui pardonner quelque chose comme ça. Elle voulait être auror ! Comment lui expliquer, lui faire comprendre que, même s’il ne partageait pas ses idées, il avait été élevé pour prendre le parti des mangemort ? Et d’ailleurs, comment Cassandre voyait-elle les choses ? Dans le fond, peut-importe. de toute manière, il n’envisageait pas de vivre heureux jusqu’à la fin des temps avec elle alors bon…

Si elle n’avait rien dit, si elle n’avait rien fait, sans doute se serait-il tenu à carreau pendant ce petit déjeuné, mais croiser son regard, puis entendre cette voix faussement mielleuse demandé confirmation d’une nuit qui n’avait été agréable, qu’avant qu’il la rejoigne au lit le rendait malade. Cette femme, SA femme était du genre hypocrite et, même s’il aurait dû faire comme son père, soit, lui faire plaisir devant les invités parce que dans le fond, c’était lui qui avait le dernier mot, Ulrich préférait encore mettre les choses au clair : Lui n’allait pas jouer les bon époux pour lui faire plaisir. Elle voulait mentir ? Et bien soit ! il allait même « embellir » son mensonge. Voyons combien de temps elle allait tenir la chandelle comme une épouse modèle…


-Mais si, mon chou, tu devrais prendre un peu de thé, d’ailleurs, il est excellent ! Peut-être que cela t’adoucira un petit peu… je trouve que tu as été un peu brusque avec moi, cette nuit…

Pour le coup, il devait admettre que la situation tournait au risible. Il l’aurait même applaudi pour son audace s’il ne la détestait pas autant.

-il ne sait pas vraiment s’y prendre avec les femmes délicates… peut-être pourriez-vous lui donner quelques conseils, vous ne croyiez pas ?

Ulrich tourna son regard vers sa mère, un sourire mesquin sur les lèvres. Lui donner un conseil ? Il imaginait bien sa mère vouloir lui parler de sexe… c’est surement lui qui aurait des choses à lui apprendre….

- Cela t’aiderai surement à me contenter plus que ce que tu as fait cette nuit… et puis, oh non, je ne veux pas parler du moment où tu as été, incapable de… enfin… ce n’est pas grave, mon chou d’amour, tu feras mieux la prochaine fois, j’en suis persuadée.

Ok, là ce n’était plus drôle du tout. Essayait-elle de le faire passer pour un impuissant ? Qu’elle connasse ! Ulrich gardait son apparence calme et tranquille tandis qu’il se servait d’une tasse de thé. Il but une gorgé de sa boisson, de manière totalement calme et douce, un léger sourire sur les lèvres, comme s’ils parlaient météo et paysage. Ulrich avait commencé le jeu de la provocation et à vrai dire, il était plutôt content qu’elle le suive mais elle ne gagnerait pas. Ce n’était qu’une sainte ni touche sans expériences qui avait grandi auprès de son petit papa chéri… pff, rien que de l’imaginer marier à elle, il avait envie de se pendre !

-J’avoue, J’avoue mon cœur ! Ca a été difficile pour moi cette nuit… en même temps aucune de mes ex ne m’avait encore demandé de les attacher au lit pendant que je les culbutais… mais ne t’en fais pas, maintenant que j’ai pigé le truc je..

-Ulrich ! Le coupa sa mère un regard noir qui en disait bien plus long que n’importe quel mot pouvant sortir de sa bouche. Sa mère était noire de colère. Quand il tourna son regard vers la mère de Cassandre, il découvrit qu’elle aussi était blême. Peut-être qu’il était allé trop loin… mais en même temps elle l’avait cherché ! Ulrich se racla la gorge comme pour mettre fin à cette conversation.

-Enfin bref, de toute manière il faut du temps à l’amour pour se…hm… il faut du temps. Et puis mon lapin en sucre, nous aurons toute la vie pour découvrir tous les vices et désirs de l’autre et y répondre.

Ulrich lui adressa un sourire charmant, que sa mère sembla apprécier. Fin de la discussion. Du moins, c’est ce qu’elle croyait. Dès qu’elle eu tourné les yeux, il se pencha légèrement vers sa fiancée.

-Et sache que je déborde de vices…

Ulrich se redressa, un sourire diabolique sur les lèvres. Il avait donné le ton. Bienvenue chez les Liechtenstein Miss Cassandre Benson ! Cette famille était sa prison, et il lui ouvrait avec plaisir sa cage. Mieux vaut être deux dans le malheur, au moins, on se sent moins seul.

-Quel est votre programme aujourd’hui les enfants ?

Hector Liechtenstein pénétra dans la salle à manger, en costume trois pièces avec sur ses talon Monsieur Benson, l’air ravis. Il était rare de voir son père aussi longtemps à la maison –en règle générale il passait la majeur partie de son temps à sainte Mangouste. Il aimait garder un œil sur tout ce qui lui appartenait- Ulrich le regarda sans comprendre. Comment ça « leur » programme ? Celui d’Ulrich était de se barrer d’ici vite fait, de retourner à poudlard et d’oublier cet horrible week end le plus rapidement possible. Elle n’était pas prévue au programme.

Comme aucun d’eux ne disait le moindre mot -ou n’avait pas le temps de répondre, l’interprétation de la scène était sans doute différente suivant chacune des personnes présente- Sa mère prit la parole, presque outré que son fils ne se lance pas dans des discutions à rallonge.


-Pour la bague ! Ou comptez-vous vous rendre ?

La bague ?! Non mais sérieusement ? Ulrich devait sans doute se racheter un miroir, parce que jusque-là il était certain de ne PAS avoir la tête d’un mec qui se tape des boutiques de bijoux pour une bague de fiançailles pour une femme qu’il ne voulait pas épouser.

-Mère, la tradition ne veut-elle pas que vous léguiez votre bague ? C’est bien plus romantique que ma femme porte la bague de ma mère, qui était celle de sa propre mère etc… Non ?

C’est là qu’on se rendait compte que Narcisse Liechtenstein portait bien son nom. La bague de sa mère, il en avait entendu parler toute son enfance et toute son adolescence. Son père lui avait offerte la bague la plus cher et la plus ostentatoire qu’il soit possible d’avoir. Possédant plus d’une centaine de petit diamant, sa mère considérait cette bague comme la chose qu’elle avait de plus précieuse. Elle n’aurait vendu ses enfants pour cette bague –D’ailleurs, à devoir vivre ce mariage arrangé, il se sentait comme une monnaie d’échange-. Il savait que pour rien au monde elle ne l’aurait cédé. Mais ! Elle qui vantait depuis le début cette relation, basé sur un amour solide –ou qui le sera… éventuellement… ou pas- Il était évidemment qu’il fallait suivre cette tradition. Mais même pour les apparences, elle ne l’aurait jamais donné. Et voir sa futur belle-mère regardé avec admiration sa mère, comme si elle attendait qu’elle dise « Mais oui bien sûr ! Tiens ma chérie » il avait envie de rire, tandis que sa mère devenait pâle.

