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Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay

 

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 Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay

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Chuck Carlton
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Localisation : Là où on peut faire la fête !
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Particularités: i should have known better
Ami(e)s: Emmy-Nem, Haley, mon petit lapin! Oh vous inquiétez pas, ça nous choque autant que vous... ; Joy, eh ouais comme quoi ! ; Ruby Miss Parfaite ; Lilian, the one and only
Âme soeur: come to me my sweetest friend can you feel my heart again i'll take you back where you belong and this will be our favorite song

MessageSujet: Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay   Lun 24 Juin - 15:06


Bristol - vacances de mai.



C'était carrément une habitude, ce voyage, et Coop et moi on le connaissait par cœur - mais c'était tout d'un coup moins une habitude quand Taylord était de la partie, et qu'une fois arrivés à King's Cross, on ne repartait pas chacun de notre côté mais... Ensemble. Bon, d'abord il avait fallu dire au revoir à tout le monde et blablabla, même si c'était seulement deux semaines, ça faisait toujours un peu bizarre de quitter les gens avec qui on vivait 24h/24. Et d'ailleurs, plus ça allait, moins bien je vivais le fait de quitter Poudlard bientôt mais bon - passons. Le quai se vidait petit à petit, y'avait quelques parents qui étaient là et je me marrais bien, parce que jamais, mais alors jamais de la vie, mes parents s'étaient pointés pour venir nous chercher et nous accompagner, et c'était tellement ridicule que ça en était risible.

On avait allégé nos valises grâce à la magie, et quand Coop aussi eut fini de saluer tous ses potes, je passai ma main autour de la taille de Taylord et on se mit en route : quitter la voie 9 3/4, aller vers la sortie de la gare, trouver les bus, grimper dans celui pour Bristol, et le tour était joué. Enfin, joué, joué, c'était vite dit... Il faisait super beau et Coop était tout content, il avait parlé tout le voyage, du coup j'étais rentré dans son jeu et on racontait plein de trucs marrants à Taylord, mais au fond, j'étais bof serein. Je veux dire... Wouhou, Taylord venait chez moi. J'étais carrément content qu'on passe deux semaines ensemble et rien que tous les deux, mais pour le reste, bonjour. J'avais toujours cette espèce d'impression que ce qui était le plus honteux chez moi (ma famille, mes parents, ma maison) était bien à l'abri du petit monde de Poudlard, et du coup c'était pratique pour laisser paraître simplement ce que je voulais. Petit à petit, j'en avais parlé un peu avec Taylord - enfin disons qu'elle m'avait un peu tiré les vers du nez - et déjà je me sentais plus fragile à ce sujet, mais alors là, c'était le pompon. Surtout que je pouvais bien faire ou dire ce que je voulais maintenant : c'était trop tard. Pas possible de faire marche arrière. Elle allait débarquer chez nous et assister au merveilleux spectacle qui s'y donnait : génial. J'espérais fortement que ma mère allait être dans une de ses bonnes périodes, à savoir qu'elle allait rester dans son salon vautrée devant sa télé sans me chercher des poux, parce que sinon, je savais très bien que le fait que Taylord soit là ne nous empêcherait pas de nous engueuler comme de la merde. Et puis, si en plus elle comprenait que je voulais la paix, elle allait forcément tout faire pour me faire chier encore plus, je le savais. Bon sang, elle me courrait tellement sur le haricot que j'aurais pu la jeter du haut d'un pont sans l'ombre d'un regret. J'avais beau chercher, je ne captais pas : COMMENT on en arrivait là ? Comment on pondait deux gosses alors qu'on avait un couple aussi merdique, et comment ensuite on s'en foutait à ce point, et pire on leur pourrissait la vie quand on se faisait trop chier parce qu'on avait une vie trop merdique ? Ça me dépassait. Encore, heureusement, elle était un peu plus cool avec Coop - elle lui foutait la paix, quoi, c'était toujours à moi qu'elle s'en prenait, mais bon je lui rendais bien, il devait y avoir de ça aussi. Coop essayait toujours de tempérer, comme toujours, mais essayer de tempérer les abruties comme ma mère, ça relevait du miracle. Et en fait, je m'en foutais carrément de tout ça avant, mais là, plus je me posais la question, plus ça me dérangeait. Je savais que de toute façon il ne me restait plus beaucoup de temps à passer chez eux et heureusement, mais en même temps j'avais l'impression de renoncer à une bataille, tant que je n'avais pas compris qu'est-ce qui avait pu se passer dans la tête de ces gens pour qu'ils soient à ce point des incapables.

Sur le chemin, on continua avec Coop de raconter des anecdotes de nos autres voyages à Taylord, et puis on finit par arriver rapidement à Bristol, de là il fallait juste prendre un dernier bus qui nous emmenait en périphérie puisqu'on habitait près de la zone industrielle, là où c'était encore plus pourri évidemment. En descendant la rue qui menait à notre maison, je me sentais la honte devenir presque insupportable, pourtant je faisais exprès de ne pas y faire gaffe et j'embrassai Taylord dans le cou et je m'amusai à l'empêcher d'avancer, mais ça ne changeait rien, au fond. J'avais l'impression d'être le dernier des ploucs, et notre maison merdique dans cette rue toute pourrie où les maisons ne ressemblaient à rien le démontrait carrément. Mais bon, je le savais : je ne pouvais pas revenir en arrière, et de toute façon, c'était comme ça, point. Taylord allait peut-être déchanter, mais c'était pas comme si j'avais le choix.

En rentrant, j'entendis direct la télé depuis le salon, mais personne ne bougea, ce qui me laissa présager qu'on allait avoir un peu la paix. Du coup je montrais vite fait la maison à Taylord en évitant le salon évidemment - la cuisine, le premier étage où on allait jamais puisque c'était la chambre des parents, et le dernier étage, sous les toits, avec nos deux chambres et notre salle de bain, où on passait le plus clair de notre temps évidemment. Coop comprit que c'était le moment d'aller dans sa chambre et de nous foutre la paix, et on s'installa dans la mienne - enfin, je ne laissai pas trop le temps à Tay d'explorer les lieux parce que déjà je l'avais attrapée dans mes bras et je l'embrassai avec une certaine fièvre, parce que je me retenais depuis ce matin et qu'en plus ça me faisait un peu bizarre qu'elle soit là, chez moi, et que j'avais besoin de garder bonne figure. Ensuite, on arrangea vite fait nos affaires, et je lui montrai quelques trucs dont on avait déjà parlé, notamment les photos du bal qui trônaient évidemment sur mon mur de photos, même si il y avait plein d'autres photos, des moldues comme des sorcières, de mes potes ici, de Poudlard, de Coop et moi, tout ça. Bon, il y en avait aussi de mon été chez Lilian, j'espérais que Taylord n'allait pas le prendre mal parce que je les laissais là pour tous les souvenirs qu'elles me rappelaient, et Lilian était restée mon amie, donc bon.

La soirée passa rapidement, non seulement parce qu'on avait envie d'être tous les deux et rien que tous les deux, et parce qu'on était un peu explosés du voyage et aussi des semaines qu'on avait passées - je n'avais rien à dire parce que Taylord avait été malade et donc carrément plus fragile et fatiguée, mais entre toutes les soirées que je m'étais tapé pendant qu'elle était à l'infirmerie et ensuite les cours qui étaient devenues encore plus chauds que jamais et les profs qui s'acharnaient, je me demandais même comment ils espéraient qu'on ait un semblant de vie sociale à côté de leurs cours et leurs devoirs. Heureusement, c'était les vacances, une bonne fois pour toutes, alors, je ne voulais pas penser à tout ça. J'avoue que même si j'étais explosé le sommeil mit un petit temps à venir parce que je serrais Taylord contre moi dans mon lit et que ça ne m'aidait franchement pas à me bercer et à me détendre, étant donné ce que son corps contre le mien me donnait envie de faire, mais là encore, il fallait prendre des pincettes. Depuis la dernière fois, j'avais quand même regretté à certains moments de ne pas l'avoir laissée faire ce soir-là dans mon dortoir - mais en même temps, je savais qu'il n'aurait pas fallu que ça se passe, parce que ça ne se serait pas bien passé, et quand même, je voulais que que ça soit bien pour nous deux, même si ça devait me coûter une sacrée frustration. Disons qu'avec le temps, ce n'était pas que je commençais à m'y faire, mais j'apprenais à vivre avec, et je me contentais d'imaginer, ou de laisser mes mains se balader un peu plus que la normale quand vraiment je n'en pouvais plus. Elle n'allait quand même pas me laisser attendre des mois et des mois encore... Enfin, j'espérais, quoi. On verrait bien. Le lendemain, on fit la grasse mat', et puis Chris, toujours au taquet les premiers jours de vacances parce qu'il savait que je rentrais, m'appela pour m'inviter à une fête chez lui le soir, ce que j'acceptais après avoir proposé à Taylord. On traîna un peu le reste de la journée, je lui montrai vite fait le quartier, les bars où on se retrouvait, là où on faisait du baseball avec Coop, le terrain vague, l'immeuble en construction abandonnée qui était un peu notre QG, tout ça. Je projetais de l'emmener tout en haut, sur la terrasse d'où on voyait la mer, mais une autre fois - un soir où on ne serait que tous les deux, et quand il ferait nuit, parce qu'avec les lumières et tout, ça faisait beau et on se croyait tout d'un coup ailleurs que dans la triste banlieue de Bristol. Et puis on alla un peu avant le début de la fête chez Chris, parce que je voulais présenter Taylord à Lucy et Chris - et je savais que de leur côté ils mourraient d'envie de la rencontrer.

J'adorais la maison de Chris (elle était deux rues après la mienne), parce qu'elle était à la fois chaleureuse, ordonnée mais pas trop, en bordel mais pas trop, bref juste ce qu'il fallait pour être accueillante, et il y avait toujours du bruit, de l'animation, parce que Chris avait deux petites sœurs et un petit frère, et j'adorais surtout sa mère qui était la mère la plus cool et la plus responsable que je connaisse. Mais sa famille n'était pas là pour le week-end et c'est pour ça que Chris en profitait pour faire une fête - apparemment, il attendait pas mal de monde, ça promettait. Mais en attendant, on se marra bien tous les quatre, et j'en étais franchement reconnaissant à Lucy et Chris d'être aussi cools avec Taylord. Je savais qu'ils étaient heureux de la rencontrer - "depuis le temps que je parlais d'elle", avait bien sûr fait remarquer ce traître de Chris - et je savais qu'ils la kiffaient vraiment, je m'étais toujours dit qu'elle s'entendrait bien avec eux, mais ça me faisait plaisir de les voir tous ensemble. Et puis, on finit ensuite d'installer la sono tout ça, et les premières personnes arrivèrent, et la fête commença.

Ça faisait longtemps que je n'avais pas été aussi content de faire une grosse fête à Bristol, étant donné que l'été dernier et les dernières vacances, ben, j'avais pas spécialement le moral, et que je m'éclatais la cervelle plus qu'autre chose. Là, c'était différent... Mes potes, une bonne ambiance, et Taylord par dessus tout... Je n'étais pourtant pas fan des jolies phrases à la con, mais j'imaginais que si le bonheur pouvait ressembler à quelques choses, ces instants là me paraissaient bien représentatifs. Evidemment, on avait bien attaqué la boisson, même si je vérifiais que Taylord ne buvait pas trop - pas que je voulais la fliquer ou quoi, mais quand même elle était pas au top de sa forme, donc bon, je ne voulais pas qu'il lui arrive des bricoles, je voulais juste qu'elle soit heureuse, comme moi je l'étais. Ce qui était pratique avec la lumière tamisée et le monde, c'est que je pouvais l'embrasser quand j'en avais envie, et pousser un peu plus mes caresses sans que ça ne choque personne, ce dont je ne me privais pas. Et puis on se marrait bien, on dansait, tout ça tout ça. Je me sentais vraiment en vacances, loin de tout, loin des emmerdes, et ça faisait du bien. Bon... Evidemment, ça avait été un peu chelou de me rendre compte qu'il y avait pas mal de meufs avec qui j'étais sorti qui étaient là, certaines étaient cool et avaient bien compris le truc et on s'était juste dit bonjour, d'autres... étaient un peu plus cool et essayaient trop de me parler et de me mettre le grappin dessus quand je n'étais pas avec Taylord, ce qui était un peu chiant - pourtant j'avais été direct, je présentais Taylord comme ma copine, et je ne matais pas spécialement les autres meufs, enfin, je veux dire, c'était clair quoi. Mais bon, je m'en foutais : je savais bien, moi, que personne ne m'intéressait à part Taylord, ici.

J'étais parti discuter avec Chris et des potes, et Taylord était avec Lucy, mais au bout d'un moment, je partis la retrouver et je mis un certain temps à lui mettre la main dessus - il y avait un monde de bâtard et elle n'était ni le salon ni dans la cuisine ni dans le couloir et... Ah si, elle était là, dans le couloir, à un discuter avec un mec que je ne pouvais pas blairer, d'ailleurs, du coup j'arrivais comme une fleur et passai mon bras autour des épaules de Taylord, indiquant clairement au mec de dégager de là.


- Qu'est-ce que tu fous cachée dans le couloir ? Viens, lui dis-je dans le creux de l'oreille après l'avoir embrassée. Mais il y avait une petite lueur dans ses yeux qui brillait étrangement, et je connaissais ce regard - quelque chose n'allait pas, et je ne voulais pas que ça se passe comme ça.



http://www.youtube.com/watch?v=IxxstCcJlsc

Cause you are the piece of me I wish I didn't need
Chasing relentlessly, still fight and I don't know why

If our love is tragedy, why are you my remedy ?
If our love's insanity, why are you my clarity ?

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CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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Localisation : Ben regarde, sur ma licorne magique... Ah, tu la vois ? Okay, arrête le jus de citrouille alors, visiblement ça te fait pas que du bien.
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MessageSujet: Re: Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay   Jeu 27 Juin - 15:54

Ca faisait boumboumboum dans ma tête, comme une plume qui s’envole lentement au gré et aux caprices du vent, mais ça retombait comme un gros plomb qui fait trembler le sol – la plume planait de moins en moins haut. Le plomb par contre avait fissuré le béton, et la descente était imminente…

Ca faisait longtemps que je n’avais pas eu des vacances comme ça. Avant on bougeait de temps en temps, mais depuis Poudlard, la plupart du temps, je les avaient passé au château et parfois il arrivait même que je rentre à la maison en dehors des grandes vacances, mais quoi qu’il en soit, ça restait des terres conquises – rien que pour ça, celles-ci n’auraient rien à voir. Dès que mes pieds avaient franchi la dernière marche du bus qui nous avait emmené jusqu’à Bristol, j’avais voulu voir et aller voir tout en même temps, parce que c’était ça qui faisait le charme d’une ville t d’un pays, leur spécificités et leur différences, même si là en l’occurrence, j’avais vite compris. C’était facile de dire à quoi ressemblait Bristol – du moins, ce coin-là de Bristol – C’était tout ce que n’était pas Comanche.

Au moins – et ça demandait de gros efforts – j’avais eu le bon sens de ne pas faire de remarques ni de commentaires et j’avais même fait exprès de rentrer dans le jeu de Chuck, en prenant bien attention à ne pas remarquer tous les détails matériels, qui pourtant, sautait aux yeux. Je m’en étais plus ou moins rendu compte,  mais quand on avait parlé de Bristol justement et de toute ce qui allait avec, un peu avant les vacances, ensuite ça avait engendré chez moi une vision différente que celle que j’avais pu voir jusqu’à maintenant, comme si on m’avait retiré de devant les yeux, une feuille de calque joliment dessinée pour cacher le vrai paysage qui se trouvait au-delà. Ça ne voulait pas dire pour autant que depuis, Chuck avait un régime spécial, plein de traitement de faveurs, mais disons que j’avais vraiment envie de lui apporter ce que tous les gens normaux ont normalement. Voilà pourquoi, ce n’était pas normal. Le pire, c’était que pour moi, ça me paraissait anodin, les mots, les gestes si petits, si infimes et pourtant lorsqu’ils n’existaient, qu’est-ce qu’il restait ? De la rancœur.  Cette oppression, pleine de rancœur, qui se retrouvait jusqu’au fin fond de la maison, même si on était pas allé jusque-là, ça se sentait tellement, rien qu’à la porte fermée de la pièce principale qui bloquait tout accès au dialogue. Et je m’étais sentie trop conne tout à coup – les maisons qui se montaient les unes sur les autres qu’on laissait se battre seules contre les mauvaises herbes et des pièces à vivre dans lesquelles on tournait en rond et où on ne voulait pas trop rester longtemps parce qu’elles mettaient mal à l’aise. Et à côté de ça il y en avait qui avait une salle de séjour qui aurait pu faire office de petit appartement, et construit de tel sorte qu’il était inondé de lumière presque à n’importe quelle heure de la journée, et avec tellement d’espace tout à tour que c’était inconcevable un seul instant de vouloir aller vivre ailleurs, en tout cas, c’était l’effet que me faisait le ranch, et même s’il ne fallait pas comparer l’incomparable… Si je le faisais, Chuck l’avoir fait aussi, parce que leur maison aurait pu tenir je ne sais pas combien de fois sur le domaine, alors forcément après quand on voyait ça, on avait pas très envie d’en parler. Et je détestais ce classement par catégories, ces espèces de castes parce qu’elles existaient partout et combien de fois on était pas passés pour les ploucs de service par rapport à ceux qui vivait pas au milieu des vaches mais dans des appartements qui ressemblaient à des magazines immobiliers tellement c’était clean et impersonnel. On nous avait tellement inculqué l’inverse de cette façon radicale de penser que ouais je me sentais conne maintenant, parce que je ne voulais pas que c’est été le cas de Chuck jusqu’ici. La seule chose qui laissait croire que cette maison était en vie, c’était parce qu’il y avait des habitants à l’intérieur. Sinon, elle était morte depuis longtemps.

Et encore fallait-il que ceux-là même pointent le bout de leur nez, ce qui avait pas été le cas à présent – je m’étais déjà préparée mentalement à ça, et j’étais un peu sur la défensive, et même si normalement il y avait une certaine forme de politesse qui s’instaurait quand on était dans un endroit qui n’était pas chez soi, bizarrement ici, c’était comme si ça n’existait pas, ou du moins était-elle considérablement réduite. En même temps, je préférais ne pas les voir, c’était mieux comme ça, et en même temps je voulais savoir à quoi m’en tenir, mais comme visiblement le salon était un terrain dans lequel ne pas s’aventurer, j’avais suivi sans insister, parce qu’à la limite, c’était même mieux, c’était presque comme si on avait la maison pour nous tout seul. Ce qu’il y avait de marrant par contre, c’était de voir la chambre un peu comme je l’avais imaginé, enfin pas exactement, parce que ça ne pouvait jamais être tout à fait ça, mais quand j’entrais j’avais comme l’impression d’être déjà venue ici avant, même si je n’avais pas pu m’empêcher de chercher du regard le moindre truc à enregistrer – la chambre, c’était un peu tout ce qu’il y a de personnel, et j’avais comme l’impression du coup d’être l’un de ces objets aussi. J’avais reconnu certaines des photos sur le mur parce que j’avais les mêmes, et observé plus longuement celles que je ne connaissais pas en commentant certaines d’entres elles – même si j’en avais évité certaine, un peu par jalousie, parce que c’était un peu con à avouer, mais voilà, j’aurais préféré être la première à faire découvrir les USA à Chuck, mais ça n’avait pas été le cas.

Le lendemain, on avait déjà fait tellement de trucs que ça me faisait exactement comme si ça faisait une semaine que j’étais ici, et puis je ne m’étais pas faite prier non plus parce que depuis que ça allait mieux, ben j’avais envie de le montrer – que ça allait mieux. Et surtout de cacher les petites baisses d’énergie qu’il y avait parfois comme l’avait expliqué Pomfresh, ça allait prendre plusieurs semaines, mais franchement je m’en foutais, j’allais avoir le temps de me reposer en revenant à Poudlard ! Pour de bon, je me sentais super bien ! Et puis il y avait déjà une soirée de prévu apparemment et évidemment on allait y aller. J’avais eu un petit sourire suivit d’un silence d’aller… deux secondes et demi, le temps des présentations et j’avais commencé à taper la discut’ avec les amis de Chuck comme si on se connaissait depuis des lustres et que ça faisait des années qu’on ne s’était pas vus, parce que je n’avais pas trop de problèmes de ce côté-là, et je m’étais tout de suite sentie à ma place.

Mais ensuite, le reste des invités se pointa, et on ne put pas dire que c’était tous des Chris et Lucy. Tout se passa en deux temps et si vite, que je fus incapable de savoir quand s’était opérée la transition : quand tout allait bien, et quand tout n’alla plus du tout. Pourquoi je ruminais au lieu d’aller régler ça tout de suite en résolvant le mal par le mal – traduction : à coups de poings. Peut-être que c’était pour une raison toute simple – peut-être parce que la vérité était là, sous mon nez, et que je ne voulais juste ne pas l’admettre. J’avais été impatiente d’aller à Bristol dans l’espoir que ça se passe un peu comme à Comanche parce que même si j’adorais Poudlard, on avait un paquet d’emmerdes là-bas. Mais pas ici. Ce que j’avais pas pris en compte, c’est qu’ici okay elles y étaient peut-être pas, mais qu’il y en avait des autres.

Non parce que comprenons-nous bien au départ je m’étais dit c’est bon, tu tires un peu la gueule et elles vont dégager vite fait, parce que des filles ce soir il y en avait pas mal et c’était pas difficile de voir où est-ce qu’elles voulaient en venir très exactement – il n’y avait qu’à voir leur comportement avec les mec pour piger, mais bon comment dire que les autres gars je m’en tapais, mais que quand il s’agissait du mien elles pouvaient toujours aller voir ailleurs si j’y étais ?! En plus ça m’énervait parce qu’elles auraient dû comprendre tout de suite qu’elles faisaient chier, mais non, elles insistaient et le pire c’était que je pouvais trop rien dire parce que même si on savait tous très bien l’idée qu’elles avaient derrière c’était pas non plus ouvertement affiché, même si putain j’avais envie de leur en foutre une à celles qui faisaient comme si j’existaient pas là ! Je voulais le dire, je voulais le faire… mais en même temps, si je le faisais pas, c’était que d’un côté, je marchais avec elles. D’un côté, elles avaient peut être raison. J’avais toujours un peu fait comme si ça existait pas, mais là ça devenait carrément difficile de faire comme si ça existait pas qu’il n’y avait jamais eu de trucs entre Chuck et ces filles et comment elles se comportaient ça le montrait bien : que c’était comme ça que ça marchait que Chuck il était comme ça, qu’il bougeait de bras en bras et même que c’était pour ça que ça les dérangeait pas de se succéder les unes à la suite des autres. Elles avaient toutes parfaitement conscience qu’une nuit, quelques heures, que c’était ça qui les attendait. Pas plus.  Que c’était ça qui m’attendait aussi. C’était comme ça qu’elles me voyaient. Je finis mon verre d’une traite. Elles pouvaient bien le croire. C’était pas vrai. Mais quand même… Si, quand même un peu ? Je voulais pas qu’elles pensent ça. C’était pas vrai. Il était à personne. Il était à moi. Il fallait qu’elles le voient. A moi.

Ca faisait un certain temps que j’avais perdu Chuck de vue en plus, parce que je les surveillais du regard – et je voulais pas trop que Lucy et ses copines s’en rendent compte, surtout qu’elles étaient cool, et ça faisait chier parce que du coup je pouvais pas profiter tout à fait de ce qui se passait – je n’étais pas tranquille, à l’intérieur de mon estomac il y avait comme de l’acide, un vieux vin qu’on aurait laissé macéré trop longtemps, qui avait tourné au vinaigre et qui se propageait de plus en plus… Quand je voulu m’éclipser pour aller aux toilettes Lucy se proposa immédiatement de venir avec moi car il y avait la salle de bain juste à côté et elle voulait y passer et dans un sens, je préférais, parce que je la voyais comme une alliée au milieu de tout le reste et qu’en sa compagnie, rien de grave n’aurait pu arriver. Pourtant quand je voulu la rejoindre juste ensuite, elle avait déjà disparu, mais par contre il y avait tout un attroupement de nanas dans la pièce et comme forcément un prénom que je connaissais bien parce qu’il faisait bondir mon cœur à chaque fois, arriva comme un cheveu sur la soupe alors que personne n’avait remarqué que j’étais là moi aussi, évidemment il y avait de quoi tendre l’oreille… Bien sûr qu’il y avait quelque chose de malsain là-dedans – si j’avais été sûre de moi sans doute leur aurais-je demandé de la boucler. Et sans doute que si j’avais existé, m’auraient-elles tout de suite remarqué, et non pas être la fille lambda qu’on pourrait facilement évincer en fin de soirée. Voilà comme elles me voyaient. Comme pas grand-chose. Après tout, elles en savaient plus sur Chuck que moi, je pouvais pas prétendre le contraire… non ? Surtout quand elles affirmaient être certaine que je n’étais pas un obstacle et qu’il ne suffisait pas juste d’être jolie – il fallait l’être encore plus. Quant à savoir si c’était un compliment pu pas, c’était autre chose.

Je m’éclipsais un peu la tête ailleurs à cause de l’alcool que j’avais déjà bu qui n’était vraiment pas un bon mélange avec ce qu’il était en train de se passer – mais c’était pas grave, j’allais en reprendre un peu, la couleuvre allait bien finir par se couler comme ça. Comme s’il m’avait entendu, quelqu’un arriva pile poil à ce moment avec de quoi se désaltérer et je m’appuyai ensuite contre le mur du couloir parce que ça faisait quelques minutes qu’on discutait – jusqu’à ce que Chuck n’arrive. Pourquoi, alors que c’était cet effet là que j’étais censée produire, avec moi, ça ne se passait pas pareil ? Les bulles habituelles, comme une boisson gazeuse, me montèrent de la poitrine à la gorge, comme à chaque fois qu’on s’embrassait. Je n’allais pas en plus faire la mauvaise tête quand ça se voyait à la sienne qu’il passait un bon moment et que pour lui tout allait pour le mieux. Je voyais d’ici le coup venir que ça allait le souler s’il savait que je m’étais encore arrêtée là-dessus, quand lui n’y pensait pas. Et puis comme maintenant il était là, avec moi, ça allait.


- Qu'est-ce que tu fous cachée dans le couloir ? Viens.

Je posai mes mains sur ses hanches pour le rapprocher de moi et à cause de ça, me plaquai un peu plus contre le mur.

- Ben j’t’attendais
, murmurai-je également et puis après un baiser plus long que les autres où ma main était à cheval entre la peau et les vêtements ce qui me procurait des fourmis au bout des doigts, incontrôlables et comme je n’étais plus vraiment trop sobre je ne me posais plus les mêmes questions cons de d’habitude, on revint dans le salon et on se quitta un instant, le temps que Chuck dise qu’il allait nous trouver un place sur le canapé et moi de proposer de prendre quelque chose à boire pour nous deux.

Franchement ce soir, il y avait vraiment un monde de ouf et revenir près des fauteuils sans rien renverser en slalomant entre les gens, ça n’avait rien d’une partie de plaisir. Je claquai ma langue contre mon palais parce que je failli trébucher à cause d’un type qui avait bien trop bu et bousculait tout le monde, et quand je relevai les yeux, la première chose que j’eus en ligne de mire ce fut groupe près de la table basse qui était en train de se faire passer… Pardon, Chuck qui… On se fixa pendant plusieurs secondes parce qu’il m’observait lui aussi, sans ciller, et je sus qu’il avait pensé la même chose que moi. Deux sentiments totalement contradictoires me traversèrent en même temps comme deux gros pics de douleur, entre l’envie de tourner les talons et de me casser d’ici ou… voilà c’était l’autre qu’il l’avait emporté, et le temps que d’impulsion, j’arrive à leur hauteur, j’avais déjà terminé ma boisson et posé celle de Chuck sur la table sans la lui donner. Tout le monde était bien étalé et il ne me donna pas le choix en m’installant sur ses genoux et je le laissais faire mollement, en faisant exprès de le laisser porter tout mon poids et de ne pas répondre à ses éventuels gestes de tendresse. Le joint avait déjà fait le tour et revenait vers nous, et comme Chuck fit mine de l’attraper je fis exprès de lui couper la route avec mon bras et être plus rapide.

- Donne, dis-je un peu abruptement, et d’ajouter à l’attention de tous, du coup, j’ai le droit à deux. Ben oui ! Puisqu’ils prenaient du bon temps sans moi ! Je tirai deux fois dessus, avant de laisser Chuck m’en débarrasser après, sans vérifier qu’elle avait été  sa réaction.

Tout me monta au cerveau d’une manière fulgurante et mes muscles crispés se détendirent vites – je ne savais plus trop pourquoi je m’étais sentie si déçue et en colère un peu avant, parce que là tout à coup, j’avais envie de…de faire ce que je voulais et je ne me fis pas trop prier pour me redresser un peu et trouver une position plus agréable pour les bisous et les câlins et ça m’était bien égal ce que pensait les autres à côté de nous, mais s’ils pensaient comme moi, ça n’allait pas trop les déranger… quoique, ceux qui restaient, parce que je réalisais je ne sais pas combien de temps après qu’on était à moitié allongés sur le canapé et qu’on en occupait presque toute la place. Comme c’était Chuck qui était au-dessus de moi, je me redressai un peu avec mon coude pour rapprocher mon visage du sien, puis dans son cou.

- Alors, t’es amoureux ? lui chuchotai-je, avant de le ramener contre moi comme pour exiger une réponse claire et rapide. La musique me semblait être amplifiée et était devenue tellement forte qu’elle m’empêchait de penser. Et c’était très bien comme ça.

_________________
"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay   Lun 1 Juil - 0:13

L'avantage des soirées arrosées c'est que personne ne coupait à la règle - je n'allais pas m'en plaindre - mais en tout cas Taylord non plus, et comme je la connaissais, je savais bien qu'elle avait quelques petits coups dans le nez... Quelques petits coups qui n'étaient pas de refus, parce que tout d'un coup j'avais l'impression que je pouvais m'accorder beaucoup plus de... libertés. Oh, ça va, pas la peine de crier au scandale non plus - je n'allais pas en profiter comme un salaud, bonjour l'angoisse, mais au moins, mes mains trouvaient un peu plus de libertés, on va dire. Evidemment, ce n'était pas du genre de Taylord de me déballer tout ce qui n'allait pas en deux temps trois mouvements - et je n'allais pas la blâmer pour ça - mais j'avais bien capté, encore plus quand elle m'attira contre elle en m'attrapant d'un geste qui confirmait qu'elle avait abusé de ce qui circulait, et me plaqua contre elle, sans doute en espérant que je n'avais pas capté ce qui se passait dans sa petite tête. Je profitai bien de ce baiser, tout en n'ayant strictement rien à foutre du monde autour de nous. La majorité était dans le salon, là où la musique était à fond, ou bien dans la cuisine qui communiquait, parce que les réserves d'alcool était là-bas, mais y'en avait aussi un peu dans le couloir, plus sombre, là où on était : certains essayaient de discuter plus tranquillement, et d'autres, ben, ils faisaient comme nous, rien de tel qu'un couloir un peu sombre et séparé des autres pour se rouler quelques pelles en toute tranquillité. C'état bizarre, parce que ces ambiances là je les connaissais bien, les fêtes à Bristol n'avaient plus trop de secret pour moi, sans compter toutes celles qu'on avait faites chez Chris, met donc ces sons, ces gens, tout ça... M'était familier, sauf qu'au milieu, Taylord était là, Taylord uniquement associée à Poudlard et à un tout autre univers, que je ne mélangeais jamais ici. Il n'y avait que Coop, parfois, pour me parler de trucs magiques, mais pendant les mois d'été, je n'en parlais pas beaucoup. Même les gens que je revoyais, comme Haley par exemple, ou les Tennant, ce n'était pas ici, pas dans ces maisons ou ces rues, c'était Londres, ou l'Ecosse, loin de ce trou miteux que je cachais à tout le monde. Du coup, c'était bizarre, et je ne savais pas trop comment me placer, le comble pour moi, sachant que je n'avais pas vraiment de problèmes de ce côté-là.