-Certes… mais mon cœur, tu ne voudrais tout de même pas privée notre douce Cassandre de choisir elle-même sa bague non ? C’est un moment tellement important pour une femme ! N’est-ce pas ma chérie ? Allez donc chez Tiffany ! Hooo Cassandre vous allez A.D.O.R.E.R ! Ils vendent des bagues merveilleuses ! Et puis ensuite vous pourriez aller vous baladez ensemble ! Ce serait merveilleux !

Quelle détournement de situation… ca mère avait le don de tourner toutes les situations à son avantage, surtout quand on avait pour nous soutenir quelqu’un qui la dévorait des yeux. Sa mère était un mannequin très célèbre chez les moldu et connaissaient beaucoup de sorciers célèbres dans le monde de la mode. C’est vrai qu’elle ne faisait pas son âge et il avait vu de nombreuses « amies » de sa mère la regarder avec admiration et envie mais il n’arrivait pas à comprendre pourquoi. Elle était tellement manipulatrice et égoïste. Être riche, célèbre et de sang pur ne lui accordait pas tous les droits qu’elle s’attribuait et Ulrich considérait cet orgueil totalement répugnant. Mais Madame Benson ne semblait pas de cet avis, ce qui lui déplaisait plus encore que ce petit déjeuné qui tournaient au cauchemar. Pendant encore combien de temps allait-il devoir se taper la compagnie de l’autre cruche ?

Encore un bon moment visiblement. Quand Ulrich se leva de table pour quitter la salle de séjour sa mère le rattrapa dans le couloir pour lui demander des explications sur sa tenue et lui faire des remontrances sur son comportement déplacé vis-à-vis de Cassandre. Bla, bla, bla comme s’il en avait quelque chose à faire de savoir si sa fierté ou sa dignité avait été souillé ? Elle ajouta également qu’elle ne voulait plus entendre parler de ses ébats quelque sorte que ce soit. Ce qui lui donna un large sourire et quelques idées de situation particulièrement gênante qu’il allait mettre en place pour bien exposer sa vie sexuel au grand jour, et celle de Cassandre par la même occasion.

Mais pour le moment, il n’avait pas envie de se mettre sa mère à dos. Plus maintenant. Il avait eu son petit moment de satisfaction, maintenant il fallait qu’il calme le jeu. Il savait que ses actions et ses réactions étaient contrôlées et surveillé de ses géniteurs. Tant qu’il ne serait pas marié, il lui fallait faire attention ou bien Katie en pâtirait, et ça, il ne pouvait pas se le permettre. Existait-il pire devoir que de blesser quelqu’un pour son propre bien ? Quand Ulrich pensait à elle, il ne pouvait pas s’empêcher de fondre dans un véritable enfer personnel. Si seulement elle pouvait savoir, comprendre, lui pardonner… si seulement il n’avait pas été lui, mais un autre. Le serpentard retourna dans sa chambre pour se changer. Mettre un costume classe, taillé sur mesure, des chaussures bien ciré et une montre en or. Mettre un costume, un déguisement, pour le bonheur de ses parents, et celui de sa future femme…

Vingt minutes plus tard environs, à l’autre bout de Londres, un jeune couple, pas très à l’aise et surtout, qui ne se regardait même pas dans les yeux entrèrent chez Tiffany. Une vendeuse blonde, très aguicheuse s’approcha d’eux un large sourire aux lèvres. Un sourire auquel Ulrich répondit de bonne grâce, comme pour ridiculiser Cassandre une fois de plus. Mais aussi et surtout, pour qu’elle se concentre sur eux et que cet achat soit bien vite derrière eux…

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MessageSujet: Re: Pride and Prejudice [Pv]   Dim 3 Nov - 21:04

Je le haïssais, je le détestais ! Si seulement une crise pouvait se déclencher, là, maintenant ! Que je m’évanouisse, et que je me réveille quelques heures plus tard, la maison terrassée, les fondations éventrées, le mobilier de luxe défoncé, et Ulrich gravement blessé sous les décombres. Mort, même, si cela était possible. Et tous mes problèmes, envolés, mes parents, qui me regardaient d’un drôle d’air, envolés, ces beaux-parents hypocrites, envolés, mon ignoble fiancé, envolé. Et moi, internée dans une cellule hautement surveillée à Sainte Mangouste. Non, une crise maintenant, ce n’était pas conseillé, mais la fureur qui bouillait en moi était telle que j’étais prête à en vouloir sa réalisation. Je voulais le voir souffrir, le voir profondément humilié. C’est ainsi que je répondis également, le traitant d’impuissant. Je savais que cette insulte, bien que assez insignifiante pour la gente féminine était extrêmement insultante et particulièrement humiliante pour les hommes. J’en usais donc sans aucune once de culpabilité, prenant même un certain plaisir à voir son visage se décomposer. Très fière de ma réplique, et de voir les yeux de mon cher et tendre brûler d’un nouveau feu dévorant, le même qui me faisait trembler de rage, je lui souris de toutes mes dents. Toutefois, alors que je m’attendais à ce qu’il me saute à la gorge, ou fasse quelque chose en ma faveur, il garda un visage plutôt lisse. Malgré son regard bien plus brillant et la tension palpable qui régnait entre nos deux corps en ébullitions, il se servit tranquillement une tasse de thé. Tant et si bien que j’en vins presque à admirer son calme alors que je venais de l’insulter publiquement. Mais, je savais que le calme était bien pire que la tempête. J’avais appris à reconnaître ce même comportement chez mon père, qui restait stoïque face à chacune de mes répliques et de mes éclats de colère. Cependant, ce n’était qu’une façade, car ce calme exagéré cachait très souvent une terrible punition. J’observais le visage lisse de mon fiancé, sentant l’air crépiter de rage. Mes poils se hérissèrent doucement, tandis que mon sourire retombait lentement ; ce n’était pas bon. Il était trop calme. Bien trop calme, et au lieu de me réjouir, cela m’effrayait. Qu’allait-il faire ? Allait-il m’en faire voir de toutes les couleurs à mon tour ? Allait-il attendre que le repas se finisse pour me torturer ? Et puis, un sourire s’installa sur son visage. Un sourire doux, qui cachait des reflets pervers et mesquin. Un sourire que je détestais aussitôt. Mes yeux s’assombrirent tandis que j’attendais sa prochaine réaction, qui promettait d’être intéressante, ou alors terrible pour moi.

-J’avoue, J’avoue mon cœur ! Ça a été difficile pour moi cette nuit… en même temps aucune de mes ex ne m’avait encore demandé de les attacher au lit pendant que je les culbutais… mais ne t’en fais pas, maintenant que j’ai pigé le truc je..

-Ulrich !Intervint subitement sa mère, le regard sombre, l’air visiblement très en colère. Toutefois, c’était bien peu face à ma propre rage. Je tremblais si fort que je fus étonnée que personne ne le remarque. Je rangeai sagement mes mains sous la table afin que personne ne puisse voir mes jointures, serrées, blanches, prêtes à frapper chaque portion du corps de cet être ignoble qui me regardait désormais. Pour la première fois depuis que j’avais rencontré mes beaux-parents, j’eus un élan de gratitude envers ma belle-mère, si belle et si hypocrite, qui venait non seulement de sauver la vie de son fils, mais également celle de mes poings crispés.

-Enfin bref, de toute manière il faut du temps à l’amour pour se…hm… il faut du temps. Et puis mon lapin en sucre, nous aurons toute la vie pour découvrir tous les vices et désirs de l’autre et y répondre.

Puis, il me sourit. Et sous le regard attentif et radoucit de ma chère belle-mère, je fus forcée d’y répondre, sans toutefois y mettre la moindre conviction. Je ne pouvais pas sourire avec sincérité, pas devant lui, ni eux. Ils incarnaient tout ce que je détestais, et Ulrich d’autant plus. Je ne parvenais pas à supporter son ton, son visage, son sourire…

-Et sache que je déborde de vices…

Tout. Définitivement TOUT en lui me donnait envie de crier, de courir, de vomir, de frapper les murs… Il m’adressa un sourire diabolique accompagné d’un regard pervers qui me fit frémir de toute part. Je donnai un coup de menton provocateur dans sa direction, comme pour dire « Ah vraiment ? J’aimerais bien voir ça ! ». Sauf que sa phrase restait coincée dans mon esprit. Je faillis me tourner vers mon père, pour lui demander avec qui il m’avait ordonné de m’engager. Qui était Ulrich ? Il venait de dire qu’il débordait de vice, et j’en frissonnais encore. Quels vices ? Allait-il me forcer à faire quelque chose ? Allait-il me torturer pour son propre plaisir ? Peut-être que j’étais tombée sur un schizophrène ? Mon cœur se mit à battre un peu plus fort, en me rendant compte que j’allais être liée à lui… pour la vie. Un lien indestructible, sacré, et qui m’obligeais à me soumettre à lui… plus ou moins. Mes espoirs dégringolèrent subitement tandis que j’avisais son sourire de travers, reflet des horreurs qu’il comptait probablement me faire subir. Je chassais avec force les pensées terribles qui me flottait dans la tête, et prit une longue respiration. Je n’allais pas me laisser faire. Peut-être que j’étais lié à ce gamin horrible et sadiquement pervers, mais je savais me battre. Et s’il me touchait, ou osait s’en prendre à moi d’une façon ou d’une autre, je lui cassais la figure. Tant pis pour ma réputation… qu’avais-je à en faire, de toute manière ? Elle avait été fichue depuis le jour où j’avais décidé de partir de la maison et mener ma vie comme je l’entendais. Mes pensées furent interrompues par l’arrivée de mon beau-père dans la pièce, accompagné de mon géniteur. Impeccablement habillé, le père d’Ulrich respirait la richesse et l’hypocrisie. Si bien que mon père paraissait presque fade, à ses côtés. Presque. Car il ne fallait pas négliger son regard glacial et sa posture si calme qu’elle en était effrayante. J’adressai un léger sourire au directeur de Sainte-Mangouste, qui m’avait déjà vue plusieurs fois à l’hôpital, puis me contentai d’un regard froid pour mon père.

-Quel est votre programme aujourd’hui les enfants ?

Je levai un sourcil et me tournait légèrement vers Ulrich. Ah. Parce qu’il y avait quelque chose de prévu ? Je faillis soupirer. Moi qui avais cru que ce repas serait le dernier en compagnie de la famille Liechtenstein, je m’étais complètement trompée. Comme si voir le visage de mon fiancé pendant presque une journée ne m’avais pas suffi, il fallait à présent que je reste en sa présence aujourd’hui encore. C’était un véritable calvaire ! Qu’avais-je fais pour mériter une telle torture ? Je n’en pouvais plus. Plus de cette pièce, des personnes que m’entouraient, je n’avais qu’une envie, rentrer dans mon petit appartement, m’écrouler sur mon clic-clac, et regarder des films à l’eau de rose tout en mangeant un large pot de glace au caramel, jusqu’à ce que mort s’en suive. Et puis, s’il me restait encore quelques forces, je me mettrais à travailler sur mon projet. Un projet immense que mon école d’art sorcière m’avait proposé, et pour lequel j’étais terriblement enthousiaste !

-Pour la bague ! Ou comptez-vous vous rendre ? Lança soudainement la mère d’Ulrich, brisant le silence qui s’était installé dans la pièce. Il faut dire que ni moi, ni Ulrich n’avions envie de répondre à une telle question.

Nulle part, j’eus envie de répondre. Mais je me tins coite, en parfaite petite fille bien éduquée, parce que je savais que mon père m’observais de ses yeux glacé, et que la moindre bévue pouvait avoir des répercussions dramatique sur mon entourage. Je restai donc de marbre, attendant qu’Ulrich réponde à ma place, car je n’en savais strictement rien. Dernièrement, les magasins de bijoux n’avaient pas été ma priorité, et surtout pas le rayon des bagues de fiançailles. Et ce n’était toujours pas ma priorité, d’ailleurs. En ce moment, la seule chose que j’avais envie de faire, c’était enfoncer mon poing dans le visage de mon fiancé, avec une bague en diamant, pourquoi pas, si cela pouvait lui faire plus mal encore.

-Mère, la tradition ne veut-elle pas que vous léguiez votre bague ? C’est bien plus romantique que ma femme porte la bague de ma mère, qui était celle de sa propre mère etc… Non ?