Je sentais, comme chaque fois, tout ce qui se passait quand elle m'embrassait fort comme ça, c'était comme une explosion qui se préparait, et les boum-boum de la musique à fond n'arrangeait à rien - je frissonnais de ses mains qui se faisaient plus pressantes, sans parler du fait qu'on était collés l'un contre l'autre, avec le mur de l'autre côté, et je n'avais qu'une envie : la soulever et l'emmener en haut, dans les chambres, pour pouvoir faire ce que je voulais. Sauf que voilà, il ne fallait pas, tout ça tout ça, blablabla. C'était des choses que je faisais avec des meufs en soirée, comme ça, mais pas avec Taylord, pas avec celle qui comptait vraiment - et donc celle avec qui il fallait prendre plus de précautions, eh oui, évidemment.

Du coup, de retour avec tout le monde, je laissais Taylord allait nous chercher à boire - ça tombait bien qu'elle propose, j'avais bu, mais pas assez pour être vraiment bien, comme je l'aimais, du coup il fallait que j'augmente un peu la cadence. Sur ce, il y avait un groupe qui s'était formé près du canapé et de la table basse, avec sur la table basse juste ce qu'il fallait pour me mettre l'eau à la bouche, à savoir des bouts de carton et de quoi bien s'organiser pour... fumer ce qu'il fallait fumer. Comme un de mes potes m'appela pile à ce moment-là, je me dis direct : parfait, parfait ! Voilà qui allait rendre cette soirée encore plus parfaite, et puis ça allait aussi m'éviter de penser à des trucs prises de tête, comme tout à l'heure dans le couloir. Je me posai au milieu des autres et tirai sur le joint qui tournait, laissant la fumée m'alléger le cerveau - ah putain, ça faisait du bien, et ça faisait longtemps. Je me mis à me marrer avec les autres, cherchant dans la foule qui dansait où était Taylord - avant de capter le regard d'une meuf avec qui j'étais sorti vite fait l'été dernier, du coup je détournai le regard l'air de rien, pour pas lui donner d'espoir, et quand je réattrapai le joint qui était revenu, je croisai alors pile le regard de Taylord qui revenait, noyée dans la foule des gens avec sa taille de moineau.

... Ah, merde. Mais oui. Euh...


- Donne. Du coup, j’ai le droit à deux.

Mais ouais, bien sûr, et 100 balles et un mars aussi peut-être ?!

Avec la délicatesse d'un dinosaure, Tay s'était installée sur moi, et si tout le monde avait continué à rire et à parler, je n'avais pas manquer de jeter un regard assassin à Taylord, tout aussi assassin que le sien. Oui, bon, la promesse. Mais c'était pas pareil : je fumais juste comme ça, pas pour m'exploser la cervelle, et puis elle était là elle aussi, elle voyait bien que je n'étais pas en danger de mort non plus.

- T'as pas intérêt à...

Mais trop tard : cette grosse maline avait pris le truc et avait tiré dessus, avant même que j'ai réussi à le choper. Pour la peine, et vu qu'elle m'ignorait délibérément, je lui pinçai la cuisse, tout en prenant bien soin à ce que personne ne nous crâme, et en lui lançant un sourire innocent. Oh ça va hein, moi aussi, je pouvais faire ma mauvaise tête.

D'autant plus qu'à moi ne ne la faisait pas : ses pupilles étaient dilatées de ouf, preuve que l'herbe avait bien fait son petit effet. Pour toute réponse, j'attrapai le verre sur la table et le bus, histoire de rattraper un peu mon retard. Comme la musique était plus forte et que, la soirée avançant, la piste de danse attirait de plus en plus de mal, certains de mes potes se barrèrent du canapé, nous laissant un peu plus de place pour nous étaler. Je me foutais bien des autres, ce genre de fête, de toute façon tout le monde était pété et ne se rappelait plus de rien le lendemain, et certainement pas des nombreux couples qui s'étaient pécho pendant la soirée. Je m'étais installé à moitié sur Taylord - en vrai, je l'avais fait tomber sur le canapé, complètement, histoire qu'on soit bien à l'aise, et qu'en même temps elle décuve un peu. Je ne voulais pas faire le mec relou non plus, mais comme elle était pas au top de sa forme, et qu'elle était championne pour ne pas prendre soin d'elle, je préférais assurer les arrières. Du coup, je me mis à l'embrasser et à la peloter un peu, me rendant compte au bout d'un moment que ma main insistait un peu trop pour aller sous ses vêtements, et me ravisai. Dans mes oreilles, il y avait un bruit général, signe que l'alcool faisait son oeuvre petit à petit - les cris les rires la musique les bruits, c'était tout en un, et ça tanguait un peu, et j'étais bien. C'était ça que j'aimais dans les soirées : cette espèce de moment où seulement l'instant présent compte, où le monde est ailleurs, où peut-être que nous on était ailleurs, mais l'important était que rien d'autre ne comptait vraiment. Que nous, là, maintenant.

Pris d'une sensation bizarre, j'embrassai Taylord en attrapant sa nuque, et en espérant qu'elle sentait tout ce que je sentais moi aussi.


- Alors, t’es amoureux ?

- J'sais pas,
répondis-je avec un sourire mystérieux. Je me doutais bien qu'elle attendait une réponse, mais ses demandes directes me prenaient toujours de court - pas que je ne savais pas la réponse, mais parce que, bon, voilà, quoi. Peut-être, ça se voit pas ?

Je piquai un baiser sur ses lèvres et nous levai alors : me redressant, je la soulevai, elle et son poids plume, dans mes bras, avant de l’amener vers la piste de danse. Ben oui : elle faisait la maline, mais je l'attendais au tournant, moi, avec ses grands airs de cow-boy. Chris et Lucy nous rejoignirent à ce moment, nous apportant des nouveaux verres, et on trinqua tous les quatre avant de danser et de faire les imbéciles - surtout parce que Chris et moi on avait décidé de faire chier Taylord et Lucy, et dès que le refrain de la chanson arrivait, on essayait de le faire tomber en les poussant l'une contre l'autre - mais elles se défendaient bien en s'aidant toutes les deux, je devais bien le reconnaître. Au final, on abandonna la partie, et Lucy et Chris nous abandonnèrent pour aller aider une de nos potes qui tenait visiblement moins bien la vodka qu'elle ne l'avait pensé. Très bien : j'en profitai pour attirer Taylord tout contre moi, et danser en respirant son odeur de plus près, en descendant mes mains sur sa taille, en insistant un peu du regard. ... Je savais qu'il ne fallait pas trop, mais voilà, l'alcool aidant, j'avais de plus en plus de mal à me refréner, même si on dansait et qu'on s'amusait bien, soit.


- Saluuut, Chuck !

Quoi, non mais qui venait se planter juste à côté de moi alors que j'étais en train de me perdre dans des pensées bien agréables au sujet de Taylord ?! ... Ah. La blondasse de tout à l'heure, sympathique d'accord, mais collante comme une méduse. Cool. Sans compte que ce n'était pas du tout étrange cette façon qu'elle avait de me lancer des regards de braise alors que je tenais Taylord contre moi - mais ça ne m'étonnait pas trop d'elle, elle était canon et elle le savait, alors, elle s'en servait. Manque de pot pour elle, je n'avais pas trop la tête à regarder d'autres meufs, mais alors, pas du tout. Je la saluai d'un petit sourire - ok on avait partagé des trucs l'été dernier, mais voilà, j'étais occupé.

- Tu danses avec moi après ?...

... Wow non mais, sans blague. Elle ne manquait pas de culot, on lui devait bien ça.

- Ben non, tu vois bien que je suis avec Taylord, fis-je avec un regard agacé - quelle blonde, non mais - et je nous attirais un peu plus loin. Sa bande de copines toutes plus pétasses les unes que les autres étaient déjà autour d'elle, en train de piailler et de jeter des regards dans notre direction. Génial.

- Désolé, murmurai-je vers Taylord, mais elle ne me regardait pas, alors je l'attirai vers moi, attrapant son menton pour l'obliger à me regarder : T'inquiète, c'est personne cette fille.

... Oh, joli. Franchement joli. Il y avait une bouteille de whisky posée derrière Taylord, et j'hésitai une seconde à me fracasser franchement la bouteille sur la tête. Non mais "c'est personne" : ou comment pointer le fait que cette fille était une de mes ex mais qu'il ne fallait pas y penser. Génial. Quel tact.

- Je veux dire : je m'en fous, d'accord ? fis-je avec un petit sourire en lui donnant un faux petit coup de poing sur l'épaule comme si elle avait été mon meilleur pote. Bordel ! Quelle merde, déjà que je la trouvais un peu distante, déjà que j'avais rien arrangé avec le joint, que j'aurais du la prévenir tout ça, j'avais l'impression que cette soirée virait au cauchemar pour elle, alors que moi je voulais juste qu'on s'amuse tous les deux... Et avec les lumières baissées je ne voyais pas bien ses yeux, et j'avais l'impression qu'ils me fuyaient, qu'elle me fuyait. Je sentis une espèce de colère monter, et je serrai le poing. Putain ! Pourquoi est-ce que ça ne pouvait pas aller bien, tranquillement, sans rien pour nous faire chier, juste une fois ?! Je lâchai alors sa taille malgré moi - je ne savais pas quoi faire. J'avais juste l'impression que je lui faisais plus de mal qu'autre chose - et que je l'avais toujours fait, avec elle, quoi qu'il arrive.

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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay   Mar 2 Juil - 16:30

Non mais il n’y avait qu’à voir à l’écouter ce que Chuck avait le droit de faire pendant que moi j’étais passible d’emprisonnement dans le placard sous l’escalier si je tentais une fois ou deux de faire la même chose – en même temps il avait ce geste protecteur, comme si toutes les conneries qu’il faisait s’adressaient à lui et à lui seul, mais en même temps, ça m’énervait toujours un peu parce que je m’étais toujours imposées et mes propres règles et mes propres limites, alors quand on venait les déjouer, forcément, l’esprit de contradiction revenait en force, et il n’avait pas intérêt à essayer de m’en empêcher, sinon j’essayais de lui faire passer son joint par le nez, et il finissait la soirée tout seul – quoi que avec tout ce beau monde féminin, je n’étais plus sûre de rien – en prime.

D’accord, si j’avais voulu un instant prendre le taureau par les cornes, c’était aussi parce que j’avais mal pris ce qui venait de se passer – je m’étais parfois posé la question, j’avais eu des doutes aussi, mais j’avais  voulu lui faire confiance là-dessus et je pouvais très bien m’imaginer son regard de reproche si jamais je ne l’avais pas fait, ça aurait foutu encore plus la merde alors bon. Je ne voulais surtout pas l’écouter, mais il y avait cette connasse de voix dans ma tête – c’était la même que la mienne mais en insupportable, en genre, j’ai raison tu le sais bien donc ça me donne le droit d’être insupportable – qui répétait qu’en même temps c’était pas une surprise parce que j’avais pas assez d’impact sur Chuck pour lui faire tenir une putain de promesse jusqu’au bout, parce que c’était sans doute pas la peine de lui demander pour savoir qu’entre temps il y en avait une d’autre, et qu’une fois de plus j’avais joué… seule. Lui ne l’avait fait qu’à moitié, et je finis par me demander… Pourquoi ? Parce que je revenais toujours vers lui ? Parce que je finissais toujours par le pardonner et renouveler ma confiance quoi qu’il arrive ? Donc finalement, c’était lui qui obtenait ce qu’il voulait et basta, et ce n’était pas sans rappeler une autre voix, celle de Scott cette fois, qui me disait que je voyais bien qu’il avait eu raison depuis le début, je ne pouvais pas donner raison à Scott, pas comme ça… Et Haley qui était restée une ombre et sur laquelle j’avais reporté toute ma jalousie depuis, parce que ça aussi encore, ce n’était pas assez important pour m’en tenir informée… Ça aussi c’était un secret – celui-ci plus celui-là, et combien y’en avait-il d’autres ? Je pouvais essayer de faire tout ce que je pouvais pour obtenir cette sincérité, ce n’était jamais assez. Je n’étais jamais assez.
Et je commençais vraiment à me demander si j’allais l’être un jour…

L’effet de la descente un peu rapide qui vous traverse tout l corps jusqu’aux ongles, comme lorsqu’on entame une pente en voiture après être arrivé au sommet de la montée, le tout mélangé au malaise disparut à cause des différentes substances qui avait renvoyé la raison au placard, et je sentais les vertiges m’envahir, tout comme une profonde fatigue mais c’était très étrange, parce que je me sentais assez énergique pour tenir toute la nuit s’il le fallait. Le tout multiplié un bon millier de fois, ajouté à cela la sensation d’étouffement qui faisait aller mon cœur très vite, comme si j’étais au bord d’un précipice, que j’étais à chaque fois à deux doigts de tomber mais qu’il y avait toujours des lanières qui me retenaient en arrière. Mais à chaque fois, je les sentais plus faibles et prête à lâcher. J’empoignai le col de Chuck pour m’aider à ne pas sombrer.


- J'sais pas. Peut-être, ça se voit pas ?

Je pris une grande inspiration prête à la forcer à avouer – je détestais quand ça se passait comme ça, quand je pensais avoir Chuck à ma merci et lui faire faire tout ce que je voulais, mais qu’il le retournait subitement contre moi parce que c’était dans des cas comme celui-là que je réalisais que j’en étais totalement dépendante et que ça me poussait à faire des trucs… que je ne faisais pas en temps normal, mais au moment où je voulu aller plus loin, il nous avait déjà relevé et pendant plusieurs secondes d’affilés je vis trouble comme si j’étais sur le sommet du tour qui tournait, tournait, tournait sur elle-même… noyant un peu par la même occasion l’empressement qui m’avait habité la seconde d’avant, mais n’enlevant malheureusement pas la compression à la poitrine – je savais que c’était pour rire et rien de sérieux, mais j’aurais préféré l’entendre dire vraiment, pour que ça aille un peu mieux…

J’avais du mal à danser correctement sans me tenir, mais comme tout le monde riait – Lucy, Chris, Chuck – je riais aussi, ça chaque fois que j’étais poussée, ça tanguait un peu plus mais en même temps, comme je ne tombais pas, je me dis que je ne risquais rien et puis de toute façon, ensuite, je me retrouvais collée contre Chuck, comme tout à l’heure, et Chris et Lucy, je ne savais pas où ils étaient passés, mais je ne les avais pas vu partir. Quand c’était comme ça, je perdais à peu près toute notion de limites, parce que ce n’était jamais trop, et qu’il n’y avait rien qui puisse m’arrêter non plus, et je souris cette fois, me laissant emportée par les mouvements de la danse et du corps de Chuck, cherchant désespérément le contact rapproché, ce qu’il me rendait bien, mais aussi un je ne sais quoi, il y avait autre chose, et si j’ignorais ce que c’était, je savais par contre que ce n’était que là-dedans que je pouvais le trouver…

Une voix qui n’était ni la mienne ni celle de Chuck me tambourina le crâne comme si elle était à l’intérieur et comme nous dansions nos gestes s’étaient alors ralentis à la limite de l’arrêt. Sans savoir pourquoi, peut-être parce que je voulais faire ravaler son horrible sourire à cette grosse conne, la mauvaise humeur arriva tout à coup, sans même aucun signe avant-coureur si bien qu’elle-même, elle me déstabilisa un peu parce que je changeais de sentiment comme de chemise et c’était un peu perturbant. Je lui lançais quand même un casse-toi, qu’on en parle plus, j’avais parlé assez fort pour couvrir le bruit autour de nous qui me défonçait les oreilles comme une alarme, mais elle m’ignora – non elle ne m’ignora pas. Je n’étais
pas là.

Elle insista et Chuck répliqua aussitôt – alors enfin seulement, elle parut se rendre compte de ma présence et battit en retraite pendant que nous faisions de même.
Mais le mal était fait.

Ce n’était pas comme si je ne m’en étais pas douté, qu’en venant ici, à Bristol, j’allais être confrontée à des événements comme celui-là, mais j’étais prête, c’était comme à Poudlard, c’était chiant, ça faisait chier, mais c’était pas insurmontable… Mais à Poudlard,, ça avait beau être casse pieds par moments, on savait qui j’étais, on savait aussi qui Chuck était, et nous étions ensemble, donc même si ça se passait pas toujours bien comme avec le coup de la quatrième année, dans l’ensemble, c’était gérable. Alors qu’ici… je n’étais rien enfin si, j’étais une fille, mais
rien qu'une fille, il n’y avait pas de Taylord qui tenait et encore moins de Chuck et Taylord, et c’était son monde à lui, son monde auquel il était rattaché, ce monde auquel je n’avais jamais fait partie, et ça ne risquait pas d’arriver, et c’était aussi pour ça qu’on me le rappelait… Et puis c’était ce que j’avais voulu non ? Voir tout ça. Et j’en avais eu la confirmation…

Au lieu de m’emporter franchement comme ça aurait dû être le cas normalement, il y eut à la place comme une main, et ce n’était pas celle de Chuck, qui me tirait vers le bas, vers le bas, vers le bas… Il y avait des tâches un peu partout, devant mes yeux, et surtout dans ma tête…


- Désolé. T'inquiète, c'est personne cette fille. J’avais les yeux portés devant moi, sans plus vraiment regarder ce qui s’y passait. J’avais toujours les bras autour de son cou, mais ne m’y accrochais plus. Quand nos regards se croisèrent je gardais le mien une seconde dans le sien, avant de le mettre ailleurs – là où je pouvais regarder toutes ces filles et qu’elles pouvaient être toutes ses exs. Moi aussi, je l’avais été… Je veux dire : je m'en fous, d'accord ?

Je voulus parler alors que je n’avais aucune idée de quoi dire – j’avais la bouche pâteuse et à la place me laissait faire mollement. Je me sentais comme quand j’avais envie de pleurer mais je ne pouvais rien faire, parce qu’il n’y avait rien à faire. Chuck pouvait supporter tout ça – pas moi.
Ou non peut être pas. Peut-être que lui non plus ne le pouvait pas.

Il retira la source de chaleur qui me retenait encore à lui – sans doute parce qu’il en était arrivé aux mêmes conclusions que les miennes -  ce que j’interpellais comme un geste de rejet, je n’arrivais plus trop à analyser ce qu’il faisait si c’était anodin, si ça ne l’était pas… en tout cas, c’est clair que pour moi ça ne l’était pas, même que ça voulait tout dire, et sans doute que s’il m’avait traité de conne, ça aurait eu le même effet. Bon. En plus maintenant, il ne voulait même plus de moi. C’était qu’il ne s’en foutait pas tant que ça alors. Tout était noir, tout le noir prenait de plus en plus de place dans ma tête… En réponse parce que ça devait être ce qu’il attendait, la gorge et l’estomac serrés et de nouveau prise de vertiges, je retirai mes bras à mon tour, ce que je vécu comme une séparation, mais non on était pas en train de rompre, il n’avait jamais dit ça, mais peut-être qu’il attendait que je le fasse ? J’avais en même temps baissé les yeux vers mes vêtements, j’en avais mis des beaux, juste pour lui faire plaisir et je trouvais même que cette jupe rendait mes jambes moins maigres, mais elles n’étaient plus si maigres que ça, si encore ? A quoi ça servait d’en mettre des beaux si je voulais pas les enlever ensuite, elles ça les dérangeaient pas de les enlever ensuite, mais qu’est-ce que j’étais bête et qu’est-ce que je pensais quand je me disais que Chuck allait attendre, il n’allait pas le faire éternellement, surtout quand de partout il y en avait pour lui rappeler qu’il n’avait pas à le faire, qu’elles étaient toutes là… Qu’est-ce que j’avais de plus à offrir, puisque ce que j’étais le plus susceptible de lui donner, et ben je le refusais… Pourquoi est-ce que je faisais tout le temps, tout le temps, tout le temps tout à côté de la plaque ? Je voulais être avec Chuck et pas contre lui, et j’osais même plus le regarder, parce que je voyais gros comme une maison qu’il allait penser que je le croyais pas et que ça allait l’énerver parce que ça commençait à bien faire, qu’il disait toujours la même chose mais qu’il avait l’impression que je m’en tapais, et c’est disputes de merde, preuve qu’on finissait par évoluer, j’en voulais plus parce que je les supportais plus, et voilà en plus si maintenant il voulait voir ailleurs, c’était parce que c’était de ma faute, parce que je n’avais pas voulu parce que ça avait toujours été comme ça, parce que c’était comme d’habitude…

Au prix de grands efforts, je relevai le visage et l’éclat de ses iris me transperça parce que je me sentais jugée, tout ce que j’avais voulu éviter mais trouva la force de sourire, même si à l’intérieur, ça m’arracha comme un cri de douleur – lui il s’amusait depuis le début,  il était content d’être avec ses potes qu’il n’avait pas vu depuis longtemps je n’allais pas lui enlever ça…

- Okay, okay, fis-je comme si c’était rien, mais en réponse à ce désaccord, en moi, ça devenait encore plus gros et c’était encore pire, c’était noir, noir, noir… Je vacillai sur place. Je voulais simplement prendre sa main pour lui demander qu’on aille un peu ailleurs où il y avait moins de monde tous les deux, pour me rassurer un peu,  mais il allait penser que j’étais chiante avec ça encore, alors je ne fis aucun mouvement. Parce que le dialogue était rompu. Tout était rompu. Tu me trouves comment ? interrogeai-je alors tout à coup et sans réfléchir, comme ma question de tout à l’heure, un peu comme si je l’avais dite avant de la penser.

On nous interrompit à ce moment là – un des potes de Chuck passa son bras au-dessus de ses épaules en nous demandant de venir, mais en refusant de dire pourquoi. Je fis un signe de tête pour dire que j’étais derrière et leur emboîtai le pas, mais évidemment les gens se bousculaient un peu, donc l’ascension était plus difficile, et je me mis sur le côté au dernier moment parce que un groupe arrivaient à toutes blindes et passa à gros renforts de rires. Ajouté à cela que je ne tenais plus vraiment debout moi non plus et donc je mis plusieurs minutes à retrouver Chuck, et il était plus loin, et il riait, et il souriait et tout allait bien… Il y avait d’autres personnes autour, des garçons. Des filles… Et plus jamais, jamais, je ne voulais avoir à endurer ça, parce que la jalousie était trop forte que j’étais pas capable de la contrôler. Elle dictait mes gestes, mes actions, mes émotions, me donnait l’envie de hurler et l’instant d’après de casser tous mes os pour les ranger dans une toute petite boîte et disparaître - c’était complètement viscéral. Mon regard se vida. En fait, j’étais vide de partout, toute entière, comme la coque d’une noix, dans laquelle on donne des gros coups de pieds, et je pensais, pensais, pensais, je ne savais plus à quoi penser, mais en tout cas, c’était trop, il fallait que je fasse quelque chose, que je marche. Marcher juste marcher, ce n’était pas trop difficile, n’importe où, n’importe quoi… Je fis volte-face  vers l’entrée, pas une seule fois inquiète de me dire que je partais à l’inconnu dans une ville de nuit que je ne connaissais même pas et sans prévenir personne. On m’attrapa par les hanches pour me demander de danser mais je refusais. Il insista et prise d’un accès de fureur incontrôlé je lui donnais un grand coup de coude dans le torse pour me dégager, ce qui fut bien parce que tout le monde s’éloigna de moi. En ouvrant la porte, l’air frais du soir ne m’aida guère à aller mieux – j’avais mon idée fixe, je voulais partir, je voulais marcher, sauf que j’avais un peu omis les deux trois marches du perron qui faisaient l’entrée de la maison t je trébuchai sur mes chaussures à talons en plaquant un main sur un de genou désormais blessé, plus par réflexe que parce que ça me faisait vraiment mal, en me relevant immédiatement – ou alors j’étais encore assise, je savais plus il y avait tout qui bougeait tout allait mal, tellement mal…

Je me sentais triste, j’étais triste, triste comme je ne l’avais jamais été et qu’on ne pouvait pas l’être. Un peu comme s’il n’y avait que la tristesse que je n’avais jamais connu.


 

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MessageSujet: Re: Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay   Mar 9 Juil - 16:03

C'était bizarre, ça m'obligeait à agir comme ça, et je ne savais pas trop pourquoi. Parce que j'avais accepté Taylord, j'avais arrêté d'être aveugle, tout ça tout ça - pourquoi ça ne sortait pas tout naturellement ? Probablement parce que c'était la première fois, et parce que ce genre de trucs, on va dire que je n'y avais pas franchement été habitué, surtout en grandissant dans une famille comme la mienne. Mais ça, je croyais qu'elle l'avait compris... Et quand elle me regardait comme ça sous ses longs cils, avec son regard un peu voilé des vapeurs de la fête, j'avais envie de lui rappeler tout ça et lui dire qu'elle le savait, pourtant, mais comme le reste, ça restait coincé dans ma gorge. Je ne pouvais pas lui dire des choses comme ça quand elle me les demandait, quand je voyais bien qu'elle avait besoin de les entendre : alors elles étaient encore plus bloquées au fond de moi, et j'avais beau essayer n'importe quoi, ça ne sortait pas. Du coup, forcément, par défense et par habitude : je le prenais sur le ton de la plaisanterie, mais ça ne trompait personne, ni Taylord, ni moi. J'étais embêté, parce que je ne voulais pas qu'elle se fasse des films : ça ne remettait pas en cause ce que je ressentais pour elle, pas du tout même, comment j'aurais pu me détacher d'elle maintenant que je ne jurais plus que par elle, je vous le demande... Mais ça me dérangeait. Si j'avais autant foiré avec elle c'était justement parce que je n'avais pas dit les bonnes choses au bon moment. Et voilà que ça continuait, non mais, merci du cadeau... J'avais à la fois envie de me taper la tête contre les murs pour me punir d'être si con, mais en même temps, j'étais un peu blasé : j'avais toujours fonctionné comme ça, toujours. Je voulais faire des efforts, pour elle, je le voulais vraiment, mais ce n'était pas aussi simple que de claquer des doigts. Merde, c'était quand même trop con ! Et la musique qui battait de plus en plus fort, et mes idées qui se faisaient de moins en moins nettes, tout ça n'arrangeait rien à rien... Je voulais que Taylord comprenne comme au fond elle me comprenait si bien, que c'était difficile pour moi de lui dire que je l'aimais, vraiment, mais que ça n'enlevait rien à la vérité pour autant. Et que c'était en me poussant dans mes retranchements que j'allais encore moins le dire ; dans quelle merde je m'étais encore fourré...

Plus ça allait, plus je me disais que cette soirée supposée être trop cool, et la première vraie rencontre entre Taylord et mes potes de Bristol, était en train de se casser la gueule, mais joliment. Je sentais dur comme fer le truc qui me filait entre les doigts sans que je ne puisse rien faire - je détestais cette sensation, et évidemment, avec l'alcool, je sentis une espèce de colère monter en moi, parce que l'impuissance et moi, ça faisait tout sauf bon ménage. Et l'autre greluche qui venait nous coller alors qu'on dansait tous les deux, qu'on avait autre chose à foutre que de lui parler, et que ça crevait les yeux que Taylord était ma copine puisqu'on était ensemble depuis le début de la soirée !


- Okay, okay, lâcha Taylord avec une voix un peu lointaine, tout en ne tenant pas trop sur ses pieds. Ok : ça allait mal finir, je sentais, je sentais que ça allait mal finir. Je la retins par les épaules et voulus lui expliquer qu'il ne fallait pas qu'elle s'inquiète de cette meuf dont je me foutais comme de ma première chaussettes, mais elle continua : Tu me trouves comment ?

- ... Quoi ?


Hein ? Je n'avais pas bien entendu - la musique, tout ça -, il me semblait qu'elle m'avait demandé comment je la trouvais, ce qui allait encore plus dans le sens de mon intuition. Putain ! Je ne voulais pas qu'elle se compare à toutes ces connasses, qu'elle s'inquiète ou quoi, je m'en foutais des autres moi ! Et j'avais l'impression que quoi je fasse... Je n'allais pas réussir à lui donner confiance en elle. D'un côté je ne pouvais pas la blâmer : je ne lui disais pas ce que je pensais, alors, comment elle pouvait savoir ? Je pinçai les lèvres, me sentant de plus en plus en colère contre moi, mais au même moment un de mes potes débarqua en hurlant à moitié parce qu'il était complètement arraché et nous demanda de le suivre parce qu'il fallait absolument qu'on voit un truc - j'hésitai. Je ne voulais pas laisser cette discussion en plan, mais en même temps ce n'était pas le lieu, et l'autre complètement torché n'allait pas nous laisser tranquille si on ne le suivait pas. Je fis un petit signe de tête à Taylord, attrapant sa main avec autorité pour qu'elle nous suive, dans le but d'aller voir vite fait dans le salon puis de trouver un endroit plus calme pour discuter... Comment j'allais m'y prendre, ça, c'était une autre affaire...

... Evidemment, sinon ça n'était pas drôle, un groupe de connards bourrés s'intercala entre nous et je dus lâcher la main de Taylord, qui disparut derrière moi ; après, alors que j'avais suivi mon pote et que oui effectivement c'était marrant, deux de nos potes s'étaient endormis complètement faits et ils leur avaient dessiné dessus et tout, je riais avec les autres mais en même temps je la cherchais du regard - elle était où ? Elle n'allait pas me faire la gueule ? Merde, pourquoi je n'avais pas pu mieux réagir aussi, mais en même temps, comment... Au bout d'un moment, n'y tenant plus, je laissai les autres et scrutai la foule qui dansait, attrapant Lucy au passage, mais elle n'avait pas vu Taylord. Dans la cuisine, elle n'était pas là ; finalement je retournai dans le couloir, peut-être qu'elle m'y attendait ? Non, du coup je demandai aux trois mecs qui étaient en train de se rouler de quoi fumer si il n'avait pas vu ma meuf, une petite brune avec... L'autre me coupa pour me dire que ouais, il l'avait vue, et qu'elle avait peut-être besoin de boire quelques verres en plus pour gérer ses problèmes parce qu'apparemment elle lui avait foutu un coup de coude. Bon. Ce n'était pas trop le moment de me chauffer, si bien que je démarrai au quart de tour en lui suggérant de ne pas parler d'elle comme ça parce que je pouvais aussi lui éclater sa gueule, et après ce petit échange de courtoisie, j'abandonnais là l'autre abruti pour aller au bout du couloir. Et si elle était sortie ?