Une tension se propagea instantanément entre le fils et sa chère mère. Je dus réprimer un sourire moqueur devant le visage subitement pâle de ma belle-mère, qui n’avait visiblement AUCUNE envie de me léguer cette bague. Pour enfoncer le clou, je faillis répliquer avec un sourire tout à fait hypocrite qu’en effet c’était une très bonne idée, après tout, c’était son fils unique, il pouvait bien faire cela pour sa chère et tendre fiancée, n’est-ce pas ? Mais je me contins, parce que me mettre ma belle-mère à dos était une idée tout à fait stupide de ma part. Malgré mon profond mépris pour sa personne, elle était probablement mon plus fiable appui –c’est pour dire !- dans mon futur proche, face à son fils et donc à mon futur mari. Je me contentai d’ouvrir de grands yeux stupides et niais, comme pour montrer qu’heureusement pour Mme Lichtenstein, je ne comprenais rien à la conversation.

-Certes… mais mon cœur, tu ne voudrais tout de même pas priver notre douce Cassandre de choisir elle-même sa bague non ? C’est un moment tellement important pour une femme ! N’est-ce pas ma chérie ? Dit-elle en me lançant un grand sourire hypocrite, et je hochais consciencieusement la tête avec un air béat qui parut lui plaire. Allez donc chez Tiffany ! Hooo Cassandre vous allez A.D.O.R.E.R ! Ils vendent des bagues merveilleuses ! Et puis ensuite vous pourriez aller vous baladez ensemble ! Ce serait merveilleux !

-Oh, oui j’aimerais beaucoup ! Allons-y vite, Ulrich ! Dis-je avec de grands yeux brillants, presque suppliants.

Voilà, j’avais réussis à la mettre dans ma poche : elle gardait sa bague, et j’acquiesçais avec vénération à chacune de ses phrases, quoi de mieux comme belle-fille ? Une drôle de pensée me traversa alors l’esprit, et j’imaginais subitement Theo et James, à mes côtés, me voyant mentir et sourire hypocritement à cette femme que je trouvais insupportable, et cela me fit perdre ma superbe. Je devais être hideuse dans un tel rôle. Et malgré ma répugnance à agir de la sorte, j’y étais obligée. Tout me forçait à me montrer si fausse, si hypocrite, que ce soit les personnes qui m’entouraient, les décors, et même l’ambiance de cette pièce. Toutefois, malgré ma précédente supplique, ce ne fut qu’une heure plus tard que nous pûmes enfin sortir de table. Une heure de torture véritable où ma mère et celle d’Ulrich jacassèrent sur tous les ragots possible tandis que nos paternels échangeaient quelques conversations sérieuses sur les affaires et tentaient mutuellement de se soutirer quelques informations confidentielles sur leurs fortunes ou autres affaires dont je n’avais aucune envie d’entendre parler. Pour ma part, je me forçai à manger une autre tartine et à boire quelques gorgées de mon thé, malgré mon estomac solidement noué par la haine qui courait dans chacune de mes veines. Je tentai de ne pas laisser tomber mon regard sur le visage de mon fiancé, car j’étais certaine de craquer s’il me renvoyait un nouveau regard pervers. Ce ne fut donc que lorsque j’évoquais la possibilité de me frapper la tête contre la table pour faire cesser ces bavardages inutiles qu’enfin les choses bougèrent. Ulrich se leva de table, et, incapable de rester assise plus longtemps, je suivis son exemple. Ma mère me tomba dessus presque aussitôt, et tandis que du coin de l’œil, je vis Ulrich et sa mère se diriger dans le hall d’entrée, je dû supporter ses remarques enchantée sur ma belle-famille pendant un bon quart d’heure. Ce ne fut que lorsque Mme Liechtenstein réapparut dans la pièce, en m’enjoignant d’aller me changer pour sortir avec Ulrich, qu’elle s’arrêta, et que je pus m’échapper. Je courus presque jusqu’à la chambre d’Ulrich, où j’attendis qu’il sorte pour y entrer à mon tour, et prendre une autre tenue, un peu plus « correcte » que celle que je portais. J’enfilai une robe noire, qui s’arrêtait au-dessus de mes genoux, des bottes et un gilet, puis, ne me préoccupant pas plus que cela de mon physique, je descendis les escaliers.

Une vingtaine de minute plus tard, nous marchions, seuls, dans l’une des grandes rues populaires de Londres. Déjà, je me sentis bien plus à l’aise, entourée de cette foule colorée et bien plus simple que les personnes que je venais de quitter. Certes, mon horrible fiancé était à mes côtés, mais c’était bien plus supportable, maintenant que nous n’étions plus coincés à table, chez lui, avec nos parents pour épier nos moindres mouvements. Nous arrivâmes rapidement à Tiffany, car Ulrich avait pris soin de transplaner assez près pour que nous n’ayons pas à marcher trop longtemps, c’est tout de moins ce que je compris de son comportement. Sans même nous toucher et nous regarder, nous entrâmes dans le magasin qui respirait le luxe. Je jetai un coup d’œil sur le premier bijou que je pu voir, et faillis m’évanouir tant il était cher. Avec une telle somme, je pouvais passer plusieurs année sans être obligée de travailler pour payer mon loyer, mes études et l’alimentaire ! C’était complètement affolant ! Dire que quelques mètres plus loin, nous avions croisé un homme assis contre un mur, faisant la manche, avec pour seuls habits un pull rapiécé et un bonnet trop usé. J’en eus presque un haut le cœur. L’injustice de ce monde était révoltante. Je pris une courte respiration et m’avançait un peu plus dans le magasin, levant simplement un sourcil quand je m’aperçus que la vendeuse faisait de l’œil à Ulrich et que celui-ci lui souriait largement alors même que j’étais à ses côtés. Son manque de respect me sidéra tout d’abord, puis, finalement, haussant les épaules, je fis mine de m’intéresser aux bagues constellées de diamants hideux qui trônaient dans la vitrine. Je fis le tour d’à peu près tout ce que le magasin possédait –ce qui était tout de même pas mal-, et ce ne fut que lorsque j’atteins le fond que la vendeuse se détacha enfin de mon fiancé pour s’intéresser à moi
.

-Aloooooors, est-ce que quelque chose vous plaît ? C’est pour une bague ?
-Oui, de fiançailles, ajoutai-je d’une voix morne.

La vendeuse ne fut visiblement pas très surprise que j’agisse de la sorte et m’étala toute sa science sur les bijoux. Ecoutant d’une oreille distraite, je parcouru une nouvelle fois la vitrine des yeux, ne prêtant aucune attention à Ulrich qui devait s’ennuyer ferme. Finalement, après plusieurs minutes de réflexion, je me résolu à en choisir une. Je n’avais pas envie de passer ma journée dans cette boutique, et il fallait bien que j’en choisisse une, sinon, nous n’en finirons jamais. Je me dirigeai alors vers celle qui m’avait plu au premier coup d’œil. Elle était simple, mais jolie. En or blanc, fine, un petit diamant trônant sur le dessus. Je passais quelques instants devant, à observer ses douces courbes, puis, pour me donner une idée, je plaçai ma main gauche à quelques centimètres de la vitrine et écartai légèrement les doigts, imaginant la bague sur mon annulaire. Puis, je soupirai et me tournai vers Ulrich, comme pour lui demander son avis, même si le simple fait de le regarder me donnait des envies de meurtres. Après tout, c’était lui qui allait acheter la bague avec l’argent de sa famille. Une bague dont je n’avais pas envie, une bague qui allait me lier à vie à un homme que je détestais.
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Ulrich Liechtenstein
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MessageSujet: Re: Pride and Prejudice [Pv]   Lun 4 Nov - 4:42

C’est vrai que sur ce coup-là, il s’était comporté comme un beau connard. Mais ne l’avait-elle pas mérité ? Après tout, c’était elle qui était venu dans sa vie, qui l’avait tâché de sa présence, qui avait surgit dont ne sait ou pour lui gâcher l’existence et qui osait faire preuve d’ingratitude alors qu’il était là, obligé d’accepter ce mariage scandaleux parce que la famille de cette Cassandre était en manque de fric et que la sienne saisissait cette occasion pour le caser de manière à être certain que leurs petits enfants seraient de sang pur. Ca le dégoutait, le rendait fou de rage, lui donnait des envies de meurtres et pire encore, Cassandre ne lui demandait pas pardon à genou, ne le suppliait pas d’accepter sa misérable existence. Au lieu de ça, elle mangeait, buvait, dormait près de lui, comme si tout cela lui était du… a tous les coups ce mariage la sortirait d’une vie pauvre et sans misérable et voilà comment elle disait merci… en essayant de l’humilier. Manque de bol pour elle, Ulrich avait passé 7 ans de sa vie avec pour amie la plus proche Ambre Serana, et ce n’était pas le genre de femme à être douce et compatissante alors elle allait avoir du mal la cassandre pour le blesser dans son orgueil. Mais si elle voulait jouer à ça, il était plus que prêt.

Elle avait voulu l’épouser pour vivre dans le luxe ? Et bien elle allait vite apprendre ce que c’était de vivre chez eux. Richesse et pouvoir s’accordait mal avec bonheur et tendresse. Les sourires et les petits fours c’était uniquement lorsqu’il y avait du monde. Qu’elle en profite tant qu’elle faisait encore partie du « monde ». Ulrich en avait déjà la nausée. Penser au mariage. Au mariage quoi ! Il y a deux jours il se demandait encore si il allait aller à la rave organisé par Tom Evans ou s’il valait mieux qu’il évite étant donné qu’il était dans la même classe que Katie et qu’entre eux, c’était encore un peu trop tendu pour qu’on lui rapporte qu’il passait son temps à boire et s’amuser avec d’autre fille plutôt que de tenter d’arranger le truc entre eux… fin bref, il se posait des questions totalement banale et sans intérêt dans le fond. Maintenant, la seule qui lui venait à l’esprit c’était : « Encore un peu de thé ma chère ? » Pitié qu’elle dise oui histoire qu’il la lui jette au visage…

Mais Ulrich gardait son calme. Ulrich était posé. Silencieux. Il buvait une gorgé de son thé toute les 5 minutes. Il approuvait silencieusement du visage tout ce que pouvait bien dire ses parents, sans même les écouter parce qu’en vérité, il n’en avait juste rien à faire. Il n’aimait pas ce mariage, cette fille, cette vie et tous ces choix qui arrivaient tellement vite qu’avant même d’en avoir compris un, le suivant lui parvenait en plein visage. Il n’aimait rien. N’aimerait rien. Alors autant laisser ce plaisir à ceux à qui ça pouvait en donner. Et si au passage il pouvait faire chier un peu son monde histoire de se remonter le moral, il ne s’en priverait pas. Et au bout d’un moment, on lui demandera inévitablement de les laisser tranquille et plus personne ne viendra le faire chier. Parfait en sommes.

Ulrich écouta posément toutes les réplications de sa mère concernant la bague qu’elle ne voulait absolument pas céder. C’était presque drôle de la voir en si mauvaise posture, elle qui se vantait toujours d’être maitresse en toute situation. Mais évidemment, il fallait que l’autre cruche détruise le petit plaisir d’Ulrich en donnant raison à sa mère…


-Oh, oui j’aimerais beaucoup ! Allons-y vite, Ulrich !

Traitresse. Pire encore. Elle était « l’amie de sa mère » maintenant. Ou du moins, sa mère l’appréciait, ce qui était dégoutant. Flippant. Et surtout Ecœurant. Comment pourrait-il épouser une femme qui apprécierait sa mère ? C’était inconcevable ! Et ce ton qu’elle employait pour dire « Ulrich » comme s’ils étaient proche ou qu’il pouvait avoir la moindre considération pour ce qu’elle pouvait dire ou penser. Décidément, tout ce qui venait d’elle lui donnait envie de vomir et baissait son moral au point de n’être qu’une larve. Cassandre. Même son nom était cassant, froid et sans intérêt. Comment une fille qui s’appelait Cassandre pouvait être sa future femme ? En plus une ancienne poufsouffle ! Non mais c’était du grand n’importe quoi toute cette histoire. Ulrich ne pouvait pas l’épouser et encore moins l’accompagner faire les boutiques pour qu’elle se dégote une bague de fiançailles. Ulrich détestait faire les magasins, pour commencer, et alors si c’était pour elle… il préférait encore se taper une soirée de charité tous les week end plutôt que de devoir subir ça. Au pire, elle ne pouvait pas prendre la bague de sa mère ? Histoire de régler le problème ?