Eh bien, oui, bonne idée. Sortir en plein milieu de la nuit à moitié pétée, et en plus dans une ville inconnue. Très bonne idée. Je poussai sans ménagement le groupe de filles à l'entrée de la maison, elles étaient en train de fumer et de rire, et descendis les marches.

Taylord était là, un peu plus loin, en train de se relever apparemment, de se tenir à la barrière du jardin, une main sur son genou, et si je ne la connaissais pas je l'aurais trouvée chelou, mais je savais qu'elle était juste complètement dans les vapes et perdue comme tout. Je soupirai - ok, je le savais. J'avais l'impression que tout était de ma faute, mais tant pis, ce n'était franchement pas le moment. En deux secondes j'arrivais près d'elle et la soulevai par la taille pour la remettre sur ses pattes, avant de m’asseoir à moitié sur la barrière et de la poser sur mes genoux (oui, la poser : elle pesait franchement pas bien lourd, et dans ces moments-là j'avais l'impression qu'elle pesait encore moins, comme si elle était encore plus fragile et qu'elle allait se casser entre mes mains...). Je regrettais de ne pas être Coop, là maintenant tout de suite, parce que je sais qu'il aurait trouvé les mots rassurants et nécessaires, et qu'il aurait réussi à les dire, cet imbécile. Malheureusement, je nageai en plein brouillard, même si l'alcool retombait petit à petit, parce que je sentais que ce n'était pas trop le moment. Sans rien dire, je serrais un peu Taylord contre moi, posant sa tête dans mon cou et mon menton sur sa tête, réfléchissant... Quand je fermais les yeux, et que tout d'un coup les bruits de la fête et de la ville me parurent loin, enfin, plutôt étrangers, il me vint à l'esprit que j'avais peut-être tenté quelque chose de trop grand pour ce que j'étais capable. Je les rouvris, regardant les maisons, la rue, dans noir, endormies - j'adorais cette ambiance. Mais en cet instant même, quelque chose clochait. J'attrapai le menton de Taylord et la fit me regarder - elle avait trop bu et trop fumé et je le savais, et je lui en voulais de ne pas avoir fait gaffe, tout comme je m'en voulais de ne pas lui avoir dit de se calmer. Je collai quelques secondes mon front au sien, respirant son odeur. J'avais besoin d'elle... C'était bien ça le problème.


- Pourquoi t'es sortie ?? demandai-je un peu brusquement après m'être écarté - bon ok ce n'était pas cool, mais merde, et si elle s'était perdue, et si il lui était arrivé un truc ?! Je posai ma main sur la main qu'elle tenait contre son genou, et je demandai plus doucement : T'as mal ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu veux rentrer ? Non mais, elle allait me dire mais non mais non pour pas me faire chier, quelle question. On rentre, coupai-je alors.

On était pas loin, de toute façon. Je ne lui laissai pas le choix de protester et la soulevai dans mes bras, glissant une main dans son dos et l'autre sous la pliure de ses genoux et hop, on était partis ; je ne voulais pas que Chris s'inquiète non plus mais j'allais le prévenir une fois qu'on serait rentrés, et je savais qu'il comprendrait. Le chemin pour rentrer me parut plus rapide que d'habitude, peut-être parce que je n'étais pas aussi bourré que les autres fois, et peut-être aussi parce que j'essayais franchement de me demander ce qu'il fallait que je fasse pour que Taylord se sente mieux, mais comme je ne savais pas exactement le fond du problème, et comment le résoudre, ben, je ne trouvais pas de solutions... Arrivés à la maison, je poussai la porte, et elle grinça comme à chaque fois. Sous la porte du salon, en face, il y avait un rai de lumière bleutée et qui bougeait un peu - la télé. Comme à peu près 6 jours sur 7, celle qui me servait de mère s'était endormie devant, et elle n'allait pas en décoller avant demain matin, tard. Vu qu'elle travaillait seulement à mi-temps, ça n'arrangeait rien. Enfin bref. Je grimpai les escaliers en chuchotant à Taylord qu'on était presque arrivés, passai le premier étage, puis arrivai sous les toits là où il y avait nos chambre avec Coop - je ralentis devant la sienne, la porte était entrouverte, et je l'entendais respirer tranquillement : il dormait. J'eus ensuite une seconde d'hésitation, puis me dirigeai vers la salle de bain.

Bon, c'était pas l'endroit le plus pratique du monde étant donné qu'il était tout petit, mais j'installai Taylord sur le rebord de la petite baignoire et m'accroupis devant elle. Je savais déjà qu'elle allait protester, mais vu qu'elle tremblait depuis tout à l'heure et qu'elle s'était amoché la jambe, je préférais qu'elle soit réchauffée et à l'aise avant tout. J'enlevai ses pompes, puis la regardai dans les yeux, lui disant avec le plus de précautions possibles :


- Bon, je vais te donner un bain, d'accord ? Il faut que tu te réchauffes, tu trembles, dis-je en passant ma main sur son bras. En me redressant, je déposai un baiser sur sa joue. Ca va hein, je t'ai déjà vue, lui murmurai-je avec un petit sourire qui se voulait détendu - ben oui, je savais déjà qu'elle allait se crisper, et quand je posai mes mains sur sa taille pour enlever le haut de ses habits, je le fis le plus doucement possible. C'est bon, je n'allais pas la mater, qu'elle ne s'inquiète pas : je voulais juste m'occuper d'elle, rien de plus. Je tendis la main pour commencer à faire couler l'eau, et même si j'affichais l'air du mec qui sait parfaitement ce qu'il fait, ça faisait bien longtemps que je ne m'étais pas senti aussi peu sûr de moi. 

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CHUCK CARLTON
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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay   Jeu 11 Juil - 23:04

Il fallait que je marche. Que j’aille quelque part. Pour une raison qui me restait encore inconnue pour l’instant, mais j’étais persuadée que j’allais bien trouver de quoi il s’agissait une fois que je serais arrivée… Là où je devais arriver. Mais en tout cas, il fallait que je marche. C’est tout.

Tout se mit tout à coup à tourner plus vie que ça ne tournait déjà – ou alors c’était moi qui tournais je ne savais pas trop, à vrai dire à part l’herbe du jardin qui se retrouvait au-dessus de ma tête et le ciel à mes pieds qui me donnait envie de tomber à nouveau, je ne ressentais plus grand-chose, comme si on m’avait pompé ma douleur et qu’il ne restait qu’une enveloppe de chair et d’os , une vieille carcasse, pour envelopper mon âme.

Je sentis que Chuck était là plus que je ne le vis et ma tête alla directement se mettre à sa place, là où c’était le plus chaud. Je fermais les yeux. Quand je ne bougeai plus, là, j’avais presque l’impression que tout allait bien. Parfois quand je rouvrais les paupières, nos yeux se croisaient. Parfois, ils ne se croisaient pas.


- Pourquoi t'es sortie ??

Je fronçai les sourcils parce que sa réaction me déplut, je savais qu’elle me déplaisait, et tout mon corps ne demandait qu’à se lever et à partir. Je me voyais me lever et partir. Mais à l’intérieur, c’était comme si on avait coulé du béton et que si je me dégageai de là, je tombai par terre et me pétais en petits morceaux, tout pointus qui faisaient mal.

- Mais parce que
, geignis-je avec humeur. Je sortais parce que je sortais et parce que j’étais sortie et puis voilà. J’veux marcher là, continuai-je sur ma lancée, avant de m’arrêter. La douleur de tout à l’heure, ben elle n’avait pas complètement disparu, c’était plutôt comme si elle avait été emmagasinée quelque part et qu’on l’avait retenue, mais que c’était plus possible, et qu’elle revenait brutalement s’insuffler dans mes veines. On pouvait me cogner contre un mur, c’était pareil. T’allais encore gueuler contre moi parce que je fais de la merde, j’veux plus te faire crier… J’veux pas les voir, elles disent des trucs. Je regardais dans le lointain mais dans la nuit, je voyais même pas ce que c’était. Je voulais danser mais toi tu veux pas, j’veux pas qu’elles dansent avec toi, j’veux aller danser avec toi. Je plaçai mes mains à sa taille et me cachais contre son torse. Danse avec moi, chuchotai-je tout bas. Quand je parlais ça tambourinait comme s’il y avait un gigantesque haut-parleur dans mon crâne, alors je savais pas si c’était dans ma tête que ça se passait, ou si je parlais vraiment dans l’air de la nuit. Mais toi tu veux danser avec Haley, j’veux pas… Je suis pas comme elles, c’est toutes des princesses, mais pas moi, moi aussi j’veux être un princesse, pourquoi j’ai pas le droit, j’veux que tu me traites aussi comme une princesse, comme elles…

Je comprenais pas pourquoi Chuck faisait ça, pourquoi avant il disait plein de compliments quand on sortait pas ensemble, et pourquoi il les disait plus, je voulais les entendre mais il répondait même pas à mes questions. J’avais cru au débu,t après les vacances de Noël que ça allait enfin changer, parce que c’était pour de vrai cette fois, que tout allait être bien et qu’on allait passer du noir à la lumière, parce que c’était ça le but non ? Il avait dit des trucs aussi, donc il pouvait les redire, pourquoi est-ce qu’il ne les redisait pas ? Pourquoi il était toujours sur la défensive, pourquoi est-ce qu’il pensait que je méritais pas tout ça, que j’étais pas comme les autres, que j’avais pas besoin de les entendre ? Pourquoi c’était pas comme ça, pourquoi est-ce que j’étais triste, pourquoi est-ce que j’avais le seul copain qui me disait pas que j’étais belle ou jolie, alors qu’à toutes les autres on leur disait, pourquoi est-ce que je me sentais pas importante, pourquoi est-ce que je pouvais pas changer… Il avait… ça devait être de la culpabilité, dans tout ce capharnaüm d’émotions qui venait s’ajouter au reste parce que malgré tout ça, malgré cette peine, il restait la certitude que Chuck avait fait des efforts lui aussi, mais qu’une fois qu’il y en avait un de fait je l’oubliais pour en exiger un autre, peut être que je n’avais tout simplement pas ce pouvoir, un pouvoir qu’aurait eu une autre fille, parce que j’étais en train de nous détruire, et que bientôt… Qu’est-ce qu’il resterait ? Je savais les sentiments, je savais qu’ils étaient vrais, mais il y avait cette confiance qui me manquait, et Chuck aussi ça le savait, alors pourquoi il ne faisait pas… Qu’est-ce que j’avais fait, qu’est-ce que j’avais manqué, mais non, je ne pouvais plus me contenter de deviner, parce que c’était sa faiblesse et qu’on la connaissait tous les deux, qu’à trop parler, à être dans l’excès, ça allait se retourner contre lui, et ça lui faisait peur, contre nous… On faisait pareil après tout mais d’une façon différente et que s’il agissait et parlait comme s’il en avait rien à foutre, c’était aussi plus ou moins pour s’en convaincre, que c’était une peur inexistante puisqu’il en avait rien à foutre de passer d’une chose à une autre, d’une fille à une autre, que s’il était balloté, c’était uniquement parce qu’il le voulait bien…. Parce que rester, tenir à quelqu’un, c’était tout le contraire de tout ce qu’il s’était forcé à apprendre, mais une fois qu’on y touche… Si ensuite on le perd… On vit toujours avec la constante crainte de le perdre en fait. Maintenant, j’avais peur aussi, parce que je lui cédais trop et… Je ne savais plus quoi faire.


- T'as mal ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu veux rentrer ?

- T’as qu’à répondre à mes questions d’abord, dis-je seulement, parce que j’étais restée à la question précédente, à côté de la plaque.

J’entendis qu’apparemment on rentrait et le monde parut soudain surélevé, mais peut être que c’était vraiment le cas puisque j’étais dans ses bras. J’étais… malheureuse, comme ce n’était pas possible de l’avoir autant été, comme si on me tirait vers le bas dans ce gouffre sans fond, parce que ce que j’avais tant imaginé qui était la seule chose capable de me rendre heureuse ne l’était pas, mais penser à m’en séparer était inenvisageable, donc dans un cas comme dans l’autre, j’avais mal, si mal, parce que je ne ressemblais en rien à cette soirée, et à ces gens avec lesquels Chuck se sentait si à l’aise, parce que ce que j’avais à offrir ce n’était qu’un peu de poussière et des bottes de cow-boy, et que pour la première fois, vraiment, je compris que là où ça clochait, ce n’était pas tant que c’était contradictoire – c’était juste que c’était
incompatible et qu’il n’y avait rien en mesure d’aller au-delà de ça. C’était sa vie, cette vie là qu’il lui fallait. Pas la mienne.

Je fermai les yeux, parce que sinon, j’avais l’impression que j’allais me mettre à pleurer, les paupières étaient brûlantes. Je ne les rouvris que lorsque je sentis qu’on était rentré à la maison et qu’on montait les escaliers pour rejoindre les étages. Je ne savais pas trop ce qui se passait – je voulais juste m’allonger et dormir, parce que c’était à peu près la seule chose que je me sentais capable de faire, mais on était pas dans la chambre, et je fus juste en mesure de baisser le menton en direction du visage de Chuck, qui lui se trouvait un peu plus bas, parce que je me retenais en y accrochant mes doigts sur quelque chose de froid et qui me semblait glissant – qui allait me faire glisser si je ne m’y accrochais pas.


- Bon, je vais te donner un bain, d'accord ? Il faut que tu te réchauffes, tu trembles.

Le sens de ses paroles ne me percuta que beaucoup plus tard.

- Ca va hein, je t'ai déjà vue.

Sentir ses mains sur moi me fit enfin réagir et j’eus un léger mouvement de recul.

- Non, répliquai-je platement, sans force ni énergie en tentant de repousser ses mains qui elles de leur côté faisaient ce qu’elles voulaient. Faut pas. J’eus plusieurs fois le même geste de refus. Non, répétai-je de la même façon, sans savoir exactement pourquoi il ne fallait pas, ni pourquoi il fallait dire non. Mais c’était là, dans mes souvenirs, il y avait une raison précise, laquelle, je n’arrivais pas à la retrouver, mais j’avais la certitude que de toute façon, c’était non, et je ne pouvais me raccrocher qu’à ça uniquement, même si mes faibles protestations ne servaient à rien et que ça n’empêchait pas Chuck de s’agiter autour de moi.

Je plissai les yeux à cause de la lumière de la pièce qui m’aveuglait, et mis à part le filet d’eau qui s’écoulait régulièrement dans la baignoire, il régnait un silence inquiétant autour de nous et quand je sentis le reste de mes vêtements chuter par terre et qu’il n’y avait plus rien derrière quoi je pouvais me cacher, je fermais mon corps derrière mes bras en me recroquevillant.

- Embrasse-moi,
réclamai-je faiblement et avec une profonde tristesse, parce que c’était la seule chose qui me donnait la sensation de ne pas perdre complètement pied à ce qu’il était en train de se passer, et aussi parce que j’étais certaine qu’il allait me dire non, mais que s’il disait non, je ne savais vraiment, vraiment pas ce qu’il allait se passer ensuite. Je le pensais si fort, qu’à un moment, je crus qu’il avait refusé pour de bon, mais en même temps, je n’étais pas sûre…

Mais il ne pouvait pas, hein qu’il ne pouvait pas faire ça, et je sentis comme un cri tout à l’intérieur de moi, sans qu’il ne sorte par ma bouche, une sorte de cri silencieux, d’appel au secours et de désespoir parce que Chuck avait été si
seul, on l’avait laissé si seul, et moi aussi, donc pourquoi ne pas l’être ensemble ? Je me sentais si perdue, sans rien autour…

- J’veux pas être encore toute seule, me laisse pas, j’veux plus être toute seule, j’y arrive pas…
dis-je pendant que dans un état second, je me glissais dans l’eau qui me parut brûlante d’abord, mais petit à petit, elle devenait un film protecteur. J’aime pas ça… Je plaçai mes mains en coupe sur mon genou pour le protéger après avoir poussé une plainte douloureuse, parce que ça piquait.

Mais et si c’était Chuck qui avait eu raison depuis le début ? Je n’avais jamais eu l’impression d’être aussi faible que cette nuit, tout ça nous avait rendu trop faible tous les deux, et maintenant c’était même par ma faute que Chuck courrait à sa perte, mais pourquoi est-ce qu’il m’avait écouté, pourquoi est-ce qu’il n’était pas parti au bon moment… et moi j’avais menti pendant tout ce temps, j’étais pas foutu de résoudre mes problèmes, mais Chuck ne m’aidait pas, il me laissait faire toute seule, et je ne pouvais plus être toute seule pas comme ça, mais c’était en train de nous réduire en poussière, et à la fin, il ne faudrait plus que nous souffler dessus pour qu’on disparaisse…

J’engloutis ma tête contre mes genoux, pendant que je me refermai autour d’eux avec mes bras. J’avais tout foutu en l’air ce soir, pourquoi, pourquoi, pourquoi est-ce que je faisais tout le temps tout pour que ça plante, pour mettre Chuck en colère, alors que tout allait bien pour lui et que je venais tout gâcher, peut être que s’il ne m’apportait pas son aide justement et qu’il mentait, c’était parce que ce n’était pas bon, que c’était des signaux, et qu’un jour ou l’autre où il allait bien falloir que je les saisisse, mais non, c’était son aide dont j’avais besoin sinon je n’allais pas y arriver, comment est-ce que j’allais faire… moi aussi j’avais menti, j’avais promis tellement de choses, tellement de belles choses, mais tout ça, c’était pas vrai non plus, il allait m’en vouloir, pourquoi est-ce que je ne pouvais pas faire, les choses biens, pourquoi, pourquoi, pourquoi….

Les paupières closes, tout était amplifié, les sensations de vertiges plus que tout, et tout à coup, je tombais – je me redressai vivement en sursautant et en observant partout autour de moi, parce que j’étais en train de tomber, et je me rattrapai au bras de Chuck, juste à côté et de comprendre que j’étais toujours bien assise dans la baignoire. Je ne le lâchai pas, mais de mon autre main, je poussai en arrière les cheveux qui me dégoulinaient sur la joue. J’étais dans un gouffre profond, et il n’y avait que lui pour me retenir et tant que nos yeux ne se quittaient pas, je ne chutais pas totalement.

- J’ai mal, ça me fait mal tout ça…
plus loin, bien plus loin, j’entendis ma voix trembler. C’était pas mon genou éraflé qui était douloureux, c’était bien pire. Je papillonnai des cils pour faire rouler sur mes joues les gouttelettes d’eau qui s’étaient accrochées dans mes cils.

Tout ça. Elle. Moi. Le mensonge. La vérité aussi. Tout.


 

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Il lui a appris à aimer."

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MessageSujet: Re: Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay   Lun 5 Aoû - 17:15

Evidemment, rien n'est vraiment simple quand on est complètement bourré, sinon, ça se saurait. D'un certain côté, certaines choses étaient plus simples, mais dès qu'il s'agissait de retour à la réalité, il y avait quand un même un sacré bout de chemin entre ce qu'on voulait et ce qui était possible. Je poussai un soupir : quand je disais que tout se barrait en freestyle. Dans le silence de la nuit, je me sentais bien impuissant à tout ce qui était en train de me tomber sur les épaules. Ben oui, c'était pas si simple que ça, finalement, Taylord, Bristol, tout ça. Et pourtant ! Je jetai un dernier coup d'oeil dans la rue, on voyait encore la maison de Chris illuminée et on entendait encore la musique. Mais je sentais que c'était derrière nous - c'était ce moment de la soirée où c'est toujours un peu bizarre, entre deux états, on ne sait pas très bien dans quel monde on est réellement, en pleine fête ou alors tout d'un coup tout ça ne rime à rien ? C'était un peu ça, et quand Taylord se mit à marmonner, je crus qu'on n'allait pas se sortir de ce merdier :

- Mais parce que. J’veux marcher là. T’allais encore gueuler contre moi parce que je fais de la merde, j’veux plus te faire crier… J’veux pas les voir, elles disent des trucs. Je voulais danser mais toi tu veux pas, j’veux pas qu’elles dansent avec toi, j’veux aller danser avec toi. Danse avec moi. Mais toi tu veux danser avec Haley, j’veux pas… Je suis pas comme elles, c’est toutes des princesses, mais pas moi, moi aussi j’veux être un princesse, pourquoi j’ai pas le droit, j’veux que tu me traites aussi comme une princesse, comme elles…

Pourquoi gueuler ? Et quoi, on avait dansé ensemble non ? Putain, je ne savais pas ce qu'elle avait pris, mais c'était de la bonne. Qu'est-ce qu'elle racontait, et que venait foutre Haley là-dedans ? J'avais raté un train ou quoi, Haley n'était pas là que je sache, je ne l'avais même pas évoquée, enfin, pas que je me souvienne... Elle délirait complètement, et je me passais la main sur le visage. Bien bien bien. Ca n'allait pas être simple, ça c'était certain. Depuis quand Taylord rêvait d'être une princesse, en plus de tout ?! Première nouvelle. J'avais bien envie de lui dire que pour moi elle était une princesse, rien qu'à moi, mais non seulement je me voyais mal dire ce genre de trucs, et en plus, je voyais mal Taylord recevoir ce genre de compliments - je voyais déjà sa tronche de cow-boy offensé, parce qu'elle n'avait jamais été une petite meuf comme il y en avait pas mal dans le coin. Bon. J'avais bien besoin d'aide, là - mais j'étais carrément tout seul, plus seul, ça aurait été difficile. Tout d'un coup - j'essayais de démêler ce que je devais comprendre, ce qu'elle essayait vraiment de me dire et ses délires d'ivrogne, mais ce n'était pas si simple que ça, ou plutôt je n'étais pas très doué, d'accord d'accord. Mais en fait, je buttais sur Haley : pourquoi Haley ? - tout d'un coup j'espérais fortement qu'il s'agissait pas de l'été dernier, de ce pauvre joint déguisé en cigarette qui avait déclenché l'apocalypse, du genre battement d'aile de papillon qui entraîne l'ouragan de l'autre côté de la planète. Non parce que bonjour : Haley, McBeth et tout le bordel (et moi au milieu), c'était loin d'être la grosse éclate en ce moment. Tout ça parce que l'employé de Hyde Park avait eu le malheur de ressembler à Stephen Fray - quelque part, c'était quand même bien drôle d'ailleurs, mais bon je crois que l'heure n'était pas à la grosse marrade. Surtout que j'avais l'air fin maintenant : et si Taylord savait ? Ce n'était pas Haley qui... Ah mais oui, l'autre boulet de Serdaigle. Logique. Et maintenant Taylord se faisait des films et tout le bordel. Génial. Pourquoi elle ne m'en avait pas parlé plus tôt ?! Non, ce n'était peut-être pas ça. Enfin... Je l'espérais fortement.  

- T’as qu’à répondre à mes questions d’abord.

- Oui oui,
dis-je sans intention de le faire tout de suite. Chaque chose en son temps, merde hein. On allait rentrer d'abord. Voilà. Mais viens d'abord, ordonnai-je, et je la portai sans vraiment attendre son autorisation, espérant que j'allais trouver la solution en chemin.

Echec de la mission : je m'étais retrouvé dans la salle de bain en train de désaper Taylord (enfin, de tenter de) que je n'avais toujours pas trouvé la moindre réponse à tout ce qui tourbillonnait dans ma tête. Sans compter que l'alcool faisait toujours son petit effet, et que mes gestes me semblaient moins assurés - ce qui ne m'aidait pas, parce que Taylord se débattait, mollement, en murmurant des petits "non" tellement désemparés que j'avais l'impression d'être le plus horrible des mecs. Mais je m'en foutais, on n'en était pas là, je voulais juste lui donner un bain et la faire se sentir un peu mieux, qu'elle se déstresse... A contrecœur je lui forçais la main, ignorant ses gestes pour me repousser, tout en essayant d'être le plus doux possible et de la rassurer. Je n'avais pas le choix, moi, elle était bien mignonne. J'essayais de croiser son regard mais elle avait les yeux baissés, visiblement à cause de la lumière, du coup je tendis le bras vers l'interrupteur pour éteindre la lumière de la salle de bain et ne laisser que la petite veilleuse au-dessus du lavabo, comme ça, peut-être que Taylord allait se sentir un peu mieux, dans la demi-obscurité.

Je poussai ses vêtements sur le côté pour avoir plus de place - notre salle de bain était petite déjà pour une seule personne, alors à deux on se marchait un peu dessus - et me penchai au-dessus d'elle à moitié pour faire couler de l'eau et vérifier qu'elle n'était pas trop chaude. Tous ces gestes me venaient tellement naturellement que subitement ça me parut étrange : je les avais plutôt pour Coop normalement, ces gestes-là, je n'étais pas non plus assez âgé pour m'être occupé de lui comme si il avait été mon gamin (encore heureux) mais il avait bien fallu que je fasse ce que mes parents n'avaient pas fait, et à bien y réfléchir, Coop avait fait pareil pour moi - je détestais qu'on me le fasse remarquer, mais il arrivait qu'on se demande qui était le grand frère dans certaines situations, ouais ouais. Ce n'était pas la première fois que je prenais soin de Taylord, mais cette fois-là plus que les autres, dans notre maison, ça avait un aspect particulier, et j'eus un moment d'hésitation. J'aurais menti si au fond de moi je n'avais pas la tentation de me barrer en courant, parce que je détestais cet endroit, ce quartier de merde, cette vide de merde - j'avais pensé que Taylord la rendrait plus belle, mais pour l'instant j'avais juste l'impression que Taylord aussi allait être contaminée, parce que toute cette crasse était plus forte que nous. Mais non, je ne pouvais pas, j'avais déjà abandonné Taylord une fois et il était hors de question que je le refasse, sans compter que Coop aussi était de la partie, et que mon frère... Eh bien, mon frère, quoi. Je n'allais pas le laisser, jamais, il avait bien trop besoin de moi. Enfin, j'étais responsable de lui, quoi.


- Embrasse-moi, dit Taylord tout doucement, et je fermai les yeux en embrassant sa tête en respirant l'odeur de ses cheveux, avant de mettre mes mains sur ses bras, de descendre mon visage et d'embrasser doucement son épaule nue, puis le creux de son cou, sa joue, et enfin ses lèvres, qu'elle gardait un peu cachées, toute repliée sur elle qu'elle était. J'étais triste, parce que j'avais l'impression qu'il n'y avait rien que je pouvais dire ou faire qui changerait quoi que ce soit. On était mal barrés.

- Fais-moi confiance, murmurai-je en la portant un peu pour qu'elle se glisse dans la baignoire - mais c'était presque une supplication, du genre tiens bon, je fais ce que je peux mais je ne sais pas trop comment faire justement...

Je coupai l'eau et attrapai le savon pour lui passer, mais elle continuait, de cette petite voix qui me donnait envie de crever parce que j'avais l'impression qu'elle n'avait jamais été plus malheureuse que ce soirée. Pour une première soirée, tu parles d'une réussite.


- J’veux pas être encore toute seule, me laisse pas, j’veux plus être toute seule, j’y arrive pas… J’aime pas ça… J’ai mal, ça me fait mal tout ça…

Et maintenant, elle pleurait. Bon. Il ne me restait plus qu'à ouvrir la fenêtre et à sauter, c'était ça la fin de l'histoire ? Sans rien dire et la mort dans l'âme, je trempais le savon dans l'eau, le fis mousser dans mes mains, avant de passer ma main dans son dos et de la savonner doucement. Je sentais ses os pas loin sous mes doigts, et mon geste se fit encore plus léger.

- Mais j'vais pas te laisser, dis-je après un silence un peu trop long, parce que la voir pleurer me contractait la gorge et les poumons. Pourquoi tu dis ça ? Je croyais qu'on était plus tous seuls, justement et... Et comment dire, putain, je ne savais pas, moi. Mais avec elle, c'était différent : je n'étais plus jamais seul. Ca ne marchait pas pareil pour elle ? Je passai ma main sur son bras tout en réfléchissant. Je sais que je l'ai déjà fait mais... Là, c'est plus pareil, et la conviction que c'était le cas me donnait un peu plus d'assurance - c'était pas trop tôt. Tu sais bien que je veux être avec toi, les autres je m'en tape, si tu savais comme je m'en tape ! Pourquoi tu t'inquiètes de ça ? Depuis le temps que je te cours après - j'eus un petit sourire, qu'elle vit ou pas - tu vas quand même pas croire que je vais te laisser tomber pour la première greluche venue. Je t'ai, je te garde, conclus-je, et je me redressai un peu. J'attrapais le gobelet sur le lavabo et le remplis d'eau, indiquant à Taylord d'une petite pression sur le front de pencher la tête en arrière : Ferme les yeux.

Concentré, parce que je n'allais pas en plus lui mettre de l'eau et du savon dans les yeux sinon je pouvais tout aussi bien me noyer dans la baignoire, j'entrepris de mouiller ses cheveux puis de les laver, espérant que ce que je disais et je faisais aller faire avancer les choses - mais je doutais toujours. Je n'osais même pas voir si elle pleurait encore.

- On s'en fout de ce qui s'est passé... Avec Haley ou quoi, continuai-je vaguement. C'était y'a longtemps, et juste comme ça, tu le sais en plus. Faire table rase de tout ça, on pouvait, non ? Je n'avais pas envie d'évoquer le sujet, mais bon, puisque ça semblait être important...

Je finis de lui laver les cheveux puis les rinçais, et sa peau sous mes doigts était tiède et douce, j'espérais qu'elle se sentait un peu mieux, au moins. Moi, je ne savais pas trop.

En me reculant un peu, fatalement, arriva ce qui devait arriver : Taylord était quand même à poil dans ma baignoire, et même si l'heure n'était pas trop aux amusements de ce genre, je ne pus pas m'empêcher de la regarder malgré le fait que je ne devais pas la regarder (mais du coup j'en avais encore plus envie, évidemment) et j'eus un petit sourire parce que merde, je ne savais pas ce qu'elle essayait de se mettre dans le crâne, mais je la trouvais belle, la plus belle, plus que toutes les connasses de princesses de la terre. Alors je ne me retins pas, et je me penchais vers elle en glissant ma main dans sa nuque, sous ses cheveux mouillés, et j'embrassai son front puis ses paupières pour qu'elle arrête de pleurer, et enfin ses lèvres, et cette fois je les emprisonnais entre les miennes et l'embrassai jusqu'à ce que mon coeur se remette à battre trop vite et que mon ventre se serre, comme si tout d'un coup mon corps était devenu brûlant.


- Dis moi ce que je peux faire, dis-je tout bas en laissant mon visage tout près du sien. Parce que je ferais tout. Enfin, tout, c'était pas ça l'idée principale... Mais ça bloquait, et ça me faisait chier. Je voulais lui dire ce que j'avais sur le coeur, bordel, ce n'était pas si compliqué que ça ! Pour toi.

_________________

CHUCK CARLTON
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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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MessageSujet: Re: Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay   Mar 13 Aoû - 13:09

I'm not a stranger
No I am yours
With crippled anger
And tears that still drip sore

But I do not want to be afraid
I do not want to die inside just to breathe in
I'm tired of feeling so numb
Relief exists I found it when
I was cut



Tout était terminé. Tout devait prendre une fin.
C’était pas comme ça avant.

Je ne m’en sentais capable. Tout ce chemin parcouru que je ne voulais pas emprunter de nouveau, parce qu’il était synonyme de douleur, de peine, de crises… De solitude. J’avais toujours connu le monde, l’animation, et toujours j’avais été entourée, comme si tout cela n’était qu’un vaste arc en ciel où chaque sourire avait une teinte, une couleur, une luminosité différente. Et un jour tout s’était éteint, et les cendres avaient été les seules vestiges, les seules témoins, d’histoires qui appartenaient déjà au passé… Cette vague de foule, de gens ne m’avait jamais fait boire la tasse parce que j’aimais être au milieu de tous, mais ce soir, il n’y avait rien pour me faire me maintenir la tête hors de l’eau…

Mes bras frissonnèrent presque malgré eux au contact des doigts de Chuck sur ma peau. Qu’est-ce qui se passait au juste ? Est-ce qu’on était arrivé tout au bout, est-ce qu’on était arrivé à la limite, est-ce qu’on y était pas depuis trop longtemps, qu’on l’avait trop exploré et maintenant, ça se terminait comme ça ? Que Chuck allait me déposer sur le seuil de sa porte dans une ville, un lieu où tout m’était inconnu ? Si je n’avais pas peur de l’aventure, cette perspective me parût insupportable, mais le temps d’arriver au bout de cette pensée et d’en prendre peur parce que je sentais mes pensées et mes réactions qui étaient tout sauf en phase avec elles-mêmes, nos lèvres s’étaient trouvées et je me dis alors que peut être, il n’en avait jamais eu l’intention.


- Fais-moi confiance.

Ma tête ballota sur le côté, comme si ce n’était pas sa place et qu’elle était trop lourde à porter et l’eau chaude de la baignoire me picota les jambes, avant d’enfin en ressentir une agréable chaleur quelques secondes après, lorsque mon corps se mit enfin à même température. Mais le mal était fait, parce que inconsciemment ou pas, Chuck avait soulevé une grosse partie du problème qui se soulevait – et que la soirée ne faisait que confirmer, même si sa réflexion me frappa de plein fouet, parce que si j’y avais déjà pensé, ça n’avait jamais été aussi frontalement, et finalement je me demandais si ce n’était pas d’un excès de confiance dont je souffrais, parce que c’était bien joli de s’en remettre complètement à quelqu’un, mais lorsqu’elle venait à disparaître… C’était comme d’être à moitié mort, ni plus ni moins. Sans protection, c’était comme d’aller s’exploser contre les rochers d’une mer déchaînée et de disparaître ensuite au fond des eaux. Alors, tant qu’il me tenait la main, ça allait… Mais le jour où Chuck décidait de la lâcher ? C’était ça le risque -  à faire éclater le mur que j’avais érigé autour de moi, ce n’était pas exclu que les pierres me retombent dessus. Parce que de cet autre côté, j’ignorais si ce n’était pas au contraire tout l’inverse et que parce que j’éprouvais toujours cette résistance que les choses ne se passaient pas normalement – du moins pas comme elles auraient dû se passer. Mais… Comment est-ce que je pouvais faire ? Ce soir n’avait fait que confirmer mes craintes, et c’était d’ailleurs cette même stupide drogue qui ma gardait la tête à l’envers. Comment ? Comment il voulait que je fasse, quand c’était lui qui ne faisait pas les choses qu’il fallait ?

Je gardais mon genou écorché hors de l’eau, parce qu’à chaque fois qu’elle le touchait, je ne pouvais pas m’empêcher de grimacer. Comme nous étions silencieux, tous les autres bruits étaient amplifiés. Comme s’ils prenaient directement naissance dans ma tête et qu’elle en était l’origine.

Et si c’était Chuck qui avait eu raison depuis le début ? Et si ce n’était pas moi qui l’avait entraîné dans toutes ces conneries à mes dépends et aux siens ensuite, alors que je n’étais même fichue d’appliquer toutes ces certitudes qui me paraissaient être bien loin à présent ? Il allait partir. Il allait me laisser. C’était comme ça. Que tout ça, c’était bien trop fort, bien trop puissant, que ça dépassait vite une ampleur considérable et qu’au lieu de nager en remportant la victoire sur toutes les houles c’était ce torrent déchaîné qui nous entraînait. J’avais voulu le lui faire croire, et même que ça avait marché. Mais je m’étais trompée. Et même lui avait cru qu’il avait voulu y croire, mais c’était rien que des foutaises. Je n’avais pas réussi. Et il allait m’en vouloir pour ça. Comme je m’en voulais d’avoir terni le bonheur qui avait animé son visage toute la soirée, parce que je l’avais vu, que c’était là et que je n’avais qu’à coller mes mains sur ses joues et l’embrasser, mais à la place j’avais choisi de tout gâcher. Maintenant, il n’allait jamais me ramener ici. Pas après lui avoir assuré qu’il n’avait rien à craindre qu’il avait tout à gagner plutôt qu’à perdre en s’ouvrant à moi, et la brèche qu’il avait ouverte exprès dans sa vie pour que je puisse m’y glisser c’était refermée sur moi et m’avait écrasé. Je n’avais pas su relever le challenge qu’il imposait – il n’y avait pas de seconde chance pour ces choses-là. Il n’avait pas besoin de moi quand je voyais à quel point il pouvait être heureux lorsque je n’y étais pas. Et c’était grâce à lui qu’il était comme ça, je n’y étais pour rien.  Pas lorsqu’on se retrouvait tous les deux dans cette salle de bain, alors que la place qui l’attendait se trouvait ailleurs.
Mais pas là où j’étais.


- Mais j'vais pas te laisser. Pourquoi tu dis ça ? Je croyais qu'on était plus tous seuls, justement et... Je sais que je l'ai déjà fait mais... Là, c'est plus pareil. Tu sais bien que je veux être avec toi, les autres je m'en tape, si tu savais comme je m'en tape ! Pourquoi tu t'inquiètes de ça ? Depuis le temps que je te cours après - tu vas quand même pas croire que je vais te laisser tomber pour la première greluche venue. Je t'ai, je te garde.

Je relevai la tête dans sa direction, mais regardais dans le vide, sans le fixer en particulier. J’avais ressentir dans l’intonation de sa voix une certitude qui venait me faire douter des propres conclusions que je venais d’avoir. Mais avant de m’attarder, j’obéis comme il venait de me le demander, me focalisant uniquement sur l’eau qui venait ruisseler dans mes cheveux et contre mon dos. Une autre voix apparût et vint résonner dans mon crâne sans que je n’arrive à en identifier tout de suite le propriétaire – et ce n’est qu’ensuite que le profil de Promfresh se dessina, en même temps que l’infirmerie dans laquelle elle se trouvait – et qui me disait qu’il fallait cesser d’être surmenée à présent et que tout le temps qui se profilait en avant était pour moi. Pourtant, après cette soirée, j’étais bien loin d’en avoir le sentiment…

- On s'en fout de ce qui s'est passé... Avec Haley ou quoi. C'était y'a longtemps, et juste comme ça, tu le sais en plus.

Je clignai plusieurs fois des paupières… Haley.. ? Pourquoi parlait-on d’Haley ? J’essayais de comprendre. Ce n'est que là que je vis que la lumière paraissait beaucoup moins forte, et je me demandais depuis combien de temps elle l’était, puisque je ne m’en étais pas rendue compte jusqu’à présent.

- … Quoi ?
Je sentis mes sourcils se froncer comme si ça allait m’aider à mieux réfléchir. Oui. Haley. On avait parlé d’Haley. Enfin, j’avais parlé d’Haley. Mais c’était dans mes pensées, ça, non ? Non mais ce qui n’allait pas, c’était pas tant ce qu’il y avait eu avec Haley – ou disons que si, mais que sur l’échelle de l’importance, le fait que cela ait été tue avait pris plus d’ampleur que l’acte en lui-même. C’était… c’était comme la promesse… Mais tu me mens, tu me mens tout le temps… C’était pas vrai, c’était pas juste comme ça, tu l’as pas dit, c’est ce qu’on fait quand c’est juste comme ça… C’était pas comme ça qu’on agissait quand on avait rien à se reprocher en tout cas. C’est comme le reste, t’as pas joué le jeu, t’as encore promis, et t’as encore menti, je sais pas pourquoi tu veux toujours me mentir… mon timbre s’était mis à trembler. Parce que moi quand tu m’as demandé d’arrêter, je l’ai fait, assenai-je, mais toi t’as encore fait que comme tu voulais, et pas comme je voulais moi, tu l’as encore fait qu’à moitié… Moi je t’aime pas qu’à moitié, alors pourquoi est-ce que tu fais ça…

Il avait pas tenu parole. C’était tout ce que je retenais. Il avait toujours fait ça. Faire en sorte qu’un coup je le détestais, et celui d’après, je ne pouvais pas me passer de lui, comment est-ce qu’il voulait que je m’en sorte avec ça ? J’avais perdu le contrôle total de la situation comme s’il n’y avait rien qui puisse être arrangé et que je ne devais que me contenter d’observer le désastre. Que le monde, tournait, tournait, tournait comme une toupie, qu’on m’avait placé là mais que je n’étais pas faite de chair et de sang, donc qu’aucune de mes actions ne pouvaient être répertoriée. C’était comme de crier à l’aide d’une gorge qui ne laisse échapper aucun son, comme le cauchemar dont on attend qu’on nous réveille…

Puis tout à coup, son visage vint chatouiller le mien,  ce qui me fit fermer les yeux, en laissant faire les fils qui tissaient me tirer. Ses lèvres toutes chaudes me chauffèrent les joues, et les miennes s’ajustèrent mollement à ses pressions.


- Dis moi ce que je peux faire. Parce que je ferais tout. Pour toi.

Ses derniers mots prirent possession de moi comme les battements de sang à l’intérieur de mes veines. On ne me l’avait encore jamais dit.

- Mais je te l’ai déjà dit
, soufflai-je dans un premier temps avant de marquer tout à coup une hésitation. Est-ce que ce n’était pas ce que je n’avais pas arrêté de faire ce soir ? En posant des questions auxquelles je n’avais eu que des réponses vaseuses – et encore que lorsque j’en avais eu ? Je lui avais dit ce que je voulais, ou alors je le lui avais demandé… Mais non, je ne pouvais rien obtenir de plus, parce que ça, déjà, il ne me le donnait pas. Il ne me donnait pas les mots que je lui suppliais, ces formules magiques que je voulais entendre…

Mais je m’étais tus, soudain. Il y avait encore l’effet des textures de la drogue et de l’alcool, mais les frontières que j’avais habituellement et qui avaient été abolies  à cause de cet état second étaient en train de se refermer. Tout ce que j’avais pu laisser échapper ce soir recommençaient de nouveau à rester raisonnablement à leur place.
Tout au fond de moi.

Je résistai à sa paume restée derrière ma nuque et m’en dégageai en secouant un peu le menton.

- Non, non, c’est pas la peine
, murmurai-je tristement, peu de temps après en me détournant, pour me renfermer dans ma coquille. Je ne voulais pas de toute cette attention. Pas s’il ne le pouvait pas. Je n’osais plus demander. Je ne voulais plus être déçue, ni triste.

Je glissai mon index sur les gouttelettes de vapeur qui s’était formées sur les vapeurs de la baignoire, du côté opposé où Chuck était censé se trouver. J’avais peur finalement. Peur qu’il ne me voit plus comme la fille du début, forte, que rien n’arrête – celle que j’aurais aimé être pour lui. J’avais peur de ne plus être cette fille-là, alors que je la voyais, là quelque part. J’avais peur de ne pas avoir fait mes preuves – peur de décevoir moi aussi. Au bout d’un certain moment pourtant, je me penchai vers lui, où mes yeux se posèrent sur ses avants bras.

- Viens toi aussi
, exigeai-je doucement dans un murmure, avant de le tirer un peu vers l’avant pour qu’il me rejoigne. J’insistai un peu, sans le lâcher, jusqu’à ce qu’il accepte, et je me poussai un peu pour qu’il se retrouve dos à la baignoire, et moi contre son torse. Mais… Mais on était dans une baignoire, et on va pas tout habillé dans une baignoire… Enlève tes vêtements, et je m’y repris à plusieurs fois parce que le tissu mouillé s’était déjà collé contre sa peau, mais je finis par lui ôter le haut quand même un peu maladroitement avant de reprendre ma place, en collant ma joue dans le creux de son épaules les paupières closes, en étendant les jambes devant moi.

Entre Chuck et l’eau de la baignoire qui était bien chaude, je me sentis peu à peu emporter dans les limbes d’un drôle de sommeil auquel je n’arrivais pas à céder complètement, mais qui s’avérait être reposant, et qui en tout cas, me berçait. Ces instants-là étaient étranges car toute notion de temps disparaissait et quand j’émergeais plus ou moins, j’avais comme la sensation que ça faisait une éternité que je me trouvais ici. Je me redressai un peu pour passer mes mains sous l’eau et sur mon corps, en nous éclaboussant un peu, mais pour la première fois ce soir, je me sentais plus ou moins apaisée, bizarrement. Je levai un peu la tête pour embrasser la pointe de son menton, avant de vouloir sa bouche, et je posai ma main entre sa joue et son oreille pour lui faire pencher le visage vers la mienne. Je la fis ensuite descendre le long de son cou, puis vers la clavicule, me tournai légèrement, et cette fois, je lui déposai un baiser au niveau du cœur, avant de frotter quelque secondes mon nez sur les pores, là où il se trouvait juste en dessous. Puis, comme je m’étais complètement mise face à lui, je passai mes bras dans son cou pour solliciter un autre bisou mouillé, un peu plus vif, et plus long que les précédents, et qui me réveilla un peu, parce que cette fois, c’était mon cœur à moi qui s’était affolé. Je cherchais l’
air et c’était entre ses lèvres qu’il se trouvait. C’était la vie qui se propulsait jusqu’à moi, et c’était là qu’elle était.

Je m’étais resserrée contre lui et nos peaux se compressaient l’une contre l’autre.

- Pourquoi tu fais ça, redemandai-je après avoir rompu l’étreinte. J’avais la tête un peu inclinée vers l’avant, mais je le regardais droit dans les yeux, sans ciller comme si j’étais sûre de moi, chose que je n’avais pas faite depuis qu’on était arrivé ici, si bien que son regard me troubla. J’avais les lèvres légèrement entrouvertes, dans l’attente, et il y avait une goutte qui perlait dessus et qui descendit sous mon menton. Pourquoi est-ce que tu as encore peur ? T’as plus besoin d’avoir peur… chuchotai-je en passant mes phalanges contre sa tempe. Je savais qu’il craignait les autres et que c’était eux qui le faisaient agir comme ça. Mais c’était les autres. C’est moi, dis-je dans un ultime recours et un ultime espoir. Et c’était la seule raison que je pouvais lui donner pour arrêter d’avoir peur.
Il n’y en avait pas d’autre.
Il y avait moi.


 

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Il lui a appris à aimer."

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay   Sam 17 Aoû - 18:21

Bilan des courses : je me sentais parfaitement inutile, et j'avais beau prendre soin de Taylord comme j'aurais aimé le faire mille fois mieux, rien ne changeait, je sentais bien le mur entre nous, et qu'est-ce que je pouvais dire ? C'était un mur que j'avais moi-même construit, alors traversée de l'Atlantique jusqu'au Texas ou non, on ne pète pas en une seconde un truc qu'on a construit pendant des années. Bien, bien. En résumé : j'étais marron. En même temps, ça aurait été si facile : résister, oui mais non, non mais oui, et puis finalement, faire de la merde, s'en rendre compte, capituler, s'excuser et dire la vérité, et voilà, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ? Mais quelle blague - voilà pourquoi je ne lisais pas, non mais, le genre de conneries qu'on veut nous faire croire, quand même. La vérité avait fait du bien un temps, parce qu'on en avait eu tous les deux besoin, mais ça ne changeait rien, au fond. Je ne pouvais pas m'empêcher d'être comme j'étais, et Taylord non plus. C'était mentir. Tiens tiens, voilà un truc qu'on avait pas encore exploité, ça. Pourtant, les coups bas ça nous connaissait, mais le mensonge, hein ? On enjolivait la vérité et on disait ce qui nous arrangeait, mais maintenant qu'on avait essayé de mettre les choses à plat... Les mensonges étaient beaucoup plus malins, beaucoup plus discrets. La preuve, même moi je ne m'en étais (pas trop) rendu compte. A un moment, alors que je me concentrai comme je pouvais pour ne pas me jeter par la fenêtre, donc à m'occuper de Taylord au mieux, ça serait déjà ça, j'entendis un bruit venir d'en dessous. Oh, trop cool. Génial. Il ne manquait plus que ça - non mais là, j'allais péter un câble, si elle montait, je ne voyais pas d'autre solution. Tout mon corps se tendit par pure réflexe et je sentis la colère pas loin, mais il ne se passa rien de plus - elle devait sûrement monter dans sa chambre, fermer la porte. D'un autre côté j'étais bien con : est-ce qu'elle serait montée, entendant du bruit en haut à une heure avancée de la nuit, je ne sais pas, c'était bizarre, peut-être que Coop n'allait pas bien, qu'il s'était passé quelque chose ? Ben, non. Ça se saurait, si elle s'était inquiétée pour son fils. Fausse alerte, donc.

- … Quoi ? Mais tu me mens, tu me mens tout le temps… C’était pas vrai, c’était pas juste comme ça, tu l’as pas dit, c’est ce qu’on fait quand c’est juste comme ça…

... Qu'est-ce que je disais. Pris au piège. Mon propre piège, en plus.

- C’est comme le reste, t’as pas joué le jeu, t’as encore promis, et t’as encore menti, je sais pas pourquoi tu veux toujours me mentir… Parce que moi quand tu m’as demandé d’arrêter, je l’ai fait, mais toi t’as encore fait que comme tu voulais, et pas comme je voulais moi, tu l’as encore fait qu’à moitié… Moi je t’aime pas qu’à moitié, alors pourquoi est-ce que tu fais ça…

Pourquoi. C'était ça, le fond du problème. J'entendais encore la voix de Coop qui m'avait dit un jour - c'est drôle comme tu ne sais pas te reposer sur les gens dont tu as besoin. On parlait d'Angie, je crois. Oui, parfaitement, il avait dit ça. N'est-ce pas qu'il est mignon ?...

Mais il avait raison, et quand je regardais Taylord, je voulais lui dire que je ne voulais plus vivre sans elle, parce que c'était vrai, mais je ne savais pas comment faire. Dire de la merde c'était facile, se mettre en colère ça faisait du bien, et fermer sa gueule c'était la solution la plus sûre, voilà ce à quoi j'étais le meilleur, alors maintenant, j'étais bien incapable de faire ce que j'aurais dû. Oui, j'avais menti, parce que je n'avais pas voulu l'inquiéter et que je m'étais dit qu'il valait mieux qu'elle ne sache pas pour cette histoire foireuse avec Haley, oui je lui avais dit que j'allais arrêter de fumer autre chose que des clopes parce qu'elle, il fallait qu'elle arrête son trip de je-ne-mange-pas-je-souffre, et que je ne pouvais rien faire d'autre que ce deal là. Mais, merde ! Je ne mettais pas non plus ma vie en danger en fumant quelques joints par-ci par-là, elle ne pouvait pas m'en vouloir pour ça... Bon... Un peu.


- Parce que je voulais pas que tu te fasses des idées, lâchai-je un peu trop sèchement. Je voulais pas que tu crois que ça risque quelque chose, quand je voyais Haley tout ça... Je sais, c'est con. Je voulais pas te mentir, je savais juste pas comment faire. Et pour le reste ? Je n'avais aucune excuse - démerde-toi avec ça, mon petit, maintenant. Bien inspiré (... ou pas) je lui servis alors la pire excuse qui soit : Je t'avais dit que j'étais pas si bien que ça.

... Non mais, génial. Bravo. Il ne manquait plus que je me fouette avec des ronces, et le tableau serait parfait. Elle n'avait pas besoin de ça, et je le savais.

- Je veux dire, tentai-je de me reprendre. ... Mais je ne savais pas ce que je voulais dire. Oh, Tay, c'était ce qu'on appelle un cri du coeur, et c'était sorti tout seul, je t'aime, laisse-moi le temps...

Tristement, j'entrepris de lui rincer les cheveux, de lui embrasser le visage, de laisser s'exprimer mes gestes plus que mes mots, parce que j'étais franchement et définitivement pas doué avec eux. La vérité, c'était que j'avais envie de me loger une balle dans la tête, parce que j'étais un abruti. Je crois que j'avais été plus heureux en ignorant, ou en feintant d'ignorer, que c'était le cas. Maintenant que j'en avais des preuves, à la pelle, et le plus souvent elles étaient liées à tout ce que j'avais fabriqué avec Taylord, je ne pouvais plus trop faire le mec qui ne voyait rien. Et - évidemment - je sentis la colère attiser un peu tout ce merdier (il ne manquait plus qu'elle). J'étais en colère parce que je n'étais pas un abruti sans raisons, je l'étais sans doute une partie à cause de moi, mais il y avait forcément des antécédents à tout ça, et putain ce que je haïssais ces antécédents, qui avaient la gueule de mes deux parents, en ce moment même endormis dans leur putain de chambres séparées, parce qu'ils ne s'aimaient pas, et sérieusement, qu'on ne me fasse pas croire qu'ils s'étaient déjà aimés un jour. Ce n'était pas qu'ils avaient foutu notre vie en l'air en étant horribles ou quoi que ce soit - ils avaient juste rien fait et voilà, on avait été faits de rien, bonjour chez vous et bonne chance pour vivre dans ce monde de merde. Je leur en voulais tellement que je ne pouvais plus me les voir, ou même les entendre, et quand je rentrais chez moi et que j'entendais malgré la porte fermée du salon cette télé de merde, seule activité de ma mère, j'avais juste envie d'aller casser le poste à coups de poing et le faire bouffer à ma mère, histoire qu'elle s'étouffe avec sa connerie une bonne fois pour toutes. Tout ça, peut-être que j'aurais du le dire à Taylord... Son visage tout près du mien, dans la pénombre, m'attirait comme un aimant. Mais je ne savais pas, et puis à quoi bon ? De la pitié ? Sûrement pas. Je disais merde à tout, c'était la meilleure solution.

- Mais je te l’ai déjà dit, souffla-t-elle. Dans ses yeux, j'avais l'impression de me retrouver, de me refléter. Non, non, c’est pas la peine.

Voilà... Ce n'était pas la peine. On en venait à la même constatation. Sauf que si je réfléchissais deux minutes... On allait droit dans le mur. J'avais fini de lui rincer les cheveux et je m'étais appuyé sur le rebord de la baignoire, incapable de savoir ce que je devais vraiment faire pour recoller tous les morceaux qu'on avait éparpillés partout.

Mais depuis quand est-ce qu'on
baissait les bras ?!

- Viens toi aussi, me coupa-t-elle dans ma réflexion.

- Qu'es-ce que tu fous... Mais arrête, t'es folle !... Mais déjà je me marrais à moitié et je ne résistai pas plus, basculant tout habillé dans la baignoire, et ricanant encore plus quand l'eau éclaboussa un peu partout. Par contre...

- Enlève tes vêtements.

... Eh bien, oui, bonne idée. Mettons nous à poils tous les deux dans une baignoire ! Ça faisait à peu près... une éternité que je crevais d'envie de la serrer contre moi, et pas habillée, alors voilà qui allait me faciliter la tâche : merci bien. Un peu crispé, je la laissai m'enlever mon t-shirt, et quand elle s'installa contre moi, la proximité de son corps nu (et mouillé, bonus) me fit battre le coeur tellement fort que je crus que j'allais prendre feu dans la baignoire, le comble. Mes mains caressaient ses jambes, ses cuisses, la peau de son ventre, de son dos, c'était tout doux, encore plus dans l'eau tiède, et je fermai les yeux quand elle m'embrassa, la laissant prendre soin de moi, tout d'un coup. J'agrippai sans doute trop fort ses épaules, sa nuque, son dos, quand elle se retourna et m'embrassa, mais chaque parcelle de sa peau nue était contre moi, et ça me rendait fou - mais je ne voulais rien gâcher, je ne voulais pas qu'elle croit que je voulais définitivement seulement la sauter alors qu'on essayait tant bien que mal de rassembler les pièces manquantes du puzzle.

- Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi est-ce que tu as encore peur ? T’as plus besoin d’avoir peur… C’est moi, chuchota-t-elle en me regardant tellement dans les yeux que j'eus l'impression d'avoir été passé au rayon X. Mais avec elle... ça ne me dérangeait pas tant que ça.

Je souris, collai mon front contre le sien, puis mon nez, et embrassai sa bouche, remettant une mèche de ses cheveux mouillés qui s'était collée sur sa tempe.


- Je sais. On s'est jamais occupé de moi, comment tu veux que je me laisse faire alors que c'est tout nouveau ? J'avais haussé les épaules, un peu, englobant le délicat sujet de mes chers parents, et tout le reste. C'est pas que j'ai peur... Je me connais, je veux juste ne pas te faire de mal... Encore. Je baissai les yeux deux secondes et le remontai vers elle. Et pour ça il faut que... Je pris le temps de réfléchir, parce que je ne voulais pas qu'elle croit une seconde que déviais encore la question. Et pour ça, il faut que je me fasse confiance d'abord, conclus-je. Viens...

Je la pris dans mes bras et la serrai tout contre moi, verrouillant mes bras autour de son petit corps comme si j'avais voulu l'enfermer dans mon coeur pour toujours, et j'attrapai sa main au passage, mélangeant mes doigts aux siens. Ca n'avait pas été facile, ça n'était pas toujours facile d'ailleurs, mais est-ce que ça pouvait durer pour toujours ?

Quand je me sentis un peu mieux, et quand le souffle de Taylord aussi fut plus tranquille, je me rendis compte que l'eau commençait à refroidir, et que l'idée n'était quand même pas de pioncer dans la baignoire. Je me levai comme je pouvais - en foutant de l'eau partout, mais je m'en foutais - et j'attrapai un peignoir que je mis autour de Taylord et que je frottais pour la sécher et la réchauffer, après j'attrapai ma baguette histoire de sécher mon froc et soulevai Taylord dans mes bras comme un petit paquet précieux, l'embrassant une dernière fois avant de quitter la salle de bain (qui ressemblait à un champ de guerre, avec de l'eau et des fringues partout) pour l'emmener dans ma chambre. C'était un peu le bordel d'ailleurs, mais j'avais essayé vite fait de pousser les piles de... foutoir dans un coin pour que Taylord ait de la place (et ne croit pas que je vive encore plus dans une porcherie que c'était déjà le cas). Je rabattis la couette sur elle et me couchai à côté, éteignant la lumière. On était dans le noir complet, mais je ne m'arrêtai pas là, et je passai mes bras autour d'elle pour la coucher à moitié sur moi, nous enroulant bien confortablement dans la couette, son visage tout près du mien, et je l'embrassai, doucement d'abord, plusieurs fois, avant de glisser ma main dans sa nuque pour l'empêcher de m'échapper, et l'embrassai jusqu'à ce que le souffle me manque  - et encore je m'en foutais, je respirai un peu, puis je recommençais. Ses jambes le long des miennes, toute la chaleur de sa peau qui restait sous la couette et tout autour de moi, tout ça me donnait l'impression que j'étais une bombe sur le point d'exploser. Mais j'étais bien, et je ne voulais pas bouger.


- Tu vois ? murmurai-je, tout bas. On est bien, non ?

Autant être clair : si je devinais que pour elle ce n'était pas le cas, je pouvais tout aussi bien boire une bouteille d'alcool à 90° cul sec.

Je m'endormis sans vraiment le vouloir, me laissant glisser dans toute cette chaleur, et sûrement un peu cassé par tout ça, parce que j'avais bu et fumé. Comme d'habitude, et surtout quand je me posais tout un tas de questions, je rêvais peu, ou plutôt je ne me souvenais jamais de mes rêves (alors que Coop, depuis qu'il était gosse, me racontait toujours ses rêves trop bizarres mais marrants), et quand je me réveillais, je me rendis compte qu'il faisait carrément jour, qu'il devait être bien midi ou le début d'aprèm, et je m'étirai un bon coup, mais comme à côté Taylord ne bougeait pas, je décidai de prendre soin d'elle jusqu'au bout et descendis dans la cuisine pour lui préparer un chocolat chaud (je ne savais pas cuisiner grand chose d'autre), et je remontai avec deux tasses.


- Debout, cow-boy, dis-je après les avoir posé sur la table de nuit, avoir embrassé Taylord sur le front, et dès qu'elle ouvrit un peu les yeux, je me mis à la chatouiller sous la couette. Bien dormi ? Mais je ne lui laissais pas trop l'occasion de répondre de toute façon, parce que je continuais à la chatouiller pour qu'elle rit, parce que j'aimais son rire et qu'il me faisait rire aussi, et je voulais la voir heureuse : c'était tout ce que je voulais.

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CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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MessageSujet: Re: Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay   Mer 21 Aoû - 20:27

Every great story on the planet happened when someone decided not to give up, but kept going, no matter what.



- Parce que je voulais pas que tu te fasses des idées. Je voulais pas que tu crois que ça risque quelque chose, quand je voyais Haley tout ça... Je sais, c'est con. Je voulais pas te mentir, je savais juste pas comment faire. Je t'avais dit que j'étais pas si bien que ça.