A voir la tête de sa belle-mère, Ulrich se doutait bien que le plan était mort avant même d’avoir été évoqué. Il lui semblait que sa belle-mère chérie était bien trop fasciné par toutes les richesses que lui faisait miroité sa propre mère pour ne serais-ce pensé qu’il serait moins couteux et moins chiant de prendre une qu’on avait sous la main. Et avant qu’elles se lancent dans d’autres plans foireux, elles pouvaient toujours rêver qu’Ulrich mette un pied à terre et fasse un discours… Mais au moins sur ce point, aucune des deux n’avaient l’air d’y songer. Ulrich essaya de suivre leurs conversations deux minutes mais arriva bien vite à la conclusion que c’était aussi chiant que ça en avait l’air.

Au bout d’un temps qui lui sembla raisonnable il se leva de table, suivit de près par sa fiancée. Elle ne pouvait pas rester à table avec les autres ?... Sa mère en profita pour faire de même et, une fois à part lui faire part de son choix de tenu qui devait être modifier pour la sortie en ville. Ulrich ronchonna mais retourna dans sa chambre à toute vitesse de manière à avoir quelques secondes de répit. Dans le couloir il entendit les pas de Cassandre le suivre mais elle eut la délicatesse de ne pas entrer dans la chambre. Et ça valait mieux pour elle étant donné l’humeur que le serpentard dégageait. Il aurait même fallut refaire toute la déco à nouveau s’il continuait leur petite discutions de tout à l’heure.

Ulrich prit tout son temps, appréciant le fait qu’elle poireautait devant la porte, pour se changer et mettre un de ses nombreux costumes classe, sobre et affreusement pas lui. Une montre en or au poignet, des boutons de manchette impeccable et sculpté avec le blason de sa famille –Il avait toujours trouvé ça présomptueux, mais bon… - puis, il sortit de la chambre, passant à côté de Cassandre sans même lui jeter un regard avant de descendre les escaliers pour se retrouver dans le hall. En bas des escaliers l’attendait son père, qui lui fit signe de le rejoindre dans son bureau. Ulrich le suivit sans dire le moindre mot. Il avait beau se jouer de sa mère et tenter de l’humilier en publique, son père… ce n’était pas pareil. Ce n’était pas le genre d’homme qu’on contrarie. Ulrich prit place en face de lui, assis sur un des superbes voltaires de la pièce, et écouta son père lui faire un petit résumé de la soirée. Ecouter ce qu’il en avait retenu, ce qu’il n’avait pas apprécier –il rajoutait également le petit sous-entendu de ce matin à la liste, ce qui n’étonna pas le serpentard- mais signala qu’il était satisfait. Satisfait parce qu’Ulrich avait accepté son sort et que cet après-midi allait devoir être magique pour la petite Benson. Qu’Ulrich allait lui offrir la plus belle et la plus somptueuse des bagues et qu’ils allaient tout deux passer un bon moment. Ouais…Non. Mais Ulrich n’allait pas faire de remarque. Pas quand il savait qu’elle serait le prix s’il n’obéissait pas. Sa seule chance de sortir de cet union était que Cassandre cède et rompe les noces… ce qu’elle ne semblait pas résolu à faire…

Narcisse appela Ulrich du couloir. Le serpentard se leva de son fauteuil et rejoignit sa mère qui l’attendait avec Cassandre et sa belle-mère pour partir pour la boutique. On aurait dit deux gamin qui partaient en randonné avec leurs parents qui les suivaient du regard jusqu’au bout de la rue… c’était pitoyable. Ulrich et Cassandre passèrent le portail et la seconde suivante, Ulrich les transplana dans une rue sombre moldu. Autour d’eux, d’autres sorciers transplanait aussi. C’était en quelques sortes un passage invisible aux moldu pour que les sorciers puissent se fondre dans la masse juste après un transplanage. Ulrich connaissait bien cet endroit pour avoir dû suivre sa mère pendant toute son enfance dans ces rues pleines de magasin haute couture et de boutique de luxe. Ils marchèrent en silence pendant toute la durée du trajet. Ulrich n’avait pas envie de parler, et Cassandre devait être encore en colère contre lui. Ils passèrent la porte de la boutique et là, une charmante hôtesse s’approcha d’eux, ou d’Ulrich en tout cas pour démarrer la conversation.

Elle s’appelait Sacha, elle avait 22 ans, elle travaillait ici depuis 2 mois et elle adorait sa cravate. Ulrich la trouvait charmante et très agréable et sentir les regards de Cassandre sur lui ne faisait que lui donner plus envie de faire un peu plus connaissance avec cette Sacha. Bien arriva l’éternel question de : « Vous veniez acheter quelque chose pour vous ? » avant qu’Ulrich de pointe du bout du nez cassandre, de l’autre côté de la pièce. Sacha lui lança un doux sourire avant de se diriger vers la poufsouffle, suivit par Ulrich, qui arrivait doucement vers les deux femmes.


-Aloooooors, est-ce que quelque chose vous plaît ? C’est pour une bague ?

-Oui, de fiançailles.


Ulrich ne put réprimer un sourire amusé. La manière dont elle était prête à mordre cette douce Sacha ! Etait-elle jalouse ? Ce serait encore plus drôle. Sacha se retourna vers Ulrich d’un air « Vous êtes sur de vous ? » et Ulrich leva les yeux au ciel, en témoignage d’un gros NON. Ce qui donna un léger rire à la vendeuse et qui devait mettre cassandre encore plus mal à l’aise. A vrai dire il n’avait pas peur des foudre de son père parce que Cassandre se conduirait comme une bonne petite futur épouse de bonne famille et dirait que « tout était parfait » sur un ton hypocrite qu’elle maitrisait déjà à la perfection. Alors autant s’amuser un peu.

-En ce moment ce qui est très à la mode, ce sont les bagues trop volumineuse, avec beaucoup de pierres ! Vous aimez les pierres ? Nous avons des diamants à tomber bien sûr, mais ces derniers temps la mode se portent beaucoup sur les saphirs ! Mais…

Elle regarda Cassandre de bas en haut.

-Peut-être que vous ne la suivez pas… Ho je vois que vous regardez celle-ci !

Cassandre tendait sa main vers une vitrine ou des bagues étaient déposées. Il soupira. C’était long. Chiant et pleins de bijoux.

-Elle est merveilleuse ! Vous voulez l’essayer ? Quel est votre budget ?

Cette fois-ci elle se tourna vers Ulrich, un large sourire aux lèvres. Ulrich s’approcha de Cassandre et posa son bras sur ses épaules, comme pour la serrer contre lui.