En plus d’une impitoyable dégringolade, les épisodes me revinrent soudain par flashs, comme si je les avais oublié – mais pendant tout ce temps-là, ils étaient restés dans un petit coin de ma tête, attendant le moment opportun pour ressurgir : je n’avais aucune envie de revivre cette fin de bal, restée sur une note d’impuissance, la même qui nous entouraient de ses liens serrés ici. Je le regardais, perdue et l’air interdit, car ce qu’il venait de prononçer pouvait tout aussi bien être le fruit de mon imagination… mais est-ce que c’était moi qui avait inventé ce ton beaucoup plus dur tout d’un coup ? Même moi, je ne le vis même pas venir lorsque ma vue se brouilla et que ma bouche se tordit sans prévenir pour laisser sortir les sanglots qui demandaient libération qu’en se faisait attendre et je plongeai la tête dans mes mains, pour laisser libre court à ce surplus qui m’inondaient de toutes parts, comme s’il y avait trop de choses en moi et qu’à cause de ça, je ne pouvais pas garder cette charge de larmes dont j’avais plus que jamais besoin de me délester. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Qu’il pensait que nous étions une erreur, que tout ça, c’était une erreur, qu’il était en train de me le reprocher et de me le prouver et que je ne pouvais que m’en prendre qu’à moi-même ? Que c’était aussi de ma faute d’avoir voulu y croire ? Ce n’était pas vrai, c’était faux, c’était juste une bonne excuse pour ne pas faire face au problème et le prendre de biais – en se convainquant qu’il n’était « pas si bien que ça » c’était d’accepter d’avoir le mauvais rôle, celui que tout le monde choisi de détester, parce que c’est plus facile et surtout ça lui donnait le droit de ne rendre de comptes à personne – y compris lui-même, de se déculpabiliser… Et ne pas être honnête avec lui-même. Et je détestais lorsque Chuck avait cet état d’esprit – quand il arrêtait de croire en lui, alors qu’il avait toujours joué la carte de l’assurance… Mais que c’était pour justement mieux cacher l’insécurité qui le parcourait : on ne lui avait jamais appris à être hors de danger.

Je ne me sentais jamais plus faible que lorsque je pleurais – c’était d’avoir ce terrible sentiment que l’on pouvait lire en moi comme un livre ouvert parce que je n’avais aucune défense parce que toute ma peine était rendu visible à cause des sillons salés qui parcouraient mon visage. Ce n’était pas ça que je voulais lui montrer, cet état d’abandon sur lequel je me sentais de plus en plus emportée, parce que de toutes les solutions, il me semblait que nous les avions toutes testées mais qu’aucune ne nous convenait. Mais également que ces crises arrivaient de plus en plus souvent – qu’elles avaient été totalement inexistantes pendant des années, parce que jamais je ne les avais autorisé à remonter à la surface parce qu’enfermé bien précieusement dans les tréfonds de l’âme. Toutefois leur avoir laissé cette opportunité une fois, c’était leur faire prendre le dessus et me faire perdre le contrôle. Je n’étais pas une pleureuse. Je ne voulais pas que ce soit uniquement ce que retienne Chuck de moi à présent… Je l’entendis de loin – du temps, bien évidemment que je voulais lui laisser tout le temps,
toute ma vie et tout le temps qu’il fallait, mais il était également le mieux placé pour savoir que ce dont il avait le plus besoin, c’était aussi mes plus grandes craintes : le temps, on l’avait plus que de raison, mais en un battement d’ailes, il devenait aussi fugace qu’une vie de papillon…

Comme j’avais l’impression déjà d’avoir été pressée comme on presse un citron, je n’avais aucune force de le repousser et préférais encore le garder près de moi et ce fut lorsque mes yeux finirent par se sécher, vaincus, que je lui demandais de me rejoindre – peut être aussi pour passer outre le fait que même si je lui avais demandé le contraire juste avant, j’aurais aimé qu’il insiste, pour moi. Et parce que c’était moi.


- Je sais. On s'est jamais occupé de moi, comment tu veux que je me laisse faire alors que c'est tout nouveau ? C'est pas que j'ai peur... Je me connais, je veux juste ne pas te faire de mal... Encore. Et pour ça il faut que.... Et pour ça, il faut que je me fasse confiance d'abord.

Le ton beaucoup plus doux de sa voix – il y avait encore tant de choses que je n’arrivais pas à comprendre, comme de nous sentir si proches l’un de l’autre quand nous nous embrassions comme si nous n’étions plus qu’un seul et unique esprit, tourné vers la même lumière. Pourtant il me manquait les éléments les plus importants pour le rejoindre, mais ça, il n’y avait que Chuck qui puisse me le donner… Il pouvait dire ce qu’il voulait j’étais persuadée de ressentir cette crainte qui parfois guidaient ses actes, parce que même si elle ne se présentait pas de la même façon ce qu’on redoutait ne nous était pas inconnu, l’angoisse d’apprendre à aimer une chose que l’on a jamais eu et qui à partir de là peut disparaître à tout instant – tout comme de ressentir encore ce qu’on a perdu une fois et se souvenir comme ça fait mal.

La suite me parut être beaucoup plus irréaliste. J’avais fermé les yeux, parce que j’étais installée tout contre lui et je me laissai guider par les sensations de l’eau qui agissait comme un tampon de toutes les histoires qu’il y avait pu y avoir jusqu’à maintenant. Je n’eus pas la force de réagir lorsque je sentis du mouvement et clignai à peine les yeux en sentant la matière en éponge qui se frictionnait contre ma peau, mais en tout cas,  je ne retins pas un soupir de soulagement lorsque je compris dans un état second que nous étions allongés et que nous allions pouvoir nous perdre dans le pays imaginaire qu’ouvraient généralement nos rêves : ce fut d’ailleurs précisément ce qui se passa lorsque nos lèvres se pressèrent et que je fus incapable de dire si oui ou non c’était vraiment en train de se produire, mais c’était si doux et surtout… Je voulais que rien ne s’arrête et que cet état dure pour toujours car il me laissait avec cette agréable sensation qu’il n’y avait rien derrière. Il y avait juste ça,
Nous étions juste ça, c’était l’amour et rien de plus et pas une fois je ressentis le besoin de m’éloigner pour reprendre mon souffle parce que j’étais soudain devenue bien plus forte que les besoins vitaux eux même, simplement parce que c’était nous qui dirigions et simplement parce que nous le voulions.

Je ne me souvins pas de lorsque cela cessa, mais j’entendis un peu plus tard – beaucoup plus tard en fait mais j’avais l’impression qu’il s’était écoulé un laps de temps beaucoup plus court – une voix bien connue me tirer de se sommeil un peu lourd dans lequel je m’étais figée.


- Debout, cow-boy.

Je ne bougeai pas parce que comme ça, j’espérais que Chuck me laisse tranquille un peu plus longtemps mais cette prière ne fut pas exaucée et lorsque je sentis ses doigts parcourir les zones sensibles de ma peau et me chatouiller ces moments tout simples de légèreté, juste avant l’éveil complet me fit lâcher quelques éclats de rire, jusqu’à  ce que je sente Chuck tout contre moi, tout contre ma peau parce que dans la bagarre il m’était un peu monté dessus pendant que je me défendais comme se défend quelqu’un au saut du lit et j’eus un mouvement en même temps que le court de la soirée d’hier me revenait en pleine figure comme un surplus d’informations qui s’entassent les unes au-dessus des autres , qu’on comprend mais qui s’emmagasinent tellement vite qu’on a l’impression qu’on va exploser et je retins ses poignets à l’aide de mes mains – et tout redevint silencieux dans la chambre dont les rayons de soleil qui passaient à travers la fenêtre, indiquaient par leur couleur moins vive et un peu plus chaude que la matinée n’était déjà plus. L’allégresse qui m’avait habité quelques instants se dissipa aussi vite que je trouvais dérangeante la position dans laquelle je me trouvais parce que clairement je sentais ses mains sur mon corps et la vulnérabilité que cela me procurait. Les effets d’hier avaient disparu et le malaise avait refait surface comme un brouillard qui empêche de voir le prochain virage d’une route et je me sentais comprimée entre le peignoir que je portais mais qui ne cachait rien et son torse qui me faisait frissonner toute entière, comme une gazelle qui s’est fait prendre entre les griffes du lion. Je me tournai de l’autre côté, rompant toute communication, les yeux fixés sur les draps du lit qu’on avait froissé et qui avaient une courbe et faisait des ombres étranges. J’étais en train de ruminer tout ce qui s’était produit la veille, et les remous de la tristesse remontaient lorsque les mains de Chuck descendirent sur mes épaules pour faire glisser les manches du peignoir hors de mes bras et même si je réagis trop tard parce qu’il l’avait enlevé, je me crispais en me recroquevillant en position fœtale, par défense. Sauf qu’au lieu de me laisser tranquille, il insista en posant ses paumes et les faisant se balader tout le long de la poitrine, mes côtes, mes hanches, mes cuisses que ses jambes attrapaient aussi pour les forcer à s’étendre. Je me débattis, mais il y avait quelque chose dans ses gestes qui m’empêchaient de le faire franchement, parce qu’ils étaient un peu autoritaires mais jamais brusques et lorsque ma tête se tourna un peu pour froncer les sourcils de mécontentement dans sa direction parce qu’il me mettait au pied du mur en me mettant face à ce que je détestais le plus, son regard indiquait qu’il ne me laissait pas le choix, mais qu’en rien ce n’était pour le me faire du mal. Je me cambrais en signe de protestation, les muscles tendus comme un élastique, et je finis par me retourner pour lui faire face et laisser ressortir tous les rugissements silencieux de cette masse corporelle dont je ne savais plus quoi faire – je me grandis et griffai sa peau là où j’avais prise en réponse aux interdictions qu’il imposait.

Je mordillai son épaule lorsqu’un battement, puis deux, puis trois… puis d’autres attirèrent mon attention – c’était ceux de son cœur, et ils pulsaient partout, partout
en moi, donnant un rythme, plus calme, plus rassurant aussi et il me promulguait un nouveau souffle. Je me calquais dessus, ce qui me calma presque aussitôt. Ses bras dans mon dos faisaient que nos deux corps étaient étendus l’un contre l’autre comme si je faisais partie intégrante dessus et pendant quelques minutes ni l’un ni l’autre ne bougea profitant de ce moment que nous n’avions jamais eu encore –et alors qu’il ne fallait pas perdre. J’embrassai ensuite doucement là où je l’avais mordu, avant de mettre mon visage à hauteur du sien.

- Il faut qu’on s’explique
, murmurai-je parce que je me rappelais de bribes de conversation d’hier et qu’il ne pouvait tout simplement pas me demander de faire comme si de rien était. La blessure de mon cœur se mit à se rouvrir un peu. Ça me fait mal que tu ne tiennes pas nos promesses… Comment je peux te faire confiance sinon.. ? Je redoutais la façon dont il allait réagir, mais je ne pouvais pas lui mentir, pas à lui et j’espérais tant que Chuck ait les clés pour balayer toutes mes déceptions… Je me calai un peu plus contre lui avant de passer ma main sur sa joue et de demander, après un certain temps de silence dans un nouveau chuchotement : Dis, tu le croyais vraiment quand tu disais que tu voulais qu’on soit seulement des amis ?

Je me souvenais bien que si au début j’avais refusé, ensuite, j’aurais fait n’importe quoi juste pour le garder près de moi, même si pour ça, je devais m’en tenir à ses exigences. Mais je voulais savoir… Ce que j’avais voulu pendant des mois ce « plus » qu’il ne m’avait pas offert, est-ce qu’il l’avait espéré aussi ? Je voulais qu’il me réponde oui à cette dernière question silencieuse.

Je l’embrassai encore tandis qu’on se répondait mutuellement à nos caresses et que même si parfois je tressaillais à ce contact, je réalisais que ça ne me déplaisait pas tant que ça. Je remis le peignoir, le temps de me hisser hors du lit et de m’habiller, après que l’on soit resté quelques temps l’un contre l’autre et d’en profiter entre temps pour boire les chocolats chauds qui avaient un peu tiédies.  On finit par bouger de la maison pour ce rendre un peu plus près du cœur de la ville en prenant le bus et je ne pouvais pas m’empêcher, comme à chaque fois que j’allais dans un nouvel endroit, pour regarder à travers les vitres sales, le paysage qui se dessinait et qui n’arrêtait pas de changer. Je n’avais pas arrêté d’imaginer Bristol gris et triste par rapport aux dires de Chuck, et c’est vrai qu’en ce qui concernait son quartier il n’avait pas tort, mais ce que je découvrais de me rebutait pas pour autant, et j’aurais même aimé, alors qu’on se baladait ensuite dans les rues et qu’il avait le bras autour de mes épaules, avoir plus d’une paire d’yeux pour tout voir.

On passa devant un magasin, lorsque la vitrine de ce dernier m’attira l’œil à cause de ce que portait le mannequin sur la tête et je stoppais notre ascension sans même faire attention pour regarder la capeline dont elle était coiffée, blanche aux bords larges avec une jolie bande de tissu dans les teintes marron tout autour de la coiffe. Sans dire qu’elle me plaisait – parce que je ne savais pas, c’était pas le genre de chapeau que je portais normalement – Chuck proposa, en le faisant exprès ou non d’entrer à l’intérieur et j’acceptai. On fit le tour pour dire qu’on n’avait pas pénétré dans la boutique pour rien et en passant dans un rayon, parce que tout au bout de celui-ci se trouvait le portique qui contenait d’autres capelines similaires, je me stoppais de nouveau pour tout autre chose que mon objectif de départ : il y avait un modèle de robe assez simple, mais la coupe me plaisait. Je pris le cintre de l’une d’entre elles après avoir cherché la taille pour l’observer de plus près et passer mes doigts dessus parce que la matière, qui contenait du coton, était toute douce.

- J’vais l’essayer, déclarai-je après un temps, sans donner plus d’informations, en nous guidant vers les cabines. Chuck savait que je n’étais pas forcément à l’aise avec ces choses-là, alors il n’allait pas m’en tenir rigueur.

Je fermai le rideau le temps de me changer, tournant le dos au miroir. Lorsque ce fut fait, je fis volte-face pour découvrir une personne totalement différente de celle à laquelle je m’attendais – c’était une robe blanche, dos nu, qui se fermait en nouant un nœud dans le cou. Elle était cintrée et épousait mes formes jusqu’aux hanches avant de s’évaser avec légèreté un peu avant les genoux. En plus de ça, il y avait une ceinture, toute fine, qui tendait vers le beige foncé qu’on pouvait ajuster à la taille. Je me dévisageai plusieurs secondes mais comme j’entendis Chuck derrière moi, j’ouvris de nouveau la cabine d’essayage. Je passai mes mains sur mon estomac pour lisser la robe jusqu’en bas du ventre et levai les yeux vers ceux de Chuck, que je pouvais voir dans la glace.
Alors je souris.
Celui-là était
vrai.

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"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay   Ven 23 Aoû - 16:20



You were my backbone when
The truth that dealt the consequence
You were my hometown when
My heart was filled with loneliness
Just as the dark was rising
You know I'm gonna try much harder
But it isn't the shit in my head
Pulling me under this time

You, my everything
You, my everything




Quand elle avait pleuré, je l'avais prise dans mes bras, après un instant d'hésitation. Enfin non, pas d'hésitation. Disons plutôt que j'avais été comme tétanisé - eh bien bravo, voilà exactement ce qu'il fallait dire, non mais, génial. Taylord avait explosé en sanglots et se cachait derrière ses mains, tout ça parce que j'avais eu la connerie de dire cette phrase de merde qui me trottait dans la tête, alors que la seule chose dont j'avais envie était de la réconforter. J'en avais marre d'être un con, de faire toujours des bourdes du genre et de ne pas savoir faire autrement. Ça commençait à me casser le cul. Alors, autant essayer de réparer, maintenant que le mal était fait... Je l'avais prise délicatement entre mes bras, essayant de la rapprocher de moi, de lui dire de ne pas pleurer et que ça allait aller, et qu'il fallait qu'on dorme, et bref tout le bordel qui ne servait à rien, mais bon. Comment rattraper ça ? C'était mon problème, d'être ce que j'étais, de me cacher derrière une façade parce qu'au fond je savais bien que je n'avais rien de fantastique et qu'on ne peut pas prétendre à grand chose quand on a une vie comme la mienne, une famille comme la mienne. Ça se voyait, on était tous tarés, je me rappelai d'un Noël avec Coop et Tess où - comme on se faisait royalement chier - on avait remonté tout l'arbre généalogique à la recherche de quelqu'un de bien, de normal : on avait pas trouvé. Il y a des branches comme ça, des générations pourries, et voilà, on n'y peut rien. Je ne disais pas que j'allais finir con et alcoolique comme mes parents, mais je pensais clairement qu'on avait pas les mêmes chances en ayant été élevés comme ça. Pourtant je m'étais battu contre ça dès que je l'avais compris, justement, mais il y avait un petit truc au fond que j'ignorais mais qui était bien là et qui me disait : tu peux fuir, pour le moment, mais ça te rattrapera, un jour ou l'autre.

Au réveil, comme souvent, j'avais l'impression qu'on avait laissé à la nuit toutes les merdes et tous les problèmes qui nous trottaient dans la tête, et je me sentais un peu mieux - je sentais dans mes muscles un peu endoloris que j'avais trop bu - et même carrément mieux quand le rire de Taylord résonna dans ma chambre et qu'on commença à se battre à moitié. Evidemment, il ne me fallut pas longtemps : pour l'empêcher de se débattre comme un cheval sauvage, je lui coinçais les bras, les jambes, et je finis par peser contre elle avec mon corps et à me retrouver tout contre elle, et sa peau était encore toute chaude de la nuit et ses cheveux sentaient bon : en deux secondes j'avais oublié les chatouilles et je m'étais penché dans son cou pour l'embrasser, vers sa joue, sur sa bouche, tandis que mains partaient se promener sur tout son corps. Je n'avais pas envie de me retenir, même si je me doutais que Taylord n'allait pas forcément se laisser faire... ou vouloir la même chose que moi. Connaissant son rapport à son corps, je me disais bien que ça allait bloquer, mais en même temps... Mais en même temps elle était bien mignonne mais ça faisait longtemps, et j'avais envie de faire plus que l'embrasser et la serrer bien sagement contre moi, et j'avais surtout envie qu'elle se rende compte de comment elle était sexy et canon et qu'elle n'avait qu'un mot à dire pour que je sois à ses pieds, alors ce qu'elle pensait de son corps, franchement, il fallait qu'elle revoit franchement l'équation. Elle se raidit, mais je ne m'arrêtai pas ; elle se tourna et se mit de dos, mais je ne m'arrêtai pas plus. Son peignoir glissait, et je m'arrangeais pour que ça ne s'arrête pas. Elle fuyait délibérément mon regard, cette grosse maline, mais cette fois, je ne voulais pas rentrer dans son jeu : elle me croyait, au moins, quand je lui disais que je la trouvais belle ?! Puisque c'était comme ça, j'allais lui montrer, d'une manière plus... offensive. Sa peau était toute douce, ses cuisses, ses hanches, son dos, puis son ventre, sa gorge, ses bras, son cou. Je sentais qu'elle se crispait, mais elle me laissait faire - je n'avais pas besoin de plus. J'étais tout contre elle, et en même temps j'embrassai la peau de son cou, je la mordillais même, attendant qu'elle daigne se retourner pour l'embrasser. Elle me servit sa tête de tyrannosaure en colère quand elle se retourna, mais je démordis pas de mes opinions et soutins son regard ; alors elle finit par se tourner contre moi et là... Là je sentis mon cœur perdre toute notion des choses et un truc gronder au fond de moi, ça y'est, je sentais que c'était la même chose, une bombe atomique qui rugissait, un truc comme du feu qui me brûlait de partout, et le regard de Taylord, intense, rien que pour moi. Comme si on avait été deux aimants, je l'attirai autoritairement contre moi, sur moi, essayant de penser à autre chose qu'au fait que j'allais probablement mourir en me consumant vu tout ce que je ressentais. Je l'embrassai en glissant mes doigts dans ses cheveux (elle n'arrangea rien à rien en griffant ma peau, j'avais envie de lui faire tout ce que j'avais en tête et mes doigts se faisaient carrément plus pressants sur sa peau, sur tout son corps). Comment les battements de mon cœur ne s'entendaient pas jusqu'à l'autre bout du monde ?!


- Il faut qu’on s’explique. Ça me fait mal que tu ne tiennes pas nos promesses… Comment je peux te faire confiance sinon... ?

Sa voix perça avec difficulté le brouillard dans lequel je nageais, et à part sa peau contre la mienne et nos deux corps l'un contre l'autre, j'avais du mal à me focaliser sur un autre truc. S'expliquer... Les promesses... Bah.

- Je voulais juste que t'arrêtes de te faire du mal, c'est tout. Moi, c'était moins grave... Ouais ouais ouais, elle n'était pas non plus née de la dernière pluie. L'été dernier, je m'étais sacrément défoncé, et pas qu'avec des petits joints par-ci par-là. Je... Bon, merde, je faisais quoi moi maintenant. Un joint de temps en temps, c'était pas la mort non plus, elle ne pouvait pas m'en empêcher quand même... J'en prends moins tu sais, c'est pas comme avant.

Hmm... Reconnaître que je n'avais pas tenu ma promesse, comme ça... Elle m'avait un peu pris de court, mais je sentais bien qu'on en était à ce moment en équilibre où il fallait que ça passe ou que ça casse.

- Dis, tu le croyais vraiment quand tu disais que tu voulais qu’on soit seulement des amis ?

Cette fois, j'éclatai de rire. Non mais, quelle blague ! Quel imbécile, est-ce que j'avais cru une seule seconde à mes conneries ? J'avais voulu, oui, évidemment, parce que c'était tellement plus simple de se protéger et de ne pas se lancer dans tout ça, parce que ça rend fragile, et putain, qu'est-ce que je ne voulais pas être fragile, m'ouvrir à tout ça. Mais c'était impossible... Je voulais trop Taylord pour ça, et je lui avais trop fait de mal pour continuer.

- Tu plaisantes ? Même moi j'y ai jamais cru, je crois. Je pouvais pas, c'est... Comment dire, voyons voyons. C'est juste que c'est toi, Tay, je t'ai toujours voulue, mais on va dire que je savais pas trop comment faire. Amis, tu rigoles ou quoi ?! Pour voir d'autres mecs sortir avec toi ? Non mais, même pas en rêve.

Je l'embrassai avec autorité - pour affirmer mes positions, ma possession surtout - et lui ébouriffai les cheveux, avant de basculer un peu sur le côté et de me retrouver à moitié sur elle, pour prolonger un peu mes caresses.

On finit par s'arracher du lit, à regrets - on avait pas vraiment fini ce qu'on avait commencé - mais on avait prévu d'aller se balader dans Bristol (... ô joie) cet après-midi. Il faisait plutôt beau et c'était tant mieux, et quand on monta dans le bus au coin de ma rue pour aller en centre ville, je me fis la réflexion que c'était à peu près le pire moment de ma vie. Je veux dire : elle le savait très bien, que là où j'habitais c'était de la merde, et elle l'avait vu de ses yeux. Mais plus on avançait plus toute cette merde me sautait aux yeux, chaque bâtiment, chaque maison, chaque terrain vague, chaque usine, ça enfonçait le couteau dans le plaie, et j'avais juste envie de disparaître six pieds sous terre tellement j'avais honte. En plus, quand je pensais à là où elle habitait, et ça à côté... Enfin bref. Heureusement, le centre de Bristol était quand même mieux, plus normal, quoi. Je lui montrai les endroits où j'allais, avec mes potes, avec Coop, là où on achetait des glaces, le resto où Angie et Hamish nous emmenaient tout le temps quand ils passaient nous voir (mais on allait bien plus souvent en Ecosse, étant donné que chez moi, mes parents, c'était pas vraiment les personnes les plus cool à qui rendre visite), les magasins, les endroits cools le soir, le canal, le pont où on aimait se poser, les quais où on buvait les soirs d'été avec mes potes, tout ça tout ça. C'était du béton et du béton et pas vraiment une ville de carte postale, mais voilà, c'était chez moi.

Au passage, je nous achetai des glaces, qu'on mangea le long du canal, et après lui avoir raconté quelques trucs sur ce qu'il fallait savoir sur les bons plans de Bristol, on passa par une rue où il y avait pas mal de magasins. On ne sait jamais - les meufs, vous savez... Taylord n'était pas du genre, mais alors qu'on marchait tranquillement et que j'avais mon bras sur ses épaules, je vis son regard attiré par une vitrine. Très bien ! Sans attendre, je nous fis rentrer - non mais, Taylord dans une boutique de meuf, je ne voulais pas rater ça ! La vendeuse nous salua et nous jeta un regard attendri - un petit couple qui fait du shopping ensemble, c'est si mignon... Ouhlà, calmons-nous quand même - et je suivis Taylord qui avait attrapé une robe et était partie dans la cabine l'essayer. J'attendis devant.

Quand elle ouvrit le rideau - mais, je voulais avec elle dedans moi, la vendeuse ne voulait pas regarder ailleurs ?! - je la regardai dans le miroir, avec son petit sourire et ses joues roses et son air intimidé qu'on voyait à peu près 1 jour sur 365 chez elle, et j'eus un grand sourire. Je m'avançais - vite, la vendeuse ne regardait pas - et refermai le rideau derrière moi. Sans attendre, je posai mes mains sur ses épaules dénudées, les glissai le long de la robe, entourai sa taille.


- Parfaite, murmurai-je à son oreille sans lâcher son regard, dans le miroir. Tu me crois, quand je dis que tu es belle ? Bon, puisque le rideau était fermé... J'avais serré sa taille plus fort, et je l'embrassai au creux du cou, sur les épaules, cherchant ses lèvres ensuite ; et puis mes mains avaient glissé tout naturellement le long de la robe et s'apprêtaient à remonter le long de ses cuisses, mais comme je l'embrassais en maintenant, je n'avais pas non plus pleine possession de mes faits et gestes.

Je ne sais pas trop combien de de minutes plus tard, j'entendis la vendeuse tousser derrière le rideau en mode - je vous dérange ? et à contrecœur, j'abandonnais nos câlins pour sortir et laisser Taylord se changer. Quand elle sortit, j'avais déjà attrapé le chapeau qu'elle avait regardé en vitrine et je lui mis sur la tête avec un petit sourire entendu - même sourire entendu que je lui lançais quand je sortis un billet pour lui acheter la robe - non mais, elle n'allait quand même pas m'embêter. S'en suivit une petite dispute devant la vendeuse qui vu sa tronche commençait à en avoir marre de nous, mais ça, c'était bien le dernier des mes problèmes, mais je gagnai évidemment, et je payai le tout, et puis on sortir de la boutique.

La fin de l'aprèm passa tranquillement, j'emmenai juste Taylord vers le skate-park où je me doutais que certains de mes potes seraient, et ils y étaient, du coup je leur présentai, et puis on décida de se rentrer gentiment. Finalement... Finalement je n'avais pas vu le temps passer, et en faisant visiter à Taylord, je m'étais quand même dit - bon, ça va, il y a des trucs à montrer. Mais dans le bus du retour, la même sensation que tout à l'heure m'avait repris, parce que plus on s'éloignait du centre, plus on s'enfonçait dans la zone industrielle et vers mon quartier de merde que tout redevenait gris, sale, abandonné, ou bien juste complètement... hostile. Je me renfrognai un peu mais essayai de pas le montrer, parce qu'on avait passé du bon temps, et que je ne voulais pas qu'elle croit que je me faisais chier ou quoi que ce soit.

A la maison, rien n'avait changé en notre absence évidemment - même bordel dans la cuisine, même bruit de télé provenant du salon, et Coop était dans sa chambre en train de lire ; au moment où j'allais lui raconter ce qu'on avait fait, Chris appela au téléphone et me raconta vite fait la fin de la soirée, tout en me demandant si on avait des plans pour ce soir. J'avais pensé aller dîner à notre pub, à Coop, Chris et Lucy et moi, parce que je voulais que Tay rencontre le patron qui était devenu un de nos amis, et qu'on passe une soirée cool mais posée. Du coup, je laissai ma réponse à Chris en suspens, en lui disant que je lui confirmai - je voulais d'abord en parler à Taylord. En vrai, je voulais y aller avec Coop et elle, mais le problème était que je me demandais si elle n'allait pas en avoir sa claque de se trimbaler mon frère presque partout où on allait - même si je savais qu'ils s'adoraient. Sauf que, voilà : je ne voulais pas laisser Coop seul, d'accord il avait des potes mais ce n'était pas le soir qu'il sortait avec, et ce n'était pas avec des parents comme les autres que quelqu'un allait s'occuper de lui quand je n'étais pas là... Il m'avait toujours accompagné, même quand je me voyais mes potes, tout ça. Ils savaient, c'était comme ça : je ne le laissais le choix à personne, mon frère était mon frère, malgré tout, même malgré le fait qu'il puisse être chiant comme tout.


- Dis, je me disais qu'on pouvait aller dîner au pub ce soir... Euh, ça te dérange si Coop vient avec nous ? Il y aura peut-être Chris et Lucy aussi, ajoutai-je avec un petit sourire, la rejoignant dans la chambre.

Quelque part, je savais bien que j'avais un mal de chien à lui ouvrir les portes qu'elle voulait ouvrir en moi ; du coup, je contrebalançais comme je pouvais, et lui ouvrir les portes de ma vie de tous les jours me paraissait à la fois un bon début, mais aussi un soulagement. Petit à petit, elle passait derrière le façade...

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CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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Localisation : Ben regarde, sur ma licorne magique... Ah, tu la vois ? Okay, arrête le jus de citrouille alors, visiblement ça te fait pas que du bien.
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Ami(e)s: C'est comme la poussière d'étoiles. Si t'y prends pas gaffe, elle s'effrite entre tes doigts...
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MessageSujet: Re: Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay   Mer 28 Aoû - 18:21

C’était comme l’impression d’avoir un second habitant à l’intérieur de mon corps. Ce n’était pas un dédoublement de personnalité qu’il fallait entendre par là – je n’étais pas instable au point de faire cohabiter deux caractères diamétralement opposés, mais n’empêche qu’il y avait bien une dualité qui régnait entre ce que je voulais, comment je réagissais, ce que je ne voulais plus et me faisait agir autrement. Je ne me sentais pas libre de mes mouvements ni même de mon esprit qui plaçait des barrières invisibles plus ou moins consciente et j’étais en train de lutter contre toutes ces choses à la fois, en plus des mains  de Chuck que j’avais d’abord repoussés avant de les laisser s’emparer de se mal et le jeter au loin. La liberté. C’était elle que je recherchais.

Je la voyais sous bien des aspects – et déjà pour l’atteindre, nous devions nous débarrasser de nos chaînes qui nous embourbaient dans toutes nos merdes. Ensemble, certes, mais maintenant il fallait s’en servir pour qu’elles nous tirent vers le haut. J’en étais persuadée.


- Je voulais juste que t'arrêtes de te faire du mal, c'est tout. Moi, c'était moins grave... Je... J'en prends moins tu sais, c'est pas comme avant.

Je ramenai un peu mes mains vers moi pour pouvoir les placer sur ses joues de chaque côté de son visage pour que Chuck me regarde bien dans les yeux.

- Mais c’est pas ça le problème Chuck… Enfin, techniquement, c’en était un mais ce n’était pas tant l’aspect de la drogue qui me dérangeait – tant que ça ne dépassait pas les limites du raisonnable et même moi je me l’étais accordée hier. Non, c’était qu’on avait eu un accord, mais qu’il ne s’y était pas tenu. Je l’ai fait parce que tu me l’as demandé. Même quand j’ai voulu tout lâcher. Pour toi, chuchotai-je. Au fond, je voyais bien qu’il essayait de détourner ce qui clochait vraiment. Mais moi j’ai l’impression que je pourrais te demander n’importe quoi, ben tu le feras… mais pendant qu’un temps… rajoutai-je avec une pointe de résignation.

Est-ce qu’il ne se rendait pas compte comme ça me rendait triste ? J’avais le sentiment que rien ne changeait et pourtant j’étais bien incapable de me séparer de lui, et tout ce que ça incluait. Alors quand je me souvenais d’hier ou il assurait qu’il ferait tout… Je ne voulais pas qu’il me rassure. Je voulais qu’il soit vrai.

Mes doigts caressaient doucement ses pommettes et tout en me perdant dans le marron de ses yeux, mes pensées vagabondaient aussi – sûrement que c’était plus flagrant que les autres fois parce que la situation s’y prêtait et que je restais captive de son regard, mais je me souvenais de cette réflexion que je m’étais faite, et laquelle je n’avais jamais obtenu réponse d’ailleurs, me laissant dans la douceur du mystère et de l’incertitude à résoudre, lors de notre premier bal de Noël ensemble, qu’il y avait quelque chose d’irrésistiblement attirant chez lui, allant jusqu’à la fascination, et qui allait bien au-delà du physique. Ca jouait bien sûr, mais il y avait ce truc en plus, de différent comme une force qui dépassait Chuck lui-même mais qu’il gardait bien au chaud parce qu’il n’en avait pas tout  à fait conscience non plus. D’où est-ce que ça venait – le charisme c’était une chose, mais quand même j’étais bien placée pour dire que tout le monde n’y était pas sensible, alors quoi ? La réponse était sans doute là : il était comme une pierre grossièrement taillée que l'on découvre. Les traits principaux avaient été fixés, mais il manquait tout le reste, toutes les finissions, la finesse des formes que l’on donne à une sculpture en y agrémentant des détails. Toujours, Chuck s’était donné à moi à l’état brut et quelques fois, il m’avait laissé y ajouter ma touche personnelle – mais beaucoup de choses restaient à faire encore.


- Tu plaisantes ? Même moi j'y ai jamais cru, je crois. Je pouvais pas, c'est... C'est juste que c'est toi, Tay, je t'ai toujours voulue, mais on va dire que je savais pas trop comment faire. Amis, tu rigoles ou quoi ?! Pour voir d'autres mecs sortir avec toi ? Non mais, même pas en rêve.

Je souris en repensant à ces petits moments de frustration que m’avait promulgué mes fantasmes à cette période un peu étrange ou nous n’étions ni amis, ni ennemi, tout en voulant quelque chose, mais quelque chose d’impossible et notamment lorsque j’avais essayé sans succès de l’embrasser dans les cuisines. Ensuite, je me serrai plus contre son corps si c’était possible, parce que moi non plus, je ne voulais plus jamais le laisser à quelqu’un d’autre.

- Rattrape toi, c’est ça, me moquai-je gentiment, mais ensuite, on reparti dans nos baisers, et c’était également une façon de se rattraper.

Je n’étais pas trop habituée quand j’étais à la maison parce que je me levais toujours le plus tôt possible pour monter à cheval, mais j’aimais bien aussi les journées comme celles-ci qui débutaient tard mais dont on avait l’impression qu’on avait encore plein de temps devant nous parce qu’il s’était adapté à nos envie et nos humeurs. On ne s’était pas pressés, mais on avait eu le temps de faire plein de choses, jusqu’à ce qu’on se retrouve dans la boutique parce que j’avais essayé la robe et que j’attendais son approbation. Il y avait un truc étrange dans sa robe de beau – elle était belle et je me voyais belle aussi comme si tout à coup elle avait transformée la vision que j’avais eu jusqu’à maintenant et je découvrais, ou plutôt redécouvrais mes jambes, mes bras, les autres formes. Mes poumons s’étaient dégagés et me laissaient enfin faire ce dont j’avais le plus besoin : respirer.


- Parfaite. Tu me crois, quand je dis que tu es belle ?

Je posai ma main sur les siennes pour le garder contre moi face à l’image qu’on renvoyait. Je voulais l’imprimer dans mes rétines et la conserver pour toujours. Pour toute réponse, je me balançai sur mes pieds en agrandissant le sourire qui se trouvait déjà sur mes lèvres parce que les compliments me faisaient toujours réagir de façon bizarre, mais celui-là me faisait plaisir plus que jamais.

- Je sais, soufflai-je dans la provocation et l’intonation de ma voix qui ne trahissait aucune hésitation ne m’étonna qu’un instant – celui d’après, j’avais fermé les yeux pour me laisser aller aux sensations et mon cœur parti comme une bombe quand nos lèvres se rejoignirent par habitude. Arrête, minaudai-je en ricanant à moitié, après un petit soupir incontrôlé parce que ses doigts couraient partout où ils en avaient envie, mais comme il n’arrêtait pas, je n’arrêtais rien non plus et je fus rapidement prise d’une agréable oppression dans toute la poitrine parce que progressivement mon dos était allé se plaquer contre la fine planche qui séparaient les cabines entre elles et où on s’était cachés. Prise d’inspiration soudaine, je fis remonter lentement ma jambe contre la sienne tout en me laissant envahir par les émotions qui pour une fois n’était plus parasitées part tout ce qui me bloquait généralement – ce fut la vendeuse en réalité qui mit fin au petit manège.

Le moment de payer fut moins glamour et je fis quelques pas dignes dans la rue et la tête haute au moment de rejoindre le bus pour laver l’affront du passage en caisse qui fut soldé par un échec pour moi. Au retour, comme je me trouvais sur le siège le plus près du couloir à l’inverse de l’allée, je vis rapidement les traits tendus de Chuck se refléter dans la vitre et comme je compris tout de suite ce qu’il pensait je ne dis rien, et à la place tournait doucement son menton vers moi pour lui déposer un bisou sur la bouche et chasser toutes ces vilaines pensées.


- Dis, je me disais qu'on pouvait aller dîner au pub ce soir... Euh, ça te dérange si Coop vient avec nous ? Il y aura peut-être Chris et Lucy aussi.

On se trouvait dans la chambre depuis et j’étais en train de poser la capeline sur la chaise, et la robe fraichement offerte sur le dossier pour ne pas la froisser. Pourtant ce n’était que des vêtements et normalement je m’en fichais mais là, j’eus un petit geste vif pour ôter le petit pli qu’elle avait à la taille parce qu’elle était restée pliée un certain temps dans le sac.

- Ben je sais pas, j’aime trop quand tu me montres tes talents de cuisinier…
me moquai-je ouvertement en ayant l’air déçue, mais je ne tentais même pas de cacher dans mes yeux que j’étais d’accord avec l’idée qu’il venait de proposer. Okay, poursuivis-je comme s’il m’avait forcé parce que je projetais de renvoyer la situation à mon avantage, mais seulement si c’est moi qui décide !

Ne lui laissant pas le choix de toute façon, j’ouvris son armoire pour fouiller à l’intérieur parce que je voulais choisir moi-même ses vêtements et m’amuser un peu pour dégoter un jean’s plus sombre que les autres avec une chemise. J’insistais parce que c’était comme ça et pas autrement, et lui passai la chemise moi-même, en profitant bien au passage de poser mes mains par ci par là – j’essayais d’avoir l’ai naturelle, mais je me demandais s’il le sentait aussi… Ce qu’il se passait depuis ce matin. Préférant ne pas m’attarder là-dessus parce que déjà je déglutissais plus difficilement je boutonnai la chemise dans un regard et un sourire vers Chuck très satisfait et lorsque j’eus terminé, je le poussai du bout des doigts.

- Vas t’en, lui ordonnai-je en le chassant de sa propre chambre, et sans plus d’explications, refermai la porte derrière moi.

J’avais dans l’idée de porter ce qu’on avait acheté tout à l’heure, et même s’il avait déjà tout vu, je voulais quand même préserver le petit effet de surprise en y ajoutant deux trois touches personnelles. Déjà en repassant la robe que je lissai contre moi, la même sensation que tout à l’heure m’envahit, comme si je débordais d’énergie et que j’aurais été capable de tout faire dans cette robe, qu’elle me donnait les clés à toutes les possibilités été que j’avais à n’avoir peur de rien et qu’au contraire, j’allais réussir tout ce que j’entreprenais. D’une main experte, je nattais mes cheveux sur un côté en laissant ressortir quelques mèches rebelle que je fis retomber à droite, après avoir ajouté une petite touche de maquillage plus prononcée. En fouillant dans mes affaires, je trouvais la paire de chaussure que j’avais emmenée sans même savoir si j’allais avoir l’occasion de les porter, c’était des sandales en toile qui avait un petit talon, mais pas trop gros, tissé avec de la paille dans les mêmes tons que la robe, mais plus blanc cassé. J’attrapai le chapeau à la volée que j’ajustais dans les escaliers, imaginant déjà la tête qu’allait faire Chuck parce qu’il m’avait appelé quelques secondes plus tôt d’en bas pour le rejoindre. Bien sûr, je fus ravie de mon effet de surprise et m’arrêtait deux ou trois marches avant la fin en me composant un air un peu mutin pour accentuer le tout – ce soir, j’avais envie de me prêter à tout ce qu’on ne faisait pas normalement, mais pour le moment, on s’amusait plutôt bien. Finalement je me laissais tomber dans ses bras pour qu’il me rattrape en sautant les marches et en m’accrochant à sa nuque en rigolant.

Le chemin jusqu’au pub fut un peu laborieux parce que plusieurs fois, et puis Coop nous donnait l’occasion parce qu’il marchait devant et un peu plus vite aussi, on se stoppait dans notre élan pour des bisous inopportun – quand ce n’était pas moi qui lui bloquai subitement le passage, mais à chaque fois qu’on s’autorisait à prolonger un peu un baiser, c’était pareil : je voulais plus. Le petit manège cessa lorsqu’on arriva et qu’on alla s’installer directement parce que Chris et Lucy nous attendaient déjà – et en plus, j’avais faim – et on se posa bien tranquillement pour commander le repas, et profiter plutôt deux fois qu’une à l’hamburger frites que j’avais choisi. En plus l’ambiance était sympa, tout le monde avait l’air de connaître tout le monde, il y avait de la bonne musique en fond, et en plus, j’avais fait exprès de me mettre à la droite de Chuck pour pouvoir poser ma paume l’air de rien sur son genou quand j’en avais envie.

Après quand la soirée se prolongea, la sono fut un peu plus un peu plus forte et on alla tous danser et au bout d’un moment, Coop alla jouer à l’imposant flipper qu’il y avait tout au fond de la salle et on resta un peu tous les quatre parce que dans l’ensemble les chansons bougeaient pas mal et lorsqu’elles ralentir le rythme elles aussi à leur tour, Chris et Lucy disparurent un peu plus loin et nous deux de notre côté. Bientôt, après avoir enchaîné plusieurs danses où j’étais restée collée contre Chuck, on retourna s’installer sur notre banquette, qui se révéla être l’endroit parfait parce que la lumière était plus tamisée par là-bas rendant le lieu plus… intime. Très vite, la salle me sembla disparaître tout autour de nous, parce que de toute façon, on était déjà bien assez occupés pour s’intéresser aux autres et je songeai de nouveau au tissu de la robe et ses pouvoirs aux effets salvateurs – c’était moi, mais j’avais l’impression d’être une autre personne. Je n’avais toutefois pas perdue de vue qu’on se trouvait dans un lieu public, ce qui nous empêchait un peu de faire ce qu’on voulait vraiment, même si personne ne devait vraiment regarder vers nous, et je savais que c’était le cas pour Chuck aussi même s’il avait laissé sa main s’échapper, côté dossier de la banquette et elle se baladait entre les volants de la robe et contre ma peau, pendant que je tirai distraitement sur le bout, de l’autre côté pour cacher ce qu’il y avait à cacher. Il y avait juste cette tension qui devenait vraiment insurmontable depuis qu’on s’était réveillé en début d’après-midi et qui n’avait pas voulu nous quitter depuis surtout qu’à chaque fois qu’on se retrouvait dans des positions comme celle-là, j’avais l’impression que c’était de plus en plus fort. On s’embrassait depuis bien plusieurs minutes lorsque nos deux visages se décolèrent un peu, en parti pour reprendre notre souffle. Je sentais mes joue en feu et j’étais certaine qu’elles étaient toutes rouge parce que c’était un peu le cas de celles de Chuck, et j’imaginais aussi que mes pupilles devaient un peu avoir le même état que les miennes – la vision un peu troublée par les sauts du cœur dans la poitrine. Je saisi rapidement ses lèvres une ou deux fois de plus entre deux grandes inspirations parce que de plus en plus, l’air me manquait et la tête me tournait. Je me moulai contre son corps. Je comprenais ce qui se passait sans vraiment le comprendre, mais ce n’était plus possible.

- On va ailleurs ?
Lâchai-je dans un souffle, la gorge sèche et un peu pressante. Je ne voulais plus rester ici et m’en tenir à ce qui se passait alors que Chuck n’arrêtait pas de me déshabiller du regard, et que c’était maintenant et que je ne résistais plus à ses envies ni aux miennes. Mes doigts pressaient le col de sa chemise à laquelle j’avais déboutonnée un bouton de plus parce que je n’avais pas pu y résister. Comme le reste.

En me levant pour qu’on parte en quête d’un endroit où il n’y aurait personne, j’eus la même vision que comme si j’avais enchaîné cul sec plusieurs verres de vin et que tout flottait tout autour de nous, même mon corps. On était en train de traverser une des pièces en slalomant entre les gens sans vraiment faire attention à eux quand je sentis plus que je ne vis parce qu’il avait sa main sur ma hanche, Chuck ralentir, puis s’arrêter. Je suivis la direction de ses yeux, voyant tout de suite la raison de son hésitation, parce qu’il y avait Coop qui avait lui aussi cessé le flipper et qui s’était installé sagement dans un coin pour ne déranger personne et qui luttait visiblement contre la fatigue. Je n’avais aucune idée de l’heure qu’il pouvait être mais c’était sûrement tard. Je savais que Chuck ne savait pas quelle solution choisir – sa main venait de se crisper contre moi, sûrement pour évaluer ce qu’il fallait faire. Je décidais à sa place et enlevait ses doigts de ma taille pour les enlever avec les miens. La pression était toujours là, mais du coup, elle était un peu retombée. J’enchaînais tout de suite, doucement :

- C’est mieux qu’on s’en aille, je me doutais que Chuck attendait ça : que je l’aide à prendre la bonne décision lorsqu’il ne savait plus quoi faire. Je captais le regard de Coop et lui fis un signe de la main pour qu’il vienne jusqu’à nous. De toute façon, ça n’enlevait rien au reste – dans un autre genre, cette soirée compensait largement la précédente.

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"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay   Mar 3 Sep - 19:30

- Mais c’est pas ça le problème Chuck… Je l’ai fait parce que tu me l’as demandé. Même quand j’ai voulu tout lâcher. Pour toi. Mais moi j’ai l’impression que je pourrais te demander n’importe quoi, ben tu le feras… mais pendant qu’un temps…

Bien bien bien... La situation était pourtant simple : j'en avais le ras le cul de me flageller, mais qu'est-ce que je pouvais tirer comme autre conclusion à ce que venait de me dire Taylord que, eh ben ouais, la preuve en images, je faisais de la merde alors que pourtant, je le jurais, je ne voulais plus lui faire de mal ? C'était un peu comme si je courais dans un couloir sans fin et qu'au final, avec le recul, tout ce que je pouvais en conclure c'était que je ne pouvais plus changer de trajectoire, avec toute cette vitesse accumulée, parce que sinon je me payais un mur de plein de fouet, de n'importe quel côté. Le pire c'est que les yeux de Taylord m'emprisonnaient, et je ne pouvais plus bouger, et je me disais, mais merde, mais quand est-ce que tout ça va se barrer un jour ? Ca servait à rien de continuer à jouer ce jeu-là, et je le savais parfaitement. Je ne voulais plus, d'ailleurs : je voulais juste être capable de donner à Taylord ce dont elle avait besoin. Mais de plus en plus, j'avais l'impression que j'en étais incapable - ce qui n'était pas une première nouvelle en soit, j'étais un incapable de manière générale, concernant les relations, le contraire se serait su. Du coup, je ne trouvais rien à répondre - ce qui était une brillante idée pour la rassurer, non mais, j'avais vraiment bon sur toute la liste. Je savais qu'elle avait arrêté parce que je lui avais demandé et je lui en étais tellement, tellement reconnaissant ; le simple fait de me souvenir de sa maigreur et de sa peau toute pâle et de ses griffures me donnaient envie de tuer quelqu'un. Mais justement, j'étais bien meilleur à conseiller aux autres ce que je ne savais pas faire, je le savais depuis longtemps. Coop pouvait confirmer. Je laissais Taylord me caresser le visage en bougeant un peu pour éviter son regard comme si de rien n'était, mais trop tard, le mal était fait, et je le savais. Du coup, je me collai un peu plus contre elle - il y avait toujours cette ultime défense de proximité physique pour répondre à tous les problèmes que je ne savais pas réglés. Mais ce n'était pas assez, et quand j'embrassai son épaule et me mis à caresser doucement son bras, tout avait envie de sortir de mes pensées - le fait que j'étais désolé, que je ne savais pas quoi faire, que bien sûr que je ferai tout pour elle, que juste parfois je ne pouvais pas tout gérer, que...

- C'était une sale période, dis-je platement. Ouais. Super rassurant. J'espérais juste qu'elle comprendrait ce que je n'arrivais pas à dire.

Heureusement, l'après-midi ensuite me remonta le moral à fond, malgré le fait que Bristol restait Bristol - au fond je m'en foutais, puisqu'on était tous les deux et que c'était bien suffisant. Je me demandais si on allait en profiter un jour pendant les vacances pour aller voir les Tennant, mais j'étais plutôt partagé : déjà que Taylord allait tôt ou tard se prendre le choc de toute la puissance de la connerie de mes parents, dans un autre registre, si en plus je la faisais passer par la case famille Tennant et leur énergie épuisante, la pauvre, elle allait vraiment se dire que ma famille entière avait un grain... Enfin, ma famille entière avait un grain, pas d'hésitation. Mais celui des Tennant était drôle, au moins. D'un autre côté, si je ramenais officiellement ma copine chez eux, je savais d'avance qu'Angie et Hamish n'allaient pas se gêner pour me titiller avec ça ensuite, et rien que pour les embêter je préférais éviter de leur donner ce plaisir. Je les adorais, mais quand même - ça me faisait bizarre de faire ce pas-là, parce que, eh bien, je ne l'avais jamais fait. Bah, ça arriverait bien un jour ou l'autre.

De toute façon, j'étais dans bien d'autres dispositions, parce que plus l'heure avançait et moins les baisers que me rendaient Taylord étaient chastes et alors bon sang pourquoi on était dehors dans une rue et pas tranquille dans une chambre - je vous le demande. Dans le magasin de fringues, j'avais senti mon coeur battre à 100 à l'heure quand elle m'avait plus qu'embrassé dans la cabine d'essayage, et si on avait du se calmer, et qu'on avait ensuite continué notre balade, je ne pouvais plus m'enlever d'un coin de la tête tout ce qui s'était passé et tout ce que j'avais envie de faire... Et puis ce n'était pas de ma faute si Taylord était belle et que dès que je la regardais, j'avais envie de la dévorer toute entière. Je sais que je n'avais trop rien le droit de dire, mais tout ça commençait à trop peser pour que ça n'interfère pas, et je me demandais quand même, non mais, elle se rendait compte que je crevais de désir pour elle ou bien ? Enfin, je ne voulais pas la brusquer évidemment. Mais bon... Quand même. Je méritais une médaille, encore une fois.


- Ben je sais pas, j’aime trop quand tu me montres tes talents de cuisinier… Oh oui, bien sûr. Je cuisais tellement bien les pâtes. Je lui fis une grimace - elle l'avait bien méritée. Okay, mais seulement si c’est moi qui décide !

... Comment ça, qu'est-ce qu'elle manigançait ? Mais elle avait son petit sourire de filoute et du coup je me marrais moi aussi, me laissant faire pour lui faire plaisir et aussi parce que je me demandais ce qu'elle avait derrière la tête. Quand elle ouvrit mon armoire, je me maudis un instant de ne pas avoir rangé un peu plus tout ce bordel, et je priai que tout le contenu du truc ne lui tombe pas sur la gueule, mais non, elle fouilla dans mes fringues plus ou moins (surtout moins) rangés et en sortit des habits pour ce soir : je vois, je vois. Mais est-ce qu'elle allait jusqu'au bout?... Oh, pas mal. Je ne la quittai pas des yeux évidemment, avec un petit sourire provocateur, mais en même temps ça n'arrangeait pas ma situation parce que ses doigts sur ma peau et ses yeux baissés me donnaient tout aussi envie que tout à l'heure, mais comme je voyais qu'elle ne faisait pas tant que ça la maline que ça, je me dis que c'était au moins ça : un partout, la balle au centre.

- Je devrais te laisser décider plus souvent, la narguai-je, toujours sans bouger. C'était un peu moins cash que "moi aussi j'aime bien quand tu prends les choses en main", je crois qu'on en conviendra tous.

- Vas t’en, répondit-elle en me dégageant, et je sortis de la chambre en ricanant (et en me demandant comment j'allais tenir toute la soirée si ça continuait comme ça).

Comme prévu : elle avait l'air d'une princesse dans sa robe, et je veux dire, j'avais tellement l'habitude de la trouver sexy même dans ses tenues du cow-boy du farwest parce qu'elle avait toujours ce petit truc au fond des yeux, ce petit sourire mutin, des gestes qui faisaient que, bref, qu'en la voyant comme ça dans une tenue hyper féminine et maquillée et... Voilà. Si mon cerveau avait pu s'exprimer, alors qu'elle descendait les escaliers, il aurait certainement dit un truc du genre : kduhfiquyiqqys et rien de plus, parce que j'étais complètement hypnotisé par les jambes nues et le décolleté de Taylord, et le reste, et voilà, voilà, non mais quelle idée de merde de proposer d'aller dîner au pub, au milieu de plein de gens et tout, on ne pouvait pas jeûner et rester dans ma chambre ? Non ?... Coop était déjà descendu et nous attendait dehors, et je poussai un grognement de déception, avant d'attraper Taylord dans mes bras et de l'embrasser et de me dire que ce n'était pas très juste, quand même. Ces trucs de jolies robes et de maquillage et de coiffure et tout là, je ne pouvais pas combattre avec autant de puissance, moi. Et à chaque fois, je me faisais avoir, à cent pour cent. Je l'attirai par la taille avec autorité et on alla à pieds au pub parce qu'il n'était pas loin, et j'espérais fortement que tout le monde nous voit parce que j'étais fier comme tout d'être avec elle.

Doublement fier, parce que dans ce pub que je connaissais bien, plein de gens que je connaissais bien aussi, c'était cool d'arriver comme un prince et de leur présenter nonchalamment Taylord "ouais c'est ma meuf ouais" et je crois que mon sourire était un peu trop grand, parce que je vis Lucy et Chris me regarder et se marrer comme des hyènes, du coup j'en déduisis que je ne devais pas être très bon dans l'art du camouflage sur ce point, mais bah, je m'en foutais royal. Le patron du bar était un mec vraiment cool, qui tenait le truc depuis qu'on était gosses, et qui récupérait un peu tous les paumés et les alcoolos du coin, mais à côté de ça il était tellement jovial et drôle que tout le monde du quartier venait boire ou manger ici, parce que l'ambiance était toujours cool. Le midi, c'était plus les vieux, et le soir les jeunes, on se partageait la place - c'était un peu l'endroit de l'entente cordiale, ce pub, tout le monde se côtoyait et ça se passait bien mieux que n'importe où. Le patron nous offrait toujours des verres, avec Lucy et Chris, de la bouffe aussi surtout à Coop, parce qu'il avait une glacière énorme et Coop adorait les glaces, du coup il lui faisait tester tous les nouveaux parfums. C'était un peu comme notre oncle à tous, ce mec, et quelque part ça m'avait toujours rassuré, parce que ça m'était déjà arrivé quand j'étais petit de venir lui demander de l'aide pour quelques trucs que mes parents n'étaient pas capables d'assumer. Il m'avait toujours aidé avec une générosité sans bornes, et je savais qu'en plus de mes amis, cet endroit et ce type seraient les seuls trucs qui me manqueraient quand je quitterais Bristol. En tout cas, Lucy et Chris étaient déjà là et on s'installa et on dîna tranquillement - encore une fois, ça me faisait un plaisir étrange qu'ils s'entendent aussi bien avec Taylord, un plaisir auquel je ne m'étais pas attendu. Sans doute parce qu'il me faisait constater en même temps que ma vraie famille était celle que je m'étais construite. - et puis après on enchaîna quelques verres et comme l'ambiance était de la partie, on ne tarda pas à danser et à bien se marrer. Evidemment... Evidemment sous la table je ne m'étais pas gêné pour coincé une des jambes de Taylord entre les miennes, et pour lui caresser la cuisse de temps à autre, mine de rien, ou bien pour étendre mon bras sur la banquette derrière ses épaules pour qu'elle se mette plus contre moi. Ce qui était cool, c'est que Lucy et Chris aussi avaient leurs petits moments à eux, parfois ils restaient dans leur coin, surtant quand on commença à danser, et du coup, on pouvait s'embrasser bien tranquillement. Enfin... Se chauffer, plutôt. Je ne pouvais pas me retenir et d'ailleurs je n'en avais pas envie, alors ma main se promenait toute seule sous la robe de Taylord, et je l'embrassai avec de plus en plus de passion, et tant pis pour ceux qu'on allait choquer. Mais je la voulais, et ça commençait à me frustrer de trop. Le pire fut quand on dansa : l'équation était simple, de la musique, le corps de Taylord contre le mien, des petits regards de sous ses cils, elle qui se serrait un peu plus... J'allais y perdre tous mes neurones.


- On va ailleurs ?

... Pardon ? Je rêvais où elle venait de prononcer une phrase qui ne me laissait plus trop de doutes ?...

Ah, je n'en pouvais plus de toute façon, la tête me tournait et j'avais l'impression d'être une allumette enflammée sur pattes, je ne pensais à rien d'autre qu'à Taylord-Taylord-Taylord et je la regardai avec  insistance, chaque partie d'elle, je ne lâchai pas sa taille, sa nuque, ses mains, et je l'embrassai comme si ma vie en dépendait. Je crois qu'à partir de là... Il allait falloir faire quelque chose.

Son regard confirma ses paroles. Ses yeux chocolat brillaient tellement alors que pourtant le pub n'était plus trop lumineux vu qu'il faisait nuit et que l'ambiance était plutôt boîte de nuit ; comme si il y avait des flammes à l'intérieur. Les mêmes qu'à l'intérieur de moi. C'était différent des autres fois, où elle osait aller un peu plus loin mais je voyais qu'elle avait peur, qu'elle se forçait un peu. Elle était déterminée, et je connaissais assez Taylord pour le savoir - il ne m'en fallait pas plus, en tout cas. Je lui pris doucement la main dans l'idée de l'emmener dans le petit salon qu'il y avait au-dessus du pub, qui n'était pas ouvert aux clients, seulement aux habitués, et où on se posait parfois les aprem, c'était un endroit tranquille avec une cheminée et des sofas, et une bibliothèque. Mais rien que de marcher, je ne sentais plus rien autour de moi, je ne pensais qu'à la suite, et c'était comme si la musique baissait peu à peu et...

Et juste dans le coin près de l'escalier, Coop était là, tranquillement, sans rien demander à personne comme toujours, et dormait à moitié, la tête posée contre le mur, mal installé. Mais oui : il était tard et voilà, il y avait des périodes où il était vite fatigué, en ce moment c'était le cas. Je savais qu'il fallait qu'il rentre et qu'il se repose : la musique à fond, l'ambiance un peu chaude du bar, tout ça n'était pas bon, ou plutôt risqué. Quelque chose se bloqua dans ma tête : je savais que je ne pouvais pas le laisser là, ce n'était pas un choix, un devoir, c'était juste comme ça, je ne pouvais pas.

- C’est mieux qu’on s’en aille, murmura Taylord tout contre moi.

Je ne sais pas trop quelle émotion pris le dessus - la frustration qui était plus forte que jamais, la pression qui retombait d'un coup, la déception, l'agacement, la tristesse aussi parce que je savais pertinemment que je ne pouvais pas en vouloir à Coop, et surtout une vague de chaleur, mais différente, simplement parce que Taylord avait eu le geste de me devancer... Et que je savais qu'au fond elle comprenait ce qui se passait, qu'elle me comprenait. Je serrais sa main dans la mienne, et lui lançai un petit sourire. Coop nous avait vu et s'était levé, et on sortit du bar après un salut à tout le monde. Il faisait nuit dehors, et effectivement, je ne m'étais pas rendu compte, mais il était carrément tard... Comme je ne voulais pas que Coop comprenne que c'était pour que lui qu'on rentrait, parce qu'il allait être désolé et tout le bordel, je le fis grimper sur mon dos et on parla comme si de rien n'était, plaisantant avec lui et Taylord qui avait bien compris mon petit manège et qui était rentrée dans mon jeu. Le retour me parut plus court que d'habitude - sans doute parce qu'en m'efforçant de pas penser à ce qui avait failli se passer, je fermais un peu les yeux, et le temps passait plus vite. Le truc c'est que j'avais un mauvais sentiment, vague mais quand même présent - et que je détestais ce genre de trucs, parce que dans mon cas, ils se vérifiaient la plupart du temps.

Coop avait enroulé ses bras autour de moi et posé sa tête sur mon épaule et même si il participait un peu à la conversation je sentais qu'il somnolait - au moment où on arriva dans notre rue, il ne le vit pas mais moi aussi, mais je compris tout de suite que j'avais bien eu raison d'avoir un sale pressentiment. Les fenêtres du rez-de-chaussée étaient allumées, la cuisine surtout, alors qu'elle n'étais jamais allumée, surtout à cette heure-là. En s'approchant, je vis un groupe de gens rentrer chez nous, et on entendait petit à petit en avançant qu'il y avait de la musique... Oh, putain.

Ma chieuse de mère avait décidé de faire une fête, comme elle en faisait parfois, avec ses connards de potes tous plus cons les uns que les autres et de copines toutes plus pétasses les unes que les autres. Ma mère dans toute sa splendeur : Taylord allait être servie. En plus, évidemment ils buvaient, évidemment ils finissaient minables, et comme ils n'avaient plus notre âge ça avait un truc de pathétique, et en plus de ça ma mère finissait rarement la soirée seule (je me demandais bien ce que les mecs lui trouvaient mais bref, je ne voulais pas m'étendre là-dessus, ça me donnait la gerbe) pendant que mon père se terrait dans son garage et n'en sortait plus avant le lendemain soir. Je jetais un regard blasé à Taylord, poussai la porte qui n'était pas fermée, sans saluer les quelques personnes qui fumaient devant la maison. A l'intérieur, la musique était plus forte et ça puait l'alcool et la clope, mais bref. L'avantage c'est que nous sous les toits on était tranquilles.