-Ho mais on prendra la plus cher que vous avez. Vous savez, elle ne m’épouse que pour l’argent alors autant en mettre plein la vue. N’est-ce pas chérie ?

Ulrich lui adressa le sourire le plus hypocrite qu’il soit. Il la détestait. Elle, toute sa famille de pauvre qui lui volait sa liberté et sa bague, son symbole et tout ce qui s’y rattachait. Il devait lui prendre une bague somptueuse, et bien voilà, autant partir directement sur la plus chère. Et basta, ils rentraient à la maison. Enfin.

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MessageSujet: Re: Pride and Prejudice [Pv]   Lun 4 Nov - 12:28

Etrangement, et malgré mon indicible envie d’en finir avec cette journée, j’aimais bien l’ambiance de cette boutique. Certes, cela respirait la richesse à plein nez, et chacune des bagues joliment entreposées coûtaient plusieurs milliers de livre qui auraient pu servir à construire des écoles dans les pays les plus pauvres ou leur apporter de l’eau et de la nourriture, mais je m’y sentais plus calme. C’était impeccable, brillant, mais d’une certaine façon, artistique. Je ne parlais certainement pas de la vendeuse aguicheuse qui faisait de l’œil à Ulrich juste devant mon nez, non, elle n’avait pas la moindre fibre artistique en elle, et pourtant la boutique avait quelque chose. Et bien que ces bagues coutent affreusement cher, c’était des bijoux de finesse. La moindre courbe, le moindre diamant utilisé était placé avec une telle précision et une telle volonté artistique que s’en était difficile d’en détacher les yeux. Je restai donc muette plusieurs minutes, gorgeant mes yeux des merveilleuses courbes des bagues d’or pur, oubliant même que je devais en choisir une. Au milieu de cette prairie de fausse fleur de diamant, j’eu même quelques nouvelles idées pour enrichir le projet que mon école d’art m’avait proposé. Comme quoi, l’inspiration pouvait se trouver dans les endroits les plus improbables, et surtout, dans les situations les plus désespérées. Cependant, parmi tout ce luxe et cette écœurante richesse, je parvins à dénicher une bague. Elle était la moins voyante de toute, et le diamant qui trônait en son centre était le plus petit de la bijouterie. Toutefois, sa finesse et la façon dont elle avait été conçue me plurent énormément. C’est ainsi que, ignorant les bavardages incessants et moi foi, totalement inutiles de la vendeuse, je tendis ma main vers la vitrine pour tenter de me rendre compte de l’effet que cela ferait, si Ulrich consentait à acheter cette merveille-là. Ulrich. Alors que j’avais quitté le monde quelques instants pour m’envoler dans le miens, plus beau, remplis de merveilles artistiques, je revins brutalement dans la réalité. A cause d’un seul nom, le siens. Car si j’étais là, ce n’était certes pas pour admirer la beauté de ces bijoux. Si, il y avait une part de cela, bien sûr, mais la vraie raison, était mon prochain mariage avec l’homme qui se tenait à quelques centimètres de moi. Je devais choisir une bague, non pour conseiller une de mes amies comme j’avais toujours pensé faire… mais pour moi. C’était moi qui allait porter une bague, une bague qui ressemblait plus à une chaîne Une chaîne invisible qui m’attachait à vie à cet être ignoble qui draguait la vendeuse.

Depuis hier, je tentais de me convaincre que j’aurais pu tomber sur bien pire. Un vieil édenté, pervers, à l’œil lubrique, par exemple. Sauf que je ne parvenais pas à me faire entendre raison, j’étais vraiment tombée sur le pire. Je le détestais, et cela suffisait à mes yeux pour lui donner le statut du pire des fiancés. Le fait même qu’il soit mon fiancé me donnait envie de le détester, de toute manière. C’était une équation impossible à résoudre, car tout ce qu’il incarnait me donnait envie de vomir. Il était arrogant, riche, pervers, m’humiliait. Qu’y avait-il de pire, finalement ? Pas grand-chose. J’espérais seulement qu’il tenait autant à sa liberté que moi je tenais à la mienne, et qu’ainsi nous pourrions vivre dans des endroits séparés, par exemple, et nous voir une fois par mois, ou beaucoup moins, cela me convenait tout à fait. Sauf que je commençais à douter ; cela ne se passerait pas de cette manière, puisqu’il refusait de rompre ce mariage. Ce qui signifiait qu’il le voulait, et donc qu’il voulait être avec moi. Etait-ce seulement possible ? Il ne me semblait pourtant avoir tout fait pour me rendre détestable ? Je ne comprenais pas pourquoi il ne parvenait pas à dire « non », et m’envoyer bouler au loin, tant que cela détruisait notre « lien », ça m’allait tout à fait. Mais non, il ne faisait rien, il se contentait de rester affreusement calme, et de m’envoyer quelques piques très humiliants, et c’était tout. Je ne le comprenais pas, et de toute façon, je n’avais aucune envie de le comprendre. Il n’était qu’un petit fils à papa pourri gâté, égoïste et arrogant, et je le détestais. Cela me semblait si évident ! Pourquoi personne ne l’avait vu, pendant le déjeuner de ce matin ? Ressemblions-nous vraiment à un couple heureux ? Etait-ce l’image que nous donnions ? Et puis, je me souvins subitement que Mme Liechtenstein était apparue au mauvais moment ce matin même, alors qu’Ulrich et moi étions dans une position tout à fait inconfortable. Voilà pourquoi ils pensaient que nous nous entendions bien, ils croyaient que nous avions couchés ensemble. Un frisson me parcouru de toute part. Non, il valait mieux penser à autre chose qu’à cet épisode tout à fait répugnant. Mon regard se fixa à nouveau sur la bague en face de moi. La plus discrète, et pourtant la plus jolie. Une qui me correspondait à peu près, dans ce monde écœurant d’hypocrisie et de paraître.