Enfin, tranquilles... C'était vite dit. Pour couronner le tout, qui était définitivement en train de se barrer en couille, ma mère choisit le moment où on allait monter l'escalier pour sortir du salon, la clope au bec, et vu sa démarche et son sourire, visiblement elle n'avait pas bu que de l'eau. Si la honte avait pu tuer, je me serais effondré en une seconde. Non mais, génial. Elle me faisait pitié avec ses habits de jeune et ses cheveux blonds platines, faux comme ses ongles et son maquillage et tout le reste.


- C'est ça, montez vous couchez pendant qu'on s'amuse, les enfants, cria-t-elle en gloussant à moitié et en nous jetant son regard moqueur et dédaigneux. Sauf que ça ne collait pas sur elle, elle faisait juste pitié.

- Ben oui, hurle encore plus, et réveille Coop, râlai-je rien que pour lui répondre et lui lancer un regard qui en disait long sur ce que je pensais de sa connerie.

Elle s'était approchée et nous faisait face, au pied de l'escalier, et elle fumait sa clope à moitié appuyée contre le mur (pour pas tanguer j'imagine) et je vis bien la manière dont elle regarda Taylord des pieds à la tête, sans doute pour trouver les trucs à critiquer et m'énerver, et je sentis la colère gonfler dans mon ventre, la même qu'elle déclenchait à chaque fois. C'était une sombre conne, et je la
détestais.

- Oh c'est bon, il va se rendormir, et elle eut un geste vers lui pour lui toucher la tête du bout des doigts.

- Le touche pas, l'en dissuadai-je très sérieusement. Ma colère ne demandait qu'à exploser.

Sauf qu'elle le toucha, et heureusement que Coop se réveilla à moitié et serra ses bras autour de mes épaules dans son demi-sommeil, parce que je crus que j'allais céder à ce que je m'étais toujours interdit et encastrer cette abrutie dans le mur.

Le reste passa trop vite, ou je crois qu'un voile était tombé sur mes yeux. J'avais les dents serrés et je lui lançais un "t'es vraiment trop conne" parce que je ne pouvais rien dire d'autre et que je savais qu'il ne fallait pas que je me lance là-dedans, mais elle se mit à gueuler elle aussi finalement, l'alcool n'arrangeant à rien et elle brailla qu'elle faisait ce qu'elle voulait elle était chez elle, bien sûr elle n'oublia pas de me rappeler à l'ordre par mon prénom histoire de me foutre en rogne encore plus, et quand elle lâcha un truc du genre "de toute façon je suis ta mère donc tu fermes ta gueule", je manquai d'exploser pour de bon (on en venait toujours au même point finalement), je lui répondis un truc du genre "j'aimerais bien voir ça" parce qu'elle n'était pas et n'avait jamais été notre mère et...

Et Coop s'était réveillé pour de bon et me parlait, je savais qu'il me disait de laisser tomber, pour me calmer, et je sentis la main de Taylord me pousser doucement vers les escaliers pour qu'on se barre là-haut et qu'on soit tranquilles.

Je cédai, parce que j'en avais juste marre et que ça ne servait à rien, et on monta dans le noir, et je déposai Coop dans sa chambre. J'avais la respiration un peu plus bruyante que d'habitude parce que j'étais tellement énervé que je ne pouvais penser à rien d'autre que ce qui venait de se passer, de comment ce n'était pas possible d'avoir une mère aussi conne, de cette honte de merde, de cette maison de merde, bref, de tout ce qui en découlait. Je donnai un coup dans la porte de ma chambre pour qu'elle s'ouvre et elle tapa contre le mur, et puis je me laissai tomber sur le lit, adossé au mur, et j'envoyai valser mes chaussures à l'autre bout de la place. Il me fallait une seconde, juste une seconde - je posai mes coudes sur mes genoux et mis ma tête dans ma main, et je ne pensais qu'à putain, putain, quelle conne, je la déteste, je la déteste, quelle sombre conne... Et puis je me rappelai que ce n'était pas cool pour Taylord et je rouvris les yeux, la regardant avec un air désolé, pour ce qui venait de se passer, et tout.


- Désolé, je suis juste en colère, dis-je, mais j'avais toujours les dents serrés et la voix dure.

Je ne voulais pas qu'elle croit qu'elle était pour quoi que ce soit dans ce qui se passait. Et j'étais désolé aussi de m'emporter mais... C'était toujours plus fort que moi, cette injustice de merde qui se répétait encore et encore, et ça me rendait fou, sans que je trouve comment faire à part ruminer dans mon coin ou exploser pour de bon.

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CHUCK CARLTON
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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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MessageSujet: Re: Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay   Sam 7 Sep - 17:32

♪ The Future never Dies ♫
Baby try to hold on
Till we make it to forever
We're alive
And the future never dies
We're alive
And the future never dies
In your eyes
The future never dies


Au début, et comme en plus il faisait nuit et que la lumière des lampadaires éclairaient tout juste ce qui se passait en dessous d’eux et pas le reste, je ne reconnus pas tout de suite la maison, pensant plutôt qu’on allait passer devant et continuer notre chemin – mais Chuck mit rapidement fin aux doutes que j’avais en s’engageant dans l’allée qui menait à l’entrée. Pour une fois je crus bon de ne faire aucun commentaire – sûrement parce que j’avais la sensation d’entrer chez un étranger et que d’aucune manière, je n’y avais été invitée. En clair, je ne me sentais pas à ma place et ça se renforça quand la musique inonda mes oreilles, alors que nous venions de pénétrer dans l’entrée et surtout qu’elle n’avait rien à voir avec la population qu’il y avait à l’intérieur, dans une ambiance un peu amusons nous comme si le temps n’avait pas changé et que nous n’avions pas vieilli et pour la première fois depuis que j’étais arrivée à Bristol, je vis la porte du salon ouverte, mais qui ne laissait pas entrevoir grand-chose parce qu’il y avait du monde et plein de gens faisaient des allés retour, entre là-bas et la cuisine.

Elle arriva, tandis qu’on était en train de se retourner vite fait bien fait pour regagner les étages – Chuck comme moi, je crois que c’était pas difficile de sentir qu’il y avait quelque chose qui nous poussait à quitter cette… autre dimension le plus vite possible comme si on avait été téléporté là, mais qu’on en avait pas eu envie. Il n’y avait rien qui m’était familier ici, pourtant, depuis qu’on l’avait quitté, la maison n’avait pas changé… Il y avait une tension néfaste qui se sentait depuis le jardin de toute manière. En la voyant, avec sa démarche nonchalante de maîtresse de lieux, je compris que c’était elle, sans arriver à m’y faire pour autant, parce que ça ressemblait tellement… à une grosse blague, ben que ça pouvait juste pas être possible. Est-ce que ça l’était ? J’avais imaginé la mère de Chuck en mode vieille harpie mais toutefois celle qui se tenait devant moi ne ressemblait en rien à ce que je m’étais figuré et l’espace d’une seconde, je me dis que ce n’était pas elle et qu’elle allait nous ignorer et poursuivre son chemin, mais non, elle se planta devant nous et je sentis le danger imminent, comme un espèce de sixième sens, qu’on peut pas expliquer sur le moment, mais qu’on sait qu’on doit suivre, parce que la suite ne va pas bien se passer – mais trop tard, Chuck s’était arrêté dans son élan lui aussi comme pour vérifier qu’elle allait oser dire quelque chose. Ce qu’elle fit. Et c’était tellement étrange comme sensation, parce que je me sentais sur la défensive, sur mes gardes et prête à attaquer dès que ça déraperait un peu trop, parce que je savais que ça allait déraper, encore à cause de cette espèce d’intuition et qu’il allait falloir réagir, et je le faisais déjà mentalement. Encore plus lorsqu’elle me dévisagea, ce qui me procura un sentiment très désagréable d’être passée au crible, comme si elle cherchait à me montrer que je n’étais pas à ma place mais que je n’en fis rien, pour ne pas lui donner le plaisir de me sentir mal à l’aise, parce que j’avais bien trop d’orgueil pour ça et à la place, je croisai les bras sur ma poitrine en attendant qu’elle ait terminé sa petite inspection comme si tout ce qu’elle pourrait dire ou faire ne me toucherait pas, puisque c’était l’unique protection que je pouvais avoir, mais qu’elle soit propriétaire des lieux ou non que je n’allais pas me gêner pour l’envoyer paître si le besoin s’en faisait sentir. Je n’eus pas le temps de me mettre en colère, c’était comme si Chuck et sa mère ne m’en donnait pas l’opportunité, parce que ça chauffait déjà bien trop entre eux pour en rajouter, même si sans le savoir, Chuck m’avait fait passé toute sa rage, parce que ce fut avec un bras tremblant que je lui donnais une petite pression sur la taille, en l’interpellant le plus calmement possible et aussi étonnant que cela puisse paraître, cela marcha – sûrement parce que l’écho de ma voix n’avait rien à voir avec celui strident de sa mère qui avait placé des intonations mesquines dans ses réflexions, quand moi je l’avais juste appelé « Chuck »,  pour couper court à tout ça, parce que je voyais trop que ça allait dégénérer et que je n’étais pas un modèle de patience moi non plus. On était sur la corde raide et avant qu’on bascule tous, il fallait que je le retienne par la main.

Je les avais accompagné tous les deux dans la chambre de Coop pour lui dire bonne nuit et Chuck était déjà ressorti lorsque je lui expliquais rapidement que je reprenais les choses en main, parce que la contrariété se lisait sur son visage. Je lui fis un bisou sur la joue et j’arrivais au moment où Chuck défonça sa porte avec tellement de vigueur que sur le coup j’eus un mouvement de recul, et je ne le suivis que lorsqu’il eut disparu de l’encadrement de la porte – où je m’arrêtais. J’étais… dépassée, mais alors complètement parce ce qui s’était passé et qui se passait, parce que ça avait été tellement surréaliste comme situation et j’avais du mal à croire que c’était ce qui venait de se passer et je me repassais plusieurs fois la scène dans ma tête, parce que ça ne pouvait pas être plus flagrant. C’était juste deux personnes qui vivaient sous le même toit mais qui ne pouvaient pas se foutre dehors parce qu’il y avait ce lien du sang qui les gardaient prisonniers de l’un et de l’autre et si j’avais toujours été très attachée à ma famille… Voilà pourquoi je ne pouvais pas l’admettre c’était trop contraire à mes idées et ça me révoltait trop pour m’y résoudre, je voulais juste redescendre et aller secouer cette bonne femme un bon coup et lui dire que c’était son putain de devoir et que si elle n’était pas capable de le remplir au moins qu’elle n’en rajoute pas et pfff…


- Désolé, je suis juste en colère.

- Mais non, répliquai-je du tac au tac en soupirant, parce que j’en voulais pas moi de ses excuses. Moi qui avait la langue bien pendue et qui avait l’habitude de ses excès de colère parce qu’habituellement c’était contre moi qu’ils étaient tournés, je ne trouvais rien à dire. Ça ne me faisait pas peur, mais ça m’inquiétait, peut-être parce que justement pour une fois j’avais un œil de spectateur et que je n’étais pas en plein dans la tourmente qu’on avait tous les deux plus ou moins provoqués et que c’était sans doute aussi pour ça que je le rejoignais pas tout de suite. Je ne savais pas quoi faire, tout simplement parce que ça m’était inconnu, trop contraire à mes principes que c’était à moi de faire quelque chose comme il l’avait fait hier pour moi, mais que là tout de suite, si je m’approchais de Chuck, il pouvait avoir une réaction imprévisible que je ne pourrais pas parer et…

Je m’appuyai sur le côté de la porte en soufflant de nouveau d’impuissance, en même temps que je réfléchissais mais je ne pouvais pas détacher mon regard de Chuck, même s’il était un peu perdu dans le vague. La super soirée qu’on avait passé avait été balayée et j’avais oublié l’état cotonneux et doux dans lequel je m’étais retrouvée juste avant de quitté le pub. A la place il y avait du plomb dans tous mes muscles, jusqu’à la cervelle, coupant court à tous les plaisirs censés obstruer la raison. Je ne me rendis compte que j’avais les doigts crispés sur ma capeline que je tenais à la main et enfin je bougeai en allant la poser sur le dossier de la chaise, puis je défis mes chaussures pour les enlever moi aussi. Finalement, j’arrivais moi aussi sur le lit, en me mettant sur mes genoux, devant Chuck et coinçai son visage dans la coupe de mes mains, posées sur chaque joue, pour y déposer un bisou sur ses lèvres et après, je l’entraînai avec moi pour le faire tomber complètement su le matelas, visage au plafond tous les deux, en plaçant sa tête contre mon épaule. J’inspirais plusieurs fois longuement et en silence comme pour l’inciter à faire de même et à se calmer, comme si c’était un rêve que ça ne s’était pas passé mais… Okay, c’était pas comme si déjà Chuck ne m’en avais pas laissé, mais j’en avais plus maintenant, il n’avait jamais connu ce que moi j’avais connu, les besoins que l’enfance procurait, et il ne savait même pas ce que c’était parce qu’on lui avait pas donné… Je me demandais si ça nous manquait, ça, des choses qu’on avait pas connu parce que puisqu’on savait pas ce que c’était, comment en éprouver le besoin ? Mais la réaction de Chuck il avait beau ne pas savoir,
il voulait savoir, et ça, mais qu’est-ce que ça pouvait me fendre le cœur…

- Parle-moi, lui demandais-je seulement, et pour une fois, j’espérais tellement, tellement qu’il le fasse, qu’il mette des mots sur tout ça pour que je puisse l’aider, parce que je ne savais pas quoi faire, ni quelles questions poser, je voulais me battre envers la haine qu’on pouvait avoir envers son enfant, mais putain, elle en avait eu deux, elle allait pas faire croire qu’elle en avait pas voulu ?! J’eus un flash de lucidité tout à coup, ce qu’il avait dit hier… On peut être qui on veut, tu le sais très bien, le bon comme le mauvais et dans tous les cas y’a personne qui peut te forcer à être l’un ou l’autre, c’est à toi de choisir, alors tombe pas là-dedans, s’il te plaît… Il fallait se rendre à l’évidence Chuck avait eu beau faire le malin pendant toutes ces années, c’était quelque part pour s’ôter toute culpabilité pour quelque chose qu’il n’avait pas fait mais qui le collait à la peau, et que ouais il respirait la confiance en soi et tout ce qu’on voulait… C’était comme si lui-même essayait de croire à son propre mensonge… Il pensait vraiment que c’en était un ? Et que tous ces efforts, c’était pas parce que c’était la vérité justement ?

On resta comme ça jusqu’à ce que je bouge la première en me décalant un peu pour me relever, j’allais vers le fond de la pièce, là où il faisait un peu plus sombre, parce qu’on avait pas allumé la lumière, mais c’était une nuit assez claire et les reflets éclairaient plus ou moins certaines parties de la chambre.

- Regarde pas, dis-je plus par habitude que véritable menace, parce que quand je me changeai et qu’on était dans la même pièce, j’avais le réflexe de toujours le demander. J’aimais pas trop, c’était pas comme quand on se tripotait mais qu’il y avait des vêtements pour recouvrir… Je dénouai le haut de la robe derrière ma nuque pour l’enlever et elle s’arrêta aux hanches à cause de la ceinture qui y était toujours nouée. Tu triches… chuchotai-je à l’ombre qui s’était positionné derrière moi, que j’avais à peine entendu arriver dans mon dos et qui avait posé sa main sur mon ventre là où le tissu était tombé. Je me retournai pour être face à lui - puis, tout s’accéléra.

Je compris à peine comment de l’armoire on arriva à se déplacer jusqu’au bureau sur lequel je m’étais hissée un peu maladroitement en poussant les objets éparpillés, parce que c’était tout à coup comme dans le bar, comme si on ne l’avait jamais quitté, mais que tout se précipitait tout à coup, comment je manquais d’air parce que mon cœur s’était agité d’un coup et que Chuck refusait de lâcher mes lèvres. Cette perte de contrôle je la connaissais, elle arrivait souvent dans ces moments-là, mais une fois plus que les autres, c’était ce soir-là, dans la salle commune après le bal, et il n’y avait rien y personne pour l’arrêter, ça allait trop vite.  Même mes membres à moi refusaient de m’obéir quand je tirais sur la chemise de Chuck pour la déboutonner, mais que comme ça devenait de plus en plus pressant, j’essayai de lui enlever tant bien que mal si bien qu’elle alla se coincer dans la pliure de ses coudes parce que ni l’un ni l’autre ne voulait de décoller un seul instant, comme si ça allait briser quelque chose, pour la retirer totalement. Je sentais bien que ce que j’avais repoussé jusqu’à maintenant ne demandais qu’à prendre possession de moi, à sortir. Je fermais les yeux un peu plus longuement lorsque sa bouche alla se promener ailleurs, un peu partout tout en resserrant mes jambes autour de sa taille et immisçant mes bras partout le long de son corps et dans son dos avec empressement, comme si tout à coup, l’instant d’après, il allait être trop tard. La robe termina sa chute par terre lorsque Chuck me souleva pour me porter sur le lit, dans un échange de soupirs et tout ce qui allait avec, et lorsqu’on bascula dessus, le signal d’alerte se mit en route.

- Non, le stoppai-je net en poussant son torse du plat de la paume, et en même temps, je reprenais difficilement mon souffle, parce qu’il était court et que je n’arrivais pas à l’attraper. Attends, rajoutai-je parce que vu la tension qu’on se transmettait l’un à l’autre, comme un magnétisme, j’avais tout à parier qu’il allait avoir un mouvement d’humeur, mais au lieu de m’en vexer, à la place, je me dis que m’en amuser ne serait pas plus mal et je lui jetai un sourire provocateur pour lui dire que ce n’était pas un non de ça ne se passera pas, mais un non de tu m’écoutes, sinon, ça ne se passera pas.

Comme il était au-dessus de moi, je me redressai pour qu’il fasse de même, puis je m’installai à cheval sur ses jambes pour être plus à l’aise. J’étais partagée parce que je voulais en arriver au sujet principal tout de suite, mais en même temps, j’avais assez que tout m’échappe depuis des mois, parce que j’étais l’otage de ce que je voulais, ce que je pensais, ce que je craignais… C’était à moi de prendre les décisions à présent, et je voulais prendre le temps de sentir, de ressentir, de profiter tout ce que je m’étais refusée jusqu’à présent, et reprendre en main… ce que je désirais moi et comment je le désirais. Evidemment, je savais que Chuck allait plus ou moins l’entendre de cette oreille parce qu’il essayait déjà de remonter ses mains sur ma peau que je repoussai sagement et sans brusquerie et lui répétant que je lui avais déjà dit non, et pour lui faire comprendre silencieusement qu’il n’avait plus qu’à laisser faire, se laisser faire aussi, s’il avait envie qu’on passe à la suite. Pour la première fois je réalisais tout le pouvoir et l’emprise que je pouvais avoir – est-ce que c’était la confiance que m’habitait qui me faisait m’en rendre compte ? Je ne portais plus ma robe mais c’était comme si ses effets s’étaient coulés jusque dans mon sang, parce que si ce qu’il y avait était beau lorsque je l’avais sur moi, lorsque je ne l’avais plus… c’était pareil aussi, non ? En tout cas, je ne m’inquiétais pas, Chuck allait obéir, et cette conclusion me fit bien plaisir et je commençais par ôter le chouchou de ma tresse, pour la défaire ensuite, et éparpiller mes cheveux autour des épaules. Volontairement, j’échappais à son regard, car j’avais l’impression qu’il voulait capter le mien. Pas maintenant.

J’embrassai les parcelles de peaux que laissaient voir la chemise entrouverte, avant de placer mes mains dessous, vers les épaules pour la lui faire enlever, et en même temps j’étais allée me cacher le visage dans son cou pour y poser d’autres baisers parce que je lui refusais aussi ma bouche et comme le bout de mes doigts sentais ses muscles, je voyais bien que la frustration allait en grandissant à la vitesse grand V – une mauvaise manip’ et c’était comme d’appuyer sur la détente et je me contractais un peu plus moi aussi, parce que j’avais tout, je possédais tout et que Chuck n’avait plus qu’à attendre. Je tins son poignet au dernier moment quand je vis qu’une fois de plus il allait être prêt à aller à l’encontre des barrières que je lui fixais, parce que de toute façon je ne lui laissais pas le choix. Je gardais les yeux fixés vers le bas en ébouriffant ses cheveux, après avoir plongé le nez dedans pour sentir leur parfum et de poser mes mains, partout, partout,, partout où elles pouvaient, pressant la peau, comme si c’était pour tester ce qu’elle désirait vraiment et le vérifier avant de descendre l’une d’entre elle un peu plus bas, et je dû m’y prendre à plusieurs fois pour enlever la ceinture, parce que mes doigts tremblaient un peu, pas de crainte, mais parce que même pour moi, ça se précisait trop et ça se pressait. Je souris doucement, parce que c’était en train de monter et que pour une fois il n’y avait rien pour y faire obstacle, et comme je savais que Chuck ne s’y attendait pas parce que je lui avais fait comprendre que ce n’était pas après sa bouche que j’en avais, mais sur le reste, je vins attraper sa lèvre inférieure juste assez pour l’attirer vers moi d’un simple geste en arrière des épaules, mais que je relâchai dès que je sentis qu’il allait venir chercher le bisou et enfin j’autorisais nos regards à se capter, dans une supériorité non feinte et je ne pus que laisser mon sourire s’agrandir. Je pris sa main, pour aller plus loin encore, la tenir, pendant que je la laissais se balader dans mon dos, passer sur l’agrafe au milieu et je fus parcourue d’un frisson incontrôlable pour enfin poser  les deux sur mes cuisses, parce qu’elles avaient le droit à présent, mais uniquement sur les jambes.

J’arrêtais là le petit manège, en remettant une mèche derrière les oreilles, parce que la lueur de ses yeux que je ne pouvais pas manquer parce que l’éclat de la lune était en plein sur nous me captivait toute entière et que j’y répondais avec un air de défi mélangé à l’orgueil, comme si quelque part, je lui demandais d’oser dire qu’il n’aimait pas ce qu’il voyait, mais aussi afin de vérifier qu’il l’acceptait, parce que c’était ça que j’avais à lui offrir et que je l’acceptais enfin moi aussi que quelque part… j’étais de retour, c’était moi, juste moi et rien d’autre… Parce que c’était ça depuis le tout début – parce que c’était le jeu, ça l’avait toujours été, et ça l’était encore et que cette nuit, c’était moi qui en établissais les règles et de toute façon, Chuck ne pouvait que si soumettre et lui aussi, qu’il était obligé de s’y tenir. Je décidais et faisais
tout ce que je voulais, mais il le voulait bien aussi. On avait toujours tous les deux restés à l’état sauvage et si on laissait l’autre approcher, c’était uniquement parce qu’on le tolérait et je n’avais qu’à claquer des doigts, parce que pour une fois je l’avais à ma merci et pas l’inverse. Je fis glisser une des bretelles de mon épaule avant de me hisser sur mes jambes afin d’avoir mon visage surélevé par rapport au sien pour passer mes mains dans sa nuque et les épaules pour affirmer la domination et je me penchais vers son oreille.

- Tu te rappelles, je t’ai dit que si tu te barrais, je te le ferais regretter, ça tient toujours
, je ne plaisantais qu’à moitié, et j’étais même plutôt sérieuse et je savais qu’il savait. Et toi t’as dit que tu ferais tout pour moi. J’accrochai mon regard dans le sien, et lâchai, sans l’ombre d’une hésitation, prouve-le.

Je me reculai juste assez pour remonter encore un peu sur mes genoux, comme si je m’apprêtais à fuir et à m’évaporer.

- Alors ?
Je lui rendais les rênes, c’était le coup de feu de tout à l’heure sur la gâchette, pour lui dire que je n’attendais plus que lui.

Est-ce qu’il allait me retenir ?

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"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay   Mer 11 Sep - 13:09

J'avais tellement honte que j'en venais même à me demander si Taylord ne regrettait pas de s'être traînée jusqu'ici, parce que déjà de base mon quartier c'était pas l'éclate, y'avait pas un milliard d'activités à faire et encore moins le genre que Taylord devait faire dans son ranch, mais en plus... Voilà, elle avait testé la famille Carlton dans toute sa splendeur, enfin il ne manquait plus que mon père mais ça c'était un autre degré de honte, il servait à rien alors bon, c'était pas lui le pire. Bourré ou pas, ça n'avait jamais rien changé, il n'avait pas bougé pour autant, enfin bref. Non le pire c'était elle, et voilà, la preuve en images, rien que pour les beaux yeux de Taylord. Ca me faisait chier parce qu'à la fois c'était plus simple qu'elle voit tout ça pour enfin comprendre de quoi je parlais, mais en même temps, j'aurais préféré qu'elle ne le voit jamais. Déjà qu'en soit c'était honteux, avoir honte de ma propre famille ne me rendait pas très fier non plus. Je cherchai son regard mais je sentais que j'avais les yeux dans le vide et ça me faisait chier cette sensation, celle d'être complètement étranger à ce qui se passait, comme si je n'étais pas là, comme si mon esprit s'était barré ailleurs et que je ne contrôlais plus rien, même pas mon corps posé là comme une vieille carcasse de voiture abandonnée.

- Mais non, mais si, et même si j'étais désolé parce que je savais qu'elle se sentait impuissante, de toute façon, c'était pas trop comme si j'avais le choix. Parle-moi. On peut être qui on veut, tu le sais très bien, le bon comme le mauvais et dans tous les cas y’a personne qui peut te forcer à être l’un ou l’autre, c’est à toi de choisir, alors tombe pas là-dedans, s’il te plaît…

Je la regardai dans les yeux, puisqu'elle avait pris mon visage dans ses mains, et elle me regardait et parlait avec une telle intensité que je savais qu'elle pensait ce qu'elle disait, à tel point que j'avais envie de la croire aveuglément, de lui dire oui d'accord, et de faire tout ce qu'elle demandait - d'arrêter toute cette merde. Mais voilà : ce n'était pas un problème de volonté mais de capacité, j'avais trop lontemps joué à ça pour savoir jouer autrement, et ce n'était plus une façon de me cacher, je n'avais même plus à me forcer, c'était tout naturel. Ce que je cachais avait probablement disparu, en fait, ce n'était même plus la peine d'espérer remettre la main dessus. En un sens ça me faisait chier d'être comme ça, mais d'un autre côté je me disais : est-ce que c'était pas tant mieux ? Est-ce que c'était pas mille fois plus simple et plus intelligent d'avoir fermé toutes ces portes là depuis longtemps, depuis que gamin j'avais compris que je ne pouvais compter que sur moi et que j'avais la responsabilité de Coop parce que personne n'allait faire à ma place ? Dès cet instant, ça avait été plus simple, pas besoin de tergiverser, quoi. C'était comme ça, c'était Coop et moi et puis les autres, et notre maison qui n'était que des murs et un toit, pas de réels parents mais des espèces de marionnettes qui ne remplissaient pas leur rôle et étaient juste bonnes à nous donner matériellement ce qu'on était pas encore capables de se payer - c'était déjà ça.

- Mais t'as vu comment elle est, finis-je par dire avec lassitude. J'étais passé au-dessus de tout depuis le temps, je m'en foutais, je n'avais pas de parents je n'allais pas en mourir, je n'étais pas le seul sur cette terre et puis j'avais Coop et les Tennant et voilà, je n'étais pas seul non plus. Mais je voulais juste comprendre, et j'avais l'impression que j'aurais eu plus de succès à apprendre le mandarin à un pingouin plutôt que de trouver la clé de cette énigme à la con. C'est quoi son problème ? Pourquoi elle a fait des gosses, et si on la fait tant chier que ça, pourquoi elle se barre pas ? Je haussai les épaules - je jetai l'éponge, de toute façon. J'aurais juste voulu savoir comment on en arrive là, mais qu'est-ce que tu veux, je saurais jamais, c'est comme ça. Qu'est-ce que je peux faire d'autre ?

C'était une vraie question, et je regardais Taylord en espérant qu'elle me donne la réponse, mais est-ce que seulement quelqu'un l'avait ? Je baissai les yeux et regardai dehors, par la fenêtre. De toute façon, je ne voulais pas penser à tout ça. Elle comprenait peut-être, maintenant, pourquoi j'étais comme ça. Parce que c'était ça ou quoi, me tirer une balle ? Eh ben je préférais ça, et de loin. Je voulus prendre Taylord dans mes bras et la serrer contre moi parce que je me sentais vide et que j'avais besoin d'elle, mais elle se leva avant que j'ai eu le temps de faire un geste, et partis dans le coin pour se changer - c'était là où elle allait tout le temps. Je la suivis des yeux et même si il y avait peu de lumière dans la chambre, je ne la quittai pas des yeux, parce que déjà c'était tout le temps ce que je faisais, et ensuite, ce soir là était différent et je crois... Que j'avais bien plus besoin d'elle que je le montrais. En une seconde je me décidai et me levai, me glissant derrière elle. Elle sentait bon et je me penchai vers ses cheveux, son cou.

- Tu triches…

Mais elle râlait pour de faux, et elle le savait autant que moi.

- Non, répliquai-je avec un petit sourire.

Ma main s'était glissée sur son ventre, et elle se retourna, et même dans la pénombre je vis ses yeux briller. Mon coeur s'affola d'un coup, boum, comme si quelque chose avait été injecté dedans et c'était presque comme si j'allais le vomir tellement il résonnait dans tout mon corps. Je n'avais pas d'autre choix que d'embrasser Taylord et je le fis sans plus attendre, avec toute cette énergie un peu bizarre, d'envie trop longtemps contenue, du désespoir aussi, de tout ce qui s'était passé et de tout ce que je n'avais pas résolu. Ma main agrippa son dos, sa nuque, et très vite, je la trouvais trop basse par rapport à moi -évidemment, avec sa taille de moineau - et je glissai mon bras sous ses cuisses pour la soulever sans plus attendre et l'asseoir sur ce qui était le plus près, le bureau, et rien à foutre pour le bordel qu'on était en train de mettre. Ca brûlait de partout, comme du venin qui me glissait dans les veines peu à peu. Je n'étais pas certain de pouvoir m'arrêter, cette fois, mais je ne me retins pas, parce qu'au fond, j'avais senti. J'avais senti qu'elle le voulait elle aussi, rien que tout à l'heure comment elle m'avait chauffé et comment surtout elle ne m'avait pas repoussé... J'agrippai ses cheveux, sa nuque, sa taille, et je déposai des baisers partout sur sa peau, dans son cou, sur ses épaules, dans son décolleté, avant de reprendre ses lèvres et de ne plus les lâcher avant que l'air me manque. Je brûlais mais c'était bien, je voulais cramer complètement et renaître de nos cendres, je voulais réussir à tout lâcher et à tout retrouver dans ses bras, enfin. Ce n'était pas un mensonge : j'en avais assez d'être entre nous, de garder mes barrières, parce qu'il ne fallait pas croire, moi aussi j'étouffais. Mais pour ça j'avais besoin d'elle, inconditionnellement, et qu'elle devait me laisser me perdre complètement entre ses bras pour me retrouver ensuite. Comme mes mains se pressaient sur ses cuisses et les serraient de plus en plus, et que le bas de sa robe encore autour d'elle m'embêtait, je la soulevais une nouvelle fois pour l'emporter vers le lit, et quand on y tomba tous les deux, je sus pertinemment que c'était certain : pas de retour en arrière, je ne voulais pas, et elle non plus. La sentir tout contre moi me fit une série de petits électrochocs et ma chemise me soulait parce que Taylord n'avait pas fini de l'enlever mais à vrai dire on était tous les deux tellement occupés à s'embrasser et se caresser qu'on avait pas eu le temps de...

- Non. Attends.

... Quoi ?! Ah non, hein !

Mais quand je me redressai, Taylord avait un petit sourire... Qui me mit dans bien d'autres dispositions. Je connaissais bien cet air-là : elle avait une idée derrière la tête. D'accord, elle voulait jouer ? J'acceptai sans hésiter, moi.

Elle nous redressa et je me laissais faire, posant juste mes mains sur ses cuisses de chaque côté de moi. Elle ne me regardait pas forcément, toute affairée qu'elle était mais moi je la regardai sans ciller avec un petit sourire aux lèvres, parce que j'étais amusé et plus que satisfait de la tournure que prenaient les choses. Je ne pouvais pas dire que je n'aimais pas que Taylord prenne les choses en main, et là ça m'en avait tout l'air... Ma peau prenait un peu plus de degrés à mesure qu'elle l'embrassait, et je l'aidai à enlever ma chemise, sans la quitter des yeux toujours, encore moins quand elle défit ses cheveux et qu'ils retombèrent de manière aléatoire autour de son visage. Je me penchai pour l'embrasser mais la petite maline avait bien compris le truc : elle se faisait désirer, ni plus ni moins. Ok, ok. Si elle voulait jouer à ça... Ça marchait du tonnerre, mais je n'avais pas dit mon dernier mot. Puisqu'elle voulait faire sa chef il allait falloir qu'elle se batte parce que j'attaquais de partout : sur sa peau, ses lèvres, mes mains, ma bouche, j'étais prêt, et elle pouvait bien me repousser, elle n'y arriverait pas éternellement. Et je me marrais bien, même si j'avais de plus en plus envie d'elle, et que c'était de moins en moins supportable. Ca se voyait de toute façon, je respirais moins facilement et mes gestes étaient de plus en plus insistants, mais en même temps avec les baisers de Taylord et la façon dont elle s'occupait de moi, on va dire que ça commençait à ne plus être très facile de survivre. Et puis tout d'un coup elle se recula et se redressa sur ses jambes, et moi j'avais le tournis, et je me rendis seulement compte que cette fois je n'avais plus ma chemise, que mon pantalon n'allait pas faire long feu et que Taylord n'était plus très habillée non plus.


- Tu te rappelles, je t’ai dit que si tu te barrais, je te le ferais regretter, ça tient toujours. Et toi t’as dit que tu ferais tout pour moi. Prouve-le. Bah, c'était de bonne guerre après tout. Alors ?

Alors... Alors est-ce qu'elle avait idée de ce que j'avais en tête, de la chaleur qui me brûlait de l'intérieur, de la bombe atomique qui menaçait d'exploser, et tout ça rien que pour elle ?

Je plaquai ma main dans le bas de son dos pour la rapprocher contre moi, de force. C'était à moi, un peu. Mon autre main força sa cuisse à se remettre comme avant, autour de moi, et je l'embrassai avidement, sans lui laisser le choix, mordant ses lèvres comme si je prévoyais de la dévorer complètement, et puis je collai mon front contre le sien, le souffle court, pour la regarder. Je voulais qu'elle mette ses mains dans mes cheveux encore, et que jamais elle se détache de moi.


- Bien sûr que je ferais tout, mais t'as pas peur ? murmurai-je avec un petit sourire tout aussi provocateur que le sien.

Et puis je me laissai tomber en arrière, l'entraînant avec moi. Quand elle se retrouva au-dessus de moi, je sentis tout mon corps frissonner et se contracter, tandis que je ne quittais pas ses yeux et que mes mains repoussaient ses mèches vers l'arrière. Elle souriait et moi aussi et quelque chose était revenu au fond de ses yeux, qui n'était plus là depuis bien longtemps, et je sentis mon coeur s'affoler encore plus - c'était elle, c'était Taylord dans toute sa splendeur, celle qui me foutait des baffes et qui me faisait chier mais celle qui avait toujours été là pour moi et que j'aimais, depuis le début.


- Est-ce que j'ai vraiment besoin de prouver que je t'aime, Taylord Reegan ? dis-je avec un faux air sérieux, pour la faire rire, mais en vrai... J'étais sérieux, et elle le savait bien. Je la fis basculer sur le côté pour me retrouver à moitié au-dessus d'elle et j'embrassai son cou, ses épaules avant de descendre plus bas tandis que ma main dans son dos enlevait définitivement l’agrafe. Je t'aime, murmurai-je dans son oreille en remontant mon visage vers elle.

C'était facile, finalement. Il suffisait juste de se laisser aller !

Le reste se passa aussi facilement, parce que non seulement je l'avais rêvé de toutes les manières, mais j'étais habitué, et c'était comme si un fil nous guidait tranquillement, qu'on ne pouvait avoir aucune hésitation. On savait ce qu'on faisait, elle comme moi. Même si on ne l'avait fait qu'une seule fois - non mais, dans quel monde ! J'étais bien décidé à rattraper ce chiffre minable - nos gestes se répondaient sans problème. Je fis glisser ses derniers vêtements, elle les miens, et bien vite je n'eus plus de pensées rationnelles à part le prénom de Taylord qui tournait en boucle dans ma tête, et je me laissai guider à l'instinct, par ses soupirs et les pressions de ses mains sur moi. Je voulais lui montrer que je l'aimais de toutes les manières possibles alors je couvrais son corps de baisers et de caresses quand elle me laissait l'occasion et je subissais les siennes quand elle reprenait le dessus, c'était un peu une bataille, mais c'était exactement ce dont on avait l'habitude et aucun de nous ne baisseraient les armes, je le savais.

C'était fou cette manière qu'elle avait de venir me trouver au plus profond de moi, alors que pourtant je m'en défendais. Mais elle y arrivait, et voilà, elle était là... Ma main agrippait sa nuque, son cou, quand on s'embrassait, comme si j'avais voulu y enfoncer mes doigts, parce que je brûlais et je voulais ne faire qu'un avec elle et brûler avec elle. Quand je ne pus plus repousser le moment, parce que la frustration atteignait son point ultime, je l'attirai avec autorité contre moi et plongeai mon regard dans le sien parce que je voulais qu'on soit liés de toutes les manières possibles, et je sentis mon coeur rendre son dernier battement et mon âme s'envoler loin de là, porté par le souffle court et de plus en plus fort de Taylord. Je savais que la salut était là, que j'avais besoin qu'elle soit à moi, d'être à elle, que tout irait tellement mieux, parce que c'était physique ce qui nous unissait, et qu'enfin, c'était la consécration. Son petit corps se cambrait contre le mien et j'enfouissais mon visage dans ses cheveux quand je n'en pouvais plus, et ensuite je me redressai avec plus vigueur, balayant le mèches brunes qui venaient se coller sur son visage d'un geste hâtif de la main. Et puis tout sembla exploser autour de moi, et j'entourais Taylord de mes deux bras en la serrant contre moi si jamais elle avait l'idée de s'écarter un peu, parce que je ne voulais pas.

Je fermais les yeux et j'étais bien, je me foutais de tout ce qui n'allait pas, je savais qu'avec elle j'étais invincible, et tant pis pour ce que j'avais toujours craint, elle ne me fragilisait pas, au contraire, j'étais un pauvre con de l'avoir cru. Taylord me rendait plus fort.

Je nous laissais le temps de reprendre notre souffle, et pendant ce temps ma main se baladait sur son bras et son dos, la caressant doucement, alors qu'elle était tout contre moi. Pourquoi est-ce qu'on avait attendu aussi longtemps, non mais vraiment ?! Ca n'avait jamais été aussi bien qu'avec elle, ça avait du sens que je ne puisse plus me taper une autre meuf sans penser à Taylord. C'était elle que je voulais.


- Je me barrerai plus, c'est promis, j'ai trouvé trop bien pour aller voir ailleurs, murmurai-je avec un petit sourire. Je voulais qu'elle soit rassurée, parce qu'elle me rassurait. Et toi, hein... Tu te barreras pas ?

J'avais parlé avec une voix moins assurée, un peu, même si je ne voulais pas le montrer. J'attrapai sa main e entremêlai nos doigts. Ce n'était pas parce que j'avais l'air si sûr de moi de manière générale que... Bah, elle le savait. Je ne voulais pas qu'elle soit déçue, qu'elle se dise qu'il y avait mieux, moins compliqué. Pas maintenant que j'avais compris à quel point j'avais besoin d'elle.

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CHUCK CARLTON
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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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Particularités: J'ai dix doigts. C'est fou hein.
Ami(e)s: C'est comme la poussière d'étoiles. Si t'y prends pas gaffe, elle s'effrite entre tes doigts...
Âme soeur: Il a un petit faible pour les cow-girls.

MessageSujet: Re: Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay   Lun 16 Sep - 16:12

♪ Burn ♫
We, we don't have to worry bout nothing
Cause we got the fire, and we're burning one hell of a something
They, they gonna see us from outer space, outer space
Light it up, like we're the stars of the human race, human race

When the lights turned down, they don't know what they heard
Strike the match, play it loud, giving love to the world
We'll be raising our hands, shining up to the sky
Cause we got the fire, fire, fire, yeah we got the fire fire fire

And we gonna let it burn burn burn burn


- Mais t'as vu comment elle est. C'est quoi son problème ? Pourquoi elle a fait des gosses, et si on la fait tant chier que ça, pourquoi elle se barre pas ? J'aurais juste voulu savoir comment on en arrive là, mais qu'est-ce que tu veux, je saurais jamais, c'est comme ça. Qu'est-ce que je peux faire d'autre ?

Je gardais les yeux au plafond, comme si la réponse allait apparaître d’elle-même d’un seul coup mais… est-ce qu’il y en avait une ? La seule chose qui unissait Chuck, Coop et leur mère était le lien du sang, mais du reste il n’y avait rien – c’était une logique que de toute façon j’avais du mal à comprendre, parce qu’il n’y en avait pas, mais je me voyais mal rétorquer quelque chose du genre « Bah écoute c’est comme ça et pas autrement » parce que j’avais pas envie d’être défaitiste, même si au bout du compte, il fallait se rendre à l’évidence l’instinct maternel était ancré en chacun de nous, pour autant, il y en avait qui ne l’avait jamais développé. Je passais machinalement mes doigts dans ses cheveux, tout doux. Je m’imaginais mal vivre dans un climat comme celui-ci, simplement parce que je ne l’avais jamais connu.

- Elle sait peut être elle-même même pas pourquoi…
Mais Chuck avait soulevé une vérité qu’on ne pouvait pas nier – on pouvait se planter une fois se laisser porter par la naïveté de la jeunesse et toutes ces conneries… mais deux ? Il devait y avoir un truc, un truc qui n’était pas visible en surface certainement parce que c’était trop évident pour le voir, après tout, je n’allais pas faire la comparaison à haute voix parce que Chuck n’allait pas apprécier, mais lui aussi, dans le genre, était doué. Mais… ça a toujours été comme ça ? Je sais pas, même au tout début où de ce que tu te souviens ? Je piquai un bisou sur ses lèvres en fermant les yeux avant de me redresser. Peut-être que tu peux rien faire pour ça, mais tu peux encore tout faire pour le reste.

Je ne disais pas forcément dans tout le reste que c’était moi, mais je n’étais pas contre – tout ce que j’avais retenu jusqu’à maintenant était en train de craquer et si la soirée de la veuille me paraissait tout à coup bien loin alors qu’on était à présent en train de s’embrasser jusqu’à ne plus pouvoir, peut-être qu’elle n’était pas si étrangère à tout ça et qu’il fallait que les choses se fassent et qu’on les laisse faire, et j’avais juste envie de faire tout ce qui me passait par la tête, sans réfléchir au reste, parce qu’après tout, à part nous deux, qui était là ? Je voulais prendre pour argent comptant tout ce qui se passait là, maintenant sur ce lit, même si bien sûr, il y avait quelques questions qui me traversaient l’esprit et qu’il y avait encore des gestes que j’essayais de ne pas avoir comme sur certaines partie de mon corps pour cacher des parcelles de peaux où il restait de marques ou des cicatrice, mais du reste, je pensais avoir saisi d’où venait le mal exactement – il fallait que je fasse confiance à Chuck,
entièrement confiance et par là, il fallait aussi passer par la marque physique. Parce que d’accord, c’était moi qui était aux commandes pour l’instant, mais ce n’était que temporaire, et de toute façon, ça ne pouvait pas en être autrement, et par là, ça voulait dire aussi se laisser aller et s’abandonner complètement – et l’accepter. Je m’étais toujours chargée de moi toute seule, même si parfois ça avait été de la pire des façons et là s’en remettre complètement à quelqu’un d’autre… Je n’y pensais plus de toute façon – tout ce que je voulais, c’était la suite et j’obéis instantanément aux injonctions de ses mains et sa bouche et au fur et à mesure que nos baisers se répondaient, c’était comme si Chuck m’insufflait un air agréable dans la gorge, modifié, et qui emmenait ma raison loin, bien loin, parce qu’elle n’avait plus sa place ici.

- Bien sûr que je ferais tout, mais t'as pas peur ?

Je mordillais intensément à plusieurs endroit ses lèvres et son ventre me soulevait légèrement comme j’étais dessus et qu’on était tombé en position allongée sur le lit et j’attrapai sa mâchoire de la main pour prolonger le bisou après avoir redressé les épaules pour me retrouver bien en face de son visage et exercer encore un peu le rapport de force. C’était drôle parce que normalement Chuck était plutôt du genre à imposer ses règles et à faire en sorte qu’elles soient suivis et franchement, le sentir aussi docile sous mon poids ça avait de quoi me conforter et faire prendre mon pied aussi et je descendis mon autre main à sa taille pour que nos deux corps soient encore plus proches l’un de l’autre.

- Pourquoi ?
répliquai-je sans me démonter mais j’avais un instant cessé de sourire pour avoir l’air plus sérieuse et d’ailleurs ça devait se ressentir parce que le grain de ma voix se fit plus grave lorsque je continuais, c’est toi qui devrait, parce que c’est pas un jeu pour les filles. Mais bon est-ce que je devais encore lui rappeler tout ce que j’étais capable de faire ? Décide-toi, c’est maintenant ou jamais, chuchotai-je.

Mais apparemment c’était déjà tout réfléchis et je sentis la fébrilité monter un peu plus lorsque nos deux peaux rentrèrent totalement ne contact l’une contre l’autre et que le corps de Chuck m’emprisonnait à présent doucement entre le matelas et son torse. J’avais la respiration courte, parce que je respirais, mais sans laisser le temps à l’air de pénétrer jusque dans mes poumons. Je sentais mes doigts insister de plus en plus sans savoir pour autant où les poser exactement et ça me faisait trembler un peu.


- Est-ce que j'ai vraiment besoin de prouver que je t'aime, Taylord Reegan ?

- C’est à toi de voir, je poussai un soupir plus long que les autres en fermant les yeux, que j’essayais de faire passer, parce que j’avais une boule dans la gorge. Je papillonnais des cils et frémis plusieurs fois en sentant ses lèvres me chatouiller le cou.

- Je t'aime.

Cette fois j’attrapai carrément sa nuque de mes deux bras avant de plaquer mes mains sur ses os et les faire descendre le long de son dos et mes muscles se tendirent au même moment que les siens et puis je le laissais prendre la main sur la partie en cédant sous ses caresses pour en profiter un peu moi aussi, et c’était tellement étrange, parce que j’avais l’impression de sombrer, sombrer, sombrer au plus profond d’un puits, mais un puits ou le sol n’était pas douloureux, loin de là, à la fin de la chute afin de laisser les plaisirs charnels prendre le dessus et puis soudain, j’avais un regain d’énergie et je coinçais ses jambes entres mes chevilles avec plus de conviction. Lorsque nos regards fusionnèrent ensemble et à ce moment-là, je sus qu’il l’avait vu, ce noyau qu’il y avait au plus profond de moi, cette petite chose faible et fragile qu’il fallait manipuler avec délicatesse parce qu’il était un peu amochés par endroits, et qu’il avait le même parce  je le voyais aussi, parce que c’était nous sans les artifices qui n’avaient rien à voir avec les façades qu’on s’était créés et pourtant, c’était nous quand même parce que ça faisait partie de nous, qu’on l’avait intégré, mais aussi qu’on avait su l’intégrer chez l’un et chez l’autre. Le trouble ne dura qu’une ou deux secondes, car aussitôt la passion repris le dessus et d’ailleurs à chaque fois que je passais mes doigts sur ses épaules ça me brûlait et ils glissaient avec agilité comme s’il faisait partie intégrante de ses muscles à cause de la fine pellicule qui s’était formée de pars ses pores. La suite suivit son cours et de toute façon nos corps se répondaient, au lieu de me sentir engloutir part celui de Chuck tout contre le mien, j’avais au lieu de ça ce sentiment d’en être le prolongement, d’être sa finalité, et même que c’était comme ça que je me sentais le mieux. C’était à la fois tellement du solide que ça laissait avec l’impression que ça allait se briser à tous moments et mes gestes faisaient un peu échos à cet état d’esprit parce que d’un coup ils devenaient légers et frémissant comme si on avait soufflé de l’air dans mes veines et plus rien ne se contractait, et l’instant d’après de réaffirmer mes prises en griffant sa peau parce que je voulais être sûre qu’elle était toujours là et qu’elle m’appartenait, ça me consumait, mais il n’y avait qu’à souffler sur les cendres pour qu’elles reprennent feu et ça avait de quoi rendre fou. Parfois, je levai les épaules, juste le temps de croquer son cou quand je ne pouvais plus et lorsque je sentis Chuck me saisir complètement, l’une de mes paumes alla se refermer sur ses omoplates, parce que comme ça, il n’y avait plus rien pour nous séparer, jamais.

Je retombais entre les draps dans une longue inspiration et je me sentais vidée – vidée de toutes les mauvaises ondes et elles avaient été remplacées par quelque chose de plus lourd pour le moment, mais qui se soulevaient par vagues pour se faire de plus en plus léger, dans une dimension euphorique. Je gardais les yeux fermés pendant plusieurs minutes essayant de caler ma respiration à un rythme plus convenable, relâchant la pression, les bras de chaque côté de ma tête. En plus, j’étais bercée par les caresses de Chuck et un peu plus tard, je lui murmurai doucement que j’avais froid, parce que ça arrivait souvent après parce que la chaleur était montée trop vite et que j’avais de nouveau du mal à m’habituer à celle qui était ambiante et je vins installer ma joue que je collais contre son torse et j’entourais un bras contre lui, l’autre posé à côté de mon visage.


- Je me barrerai plus, c'est promis, j'ai trouvé trop bien pour aller voir ailleurs. Je relevai le menton pour le regarder parce que sa remarque m’avait prise de court, et je remontais mes doigts sur son épaule. Et toi, hein... Tu te barreras pas ?

- Ça va être compliqué, de toute façon, à chaque fois tu me colles aux basques, mais quand même, c’était risqué de plaisanter là-dessus, alors je m’avançais un peu pour coller mon front contre le sien tout en laissant courir mes ongles dans ses cheveux, avant de dire sans l’ombre d’une plaisanterie, où tu veux que j’aille ? C’est moi qui aie attendu que tu m’embrasses au bal.

Les bisous, c’était une bonne initiative ça, et puis c’était aussi un peu pour faire passer ces aveux, alors j’allais lui faire une multitude de baisers là où j’avais laissé mes marques dans son cou et ça me fit sourire parce que Chuck savait que j’aimais bien les démonstrations corporelles de ce genre, histoire de bien affirmer ma position. On se câlina encore un peu, et à un moment, je fermais les yeux sauf que je me rendis compte que lorsque je les rouvris, c’était déjà le matin, parce que la lumière filtrait par la fenêtre et que c’était tout juste si on avait bougé de position. C’était étrange parce que je ne me souvenais pas m’être endormie et aussi n’avoir clos les paupières qu’un instant. En tout cas, Chuck était encore bien en train de dormir et je m’écartais légèrement, tout au gardant le bras qu’il avait autour de moi pour me mettre sur un coude et le dévisager tranquillement, parce qu’il avait l’air tellement innocent quand il dormait, alors qu’il n’avait rien d’innocent le reste de temps et j’eus un sourire en déplaçant une mèche qui lui retombait sur le visage, avant d’embrasser tendrement sa pommette.

Un bruit que je reconnus tout de suite le tira de mes pensées – il y avait quelqu’un qui était en train de miauler derrière la porte et qui attendait visiblement qu’on le fasse entrer et c’était vrai que j’avais un peu oublié Zephyr hier soir, mais qui avait dû rejoindre Coop parce qu’il savait qu’il était un distributeur de caresses et que ça lui plaisait bien. Je me levai le plus silencieusement possible en me penchant vers le sol de quoi me vêtir un minimum et attrapai la chemise de Chuck au passage dans laquelle je passais les bras et attachait un ou deux boutons au milieu avant de me diriger vers la porte pour l’ouvrir et récupérer Zephyr en le portant dans mes bras en lui gratouillant le cou et le dos. Il se mit tout de suite à ronronner en se calant et je lui murmurais deux trois mots en faisant quelques pas dans la pièce. Naturellement mon regard se porta sur le lit et sur Chuck qui dormait toujours et aussitôt que l’idée me traversa l’esprit, je la mis à exécution, et sautai dessus en rebondissant plusieurs fois avant de me laisser retomber sur Chuck, le chat toujours collé dans le creux de mon coude.

- Salut beau gosse
, lui dis-je pour toute introduction lorsqu’il ouvrit les yeux, avant d’éclater de rire devant son air tout endormi et aussi parce que je ne disais pas ce genre de compliments normalement, mais de toute façon, je m’en foutais, parce que c’était la vérité. Je me tortillais pour trouver la bonne position tandis que Zephyr avait filé pour s’amuser sous la couette lui aussi, excité par le remue-ménage que j’étais en train de faire. Comme la veille je me mis à cheval sur lui et commençai à plaquer mes mains sur son ventre et son torse avant de remonter vers la clavicule avec un petit sourire mystérieux puis je me penchais pour laisser des bisous en déclarant à voix pas très basses à chaque fois entre chaque : Je t’aime… un bisou sur le front, un peu, sur le nez, beaucoup, sur la joue, passionnément, le menton, à la folie… ses lèvres et évidemment, l’étreinte se prolongea  et fut plus longue que prévu et lorsque je me détachais de lui, je respirais déjà un peu trop fort.

J’avais tout plein d’idées derrière la tête et puis j’étais un peu d’humeur taquine ce matin-là, alors, je lui demandais à l’oreille :

- Et moi, tu me remontres un peu comment tu m’aimes ?
Il y avait un truc qui s’était envolé par la fenêtre ensoleillée – c’était pour laisser la place à toutes les bonnes choses qui arrivaient.




We can light it up up up
So they can't put it out out out

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Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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MessageSujet: Re: Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay   Ven 20 Sep - 1:30

C'était bien plus facile que je ne l'avais imaginé finalement, de parler et de laisser sortir ce qui n'avait pas été habitué à se montrer au grand jour. C'était pas spécialement kiffant non plus, parce qu'après je me sentais un peu con finalement, parce que tout ce qui se dit perd un peu de sa valeur et dis comme ça oui, évidemment, il y avait toujours pire, et pas de quoi en faire un cirque. Mais voilà, j'avais l'impression que pour la première fois j'avais le droit de reconnaître qu'on pouvait vraiment, Coop et moi, se plaindre de ces parents qui ne servaient à rien et surtout d'elle parce qu'elle était la pire, et rien que pour ça ça me faisait du bien - Taylord avait raison de me pousser en ce sens, même si je ne faisais pas exprès de résister. Mais lui dire que oui évidemment que oui ça avait toujours été comme ça, aussi loin que je me souvienne, et que je ne savais pas si ma mère savait ce qu'elle faisait mais elle n'avait jamais donné l'impression de s'en inquiéter, ça m'avait tout de même fait bizarre, parce que voilà, c'était dit, c'était comme attesté, et ça rendait presque la situation encore plus... merdique.

Heureusement que la suite balaya tout sur son passage, et m'enleva de la tête tout ce qui n'allait pas. Je me foutais du tout du moment que j'avais ceux qui comptaient et je le savais, c'était ce qui me faisait tenir depuis le début. Taylord comptait et elle était là, juste pour moi, vraiment là, enfin, dans mes bras et jamais son souffle m'avait paru aussi important. Ce n'était peut-être pas très malin de le dire mais le fait de renouer avec nos ébats était un aboutissement en soi et je me demandais si elle le ressentait elle aussi, mais jamais je ne me sentais autant vivant qu'en cet instant, jamais je ne me sentais autant au coeur d'un volcan que quand sa peau frôlait la mienne et que tout son corps était contre le mien. Je savais que c'était comme ça, et pas autrement, que les choses devaient se passer. Au fond, on le savait un peu tous les deux, non ? Même Taylord et son caractère de tyrannosaure dans ses mauvais jours ne pouvaient pas l'ignorer...


- Ça va être compliqué, de toute façon, à chaque fois tu me colles aux basques. Où tu veux que j’aille ? C’est moi qui aie attendu que tu m’embrasses au bal.

Je ne voulais plus la lâcher du regard et pour la première fois, je me sentais aussi responsable d'elle qu'elle était responsable de moi, ce qui changeait carrément. Et elle était dans mes bras et ma main à plat sur la peau nue du bas de son dos était bien décidée à affirmer sa possession - il faisait chaud sous les draps, comme si on avait gardé toute la chaleur du monde pour nous, et quand elle glissa ses mains dans mes cheveux et que j'eus encore des frissons, parce que ça me le faisait à chaque fois, je la serrai encore plus fort, enroulant mon bras autour de sa taille, m'appuyant tout contre elle. Mon coeur me donnait l'impression qu'il allait me péter les côtes, mais je me foutais bien de crever en cet instant, parce qu'il ne pouvait pas être plus parfait. Et quand je pensais au bal... Putain, quelles conneries n'empeche, je m'en voulais bien sur ce coup-là, d'avoir joué avec elle en me disant que pfoulalala ça passerait comme une lettre à la poste juste parce que c'était le bal et que tout était permis. Quand elle me le rappela, même si après avoir murmuré elle avait souri, je me sentis - pour changer - tellement coupable et merdeux que je ne répondis rien, à part qu'au fond de moi je doutais encore de mériter de me trimbaler avec elle alors qu'en gros je la menais en bateau depuis des années. Mais je savais aussi que je n'avais plus le droit de douter, et de toute façon j'étais encore dans cet état second où tout mon corps était bien et où je flottais dans un état particulier, comme si j'avais pris de la drogue mais la plus douce des drogues, alors je ne voulais pas me sentir coupable, pas maintenant. Quand Taylord balada ses mains dans mon dos, je sentis que je me crispai un peu, car à certains endroits ses doigts touchaient des petites griffues à vif mais ça me fit sourire - c'était toujours flatteur, d'un côté - parce que c'était un petit souvenir qui restait.

Je m'endormis en me sentant tomber dans un état encore plus cool et détendu, tout aussi tiède, comme du coton. Je ne rêvais de rien prévis parce que de toute façon je ne rêvais pas beaucoup, mais il me semblait en même temps que c'était réel, je sentais juste la présence de Taylord, j'étais dans une maison inconnue mais lumineuse et chaleureuse et on était bien, et je savais que rien ni personne ne viendrait nous faire chier. Les bruits de la fête de ma mère ne me dérangèrent même pas, j'étais habitué, mais surtout, je n'y pensais plus. Je n'en avais pas besoin.

Evidemment... Le problème de dormir avec Taylord Reegan restait entier, à savoir que si on se réveillait ensemble c'était cool, si elle avait la bonne idée de se réveiller avant moi et de ne plus vouloir dormir, je pouvais faire une croix sur mon pauvre sommeil, paix à son âme.


- Salut beau gosse, dit-elle après m'avoir sauté dessus pour me tirer du sommeil. L'autre rat était de la partie en plus, je le sentis se frotter contre moi... Quel bonheur.

Le beau gosse en question râla bien comme il faut et mit un certain temps à ouvrir les yeux - mais je devais bien avouer que quand je compris que Taylord était tranquillement installée au-dessus de moi en petite tenue, le réveil avait tout d'un coup un certain intérêt.


- Je t’aime… un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… Ok - cette fois, son bisou acheva de me réveiller. Et moi, tu me remontres un peu comment tu m’aimes ?

Non mais, quelle grosse maline. Mon cœur s'affolait déjà alors que je me réveillais à peine - j'allais finir cardiaque, je ne voyais pas les choses autrement. Je me redressai et je la détaillai sans me gêner, passant ma main dans ses cheveux pour les décoiffer un peu et embrassant ses lèvres, son cou, et sa peau entre les deux pans de ma chemise, que je finis par déboutonner de toute façon, non mais. Si elle croyait qu'elle pouvait me réveiller avec la délicatesse d'un éléphant sous acides et espérer avoir la paix ensuite...

- Et moi, tu me remontres un peu comment tu m’aimes ?

Hmm hmm... C'était si gentiment demandé. Je soulevai la couette, fis glisser Tay sur le côté pour la bloquer contre moi et l'embrasser tranquillement. Mes mains se baladaient déjà sur son corps, ses jambes, sa taille, tout ça, et j'étais content qu'elle ne paraisse plus embêtée par ça, parce que je me souvenais bien de comment elle s'était protégée l'autre soir, alors que là tout avait l'air d'avoir changé... J'avais l'impression qu'elle me faisait confiance, enfin.

Ce qui n'arrangeait rien pour moi : il fallait mériter cette confiance.


- Puisque tu le demandes, dis-je avec un petit sourire, avant de l'embrasser.

Est-ce qu'elle me sentait aussi, ce qui se passait ? J'avais l'impression qu'on avait ouvert quelque chose au fond de moi et qu'enfin je respirais un peu plus, à chaque fois que je l'embrassais. Et quand je me disais qu'on avait encore toutes ces journées, avant de retourner à Poudlard, tout d'un coup Bristol me paraissait un peu moins chiant et les vacances un peu moins pourries, et j'avais confiance, en nous. Ce n'était pas encore pareil que confiance en moi, mais c'était déjà un début.






Fin

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MessageSujet: Re: Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay   

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Pull when I push too deep then I'll fall right back to you - Tay
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