Malheureusement, alors que je croyais pouvoir encore admirer quelques instants la bague que j’avais déjà choisie, la vendeuse revint vers moi, babillant toujours une avalanche de mots qui n’atteignaient même pas mes oreilles. A vrai dire, je n’avais pas besoin de ses conseils, qui allaient à tous les coups m’orienté vers celles qui étaient les plus chargées, les plus chères, et je n’avais pas envie de tout ce faste. Malgré la richesse évidente de la famille d’Ulrich, et celle, renaissante, de ma famille, je voulais rester le plus simple possible. Aussi simple que le petit appartement que j’avais déniché, aussi simple que mon petit boulot dans l’un des bars environnant, aussi simple que mes cours d’art à l’école… Je voulais rester la fille que j’étais avant de réintégrer ce monde horrible où je pouvais me perdre si facilement. Une fille qui rentrait souvent couverte de peinture, qui mangeait des pâtes au saumon devant un film à l’eau de rose, qui devait se lever la nuit pour ouvrir au chat et lui donner à manger, qui suivait assidument ses cours d’arts, qui aimait écrire des lettres à ses amis de Poudlard, qui se fichait pas mal de l’argent et préférait le donner à des associations caritatives… Bref, une fille simple. Et j’avais peur que ce monde, dans lequel j’étais forcée de revenir me change et me rende aussi égoïste et arrogante que mon ignoble fiancé. De toute façon, il avait déjà commencé à me changer, le fait même que je me sois laissée enchaînée si facilement, était contre ma nature. Butée, je restai donc fermement campée devant la bague que j’avais choisie, montrant ainsi que c’était celle-là, la plus simple, que je voulais, et non toutes les autres, couvertes de diamants probablement trop lourds à porter.


-Elle est merveilleuse ! Vous voulez l’essayer ? Quel est votre budget ? Dit alors la vendeuse en se tournant vers Ulrich.

Je soupirai doucement en me retenant de lever les yeux au ciel. Que de cinéma, franchement. Et puis, j’étais certaine que mon fiancé allait prendre son rôle très à cœur, et encore impressionner la galerie en annonçant un budget exorbitant dont les ¾ de la grande Bretagne ne pouvait que rêver avoir. Mais au lieu de rester dans son coin et de continuer à draguer la vendeuse, il s’approcha de moi, et je sentis son bras se poser sur mes épaules, m’encerclant, comme pour m’étreindre. Je fus parcouru de frisson, et mes yeux s’agrandirent légèrement sous la surprise. Qu’est-ce qu’il allait faire, encore ?! Pourquoi me tenait-il ainsi ? Mais qu’est-ce qui lui prenait ? Je lui avais dit que je ne voulais pas qu’il me touche sans ma permission, et voilà qu’il se permettait de poser ses mains sur moi en publique. Je faillis me dégager brusquement, mais la phrase qu’il prononça alors réduisit toutes mes tentatives au néant.

-Ho mais on prendra la plus cher que vous avez. Vous savez, elle ne m’épouse que pour l’argent alors autant en mettre plein la vue. N’est-ce pas chérie ?

J’en fus si profondément choquée que je ne réagis pas tout de suite. Je captais à peine le sourire hypocrite qu’il m’adressa, et me forçai à prendre une respiration. La rage que j’avais éprouvée depuis le début de la matinée s’anima et mon corps s’embrasa. La fureur qui m’envahit fut si forte, et si houleuse que je ne parvins plus à contrôler mon corps. Quoi ? Je ne l’épousais que pour l’argent ! C’était la pire insulte qu’il ne m’ait jamais lancée. J’en étais si blessée, si choquée que ma haine pour lui décupla et mon envie de l’étrangler en fut plus forte encore. Qui était-il pour se permettre de m’insulter de la sorte ? Pour me faire passer pour une femme si avide d’argent ? Je n’étais pas sa mère ! Et je ne voudrais jamais devenir comme toutes ces femmes qui se pavanaient en portant les atouts les plus chers du monde, comme toutes celles également qui tentaient de se marier avec les plus riches pour avoir tout l’argent qu’elles désiraient à leur portée. Ce n’était pas moi. Tout cela, je le détestais. J’avais envie d’hurler, hurler au monde que je n’étais pas un simple pion, hurler à Ulrich que l’argent ne m’intéressait pas, et que lui non plus, il ne m’intéressait pas. L’argent, j’avais envie de lui cracher dessus ! C’était à cause des images que mon père m’avait montrées que je l’épousais ! J’y étais forcée ! Et s’il pensait que c’était à cause de l’argent je… Je tremblais de toute part, incapable de contrôler mes mouvements. Puis, je n’y tins plus, et toute l haine que j’avais ressentie depuis le début de la journée explosa en moi. Je me dégageai brutalement de son étreinte insupportable, me tournai face à lui, et, voyant rouge, je lui administrai une claque magistrale qui résonna pendant plusieurs seconde dans le magasin. Puis, les larmes aux yeux, me retenant afin de ne pas les laisser couler devant lui, je murmurai avec colère :

-Pauvre con ! Puis, je me retournai vers la vendeuse qui me regardait, l’air tout à fait choquée, Quoi ? Demandai-je avec brutalité sans même attendre la réponse.

Après quoi, toujours bouillonnante de colère, je poussai Ulrich de toutes mes forces et sortis du magasin. Je me retins de courir, et marchai le plus rapidement possible les membres frémissants, jusqu’à la ruelle sombre où nous avions atterris. Puis, faisant fi des conseils des médecins m’interdisant de transplaner car cela pouvait être dangereux, et lié à mes crise, je tournai sur moi-même, et réapparut dans une des ruelles peu fréquentées qui entourait l’immeuble dans lequel j’habitais. Cette fois-ci, je me mis à courir, et tremblante, j’arrivai devant ma porte. Je dû m’y prendre à plusieurs fois pour arriver à introduire les clefs dans la serrure, et lorsque j’y parvins, je rentrai en claquant la porte, puis, hébétée, la colère descendant doucement, je plaquai mon dos contre celle-ci, incapable de tenir debout plus longtemps. Et soudainement, ma vue se brouilla et des larmes salées dévalèrent mes joues. De lourds sanglots gonflèrent dans ma gorge, et je pleurai ainsi pendant plus d’une heure. Lorsque je fus calmée, mon regard tomba sur le chat, qui attendait derrière la fenêtre, en miaulant désespérément, et avec un léger sourire, je me levai pour lui ouvrir. Puis, au lieu de me poser sur mon canapé-lit pour manger de la glace devant la minuscule télé, je me dirigeai vers un placard fourre-tout et dénichai un tableau vierge, je le sortis, sortis toute ma palette de couleur, et me mis à peindre. Tout d’abord, ce fut avec douceur, puis, plus les détails de la journée me revenaient en tête, plus je lançais avec violence mon pinceau sur la toile. Ce ne fut que lorsque le tableau fut entièrement couvert de peinture que j’arrêtai. Je me reculai quelques instants pour le contempler, et avec étonnement, je découvris que j’avais peint le visage d’Ulrich, entouré de rouge et de noir, les couleurs de la haine.

~Terminé
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